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MÉCANIQUE

TURBOMACHINES-BI
LAN
ÉNERGÉTI
QUEETAP PLI
CATI
ONS
j
uil
l
et/2020
Réf. : BM4283 V2

Turbomachines - Bilan
Date de publication :
10 août 2019 énergétique et applications

Cet article est issu de : Mécanique | Machines hydrauliques, aérodynamiques et


thermiques

par Michel PLUVIOSE, Christelle PÉRILHON

Mots-clés Résumé Les turbomachines sont soumises aux lois générales de la thermodynamique.
turbomachine | dissipation Dans ces machines, on transforme l’énergie d’une forme à une autre selon le premier
d'énergie | rendement
principe de thermodynamique. Le second principe établit une dégradation d'énergie
durant cette transformation, dégradation d'énergie qui s’effectue au niveau moléculaire
par les effets de la viscosité principalement. Les frottements visqueux sont toujours
présents lorsque des variations de vitesse existent dans un écoulement ; ils affectent les
performances des installations. Cet article analyse les diverses pertes et leur influence
sur le rendement des turbomachines.

Keywords Abstract The turbomachineries are subjected to the general laws of thermodynamics. In
turbomachine | energy these machines, energy is converted from one form to another according to the first
dissipation | efficiency
principle. The second principle announces that energy is degraded during this
transformation. This degradation of energy is carried out at the molecular level by the
effects of viscosity mainly. Viscous frictions are always present when speed variations
exist in a flow; they affect the performances of the installations. This article analyzes the
various losses and their influence on the efficiency of turbomachines.

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Turbomachines
Bilan énergétique et applications

par Michel PLUVIOSE


Professeur honoraire du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Paris, France

et Christelle PÉRILHON
Maı̂tre de conférences – HDR – Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Laboratoire Dynfluid, Chaire d’énergétique, turbomachines
Paris, France

1. Pertes et bilan énergétique d’une turbomachine ..................... BM 4 283v2 –2


1.1 Classification des pertes .................................................................... — 2
Parution : août 2019 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200055771 - techniques de l'ingenieur // romain LELOUP // 195.25.183.157

1.2 Analyse des pertes ............................................................................. — 3


1.2.1 Pertes aérodynamiques (ou hydrauliques) dans les canaux .. — 3
1.2.2 Pertes par frottement de disque ............................................. — 7
1.2.3 Pertes par fuites dans les garnitures d’étanchéité ................. — 8
1.2.4 Pertes mécaniques ................................................................... — 9
1.3 Puissance d’une turbomachine .......................................................... — 9
1.3.1 Puissance externe ou à l’accouplement ................................. — 9
1.3.2 Puissance interne .................................................................... — 9
1.3.3 Relation entre les puissances externe et interne ................... — 9
1.3.4 Relation entre la puissance interne et le couple interne ........ — 9
1.4 Rendement d’une turbomachine de compression ............................ — 9
1.4.1 Rendement global ou externe ................................................. — 9
1.4.2 Rendement interne .................................................................. — 10
1.4.3 Décomposition des rendements ............................................. — 10
1.4.4 Calcul des rendements internes pour une machine
génératrice ............................................................................... — 10
1.4.5 Comparaison des rendements internes polytropique
et isentropique ......................................................................... — 11
2. Application à l’étude d’une turbomachine de détente............ — 12
2.1 Application des principes de base ..................................................... — 12
2.1.1 Relations de base pour les turbines ....................................... — 12
2.1.2 Détente dans le distributeur .................................................... — 12
2.1.3 Détente dans le mobile ........................................................... — 14
2.2 Définition du degré de réaction ......................................................... — 15
2.3 Pertes par vitesse restante ................................................................. — 15
2.4 Définition du rendement aérodynamique d’étage ............................ — 16
2.5 Analyse des détentes sur le diagramme entropique ........................ — 17
2.5.1 Détente polytropique ............................................................... — 17
2.5.2 Détente isentropique ............................................................... — 17
2.5.3 Détente isothermique .............................................................. — 17
2.5.4 Détente réelle ........................................................................... — 17
3. Conclusion........................................................................................ — 17
4. Glossaire ........................................................................................... — 18
5. Symboles .......................................................................................... — 19
Pour en savoir plus..................................................................................Doc. BM 4 283v2

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TURBOMACHINES –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

C omme dans tout écoulement de fluide réel, l’écoulement dans une turbo-
machine est le siège d’irréversibilités dues au travail des forces de frotte-
ment. Ces pertes affectent non seulement les couronnes d’aubages fixes et
mobiles, mais aussi les conduits qui guident le fluide à l’entrée et à la sortie
de l’appareil, ou bien encore qui relient deux étages successifs.
Par construction, il existe aussi des pertes par fuites, car il est nécessaire de
conserver un jeu entre les parties fixes et mobiles. Ces pertes sont souvent délica-
tes à quantifier, car les concepteurs doivent introduire des obstacles peu aérody-
namiques destinés à en réduire le débit. De plus, ces débits de fuite interfèrent avec
l’écoulement principal lorsqu’ils sont réintroduits dans la machine à l’endroit
convenable.
La puissance réelle absorbée par une machine de compression est toujours
supérieure à celle d’une machine parfaite, c’est-à-dire sans perte, qui fonction-
nerait entre les mêmes niveaux de pression. Entre ces mêmes niveaux de pres-
sion, une machine de détente fournit une puissance plus faible que celle que
l’on serait en droit d’attendre si la machine était parfaite.
Le but de cet article est de faire apparaı̂tre l’origine et la nature des pertes qui
altèrent l’échange d’énergie dans une turbomachine. Il s’agit de pertes au sens
mécanique, c’est-à-dire de dissipations d’énergie mécanique en chaleur.
On définit ensuite les rendements qui caractérisent l’importance des pertes
sur les transferts énergétiques.
Une application concernant une turbine axiale conclut cet article ; elle récapi-
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tule les notions rappelées ou développées précédemment.


Cet article constitue le dernier volet d’une série consacrée aux turbomachines :
• [BM 4 280] – Turbomachines – Description et principes de base ;
• [BM 4 281] – Turbomachines – Mécanisme de la conversion d’énergie ;
• [BM 4 282] – Turbomachines – Thermodynamique de la conversion d’énergie ;
• [BM 4 283] – Turbomachines – Bilan énergétique et applications.
Le lecteur trouvera en fin d’article un glossaire et un tableau des symboles
utilisés.

séparément celles qui traversent les garnitures d’étanchéité et


1. Pertes et bilan énergétique celles qui se produisent aux extrémités libres des aubages
d’une turbomachine mobiles ;
 pertes mécaniques, qui correspondent à la puissance consom-
mée par les organes (paliers, butée) dont le rôle est de maintenir
le rotor en position, ainsi que par les auxiliaires de la machine
1.1 Classification des pertes (pompe à huile de graissage, variateur de vitesse, etc.) ;

On peut classer les pertes d’une turbomachine selon deux opti- – si l’on s’intéresse à la destination de la quantité d’énergie dis-
ques différentes : sipée, on est amené à identifier des :
– si l’on considère leur nature physique, elles se subdivisent en :  pertes internes, lorsque cette énergie dégradée est recueillie
par l’écoulement principal ;
 pertes aérodynamiques d’aubages (ou hydrauliques), qui ont
pour cause essentielle la viscosité du fluide, et qui se manifes-  pertes externes, lorsqu’elle échappe à ce dernier ;
tent principalement dans tout canal fixe ou mobile par un
terme de perte de charge (§ 1.2.1) ; – en combinant ces deux points de vue, on constate que :
 pertes par frottement de disque (§ 1.2.2) dues à la viscosité du  les pertes aérodynamiques dans les aubages et les frotte-
fluide, qui sont aussi des pertes aérodynamiques agissant sur ments de disque sont de nature interne ;
les surfaces inactives du rotor ;  les fuites se partagent entre pertes internes, lorsque les frac-
 pertes par fuites (ou volumétriques) (§ 1.2.3), dues à ce que de tions de fluide en cause rejoignent le débit utile, et pertes
faibles fractions du fluide empruntent les passages étroits qu’il externes si elles quittent la machine ;
faut nécessairement ménager entre le rotor et le stator afin  les pertes mécaniques sont en principe externes, sauf excep-
d’éviter des contacts mécaniquement dangereux. Ces fuites tionnellement pour les paliers se lubrifiant d’eux-mêmes dans
suivent de ce fait une évolution particulière. On analysera le fluide de la turbomachine.

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1.2 Analyse des pertes ralentissement correspondant aux sillages des aubes. Dans l’écou-
lement monodimensionnel moyen dépourvu de pertes, la vitesse
1.2.1 Pertes aérodynamiques (ou hydrauliques) de sortie théorique aurait la valeur w 2th de sorte que l’on écrit :
dans les canaux
w 22
Les pertes aérodynamiques affectent non seulement les couron- Δfr = ζr th

nes (ou grilles) d’aubages fixes et mobiles, mais aussi les passages 2
qui guident le fluide à l’entrée et à la sortie de l’appareil, ou encore Selon les lois générales de la mécanique des fluides, les facteurs
qui relient deux étages successifs. physiques qui déterminent le coefficient z sont :
Pour définir les pertes, les notions suivantes sont souvent utilisées : – les frottements,
– coefficient de ralentissement des vitesses j (ou y ), qui com- – les décollements ([BM 4 281], figure 12),
pare la vitesse réelle obtenue à la vitesse théorique qui s’établirait – la proximité ou le dépassement de la vitesse du son,
si l’écoulement était sans perte ; – la turbulence de l’écoulement,
– coefficient de perte de pression d’arrêt ; – l’hétérogénéité du fluide.
– coefficient énergétique, une fraction V de l’énergie cinétique
associée à une vitesse de référence de l’écoulement prise en un 1.2.1.1 Pertes par frottement
point donné du canal, c’est cette forme qui sera le plus souvent uti-
lisée dans ce texte ; Ces pertes aérodynamiques dues au frottement sont liées :
– pertes aérodynamiques dans un canal fixe : – à la forme du canal,
– à l’angle d’entrée du fluide dans le canal,
v2 – au nombre de Reynolds de l’écoulement,
Δff = ζf (1)
2 – à la rugosité.

avec Dff perte dans le canal fixe, & Influence de la forme géométrique du canal

v vitesse absolue, Ces pertes sont surtout dues aux proportions relatives considé-
rées dans les trois dimensions [1] [2].
zf coefficient représentant la fraction de l’énergie
cinétique perdue dans le canal fixe ; & Influence de l’angle d’entrée dans les grilles fixes et mobiles
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– pertes aérodynamiques dans un canal mobile : Le coefficient de pertes z d’une grille présente une sensibilité
plus ou moins marquée à l’angle d’entrée.
w2 & Toutes choses égales par ailleurs, on observe (figure 2) un mini-
Δfr = ζr (2)
2 mum z a pour une valeur particulière de l’angle d’entrée qui corres-
pond, à quelques degrés près, à l’orientation du nez de l’aubage,
avec Dfr perte dans le canal mobile,
matérialisée par la tangente au squelette (ou ligne moyenne) du
w vitesse relative, profil telle que l’on peut la construire au bord d’attaque (figure 2a).
zr coefficient représentant la fraction de l’énergie De part et d’autre de cet angle optimal β1a dit d’adaptation, les per-
perdue dans le canal mobile. tes augmentent de façon dissymétrique (figure 2b). Elles varient
plus lentement lorsque le fluide vient frapper la face du profil qui,
dans les conditions d’adaptation, se trouve naturellement en
Dans le cas d’une grille d’aubes, on retient le plus souvent la dépression ; cette situation se produit, dans l’exemple traité pour
vitesse théorique qui s’établirait à la sortie de la grille si l’écoule- β1 > β1a . Par contre, elles croissent plus rapidement lorsque le fluide
ment était monodimensionnel et sans perte. frappe la face opposée, ce qui accroı̂t la dépression sur la première
À titre d’exemple, on a fait apparaı̂tre sur la représentation de la face ; pour la grille considérée, cette tendance se manifeste pour
couronne d’aubages mobiles d’une cellule centrifuge (figure 1), le β1 < β1a . Ces variations sont en accord avec le fait que toute dépres-
profil des vitesses réelles à la sortie de la roue, avec des zones de sion s’accompagne, en écoulement subsonique, d’une survitesse
locale, dont l’intensité influe directement sur le niveau des pertes.
Par conséquent, lors de la conception d’une turbomachine, on
Profil théorique
des vitesses w2
Profil réel dessine les grilles d’aubes de manière qu’au régime nominal de
th des vitesses w2 l’appareil, qui doit bénéficier du meilleur rendement possible, ces
grilles fonctionnent au voisinage immédiat de leur adaptation

Couches limites
(β 1 )
= β1a . À l’occasion des régimes variés, l’écoulement se modifie

w 2 th
Tangente au squelette
au bord d’attaque Squelette
w1 ζ

I β1a
ζi
U1 β1
β1 ζa
Bord d’attaque
w1
β1a β1

O a dèfinition du profil b courbe

Figure 2 – Variation du coefficient de pertes d’une grille mobile en


Figure 1 – Pertes dans un canal mobile de roue centrifuge fonction de l’angle d’entrée

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et l’angle b1 s’écarte inévitablement de sa valeur optimale au prix entièrement turbulente, à l’exception d’une mince sous-couche
de pertes supplémentaires qui sont dites par incidence ou par désa- laminaire dont l’épaisseur décroı̂t lorsque Re continue à
daptation ; on les appelle aussi parfois pertes par choc. augmenter.
Quantitativement, l’incidence se mesure par l’angle β1 − β1a . Pour expliquer simplement comment ces phénomènes agissent
sur les pertes d’un canal de turbomachine, on peut grossièrement
Pour faciliter l’analyse des régimes variés, il peut s’avérer utile de assimiler celui-ci à deux plaques planes parallèles de longueur l,
décomposer le coefficient de pertes d’une grille en deux termes séparées par une distance d et entre lesquelles circule un débit-
(figure 2b) : masse de fluide qm (figure 4). Ce canal possède un coefficient de
pertes z tel que :
ζ = ζa + ζi
d
avec za coefficient de base des pertes par frottement 1− ζ =
∫0 v 2 dqm
(à l’adaptation), v 02 qm
zi coefficient des pertes par incidence.
avec dqm débit-masse élémentaire passant entre deux
filets distants de dx.
& Influence du nombre de Reynolds et de la rugosité
 Le nombre de Reynolds Re est le paramètre sans dimension qui Sur la figure 5a sont représentées les variations de z, pour une
prend en compte les effets visqueux : rugosité e // donnée, en fonction du nombre de Reynolds.
En régime laminaire, z décroı̂t comme Re-0,5.
v 0l
Re = ρ
μ
v0
Il comprend :
– la masse volumique r du fluide, et sa viscosité absolue m (éva-
luées en un point donné si le milieu est compressible) ; dx
v0
– la vitesse de référence v0 ; Couches v
d
– une longueur caractéristique du canal l, qui, dans le cas d’une
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limites
grille, est en général la corde du profil. x

 La rugosité des parois est définie comme le rapport de la hau-


teur e des aspérités laissées par le procédé de fabrication, à la lon-
gueur caractéristique du canal, l.
Figure 4 – Canal délimité par deux plaques planes parallèles
ε
Rugosité =
l

Ces deux paramètres contrôlent le développement des couches Ig ζ


ζ = k1Re–0,5
()
limites sur les parois des canaux selon un mécanisme analogue à ε ‘> ε
celui qui se produit le long d’une plaque plane parcourue par un I I
écoulement initialement uniforme.
En partant d’un faible nombre de Reynolds, on constate qu’il se
crée d’abord (figure 3) une couche limite entièrement laminaire. ε donné
Puis, en augmentant le nombre de Reynolds Re, on voit apparaı̂tre, I
au-dessus de la couche laminaire, une zone turbulente d’abord peu
développée qui prend naissance en un point T, appelé point de ζ = k2Re–0,2
transition. Pour des nombres de Reynolds toujours croissants,
T se déplace vers l’amont en même temps que la couche turbulente Re1 Re2 Ig Re
laminaire turbulent
gagne en importance et que, par contre, la couche laminaire sous-
transition
jacente s’amincit et perd en partie son caractère strictement lami-
naire. Cette phase, pendant laquelle le point T remonte le long de lisse rugeux
la plaque, correspond aux régimes dits de transition.
Au-delà d’un certain nombre de Reynolds, le point T reste fixé a canal simplifié
au voisinage immédiat du bord d’entrée. La couche limite est

Ig ζ
v0 v0 v0
Couche
Couche turbulente

()
laminaire T ε ‘> ε
T I I

I Sous-couche ε donné
laminaire I
a régime b régime c régime
Ig Re
laminaire de transition turbulent
b canal réel
Re croissant
Figure 5 – Coefficient de pertes d’un canal en fonction du nombre de
Figure 3 – Régimes de la couche limite sur une plaque plane Reynolds

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Dans le domaine des régimes turbulents, on constate deux com-


portements possibles des couches limites, qui caractérisent l’évolu-
tion de z.
À partir de Re = Re1, point qui représente la fin du régime de
transition, le régime est dit turbulent lisse, car la rugosité n’a pas (d’) (d)
encore d’influence sur le niveau des pertes ; z suit une loi de la (d’)
forme Re-0,20 tant que l’épaisseur h de la sous-couche laminaire (d’)
reste supérieure à environ 3e, ce qui a lieu jusqu’à Re = Re2. Pour
(d)
des nombres de Reynolds plus grands, on pénètre dans le domaine (d)
turbulent rugueux, où la courbe représentative de z se redresse
pour tendre vers une valeur asymptotique constante, pratiquement
atteinte lorsque h est devenue inférieure à environ e/8. À ce dernier
stade, les aspérités émergent sur la presque totalité de leur hauteur
dans la couche turbulente et déterminent à elles seules l’impor-
tance des pertes.
Pour une rugosité plus forte, le régime rugueux apparaı̂t plus tôt
dans l’échelle des nombres de Reynolds et génère des pertes plus a à la sortie d’une b à la sortie des canaux
élevées. roue centrifuge d’une cellule axiale

À noter que Re1 dépend notablement de la turbulence amont et


diminue lorsque celle-ci augmente.
(d’)
 Bien que simple, ce modèle met en lumière les principaux (d’)
(d)
caractères des pertes aérodynamiques dans une turbomachine,
mais appelle certains commentaires : (d)

– la plupart des turbomachines fonctionnent dans le domaine tur-


bulent, où le coefficient de pertes est peu sensible au nombre de
Reynolds, jusqu’à même devenir constant en régime rugueux. w1
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Cela justifie l’hypothèse simplificatrice couramment utilisée selon


laquelle, pour un angle d’entrée donné, les pertes par frottement
d’un canal varient comme le carré de la vitesse d’écoulement ;
– en réalité, plusieurs effets viennent compliquer notablement le c par épaisseur d en régime varié dans
comportement des couches limites : du bord de fuite un canal sous forte incidence
 en supposant, en première approximation, que l’écoulement
reste bidimensionnel dans le canal, la pression et la vitesse
Figure 6 – Exemples de décollements
suivent des lois différentes le long de l’intrados et de l’extra-
dos, qui constituent les parois actives. Cette différence tend à
créer une couche limite plus épaisse sur la face en dépression ; Il s’agit là d’imperfections inévitables. Des décollements appa-
raissent aussi dans les régimes variés ([BM 4 281], § 2.2) et lorsque
 il faut aussi prendre en considération les couches limites des
les aubages sont attaqués sous une grande incidence (figure 6d).
parois inactives formant le plancher et le plafond du canal.
Le champ des pressions, de nature tridimensionnelle, et celui Aérodynamiquement, ces phénomènes s’apparentent à ceux
des forces d’inertie, provoquent dans ce système complexe déclenchés par une contraction ou un évasement brusque. On sait
des dérapages et des vrillages connus sous le nom d’écoule- que les pertes ainsi créées sont pratiquement indépendantes du
ments secondaires, essentiellement turbulents ; nombre de Reynolds et varient donc, selon les expressions (1)
et (2), comme le carré de la vitesse du fluide.
 toutefois, ces phénomènes ne changent pas, dans son allure
générale, la variation du coefficient de pertes en fonction du & Enfin, des décollements se produisent aussi dans les canaux
nombre de Reynolds et de la rugosité (figure 5b) sinon que coudés, prenons l’exemple d’un simple coude. Puisqu’il existe des
la fin du régime turbulent lisse et le début du régime rugueux surpressions et des dépressions dans l’écoulement, les particules
se fondent en une évolution douce car ces deux états existent fluides à la paroi, où la vitesse est nulle, ont naturellement ten-
simultanément en des endroits différents du canal ; dance à se mouvoir des zones en surpression vers les zones en
– l’analyse qui précède s’applique essentiellement à une grille en dépression. Ces particules seraient reprises par l’écoulement princi-
état d’adaptation. Lorsque l’incidence augmente, par valeurs positi- pal, si elles s’avisaient de traverser la partie saine de l’écoulement.
ves ou négatives, le caractère turbulent des couches limites Elles circulent donc par les zones à faible énergie que sont les cou-
s’accentue et le nombre de Reynolds Re1 diminue jusqu’à dispari- ches limites. Ce phénomène dit de dérapage des couches limites
tion presque complète du domaine de transition. On assiste enfin, fait l’objet de la figure 7a dans laquelle on voit nettement une
pour les fortes incidences, à un décollement, représenté sur la zone décollée sur l’extrados du profil vers l’échappement du
figure 6d qui s’accompagne de pertes très importantes. coude [3].
Il est possible de réduire les pertes dans un coude en augmen-
1.2.1.2 Pertes par décollement tant l’allongement b/a (figure 7b), c’est-à-dire en passant d’un
coude de section circulaire à un coude de même section mais ellip-
Il y a décollement chaque fois que le fluide se détache d’une tique. On joue ainsi sur deux paramètres : d’une part, on réduit
paroi, ce qui lui est imposé : l’écart de pression entre l’intrados et l’extrados, ce qui limite les
– sur le bord aval de toute surface servant de plancher ou de pla- écoulements secondaires, et d’autre part, on complique le déplace-
fond à un canal fixe ou mobile (figure 6a et b) ; ment des particules dans la couche limite en allongeant la distance
– à l’extrémité des aubages car, pour des raisons de solidité entre surpression et dépression, ce qui gêne aussi la formation
mécanique, leur bord de fuite possède nécessairement une certaine d’écoulements secondaires néfastes.
épaisseur, qui perturbe la confluence des deux filets provenant res- Il en va de même dans un aubage de turbomachines. On a intérêt
pectivement de l’intrados et de l’extrados (figure 6c). à utiliser des aubes à grand allongement pour minimiser les pertes

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Surpression

ζ 0,3 a
b
0,2

0,1

a
0
Dépression
0 1 2 3 4
b/a

a visualisation b influence de l’allongement b/a du coude


sur les dissipations d’énergie

Figure 7 – Écoulement sur les parois d’un coude

de l’écoulement est d’aller de l’amont vers l’aval, c’est-à-dire dans le


sens général du mouvement.
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& Ces deux aspects néfastes précédents (effet de coude et effet de


divergence) se cumulent dans un aubage de compresseur alors
qu’ils tendent à se compenser dans un aubage de turbine :
– toutes choses égales par ailleurs, en particulier même techni-
cité, une turbomachine de détente aura donc un rendement supé-
rieur à une turbomachine de compression ;
– une turbine à gaz (ou un réacteur aéronautique), dans laquelle
Figure 8 – Torche tourbillonnaire à la base et en sortie d’aube (ou dans lequel) le rapport de détente est sensiblement identique
au rapport de compression, aura beaucoup plus d’étages de com-
pression que d’étages de détente.
Le facteur de diffusion ci-après permet de relier les pertes à ces
deux aspects : déviation et ralentissement.
v 2 Δv u t
D = 1− +
v 1 2v 1 l
v2
avec terme de ralentissement,
v1
v2 vitesse en aval,
a canal de diffusion b canal d’accélération
v1 vitesse en amont,
Δv u t t
Figure 9 – Effet de divergence terme de déviation (t, le pas ; l, la corde et le
2v 1 l pas relatif). l
aérodynamiques. La figure 7b montre pourquoi on utilise des turbi-
nes à injection partielle en tête de certaines turbines à vapeur, On voit (figure 10), qu’il ne faut pas dépasser un facteur de diffu-
lorsque le débit-volume est trop faible pour obtenir des aubages à sion D de 0,55 à 0,65 sous peine de voir les pertes augmenter de
allongement correct sur toute la circonférence. manière prohibitive. On n’a pas non plus intérêt à choisir un facteur
Le développement des couches limites sur les parois, associé au de diffusion D trop faible, sinon c’est le nombre d’étages de la
dérapage des couches limites sur les planchers et plafonds de machine qui devient exagéré.
veine génèrent des écoulements secondaires complexes et forte-
ment tridimensionnels qui réduisent notablement le passage pour 1.2.1.3 Pertes liées aux écoulements transsoniques
le fluide sain (figure 8). et supersoniques
& Sur la figure 9a, est représenté un canal de diffusion utilisé pour Le nombre de Mach Ma prend en compte l’influence de la com-
les aubages fixes ou mobiles d’une machine de compression. pressibilité du fluide ; il est égal au rapport d’une vitesse de réfé-
La pression en aval étant supérieure à celle en amont, il y a un rence à la célérité du son en un point défini du canal.
risque sérieux de décollement dû à des écoulements inverses. Lorsque la vitesse moyenne du fluide s’approche de la célérité du
La divergence doit être faible [1], et donc les capacités de compres- son ou la dépasse, toute survitesse locale à la surface d’une paroi
sion sont réduites. se traduit par une poche supersonique bordée en aval par un fort
Inversement, dans un coude accélérant (figure 9b) utilisé dans les gradient de recompression, qui fait grossir la couche limite et pro-
turbines, il y a peu de risque de décollement, car la tendance naturelle voque le plus souvent son décollement.

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0,06 e e

0,05 e

0,04 R R
Pertes ΔPi/Pi

0,03

0,02
L

0,01 Disque Cylindre

Figure 11 – Pertes par frottement de disque


0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7
Facteur de diffusion D liquide-vapeur et que des gouttelettes de condensation se forment
et interfèrent avec la phase gazeuse.
Figure 10 – Corrélation ente les pertes énergétiques et le facteur de
diffusion 1.2.1.6 Pertes aérodynamiques globales
Bien qu’elles tirent leur origine de plusieurs mécanismes, parmi
Outre cet effet qui ne fait qu’aggraver les pertes par frottement, lesquels le frottement visqueux aux parois joue toutefois un rôle
les écoulements supersoniques engendrent des irréversibilités par prépondérant, on regroupe les pertes aérodynamiques de chaque
onde de choc qui leur sont bien spécifiques. canal dans une expression de la forme (1) ou (2) de sorte qu’un
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S’ajoutant à la compressibilité du fluide, qui agit déjà sur le étage donné se trouve finalement affecté par un total de pertes SDf :
champ des vitesses théoriques, ces différents phénomènes font du
∑ Δf = Δff + Δfr + ∑ Δfp
coefficient de pertes z une fonction directe du nombre de Mach dès
que celui-ci excède une valeur d’environ 0,8.
où les quantités du second membre lues dans l’ordre désignent
respectivement toutes les pertes qui se produisent dans les auba-
1.2.1.4 Pertes par turbulence
ges fixes Dff, dans les aubages mobiles Dfr et dans les autres passa-
La turbulence en amont est, d’après les lois de la statistique, le ges de la cellule Dfp.
rapport entre la racine des carrés des moyennes des fluctuations
de vitesse et la vitesse moyenne de l’écoulement ; elle échappe 1.2.2 Pertes par frottement de disque
aux actions du constructeur. Cette intensité atteint une valeur de
l’ordre de 5 à 10 % à l’intérieur d’une turbomachine et des valeurs & Si l’on se réfère au cas idéal d’un disque de rayon R (figure 11)
beaucoup plus importantes (jusqu’à 30 %) dans le cas de machines tournant à la vitesse périphérique u dans un milieu de masse volu-
soumises aux actions du vent atmosphérique. mique r, un calcul simple d’analyse dimensionnelle montre que la
puissance consommée sur les faces latérales est de la forme :
Les pertes par turbulence sont encore difficilement appréhendées
industriellement, et font aujourd’hui l’objet de développements Pf ,d = k ρ u 3 R 2
numériques importants. Par ailleurs, les résultats expérimentaux
publiés dans de nombreux ouvrages mentionnent rarement l’inten- où le coefficient k, issu de l’expérience, dépend du nombre de Rey-
sité de la turbulence, donc son effet sur les pertes. nolds Re = ruR/m, du rapport e/R (e désignant la distance qui
sépare le disque et le stator) et, enfin, de la rugosité du disque.
1.2.1.5 Pertes par hétérogénéité du fluide
& La surface externe d’un cylindre de longueur L, dissipe une puis-
Le fluide peut être hétérogène par la présence de corps en sus-
sance qui, de façon semblable, s’écrit, en l’admettant proportion-
pension ou peut le devenir par changement de phase (le plus sou-
nelle à L :
vent avec apparition d’un mélange liquide-vapeur) ou, s’il est
liquide, par dégagement de gaz dissous. Pf ,d = k ′ ρu 3 RL
Du fait de leur écart de densité, les éléments de volume présen-
tant une nature différente acquièrent des vitesses inégales et ne où k′ est fonction des mêmes grandeurs que le coefficient k d’un
suivent plus les mêmes trajectoires. En conséquence, des pertes disque.
apparaissent, d’une part, parce que le transfert d’énergie entre le
rotor et l’un au moins des constituants du milieu s’effectue d’une & Malgré la forme complexe de certains rotors, leur décomposi-
manière aérodynamiquement désadaptée et, d’autre part, mais à tion en éléments assimilables à des disques et à des cylindres suffit
un moindre degré, à cause des frottements qui résultent de la traı̂- généralement pour évaluer de manière satisfaisante la puissance
née du constituant le plus lent. Enfin, il peut se produire un retard consommée par le frottement de leur surface extérieure dans le
aux changements de phase, responsable d’une perte complémen- milieu ambiant, car celle-ci n’excède jamais une faible fraction de
taire par irréversibilité thermodynamique. la puissance utile de la machine.
Les frottements de disque appartiennent aux pertes aérodynami-
À titre d’exemples, on citera : ques internes puisque l’énergie dégradée de leur fait est générale-
 la cavitation, c’est-à-dire les troubles graves dont souffrent les ment reprise par une fuite qui réintègre ensuite l’écoulement dans
machines hydrauliques lorsque le liquide entre en ébullition ; la machine.
 les pertes par humidité, qui se manifestent dans les turbines à Ce n’est que dans des cas très particuliers, comme celui par
vapeur quand la détente pénètre dans le domaine d’équilibre exemple de certaines pompes multicellulaires dont le tambour

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TURBOMACHINES –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

d’équilibrage est volontairement balayé par un débit renvoyé vers Il en résulte une augmentation de la puissance sur la jante de la
l’extérieur, que la fraction correspondante doit être traitée comme roue, toutes choses étant égales par ailleurs. La perte interne cor-
une perte externe. respondante provient donc de deux faits :
– la roue échange de la puissance avec une quantité inutile de
1.2.3 Pertes par fuites dans les garnitures fluide ;
d’étanchéité – la puissance spécifique absorbée traversant la roue est
augmentée.
Une cause de pertes internes également importante provient des
fuites internes. Les barrages prévus entre rotor et stator, tout en  Par ailleurs, cette turbomachine est munie sur l’arbre, à
limitant la quantité de fluide détournée, en laisse passer une partie l’arrière de la roue, de léchettes de labyrinthes limitant la fuite de
qu’on ne doit pas négliger dans les bilans. ′ vers l’atmosphère. Comme il est naturel de rapporter la
fluide fext
Une certaine quantité de fluide peut s’échapper vers l’extérieur puissance absorbée par le rotor au débit utile qms traversant la
provoquant une perte externe. Il y a alors lieu de distinguer deux bride de refoulement, son existence, du point de vue du rende-
éventualités : ment, constitue une perte, il s’agit d’une perte externe de seconde
espèce.
– si la fuite se produit avant que le fluide ait pu échanger de
l’énergie avec le rotor, on dira qu’il s’agit d’une fuite externe de  Récapitulatif des débits :
première espèce ;
– qme, débit-masse à l’entrée de la machine,
– si la fuite a lieu après l’échange d’énergie, on dira qu’il s’agit
– qms, débit-masse utile à la sortie de la machine,
d’une fuite externe de seconde espèce.
– qmr = qms + fint + fext
′ , débit-masse traversant la roue.
1.2.3.1 Turbomachines monocellulaires  En résumé pour une machine génératrice (figure 12) :
& Machines génératrices – la fuite interne fint provoque une perte due à sa compression
inutile dans le rotor ;
Considérons une machine génératrice monocellulaire, par exem-
– la compression dans la roue, partant d’une enthalpie plus éle-
ple un compresseur (figure 12).
vée que celle du fluide aspiré, il en résulte une seconde perte ;
 Pour limiter la fuite interne fint, inévitable le long du barrage à – la fuite externe fext′ provoque une perte correspondant à sa
l’ouı̈e, fuite qui retourne dans le débit aspiré par la roue, un dispo- compression inutile.
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sitif spécial est prévu à cet endroit (chicanes, léchettes). Bien entendu, des cas beaucoup plus complexes peuvent se pré-
Cette fuite, avant d’atteindre le dispositif, balaye l’énergie de frot- senter qui demandent une analyse spécifique. C’est le cas, par
tement du flasque. Quand elle rejoint le débit utile qme de fluide qui exemple, des chambres intermédiaires faisant office de by-pass
a pénétré par la bride amont, son enthalpie est supérieure à celle pour équilibrer les poussées axiales.
de qme pour deux raisons :
& Machines réceptrices
– son passage antérieur dans la roue, dans laquelle elle a reçu de
l’énergie par l’arbre ; Considérons une machine réceptrice monocellulaire dont la pres-
– le balayage de l’énergie de frottement du flasque avant. sion à l’échappement est supérieure à la pression atmosphérique
(figure 13), on retrouve :
Le mélange qui se présente à l’ouı̈e, au bord d’attaque des auba-
ges de la roue, possède donc une enthalpie un peu supérieure à ce – une fuite interne fint à la périphérie de la roue,
qu’elle serait en l’absence de la fuite. ′ de première espèce le long de l’arbre du
– une fuite externe fext
côté admission,
′′ de seconde espèce le long de l’arbre du
– une fuite externe fext
qme
côté échappement.
qms
1.2.3.2 Turbomachines multicellulaires
Les fuites sont alors de natures diverses et dépendent des tech-
nologies de construction.
Leur influence sur le bilan énergétique est plus ou moins aisée à
déterminer. Le calcul des débits de fuite présuppose, en effet, la

f ext
” f’ext
f int

O O’ f int

f ’ext f”
ext

f int fuite interne O O’


f ext
” fuite externe de première espèce
’ fuite externe de seconde espèce
f ext

Figure 12 – Fuites d’une machine génératrice monocellulaire Figure 13 – Fuites dans une machine réceptrice monocellulaire

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connaissance des conditions de pression, en particulier, en tout Il existe une autre méthode venue de la thermodynamique pour
point où a lieu le piquage ou la réinjection. Et ces prélèvements calculer la puissance interne Pi.
de débit et leur réintroduction dans la veine créent des perturba- En effet, le premier principe de thermodynamique établi pour un
tions locales dont la prise en compte est délicate à appréhender. écoulement permanent s’exprime par ([BM 4 280], relation 5) :
Notons également qu’il existe parfois des fuites consenties, c’est le
cas par exemple des fuites alimentant des aubages devant être refroi- Δv 2
Wi + Q = Δh +
dis (cas des turbines à gaz et de réacteurs aéronautiques). Il faut 2
absolument tenir compte, au mieux, de ces fuites qui finissent par
avoir une importance sur le bilan de l’installation à laquelle appar- Pour une turbomachine thermiquement isolée (Q = 0), et en utili-
tient la turbomachine. ⎛ v2⎞
sant l’enthalpie d’arrêt ⎜ h i = h + ⎟ :
⎝ 2⎠
1.2.4 Pertes mécaniques
Wi = Δh i
Les pertes mécaniques représentent la somme des puissances
consommées par tous les organes étrangers à l’écoulement princi-
il vient :
pal, mais cependant nécessaires au fonctionnement de la turboma-
chine, c’est-à-dire : Pi = qmi ⋅ Δh i (4)
– les paliers et la butée du rotor ;
– le variateur de vitesse, qu’il soit à engrenages ou du type Ces deux méthodes de définition de la puissance interne [3] et [4]
hydraulique, lorsqu’il en existe un entre la turbomachine et l’appa- conduisent, bien entendu, au même résultat et peuvent être regrou-
reil moteur, ou résistant qui lui est accouplé ; pées. Selon que l’on utilise l’une ou l’autre de ces relations, les
– les auxiliaires, qu’ils soient directement entraı̂nés ou non, niveaux enthalpiques à l’entrée de la roue, en particulier, seront
comme par exemple la pompe à huile de graissage, la pompe ali- différents [2] [4].
mentant éventuellement des organes hydrauliques de réglage, ou
encore le ventilateur d’aspiration des buées sur une turbine à 1.3.3 Relation entre les puissances externe
vapeur ; et interne
– le piston d’équilibrage de certaines pompes, dans le cas peu
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fréquent où sa puissance de frottement est évacuée par une fuite La relation entre les puissances externe et interne s’écrit pour
externe. une machine génératrice :
La somme Pm de ces puissances constitue naturellement une Pi = P − Pm
perte externe, à la seule exception de la puissance des paliers
dans le cas rare où ils se lubrifient d’eux-mêmes dans le fluide de avec Pm pertes mécaniques.
la turbomachine.

1.3.4 Relation entre la puissance interne


1.3 Puissance d’une turbomachine et le couple interne
1.3.1 Puissance externe ou à l’accouplement Selon la définition du couple interne (Ci = C + Cf,d) ([BM 4 281],
§ 3.1.3), on a :
L’accouplement concrétise la frontière entre la turbomachine et
l’appareil, moteur ou résistant, avec lequel elle échange de l’éner- Pi = ωCi
gie mécanique. Par unité de temps, cette énergie est égale à la
puissance P. avec w vitesse angulaire de rotation.
Dans le cas de la machine génératrice de la figure 12 par exem-
ple, on a en introduisant la puissance absorbée par les frottements Le couple C exercé sur les aubages mobiles, et qui constitue la
de disques Pf,d : majeure partie du couple interne Ci, peut, en principe, être calculé
en utilisant le théorème d’Euler appliqué au champ réel des vites-
ses, à condition que ce dernier tienne compte non seulement des
P = (qms + fint + fext
′ ) τ s + Pf.d + Pm pertes aérodynamiques, mais aussi des perturbations dues aux fui-
tes, que l’on ne sait pas bien représenter dans l’état actuel des
ou encore : connaissances.
P = qmr τ a + Pf.d + Pm C’est pourquoi il subsiste une très légère différence entre la
valeur de Ci = Pi /w issue du bilan énergétique et celle calculée par
La couronne d’aubages mobiles fournissant le travail sur l’arbre la relation Ci = C + Cf,d, où Cf,d est le couple de frottement de
t a est traversée par le débit massique roue qmr. disque.

1.3.2 Puissance interne


1.4 Rendement d’une turbomachine
C’est la puissance Pi échangée entre le rotor et le fluide à l’inté- de compression
rieur de la turbomachine.
Reprenons le cas précédent, il vient par l’observation directe : 1.4.1 Rendement global ou externe
Pi = (qms + fint + fext
′ ) τ a + Pf.d (3) Le rendement global (ou externe) compare la puissance utile-
ment recueillie à celle globalement consommée dans le transfert
énergétique.
ou :
À cet égard, une machine génératrice consomme la puissance
Pi = qmr τ a + Pf ,d externe P, alors que le débit sortant de fluide qms, mis à la disposi-
tion de l’utilisateur, reçoit la puissance tqms où t est le travail.

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TURBOMACHINES –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

D’où les expressions du rendement global hg : 1.4.3 Décomposition des rendements


– pour une machine de compression à fluide compressible : Récapitulons d’abord les différents rendements, pour une
τq machine de compression à fluide compressible :
ηg = ms (5)
– le rendement global (5) s’écrit :
P
– pour une machine de compression à fluide incompressible, τqms
ηg =
cette expression devient, en utilisant la relation de l’article P
([BM 4 281], d’après § 4.3), c’est-à-dire :
– le rendement interne hi (6) est défini par :
τ = gHm
τ
ηi =
Wi
ϖq vs Hm
ηg =
P – le rendement mécanique hm est défini par :
avec Hm hauteur manométrique,
Pi P
ϖ poids volumique du fluide ( ϖ = ρg), ηm = = 1− m
P P
qvs débit volumique utile,
– le rendement volumétrique externe (ou de fuite externe) ηfext ′ .
g accélération de la pesanteur.
On se réfère au débit utile qms sortant de la bride de refoulement,
pour une machine génératrice, de sorte que :
Lorsque le fluide est compressible, il faut nécessairement préci-
ser la voie thermodynamique qui est suivie par la machine réver- qmi = qms + fext

sible de référence qui sert à évaluer t. Pour cette raison, on ajoute
au rendement global l’un des qualificatifs – polytropique, isentro- avec qmi débit interne participant au transfert d’énergie,
pique ou isotherme – selon que t s’identifie respectivement à t p,
t S ou t T ([BM 4 282], § 3). qms débit utile à la bride de refoulement,
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Le rendement global isotherme hg,T n’est en pratique utilisé que ′


fext débit de fuite externe qui s’échappe en aval de
pour les compresseurs à réfrigération externe, où l’on cherche à la roue, dans une machine génératrice.
réduire la puissance consommée en se rapprochant d’une évolu-
tion isotherme. Pour cela, la compression est fractionnée en plu- Il vient :
sieurs étapes, chacune effectuée dans un corps de compresseur
thermiquement isolé, et, entre deux étapes, le fluide est ramené à qms f′
ηfext
′ = = 1 − ext (7)
sa température initiale par un réfrigérant extérieur. La puissance P qmi qmi
qui figure dans l’expression de hg,T est donc la somme des puissan-
ces externes des corps de compresseurs en général accouplés en On vérifie, a posteriori, que le rendement global est le produit
série sur un même arbre. des trois rendements partiels :

1.4.2 Rendement interne ηg = ηm × ηfext


′ × ηi

Le rendement interne compare la puissance d’une machine réver- Mais, en particulier pour les machines multiétages, les pertes par
sible qui véhiculerait le même débit interne qmi que la machine frottements de disques et les pertes par fuites modifiant l’état
réelle à la puissance interne de cette machine réelle, ou encore, moyen du fluide à l’entrée de chaque organe, il est souvent difficile
par élimination de qmi, le travail réversible t au travail interne de de distinguer chacun de ces rendements.
la machine réelle Wi.
Par exemple, la difficulté de définir un rendement volumétrique
D’où les expressions du rendement interne hi comportant au provient d’une part des échanges d’énergie thermique entre les fui-
numérateur l’énergie recueillie et au dénominateur celle qui est tes et l’écoulement principal, et d’autre part de la prise en compte
dépensée : délicate de la perte d’énergie mécanique due à cette fuite.
– pour une machine de compression à fluide compressible :
1.4.4 Calcul des rendements internes
τ pour une machine génératrice
ηi = (6)
Wi
Il suffit, si le fluide est incompressible, d’appliquer la définition,
– pour une machine de compression à fluide incompressible : alors que le cas des fluides compressibles appelle d’autres
considérations.
Hm
ηi =
i′
H th 1.4.4.1 Rendement interne polytropique
Pour un gaz quelconque, le travail interne Wi et le travail polytro-
avec ′
H th hauteur théorique effective tenant compte des pique t p s’évaluent respectivement à l’aide des expressions (2) rela-
frottements de disque. tive à Wi et (13) relative à t p de l’article [BM 4 282].
Par sa nature même, le rendement interne recense la totalité des Par contre, dans le cas d’un gaz parfait et en utilisant les condi-
pertes internes. tions d’arrêt isentropiques, on sait, selon l’équation (16)
Comme ce rendement ne s’applique qu’à des corps de machine de [BM 4 282] que :
théoriquement isolés, ou à des étages pris séparément, il n’existe,
v 2 − v 02
pour les appareils à fluide compressible, que sous les formes
polytropique ou isentropique selon le mode d’évaluation de t τp =
k
k −1
r (Tf − T0 ) + f
2
=
k
k −1
(
r Ti,f − Ti,0 )
(réversible).

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avec k exposant de la loi polytropique puk = cte & Cas d’un gaz parfait
([BM 4 282], § 3.2), Il existe une légère variation de la capacité thermique massique à
Ti,f température d’arrêt à l’état final, pression constante cp, en fonction de la température, on pose alors
Dh = cpDT, d’où :
Ti,0 température d’arrêt à l’état initial,

alors que : ηi, s =


( ) = (Ti, f′ − Ti,0 )
cpmoy 0f ′ Ti, f ′ − Ti,0
(
cpmoy 0f Ti, f − Ti,0 ) (Ti, f − Ti,0 )
γ
(
Wi = Δh i = cp Ti, f − Ti,0 = ) γ −1
(
r Ti, f − Ti,0 ) Ces formules sont, par contre, tout à fait exactes, dans le cas
d’un gaz idéal parfait, pour lequel cp serait constant.
avec cp capacité thermique massique à pression cons-
tante, 1.4.5 Comparaison des rendements internes
cp
g où cv capacité thermique massique à polytropique et isentropique
cv
volume constant, 1.4.5.1 Valeurs relatives
R
r constante des gaz parfaits r = où R est la Pour une machine de compression :
M
constante universelle des gaz parfaits et M la
masse molaire. τp > τ s , donc : ηp > ηs

Donc, le rendement interne polytropique vaut : 1.4.5.2 Signification physique du rendement interne poly-
tropique
k & Étant donné que la différence t p - Wi mesure les pertes internes,
ηi,p =
τp
=
(k − 1) (8) à la seule imperfection près que t p constitue, une approximation du
Wi γ travail réversible t du fluide, seul le rendement interne polytro-
(γ − 1) pique hp, qui compare t p et Wi a le mérite de jouer le rôle d’un ren-
dement vrai.
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Il faut prendre garde que l’exposant k est celui de la fonction À cette qualité fondamentale, il doit d’être souvent appelé rende-
polytropique qui passe par les états totaux, initial et final, de sorte ment réel approché et de jouir de deux propriétés importantes :
que :
– si l’on associe en série plusieurs cellules de même rendement
⎛T ⎞ polytropique, ce dernier s’étend à tout le groupe d’étages ainsi
ln ⎜ i, f ⎟ constitué, s’il est parcouru par le même débit interne. Par contre,
k −1 ⎝ Ti,0 ⎠ l’effet de fuites internes récupérées, si elles sont de quelque impor-
=
k ⎛P ⎞ tance, confère une valeur légèrement supérieure au rendement
ln ⎜ i, f ⎟ interne de l’ensemble ;
⎝ Pi,0 ⎠ – le rendement polytropique est invariant dans une similitude
aérodynamique, si l’on néglige l’influence du nombre de Reynolds.
avec pi,f pression d’arrêt finale,
pi,0 pression d’arrêt initiale. En définitive, le rendement polytropique caractérise la qualité
technique d’un appareil.

Remarque : Si, au lieu d’être parfaitement isolée thermique- & En ce qui concerne le rendement isentropique, il se trouve asso-
ment, la machine cède une légère quantité de chaleur vers cié à des pertes conventionnelles calculées en se référant à une
l’extérieur, l’évaluation du travail interne Wi par la relation (2) évolution idéale isentropique et que l’on distingue des irréversibili-
de l’article [BM 4 282], et par la relation (7) conduisent à une tés réelles Df en les qualifiant de pertes adiabatiques Dp.
estimation par excès de hi,p.
1.4.5.3 Choix pratique
1.4.4.2 Rendement interne par rapport à l’isentropique & Pour tous les appareils qui véhiculent un fluide assimilable à un
(ou rendement interne adiabatique)
gaz parfait, ce qui est le cas de la plupart des compresseurs, on uti-
& Cas d’un fluide quelconque lise de préférence le rendement polytropique à cause de sa signifi-
cation physique, et parce qu’il se prête commodément aux calculs
Pour un gaz quelconque, le travail interne Wi et le travail isentro- thermodynamiques. Les utilisateurs de machines génératrices
pique t s s’évaluent à l’aide des expressions (2) et (23) de [BM 4 282] soupçonnent toutefois les constructeurs de succomber en cela à
relatives respectivement à Wi et t s. un penchant commercial qui les pousse à mettre en avant la valeur
la plus flatteuse.
τs
ηi, s =
Wi & Lorsque l’appareil met en œuvre un gaz réel, éloigné de l’état
parfait, comme par exemple une turbine à vapeur, on emploie plu-
tôt le rendement isentropique, en dépit de son imperfection théo-
v f2 − v 02 rique parce que la référence à l’évolution isentropique simplifie les
h i, f ′ − h i,0 hf ′ − h0 + calculs que l’on effectue à l’aide des tables de propriétés thermody-
ηi, s = = 2
h i, f − h i,0 v f2 − v 02 namiques ou d’un diagramme, comme celui de Mollier. Malgré
hf − h0 + cette justification, le recours au rendement isentropique pour les
2 machines de détente reste suspect aux yeux de certains, parce
avec f état final réel, qu’il fait apparaı̂tre le chiffre le plus élevé.
Il y aura donc lieu, en toutes circonstances, de bien préciser le
f′ état final dans le cas d’une évolution isentro- rendement utilisé pour qualifier la machine : rendement interne
pique. polytropique ou rendement interne isentropique (ou adiabatique).

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TURBOMACHINES –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

2. Application à l’étude d’une – théorème de l’énergie cinétique :

turbomachine de détente τ a1→ 2 = ∫


2 dp
+ Δf1→ 2 +
v 22 − v 12
1 ρ 2

2.1.1 Relations de base pour les turbines


La plupart des expressions précédentes et celles des arti-
cles [BM 4 280] [BM 4 281] [BM 4 282] ont été établies, pour ne Les habitudes ont conduit les constructeurs de turbines (machi-
pas alourdir le texte, dans le cas général des machines de compres- nes réceptrices) à considérer que le travail spécifique fourni par
sion à fluide compressible ou incompressible. leurs machines était positif. La thermodynamique nous apprend
que ce travail, fourni à l’extérieur par l’intermédiaire d’un arbre de
Afin de compléter, nous présentons ci-après l’analyse détaillée transmission, est, par convention, négatif puisque ce travail est
d’une turbine axiale à réaction, exemple à partir duquel nous pour- cédé par le système fluide à un milieu extérieur.
rons préciser les notions introduites précédemment.
Nous céderons aux usages en nous affranchissant des conven-
Il ne sera tenu compte ici que du fluide traversant la turboma- tions établies par le thermodynamicien ; mais auparavant, nous
chine. Les pertes par fuites, par frottements de disque, ainsi que prendrons soin de modifier en conséquence les écritures des prin-
les pertes mécaniques sont ici négligées et devraient faire l’objet cipes de base avant de les appliquer de manière systématique.
d’une étude complémentaire.
Les principes de mécanique des fluides et le théorème de l’éner-
Dans ces conditions, on a en particulier : gie cinétique deviennent donc pour une turbine :
– principe de conservation de la masse :
Wi = τ a
qm = ρSv = Cte
avec ta travail sur l’arbre.
d’où ρ1S1v 1 = ρ2S2v 2
Le travail interne prend en compte le travail absorbé par les frot-
tements de disques, ce dernier étant négligé ici en première appro- – principe fondamental de la mécanique, équation d’Euler :
che, le travail interne est égal au travail sur l’arbre.
τ a = u1v 1u − u2v 2u
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2.1 Application des principes de base – premier principe de la thermodynamique :

Afin de tracer le diagramme de fonctionnement d’une turbine v2


τ a = Δh + Δ
axiale, écrivons les principes de base à utiliser. 2
Il est auparavant nécessaire de rappeler les relations utilisées
v 12 − v 22
pour les machines génératrices ou de compression : d’où τ a = h1 − h 2 +
2
– principe de conservation de la masse : – second principe de la thermodynamique :

qm = ρ Sv = Cte donc ρ1 S1v 1 = ρ2 S2 v 2 Δf = ∫ TdS

avec S1, S2 surfaces traversées par le fluide au niveau de 2


deux sections 1 et 2, d’où Δf1→ 2 = ∫ TdS
1
– théorème de l’énergie cinétique :
v1 , v2 vitesses du fluide en 1 et 2 ;
– principe fondamental de la mécanique, équation d’Euler 2 dp v 12 − v 22
([BM 4 281], § 4) : τ a1→ 2 = − ∫ − Δf1→ 2 +
1 ρ 2
τ a = u2v 2u − u1v 1u Ce sont ces quatre principes et le théorème de l’énergie cinétique
définis ci-dessus entre deux états 1 et 2 que nous allons utiliser
avec vu vitesse absolue tangentielle moyenne maintenant pour déterminer, point par point, les différents états
([BM 4 280], figure 5) ; du fluide dans un étage de turbine axiale.
– premier principe de la thermodynamique pour une machine Nous déterminerons le diagramme entropique et le diagramme
adiabatique : enthalpique pour une turbine axiale détendant un gaz réel ou une
vapeur. Nous ne tiendrons pas compte des fuites, car ce problème
v2 ne peut être abordé qu’a posteriori une fois que les différents
τa = Δh + Δ niveaux de pression en particulier ont été établis.
2

v 22 − v 12 2.1.2 Détente dans le distributeur


d’où τa = h2 − h1 +
2 Soit le distributeur schématisé sur la figure 14.
avec h enthalpie massique ; Les principes de mécanique des fluides et le théorème de l’éner-
gie cinétique s’écrivent dans ce cas :
– second principe de la thermodynamique :
– principe de conservation de la masse :
Δf = ∫ TdS
qm = ρSv = Cte
2
d’où Δf1→ 2 = ∫ TdS d’où ρ0S0v 0 = ρ1S1v 1d
1

avec S entropie ; avec v 1d vitesse débitante (figure 14) ;

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–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– TURBOMACHINES

v0
S0 T p0 p0
i

F
p1
i
0i

v 21 h0
S1 2 cp 1i
m
v1
v1 h0 – h1
d Vue suivant F 0

v 21
Figure 14 – Schéma d’un distributeur
2 cp
m
a’’
– premier principe de la thermodynamique :
p1

v 2 − v 12 α
0 = h0 − h1 + 0
2 1 h1
β 1’
d’où h0i = h1i γ
– second principe de la thermodynamique :
θ a b
1 S
Δff 0→1 = ∫ TdS
0 a diagramme entropique

– théorème de l’énergie cinétique :


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1 dp v 02 − v 12 h p0
0=−∫ − Δff 0→1 + T
0 ρ 2 p1
i
T0
i T1
2.1.2.1 Explicitation des aires sur un diagramme entro- 01 1i i
pique
La figure 15a représente le diagramme entropique correspon- v 21 p0
dant au cas étudié. On y retrouve les éléments suivants où A repré- T0
2 v 21
sente l’aire :
2
 h0i = A (α, 0i , a ), enthalpie d’arrêt entrée distributeur, 0
v 21 T1
 h0 = A(b, 0, a), enthalpie entrée distributeur, th
2 1
v2 q1
 0 = A (α , 0i , 0, β ), énergie cinétique à l’entrée,
2
 h1i = A (γ , 1i , b ), enthalpie d’arrêt sortie distributeur,
 h1 = A(θ, 1, b), enthalpie sortie distributeur, 1’

v2
 1 = A (γ , 1i , 1, θ ), énergie cinétique à la sortie du distributeur,
2 p1
1 dp
 −∫ = + A ( β, 0, 1, θ ), travail polytropique de détente entre
ρ 0 S
les conditions statiques, b diagramme enthalpique
 Dff0 Æ 1 = - A(a, 0, 1, b), pertes polytropiques du distributeur.
La figure 15b montre le diagramme enthalpique correspondant. Figure 15 – Diagrammes entropique et enthalpique de la détente
dans le distributeur
2.1.2.2 Pertes dans un distributeur
On pose j, coefficient de ralentissement des vitesses dans le dis- avec h1i = h0i, comme il a été vu précédemment, on a :
tributeur, issu de l’expérience :
v1 h0i − h1 A (α , 0i , a ) − ⎡⎣ A (θ, 1′, a ) + A (a, 1′, 1, b )⎤⎦
ϕ= ϕ2 = =
v 1th h0i − h1′ A (α , 0i , a ) − A (θ, 1′, a )
A (α , 0i , 1′, θ ) − A (a, 1′, 1, b )
La vitesse v 1th serait la vitesse théorique atteinte lors d’une =
A (α , 0i , 1′, θ )
détente sans perte ; elle est définie par la figure 1. Il vient :
j2 apparaı̂t donc comme le rendement isentropique du distributeur,
v 12 h1 − h1
ϕ2 = = i défini entre les conditions totales amont et statiques aval. Au sens
v 12 h0i − h1′ du rendement isentropique, les pertes sont égales à l’aire (a, 1′, 1, b),
th
c’est-à-dire à h1 - h1′.

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2.1.2.3 Calcul des pertes dites adiabatiques, ou hydrauli- – théorème de l’énergie cinétique :
ques du distributeur
2 dp v 12 − v 22
Les pertes adiabatiques Dpf sont : τ a1→ 2 = − ∫ − Δfr1→ 2 +
1 ρ 2
v 12 − v 12
( ) (
Δπ f = h1 − h1′ = h0i − h1′ − h1i − h1 = ) th

2
Le théorème d’Euler peut encore s’écrire :

v 12 v 12 − v 22 u12 − u22 w 12 − w 22
⎛ 2⎞ τ a = u1 v 1u − u2 v 2u = + −
(1− ϕ 2 ) = v21 ⎝⎜ 1−ϕϕ2
2
= th
2 2 2
2 ⎠⎟
Soit, en combinant avec le premier principe de la
Si on appelle q1, la chute statique disponible dans le distributeur, thermodynamique :
il vient (figure 15b) :
v 12 − v 22 v 12 − v 22 u12 − u22 w 12 − w 22
v 12 τ a = h1 − h2 + = + −
v 02 2 2 2 2
th
= q1 +
2 2
d’où :
Pour être complet, les pertes peuvent donc encore s’écrire :
u12 − u22 w 12 − w 22
h1 − h2 = −
⎛ v2⎞ 2 2
Δπ f = ⎜ q1 + 0 ⎟ 1 − ϕ 2
⎝ 2⎠
( ) w 12 u12 w 22 u22
h1 + − = h2 + −
2 2 2 2
On voit que l’utilisation du coefficient de ralentissement j intro-
Pour une turbine axiale, u2 = u1 et l’expression précédente
duit la notion de rendement isentropique ; les pertes globales sont
devient :
bien entendu toujours représentées par l’aire (a, 0, 1, b) et un ren-
dement polytropique en tiendrait compte. w 12 w2
h1 + = h2 + 2
2 2
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2.1.3 Détente dans le mobile


d’où h1ir = h2 ir
La figure 16 représente le schéma du mobile.
L’enthalpie d’arrêt relative hir est constante dans un mobile de
Les principes de la mécanique des fluides et le théorème de turbomachine axiale.
l’énergie cinétique s’écrivent (l’indice r est utilisé pour l’écoulement
relatif) : 2.1.3.1 Explicitation des aires dans le diagramme entro-
pique
– principe de conservation de la masse :
La figure 17a représente le diagramme entropique de la détente
ρ1S1v 1d = ρ2 S2 v 2d dans la roue et la figure 17b montre le diagramme enthalpique
correspondant.
– principe fondamental de la mécanique, équation d’Euler : Les aires du diagramme entropique représentent des énergies ;
on peut dresser la liste de certaines d’entre elles :
τ a = u1v 1u − u2v 2u
w 12
 = A (η, 1ir , 1, θ ), énergie cinétique relative à l’entrée du
2
– premier principe de la thermodynamique :
mobile,
v 12 − v 22  h2 = A(z, 2, c), enthalpie à la sortie du mobile,
τ a = h1 − h2 + = h1i − h2i
2  h2i = A (σ, 2i , c ), enthalpie d’arrêt à la sortie du mobile,

– second principe de la thermodynamique :  h2ir = A ( μ, 2ir , c ) , enthalpie d’arrêt relative à la sortie du


mobile,
2
Δfr = Δfr1→ 2 = ∫ TdS v2
1  2 = A (σ , 2i , 2, ζ ), énergie cinétique à la sortie du mobile,
2
w 22
 = A ( μ, 2ir , 2, ζ ), énergie cinétique relative à la sortie du
2
v1 mobile,
v1
w1 d
2 dp
u
 = A (θ, 1, 2, ζ ), travail polytropique de détente dans la
∫1
ρ
F
roue,
 Dfr1 Æ 2 = - A(b, 1, 2, c), pertes polytropiques dans le mobile.

2.1.3.2 Pertes dans un mobile


v2
d v2 w2 On appelle y , coefficient de ralentissement des vitesses dans le
mobile.
u2
On pose :
Vue suivant F
w2
ψ=
w 2th
Figure 16 – Roue de la turbine axiale

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avec h2ir = h1ir , comme il a été vu précédemment :


T p1
h1 i
i
A (η, 1ir , 2′, ζ ) − A (2′, b , 2, c )
p1 ψ2 =
1i ir
A (η, 1ir , 2′, ζ )

p1 y 2 apparaı̂t donc comme le rendement isentropique du mobile,


v 21 1ir défini entre les conditions d’arrêt relatives amont et statiques aval.
2 cp h p2 Au sens du rendement isentropique, les pertes sont égales à l’aire
1 =h ir
m ir
2 (2′, b, 2, c), c’est-à-dire à h2 - h2′.
w 21 ir
γ 2 cp h1 2ir p2
i
m 2.1.3.3 Calcul des pertes dites adiabatiques, ou hydrauli-
ques du mobile
1 2i
w 22 Les pertes adiabatiques Dpr s’écrivent :
η h2
i 2 cp
m w 22 − w 22
2 cp
v2
p2 (
Δπr = h2 − h2′ = h1ir − h2′ − h1ir − h2 = ) ( ) th

2
θ m
w 22 w 2 ⎛ 1− ψ 2 ⎞
μ
2 h2
=
2
th
(1− ψ 2 ) = 2⎜
2 ⎝ ψ 2 ⎟⎠
σ
2’ Si on appelle q2, la chute statique disponible dans le mobile, il
vient :
ζ
b c S
w 22 w 12
th
= q2 +
a diagramme entropique 2 2
Les pertes Dpr peuvent donc encore s’écrire, pour être complet :
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h p1 p1
i
⎛ w2⎞
T1
i
Δπr = ⎜ q2 + 1 ⎟ 1 − ψ 2
⎝ 2 ⎠
( )
p2
ir
h1 1i
i
p1
2.2 Définition du degré de réaction
ir

1ir
On peut proposer deux définitions du degré de réaction e, selon
h1 = h2
v 21 ir ir que l’on raisonne sur les chutes statiques disponibles ou sur les
2 2ir chutes statiques réelles :
w 21 ζa
p2 – en utilisant les chutes statiques disponibles :
2 i
1 w 22 q2
T2 ε=
i
2
2i
q1 + q2
h2
i
avec :
p2 v22
w 22 q2 = h1 − h 2 ( figure 17b )
th 2
q2 2 q1 = h 0 − h1′ ( figure 15b )
2
– en utilisant les chutes réelles :

q2*
ε* =
q1* + q2*
2’
avec :
S
q2* = h1 − h2
b diagramme enthalpique
q1* = h0 − h1
Figure 17 – Diagrammes entropique et enthalpique de la détente
dans la roue 2.3 Pertes par vitesse restante
Pour un aubage à action, on aurait (q2 = 0) : À l’exception des turbines qui appartiennent aux moteurs d’avia-
tion, on vise à obtenir de toutes les machines de détente la plus
w 2th = w 1 forte puissance possible sur l’arbre, ce qui conduit à réduire au
minimum l’énergie cinétique finale pour accroı̂tre le travail t puisé
Il vient : dans le fluide.
Bien que le fluide quittant le rotor ne traverse plus aucun organe
w 22 h2 − h2
ψ2 = = ir mobile susceptible de recueillir du travail, la présence du diffuseur,
w 22 h1ir − h2′ dispositif statique, accroı̂t indirectement l’énergie reçue par le rotor
th
et améliore ainsi le rendement.

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v 22 2.4 Définition du rendement


Dans le diagramme entropique de la figure 18, est représenté
2 aérodynamique d’étage
par l’aire (s, 2i, 2, z).
Plusieurs cas sont à considérer : Ayant négligé les pertes par frottement de disque et les pertes
par fuites dans cette application, pour simplifier l’exposé, nous
– lors d’une récupération complète de l’énergie cinétique de sor-
utiliserons le rendement aérodynamique défini dans l’article
tie, c’est-à-dire lorsqu’un aubage distributeur est placé directement
derrière l’aubage mobile de l’étage étudié, le coefficient de récupé- ([BM 4 281], § 4.4) pour qualifier les performances de la turbine.
ration de l’énergie cinétique m est égal à 1. Le point représentatif Deux définitions sont utilisées.
des conditions d’arrêt d’entrée de l’étage aval est en 2i ;
– lors d’une perte complète de l’énergie cinétique de sortie, on a & La première s’appelle rendement total à total de l’étage :
m = 0. On perd v 22 / 2 , c’est-à-dire l’aire (s, 2i, 2, z) ou (c, 2, 4, d).
L’évolution aval depuis la sortie du mobile de l’étage étudié s’effec- τ a h0i − h2i
tue à enthalpie d’arrêt constante et à pression statique constante si ηA = ηS = =
τ h0i − h2is
le fluide est déversé dans un grand réservoir ;
– dans les cas intermédiaires, on ne perd pas complètement le point 2is étant à l’intersection de l’isentrope passant par 0i et
l’énergie cinétique v 22 / 2 ; on récupère donc mv 22 / 2. de l’isobare p2i (figure 19).
La perte est alors : Il s’agit du rendement entre les conditions d’arrêt ; c’est celui qui
représente le mieux la qualité intrinsèque de la turbine.
v 22
Δπp = (1 − m ) = A (c , 2, 3, e )
2 & La seconde s’appelle rendement total à statique de l’étage :

τs h0 − h2i
T p2 ηB = ηs = = i
i h0i − h2s h0i − h2s

2i le point 2s étant à l’intersection de l’isentrope passant par 0i et de


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l’isobare p2 = p3i (figure 19).


h2 p2
i
Il s’agit du rendement lorsque l’on tient compte de la perte par
3i vitesse restante en l’attribuant à la turbine.
v 22 On pourrait tout aussi bien comptabiliser cette perte avec le
2 cp 4 réseau. Le diagramme entropique complet d’une turbine axiale à
σ 1

2
T p0
i

p1
ζ i

0i 1i p1
ir
c e d S
a diagramme entropique
v 21 v 20 p1 p2
2 cp p0 ir
2 cp
1ir 2ir
h p2 α 0
i
w 21 ζa
1 2 cp
p2 cp
p2 i
γ
hi 2i 3i
2 β
4 3i
w 22
η 2 cp 2i w 22
mv 12
v 22 2 cp
2 θ 2
2 μ
3 2is
= p2i
r
q1 distributeur
suivant p2
2 2s
σ
ζ
S
S distributeur mobile
b diagramme enthalpique

Figure 18 – Diagrammes entropique et enthalpique des pertes par Figure 19 – Diagramme entropique d’une turbine axiale à réaction
vitesse restante fonctionnant avec un gaz parfait

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–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– TURBOMACHINES

réaction, fonctionnant cette fois-ci avec un gaz parfait, fait l’objet de En plaçant sur l’isobare p0 un point C′ à l’horizontale de C, on
la figure 19. peut délimiter une aire A1 ayant pour contour (c′C′Aa) ; cette aire
est identique à celle de (aACb).
On peut décomposer le diagramme de détente en quatre aires :
2.5 Analyse des détentes
– A1, surface du parallélépipède (c′ C′ Aa) (ou aACb),
sur le diagramme entropique
– A2, surface du triangle curviligne (ABC),
Dans le but de représenter sur un diagramme thermodyna- – A3, surface du parallélépipède curviligne (aABb),
mique le fonctionnement complet d’une turbine multiétage par – A4, surface du triangle curviligne (ABD).
exemple, il y a lieu de schématiser encore davantage le fonction-
nement d’un étage unique. En particulier, on assimilera la ligne
brisée (qui aurait pu être en pointillés) à une polytrope passant
2.5.1 Détente polytropique
par les points 0i et 2i, nous appellerons cette ligne AB sur la Si l’on admet que la loi polytropique décrit la détente réelle de
figure 20. Ceci sera d’autant plus acceptable que le nombre manière suffisamment approchée, c’est-à-dire que la loi puk = Cte,
d’étage sera élevé, car la polytrope s’éloignerait moins de la qui par le choix de k passe par les points réels de détente A et B
ligne brisée représentant la détente réelle. en représentant assez fidèlement la courbe AB, le travail de
La détente isentropique 0i2is de la figure 19 sera alors représen- détente polytropique t p sera convenablement représenté par
tée sur la figure 20 par la détente isentropique AC. l’aire positive :

On a tracé sur la figure 20 les courbes AB, AC et AD qui repré- τ τ = A 1 + A 2 + A 4 = A (αADβ )


sentent respectivement les transformations réelle (ou polytro-
pique), isentropique et isotherme. 2.5.2 Détente isentropique
Le travail sur l’arbre d’une machine réversible détendant isentro-
piquement le fluide de p0 et pf est représenté par l’aire positive :
T
τS = A 1 = A (α ACβ )
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2.5.3 Détente isothermique


Le travail sur l’arbre d’une machine réversible détendant de
manière isotherme le fluide de p0 et pf est représenté par l’aire
positive :
A D
τ T = A 1 + A 2 + A 4 = A (αADβ )
A4
2.5.4 Détente réelle
On note A3 l’aire sous-tendue par la transformation réelle AB ;
A2
A1 B
elle mesure les pertes SDf.
C’
Le travail fourni sur l’arbre est égal à :
C
τ a = hA − h B = A (α Aa) − A ( βBb) = A 1 + A 2 − A 3
α
On vérifie que la différence t p - t a qui, par définition, constitue
σ les pertes internes (ou pertes polytropiques), est bien égale à A3.
On trouve que les pertes adiabatiques :
c’ a b S
∑ Δπ = τ s − τ a = A 3 − A 2

comprennent encore les pertes vraies A3, mais diminuées cette fois
A
de A2 = t p - t s, c’est-à-dire, du supplément de travail réversible,
déjà identifié dans les compresseurs, et qui est dû ([BM 4 282],
figure 9) à la dilatation du fluide par le réchauffage provenant des
pertes internes. Cette aire A2 représente la partie des pertes récupé-
rables et réutilisée pour le réchauffage de la vapeur.
Le réchauffage dû aux pertes internes joue de manière défavo-
B rable dans un compresseur, où le supplément de travail doit être
C fourni au fluide, et favorable dans une turbine où le fluide le
récupère.

A3 = ΣΔf

3. Conclusion
a b S

Un rendement optimum des turbomachines est un impératif


de recherches tant théorique qu’expérimental, et ceci d’autant
Figure 20 – Analyse des détentes sur le diagramme (T, S) plus que ces machines sont accouplées dans des cycles

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TURBOMACHINES –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

C’est cette constatation qui conduisit à l’échec les premières ten-


tatives de réalisation des turbines à gaz, lorsque la technique de
conception des turbomachines correspondait à un état de l’art
ηcycle
ηCarnot insuffisamment développé.
0,8 ηth
C’est ce qui explique aussi que, même à l’heure actuelle, la cons-
0,7
truction des turbines à gaz ne puisse être effectuée avec succès que
0,6 ηc = η d = 1 par des constructeurs possédant une technique affirmée.
0,5 Température devant Des recherches poussées sont effectuées d’abord théoriquement
0,4 turbine = 1 000 °C en utilisant des codes de calcul en constante amélioration, puis en
ηc = ηd = 0,8 laboratoire et en plateforme d’essais, par tous les constructeurs
0,3 importants, et toute amélioration des rendements des turbomachi-
η
0,2 nes se traduit immédiatement par un gain de rendement global qui
0,1 compense largement les peines et les efforts consentis.
Rapport de compression
0 Le choix entre les diverses technologies de turbomachines
1 50 100 150 dépend beaucoup du poids relatif attribué aux trois aspects : éner-
gie, économie et environnement. Ce choix est aussi affecté par les
aspects liés à l’exploitation.
Figure 21 – Influence du rendement des turbomachines sur le La durée de vie d’une turbomachine est d’environ d’une quaran-
rendement théorique d’une turbine à gaz taine d’années, mais des accidents et des avaries de toutes sortes
peuvent la frapper à tout moment, d’où l’absolue nécessité d’en
assurer le contrôle et la maintenance.

η 0,5
du cycle ηc = ηd = 0,9 4. Glossaire
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0,4
Température devant décollement ; separation
turbine = 1 200 °C
Phénomène apparaissant lorsque l’écoulement principal
0,3 n’adhère plus à la paroi.
diffuseur ; diffusion vane
Partie divergente d’un conduit, généralement destinée à convertir
0,2 ηc = ηd = 0,8 de l’énergie cinétique en énergie de pression.
écoulement permanent ; steady flow
Écoulement dans lequel les diverses caractéristiques (pression,
0,1 température, vitesse, etc.) ont une valeur constante au cours du
ηc = ηd = 0,7 temps.
Rapport écoulement secondaire ; secondary flow
de compression
0 Écoulement provoqué par l’organisation des décollements de
1 10 20 30 40 paroi et qui peut prendre beaucoup d’importance par rapport à
l’écoulement principal.
fluide compressible ; compressible fluid
Figure 22 – Influence notable de l’amélioration du rendement des Fluide dont le volume varie sous l’action d’une pression externe.
turbomachines sur le rendement théorique d’une turbine à gaz La masse volumique d’une particule varie en fonction des condi-
tions de température et de pression.
thermodynamiques. Prenons l’exemple, pour conclure, d’une fluide incompressible ; incompressible fluid
turbine à gaz composée d’un compresseur adiabatique, d’une
chambre à combustion à pression constante et d’une turbine Fluide dont le volume demeure constant sous l’action d’une
adiabatique accouplée au compresseur. Sur la figure 21, on a pression externe. La masse volumique d’une particule est
tracé le rendement de cette turbine à gaz fonctionnant entre les constante.
températures extrêmes de 15  C (amont compresseur) et de hauteur d’arrêt ; discharge head
1 000  C (amont turbine) [5]. Le rendement de Carnot est obtenu
Somme des énergies (cinétique, potentielle et piézométrique)
pour un rapport de compression de plus de 150. Il n’est pas égal
dans un fluide incompressible.
à 1 même pour des rendements de compression et de détente
égaux à 1 car, selon le principe de Carnot, la quantité de chaleur pertes ; losses
rendue à la source froide en sortie de la turbine ne peut plus être Au sens mécanique dans ce texte, dissipations d’énergie méca-
récupérée. Sur la même planche, on a reporté le rendement de la nique en chaleur.
turbine à gaz pour des rendements isentropiques de compres-
sion et de détente de 0,8. Le rendement optimum de la turbine turbomachine ; turbomachinery
à gaz est 0,23 ; il est obtenu pour un rapport de compression de Ensemble mécanique dont le rôle est d’assurer un échange
10. On observe, par ailleurs sur la figure 22, la très nette d’énergie entre un fluide en écoulement et un rotor animé d’un
influence du rendement des turbomachines sur le rendement mouvement de rotation généralement uniforme autour de son
d’une turbine à gaz. axe.

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–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– TURBOMACHINES

5. Symboles Symbole Définition

r Constante spécifique du gaz : r = R/M

Symbole Définition u Vitesse d’entraı̂nement

Cf,d Couple de frottement de disque v Vitesse absolue

Ci Couple interne vu Vitesse absolue tangentielle moyenne

D Facteur de diffusion w Vitesse relative


H th Hauteur manométrique théorique effective Dff Pertes dans le canal fixe

Hm Hauteur manométrique Dfr Pertes dans le canal mobile

M Coefficient de récupération de l’énergie cinétique Dpf (Dp)


Pertes adiabatiques dans un canal fixe (Pertes
adiabatiques)
M Masse molaire
Dpr Pertes adiabatiques dans un canal mobile
Ma Nombre de Mach
g cp /cv
Pf,d Puissance perdue par frottement de disque
e Hauteur des aspérités
Pi Puissance interne
Coefficient des pertes par frottement
Pm Puissance des pertes mécaniques za
(à l’adaptation)
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R Constante universelle des gaz parfaits


Coefficient représentant la fraction de l’énergie
zf
cinétique perdue dans le canal fixe
Re Nombre de Reynolds
zi Coefficient des pertes par incidence
S Entropie massique
Coefficient représentant la fraction d’énergie
S Surface traversée par le fluide zr
cinétique perdue dans le canal mobile
T Température
j Coefficient de ralentissement des vitesses
Wi Travail interne (massique)
hg Rendement global
cp Capacité thermique massique à pression constante
hi Rendement interne
cv Capacité thermique massique à volume constant
hm Rendement mécanique
fext Fuites externes
hs Rendement isentropique
fint Fuites internes
m Viscosité absolue
g Accélération de la pesanteur
r Masse volumique
h Enthalpie massique
t Travail (ou énergie massique) du fluide
hi Enthalpie d’arrêt (massique)
ta Travail sur l’arbre
hir Enthalpie d’arrêt relative (massique)
t ad Travail adiabatique
k Exposant de la loi polytropique
tp Travail polytropique ou travail approché du fluide
l Longueur caractéristique du canal
tS Travail isentropique
p Pression
tT Travail isotherme
q Chute statique
y Coefficients de ralentissement des vitesses
qmi Débit interne
w Vitesse angulaire constante de rotation
qmr Débit-masse traversant la roue
ϖ Poids volumique du fluide ( ϖ = ρg)
qms Débit utile

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P
O
U
Turbomachines R
Bilan énergétique et applications
E
N
par Michel PLUVIOSE
Professeur honoraire du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
S
Paris, France

et Christelle PÉRILHON
A
Maı̂tre de conférences – HDR – Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Laboratoire Dynfluid, Chaire d’énergétique, turbomachines
Paris, France
V
O
I
R
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mique technique. Masson (1969).
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À lire également dans nos bases


BOIS (G.), REY (R.), BAKIR (F.) et COUTIER- GICQUEL (R.). – Progiciel Thermoptim – GUÉDEL (A.). – Bruit des ventilateurs – Par-
DELGOSHA (O.). – Turbomachines : calcul Boı̂te à outils pour l’énergétique. [BE 8 047] tie 1. [BM 4 177] (2002).
des écoulements incompressibles – Modéli- (2013).
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GICQUEL (R.). – Diagrammes thermodynami- MEAUZÉ (G.). – Turbomachines : calcul des
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(2015). aéronautiques et terrestres. [B 4 410] (1992). (1995).

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P TURBOMACHINES –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

O
U PLUVIOSE (M.). – Similitude des turbomachi- PLUVIOSE (M.) et PÉRILHON (C.). – Turbo- POULAIN (J.). – Bruit des pompes. [BM 4 179]
nes hydrauliques. [BM 4 285] (2004). machines – Mécanisme de la conversion (1998).
R PLUVIOSE (M.) et PÉRILHON (C.). – Turbo-
machines – Description et principes de base.
d’énergie. [BM 4 281] (2018).
PLUVIOSE (M.) et PÉRILHON (C.). – Turbo-
VINCENT DE PAUL (M.). – Turbines à fluide
compressible – Pertes et moyens de les ré-
[BM 4 280] (2017). machines – Thermodynamique de la conver- duire. [BM 4 561] (1998).
sion d’énergie. [BM 4 282] (2003).

E Organismes – Fédérations
N Profluid : http://www.profluid.org/fr/
Association française des pompes et agitateurs, des compresseurs et de la
robinetterie

S Normes et standards – Réglementation


A Normes AFNOR : https://www.boutique.afnor.org/norme/ NF EN 809/A1 (décembre 2009) Pompes et groupes motopom-
pes pour liquides – Prescription

V NF EN 733 (août 1995) Pompes centrifuges à aspira-


tion axiale PN10 à support
sous corps de pompe – Point NF ISO 14661/A1 (mars 2004)
communes de sécurité.
Turbines thermiques pour
de fonctionnement nominal, applications industrielles (turbi-
O dimensions principales, sys-
tème de désignation.
nes à vapeur, turbines à dilata-
tion de gaz) – Prescriptions

I NF EN ISO 5199 (mai 2002) Spécifications techniques pour


pompes centrifuges – Classe II.
générales – Amendement 1 :
feuilles de données pour turbi-
nes thermiques pour applica-
NF EN ISO 13709 (février 2010) Pompes centrifuges pour les
R tions industrielles.
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industries du pétrole, de la
pétrochimie et du gaz naturel.

P Chaire de turbomachines du Cnam (Conservatoire national des arts et


Laboratoires – Bureaux d’études
Laboratoire de dynamique des fluides : DynFluid

L métiers)
turbo-moteurs.cnam.fr/index/
Arts et Métiers ParisTech/Conservatoire National des arts et métiers
dynfluid.ensam.eu

U
S

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