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Infections associées aux

soins
Vous découvrirez ci-dessous ce que sont les infections associées aux soins,
quelles sont les types d’infections associées aux soins, combien de
personnes développent une infection associée aux soins et quelles en sont
les conséquences. Vous trouverez également des informations sur les
microbes qui provoquent des infections associées aux soins et comment ils
se propagent. Nous vous expliquons aussi ce qui est fait dans les hôpitaux
pour éviter ces infections.

Que sont les infections associées aux soins ?


Une infection associée aux soins est contractée durant la dispensation de soins. Lorsque cela
se produit à l’hôpital, on parle d'infection hospitalière ou infection nosocomiale. L’expression
« infection associée aux soins » est de plus en plus utilisée.
Lorsque les microbes se fixent pour une plus longue période dans ou sur le corps et qu’ils se
multiplient sans causer de dommage sensible ni de gêne pour le patient, on parle de
colonisation ou de portage. Il n’est question d’infection qu’à l’apparition des symptômes. Le
terme « contamination » renvoie à la transmission de microbes. En cas d’ « inflammation », le
corps réagit d’une certaine manière contre les microbes présents.
Une infection peut être causée par des microbes qui étaient déjà présents dans/sur le corps.
Mais les microbes peuvent également être transmis d’un patient  à un autre patient. Par
exemple, lorsque les soignants ne désinfectent pas les mains au moment opportun. L’hygiène
des mains est la méthode la plus simple et la plus efficace pour éviter la transmission des
microbes.

Quels sont les types d’infections associées aux soins ?


Les termes « infections associées aux soins » couvrent un large éventail d’infections. Les
infections les plus fréquentes sont les infections des voies urinaires, les infections des voies
respiratoires, les infections de plaies postopératoires et les infections des voies sanguines (voir
figure). Les facteurs de risque d’une infection liée aux soins varient en fonction du type
d’infection.
Quels sont les microbes qui provoquent des infections
associées aux soins ?
Plusieurs sortes de microbes peuvent provoquer des infections associées aux soins. Il s’agit
généralement de bactéries, mais également de mycoses/levures (p.ex. Candida) et de virus
(p.ex. le virus de la grippe). Les médias diffusent souvent des informations peu précises sur la
« bactérie nosocomiale ». En fait, il s’agit d’un large groupe de microbes. Dans les hôpitaux,
les infections associées aux soins peuvent être provoquées par des bactéries résistantes à une
ou plusieurs sorte(s) d’antibiotiques. Ce sont les bactéries dites « multirésistantes ». Elles
contribuent à réduire l’efficacité du traitement aux antibiotiques et donc à augmenter sa durée.

Comment les microbes se propagent-ils à l’hôpital ?


La figure schématise la transmission des microbes par les mains.
Les éléments-clés de la transmission sont les suivants:
 Surface donneur « A » comprend les microbes « a »
p.ex. : la peau du patient, le lit (le linge du patient), la table de nuit, …
 Surface récepteur « B » comprend les microbes « b »
p.ex. : la peau/une partie du corps d’un autre patient, le dispositif médical d’un
autre patient
 Pas d’hygiène des mains: une main attrape donc le microbe « a » à partir de la surface
du donneur « A » et le transmet à la surface récepteur «  B».
 Il y a donc infection croisée sur la surface du récepteur « B » avec le microbe « a », en
plus du microbe initial « b ».
 Le patient et/ou son environnement est contaminé par les microbes et cela peut
entraîner une infection liée aux soins.

 
Source : My five moments for hand hygiene(link is external) (H. Sax - Journal of hospital
infection 2007)

Les microbes: tous importants ?


Nous avons tous des bactéries sur le corps et notamment sur la peau, dans la bouche et dans
les intestins. Il s’agit de germes hôtes inoffensifs (également appelés bactéries
« commensales ») qui, en principe, ne provoquent pas d’infection. Mais des bactéries
pathogènes dangereuses peuvent provoquer des infections. Elles se propagent par exemple par
les personnes malades ou par l’ingestion de nourriture contaminée (Salmonelle). Un patient
hospitalisé est plus sensible et présente un risque élevé de développer des
infections provoquées tant par les bactéries pathogènes que les bactéries commensales. En
effet, ces deux types de bactéries infectent plus facilement un patient lorsque celui-ci est
affaibli par une maladie, une transplantation d’organe, après une opération ou lorsqu’il a un
cathéter ou une sonde urinaire.

Combien de personnes développent-elles une infection


associée aux soins ?
Dans les institutions de soins modernes, 5 à 10% des patients développent une infection
associée aux soins. D’après une enquête, il ressort qu’en Belgique, environ 7.1% des patients
développent une infection associée aux soins durant leur séjour dans un hôpital aigu. Cela
représente chaque année plus de 100 000 patients. La situation en Belgique est comparable à
celle d’autres pays européens. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies
(CEPCM ou ECDC (link is external) en anglais) a estimé le nombre annuel de patients qui
contractent une infection associée aux soins à 4 millions dans les Etats membres de l’Union
européenne. Par ailleurs, environ 25000 à 37000 patients seraient décédés à la suite d’une
telle infection.

Quelles sont les conséquences des infections associées


aux soins ?
Une infection associée aux soins nécessite une mise au point supplémentaire du diagnostic et
du traitement, ce qui peut prolonger la durée de l’hospitalisation. Dans les cas graves,
l’infection peut entraîner une invalidité de longue durée, voire le décès du patient. Il s’agit
souvent de patients vulnérables et/ou très malades pour lesquels l’infection supplémentaire est
de trop. Tout cela entraîne une majoration des coûts de santé, tant pour les patients que pour la
société.
Il ressort de l’enquête du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE(link is external))
que les infections associées aux soins en Belgique sont à l’origine de 720 757 journées
d’hospitalisation supplémentaires, de 384.3 millions EUR de dépenses supplémentaires en
soins de santé et de 2 625 décès supplémentaires sur une base annuelle.

Les infections associées aux soins peuvent-elles être


évitées ?
Malheureusement, seul une infection sur trois associée aux soins peut être évitée, même en
appliquant strictement toutes les mesures de prévention. En effet, parmi les patients
hospitalisés, nombre d’entre eux sont très sensibles aux infections. Il s’agit par exemple de
personnes âgées affaiblies, de patients dont les défenses sont fortement affaiblies (p.ex. les
patients transplantés d’organe ou les patients qui suivent une chimiothérapie) et les patients
nécessitant des traitements de pathologies mettant leur vie en danger (p.ex. les patients aux
soins intensifs ou dans les sections néonatales). Cependant, il convient de faire tout ce qui est
possible pour éviter les infections associées aux soins. A cet égard, l’hygiène des mains est
l’une des méthodes les plus efficaces.

Comment les infections associées aux soins sont-elles


maîtrisées à l’hôpital ?
Chaque hôpital a une équipe d’hygiène hospitalière. Cette équipe se compose d’un médecin et
d’un ou de plusieurs infirmier(s) disposant d’une expertise spécifique en maîtrise des
infections. Ils veillent à la prévention des infections associées aux soins à l’hôpital, en
collaboration avec le comité d’hygiène hospitalière, le médecin en chef et le chef du
département infirmier.
Il ressort de la pratique qu’une politique de prévention efficace contribue à réduire de façon
drastique le nombre d’infections associées aux soins. Une telle politique est basée sur des
mesures générales de précaution dont notamment l’hygiène des mains, des équipements de
protection individuelle (p.ex. des gants) et le séjour d’un patient présentant un risque élevé de
contagion dans une chambre séparée. Il existe également des mesures spécifiques afin d’éviter
les infections urinaires, les infections du site opératoire, les infections des voies respiratoires
et les infections des voies sanguines.
Par ailleurs, une attention particulière est portée à la surveillance des infections associées aux
soins, de sorte que les épidémies éventuelles puissent être rapidement détectées et maîtrisées.

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