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Mémoire pour l’obtention du diplôme de

Master en Comptabilité, Contrôle, Audit (CCA)

Evaluation des entreprises : Analyse


comparative entre l’évaluation financière des
PME et des TPE

Réalisé par : Mohamed HAMOUTNI


Encadrant pédagogique : Abdelhadi GRINE

Responsable pédagogique de la formation : Mohamed LOULID


Remerciement

Je tiens tout d'abord à remercier mes parents et mes grands-


parents et mes frères pour leurs soutiens et leurs encouragements
le long de mon cursus.

Lorsque j’ai voulu rejoindre une formation supérieure, afin de


poursuivre mes études de Finance par une spécialisation en CCA
(Comptabilité, Contrôle, Audit), je me suis tourné vers cette
Université prestigieuse et qui a de lourde historique, car je crois en
son potentiel et en ses enseignements. Je tiens donc à remercier
d’une façon générale les membres de l’administration qui m’ont
permis de rentrer dans cette faculté et d’y poursuivre mon cursus,
et plus particulièrement notre coordinateur pédagogique Dr.
Mohamed LOULID, ainsi que tout le corps professoral de la
formation Master CCA, Université CADI AYYAD, C’est avec leur
soutien et leur confiance que j’ai pu passer mes deux dernières
années à étudier la comptabilité et la finance en profondeur.

Je tiens aussi à exprimer ma gratitude et mes sincères


remerciements à mon encadrant monsieur Abdelhadi GRINE pour

2
m'avoir fait l'honneur de diriger ce travail, pour sa patience, ses
orientations et conseils, sa disponibilité et sa bienveillance.

Aussi je remercie tous mes amis et camarades de classe, pour toute


discussion et changement instructif durant les 2 années de la
formation.

3
4
Sommaire

Remerciement. 2

Sommaire. 5

Introduction générale. 6

Première partie : Cadrage théorique et conceptuel. 8

Chapitre 1 : Pourquoi évaluer ? 9

Chapitre 2 : Les méthodes et la démarche d’évaluation. 16

Chapitre 3 : Les spécificités des PME/TPE. 50

Deuxième partie : L’étude empirique. 62

Chapitre 1 : Evaluation financière des PME : cas pratiques. 65

Chapitre 2 : Evaluation financière des TPE : cas pratiques. 83

Chapitre 3 : Benchmarking d’évaluation financière entre


PME/TPE. 101

Conclusion générale. 113

5
Introduction générale

De nos jours, connaitre la valeur de son entreprise est devenu une nécessité cruciale, pas
seulement pour bien négocier avec les différentes parties prenantes, mais aussi pour savoir la
taille de sa société et pouvoir la comparer aux normes du secteur.

L’évaluation des entreprises, cette discipline qui a souvent concernée que les grandes
entreprises dans le cadre des opérations de fusion, d’absorption, d’apport partiel d’actif,
d’augmentation de capital, effectuées généralement dans une perspective de continuité
d’exploitation. Quant aux sociétés de petites tailles, qui ne connaissaient leurs valeurs que dans
des contextes délicats de liquidation ou de redressement. Cette conception traditionnelle vient
à se disparaitre petit à petit grâce à plusieurs facteurs économiques et sociaux notamment
culturels relevant de la nouvelle vision des entrepreneurs et des investisseurs.

En fait, la globalisation ainsi que la digitalisation ont permis aux nouvelles petites entreprises
de connaitre un potentiel d’expansion énorme, ce qui donne lieu à toute entreprise, dans un
premier lieu, de voir le jour avec un petit capital, et en deuxième lieu, à élargir rapidement son
champs d’application, notamment c’est le cas des startups mais aussi des autres entreprises de
moyennes et de petites tailles. Partant de là, le besoin d’évaluation devient plus en plus
important chez les TPE.

C’est l’objet de notre problématique majeure dans ce mémoire, Comment la variable de la


taille d’entreprise impacte les aspects d’une mission d’évaluation financière d’entreprise
– Benchmarking de l’évaluation financière des TPME ?

Et afin d’aborder cette problématique, nous allons procéder à un Benchmarking entre


l’évaluation des PME et des TPE, et en route nous serons amenés à déterminer les spécificités
de toute taille d’entreprise en matière de besoin d’évaluation (Contexte d’évaluation), et en
matière de démarche d’évaluation et d’approche utilisée.

6
Ainsi, tout au long du chemin nous serons amenés à répondre sur les questions qui émanent de
la problématique centrale, ces questions sont les suivantes et seront traitées dans l’ordre
suivant :

1- Pourquoi évaluer une entreprise ?

2- Quelles approches d’évaluation et pour quels contextes d’évaluation ?

3- Quelle est la démarche de l’évaluation à suivre ?

4- Quelles sont les spécificités des PME en matière d’évaluation ?

5- Quelles sont les spécificités des TPE en matière d’évaluation ?

6- Quels sont les points d’intersection et ceux de divergence entre les PME/TPE en matière
d’évaluation ?

Et finalement, on va procéder à vérifier les résultats de notre analyse dans la partie théorique
par ceux qui en découlent de la phase empirique, pour qu’on s’en sortir avec une conclusion
bien ficelée et en même temps générale.

7
Première partie : Cadrage théorique et conceptuel.

8
Chapitre 1 : Pourquoi évaluer ?
Evaluer une société n’est qu’une réponse en fait sur un besoin qui s’émane de plusieurs
contextualités et situations, en face desquelles se trouve l’entreprise durant sa trajectoire de
survie et création de richesse. Certaines de ces situations sont en faveur de l’entreprise, d’autres
non pas malheureusement, mais dans tous les cas l’évaluation d’entreprise est une nécessité
pour accomplir une transaction consécutive. Donc on évalue généralement pour vendre, soit
afin de liquider l’actif de la société, dans un mauvais scénario de cessation d’activité, soit pour
transférer la propriété de ladite société à d’autres personnes ou bien pour augmenter son capital,
soit afin de se fusionner avec d’autres sociétés (restructuration financière), donc dans la quasi-
majorité des cas on évalue pour vendre, et très rarement qu’on évalue pour des fins purement
managériales.

En effet, y’aura pas mieux que lister et discuter les différents contextes d’évaluation, pour bien
comprendre la raison derrière le recours à cette discipline

1 Les contextes d’évaluation

On peut classifier les situations dans lesquelles l’entreprise fait recours à l’évaluation
d’entreprise, selon la nature de l’opération, en 3 grandes types d’opérations, des opérations
d’entrée/sortie des associés/actionnaires, des opérations de restructuration qui concerne
généralement les grandes sociétés, et les opérations de liquidation/Redressement dans une
approche de cessation d’activité.

1.1 Opérations de sortie/entrée d’actionnaires/associés

Comme son nom l’indique se sont des opérations de sortie d’anciens actionnaires, ce qui
demande soit de réduire le capital, soit de transmettre la part appartenant aux anciens aux
nouveaux actionnaires/associés, aussi c’est le cas des augmentations de capital. Et là on pose la
question avec quel prix peut-on réaliser cette opération, et par conséquent, il ne se trouve que
l’évaluation financière de l’entreprise qui peut remplir ce rôle, afin de faire l’objet du justificatif
de négociation.

1.2 Opérations de restructuration financière

A ce propos, ce sont les opérations de fusion-absorption qui nécessitent le calcul des parités
d’échange, autrement dit, combien vaut l’action d’une société (A) en fonction de celle de l’autre

9
société (B), ou en fonction de la nouvelle société crée grâce à la fusion, se sont généralement
des situations délicates plein de soucis fiscaux, juridiques, et comptables. On peut rajouter pour
ce type d’opérations, l’introduction en bourse, l’opération qu’avec laquelle l’entreprise se
transforme d’une simple société, à une qui fait appel à l’épargne public, d’où vient la nécessité
de calculer la valeur de l’action d’introduction en bourse. Finalement, il est à rajouter là les
différentes opérations de restructuration notamment la scission, la succession, apport partiel
d’actif.

1.3 Opérations de liquidation/Redressement

Les entreprises qui feront l’objet d’un contentieux fiscal, ou redressement causé par une
cessation de paiement, ou qui se trouvent malheureusement en liquidation. Sont obligé en
conséquence, de liquider leurs actifs et honorer leurs dettes exigibles, le reste c’est un boni de
liquidation distribué aux propriétaires, il est imposé fiscalement car il est assimilé aux
dividendes.

D’autres contextualités peuvent être derrière le besoin d’évaluation d’une société, à titre
d’exemple Leveraged buy-out (LBO1) ce que signifie rachat avec effet de levier, une affaire qui
consiste à acheter une entreprise par des fonds quasiment empruntés, et avec peu de fonds
propres afin de bénéficier de la performance des dirigeants qui s’améliorent en améliorant
l’endettement, mais aussi bénéficier de l’effet de levier2. Cette notion de la finance d’entreprise
qui indique que si la rentabilité économique d’un projet (une société pour notre cas) est plus
élevée que le cout de l’emprunt, Cela permet à l’entreprise acheteur de la société pour chaque
dirham emprunté et investi dans cette dernière, de générer un montant qui permet de rembourser
la dette et son cout et de laisser un excèdent qui se rajoute à la rentabilité générée par le dirham
des fonds propres. En conséquence on aura une rentabilité financière plus élevée que celle
économique.

1
LBO définition, Page 8, Cous d’ingénierie financière, Dr. Mohamed LOULID, Master MFE, Université Cadi
Ayyad.
2
Effet de levier, Chapitre 6, page 200, Finance d’entreprise Edition 2019, Dr. Mohamed MOUNIR Université
Cadi Ayyad

10
Schéma de l’opération LBO

Aussi on peut rajouter le recours à l’évaluation en cas d’obligations fiscales, ce qui est le cas
des sociétés françaises pour le calcul de l’impôt sur la fortune (ISF), ou les droits sur les
successions, et d’obligations financières des sociétés cotées en bourse qui publient leurs
comptes selon les règles de la comptabilité internationales (IAS/IFRS). De manière générale,
la comptabilité internationale oblige le respect du principe de « Fair-value » ou la juste valeur,
au moins une fois par an afin de déterminer les écarts entre la valeur apparente dans les bilans
comptables et la valeur réelle des actifs de la société et les éliminer, du simple fait que ce
référentiel opte à la prédominance de la substance sur la forme, contrairement à la comptabilité
marocaine plus particulièrement, et généralement à toute comptabilité francophone.

Ce qui est nécessaire à retenir après l’invocation des différentes situations qui exigent
l’utilisation de l’évaluation des entreprises, c’est que ces contextes jouent en réalité le
justificatif le plus solide derrière le choix de la méthode d’évaluation, à titre d’exemple, si on

1
Schématisation d’une opération de LBO.

11
est dans une situation de liquidation/cessation d’activité, on ne peut opter qu’à l’exercice de la
méthode patrimoniale (la valeur dite liquidative dans l’immédiat).

2 La différence entre le prix et la valeur

Souvent ces deux notions sont confondues par les praticiens avant les théoriciens, afin
d’éliminer la nuance qui en découle de l’utilisation de ces deux concepts, il faut tout simplement
lister la définition de chacune des notions et les comparer.

La valeur : c’est le montant dont l’acheteur sera prêt à dépenser pour avoir le bien/le service,
et au-delà de cette valeur l’acheteur va renoncer à l’achat, à condition que l’acquéreur est
rationnel et dispose de toute information significative, autrement dit le marché est efficient.

Dans le jargon de l’évaluation on doit distinguer entre deux valeurs 1, la valeur de l’entreprise,
et la valeur d’entreprise, elles semblent synonymes, pourtant elles sont diamétralement
opposées (Actif/Passif)

La valeur d’entreprise, est équivalente à la valeur de marché de l’actif économique, ce dernier


représente l’ensemble des actifs productifs (l’immobilisation corporelles et incorporelles) et
ressources (Besoin en fonds de roulement d’exploitation ou BFRE) qui génèrent l’EBE.

La valeur de l’entreprise, correspond à la valorisation des actions, détenir le capital d’une


entreprise, c’est à la fois détenir l’actif économique, et profiter des biens excédentaires (la
trésorerie) mais aussi porter l’ensemble des dettes (passif exigible).

Le prix : c’est ce que les acheteurs vont payer pour avoir la marchandise / le service qui fait
l’objet de la transaction, il est du généralement à la négociation, à côté de la loi de l’offre et la
demande, autrement dit plus le produit est rare face aux demandeurs plus son prix va progresser,
et plus le produit est disponible partout plus son prix va baisser.

Par conséquent, la valeur est un état d’existence du prix, quand le marché est efficient2 et les
acteurs sont rationnels. Cependant, les entreprises ainsi que les investisseurs optent à évaluer
les sociétés et cela pour avoir la valeur comme argument en négociation.

1
Pages 14-15, Chapitre 1 la valeur d’entreprise et la valeur de l’entreprise, Ouvrage Guide pratique de la
valorisation d’une PME, comment évaluer une entreprise non cotée ?, 1ere Edition, Yannick COULON, Coté
FINANCE, Gualino.
2
Efficience des marchés, prix Nobel 2013, Eugene Fama, Robert Shiller et Lars Peter Hansen.

12
Donc la différence entre la valeur et le prix n’est qu’une résultante de l’imperfection des
marchés.

A ce niveau-là, la question dont on est obligé à poser, c’est que si le prix est généralement
subjective et soumis aux sentiments et négociations des humaines, comment peut-on déterminer
la valeur qui est l’état d’existence le plus objectif du prix.

En fait, c’est ce que nous serons amenés à décortiquer dans le chapitre qui suit.

3 Le soubassement théorique de la problématique

Dans cette section nous allons citer les origines théoriques qui ont suscité notre choix de
problématique ainsi que le socle théorique que nous considérons au départ.

3.1 Intersection entre la théorie du financement hiérarchisé « pecking order » et le


rationnement du crédit.

Développée par Myers en 1984 et Myers et Majluf en 1984, ces derniers ont indiqué que
l’entreprise a un ordre de préférence des modalités de financement, et ce, indépendamment des
couts des différentes modalités de financement. En conséquence, l’entreprise préfère les fonds
internes à ceux externes, partant de l’autofinancement et passant par la dette jusqu’au dernier
choix qui est l’augmentation du capital, que l’entreprise considère couteux en termes de perte
du pouvoir (dilution). En effet, le choix du mode de financement ne résulte pas donc d’un
arbitrage entre les différentes possibilités, mais d’une consécutive des anciennes décisions de
la société, la société la moins rentable se trouve face à l’endettement et l’augmentation du
capital à cause de ses fonds internes restreints. A défaut de sa capacité d’endettement, elle sera
donc face à l’option de l’augmentation du capital qu’elle va essayer d’éviter en utilisant des
modalités de financement du court terme1 ou en faisant recours au compte courant d’associé,
mais ces derniers se sont des moyens du court terme qui seront déplacés pour répondre à des
besoins de long terme ce qui n’est pas du tout bon pour la santé financière de l’entreprise.

Quant au rationnement du crédit2, c’est un phénomène dans lequel un emprunteur est disposé à
accepter les conditions de prêt établies par le prêteur même si celui-ci disposant de ressources
suffisantes et que le prêt lui est toutefois refusé (certains emprunteurs sont contraints par des

1
GAFFARD 1990, l’importance du recours à l’endettement à court terme.
2
Stiglitz, Joseph E. et Andrew Weiss, "Credit rationing in markets with imperfect information", American
Economic Review, Vol. 71, 1981, 393-410.

13
lignes de crédit fixées qu’elles ne doivent pas dépasser sous n’importe quelles circonstances,
d’autres sont purement refusés de prêts), c’est la définition du STIGLITZ et WEISS (1981).
Ces derniers ont montré que la taille n’est pas indépendante de la soumission à ce phénomène,
et ce, est à cause du degré de l’asymétrie d’information qui est plus élevé chez les PME/TPE
qui disposent d’un système informationnel opaque. D’autres rapports1 et études2 nationales ont
montré que l’accessibilité au financement bancaire est plus rigide pour les PME.

Un dernier point que nous devons rajouter pour arriver à notre but, c’est par rapport à
l’insuffisance des fonds propres internes des PME et le lien positif avec la taille, plusieurs
recherches ont montré cela, à savoir AUDRETSH et ELSTON en 1994.

En récapitulant, les PME souffrent du rationnement de crédit le plus, ils ne disposent pas des
fonds propres suffisants, et selon la théorie du « Pecking order » la dernière modalité de
financement que préfère l’entreprise est celle des fonds propres externes. Malheureusement on
a montré, d’une part, qu’une bonne partie des PME n’auront pas vraiment le choix que
d’accepter cette modalité, et d’autre part c’est à la faveur des PME qu’elles acceptent cette
modalité car si elles ne font pas, elles vont s’adresser à des moyens de court terme (GAFFARD,
1990) qui sont inadéquats à leurs besoins initiaux.

Donc c’est à cette situation d’augmentation du capital et levée de fonds (externes) inévitable
dont la PME/TPE marocaine doit faire face avec une négociation bien raisonnée du prix, et cela
ne peut arriver qu’en se basant sur un rapport d’évaluation de ladite société.

3.2 Théorème de Modigliani-Miller3.

Ces lauréats du Prix-Nobel d’économie respectivement en 1985 et en 1990, ont traité la relation
entre la structure financière de l’entreprise et son cout du capital et par conséquent sa valeur,
puisque la valeur de la société n’égale que ce qu’elle va générer en l’actualisant au cout du
capital (ou bien le cout moyen pondéré du capital CMPC, que nous verrons plus loin). Les deux
théoriciens ont passé par plusieurs phases qui indiquent des résultats contradictoires, pour se
statuer sur la relation d’indépendance in fine, en 1977 avec la publication de Merton Miller.
Mais commençant par le début, les premiers travaux théoriques ont indiqué, en négligeant la

1
CDVM (Ancienne AMMC), « le financement des PME au Maroc », Mai 2011.
2
6ème Conférence internationale sur l’Economie Et Gestion Des Réseaux « Economics and Management of
Networks » EMNet 2013 Du 21 au 23 Novembre, 2013 à l’ENCG Agadir, Maroc Rationnement du crédit en
situation d'asymétrie d'information dans les PME de la ville Agadir : Résultats d’une enquête.
3
3.3.1 Cout du capital et structure de financement, à partir de la page 408, Chapitre 9 : le financement, Finance
d’entreprise, 1e Edition 2019, Dr. Mohamed MOUNIR, Université Cadi Ayyad.

14
fiscalité, et en considérant le cout du financement qui égale à une moyenne pondérée des
moyens de financement, un cout du financement qui baissera en augmentant la part de la dette
puisque le cout de celle-ci est moins inferieure que celui des capitaux propres. Cette approche
sera remise en question, car les actionnaires en voyant la part de la dette augmente, envisage un
risque de faillite qui s’élève et en contrepartie exige un taux de rentabilité plus élevé, et par
conséquent on se retrouve avec une relation d’indépendance entre la structure financière et le
cout du capital. En rajoutant la caractéristique de la fiscalité notamment l’impôt sur les sociétés,
le cout de la dette bénéficiera d’une économie d’impôt contrairement au cout des capitaux
propres, donc le cout du capital n’est plus indépendant, on le rend minime en augmentant la
dette. Mais on ne peut pas continuer de s’endetter pour arriver à 100% car il existe ce qu’on
appelle par les couts de faillite, donc l’entreprise a intérêt de s’endetter jusqu’à ce que les couts
de faillite égale à l’économie d’impôt du cout de la dette, c’est le niveau optimal de la structure
financière pour ce modèle. En fait, cette approche aussi est devenue fausse, quand on prend en
considération la fiscalité des particuliers, c’est ce que Miller a fait en 1977, et il est arrivé que
l’avantage fiscal de la dette est atténué par leur imposition chez les créanciers, plus les revenus
de ces derniers vont augmenter plus ils seront imposés, plus ils exigeront de rentabilité
supplémentaire, la chose qui va augmenter le cout de la dette une autre fois. Pour se statuer
finalement sur la thèse de la neutralité de la structure financière par rapport au cout du capital
et la valeur de l’entreprise en dernier lieu.

Cela veut dire que rien de prouvé dans cette théorie ne pousse l’entreprise vers l’endettement,
sous l’égide de cette théorie, l’augmentation du capital est une décision similaire à l’emprunt,
à savoir neutre comme l’endettement vis-à-vis le but de l’augmentation de la valeur de la firme,
la différence se réside dans le simple fait, qu’en s’adressant aux fonds propres externes on doit
souvent passer par l’évaluation financière. En réalité, même passer par l’endettement exige une
étude de la valeur patrimoniale de la société, d’où la nécessité de cette discipline.

15
Chapitre 2 : Les méthodes et la démarche d’évaluation
Ce chapitre fait l’objet du traitement des approches d’évaluation, ainsi que la démarche qui sur
laquelle y’en a un consensus des praticiens et théoriciens, en matières d’approches de
valorisation des sociétés, on va commencer par celle dite patrimoniale avant de passer à traiter
la méthode basée sur le rendement et celle mixte, afin de s’achever avec l’approche par
analogie.

1 Les méthodes d’évaluation patrimoniales

L’approche patrimoniale consiste à valoriser la société selon ce qu’elle possède et non pas selon
ce qu’elle peut rendre comme rentabilité, raison pour laquelle, il s’agit d’une approche basée
sur les données de la comptabilité générale plus précisément le bilan.

Comme nous l’avons vu dans le premier chapitre, l’utilisation de l’approche dépend souvent du
contexte d’évaluation, l’approche patrimoniale comme étant une approche qualifié comme
historique et non prévisionnelle, elle néglige le futur de l’entreprise, comme si cette dernière
n’aura plus d’avenir, en conséquence, c’est la méthode la plus convenable à utiliser dans un
contexte de difficulté, ou d’incertitude par rapport aux flux.

A ce propos, plusieurs indicateurs sont utilisés pour arriver à la valeur patrimoniale de la


société, certains basés sur la valeur comptable des actifs et passifs avec annulation des actifs
dits sans valeurs, autrement dit des actifs non marchands (ANC : Actif net comptable).
D’autres basés sur la valeur comptable retraitée pour l’approcher à la valeur dite réelle (ANCC :
Actif Net Comptable Corrigé), soit à celle marchande ou à celle d’utilité, on cherche à
s’approcher à la valeur d’utilité quand il s’agit des biens nécessaires à l’exploitation,
contrairement aux biens non nécessaires à l’exploitation où on cherche à s’approcher de leurs
valeurs réelles du marché.

D’autres indicateurs de calcul de la valeur patrimoniale sont utilisés dans la pratique notamment
la valeur substantielle brute (VSB) qui s’intéresse qu’aux actifs nécessaires à l’exploitation et
plus précisément à leurs valeurs d’utilité (réelles), sans déduction des passifs exigibles donc
indépendamment du mode de financement, d’où vient la raison derrière la dénomination
« Brute ». Ainsi que le (CPNE) capitaux permanents nécessaires à l’exploitation qui en découle

16
de la déduction des dettes d’exploitation (à court terme) de la VSB. Nous verrons plus loin les
détails de chaque indicateur et ses retraitements.

1.1 ANC

L’actif net comptable consiste à calculer la valeur nette bilancielle, autrement dit la valeur des
capitaux propres (le passif non exigible) sans retraitement sauf l’annulation de l’actif fictif :

Actif net comptable (ANC) = Actif total – Actif fictif – passif exigible + Ecarts de
conversion passif - dividendes

Il est à noter que le passif exigible comprend les dettes quelques soit leurs échéances, et les
provisions pour risques et charges du fait que ces derniers ont un caractère de survenance élevé
(les provisions pour charges sont probable en matière de montant mais certaines en matière de
survenance, ce qui les assimile à des dettes exigibles).

On désigne comme actif fictif, toute charge qui a subi l’activation (transfert vers l’actif) pour
bénéficier de l’étalement de cette dernière sur plusieurs exercices, ainsi que les actifs n’ayant
pas de valeur marchande comme c’est le cas des écarts de conversion actif (sauf s’ils sont
provisionnés, car si c’est le cas on ne doit pas les éliminer car ils ne reflètent plus un actif fictif
mais un épargne qui existe comptablement).

Ecarts de conversion passifs se sont des gains latents mais dans une approche patrimoniale
(approche de liquidité) si on liquide nos actifs en honorant nos dettes on va réaliser ce gain, et
donc il va rejoindre la valeur des capitaux propres (en réalité, il doit rejoindre les capitaux
propres après déduction d’impôt).

On peut obtenir l’actif net comptable autrement par la relation suivante :

ANC = Capitaux propres – Actifs fictifs (y compris les ECA) + ECP – dividendes*

*si on peut les déterminer.

1.2 ANCC

Quant à l’actif net comptable corrigé (ANCC), il consiste à prendre l’actif net comptable et
corriger les valeurs comptables afin de les rendre plus réelles, autrement les rapprocher à la
valeur du marché ou d’utilité selon la nature de l’actif (nécessaire ou non à l’exploitation).

17
L’impact de la fiscalité différée1
Avant d’entamer le traitement de la fiscalité différée, il est important d’expliquer les deux
notions en relation à savoir la fiscalité différée active, et la fiscalité différée passive :

La fiscalité différée active : ce sont des créances d’impôt potentielles donc des économies
d’impôt différé sur des exercices ultérieures, provenant des éléments d’actif qui donneront lieu
à la constitution de charges déductibles fiscalement.

La fiscalité différée passive : ce sont des dettes d’impôt potentielles sur des exercices
ultérieures, provenant des éléments de capitaux propres et imposables fiscalement.

À l’actif net comptable, on ajoute les plus-values ainsi que les moins-values en découlant de la
comparaison entre la valeur comptable et celle réelle.

Ces différences pour être plus réalistes, on doit prendre en considération l’impact de la fiscalité
différée. Cela veut dire que pour une plus-value de 100 et avec un impôt de 30% on ne doit
compter qu’une augmentation de 70 de l’actif net et pour une moins-value de 100 avec le même
taux d’impôt on ne doit compter qu’une diminution de 70. Pour le premier cas on parle de
fiscalité différée passive et dans le second on parle de fiscalité différée active, tant que les plus
et les moins-values restent non réalisées on parle de fiscalité différée et non exigible.

Jusqu’ici tout est dans l’ordre, sauf c’est que pour ne pas commettre des fautes, il faut faire
différence entre le traitement de la fiscalité différée en matière des biens nécessaires à
l’exploitation et ceux non nécessaires à l’exploitation, pour ceux non nécessaires à l’activité on
procède normalement comme on l’a évoqué avec l’exemple en-dessus. Alors que pour ceux
nécessaires à l’exploitation, quand il s’agit d’une plus-value on procède sans fiscalité différée
passive, et quand il s’agit d’une moins-value on va prendre en considération l’économie d’impôt
sur la VNA de l’immobilisation en question car malgré la moins-value fiscalement la VNA est
l’ensemble des dotations déductibles qui vont être constatées sur les exercices ultérieures. Cela
est dû en fait à la composition de la valeur des biens nécessaires à l’exploitation ces derniers se
sont calculés à partir de la valeur d’utilité autrement dit avec actualisation des cash-flows. Ces
cash-flows égalent au résultat (y compris la déduction de l’impôt) + les dotations, par
conséquent, ils contiennent l’impact de l’impôt là-dedans.

1
Chapitre 1, section 2, la détermination de l’actif net comptable corrigé, la prise en compte de la fiscalité
différée, Cours de techniques d’évaluation des entreprises, Dr. A.Grine, Année universitaire 2009-2010.

18
Donc quand on ajoute ou on déduit la plus-value ou la moins-value, en ce qui concerne les biens
nécessaires à l’exploitation, si on prend en considération la fiscalité différée, on va taxer la plus-
value ou bien on va compter l’économie d’impôt sur la moins-value doublement.

En conséquence, on aura l’actif net comptable corrigé égale à la relation suivante :

ANCC = ANC + Plus-values net d’impôt des biens non nécessaires à l’exploitation + Plus-
values brut d’impôt des biens nécessaires à l’exploitation – Moins-values net de
l’économie d’IS sur la VNA de l’immobilisation – L’IS sur le solde du poste subvention
d’investissement* – L’IS sur Provisions réglementées** + l’économie d’IS sur la VNA des
immobilisations en non valeurs.

*
le solde du poste de subvention d’investissement, contient l’ensemble des reprises sur

subvention d’investissement à constater dans le futur, ces dernières sont imposables, elles
constituent une fiscalité différée passive.

**
les provisions réglementées, constituées essentiellement d’amortissement dérogatoire

ces amortissements sont déductibles fiscalement durant les premières années, alors qu’ils
donnent lieu à des reprises sur provisions réglementées imposables dans le futur, il s’agit
donc d’une fiscalité différée passive.

1.3 VSB1

D’autres indicateurs sont utilisés pour refléter la valeur de l’entreprise, mais très rarement,
puisqu’ils ne font pas l’objet d’une évaluation patrimoniale, cependant ils font l’objet d’avoir
une idée sur la valeur patrimoniale de l’outil productif de l’entreprise, comme il sert à calculer
le goodwill de cette dernière, c’est le cas de la VSB (Valeur Substantielle Brute) et le CPNE
(Capitaux Permanents Nécessaires à l’Exploitation).

La valeur substantielle brute consiste à déterminer la valeur patrimoniale de l’outil productif


(les immobilisations nécessaires à l’exploitation seulement) de la société abstraction faite du
mode de financement de ce dernier.

En conséquence la VSB est calculée comme suit :

1
1.3. La valeur substantielle brute, page 54, Chapitre 5 : Evaluation financière d’entreprise, Cours gestion
financière S5, Dr. Mme L.FEKKAK, Fsjes FES.

19
Valeur substantielle brute = Actif net comptable + Biens exploités par l’entreprise non-
inscrits en actif + Dépenses de remises en état des équipements vétustes - Actifs hors
exploitation + Actifs fictifs (y compris ECA) + Dettes (Passif exigible)

1.4 CPNE

Les capitaux permanents nécessaires à l’exploitation, consistent à rassembler les éléments


nécessaires à long terme pour le fonctionnement de l’entreprise notamment les immobilisations
nécessaires à l’exploitation et le Besoin en fond de roulement normatif ; en conséquence on
aura un CPNE qui égale à :

CPNE = VSB – dettes du court terme + Effets escomptés non échus (EENE)*

*
EENE, on les ajoute pour une estimation plus exacte du BFRE

CPNE égale autrement :

CPNE = Immobilisations nécessaires à l’exploitation + BFRE (normatif)

On peut assimiler la notion du CPNE à celle de l’actif économique, sauf que cette dernière
s’intéresse à toute immobilisation et à la totalité du BFR.

Le BFRE normatif, est une sorte de moyenne calculée de BFRE, ce dernier a un caractère
cyclique mais permanent d’où vient son importance pour déterminer le fond de roulement
normatif qui peut couvrir le BFR normatif, afin d’arriver à la situation idéale du trésorerie
(TN=0).

Le BFRE normatif 1 est déterminé généralement par deux méthode, soit la méthode directe, ou
bien celle dite des experts comptables qui est souvent préconisée.

A titre informationnel, le CPNE ainsi que la VSB ne sont pas utilisés pour déterminer la valeur
patrimoniale de la société, mais pour identifier la valeur de l’outil productif de la société, et cela
servira à calculer le goodwill par la suite.

A la fin de cette section, il est à noter que ces indicateurs/méthodes dites patrimoniales, ne
permettent pas de faire visualiser les perspectives de la rentabilité d’une société, ils sont même
dans certains cas inutiles, notamment le cas des boites de services, où l’actif est beaucoup plus
inférieur voir même presque nul par rapport aux capacités de la société et ses réalisations. En

1
BFR normatif, à partir de la page 167, Chapitre 5 : Etude de l’équilibre financier de l’entreprise, Finance
d’entreprise, Edition 2019, Dr. Mohamed MOUNIR, Université Cadi Ayyad.

20
fait, pour des situations pareilles, il existe des méthodes basées sur le rendement, ainsi que des
méthodes dites mixtes, ils feront l’objet du traitement au cours des sections suivantes.

Les limites de l'approche patrimoniale :


- Certaines valeurs (marque, survaleur) sont parfois même inexistantes au bilan en l'absence
de réévaluation des actifs immatériels constitués par l'entreprise elle-même et non acquis à
l'extérieur.

- L'évaluation des actifs comporte toujours une part de subjectivité.

- Elle ignore la rentabilité future de l'entreprise et ne s'intéresse qu'aux performances passées.


Or, l'acheteur d'une entreprise, quel qu'il soit, n'achète pas le passé, mais le futur de l'entité,
c'est-à-dire la possibilité de réaliser et de capitaliser des bénéfices dans le futur.

- La question des retraitements n'est pas toujours très facile à mettre en œuvre et fait parfois
l'objet d'appréciations subjectives.

2 Les méthodes d’évaluation basées sur le rendement

Quand la société dispose d’un historique stable et suffisant, cela permet une projection efficace
sur le futur, c’est la manière la plus raisonnable pour évaluer l’entreprise lorsqu’il s’agit d’un
contexte de continuité d’exploitation, à savoir évaluer la boite selon ce qu’elle va nous rendre
comme rentabilité.

En fait là, on peut distinguer entre plusieurs méthodes même s’il s’agit d’une logique commune
derrière, passant par l’évaluation de la valeur du titre selon sa rentabilité (les dividendes), ou
bien selon son bénéfice attendu (tout le bénéfice y compris celui distribuable), soit on opte à la
fameuse méthode dite DCF (Discounted Cash Flows)

Donc d’une manière générale, la valeur de rendement d’une société, dans un horizon de temps
illimité avec un bénéfice constant, se présente comme suit :

V = B/K

B : Bénéfice (soit dividende ou bénéfice réalisé)

K : le cout des capitaux utilisés pour création de la richesse (on parle souvent de CMPC, qu’on
verra plus loin)

21
2.1 Evaluation à partir des dividendes attendus

Cette méthode repose sur le principe de l’actualisation des dividendes (bénéfice distribuable) à
la date de l’opération d’évaluation, dans une hypothèse de dividende constant, en cas de
dividende croissant on travaille avec la formule de Gordon-Shapiro.

Ainsi on aura la relation suivante, en cas d’une période limitée :

V = D. 1-(1+i)-n/i + An (1+i)-n

D : dividende constant.

I : le taux d’actualisation (le cout des capitaux).

An : la valeur résiduelle du titre (valeur de revente).

Dans une période illimitée, on aura :

V = D/i

Puisqu’il s’agit d’un horizon illimité dans le temps, y aura pas de valeur résiduelle.

En cas de dividende croissant (croissance perpétuelle) on utilise le modèle Gordon-Shapiro,


fondé sur le principe que si le dividende est illimité dans le temps, et la croissance des plus-
values (fluctuation de la valeur du titre) n’aura pas d’incidence sur l’évaluation de l’actif.

On a donc la relation suivante :

V = D/i-g

g : c’est le taux de croissance moyen des dividendes.

Le modèle ne fonctionne pas que si le cout des capitaux (i) est supérieur au taux de croissance.

Le taux d’actualisation (i)


On utilise ici, le cout des capitaux propres, plusieurs modèles ont tenté de le modéliser, mais
un entre eux est le plus utilisé grâce à son efficacité ainsi que sa simplicité à savoir le MEDAF
(Modèle d’Evaluation des Actifs financiers) que nous allons présenter en dessous, autres
modèles ont connu le jour durant le siècle dernier notamment le modèle APT (Modèle
d’Evaluation par Arbitrage) qui s’appuie sur les anomalies du MEDAF.

22
Le MEDAF1 est basé sur la relation entre le risque et la rentabilité, d’une façon résumée, plus
un actif est risqué plus sa rentabilité est incertain, plus la rentabilité exigée par les souscripteurs
sera élevée et vice-versa, le risque donc fait référence à l’incertitude du rendement.

A titre d’exemple, les obligations étatiques se sont les moins risquées et par conséquent elles
procurent la rentabilité la moins élevée dans le marché (On parle du rendement de l’actif sans
risque) car l’Etat est l’agent économique souverain dont la probabilité de faillite est la plus
inférieure et alors sa rentabilité est la plus certaine.

La relation du MEDAF :

Taux d’actualisation d’actif risqué = taux d’actualisation sans risque + prime de risque

RA = Rf + B (Rm – Rf)

RA : la rentabilité exigée pour un actif quelconque.

Rf : la rentabilité de l’actif sans risque.

B : le coefficient de sensibilité (Quand le marché varie, à quel degré l’actif varie).

B = COV (Ra,Rm)/V(Rm)

Rm : la rentabilité moyenne exigée par les investisseurs dans un marché.

(Rm – Rf) : Quand l’investisseur renonce à la rentabilité la plus certaine, et opte à une rentabilité
d’un actif dans un marché, la différence c’est le cout (le risque) qu’il va supporter.

2.2 Evaluation à partir des bénéfices attendus

Cette méthode repose sur la notion du bénéfice et non pas du dividende, la différence se réside
sur l’aspect distribuable du rendement, les dividendes font partie du bénéfice, et le bénéfice
contient la partie distribuable et non pas l’inverse. Donc on opère avec le bénéfice par action et
non pas avec le dividende.

V = Ba 1-(1+i)-n/i + An (1+i)-n

Dans un horizon perpétuel dans le temps

V = Ba/i

1
A) MEDAF, page 36, Chapitre 2 : la valeur et le risque, DCG Finance d’entreprise, 3eme Edition, Manuel &
Applications.

23
Ba : en retenant un résultat courant après impôt sur le nombre d’actions.

Le taux d’actualisation retenu ici est celui implicite qu’on peut extraire de l’indicateur boursier
(le PER : Price Earning Ratio) PER = Cours de l’action / Ba

Ainsi Le taux d’actualisation implicite :

1/PER = Ba/Cours de l’action

On peut aussi utiliser le cout du capital (CMPC) cout moyen pondéré des capitaux, on verra
cette notion plus loin dans la méthode suivante.

2.3 Evaluation à partir des flux de trésorerie disponibles (DCF)

Le principe de cette méthode repose sur le fait que la valeur économique de rendement de
l’entreprise est égale à la valeur actuelle des flux de trésorerie disponibles de cette dernière. La
méthode des flux de trésorerie est issue de la méthode classique d’évaluation d’un projet
d’investissement.

En conséquence on a la relation suivante :

Ft : cash-flow de la période t.

Vt : la valeur résiduelle de l’entreprise.

ICMPC : le cout moyen pondéré des capitaux.

Pour obtenir la valeur V des capitaux propres, il faut retirer la valeur des dettes.

V (des capitaux propres) = VE – Dettes financières 1

Estimation des flux de trésorerie


Souvent on utilise la CAF (Capacité d’Autofinancement), dans une perspective prévisionnelle
en tenant compte des décalages entre produits encaissables et encaissements, ainsi que les
décalages entre les charges décaissables et les décaissements, puisque le cash-flow égale à la
différence entre encaissement et décaissement, alors que la CAF égale à la différence ente
produit encaissable et charge décaissable.

1
1) Principe, Page 336, Section 2 : L’évaluation par les flux de trésorerie, Chapitre 9 : Evaluation de l’entreprise,
Analyse financière, 4e Edition, Hubert de la bruslerie, DUNOD.

24
En fait, c’est comme si on utilise l’ETE (Excèdent de Trésorerie d’Exploitation) et non pas la
CAF, dans une perspective prévisionnelle bien sûr, du fait que la notion de l’ETE qui prend en
considération les décalages entre l’encaissement et le produit encaissable et le décaissement et
la charge décaissable.

L’ETE reflète donc le flux de trésorerie de l’exploitation disponible et dispose d’un caractère
courant puisqu’il est calculé à partir de l’EBE, avant de prendre en considération de la politique
d’amortissement, et celle de dividendes, ainsi que la structure financière et l’impôt.

ETE1 = EBE – ΔBFRE

En conséquence, les flux de trésorerie disponibles égalent à :

FTDt = ETEt – Dépense d’investissementt * – L’impôt théoriquet – Ch. D’intérêtst (1-IS)*

*si on est à la première date (date de dépense d’investissement).

**il serait plus légitime de prendre en considération le cout de la dette, en tenant compte de leur
déductibilité.

Il est à noter que le plan d’affaires joue un rôle important dans la détermination des flux de
trésorerie, surtout en absence d’historique stable et suffisant qui vont servir à la prévision
efficace.

Le taux d’actualisation (CMPC)


A ce niveau-là, on actualise avec le cout du capital (CMPC2 y compris la partie d’endettement),
en matière des capitaux propres nous avons déjà traité le fameux modèle utilisé notamment le
MEDAF. En ce qui concerne donc le cout du capital utilisé pour l’actualisation des flux de
trésorerie disponible, on travaille avec une moyenne pondérée des couts du capital, partie des
capitaux propres qui peut être extrait généralement par le MEDAF, et l’autre partie
d’endettement qu’on présente avec le taux d’intérêt mais pas souvent avec le taux nominal on
peut travailler avec un taux de cout d’endettement réel dit (actuariel).

Tc = Tcp KP/KP+D + TD D/KP+D

Il s’agit d’une moyenne pondérée.

1
2.1. L’excédent de trésorerie d’exploitation (ETE), Page 230, Chapitre 7 : Analyse par les flux, Finance
d’entreprise, 1e Edition, Dr. Mohamed MOUNIR.
2
2.2. Calcul du taux d’actualisation, Page 340, Section 2 : L’évaluation par les flux de trésorerie, Chapitre 9 :
Evaluation de l’entreprise, Analyse financière, 4e Edition, Hubert de la bruslerie, DUNOD.

25
Avantages

- Très tourné vers l'avenir ;

- Tient compte de la politique d'investissement et du risque individuel de l'entreprise. Permet


une solution individuelle adaptée à la réalité de l'entreprise ;

- Permet le contrôle des liquidités futures.

- Détermine l'avantage fiscal de la part de financement externe.

Inconvénients

- Les petites et moyennes entreprises ne peuvent pas être évaluées par cette méthode en raison
de la difficulté de calculer le coefficient BETA, qui se base sur l'historique du marché
financier, ce qui n'est pas le cas des PME non cotées en bourse

- Méthode de calcul exigeante car elle nécessite des données prévisionnelles (éventuellement
par le biais d'un processus de prévision) ;

- Évaluation averse au risque

3 Les méthodes d’évaluation mixtes

Parmi les inconvénients des méthodes patrimoniales ainsi que celles basées sur le rendement
c’est qu’elles ne prennent qu’une partie ou bien qu’une facette de la valeur de la société, une
néglige l’avenir de cette dernière, et l’autre néglige ce qu’elle dispose comme outil de création
de richesse et se contente de sa rentabilité prévisionnelle.

A ce propos, il existe une 3e famille de méthodes dite « mixte » qui essaye de mélanger entre
les deux valeurs de l’entreprise, soit par le calcul simple d’une moyenne arithmétique entre la
valeur patrimoniale et de rendement et parfois pondérée par des coefficients que les praticiens
jugent légitimes, soit par l’introduction de la notion du « Goodwill ». Cette dernière qui peut
être calculée par plusieurs méthodes à savoir la méthode des praticiens ou bien la rente abrégée
ou celle infinie, et à l’aide de plusieurs indicateurs notamment l’ANCC, VSB, CPNE.

26
3.1 La valeur mixte de l’entreprise

Dans cette approche simple la valeur de l’entreprise n’est qu’une moyenne arithmétique ou
pondérée de ses deux valeurs (patrimoniale, et de rendement), ainsi on aura la relation suivante :

V = (ANCC + VR) / 2

Et avec des coefficients on aura une moyenne pondérée :

V = ANCC. CoeffANCC + VR. CoeffVR

3.2 La notion du Goodwill1

Les méthodes qui incluent la notion du goodwill repose sur le principe fondamental suivant,
c’est que la valeur de l’entreprise vient de sa capacité à réaliser des bénéfices, une part de cette
capacité provient des éléments corporelles et patrimoniale autrement dit de la masse des
capitaux mis en œuvre (ANCC), et l’autre part vient des éléments qualitatifs et dont une grande
partie non comptabilisée à savoir la qualité de la gestion, le savoir-faire du personnel,
l’expérience, etc…

Donc le Goodwill constitue un surplus ou une survaleur de la valeur globale de l’entreprise (qui
combine entre les deux valeurs à savoir la valeur mixte) sur sa valeur patrimoniale (intrinsèque).

En conséquence, on aura la valeur de l’entreprise sous forme de la combinaison suivante :

V = ANCC + G.W

Il est à noter qu’il faut éliminer la valeur du fonds commercial de l’actif net comptable corrigé,
car les éléments du fonds commercial fait partie de la valeur du Goodwill.

A ce niveau-là, plusieurs méthodes sont mises en place pour déterminer la valeur du Goodwill,
de la méthode des praticiens passant par la méthode de la rente abrégée et celle infinie.

3.3 La méthode des praticiens

Dite la méthode indirecte, partant de la valeur dite mixte on peut déduire la valeur du Goodwill
qui ne traduit par l’excèdent de la valeur globale sur la valeur patrimoniale, et ainsi on aura la
relation suivante :

1
Chapitre 3, Les méthodes d’évaluation combinant à la fois le patrimoine et la rentabilité, Cours de techniques
d’évaluation des entreprises, Dr. A.Grine, Année universitaire 2009-2010.

27
V = (ANCC + VR)/2

V = ANCC/2 + VR / 2 = ANCC – ANCC/2 + VR/2 = ANCC + (VR – ANCC)/2

= ANCC + GW

Donc : GW = (VR – ANCC)/2

3.4 La rente abrégée

Dite la méthode directe ou méthode des anglo-saxons, consiste à déterminer le superprofit qu’on
considère constant afin de l’actualiser dans un horizon limité, le superprofit est dû à la
rémunération élevée au taux normal procurée par les éléments du Goodwill, ainsi on a la relation
suivante :

(𝟏 − (𝟏 + 𝒊)−𝒏 )
𝑮𝑾 = (𝑩 − 𝒕. 𝑨𝑵𝑪𝑪)
𝒊

B : bénéfice courant net d’impôt.

ANCC : les capitaux investis des propriétaires.

t : taux d’intérêt « normal » taux sans risque.

i : le taux exigé par les investisseurs.

A titre d’allusion, nous voyons qu’il est plus légitime d’utiliser le cout des capitaux propres
qu’on peut extraire à l’aide du MEDAF (le taux exigé par les investisseurs) au lieu du taux sans
risque (t) puisque ce dernier constitue le taux normal, mais juste pour un investissement
similaire à celui des obligations Etatiques, et non pas pour l’investissement dans une entreprise.

Dans un horizon infini on aura la relation suivante :

(𝑩 − 𝒕. 𝑨𝑵𝑪𝑪)
𝑮𝑾 =
𝒊

28
En fait, plusieurs théoriciens ainsi que des praticiens préconisent l’utilisation de d’autres
variables pour le calcul du Goodwill à savoir la VSB (Valeur Substantielle Brute) et le CPNE
(Capitaux Permanents Nécessaires à l’Exploitation).

A partir de la VSB
Cette valeur représente l’outil de travail et de création de richesse indépendamment du mode
de financement, d’où vient l’efficacité de cet indicateur au lieu de l’ANCC.

Ainsi on a la relation dans un horizon limité :

(𝟏 − (𝟏 + 𝒊)−𝒏 )
𝑮𝑾 = (𝑩 − 𝒕. 𝑽𝑺𝑩)
𝒊

En termes de bénéfices (B) on doit traiter celui net d’impôt, en tenant uniquement les charges
et les produits provenant des éléments nécessaires à l’exploitation, et en rajoutant les charges
en relation avec les immobilisations acquises en crédit-bail, sans oublier d’annuler les charges
d’intérêts des dettes à long et court terme.

A partir de le CPNE
Cette variable consiste à rassembler l’ensemble des capitaux nécessaires à l’exploitation qui ont
un caractère permanent, donc on a qu’à déduire les dettes à court terme dites d’exploitation et
rajouter les effets escomptés non échus pour une estimation plus correcte du BFR.

Ainsi on a la relation dans un horizon limité :

(𝟏 − (𝟏 + 𝒊)−𝒏 )
𝑮𝑾 = (𝑩 − 𝒕. 𝑪𝑷𝑵𝑬)
𝒊

En termes de bénéfices (B) on peut utiliser le même résultat lié à la VSB, juste qu’il faut déduire
les charges d’intérêts provenant de dettes à court terme car ces dernières sont déductibles de la
VSB pour arriver au CPNE.

29
4 L’approche par analogie1

Cette approche consiste à déterminer la valeur de l’entreprise à partir d’un échantillon des
entreprises similaires (des comparables) à la société qui fait l’objet de l’évaluation, en
choisissant en premier lieu un indicateur qualifié comme inducteur de la valeur qu’on multiplie
par un coefficient dit multiple, ce multiple est une sorte d’une moyenne déduit de l’échantillon
des sociétés similaires à l’entreprise.

4.1 Les multiples utilisés

Le choix du multiple dépend du choix de l’inducteur de la valeur ainsi la valeur de l’entreprise


égale, généralement, à la relation suivante :

V = 𝐌𝐮𝐥𝐭𝐢𝐩𝐥𝐞 𝐱 𝐈𝐧𝐝𝐮𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫

V : ça peut être la valeur de toute l’entreprise, comme ça peut être seule celle de la valeur des
capitaux propres, tout dépend de l’inducteur de la valeur.

Multiple : c’est une moyenne des multiples de l’échantillon, supposons une société A qui fait
partie de l’échantillon son multiple va être égale à :

𝐿𝑎 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑏𝑜𝑢𝑟𝑠𝑖𝑒𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝐴 𝒐𝒖 𝑙𝑎 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝐴 (𝑑𝑒 𝑣𝑒𝑛𝑡𝑒)


𝑙 ′ 𝑖𝑛𝑑𝑢𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑐ℎ𝑒𝑧 𝐴

Dans certains cas on doit ajouter à la capitalisation boursière la valeur des dettes, et cela dépend
du choix de l’inducteur de la valeur.

En choisissant le résultat net comme inducteur de la valeur, consécutivement on va extraire la


valeur des capitaux propres, car le résultat net c’est le reste après rémunération des créanciers
à savoir les banquiers et la dette fiscale. En revanche, en choisissant le résultat d’exploitation
on va tomber sur la valeur de l’entreprise (y compris la valeur de la dette).

Dans cette approche, on distingue deux grandes natures de multiples, d’une part ceux boursiers,
et d’autre part ceux transactionnels. En effet y’en a pas une grande différence, sauf que afin de

1
Page 351, Section 3 : Les méthodes de multiples, Chapitre 9 : Evaluation de l’entreprise, Analyse financière, 4e
Edition, Hubert de la bruslerie, DUNOD.

30
calculer le multiple, pour la première famille des multiples on utilise la capitalisation boursière
plus ou non la valeur des dettes, et pour la 2e famille des multiples on utilise la valeur de vente
(transaction) des sociétés similaires à l’entreprise.

Les multiples les plus fréquemment utilisés


Souvent sont nombre de trois les multiples les plus utilisés, le multiple du résultat net (appelé
le PER « Price Earning Ratio » qu’on a déjà évoqué en dessus)

Avec le PER la valeur de l’entreprise égale à :

Valeur des capitaux propres = Multiple du PER x Résultat net

La valeur de l’action = Multiple du PER x Le bénéfice net par action

Les inducteurs de valeurs les plus utilisés et qui sont bruts contrairement au résultat net, se sont
l’EBIT et l’EBITDA, sont similaires respectivement aux notions du résultat d’exploitation ou
opérationnel et l’excédent brut d’exploitation.

Selon plusieurs experts l’utilisation de l’EBITDA et la plus efficace, puisque ce dernier n’inclut
ni l’impact de la politique d’amortissement, ni celle de la politique financière, ni l’impôt, donc
c’est le solde intermédiaire de gestion le plus neutre qui permet la meilleure comparaison entre
la performance des entreprises similaires.

Avec l’EBITDA on aura la relation suivante :

La valeur de l’entreprise (globale) = Multiple de l’EBITDA x l’EBITDA de la société

La valeur des capitaux propres de la société = la valeur globale – les dettes

𝑳𝒂 𝒗𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒂𝒑𝒊𝒕𝒂𝒖𝒙 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒔𝒐𝒄𝒊é𝒕é


𝑳𝒂 𝒗𝒂𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒍′ 𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 =
𝑵𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅′ 𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔

Pour bien illustrer le Multiple moyen de L’EBITDA est calculé comme suit :

Supposons que l’échantillon des comparables est constitué de 3 sociétés, on s’intéresse à


l’EBITDA de chaque société ainsi que sa valeur transactionnelle s’elle existe ou à la
combinaison de sa valeur des capitaux propres et celle de la dette.

31
Ainsi on aura le multiple pour la première société :

𝐿𝑎 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑜𝑢 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 + 𝐷𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠


𝑀1 =
𝐿′ 𝐸𝐵𝐼𝑇𝐷𝐴 (𝑜𝑢 𝑙 ′ 𝐸𝐵𝐸)

Le multiple moyen égal :

𝑀1 + 𝑀2 + 𝑀3
𝑀𝑢𝑙𝑡𝑖𝑝𝑙𝑒 à 𝑎𝑝𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒𝑟 =
3

A la fin, il est à noter que la méthode des multiples présente de la part de sa nature plusieurs
limites, partant de la difficulté du choix de l’inducteur de la valeur jusqu’à l’élaboration de
l’échantillon, Plus précisément au Maroc où la bourse est beaucoup moins prometteuse
qu’ailleurs.

La valorisation par des multiples non financiers


Dans plusieurs secteurs et domaines d’activités s’avère qu’il est beaucoup plus convenable et
efficace, de procéder à l’estimation en se basant sur un nombre d’abonnés, un volume de
production ou bien un indicateur spécifique à l’activité à titre d’exemple, on peut compter :

- Nombre de colis expédiés


- Nombre de lignes
- Nombre de mandats de gestion
- Nombre de chambres, lits
- Nombre de connexions, clics, pages visitées…
- Nombre d’abonnés
- Nombre de produits vendus
- Réserve prouvée (Groupe pétrolier ou minier)
- Importance de la flotte de véhicules en activités…

Pour bien illustrer, dans le cas des sociétés ayant un nombre de clients mesuré généralement
par des abonnements, on peut considérer que l’évaluation de la société soit réalisée par la

32
multiplication d’un nombre d’abonnements spécifique à la société elle-même à un prix
d’abonnement ou de participation moyen.

4.2 Critères de sélection de l'échantillon (comparable)1

La majeure difficulté découlant de la mise en œuvre d'une approche analogique concerne la


constitution d'un comparable pertinent.

L'élaboration d'un échantillon de comparables boursiers ou de transactions qui sont


suffisamment représentatifs de l'activité et des particularités de l'entreprise à évaluer.
Plusieurs critères permettent d'optimiser le choix de l'échantillon :

- Le métier/secteur d’activité.

- La gamme de produits et le positionnement géographique (ou le degré de diversification).

- Le niveau de rentabilité.

- L'intensité des capitaux.

- L'âge de l'entreprise/le cycle de vie.

- La similarité de l'industrie/du produit.

- Taille de la société/part de marché.

- Les enjeux du développement.

- L'environnement concurrentiel et/ou réglementaire.

Tous ces critères de sélection conditionnent le risque/rendement d'un investissement et ont par
conséquent un impact directement sur les niveaux de valorisation.

1
Page 44, Cours d’évaluation des entreprises & Opérations de fusion – acquisition, Réalisé par
Pr.Abderrahmane BAHI.

33
4.3 Les décotes à opérer sur les multiples en cas des PME/TPE1

Les multiples boursiers doivent être ajustées entre sociétés cotées et non cotées, Les multiples
des différents secteurs cotés sont relativement accessibles, On ne peut pourtant pas directement
les appliquer aux TPE/PME sans les ajuster à la baisse, et ce, pour de multitudes facteurs.

- Le facteur taille : la taille d’une entreprise cotée est un facteur de la bonne situation financière,
une très grande entreprise est plus diversifiée et active internationalement et donc moins
risquée.

- Le facteur liquidité : les parts sociales / actions d’une société TPE/PME sont difficilement
cessibles, des clauses d’agrément retardent le processus de vente, la vente se fait de gré à gré
pendant une longue période de négociation parfois, et ce à cause de la simple raison que le
marché n’est pas efficient.

- D’autres risques peuvent se rajouter à cette panoplie de facteurs, à savoir le facteur du risque
propre au gérant actionnaire, cette spécificité aux petites sociétés plus précisément, sera traité
en profondeur dans le chapitre suivant.

5 Les options réelles2

Méthode inspirée des options financières, qui consistent à donner le droit, et non l’obligation
d’acheter ou vendre un sous-jacent avec un prix d’exercice prédéterminé, sauf qu’ici on ne parle
pas d’un sous-jacent (actif financier), mais d’un projet d’investissement et plus précisément
dans le jargon de l’évaluation l’entreprise elle-même. En effet cette approche a emprunté la
règle classique de la méthode basée sur le rendement dit la méthode de la VAN, en rajoutant la
valeur des options réelles qui traduisent la flexibilité du projet et en conséquence on se retrouve
avec deux grandes familles d’options réelles notamment opérationnelles et stratégiques. Il s’agit
des choix que l’investisseur/gestionnaire peut prendre qui auront un impact sur la valeur de sa
société, donc les options réelles viennent d’intégrer le jeu pour bonifier la valeur de l’entreprise
et non pas la biaiser, la différence avec les options financières se réside dans le fait que y’a pas
d’acheteur et vendeur et y’a pas un marché secondaire (de spéculation).

1
Page 146, Chapitre 4 la méthode des comparables, 5. Les décotes à opérer sur les multiples boursiers,
Ouvrage Guide pratique de la valorisation des PME, comment évaluer une société non cotée en bourse ?,
Yannick COULON, 1ere Edition, Coté FINANCE, Gualino.
2
DHIAB EZZOBAIER, Mémoire « Les options réelles : Options de croissance et de contraction pour l’évaluation
d’un projet d’investissement », UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL (Mars 2008).

34
La VAN classique :
𝑛
𝐶𝐹
∑ − 𝐼0
(1 + 𝑖)𝑛
𝑖=1

La VAN augmentée qui comprend la flexibilité (les options réelles) :


𝑛
𝐶𝐹
∑ − 𝐼0 + 𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑜𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑟é𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠
(1 + 𝑖)𝑛
𝑖=1

Les options peuvent se présenter en arbre de décisions et à l’aide des calculs mathématiques un
peu plus complexe, on peut déduire leurs valeurs selon la situation est ce qu’il s’agit d’une
option de croissance (call) ou bien d’une option de contraction (put).

6 La méthode EVA (Economic Value Added) ou la valeur économique


ajoutée1

Elle consiste à calculer la valeur des capitaux investis en rajoutant à leurs valeurs actuelles la
valeur de L’EVA, cette dernière désigne la valeur crée par le projet (l’entreprise) quand
l’entreprise rémunère les actionnaires en dernier lieu, le reste est appelé EVA, donc il s’agit de
l’excèdent sur le CMPC et en conséquence on a la valeur économique ajoutée comme suit :

1
2.6.2. L’indicateur Economic Value Added ou la valeur économique ajoutée, Page 48, 2. Méthodes
d’évaluation, Cours de l’évaluation des entreprises & opérations de fusion – acquisition, Master CCA S2,
Dr. Abderrahmane BAHI.

35
EVA = (Rentabilité économique – CMPC) x l’actif économique

Avec :

𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑑′𝑒𝑥𝑝𝑙𝑜𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝐿𝑎 𝑟𝑒𝑛𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑜𝑢 𝑅𝑂𝐶𝐼 (𝑅𝑒𝑥) =
𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒

ROCI : Return On Invested Capital

Par conséquent, la valeur de la société égale à sa valeur crée et ajoutée aux capitaux investis
actualisée à son cout du capital.
𝑛
𝐸𝑉𝐴 𝑉𝑅
𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑′𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒 = 𝐶. 𝐼0 + ∑ +
(1 + 𝐶𝑀𝑃𝐶)𝑛 (1 + 𝐶𝑀𝑃𝐶)𝑛
𝑖=1

Avec :

VR : la valeur résiduelle qui est égale à une actualisation d’EVA dans un horizon illimité dans
le temps, et donc on a :

𝐸𝑉𝐴
𝑉𝑅 =
𝐶𝑀𝑃𝐶

C.I0 : c’est la valeur des capitaux investis à la date 0 (d’évaluation).

7 Market Value Added (MVA) ou la valeur ajoutée par le marché1

La Market Value Added (MVA) est un indicateur boursier qui a pour objectif de donner une
information sur la valorisation par le marché financier.

Il s’agit d’une comparaison entre les ressources apportées par les actionnaires et créanciers
(valeur de marché financier) par rapport à leur valeur (historique) enregistrée en comptabilité.

Cette comparaison nous permet mesurer une valeur crée par l’entreprise sur le marché
financier.

1
2.6.3. Market Value Added ou la valeur ajoutée par le marché, Page 49, 2. Méthodes d’évaluation, Cours de
l’évaluation des entreprises & opérations de fusion – acquisition, Master CCA S2, Dr. Abderrahmane BAHI.

36
MVA est égale alors, la somme de la capitalisation boursière et de la valeur de marché de la
dette (à défaut de la valeur de marché des dettes on retient la valeur comptable) diminuée de la
valeur comptable des capitaux investis (CP+D).

Les méthodes de calcul de l’indicateur MVA

Le calcul de MVA peut être effectué par deux méthodes :

Méthode basé sur les données boursière

Le calcul est conditionné par deux hypothèses :

- Cas de la disponibilité de la valeur de marché des dettes

MVA = valeur de marché des dettes et des actions – la valeur comptable des dettes et action

- Cas du non disponibilité de la valeur de marché des dettes

MVA = Capitalisation boursière – la valeur comptable des actions (valeur nominal)

À préciser que :

Capitalisation boursière : la capitalisation boursière, qui se définit comme le produit du cours


en Bourse de l’action par le nombre de titres en circulation

MVA ne peut donc pas se calculer pour des sociétés non cotées.

Méthode basé sur l’EVA :

Il se calcule en actualisant les flux d’EVA anticipés pour chaque année considérée au coût du
capital. Σ

𝑛
𝐸𝑉𝐴𝑛

(1 + 𝐶𝑀𝑃𝐶)𝑛
𝑖=1

Lorsque les entreprises privilégient des stratégies et des investissements à EVA positive, l’effet
immédiat se traduit par la valorisation boursière des actions.

Une MVA positive reflète les anticipations favorables du marché dans la capacité du
management à lancer des projets à EVA positive ou autrement dit avec des rentabilités
supérieures au coût des capitaux utilisés pour y parvenir.

37
8 Conclusion

In fine, toute méthode est conçue pour répondre à une spécificité d’un contexte précis, le rôle
de l’évaluateur consiste à bien utiliser la boite outils selon le besoin ainsi que les circonstances,
c’est l’objet de la section suivante, on va résumer la relation entre le choix de la méthode
d’évaluation et le contexte de cette dernière, avant de passer à analyser et discuter la démarche
à laquelle on doit apporter d’autant d’attention qu’au choix de la méthode.

38
9 La relation entre le choix de la méthode et le contexte d’évaluation

En fait, il existe une relation significative entre la méthode choisie par l’évaluateur et le contexte
qui engendre le besoin de l’évaluation. Dans cette section on va essayer d’exposer l’ensemble
de ces relations partant par des questions que l’évaluateur doit poser pour choisir son approche
appropriée passant en conclusion avec un arbre de décision synthétique.

9.1 Les questions par lesquelles doit passer l’évaluateur

1. la première question que doit poser l’évaluateur en premier lieu, relevant de la continuité
d’exploitation de la société qui fait l’objet de l’évaluation, car si cette dernière est dans une
situation de liquidation/redressement judiciaire ou bien d’incertitude élevée des flux futurs,
l’évaluateur n’a que se contenter des méthodes patrimoniales afin de déduire la valeur
liquidative.

2. si la réponse sur la question précédente était positive, l’évaluateur doit chercher la nature
de sa société, tout court, est ce qu’elle est d’origine une entreprise patrimoniale ? Qui se
base sur son actif immobilisé plus précisément son actif corporels et incorporels afin de
créer la richesse, ce qui est le cas des sociétés d’immobilier BTP et construction des
bâtiments. Dans ce cas-là l’évaluateur a intérêt d’opter aux méthodes patrimoniales avec
des corrections des valeurs comptables à savoir l’ANCC, ou bien à la méthode du Goodwill
en combinant entre la valeur patrimoniale et la valeur du Goodwill, bien sûr si l’expert
évaluateur estime que la survaleur est significative pour être combinée avec celle
patrimoniale.

3. si la réponse sur la question précédente était négative, à titre d’exemple, face aux sociétés
de services, des entreprises non patrimoniales, l’évaluateur s’intéressera en conséquence
aux méthodes basées sur le rendement, s’il existe une politique de dividende stable vaut
mieux opérer avec l’actualisation des dividendes dans un horizon limité ou bien illimitée
selon la situation. S’il n’existe pas, il faut vérifier l’existence d’un système de prévisions
budgétaires efficace pour actualiser les flux de trésorerie futurs à la date d’évaluation, à
défaut du système de prévisions, l’évaluateur peut projeter les données historiques, s’elles
sont stables et suffisantes, sur le futur.

4. en absence de la possibilité d’extraire des FTD avec certitude au moins d’un niveau
moyen, il est plus préférable d’opter aux méthodes analogiques, avec les multiples boursiers

39
ainsi que les multiples transactionnels, mais en absence des échantillons (comparables)
suffisants et similaires, il est déconseillé d’utiliser cette approche.

5. plus l’entreprise est de petite taille avec spécificité de croissance très élevée, il est
conseillé d’opter aux méthodes analogiques pour s’inspirer des transactions et sociétés
similaires, pour le cas spécifique des startups qui sont des TPE à forte croissance, les experts
envisagent que la méthode adéquate est celle des multiples boursiers, même avec des
comparaisons à des sociétés cotées en bourse à l’étranger, en prenant compte des spécificités
du secteur de ladite société

Il est à noter que d’autres variables peuvent s’introduire dans le jeu d’évaluation, et pas
seulement le contexte qui entoure cette dernière, à savoir la disponibilité des données, la durée
d’exercice de la mission, au profit de qui l’évaluateur exerce (Acheteur/Vendeur).

40
9.2 L’arbre de décision (Schéma synthétique)1

1
Page 36, 3.2. Choix de la méthode, 3. Méthodes applicables à l’évaluation d’une entreprise, Mission
d’évaluation Guide pratique, Edition 2012, Avec le soutien de la Fédération Française des Experts en Evaluation
(FFEE), Ordre des experts comptables en France.

41
10 Le processus et la démarche à suivre dans l’évaluation

Toute mission d’évaluation doit suivre un enchainement méthodologique, partant de la prise de


connaissance interne et externe, et passant par le choix définitif de la méthode d’évaluation
jusqu’à le rapport final, afin d’éviter toute omission des données ou de caractéristiques
significatives.

A ce propos, on va présenter dans cette section l’ensemble des phases de la démarche de


valorisation, dans un ordre réel.

10.1 La prise de connaissance

La seule information dont l’évaluateur dispose en premier lieu, c’est le contexte d’évaluation,
à partir de ce dernier l’expert choisir une méthode d’évaluation préalable qui corresponde à ce
contexte, mais dans la majorité des cas le choix de la méthode subit un changement durant les
premiers phases de la démarche, sauf dans le cas d’un contexte de cessation d’activité, où la
méthode choisie au préalable est déterministe (celle de la valeur liquidative). Hors cette
situation, l’expert a intérêt d’approfondir sa connaissance de l’entreprise, cette connaissance
englobe l’économique, le juridique, et l’environnement. Pour une explication plus pédagogique,
on discutera la prise de connaissance en deux parties (interne et externe).

Interne
La difficulté de cette étape consiste à l’accessibilité faible des données, l’évaluateur ici cherche
toute information sur le fonctionnement de la société, qui peut impacter sa valorisation, pour la
rendre plus réaliste.

Le statut juridique : c’est la première chose à savoir sur la société, cette information permet
de connaitre les risques que les propriétaires supportent, et à quel niveau ils sont engagés
(société à responsabilité limitée, illimitée).

L’activité de l’entreprise : ses caractéristiques dévoilent sa saisonnalité s’elle existe, ses


spécificités, l’évaluateur doit collecter toute information significative sur son historique, sa
capacité de production.

Les plans stratégique et opérationnel : c’est un élément essentiel qui permet de nous
renseigner sur l’avenir de la société.

42
Les documents comptables et financiers : il s’agit de la base chiffrée sur laquelle doit se baser
l’évaluateur.

Les rapports de gestion annuels/trimestriels/mensuels : en existence, ils donnent une idée


sur l’ensemble des problèmes de gestion que la société confronte.

Externe
L’objectif de cette étape est le même que celui de la phase précédente, sauf que les données ici
sont plus accessibles.

Environnement juridique : l’ensemble des contrats qui relient la société avec des tiers, la
nature de ses engagements et leur impact sur l’avenir de cette dernière, la législation qui régit
le secteur.

Environnement économique : sa part dans le marché, les parts des concurrents, ainsi que leurs
offres de valeur, les tendances du marché, la nature des demandeurs.

Environnement technologique : les changements technologique dans un secteur sont


d’importance cruciale, si on les prend pas en considération, cela va biaiser toute projection sur
le futur.

Environnement d’évaluation : cette étape est très importante, puisque l’expert collecte toute
information sur les transactions de vente/rachat de sociétés et des titres sociaux dans le même
secteur, afin de prendre conscience des méthodes applicables en matière de valorisation pour
les sociétés, il est à noter bien sûr, qu’il est difficile de disposer de ces rapports d’évaluation,
mais il est aussi bénéfique.

Apres la collecte des données intérieures et extérieures, il est temps pour que l’évaluateur
procède à les corriger et les traiter, c’est l’objet de la phase suivante qui est celle du diagnostic
soit en termes de données stratégiques, ou des données financières.

10.2 Le diagnostic

Stratégique
Cette partie d’analyse est moins généreuse pour l’évaluateur, parce qu’elle est difficilement
chiffrable, Cependant, l’expert est obligé de passer par là, à titre de prudence. Cette phase peut
se faire à partir de plusieurs matrices (BCG, Matrice swot,…) l’essentiel c’est qu’elle est là
pour bien visualiser le futur de la société et pour la transformer le maximum possible en chiffres
significatifs.

43
Financier1
C’est la phase qui prend plus d’attention, car elle est plus concrète et consiste à réaliser en
premier lieu une analyse financière de la société, et en deuxième lieu à corriger toute
information comptable/financière pour la rendre adéquate au contexte, du patrimoine à
l’activité, pour arriver in fine, au traitement des données prévisionnelles. A l’instar de ce qui
précède on va répartir ce diagnostic en deux partie, une traitant ce qui est historique, et l’autre
traitant ce qui est prévisionnel.

Traitement de données financières historiques


Cette étape est guidé par deux objectifs, premièrement s’assurer de la fiabilité des documents
financiers présentés qui serviront de base à l’évaluation, et deuxièmement retraiter les
comptes comme préalable à l’application des méthodes d’évaluation.

Pour respecter le premier objectif, il est obligé à l’évaluateur de vérifier les rapports d’audit
existants, à défaut, il doit procéder au préalable à un audit comptable et financier.

Les principaux comptes à examiner, en cas d’absence de rapports d’audit antérieurs :

– Immobilisations : insuffisance des amortissements, non-respect des règles de


comptabilisation des immobilisations à l’entrée.

– Immobilisation Financières : maintien à l’actif des titres cédés ou surévaluation par


insuffisance de provisions.

– Stocks : sous-évaluation de provision ou majoration de stocks.

– Créances : maintien à l’actif de créances non recouvrables.

– Provisions pour risques : Omission ou insuffisance.

– Dettes : Omission ou insuffisance d’enregistrement d’une dette certaine.

– Ventes : Enregistrement de factures pour prestations anticipées.

– Achats : Non enregistrement de matériels achetés et déjà vendus.

– Frais généraux : Dépenses non nécessaires à l’exploitation, problème de séparation


d’exercices.

1
Le diagnostic financier, Évaluation des PME, Agnès BRICARD Présidente d’honneur de l’Ordre des Experts
Comptables Paris IDF et Présidente de la Commission Évaluation et Pierre PREJEAN Expert-Comptable, 11e
forum annuel de l’Intec, CNAM.

44
Apres cela, il est temps des retraitements, les reclassements et les redressements à apporter au
bilan et CPC, sont ceux que nous avons l’habitude de faire pour arriver au bilan financier
(patrimoniale), ou au bilan fonctionnel (si besoin), les retraitements qui vont toucher le compte
de produits et charges, doivent se faire dans le but de déterminer un résultat d’exploitation qu’on
qualifie « Normatif ».

Traitement des données financières prévisionnelles (ou la phase du plan d’affaires)1


Certains praticiens décrivent cette étape comme une sorte d’élaboration d’un plan d’affaires,
puisque cette étape consiste à analyser les perspectives de la société ainsi que leur niveau de
certitude, en absence d’un système de prévision budgétaire, l’évaluateur s’intéresse au passé ou
bien à l’historique de la société d’où vient l’importance de la phase précédente, et ce, pour
pouvoir se projeter sur le futur, en prenant ainsi les différents scénarios possibles.

En cas d’existence d’un système budgétaire prévisionnel, l’évaluateur doit vérifier le degré de
la fiabilité de lesdites prévisions, pour se permettre de se baser sur ce système afin d’élaborer
les états prévisionnelles, et ainsi les cash flows de l’entreprise.

Par conséquent, si l’entreprise dispose d’historique suffisant et d’un système budgétaire fiable
et solide, l’évaluateur sera en mesure d’évaluer l’entreprise correctement par une méthode basée
sur le rendement.

10.3 Le choix définitif de la méthode d’évaluation et évaluation

Maintenant que l’évaluateur dispose des informations collectées, des résultats de l’analyse
financière ainsi que stratégique, il sait bien le degré de la fiabilité et de la sincérité de chaque
donnée, tout cela rajouté au contexte d’évaluation, permet à l’expert de se statuer sur une
méthode d’évaluation bien raisonnée.

A titre d’exemple, si on a un contexte d’évaluation de rachat d’une entreprise quelconque et si


l’évaluateur dispose des informations nécessaires après diagnostic et que ces données-là
indiquent que l’entreprise ne dispose pas d’historique suffisant et non plus d’un système
budgétaire efficace, autrement on ne peut se projeter facilement dans le futur, l’évaluateur peut
choisir une méthode dite mixte qui prend en considération le patrimoine et la profitabilité de la

1
4.12. ANALYSE DES DONNEES PREVISIONNELLES, Page 70, 4. Démarche d’évaluation, Mission d’évaluation
Guide pratique, Edition 2012, Avec le soutien de la Fédération Française des Experts en Evaluation (FFEE),
Ordre des experts comptables en France.

45
société notamment la méthode du Goodwill. Si on rajoute à ce scénario qu’il ne s’agit pas d’une
entreprise patrimoniale, il se peut que l’évaluateur choisir les méthodes analogiques.

Généralement, les méthodes patrimoniales sont à privilégier dans les activités suivantes1 :

– activités de commerce et de distribution,

– activités industrielles de façon générale,

– sociétés holdings,

– activités financières (banques, établissements de crédit),

– sociétés foncières.

Nous présenterons ci-après l’ensemble un tableau récapitulant les méthodes d’évaluation


associées à leurs hypothèses et paramètres sur lesquels doit agir l’évaluateur :

1
Conclusion, quelle méthode d’évaluation choisir, Évaluation des PME, Agnès BRICARD Présidente d’honneur
de l’Ordre des Experts Comptables Paris IDF et Présidente de la Commission Évaluation et Pierre PREJEAN
Expert-Comptable, 11e forum annuel de l’Intec, CNAM.

46
1

Après le choix définitif de la méthode ainsi que la collecte des données nécessaires, l’évaluateur
procède à l’évaluation comme nous avons expliqué dans les sections précédentes.

10.4 La note de synthèse de la mission et présentation de la fourchette de valeurs

A cette étape là l’évaluateur présente les résultats de son travail, en expliquant sa méthodologie
ainsi que ses motivations qui l’ont poussé de choisir les méthodes utilisées. In fine, les
évaluateurs présentent souvent une fourchette de valeurs de l’entreprise, cet intervalle de valeur

1
Page 19, 1.4.5. Déterminer les hypothèses et les paramètres de l’évaluation, 1.4. Le processus d’évaluation,
Chapitre 1 : Cadre de définition, Méthodes d’évaluation d’entreprises : le cas des entreprises Algériennes
cotées en Bourse, Mémoire présenté le 17/06/2017 Par Melle Saidi Amel pour l’obtention du diplôme de
Master en Mathématiques Financières, Université M’hamed Bouguara de Boumerdes faculté des Sciences
département de Mathématiques, Algérie.

47
est le résultat de la prise en compte des différents scénarios des perspectives de la société, ainsi
que le résultat de la différenciation des méthodes utilisées.

D’autres paramètres peuvent impacter le prix de la vente/achat d’une entreprise


Comme nous l’avons déjà invoqué pendant le deuxième chapitre à savoir la partie des méthodes
analogiques, il faut prendre en considération, avec des décotes, les différences entre les
multiples boursiers et transactionnels et ceux qu’on doit appliquer dans la réalité pour une
TPE/PME, à cela, se rajoute plusieurs considérations, ces derniers que maitrisent les praticiens
plus que les théoriciens, car elles dépendent des circonstances pratiques. Parmi ces
considérations, se trouve ce qu’on appelle par la prime de contrôle dans une PME/TPE, cette
dernière, qui vient de porter à la hausse la valeur initiale déduit par le travail d’un évaluateur
ou bien le prix de la vente initiale, dépend de la fraction acquise dans la PME/TPE en question.
Si cette dernière dépasse les franchises des 50% de la structure des capitaux propres, ou bien
constitue une minorité de blocage par la suite, ceci, va augmenter considérablement le prix
définitif de l’opération entière, surtout quand il s’agit des sociétés petites ou moyennes
familiales, cette prime dans ce cas-là peut traduire la résistance familiale à cette cession bien
sur si le droit de préemption n’était pas exercé dès le début.

En France1, ces primes dites de contrôle peuvent être estimée entre environ 10% et 30% de la
valeur intrinsèque ou de la capitalisation, en fonction des seuils franchis.

La notion de la garantit passif/actif


La condition de garantie d'actif et de passif (GAP) est une clause majeure du contrat de
transmission d'entreprise.

Il s'agit d'une formule selon laquelle le vendeur des droits de la société assure la garantie des
actifs transférés et des passifs connus.

En effet, l'acheteur, dans un contrat de vente d'entreprise, doit avoir la conviction qu'il
acquiert des actifs réels à la juste valeur. La parution de dettes imprévues ou incertaines peut
mettre en péril la survie de l'entreprise achetée. C'est pourquoi, afin d'éviter les contentieux,
de telles clauses ont été introduites dans les contrats de cession.

1
Page 148, Prime de contrôle dans une TPE/PME, Chapitre 4 les méthodes comparables, Ouvrage Guide
pratique de la valorisation d’une PME, Comment évaluer une entreprise non cotée ?, Yannick COULON, 1ere
Edition, Gualino.

48
Si, après la transmission des parts d'une société, on constate qu'il existe des obligations non
révélées, ou que les biens cédés ont une valeur inférieure à celle prévue dans l'acte de cession,
le cessionnaire peut invoquer la caution afin d'obtenir soit une diminution, une modification ou
une réduction du prix de cession, soit une indemnité de la part du cédant.

Les principaux types de conventions de garantie sont les suivants :

La caution de passif : c'est une clause conventionnelle par laquelle le cédant se porte garant et
s'engage à payer sur ses fonds propres les obligations nées après le transfert, mais dont
l'origine est antérieure au transfert. La formule de garantie de passif permet de se protéger
contre une dévalorisation de l'actif.

La garantie d'actif : dans une telle disposition, le vendeur doit s'engager à indemniser le
repreneur à hauteur d'un certain montant, prévu dans le contrat. Ce montant correspond à la
baisse de l'actif net de l'entreprise, dont la cause est avant la cession et qui apparaît après la
cession. La clause de garantie d'actif permet au cédant de se protéger contre un passif inconnu
à la date de la négociation. Ces engagements peuvent être de toute origine, y compris les
engagements fiscaux et sociaux.

La clause de réexamen du prix : il s'agit d'une disposition par laquelle le cédant s'engage à
assurer le cessionnaire contre les pertes en capital affectant les parts cédées en cas de
révélation d'un passif dissimulé c'est-à-dire caché, sous la forme d'une modification du prix de
cession.

La garantie de résultat : par cette formule, le cédant assume inconditionnellement que, pour
l'exercice en cours, non encore clos, le résultat net sera égal ou supérieur à un chiffre déterminé.
Si tel n'est pas le cas, le vendeur se portera garant du repreneur et un redressement sera effectué
en ajoutant au prix d'achat, ou en le diminuant, en fonction du bénéfice comptable.

49
Chapitre 3 : Les spécificités des PME/TPE
Dans ce présent chapitre, nous allons élucider les différents caractéristiques et spécificités des
PME ainsi que des TPE en matière d’évaluation des entreprises, mais avant d’aborder ces
spécificités, il est essentiel de passer par les définitions de ces types des entreprises.

1 Les spécificités des PME

Avant de donner la définition officielle de la PME, il est à noter que les Etats partout dans le
monde s’orientent plus en plus, durant cette dernière décennie, à apporter plus d’attention aux
PME, non seulement parce qu’il s’agit des futurs grandes entreprises, mais surtout car les TPME
présentent entre 80% et 95% du tissu économique, au Maroc la part des TPME (TPE/PME) en
2019 représente 93%1 dont 29% des PME et 64% des TPE de l’ensemble des entreprises
marocaines.

1.1 La définition de la PME

Pour définir la PME, nous allons emprunter la définition officielle celle mentionnée dans la loi
53-00 « charte de la petite et moyenne entreprise » promulguée en 23 juillet 2002, par Dahir n°
1-22-188.

Selon cette charte, on entend par PME, toute entreprise gérée par des personnes physiques qui
en sont les propriétaires, les copropriétaires ou des actionnaires et qui n'est pas détenue à plus
de 25% du capital ou des droits de vote par une entreprise ou conjointement par plusieurs
entreprises ne correspondant pas à la définition de la P.M.E.2

Ces caractéristiques juridiques, seront moins importantes que celles économique pour nous,
puisque nous allons s’intéresser à la définition économique de la PME, certes, la dimension
juridique s’avère aussi porteuse dans la littérature de l’évaluation des entreprises, car elle nous
permet d’avoir une idée sur les types ainsi que les contextes d’évaluation qui pourront se
produire pendant le cycle de vie de la PME.

Cependant, pour que la PME soit conforme à la définition officielle, doit répondre à certaines
conditions, notamment celle de l’effectif qui doit être en dessous des 200 personnes, et avoir
réalisé, au cours des deux derniers exercices, soit un chiffre d'affaires annuel hors taxes

1
Page 3, Paysage des entreprises au Maroc, Enquête nationale auprès des entreprises premiers résultats 2019,
HCP (Haut-commissariat au plan), Royaume du Maroc.
2
Article premier, la loi 53-00 charte de la PME.

50
n'excédant pas soixante-quinze millions de dirhams, soit un total de bilan annuel n'excédant pas
50 millions de dirham.

La définition de la PME, selon le secteur bancaire1, se diffère un peu de celle officielle, la PME
est donc celle dont l’effectif peut arriver même à 250 personnes, et elle peut avoir un total bilan
annuel qui ne peut dépasser les 90 millions de dirham.

Au Maroc, il existe un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie


financière, pour objectif de la promotion des PME, prévue par l’article 4 de la charte de la PME,
et dénommée « Agence nationale pour la promotion de la PME ».

Aperçu sur les caractéristiques de la PME


La forme juridique : il s’agit des S.A et des S.A.R.L, généralement une forme juridique ayant
la caractéristique de la responsabilité limitée, le risque supporté par les fondateurs est donc
limité aux apports en capital.

La relation d’agence : elle subsiste plus que le cas TPE, les PME ont plus de probabilité d’etre
gérées par des administrateurs non actionnaires, même en cas d’existence d’un actionnaire
gérant, la majorité des administrateurs sont des non propriétaires, ce qui induit l’apparition des
couts d’agence.

L’audit des comptes : vu le chiffre d’affaire réalisé par les PME, est en moyenne supérieur au
50 millions de dirham, ce qui oblige l’application du commissariat aux comptes afin de certifier
les comptes de l’entreprise.

L’organisation comptable et le manuel des procédures : les PME comme nous l’avons évoqué
ont un chiffre d’affaire qui se trouve entre les 10 millions de dirham et les 75 millions, ont
l’obligation d’établir un manuel de l’organisation comptable selon l’article 4 de la loi comptable
9-88.

Les fonctions budgétaires et de prévisions : elles existent même si dans la majorité des cas, sont
exercées par des non contrôleurs de gestion.

1
La commission mixte, composée de représentants de Bank Al-Maghrib et du GPBM (Groupement
Professionnel des Banques Marocaines), chargée d'élaborer les nouveaux systèmes de rating bancaire, dans le
cadre de l'alignement des banques marocaines sur les nouveaux standards européens issus des accords de
"Bâle II".

51
Historique : la PME peut l’être dès sa création, comme elle peut le devenir après le passage par
la TPE ce qui est le trajet normale d’une entreprise. Cependant, les PME disposent dans la
moyenne d’un historique pas mal qui peut être déployé pour la projection dans le futur.

Le financement classique : comme nous l’avons invoqué durant le premier chapitre, les PME
souffrent généralement du rationnement des crédits, et ce, est à cause de l’asymétrie
d’information qui persiste au sein des systèmes informationnels des TPME. Aussi selon la
théorie du financement hiérarchisé, le « Pecking order » qui a indiqué que les PME/TPE
accordent plus d’attention aux fonds provenant de l’activité et de l’interne de la société avant
de s’intéresser aux fonds externes.

Le marché des PME1


La majorité des PME se trouvent dans le secteur des services, qui représente désormais plus
des deux tiers de l'activité économique et de l'emploi dans les pays de l'OCDE. Les petites
entreprises sont particulièrement présentes dans le commerce de gros et de détail, Les hôtels
et restaurants, les communications et les services aux entreprises, ainsi que la construction.
Elles représentent également un pourcentage important des entreprises manufacturières dans
de nombreux pays de l'OCDE et au moins la moitié des pays et au moins la moitié de l'emploi
manufacturier. Les petites et moyennes entreprises sont de plus en plus présentes dans les
secteurs à forte intensité technologique - technologies de l'information et des communications
(TIC) et biotechnologie. Les PME sont prédominantes dans le vaste sous-secteur stratégique
des services aux entreprises, qui comprend le traitement des logiciels et de l'information, la
recherche et le développement, le marketing, l'organisation et la gestion, l'organisation des
affaires et le développement des ressources humaines. L'externalisation croissante de ces
services par les grandes entreprises manufacturières, associées aux nouvelles technologies qui
ont permis aux PME de gagner des niches de marché, a entraîné une croissance annuelle de 10
% de ces services basés sur le savoir au cours des dernières années. La taille moyenne des
entreprises fournissant ces services stratégiques aux entreprises est une fraction de la taille
moyenne des entreprises du secteur manufacturier ou de l'économie dans son ensemble, ce qui
reflète l'importance des PME dans ce domaine.

1
Les petites et moyennes entreprises : force locale, action mondiale Les Synthèses de l’OCDE, 2000, sont
préparées par la Division des Relations extérieures, Elles sont publiées sous la responsabilité du Secrétaire
général de l’OCDE. Direction des Relations extérieures et de la Communication, Les Synthèses de l’OCDE sont
disponibles sur le site Internet de l’OCDE www.oecd.org/publications/Pol_brief/

52
Marché des capitaux dévolu aux PME au Maroc
Plusieurs tentatives ont été initiées par la bourse de Casablanca au Maroc, pendant les 20
dernières années, du programme ELITE en 2016, ce dernier qui était en partenariat avec
London Stock Exchange Group ainsi pour le but de Préparer et accompagner des PME,
aujourd’hui on compte plus que 94 entreprises à faire partie de ce programme, mais
malheureusement jusqu’à aujourd’hui la bourse de Casablanca ne compte que 75 entreprises
cotées en bourse. Aussi passant par l’accord de 2019 entre la bourse de Casablanca et la CCG
(Caisse Centrale de Gestion) ce partenariat qui a comme objectif de renforcer l’offre de
financement destinée aux PME et à contribuer à la promotion du marché des capitaux. «Notre
partenariat avec la CCG est une marche de plus qui rapproche les entreprises certifiées d’Elite
Maroc au financement à travers le marché des capitaux. Grâce aux efforts de la Bourse de
Casablanca et de la Caisse centrale de garantie, nos PME pourront financer leur
développement et par conséquent contribuer à la construction d’un tissu économique solide»1,
a commenté le DG de la Place casablancaise, Karim Hajji, cependant il reste beaucoup de
chemin à parcourir, et cela à cause plusieurs entraves limitent en effet l'accès au marché
boursier. Notamment la complexité ainsi que la lourdeur des démarches nécessaires à
l'introduction en bourse, le déficit de sensibilisation et de prévention contre l'effet de la bonne
gouvernance et de la transparence, plus particulièrement lorsqu'il s'agit d'entreprises
familiales. Dans ce sens, Laila El Andaloussi, experte comptable à Casablanca, déclare qu' « il
serait également souhaitable au niveau de la bourse de simplifier les conditions d'accès des
PME au 3e compartiment, jugé très exigeant et en décalage avec la réalité des PME
marocaines »2. Le montant de l'augmentation de capital via la bourse pourrait être revu et
réduit à des seuils plus bas afin d'encourager les entreprises à lever des fonds en fonction de
leur niveau de capitalisation ».

1
TPME-Offre de financement : Le marché des capitaux est plus que jamais sollicité pour financer les PME,
Article du journal électronique, journal la Vie Eco, par Loubna CHIHAB, Le 12 Février, 2020, Lien de
l’interview/Article : https://www.lavieeco.com/dossiers-speciaux/tpme-offre-de-financement-le-marche-des-
capitaux-est-plus-que-jamais-sollicite-pour-financer-les-pme/
2
Interview avec Karim HAJJI, du meme article par Loubna CHIHAB, Le 12 Février 2020, lien de l’article :
https://www.lavieeco.com/dossiers-speciaux/tpme-offre-de-financement-le-marche-des-capitaux-est-plus-
que-jamais-sollicite-pour-financer-les-pme/

53
La relation entre la taille et la structure financière
A ce propos, et à côté de la théorie du financement hiérarchisé « Pecking order » que nous
avons déjà évoqué, nous allons citer les résultats d’une étude1 qui a confirmé les mêmes
résultats, cette dernière portait sur un échantillon de 2919 observations relatives à des sociétés
cotées sur Euronext Paris durant la période allant de 2003 à 2006. La distinction entre PME et
grandes sociétés est opérée en fonction des critères avancés par la communauté européenne
(2005). Les PME sont ainsi définies comme les entreprises qui emploient moins de 250
employés et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 50 millions d’euros. Les résultats semblent
montrer que les déterminants intrinsèques examinés, en particulier la profitabilité et la
tangibilité de l’actif, affectent globalement de manière assez similaire (sens de l’influence) la
structure du capital des deux groupes d’entreprises mais à des degrés sensiblement différents
(poids de l’influence).

Parmi les résultats qu’on peut déduire de ladite étude c’est que la taille de la capitalisation
boursière n'est pas significativement liée à la dette totale. En revanche, lorsqu'on distingue la
dette par échéance, cette même variable est positivement liée à la dette à long terme et
négativement liée à la dette à court terme. Ces résultats suggèrent que les grosses entreprises
françaises cotées en bourse préfèrent généralement se financer par des emprunts à long terme.
La corrélation négative entre la taille de la capitalisation boursière et la dette à court terme
peut aussi s'expliquer par les contraintes de durée de la dette imposées par les prêteurs aux
petites sociétés, ces dernières étant considérées comme plus risquées.

1.2 Les spécificités en matière de contextes d’évaluation

La PME comme toute autre entreprise, peut confronter durant son cycle de vie des événements
qui exigent le recours à une mission d’évaluation, alors quelles sont ces situations ou ces
contextes là tout en prenant en considération les spécificités de la PME.

Malheureusement parmi les cas les plus confrontés, pour la PME, c’est les situations de
liquidation et redressements cette nature d’opération qui fait appel à un expertise judiciaire ou
ce qu’on appelle par l’arbitrage, cela ne peut se faire qu’avec un expert judiciaire assermenté
auprès du tribunal.

1
Taille des entreprises et structure du capital : tests empiriques sur Euronext Paris, Ramzi BENRAIEM, Volume
14, numéro 4, été 2010, IESEG School of Management, lien de l’article scientifique :
https://id.erudit.org/iderudit/044663ar

54
Aussi quand il s’agit de la détermination de la valeur des parts sociales d’un actionnaire/associé
sortant.

Le deuxième cas le plus courant, est celui de l’augmentation du capital, avec émission de
nouvelles actions ou parts sociales, ou dans le cadre d’une préparation d’une transmission.

Aussi on trouve un cas plus courant, puisque les PME se sont, dans la majorité des situations,
des entreprises familiales, ils font appel à l’évaluation des entreprises dans le cadre d’un partage
d’héritage.

Un cas de figure, qui peut avoir lieu, c’est dans le nantissement des titres dans le cadre
d’obtention d’un prêt auprès d’un établissement de crédit.

Finalement, il existe des situations moins fréquentes, à savoir l’introduction en bourse, les
opérations de fusion, les opérations de gestion du patrimoine.

1.3 Les spécificités en matière de la démarche et les méthodes d’évaluation

Vu les caractéristiques spécifiques de la PME, la démarche et les méthodes choisies se différent


à celles de la grande entreprise, pour être adéquates à la PME.

En matière de démarche, la PME supporte les même étapes généralement sauf que pour
l’étape du diagnostic stratégique et l’analyse des prévisionnels s’avèrent moins porteuses vu le
cout de ces dernières que la plupart des PME considèrent non abordable, ainsi que le système
informationnel des prévisions qui est plus fragile au sein de lesdites entreprises.

Aussi il est à noter que pour les TPE/PME, il est nécessaire de faire différence entre deux types
de sociétés, celles dont le lien de dépendance est étroit avec le dirigeant, et celles qui ont une
autonomie suffisante pour ne pas souffrir du changement de dirigeant.1

Les TPME faisant généralement partie de celles qui ont une relation forte avec le dirigeant, la
clientèle connait et opère directement avec le gérant, plus la taille de la société est petite plus le
lien de dépendance avec le dirigeant est plus élevé.

En matière de choix de la méthode d’évaluation, pour la PME, ils sont écartées les méthodes
suivantes sauf en cas de vérification de l’adéquation de ces dernières par l’évaluateur.

1
Préambule, Quelle méthode d’évaluation choisir, Évaluation des PME, Agnès BRICARD Présidente d’honneur
de l’Ordre des Experts Comptables Paris IDF et Présidente de la Commission Évaluation et Pierre PREJEAN
Expert-Comptable, 11e forum annuel de l’Intec, CNAM.

55
Il est à écarter, les méthodes basées sur l’actualisation des flux futurs, puisque les PME ne
détiennent pas dans la majorité des cas un système de prévision fiable.

Aussi il est à écarter, les méthodes de rendement basées sur les dividendes, puisque les
politiques de dividendes sont rarement nommées dans les PME.

La méthode des comparables aussi est à écarter, en absence des transactions comparables aux
PME.

Finalement, il est préconisé de déterminer une fourchette de valeurs et non pas une valeur figée,
pour conserver une marge de négociation.

2 Les spécificités des TPE

En termes de nombre, les TPE sont les dominantes dans le tissu économique, cette taille
d’entreprise nécessite une attention particulière, puisqu’il s’agit de l’état d’existence primitif de
la quasi-totalité des sociétés avant de se transformer à des PME et des grandes firmes, mais
aussi pour la simple raison que la majorité des sociétés qui déclarent faillite l’ont fait durant les
premières années d’activités, donc lorsqu’ils sont des TPE.

2.1 La définition de la TPE

Contrairement à la PME, la toute petite entreprise n’a pas encore bénéficie d’une définition
règlementation, mais on va se contenter de celle la plus répandue et utilisée par les institutions
public et les ministères. Selon ces derniers la toute petite entreprise est celle qui dispose d’un
effectif ne dépassant pas 10 employés d’autres parlent de la limite de 51 employés, ayant un
chiffre d’affaires moins de 3 millions de dirham d’autres indiquent une limite de 102 millions
de dirham ou un total de bilan de 15 millions de dirham.

Aperçu sur les caractéristiques de la TPE


La forme juridique : il s’agit des S.A.R.L, généralement une forme juridique ayant la
caractéristique de la responsabilité limitée, le risque supporté par les fondateurs est donc limité
aux apports en capital.

1
Site officiel du ministère de commerce et d’industrie ww.mcinet.gov.ma, Accueil/ Thématiques/ TPE et Auto-
entrepreneuriat/ Accompagnement de la TPE.
2
Le secteur bancaire.

56
La relation d’agence : elle est absente dans la quasi-totalité des TPE, le gérant est souvent lui-
même le propriétaire, ce qui induit l’absence des couts d’agence.

L’audit des comptes : vu le chiffre d’affaire réalisé par les TPE, est en moyenne inférieur à 10
millions de dirham, ce qui n’oblige pas l’application du commissariat aux comptes afin de
certifier les comptes de l’entreprise, mais cela compromettre de la sincérité des informations
comptables.

L’organisation comptable et le manuel des procédures : les TPE comme nous l’avons évoqué
ont un chiffre d’affaire qui n’affranchit pas la barre des 10 millions de dirham, donc elles n’ont
l’obligation d’établir un manuel de l’organisation comptable selon l’article 4 de la loi comptable
9-88.

Les fonctions budgétaires et de prévisions : elles sont presque inexistantes même si dans la
majorité des cas, sont exercées par le gérant lui-même ou en les sous-traitants à des conseillers
externes.

Historique : la TPE doit être normalement le premier état d’existence d’une entreprise. Et par
conséquent, les TPE disposent d’un historique souvent fragile qui ne permet pas la projection
dans le futur, mais surtout d’un historique comptable plus ou moins distorié puisque la
production l’information comptable pour les TPE ne sert qu’à minimiser le cout fiscal.

Le financement classique : les TPE souffrent du rationnement des crédits plus que les PME,
puisque ce phénomène n’est pas indépendant de la taille.

2.2 Les spécificités en matière de contextes d’évaluation

Contrairement aux PME, la toute petite entreprise confronte moins le jargon de l’évaluation,
pas seulement à cause de la cherté de cette dernière, mais aussi vu la nature des événements que
la TPE côtoie quotidiennement, mais ce type d’entreprise s’inter-sectionne avec la PME, dans
plusieurs contextes d’évaluation possibles, à savoir la situation de liquidation/redressement qui
demande un expertise judiciaire/arbitrage, et de la sortie des anciens actionnaires/associés, ainsi
que l’augmentation du capital.

D’autres situations s’avèrent rares pour les TPE, notamment celle du partage d’héritage
puisqu’on trouve généralement les TPE avec un seul propriétaire qui est lui-même le gérant,
aussi les situations de cession transmission sont moins fréquentes dans le marché des TPE, et

57
finalement le cas du nantissement des titres, ce dernier est aussi rare vu le niveau de risque élevé
qu’ils présentent.

D’autres situations sont très rares voire même inexistantes, à savoir, l’introduction en bourse,
les opérations de fusion, Apport en société, les opérations de gestion du patrimoine.

2.3 Les spécificités en matière de la démarche et les méthodes d’évaluation

Vu les caractéristiques spécifiques de la TPE, la démarche et les méthodes choisies se


différent à celles de la grande entreprise, pour être adéquates à la TPE.

En matière de démarche, la TPE supporte les même étapes généralement sauf que pour
l’étape du diagnostic stratégique et l’analyse des prévisionnels s’avèrent beaucoup moins
porteuses vu le cout de ces dernières que la plupart des TPE considèrent hors de la portée,
ainsi que le système informationnel des prévisions qui est plus fragile, voire même inexistant
au sein de lesdites entreprises.

Aussi il est à noter que pour les TPE/PME, il est nécessaire de faire différence entre deux
types de sociétés, celles dont le lien de dépendance est étroit avec le dirigeant, et celles qui ont
une autonomie suffisante pour ne pas souffrir du changement de dirigeant.

Les TPE faisant partie de celles qui ont une relation forte avec le dirigeant, la clientèle connait
et opère directement avec le gérant, en absence de dirigeant, cela peut compromettre la
rentabilité de la société voire même sa continuité.

En matière de choix de la méthode d’évaluation, pour la TPE, ils sont écartées les
méthodes suivantes sauf en cas de vérification de l’adéquation de ces dernières par
l’évaluateur.

Il est à écarter, les méthodes basées sur l’actualisation des flux futurs, puisque les TPE ne
détiennent presque jamais un système de prévision fiable.

Aussi il est à écarter, les méthodes de rendement basées sur les dividendes, puisque les
politiques de dividendes sont rarement nommées dans les TPE.

La méthode des comparables aussi est à écarter, en absence des transactions comparables aux
TPE.

En termes de spécificités de la TPE, il est nécessaire à l’évaluateur de vérifier la crédibilité


des informations obtenues, une bonne partie de temps de l’évaluateur va servir à la

58
vérification de la crédibilité des informations, surtout celles comptables, puisque ces dernières
sont élaborées au sein des TPE pour la minimisation du cout fiscale, au lieu du respect propre
de l’image fidèle.

Finalement, il est préconisé de déterminer une fourchette de valeurs et non pas une figée, pour
conserver une marge de négociation.

3 L’analyse comparative.

Dans cette section et en se basant sur ce qui précède, nous procéderons à une comparaison entre
la PME et la TPE, en matière des contextes d’évaluation et la démarche d’évaluation ainsi que
les méthodes d’évaluation, cette comparaison sera sous forme d’un tableau.

Eléments PME TPE


Contextes Les plus fréquents : Les plus fréquents :
d’évaluation - Liquidation/Redressement/ - Liquidation/Redressement/
Arbitrage. Arbitrage.
- Sortie d’un associé/actionnaire. - Sortie d’un associé/actionnaire.
- Augmentation de capital. - Augmentation de capital.
- Partage d’héritage/Succession. - Partage d’héritage/Succession.
- Nantissement des titres. Extrêmement rares voire
Les moins fréquents : inexistantes :
- Opérations de gestion de patrimoine. - Opérations de gestion de
- Fusion/Absorption/acquisition. patrimoine.
- L’introduction en bourse. - Fusion/Absorption/acquisition.
- L’introduction en bourse.

Démarche Les mêmes étapes que la grande Les mêmes étapes que la grande
d’évaluation entreprise : entreprise :
- La prise de connaissance - La prise de connaissance
(l’environnement interne et externe). (l’environnement interne et
- Le diagnostic (financier et externe).
stratégique) - Le diagnostic (financier et
- l’analyse des prévisionnels. stratégique)
- l’analyse des prévisionnels.

59
- choix définitif de la méthode et - choix définitif de la méthode et
évaluation. évaluation.
La différence se réside : La différence se réside :
 Le budget généralement est  Le budget est beaucoup plus
modeste ainsi que le système restreint ainsi que le système
informationnel est peu fiable, ce informationnel qui est plus
qui rend la phase du diagnostic fiable que celui de la TPE, ce qui
stratégique, et financier des rend la phase du diagnostic
prévisionnels, moins porteuse. stratégique quasiment
 Durant tout le processus inexistante, et celle financière
d’évaluation il faut prendre en des prévisionnels moins
considération la dépendance de la porteuse.
société avec son dirigeant, cette  la dépendance de la société avec
dépendance qui s’avère corrélée son dirigeant imposante durant
avec la taille de l’entreprise. le processus d’évaluation.
Méthode - les méthodes basées sur le - la méthode basée sur le
d’évaluation patrimoine (selon le besoin et patrimoine (selon le besoin
le contexte). et le contexte, mais aussi
- La méthode du goodwill c’est la plus utilisée car c’est
(selon le besoin, le contexte). elle la plus fiable, autrement
- Les méthodes basées sur le dit, en absence
rendement (selon le besoin, le d’informations sincères sur
contexte, mais surtout selon la la rentabilité future dans le
disponibilité de l’information pire des cas la société égale
ainsi que sa qualité). à la valeur réelle corrigée de
- Les méthodes analogiques ses capitaux propres).
(En appliquant des décotes - La méthode du goodwill
contrairement aux cas des (selon le besoin, le contexte,
sociétés cotées en bourse, souvent utilisée puisque
Selon le besoin, le contexte, et c’est la seule méthode qui
l’existence des comparables permet de prendre
sur le marché). l’historique de la société
ainsi que son potentiel futur

60
avec un niveau fiable de
certitude).
- Les méthodes basées sur le
rendement (selon le besoin,
le contexte, mais surtout
selon la disponibilité de
l’information ainsi que sa
qualité, rarement utilisée vu
l’absence des systèmes de
prévision au sein des TPE).
- Les méthodes analogiques
(En appliquant des décotes
contrairement aux cas des
sociétés cotées en bourse,
Rarement utilisées sauf pour
le cas des startups où la
croissance s’avère
inéluctable).

61
Deuxième partie : Etude empirique.

62
Dans cette partie, nous allons illustrer avec des cas pratiques d’évaluation des actions de cinq
sociétés, 2 PME et une TPE marocaines, et 2 autres TPE françaises, en analysant les différentes
étapes de la démarche d’évaluation ainsi que les spécificités de chacune en matière du choix de
la méthode de valorisation.

A ce propos, il est essentiel d’indiquer que les cas pratiques choisis ont le même contexte
d’évaluation, il s’agit donc d’un contexte de continuité d’exploitation dans le cadre d’une vente
des actions/ Sortie d’anciens actionnaires.

Par conséquent, dans le chapitre qui suit on va traiter le premier cas pratique qui est sur une
société PME, afin de passer par la suite au deuxième chapitre qui traitera des cas pratique des
sociétés TPE, 2 des cas TPE sont français, enfin on réalisera une analyse comparative entre les
cas pratiques.

Toute donnée citée par la suite, est extraite directement des rapports pratiques d’évaluation
d’entreprise, les rapports utilisés sont effectués par des cabinets différents l’un de l’autre à
savoir des évaluateurs différents l’un de l’autre.

Le choix de la méthode de l’étude de cas

Nous avons choisi, la méthode des cas, pour deux principales raisons, en premier lieu la rareté
des mémoires qui ont traité cette problématique et par conséquent nous nous situions dans un
cadre exploratoire obligatoirement ainsi la meilleur méthode pour une telle situation est celle
de l’étude des cas, la deuxième raison dépend du délai qui nous a été confié pour la réalisation
de ce travail, ce dernier était restreint qui ne nous permet pas d’appliquer une approche
quantitative.

Le choix des cas pratiques

Nous avons choisi cinq cas pratiques d’évaluation des sociétés, le premier d’une société d’une
PME filiale de groupe marocaine et le deuxième d’une société PME aussi marocaine, et 2 autres
cas (3eme et 4eme) pratiques de sociétés françaises TPE, pour en finir avec un cas de TPE
marocaine, nous avons mis des conditions de base pour le choix de ces cas pratiques qui sont
les suivantes. Premièrement, il faut que les cas soient dans le même contexte d’évaluation pour
que l’analyse des autres aspects de l’évaluation soit significative, deuxièmement, ils doivent
être dans la même conjoncture / structure économique (la conjoncture/structure marocaine) sauf
pour le cas des sociétés étrangères que nous avons choisi pour but de comparaison avec

63
l’étranger. Aussi il aurait été plus judicieux que les cas pratiques soient dans le même secteur
d’activité, mais vu la rareté des rapports d’évaluation pour les TPME ainsi que l’accessibilité à
ces derniers, nous nous contentions juste de respecter les deux premières conditions.

64
Chapitre 1 : Evaluation des PME, Cas pratiques
1- Evaluation financière d’une PME cas de la société filiale «Alpha S.A».

Dans ce présent chapitre, nous analyserons un rapport d’évaluation d’une PME qui se dénomme
« Alpha », et ce, après qu’on présentera les différents données des différentes étapes de
l’évaluation, de la prise de la connaissance, passant par la phase du diagnostic, et le choix
définitif de la méthode et l’évaluation, jusqu’à la conclusion de la valeur.

Pourquoi c’est une PME ?

Le capital de la société au 31 décembre 2011 s’élève à 300 000 DH. Réparti en 3000
actions de 100 DH chacune, détenu essentiellement par la CCG (Caisse Centrale de
Garantie) et le groupe X, le capital social est libéré de moitié à fin 2011.

La mission d’évaluation

La mission consiste à évaluer la société, dans deux hypothèses, une optique de


cession rattachée à celle du groupe, et une optique de cession séparée du groupe,
chaque optique aura ses propres perspectives.

La prise de connaissance

Dans une optique de maitrise des coûts, la société Alpha a été créée en 1987, principalement
par le groupe X comme étant un atelier de réparation navale du groupe, avant d’acquérir le
statut de société anonyme en 1988.

La société Alpha a, essentiellement pour objet de :

- La réalisation de toutes opérations relatives à la réparation, à l’entretien, et au carénage


de tous navires et bateaux de pêche et de toute unités de transport maritime.
- La gestion et l’exploitation de tous entrepôts et de toutes installations pour la
manutention, l’entretien et la réparation desdites unités maritimes.

Le client principal de la société est le groupe X auquel elle appartient.

L’effectif de la société : afin de rationaliser ses couts l’effectif passe de 51 employés à fin 2008
à 33 employés à fin décembre 2011.

65
La phase du diagnostic

Diagnostic stratégique

L’activité de la société Alpha est caractérisée par une faible intensité capitalistique de son
processus de production se trouve, par ailleurs, dépendante de la périodicité de ce processus.
Cette périodicité est principalement rattachée aux périodes de repos biologique ainsi qu’aux
périodes d’escales des bateaux et entraine un recours accru au personnel temporaire lors des
hautes saisons, cette main d’œuvre additionnelle constitue un cout faible par rapport au cout
global de la main d’œuvre.

Quant aux perspectives d’évolution et de développement d’Alpha, sont tributaires d’une


diversification et d’un redéploiement de ses activités conjuguées à un renforcement de ses
potentiels humains en matière de savoir-faire et de formation.

Alpha pourra, effectivement, en fonction du développement de nouvelles activités


parallèlement à un effort de formation de son personnel et à une politique commerciale
agressive, aspirer à un développement positif de ses performances. En cas d’absence de ces
éléments, le devenir de la société doit se traduire par une stabilité de ses résultats à la
condition du maintien de la même structure de la clientèle.

66
Diagnostic financier

Diagnostic des données historiques :

Bilan en milliers de dirhams.

Actif 2011 2010


Immobilisations en non valeurs - 4
(nettes)
Valeur brute 124 124
Amortissements (124) (120)
Immobilisation corp. (nettes) 446 600
Valeur brute 1 598 1 657
Constructions 328 329
ITMO 576 576
Matériel de transport 499 571
Mobilier 195 181
Amortissement (1 152) (1 057)
Actif circulant et trésorerie 2 222 4 740
Total actif 2 668 5 344

67
Passif 2011 2010
Capitaux propres (2 406) (2 911)
Capital social 300 300
Prime d’émission, de fusion, d’apport (150) (150)
Report à nouveau (3 062) (2 397)
Résultat net de l’ex 506 (664)
Dettes de financement - 8
Provisions durables pour risques et 181 320
charges
Dettes du passif circulant 4 893 7 920
FRS, et comptes rattachés 1 485 1 293
Personnel 264 231
Organismes sociaux 2 011 4 198
Etat 1 133 2 197
Comptes de régularisation passif - 1
Trésorerie Passif - 7
Total passif 2 668 5 344

68
CPC en milliers de dirhams.

2011 2010
Produits d’exploitation 6 646 6 617
Charges d’exploitation 6 099 5 571
Résultat d’exploitation 547 1 046
Produits financiers - -
Charges financières 6 32
Résultat financier (6) (32)
Produits non courants 1 656 (8)
Charges non courantes 993 1 312
Résultat non courant 663 (1 320)
Résultat avant impôt 1 204 (306)
IS 698 358
Résultat après impôt 506 (664)

69
ESG : Tableau de formation des résultats.

70
CAF (Capacité d’Autofinancement) en milliers de dirhams.

(1) A l’exclusion des dotations relatives aux actifs et passifs circulants et à la trésorerie.
(2) A l’exclusion des reprises relatives aux actifs et passifs et à la trésorerie.
Diagnostic de données prévisionnelles :

Les prévisions d’exploitation se font selon deux optiques :


Premièrement, l’optique de cession rattachée au groupe.
Deuxièmement, l’optique de cession séparée au groupe.
L’optique de cession rattachée au groupe
Les hypothèses retenues :
- Le chiffre d’affaires reste stable en 2012, augmente de 3% en 2013 par rapport à 2012
et reste stable en 2014 avant de progresser de 5% en 2015 et 2016 par rapport à la
même année. (les prévisions de la société Alpha)
- Les achats consommés de matières et fournitures ainsi que les autres charges externes
augmentent avec la même proportion que le chiffre d’affaires.
- Les impôts et taxes restent stables.

71
- Les charges de personnel restent stables jusqu’en 2013, puis elles augmentent de 3%
sur les années suivantes.

Ainsi on aura les prévisions comme suit :

L’optique de cession séparée au groupe


Les hypothèses retenues :
- La cession intervenant au début du second semestre, Alpha n’aura plus de relations
avec le groupe X, ce qui se traduira par une baisse de son chiffre d’affaire de 50%
(3000KDH) auquel s’ajoutera un chiffre d’affaire 700KDH généré au cours du second
semestre par des affaires nouvelles. Le chiffre d’affaires restant par la suite stable en
2013, en 2014 le C.A augmentera de 10% par rapport à 2012 et restera stable jusqu’en
2016.
- Les achats consommés de matières et fournitures et les autres charges externes
évolueront proportionnellement au chiffre d’affaires.
- Les impots et taxes resteront stables.
- Les charges de personnel baisseront de 20% en 2012, et resteront stables en 2013, puis
augmenteront de 10% en 2014, 2015 et 2016 par rapport à 2012.

72
Ainsi on aura les prévisions comme suit :

Le choix de la méthode et l’évaluation.

Vu que l’actif net comptable est négatif, à cause des cumules de pertes anciennes, et ce,
malgré l’ajout des plus-values sur les immobilisations l’actif net comptable corrigé est aussi
négatif. Quant à la méthode de goodwill, aussi elle n’a pas permis à l’évaluateur de palier à ce
problème, par ce que en rajoutant la valeur du goodwill actualisée à l’actif net comptable
corrigé, le résultat reste négatif.

Cependant, l’évaluateur a choisi la méthode basée sur les bénéfices futurs, et ceci car la
société Alpha dispose d’un système de prévision qualifié par lui comme étant fiable, et vu que
le futur de la société est prospère.

Le taux d’actualisation pris par l’évaluateur est entre 15,26% et 16,25%, sur cela, on aura
deux valeurs pour chaque hypothèse, une basse et l’autre élevée.

Vu la rareté et la non disponibilité des données sectorielles et comparables boursiers,


l’évaluateur n’avait comme option que d’extraire un taux d’actualisation implicite.

Les taux sont pris en se basant sur un échantillon de données de l’historique de plus de 10ans
des résultats de la société Alpha. Autrement un taux de rentabilité implicite avec le rapport
suivant

73
Bénéfice par action /la valeur de l’action

Autrement : 1/PER

Le calcul de ce rapport a donné un taux minimum de 15,25% et un taux maximal de


16,25%.

Par conséquent, la valeur de la société par la méthode retenue est comme suit, dans les deux
hypothèses prises au préalable.

La valeur d’Alpha rattachée au groupe X :


Au taux de 15,25%

Au taux de 16,25%

La valeur d’Alpha séparée au groupe X :


Dans cette hypothèse, étant les prévisions des résultats sont négatifs, les calculs font ressortir
une valeur nulle du titre de la société après déduction des pertes cumulées.

74
2- Evaluation financière d’une PME cas de la société « OUGALA S.A».

Dans ce présent chapitre, nous analyserons un rapport d’évaluation d’une PME qui se dénomme
« OUGALA S.A », et ce, après qu’on présentera les différents données des différentes étapes
de l’évaluation, de la prise de la connaissance, passant par la phase du diagnostic, et le choix
définitif de la méthode et l’évaluation, jusqu’à la conclusion de la valeur.

Pourquoi c’est une PME ?


Le chiffre d’affaires de la société OUGALA S.A pendant 3 ans consécutives, est supérieur à 10
millions de dirham, aussi son capital est de plus de 16 millions de dirham, le total de son bilan
est entre les 20 millions et 75 millions de dirham.

La mission d’évaluation
La mission consiste à évaluer les actions de la société OUGALA, société anonyme, sise au port
de Tan Tan, inscrite au registre de commerce sous le n° 43 à TanTan. en 2004. Et ceci dans le
cadre de déterminer le prix d’ouverture de la cession des actions détenues par Mr « X » et Mme
«Y»

La prise de connaissance

La société « OUGALA S.A », est une société qui exerce dans le secteur d’activité de
transformation de poisson, achat, revente et distribution de produits de pêche.

- Raison social : OUGALA.

- Forme juridique : société anonyme.

- Direction : conseil d’administration.

- Date de création : 06/08/1986.

- Capital social : 16.400.000,00 dhs.

- Siège social : port de Tan Tan.

75
Collecte des données :

Pour l’évaluation de l’action de la société OUGALA, l’évaluateur s’est basé sur les documents
suivants :

- Bilans et états de synthèse concernant les exercices 2001,2002 et 2003.

- Rapports de commissaire aux comptes pour les exercices 2002 et 2003.

On notera par ailleurs, que les données financières et les documents comptables ont été soumis
au commissaire aux comptes. Pour la plupart, les analyses contenues dans ce rapport sont basées
et fondées sur ces documents.

D’après les états de synthèse déclarés à la direction des impôts de Tiznit et déposés au tribunal
de 1ère instance de Tan Tan pour les exercices 2002 et 2003 :

- Mr « X » a souscrit 33.468 actions d’une valeur nominale de 100,00 dhs par action et pour un
total de 3.346.800,00 dhs totalement libérées.

- Mme « Y » a souscrit 41.285 actions d’une valeur nominale de 100,00 dhs par action et pour
un total de 4.128.500,00 dhs totalement libérées.

Aucune autre information n’a fait l’objet de la phase de la collecte/prise de connaissance.

La phase du diagnostic

Diagnostic stratégique

Aucune information dans le rapport traitée n’a de relation avec la stratégie de la société ou son
potentiel futur dans le marché.

Plusieurs raisons peuvent être derrières le non utilisation de cette phase, pendant la plupart des
missions d’évaluation des petites et moyennes entreprises. Premièrement, c’est dû à la cherté
de cette dernière, et en deuxième lieu c’est dû au caractère qualitatif des informations issues du
diagnostic stratégique, ces dernières sont difficilement transformables en chiffres concrets.

Diagnostic financier

Cette phase est effectuée par l’évaluateur en deux étapes, les deux concernent les données
historiques, à savoir une étape pour l’analyse de l’activité, et l’autre partie pour l’analyse du
bilan.

76
Tableau du Chiffre d’Affaire et du Résultat en DHS

Eléments 2001 2002 2003

Chiffre d’affaire 28.239.352,62 22.048.497,45 11.066.178,16

Résultats 4.362.804,70 1.688.441,74 - 1.305.716,21

Analyse de l’exploitation :
Sur la base des états de synthèse de la société OUGALA, et après étude de compte de produits
et charges et le calcul de l’état des soldes intermédiaires de gestion, l’analyse de ces soldes nous
donnent les renseignements suivants :

-Chiffre d’affaires : une baisse légère au cours de l’exercice 2002 est constatée par rapport à
l’exercice 2001, et cette baisse a été importante et confirmée d’avantage au cours de l’exercice
2003 (-50%).

- La valeur ajoutée réalisée et enregistrée par la société OUGALA au cours de l’exercice 2002
a été de 5.419.817,58 dhs. Par contre cette valeur ajoutée a connu une forte baisse au cours de
l’exercice 2003, soit 2.429.950,76dhs.

La société a du mal à créer de la richesse, voir à maintenir le niveau crée de l’année précédente.

- L’excédent brut de l’exploitation (E.B.E) : au cours de l’exercice 2002, la société OUGALA


a réalisé un E.B.E de 2.573.390,26 dhs alors que, au cours de l’exercice 2003 la société a réalisé
une insuffisance brute d’exploitation de –915.267,59 dhs (situation critique pour la société).

- Résultat d’exploitation : le résultat d’exploitation au cours de l’exercice 2002 a été d’un


montant de 1.149.435,85 dhs par contre au cours de l’exercice 2003 ce résultat a été de l’ordre
de –62.341,72 dhs. (Situation très critique).

- Résultat financier : il a été de l’ordre de -440.799,58 dhs au cours de l’exercice 2002 et au


cours de l’exercice 2003 il a été de -229.733,30 dhs soit une amélioration assez importante mais
toujours négative.

77
- Résultat courant : il a connu une énorme dégradation, il est passé d’un résultat positif de
1.708.636,27 dhs en 2002 à un résultat négatif de -292.075,02 dhs en 2003. Nous constatons
une aggravation du résultat courant.

- Résultat non courant : la société a enregistré un résultat non courant négatif de -20.194,53
dhs en 2002 et un résultat non courant négatif de -1.013.641,19 dhs en 2003, nous constatons
une aggravation de résultat exceptionnel.

- Résultat net de l’exercice : au cours de l’exercice 2003 l’entreprise OUGALA a réalisé une
perte nette de –1.305.716,21 dhs. Alors qu’elle a réalisé un bénéfice de l’ordre de 1.688.441,74
dhs, soit une baisse importante (situation très critique).

Conclusion sur l’exploitation :


Sur la base des états de synthèse déclarés et après étude et analyse de l’exploitation de la société
OUGALA, calcul des soldes intermédiaires de gestion, nous constatons que la société a
beaucoup de problèmes au niveau des ventes et surtout au cours de l’exercice 2003 ( les
ventes en 2003 ont baissé de 100% par rapport à l’exercice 2002) .

78
Analyse du bilan (patrimoine) :

BILANS EN GRANDES MASSES EN DHS

Postes 2001 2002 2003

12.904.339,68 16.033.590,31 16.160.887,63


Actif Immobilisé

6.900.026,53 9.983.189,79 13.096.648,43


Actif Circulant

3.414.461,56 112.422,53 289.416,02


Trésorerie – Acif

19.389.465,76 21.359.438,48 20.071.443,48


Capitaux
Permanents

1.743.541,09 4.179.119,68 8.758.561,26


Passif Circulant

2.085.820,92 590.644,47 716.947,34


Trésorerie -Passif

D’après l’étude du bilan et des soldes calculés (voir tableau ci-avant), nous constatons que la
structure financière de la société OUGALA est en dégradation, ceci se confirme par la
dégradation continue de fonds de roulement global (voir tableau ci-après) d’une part et d’autre
part, d’une légère amélioration de besoin en fonds de roulement et d’une trésorerie négative au
cours des exercices 2002 et 2003, alors qu’elle était positive au cours de l’exercice 2001.

79
TABLEAU DE DETERMINATION DE FONDS DE ROULEMENT, BESOIN EN
FONDS DE ROULEMENT ET TRESORERIE NETTE

ELEMENTS 2001 2002 2003

Fonds de roulement 6.485.126,08 5.325.848,17 3.910.555,85

Besoin en fonds de 5.156.485,44 5.804.070,11 4.338.087,17


roulement

Trésorerie nette 1.328.640,64 - 478.221,94 -427.531,32

Conclusion sur l’équilibre financier


L’évolution négative de l’état de la trésorerie de la société OUGALA, résultant de mauvais
résultat réalisé au niveau de l’exploitation au cours des derniers exercices et de sa structure
bilancielle, fait que sa solvabilité et sa rentabilité sont mises en cause et qui peuvent dans
l’avenir compromettre son développement, voir sa continuité.

Diagnostic des prévisionnels

Cette phase de l’analyse des prévisionnels, est inexistante à cause de deux raisons, en premier
lieu l’absence de système de contrôle de gestion structuré au sein de la société, et par
conséquent, l’évaluateur n’a pas pu attribuer un caractère de fiabilité à ces prévisionnels. En
deuxième lieu, l’évaluateur n’a pas choisie de procéder à la projection des données historiques
dans le futur à cause de l’évolution négative du résultat et des indicateurs de rentabilité durant
les 3 années dernières (2001,2002, et 2003).A cela on rajoute que la société ne dispose pas
d’une politique des dividendes stable et fixe, ce qui va pousser l’évaluateur d’abandonner les
méthodes d’évaluation de rentabilité.

Le choix de la méthode et l’évaluation.

A ce niveau-là, l’évaluateur détenait toute information financière produite au sein de la société


et vérifié par l’auditeur et certifié par le commissaire aux comptes, et suite aux raisons qu’on a
évoqué durant la section précédente l’évaluateur a abandonné les méthodes basées sur le
rendement, il a aussi opter pour la méthode des comparables comme méthode secondaire (outil
de corroboration).

80
A ce propos, l’évaluateur a choisi la méthode dite la plus sûr, autrement la méthode patrimoniale
classique, de l’actif net comptable, sans réévaluation des éléments d’actifs car l’évaluateur
considère ces éléments spécifiques et difficilement cessibles en cas de liquidation, au-delà aussi
il a envisagé que les écarts de réévaluation de lesdits éléments sont non significatives voire
même nuls pour certaines immobilisation.

Donc l’évaluateur a appliqué la méthode d’actif net comptable, par le biais du calcul d’une
moyenne d’actif net des bilans qui sont à sa disposition et qui sont certifiés, à côté de
l’utilisation de la méthode des comparables comme outil de corroboration.

Détermination de la valeur des actions de la société OUGALA :

Pour se rapprocher plus de la réalité, j’ai choisi d’évaluer les actions de la société OUGALA en
utilisant la méthode basée sur la moyenne de l’actif net des trois derniers exercices (c à d le
patrimoine propre de la société)

Eléments 2001 2002 2003 Moyenne (Dhs)

Capitaux propres 19.389.465,76 18.890.147,50 17.584.431,29 18.621.348,18

Actif fictif 63.024,95 34.521,59 8.457,52 35.334,68

Actif réel (1) 19.326.440,81 18.855.625,91 17.574.973,77 18.585.680,16

(1) Actif réel = Capitaux propres – Actif fictif.

Conclusion de la valeur de l’action


* L’actif net réel moyen = 18.585.680,16 Dhs

* Nombre d’actions total = 160.400 actions

* Valeur de l’action est = 113,32 Dhs

La valeur patrimoniale d’une action OUGALA S.A est estimée à 113,32 Dhs.1

1
Page 5/6, Rapport de l’expertise d’évaluation d’entreprise de la société OUGALA S.A, 2004.

81
La méthode des comparables transactionnels :

L’évaluateur a choisi pour la réalisation de cette méthode un échantillon de 3 sociétés ayant le


même niveau d’activité (Chiffre d’affaire) et un niveau de capital proche à celui de l’entreprise
« OUGALA S.A », ainsi qu’une marge bénéficiaire proche, ainsi il a calculé un multiple de
l’EBE afin qu’il extrait un multiple moyen pour l’appliquer à la société.

L’échantillon :

Les comparables Société 1 Société 2 Société 3

Capital social 10 000 000 8 500 000 10 300 000

Chiffre d’affaires 18 300 234 19 292 331 21 223 900

Marge bénéficiaire 2 220 000 4 144 000 5 329 023


(Valeur ajoutée)

EBE 3 200 000 2 122 300 3 134 000

La valorisation 12 223 111 13 112 400 9 889 221

Multiple (La 3,8 6,17 3,15


valorisation/ EBE)

L’EBE d’OUGALA S.A = 2.573.390,26

En appliquant le multiple le plus élevé (6,17) on aura la valeur suivante : 15 877 816,3 Dhs

Ce qui est en dessous de la valeur patrimoniale (18.585.680,16 Dhs), étant donné que cette
dernière est la valeur minimale que peut avoir la société, à ce niveau l’évaluateur se statue
finalement sur la valeur patrimoniale.

82
Chapitre 2 : Evaluation des TPE, Cas pratiques
1- Evaluation financière des TPE françaises : cas de la société «Restaurant de
la marie».

Dans cette présente section, nous analyserons un rapport d’évaluation d’une TPE qui se
dénomme « Restaurant de la marie », et ce, après qu’on présentera les différents données des
différentes étapes de l’évaluation, de la prise de la connaissance, passant par la phase du
diagnostic, et le choix définitif de la méthode et l’évaluation, jusqu’à la conclusion de la valeur.

Pourquoi c’est une TPE ?


Le chiffre d’affaires de la société Restaurant de la marie pendant 2 ans consécutives, est
inférieur ou égale à 2 millions d’euros, en France toute entreprise ayant un C.A inférieur à 2M
d’euros et un effectif entre 10 et 20 personnes est considérée comme une TPE, avec un capital
qui varie entre les 180 000 euros et les 130 000 euros entre 2014 et 2016.

La mission d’évaluation
La mission consiste à évaluer le fonds commercial du Restaurant de la marie, sise à Paris
opérant dans le secteur de restauration traditionnelle.

La prise de connaissance

- Raison sociale : Restaurant de la marie.

- Forme juridique : S.A.S

- Date de création : 2013.

- Capital social : en 2016 130 000 euros.

- Activité : Restauration traditionnelle.

- Panier moyen : 23 euros.

- Date d’évaluation : 2017.

- Chiffre d’affaires 2016 : 350 000.

83
La phase du diagnostic

Diagnostic stratégique

Une analyse stratégique de la société ainsi qu’une analyse organisationnelle a permis la


détermination du positionnement concurrentiel de la société dans son marché en notant chacun
des aspects pris en compte afin de déduire une note globale.

Par conséquent, la société a eu comme notation :

La note globale de la société au titre de son positionnement concurrentiel est de 7,2/10, cette
note va servir pour situer l’entreprise dans l’intervalle des multiples observés.

84
Diagnostic financier

L’évaluateur s’est contenté de réaliser un bilan économique et l’analyse des soldes


intermédiaires de gestion, ainsi que certains ratios financiers.

Bilan économique :

SIG :

Marges brute, opérationnelle, nette :

85
En ce qui concerne l’analyse des données prévisionnelles, elle n’existe pas puisque le choix
de la méthode d’évaluation s’est basé principalement sur la méthode des comparables
(multiples transactionnels).

Les ratios de profitabilités :

Le choix de la méthode et l’évaluation.

Selon l’évaluateur, la méthode la plus robuste pour les TPE/PME est celle de se référer aux
prix auxquels ont été échangés des actifs similaires vu que cette méthode répond à l’un des
principes de la comptabilité internationale plus précisément la norme IFRS 13 « La juste
valeur ».

Cependant l’évaluateur a choisi aussi l’utilisation de la méthode patrimoniale, et ce à titre de


sécurité puisqu’elle est considérée comme la valeur minimale que peut l’entreprise avoir,
autrement si la valeur issue de la méthode des comparables est inférieure à celle patrimoniale,
on va choisir cette dernière puisqu’elle s’impose à la réalité.

En matière d’application de la méthode des comparables, la pratique consiste à l’utilisation


d’un multiple du chiffre d’affaires pour une année et un multiple moyen du chiffre d’affaires
pour les 3ans derniers, afin de lisser les effets des cycles sur l’activité. Mais aussi pour avoir
un intervalle des valeurs.

Détermination de l’échantillon des comparables :

Les critères pris en considération dans le choix de l’échantillon sont d’ordre financier, mais
aussi d’ordre économique, l’évaluateur a cité les critères suivants :

Taille du fonds de commerce : mesurée par le chiffre d’affaires.

Localisation géographique : Paris et périphérie.

Secteur d’activité : Restauration.

L’évaluateur a identifié 403 de transactions comparables.

86
Ainsi les multiples du C.A par valeur de fonds commercial pour 1 an, se répartissent comme
suit :

Et les multiples du C.A par valeur de fonds commercial pour 3 ans, se répartissent comme
suit :

87
C’est à l’aide de la notation que l’entreprise a eu au cours du diagnostic stratégique (7,2/10),
l’évaluateur a pu la positionner dans cette échelle, autrement les entreprises ayant la même
performance de la société à évaluer ou une performance proche, leurs fonds de commerce est
évalué à 0,93 de leurs C.A si on prend en considération qu’une seule année, et évalué à 0,89
de leurs C.A si on prend en considération 3 années de chiffre d’affaires.

Ainsi, en appliquant à la société les multiples précités on aura une valeur minimale et autre
maximale.

Cependant l’évaluateur a aussi opté à la méthode patrimoniale, à titre de corroboration, afin


de déterminer la valeur minimale du fonds de commerce, il a utilisé l’actif net ajusté pour
réaliser ce but, ainsi on a la valeur patrimoniale :

L’évaluateur a appliqué une décote à la valeur patrimoniale, et ce pour des raisons de marché,
vu que les éléments en question sont difficilement liquides, ainsi qu’en prenant en
considération les frais de liquidations.

En conclusion la valeur du fonds de commerce, par les différentes méthodes utilisées, est
présentée comme suit :

88
La valeur définitivement retenu est la moyenne des valeurs issues des méthodes comparables
(311 000 euros), tout en mentionnant que la valeur du fonds de commerce ne peut être
inférieure à 190 000 euros.

89
2- Evaluation financière des TPE françaises : cas de la société «Y».

Pourquoi c’est une TPE ?


Le chiffre d’affaires de la société Y pendant 3 années consécutives, est inférieur ou égale à 2
millions d’euros, en France toute entreprise ayant un C.A inférieur à 2M d’euros et un effectif
entre 10 et 20 personnes est considérée comme une TPE, avec un capital qui varie entre les 1
207 320 euros et les 1 071 879 euros respectivement en 2010 et en 2012.

La mission d’évaluation
La mission consiste à évaluer les parts sociales de la société Y opérant dans le secteur de
protection-sécurité-alarme.

La prise de connaissance

- Raison sociale : Y.

- Capital social en 2012 : 240 000 euros.

- Activité : protection-sécurité-alarme.

- Date d’évaluation : 2013.

- Chiffre d’affaires 2012 : 1 071 879 euros.

La phase du diagnostic

Cette phase n’était pas vraiment bien exploité puisque l’évaluateur s’est contenté de vérifier
juste les informations comptables, ainsi il n’a pas utilisé dans son processus d’évaluation ni
des informations stratégiques ni analyse des prévisionnels.

Le choix de la méthode et l’évaluation.

L’évaluateur a choisi d’évaluer la société avec deux méthodes, celle patrimoniale (Actif net
comptable réévalué), et celle des comparables avec un multiple de résultat.

Pour appliquer la première méthode, l’évaluateur a détecté un seul élément d’actif qui doit
être réévalué qui est le fonds de commerce, pour ce faire, il a utilisé le barème appliqué par
l’administration fiscale avec un coefficient de 30% à 40% du chiffre d’affaires, en prenant à
titre de précaution le chiffre d’affaires le moins élevé durant les 3 années (2010, 2011, 2012),
ainsi on a :

90
1 071 879 x 119,60% x 30% = 384 590 euros

Valeur comptable du fonds de commerce = 4 412 euros

Ainsi la valeur des capitaux propres est de :

Capitaux propres 31/12/2012 = 424 766 euros

Provision complémentaire = - 38 741 euros

Plus-value du fonds de commerce = 380 178 euros

Impôt sur les plus-values = - 113 812 euros

La valeur patrimoniale de la société est de 652 391 euros

Quant à la méthode des comparables, l’évaluateur a déduit après recherche un multiple de


résultat dans le secteur entre 3 à 7 auquel ils rajoutent la liquidité immédiate nette.

Il a choisi pour ce faire un multiple de 5 puisque la plupart des sociétés similaires en matière
de résultat financier à l’entreprise évaluée ont appliqué un multiple de 5.

Ainsi, l’évaluateur a choisi d’appliqué ce multiple au résultat le plus faible durant les 3 années
dernières (à savoir celui de 2012) à titre de précaution.

La valeur de la société se calcule ainsi :

Multiple x le résultat de 2012 = 5 x 87 716 euros = 438 580 euros

+ La liquidité (trésorerie) immédiate nette = 228 503 euros.

La valeur de la société par méthode des comparables = 667 083 euros.

L’évaluateur s’est statué sur une valeur moyenne de 650 000 euros.

91
3- Evaluation financière d’une TPE Marocaine cas de la société «CONITAL
S.A».

Dans cette présente section, nous analyserons un rapport d’évaluation d’une TPE qui se
dénomme « CONITAL S.A », et ce, après qu’on présentera les différents données des
différentes étapes de l’évaluation, de la prise de la connaissance, passant par la phase du
diagnostic, et le choix définitif de la méthode et l’évaluation, jusqu’à la conclusion de la valeur.

Pourquoi c’est une TPE ?


Le chiffre d’affaires de la société CONITAL S.A pendant 2 ans consécutives, est inférieur ou
égale à 10 millions de dirham, aussi son capital est égale au minimum légal pour une société
anonyme à savoir 300 000 dirhams, le total de son bilan en 2011 et 2012 égale à peine les 20
millions de dirhams.

La mission d’évaluation
La mission consiste à évaluer les Parts sociales de la société CONITAL SA, sise au CENTRE
ALHAYATE N° 148/149 GARE INDUSTRIELLE DE TASSILA - DECHEIRA, inscrite au
registre de commerce sous le n° 1563 au tribunal de 1ere instance d’inzegane. Et ceci dans le
cadre de la vente de 300 parts sociales détenues par Mr « X ».

Détermination de nombre de parts sociales appartenant à Mr GENGARELLI ALBERTO :

D’après les états de synthèse arrêtés au 31/12/2012, Mr « X » a souscrit 300 parts sociales/300
parts totales d’une valeur nominale de 100,00 dhs par part sociale et pour un montant total de
30.000.00 dhs totalement libéré.

La prise de connaissance

- Raison sociale : CONITAL

- Forme juridique : S.A

- RCS : inscrite sous le n° 1563

- IS : sous le n° 06949490

- Direction : la société est gérée par Mr « X ».

- Date de création : 09/02/2001

- Capital social : 300.000.00 dhs.

92
- Siège social : CENTRE ALHAYATE N° 148/149 GARE INDUSTRIELLE DE TASSILA -
DECHEIRA

- Activité : MARCHAND IMPORT-EXPORT DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET


AGRICOLES.

Pour l’évaluation de l’action de la société CONITAL, l’évaluateur s’est basé sur les documents
suivants :

- Bilans et états de synthèse concernant les exercices 2011,2012.

- Rapports de gestion pour les exercices 2011 et 2012.

On notera par ailleurs, que les arrêtés de comptes n’ont pas été soumis à un audit légal /
commissariat aux comptes durant les exercices en question, c’est la raison pour laquelle
l’évaluateur à opter pour une vérification voire même pour un audit allégé des comptes des
exercices comptables 2011 et 2012.

- La société est propriétaire du plusieurs terrains :

 "Alyopolice 1-817 "titre foncier n° 189241/09, Derarga Agadir (voir attestation


de propriété).

 "Alyopolice 1-917 "titre foncier n° 189242/09, Derarga Agadir (voir attestation


de propriété).

 "TIGMI 9-14" titre foncier n° 110312/09, AV DES FAR AGADIR (voir


attestation de propriété).

D’après le pacte d’actionnaires au 31/12/2012, Mr « X » a souscrit 300 parts sociales/300 parts


totales d’une valeur nominale de 100,00 dhs par part sociale et pour un montant total de
30.000.00 dhs totalement libéré.

Aucune autre information n’a fait l’objet de la phase de la collecte/prise de connaissance.

93
La phase du diagnostic

Diagnostic stratégique

Aucune information dans le rapport traitée n’a de relation avec la stratégie de la société ou son
potentiel futur dans le marché.

Plusieurs raisons peuvent être derrières le non utilisation de cette phase, pendant la plupart des
missions d’évaluation des petites et moyennes entreprises. Premièrement, c’est dû à la cherté
de cette dernière, et en deuxième lieu c’est dû au caractère qualitatif des informations issues du
diagnostic stratégique, ces dernières sont difficilement transformables en chiffres concrets.

Diagnostic financier

Cette phase est effectuée par l’évaluateur en deux étapes, les deux concernent les données
historiques, à savoir une étape pour l’analyse de l’activité, et l’autre partie pour l’analyse du
bilan.

Tableau du Chiffre d’Affaire et du Résultat au cours de ces trois derniers exercices en


DHS

2011 2012

Chiffre d’affaires 9.033.596.21 10.238.783.34

Résultats nets 129.249.66 1.360.265.09

Analyse de l’exploitation :
Sur la base des états de synthèse de la société CONITAL, et après étude de compte de produits
et charges et le calcul de l’état des soldes intermédiaires de gestion, l’analyse de ces soldes nous
donnent les renseignements suivants :

- Chiffre d’affaires : 9.033.596.21 dhs au cours de l’exercice 2011 et 10.238.783.34 dhs au


cours de l’exercice 2012.

94
- La valeur ajoutée réalisée : l’entreprise a enregistrée une V.A positive au cours de l’exercice
2011 a été de 129.249.66 dhs. Par contre cette valeur ajoutée positive a connu une hausse
importante au cours de l’exercice 2012, soit 1.360.265.09 dhs.

- L’excédent brut de l’exploitation (E.B.E) : au cours de l’exercice 2011, la société


CONITAL a réalisé un E.B.E positif de 111.155.82 dhs alors qu’au cours de l’exercice 2012 la
société a réalisé un EBE positif de 314.286.84 dhs, une hausse importante (situation intéressante
pour l’entreprise).

- Résultat d’exploitation : le résultat d’exploitation au cours de l’exercice 2011 a été positif


d’un montant de 58.384.92 dhs et en 2012 le résultat d’exploitation enregistré est positif de
266.421.30 dhs, la hausse a été très importante.

- Résultat financier : il a été de l’ordre de 22.000.00 dhs au cours de l’exercice 2011 et au


cours de l’exercice 2012 il a été de 180.126.46 dhs.

- Résultat courant : il a connu une augmentation anormale, il est passé d’un montant de
70.384.92 dhs en 2011 à un montant de 1.879.547.76 dhs en 2012, soit une augmentation de
plus de 100%.

- Résultat non courant : la société a enregistré un résultat non courant positif de 58.864.74 dhs
en 2011 et un résultat non courant négatif de 154.143.67 de en 2012.

- Résultat net de l’exercice : au cours de l’exercice 2012 l’entreprise a réalisé un bénéfice net
de 1.360.265.09 dhs, alors qu’elle est été de l’ordre de 129.249.66 dhs en 2011, soit une hausse
de plus de 100%.

Conclusion sur l’exploitation


Sur la base des états de synthèse déclarés, et après étude et analyse de l’exploitation de la société
CONITAL, calcul des soldes intermédiaires de gestion, nous constatons que l’évolution de la
rentabilité de la société n’est pas stable bien que ça fait plus de 10ans qu’elle exerce son activité,
les fluctuations n’ont pas d’explication bien spécifique.

95
Analyse du bilan (patrimoine) :

BILANS EN GRANDES MASSES EN DHS après retraitement/reclassement

Postes 2011 2012

4.716.965.54 5.672.541.39
Actif Immobilisé

11.099.033.75 14.152.096.10
Actif Circulant

4.903.380.67 2.630.743,96
Trésorerie – Acif

19.457.049.89 20.946.564.64
Capitaux Permanents

1.262.330.07 1.508.817.45
Passif Circulant

00.00 00.00
Trésorerie -Passif

(1) Les comptes courants présentent un solde de 12.687.276,38 dh en 2012 contre


9.542.194,00 dh en 2011

Les masses des bilans ont été retraités selon l’approche patrimoniale, les éléments qui sont
considérés comme passif circulant et qui servent réellement au financement des actifs
immobilisés, ils sont reclassés vers les capitaux permanents, c’est le cas des comptes courants.

96
TABLEAU DE DETERMINATION DE FONDS DE ROULEMENT, BESOIN EN
FONDS DE ROULEMENT ET TRESORERIE NETTE

ELEMENTS 2011 2012

Fonds de roulement 14.740.084,35 15.274.023,25

Besoin en fonds de 9.836.703,68 12.643.278,65


roulement

Trésorerie nette 4.903.380,67 2.630.744,6

Conclusion sur l’équilibre financier


D’après l’étude des bilans arrêtés au 3112/2011 et au 31/12/2012, et l’analyse de la structure
du passif, nous constatons que la société a recours pour le financement de son actif immobilisé
en l’occurrence la construction de la résidence aux comptes courants des associés (75 % de
total) qu’on peut assimilé à des ressources stables, d’où le principe fondamentale à savoir la
correspondance des emplois stables et des ressources stables est respectée.

Diagnostic des prévisionnels

Cette phase de l’analyse des prévisionnels, est inexistante à cause de deux raisons, en premier
lieu l’absence de système de contrôle de gestion structuré au sein de la société, et par
conséquent, l’évaluateur n’a pas pu attribuer un caractère de fiabilité à ces prévisionnels. En
deuxième lieu, l’évaluateur n’a pas choisie de procéder à la projection des données historiques
dans le futur à cause de l’insuffisance des données comptables et financières qu’il dispose sur
l’historique de la société. A cela on rajoute que la société ne dispose pas d’une politique des
dividendes stable et fixe, ce qui va pousser l’évaluateur d’abandonner les méthodes
d’évaluation basées sur la rentabilité.

Le choix de la méthode et l’évaluation.

A ce niveau-là, l’évaluateur détenait toute information financière produite au sein de la société


et vérifié par lui-même et non certifié par le commissaire aux comptes, et suite aux raisons
qu’on a évoqué durant la section précédente l’évaluateur a abandonné les méthodes basées sur
le rendement, l’évaluateur va utiliser aussi la méthode mixte (méthode du goodwill).

97
A ce propos, l’évaluateur a choisi la méthode dite la plus sûr, autrement la méthode patrimoniale
classique, de l’actif net comptable réévalué, car l’évaluateur considère que l’entreprise dispose
de terrains ayant une valeur réel beaucoup plus élevé à celle comptable, au-delà aussi il a
envisagé que les écarts de réévaluation de lesdits éléments sont significatives.

Donc l’évaluateur a appliqué la méthode d’actif net comptable réévalué, par le biais du calcul
d’une moyenne d’actif net des bilans qui sont à sa disposition et qui sont certifiés, à côté de la
méthode mixte comme outil de corroboration.

La réévaluation des terrains appartenant à la société CONITAL S.A, donnent un écart de


réévaluation de : 52.595.000.00 Dhs.

Détermination de la valeur des actions de la société CONITAL :

Après l’analyse sommaire de l’exploitation et de la structure financière de l’entreprise détaillée


ci-dessus, et vu le contexte et le but de cette évaluation, « j’ai choisi d’évaluer les parts de la
société CONITAL SA à partir d’une évaluation globale de l’entreprise en utilisant la méthode
basée sur l’actif net comptable (c à d le patrimoine propre de la société), réajustée et corrigée
de la plus-value sur l’ensemble immobilier (terrain et construction en cours) »1 :

Capitaux propres 2.988.995.00

Actif fictif 00.00

Actif réel (1) 2.988.995.00

Plus écart de réévaluation (2) 52.595.000.00

Actif réel corrigé (3) 55.583.995.00 dhs

(1) Actif réel = Capitaux propres – Actif fictif.

(2) Les immobilisations comprennent « la construction d’une résidence hôtelière » (su un


terrain d’une superficie de 8.813 m2 composée du sous-sol, RDC bas+ balcons, RDC
haut + balcons, et 1 er étage + balcons.

(3) Actif réel Corrigé = Actif réel + écart de réévaluation.

1
Le choix de la méthode par l’évaluateur, page 6/7, Rapport d’expertise d’évaluation de la société CONITAL
S.A, 2013.

98
CONCLUSION

* L’Actif réel Corrigé = 55.583.995.00 Dhs

* Nombre de parts total = 45.000 parts

* Valeur de la part est = 1.235.20 Dhs soit 1.235.00 dhs

La valeur patrimoniale d’une part sociale de la société CONITAL S.A est estimée à 1.235.00
Dhs, or pour le prix de d’ouverture pour la cession des parts de Mr « X », l’évaluateur fixe cette
valeur à 50% de la valeur patrimoniale soit 617.50 Dhs, « sachant que le juste prix sera donné
par le jeu de l’offre et la demande sur un marché normal et fluide »

L’évaluateur a appliqué une décote de 50%, après consultation du marché des sociétés
similaires en matière de taille, et ce, pour donner une valeur qui permet de rendre plus cessible
l’action en question.

Sur la base des documents comptables (Bilan, états de synthèse arrêtés au 31/12/2012) et les
divers documents mis à sa disposition à ce jour et après étude et analyse de ces documents il
conclut :

 Que Mr « X » possède dans la Société CONITAL SA 300 parts sociales.

 Que la valeur patrimoniale de la part sociale peut être estimée au jour de l’expertise à
1.235.00 Dhs.

 Que le prix d’ouverture pour permettre la vente aux enchères d’une part sociale de la
société CONITAL S.A est fixée à 617.50 Dhs (soit une décote de 50%) soit un montant
total de 13.893.750.00 dh (22.500 parts x 617.50 dh).

La méthode mixte (méthode de goodwill)

En utilisant la méthode de la rente abrégée :

2011 2012
Résultat d'exploitation 58 384,92 266 421,30
l'outil productif (ANC) 2 988 995 2 988 995
T (4,76%)* x ANC 142333,1 142333,1
GW -83 948,18 124 088,20
GW moyen 40 140,03

99
GW actualisé avec un taux de rentabilité du marché 313 573,9106
de la distribution (1/PER minimum) dans un horizon de
temps de 10ans
GW actualisé dans un horizon infini dans le temps 842 940,62

* Le taux de rendement appliqué est le taux implicite extrait du PER du secteur d’activité qui
est entre 21 et 27 au cours des 5 années dernières, l’évaluateur a choisi le moins élevé, afin
d’extraire le taux de rentabilité le plus élevé (1/21= 4,76%), et cela est expliqué par le fait que
un investissement dans une société petite est plus risqué que celui dans une grande société en
bourse.

Cependant pour arriver à la valeur de la société il faut rajouter la valeur actualisée du goodwill
à la valeur de l’actif net comptable, ce qui va nous donner la valeur suivante :

Valeur de l’entreprise = 2 988 995 + 842 940,62 = 3 831 935,62 Dhs

Ce qui est très inferieur de la valeur patrimoniale réévaluée qui est de 55.583.995.00
Dhs. A ce propos l’utilisation de la méthode du goodwill n’était appliquée que
comme un outil de corroboration pour confirmer que l’entreprise ne peut avoir mieux
comme valeur qu’avec la méthode patrimoniale réévaluée.

100
Chapitre 3 : Benchmarking d’évaluation entre TPE/PME.
Dans ce présent chapitre, nous allons comparer les différents aspects des cas pratiques que nous
avons traités précédemment, notamment en matière de contexte d’évaluation, de la démarche
suivie pour évaluer ainsi qu’en matière du choix de la méthode définitif d’évaluation. Pour ce
faire, nous traiterons en premier lieu la comparaison en matière du justificatif des méthodes
ainsi que certaines caractéristiques de ces méthodes choisies et par la suite une comparaison du
contexte et de la démarche entre la PME et la TPE, et tout cela entre les différents cas.

1- Comparaison en matière de justificatif des méthodes choisies.

Le justificatif de méthode chez les PME

Chez « Alpha S.A » : Cas pratique 1.


L’évaluateur dans ce cas a choisi d’utiliser la méthode basée sur les bénéfices futurs avec la
déduction des pertes cumulées, et ceci car la société Alpha dispose d’un système de prévision
qualifié par lui-même comme étant fiable, et vu que le futur de la société est prospère dans
une hypothèse dans laquelle la société reste rattachée au groupe X.

Cependant, on peut dire que la méthode est choisie puisque les conditions l’ont permis, à ce
propos on peut dire que l’analyse ou bien le diagnostic stratégique était bien utilisé car c’est
sur la base de ce dernier que les prévisions des bénéfices futurs ont été établies.

L’utilisation des méthodes patrimoniales est inexistante car tout simplement les différents
indicateurs de cette approche ont une valeur négative, et cela est dû aux cumules des pertes.
Contrairement aux autres cas pratiques la méthode patrimoniale ici n’a pas permis son
utilisation comme outil de corroboration.

En ce qui concerne le taux de rentabilité ou bien ce qu’on appelle par le CMPC (cout moyen
pondéré des capitaux) utilisé dans la méthode choisie (celle basée sur les bénéfices futurs),
était déduit de l’historique de la société, puisque la société est créée dans les années 80. Ainsi
elle dispose d’un historique très suffisant pour déterminer un taux de rentabilité financière
qu’on peut aussi le calculer à partir de la formule du PER, bien sûr en remplaçant le prix des
actions dans la formule par la valeur des capitaux propres car la société en question n’est pas
cotées en bourse. Ainsi l’évaluateur a pris deux taux de rentabilité implicite, un qui est
maximal et l’autre qui est minimum, et ce après annulation des bénéfices nets qui avaient un
caractère exceptionnel, à savoir les pertes.

101
Chez « OUGALA S.A » : Cas pratique 2.
L’évaluateur dans ce cas, a choisi d’utiliser la méthode patrimoniale classique méthode d’actif
net comptable, sans réévaluation des éléments d’actif car leurs valeurs comptables sont
qualifiées par lui-même comme étant proche d’une façon significative à leurs valeurs réelles.
À côté de l’approche patrimoniale, il a opté à la méthode des comparables plus précisément
les multiples transactionnels mais ce qui est étrange c’est que l’utilisation de ces derniers était
pour objectif corroboration.

Cependant, il a justifié son choix par l’absence des données stratégiques et le temps de la
mission qui ne permet pas d’attendre la collecte et le traitement de ces données, aussi
l’absence d’un système de prévisions fiable, et par conséquent, il s’est retrouvé face aux
données comptables historiques seulement, c’est la raison aussi pour laquelle il a choisi
d’utiliser l’approche par analogie afin de ne pas s’éloigner des valorisations du même marché.

Le choix de l’échantillon des comparables, est basé principalement sur des caractéristiques
financières, ce qui était pris en considération selon l’évaluateur c’est le niveau d’activité
mesuré par le chiffre d’affaire, et le niveau de capitalisation mesuré par les capitaux
propres/capital social, et une marge bénéficiaire proche à celle de la société à évaluer.

Cependant, l’échantillon ne s’est composé que de 3 comparables ce qui n’est pas du tout
significatif, l’évaluateur a utilisé les données qu’il avait à sa disposition avec respect du délai
de la mission. Ainsi l’absence des données sur des comparables sur le marché a joué un frein
essentiel pour que cette méthode n’était pas choisie comme étant une méthode principale, et
choisie seulement comme outil de corroboration, malgré le potentiel qu’elle pourrait avoir.

Le justificatif de méthode chez les TPE

Chez « Restaurant de la marie » : Cas pratique 3.


L’évaluateur a choisi, dans ce présent cas, la méthode des comparables comme approche
principale, en plus d’utilisation de la méthode patrimoniale à titre de corroboration.

Cependant, le choix était justifié par le principe de la comptabilité internationale plus


précisément l’IFRS 13 « fair value » ou la juste valeur, selon l’évaluateur la juste valeur
constitue la valeur pour laquelle l’actif peut être échangé dans le marché. À ce niveau-là, il a
choisi la méthode des comparables puisque c’est elle qui permet de s’approcher du marché le
plus possible, aussi il ne faut pas oublier que le cas pratique était en France et par conséquent
l’évaluateur dispose de beaucoup d’informations sur le marché des comparables.

102
Aussi, il a utilisé la méthode patrimoniale comme outil de corroboration pour déterminer la
valeur minimale.

En ce qui concerne le choix de l’échantillon, était basé sur des caractéristiques économique et
géographique (autrement stratégique), à titre d’exemple le secteur d’activité, la taille du fonds
de commerce par le chiffre d’affaires (à l’aide du barème de l’administration fiscale pour
l’ISF), et le positionnement géographique stratégique.

L’évaluateur a identifié 403 de transactions comparables, on constate donc un échantillon de


comparables choisi sur des critères robustes, et en même temps très suffisant pour que la
méthode par analogie soit une méthode principale.

L’analyse stratégique et organisationnelle de la société étaient bien exploitées, du fait que


l’évaluateur a constitué une notation globale qui se compose de plusieurs notes en matière de
plusieurs critères d’organisation et gestion. Cette notation a permis de classer l’entreprise
dans l’échelle des multiples transactionnels utilisés, pour détecter le multiple à utiliser dans
l’évaluation de la société.

In fine, l’utilisation de la méthode par analogie est corroborée par l’évaluation patrimoniale,
afin de détecter la valeur minimale de la société. Une décote est appliquée à la valeur
patrimoniale, et ce pour des raisons de marché, vu que les éléments en question sont
difficilement liquides, ainsi qu’en prenant en considération les frais de liquidations.

Chez « Y » : Cas pratique 4.


L’évaluateur a choisie dans ce présent cas, deux méthodes, premièrement la méthode
patrimoniale (ANCC), après réévaluation de certains éléments, et en deuxième lieu la
méthode des comparables en se référant aux pratique du secteur, il a déduit une grille de
multiples appliqués au résultat. Aussi il a comparé la taille de la société par rapport à son
marché, et puisqu’il s’agit d’une société de moyenne taille, il a pris un multiple moyen qui
était de 5 autrement c’est la somme des extrêmes de la grille (3 et 7) divisée sur deux.

Donc l’évaluateur a exploité les données comptables et financières de la société, pour réaliser
la valorisation patrimoniale, avec réévaluation de certains éléments, et il a exploité les
données stratégiques, même si c’était d’une façon allégée et non approfondie, pour
positionner la société dans la grille des multiples transactionnels.

103
Chez « CONITAL S.A » : Cas pratique 5.
L’évaluateur a utilisé deux méthodes, une patrimoniale (ANCC) puisque la société dispose de
beaucoup de titres fonciers qu’il faut réévaluer, en deuxième lieu il a choisi la méthode du
goodwill, comme corroboration de la méthode patrimoniale.

Vu que les données historiques (2 à 3ans) qui sont à la disposition de l’évaluateur ne


permettent pas vraiment une bonne évaluation du goodwill, il a laissé cette dernière comme
méthode secondaire, aussi la difficulté pour calculer un taux de rentabilité implicite vu la non
suffisance de l’historique va faire l’objet de cet obstacle. Donc il s’est référé au marché
boursier pour prendre le PER du même secteur d’activité de la société et l’inversé pour avoir
un taux implicite, aussi là il a choisi le PER le moins élevé pour déduire à partir de ce dernier,
le taux de rentabilité le plus élevé. Car investir dans une TPE est plus risqué que d’investir
dans une société cotée en bourse ayant une part de marché et un certain niveau de certitude
vis-à-vis sa rentabilité.

Cependant dans ce cas, y avait pas une exploitation des données stratégiques, on a juste une
exploitation des données comptables et financières historiques.

Comparaison des justificatifs et des caractéristiques de chaque méthode entre


TPE/PME

D’après la comparaison entre la TPE et la PME, on peut déduire que la PME dispose
théoriquement d’un système informationnel plus fiable que la TPE, et cela est dans la norme,
ce qui pousse l’évaluateur à s’intéresser aux informations générées en interne de la société
plus qu’ailleurs (le cas d’Alpha S.A), autrement l’évaluateur justifie plus la valorisation
des sociétés avec des informations générées en interne de l’entreprise. Contrairement à la
TPE où l’évaluateur serait amené généralement à réaliser lui-même l’analyse stratégique si
possible (le cas de Restaurant de la marie) et une élaboration des prévisions si les
conditions le permettent. Cependant plus la taille de l’entreprise est petite plus elle dispose
d’un système informationnel fragile, et cela alourdi le travail de l’évaluateur, et vu que la TPE
ne dispose pas d’un budget suffisant et le temps nécessaire (le cas de CONITAL S.A) pour la
réalisation de tout ce travail. Ainsi on se retrouve souvent avec des évaluations pour les TPE
basées essentiellement sur les méthodes patrimoniales en premier lieu et en deuxième lieu à
titre de corroboration des méthodes par analogie, et ici la problématique de la disposition des
informations sur le marché s’impose aussi, et c’est cette dernière qui ne permet pas à

104
l’évaluateur de se baser sur une méthode des comparables comme une principale (un constat à
propos juste des cas marocains).

Comparaison en matière de certaines caractéristiques

Le CMPC ou bien le taux de rentabilité

Tout d’abord, on remarque que dans le cas d’évaluation de la PME Alpha S.A qui dispose
d’un historique comptable et financier très long et créée par un groupe, autrement c’est société
bien organisée, qui dispose aussi d’une politique de dividendes, l’évaluateur s’est contenté sur
l’historique pour déduire un taux de rentabilité financière implicite, il s’est même pas adressé
vers l’extérieur.

En revanche, pour l’évaluation financière de la société CONITAL S.A (TPE), qui a utilisé la
méthode du goodwill par rente abrégée comme outil de corroboration et secondaire, on a
remarqué ici que l’évaluateur s’est adressé au marché boursier pour chercher d’indicateur qui
permet de déduire un taux de rentabilité financière, qui va être utilisé dans la méthode du
goodwill. Et ici l’évaluateur a choisi l’indicateur du PER (Price Earnings Ratio), et plus
précisément la valeur la plus élevé de ce dernier, pour en finir avec l’extraction d’un taux
d’actualisation qui sera le plus élevé possible, car comme nous l’avons déjà évoqué un
investissement dans une TPE est plus risqué que celui qu’on peut faire dans une société cotée
en bourse.

En guise de conclusion, plus la taille de l’entreprise est petite, plus elle est susceptible de ne
pas avoir un historique suffisant pour extraire un taux de rentabilité financière fiable, et cela
pousse l’entreprise d’aller au marché boursier afin de s’approcher au moins du taux de
rentabilité de son secteur.

L’échantillon des comparables

En ce qui concerne la construction de l’échantillon des comparables, pour la différence entre


PME et TPE, au Maroc on ne trouve pas vraiment de différence et cela est dû généralement à
la rareté des comparables, dans les deux situations généralement la construction de
l’échantillon se base sur des critères financiers et non économiques et stratégiques. En effet, la
seule différence entre TPE et PME à ce niveau-là c’est que plus la société est de grande taille
plus il serait peut-être légitime d’aller chercher des comparables dans les marchés boursiers
marocain ou français.

105
Comparaison entre TPE marocaines, et françaises

Puisque dans les cas pratiques que nous avions traités, on trouve des TPE marocaines et des
TPE françaises, nous avons choisi d’en profiter en termes d’analyse entre ces deux cas
différents mais aussi similaires.

Si on compare entre TPE françaises et celles marocaines, on trouve une grande différence qui
est significative, vu la grande disponibilité des comparables transactionnels en France ainsi
que l’accès aux informations, la construction de l’échantillon des comparables se base plus
sur des critères économique et géographique et stratégique, plus les critères financiers, cela
donne une fiabilité à cet , ce qui permet de classer la méthode des comparables comme une
méthode principal et non secondaire (pour corroboration). Au Maroc c’est l’inverse les
méthodes des comparables sont souvent des méthodes de corroboration, en France, c’est plus
les méthodes patrimoniales qui constituent des approches de corroboration afin de déterminer
la valeur minimale de la société.

Aussi la méthode des comparables en France exploite pleinement les données stratégiques et
organisationnelles sur la société, puisque l’évaluateur ne prend pas un multiple moyen de
l’échantillon des comparables pour l’appliquer à la société, ce qui est le cas marocain
(OUGALA S.A), mais plutôt il calcule à partir des données stratégiques et organisationnelles
une note générale de la société qui permet de déduire le multiple qu’on devait l’appliquer à la
société à évaluer.

En conséquence, la valorisation des TPE au Maroc, comme nous l’avons déjà invoqué se
retrouve face à l’obligation d’aller chercher les informations ailleurs de la société
contrairement à la PME, et puisque les comparables sont rares voire même inexistants dans
certains cas, l’évaluation de la TPE se finira en se basant sur des méthodes patrimoniales avec
utilisation des comparables pour corroboration même s’ils ne sont pas significative.

En France, et vu la grande disponibilité des informations sur des comparables, on trouve


l’inverse du cas marocain, évaluation qui se finira en se basant sur la méthode des
comparables (généralement méthode basée sur des informations externes à l’entreprise car on
parle des TPE ici, qui ont généralement des systèmes informationnels peu fiable, comme nous
l’avons déjà évoqué) en plus des méthodes patrimoniale, pour corroborer la valeur par
analogie.

106
2- Comparaison en matière de contexte et de la démarche suivie
Comparaison en matière contexte

En effet, nous avons choisis par exprès des cas pratiques de rapports d’évaluation de sociétés,
avec le même contexte d’évaluation, pour que la comparaison en matière de la démarche et du
choix de méthode soit significative. Cependant, après quelques consultations avec des
praticiens on a compris que y’en a des contextes d’évaluation qui existent pour les PME et qui
ne le sont pas pour les TPE, à savoir le cas de la fusion / absorption, à côté du fameux cas que
nous avons déjà cité dans la partie théorique de ce mémoire, qui est celui de l’introduction en
bourse.

A ce propos, le choix des cas pratiques ayant le même contexte d’évaluation s’est fait exprès
pour garantir la validité de la comparaison en ce qui suit.

Comparaison en matière de démarche

Prise de connaissance
Cette phase était cruciale pour les différents cas pratiques, c’est la phase dans laquelle
l’évaluateur prend une idée générale sur l’activité de la société ainsi que sur ses chiffres clés, à
savoir le chiffre d’affaires, le capital, la nature juridique de la société, le nombre d’employés,
les propriétés foncières que détient la société, sa durée de vie, la nature de la direction (Gérant
ou conseil d’administration) etc… afin d’arriver à la collecte des données financières et
managériales.

En matière de comparaison, il n’y avait pas de différences entre la PME et la TPE en cette étape,
malgré que la TPE est gérée par une seule personne (Gérant) généralement alors que la PME
est gérée par un conseil d’administration généralement, l’évaluateur aurait pu donc s’accentuer
davantage sur l’étude de la dépendance entre gérant et société, et chercher les dégâts sur la
rentabilité ainsi que la continuité d’exploitation d’un scénario dans lequel y’aura plus ce gérant-
là.

L’évaluateur pour les deux cas s’est contenté de collecter des données financières en cette
phase, ainsi que des données d’ordre générale (juridique, foncières).

107
La phase du diagnostic

Diagnostic stratégique

Cette première étape dans la phase du diagnostic, est absente pour les cas pratiques TPE
suivants (OUGALA S.A, CONITAL S.A, Société Y), et ce, pour la simple raison que les
évaluateurs l’ont qualifié comme étant moins porteuse que celle financière puisqu’ils ne
disposent pas de durée suffisante et de budgets suffisants, ainsi que les issues de l’analyse
stratégique est difficilement transformable en chiffres significatifs. Et ceci ne peut se faire qu’à
l’aide des données du marché qui sont dans la majorité difficilement accessibles pour
l’évaluation des sociétés marocaines.

Cependant, si on neutralise l’impact du budget et la durée de la mission qui sont insuffisants


pour le cas des TPE marocaines, on se retrouve avec une exploitation importante de cette phase,
et cela on peut le voir dans les cas pratiques des TPE françaises ayant le budget et la durée
suffisants (le cas du Restaurant de la marie).

Pour le cas du Restaurant de la marie, on peut remarquer que l’analyse s’est faite à l’aide des
informations générés en externe de l’entreprise par l’évaluateur lui-même, contrairement au cas
de Alpha qui était basé sur une analyse faite en interne de la société et réutilisée par l’évaluateur.

Diagnostic financier

C’est l’étape dans laquelle, tous les rapports sont très similaires, du fait, que l’évaluateur
applique la même démarche d’analyse financière de l’exploitation en premier lieu, et du
patrimoine en deuxième lieu. Donc en commençant par une analyse de l’évolution du chiffre
d’affaires et du résultat net, passant par la suite à la citation des différents soldes intermédiaires
de gestion de l’ESG (L’état des soldes de gestion), en les analysant dans une approche
dynamique aussi, et finalement passant à l’analyse de l’équilibre financier du bilan afin de
vérifier le degré de la solvabilité ainsi que la liquidité de la société en question.

Diagnostic des prévisionnels

Pour la plus part des cas pratiques (tous les cas sauf celui de la société Alpha), cette phase de
l’analyse des prévisionnels, est inexistante à cause de deux raisons, en premier lieu l’absence
des systèmes de contrôle de gestion structurés au sein des sociétés faisant l’objet des rapports
d’évaluation, et par conséquent, l’évaluateur n’a pas pu attribuer un caractère de fiabilité aux

108
prévisionnels établis au sein des sociétés. En deuxième lieu, l’évaluateur n’a pas choisie de
procéder à la projection des données historiques dans le futur à cause de l’insuffisance des
données comptables et financières qu’il dispose sur l’historique de la société pour les cas
pratique CONITAL S.A, Y, Restaurant de la marie, et à cause de l’évolution qui était très
négative du résultat et des indicateurs de rentabilité durant les 3 années dernières (2001,2002,
et 2003 de la société OUGALA S.A) . A cela on rajoute que les sociétés en question ne disposent
pas des politiques des dividendes stables et fixes sauf pour la PME Alpha, ce qui va pousser
l’évaluateur d’abandonner les méthodes d’évaluation basées sur la rentabilité, sauf pour le cas
de Alpha.

Pour le cas de la société Alpha, l’évaluateur a considéré le système de prévisions comme fiable,
et puisque ce dernier est basée sur une analyse stratégique derrière, l’évaluateur a pris
implicitement cette analyse stratégique qui était faite en interne.

Apres ces phases-là, l’évaluateur s’est passé au choix définitif de la méthode et l’évaluation de
la société pour chacun des cas.

3- Conclusion de l’analyse comparative


Pratiquement, y’avait plus de différences que ce qu’on a prévu en partie théorique entre la TPE
et la PME. Pour bien visualiser les résultats nous allons les présenter sous forme de constats
suivants.

Au niveau de choix et caractéristiques des méthodes :

- Généralement, le choix de la méthode dépend en premier lieu comme c’était prévu, du


contexte de la mission, mais aussi la disponibilité des données dans le marché ainsi que
le budget et le délai de la mission sont déterminants dans le choix définitif de la
méthode.
- Si on neutralise l’impact du budget et de la durée de la mission, plus la société est de
petite taille, plus l’évaluateur va utiliser des données générées en externe de la société
(analyse stratégique, et analyse des prévisionnels), plus elle est grande, plus l’évaluateur
va se baser sur des données générées en interne.
- Au Maroc, plus la société est de petite taille, son évaluation va être faite généralement
avec un budget et un délai insuffisants, ce qui rend difficile à l’évaluateur de faire une
analyse stratégique et des prévisionnels. Et par conséquent, l’utilisation de la méthode
patrimoniale devient principale, avec utilisation d’une méthode des comparables

109
comme outil de corroboration puisque cette dernière demande un échantillon de
comparables similaires et suffisants afin d’être utilisée comme méthode principale, ce
qui rare et difficilement accessible au Maroc.
- En France, c’est l’inverse puisque y’en a une disponibilité des données sur les marchés
(afin de construire un échantillon solide de comparables) ainsi que les budgets et les
délais qui sont suffisants. Et par conséquent, on trouve l’utilisation de la méthode des
comparables comme outil principal, et la méthode patrimoniale comme outil de
corroboration.
- Plus la société est de grande taille, plus elle est susceptible d’être plus organisée, et par
conséquent avoir un système de prévisions fiable, et plus l’évaluateur peut utiliser des
méthodes basées sur le rendement.
- Plus la société est de petite taille, et si elle utilise une méthode basée sur le rendement
ou méthode mixte, plus elle va utiliser un taux de rentabilité (d’actualisation) de
marché boursier (à partir du PER du secteur par exemple), plus elle est de grande taille
plus elle dispose de l’historique et par conséquent, plus elle va utiliser un taux de
rendement implicite ou bien plus personnalisé.
- Plus la société est de petite taille au Maroc, et si elle utilise une méthode des
comparables, plus l’échantillon des comparables va être déterminé sur des critères
financières seulement vu la rareté des comparables, plus elle est de grande taille, plus
les comparables peuvent être des sociétés boursières. En France, quelle que soit la taille
de la société, et vu la disponibilité des comparables et données, l’échantillon des
comparables est déterminé sur la base des critères économiques et stratégique et
financières (non seulement financières).
- Au Maroc, et pour des raisons de budget et durée de mission, et par précaution, les TPE
sont généralement évaluées principalement par des méthodes patrimoniales, cette valeur
patrimoniale est corroborée par valorisation à l’aide des comparables (même si ces
derniers sont insuffisants, et c’est la raison d’ailleurs pour laquelle ils ne l’utilisent pas
comme méthode principale).
- Plus la société est de petite taille, l’évaluateur va appliquer des décotes pour des raisons
de liquidité (les titres et les actifs des TPE sont moins liquides), aussi en cas d’utilisation
des comparables boursiers, ils utilisent des décotes car les multiples boursiers ne
représentent pas la performance des sociétés de petite et moyenne taille.

110
Au niveau de la démarche :

- En ce qui concerne la phase de prise de connaissance, au Maroc, la prise de connaissance


a porté sur des données superficielles facilement accessibles à l’évaluateur, en revanche
en France, la prise de connaissance était plus profonde et elle prépare plus à une analyse
stratégique.
- La phase d’analyse stratégique, et si le budget et le délai de la mission le permettent, va
jouer un rôle important dans le positionnement de la société dans une échelle de
multiples si on travaille avec méthode par analogie, et un rôle important dans les
prévisions des flux de trésorerie futurs. Cependant plus la taille de la société est petite
plus il doit s’intéresser à cette phase peu importe la méthode choisie, plus la société est
de grande taille plus l’évaluateur va utiliser l’analyse stratégique générée en interne
contrairement à la TPE où l’évaluateur va chercher ailleurs et construire lui-même
l’analyse stratégique, mais pour des raisons de budget et délai de mission, cette phase
s’avère moins porteuse pour l’évaluation des TPE marocaines. En France, puisque les
conditions sont favorables en matière de budget et délai la phase de l’analyse stratégique
est utilisée par l’évaluateur autant pour la PME que pour la TPE.
- La phase de l’analyse des données financières historiques, il s’agit du point
d’intersection de tous les cas pratiques quelle que soit la taille de la société, et ce soit en
utilisant la méthode patrimoniale comme outil principal, soit comme outil de
corroboration. La différence entre la PME et la TPE à cette phase, c’est que plus la
société est de grande taille plus ses comptes ont plus de chances d’être certifiés par un
commissaire aux comptes, plus la taille de la société est petite, plus l’évaluateur lui-
même va procéder à un audit allégé pour vérifier la sincérité et la fiabilité des comptes
de l’entreprise en question.
- en phase de l’analyse des prévisionnels, plus l’entreprise est de petite taille, plus
l’évaluateur doit élaborer lui-même un business plan pour construire les prévisionnels
en se basant sur des données solides générées en externe par lui, et ce bien sur si le
budget et le délai de la mission le permet, cependant l’utilisation de cette méthode est
difficile puisque elle demande un travail couteux et exigent en terme de temps. Plus la
taille de l’entreprise est grande (PME), plus elle dispose d’un système informationnel
fiable et par conséquent, plus les prévisionnels qui vont être utilisés par l’évaluateur
sont générés en interne de l’entreprise.

111
- En phase finale de choix définitif de la méthode et évaluation, et comme constats
généraux on peut avoir, au Maroc, plus la société est de petite taille, plus elle utilise les
méthodes patrimoniales comme outil principal, et d’autres méthodes (mixte, par
analogie) comme outil de corroboration, plus elle est de grande taille, plus elle utilise
autres méthodes que patrimoniales comme outil principal. En France, plus la société est
de petite taille plus les méthodes utilisés comme outil principal sont celles des
comparables, ou les multiples transactionnels, souvent les méthodes patrimoniales sont
utilisées comme méthode de corroboration, tout cela est valable bien sûr dans un
contexte de continuité d’exploitation.

Cependant, on doit lire avec réserve les résultats sur lesquels s’achève notre partie empirique,
puisqu’on a comparé que 5 cas de rapports d’évaluation (2 PME, et 3 TPE dont 2 françaises),
ce qui est tout à fait insuffisant pour se statuer définitivement sur une conclusion, mais cela ne
nous empêche pas d’avoir une première réflexion sur la problématique initiale qui était
« Comment la variable de la taille d’entreprise impacte les aspects d’une mission d’évaluation
financière d’entreprise ? ».

112
Conclusion générale
Apres qu’on a traité les différents aspects de notre question majeure à savoir la problématique,
ainsi que les questions qui en découle, dans cette conclusion nous allons essayer de citer les
différents étapes par lesquelles nous avons passé ainsi que la confrontation entre les résultats
de notre analyse théorique et les résultats de l’étude empirique.

Dans un premier temps, nous avons analysé le pourquoi de l’évaluation, et d’où émane ce
besoin, à cet égard, nous avons cité que ça pourrait être dû à plusieurs situations ainsi nous
avons classé ces dernières en 3 types, les opérations de sortie/entrée des actionnaires/associés,
les opérations de restructuration financière, et des opérations de redressement/liquidation. Par
la suite nous avons fait différence entre le concept de la valeur et le prix, ainsi nous sommes
statués sur le point suivant, la différence entre la valeur et le prix n’est qu’une imperfection de
marché puisque les agents ne disposent pas de toute information significative au moment de
l’opération ainsi que le prix est résultante de la confrontation entre la demande et l’offre. Par la
suite nous avons traité le soubassement théorique de notre problématique en se basant
principalement sur le théorème de MODIGLIANI ET MILLER, qui sont statués à leurs tour sur
le fait que y en a pas relation de dépendance entre la structure financière et le cout du capital et
par conséquent, la valeur de l’entreprise est indépendante de la structure financière, autrement
l’entreprise n’a pas intérêt à préconiser l’endettement au détriment des capitaux propres. Aussi
nous avons montré l’importance de notre problématique à partir d’une simple intersection entre
la théorie du Pecking order (financement hiérarchisé) et le phénomène de rationnement des
crédits.

A ce niveau-là nous avons passé à analyser et traiter les différentes familles de méthodes
d’évaluation, de la méthode patrimoniale (Actif net comptable, Actif net comptable corrigé,
Valeur substantielle brute, Capitaux permanents nécessaires à l’exploitation), passant par la
méthode basées sur le rendement (à partir des cash flows futurs, ou à partir des dividendes), et
jusqu’à la méthode analogique basées sur les multiples (multiples boursiers, multiples
transactionnels). À la fin de cette partie nous avons évoqué d’autres méthodes d’évaluation à
savoir la méthode des options réelles qui est un peu plus complexe mais plus intéressante, ainsi
que la méthode de l’EVA (Economic Value Added) ou la valeur ajoutée économique et la
Méthode MVA (Market Value Added).

Par la suite nous nous sommes penché dans l’analyse de la relation entre le contexte
d’évaluation et le choix de la méthode, et nous avons arrivé à une conclusion qui est la

113
dépendance entre le contexte et le choix de la méthode, en avouent l’impact aussi de d’autres
variables sur le choix de la méthode, notamment la disponibilité des informations qui peut aussi
expliquer le choix de la méthode.

À la fin de ce chapitre, nous avons cité la démarche à suivre pour évaluer ou le processus
d’évaluation sur lequel y’en a un consensus des théoriciens et praticiens, ce dernier qui
commence toujours par une prise de connaissance, et par la suite passe à la phase d’analyse et
diagnostic (stratégique, financier, et des prévisionnels) pour arriver finalement au choix de la
méthode définitif, et l’évaluation.

Le chapitre qui suit s’intéressait, à la détermination des spécificités de chacune des tailles des
sociétés (PME et TPE). En matière d’évaluation, une conclusion que nous avons tiré de cette
partie, c’est qu’en premier lieu en ce qui concerne les contextes d’évaluation y’avait pas une
grande différence entre la TPE et la PME. En matière de la démarche à suivre, plus la taille de
la société est petite plus sa gestion et sa continuité dépend du gérant, ce qui oblige l’évaluateur
d’inclure et prendre en considération cette information durant le processus d’évaluation,
contrairement aux PME qui sont généralement gérée par un conseil d’administration. Aussi la
phase du diagnostic stratégique et des prévisionnels se sont avérés moins porteuse quand la
taille de la société est petite et dispose d’un système informationnel peu fiable, pour des raisons
de budget et de délai des missions disponibles. En matière de choix de la méthode, nous avons
conclure que la méthode la plus sécurisée est celle de l’approche patrimoniale, sauf que pour la
PME, a plus de chance pour appliquer des méthodes basées sur le rendement, puisqu’elle est
généralement plus organisée que la TPE.

Ces résultats de notre analyse théorique, s’avèrent dans un deuxième temps corrects pour une
grande partie, sauf qu’en pratique au Maroc, les évaluateurs se sont penchés souvent vers les
méthodes patrimoniales parce qu’elles sont les plus fiables malgré qu’elles négligent le
potentiel futur de la société ainsi qu’ils utilisent d’autres méthodes (mixte, et par analogie)
comme des outils de corroboration. Aussi en pratique il est souvent courant d’utiliser des
décotes déterminées par pratiques de secteur, afin de rendre les actions des petites entreprises
plus cessibles.

En termes de résultats généraux, on peut conclure que plus la taille est petite plus l’évaluateur
s’adresse aux données extérieurs pour réaliser sa mission, si il aura les conditions favorables
(budgets, et délais).

114
En matière de certaines caractéristiques, comme le CMPC (cout du capital), chez les TPE les
évaluateurs le cherche plus en ailleurs, qu’en interne de la société, en se référant au marché
boursier, alors que les PME ont plus de possibilités d’exploiter l’historique de la société afin de
déduire un taux de rendement implicite. Aussi en ce qui concerne la construction d’un
échantillon des comparables, les critères prises en compte dans la réalisation de ladite tache
chez les TPE, sont plus des critères financières (Chiffre d’affaires, Capital, Résultats…)
seulement, vu la rareté des comparables, pour les PME les critères restent plus ou moins les
mêmes au Maroc sauf que les sociétés PME peuvent utiliser comme des comparables des
sociétés cotées en bourse bien sûr en appliquant des décotes en fin de processus.

En matière de la démarche à suivre, contrairement à ce qu’on a prévu par notre analyse


théorique, généralement le diagnostic stratégique et des prévisionnels sont négligés pour la TPE
pour des raisons de budgets et délais, quant à la PME, a plus de chances d’utiliser ces méthodes
vu son budget et son système informationnel qui est plus ou moins fiable et solide que celui de
la TPE.

Une autre contradiction avec ce qu’on a prévu en partie théorique, en pratique les évaluateurs
ne prend pas en considération durant le processus d’évaluation la question de la dépendance de
la société à son gérant.

En termes de contextes d’évaluation, il fallait avoir une étude quantitative sur un grand
échantillon pour déterminer les différences entre la TPE et la PME, pour notre cas nous avons
choisi des cas pratiques ayant le même contexte d’évaluation pour que l’analyse des autres
aspects (Démarche et choix de méthode) soit significative.

In fine, certes que la TPE en matière d’évaluation dispose de plusieurs spécificités à savoir la
relation de dépendance entre sa gestion et sa continuité vis-à-vis de son gérant et l’absence des
phases de diagnostic couteuses et difficilement accessibles (diagnostic stratégique, et des
prévisionnels), mais en pratique, rarement qu’on trouve des différences entre la TPE et la PME
en terme de démarche. Cependant, les praticiens doivent comprendre et assimiler les différents
divergences pour les prendre en considération afin d’arriver à une valorisation plus exacte. Et
finalement comme nous l’avons déjà indiqué cette étude pratique n’était qu’une simple
initiation à l’analyse comparative des deux cas de valorisation, donc il faut prendre les résultats
avec réserve.

115
Bibliographie

Ouvrages :

- Finance d’entreprise, 1ere Edition, Dr. Mohamed MOUNIR.

- ÉVALUATION D’ENTREPRISE Que vaut une entreprise ?, 4eme


Edition, Jean-Baptiste TOURNIER et Jean-Claude TOURNIER

- Ouvrage Guide pratique de la valorisation d’une PME, comment


évaluer une entreprise non cotée ?, 1ere Edition, Yannick COULON,
Coté FINANCE, Gualino.

- DCG Finance d’entreprise, 3eme Edition, Manuel & Applications.

- Evaluation de l’entreprise, Analyse financière, 4e Edition, Hubert de


la bruslerie, DUNOD.

Cours :

- Cours de techniques d’évaluation des entreprises, Dr. A.Grine,


Année universitaire 2009-2010

- Cous d’ingénierie financière, Dr. Mohamed LOULID, Master MFE,


Université Cadi Ayyad.

- Cours gestion financière S5, Dr. Mme L.FEKKAK, Fsjes FES.

- Cours d’évaluation des entreprises & Opérations de fusion –


acquisition, Réalisé par Pr.Abderrahmane BAHI.

116
Articles & Etudes scientifiques :

- GAFFARD 1990, l’importance du recours à l’endettement à court


terme.

- Stiglitz, Joseph E. et Andrew Weiss, "Credit rationing in markets


with imperfect information", American Economic Review, Vol. 71,
1981, 393-410.

- 6ème Conférence internationale sur l’Economie Et Gestion Des


Réseaux « Economics and Management of Networks » EMNet 2013
Du 21 au 23 Novembre, 2013 à l’ENCG Agadir, Maroc Rationnement
du crédit en situation d'asymétrie d'information dans les PME de la
ville Agadir : Résultats d’une enquête.

- Taille des entreprises et structure du capital : tests empiriques sur


Euronext Paris, Ramzi BENRAIEM, Volume 14, numéro 4, été 2010,
IESEG School of Management, lien de l’article scientifique.

- Théorème du Modigliani et Miller.

- La théorie du financement hiérarchisé « Pecking order ».

Guide pratique & Loi & Rapports et statistiques :

- CDVM (Ancienne AMMC), « le financement des PME au Maroc »,


Mai 2011.

- Mission d’évaluation Guide pratique, Edition 2012, Avec le soutien


de la Fédération Française des Experts en Evaluation (FFEE), Ordre
des experts comptables en France.

117
- Évaluation des PME, Agnès BRICARD Présidente d’honneur de
l’Ordre des Experts Comptables Paris IDF et Présidente de la
Commission Évaluation et Pierre PREJEAN Expert-Comptable, 11e
forum annuel de l’Intec, CNAM.

- Enquête nationale auprès des entreprises premiers résultats 2019,


HCP (Haut-commissariat au plan), Royaume du Maroc.

- la loi 53-00 charte de la PME.

- Les Synthèses de l’OCDE, 2000, sont préparées par la Division des


Relations extérieures, Elles sont publiées sous la responsabilité du
Secrétaire général de l’OCDE.

Mémoires :

- Mémoire « Les options réelles : Options de croissance et de


contraction pour l’évaluation d’un projet d’investissement »,
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL (Mars 2008).

- Méthodes d’évaluation d’entreprises : le cas des entreprises


Algériennes cotées en Bourse, Mémoire présenté le 17/06/2017 Par
Melle Saidi Amel pour l’obtention du diplôme de Master en
Mathématiques Financières, Université M’hamed Bouguara de
Boumerdes faculté des Sciences département de Mathématiques,
Algérie.

- Méthode d’évaluation pour microentreprises : Cas particulier des


garages motos, travail de diplôme réalisé en vue de l’obtention du
diplôme HES, par : Nicolas DEMARTINES, Conseiller au travail de
diplôme : (Stéphane MADOEUF, Chargé d’enseignement), Genève, le
6 juin 2008, Haute École de Gestion de Genève (HEG-GE), Filière
économie d’entreprise.

118
- Mémoire PFE « Evaluation financière d’une entreprise de service »,
Option : Finance et comptabilité, ISCAE, réalisé par MOUNIM
Tarik, année 2011-2012.

Rapports d’évaluation :

- Rapport d’évaluation de la PME OUGALA S.A, 2004.

- Rapport d’évaluation de la TPE CONITAL S.A, 2014.

- Rapport d’évaluation de la PME Alpha S.A, 2011, (pfe « Evaluation


financière d’une entreprise de service », Option : Finance et
comptabilité, ISCAE, réalisé par MOUNIM Tarik, année 2011-2012).

- Rapport d’évaluation de la TPE Restaurant de la marie, 2017.

- Rapport d’évaluation de la TPE « Y », 2013.

119
Remerciement.......................................................................................................................................... 2
Sommaire ............................................................................................................................................... 5
Introduction générale ............................................................................................................................ 6
Premiere partie : Cadrage théorique et conceptuel. ...................................................................... 8
Chapitre 1 : Pourquoi évaluer ?........................................................................................................... 9
1 Les contextes d’évaluation .............................................................................................................. 9
1.1 Opérations de sortie/entrée d’actionnaires/associés ........................................................................ 9
1.2 Opérations de restructuration financière ......................................................................................... 9
1.3 Opérations de liquidation/Redressement ....................................................................................... 10
2 La différence entre le prix et la valeur........................................................................................... 12
3 Le soubassement théorique de la problématique ........................................................................... 13
3.1 Intersection entre la théorie du financement hiérarchisé « pecking order » et le rationnement du
crédit. ..................................................................................................................................................... 13
3.2 Théorème de Modigliani-Miller. ................................................................................................... 14
Chapitre 2 : Les méthodes et la démarche d’évaluation .................................................................. 16
1 Les méthodes d’évaluation patrimoniales ..................................................................................... 16
1.1 ANC .............................................................................................................................................. 17
1.2 ANCC ............................................................................................................................................ 17
L’impact de la fiscalité différée .................................................................................................. 18
1.3 VSB ............................................................................................................................................... 19
1.4 CPNE ............................................................................................................................................. 20
Les limites de l'approche patrimoniale : ................................................................................... 21
2 Les méthodes d’évaluation basées sur le rendement ..................................................................... 21
2.1 Evaluation à partir des dividendes attendus .................................................................................. 22
Le taux d’actualisation (i) ........................................................................................................... 22
2.2 Evaluation à partir des bénéfices attendus..................................................................................... 23
2.3 Evaluation à partir des flux de trésorerie disponibles (DCF) ........................................................ 24
Estimation des flux de trésorerie................................................................................................ 24
Le taux d’actualisation (CMPC) ................................................................................................ 25
3 Les méthodes d’évaluation mixtes ................................................................................................ 26
3.1 La valeur mixte de l’entreprise ...................................................................................................... 27
3.2 La notion du Goodwill .................................................................................................................. 27
3.3 La méthode des praticiens ............................................................................................................. 27
3.4 La rente abrégée ............................................................................................................................ 28
A partir de la VSB ....................................................................................................................... 29
A partir de le CPNE .................................................................................................................... 29
4 L’approche par analogie ................................................................................................................ 30
4.1 Les multiples utilisés ..................................................................................................................... 30

120
Les multiples les plus fréquemment utilisés .............................................................................. 31
La valorisation par des multiples non financiers...................................................................... 32
4.2 Critères de sélection de l'échantillon (comparable) ....................................................................... 33
4.3 Les décotes à opérer sur les multiples en cas des PME/TPE......................................................... 34
5 Les options réelles ......................................................................................................................... 34
6 La méthode EVA (Economic Value Added) ou la valeur économique ajoutée ............................ 35
7 Market Value Added (MVA) ou la valeur ajoutée par le marché ................................................. 36
8 Conclusion ..................................................................................................................................... 38
9 La relation entre le choix de la méthode et le contexte d’évaluation ............................................ 39
9.1 Les questions par lesquelles doit passer l’évaluateur .................................................................... 39
9.2 L’arbre de décision (Schéma synthétique) .................................................................................... 41
10 Le processus et la démarche à suivre dans l’évaluation ................................................................ 42
10.1 La prise de connaissance ............................................................................................................... 42
Interne .......................................................................................................................................... 42
Externe ......................................................................................................................................... 43
10.2 Le diagnostic ................................................................................................................................. 43
Stratégique ................................................................................................................................... 43
Financier ...................................................................................................................................... 44
Traitement de données financières historiques ........................................................................ 44
Traitement des données financières prévisionnelles (ou la phase du plan d’affaires) .......... 45
10.3 Le choix définitif de la méthode d’évaluation et évaluation ......................................................... 45
10.4 La note de synthèse de la mission et présentation de la fourchette de valeurs .............................. 47
D’autres paramètres peuvent impacter le prix de la vente/achat d’une entreprise .............. 48
La notion de la garantit passif/actif ........................................................................................... 48
Chapitre 3 : Les spécificités des PME/TPE....................................................................................... 50
1 Les spécificités des PME ............................................................................................................... 50
1.1 La définition de la PME ................................................................................................................ 50
Aperçu sur les caractéristiques de la PME ............................................................................... 51
Le marché des PME .................................................................................................................... 52
Marché des capitaux dévolu aux PME au Maroc..................................................................... 53
La relation entre la taille et la structure financière .................................................................. 54
1.2 Les spécificités en matière de contextes d’évaluation ................................................................... 54
1.3 Les spécificités en matière de la démarche et les méthodes d’évaluation ..................................... 55
2 Les spécificités des TPE ................................................................................................................ 56
2.1 La définition de la TPE ................................................................................................................. 56
Aperçu sur les caractéristiques de la TPE ................................................................................ 56
2.2 Les spécificités en matière de contextes d’évaluation ................................................................... 57

121
2.3 Les spécificités en matière de la démarche et les méthodes d’évaluation ..................................... 58
3 L’analyse comparative. ................................................................................................................. 59
Deuxième partie : Etude empirique. ............................................................................................... 62
Le choix de la méthode de l’étude de cas .............................................................................................. 63
Le choix des cas pratiques ..................................................................................................................... 63
Chapitre 1 : Evaluation des PME, Cas pratiques ............................................................................. 65
1- Evaluation financière d’une PME cas de la société filiale «Alpha S.A»..................................... 65
Pourquoi c’est une TPE ? ........................................................................................................... 65
La mission d’évaluation .............................................................................................................. 65
La prise de connaissance ....................................................................................................................... 65
La phase du diagnostic .......................................................................................................................... 66
Diagnostic stratégique ........................................................................................................................... 66
Diagnostic financier .............................................................................................................................. 67
Le choix de la méthode et l’évaluation.................................................................................................. 73
2- Evaluation financière d’une PME cas de la société « OUGALA S.A». ...................................... 75
La prise de connaissance ....................................................................................................................... 75
La phase du diagnostic .......................................................................................................................... 76
Diagnostic stratégique ........................................................................................................................... 76
Diagnostic financier .............................................................................................................................. 76
Diagnostic des prévisionnels ................................................................................................................. 80
Le choix de la méthode et l’évaluation.................................................................................................. 80
Chapitre 2 : Evaluation des TPE, Cas pratiques .............................................................................. 83
1- Evaluation financière des TPE françaises : cas de la société «Restaurant de la marie». ......... 83
La mission d’évaluation .............................................................................................................. 83
La prise de connaissance ....................................................................................................................... 83
La phase du diagnostic .......................................................................................................................... 84
Diagnostic stratégique ........................................................................................................................... 84
Diagnostic financier .............................................................................................................................. 85
Le choix de la méthode et l’évaluation.................................................................................................. 86
Détermination de l’échantillon des comparables ................................................................................. 86
2- Evaluation financière des TPE françaises : cas de la société «Y». .............................................. 90
La mission d’évaluation .............................................................................................................. 90
La prise de connaissance ....................................................................................................................... 90
La phase du diagnostic .......................................................................................................................... 90
Le choix de la méthode et l’évaluation.................................................................................................. 90
3- Evaluation financière d’une TPE Marocaine cas de la société «CONITAL S.A». .................... 92
Pourquoi c’est une TPE ? ........................................................................................................... 92

122
La mission d’évaluation .............................................................................................................. 92
La prise de connaissance ....................................................................................................................... 92
La phase du diagnostic .......................................................................................................................... 94
Diagnostic stratégique ........................................................................................................................... 94
Diagnostic financier .............................................................................................................................. 94
Diagnostic des prévisionnels ................................................................................................................. 97
Le choix de la méthode et l’évaluation.................................................................................................. 97
Détermination de la valeur des actions de la société CONITAL : .......................................... 98
Chapitre 3 : Benchmarking d’évaluation entre TPE/PME. .......................................................... 101
1- Comparaison en matière de justificatif des méthodes choisies. ................................................ 101
Le justificatif de méthode chez les PME ............................................................................................. 101
Le justificatif de méthode chez les TPE .............................................................................................. 102
Comparaison des justificatifs et des caractéristiques de chaque méthode entre TPE/PME ................ 104
Comparaison entre TPE marocaines, et françaises.............................................................................. 106
2- Comparaison en matière de contexte et de la démarche suivie ................................................. 107
Comparaison en matière contexte ....................................................................................................... 107
Comparaison en matière de démarche................................................................................................. 107
Prise de connaissance ................................................................................................................ 107
La phase du diagnostic .............................................................................................................. 108
Diagnostic stratégique ....................................................................................................................... 108
Diagnostic financier........................................................................................................................... 108
Diagnostic des prévisionnels ............................................................................................................. 108
3- Conclusion de l’analyse comparative .......................................................................................... 109
Conclusion générale .......................................................................................................................... 113

123

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