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L'objet de la foi

La foi a un contenu (2 Tm 1.12-14); elle n'est pas un mysticisme sans objet, elle n'est pas
même une conviction sur l'existence de Dieu, ou une adhésion à une doctrine.

L'objet de la foi est une Personne: Dieu lui-même, révélé en Jésus-Christ (Mc 11.22; Jn 14.1).

La foi porte aussi sur les paroles et les actes de Dieu (Jn 5.24; Jn 12.46-48).

La foi chrétienne (catholique, orthodoxe, protestante, évangélique) est la croyance en la Trinité


divine, ( Dieu le Père, Jésus-Christ, son fils et le Saint-Esprit) et en la certitude de la rédemption des
péchés apportée par la passion et la résurrection de Jésus.

La foi (du latin fides, « confiance ») désigne étymologiquement le fait d'avoir confiance en
quelque chose ou quelqu'un.

Si la foi est accueil de la vérité révélée par Dieu Un et Trine, la croyance est au contraire une
expérience religieuse encore à la recherche de la vérité absolue et donc privée de l'assentiment à
Dieu qui se révèle ».

Croire en Dieu, c’est juste croire en Dieu, non ?

Oui, c’est vrai. C’est vrai : la foi chrétienne, c’est d’abord croire en Dieu. Croire en ce Dieu
complétement mystérieux. Cette réalité de Dieu qui nous dépasse, qui nous enveloppe… Le
Dieu de la vie, le Dieu créateur…

De tout temps l’Homme a toujours cherché à connaître ce Dieu, à s’approcher un peu de cette
divinité, et même à se concilier « les bonnes grâces » de Dieu, à travers des rites, à travers des
sacrifices, à travers des prières… L’Homme est religieux.

Même aujourd’hui, même si l’athéisme est un peu diffus, chacun pressent au fond de soi qu’il
y a quelque chose qui le dépasse. Il n’y a peut-être pas un « Créateur » mais il y a une
« force », une « énergie »… Et être chrétien, c’est vrai, c’est en partie, pour une part,
reconnaître : oui, il y a un Dieu.

Dieu n’est pas du tout comme on l’imaginait !


Un « Dieu-fait-homme » est une remise en question totale de nos représentations de Dieu. 

Donc : croire en Dieu et c’est tout ?

Pas seulement parce qu’il y a un homme, Jésus Christ, qui fait complétement irruption dans ce
rapport de l’Homme à Dieu. Ce ne sont pas simplement les humains qui cherchent ce Dieu un
peu lointain et un peu transcendant : c’est Dieu lui-même qui se fait homme ! C’est Dieu lui-
même qui envoie son Fils, Jésus Christ.
Et qu’est-ce que ça veut dire ce « Dieu-fait-homme » ? Ça veut dire une remise en question
totale de notre image de Dieu, de nos représentations de Dieu. Dieu n’est pas du tout comme
on l’imaginait ! Dieu est autre que nos représentations d’un Dieu puissant, dominant, d’un
Dieu fort… Ça devient le Dieu de Jésus Christ : un Dieu qui naît dans une crèche, qui se fait
bébé, qui a un corps, qui a des émotions humaines… Un Dieu qui va finir par mourir sur une
croix ! Un Dieu qui se fait hyper proche de chacun. Ce n’est pas un Dieu un peu « cosmique »
dans son ciel galactique, c’est un Dieu précis qui prend le visage de Jésus de Nazareth.

Croire en Jésus, ça change tout ! Ce n’est plus du tout la même chose ! Ça nous fait entrer
dans une autre manière de croire : c’est la foi chrétienne !

La Croix est la réunion de la divinité et de l’humanité.


Il y a une alliance indestructible entre le “monde de Dieu” et le “monde de l’Homme”.

Mais un Dieu qui devient homme : est-ce encore un dieu ?

Mais oui : c’est ce Dieu-là auquel nous croyons. Nous n’avons pas d’autre révélation de Dieu
que celle que Jésus a voulu nous donner. Et le sommet de cette révélation, c’est quand Jésus
meurt et ressuscite : c’est la mort et la résurrection de Jésus.

Ce n’est pas pour rien que la Croix est devenue le symbole des chrétiens. Avec la croix, vous
avez cette dimension verticale : le rapport à Dieu qui est universel, qui habite tout Homme,
toutes les cultures, de tous les temps… L’Homme qui cherche Dieu. Mais la différence est
que, pour les chrétiens, c’est Dieu lui-même qui descend chez les Hommes, qui vient habiter
chez les Hommes, ce monde horizontal. La Croix est donc la réunion de la divinité et de
l’humanité. Il y a une alliance indestructible entre ce « monde de Dieu » et ce « monde de
l’Homme », qui est scellée dans cet homme Jésus Christ sur la croix. Il réalise ainsi l’unité
parfaite de l’Homme et de Dieu.

Être chrétien, c’est regarder tous les jours ou porter sur soi cette Croix du Christ, c’est
accueillir la manière dont Dieu veut se révéler. On n’avait pas imaginé ça : c’est un scandale !
C’est complétement impensable ! C’est même horrible de penser qu’un Dieu puisse mourir
sur la Croix !

Jésus Christ sur la croix réalise ainsi l’unité parfaite de l’Homme et de Dieu.

Jésus meurt sur la Croix : qu’est-ce que ça change pour moi ?

C’est que ça change : le Fils de Dieu lui-même meurt. Ce n’est pas un homme parmi d’autres
qui meurt : c’est le Fils de Dieu. La mort, c’est la grande énigme et la grande cruauté de nos
vies : la mort de nos proches et notre propre mort. C’est une angoisse permanente. Et c’est la
grande question de la vie, aussi…

Le fait que ce Dieu-là meure pour nous transforme notre manière de vivre et de mourir.
Croire, c’est vraiment une question de vie et de mort. Être chrétien : ça va jusque-là ! Il y a
quelque chose de radical. On ne peut pas dire que l’on vit de la même manière, que l’on meurt
de la même manière quand on croit en Jésus Christ mort et ressuscité. Il y a quelque chose qui
touche notre existence jusque-là !

Le cœur de l’Evangile c’est : « Celui qui était mort est vivant ! » Le point de départ, c’est :
« Il est vivant ! » Celui qui était mort, celui qu’on a connu, comme on se connait, c’était un
homme à part entière : il est vivant ! « Il est vivant », ça veut dire : tout ce qu’il a dit, tout ce
qu’il a cru, tout ce qu’il a manifesté de la tendresse de Dieu, de Sa proximité, de son Amour…
est plus fort que le mort. Jésus vivant, ça veut dire que l’amour est plus fort que la mort :
l’amour est éternel !

 Jésus vivant, ça veut dire que l’amour


est plus fort que la mort : l’amour est éternel !

Finalement, c’est quoi être chrétien ?

On devient chrétien par le baptême. « Baptisé » ça veut dire : « plongé ». Plongé dans quoi ?
Dans la mort et la résurrection du Christ. En fait, d’une certaine manière, quand on est
chrétien, notre mort est derrière nous ! On entre dans un autre monde : c’est le même et
pourtant ce n’est plus tout à fait le même. On entre dans le monde de la résurrection du Christ.

Et donc, on dit « oui » à cette vie éternelle, dès aujourd’hui. On dit « oui » à l’amour de Dieu
parce que toute l’opposition à la vie pour laquelle on est fait, toute l’opposition à l’amour qui
est la réalité essentielle de la vie humaine est comme plongée par le baptême dans l’eau du
baptême, dans la mort du Christ ! Pour que, quand on ressort de l’eau du baptême, la vie
divine se manifeste. Ça c’est vrai tout au long de notre vie et évidemment c’est vrai aussi
après notre mort. Et c’est tout cet ensemble qu’on appelle « la Vie éternelle ».

Si on prend la foi chrétienne et qu’on essaie de la résumer, de la synthétiser, on peut dire –


avec force, sans peur – même si c’est complétement incompréhensible et prodigieux, que
Dieu s’est fait homme, Dieu est devenu l’un de nous pour que nous, les humains, devenions
Dieu ! Jésus Christ s’est fait homme pour que nous partagions Sa Vie, la Vie de Dieu, et que
nous devenions semblables à lui, à l’image de Dieu, que nous partagions cette Vie éternelle
qui est celle de Dieu depuis toujours et pour toujours.

Croire que l’Homme est appelé à devenir Dieu, c’est… incroyable !

En fait, être chrétien, ce n’est pas faire des efforts pour atteindre Dieu : c’est Dieu qui est
venu nous rejoindre. Il y a une inversion totale par rapport à tous les modèles religieux que je
connais, où l’Homme s’efforce de monter vers Dieu, de monter au sommet de la montagne
pour toucher le Ciel : par ses efforts, par ses rites, par ses sacrifices, par une vie droite. Là,
c’est l’inverse. Dieu nous rejoint. Par le don qu’il nous fait, il nous renouvelle, il nous
transforme et il nous élève petit à petit à Lui. 
Ça commence par le baptême. C’est toute la vie chrétienne qui est une élévation, avec les
mains ouvertes, pour accueillir ce don de Dieu…

 « La vie divine » : c’est une belle promesse.


Mais comment fait-on, concrètement ?

Si tout ce qu’on a dit est vrai, la foi chrétienne ne peut pas être une affaire individuelle. La foi
chrétienne est nécessairement une affaire collective. Dieu ne cherche pas cette proximité avec
les hommes les uns à côtés des autres : Il cherche à former un peuple, à former comme un
corps, une réalité unie de tous les hommes, de toutes les femmes, de tous les temps.

Et c’est vrai que l’Eglise est un peu le commencement de ce projet. C’est un peu comme un
germe qui essaie, péniblement, de vivre cela, de le dire aux autres, en s’efforçant de vivre de
cette bonté de Dieu qu’elle reçoit, d’en témoigner, de prendre soin des pauvres et des petits.
Ce n’est pas pour dire qu’elle ferait tout mieux que les autres. C’est pour dire que tout le
monde, tous les humains sont appelés à ça. Le rêve de Dieu est d’unir les humains, toute
l’humanité dans son Fils.

 Mais quand on voit le monde tel qu’il est, on a du mal à y croire !

C’est vrai : à vue humaine, il y a moyen d’être terriblement pessimiste. Quand on regarde tout
ce qu’il se passe, tout ce qui s’est passé… On peut être très anxieux sur l’avenir… Et c’est
tout à fait légitime. Mais je crois que la foi chrétienne est l’acte de foi dans la résurrection du
Christ qui dit cette victoire de l’amour sur la mort et de la vie sur le mal. La Vie de Dieu est
plus forte, l’amour de Dieu est plus fort que tout le reste.

Du coup il est permis – et c’est presque un peu provocateur – d’espérer. On espère en


l’Homme parce qu’on espère en Dieu d’abord. Notre foi, elle n’est pas dans l’humain et dans
ses capacités, elle est en Dieu ; Dieu qui envoie son Fils qui ressuscite. Ce Fils dont la
résurrection est une victoire.

Accueillir cette foi chaque jour transforme notre regard sur le monde. Et, être chrétien,
aujourd’hui et de plus en plus, c’est d’abord être un homme, une femme d’espérance.

Retranscription de la vidéo
Mars 2021

 La base de la foi chrétienne


Question: Quelle est la base de la foi chrétienne ?

Réponse: Voici 2 principaux éléments de réponses:

1° Sur QUOI repose la foi chrétienne ?

La base de la foi chrétienne repose avant tout sur une révélation: LA BIBLE !! Que les
chrétiens appellent aussi la "Parole de Dieu".

Cette Parole, inspirée de Dieu et mise par écrit par plusieurs dizaines d'écrivains sur une
période relativement longue (16 siècles) est le fondement essentiel de la foi chrétienne.

Lire la BIBLE de manière régulière est primordial au chrétien. Par elle, Dieu se révèle à
travers l'Histoire (notamment du peuple Juif), depuis la création jusqu'à la fin des temps, que
la Bible appelle aussi le temps du jugement dernier.

Deux grandes périodes forment la Bible ce qui correspond aussi à ses deux parties principales:
l'Ancien Testament et le Nouveau Testament.
> Dans l'Ancien Testament, (AT), Dieu se révèle aux hommes par l'intermédiaire de ses
prophètes.
> Dans le Nouveau Testament, (NT), Dieu nous parle directement par Jésus, le Christ, qui a
accompli la purification des péchés et siège, désormais dans les cieux, à la droite de Dieu.
"Après avoir autrefois, à bien des reprises et de bien des manières, parlé aux pères par les
prophètes, Dieu nous a parlé, en ces jours qui sont les derniers, par Celui qu'il a constitué
héritier de tout et par qui il a fait les mondes. Cet héritier, qui est le rayonnement de sa gloire
et l'expression de sa réalité même, soutient tout par sa parole puissante ; après avoir fait la
purification des péchés, il s'est assis à la droite de la majesté dans les hauteurs." Lettre aux
Hébreux, chap. 1, versets 1-3. (NT)

Lorsqu'il lit ou écoute la Bible, le chrétien est conscient que c'est Dieu lui-même qui lui parle
par ce moyen.

2° Sur QUI repose la foi chrétienne ?

La foi chrétienne repose également sur un fait unique, absolu et authentique: le don de Dieu,
par amour pour ce monde, de Jésus, le Sauveur de l'Humanité !!

La BIBLE résume cela de manière significative et en une seule phrase: "Dieu, (le créateur de
toute vie), a tant aimé le monde, qu'Il a donné Jésus, (le Sauveur), afin que quiconque croit en
Lui (Jésus), ne périsse pas (c'est à dire ne se perde pas), mais qu'il reçoive la Vie Eternelle."
Evangile de Jean, chap. 3, verset 16. (NT)

Cette simple phrase résume à elle seule le message principal de la Bible et peut être comprise
et crue par TOUS... et PARTOUT: C'est en effet en Jésus, Christ et Sauveur, que se trouve le
pardon des péchés et l'espérance de la Vie Eternelle auprès de Dieu. Cela est valable pour
TOUS les habitants de la terre, y compris vous et moi.

Conséquence: Quel est le résultat de la foi chrétienne ?

Le chrétien qui croit que Dieu s'est révélé par Sa Parole, la BIBLE, et accepte Jésus-Christ
comme son Sauveur, est pardonné de ses péchés. Il reçoit la certitude de sa réconciliation
parfaite avec Dieu et l'assurance d'être devenu un enfant de Dieu. Il est passé des ténèbres à la
lumière. "À tous ceux qui l'ont reçue (la lumière, c'est à dire : Jésus), elle a donné le pouvoir
de devenir enfants de Dieu à ceux qui mettent leur foi en son nom. Ceux-là sont nés, non pas
du sang, ni d'une volonté de chair, ni d'une volonté d'homme, mais de Dieu."
Evangile de Jean, chap. 1, versets 12-13. (NT)

De plus, Dieu accorde personnellement à celui qui croit en LUI un témoignage intérieur: la
présence du Saint-Esprit, qui lui assure qu'il est VRAIMENT devenu un enfant de Dieu, (un
chrétien). "L'Esprit-Saint lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants
de Dieu".
Lettre de Paul aux Romains, chap. 8, verset 16. (NT)

Conclusion:

La foi chrétienne se base sur les écrits bibliques, la Parole de Dieu.


"Car toute l'Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et
apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu".
Seconde lettre de Paul à Timothée, chap. 3, verset 16. (NT)

L'objet essentiel de la foi chrétienne est Jésus-Christ, sur lequel repose le pardon des péchés et
la Vie Eternelle. "Etant donc justifiés en vertu de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par
notre Seigneur Jésus-Christ".
Lettre de Paul aux Romains, chap. 5, verset 1. (NT)

Le résultat de cette foi consiste en une pleine et sereine confiance en Dieu, une espérance
indestructible confirmée par la présence du Saint-Esprit dans la vie du croyant, l'assurance
d'une vie nouvelle et éternelle dont Dieu est l'initiateur.
"Ainsi, celui qui est uni au Christ est une nouvelle créature: ce qui est ancien a disparu, voici:
ce qui est nouveau est déjà là. Tout cela est l'oeuvre de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui
par le Christ..."
Seconde lettre de Paul aux Corinthiens, chap. 5, versets 17-18. (NT)

Pour creuser le sujet, lire le livre de Ralph Shallis, intitulé: "Si tu veux aller loin", Éditions
Farel, 1987, 157 pages.
Excellent ouvrage qui permet d'approfondir le sujet et... d'aller plus loin, comme son titre
l'indique.

Claude-Alain,

Ephésiens 3 : Les 4 piliers de la foi


chrétienne
Quelqu’un remarquait que le seul élément garanti 30 ans dans la construction des maisons,
c’était l’emprunt souscrit par les acheteurs… Question solidité chez les humains que nous
sommes, on peut se poser quelques questions. Et pourtant, Dieu nous donne la possibilité
d’être stables, solides. Comment est-ce possible ? Paul parle, dans Ephésiens 4, des piliers de
la foi chrétienne. 4 piliers un peu comme les 4 pieds d’une chaise : il est possible de rester
assis sur une chaise à 1 pied (faut juste être un peu acrobate…), ou même à 2 ou 3 pieds ;
malgré tout, c’est moins stable qu’une chaise sur ses 4 pieds ! C’est valable sur le plan
individuel, de la vie dans un couple, ou dans une Eglise locale.

Nous découvrons dans ces beaux versets bibliques sur la foi chrétienne, les 4 piliers de la
foi en Dieu dans la Bible : 1) la vérité (v5, 15) ; 2) l’amour (v2, 16) ; 3) l’unité (v3, 13) et
4) la sainteté (v12, 13, 17, 24).

1. Premier pilier de la foi chrétienne : La vérité


Nous sommes aujourd’hui dans une période d’incertitude vis-à-vis d’elle. Mais du reste, la
question de la vérité se posait depuis longtemps : Pilate déjà demandait à Jésus : « Qu’est-ce
que la vérité… ? » Aujourd’hui, le pilier de la vérité s’appelle « tolérance ». Pourquoi ? 
Chacun a sa vérité ; ou plus exactement, chacun a sa part de vérité. Tout est relativisé. La
vérité n’est pas 1 mais plurielle. Le message qui est reçu aujourd’hui, c’est qu’il faut la
rechercher au fond de soi et vivre en harmonie avec soi-même. Une chose devient vérité si
elle entre dans ma conception.
« Le temps viendra, écrit l’apôtre Paul, où les hommes ne voudront plus rien savoir de
l’enseignement authentique. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de
maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. Ils
détourneront l’oreille de la vérité pour écouter des récits de pure invention » (2 Timothé 4v3-
4). « Ils aimeront le plaisir plus que Dieu. Certes, ils resteront attachés aux pratiques
extérieures de la religion mais, en réalité, ils ne voudront rien savoir de ce qui en fait la
force » (2 Timothé 3v4-5).

Selon la Bible, qu’est-ce que la vérité ? Elle est une : « Il y a un seul Seigneur, une seule
foi » (Ephésiens 4v5) ; « seul » est employé 7 fois en 3 versets. La vérité est non dans une
théorie mais avant tout dans une personne : Jésus-Christ ; il a affirmé : « Je suis la vérité »
(Jean 14v6). Et donc ce qu’il dit est vérité.

Paul associe « professer la vérité » et « croître en celui qui est le chef, Christ » (Ephésiens
4v15). « Il est la Parole qui a habité parmi nous, plein de vérité » (Jean 1v14) ; « la vérité est
venue par Jésus-Christ » (v17). C’est lui qui a affirmé : « Ta Parole est la vérité » (17v17) ;
ainsi il ne peut y avoir de recherche de la vérité sans écoute et soumission à cette vérité
divine. Ce 1er pilier de la foi chrétienne dans la Bible – la vérité – s’appuie aussi sur
l’enseignement des apôtres qui l’ont reçu de Jésus pendant 3 ans.

Les interprétations de cette Parole ne sont pas toujours la vérité, mais on peut ensemble
essayer de mieux la saisir ; ou plutôt de se laisser saisir par elle. Cette vérité, le fait d’accepter
toute la Parole, nous permet de vivre une autre dimension qu’avec nos seuls jugements ; Jésus
affirme que seule sa vérité affranchit (Jean 8v32) ; il peut y avoir d’autres vérités (certains
systèmes religieux, philosophiques intéressants) mais seul Jésus libère profondément. « Et
vous serez réellement libres ! »

2. Second pilier de la foi chrétienne : L’amour


Ce 2° pilier est souvent considéré comme un sentiment (fluctuant) et il est synonyme de
gentillesse envers ceux qui sont agréables ou de sensualité. Mais c’est pour cela qu’il y a des
drames familiaux de plus en plus nombreux ainsi que des guerres ; parce que si l’autre partie
ne rentre pas dans ce cadre, il n’est plus possible de s’entendre et de vivre avec.

Quand Paul parle de l’amour comme étant un des fondements de la vie chrétienne, qu’en
dit-il ? Que l’amour ne peut vivre sans la vérité ; elles sont 2 sœurs jumelles : il parle de
« professer la vérité dans l’amour » (Ephésiens 4v15); cela rappelle ce que Jésus disait : « Si
quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14v23). La vérité doit être accompagnée de
l’amour. Quelqu’un disait : « La vérité sans amour rend dur ; la foi [= la doctrine, la vérité]
sans amour rend fanatique ».

Comment l’amour selon Dieu devrait-il se vivre ? C’est en Christ que l’on trouve le modèle
de l’amour véritable. Nous sommes appelés à aimer comme Christ a aimé ; c’est-à-dire dans
l’humilité et en cherchant constamment l’intérêt de l’autre ; l’apôtre Paul parle de « se
supporter les uns les autres, en toute humilité et douceur et avec patience » (Ephésiens 4v2).

Christ ne nous a pas aimés parce que nous l’aimions : c’est lui qui le premier nous a aimés.

Christ ne nous a pas aimés parce que nous étions aimables : nous l’avions rejeté.
Christ ne nous a pas aimés parce qu’il avait envie : c’est parce qu’il l’a décidé, voulu.

Aimer, c’est donner : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné… » ; c’est se donner : « Que
toute votre vie soit dirigée par l’amour, comme cela a été pour le Christ : il nous a aimés et a
livré lui-même sa vie à Dieu » (Ephésiens 5v2).

L’amour de Christ s’est manifesté en se donnant lui-même à notre place sur la


croix.

Cet amour ne vient pas de nos sentiments mais il découle d’une décision de notre volonté
(je veux t’aimer, te pardonner), et également de notre dépendance de Dieu : l’amour est un
fruit du Saint Esprit ; il a comme but, non  notre intérêt personnel mais le désir d’édifier, de
construire l’autre. C’est là que nous comprenons que seuls nous ne pouvons pas réussir à
aimer profondément : nous avons besoin d’être transformés intérieurement et renouvelés par
Dieu.

« C’est de Christ que le corps tout entier tire sa croissance pour s’affermir dans l’amour »
(Ephésiens 4v16) : quand, dans l’Eglise, il y a dépendance réelle de Christ et édification
mutuelle dans l’amour, l’Eglise devient solide. Autant au niveau communautaire
qu’individuel ; parce que ce fondement est stable.

3. Troisième pilier de la foi chrétienne : L’unité


Je trouve que l’unité moderne est en général bien superficielle ; elle repose par exemple sur la
rentabilité et le profit: 2 sociétés fusionnent pour être plus fortes et pouvoir écraser le
concurrent. Quand l’unité est faite de 2 égoïsmes dans un couple, elle se brise bien facilement.
Quand l’unité religieuse repose sur un profit ou une étiquette, elle ne peut être vraie.

Paul parle de l’unité comme étant un des piliers de la foi en Dieu : « Efforcez-vous de
conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Ephésiens 4v2) ; le but des chrétiens est
de « parvenir à l’unité de la foi » (4v13). La question est de savoir comment et à quel prix !

Ces 2 versets parlent de 2 sortes d’unité : celle « de l’Esprit » et celle « de la foi ».

 L’unité de l’Esprit est un acquis qu’il faut conserver ; elle existe entre tous les enfants
de Dieu (au-delà des étiquettes !), entre ceux qui ont le même Sauveur et qui sont nés
de lui. Ils sont unis, de fait, par l’Esprit qui les habite. Cette unité ne connaît pas de
frontière géographique, linguistique, sociale, raciale. Cette unité existe même s’il se
trouve des différences qui peuvent séparer. Et Dieu veut que nous témoignions cette
unité avec ces chrétiens, parce que l’unité est réelle et elle n’est pas à fabriquer.

 « L’unité de la foi » (v13) est rattachée par Paul à la connaissance du Fils de Dieu.
Pour que les chrétiens y parviennent, Dieu a donné des apôtres, des prophètes, des
évangélistes et des pasteurs-enseignants (v11). L’unité véritable est liée non avant tout
à l’amour (qui est le moteur de l’unité) mais à la base qui est la vérité, c’est-à-dire la
Parole de Dieu. Et là on peut faire alors nôtre  cette devise de Mélanchton (reprise par
John Wesley par la suite) : « Dans les choses principales, l’unité ; dans les choses
secondaires : la diversité ; mais dans toutes ces choses, la charité ». Le seul problème
est de définir ce qui est essentiel et secondaire…
Dans la parabole des 2 maisons, la solidité est liée à l’écoute et à la mise en pratique des
paroles de Jésus.

Jésus a prié son Père pour que ses disciples « soient un… » (Jn 17) : cela est donc un but
important, qui nous force à ne pas nous contenter de rester bien tranquilles entre nous (ou
même tout seul…) ; mais à quelle condition ? « Comme nous (la Père et le Fils) sommes un »
et « qu’ils soient un en nous » : le fondement de l’unité est la communion avec Dieu, une
vie de foi en Dieu et non seulement une croyance religieuse et rituelle.

L’unité selon Dieu est un but nécessaire, vécu dans l’amour et la vérité selon Dieu.

4. Quatrième pilier de la foi chrétienne : La sainteté


Ce désir de vivre comme Dieu le veut est le 4° fondement de la foi chrétienne. La rencontre
de la vérité et de l’amour engendre l’unité ; mais la rencontre de la vérité (= la Parole de Dieu)
et de l’amour produit la sanctification. Le désir de vivre selon la vérité provoque le désir de
vivre en bon accord avec les autres également ainsi que dans la pureté vis-à-vis d’eux. Quand,
par Christ, on est une personne nouvelle, la vérité produit la sainteté : « Revêtez-vous de la
nouvelle nature, qui est créée à la ressemblance de Dieu, et se manifeste dans la vie juste et
sainte qu’inspire la vérité » (Ephésiens 4v24). Jésus, dans cette prière rapportée par Jean
(chap. 17), dit : « Sanctifie-les par ta parole ; ta parole est la vérité ».

Aujourd’hui, la sainteté est une idée qui fait partie des reliques qui ont, à la limite, mauvaise
odeur (et pas du tout une… odeur de sainteté) ; on entend cet argument : « On a trop
culpabilisé les gens : que chacun alors fasse ce qu’il ressent, ce dont il a envie… » Dieu dans
la Bible dit non à un tel raisonnement.

Il n’y a pas de désir de vivre pur, comme Dieu le veut quand on n’accepte pas la vérité de la
Parole de Dieu comme seule norme. C’est la connaissance et la reconnaissance de la Bible
comme Parole de Dieu qui mène la sanctification. Celui qui cherche à vivre le plus
correctement possible sans s’appuyer sur ce que Dieu dit et sur sa force, soit se satisfera d’une
vie médiocre (le critère est alors ce que me dictent mes pulsions ou ce que la société me dicte
comme normes) ou connaître la culpabilité qui détruit et l’échec. Mais la vérité libère, dit
Jésus : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez
la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8v31-32).

Paul développe, dans la seconde partie d’Ephésiens 4, ce que signifie un vie sainte,
concrètement : celui qui vit avec Dieu cherche à éliminer pensées vaines, mensonge,
convoitises trompeuses, colère, vol, paroles mauvaises, amertume, méchanceté sous toutes ses
formes, impureté, cupidité. Au contraire, les chrétiens sont appelés à « marcher comme des
enfants de lumière ».

Ces 4 piliers de la foi en Dieu  peuvent sembler contradictoires : vérité et amour sont
difficiles à concilier (quand on met les points sur les i, l’amour est moins évident  à vivre…)  ;
quand on associe vérité et unité, il y en a un qui souvent passe à la trappe… Mais pourtant, la
solidité de l’Eglise, comme du chrétien, est liée à l’ensemble de ces 4 piliers. On ne peut se
construire en délaissant un seul de ces fondements. Mais si nous poursuivons ce quadruple
but, nous progresserons en étant toujours plus solides. C’est ce que Dieu veut pour nous.

Jean-Ruben
Quels sont les sept dons de l’Esprit Saint ?
Mais recevoir l’Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant
l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner «
les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion
théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

 La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage
avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par
excellence.
 L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur
la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut
devenir un authentique théologien.
 La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’oeuvre dans la nature et dans
l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la
précarité de l’univers.
 La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle
soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à
vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.

« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la
faiblesse. » (2 Co 12, 9)

 Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire


ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.
 La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de
sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des
autres.
 La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience
de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une
attitude d’humilité et d’émerveillement.

La foi
Voilà un don qui ne pose pas trop de problèmes de compréhension. Certains commentateurs y
voient une foi différente de celle qui anime tous les chrétiens, mais à lire le texte de près, rien
ne permet de dire qu’il y ait différents type de foi, ou différents niveaux. Bien plutôt, nous
devons y voir un rappel que notre foi, nous ne la devons pas à nos propre efforts, ou à la
prédication d’un pasteur en particulier. Même si les efforts d’une personne auprès de nous
pour nous annoncer l’Evangile auront certainement contribué à la naissance de notre foi, c’est
à Dieu seul que nous la devons.

2.3 Le don de foi.

Le don de foi est la dimension la plus élevée de la foi. Cela va au-delà de la foi confiante.
Ceux qui possèdent le don de la foi croient Dieu au point qu’Il honore leur parole comme la
Sienne, et l’accomplit d’une manière miraculeuse. On pourrait dire que la foi générale saisit
les promesses de Dieu contenues dans l’Écriture, tandis que le don de la foi manifeste l’Esprit
dans notre cœur de sorte à matérialiser l’impossible. De toute évidence, le don de la foi n’est
pas accordé à tout le monde, mais uniquement selon la volonté de l’Esprit de Dieu. Il ne s’agit
pas d’accomplir un prodige, mais de le recevoir passivement. Un exemple de don de foi est
Daniel qui dans la fosse aux lions a atteint une dimension spirituelle de la foi qui a déclenché
l’intervention de Dieu et a soumis les lions à son autorité.

 La foi, selon ses différents aspects décrits dans le Nouveau Testament, correspond encore à
la définition donnée dans Hébreux 11:1 “La foi est une ferme assurance des choses qu’on
espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas.” Or, le caractère essentiel de la foi
s’exprime sous des formes distinctes mais étroitement liées: 1) vivre par la foi; 2) le don de la
foi; et 3) le fruit de la foi.

Dans cet enseignement, nous examinerons la deuxième catégorie – la nature de la foi


considérée comme un don.

La nature des dons spirituelsPaul introduit le chapitre concernant les dons du Saint-Esprit,
dans 1 Corinthiens 12, avec “Pour ce qui concerne les pratiques spirituelles, je ne veux pas,
mes frères, que vous soyez dans l’ignorance.” Ensuite, dans les versets 7-11 il liste neuf dons
distincts:

“Or, a chacun la manifestation de l’esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un
est donné par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre une parole de connaissance, selon le
même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le
même Esprit; à un autre, le don d’opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le
discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des
langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en
particulier comme il veut.”

La manifestation est le mot-clé caractérisant la nature de ces dons. Le Saint-Esprit, qui


demeure dans le croyant, est invisible. Cependant lorsque ces dons opèrent par l’intermédiaire
de celle-ci, la présence de l’Esprit saint est rendue évidente pour les sens humains – et l’on
peut voir, entendre ou ressentir les résultats.

Puisque ces dons sont des manifestations, qui ne proviennent pas de la personne même du
croyant mais de la personne du Saint-Esprit en lui, tous revêtent un caractère surnaturel. Dans
chaque cas, les résultats sont supérieurs à ce que nous, chrétiens, pourrions atteindre par notre
propre capacité, et ils ne sont possibles que par l’intervention surnaturelle provenant
directement du Saint-Esprit. Au moyen de ces dons, exercés par l’intermédiaire du croyant, le
Saint-Esprit sort du royaume spirituel invisible, pour agir directement sur le monde physique,
l’espace et le temps.

Paul constate deux points pratiques importants concernant ces dons: Premièrement, ils sont
uniquement distribués à la discrétion du Saint-Esprit, selon son dessein souverain pour chaque
croyant. La volonté de l’homme ou la réussite personnelle n’est pas une raison valable pour
les recevoir. Deuxièmement, ils sont donnés “à chacun … pour l’utilité commune” – dans un
but pratique et pour servir. Bob Mumford (enseignant de la Bible), a dit que les dons de
l’esprit sont des outils, pas des jouets.
On a souvent fait remarquer que ces neufs dons s’inscrivent dans trois groupes de trois
éléments:

Trois dons d’ordre linguistique – qui opèrent par les organes vocaux du chrétien: la prophétie,
les langues et l’interprétation des langues.

Trois dons de révélation – qui transmettent un éclairage spirituel: la parole de sagesse, la


parole de connaissance et le discernement des esprits.

Trois dons relevant de la puissance – qui manifestent le pouvoir surnaturel du Seigneur dans
le royaume physique: la foi, le don de guérison et celui de faire des miracles.

“Ayez la foi de Dieu”

Le don de la foi est le premier des trois dons relatifs au pouvoir. On le distingue des autres
formes de foi parce qu’il s’agit d’une manifestation souveraine et surnaturelle du Saint-Esprit
qui travaille par le croyant.

Dans Matthieu 21 et Marc 11 nous lisons comment Jésus entra dans Jérusalem avec ses
disciples, et se dirigea vers un figuier. Alors qu’il en cherchait les fruits, il prononça une
malédiction dirigée contre l’arbre lorsqu’il s’aperçut que ce dernier n’en contenait pas: “Que
jamais personne ne mange de ton fruit!” (Marc 11:14). Le lendemain, en passant devant le
même arbre, les disciples furent stupéfaits de voir, qu’au bout de 24 heures, il avait fané,
“Rabbi, regarde”, commenta Pierre, “l’arbre que tu as maudit est flétri” (Marc 11:21), ce à
quoi Jésus répondit, “ayez foi en Dieu” (verset 22). Il s’agit de la version française normale.
Cependant, Jésus, sous sa forme plus littérale, dit en fait: “Ayez la foi de Dieu” (voir NBS).
Cette sorte de foi particulière, dont nous parlons ici, est celle considérée comme un don. Elle a
son origine en Dieu et non pas dans l’homme – il s’agit d’un aspect de la propre nature
éternelle du Seigneur. Par le don de la foi, le Saint-Esprit communique un peu de la foi de
Dieu au croyant d’une façon directe et surnaturelle. C’est la foi divine, celle qui s’élève au-
dessus de la simple foi humaine, comme le ciel s’élève au-dessus de la terre.

Lorsqu’il dit à ses disciples “Ayez la foi de Dieu”, Jésus défiait ses disciples de recevoir et
d’exercer une foi de cette sorte, exactement comme il l’avait fait lui-même. Il leur dit encore
qu’avec elle, ils pourraient accomplir de plus grandes choses: “Je vous le dis en vérité, si vous
aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait ce
figuier, mais quand vous diriez à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se
ferait.” (Matthieu 21:21)

Jésus, dans Marc 11:23, ne parle pas de cette foi uniquement aux disciples présents à ce
moment précis, mais en utilisant le mot “quelqu’un” il étend sa promesse à tous les croyants:
“Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la
mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra
s’accomplir.” Jésus ne fixe pas de limites à l’étendue d’une foi de cette nature. Les tournures
qu’il utilise incluent tout: “Quiconque dira… ce qu’il dit… il le verra s’accomplir.” Il n’y a
pas de restriction pour la personne qui parle ou pour les mots qu’elle prononce. Tout ce qui
importe tient dans l’origine de la foi: ce doit être la propre foi de Dieu.

Dans Luc 8:22-25, tandis que Jésus et ses disciples traversaient la mer de Galilée, ils furent
soudain surpris par un violent orage qui n’était pas naturel. Les disciples réveillèrent Jésus,
qui dormait à la poupe, en disant: “Maître, maître, nous périssons!” Le témoignage continue:
“S’étant réveillé, il menaça les vents et les flots, qui s’apaisèrent, et le calme revint.”

Manifestement, la foi que Jésus exerça ici n’était pas humaine. Habituellement, les vents et
l’eau ne sont pas sous le contrôle de l’homme. Mais au sein de cette situation difficile, la foi
de Dieu lui-même fut transmise à Jésus. Puis, par une seule parole prononcée avec foi, il
accomplit ce que nul autre que Dieu seul n’aurait pu faire: il calma instantanément la tempête.

Puis, Jésus demanda à ses disciples, “Où est votre foi?” En d’autres termes:
“Pourquoi n’avez-vous pas pu le faire à ma place?” N’aurait-ce pas été aussi facile
pour les disciples de calmer l’orage que ce le fut pour lui – s’ils avaient exercé une foi
d’une bonne nature? Mais durant cet instant de crise, l’orage suscita la peur dans le
cœur des disciples, et anéantit leur foi. Jésus, au contraire ouvrit son cœur à son
père et a reçu de lui le don surnaturel de la foi dont il avait besoin pour vaincre
l’orage.

La qualité, pas la quantité

Peu après, Jésus dut affronter une tempête d’une nature différente – un garçon en pleine crise
d’épilepsie. Jésus s’en chargea comme il l’avait fait sur la mer de Galilée. Il a dit une parole
de foi avec autorité et expulsa l’esprit malin hors du garçon. Lorsque ses disciples
demandèrent pour quelle raison ils avaient échoué, Jésus leur répondit franchement, “C’est à
cause de votre incrédulité”. Puis il continua, “Si vous aviez de la foi comme un grain de
sénevé, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait; rien ne
vous serait impossible.” (Matthieu 17:20)

Jésus utilise ici la graine de moutarde comme mesure de quantité. Matthieu 13:32 nous dit
qu’une graine de sénevé est “la plus petite de toutes les semences.” Jésus nous rappelle que ce
n’est pas la quantité de foi qui importe, mais c’est la qualité. Une graine de moutarde de cette
foi là, est suffisante pour déplacer une montagne!

Tout près de l’apogée de son ministère ici-bas, alors qu’il se trouve près dé la tombe de
Lazare, Jésus une fois de plus démontre le pouvoir des mots prononcés avec ce genre de foi. Il
cria d’une voix forte: “Lazare, sort!” (Jean 11:43). C’est ainsi qu’un homme mort et enterré
fut rendu à la vie, en bonne santé et capable de marcher, par ce commandement bref mais
alimenté par une foi surnaturelle.

On trouve cette foi lors de la création: “Les cieux ont été faits par la parole de l’Eternel, et
toute leur armée par le souffle (littéralement, l’Esprit) de sa bouche … Car il dit, et la chose
arrive; Il ordonne, et elle existe.” (Psaumes 33:6,9). La parole de Dieu, dynamisée par son
Esprit, était l’agent efficace de toute création.

Quand le don de la foi est en action, l’homme devient, pour un temps, le canal de la propre foi
de Dieu. La personne qui parle n’est pas primordiale – mais la foi, oui! Si c’est la propre foi
de Dieu qui agit, il revient au même que les mots soient prononcés directement par Dieu ou
exprimés par le pouvoir du Saint-Esprit par la bouche d’un croyant. Lorsqu’un chrétien agit
au moyen de la foi divine, ses mots sont exactement aussi importants que si Dieu lui-même
les avait prononcés.
Dans tous ces exemples, la foi surnaturelle fut exprimée par un mot. C’est par une parole que
Jésus a fait faner un figuier, calmé la tempête, chassé l’esprit malin hors du garçon épileptique
et appelé Lazare qui sortit du tombeau. Dans Marc 11:23 il a étendu cette promesse à tous les
mots prononcés avec foi: “Si quelqu’un dit… mais croit que ce qu’il dit arrive … il le verra
s’accomplir.”

Quelquefois, une parole prononcée dans la prière devient un canal de la foi. Dans Jacques
5:15 on peut lire que “la prière de la foi sauvera le malade.” Existe-t-il un doute sur
l’efficacité de la prière décrite ici? Ses résultats sont garantis. Prier avec la foi donnée par
Dieu est invincible. Ni la maladie, ni aucune autre condition contraire à la volonté de Dieu ne
peut lui résister.

Pour donner un exemple de “la prière de la foi”, Jacques se réfère à Elie qui, parce qu’il pria,
retint tout d’abord la pluie pendant trois ans et demi, puis lui permit de tomber à nouveau
(Jacques 5:17-18). Faire pleuvoir ou de retenir la pluie est une prérogative divine, exercée par
Dieu lui-même. Les Ecritures sont claires sur ce point (voir dans Deutéronome 11:13-17 et
Jérémie 5;24; 14:22). Cependant, pendant trois ans et demi Elie a exercé cette prérogative au
nom du Seigneur. Jacques souligne qu’Elie était “un homme de la même nature que nous” –
un être humain exactement comme tous les autres. Mais aussi longtemps qu’il pria avec la foi
de Dieu, les mots qu’il prononçait étaient aussi efficaces que les propres ordres de Dieu.

Une foi de la sorte ne nécessite pas d’agir seulement par la parole. C’était cette foi
surnaturelle qui permit à Jésus de marcher sur la mer houleuse de Galilée (Matthieu 14:25-
33). Il n’a pas eu besoin de parler; il est simplement sorti de la barque pour marcher sur les
eaux. Lorsque Pierre a suivi l’exemple de Jésus et exerça la même foi que lui, il put faire de
même – puis sa foi l’abandonna et il commença à sombrer!

Le reproche de Jésus est très instructif: “Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?”
(Matthieu 14:31). Jésus ne reproche pas à Pierre d’avoir voulu marcher sur l’eau, mais d’avoir
perdu sa foi à mi-chemin. Don Basham (enseignant de la Bible) a fait remarquer qu’il existe
un désir divin pressant dans le cœur de chaque être humain; celui de se dépasser dans le
domaine de la foi surnaturelle et d’avancer à un niveau supérieur de nos possibilités

. Puisque Dieu lui-même a placé désir pressant dans l’homme, Il ne peut pas nous le
reprocher. Au contraire, son désir est de nous donner la foi qui nous permettra de le
faire. Il est seulement déçu lorsqu’on ne s’y accroche pas assez longtemps.

Dieu garde l’initiative pour soi

Quand la foi surnaturelle est donnée dans une situation précise pour combler un besoin
spécifique, il s’agit de la propre foi du Seigneur qui reste donc sous son contrôle direct. C’est
lui qui donne ou qui retient selon son bon vouloir. La foi est surnaturelle comme le sont tous
les autres dons. Paul dit à ce sujet qu’”Un seul et même Esprit opère toutes ces choses les
distribuant à chacun comme il veut.” (1 Corinthien 12:11). La fin de cette phrase clé –
“comme il veut” détermine quand et à qui il distribuera ces dons. L’initiative appartient à
Dieu et pas à l’homme.

Cela était déjà vérifié dans le ministère de Jésus. Il ne maudissait pas tous les figuiers qui ne
produisaient pas de fruits, ni ne calmait toutes les tempêtes, il ne ramenait pas non plus à la
vie tous les morts, et ne marchait pas toujours sur l’eau. Jésus prenait soin de laisser
l’initiative dans les mains de son Père. On peut lire dans Jean 5:19 que “… le Fils ne peut rien
faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils
aussi le fait pareillement.” (lire aussi Jean 14:10). L’initiative appartenait toujours au Père.

Nous devons apprendre à être aussi respectueux et attentifs à nos relations avec le Père que le
faisait Jésus. Il n’est pas de notre ressort de commander le don de la foi, il n’est pas non plus
promis que nos caprices ou nos ambitions personnelles seraient tous satisfaits. Nous ne
pouvons et ne devons pas détourner l’initiative qui vient de Dieu.

Représentée comme un grain de sénevé, le don de la foi est similaire à deux des dons de
révélation – la parole de sagesse et la parole de connaissance. La sagesse est directive; la
connaissance est informative. Heureusement pour nous, Dieu, qui détient toute la sagesse et
toute la connaissance ne nous charge pas de toute sa sagesse et connaissance. Cependant dans
une situation où nous avons besoin d’une direction, il nous offre une “parole” de sagesse –
une simple petite “graine de sénevé” qu’il sort de sa réserve de sagesse. Ou bien, lorsque nous
avons besoin d’un éclaircissement, il nous fournit une “parole” de connaissance – juste une
petite “graine de moutarde” qu’il sort de sa réserve de connaissance.

C’est cela le don de la foi. Dieu possède toute la foi, mais il ne la distribue pas tout à nous.
Dans des situations précises, quand nous avons besoin d’une foi d’un niveau supérieure à
celle que nous possédons habituellement, Dieu fournit une “graine de sénevé” issue de sa
réserve.

L’équipement pour l’évangélisation

Sur un autre plan, comme nous l’avons constaté ci-dessus, le don de la foi est associé aux
deux autres dons de puissance: celui de la guérison et celui d’accomplir des miracles. En
pratique, le don de la foi sert souvent de catalyseur pour mettre en oeuvre les deux autres
dons. Nous y assistons dans le ministère de Philippe (Actes 8:5-7):

“Philippe, étant descendu dans une ville de la Samarie, y prêcha le Christ. Les foules tout
entières étaient attentives à ce que disait Philippe, lorsqu’elles apprirent et virent les miracles
qu’il faisait. Car des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques, en poussant de grands
cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris.”

Dans la première partie de son ministère, Philippe chassa les esprits malins. Tout comme
Jésus dans Matthieu 17:17-20 et ailleurs, il fit ceci par les mots qu’il prononça en exerçant le
don de la foi. Dans la seconde partie de son ministère, Philippe conjugua deux dons: celui de
la guérison et celui des miracles. De nombreux miracles en découlèrent, des paralysés et des
boiteux furent guéris.

Conclusion

Le don de la foi est, en résumé, l’un des neufs dons du Saint-Esprit (1 Corinthiens 12:7-11),
chacun étant une manifestation surnaturelle de ce dernier, qui demeure dans le chrétien et
s’exerce par lui. Par le don de la foi, le Saint-Esprit nous accorde temporairement une propre
portion de celle de Dieu – d’un niveau divin, elle est beaucoup plus élevé que la foi humaine.
Plutôt que la quantité, c’est la qualité qui importe, telle une “graine de sénevé” suffisante pour
déplacer une montagne.
Le don de la foi opère souvent par une parole (quelquefois au travers de la prière) comme
celle que prononça Jésus lorsqu’il a fait faner un figuier, calmé la tempête, chassé les esprits
démoniaques ou ressuscité Lazare.

Ce fut cette foi là qui permit à Jésus – et à Pierre – de marcher sur les vagues houleuses. Dieu
a placé en l’homme le profond désir d’exercer la foi et il ne nous le reproche pas. Comme l’a
démontré Jésus, l’initiative doit toujours être laissée à Dieu. Puissions-nous toujours être
obéissants à ce défi que lance Jésus dans Marc 11:22 “Ayez foi en Dieu” pour utiliser ce don
avec sagesse et efficacité.