Vous êtes sur la page 1sur 84

CHAPITRE 0 ELEMENTS INTRODUCTIFS

SECTION 1

La notion de fiscalité et Caractéristiques du système fiscal


ivoirien
1-1 La notion de fiscalité
 Les sources internationales : le système fiscal ivoirien est
inspiré de la législation fiscale française par des conventions
fiscales de réciprocité tendant à éliminer les doubles
impositions.
 Principes du droit fiscal
 Principe de légalité devant l’impôt: le parlement est seul
habilité à créer, modifier ou supprimer l’impôt dans le cadre de
la loi des finances ou d’une loi ordinaire.  autorisation
législative
 Le principe de liberté : liberté individuelle de commerce et
d’industrie
 Principe de nécessité de l’impôt: une contribution commune
est indispensable pour l’entretien de la force publique et pour
les dépenses de l’administration
 Principe d’annualité de l’impôt: du fait de l’annualité
budgétaire et l’autorisation législative étant annuelle
 Principe de territorialité de l’impôt: application de l’impôt dans
l’espace territorial ou l’espace de souveraineté fiscale; les
conventions fiscales peuvent étendre cet espace fiscal
 Principe du non rétroactivité de la loi fiscale: l’application part
de la date de l’adoption de la loi fiscale
 Définition de l’impôt
C’est un prélèvement obligatoire sans contrepartie directe et
effectué par l’Etat ou les collectivités locales à titre définitif en
vue de financer les dépenses de l’Etat.
 Caractéristiques de l’impôt
• La contrainte : Le contribuable est obligé par la loi de payer
l’impôt.
• L’absence de contrepartie directe : Toute la collectivité
bénéficie des investissements réalisés par l’Etat et financés sur
la base de l’impôt.
• L’impôt est payé d’une façon définitive : Le contribuable ne
doit pas s’attendre au remboursement d’un impôt légalement
payé.
 Le rôle de l’impôt
 le rôle économique: accorder certaines exonérations fiscales
dans le but d’encourager les investisseurs
(entreprises nouvellement créées ou encouragement de
certains secteurs); pour encourager la décentralisation, l’Etat
exonère également les entreprises qui s’établissent dans les
régions en dehors de la région où il y a une centralisation
industrielle.
 Le rôle financier : sert à couvrir les dépenses de l’Etat et à
rembourser la dette nationale.
 Le rôle social : sert à atténuer les inégalités des revenus
(revenus faibles sont exonérés et au fur et à mesure que les
revenus augmentent l’impôt augmente) et sert à financer les
besoins collectifs (rôle social).
1-2 Caractéristiques du système fiscal ivoirien
 Système d’imposition cédulaire
La cédule est une catégorie de revenu: salaire, le bénéfice, le
dividende, le loyer. A chaque revenu correspond un impôt
 Système d’impôts multiples
La caractéristique majeure du système ivoirien est la diversité de
l’impôt de par son caractère cédulaire. A cela, il faut ajouter les
taxe spécifiques: sur les produits pétroliers, le cacao, le café, la
banane, l’ananas, les assurances, etc.
 Système fiscal déclaratif avec un droit de contrôle de
l’administration
Il revient au contribuable ivoirien seul, de calculer le montant de
son impôt, de le déclarer et de le payer, charge à l’administration
fiscale d’exercer son droit de contrôle; ce qui signifie l’existence
d’une certaine dose de confiance vis-à-vis du contribuable, donc sa
collaboration loyale (c’est lui qui fournit les éléments d’imposition
qu’il va supporter).
Ainsi, les actes ou déclarations bénéficient d’une présomption
d’exactitude et de sincérité, et les insuffisances, inexactitudes ou
omissions révélées sont présumées être commises de bonne foi.
Mais la confiance de l’administration n’est pas absolue car elle se
réserve le droit de contrôler les déclarations, fait des
recoupements, des droits de communication et surtout de
vérifications des situations fiscales. Ce pouvoir a pour but de
sanctionner les délits de fraudes fiscales et est nécessaire pour
assurer l’égalité devant l’impôt.
Le système déclaratif interdit l’Etat de s’immiscer dans la conduite
des affaires des opérateurs: l’obligation leur incombe de déclarer
leur existence fiscale et de lui notifier les bases de leur
contribution sous le contrôle de l’Etat.
Le système déclaratif postule que c’est le contribuable qui détient
toute l’information indispensable à la détermination des impôts.
Le système déclaratif repose sur la confiance que l’Administration
accorde au contribuable et se fonde uniquement sur sa bonne
volonté, sa sincérité et son civisme.
 Système fiscal inadapté à faible rendement
Comme tous les pays sous-développés, le système fiscal ivoirien
est à faible rendement, déséquilibré (prépondérance des impôts
indirects sur les impôts directs, sous administré et inadapté
(organisation faible et insuffisance de moyens d’action).

CHAPITRE 1 PROCEDURE DE CONTROLE FISCAL


Section 1 Les Fondamentaux du contrôle Fiscal
 1-1 Définition du contrôle fiscal
• Opération regroupant les techniques et moyens utilisés pour
s’assurer de la sincérité ou de l’exactitude des déclarations
fiscales des contribuables;
Vérification & examen des déclarations, des actes, des documents
relatifs à l’établissement des impôts, droits, taxes et redevances
ainsi que les documents de déductions et attestations fiscales (art.
1er du Livre de procédures fiscales.
 1-2 Motifs du contrôle fiscal
• La fraude fiscale est le principal motif dû à :
 La dissimulation de recettes (minoration de recettes ou
majoration de charges);
 L’oubli de revenu;
 L’omission volontaire de déclaration;
 De fausses déclarations;
 De travaux clandestins;
 La souscription d’aucune déclaration.
• Evasion fiscale (contourner ou diminuer l’impôt en profitant des
possibilités offertes par les règles fiscales ou leurs lacunes).
•  Système fiscal déclaratif accorde une confiance aveugle au
contribuable et se fonde uniquement sur la volonté, la sincérité
et le civisme de celui-ci qui est soumis à une tentation forte de
dissimulation et de fausses déclarations
 1-3 Objectifs du contrôle fiscal
• Assurer la cohérence et la pérennité du système déclaratif
ivoirien;
• Rendre opérationnelle la justice fiscale par l’instauration de
l’égalité des citoyens devant l’impôt et le respect d’une saine
concurrence entre les entreprises;
• Renflouer les caisses du trésor public.
 1-4 Le rôle du contrôle fiscal
• Réalisation de l’équilibre entre les acteurs;
• Régulation des déclarations;
• Support privilégié dans la tâche de conseil et d’assistance au
contribuable;
• Mission pédagogique;
• Un rôle répressif vis –à-vis des fraudeurs.
Section 2 Les Techniques du contrôle fiscal
L’étude de la cohérence interne de la déclaration n’est pas
suffisante pour établir les omissions ou dissimulations. Ainsi la
loi du 25 avril 1997 a été adoptée et donne à l’administration
fiscale un droit d’investigation qui complète le droit initial de
vérification.
2-1 Le droit d’investigation de l’administration fiscale
 Le droit de communication;
Documentation exigée des contribuables et des tiers
(entreprises privées, organismes publics & juridictions) par
lettre, sur place ou par copie de documents susceptibles
d’éclairer le fisc.
Un Avis de passage précisant les documents à mettre à
disposition doit être adressé au plus tard à la date de la
première intervention.
Documents concernés:
• Rapports de commissaires aux comptes
• Rapport de gestion du Conseil d’Administration
• Eléments de suivi de la comptabilité matière et analytique;
• Dossiers d’exportation ou d’importation, le cas échéant;
• Manuels de procédures comptables, opérationnels et
informatiques pour tester la qualité des supports et systèmes
produisant la comptabilité.
NB:
• L’exercice de ce droit ne peut déboucher en lui-même sur une
remise en cause directe de la présomption d’exactitude
attachée à la déclaration du contribuable. C’est ce qui distingue
ce droit de celui de la vérification;
• L’assistance d’un conseil n’est pas requise (obligatoire) en
matière de droit de communication mais tolérée;
• Le délai de conservation des documents par le contribuable est
de 10 ans à compter de la dernière date d’opération
mentionnée dans le registre ou de la date d’établissement des
desdits documents;
• Le contribuable a une obligation passive c’est-à-dire pas de
procédure contradictoire;
• Le refus de communication constaté par un procès-verbal
implique une amende fiscale;
• Le droit de communication est souvent entravé par la
communication d’informations inexactes dans le but de
protéger la clientèle amenant l’administration à des requêtes
d’éclaircissement et de justifications.
 Les demandes d’éclaircissement et de justification;
• Les demandes peuvent être écrites ou verbales pour tous
renseignements, explications, éclaircissements ou justifications
que l’administration fiscale juge utiles.
• La réponse du contribuable est de trente jours sous peine de
sanction en cas de refus
• La demande d’éclaircissement porte sur la discordances qui
concernent tous les éléments de déclaration et renseignements
apparaissant obscurs sur la forme ou sur le fond.
•  des justifications peuvent être exigées sur la situation & les
charges du contribuable, les charges retranchées du revenu
global, les revenus catégoriels déclarés ou non et la
disproportion entre les revenus déclarés et la situation
matrimoniale, de trésorerie et les éléments du train de vie des
membres du foyer fiscal.
NB:
• les demandes doivent être explicites et suffisamment précises
permettant au contribuable d’apporter des réponses utiles;
• La demande doit préciser le délai de réponse qui ne peut être
inférieur à 30 jours.
• La réponse du contribuable doit être précise mais pas évasive
ou générale sous peine d’être taxée de refus; Le défaut de
réponse entraîne une taxation d’office: ainsi, le contribuable
perd l’avantage de l’application de la procédure de
redressement contradictoire et se voit appliquer une procédure
unilatérale, exclusive de tout débat contradictoire.
• Le contribuable dispose d’un délai de 15 jours pour compléter
une réponse non pertinente.
 Le droit d’enquête;
• Ce droit permet au fisc, le contrôle de la facturation émise ou
reçue (article 67 du livre de procédure fiscale) et intervient de
façon inopinée chez les assujettis;
• Ce droit est mis en œuvre dans les locaux professionnels, les
entrepôts affectés à une activité professionnelle, moyens de
transport à usage professionnel;
• Un avis d’enquête contre décharge est un préalable et est
nécessaire pour accéder aux documents.
Documents concernés par l’enquête:
L’enquête porte sur les documents professionnels pour
s’assurer de la réalité des mentions portées sur les:
 factures reçues et émises (notes d’honoraires, de commissions
ou de courtage, quittances de loyers, …),
 les livres (bilan, compte de résultats, journaux auxiliaires
(banque, caisse, clients, fournisseurs, …),
 inventaires journalier,
 stocks et encours de matières premières,
 produits et prestations.
•  Obligation de production d’un procès-verbal mentionnant
date, heure, personnes présente, manquements constatés et la
liste des documents examinés.
 Le droit de visite et de saisie est reconnu à l’Administration
fiscale par l’article 12 al. 1 du LPF
• Concerne la recherche de preuve d’agissements frauduleux en
matière d’impôt général sur le revenu, d’impôts sur les revenus,
de taxes sur le chiffre d’affaires et de taxes indirectes.
• S’exerce également sur les véhicules transportant les
marchandises et produits pour relever les infractions à la
facturation.
• Est librement exercé par les agents des impôts habilités en
compagnie d’un officier de police judiciaire sauf au domicile
privé où l’autorisation préalable du président du tribunal est
requis; mais en cas de flagrance, l’autorisation n’est plus
indispensable.
NB:
 le droit de visite ne peut s’effectuer
• qu’entre 6 heures et 21 heures, sauf les lieux ouverts au public;
• qu’en présence de l’occupant ou son représentant, ou à défaut
l’officier de police requiert 2 témoins en dehors de
l’Administration;
 Le droit de visite n’est pas une vérification fiscale et ne la
remplace pas
Un procès –verbal de visite relatant les modalités, le
déroulement de l’opération et la matérialité des faits, est établi
par le fisc et comporte obligatoirement:
 Un inventaires des pièces et documents saisis;
 La signature de l’officier de police judiciaire et des agents des
impôts ou le cas échéant des deux témoins;
 La mention le cas échant du refus de signature de l’occupant,
de son représentant ou des témoins.
 Le contrôle de la facture normalisée (instituée par l’article 27
de la loi de finances pour la gestion 2005).
Les contribuables doivent obligatoirement utiliser les factures
normalisées (art 145 du LPF) dans:
- La prestation de services au profit de tiers
- La cession d’un bien à un tiers
Pour s’assurer de l’application effective de la facture
normalisée, l’Administration fiscale dispose d’un droit de
contrôle « sortie magasin » des factures exercé par un
contrôleur ou inspecteur des impôts, à tout moment et
de façon inopinée avec célérité et efficacité afin d’empêcher
toute dissimulation éventuelle de factures irrégulières.
NB:
• Un Avis de contrôle de la facture normalisée est remis lors de
l’intervention au contribuable ou à son représentant
• Un procès-verbal, dressé sur place, est signé par les contrôleurs
et contresigné par le contribuable ou son représentant
• Le défaut de délivrance d’une facture normalisée entraine la
confiscation des documents non normalisé et l’application
d’une amende égale à:
 10 000 F CFA par facture non émise pour les contribuables
relevant de l’impôt synthétique, cumul n’excédent pas 500 000
F CFA;
 30 000 F CFA par facture non émise pour les contribuables
relevant du régime réel simplifié, cumul n’excédent pas 3
millions;
 50 000 F CFA par facture non émise pour les contribuables
relevant du régime réel normal, cumul n’excédent pas 10
millions F CFA.
 Cette amende est payable dans un délai de 72 heures sous
peine de fermeture de magasin; sanctions pénale en cas de
récidive.
2-2 Le droit de vérification de l’administration fiscale
Ce droit implique une confrontation des documents détenus
par le fisc avec ceux détenus par le contribuable pour la
recherche d’une conformité ou de cohérence des documents
vérifiés qui sont en principe présumés exacts par déclaration;
alors que le droit d’investigation consiste à une collecte de
renseignements.
L’administration a le choix entre un contrôle sommaire et un
contrôle approfondi; mais le contrôle sommaire précède
toujours le contrôle approfondi.
 Le contrôle sommaire;
Effectué par les services d’assiettes de la DGI sans déplacement
ni recherches particulières de la part du fisc à 2 niveaux: le
contrôle formel et le contrôle sur pièces
 Le contrôle formel
• Recouvre les interventions destinées à constater la simple
présence des documents exigés, à rectifier les erreurs
matérielles et mathématiques évidentes constatées dans les
déclarations, à vérifier l’identité, l’adresses des contribuables et
les divers éléments en matière d’impôt général sur le revenu.
• Objectif de prévention des erreurs et omissions de la part du
contribuable
 Le contrôle sur pièces
Examen critique et exhaustif de tous les points de la déclaration
confrontés avec les renseignements et documents dont dispose
le fisc et qui figure au dossier du contribuable en vue d’en
vérifier l’exactitude et la sincérité;
L’Administration fiscale entend les intéressés en cas d’utilité de
leur audition ou lorsqu’ils demandent à fournir des explications
orales.
Elle peut demander par écrit tous les renseignements,
explications, éclaircissements ou justifications et rectifier les
déclarations.
Ce contrôle a pour objectifs de:
- Rechercher les contribuables défaillants;
- Procéder aux redressements qui résultent de l’examen des
dossiers et de l’exploitation des demandes de renseignements
et des bulletins de recoupements;
- Sélectionner les contribuables qui doivent faire l’objet d’une
vérification;
- Etablir les bulletins de renseignements nécessaires au contrôle
de divers impôts et taxes;
- Détecter des situations les plus anormales qui feront l’objet d’
un contrôle approfondi;
- Rectifier les bases d’imposition déclarées.
NB:
 Le contribuable n’est pas informé du contrôle entrepris.
 Ce contrôle peut aboutir à un redressement fiscal (obligation de
notification au contribuable).
 Le contrôle approfondi;
Implique des recherches extérieures et des investigations sur
place avec ou sans la collaboration du contribuable pour
s’assurer de la sincérité de sa déclaration fiscale:
- Vérification de comptabilité sur place (siège): examen de la
comptabilité et de la confronter aux éléments d’exploitation et
aux renseignements détenus par le fisc (livres légaux et
auxiliaires ou pièces et documents
- justifiant les écritures: relevés bancaires, factures,
correspondances commerciales, livre de paie, documents
comptables informatisés, actes concernant la vie des personnes
morales tels les délibérations, les rapports de commissaires aux
comptes).
- Vérification systématique des contribuables dont le dépôt des
déclarations est irrégulier, des anomalies fréquentes sont
constatées (déficits permanents, crédits d’impôt permanent,
chiffre d’affaires anormalement bas sur plusieurs exercices);
- Vérification en cas de constatation d’anomalies et des difficultés
pour appréhender la base imposable de certains secteurs
d’activités.
NB:
• Tous les impôts et taxes sont concernés y compris l’impôt
général sur le revenu
• Le défaut de présentation de la comptabilité et de la
documentation informatique est constaté par un procès-verbal
signé par le vérificateur et contresigné par le contribuable;
• Au cours de la vérification d’une entreprise individuelle, le fisc
est en droit d’examiner la situation
• personnelle du chef d’entreprise au regard de l’impôt général
sur le revenu et contrôler la cohérence entre les revenus
déclarés et la situation de trésorerie ou patrimoniale et les
éléments du train de vie du contribuable ainsi que celle des
membres de son foyer fiscal et des personnes dont il assure en
partie ou en totalité les moyens d’existence sans oublier les
comptes financiers utilisés à titre privé et professionnel.
•  Ce droit de vérification peut déboucher sur des
redressements.
SECTION 3 Les Conséquences du Contrôle Fiscal
3-1 Le redressement de l’imposition
Consiste au rétablissement d’une imposition supplémentaire
pour réparer les erreurs constatées dans l’assiette de l’impôt
lors des contrôles.
 Les procédures d’imposition d’office;
• Sont des sanctions unilatérales du comportement fiscal du
contribuable nées de situations d’incivisme fiscal prouvant
l’inexactitude des impositions: absence de déclaration ou du
retard de ce dépôt, éventualité d’une comptabilité inexistante,
présence de manœuvres d’opposition entrainant
l’Administration fiscale dans l’impossibilité d’asseoir l’impôt ou
de procéder à son contrôle dans des conditions normales.
Font perdre au contribuable le bénéfice de garanties attachées
au déroulement de la procédure ordinaire de redressement et
lui font supporter la charge de la preuve de l’exagération de
l’imposition.
 La procédure de taxation d’office:
En absence de dépôt des déclarations dans les délais prescrits,
l’Administration évalue les impôts et taxes dus par le
contribuable à l’aide des renseignements qu’elle possède à
charge pour le contribuable de démontrer que ces évaluations
sont exagérées.
Les impositions réclamées sont assorties d’amendes et de
majorations lourdes
Cette procédure s’applique dans les cas suivants:
- Souscription hors délai ou défaut de souscription des
déclarations: absence ou déclaration tardive (dépôt d’une
déclaration non signée, production d’une déclaration
inutilisable)
- Défaut de production dans les délais légaux de la déclaration
des résultats prévue
- Défaut de réponse aux demandes de renseignements,
éclaircissements ou justification ou dont la réponse équivaut à
un refus de réponse
- Est taxé d’office tout contribuable dont les revenus déclarés
sont notoirement insuffisants pour justifier les éléments de son
train de vie.
 La procédure de rectification d’office
L’Administration fiscale est tenue de rectifier d’office les
résultats déclarés ou les éléments servant de base au calcul des
impôts et taxes prévus par le code des impôts dans les cas
suivants:
- Défaut de présentation de la comptabilité, de documents
comptables, de livres et registres ou de tous autres documents
justifie le recours à cette procédure quels qu’en soit le motif
doit être constaté par Procès-verbal.
- Tenue de la comptabilité parallèle;
- Erreurs, omissions ou inexactitudes graves ou répétées sont
constatées dans la comptabilisation des opérations effectuées
(défaut d’inventaire, balances inexacte, importantes erreurs de
report, enregistrement non chronologique des opérations,
fausses factures, solde du compte caisse créditeur, opérations
non comptabilisées, apports non justifiés)
- Absence de pièces justificatives prive la comptabilité de toute
valeur probante: factures d’achat et de frais généraux,
déclarations en douanes, pièces justifiant les règlements
effectués au profit des fournisseurs, factures de vente, pièces
de recettes pour les ventes, actes justifiant la réalité des
emprunts consentis à l’entreprise.
 La procédure d’évaluation d’office
Les bases d’imposition sont évaluées d’office lorsqu’un contrôle
fiscal (vérification de la comptabilité) n’a pu avoir lieu du fait de
l’attitude du contribuable: s’opposer au contrôle, c’est de la
rébellion fiscale. L’opposition tant individuelle que collective
(intervention de tiers étrangers à l’entreprise: syndicat ou
attroupement de contribuables musclés attendant le
vérificateur) est réprimée et peut aller de la simple mauvaise
volonté à l’hostilité déclarée tel que mise en feu de la
comptabilité avant le début du contrôle, refus de communiquer
la comptabilité ou les éléments permettant sa reconstitution, la
fermeture du siège sans fournir une nouvelle adresse, absence
volontaire au moment fixé pour la vérification, report
systématique des rendez-vous, refus de conditions matérielles
aux vérificateur.
 Les incidences des procédures d’offices:
 Le rejet de débat contradictoire
Le contribuable défaillant, passible d’une procédure d’office ne
bénéficie pas de garantie de la procédure contradictoire qui est
par contre bénéfique au contribuable soumis régulièrement à
ses obligations fiscales.
Il conserve cependant la possibilité de demander une réduction
de son imposition en démontrant devant le juge une
exagération de l’évaluation faite par le fisc.
 Les incidences sur le régime de la preuve
Le contribuable imposé d’office conserve le droit de présenter
une réclamation contentieuse pour tenter d’obtenir la
décharge ou la réduction de l’imposition mise à sa charge.
Le vérificateur est toujours tenu de faire connaitre au
contribuable les bases de taxation et la méthode suivie pour
parvenir aux résultats arrêtés.
 Les procédures de redressement contradictoire du contrôle
approfondi;
 La procédure de droit commun
• Le champ d’application de la procédure de redressement
contradictoire est vaste: tous les impôts pour lesquels le
contribuable est tenu à une obligation déclarative.
• Elle doit être utilisée dès qu’une rectification entraine un
rehaussement des bases d’imposition: rectification des
déclarations
• Elle s’applique en cas de manquements de bonne foi ou de
mauvaise foi aboutissant à de manœuvres frauduleuses.
• La procédure de redressement contradictoire débute par une
notification de redressements
NB: la procédure n’est pas applicable en cas d’erreurs dans la
liquidation de l’impôt, erreurs de calculs de l’impôt et dans le
cas où le contribuable est soumis à l’impôt synthétique, défaut
de paiement d’une imposition payable spontanément, dans le
cas où le contribuable n’a pas déposé de déclaration.
La charge de la preuve incombe au fisc lorsque le contribuable a
respecté son obligation déclarative qui est présumée sincère
La charge de preuve pèse aussi sur le contribuable lorsqu’il veut
démontrer le dépôt dans les délais légaux d’une déclaration ou
l’exactitude d’une écriture comptable, l’imposition a été établie
d’après les déclarations qu’il a lui-même souscrites, la base
d’imposition qu’il a déclarée, a été rectifiée, en cas de
désaccord consécutif à une vérification de comptabilité.
 La procédure de répression des abus de droit
L’abus de droit en matière fiscale est une manipulation des
mécanismes ou montages juridiques ou l’abus des choix
juridiques (dissimuler la nature ou la portée d’une convention
ou d’un contrat à l’aide de clauses par les contribuables ou leurs
conseils) servant à éluder ou atténuer les charges fiscales:
Types d’abus de droit
- L’abus de droit par simulation: mensonge juridique; convention
ne correspondant pas à la réalité pour payer moins d’impôt.
Cette simulation est soit par interposition de personne, soit par
acte fictif ou par acte déguisé.
- L’abus de droit par fraude à la loi : éluder les impositions dont
était passible l’opération réelle
Eléments constitutifs: existence d’un acte juridique (contrat ou
convention) et d’une dissimulation altérant la portée véritable
du contrat ou de la convention à l’aide de clauses.
Champ d’application: procédure applicable lorsque le
contribuable a conclu des actes à l’aide de certaines clauses ou
stipulations qui :
- Donnent ouverture à des droits d’enregistrement ou une taxe
de publicité foncière moins élevées;
- Déguisent la réalisation ou le transfert de bénéfices ou de
revenus;
- Permettent d’éviter le paiement de taxes sur le chiffre d’affaires
en exécution de ce contrat ou de cette convention.
Conséquences de la procédure de répression: permet au fisc de
restituer les bases d’imposition. En cas de désaccord entre le
contribuable et le fisc, ils sont admis tous les deux à soumettre
le litige devant la commission mixte paritaire dans les jours de
la confirmation des redressements. Les droits dans le cadre
d’une procédure de répression des abus de droit sont passibles
d’une majoration de 150%.
3-2 Les sanctions de l’administration fiscale
 Les sanctions fiscales ou administratives
Ce sont les sanctions pécuniaires établies par le fisc dont les
majorations de droits, les intérêts de retard et les amendes
fiscales. On note les:
 Pénalités de recouvrement
 Pénalités d’assiette
• Elles sont dues lorsque le contribuable n’a pas déposé de
déclarations ou les a déposées en retard ou a déposé dans les
délais des déclarations inexactes. Ces pénalités sont des
majorations et des amendes.
• Les majorations sont calculées sur le montant des droits dus
(hors intérêt de retard) et dues pour insuffisance de
déclaration. Les majorations sont aussi dues en cas de taxation
d’office, de rectification d’office, d’évaluation d’office et d’abus
de droit.
• Les amendes sont dues pour retard ou défaut de déclaration,
pour infraction au droit de communication
 Les sanctions pénales: peines correctionnelles appliquées par
les tribunaux pour réprimer les infractions d’une gravité
particulière.
 Infractions punissables
a. Délits de fraude fiscale
Commet l’infraction de fraude fiscale, le contribuable qui omet
volontairement de souscrire sa déclaration dans
Le contribuable a déposé ses déclarations dans les délais légaux
et n’a pas payé ses impôts aux dates prévues; le fisc lui applique
des intérêts de retard.
Les intérêts de retard sont exigibles en cas de redressement de
l’imposition
Le niveau de ces intérêts est de :
• 5% pour les impôts et taxes non retenus à la source pour le
compte du trésor, toute somme non acquittée dans les délais
légaux
• 0,5% d’intérêt complémentaire chaque mois ou fraction de
mois de retard supplémentaire
• 10% majoré de 1% par mois ou fraction de mois supplémentaire
pour les impôts et taxes retenus à la source pour le trésor.
• les délais prescrits, organise son insolvabilité ou empêche le
recouvrement de l’impôt par l’emploi de tout moyen
frauduleux.
• En cas d’infraction ou tentative d’infraction, le contribuable
encourt indépendamment des sanctions fiscales une amende
de:
• 500 000 à 30 millions F CFA et un emprisonnement d’un mois à
2 ans, ou l’une de ces 2 peines seulement;
• 1 500 000 à 100 millions F CFA et un emprisonnement de 1 à 5
ans, ou l’une de ces peines seulement en cas de récidive dans
un délai de 5 ans.
• NB: les complices sont frappés des mêmes peines et amendes
• Délits assimilés
• La dissimulation: minoration des bases d’imposition par des
documents ne relatant pas la réalité des opérations (minoration
du chiffre d’affaire ou majoration des charges). La dissimilation
est punissable des mêmes peines que la fraude fiscale. La
tolérance légale se situe à 10 millions F CFA.
• Les fausses factures et opérations sans factures
• Amende de 500 000 à 60 millions FCFA et d’un
emprisonnement de 6 mois à 3 ans, ou l’une de ces peines.
• La tenue irrégulière de comptabilité: les agents d’affaires,
experts et autres professionnels qui établissent ou aide à établir
les faux bilans, inventaires, comptes ou documents afin de
fausser la détermination des impositions sont passibles de
peines à la fraude fiscale
• Le non versement de l’impôt retenu à la source: les personnes
qui se sont abstenues de reverser certains impôts retenus à la
source au trésor dans les 6 mois de la retenue sont passibles
d’une amende de 500 000 à 10 millions F CFA et d’un
emprisonnement de 1 à 5 ans ou l’une ou l’autre de ces 2
peines seulement.
• La résistance à l’impôt: la résistance collective au paiement de
l’impôt ou à la loi fiscale par le biais de manœuvres concertées,
menaces ou voies de fait est punie d’une amende 1 à 2 millions
F CFA et d’un emprisonnement de de 1 mois à 2 ans avec
possibilité d’interdiction du territoire pour une période ne
pouvant être inférieure à 6 mois.
• Les poursuites
• L’action publique est mise en œuvre sur la plainte du ministre
des finances, du directeur général des impôts ou du directeur
général du trésor et de la comptabilité publique ou de leurs
représentants
• La plainte peut être déposée jusqu’à la fin de la 4ème année
suivant celle au cours de laquelle l’infraction a été commise:
l’administration est donc de l’opportunité des poursuites.
• NB: les procédures administratives et pénales sont distinctes,
les sanctions pénales et fiscales s’appliquent cumulativement
CHAPITRE 2 DROITS ET GARANTIES DU CONTRIBUABLE
Section 1 Les Droits Préventifs du Contribuable
 Les droits résultants de l’obligation d’information de
l’administration
 Avis de vérification fiscale préalable;
• Prévenir le contribuable de l’imminence d’un contrôle fiscal
levant ainsi tout doute sur la nature du contrôle dont il fait
l’objet, 5 jours avant la 1ère intervention sur place sur la
comptabilité;
• La notification en double peut se faire de la main à la main avec
décharge sur l’exemplaire que le vérificateur doit ramener,
laissant l’autre au contribuable. L’envoi par courrier peut être
utilisé avec accusé de réception.
Mention de l’Avis de vérification
• La période et l’objet de vérification (années soumises, nature
des impôts soumis, objet)
• Date de la 1ère intervention sur place (date & heure): un report
peut être sollicité (pas +5 jours) en cas de motifs légitimes
prouvés;
• Possibilité de recours aux supérieurs hiérarchiques du
vérificateur;
• Invitation du contribuable à se faire assister par un conseil
NB:
• Avis de vérification est le 1er acte de procédure en matière
fiscale donc élément essentiel de protection du contribuable;
• Sans Avis préalable en matière de VASFE (vérification
approfondie de la situation fiscale de l’ensemble des
contribuables) ou vérification de comptabilité, la procédure est
irrégulière et donc frappée de nullité.
• Une vérification commencée aussitôt après remise à la femme
du contribuable, en l’absence de son mari, d’un Avis de
vérification, est entachée d’irrégularité; il est remis au
contribuable ou à son représentant ou à l’un de ses employés.
• Si le vérificateur n’est pas en mesure d’envoyer la preuve de
l’envoi régulier d’un avis de vérification avant le début des
opérations de vérification, la procédure doit être annulée ainsi
que les impositions de cette dernière.
• Aucun délai n’est prévu pour la VASFE, ni pour la vérification
inopinée de la comptabilité (l’examen de fond ne commence
qu’à l’issue de 2 jours permettant au contribuable une
assistance de son choix);
• L’absence de procès-verbal de constatation matérielle annule
les redressements.
 Assistance d’un conseil
• Obligation d’information du contribuable avec preuve (une
possibilité d’assistance de conseil de son choix sous peine de
nullité de la procédure de vérification) sous peine de nullité;
• Le conseil peut être un expert-comptable, conseil fiscal, avocat,
centre de gestion agréés, etc sous réserve qu’aucune
incompatibilité ne lui interdise d’assister le contribuable dans
ses rapports avec le fisc (le fisc n’a pas de jugement de la
qualité du conseil).
NB:
• Pas de texte n’ayant fait de la présence effective du conseil une
condition nécessaire à la validité des vérifications;
L’absence non motivée du contribuable ou de son représentant
qualifié au jour fixé pour la vérification s’analyse comme une
opposition individuelle à l’exercice du contrôle et en un refus de
communication.
 Notification de redressements
• Lettre dans laquelle le vérificateur porte à la connaissance du
contribuable le montant et les motifs des redressements
(éléments aditifs aux déclarations du contribuable majorant
l’imposition initiale) qu’il envisage mettre à sa charge à l’issue
d’un contrôle.
• Obligation de porter à la connaissance du contribuable les
résultats d’une VASFE ou d’une vérification de comptabilité
même en l’absence de redressement sauf en cas de contrôle sur
pièces.
• L’accusé de réception de la Notification doit être signé par le
contribuable ou son représentant légal (personne morale) ou
son fondé de pouvoir ou un tiers qui a des liens suffisamment
d’ordre personnel ou professionnel (membre de famille,
conjoint, enfant, employé) à l’adresse indiquée.
NB: si un redressement portant sur un impôt dû par la société a
également des conséquences à l’égard de la situation fiscale
d’autres contribuables (associés, dirigeant ou tiers), des
notifications distinctes sont adressées.
Caractéristiques de la notification de redressements:
• Notification obligatoire
• Expression d’une Décision d’une compétence
• 1er acte d’une procédure contradictoire (ouverture d’un
dialogue personnel avec le contribuable)
• Datée, la notification doit porter la signature (manuscrite), nom,
grade, adresse du service d’origine de l’agent chargé de sa
rédaction, être adressée au contribuable lui-même ou à la
personne indiquée par ses soins sous peine d’irrégularité de la
notification.
Exigences de la notification de redressements
• Modalité d’envoi de la notification (écrit, remise directe mains
à mains avec accusé de réception par écrit sur l’exemplaire à
conserver au dossier, transmission par lettre recommandée
avec demande d’avis de réception.
• Contenu de la notification: service expéditeur, exposé des
propositions de redressements, procédure applicable (contrôle
sur pièces, vérification de comptabilité, VASFE), délai de
réponse, signature de la notification, résultats de la
vérifications, motifs du redressements, nature des
redressements (montant des taxes & droits, pénalités de VASFE
ou de vérification de comptabilité).
Effets de la notification de redressements
• Le défaut de notification entraine la nullité de la procédure
d’imposition et la décharge des impositions en litige.
• La notification est la clé de voute de la procédure de
redressement (contradictoire ou d’office) d’où une
réglementation stricte et ouvre un délai de réponse de 30 jours
qui s’impose à l’administration et au contribuable.
• Elle interrompt le cours de la prescription au droit de reprise de
l’administration et fixe les limites de l’imposition à établir à
l’issue de la procédure
 Interruption de la prescription
Les notifications de redressement ne peuvent valablement
interrompre la prescription que si elles sont régulières en la
forme (signature de l’autorité compétente, nature du
redressement, indication du délai de 30 jours pour faire
parvenir son acceptation ou ses observations motivées, les
bases d’imposition d’office, etc);
Une notification insuffisamment motivée peut interrompre la
prescription (le contribuable ne connaît pas la nature et le
mode de calcul des rehaussements).
NB: en cas de changement de motifs au cours d’une procédure,
l’Administration a l’obligation de faire connaître au
contribuable, au moyen d’une nouvelle notification, le motif
rénové pour une nouvelle possibilité de discussion.
 Limites de l’imposition
• Fixation des limites supérieures de l’imposition complémentaire
• Absence de droits de discussion pour le contribuable, mais peut
légalement présenter des observations à approuver par la voie
contentieuse l’exagération des impositions arrêtées d’office et
unilatéralement par l’administration
 Droit de réponse du contribuable
Le contribuable (lui-même, son représentant légal, son
mandataire régulier) dispose d’un délai de 30 jours, à compter
de la réception de notification pour faire parvenir son
acceptation, ses observations motivées.
 Acceptation du contribuable
• Expresse: acceptation formelle par écrit, sous condition
immédiate ou partielle (subordonnée à la conclusion d’une
transaction); mais en cas d’impossibilité ou non réalisation de la
transaction, le redressement est considéré comme refusé.
• Tacite: absence de réponse dans le délai légal, non retrait de la
notification laissée au bureau de poste en raison de l’absence
du contribuable.
NB: l’accord tacite ou expresse met fin à la procédure de
redressement contradictoire
 Observations du contribuable
• En cas de désaccord sur les redressements notifiés, le
contribuable doit présenter ses observations avant l’expiration
des 30 jours par écrit (signé par lui) ou oral.
NB: observations peuvent consister en un refus pur et simple ou
comporter une argumentation à laquelle le fisc doit répondre
• L’administration a l’obligation de lui donner une suite motivée
après un examen approfondi des faits exposés au regard des
textes dans un délai max de 2 mois pour confirmer et motiver
les redressements (impôt synthétique, régime réel simplifié,
régime réel normal de CA < 500 millions); 3 mois en cas de
vérification sur place des livres et documents comptables à
compter de la date de notification, 60 jours en cas de
vérification ponctuelle
NB: la réponse du fisc a pour effet de clôturer le dialogue entre
lui et le contribuable
•  abandon des poursuites ou confirmation des redressements:
information du contribuable
 Les droits résultant des limites du pouvoir de reprise de
l’administration
 Cadre général du contrôle fiscal;
 Lieu du contrôle fiscal
 Les contrôles se font au sein de l’entreprise ou endroit
d’exercice d’activité professionnelle: vérification de
comptabilité. Le contribuable n’est pas tenu d’apporter ses
livres et documents comptables au bureau du vérificateur à
moins d’en formuler une demande d’emport desdits
documents.
NB: Ceci permet au contribuable de suivre ses opérations,
garantie le débat contradictoire et au vérificateur d’apprécier
les conditions de fonctionnement de l’entreprise.
L’emport de documents comptables d’origine doit émaner du
contribuable; il devient irrégulier s’il émane du vérificateur.
 Les contrôles se font dans les bureaux du fisc: la VASFE
(documents et pièces apportés par le contribuable) et le
contrôle sur pièces.
 Effets de la prescription
• La prescription emporte déchéance des droits et actions de
l’Administration car anéantit l’exercice du droit de reprise
(l’administration ne peut plus notifier des redressements en cas
d’expiration du délai de reprise)
• L’extinction de la prescription n’est pas automatique, elle doit
être invoquée et prouvée par le contribuable devant le tribunal.
• La prescription ne dépouille pas l’Administration de tous ses
pouvoirs: elle ne fait pas obstacle au pouvoir d’investigation, ne
porte pas atteinte au droit de communication, ne prive pas
l’Administration de son droit de vérification.
• La prescription est limitée à l’impossibilité d’obtenir la
restitution des sommes versées en paiement d’impôts prescrits,
à la faculté de renoncer à la prescription (contribuable) et la
prorogation du droit de reprise de l’Administration.
 L’interruption de la prescription
• Causes de l’interruption: notification de propositions de
redressement, la mise en recouvrement, actes comportant
reconnaissance de la part du contribuable (déclaration d’impôt,
versement d’un acompte, dépôt d’une pétition en remise de
pénalités).
• Effets de l’interruption: les actes interruptifs annulent la
prescription commencée et fait courir une prescription nouvelle
de même nature et de même durée.
 L’interdiction des vérifications successives
 Principes & conséquences
• La loi du 25 avril 1997 en ses articles 18 & 19 interdit les
vérifications successives pour les mêmes exercices et périodes
mêmes si aucun redressement n’a été effectué à l’issue de cette
vérification (VASFE, vérification de comptabilité);
• L’inobservation de l’interdiction entraine la nullité des
impositions établies à la 2ème vérification
 Exceptions à l’interdiction
Une seconde vérification est requise:
• en cas de vérification limitée à des opérations déterminées:
contrôle de crédits de TVA, droits à déduction de TVA, des frais
généraux, des amortissements, provisions, etc. (mentionnés
dans l’avis)
• et à l’instruction d’observations du contribuable et en cas de
constatation d’irrégularités constatées.
 Les autres types de garantie
 La garantie contre la répression des abus de droit
La procédure de répression des abus de droit n’est pas
applicable si le contribuable a pris le soin de consulter par écrit
(avec avis de réception) la DGI (pour recueillir son accord) en lui
fournissant tous les éléments utiles pour apprécier la portée
véritable avant la conclusion de l’opération (convention ou
contrat); et celle-ci n’a pas répondu dans un délai de 6 mois.
NB: La demande doit avoir un exposé clair, complet et sincère
de l’opération, la désignation exacte de toutes les parties au
projet, la description de leurs liens et la production d’une copie
de tous les projets de documents (actes, contrats, conventions,
protocoles d’accord, statuts): bonne fois du contribuable.
 Les garanties contre le changement de doctrine de
l’Administration
Interdiction à l’Administration de procéder à des redressements
en contradiction avec sa propre doctrine (redressement d’une
base d’imposition régulièrement déclarée et n’ayant pas fait
d’une imposition); application de textes dont l’interprétation
par l’Administration a été publiée (instructions, circulaires ou
document ayant une portée générale).
Le contribuable peut interroger l’Administration sur
l’interprétation d’un texte ou sur les conséquences fiscales:
l’Administration dispose de 6 mois pour répondre au
contribuable;
Le bénéfice de la garantie impose au contribuable sa bonne foi
(correctement appliquée la décision qui lui a été notifiée,
exposé complet clair et sincère de la situation)
Section 2 Le Droit du Contribuable au recours
Le droit au recours accordé au contribuable a pour souci
d’établir un équilibre entre l’administration et le contribuable;
ainsi, le contribuable peut exercer un recours en cas de
divergences de vue ou de position avec l’administration fiscale:
le recours précontentieux et non contentieux, et le recours
contentieux.
 Le recours précontentieux & non –contentieux
Opportunité offerte au contribuable de saisir l’une des
commissions administrative selon l’impôt en cause avant tout
recours contentieux.
But: permet au contribuable de demander une mesure de
bienveillance à l’administration fiscale ou d’engager une phase
de discussion, de négociation avec l’administration au niveau
des commissions avant de cristalliser sa position dans le cadre
d’un recours contentieux formel.
 Recours devant les commissions administratives des impôts
Désaccords consécutifs à une vérifications sur place de
comptabilité portant sur des questions de fait, et ceci dans les
30 jours de la réception de la notification définitive de
redressements.
Option entre le recours administratif et le recours devant la
commission pour le contribuable; cependant, il peut exercer
concomitamment les deux voies de recours.
 La saisine des commissions administratives des impôts
La demande, adressée au directeur général des impôts, doit
porter sur un désaccord:
• Consécutif à un cas d’insuffisance des prix exprimés et des
évaluations fournies dans les actes ou déclarations (évaluation
d’un bien ayant servi de base à la perception des droits
d’enregistrement);  saisie de la Commission de conciliation à
la seule initiative de l’administration
• Consécutif à une procédure de redressements contradictoire
suite à une vérification de comptabilité ou une répression des
abus de droit;  saisie de la Commission mixte paritaire par le
contribuable ou l’administration
• La demande doit contenir l’exposé sommaire des moyens, les
conclusions du réclamant et appuyée des pièces justificatives
sans oublier les questions de fait contestées (relèvent de la
pratique professionnelle).
• NB:
• Impossibilité de saisie de la Commission Mixte Paritaire (CMP)
en cas de contrôle sur pièces, une demande d’éclaircissements
ou de justifications, les redressements concernant les impôts
exclus de la procédure contradictoire (impôt synthétique),
impositions établies dans le cadre d’une procédure d’imposition
d’office.
• Le désaccord doit être persistant c’est-à-dire que le
contribuable a signifié par écrit et dans les délais, son refus de
redressements notifiés ou des conclusions du vérificateur.
• Le contribuable qui a accepté de façon expresse les
redressements ou qui n’a pas répondu dans le délai légal
(acceptation tacite) ne peut plus recourir au CMP.
• La CMP doit se limiter à l’examen et à la solution des questions
de fait (litiges relatifs au caractère probant et sincère de la
comptabilité, au taux d’amortissement, au mode de calcul de la
provision), à l’exclusion des questions de droit (nature juridique
de la profession exercée, interprétation des dispositions
législatives et réglementaires et la qualification à donner aux
opérations, la détermination du lieu d’imposition, la
qualification d’entreprise nouvelle, la régularité d’une
procédure d’office, etc).
Effets de la saisine des commissions administratives:
• Le DGI a 30 jours pour répondre aux saisines en cas de rejet; en
l’absence de réponse dans ce délai, le contribuable peut
s’orienter vers le recours administratif contentieux
• La DGI a 30 jours pour transmettre, au président de la CMP, les
saisines retenues
• La saisine de la CMP suspend toute action en recouvrement
pour les droits se rapportant aux questions de fait contestées
jusqu’à l’expiration du délai de 2 mois imparti à la commission
pour statuer
 Les avis des commissions administratives des impôts
Délais et modalités des avis
• La commission de conciliation (présidée par le chef du service
de l’enregistrement ou son délégué), doit adresser la citation au
contribuable dans un délai de 3 ans à compter du jour de
l’enregistrement de l’acte ou de la déclaration. En matière de
fonds de commerce, ce délai est de 1 an.
• Le contribuable est convoqué 1 mois avant la date de la réunion
pour l’entendre ou apporter des observations écrites avec
assistance en cas de besoin.
• La CMP doit statuer sur la demande dans un délai de 2 mois à
compter de la date de réception par son président (magistrat
désigné par le ministre de la justice); le contribuable est
convoqué 15 jours avant la réunion pour se faire entendre s’il le
désire avec possibilité d’assistance par un conseil de son choix.
• Les Avis du CMP sont émis (à la majorité de ses membres
présents avec prépondérance de la voie de son président en cas
d’égalité des voies) dans un délai de 20 jours suivant la séance.
Effets des avis
 Commission de conciliation
• L’administration et les parties peuvent saisir le Tribunal civil
dans le ressort duquel les biens sont situés d’une requête
d’expertise dans un délai de 1 mois à compter de la notification
de l’avis de la commission.
• En cas de refus des conclusions par l’administration ou des
parties, une contre-expertise est requise.
 Commission Mixte paritaire
• La partie qui refuse de s’incliner devant l’avis de la commission,
supporte la charge de la preuve en cas de contentieux ultérieur.
Après notification de l’avis, le fisc procède au recouvrement des
impositions que le contribuable pourra toujours contester
devant le juge de l’impôt.
 Le recours gracieux
Le recours gracieux a pour finalité d’obtenir de la bienveillance
de l’Administration la grâce ou la diminution d’une imposition
régulièrement établie. Ainsi, le bien-fondé de l’imposition ou
l’exigibilité des droits réclamés n’est pas contesté par le
contribuable qui doit plus tôt invoquer des motifs de gêne ou
d’indigence.
 Nature des demandes
• Impôt en principal: sollicitation de remise ou modération
(abandon pure & simple) partielle ou totale d’impôts dans le cas
d’impossibilité de payement par suite de gêne ou d’indigence,
ou l’octroi de délais de grâce de paiement (chômeurs); cet
échelonnement entraine des intérêts de retard
• Pénalités fiscales ou transactions: remises ou modération
d’amendes fiscales ou de majorations d’impôts peuvent être
accordées sur demande du contribuable lorsque ces pénalités,
intérêts de retard et impositions n’étaient plus susceptibles de
faire l’objet d’un recours contentieux. Et les remises de
transaction (convention écrite dans laquelle les parties mettent
fin à une contestation) sont accordées si la demande est
présentée avant la mise en recouvrement des pénalités et des
droits dans les 45 jours de la réception de la notification
définitive de redressements. Une atténuation de droits,
d’amendes fiscales, de majorations d’impôts et d’intérêt de
retard par voie de transaction si ces impositions sont encore
susceptibles de faire l’objet d’un recours contentieux.
• NB: les intérêts de retard ne peuvent pas faire l’objet d’une
transaction
 La procédure du recours gracieux
 La demande de remise ou de transaction: pas de contestation
de l’exigibilité des droits
Requête signée du contribuable adressée au DGI indiquant
l’identité du demandeur, les droits ou pénalités dont on réclame
la remise partielle ou totale, l’avis d’imposition ou l’extrait du
rôle et tous les éléments jugés indispensables pour démontrer
l’impossibilité de payement des impositions à charge (ressource
du foyer fiscal, charges de famille, consistance du patrimoine).
NB:
• L’Administration fiscale a la possibilité de sa propre initiative de
prononcer des remises ou modérations lorsqu’elle estime que le
contribuable n’est pas en mesure de présenter lui-même une
réclamation et qu’il est hors d’état de régler les impositions
mises à sa charge.
• Le DGI statue sur toutes demandes en remise, modération ou
transaction de droits, d’amendes fiscales, d’intérêts de retard et
de majoration de droits. Le Ministre des finances statue en
appel des décisions du DGI.
• La décision de l’administration après examen de la demande
• L’instruction des réclamations gracieuses et contentieuses
relève de la compétence de la direction des enquêtes et
vérifications fiscales en relation avec le service de la législation
et du contentieux
• Après instruction, la décision est notifiée au contribuable
• Les décisions rendues peuvent faire l’objet de recours devant
les mêmes autorités; en cas de refus suite à un recours, la
compétence relève du juge administratif pour excès de pouvoir.
• Moyens d’annulation: incompétence de l’auteur de la décision
attaquée, non-respect des formes de la décision, détournement
de pouvoir, erreur de droit ou de fait, erreur manifeste
d’appréciation
• NB: le manque de diligence (aucun délai pour rendre la
décision) peut provoquer la poursuite du recouvrement des
impositions à sa charge.
 Le recours contentieux
 Recours administratif: le contribuable exerce son droit de
réclamation devant le service des impôts (supérieur
hiérarchique du vérificateur)
• Ce recours a pour but la préservation durable des chances de
dialogue entre le fisc et le contribuable.
• En cas de désaccord dans ce passage obligé, le contribuable
pourra saisir le juge de l’impôt (judiciaire ou administratif)
• Le champ d’exercice du recours: le recours administratif
s’exerce en matière d’imposition et en matière de sursis à
paiement
 Les conditions du contentieux de l’imposition
Ce recours a pour objectif d’obtenir la réparation d’erreurs
commises dans l’assiette ou le calcul des impositions, le
bénéfice réglementaire ou législatif.
Les réclamations signées et adressées au DGI, font l’objet
obligatoire d’un récépissé délivré au requérant, doivent être
individuelles (contribuable unique), mentionner les impositions
contestées, exposé des conclusions (objets & pièces
justificatives, considérations de fait et de droit), avis
d’imposition, avis de mise en recouvrement.
 Le délai de la réclamation du contentieux d’imposition: au plus
tard au 31 décembre de la 2ème année suivant celle :
 De la saisine en recouvrement du rôle ou de la notification d’un
avis de mise en recouvrement;
 Du versement de l’impôt contesté
 De la notification définitive
 De la réalisation de l’évènement qui motive la réclamation
NB: une réclamation prématurée est irrecevable; une seconde
réclamation est recevable si même objet et même cause que la
1ère .
 La demande du sursis à paiement
• Dans le cas d’une remise en cause de l’assiette ou le calcul de
l’impôt. Pas de suspension de paiement; mais appliquer le
principe: « payer d’abord, vous contesterez ensuite »
La demande doit être expresse dans les délais de la réclamation
contentieuse et mentionner le montant ou les bases du
dégrèvement dont il estime avoir droit et être autorisé à
différer le paiement de la partie contestée.
• Le délai de la réclamation du
• La demande sursis a une portée limitée: si la réclamation n’est
pas recevable, non plus la demande sursis
• La demande sursis doit être formulée dans la réclamation, pas
directement au tribunal
• Le bénéfice du sursis de paiement ne concerne que les recours
contentieux, à l’exclusion de toute demande gracieuse
• Le sursis à paiement ne s’applique pas aux impositions établies
dans le cadre d’une procédure de taxation, de rectification ou
d’évaluation d’office
 La constitution de garanties du sursis à paiement
• Cette constitution est une nécessité: sans garantie pouvant
assurer le recouvrement de la créance du trésor, le sursis peut
être refusé
• La créance à garantir est constituée par les droits et pénalités
encourues qui font l’objet de la réclamation
• Les garanties doivent être au moins égales à la moitié des droits
et pénalités encourues qui font l’objet de la réclamation
• Si le contribuable a suffisamment de garanties, le recouvrement
des impositions contestées est suspendu à compter de la
demande de sursis
• En cas d’absence ou d’insuffisance de garanties, le contribuable
ne peut pas bénéficier de l’effet suspensif de paiement
 Recours juridictionnel: saisine du tribunal en l’absence de gain
de cause
Les décisions de rejet total ou partiel de l’Administration
peuvent faire l’objet d’un recours devant le tribunal compétent
dans le délai de 2 mois à partir du jour de la réception de l’avis
de la décision
Règles à respecter pour un débat de fond:
• La présentation de la réclamation préalable devant le service
des impôts
• Le respect du délai de 2 mois
• Le choix du tribunal territorial compétent
Le juge, gardien de la bonne pratique de la loi, sanctionne les
débordements administratifs, le recours abusif à des
procédures d’office, le non-respect des garanties accordées au
contribuable vérifié.
NB: le recours devant le tribunal n’est pas autorisé lorsqu’il
s’agit d’une réclamation gracieuse qui n’aurait pas connu une
issue favorable auprès de l’Administration
 Les recours classiques:
 Les contentieux de l’imposition (essentiellement): montant des
impositions à devoir au trésor ou non
• Le tribunal compétent en matière fiscale est la juridiction du
lieu d’établissement de l’impôt
• Il faut au préalable une requête du contribuable par un exploit
d’assignation délivré par un huissier adressé au DGI.
L’administration peut soumettre d’office la réclamation au
tribunal, à elle d’informer le contribuable de cette saisine.
• Le délai de saisine est de 2 mois à partir de la réception de l’avis
de la décision; prorogé de 2 mois pour les requérants hors du
territoire
• Dans le cas de plusieurs réclamations, le délai de saisir le
tribunal court à partir de la notification de la dernière décision
de l’Administration
• Le juge peut annuler la décision de l’Administration et
substituer sa propre décision: statue en 1er ressort
lorsque l’intérêt du litige excède 500 000 F CFA avec possibilité
d’appel dans 1 mois; en deçà de ce montant, il statue en 1er et
dernier ressort; et la décision ne peut faire l’objet que d’un
pourvoi en cassation dans le but d’obtenir l’annulation de la
décision attaquée.
• Le juge peut également prononcer la décharge des majorations
et amendes, à l’exclusion des droits dus en principal et des
intérêts de retard lorsqu’une erreur non substantielle a été
commise dans la procédure d’imposition.
 Le contentieux de sursis à paiement pour éviter le paiement
des sommes contestées (rarement)
• Cette requête peut être acceptée ou refusée; en cas de refus, le
contribuable peut saisir le juge des référés dans les 15 jours de
la notification du refus si ces sommes mettent en péril la
poursuite de ses activités.
• Le rejet doit être motivé au contribuable dans les 15 jours de la
constitution des garanties (en l’absence de rejet le recours au
juge des référés est irrecevable.
NB: cette procédure ne s’applique pas aux impositions
découlant de procédures de taxation, de rectification ou
d’évaluation d’office.
Lorsque l’intérêt du litige excède 500 000 F CFA avec possibilité
d’appel dans 1 mois; en deçà de ce montant, il statue en 1er et
dernier ressort; et la décision ne peut faire l’objet que d’un
pourvoi en cassation dans le but d’obtenir l’annulation de la
décision attaquée.
• Le juge peut également prononcer la décharge des majorations
et amendes, à l’exclusion des droits dus en principal et des
intérêts de retard lorsqu’une erreur non substantielle a été
commise dans la procédure d’imposition.
 Le contentieux de sursis à paiement pour éviter le paiement
des sommes contestées (rarement)
• Cette requête peut être acceptée ou refusée; en cas de refus, le
contribuable peut saisir le juge des référés dans les 15 jours de
la notification du refus si ces sommes mettent en péril la
poursuite de ses activités.
• Le rejet doit être motivé au contribuable dans les 15 jours de la
constitution des garanties (en l’absence de rejet le recours au
juge des référés est irrecevable.
NB: cette procédure ne s’applique pas aux impositions
découlant de procédures de taxation, de rectification ou
d’évaluation d’office.
 Les recours marginaux
 Contentieux de l’annulation pour excès de pouvoir
Possibilité d’exercer un recours en annulation contre des
décisions administratives qui lui font grief
Demande effectuée auprès du juge administratif pour annuler
une décision administrative illégale: actes de diverses autorités
administratives, réglementaires ou individuels qui violent la loi.
Autorité compétente en la matière est la Chambre
administrative (Conseil d’Etat) de la Cour Suprême qui statue en
1er et dernier ressort.
Caractéristiques du contentieux de l’annulation
• Ce recours permet d’annuler une décision administrative
illégale; à ne pas le confondre avec le recours au contentieux
qui permet d’obtenir réparation d’erreurs commises dans
l’assiette ou le calcul des impositions
• Le juge doit se contenter à annuler l’acte administratif sans en
tirer d’autres conséquences;
Le juge possède les pouvoirs les plus étendus; car il peut non
seulement annuler la décision de l’Administration fiscale, mais
lui substituer sa propre décision;
• Le recours pour excès de pouvoir est irrecevable si le
contribuable dispose du recours contentieux;
• Le recours pour excès de pouvoir est plus efficace que le
recours contentieux ou parallèle (car met à néant un texte
avant que son application entraine des conséquences
financières pour le contribuable requérant);
• Il est considéré par le juge comme un substitut au contentieux
de l’imposition.
Les cas d’ouverture
Le contentieux en annulation concerne les décisions
administratives illégales.
 Par décisions illégales, il faut entendre une violation de la loi
compte tenu de:
• L’incompétence de l’auteur de l’acte qu’elle soit matérielle,
géographique ou de temps; l’usurpation du pouvoir;
• L’incompétence stricto sensu: consiste pour l’autorité
administrative à prendre un acte qui ne rentre pas dans ses
attributions, mais dans celle d’une autre autorité;
• Un vice de forme ou de procédure;
• La violation de la loi;
• Un détournement de pouvoir. L’acte qui en est entaché est
édicté dans un but autre que celui pour lequel il a été prévu par
la loi.
 Décisions administratives sont les actes réglementaires
(décrets instituant une taxe parafiscale ou fixant le montant
d’une redevance, instructions, circulaires fiscales) et les actes
individuels détachables de la procédure d’imposition (décision
n’a pas d’incidence fiscale)
NB: une décision administrative préalable est nécessaire à la
recevabilité d’un recours pour excès de pouvoir
 Le contentieux de la responsabilité de l’état à raison du
mauvais fonctionnement des services fiscaux
Recours contre l’Etat à raison du mauvais fonctionnement des
services fiscaux; et l’Administration doit réparer le préjudice qui
lui est imputable: il peut arriver que le défaut de suivi
administratif fasse que le contribuable se voie refuser la
garantie à laquelle il a droit parce que le service contrôle ou
recouvrement n’a pas fonctionné dans le temps.
Le contentieux de la responsabilité des services publics est une
faute à l’égard des usagers dont la victime doit apporter la
preuve de trois éléments:
• Une faute de l’Administration (faute de service dû à son
mauvais fonctionnement ou par son inertie);
• Un préjudice;
• Un lien de causalité entre les 2 premiers.
Domaine de la faute lourde
• Agissements empreints de légèreté et d’irresponsabilité de la
part des services fiscaux dans leurs fonctions de vérification et
d’assiette.
• Faute lourde est une faute grave, inexcusable, inadmissible,
dépassant la moyenne des fautes l’on peut s’attendre (faute
d’une particulière gravité).
•  fautes lourdes: opérations comportant des difficultés
particulières tenant à l’appréciation de la situation des
contribuables.
Domaine de la faute simple
• Préjudice provoqué par la communication de renseignements
erronés ou par un refus illégal d’accorder le bénéfice d’un
régime fiscal à un contribuable qui en remplit les conditions
• Faute grossière de saisie informatique
•  fautes simples: erreurs révélées dans la saisie et le
traitement des déclarations et l’exécution autonomique des
prélèvements mensuels.
Chapitre 3  :L’IMPOT SUR LES BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX ET
LES BENEFICES AGRICOLES
(IBIC OU IBA)

Section 1  :GENERALITES

1- champ d’application

LES AFFAIRES CONCERNEES

L’IBIC ou l’IBA est un impôt cédulaire qui frappe les bénéfices réalisés par les agents économiques
exerçant dans les domaines industriel, commercial, agricole, forestier ou minier (Article 1erdu CGI).

2-LES EXEMPTIONS

2-1- Les exemptions permanentes (Article 4 du CGI)

Sont exonérés de l’impôt :

- Les personnes physiques et morales assujetties à l’impôt synthétique et à la taxe forfaitaire ;

- les offices d’habitations économiques

- les caisses de crédit agricole mutuel

- Les sociétés coopératives de consommation qui ne vendent que les produits de leurs adhérents ;

- Les sociétés de prévoyance, sociétés mutuelles de production rurale, sociétés coopératives


agricoles de production, associations d’intérêt général agricole, sociétés d’assurances et de
réassurances mutuelles agricoles, fonctionnant conformément à leurs statuts.

- les sociétés de secours mutuels

- Les micros finances quel que soit leurs formes.

- Le centre national de recherche agronomique (CNRA)

- L’Association pour la Promotion des Exportations (APEX-CI)

2-2- Les exemptions temporaires (Article 5 du CGI)

Sont affranchis de l’impôt :

- Les exploitants placés sous des régimes d’exonération temporaire : régime déclaratif et régime
d’agrément à l’investissement ;
- Pendant 25 ans, les bénéfices provenant exclusivement de la location d’immeubles construits par
Des entreprises immobilières agréées comme propriétaires ;

- Pendant 3 ans, les bénéfices des sociétés créées pour reprendre une société industrielle en
difficulté ; les centres de gestion agréés au titre de l’année de leur création et les deux années
suivantes (article 6 du CGI).

3-LA TERRITORIALITE DE L’IMPOT

L’IBIC ou l’IBA frappe le bénéfice réalisé sur le territoire national et celui dont l’imposition est régie
par une convention fiscale internationale (article 2 du CGI). Les bureaux de liaison ou de
représentation ne sont imposables que pour un montant forfaitaire de 2 000 000 F par an en côte
d’ivoire. Le bénéfice réalisé dans une succursale n’est donc pas imposable en Côte d’ivoire.

Toutefois, selon l’article 20 du CGI, les dépenses d’étude, de prospection et de fonctionnement,


engagées à l’étranger dans un établissement de vente, un bureau d’étude ou de renseignements sont
déductibles pendant les trois premiers exercices. A partir du 4 e exercice, ces dépenses ne sont plus
déductibles et les charges initialement déduites doivent être rapportées par 1/5 au résultat
imposable de chacun des 5 exercices suivants.

Exemple  :

La SA NIKOU a créé un bureau d’étude au BENIN. Les charges engagées au cours des 5 premiers
exercices sont les suivantes :

N+1 ……...25 millions N+4………..22 millions


N+2………..30 millions N+5…..……17 millions
N+3……..…20 millions Quel est régime fiscal de ces dépenses  ?

Solution

N+1……….25 millions  : déductibles

N+2……….30 millions : déductibles

N+3…….…20 millions: déductibles.

Somme totale déduite : 25 000 000 + 30 000 000 + 20 000 000 = 75 000 000.

A partir de n + 4, les charges ne sont plus déductibles.

A réintégrer au résultat de N+ 4 : 22 000 000 + (75 000 000 x 1/5) = 37 000 000.

A réintégrer au résultat de N+ 5 : 17 000 000 + (75 000 000 x 1/5) = 32 000 000.


4-LA DETERMINATION DU RESULTAT FISCAL

Résultat comptable = somme des produits – somme des charges.

Ce résultat comptable est obtenu par l’enregistrement des opérations de l’entreprise ; en dehors de
toute considération fiscale. Le résultat fiscal est déterminé à partir des corrections apportées au
résultat comptable.

Lorsqu’une charge comptabilisée n’est pas acceptée fiscalement, elle est dite non déductible et est à
réintégrer. Lorsqu’un produit comptabilisé n’est pas acceptée fiscalement, il est dit exonéré ou non
imposable ; il est à déduire.

La détermination du résultat fiscal obéit au schéma suivant :

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS

Résultat comptable avant impôt (bénéfice ou perte) Bénéfice Perte

Charges non déductibles x

Produits non imposables x

(1) (2)
TOTAL
Résultat fiscal avant déduction des déficits fiscaux et ARD
antérieurs (3) = (1) –(2) (3)
Déficits fiscaux ordinaires encore reportables(4) (4)

Amortissements réputés différés (ARD) antérieurs(5) (5)

Résultat fiscal avant déduction des investissements


agréés à l’article 110 du CGI(6) = (3) - (4) - (5) (6)
Déduction des investissements agréés à l’article 110 du CGI (7)

RESULTAT FISCAL IMPOSABLE (8) = (6) - (7) (8)

Section 2 : LE REGIME DU REEL NORMAL OU REGIME NORMAL


D’IMPOSITION

Section 2- LES DIFFERENTS REGIMES D’IMPOSITION


Il existe quatre régimes d’imposition :

- La taxe forfaitaire des petits commerçants dont le chiffre d’affaires TTC est inférieur à 5
millions ;
- le régime de l’impôt synthétique ;
- le régime simplifié d’imposition ;
- le régime du réel normal.

6-1- Le régime de la taxe forfaitaire

C’est le régime des petits commerçants et artisans qui réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur
à 5 millions. Il concerne entre autres :

- Les vendeurs ambulants


- Les petits artisans
- Les vendeurs en étalages
- Etc.…
Elle est perçue par jour et par mois au profit des collectivités. On distingue trois catégories
d’assujettis à cette taxe.

6-2- Le régime de l’impôt synthétique

Sont inscrites à ce régime :

- Les personnes physiques réalisant des petites affaires commerciales ou artisanales dont le
chiffre d’affaires est compris entre 5 millions et 50 millions.
- Des prestataires de services dont le chiffre d’affaires est compris entre 5 millions et 25
millions.

6-3- Le régime du réel simplifié d’imposition (RSI)

Sont concernées, les personnes physiques et morales dont le chiffre d’affaires TTC est compris entre :

- 50 millions et 150 millions pour les commerçants ;

- 25 millions et 75 millions pour les prestataires de services et ceux exerçant simultanément les
deux activités.

6-4- Le régime du réel normal d’imposition (RNI)

Il prend en compte, les exploitants individuels et les sociétés réalisant un chiffre d’affaires annuel

TTC :

- supérieur à 150 000 000 pour les commerçants ;

- supérieur à 75 000 000 pour les prestataires de services et ceux exerçant


simultanément les deux activités.
Les marchands de biens et les lotisseurs y sont inscrits quel que soit le montant de leur chiffre
d’affaires.

La classification est illustrée par le tableau ci-dessous :

IMPOT SYNTHETIQUE REGIME SIMPLIFIE REGIME DU REEL


ACTIVITES NORMAL

Commerçants 5M < CATTC ≤ 50 M 50M<CATTC≤150M CATTC>150 M


EXPLOITANTS
Prestataires 5M < CATTC ≤ 25 M 25M< CATTC ≤75M CATTC >75 M
INDIVIDUELS de services

Exerçant les
OU 5M < CATTC ≤ 25 M 25 M< CATTC≤75M CATTC >75 M
2 activités

SOCIETES

Lotisseurs
Régime normal
Marchands de biens

Leçon2  :L’ANALYSE DES FRAIS GENERAUX

1/ CONDITIONS GENERALES DE DEDUCTIBILITE

Pour être déductible fiscalement, les frais généraux doivent remplir les conditions suivantes :

- être exposés dans l’intérêt direct de l’exploitation ;


- être liés à l’activité normale de l’entreprise ;
- être justifiés par des factures et des écritures comptables ;
- être engagés par les entreprises exerçant en côte d’ivoire ;
- avoir un caractère de charge et non celui d’une immobilisation.

Ainsi, ne sont pas déductibles fiscalement :

- les dépenses somptuaires et fictives ;


- les dépenses personnelles ;
- les dépenses à caractère d’immobilisation ;
- les dépenses entraînant une augmentation de valeur d’un élément de l’actif immobilisé
ou un prolongement de sa durée de vie ;
- les sanctions pénales et fiscales.
2/ CONDITIONS SPECIFIQUES DE DEDUCTIBILITE DES CHARGES

2-1/Les achats

Les achats de marchandises et autres approvisionnements sont fiscalement déductibles.

Quant aux immobilisations, elles ne sont pas déductibles sauf :

- Le petit matériel et outillage et le matériel de bureau pour une valeur unitaire de300  000 FHT.

- Le mobilier de bureau pour un montant unitaire 300  000 F TTC.

2-2/ Le transport et les déplacements

Ils sont déductibles s’ils sont liés à l’exploitation

2-3/ Les autres services extérieurs

2-3-1- Les loyers des locaux professionnels, des matériels et mobiliers

Ils sont déductibles si leur valeur n’excède pas la valeur locative réelle. Les entreprises doivent
retenir à la source, les 15% d’impôt foncier ; la charge n’est pas déductible dans le cas contraire.

Les cautions ne sont pas déductibles car ce sont des immobilisations.

2-3-2- les honoraires, courtages et commissions

La loi fait obligation aux entreprises de relever l’identité des bénéficiaires lorsque le montant perçu
excède 50  000 F par bénéficiaire et par an ; sous peine de rejet de déduction.

2-3-3- les cadeaux d’entreprise

Ils sont déductibles si leur montant n’est pas excessif et si ces cadeaux n’ont pas un caractère illicite.

2-3-4- Les frais d’entretien et de réparation

Ils sont déductibles s’ils n’ont pas pour incidence d’augmenter la valeur du bien et de prolonger sa
durée de vie. Dans le cas contraire, ils constituent des immobilisations à amortir.
Les dépenses destinées à modifier la structure d’un équipement ne sont déductibles que par voie
d’amortissement.

2-3-5- Les frais de mission et de représentation

Ils sont déductibles s’ils correspondent à des dépenses d’ordre professionnel et ne sont pas excessifs
eu égard au montant et à la nature.

2-3-6- les primes d’assurance

Les primes d’assurance sont déductibles lorsqu’elles sont contractées en vue de garantir les divers
éléments d’actif (incendie, inondation, vol) ou à couvrir les risques de maladies professionnelles.

En cas de sinistre portant sur un élément d’actif, l’indemnité d’assurance perçue est assimilée au
prix de cession de l’élément et taxable à l’IBIC. Les primes d’assurance-vie représentatives de la
participation de l’entreprise dans les contrats d’assurance-vie ou d’assurance-décès sont également
déductibles. Les primes annuelles d’assurance-vie souscrites au profit de l’entreprise sur la tête des
dirigeants sont non déductibles.

Mais si la souscription de la police a été imposée par le prêteur en vertu d’une stipulation expresse
du contrat de prêt, les primes sont alors déductibles au fur et à mesure des échéances. En fin de
contrat ou en cas de décès, du dirigeant, leur montant total doit être déduit du bénéfice imposable.

Le capital de l’assurance-vie est un produit taxable avec possibilité d’étalement.

2-3-7- les frais d’assistance technique

Les frais d’assistance technique, les redevances pour l’utilisation de brevets, de licence et de savoir-
faire, les commissions versées en rémunération des services rendus, sont déductibles dans la double
limite de 5% du chiffre d’affaires HT et de 20% des frais généraux (comptes de 61 à 67).

Exemple 1  :

Frais d’assistance technique…………35 000 000

CAHT………………………………500 000 000

Frais généraux……………………....200 000 000

Quel est le sort fiscal de ces frais d’assistance au regard de l’IBIC  ?

Limite 1 : 5% x 500 000 000 = 25 000 000

Limite 2 : 20% x 200 000 000 = 40 000 000

35 000 000 > 25 000 000 donc on réintègre 35 000 000 – 25 000 000 soit 10 000 000


Exemple 2  :

Frais d’assistance technique 20 000 000. Les autres données restent inchangées.

Quel est le sort fiscal de ces frais d’assistance au regard de l’IBIC  ?

Limite 1 : 5% x 500 000 000 = 25 000 000

Limite 2 : 20% x 200 000 000 = 40 000 000

20  000  000 < 25  000  000  ; rien à réintégrer. Les frais d’assistance sont donc déductibles.

Exemple 3  :

Frais d’assistance technique 45 000 000. Les autres données restent inchangées.

Quel est le sort fiscal de ces frais d’assistance au regard de l’IBIC  ?

Limite 1 : 5% x 500 000 000 = 25 000 000

Limite 2 : 20% x 200 000 000 = 40 000 000

45 000 000 > 40 000 000 donc on réintègre 45 000 000 – 25 000 000 soit 20 000 000

La déductibilité est limitée au plus petit montant.

2-3-8- Les frais de publicité

Ils sont déductibles sauf s’ils concernent des publicités prohibées.

2-4/ Les impôts et taxes

Tous les impôts et taxes mis en recouvrement au cours de l’exercice sont déductibles sauf :

- les impôts sur le bénéfice (BIC, BA, BNC, IMF) ;

- les impôts à la charge des tiers et dont l’entreprise est redevable (la contribution nationale, l’IGR,
l’IRVM, la TVA, etc.)

- Les amendes et pénalités ne sont pas déductibles.

2-5/ Les charges et pertes diverses

Les pertes sur éléments d’actif sont des charges déductibles.

2-5-1- les dons, subventions et libéralités

Ils sont en principe non déductibles. Mais lorsqu’ils sont accordés à :

- des associations sportives reconnues par le ministère des sports ;


- à des associations œuvrant dans le domaine de la culture et de l’enseignement reconnues des
autorités de tutelle ;

- à des organismes scientifiques ou d’utilité publique exerçant dans le domaine de la santé et de la


bienfaisance,

Ces dons sont déductibles dans la double limite de 200 millions par an et de 2,5% du CAHT.

Exemple 1  :

La société DONDEDIEU a accordé les dons suivants  :

* Don à MAWA TRAORE pour son concert   : 3  000  000

* Don au village SOS d’Abobo  : 10  000  000

* Don à FC DIGBEUDALEPA  : 500  000

* Don au CNRA   : 8  000  000

Quel est le sort fiscal de ces dons au regard de l’IBIC  sachant que le CAHT est de 600  000  000  et le
résultat de 125  000 000?

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS

Résultat comptable avant impôt 125 000 000

Don à MAWA TRAORE 3 000 000

Don à FC DIGBEUDALEPA  500 000

Don au village SOS d’Abobo 10  000  000

Don au CNRA   8  000  000

TOTAL 18  000  000

L1 : 2,5% x 600 000 000 = 15 000 000

L2 : 200 000 000 -

18 000 000 > 15 000 000 ; à réintégrer :

18 000 000 – 15 000 000 = 3 000 000 3 000 000

Résultat fiscal 131 300 000

Exemple 2  :

Don aux Eléphants  : 100  000  000. CA HT  : 3  000  000  000.

Quel est le sort fiscal de ce don au regard de l’IBIC  ?

Même question dans les hypothèses suivantes  :


H 1  : Don de 70  000  000

H 2  : Don de 215  000  000

Exposez le régime fiscal de ces dons au regard de l’IBIC.

H 1  : Don de 70  000  000

L1 : 2,5% x 3 000 000 000 = 75 000 000

L2 : 200 000 000

70 000 000 < 75 000 000 ; les 70 000 000 sont déductibles

H 2  : Don de 215  000  000

L1 : 2,5% x 3 000 000 000 = 75 000 000

L2 : 200 000 000

215 000  000 >75  000 000  ; donc on réintègre 140 000  000 (= 215  000  000 – 75 000  000).

La déductibilité est limitée au plus petit montant.

2-5-2- Travaux réalisés au profit des collectivités territoriales et des populations

Les dépenses de réalisation des routes, écoles, hôpitaux, châteaux et autres réalisés par les
entreprises au profit des populations, sont déductibles dans la double limite de 3% du CAHT et de
500  000  000 F par an.

Exemple  : Une entreprise a construit pour la localité D’EDJAMBO, un dispensaire de 350 000 000 et


des routes de 600 000 000 F.

Sachant que le chiffre d’affaires de l’entreprise est de 80 milliards, exposez le régime fiscal de ces travaux.

2-6/ Les frais de personnel

Ils sont en principe des charges déductibles. Il s’agit du salaire et de tous ses accessoires (sursalaires,
heures supplémentaires, primes et indemnités, avantages en nature,…) ainsi que des retenues
fiscales et sociales à condition qu’ils correspondent à un travail effectif.

Mais il existe quelques particularités liées à la nature juridique de chaque société.

2-6-1- Les sociétés anonymes

Les administrateurs perçoivent une rémunération complémentaire appelée jetons de présence. Ce


sont des charges déductibles dans la limite de 3  000  000 F par an et par administrateur à l’exclusion
des indemnités versées au PDG et au DGA ou au PCA et au DG (Article 18-A) du CGI).
La charge déductible se calcule au prorata temporis si le temps de travail de l’associé est inférieur à
12 mois. Les indemnités de missions et autres rémunérations versées en vertu d’un contrat de
travail, sont des charges déductibles. La rémunération de l’associé unique d’une SA est une charge
déductible si elle correspond à un travail effectif.

NB  : Le nombre d’administrateur varie entre 3 et 12.

2-6-2- les sociétés de personnes et les exploitants individuels

L’exploitant individuel et les associés des SNC n’étant pas salariés, leur rémunération n’est pas
fiscalement déductible. La rémunération du conjoint de l’exploitant ou de l’associé est déductible si
elle correspond à un travail effectif et si elle n’est pas excessive eu égard au service rendu.

2-6-3- cas des SARL

La rémunération du gérant d’une SARL (associé ou une tierce personne) est une charge déductible.

S’il est minoritaire (moins de 50% des parts sociales), sa rémunération est déductible. Dans le cas
contraire (participations majoritaires) ou dans le cas de l’associé unique, la rémunération n’est
déductible que si elle correspond à un travail effectif.

2-7/ Les frais financiers

Ce sont en principe des charges déductibles si la dette contactée est liée à l’exploitation. Toutefois,
les intérêts en comptes courants associés ne sont déductibles que si :

- Le délai de remboursement des sommes empruntées ne dépasse pas 5 ans.


- Le taux des intérêts servis aux associés ne dépasse pas le taux de la BCEAO majoré de
trois(3) points.
Exemple 1  : La SA SANGAN a emprunté auprès de l’ associé KOHO, 20 000  000 le 01/05/N

Le taux appliqué est de 15% et le taux de la BCEAO est de 10%.

1/ Quel est le sort fiscal de ces intérêts au regard de l’IBIC.

2/ Même question avec un taux de BCEAO de 13%.

Le résultat comptable avant impôt est de 125 000 000 F.


Du 01/05/N au 31/12/N, on a 8 mois.

Tableau de détermination du résultat fiscal

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS

Résultat comptable avant impôt 125 000 000

Intérêt servi (IS) : 20  000 000 x 15% x 8/12 = 2 000 000

Intérêt déductible (ID) : 20 000 000 x (10 + 3)% x 8/12

= 1 733 333

A réintégrer : 2 000 000 – 1 733 333 266 667 -

Résultat fiscal 125 266 667

Exemple 2  : La SA ETOILE DU SUD a emprunté auprès de ses associés, les sommes suivantes  :

- KRA  : 25   000  000 le 01/01/N


- YANOL  : 45  000  000 le 31/07/N
Le taux utilisé est de 12%. Le taux de la BCEAO est passé de 8% le 01/01/N à 10% le 01/06/N

Quel est le sort fiscal de ces intérêts au regard de l’IBIC.

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS

Résultat comptable avant impôt 125 000 000

-
Résultat fiscal

2-8/ Les amortissements.

2-8-1- Les conditions de déductibilité des amortissements

- Pour être déductibles fiscalement, les amortissements doivent remplir un certain


nombre de conditions :
- Ils doivent porter sur un élément d’actif immobilisé appartenant à l’entreprise ou pris
en crédit-bail ;
- Ils doivent porter sur un élément qui se déprécie avec l’usage ou par obsolescence.
- L’amortissement doit être effectivement pratiqué et figurer sur un plan
d’amortissement.
- Ils doivent tenir compte des taux autorisés par l’administration fiscale :
 Immeubles bâtis………………….5% (20 ans)
 Agencements….............................10% (10 ans)
 Mobiliers de bureau……………..10% (10 ans)
 Matériels de bureau…................... 20% (5 ans)
 Matériels et outillage …………....20% (5 ans)
 Matériels informatiques………… 50% (2 ans)
 Véhicules automobiles …………..33,33 % (3 ans)

NB  : Dans le cadre du soutien au secteur du transport, le matériel de transport est amorti en deux
ans.

2-8-2- Les systèmes d’amortissement

On distingue :

- L’amortissement linéaire
- L’amortissement accéléré
- L’amortissement dégressif
L’amortissement linéaire est obligatoire et se pratique sur toutes les immobilisations même celles
acquises d’occasion.

Les amortissements dégressif et accéléré qui sont dérogatoires, se pratiquent sur autorisation du
Fisc ; après avoir rempli les conditions requises.

2-8-3- Cas particuliers

a/ L’amortissement accéléré des immeubles affectés au logement du personnel

Cet amortissement concerne les immeubles créés ou acquis par l’entreprise ; destinés au logement
de son personnel et présentant les caractéristiques suivantes :

- L’immeuble doit remplir les conditions minimum de salubrité, d’hygiène et de confort.


- La valeur par logement de 3 pièces ne doit pas dépasser 4 500 000 F.
La première annuité

Une annuité de 40% est appliquée sur la VO en plus de la fraction de la VNC amortie sur la durée de

vie de l’immeuble.

Exemple 1  : Un bâtiment est acquis le 04/04/N à 200  000  000 et est destiné au logement du
personnel et amortissable en accéléré sur 20 ans.

Déterminer les deux premières annuités et passer les écritures.

Taux = 1/20 = 0,05 soit 5%.

Amortissement exceptionnel : 200 000 000 x 40% = 80 000 000

VNC = 200 000 000 – 80 000 000 = 120 000 000

Amortissement exceptionnel : 120 000 000 x 5% x 9/12 = 4 500 000

Première annuité = 80 000 000 + 4 500 000 = 84 500 000

Amortissement normal : 200 000 000 x 5% x 9/12 = 7 500 000

Dotation (84 500 000 – 7 500 000) = 77 000 000

Deuxième annuité = 120 000 000 x 5% = 6 000 000

Amortissement normal : 200 000 000 x 5% = 10 000 000

Reprise = 4 000 000

Comptabilisation

6813 Dotation aux amortissements 7 500 000

851 Dotation aux provisions réglementées 77 000 000

2831 Amortissement du bâtiment 7 500 000

151 Amortissement dérogatoire 77 000 000


6813 Dotation aux amortissements 10 000 000

151 Amortissement dérogatoire 4 000 000

2831 Amortissement du bâtiment 10 000 000

861 Reprise de provisions réglementées 4 000 000

NB : Si l’immeuble change de destination avant d’être totalement amorti, l’excédent


d’amortissement doit être rapporté au résultat.

Exemple 2  : Un immeuble de 150  000  000, destiné au logement du personnel est créé par l’entreprise
le 01/09/N. Amortissement accéléré sur 20 ans. 30 mois plus tard, l’immeuble est affecté à usage
commercial.

TAF : Déterminer l’excédent d’amortissement à rapporter au résultat.

Tableau d’amortissement

Cumul réel Cumul linéaire


150 000 000 x 40% = 60 000 000
1ere année 90 000 000 x 5% x 4/12 = 1 500 000 150 000 000 x 5% x 4/12 = 2 500 000

--------------------------------------------

90 000 000 x 5% = 4 500 000

-------------------------------------------- -------------------------------------------
90 000 000 x 5% = 4 500 000
--------------
-------------------------------------------- 150 000 000 x 5% = 7 500 000
e
2 année
97 500 000 -------------------------------------------

150 000 000 x 5% = 7 500 000
---------------
------------------------------------------

17 500 000
3e année

--------------
Total

Montant à réintégrer = 97 500 000 – 17 500 000 = 80 000 000.

b/ L’amortissement des frais d’établissement

Les frais d’établissement doivent être amortis sur une durée maximum de 5 ans. Ils subissent

L’amortissement linéaire direct.

Exemple  : Une entreprise a engagé le 16/07/N pour sa création les frais suivants  :

Publicité………..…200  000 HT

Honoraires……..1 000  000 HT

Droits d’enregistrement…………..1 200  000  ; qu’elle décide d’amortir sur 5 ans.

Passez les écritures.

16/07/N

627 Publicité 200 000

6324 Honoraires 1 000 000

646 Droit d’enregistrement 1 200 000

4454 TVA sur services 216 000

521 Banque
2 616 000

(Règlement des frais)

2011 Frais de constitution 2 400 000

781 Transfert de charges


2 400 000

(Immobilisation des charges)

31/12/N

6811 Dotation aux amortissements 480 000

2011 Frais de constitution 480 000

(Suivant amortissement : 2 400 000 / 5)


La quote part d’amortissement enregistrée au débit du compte 6811, est une charge déductible.

c/ L’amortissement des biens d’occasion

Les biens d’occasion ne sont amortissables qu’en linéaire sur la durée normale d’utilisation et non sur
la durée restant à courir.

d- l’amortissement des constructions faites sur sol d’autrui

Cet amortissement se pratique sur la durée du bail lorsque celle-ci est inférieure à la durée de vie de
l’immeuble. S’il y a un excédent d’amortissement, il doit être rapporté au résultat.

e/ L’amortissement des biens donnés en location

Il se pratique sur la durée du bail.

2-8-4- Les amortissements différés

On distingue les amortissements réputés différés et les amortissements réellement différés

a- les amortissements réputés différés (ARD)

Ce sont des déficits fiscaux dus à la comptabilisation des annuités d’amortissement. Cette obligation
de pratiquer les amortissements quel que soit la situation de l’entreprise, peut rendre un exercice
déficitaire ou accentuer un déficit déjà existant. C’est pourquoi l’article 8 B du CGI offre aux
entreprises la possibilité de réputer différer toute ou partie des amortissements de l’exercice. Les
déficits fiscaux ordinaires sont reportables sur 5 ans alors que les ARD sont reportables sans
limitation de durée. Pour ce faire, il faut que :

- les amortissements aient été réellement comptabilisés ;

- la Règle de l’Amortissement Minimum Obligatoire (RAMO) soit respectée. Cette règle stipule qu’à la
clôture de chaque exercice, le cumul des amortissements pratiqués sur un bien, soit au moins égal au
cumul linéaire ;

- l’exercice de constitution des ARD doit être fiscalement déficitaire.

Les ARD se déterminent comme suit :

Résultat comptable

+les réintégrations

-Déductions

-Les déficits ordinaires (5 derniers exercices)


--------------------------------------------------------------------------------------------------------

= Résultat fiscal avant ARD (si bénéfice, pas d’ARD. Si perte, ARD à hauteur du montant de
l’annuité ou de la perte).

Exemple 1  : La SA SAKI vous donne au 31/12/N, les renseignements suivants  :

Bénéfice comptable…………………36  000  000 compte tenu de 30  000  000 d’amortissements

Charges non déductibles………….24 000  000

Produits exonérés…………………32  000  000

Les déficits fiscaux antérieurs non encore reportés sont les suivants  :

N-6  : 28  000 000 N-3  : 20  000 000

N-5  : 22  000  000 N-2  : 6  000 000

N-4  : 10  000  000


N-1  : 2  000  000
TAF  : 1- Déterminez le montant des ARD

2-Calculez le montant de l’impôt à payer sachant que le CATTC est de 600 millions.

1/ Montant des ARD

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS


Résultat comptable 36 000 000

Amortissements -

Charges non déductibles 24 000 000

Produits non taxables 32 000 000

Déficits fiscaux

N-5  22 000 000

N-4  10 000 000

N-3  20 000 000

N-2  6 000 000

N-1 2 000 000

Sous totaux 60 000 000 92 000 000


Perte 32 000 000

Totaux 92 000 000 92 000 000


L’amortissement de 30 000 000 étant compris dans le résultat comptable, il participe au résultat
déficitaire. Il faut donc différer sa déduction ; d’où ARD = 30 000 000 d’amortissement.

Résultat final = - 32 000 000 + 30 000 000 = - 2 000 000 (perte) reportables sur les exercices
ultérieurs. Les 2 000 000 représentent un déficit fiscal ordinaire.

2/ Le résultat étant négatif, l’impôt à payer sera l’IMF. IMF = 0,5% x 600 000 000 = 3 000 000.

Exemple 2  : Mêmes informations sauf que charges non déductibles = 60  000  000 dont
amortissements = 7  500  000.

1/ Montant des ARD

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS

Résultat comptable 36 000 000

Amortissements -

Charges non déductibles 60 000 000

Produits non taxables 32 000 000

Déficits fiscaux

N-5  22 000 000

N-4  10 000 000

N-3  20 000 000

N-2  6 000 000

N-1 2 000 000


Sous totaux 96 000 000 92 000 000

Bénéfice 4 000 000


Totaux 96 000 000 96 000 000

2/ Le résultat, bien que positif, est jugé très faible. Il faut donc différer la déduction des
amortissements pour le rehausser (cas exceptionnel et rare). ARD = 7 500 000 imputable sur le
bénéfice ultérieur. Résultat imposable = 4 000 000 + 7 500 000 = 11 500 000.

IBIC = 11 500 000 x 25% = 2 875 000 ; IMF = 0,5% x 600 000 000 = 3 000 000

IMF > IBIC donc impôt à payer = IMF de 3 000 000.


Les déficits fiscaux antérieurs non encore reportés sont les
Exemple 3  : suivants  :
- Bénéfice comptable……24  000  000 N-5  : 8  000  000 dont 5 millions d’ARD
- Charges non déductibles…..16 000  000 N-4  : 10  000 000 dont 7millions d’ARD
dont amortissements de 25  000  000. N-3  : 16000 000 dont 7 millions d’ARD
- Produits exonérés…………14  000  000 N-2  : 26 000 000 entièrement en ARD

N-1  : 4 000  000 dont 2 millions d’ARD

TAF  : 1- Déterminez le montant des ARD

2-Calculez le montant de l’impôt à payer sachant que le CATTC est de 800 millions.

ELEMENTS REINTEGRATIONS DEDUCTIONS

b/ Les amortissements réellement différés


Ce sont des dotations aux amortissements non comptabilisés soit par omission, soit volontairement.
On distingue :

- Les amortissements irrégulièrement différés


- Les amortissements régulièrement différés
b-1/Les amortissements irrégulièrement différés

On parle d’amortissements irrégulièrement différés, lorsqu’à la clôture d’un exercice, le cumul des
amortissements pratiqués devient inférieur au cumul des amortissements linéaires (amortissement
obligatoire). Cette différence représentant l’amortissement réellement différé, est due aux oublis et
aux erreurs de calculs. L’entreprise perd le droit de déduire ultérieurement ces amortissements.

Toutefois en cas de cession, le calcul de la plus-value tiendra compte de l’annuité différée.

Plus-value = Prix de cession – VNC avec VNC = VO – Somme des amortissements (y compris
l’amortissement irrégulièrement différé).

Exemple  :

Soit un matériel acquis le 01/04/N à 20  000  000 amortissable en dégressif sur 5 ans. En fin N+  1,
l’amortissement n’a pas été comptabilisé. Quel est le sort fiscal de l’annuité différée  ?

Solution

Taux linéaire = 20% taux dégressif = 40%

Exercice Amortissement dégressif Amortissement linéaire


Base Annuité Cumul Annuité Cumul

N 20 000 000 6 000 000 6 000 000 3 000 000 3 000 000
N+1 12 000 000 - 6 000 000 4 000 000 7 000 000

Annuité omise en N+1 = 12 000 000 x 40% = 4 800 000

Le cumul dégressif est inférieur au cumul linéaire : 6 000 000 < 7 000 000

Annuité irrégulièrement différé = 7 000 000 – 6 000 000 = 1 000 000 (à réintégrer).

La fraction régulièrement différée est de 4 800 000 – 1000 000 soit 3 800 000.

Les 1 000 000 ne seront plus rattrapés au risque d’une réintégration. Les 3 800 000 seront
ultérieurement rattrapés soit par étalement, soit de façon immédiate.

b-2/ Les amortissements régulièrement différés

Si à la clôture d’un exercice, le cumul des amortissements antérieurement pratiqués excède le cumul
des amortissements linéaires, l’entreprise peut régulièrement différer l’amortissement
correspondant à cet exercice. L’incidence fiscale dépend de la nature du résultat. En cas de résultat
bénéficiaire, l’annuité régulièrement différée doit être répartie sur la durée restant à courir.

En cas de résultat déficitaire, la déduction peut être globale ou être étalée sur la durée restant à
courir.

Exemple  : La société MAYA a acquis le 04/01/N+1, un matériel lourd de 30  000  000 amortissable sur
5 ans en dégressif. A la clôture de l’exercice N+2, aucun amortissement n’a été pratiqué. A la clôture
de l’exercice N+3, une double annuité a été pratiquée.

TAF  : 1/ Présentez le plan d’amortissement.

2/ Quel est le sort fiscal de l’annuité différée  ?

3/ Quelle est l’incidence fiscale de la double dotation en N+2  ?

Solution

1/ Plan d’amortissement

Taux linéaire = 20% taux dégressif = 40%

Exercice Amortissement dégressif Amortissement linéaire


Base Annuité Cumul Annuité Cumul

N+1 30 000 000 12 000 000 12  000 000 6 000 000 6 000 000
N+2 18 000 000 7 200 000 19 200 000 6 000 000 12  000 000

N+3 10 800 000 4 320 000 23 520 000 6 000 000 18 000 000
N+4 6 480 000 3 240 000 26 760 000 6 000 000 24 000 000
N+5 3 240 000 3 240 000 30 000 000 6 000 000 30 000 000

2/ Cumul dégressif en fin N + 1 = 12 000 000

Cumul linéaire en fin N +2 = 12 000 000

L’annuité dégressive de N+1 : 7 200 000 est régulièrement différée.

Annuité pratiquée en fin N+3 : 7 200 000 + 4 320 000 = 11 520 000

3/ La pratique de cet amortissement dépendra du résultat de N+2.

En cas de bénéfice, l’amortissement de N+3 sera de :

(7 200 000/3) + 4 320 000 = 2 400 000 + 4 320 000 = 6 720 000


Annuité à réintégrer = 7 200 000 – 2 400 000 = 4 800 000.

En cas de perte de l’exercice N+2, il n’y aura pas de réintégration

2-9/ Les provisions

La provision est constatation comptable de la dépréciation d’un élément d’actif résultant des causes
dont les effets ne sont pas jugés irréversibles.

2-9-1- les conditions de déductibilité des provisions

a- Les conditions de forme

- Elles doivent être régulièrement comptabilisées au cours de l’exercice


- Elles doivent figurer sur le relevé des provisions à joindre à la déclaration des résultats.

b- Les conditions de fonds

- Elles doivent être nettement précisées dans leur nature et leur montant.
- Elles doivent être probables et non pas seulement éventuelles
- La dépréciation doit résulter d’un évènement en cours à la clôture de l’exercice.

- Elles doivent se rapporter à des charges fiscalement déductibles.

2-9-2- analyse des principales provisions

a/ Les provisions déductibles

 Les provisions pour créances douteuses individualisées et justifiées par un début de


contentieux.
 Les provisions pour dépréciation des stocks.
 Les provisions pour dépréciation des titres en portefeuille
 Les provisions pour congés payés de l’exercice précédent.
 Les provisions pour charges à payer
 Les provisions pour impôts déductibles
 Les provisions pour travaux et grosses réparations

b/ Les provisions non déductibles

 Les provisions pour créances douteuses déterminées de façon forfaitaire


 Les provisions pour renouvellement du matériel
 Les provisions pour propre assureur
 Les provisions pour hausse des prix.
 Les provisions pour congés payés de l’exercice et pour gratification
 Les provisions pour réductions commerciales à accorder
 Les provisions pour impôts non déductibles
 Les provisions pour retraite ou départ du personnel
 Les provisions pour perte de change.
2-10/ Les charges HAO

Elles sont déductibles.

Leçon 3  : ANALYSE DES PRODUITS

1-LES VENTES OU RECETTES

Elles sont imposables. Il s’agit des ventes de marchandises, produits finis, services…le montant doit
être diminué des réductions commerciales.

2-LES PRODUCTIONS IMMOBILISEES OU LIVRAISONS A SOI-MEME 

Elles sont imposables. Il s’agit à la fois d’une vente et d’un achat.

3-LES PRODUITS ET PROFITS DIVERS 

Ils sont imposables.

4-LES GAINS DE CHANGE 

Ils sont imposables.

5-LES SUBVENTIONS

On distingue :

- Les subventions d’exploitation


- Les subventions d’équilibre
- Les subventions d’investissement ou d’équipement

5-1/ Les subventions d’exploitation

Elles sont accordées par l’état ou les collectivités publiques en vue de maintenir le prix de vente d’un
produit à un niveau inférieur à son prix de revient ou de compenser les servitudes exceptionnelles
dont l’état grève certaines entreprises. Ce sont des produits imposables.

5-2/ Les subventions d’équilibre

Elles sont accordées dans le but d’absorber partiellement ou totalement un résultat déficitaire. Elles
sont imposables.

5-3/ Les subventions d’investissement ou d’équipement


Elles sont accordées aux entreprises pour leur permettre de réaliser des investissements
amortissables ou non amortissables.

Lors de l’octroi de la subvention, le compte 14 est crédité du montant de la subvention.

Si le bien acquis par subvention est amortissable, la subvention est rapportée au résultat au rythme
des amortissements pratiqués.

Quote-part de subvention amortie = taux de subvention x annuité d’amortissement

Avec taux de subvention = montant de la subvention/VO du bien. Ou Quote-part de subvention


amortie = montant de la subvention x taux d’amortissement.

L’amortissement de la subvention s’enregistre comme suit :

D/14……… C/865…………..

Si le bien est non amortissable, la subvention doit être amortie sur la durée d’inaliénabilité prévue
au contrat (10 ans généralement).

Lorsque le bien est cédé avant d’être totalement amorti, la quote-part de subvention non encore
rapportée au résultat doit l’être par l’écriture précédente.

6-LES PRODUITS FINANCIERS

Ils sont en principe imposables. Mais certaines dispositions fiscales exonèrent partiellement ou
totalement certains produits financiers.

- Dividendes et produits assimilés nets d’IRVM


Exonérés à 50% - Intérêts des comptes courants et de dépôts

- Dividendes et autres produits des actions des sociétés cotées à la BRVM.

- Revenus des obligations émises en côte d’ivoire et remboursables sur 5 ans


au moins.

- Produits des emprunts émis par l’état, les communes, les départements et
Exonérés à 90%
autres établissements cotés à la BRVM.

- Dividendes provenant d’une filiale. La société mère doit y avoir au moins


10% de parts et avoir son siège en Côte d’ivoire.

- Produits des obligations versés par des personnes non établies en côte
Exonérés à 95%
d’ivoire

- Intérêts des bons aux porteurs émis par la BNI.


Exonérés à 100% - Intérêt des bons de caisse ayant supporté l’IBNC.

Les bonis de liquidation sont exonérés à 50%, 90% ou 95% selon les cas.

7-LES PLUS VALUES

Elles sont en principe imposables. Mais le CGI a prévu trois régimes d’imposition

7-1-L’imposition des plus-values réalisées en fin d’exploitation

(Articles 31 et 33 du CGI)

Article 31 du CGI:

Lorsque la cessation d’activité résulte du décès de l’exploitant, la taxation de la plus-value du fonds


de commerce (éléments corporels et incorporels) est reportée au moment de la cessation d’activité
des héritiers. Deux conditions sont à remplir :

- L’exploitation doit être continuée par les héritiers en ligne directe.


- Aucune augmentation de leur valeur ne doit être apportée à ces éléments d’actif d’après le
dernier bilan établi par le défunt.

Article 33 du CGI :

Les plus-values provenant de la cession d’un élément d’actif immobilisé sont soumises à un régime
préférentiel d’imposition lorsqu’elles sont réalisées en fin d’exploitation ou en cas de cession
partielle de l’entreprise. Dans cette hypothèse, les plus-values sont comprises dans le résultat
imposable de l’exercice au cours duquel la cession ou la cessation est intervenue ; pour la moitié de
leur montant. Cette fraction de plus-value est ramenée à 1/3 de son montant lorsque la cession ou la
cessation intervient plus de 5 ans après la création ou l’achat du fonds.

7-2- L’imposition des plus-values d’apport en société(Article 32 du CGI)

Les plus-values dégagées par les sociétés apporteuses lors d’une fusion d’une scission ou d’un apport
partiel d’actif, peuvent échapper à l’impôt si les sociétés apporteuses et bénéficiaires sont des
sociétés de capitaux.

Incidence fiscale de l’exonération :

- Les sociétés apporteuses peuvent déduire de leurs bénéfices imposables les plus valus visés
ci-dessus.
- La société bénéficiaire doit calculer les amortissements des biens apportés sur la base de la
VNC du jour de l’apport.

- Si le bien n’est pas amortissable, la société bénéficiaire devra calculer les plus-values
ultérieurement réalisées en cas de rétrocession sur la base du coût de revient et non
de la valeur d’apport. La pratique comptable étant différente de la politique fiscale, il
y aura un excédent d’amortissement ou de plus-value à réintégrer.
Il s’agit du régime spécial de fusion. En cas de fusion ou opérations assimilées, la plus-value réalisée
par la société absorbée et portant sur les éléments d’actif immobilisé sont exonérés d’IBIC ; si la
société bénéficiaire s’engage à amortir et à calculer les plus-values des éléments apportés sur la base
du bilan apporté par la société absorbée.

Exemple  :

Soit un matériel acquis à 25  000  000. Ce matériel est apporté par A à B pour une valeur résiduelle de
5 millions. Le bien est réestimé à 15 millions. Après deux ans d’utilisation, le bien est revendu à

10  000  000. Il est amortissable sur 5 ans.

TAF  : 1/ Quel est le sort fiscal de la plus-value dégagée au regard de l’IBIC  ?

2/ Quelles sont les conséquences fiscales  :

- A la fin de l’exercice de l’apport.


- A la cession du bien.

Solution  :

1/ La plus-value dégagée : 15 000 000 – 5 000 000 = 10 000 000.

Elle est entièrement exonérée d’IBIC.

2/ Incidences fiscales :

a/ A la fin de l’exercice d’apport

Amortissement comptable : 15 000 000 / 5 = 3 000 000

Amortissement fiscal  : 5 000 000 / 5 = 1 000 000.

Amortissement non déductible (à réintégrer) = 3 000 000 – 1 000 000 = 2 000 000.

b/ A la cession du bien

Valeur nette comptable = 15 000 000 – (2 x 3 000 000) = 9 000 000

Plus-value comptable = 10 000 000 – 9 000 000 = 1 000 000

Valeur nette fiscale = 5 000 000 – (2 x 1 000 000) = 3 000 000

Plus-value fiscale = 10 000 000 – 3 000 000 = 7 000 000

Plus-value imposable = 9 000 000 – 7 000 000 = 2 000 000.

7-3-Les plus-values réinvestir (article 28 du CGI)

La plus-value de cession réalisée en cours d’exploitation est normalement incluse dans le résultat
imposable. Mais dans le but d’inciter les entreprises exerçant sur le territoire ivoirien, l’article 28 leur
permet de déduire ces plus-values à condition de les réinvestir dans les trois(3) années qui suivent. Il
s’agit en fait d’un paiement différé d’impôt. Seuls les assujettis à l’IBIC peuvent en bénéficier.
Conditions  :

- La plus-value doit résulter d’une cession d’immobilisation en cours d’exploitation.


- Le réinvestissement doit se faire dans trois (3) ans maximum
- Le réinvestissement doit se faire en CI et en immobilisation
- Le montant minimum à réinvestir (MMAR) doit être respecté.

MMAR = VO du bien cédé + plus-value de cession ou MMAR = Prix de cession + somme des
amortissements linéaires + solde du compte 151(si le bien est amorti de façon dérogatoire).

Le non-respect de l’une de ces conditions entraîne une réintégration de la plus-value au résultat. Les
plus-values déduites du résultat imposable viennent diminuer le coût de revient des nouvelles
immobilisations soit pour le calcul des amortissements (biens amortissables), soit pour le calcul des
plus-values ultérieures (biens non amortissables).

MMAR = plus-value à réinvestir + prix de revient ; Prix de revient = VO – plus-value réinvestie

Au plan comptable, l’enregistrement est le suivant :

D/851 : dotation aux provisions règlementées C/152 plus-value à réinvestir

Cette plus-value est amortie au rythme du bien s’il est amortissable ou lors de sa cession dans le cas
contraire.

Application  : La société DINGUI a réalisé une plus-value de 10  000  000 suite à la cession d’un
matériel acquis à 20  000  000. Le cumul des amortissements pratiqués est de 12  000  000. Après avoir
rempli les conditions de l’article 28, elle achète un matériel de 40  000  000 amortissable sur 10 ans.

TAF  : Passez toutes les écritures jusqu’au 1er amortissement du nouveau matériel après avoir
déterminé le MMAR.

851 Dotation aux provisions réglementées 10 000 000

152 Amortissement dérogatoire 10 000 000

Montant minimum à réinvestir = VO + plus-value = 20 000 000 + 10 000 000 = 30 000 000

Ou prix de cession + somme des amortissements = 18 000 000 + 12 000 000 = 30 000 000

Plus-value = Prix de cession – VNC donc prix de cession = plus-value + valeur nette comptable.

241 Matériel et outillage 40 000 000


481 Fournisseur d’investissement 40 000 000

6813 Dotation aux amortissements 4 000 000

2841 Amortissement du matériel 4 000 000

(40 000 000 / 10)

152 Amortissement dérogatoire 1 000 000

861 Reprise de provisions réglementées 1 000 000

(10 000 000 / 10)

Lorsque le réinvestissement est inférieur au montant minimum, la quote part de la plus-value non
réinvestie doit être rapportée au résultat. Cette fraction est la différence entre le montant théorique
et le montant réel.

Supposons que la nouvelle immobilisation coûte 27 000 000.

Plus value non réinvestie = 30 000 000 – 7 000 000 = 3 000 000

Plus value réinvestie = 10 000 000 – 3 000 000 = 7 000 000.

Plus value à rapporter au résultat = 3 000 000 + (7 000 000 / 10) = 3 700 000.

6813 Dotation aux amortissements 2 700 000

2841 Amortissement du matériel 2 700 000

(27 000 000 / 10)

152 Amortissement dérogatoire 3 700 000

861 Reprise de provisions réglementées 3 700 000

Si l’une des conditions n’est pas respectée, la plus-value est rapportée au résultat à la fin de la 3 e
année.

Si l’investissement porte sur un bien non amortissable, la plus-value sera entièrement rapportée au
résultat lors de la cession de ce bien.
Cession d’un bien acquis en réemploi

La plus-value qui figure au passif doit être réintégré au résultat. Mais si l’entreprise décide réinvestir
la nouvelle plus-value, les deux montants se cumulent.

8-LES PRODUITS HAO SONT TAXABLES

Ils sont imposables.

9- LES AUTRES MESURES DE REDUCTION D’IMPOT

Il s’agit essentiellement des mesures fiscales d’aide à l’investissement Ces mesures concernent le
code d’investissement de 1995 et la réduction de l’impôt pour investissement (article 110 du CGI).
(Voir chapitre suivant).

Section 3 : CALCUL ET PAIEMENT DE L’IMPOT

L’impôt est calculé le 31 décembre de chaque année, date de clôture de l’exercice comptable.

Les entreprises qui commencent l’activité dans le deuxième semestre, doivent clore l’exercice
l’année suivante.

1-CALCUL DE LA COTISATION ANNUELLE

A la clôture de l’exercice, les contribuables sont tenus de calculer l’impôt BIC ou l’Impôt Minimum

Forfaitaire (IMF)

1-1/ L’IBIC

 Pour les personnes morales, le taux est de 25% du résultat fiscal définitif.
Exceptionnellement et sous certaines conditions, un taux de 25% est applicable pour
les PME exerçant dans le domaine de la transformation industrielle et des nouvelles
technologies de l’information et de la communication.
 Pour les personnes physiques, le taux est de 25% est ramené à 20%.
Le prélèvement de 10% d’acompte d’IGR est supprimé par la loi de Finances 2008.

1-2/ L’IMF (Article 39 du CGI)

Il est exigible lorsque :

- Le résultat imposable est négatif ou nul.


- L’IBIC est inférieur à l’IMF.

Il est assis sur le chiffre d’affaires de l’exercice et son taux est de 0,5%.
CATTC = VENTES TTC + AUTRES PRODUITS

IMF = CATTC X 0,5%

Le minimum de perception est de 2 000 000 et le maximum est de 35 000 000 F.

NB : les entreprises nouvelles sont exonérées d’IMF au titre du premier exercice.

2-PAIEMENT DE L’IMPOT

Le montant de l’impôt à payer est le plus élevé entre l’IMF et l’IBIC. La cotisation retenue est payée
en trois fractions égales :

- Le 1er 1/3 le 20/04 de l’année suivante


- Le 2e 1/3 le 20/06 de l’année suivante
- Le 3e 1/3 le 20/09 de l’année suivante

Section 4 : LE REGIME SIMPLIFIE

1-LES PERSONNES IMPOSABLES(Voir TVA : régimes d’imposition)

2-LE RESULTAT IMPOSABLE

La détermination du résultat suit les mêmes règles que le régime normal. Cependant, les
contribuables soumis à ce régime sont interdits de pratiquer les amortissements dérogatoires
(accéléré et linéaire), de réputer différer les amortissements en période déficitaire, de constituer des
provisions.

Seul l’amortissement linéaire est autorisé. Pour la pratique des amortissements, ils doivent respecter
les taux suivants :

Frais d’établissement ------------------------------------------------50%

Constructions-----------------------------------------------------------5%

Matériel de transport-------------------------------------------------33,33%

Matériel et mobilier de bureau, installation et agencement-----10%

Matériel informatique---------------------------------------------------50%

3-CALCUL DE L’IMPOT
3-1- L’IBIC

Pour les personnes morales, le taux est de 25% du résultat fiscal imposable.

Pour les personnes physiques, ce sont les mêmes règles que le régime normal.

3-2-L’IMF

L’IMF des assujettis au régime simplifié est calculé au taux de 2% sur le CATTC de l’exercice. Ce chiffre
d’affaires comprend l’ensemble des recettes et produits tirés de l’activité principale, des activités
annexes et accessoires (revenu de loyers de l’immeuble, revenu des titres en portefeuilles, intérêts
des créances commerciales, subventions d’exploitation et d’équilibre, gains nets de change).

Il n’y a ni minimum, ni maximum d’IMF.

CATTC = ventes TTC + autres produits

Sont exclus de la base d’IMF les produits suivants :

- La variation de stocks de marchandises


- La variation des produits stockés.
- Les travaux en frais d’établissement
- Les récupérations de charges imputées à des tiers.
- Les transferts de charges.
- Les rentrées sur créances amorties.
- La quote-part de subvention rapportée au résultat.
- Les reprises de plus value, d’amortissement et de provision. les produits totalement
exonérés d’IBIC.
- Selon leur pourcentage taxable pour les produits partiellement imposables à l’IBIC.
Application

Un assujetti au régime simplifié a réalisé au cours de l’exercice N, les opérations suivantes :

- Vente de marchandises HT………….……………59 000 000


- Variation de stock de marchandises…………….....6 500 000
- Loyer des immeubles……………………..………...3 600 000
- Intérêts des prêts en compte courant………………...800 000
- Prestation de services……………………………...6 000 000 TTC
- Produits divers…………………………………….....475 000
- Travaux en frais d’établissement………………….1 200 000
- Produits accessoires……………………………….....400 000
- Subvention d’exploitation reçue…………………..5 000 000
- Rentrée sur créances amorties…………………..…...100 000
- Transfert de charges………………………………..2 000 000

TAF  : Calculez le montant de l’IMF à payer.

Calcul de la Base IMF

ELEMENTS MONTANTS
Vente de marchandises 50 000 000

TVA / vente de marchandises 9 000 000

Variation de stock de marchandises 6 500 000

Loyer des immeubles. 3 600 000

Intérêts des prêts en compte courant (800 000 x 50%) 400 000

Prestation de services 6 000 000

Produits divers 475 000

Travaux en frais d’établissement -

Produits accessoires 400 000

Subvention d’exploitation reçue 5 000 000

Rentrée sur créances amorties -

Transfert de charges -

BASE IMF 81 375 000

IMF de N = 81 375 000 x 2% = 1 627 500

NB : Il n’y a ni minimum, ni maximum d’IMF


4-PAIEMENT DE L’IMPOT

Mêmes règles que le régime normal.

CHAPITRE 4 LES PARADIS FISCAUX

Section 1 Notions et Caractéristiques des Paradis Fiscaux


 Notion de paradis fiscaux
• C’est un pays « qui applique un régime fiscal dérogatoire tel
qu’il conduit à un niveau d’imposition anormalement bas »
(précis de fiscalité français, 1973).
• Ce sont des territoires indépendants ou dépendants alliant
secret bancaire et une politique de faible taxation des avoirs
des non-résidents: ce sont des refuges fiscaux qui jouissent
d’une liberté totale de mouvements de capitaux internationaux.
Ces territoires répondent aux critères suivants:
• Secret bancaire y est strictement appliqué
• Pas ou peu de taxe sur les revenus, les bénéfices ou l’immobilier
• Grande facilité d’installation, de création de sociétés
• Loi sur les trusts est très développée
• Le secret bancaire n’est qu’une tradition, une obligation établie
par la loi (Suisse, le banquier de divulgue des informations sur
un client risque une peine de prison)
• L’évasion fiscale n’est pas considérée comme crime
 Caractéristiques des paradis fiscaux
Les pays concernés:
 Proposent des impôts faibles ou nuls aux non-résidents;
 Fournissent un niveau de secret élevé permettant de dissimuler
les bénéficiaires d’entreprises, de sociétés de fiducie et de
comptes en banque;
 N’exigent aucune réalité économique quant aux transactions
effectuées dans la juridiction (création de résidences fictives);
 Coopèrent très peu ou pas du tout avec d’autres pays dans le
domaine juridique (absence de transparence dans l’application
de la loi);
 Sont stables sur le plan économique et politique pour rassurer
les investisseurs;
 Disposent d’un secteur financier surdéveloppé par rapport à la
taille du pays et à sa dimension économique;
 Stabilité économique et politique;
 Liberté totale des mouvements de capitaux.
Les paradis fiscaux où sont basés les entreprises et investisseurs
garantissent le secret, ce qui bloque l’accès à des informations
claires sur:
 Les activités de ces entreprises dans ces pays;
 La quantité d’échanges commerciaux qu’elles effectuent dans
ces pays
 Le nombre de personnes qu’elles emploient dans les paradis
fiscaux et juridictions secrètes;
 Les bénéfices enregistrés dans les paradis fiscaux et les impôts
payés par ces entreprises.

Section 2 Facteurs déterminants et raisons d’existence


 Principaux facteurs déterminants des paradis fiscaux
 La juridiction applique des impôts inexistants ou insignifiants
 Absence de transparence dans la juridiction (indisponibilité
d’informations justifiant les bases d’impôts appliquées aux
contribuables similaires)
 L’existence de lois ou pratiques administratives empêchant un
véritable échange de renseignements à des fins fiscales avec les
autres administrations (absence d’accords bilatéraux d’échange
d’informations fiscales)
 Absence d’activités substantielles (cohérentes) attirant des
investisseurs ou des transactions qui sont motivés par des
considérations fiscales
 Raisons d’existence des paradis fiscaux
o Mettre à l’abri leurs biens
o Le souci de réaliser des opérations discrètes (Etats)
o Le souci d’échapper aux diverses fiscalités (Firmes
multinationales)
o Le blanchissement d’argent pour en tirer le maximum de
rentabilité (les truands)
 Le tryptique: rapidité, discrétion, faible fiscalité est la
motivation principale des paradis fiscaux)

Section 3 Conséquences et Utilisateurs des Paradis Fiscaux


 Conséquences des paradis fiscaux sur la société et l’économie
 L’évasion fiscale due aux transferts de bénéfices
 Le blanchissement de l’argent sale
 Les circuits de blanchissement
 Spéculation / instabilité monétaire
 La dégradation des finances publiques (manque à gagner pour
l’Etat);
 Une perte d’autonomie des politiques fiscales (obligation
d’alignement sur les taux d’imposition faible pour éviter
l’évasion fiscale);
 L’opacité (absence du contrôle règlementaire, actionnaires et
agences de notation) et l’instabilité financière (prise de risque
inconsidéré);
 Accroissement des inégalités et de l’injustice (contribuables
plus mobiles car plus riches se soustraient à l’impôt);
 Essor de la criminalité transnationale et du terrorisme (boîtes
noires pour les criminels sur l’origine des fonds sont occultées
par les paradis fiscaux et judiciaires).
 Utilisateurs des paradis fiscaux
 Grandes entreprises qui y installent des filiales
 Fonds spéculatifs
 Filiales des banques
 Riches particuliers
 Sociétés d’investissement
 Les sociétés multinationales
 Réseaux criminels internationaux pour des fins de
blanchissement d’argent
Section 4 Lutte contre les Paradis Fiscaux
Comment lutter contre les paradis fiscaux ?
 L’harmonisation des régimes fiscaux à l’échelle internationale
(rendrait inutile les paradis fiscaux)
 Rendre automatique le système l’échange d’informations
fiscales entre Administrations fiscales (se soustraire du principe
d’échange d’informations à la demande facilitant une lisibilité
sur les comptes des non-résidents)
La mise en place d’un FATCA (Foreign Account Tax Compliance
Act) en 2014 serait souhaitable car oblige les établissements
financiers du monde à communiquer les transactions des
américains.
 La mise en place d’une instance de coopération fiscale
internationale facilitant l’échange permanent d’informations ou
échange automatique d’information (EAI)
 Permettre l’égalité entre les Etats du monde pour des décisions
communes efficaces
 Mettre à terme à la concurrence fiscale entre les Etats (éviter
les incitations fiscales discrétionnaires
 Réseaux criminels internationaux pour des fins de
blanchissement d’argent