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ETRE EN BONNE VOIE

Comment travailler sa voix?

Pour un travail vocal intelligent!

Entreprendre une démarche autour de sa voix surprend et révèle à celui qui s'engage dans cette
"voie" des possibilités, parfois un talent qu'il n'aurait pas soupçonnés. Découvrir sa voix, c'est
souvent découvrir en soi une part supplémentaire de beauté.

Des conseils simples et de bon sens y aident. Cependant, s’ils sont nécessaires, ils ne suffisent pas.
Explorer sa voix demande de quitter tout à priori, tout esprit critique concernant ce qui est la
manifestation sonore de soi, et d'adopter l'ouverture d'esprit suffisante afin d'accueillir l'imprévu et
l'inconnu. Le travail de la voix offre l'opportunité de mieux se connaître, d'appréhender
différemment son corps, de progresser dans l'affirmation de soi-même et de progresser en liberté
d'expression.

Motivation, confiance et un peu de temps vous sont nécessaires. Mais plus encore, il vous faut
développer votre répertoire kinesthésique, progresser dans la perception de vos sensations et ...
changer vos idées reçues !

Ce travail est à votre portée de tous pour peu que vous vous s’intéressiez à vous-même...
N'oubliez pas qu'en cas d'inconfort, de douleurs ou de questions, les praticiens parmi ceux cités dans
le chapitre "qui consulter pour sa voix ?" pourront vous aider à avancer dans votre démarche.

Le choix du praticien ou orthophoniste


Evitez de perdre votre temps et trouvez un praticien compétent ! A quoi être attentif ?
-Tout d’abord, le praticien ou pédagogue doit vous accorder du temps et une écoute de qualité. Il
doit partir de vos retours, de vos impressions, de vos difficultés et vous emprunter le pas, là où vous
en êtes avec votre voix.
-Il doit adapter sa méthode à ses patients et non pas forcer le patient à entrer dans une méthode !
En d’autres termes, si vous avez l’impression que l’orthophoniste ou le professeur de chant avec
lequel vous travaillez dit exactement la même chose dans les mêmes termes à tous ses élèves ou
patients, il est fort probable que ses compétences soient limitées et que ses élèves ou patients aient
tous les mêmes défauts.
-Le vocabulaire utilisé doit s’adapter à vos sensations et aux représentations du corps qui sont les
vôtres.
-Il est impératif qu’en début de séance, votre thérapeute ou pédagogue de la voix vous laisse un
temps de parole sur ce que vous avez expérimenté dans la semaine ou le mois. Ne craignez pas de lui
faire un retour précis de ce que vous découvert et senti.
-Craignez les orthophonistes ou professeurs de chant qui font de leur séance un temps de bavardage,
même intéressant…
-Enfin, lorsqu’un progrès est réel, il doit se répercuter sur l’ensemble de votre être et non pas que sur
un point précis (mâchoire, posture etc). Un progrès facilite le geste vocal à tous les niveaux : souffle
plus aisé, posture plus équilibré, articulation plus fluide…
-Laissez cependant au thérapeute un laps de temps de 3 à 6 mois environ avant de vous faire votre
jugement sur ses compétences. Il faut lui laisser le temps de vous connaître.
La pratique de la chorale
Participer à une chorale est agréable. Cela enrichit sur de nombreux plans : social, musical, vocal
etc. Mais respecter les règles suivantes est absolument nécessaire si l’on ne veut pas obtenir l’effet
inverse de celui recherché.
-Sachez à quel pupitre (soprano, alto, ténor ou basse) vous appartenez réellement. Partez à la
découverte de votre tessiture :
Si vous êtes soprano (voix les plus fréquemment rencontrées chez la population française d'origine
européenne), n'adoptez pas le pupitre des alti (voix graves de femme) ! Cette erreur est fréquente :
elle arrange à la fois les chefs de chœur qui manquent toujours de voix graves de femmes, et les
choristes elles-mêmes qui n'arrivent pas à émettre les aigus.
La voix chantée demande un certain travail : ce n'est pas parce que vous ne parvenez pas à réaliser
les aigus que vous n'êtes pas soprano ! L'émission des aigus est souvent le résultat d'un
apprentissage. Vous cantonner au grave peut être préjudiciable si vous n'en avez pas la voix. Il en est
de même pour les ténors qui chantent avec les basses par manque de technique vocale.
-Il est capital de connaître sa voix avant de s'engager dans une chorale. Quelques leçons en
particulier avec un professeur de chant, ou 5 à 10 séances avec une orthophoniste spécialisée en voix
vous aideront à connaître votre tessiture.
L'Association Française des Professeurs de Chant (AFPC) renseigne sur les pédagogues qui se
trouvent près de chez vous.
- La compétence du chef de chœur est indispensable. Celui-ci doit avoir une bonne connaissance des
voix afin de pouvoir vous guider dans le pupitre qui est le vôtre. Il doit aussi faire pratiquer une
préparation vocale de qualité avant chaque répétition : ex de souffle, ex posturaux, vocalisations de
toutes sortes... seront bienvenus.

La pratique du théâtre
- L'enseignant doit avoir une réelle réflexion pédagogique pour vous emmener vers le répertoire et
les rôles qui vous mettront en confiance et vous aideront à sortir de vous.
Sa connaissance de l'instrument vocal doit être suffisante afin que vous ne forciez pas en travaillant :
jouer ne veut pas dire hurler ou vociférer ! Les comédiens expérimentés savent s'utiliser de manière
écologique afin de ne pas se vider de toutes leurs réserves énergétiques et vocales.
Pour trouver un bon enseignant, vous pouvez vous tourner vers l'Association Nationale des
Professeurs d'Art Dramatique (ANPAD).
- Pour vous entraîner, privilégiez les jours fériés ou les périodes de vacances afin de ne pas travailler
sur un instrument surmené.
- Travaillez peu mais régulièrement Il vaut mieux faire de courtes expérimentations quotidiennes de
quelques minutes qu’un marathon mensuel de 3 heures ! Régularité et motivation sont les garants
du succès !
-Mettez- vous au calme et concentrez-vous pour travailler
-Ne travaillez pas lorsque vous êtes trop fatigué
-Ayez un lieu où vous pouvez vous isoler afin de ne pas être la proie de railleries mal venues
-Pour ceux qui ont déjà un acquis, gardez contact avec votre thérapeute ou votre pédagogue et afin
de réactiver vos acquis ou de vous éviter les erreurs, ayez recours à sa supervision de temps à
autre.
-la voix déteste la volonté : ne vous en demandez pas trop
- La voix est énergie : à chaque exercice, sachez réveiller la vôtre que le quotidien a peut-être
endormie !

Enfin ces deux maximes feront de vous un praticien intelligent :


« Mieux vaut sentir que réussir » et « conviction et sérénité dans l’erreur ».

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