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FRANÇAIS 7 e

2e cycle

© Nathan
● Lecture
● Expression
● Grammaire
● Orthographe
● Conjugaison
● Vocabulaire

CONFÉRENCE INTERCANTONALE
DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE DE
LA SUISSE ROMANDE ET DU TESSIN
© Nathan
Collection

D’ALAIN BENTOLILA

FRANÇAIS 7e LE
2e CYC

Sous la direction
d’ALAIN BENTOLILA

Roger BASTIEN Jean-Claude LALLIAS


IEN Formateur à l’IUFM
de Créteil

Paul BENAYCH

© Nathan
Directeur de site IUFM
Soizic PACHET
Formatrice à l’IUFM
Robert CHISS
Directeur d’école
Nadine ROBERT
Conseillère pédagogique
Jacques CRINON
Professeur des universités

Sylvie SEBAG
Daniel GALLET Enseignante à l’IUFM
IEN de Créteil-Paris 12,
diplômée
d’études approfondies
en littérature comparée
Daniel GUÉRAULT
IPR-IA

Ouvrage adapté par Annie CHERPILLOD ROBINSON et Patricia CHAPPUIS,


membres du groupe d’experts romand.

Le papier de cet ouvrage est composé


de fibres naturelles, renouvelables,
fabriquées à partir de bois
provenant de forêts gérées
de manière responsable.
© Nathan

© Nathan – 25, avenue Pierre de Coubertin, 75013 Paris, 2010.


© Nathan, 2011 pour la présente impression.
ISBN 978-2-09-122445-3

2
Pour te repérer dans ton manuel

Tout au long de ton livre,


suis Tiki le toucan ;
il va t’aider à te repérer !

Tiki t’indique les règles


et les astuces à retenir.

Tiki te pose des questions

© Nathan
sur ce que tu as lu.

Tiki te propose
de découvrir des livres.

Tiki t’invite
à t’exprimer oralement.

Tiki te propose
d’écrire des textes.

3
Lecture et expression
Dans chaque unité de lecture et expression, tu trouveras :

Des lectures en réseau


pour lire des œuvres
Des textes à lire Des questions de compréhension. complètes et des textes
sur le thème de l’unité. de genres différents.

4
4 Suspense ! ne découvraient qu’un repli de l’écorce. Vassioutka avait déjà changé Je lis en réseau
70 plusieurs fois de direction, il avait vidé de son sac les cônes de cèdre et
il marchait, marchait sans trêve… 1 Une bande dessinée
Le bois était devenu totalement silencieux. Vassioutka s’arrêta et
Perdu dans la taïga tendit longuement l’oreille. Toc-toc, toc-toc, faisait son cœur. Puis son
oreille exacerbée capta un son étrange. On aurait dit un bourdonnement.
Le piège diabolique

Vassioutka vit avec ses parents sur le bord du fleuve, en lisière de la forêt 75 Il cessait puis reprenait, comme le vrombissement lointain d’un avion.

Piè diabolique,
sibérienne (la taïga). Il s’est enfoncé dans la forêt pour ramasser des graines de Vassioutka se pencha et vit à ses pieds le cadavre décomposé d’un oiseau.

di b li
cèdre. Des petites marques dans les arbres permettent de retrouver son chemin Une araignée, en chasseur expérimenté, avait tissé sa toile au-dessus
dans l’immense forêt sauvage. S’en éloigner, c’est risquer sa vie ! de la bête morte. La fileuse avait disparu, elle avait sûrement déjà pris

L Piège
Soudain, quelque chose fit un bruit violent juste devant Vassioutka, ses quartiers d’hiver dans un arbre creux, mais le piège était resté et

© Blake et Mortimer.
J b Le
le faisant sursauter. Il aperçut aussitôt un grand oiseau noir qui prenait 80 une grosse mouche pansue était venue s’y faire prendre. Elle se débattait

P Jacobs,
son vol. « Un tétras », devina Vassioutka, médusé1. Il avait déjà à son 6. sourde : cachée, encore à petits coups de ses ailes affaiblies. Une sourde6 inquiétude
tableau de chasse des canards, des bécasses, des perdrix, mais jamais inavouée. commença à gagner Vassioutka à la vue de la mouche empêtrée dans

Ed d P.
encore il n’avait eu l’occasion de tirer un grand coq de bruyère. les fils. Et soudain il prit clairement conscience qu’il s’était égaré.

Edgard
5

Le tétras traversa une clairière moussue, fit un zigzag entre les Victor Astafiev, Perdu dans la taïga © Castor Poche-Flammarion.
arbres et se posa au sommet d’un vieux tronc desséché.
(Le garçon réussit à approcher de l’oiseau.) Comprenons le texte ensemble
À l’action ! Vassioutka se releva rapidement sur un genou et tenta 2 D’autres romans d’aventures
10 dans l’enchaînement de mettre en joue2 l’oiseau soudain inquiet. Il Lect
Lecture du début du texte 6 D’où vient le bourdonnement
maîtrisa enfin le tremblement qui agitait ses mains, la mire3 cessa de jusqu’à la ligne 38 : qu’il entend (ligne 74) ? Simon traverse désert, montagnes
danser, elle se fixa sur le tétras… Pan ! L’oiseau noir culbuta en battant Que provoque cette découverte et territoires indiens pour aller
1 Comment s’appelle le personnage vendre son troupeau de dindes à
des ailes, mais, avant d’avoir atteint le sol, il arrêta sa chute et s’envola chez Vassioutka ?
de ce récit ?
Pourquoi ? mille kilomètres de chez lui, dans
dans l’intérieur du bois. 2 Où se passe ce récit ? Décris le paysage. l’Ouest. Personne ne le prenait au
15 « Touché ! » enregistra Vassioutka et il se jeta à la poursuite de sérieux, et pourtant, il va triompher
l’animal blessé. 3 Propose un nouveau titre pour ce texte.
7 Selon toi, Vassioutka a-t-il des raisons des dangers… et faire fortune. Jean George, Jean Ollivier, Jean-François
C’est alors seulement qu’il comprit ce qui s’était passé, et il s’adressa 4 Quels sont les différents sentiments d’avoir peur ? Kathleen Karr, Ma montagne, Le cri du Kookabura, Chabas, Ba,
d’amers reproches : qu’éprouve Vassioutka au cours La longue marche des dindes, L’École des loisirs. Casterman. Casterman.

« Évidemment, des petits plombs pour une bête comme ça, de la chasse ? L’École des loisirs.
8 Lis à haute voix les lignes 9 à 26.
20 qui est presque de la taille de mon chien !… Il en faut plus pour Lecture de la ligne 39 jusqu’à la fin :
Avec tes camarades, cherche un moyen
l’impressionner ! » 5 Relève les mots et les groupes de mots pour « qu’on entende les pensées »
L’oiseau s’éloignait par volées de plus en plus brèves. Ses forces qui montrent que le personnage est peu de Vassioutka pendant la lecture Je raconte la suite d’un scénario de BD
faiblissaient. Enfin, incapable d’arracher du sol son corps pesant, il se à peu gagné par l’inquiétude et la peur. du récit.
mit à courir. D
Décris oralement la situation d’Esteban, page 48.
25 « Maintenant, il ne m’échappera pas ! » pensa Vassioutka, sûr de
lui, et il accéléra. L’oiseau n’était plus guère éloigné. Avec tes camarades, cherche différentes suites possibles par rapport à la situation
Vassioutka laissa tomber son sac, leva son fusil et fit feu. En quelques du personnage. Racontez-les oralement.
pas il rattrapa le tétras et se laissa tomber dessus.
J’écris un récit à suspense (1)
« Halte, l’ami, halte ! » bredouillait-il, fou de joie. « Tu ne t’en
1. médusé : stupéfait, Imagine un autre récit sur le modèle de Perdu dans la taïga : tu dois faire monter
30 tireras pas, mon vieux ! Ah, tu voulais courir ! Mais t’inquiète pas, j’ai progressivement l’inquiétude du personnage principal… et du lecteur.
très étonné.
de bonnes jambes, moi aussi ! » J’écris la suite d’un scénario de BD
2. mettre en joue : viser Tu peux reprendre cette structure (voir lignes 39 à 83) :
avec une arme.
Content de lui, Vassioutka palpait le tétras, admirant son plumage
noir aux reflets bleutés. Puis il le soupesa. « Y en a bien cinq kilos, si ce À partir des suites imaginées et racontées en classe, choisis celle que tu préfères et écris-la :
3. la mire : la ligne
Soudain il repensa à … . Il regarda autour de lui. C’étaient … . Il fit demi-tour. … .
qu’arrive-t-il au personnage ? Échappera-t-il à la noyade ? Que va-t-il faire, selon toi ?
imaginaire entre l’œil n’est huit », calcula-t-il, et il fourra l’oiseau dans son sac. « Bon, faudrait La gorge de … se serra, de la sueur perla à son front. … « … »
du tireur et l’objet qu’il 35 que je me presse maintenant, autrement je vais me faire attraper par … haussa la voix pour chasser la peur qui montait. « … » N’oublie pas de montrer que le héros est dans une situation dramatique.
vise. ma mère. » Et soudain il prit clairement conscience que … . Essaie de faire partager son angoisse.

42 44 Unité 4 OSuspense ! 49
© Nathan

Deux situations d’écriture, Une activité d’expression orale


en lien avec le thème en lien avec la situation d’écriture
de l’unité. pour apprendre à t’exprimer
dans des situations différentes.

POUR ÉCRIRE DES TEXTES


4 POUR AMÉLIORER MON TEXTE
4
Je crée le suspense (1)
Laisser le lecteur dans l’attente
Lis cette autre façon de relater l’épisode
de Perdu dans la taïga.
Communiquer l’inquiétude
du personnage
Je choisis mes mots
L’eau et l’air sont des éléments essentiels à la vie. Dans un roman d’aventures, on utilise
souvent des termes en rapport avec ces deux éléments pour montrer l’angoisse
d’un personnage et sa peur de perdre la vie.
À la découverte
1 Relève, dans les lignes 47 à 58
Vassioutka avait tué le coq de bruyère.Triom- de Perdu dans la taïga (p. 43), les mots suffoquer – retenir son souffle – respirer à pleins poumons – avoir le souffle court – se noyer –
phant, il fit demi-tour pour rentrer chez lui. et les groupes de mots qui indiquent être asphyxié – manquer d’air – être englouti – chavirer – bloquer sa respiration – étouffer –
Mais plus moyen de retrouver les marques qui
indiquaient le chemin. Tous les arbres se ressem-
l’inquiétude du personnage. perdre pied – couler à pic – souffler – être oppressé – être submergé – sombrer. Rencontre
2 Relis le texte en supprimant toutes Classe ces termes en deux colonnes : air / eau.
blaient dans la forêt. Il avait beau chercher, plus
les indications que tu as relevées. Le texte Si tu ne connais pas le sens de certains mots, utilise un dictionnaire. Hier, j’ai rencontré quelqu’un d’un peu bizarre. D’abord, je n’ai
de marques. Il essayait de ne pas s’affoler, mais
crée-t-il encore autant de suspense ? Quels sont les termes qui conviennent à la situation d’Esteban lorsque celui-ci voit s’approcher pas tout de suite compris ce qu’il disait. Peut-être que je n’étais pas
la peur le gagnait. Il finit par se rendre compte
qu’il s’était égaré. la baleine (voir p. 48) ? bien réveillé, ou un peu trop distrait. J’ai cru entendre quelque chose
comme : « Dzwiagztrochv kinghuaxyelz trrplllikdawq iiiiiiiuhhh. »
a. Compare ce texte avec celui des pages 42 5 Et puis : « Sprechen Sie Deutsch ? » Et ensuite : « Do you speak English ? »
à 44.
b. Quel texte te semble le plus passionnant ? Pour augmenter l’inquiétude du lecteur, J’accorde l’adjectif attribut du sujet Et enfin : « Parlez-vous français ? » Je ne sais pas pourquoi il m’a demandé
on peut montrer celle du personnage. ça. Évidemment que je parle français. C’est même la seule langue que je
Pourquoi ?
On peut utiliser pour cela des mots ou parle. Ce qui m’a un peu étonné aussi, c’est la façon dont il était habillé.
Dans une phrase, l’adjectif attribut du sujet s’accorde en genre et en nombre Avec une espèce de combinaison vert et rouge, toute drôle : on aurait
des groupes de mots précis que l’on choisit
avec le sujet.
dans ce but : effrayé, une sourde inquiétude, 10 dit une peau avec des écailles.
sa gorge se serra, la peur le gagna… En relisant ton texte, vérifie systématiquement les accords des adjectifs attributs du sujet. En y réfléchissant bien, je crois que sa tête aussi m’a un peu surpris.
Pour qu’un récit soit palpitant, Aide-toi en traçant la chaîne des accords. Une tête toute ronde qui tournait sans arrêt comme un gyrophare sur
il faut créer du suspense : faire monter une ambulance.
l’inquiétude chez le lecteur et faire en sorte Grammaire Mais il était très gentil. Il m’a salué poliment et il m’a tendu la main.
Je m’exerce Sujet Attribut
qu’il se demande ce qui va arriver. Unité 7, p. 139
Une main pleine de doigts. Au moins cent. Ça fait un peu bizarre quand
Les porteurs étaient satisfaits. L’attribut du sujet 15
Pour cela, il faut laisser le lecteur dans Continue ce récit en deux ou trois phrases. on la serre.
l’attente et ne pas raconter la suite du récit Insère dans ton récit des mots ou des groupes Orthographe Il m’a posé toutes sortes de questions. Parfois, je ne savais pas quoi
trop rapidement : on peut donner beaucoup de mots qui montrent ce que ressentent masculin/pluriel Unité 9, p. 163
de détails, décrire chaque action, prolonger L’accord de l’adjectif (2) répondre. Par exemple, quand il m’a demandé si les instituteurs sont
les deux garçons.
les actions. meilleurs à la broche ou en pot-au-feu. J’ai bien été obligé de lui dire
Tom et Huck sont à la recherche d’un trésor. 20 que je n’en ai jamais mangé.
Lorsqu’ils atteignirent la maison hantée, Ce qui était surtout rigolo, c’est qu’il sautait sans arrêt sur ses trois
Je m’exerce le silence qui y régnait était tellement profond, Je relis et je réécris jambes. Ça faisait cric cric cric. Et de temps en temps il se grattait le dos
Dans ce texte, fais durer le suspense l’impression de solitude et de désolation qui avec sa langue. Je voudrais bien savoir comment il fait.
Reprends la suite de ton scénario de BD (voir p. 49).
en imaginant les détails de la fuite de Kim. s’en dégageait était si démoralisante, que tout Après, je lui ai dit que je devais rentrer à la maison parce que maman
d’abord ils hésitèrent à s’aventurer à l’intérieur. As-tu fait ressentir l’angoisse du personnage ?
Au cours d’un grand jeu dans les bois, Kim est 25 m’attendait pour souper. Il ne voulait pas me laisser partir. Je crois qu’il
terrorisée par des garçons qui veulent lui faire du Peu après, ils s’enhardirent, rampèrent jusqu’à Avec tes camarades, essayez de relever, dans vos textes, les idées intéressantes et d’en trouver avait encore envie de jouer. Alors je lui ai promis de revenir le lendemain.
mal. La rattraperont-ils ? la porte et jetèrent un coup d’œil prudent… de nouvelles pour améliorer certains passages. Et ce matin, je suis parti à l’école plus tôt que d’habitude. Il
M. Twain, Les aventures de Tom Sawyer, trad. de F. de Gaïl
Elle se mit à courir aussi vite que possible à Améliore ton texte en utilisant la rubrique « Je choisis mes mots ». m’attendait au coin de la rue et il m’a tout de suite emmené vers une
© Mercure de France, 2008.
travers les bois humides et glissants et s’écarta Utilise la grille de réécriture suivante. grande machine qui était cachée dans les arbres du parc. Ça m’a beaucoup
… . Puis elle quitta le sentier pour … . Ceux de 30 plu parce qu’il y a des phares de toutes les couleurs. Il m’a fait grimper
son équipe étaient loin à présent : … . Cherchant 1 J’ai laissé le lecteur dans l’attente en ne racontant pas trop rapidement la fin du récit. à l’intérieur et il a fermé la porte. À l’intérieur de la machine, c’est assez
désespérément un endroit qui la mettrait à l’abri beau. Sauf qu’il y a des boutons et des appareils un peu partout.
des regards de Wendy, Kim … . Tout à coup, elle 2 J’ai fait partager l’angoisse du personnage : il se demande ce qui se passe, il a peur.
Il a encore dit quelque chose que je n’ai pas compris et la machine
réalisa que … . Elle commençait à être épuisée. 3 J’ai fait rebondir l’action pour garder le suspense. s’est mise à bouger. J’aime bien. On voit les nuages à travers les hublots.
Elle … . Elle … . 35 Mais je voudrais quand même savoir où il m’emmène. J’espère que
4 J’ai trouvé une chute.
D’après B. Ashley, À la poursuite de Kim, ce n’est pas trop loin. Parce que je ne voudrais pas arriver en retard à l’école.
trad. de Pascale Houssin © Gallimard Jeunesse. 5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence. Bernard Friot, Histoires pressées, coll. Milan Poche © Milan, 2007.

Unité 4 OSuspense ! 45 Unité 4 OSuspense ! 51 112

Deux séquences Une page de méthodologie À la fin de la partie lecture-expression,


« Pour écrire des textes » pour améliorer les productions un choix de textes pour
afin de construire écrites : des ressources prolonger la lecture.
les notions nécessaires en vocabulaire, des astuces
à la production de textes. pour utiliser les outils de la langue
et une grille de réécriture.

4
Étude de la langue
Des unités de grammaire, d’orthographe, de conjugaison et de vocabulaire
pour comprendre le fonctionnement de la langue française.

Au recto Au verso
Des textes à lire et des questions Les notions à retenir
de repérage pour identifier avec des exemples
la notion en contexte. d’utilisation.

4 Les pronoms personnels

4 Les pronoms personnels


Pour reprendre un groupe nominal, on peut utiliser un pronom personnel
qui se place avant le verbe. Le mot « pronom » veut dire « à la place du nom ».
GRAMMAIRE

GRAMMAIRE
Étape 1 Les pronoms personnels peuvent remplir la fonction de compléments de verbe
L’assiette directs : me, te, le, la, l’, lui, nous, vous, les, leur.
Alice et Sophie se mirent à courir. « Vous ne devriez pas jouer à ça, dit Clément, leur La voisine Marthe aperçoit les enfants. Elle les embrasse.

Des exercices
« les » reprend « les enfants » ;
grand frère. Vous allez encore casser quelque chose. Et les parents vont vous gronder. » c’est un pronom personnel complément du verbe « embrasser »

Au milieu de la table, il y avait une assiette en porcelaine. Les parents l’aimaient Les pronoms personnels peuvent remplir la fonction de compléments de verbe
particulièrement. En courant autour de la table, les deux fillettes la heurtèrent. indirects : me, te, lui, nous, vous, leur.
L’assiette en porcelaine glissa et se brisa sur le carrelage. « Vite, ramassons les débris et
allons les jeter dans un fossé, suggéra Sophie. Trop tard, voilà les parents qui rentrent.
Les fillettes vont chez la voisine. Elles lui apportent un pot de confiture.
« lui » reprend « la voisine » ;
c’est un pronom personnel complément du verbe « apporter »
d’entraînement
– Malheureuses ! s’écrièrent-ils, cette assiette, nous l’avions dans la maison depuis
notre mariage. Et vous l’avez mise en morceaux ! »
Les parents étaient furieux contre Alice et Sophie. Ils leur donnèrent une punition.
Je m’exerce 4 Complète ce texte avec les pronoms
pour intégrer
1. Sais-tu : personnels qui conviennent.
– qui les parents vont gronder ?
– ce que les parents aimaient particulièrement ?
1 Recopie ces phrases et souligne
les pronoms personnels.
Depuis longtemps, Renart pense aux jambons
d’Ysengrin. Il … rend une petite visite et …
les notions travaillées.
– ce que les deux fillettes heurtèrent en courant ? Relève leur fonction. invite à venir se promener. Ysengrin ne se méfie
– ce que les enfants pourraient jeter dans le fossé ? Arthur appelle Florent au téléphone ; il l’invite pas de Renart. Il … fait confiance. Renart flatte
2. Sais-tu à qui les parents donnèrent une punition ? à son anniversaire. – Chloé pense à sa grand-mère ; toute la famille du loup. Le soir, il escalade
3. Comment s’appellent les mots surlignés en jaune ? elle lui envoie une carte. – Les déménageurs leur toit et … dérobe deux magnifiques jambons.
ont livré les meubles ; ils les ont installés dans
le salon. – Alice rencontre ses amis ; elle leur dit 5 Remplace le complément de chaque verbe
Étape 2 bonjour. par le pronom personnel qui convient.
Exemple : Tu parles à ton frère. ➜ Tu lui parles.
1 Choisis les mots qui conviennent.
2 Remplace les CV écrits en gras par Valentin écrit à sa voisine. – Nous lançons
La petite vieille allait son chemin comme si elle n’avait même pas entendu.
Tod (le / la) rattrapa d’un bond, il se campa devant elle et (lui / la) corna aux oreilles :
les pronoms personnels qui conviennent.
Le chamelier a dix-sept chameaux. Il offre
les dix-sept chameaux à ses fils. – Les fils ont besoin
la balle à Léo. – Le lynx ressemble à un gros
chat. – Les lynx ressemblent à de gros chats. –
Le facteur apporte un colis à madame Denoël. –
Un exercice à faire
– La bourse ou la vie, je (nous / vous) dis !
Cette fois, la vieille s’arrêta, en appui sur son bâton, une main en cornet à l’oreille.
– Pour ça oui, chevrota-t-elle. Tu (l’ / leur) as dit. Toujours la pluie. Quel temps pourri !
des conseils d’un juge. Ils rencontrent le juge. –
Le juge compte les chameaux. Il répartit
les chameaux équitablement entre les fils.
Le maître rend les devoirs aux élèves.

À deux !
avec un camarade.
Tod (lui / la) brandit son couteau sous le nez. Ce n’était pas un vrai coutelas. Tod (te / l’) avait
taillé dans une écorce grise, et frotté de betterave au bout, pour faire rouge et redoutable. Chacun remplace les GN écrits en gras
3 Remplace les CV écrits en gras par par les pronoms personnels
Il (le / la) trouvait très réussi. qui conviennent.
Tu peux vérifier avec le texte p. 37, lignes 28 à 39. les pronoms personnels qui conviennent.
Nous préparons une exposition sur les
Lorsque nos correspondants nous écrivent, nous
2 Transforme les secondes phrases en évitant de répéter les mots écrits en gras. fables de La Fontaine. Nous dévoilerons
répondons rapidement à nos correspondants. –
cette exposition lors de la fête de l’école.
Exemple : Les parents trouvent les débris de l’assiette en porcelaine. Ils ramassent les débris Nous apprenons l’anglais pour discuter avec
Nous avons appris chacun une fable. Nous
de l’assiette en porcelaine. ➜ Ils les ramassent. nos amis. Nous parlons à nos amis dans leur
réciterons la fable devant nos parents. Nous
langue. – J’ai rencontré un nouvel ami sur la
présenterons toutes les fables à nos parents

© Nathan
1. Les parents sont mécontents des enfants. Ils donnent une punition aux enfants. plage. J’ai donné un beau coquillage à ce nouvel
2. Les parents pensent à leur voisine Marthe. Ils demandent aux fillettes de porter un pot dans un beau décor.
ami. – Les enfants de l’école voisine sont
Échangez vos phrases. Avez-vous utilisé
de confiture à leur voisine Marthe. venus dans notre classe. Nous avons distribué les pronoms personnels adéquats ?
3. Alice et Sophie n’aiment pas leur voisine Marthe. Celle-ci embrasse beaucoup Alice et Sophie, nos poèmes aux enfants de l’école voisine.
ce qui n’est pas très agréable, à cause de la barbe, et elle en profite pour pincer Alice et Sophie.

133 134

Des manipulations
pour comprendre
et s’approprier la notion.

Avant-propos du directeur de la collection


Amener un élève à lire juste, à écrire juste et à parler juste suppose que, parallèlement
aux activités de lecture et d’expression, on lui fasse découvrir avec rigueur les mécanismes
de la grammaire, de l’orthographe, de la conjugaison et du vocabulaire.
Ces objectifs sont certes complémentaires, mais ne doivent en aucun cas être confondus.
Chaque démarche possède sa propre logique, sa propre progression. C’est en les respectant
chacune qu’elles s’éclaireront l’une, l’autre.
Cette édition de L’Île aux mots propose une distribution claire entre lecture, écriture,
parole et étude de la langue, tout en explicitant les passerelles pédagogiques entre ces
deux parties. Elle fait ainsi le pari d’une alliance sans ambiguïté entre la rigueur d’analyse
et la richesse d’expression.
Alain Bentolila

5
AVANT-PROPOS
Préambule
En vue d’une politique éducative unifiée au niveau romand (convention
scolaire romande) et Suisse (HarmoS), la Conférence Intercantonale
de l’Instruction Publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP)
a décidé des orientations, des programmes ainsi que d’un choix de
moyens d’enseignement de français. Dans ce contexte, la collection
L’île aux mots a été retenue par la CIIP comme l’un des moyens
d’enseignement destiné aux élèves du deuxième cycle primaire tel que
défini par le Concordat HarmoS. La collection concerne donc les élèves
des degrés 5 à 8.
Afin d’assurer un meilleur ancrage dans l’école, la culture et la
© Nathan

terminologie romandes, la collection française d’origine a été adaptée


pour aboutir à cette version en adéquation avec le texte d’orientation,
publié en 2006 à l’intention des enseignants de l’école obligatoire de
la Suisse romande, Enseignement-apprentissage du français en Suisse
romande et avec le Plan d’études romand (PER). Ce texte insiste sur la
nécessité de former des élèves capables de lire et d’écrire des textes
variés. Il propose aussi que l’étude de la langue, dans le cadre de ce
qu’il appelle la grammaire au sens large, s’effectue à partir du texte, qui
sert de point de départ pour construire les concepts grammaticaux et
de point d’arrivée pour les mettre en œuvre dans la lecture et l’écriture.
Cette démarche n’induit pas qu’il faille négliger les apprentissages
spécifiques et les exercices systématiques de grammaire, d’orthographe,
de conjugaison et de vocabulaire.

6
Le choix de la collection L’île aux mots
Cet ouvrage est une adaptation des volumes de la collection originale
de L’île aux mots dont il reprend une grande partie du contenu. Il se
compose de dix unités de lecture et d’expression écrite et orale, de
onze unités de grammaire, de treize unités d’orthographe, de douze
unités de conjugaison et de onze unités de vocabulaire.
Grâce aux aménagements réalisés, il répond aux orientations définies
dans le document cité dans l’avant-propos ainsi qu’aux principaux
objectifs du Plan d’études romand.

L’ouvrage se réfère à la nouvelle dénomination des degrés découlant

© Nathan
de la Convention scolaire romande et de HarmoS, à savoir 7e (pour
désigner le degré 5 de la précédente organisation scolaire).

Remerciements
Nous souhaitons exprimer nos remerciements et notre gratitude
à l’ensemble des personnes qui ont œuvré à la réalisation de cet ouvrage :
auteurs français et suisses, experts, membres des commissions...
Nous tenons également à faire part de notre satisfaction vis-à-vis des
conditions dans lesquelles la collaboration avec la maison d’édition
Nathan s’est déroulée.
Olivier Maradan
Secrétaire général de la CIIP

7
SOMMAIRE LECTURE ET EXPRESSION

Lire Lire en réseau

Des récits d’amitié Sale temps pour les grenouilles ! (G. Fresse) Un poème
1 pages 12 à 21 Mon meilleur ami (J. Hoestlandt) D’autres récits d’amitié

Un mythe
Mythes et légendes Les derniers Géants (F. Place)
2 pages 22 à 31 Les aventures de Sindbad le marin (R. R. Khawam)
D’autres aventures
de géants

Des récits
La plus grande carotte du monde (G. Rodari) Un poème
3 humoristiques
pages 32 à 41
Le petit bandit de grands chemins (D. King-Smith) D’autres récits « en arbre »

Le piège diabolique
Suspense ! Perdu dans la taïga (V. Astafiev)
4 pages 42 à 51 Soupçon (B. Friot)
D’autres romans
d’aventures

La vie de Vincent Van Gogh (M. Boutan)


Des biographies Une lettre
5 pages 52 à 61
Jean-François Champollion et les hiéroghyphes
(M. Kanawaty)
D’autres biographies

Les colères de la nature,


© Nathan

Des textes Des livres documentaires


Quand le ciel se déchaîne (J.-M. Billioud)
6 explicatifs
pages 62 à 71
La tempête dans le sud-ouest de la France,
et des magazines
scientifiques
(Le Monde, janvier 2009)

Des récits Une scène de théâtre


Fifi Brindacier (A. Lindgren)
7 de disputes
pages 72 à 81
Vieux John (P. Härtling)
D’autres récits
de disputes

Ariane : « Moi, j’aime les chauves-souris » Une bande dessinée


(Le Journal de l’école) Un ouvrage à propos
Des interviews
8 pages 82 à 91
« J’ai commencé par gribouiller »
(Je Journal des Enfants)
de la presse et
des magazines
« J’ai passé une soirée explosive » (Géo Ado) pour enfants
Un dialogue de théâtre
Théâtre Le petit violon (J.-Cl. Grumberg) Des sketches à jouer
9 pages 92 à 101 Les sifflets de Monsieur Babouch (J.-P. Milovanoff) et d’autres pièces
de théâtre
Fenêtres ouvertes (V. Hugo) – Néons (A. Serres) –
Il pleure dans mon cœur (P. Verlaine) – Un document
Poésie
10 pages 102 à 111
Il pleut (R. Queneau) – Il pleut (G. Apollinaire) –
Messages de la ville en poésie (J. Charpentreau) –
D’autres recueils
de poèmes
L’automne – Le soleil (J. Carelman)

Rencontre (B. Friot), page 112


À la découverte Le mythe de Phaéton (D. Lindon), pages 113 à 115
d’autres textes Les déménageurs (P. Gripari), pages 116 et 117
Comment peux-tu avaler ça ? (B. Friot), La puce (L. Chauveau), page 118
Construire une pirogue (M. Tournier), page 119

8
Parler et dire Écrire
Pour écrire des textes : Je situe les personnages et l’action ;
Je rends mon récit vivant
Je raconte une histoire d’amitié
Projets d’écriture : J’écris le scénario d’un récit d’amitié ;
J’écris un récit d’amitié
Pour écrire des textes : J’écris mon texte à la première personne ;
Je raconte au passé
Je décris des personnages imaginaires
Projets d’écriture : Je réécris un récit en changeant de point
de vue ; J’écris un récit imaginaire
Pour écrire des textes : Je construis la trame d’un récit ;
Je raconte des suites possibles J’organise un texte
Projets d’écriture : J’écris une fin de récit ; J’écris un récit « en arbre »
Pour écrire des textes : Je crée le suspense (1) ; Je crée
Je raconte la suite possible le suspense (2)
d’un scénario de BD Projets d’écriture : J’écris un récit à suspense (1) ou (2) ; J’écris
la suite d’un scénario de BD
Pour écrire des textes : Je rédige une biographie ; Je décris
un moment de la vie d’une personne
Je joue au jeu de la biographie mystère
Projets d’écriture : J’écris la biographie d’une personne célèbre ;
J’écris une biographie imaginaire
Pour écrire des textes : J’explique des faits (1) ; J’explique

© Nathan
des faits (2)
Je prépare et je présente un exposé
Projets d’écriture : J’explique une catastrophe naturelle ;
J’écris un article de journal
Pour écrire des textes : Je donne la parole aux personnages dans
un récit (1) ; Je donne la parole aux personnages dans un récit (2)
Je raconte un souvenir de dispute
Projets d’écriture : J’écris les paroles des personnages ;
J’écris un récit avec des dialogues

Pour écrire des textes : Je réalise une interview (1) ; Je réalise


une interview (2)
Je réalise une interview
Projets d’écriture : J’écris des questions pour une interview ;
Je transcris une interview pour un journal

Pour écrire des textes : Je distingue dialogue et monologue ;


J’imagine la suite d’une scène J’indique des précisions à propos de la mise en scène
de théâtre Projets d’écriture : J’écris les paroles d’un personnage ; J’écris
une scène de théâtre

Pour écrire des textes : J’écris un poème ; Je dispose un poème


Je récite ou je lis à haute voix dans l’espace
un poème que j’ai écrit Projets d’écriture : J’écris un poème rythmé ; Je compose
un calligramme

Air vif (P. Éluard), page 120


Les aventures de Tom Sawyer (M. Twain), page 121
En toutes circonstances (A. Gellé), L’affaire se complique (J. Tardieu), page 122
Le Singe et le Bouc (J. Muzi), pages 123 à 124

Sommaire – Lecture et expression 9


SOMMAIRE ÉTUDE DE LA LANGUE

GRAMMAIRE ORTHOGRAPHE
1. À quoi sert la grammaire ? page 127 1. À quoi sert l’orthographe ? page 149
2. Le sujet et le complément de verbe page 129 2. Le pluriel des noms se terminant par « ou » page 151
3. Le verbe et ses compléments page 131 3. Le pluriel des noms se terminant par « au »,
page 152
« eau », « al »
4. Les pronoms personnels page 133
4. Le pluriel des noms se terminant par « ail/aille »,
5. Les compléments de temps, de lieu page 153
page 135 « eil/eille », « euil/euille »
et de manière (1)
5. Le pluriel des mots se terminant par « eu »
6. Les compléments de temps, de lieu page 155
page 137 ou « eux »
et de manière (2)
6. L’accord du verbe avec le sujet
7. L’attribut du sujet page 139 page 157
aux temps simples
8. La phrase subordonnée relative page 141 7. L’infinitif des verbes page 159
59
9. La classe grammaticale et la fonction d’un mot page 143 8. L’accord de l'adjectif (1) page 161
61
10. Les types de phrases : déclaratives, 9. L’accord de l'adjectif (2) page 163
63
page 145
interrogatives et impératives
10. L’accord du verbe avec le sujet aux temps
11. La ponctuation page 147 page 165
5
composés (1)
11. L’accord du verbe avec le sujet aux temps
page 167
composés (2)
12. Le déterminant « leur » page 169
© Nathan

13. Le mot « où » page 170

CONJUGAISON VOCABULAIRE
1. À quoi sert la conjugaison ? page 171 1. À quoi sert le vocabulaire ? page 199
2. L’infinitif du verbe page 173 2. L’utilisation du dictionnaire page 200
3. L’utilisation du présent page 175 3. Les différents sens d’un mot page 201
4. Le présent (1) page 177 4. Les synonymes page 202
5. Le présent (2) page 179 5. La formation des mots : les préfixes (1) page 203
6. L’impératif page 181 6. La formation des mots : les préfixes (2) page 204
7. Le passé composé (1) page 183 7. La formation des mots : les suffixes (1) page 205
8. Le passé composé (2) page 185 8. La formation des mots : les suffixes (2) page 206
9. Le futur page 187 9. L’origine des mots : l’étymologie page 207
10. L’utilisation du futur et du conditionnel présent page 189 10. Jouer avec les mots page 208
11. Le conditionnel présent page 191 11. Les onomatopées page 209
12. Les verbes et leurs bases page 193

AIDE-MÉMOIRE pages 210 à 215

TABLEAUX DE CONJUGAISON pages 216 à 220

10
X P R ES S
-E I
E

O
Unités 1 à 10, pp. 12 à 111

LE C T U R

N
À la découverte
d'autres textes, pp. 112 à 124

© Nathan
A u cours de cette année, tu vas travailler la langue française
en utilisant notamment ce manuel.
Dans la première partie de ton livre, tu vas lire différents textes :
➜ des récits d’amitié ➜ des textes explicatifs
➜ des mythes ➜ des récits de disputes
et des légendes ➜ des interviews
➜ des récits humoristiques ➜ du théâtre
➜ des récits à suspense ➜ des textes poétiques
➜ des biographies
Tu vas écrire des textes en intégrant ce que tu auras appris.
Tu pourras te référer aux grilles d’écriture, ainsi qu’à l’aide-
mémoire à la fin de ton manuel. Tu auras aussi la possibilité
de partir à la découverte d’autres textes !
1 Des récits d'amitié

Sale temps pour les grenouilles !


© Nathan

Daniel a 14 ans, mais il ne sait ni lire ni écrire. Il est la cible de tous


les autres enfants qui l’appellent « la Grenouille », car il dessine sans cesse
des grenouilles. Un seul garçon s’est pris d’amitié pour lui, Tom, que Daniel
appelle « l’Amerloque » à cause de son prénom. Tom raconte…
On jouait tous à la balle au camp. Sauf la Grenouille qui nous
regardait de son poste d’observation habituel, sous le préau. Il se tient
là comme pour se protéger des autres qui, en général, l’ignorent. Mais
quelquefois, ils se mettent à l’embêter, histoire de se ficher un peu de
5 lui. Généralement, c’est Guignard qui donne le signal de départ. Oh,
ce n’est jamais bien méchant. Le problème, c’est que la Grenouille
réagit au quart de tour.
Guignard était en possession de la balle et l’a lancée de toutes ses
forces sur le petit Mérignac qui est agile comme un ouistiti. Naturelle-
10 ment, il l’a esquivée1 et le ballon a heurté la Grenouille en pleine figure.
Il a dû avoir drôlement mal. Sans un mot, il s’est levé et a donné un
grand coup de pied dans la balle. Elle est allée se perdre au loin, dans la
rue. Guignard a pris la mouche :
– Purée ! Mon ballon ! Va rechercher mon ballon, fada !
15 « Fada », ici, ça veut dire fou. La Grenouille ne supporte pas qu’on
l’appelle ainsi.
– Non, je ne suis pas fada ! Nooooon !
Il a foncé sur Guignard. Le hic, c’est que lorsqu’il est énervé, ses
1. l’a esquivée : gestes sont très maladroits. Guignard le savait parfaitement et il en
a fait un mouvement
pour l’éviter.
20 profitait. Il s’est mis à danser autour de la Grenouille en jacassant :
– Hé le fada, hé le fada !

12
1
2. l’a saisi au collet : La rage de la Grenouille était montée d’un cran et il donnait
l’a attrapé violemment de grands coups de poing qui se perdaient dans le vide. Un cercle de curieux
par le cou.
s’est formé autour d’eux. Les encouragements étaient pour Guignard
3. paradait : faisait
le fier.
25 qui tournait de plus belle, narguant un peu plus la Grenouille.
Malheureusement, il a trébuché et s’est étalé de tout son long sur
le bitume. La Grenouille l’a saisi au collet2 et s’est mis à serrer, serrer.
L’autre paradait3 moins. Il est devenu tout blanc. Du coup, un drôle de
silence s’est installé. J’ai essayé de m’interposer, tentant de faire lâcher
30 prise à la Grenouille.
– Arrête, la Grenouille ! Arrête !
Pas moyen. Il ne m’entendait même pas. Mérignac et Tic-Tac sont
venus à la rescousse sans plus de résultats. Heureusement, monsieur
Cabrol est arrivé et les a séparés. […]
35 La Grenouille n’est pas revenu en classe l’après-midi ni les jours
suivants. […]

© Nathan
Un matin, Tom aperçoit Daniel qui se sauve à toutes jambes en le voyant.
Pourquoi la Grenouille n’était-il pas revenu en classe ? Il n’était pas
malade puisqu’il courait comme un lapin. Alors ?
L’après-midi, je suis allé jusqu’au ruisseau qui passe au-dessus
40 de la ferme, histoire d’y construire un barrage. Il était déjà presque
à sec. Quelques cailloux, des branches et de l’argile, j’avais presque
terminé mon chef-d’œuvre quand un craquement derrière moi m’a
fait sursauter. Je me suis retrouvé sur les fesses, mon cœur dans les
baskets. La silhouette de la Grenouille se découpait au-dessus de moi.
45 Soulagement.
– Ah, c’est toi ! Tu pourrais prévenir quand même. Tu m’as foutu
une sacrée trouille. Et pourquoi tu t’es enfui ce matin ? Où est-ce que
tu t’es planqué ?
La Grenouille n’a pas émis le moindre commentaire et il a repris son
50 habituel dandinement d’un pied sur l’autre. Puis subitement, il a souri :
– Viens, l’Amerloque. Je vais te montrer.

Unité 1 ● Des récits d’amitié 13


Je pensais qu’il allait me dévoiler sa cachette. Absolument pas. Nous
avons longé le ruisseau sur environ deux cents mètres, parmi les ronces
et les épines. Il s’est arrêté devant un trou d’eau.
55 – Regarde, l’Amerloque.
Je me suis penché. D’abord je n’ai rien vu et puis je les ai découverts :
une bonne dizaine de gros poissons qui semblaient dormir sur un lit de
sable blanc. Super ! J’ai retroussé mes manches et j’ai plongé les deux
mains. Panique au fond, mais j’ai quand même réussi à en attraper un.
60 Très fier, je l’ai tendu à la Grenouille.
– Nooooon ! a-t-il crié.
Il me l’a arraché des mains et l’a rejeté dans l’eau.
– Pas leur faire du mal, l’Amerloque. Laisse-les tranquilles ! C’est
juste pour regarder.
65 J’étais sidéré. Mais d’un côté je ne lui donnais pas tort. Un poisson,
c’est quand même plus joli au fond d’un ruisseau qu’au bord d’une
assiette, non ?
– Quand est-ce que tu reviens à l’école ? lui ai-je demandé, penché
sur l’eau.
70 Rien, rien et rien. Il avait disparu, comme ça, en deux secondes.
Ce n’était pas une grenouille, plutôt un courant d’air…
Gilles Fresse, Sale temps pour les grenouilles ! © Nathan.
© Nathan

Comprenons le texte ensemble


1 Qui sont les deux personnages 5 Que penses-tu de l’attitude de chaque
principaux de ce récit ? Relève les différentes personnage pendant cette bagarre ?
façons de les nommer. Explique leur surnom. Qu’aurais-tu fait à la place de Tom ?
2 Quels sont les lieux où se déroule 6 Quelle preuve d’amitié la Grenouille
ce récit ? donne-t-il à Tom dans la seconde partie
du texte (ligne 37 jusqu’à la fin) ?
3 Quelles sont les principales étapes
de ce récit ? 7 Relève les passages qui décrivent
le caractère de la Grenouille. Est-il bavard ?
4 Comment Tom intervient-il
dans la bagarre ? 8 Qu’est-ce qu’un ami pour toi ?

J’écris le scénario d’un récit d’amitié

Il t’est sûrement arrivé de te confier à un ami ou à une amie ou d’être toi-même son confident.
Choisis une situation dont tu te souviens ou imagine une situation.
Décris où et quand cela s’est passé.
Présente les deux personnages : ton ami(e) et toi-même.
Écris le scénario de ton récit d’amitié en précisant les différentes étapes,
mais sans les développer.

14
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
1
Je situe les personnages et l’action
Présenter les personnages Indiquer le lieu et le moment
Lis ce nouveau passage de Sale temps pour de l’action
les grenouilles ! Lis ces débuts de chapitres de Sale temps
Daniel, c’est la Grenouille. […] Il allait sur ses pour les grenouilles !
quatorze ans mais il ne savait pas encore lire. Il 1. Rivesacq-le-Grand, tu parles ! Rivesacq-la-
ne reconnaissait que quelques lettres. Et encore Galère, oui. Ce n’était pas un village, seulement
pas toujours les mêmes. J’avais du pain sur la quelques maisons qui avaient poussé sur un tas
planche. de cailloux.
Au début, pas moyen de lui faire décrocher 2. Nous habitions une maison à deux kilomètres
le moindre mot. Il fixait son livre et m’ignorait. du village. On y accédait par un chemin de
Et puis petit à petit, il a commencé à parler. pierres aussi pointues que le nez de monsieur
Mais seulement pendant la classe car en dehors Martinet, mon ancien instituteur.
de l’école, il ne me manifestait pas la moindre
attention, se contentant de ricaner de temps 3. La suite des événements […] s’est déroulée le
à autre : – Hi, hi, hi, l’Amerloque ! premier jour des vacances.
G. Fresse © Nathan. G. Fresse © Nathan.
a. Relève tout ce que tu apprends à propos a. Quels types d’informations trouves-tu
de la Grenouille. dans ces extraits ?
b. Cette présentation te semble-t-elle suffisante ? b. À ton avis, pourquoi ces informations
Que met-elle le plus en évidence ? Pourquoi ? figurent-elles en début de chapitre ?

© Nathan
Pour présenter un personnage dans
un récit, on indique son nom, on décrit son Souvent, pour commencer un récit,
physique et les aspects les plus marquants on indique où l’action se situe et quand
de sa personnalité : son caractère, elle se passe. Cela permet au lecteur
ses habitudes… On précise aussi les relations de se représenter le contexte.
qui existent entre ce personnage et les autres
personnages du récit.

Je m’exerce Je m’exerce
Lis ce texte et relève les groupes de mots Complète ce texte avec des indications
qui décrivent l’institutrice. Quelle impression de lieu de ton choix.
générale se dégage de cette présentation ? Exemple : Cawdour Road tournait doucement
L’institutrice s’appelait Mlle Candy et devait vers la gauche / en direction du square…
être âgée d’environ vingt-trois ou vingt-quatre Cawdour Road tournait doucement … et le
ans. Elle avait un ravissant visage ovale et pâle numéro 25 était … . Le réverbère le plus proche
de madone avec des yeux bleus et une chevelure était à … , mais on pouvait encore discerner
châtain clair. […] Mlle Jennifer Candy était une facilement le numéro 25, un pavillon avec un
personne douce et discrète qui n’élevait jamais la jardin de taille moyenne … , comme toutes les
voix, que l’on voyait rarement sourire, mais qui autres maisons de la rue. La porte d’entrée était
possédait le don exceptionnel de se faire adorer vitrée et il y avait de la lumière … .
de tous les enfants qui lui étaient confiés. R. Jeffries, Les horloges de la nuit
Roald Dahl, Matilda, traduit par Henri Robillot, © Pocket Jeunesse.
© Roald Dahl Nominee Ltd., 1988 © Gallimard.

Unité 1 ● Des récits d’amitié 15


© Nathan

Mon meilleur ami


À cause des déménagements successifs de sa famille, Paul n’arrive pas
à trouver celui qui pourra devenir son meilleur ami.
À mon âge, papa avait déjà son meilleur ami depuis bien longtemps.
Je finissais par craindre d’être trop minable pour avoir un meilleur ami
en vrai.
C’est pour ça qu’à cette époque-là je me suis fabriqué un meilleur
5 ami imaginaire.
Je disais qu’il habitait chez le dentiste, mais la nuit seulement, quand
le cabinet dentaire était fermé, naturellement. J’imaginais que le dentiste
l’ignorait complètement, mais, la nuit, mon meilleur ami – qui était un
fugitif – venait se réfugier là pour qu’on lui fiche la paix. Moi seul
10 le savais puisque j’étais son meilleur ami.
Comment j’avais fait sa connaissance ?
Voilà. Une fois, je m’étais réveillé en pleine nuit à cause d’un
cauchemar affreux où on me forçait à avaler plein de pizzas et j’avais
entendu un drôle de bruit qui venait d’à côté, là où il n’y avait personne
15 naturellement, puisque personne n’aurait l’idée d’aller se faire arracher
des dents en pleine nuit. Au début, ça m’avait flanqué la trouille,
j’avais failli appeler maman, mais elle se serait fâchée en me traitant
de gros peureux et d’enquiquineur parce que je l’avais réveillée pour
des clopinettes alors qu’elle était crevée après sa journée de boulot à
20 l’hôpital.

16
1
Alors je n’ai appelé personne et j’ai continué de tendre l’oreille.
De fait, je n’ai plus rien entendu. C’est ça qui m’a fait penser que le type
dans le cabinet dentaire, pour être aussi discret, devait être sûrement
LE FUGITIF !
25 J’ai un peu hésité, puis je me suis dit qu’il fallait qu’il sache qu’il
avait un ami dans l’appartement d’à côté, quelqu’un sur qui il pouvait
compter, déjà presque un meilleur ami. J’ai fait un discret « toc toc toc »
dans le mur. Il n’a pas répondu. C’était le roi de la discrétion. À force
qu’il ne me réponde pas, je me suis rendormi.
30 Mais le lendemain, j’ai repensé à lui. Et le soir, quand tout le monde
a été endormi, j’ai encore frappé, tout doucement, à la cloison contre
mon lit, celle qui nous séparait du cabinet dentaire. Et j’ai à nouveau
entendu un peu de bruit, pas grand-chose, comme une sorte de souffle.
J’ai pensé qu’il avait peut-être peur, alors j’ai chuchoté :
35 – Je ne dirai rien, tu peux compter sur moi…
Il n’a pas répondu.
J’ai fait un peu de morse sur le mur : toc toc toc, TOC TOC TOC,
toc toc toc, ça voulait dire SOS.
J’ai dressé l’oreille, mais je n’ai presque rien entendu, juste le bruit
40 d’une respiration… C’était peut-être la mienne… Mais j’ai décidé qu’il
était là, de l’autre côté, invisible mais là. […] Puisque je ne le voyais
pas, j’en ai profité pour l’imaginer exactement comme je le souhaitais :

© Nathan
un grand, parce que moi, je ne suis pas très grand, costaud, qui fait du
judo ET du karaté. […] J’ai imaginé qu’il avait un grand chien blanc
45 à longs poils, parce que depuis quelque temps, j’en croisais un, parfois,
qui trottait tout seul sur le trottoir, sa laisse dans la gueule, qui attendait
que le feu soit rouge pour traverser, et qui avait l’air de n’avoir pas
de temps à perdre, à flâner ou à pisser le long des arbres. Je trouvais
ce chien magnifique et mystérieux, puisque je ne lui avais jamais vu
50 de maître. […]

Dans ma tête, j’inventais les conversations qu’on avait tous les deux.
« Ça va ?
– Ça va. Dehors, c’est libre. Je n’ai vu personne de planqué. On
pourrait sortir faire du roller ?
1. FBI : nom de 55 – Impossible, si on me reconnaît, je suis foutu.
l’organisme de police – Mais qu’est-ce que tu as fait pour être recherché à ce point par
qui enquête sur toutes les polices de France et même par le FBI1 ?
l’ensemble du territoire
des États-Unis. – J’ai fichu le feu à l’école et j’ai jeté la maîtresse au milieu ! »

Unité 1 ● Des récits d’amitié 17


J’inventais cela parce qu’on avait déménagé en plein milieu
60 de l’année et que j’avais beaucoup de mal avec ma nouvelle institutrice
qui me tirait les oreilles chaque fois qu’elle le pouvait et me criait dessus
dès que je pensais à autre chose qu’à ce qui se passait dans la classe.
« Pourquoi tu as fait ça ? demandai-je au Fugitif.
– Parce que.
65 – Parce que quoi ?
– Parce que je m’embêtais. Je n’avais pas de meilleur ami dans cette
école et tout le monde m’agressait tout le temps.
– Mais tu es fort pourtant, les autres devaient te respecter ! Pas
comme moi, avec mon gabarit de fourmi et mes biceps numéro zéro !
70 – Ils avaient peur de moi, mais ils ne me respectaient pas du tout,
ils me traitaient derrière mon dos, et la maîtresse me traitait devant
tout le monde.
– Moi aussi, elle me traite, et je ne flanque pas le feu à l’école ! »
Tout de même, je ne pouvais pas devenir le meilleur ami d’un
75 assassin, alors j’ai décidé qu’il avait voulu mettre le feu à l’école et jeter
la maîtresse au milieu, mais qu’il ne l’avait pas fait, juste il avait piqué
tous les cahiers de contrôles, il les avait tous déchirés et jetés dans les
toilettes. Ils avaient fait tellement de contrôles, que ça avait bouché
les toilettes. La maîtresse, folle de rage, avait appelé la police, et la police
avait fait signe au FBI, pour plus de sécurité, parce qu’un gamin qui
© Nathan

80

avait fait ça était capable de tout !


Voilà à quoi je pensais, le soir, dans mon lit. Et pendant quelques
semaines, j’étais pressé d’aller me coucher pour imaginer toutes les
aventures que j’aurais avec mon ami imaginaire.
Jo Hoestlandt, Mon meilleur ami © Casterman.

Comprenons le texte ensemble

1 Qui est le narrateur ? 6 Paul a-t-il confiance en lui-même ?


Qui est son meilleur ami ? Justifie ta réponse en t’aidant du texte.

2 Comment le narrateur communique-t-il 7 Quel titre te semble correspondre


avec son ami ? Quand et pourquoi ? précisément à cet extrait ?
Explique pourquoi.
3 Qu’est-ce qu’un « SOS » (ligne 38) ? a. Une singulière amitié.
Pourquoi Paul lance-t-il un SOS ? b. La solitude.
c. Aventures imaginaires.
4 Comment Paul imagine-t-il cet ami ?
Retrouve le passage correspondant. 8 Avec un camarade, entraîne-toi à lire
à haute voix le dialogue de la ligne 63
5 Relève tout ce qui donne l’impression à la ligne 73 avec le ton et la voix
que cet ami existe vraiment. qui conviennent aux personnages.

18
1
Je lis en réseau

1 Un poème

Lettre à un ami
Il neige mon ami
sur la banquise de mon cœur
Il grêle mon ami
sur le gel de mes douleurs
Il pleut mon ami
sur la mare de mes soucis
Quand donc seras-tu là
pour repeindre ma nuit ?
Béatrice Libert, Lettre à un ami,
dans Jacques Charpentreau,
L’amitié des poètes © Le Livre
de Poche Jeunesse, 1995.

2 D’autres récits d’amitié

© Nathan
Lorsque Max rallume la lumière,
il y a un énorme lion au pied
de son lit. C’est le début d’une
grande amitié, mais aussi de bien
des ennuis : ce n’est pas facile de
cacher un lion à toute sa famille !
Bjarne Reuter,
Oscar, à la vie, à la mort,
Le Livre de Poche Jeunesse. Astrid Lindgren, Catherine Sefton, Kitty Crowther,
Ronya, fille de brigand, Le fantôme et moi, Moi et rien,
Le Livre de Poche L’École des loisirs. Pastel.
Jeunesse.

Je raconte une histoire d’amitié

À partir du scénario que tu as écrit (voir p. 14), raconte ton histoire d’amitié à tes camarades.
Veille à ce que tes camarades repèrent précisément de qui et de quoi tu parles et qu’ils
comprennent l’ensemble de ce qui s’est passé.

J’écris un récit d’amitié

Rédige maintenant ton récit d’amitié.


Fais parler tes personnages pour rendre ton texte plus vivant.

Unité 1 ● Des récits d’amitié 19


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je rends mon récit vivant


Faire s’exprimer les personnages Choisir un langage qui correspond
Lis ce texte.
à chaque personnage
Et il s’agitait, s’agitait sans arrêt dans son lit qui Relis cet extrait de Mon meilleur ami.
grinçait. Son jeune frère Sébastien, qui habitait – Moi aussi, elle me traite, et je ne flanque pas
l’étage en dessous dans leur lit superposé, finit le feu à l’école !
par lui demander :
a. Cet extrait fait-il partie du récit
– Pourquoi tu dors pas ? ou des dialogues insérés dans le récit ?
– Tais-toi. C’est un secret.
b. Quel personnage parle ?
– Un secret de quoi ?
– Un secret de grands. c. Pourquoi les mots utilisés correspondent-ils
à la façon de parler d’un enfant
– Mais je suis grand.
avec un autre enfant ?
– Pas assez.
– Il faut être grand comment ? d. Trouve d’autres passages du texte où l’auteur
prête des paroles familières à ses personnages.
– Comme ceux de quinze ans.
– Mais toi, tu n’en as que dix.
– Oui, mais demain, je vaudrai un grand de
quinze. Dans un dialogue, on essaie de trouver
F. Sautereau, La montre infernale © Nathan. un langage qui convient aux personnages
a. Pourquoi la conversation entre les deux frères qui s’expriment et à la situation dans laquelle
commence-t-elle ? ils se trouvent. On veille à utiliser
© Nathan

b. Est-ce que le dialogue apporte des informations un vocabulaire adéquat pour chacun
sur ce qui va se passer par la suite ? en fonction du contexte.
Si oui, lesquelles ?

Je m’exerce
Observe ces deux personnages.
Pour rendre un récit vivant, on peut faire
parler les personnages. Le dialogue permet
de tisser les liens entre les personnages, de faire
progresser le récit, de faire rebondir l’action.

Je m’exerce
Lis ce texte et insère ces paroles
de personnages pour le rendre plus vivant.
« J’en ai marre de tout inventer. »
« Tu n’as pas l’air de te rendre compte, mais si je
voulais, je pourrais te dénoncer… a. Invente une situation et écris un court texte
– Tu dénoncerais ton meilleur ami ? » dans lequel tu pourras insérer cette réplique
Peu à peu, je me suis mis à en avoir assez de extraite de Sale temps pour les grenouilles !
devoir tout inventer. Je le lui ai dit. Il aurait eu (ligne 17 page 12).
l’air triste, j’aurais hésité, mais il a fait le fanfaron, – Non, je ne suis pas fada !…
et ça m’a énervé. Je l’ai menacé. b. Fais parler les personnages avec le langage
D’après J. Hoestlandt, Mon meilleur ami © Casterman. qui leur convient.

20
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
1
Je choisis mes mots
Lorsque l’on raconte une histoire ou que l’on écrit un récit, on utilise des verbes
pour exprimer les sensations des personnages : ce qu’ils voient, ce qu’ils entendent,
ce qu’ils sentent…
sentir – distinguer – percevoir – saisir – tâter – apercevoir –
renifler – deviner – discerner – humer – entrevoir – palper –
guetter – contempler – effleurer – flairer.
Classe ces verbes dans un tableau selon le sens auquel
ils se rapportent : la vue / l’ouïe / l’odorat / le toucher.
Cherche des adjectifs qui se rapportent à chacun de ces sens.
Exemple : Pour la vue, tu pourrais employer :
sombre – clair – obscur – noir – brillant…
Emploie ensuite les verbes que tu as classés et les adjectifs que tu as trouvés dans des phrases.

J’améliore le contenu et la forme de mon texte


Un texte est rarement parfait dès la première version.
Améliorer un texte, c’est :
A Unités 1, p. 127, p. 149,
p. 171, p. 199
– améliorer le contenu du récit et le vocabulaire employé ; À quoi sert la grammaire ? /

© Nathan
– améliorer la forme en respectant les règles de la grammaire, l’orthographe ? /
la conjugaison ? /
de l’orthographe et de la conjugaison. le vocabulaire ?
Il peut arriver que tu ne sois pas certain(e) de l’orthographe
d’un mot. Dans ce cas, souligne le mot au crayon. Une fois ton texte terminé,
cherche l’orthographe des mots que tu as soulignés dans un dictionnaire.

Je relis et je réécris
Reprends ton récit d’amitié (voir p. 19).
Fais-le lire à un ou à deux de tes camarades. Comment réagissent-ils ?
Ont-ils compris ce qui s’est passé ? Ont-ils été intéressés ?
Améliore ton texte en utilisant des termes précis, comme ceux de la rubrique
« Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 J’ai écrit un récit d’amitié entre deux personnes.


2 J’ai présenté les personnages en indiquant leurs noms et en décrivant leur physique et les aspects
les plus marquants de leur personnalité : leur caractère, leurs habitudes…
3 J’ai précisé où et quand se déroule le récit afin de situer le contexte.
4 J’ai fait parler mes personnages pour rendre mon récit vivant.
5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 1 ● Des récits d’amitié 21


2 Mythes et légendes
© Nathan

Les derniers Géants


En 1849, un savant anglais, Archibald Leopold Ruthmore, part à la
recherche du pays des Géants. Au terme d’une longue expédition, ayant perdu
tous ses hommes, épuisé, il atteint son but.
Au nord-est, la vallée s’incurvait1 pour s’élever en amphithéâtre
jusqu’à une sorte de plateau. J’escaladai degré par degré les marches
de cet escalier cyclopéen2. Depuis longtemps, je ne me nourrissais
que de lichens ou de racines additionnées d’un peu de sucre, buvant
5 l’eau accumulée au creux des rochers. J’étais si épuisé que je perdis
toute notion du temps et parvins sur le plateau dans un état de quasi-
somnambulisme. D’énormes piliers semblaient soutenir le ciel. À bout
de forces, je sombrai dans un profond sommeil.
La terre se mit à trembler légèrement, mais j’étais trop faible pour
10 réagir. Un soleil froid me fit soulever les paupières, avant de s’éclipser
dans l’ombre d’un de ces piliers de pierre. Horreur ! Ce dernier se pencha
1. s’incurvait : prenait
la forme d’une courbe. vers moi. Il chantait d’une voix incroyablement douce. Ma raison était-
2. cyclopéen : énorme,
elle à ce point altérée3 ? Était-ce un rêve ? une hallucination ?
gigantesque. Une angoisse irrépressible4 m’étreignait la poitrine ; pas un mot,
3. altérée : en mauvais 15 pas un cri ne parvenait à franchir mes lèvres paralysées, et mon corps
état, endommagée. amaigri tressaillait5 sous l’emprise de la fièvre.
4. irrépressible : Quelque chose me souleva dans les airs. Quatre énormes têtes,
impossible à retenir. entièrement tatouées, me contemplaient avec insistance. Je perdis
5. tressaillait : tremblait. connaissance.

22
2
6. absolu : total. 20 Lorsque je repris mes esprits, beaucoup plus tard sans doute, ce fut
7. ténues : de peu pour constater que tout ce cauchemar avait laissé place au plus beau
d’ampleur, de peu de des rêves. Ici s’étendait le pays des Géants.
force.
Ils avaient dû prendre soin de moi, car toute fatigue m’avait
8. de l’entendement :
de la raison.
abandonné. Au contraire, j’étais dans un bien-être absolu6 et trouvais
9. enluminés : peints.
25 presque naturel de côtoyer aussi simplement ces colosses à voix de sirène
10. embrouillamini :
qui m’avaient accueilli avec tant de bienveillance. Il ne me restait plus
mélange très confus qu’à les connaître et les comprendre. Une tâche largement à la hauteur
et désordonné. d’Archibald Leopold Ruthmore, tout bien considéré !
11. des volutes : Dès le début de notre rencontre, ils prirent soin de moi comme
des formes enroulées 30 d’un enfant. Je me souviens de nos premiers vrais échanges lors d’in-
en spirale. terminables veillées nocturnes : des nuits entières, leurs voix s’entremê-
12. des entrelacs : laient pour appeler une à une les étoiles. Une mélodie fluide, complexe,
des motifs qui répétitive, un tissage merveilleux de notes graves, profondes, orné de
s’entrecroisent.
variations ténues7, de trilles épurés, d’envolées cristallines. Musique
35 céleste, infiniment subtile, que seule une oreille inattentive aurait pu
trouver monotone et qui transportait mon âme bien au-delà des limites
de l’entendement8. J’étais, par chance et de longue date, un observateur
attentif des mouvements des astres et de la voûte céleste. J’entrepris
une sorte de dictionnaire bilingue et assignai à chaque constellation la
40 phrase musicale lui correspondant.
Ils étaient neuf, cinq Géants et quatre Géantes. Enluminés9 de la tête

© Nathan
aux pieds, y compris sur la langue et les dents, d’un embrouillamini10
délirant de tracés, de volutes11, d’entrelacs12, de spirales et de pointillés
d’une extrême complexité. À la longue, on pouvait discerner, émergeant
45 de ce labyrinthe fantasque, des images reconnaissables : arbres, plantes,
animaux, fleurs, rivières, océans, un véritable chant de la terre dont la
partition dessinée répondait à la musique de leurs invocations célestes.
Dire qu’il ne me restait que deux carnets pour tenter de représenter tout
cela ! Je dus écrire et dessiner si finement que les pages de mes carnets
50 ressemblèrent à des peaux de Géant.

Unité 2 ● Mythes et légendes 23


Eux-mêmes s’amusaient énormément à me voir œuvrer13. C’était
un spectacle dont ils ne se lassaient pas, et je compris alors qu’aucun
d’eux ne savait dessiner.
D’où venaient alors ces gravures qui couraient de la plante de leurs
55 pieds jusqu’au sommet de leurs crânes ? J’avais repéré, parmi les figures
décorant le large dos d’Antala, le plus grand d’entre eux, neuf silhouettes
humaines que j’interprétai comme une représentation de leur peuple.
Et voici qu’un dixième personnage se mit à apparaître au milieu d’elles,
d’abord imprécis, puis de mieux en mieux discernable ; plus petit que
60 les autres, il portait un haut-de-forme !
De plus, leur peau semblait réagir aux plus infimes variations
d’atmosphère : elle frissonnait au moindre souffle de vent, se moirait
d’éclats mordorés14 au soleil, tremblait comme la surface d’un lac ou
13. œuvrer : travailler. prenait les teintes sombres et orageuses de l’océan dans la tempête.
14. mordorés : bruns 65 Je compris alors pourquoi ils me regardaient parfois avec pitié. Davantage
avec des reflets dorés. que ma petite taille, c’était ma peau muette qui les peinait : j’étais un
être sans parole.
Texte et illustrations de François Place, Les derniers Géants © Casterman.

Comprenons le texte ensemble

1 Qui est le narrateur ? Relève la phrase 5 Quelles sont les deux caractéristiques
© Nathan

où il se désigne à la troisième personne importantes des Géants ?


(lignes 51 à 67).
6 Pourquoi pensent-ils qu’Archibald Leopold
2 Pourquoi le narrateur éprouve-t-il Ruthmore est « un être sans parole » ?
de l’angoisse au début du texte ? À quoi
renvoie « Ce dernier » (ligne 11) ? 7 Comment imagines-tu la vie des Géants ?
3 Pourquoi, par la suite, le narrateur 8 Lis à haute voix le début du texte
se sent-il parfaitement heureux ? (lignes 1 à 19). Essaie de faire ressentir
4 Relève le passage qui permet la situation de plus en plus désespérée
de comprendre qu’il est un savant. de l’explorateur.

Je réécris un récit en changeant de point de vue


Dans le texte que tu viens de lire, Archibald Leopold Ruthmore raconte sa rencontre
avec les Géants. Imagine, cette fois, que ce sont les Géants qui évoquent cette situation.
Vont-ils raconter la scène de la même façon ? Comment voient-ils le savant anglais ?
Propose tes idées oralement à la classe.
Rédige en quelques lignes les premiers moments de cette rencontre (lignes 1 à 19)
du point de vue des Géants.
Tu peux commencer ainsi :
Nous avions remarqué quelque chose d’étrange… un drôle de petit animal escaladait le grand
escalier de pierre. Nous nous sommes dirigés vers lui…

24
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
2
Je raconte à la première personne
Choisir le narrateur Donner le point de vue
Lis ces deux extraits. du narrateur
1. J’escaladai degré par degré les marches de Lis cet extrait des Derniers Géants.
cet escalier cyclopéen. Depuis longtemps, Horreur ! Ce dernier se pencha vers moi. Il chan-
je ne me nourrissais que de lichens ou de tait d’une voix incroyablement douce. Ma raison
racines additionnées d’un peu de sucre, buvant était-elle à ce point altérée ? Était-ce un rêve ?
l’eau accumulée au creux des rochers. J’étais si une hallucination ? Une angoisse irrépressible
épuisé que je perdis toute notion du temps et m’étreignait la poitrine […]. Quelque chose me
parvins sur le plateau dans un état de quasi- souleva dans les airs.
somnambulisme. F. Place, Les derniers Géants © Casterman.
F. Place, Les derniers Géants © Casterman.
a. Réduis le plus possible cet extrait :
2. Ce soir-là, Odilon, le fils du fermier, était conserve seulement ce qui est nécessaire
allé pêcher dans le ruisseau. Tout à coup, il eut pour comprendre l’action.
l’étrange impression d’être épié. Juste en haut b. Relève parmi les phrases et les groupes
de la falaise, dans le noir, il distingua deux de mots que tu as retirés :
lumières vertes. C’est alors qu’apparut une – des adjectifs ou des adverbes indiquant
énorme silhouette noire d’où jaillissaient les un jugement, une appréciation ;
deux faisceaux. – des réflexions que le personnage se fait
D’après T. Hughes, Le géant de fer, trad. de S. de Vogelas, à lui-même ;
© Éditions Gallimard. – les sentiments du personnage.

© Nathan
a. Ces deux récits ne sont pas racontés
de la même façon. Dans quel extrait le narrateur
est-il un personnage du récit ?
b. Recherche tous les indices qui t’ont permis
Un récit est plus intéressant
de répondre.
lorsque l’on introduit le point de vue
du narrateur : ses pensées, ses impressions,
sa façon de voir et de ressentir
les événements.
Dans un récit, on peut choisir la personne
qui raconte les événements, le narrateur.
– Il peut être « à l’extérieur », comme
un spectateur. On emploie alors la troisième
Je m’exerce
personne du singulier : il eut l’étrange
impression. Tu es Odilon, le héros du Géant de fer.
– Il peut être un personnage de l’histoire. Insère, dans cet extrait, tes impressions et
On emploie alors la première personne tes commentaires à propos des événements.
du singulier : j’escaladai les marches. Qu’allait-il se passer maintenant ? Je descendis
… de l’arbre. Mon cœur … . Je devais rentrer à
la maison et prévenir mon père. Mais arrivé en
bas de l’arbre, je m’arrêtai … . L’homme de fer
Je m’exerce avait disparu de mon champ de vision. Était-il
Écris le texte 2 ci-dessus à la première reparti vers la mer ? … . Ou bien … ?
personne pour que le récit soit raconté D’après T. Hughes, Le géant de fer, trad. de S. de Vogelas,
par Odilon. © Éditions Gallimard.

Unité 2 ● Mythes et légendes 25


Les aventures
de Sindbad le marin
Sindbad et ses compagnons sont échoués sur une île, sans bateau
pour repartir.
À la faveur de notre errance à travers cette île, nous découvrîmes
un jour une demeure qui nous sembla être un palais. Nous nous
approchâmes : il s’agissait d’un édifice grandiose, aux fondations solides,
aux murs élevés. Un large portail y donnait accès, dont les deux battants
© Nathan

5 faits de bois d’ébène se trouvaient fermés : nous les poussâmes ; ils


s’ouvrirent aussitôt. Nous pénétrâmes dans une vaste cour sur laquelle
s’ouvraient d’autres portes qui desservaient diverses pièces. Partout
le sol était jonché d’ossements. Le fond de la cour avait été surélevé et
se trouvait sur trois côtés entouré par une banquette de pierre. Devant,
10 par terre, était disposé un banc près duquel on pouvait voir les vestiges
d’un foyer, avec une réserve de bois à brûler et quelques broches de fer
de dimensions impressionnantes. Les lieux étaient déserts, ce qui nous
étonna et ne laissa pas de nous inquiéter. Mais, vaincus par la fatigue,
nous résolûmes malgré tout de nous étendre en ce lieu et d’y prendre
15 quelque repos.
Le soleil était près de se coucher quand la terre se mit à trembler,
tandis que se faisait entendre une sorte de bourdonnement qui évoquait
un vent impétueux1 soufflant à travers des branches. Un être géant venait
de franchir le portail de la cour : il était aussi haut qu’un palmier, noir
20 de teint à l’extrême, avec des yeux rouges qui brillaient comme des
braises. Quant au reste de son visage : deux narines énormes ; des dents
qui lui sortaient de la bouche comme autant de broches formidables ;
et cette bouche elle-même, aussi vaste que celle d’un chameau, avec une
lèvre inférieure qui lui pendait jusqu’à la poitrine ; des oreilles enfin
25 semblables à celles de l’éléphant, et qui pendaient elles aussi jusqu’à lui
toucher les épaules. Avec cela, des ongles qui avaient bien plutôt l’air de
griffes, telles qu’on peut en voir aux pattes des grands fauves. Rien qu’à
1. impétueux : fort. le voir, nous avions perdu l’usage de nos sens, serrés par la crainte les
uns contre les autres et déjà presque réduits à l’état de cadavres.

26
2
30 Le maître des lieux commença par s’asseoir sur la banquette de
pierre. Puis il se leva et vint vers nous. Il fit le tour de notre groupe,
cependant que nos cœurs, saisis d’épouvante à la vue de son effroyable
aspect, battaient à se rompre. Il étendit la main, et c’est sur moi que celle-
ci choisit de s’abattre. Je devins semblable à un mort. Il m’empoigna et
35 m’éleva jusqu’à sa face hideuse, me tournant et me retournant comme
fait le boucher en quête de quelque brebis bien grasse. Je me trouvais
dans sa main, tel l’oisillon livré sans protection à la convoitise du
chasseur. Mais lorsqu’il me vit si maigre, si dépourvu de chair, il me
rejeta avec dédain loin de mes compagnons.
40 Il en usa avec chacun de mes camarades comme il avait fait avec
moi, ne cessant de les retourner et de les palper jusqu’à ce qu’il fût
parvenu à notre capitaine, qu’il trouva gros et gras et fort à son goût.
L’ayant choisi à sa satisfaction, il s’empara sans plus attendre d’une des
broches de fer qui se trouvaient là et en transperça promptement le
45 bonhomme du fondement2 jusqu’au crâne. Il le ficela ensuite, mains et
pieds, avec le plus grand soin, alluma un grand feu… et se mit en devoir
de le faire rôtir. Confrontés à l’horreur de cette scène qui nous avait
éclairés à suffisance sur le sort que le monstre réservait à ses victimes,
nous ne pouvions guère faire mieux que nous lamenter. Et de la tombée
50 de la nuit jusqu’au lever du jour, nous ne cessâmes de trembler. Enfin

© Nathan
la lumière éclaira à nouveau le monde. Le géant s’était levé. Il s’en alla
bientôt ouvrir le portail et ne tarda pas à quitter le palais.

Nous commençâmes donc à explorer les alentours, espérant y


découvrir un refuge, peut-être même une issue par où fuir. Rien de tout
55 cela ne s’offrait cependant à nos yeux. Quand l’obscurité commença à
nous envelopper, force nous fut3 de regagner le palais. La terre se mit
bientôt à trembler sous nos pieds : le géant était de retour. Comme la
2. fondement : veille, il finit par choisir l’un d’entre nous… Après l’avoir mis à rôtir,
derrière d’une il le dégusta pareillement, assis sur sa banquette. À la suite de quoi il
personne. 60 s’endormit et ronfla jusqu’au matin.
3. force nous fut : Le lendemain, il nous quitta encore une fois dès son réveil, nous
il n’y avait pas
d’autre solution que.
laissant littéralement hébétés4 d’épouvante.
4. hébétés : abrutis.
– Pourquoi n’irions-nous pas nous jeter à la mer ? Nous péririons
noyés ; ce sera toujours mieux que de mourir rôtis.

Unité 2 ● Mythes et légendes 27


5. incandescentes : 65 – Ô mes frères, m’écriai-je, écoutez plutôt ! Commençons donc par
rendues rouges fabriquer à l’aide de ces branches de légers radeaux capables de supporter
et lumineuses par
une très forte chaleur.
chacun trois hommes. Nous irons les amarrer au rivage et, cette précau-
tion prise, nous pourrons toujours aviser au moyen de tuer ce monstre.
Mon conseil fut reçu favorablement. Nous nous mîmes au travail.
70 De retour au palais, nous eûmes beau cette fois encore nous cacher, le
géant noir n’eut pas trop de peine à nous retrouver ; et il s’empressa
comme à son habitude de faire rôtir et de déguster celui d’entre nous
qu’il jugea le mieux à point.
Nous le laissâmes ronfler un moment, mais nous connaissions ses
75 habitudes et il était peu probable qu’il s’éveillât avant le matin. Nous
nous étions levés sans bruit et, nous étant emparés de deux des broches
qui se trouvaient fichées en terre près du feu, nous les avions placées sur
la braise. La pointe s’en trouva à la fin si bien rougie à blanc qu’on eût dit
que le métal s’était changé en charbon ardent. Il ne nous restait plus qu’à
80 transporter ces redoutables ustensiles jusqu’auprès du géant endormi et
toujours ronflant. Les deux pointes incandescentes5 furent alors dirigées
vers les yeux du dormeur, où nous les enfonçâmes d’un seul élan, pesant
dessus de tout notre poids, de toutes nos forces. Terrassé par le sommeil
tel un animal enchaîné, notre adversaire ne s’était douté de rien, et voilà
85 qu’il se réveillait aveugle, les deux yeux crevés ! Il jeta un cri terrible
qui emplit nos cœurs d’épouvante, puis, se levant brusquement de sa
© Nathan

banquette, il se mit à tâtonner confusément autour de lui, tandis que


nous courions nous réfugier à l’autre bout de la cour.
Comprenant cependant qu’il lui fallait renoncer à s’emparer de
90 nous, le monstre se dirigea à tâtons vers le portail contre lequel il donna
de la tête puis, l’ayant ouvert, il s’enfuit en hurlant, faisant trembler le
sol tout ensemble de ses cris et du martèlement de ses pas. Dès qu’il eut
disparu, nous quittâmes le palais pour gagner le rivage.
D’après René R. Khawam, Les aventures de Sindbad le marin, coll. « Épopée » © Casterman.

Comprenons le texte ensemble

1 Quel est le premier élément inquiétant 5 Relis le passage de la ligne 18 à la ligne 29


que découvrent les voyageurs dans le palais ? et relève les nombreuses comparaisons.
À quoi servent-elles ?
2 Dessine le palais du géant en t’appuyant
sur les indications du texte.
6 Compare ce texte à celui des pages 22
3 Quelle impression d’ensemble donnent à 24. En quoi se ressemblent-ils ? Laissent-
tous les détails du portrait du géant ils la même impression ?
(lignes 18 à 27) ? Quel passage confirme
ensuite cette première impression ?
7 Souviens-toi d’autres contes, d’autres
4 Relève les différentes façons récits, d’autres livres ou d’autres films où
de désigner le géant au fur et à mesure apparaissent des personnages de géants.
que les événements se déroulent. Selon toi, pourquoi font-ils souvent peur ?

28
2
Je lis en réseau

1 Un mythe
Jupiter et les géants
Restés maîtres de l’Univers après la fuite D’une taille prodigieuse, d’une force dépassant
de Saturne, ses trois fils se répartirent sa tout ce qu’on peut imaginer, ces monstres à
succession. Neptune eut l’empire des Mers ; queue de serpent étaient dotés d’une centaine
Pluton se contenta des Enfers ; quant à Jupiter, de bras et de cinquante têtes. Ils saisirent
il s’installa en maître sur l’Olympe, un massif d’énormes rochers. Ils les lancèrent contre
montagneux, et s’attribua le palais des Dieux. Jupiter : les uns tombèrent dans la mer,
Cependant, il eut encore à supporter la révolte devinrent des îles, et les autres retombèrent à
des Géants, fils de Titan, qui ne pouvaient terre, formant des montagnes. Mais jamais ils
oublier la défaite. Revenant à la charge, ils ne parvinrent à détrôner le maître de l’Olympe.
conçurent le présomptueux projet d’escalader D’après Émile Genest, Les plus belles légendes
l’Olympe. de la mythologie, D. R.

2 D’autres aventures de géants

Gulliver raconte ses voyages


dans plusieurs pays imaginaires.
Le plus célèbre est Lilliput,
dont les minuscules habitants

© Nathan
prennent Gulliver pour
un géant. D’où des situations
burlesques ou dramatiques.
Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver, S. Corinna Bille, Charles Perrault, Hergé,
adaptation de Anne Bouin, Milan Jeunesse. Le Masque géant, « Le Petit Poucet », dans Tintin au Tibet,
La Joie de lire. Contes de ma mère l’Oye, Casterman.
Gallimard Jeunesse. © www.MUSEEHERGE.

Je décris des personnages imaginaires


L
Les géants sont-ils bienveillants ou malveillants ? Imagine des personnages de géants :
à quoi ressemblent-ils ? Où habitent-ils ? Que ressent-on quand on les voit ?
Font-ils trembler ou font-ils rêver ?
Propose tes idées oralement à la classe.

J’écris un récit imaginaire


À partir des idées que tu as proposées (voir p. 24), écris l’expédition d’un héros
dans le pays de tes géants.
Ton héros a fait naufrage et il se retrouve en terre inconnue : que se passe-t-il alors ?
Raconte la rencontre avec les géants : la réaction de ton héros, celle des géants, le décor…
Utilise un temps du passé. Si tu choisis le passé simple, réfère-toi aux tableaux
de conjugaison pp. 216 à 220.
Tu peux décider d’être le héros de ce récit. N’oublie pas, dans ce cas, d’écrire
à la première personne !

Unité 2 ● Mythes et légendes 29


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je raconte au passé
Distinguer les temps du passé Utiliser l’imparfait
Relis le début des Aventures de Sindbad Compare ces deux versions d’un même
le marin jusqu’à la ligne 7 (p. 26). extrait des Derniers Géants.
a. Le texte est écrit à deux temps du passé 1. Une angoisse irrépressible m’étreignait la
dont le passé simple. Quel est l’autre temps ? poitrine ; pas un mot, pas un cri ne parvenait
b. Réécris cet extrait en utilisant le passé à franchir mes lèvres paralysées, et mon corps
composé. Que remarques-tu ? amaigri tressaillait sous l’emprise de la fièvre.
Est-il possible de mettre tous les verbes 2. Une angoisse irrépressible m’étreignit
au passé composé ? Quels sont les verbes la poitrine ; pas un mot, pas un cri ne parvint
qui doivent rester tels quels ? à franchir mes lèvres paralysées, et mon corps
À quel temps sont-ils conjugués ? amaigri tressaillit sous l’emprise de la fièvre.
a. Ces deux textes ont-ils le même sens ?
Lequel donne l’impression que les événements
durent longtemps ? À quoi cela est-il dû ?
L’imparfait peut être utilisé aussi bien b. Quelle version trouve-t-on dans Les derniers
dans un récit au passé simple que dans Géants (lignes 14 à 16) ? Pourquoi convient-elle
un récit au passé composé. mieux ?
© Nathan

Je m’exerce Dans un récit au passé, on emploie


Mets au passé composé ce passage l’imparfait pour :
des Derniers Géants. – préciser le cadre, le contexte ;
Attention : certains verbes ne doivent pas être – décrire les actions en train de se dérouler
transformés ! et qui durent dans le temps.
La terre se mit à trembler légèrement, mais j’étais On emploie le passé simple ou le passé
trop faible pour réagir. Un soleil froid me fit composé pour raconter les actions qui
soulever les paupières, avant de s’éclipser dans surviennent et font avancer le récit.
l’ombre d’un de ces piliers de pierre. Horreur !
Ce dernier se pencha vers moi. Il chantait d’une
voix incroyablement douce. Ma raison était-elle Je m’exerce
à ce point altérée ?
Mets ce texte au passé.
Ils mangent très rarement, se nourrissant de
plantes, de terre ou de rochers. Je ris à les voir
faire leurs délices d’un millefeuille de schiste
saupoudré de mica, ou couvrir d’un regard
gourmand un morceau de calcaire rose. Ils
m’indiquent les plantes comestibles dont je fais
mon ordinaire pendant près d’un an. Ils me font
goûter un bouillon dont ils tiennent à garder la
préparation secrète. Ils semblent parfaitement
heureux.
D’après F. Place, Les derniers Géants © Casterman.

30
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
2
Je choisis mes mots
Pour décrire des personnages qui n’existent pas dans la réalité, on peut les comparer
à des choses connues qui ressemblent à ces personnages imaginaires.
Pour décrire des géants, on peut dire que :
ce sont des piliers – ils sont hauts comme des palmiers – ils ont d’énormes têtes –
ils ont des oreilles semblables à celles d’un éléphant – ce sont des colosses…
Continue cette liste en cherchant dans les textes de cette unité, dans d’autres récits
ou en imaginant d’autres groupes de mots ou d’autres phrases.
Essaie de classer ce que tu as trouvé en plusieurs groupes.
Comment as-tu choisi de les regrouper ? Indique tes critères de classement.

J’utilise la ponctuation
Chaque phrase se termine par un point (ou un point d’interrogation, d’exclamation,
des points de suspension).
À l’intérieur d’une phrase, certains groupes de mots sont séparés du reste par une virgule
(= une courte pause à l’oral) : c’est le cas des compléments de phrase (CP) lorsqu’ils sont
placés au début de la phrase.
En relisant ton texte, vérifie la ponctuation.

© Nathan
Grammaire
– Repère les phrases pour les terminer par un point. Unité 11, pp. 147-148 La ponctuation
– Repère les groupes de mots qui doivent être séparés par une virgule.

Juste en haut de la falaise, dans le noir, il distingua deux lumières vertes.


CP CP

Je relis et je réécris
Reprends ton récit de géants (voir p. 29).
As-tu décrit précisément les géants et le pays dans lequel ils vivent ?
Lis ton texte à un camarade et demande-lui s’il parvient à s’imaginer les géants.
Améliore ton texte en utilisant la rubrique « Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 J’ai raconté l’arrivée d’un héros chez les géants et leur rencontre.
2 J’ai indiqué le point de vue de mon héros : ses pensées et ses sentiments…
3 Si j’ai choisi d’être le héros, j’ai raconté tout mon récit à la première personne.
4 J’ai utilisé correctement les temps du passé : passé simple ou passé composé, et imparfait.
5 J’ai vérifié mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 2 ● Mythes et légendes 31


3 Des récits
humoristiques

La plus grande carotte


du monde
Un jour, un jardinier sema des carottes. Il les cultiva comme
d’habitude et, à l’époque prévue, il commença à les arracher. Tout à
coup, il en trouva une bien plus grosse que les autres. Il tirait, tirait, mais
ne pouvait pas la déterrer. Il essaya de différentes façons : rien à faire…
5 Alors, il se décida à appeler sa femme.
« Joséphine !
– Qu’y a-t-il, Auguste ?
© Nathan

– Viens voir, il y a une drôle de carotte que je ne peux pas arracher.


Tiens, regarde !
10 – Elle a l’air vraiment énorme !
– On va faire ainsi : moi, je tire la carotte et toi, tu m’aides, en me
tirant par la veste. Allez, vas-y… Tu es prête ? Tire ! Allez, ensemble…
– Il vaut mieux que je te tire par le bras. Sinon je vais déchirer
ta veste.
15 – Tire donc par le bras. Courage ! Rien à faire ! Appelle le petit…
Je suis à bout de souffle !
– Paul, Paul ! cria la femme du jardinier.
– Qu’est-ce qu’il y a, maman ?
– Viens un peu ici. Et dépêche-toi.
20 – J’ai mes devoirs à faire…
– Tu les finiras après. Pour l’instant, viens nous aider… On n’arrive
pas à déterrer cette carotte. Moi, je vais tirer Papa par un bras, toi
par l’autre. Papa tirera la carotte. On y arrivera bien… »
Le jardinier cracha dans ses mains.
25 « Vous êtes prêts ? Allez ! Tirez ! Oh ! hisse ! Oh ! hisse ! Elle ne
bouge pas d’un pouce ! »
On appelle à la rescousse le grand-père, puis le voisin, sa femme et son
fils… Sans succès. Les badauds1 se rassemblent dans le jardin d’Auguste pour le
regarder tirer…
1. badauds :
passants curieux. 30 Et les bavardages allaient bon train. Et on tirait, on tirait… Et le
soleil était sur le point de se coucher…

32
3
2. s’escrime : fait Premier épilogue
beaucoup d’efforts. On ne réussit pas à arracher la carotte.
Tout le village se met à l’œuvre : c’est peine perdue.
35 Des gens viennent des villages voisins : on s’escrime2 en vain.
D’autres arrivent de villages très lointains : rien, toujours rien.
Finalement, on s’aperçoit que cette carotte gigantesque traverse le
globe terrestre de part en part. Aux antipodes, il y a un autre jardinier
entouré d’une autre foule qui tire. En somme, c’est un grand jeu de la
40 corde qui ne s’achèvera jamais.

Deuxième épilogue
On tire longtemps et on finit par déterrer quelque chose. Mais ce
n’est pas une carotte, c’est une citrouille. À l’intérieur se trouvent sept
nains cordonniers qui sont en train de ressemeler des chaussures.
45 « Qu’est-ce que c’est que ces manières ! protestent les nains. Vous
n’avez pas le droit de voler notre boutique, notre maison. Remettez-
nous où nous étions ! »
La foule se disperse, épouvantée.
Tous s’enfuient sauf le grand-père. Il dit aux nains :
50 « Auriez-vous une allumette ? Ma pipe s’est éteinte. »
Le grand-père et les nains sympathisent.
« J’ai presque envie de venir habiter dans votre citrouille, leur dit-il,

© Nathan
vous n’auriez pas une petite place pour moi ? »
Alors Paul crie de loin :
55 « Grand-père, si tu y vas, je viens avec toi ! »
Joséphine crie aussitôt :
« Paul, n’y va pas ou j’y vais aussi ! »
Alors le jardinier crie à son tour :
« Joséphine, attends. Si tu y vas, j’y vais, moi aussi ! »
60 Les nains se fâchent et disparaissent sous terre avec leur citrouille.

Unité 3 ● Des récits humoristiques 33


Troisième épilogue
Tirez, tirez… l’union fait la force. On extirpe la carotte, centimètre
par centimètre. Elle est énorme : pour l’emporter au marché, on doit
utiliser vingt-sept camions et un tricycle.
© Nathan

65 Il n’y a pas d’entreprise impossible pour les hommes qui travaillent


avec le même enthousiasme, n’est-ce pas ?
Gianni Rodari, Histoires à la courte paille © Le Livre de Poche Jeunesse, 2003.

Comprenons le texte ensemble

1 Relève dans les lignes 1 à 26 les prénoms 4 Classe les trois épilogues en deux
des différents personnages. catégories.
Qui sont-ils les uns par rapport aux autres ?
5 Quel épilogue préfères-tu ? Explique
pourquoi.
2 Où la scène se passe-t-elle ?
6 Lis les lignes 1 à 26 avec des camarades.
3 Qu’est-ce qu’un « épilogue » ? Après vous être entraînés, jouez la scène.

J’écris une fin de récit

L’auteur a proposé trois épilogues. À toi d’en imaginer un quatrième en quelques lignes.
Pour t’aider, relis le début du deuxième épilogue à partir de « Mais ce n’est pas
une carotte, c’est une citrouille. À l’intérieur… » (lignes 42 à 44) et invente une autre fin.
Tu peux, par exemple, imaginer que d’autres êtres habitent la citrouille. Que pourrait-il
leur arriver ? Et si la famille partait vivre avec eux ?

34
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
3
Je construis la trame d’un récit
Présenter un récit « en arbre »
Lis le début de ce récit « en arbre ».

1. Kongolo rêve de Kassala, la belle


princesse triste, qui, sur l’autre
versant du mont Noir, se désespère.

2. Il s’engage dans la montagne vers 3. Il va consulter la vieille et sage Kali,


le royaume de Kassala. Un terrible gorille dans la petite île de Koutouba, à deux
garde le chemin. jours de pirogue.

4. Le gorille 5. Avec l’aide du renard, 6. Il entreprend un long


l’empêche de passer. Kongolo trompe la vigilance voyage vers Chibongo pour
du gorille. Il arrive près de la découvrir le secret de la
maison où Kassala est recluse. tristesse de Kassala.

© Nathan
7. Impatient, Kongolo écrit un message 8. Kongolo part à la ville chercher un
à la princesse. « ikembé » pour entrer en contact avec
Kassala par le langage de la musique.
D’après J. Sauvy, Kassala © Casterman.

a. Comment ce récit est-il présenté ? Comment Je m’exerce


le lecteur sait-il qu’il peut choisir entre plusieurs Retrouve les épisodes du début de ce récit
possibilités ? « en arbre » et présente-le de façon structurée.
b. Aurait-on pu présenter le récit différemment ? Ingrid s’est égarée dans la forêt. Elle aperçoit
un écriteau sur un arbre. « Voilà qui va me per-
mettre de retrouver le bon chemin ! » se dit-elle.
Hélas, les lettres sont effacées, l’arbre lui-même
est bizarre et creux. Ingrid entre dedans. Avec un
Dans un récit « en arbre », il faut
bruit sec, l’arbre se referme sur elle. Ingrid frotte
séparer les épisodes et indiquer clairement
les parcours de lecture offerts aux lecteurs.
l’écriteau : les lettres deviennent d’or et une voix
On peut indiquer les parcours par des flèches la fait frissonner. Ingrid cherche un trou pour
ou terminer chaque épisode par une formule sortir. Elle appelle au secours pendant très long-
spéciale : Si Kongolo part vers le royaume temps, puis, épuisée, s’endort. « En frottant ces
de la princesse, va en 2. Si tu préfères lettres, tu m’as appelé. Que veux-tu ? » Soudain,
qu’il aille demander conseil à Kali, tout en haut de ce tronc creux, elle remarque un
va en 3. écureuil qui sautille de branche en branche. Sou-
dain, un vieil homme barbu apparaît devant elle.

Unité 3 ● Des récits humoristiques 35


Le petit bandit
de grands chemins
Dans le soir tombant, au bord d’un chemin creux, un petit bandit
© Nathan

était embusqué1 derrière un gros arbre.


C’était en Angleterre, en octobre 1730. Il pleuvait, il ventait, et
le petit bandit frissonnait. Il frissonnait de froid, dans sa vieille chemise
5 râpée, mais d’excitation aussi. C’était la première fois de sa vie qu’il
détroussait2 un passant, ou, plus exactement, qu’il allait essayer.
Soudain, il tendit l’oreille. Là-bas, sur le chemin, ce bruit de pas…
Une victime, enfin !
Il risqua un coup d’œil hors de sa cachette.
10 Au bout du chemin, clopin-clopant, une petite vieille avançait sans
hâte, courbée sur son bâton et sous le poids des ans. Flic ! floc ! faisaient
ses sabots dans la boue.
Alors, le cœur battant, l’apprenti bandit se planta au milieu du
chemin et lança de sa plus grosse voix : « La bourse ou la vie ! »

15 Dans la famille de Tod Prentiss, on était voleur de père en fils.


La tradition remontait loin. Du côté de sa mère, depuis des
générations, on volait des moutons. Rude métier, et des plus risqués :
plusieurs oncles et grands-oncles avaient fini pendus haut et court.
1. embusqué : caché Du côté de son père, on aimait mieux garder les pieds sur terre. On
pour surprendre 20 se contentait sagement de petite truanderie. Depuis l’arrière-arrière-
ou pour agresser arrière-grand-père de Tod, brillant chapardeur de carottes, la famille
quelqu’un.
avait pourvu la contrée en habiles coupe-jarrets, tire-laine, vide-goussets
2. détroussait :
dépouillait quelqu’un et autres doigts agiles. Mais depuis trois générations, on y pratiquait
de ce qu’il portait ; surtout l’art de détrousser le passant, de préférence au coin d’un bois.
volait, dévalisait. 25 […]

36
3
À peine avait-il prononcé « La bourse ou la vie ! » que Tod se
souvint : son père était contre ce genre de discours.
Mais peu importait. Car la petite vieille allait son chemin comme
si elle n’avait même pas entendu.
30 Tod la rattrapa d’un bond, il se campa devant elle et lui corna aux
oreilles :
– La bourse ou la vie, je vous dis !
Cette fois, la vieille s’arrêta, en appui sur son bâton, une main en
cornet à l’oreille.
35 – Pour ça oui, chevrota-t-elle. Tu l’as dit. Toujours la pluie. Quel
temps pourri !
Tod lui brandit son couteau sous le nez. Ce n’était pas un vrai
coutelas. Tod l’avait taillé dans une écorce grise, et frotté de betterave
au bout, pour faire rouge et redoutable. Il le trouvait très réussi.
40 – Avez-vous compris ? Je suis un bandit !
– Grandi ? Sûrement, que tu as grandi, répondit la vieille.
La mauvaise herbe ça pousse toujours.
Mais si tu veux mon avis, tu peux
grandir encore !

© Nathan
45 Alors Tod vit rouge :
– Mais puisque je vous dis que je suis un voleur !
– L’heure ? Je n’en sais rien, mon pauvre garçon. Tout ce que je
peux dire, c’est qu’il est tard. Et qu’à cette heure-ci un gamin de ton
âge devrait être chez lui, au lieu de jouer à faire peur aux vieilles gens !
50 Et l’écartant de son bâton comme elle l’eût fait d’une brebis rétive3,
elle passa son chemin sans plus de façon.
Tod recula d’un bond.
Mais la boue était traîtresse : il dérapa, perdit l’équilibre et s’en alla
3. rétive (masculin : choir4 au fossé.
rétif) : qui refuse
d’obéir. 55 Alors un grand rire s’éleva du pré voisin.
4. choir : tomber. – Hi-han ! faisait le témoin. Hi-han, hi-han !
5. mitées : rongées Tod se releva, trempé, crotté, les mains vides. Là, entre les aubépines,
par les mites, abîmées, une ânesse pointait le mufle et deux longues oreilles mitées5.
usées. – Et tu te dis bandit ? pouffa la bête, riant de toutes ses dents jaunes.

Unité 3 ● Des récits humoristiques 37


60 Si j’étais toi, je me ferais plutôt…
– Tu te ferais plutôt quoi ? bougonna Tod.
– Amuseur dans les foires. Pour faire rire les bonnes gens.
D’autres que Tod auraient mal pris la chose. Échouer (lamentable-
ment) dans sa première attaque à main armée ; se faire envoyer au fossé
65 par une petite vieille ratatinée ; et pour finir s’entendre traiter de pitre,
c’était assez pour vous détourner à jamais d’une carrière de brigand.
La plupart des apprentis bandits auraient sans doute pris la mouche6 –
injurié le ciel, insulté la vieille, jeté des pierres à l’ânesse. D’autres se
seraient pris la tête à deux mains pour verser des larmes amères sur la
70 cruauté du destin…
Et à vrai dire, l’espace d’une seconde, Tod fut tenté par cette
solution : pleurer un bon coup.
Mais, comme il repêchait son couteau qui flottait sur les lentilles
d’eau, l’aspect comique de toute l’affaire lui sauta aux yeux soudain, et
75 à son tour il éclata de rire.
– Écoute, dit-il à l’ânesse, je n’aime pas beaucoup qu’on me traite de
nigaud, mais si je t’ai fait rire, j’en suis bien content… Malheureusement,
c’est la seule bonne chose que j’ai faite de la journée.
– Ah ? fit l’ânesse.
80 – Oui, puisque je rentre bredouille. Ma mère va être bien déçue de
me voir revenir les mains vides.
© Nathan

– Il n’est pas trop tard encore, dit l’ânesse.


6. auraient pris Et l’ânesse, que son maître rend malheureuse, propose à Tod de la voler.
la mouche : se seraient – Écoute, reprit l’ânesse, c’est simple : tu cherches que voler,
mis en colère.
85 je cherche qui me volera. Nous sommes faits l’un pour l’autre.
Dick King-Smith, Le petit bandit de grands chemins
© Castor Poche-Flammarion.

Comprenons le texte ensemble

1 À quelle époque et à quel moment 4 Quels sont les mots qui désignent
de l’année se situe ce récit ? l’animal (lignes 55 à 62) ? Ce personnage
te semble-t-il sympathique ? Argumente
2 Comment s’appelle le personnage principal ?
ton opinion.
Retrouve, dans l’ordre, tous les mots
ou groupes de mots qui le désignent.
5 Lis le dialogue entre Tod et la vieille dame
3 Voici ce que Tod dit à la vieille dame.
avec tes camarades (lignes 32 à 49). Trouvez
Retrouve ce qu’elle lui répond à chaque fois
le moyen de faire ressortir le comique
et explique pourquoi elle dit cela.
de ce dialogue de sourds.
a. « La bourse ou la vie, je vous dis ! »
b. « Avez-vous compris ? Je suis un bandit ! »
c. « Mais puisque je vous dis que je suis 6 Quel marché propose l’ânesse à Tod ?
un voleur ! » À ton avis, vont-ils s’entendre ?

38
3
Je lis en réseau

1 Un poème

Le monde à l’envers
Le poème fait naître un poète, Le cheval pique le flan du taon,
Le marathon gagne un athlète ; Un arbre déracine l’ouragan ;
La mer prend le bateau, La ruche quitte enfin l’essaim,
Le sable marche sur le chameau ; Le jet d’eau s’orne d’un bassin ;
La salle d’attente ronfle dans le poêle, Les billets vérifient le contrôleur,
Le grand jour éclate au scandale ; Demain sera pour le bonheur.
William Brighty Rands,
adapté par Frederic Larchenc.

2 Un roman et d’autres récits « en arbre »

Dans un port de Norvège,


un vieux marin raconte
chaque soir comment
il a perdu l’oreille qui lui
manque. Mais ce n’est
jamais la même histoire !

© Nathan
Qui saura un jour la vérité ? Patrick Burston, Alastair Claude Delafosse Lewis Trondheim et
Jean-Claude Mourlevat, Graham, et Yvan Pommaux, Sergio Garcia,
L’homme à l’oreille coupée, La jungle aux 100 périls, La peur du Louvre, Les trois chemins,
Thierry Magnier. coll. « Vivez l’aventure », L’École des loisirs. Delcourt.
Gründ.

Je raconte des suites possibles


R
Raconte le début d’une histoire que tes camarades ne connaissent pas :
le début d’un conte, d’un roman, d’un film… Arrête-toi à un moment palpitant.
Chacun de leur côté, tes camarades imaginent la suite et la fin de l’histoire (l’épilogue),
puis la racontent à la classe.
Chaque auditeur dit quel est son épilogue préféré et explique pourquoi.

J’écris un récit « en arbre »

Relis les lignes 63 à 75 du Petit bandit de grands chemins (p. 38).


Devant une telle situation d’échec, l’auteur envisage différentes réactions possibles.
Laquelle a-t-il choisie pour Tod, son héros ?
Choisis une alternative différente de celle retenue par l’auteur. Que va-t-il se passer ?
Rédige ta suite, puis compare ton texte à celui de tes camarades.
Cherche maintenant avec tes camarades comment présenter vos suites pour faire un récit
« en arbre » à la manière de La plus grande carotte du monde (pp. 32 à 34).

Unité 3 ● Des récits humoristiques 39


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

J’organise un texte
Reconnaître l’unité du paragraphe Utiliser des organisateurs
Relis les lignes 33 à 40 de La plus grande 1 Lis cette liste de mots et de groupes
carotte du monde (p. 33). de mots que l’on trouve souvent dans les récits.
a. À quoi correspondent les passages à la ligne ? une nuit mais alors
plus tard soudain ainsi
b. Pourquoi l’auteur a-t-il créé ces passages
à la ligne ?
cette fois à peine c’est pourquoi
a. Cherche ceux qui sont utilisés dans
Le petit bandit de grands chemins (pp. 36 à 37)
et relèves-en d’autres.
b. À quoi servent ces mots dans le récit ?
Un paragraphe correspond à une unité
de sens : une action d’un personnage, 2 Classe les mots que tu as relevés en trois
un événement, une situation… On peut colonnes. Quels critères as-tu retenus pour
toujours le résumer en quelques mots. les classer ?

Je m’exerce Les mots et les groupes de mots qui


organisent le récit ont chacun un sens particulier.
Relis le début du Petit bandit de grands Ces organisateurs renvoient souvent à :
chemins jusqu’à la ligne 14 (p. 36). – un moment dans le cours du récit : plus tard
(organisateur temporel) ;
© Nathan

– une rupture ou une accélération : soudain


(organisateur accélérateur de rythme) ;
– une conséquence : ainsi (organisateur
de conséquence).

Je m’exerce
Complète le début de ce conte avec
les organisateurs qui conviennent.
Continue le conte oralement.
a. Combien y a-t-il de paragraphes ? un jour – donc – tout à coup – aussitôt – puis –
la semaine suivante – par conséquent – alors –
b. Associe à chaque paragraphe la phrase
qui le résume.
le lendemain – brusquement – le jour même
1. Soudain, il entendit arriver sa première Il était une fois une pauvre petite servante qui
victime. lavait la vaisselle toute la journée en rêvant de
beaux palais et de vaisselle d’or. … , Gertrude la
2. Un bandit était embusqué derrière un arbre petite servante sortit de l’eau une chose étrange :
au bord d’un chemin creux. une cuillère d’or. … , la petite servante s’apprê-
3. C’était une petite vieille qui avançait tait à aller porter sa trouvaille à sa patronne lors-
courbée sur son bâton. que, … , un poisson sauta hors de sa bassine et
4. Il faisait mauvais : le bandit frissonnait dit : « Garde la cuillère d’or, elle est à toi. » … ,
de froid et d’excitation car c’était sa première il replongea dans l’eau savonneuse. … , Gertrude
attaque. serra la cuillè
cuillère
ère sur
sur son cœur.
5. Le bandit se planta au milieu du chemin
et s’écria : « La bourse ou la vie ! »
6. Il jeta un coup d’œil.

40
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
3
Je choisis mes mots
Dans un récit, on exprime les réactions d’un personnage.
Voici des mots ou groupes de mots utilisés dans Le petit bandit de grands chemins
pour exprimer les réactions du personnage face au sentiment d’échec :
prendre la mouche – injurier le ciel – insulter – verser des larmes.
Trouve d’autres mots ou groupes de mots pour décrire des réactions face à un sentiment
de ton choix : colère, joie, tristesse, révolte…

J’accorde le verbe avec le sujet


Dans une phrase, le verbe s’accorde avec le sujet.
En relisant ton texte, vérifie systématiquement les accords des verbes avec le sujet.
Aide-toi en traçant la chaîne des accords.

Le bavardage des enfants allait bon train.


Il

© Nathan
Auguste et Joséphine tiraient sur la carotte.
Ils
Attention : parfois, Orthographe
Flic ! Floc ! faisaient ses sabots. le verbe peut se trouver Unité 6, p. 157
L’accord du verbe avec le sujet
avant le sujet !
aux temps simples
ils

Je relis et je réécris
Reprends le récit « en arbre » que tu as construit avec tes camarades (voir p. 39).
Relisez les suites proposées par chacun : regardez si tout est compréhensible et si ces suites
s’enchaînent bien avec le début du récit.
Reprends ta suite et améliore-la à partir des remarques de tes camarades et de la rubrique
« Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 Les différentes suites s’enchaînent et sont présentées « en arbre ».


2 J’ai organisé mon texte en paragraphes.
3 Chaque paragraphe correspond à une unité de sens.
4 J’ai utilisé des organisateurs.
5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 3 ● Des récits humoristiques 41


4 Suspense !
Perdu dans la taïga
Vassioutka vit avec ses parents sur le bord du fleuve, en lisière de la forêt
sibérienne (la taïga). Il s’est enfoncé dans la forêt pour ramasser des graines de
cèdre. Des petites marques dans les arbres permettent de retrouver son chemin
dans l’immense forêt sauvage. S’en éloigner, c’est risquer sa vie !
Soudain, quelque chose fit un bruit violent juste devant Vassioutka,
le faisant sursauter. Il aperçut aussitôt un grand oiseau noir qui prenait
son vol. « Un tétras », devina Vassioutka, médusé1. Il avait déjà à son
tableau de chasse des canards, des bécasses, des perdrix, mais jamais
5 encore il n’avait eu l’occasion de tirer un grand coq de bruyère.
Le tétras traversa une clairière moussue, fit un zigzag entre les
arbres et se posa au sommet d’un vieux tronc desséché.
(Le garçon réussit à approcher de l’oiseau.)
À l’action ! Vassioutka se releva rapidement sur un genou et tenta
10 dans l’enchaînement de mettre en joue2 l’oiseau soudain inquiet. Il
maîtrisa enfin le tremblement qui agitait ses mains, la mire3 cessa de
© Nathan

danser, elle se fixa sur le tétras… Pan ! L’oiseau noir culbuta en battant
des ailes, mais, avant d’avoir atteint le sol, il arrêta sa chute et s’envola
dans l’intérieur du bois.
15 « Touché ! » enregistra Vassioutka et il se jeta à la poursuite de
l’animal blessé.
C’est alors seulement qu’il comprit ce qui s’était passé, et il s’adressa
d’amers reproches :
« Évidemment, des petits plombs pour une bête comme ça,
20 qui est presque de la taille de mon chien !… Il en faut plus pour
l’impressionner ! »
L’oiseau s’éloignait par volées de plus en plus brèves. Ses forces
faiblissaient. Enfin, incapable d’arracher du sol son corps pesant, il se
mit à courir.
25 « Maintenant, il ne m’échappera pas ! » pensa Vassioutka, sûr de
lui, et il accéléra. L’oiseau n’était plus guère éloigné.
Vassioutka laissa tomber son sac, leva son fusil et fit feu. En quelques
pas il rattrapa le tétras et se laissa tomber dessus.
« Halte, l’ami, halte ! » bredouillait-il, fou de joie. « Tu ne t’en
1. médusé : stupéfait, 30 tireras pas, mon vieux ! Ah, tu voulais courir ! Mais t’inquiète pas, j’ai
très étonné.
de bonnes jambes, moi aussi ! »
2. mettre en joue : viser
avec une arme.
Content de lui, Vassioutka palpait le tétras, admirant son plumage
noir aux reflets bleutés. Puis il le soupesa. « Y en a bien cinq kilos, si ce
3. la mire : la ligne
imaginaire entre l’œil n’est huit », calcula-t-il, et il fourra l’oiseau dans son sac. « Bon, faudrait
du tireur et l’objet qu’il 35 que je me presse maintenant, autrement je vais me faire attraper par
vise. ma mère. »

42
4
4. ses fûts : ses troncs
d’arbre.
Tout à son triomphe, Vassioutka avançait dans le bois en sifflant
tous les airs qui lui passaient par la tête.
5. chétifs : petits, peu
développés, rabougris. Soudain il repensa aux marques. Depuis le temps, il devrait déjà
40 y être.
Il regarda autour de lui. C’étaient les mêmes arbres que ceux qui
portaient les entailles. Le bois était impassible, songeur, mélancolique,
avec ses fûts4 clairsemés et à demi dépouillés ; presque uniquement
des résineux avec par-ci par-là des bouleaux chétifs5 aux rares feuilles
45 jaunies. Oui, c’était exactement le même bois, mais avec on ne sait quoi
de dépaysant…
Vassioutka fit demi-tour. Il allait d’un pas rapide, passant en
revue attentivement tous les arbres, mais aucun ne portait les entailles
familières.
50 « Zut alors ! Où sont passées les marques ? » La gorge de Vassioutka
se serra, de la sueur perla à son front. « C’est la faute de ce maudit tétras.
J’ai tout laissé tomber pour lui courir après, et maintenant il faut que
je me casse la tête pour savoir de quel côté aller. » Vassioutka haussa
la voix pour chasser la peur qui montait. « Allons, ce n’est rien, je vais
55 m’orienter et retrouver mon chemin. Donc… Le côté le moins fourni
des pins c’est celui qui regarde vers le nord, celui avec les branches, vers
le sud. Voyons… »

La peur se faisait plus insistante. Le garçon se remit à parler fort : © Nathan


« Bon, tu ne vas pas te laisser abattre. Tu la retrouveras, la cabane.
60 Le tout est de se diriger toujours du même côté. Vers le sud il faut que
j’aille, puisque le fleuve fait un coude pas loin de la cabane. Je ne peux
pas le manquer. Eh bien, voilà, c’est arrangé, il n’y avait vraiment pas
de quoi s’affoler ! » gloussa de rire Vassioutka, et il commanda d’une
voix ferme : « En ava-ant, ma-arche ! Une, deux ! »
65 Mais son courage ne tarda pas à flancher. Il n’y avait toujours
pas la moindre entaille. Par moments, le garçon croyait discerner une
trace sur un tronc sombre. Le cœur battant, il courait vers l’arbre pour
palper l’encoche avec ses gouttelettes de résine durcie, mais ses doigts

Unité 4 ● Suspense ! 43
ne découvraient qu’un repli de l’écorce. Vassioutka avait déjà changé
70 plusieurs fois de direction, il avait vidé de son sac les cônes de cèdre et
il marchait, marchait sans trêve…
Le bois était devenu totalement silencieux. Vassioutka s’arrêta et
tendit longuement l’oreille. Toc-toc, toc-toc, faisait son cœur. Puis son
oreille exacerbée capta un son étrange. On aurait dit un bourdonnement.
75 Il cessait puis reprenait, comme le vrombissement lointain d’un avion.
Vassioutka se pencha et vit à ses pieds le cadavre décomposé d’un oiseau.
Une araignée, en chasseur expérimenté, avait tissé sa toile au-dessus
de la bête morte. La fileuse avait disparu, elle avait sûrement déjà pris
ses quartiers d’hiver dans un arbre creux, mais le piège était resté et
80 une grosse mouche pansue était venue s’y faire prendre. Elle se débattait
6. sourde : cachée, encore à petits coups de ses ailes affaiblies. Une sourde6 inquiétude
inavouée. commença à gagner Vassioutka à la vue de la mouche empêtrée dans
les fils. Et soudain il prit clairement conscience qu’il s’était égaré.
Victor Astafiev, Perdu dans la taïga © Castor Poche-Flammarion.

Comprenons le texte ensemble


Lect
Lecture du début du texte 6 D’où vient le bourdonnement
jusqu’à la ligne 38 : qu’il entend (ligne 74) ?
© Nathan

Que provoque cette découverte


1 Comment s’appelle le personnage
chez Vassioutka ?
de ce récit ?
Pourquoi ?
2 Où se passe ce récit ? Décris le paysage.
3 Propose un nouveau titre pour ce texte.
7 Selon toi, Vassioutka a-t-il des raisons
4 Quels sont les différents sentiments d’avoir peur ?
qu’éprouve Vassioutka au cours
de la chasse ?
8 Lis à haute voix les lignes 9 à 26.
Lecture de la ligne 39 jusqu’à la fin :
Avec tes camarades, cherche un moyen
5 Relève les mots et les groupes de mots pour « qu’on entende les pensées »
qui montrent que le personnage est peu de Vassioutka pendant la lecture
à peu gagné par l’inquiétude et la peur. du récit.

J’écris un récit à suspense (1)

Imagine un autre récit sur le modèle de Perdu dans la taïga : tu dois faire monter
progressivement l’inquiétude du personnage principal… et du lecteur.
Tu peux reprendre cette structure (voir lignes 39 à 83) :
Soudain il repensa à … . Il regarda autour de lui. C’étaient … . Il fit demi-tour. … .
La gorge de … se serra, de la sueur perla à son front. … « … »
… haussa la voix pour chasser la peur qui montait. « … »
Et soudain il prit clairement conscience que … .

44
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
4
Je crée le suspense (1)
Laisser le lecteur dans l’attente Communiquer l’inquiétude
Lis cette autre façon de relater l’épisode du personnage
de Perdu dans la taïga.
1 Relève, dans les lignes 47 à 58
Vassioutka avait tué le coq de bruyère.Triom- de Perdu dans la taïga (p. 43), les mots
phant, il fit demi-tour pour rentrer chez lui. et les groupes de mots qui indiquent
Mais plus moyen de retrouver les marques qui l’inquiétude du personnage.
indiquaient le chemin. Tous les arbres se ressem-
blaient dans la forêt. Il avait beau chercher, plus 2 Relis le texte en supprimant toutes
de marques. Il essayait de ne pas s’affoler, mais les indications que tu as relevées. Le texte
crée-t-il encore autant de suspense ?
la peur le gagnait. Il finit par se rendre compte
qu’il s’était égaré.
a. Compare ce texte avec celui des pages 42
à 44.
b. Quel texte te semble le plus passionnant ? Pour augmenter l’inquiétude du lecteur,
Pourquoi ? on peut montrer celle du personnage.
On peut utiliser pour cela des mots ou
des groupes de mots précis que l’on choisit
dans ce but : effrayé, une sourde inquiétude,
sa gorge se serra, la peur le gagna…
Pour qu’un récit soit palpitant,
il faut créer du suspense : faire monter

© Nathan
l’inquiétude chez le lecteur et faire en sorte
qu’il se demande ce qui va arriver. Je m’exerce
Pour cela, il faut laisser le lecteur dans Continue ce récit en deux ou trois phrases.
l’attente et ne pas raconter la suite du récit Insère dans ton récit des mots ou des groupes
trop rapidement : on peut donner beaucoup de mots qui montrent ce que ressentent
de détails, décrire chaque action, prolonger les deux garçons.
les actions.
Tom et Huck sont à la recherche d’un trésor.
Lorsqu’ils atteignirent la maison hantée,
Je m’exerce le silence qui y régnait était tellement profond,
Dans ce texte, fais durer le suspense l’impression de solitude et de désolation qui
en imaginant les détails de la fuite de Kim. s’en dégageait était si démoralisante, que tout
Au cours d’un grand jeu dans les bois, Kim est d’abord ils hésitèrent à s’aventurer à l’intérieur.
terrorisée par des garçons qui veulent lui faire du Peu après, ils s’enhardirent, rampèrent jusqu’à
mal. La rattraperont-ils ? la porte et jetèrent un coup d’œil prudent…
M. Twain, Les aventures de Tom Sawyer, trad. de F. de Gaïl
Elle se mit à courir aussi vite que possible à © Mercure de France, 2008.
travers les bois humides et glissants et s’écarta
… . Puis elle quitta le sentier pour … . Ceux de
son équipe étaient loin à présent : … . Cherchant
désespérément un endroit qui la mettrait à l’abri
des regards de Wendy, Kim … . Tout à coup, elle
réalisa que … . Elle commençait à être épuisée.
Elle … . Elle … .
D’après B. Ashley, À la poursuite de Kim,
trad. de Pascale Houssin © Gallimard Jeunesse.

Unité 4 ● Suspense ! 45
Soupçon
J’ai tout de suite compris qu’il s’était passé quelque chose de grave.
© Nathan

Dès que je l’ai vu. Il avait sauté sur mon lit et il se léchait les babines
d’une manière qui m’a semblé bizarre. Je ne saurais expliquer pourquoi,
mais ça me semblait bizarre. Je l’ai regardé attentivement, et lui me fixait
5 avec ses yeux de chat incapables de dire la vérité.
Bêtement, je lui ai demandé :
– Qu’est-ce que tu as fait ?
Mais lui, il s’est étiré et a sorti ses griffes, comme il fait toujours
avant de se rouler en boule pour dormir.
10 Inquiet, je me suis levé et je suis allé voir le poisson rouge dans le
salon. Il tournait paisiblement dans son bocal, aussi inintéressant que
d’habitude. Cela ne m’a pas rassuré, bien au contraire. J’ai pensé à ma
souris blanche. J’ai essayé de ne pas m’affoler, de ne pas courir jusqu’au
cagibi où je l’ai installée. La porte était fermée. J’ai vérifié cependant
15 si tout était en ordre. Oui, elle grignotait un morceau de pain rassis,
bien à l’abri dans son panier en osier.
J’aurais dû être soulagé. Mais en regagnant ma chambre, j’ai vu
que la porte du balcon était entrouverte. J’ai poussé un cri et mes mains
se sont mises à trembler. Malgré moi, j’imaginais le spectacle atroce
20 qui m’attendait. Mécaniquement, à la façon d’un automate, je me suis
avancé et j’ai ouvert complètement la porte vitrée du balcon. J’ai levé
les yeux vers la cage du canari suspendue au plafond par un crochet.
Étonné, le canari m’a regardé en penchant la tête d’un côté, puis
de l’autre. Et moi, j’étais tellement hébété qu’il m’a fallu un long moment
25 avant de comprendre qu’il ne lui était rien arrivé, qu’il ne lui manquait
pas une plume.

46
4
Je suis retourné dans ma chambre et j’allais me rasseoir à mon
bureau lorsque j’ai vu le chat soulever une paupière et épier mes
mouvements. Il se moquait ouvertement de moi.
30 Alors, j’ai eu un doute. Un doute horrible. Je me suis précipité dans
la cuisine et j’ai hurlé quand j’ai vu…
Le monstre, il a osé ! Il a dévoré…
Je me suis laissé tomber sur un tabouret, épouvanté, complètement
épouvanté, complètement anéanti. Sans y croire, je fixais la table et
35 l’assiette retournée.
Il a dévoré mon gâteau au chocolat !
Bernard Friot, Histoires pressées, coll. Milan Poche © 2007 Éditions Milan.

© Nathan
Comprenons le texte ensemble

1 Explique le titre de ce récit « Soupçon ». 4 Dans les lignes 30-35, relève les mots
ou les groupes de mots qui montrent
2 Recopie la phrase qui fait penser
que le narrateur a de plus en plus peur.
que le chat a probablement fait une bêtise.
3 Quelles sont les inquiétudes successives 5 Aimes-tu la fin de ce récit ?
du narrateur ? Pourquoi ?

J’écris un récit à suspense (2)

Imagine un autre récit sur le modèle de Soupçon : tu dois faire monter progressivement
l’inquiétude du personnage principal… et du lecteur.
Tu peux reprendre la structure suivante :
J’ai tout de suite compris qu’il s’était passé quelque chose de grave.
Dès que je l’ai vu. Il … . Inquiet, je … . Cela ne m’a pas rassuré, bien au contraire.
J’ai pensé à … . J’ai essayé de ne pas m’affoler, … … .
J’aurais dû être soulagé. Mais … .

Unité 4 ● Suspense ! 47
Le voyage d’Esteban
Esteban est mousse sur un navire qui pêche la baleine au large du cap Horn. Une baleine
géante vient de renverser les barques des harponneurs. Que va-t-il arriver à Esteban ?

Matthieu Bonhomme, Le voyage d’Esteban, vol. 1, Le baleinier, D. R.


© Nathan

Comprenons le texte ensemble


1 Qu’est-ce qu’un harponneur ? 4 Que pense-t-il qu’ils lui disent ?
Quelle phrase de la BD te permet
2 Selon toi, quelles sont les intentions
de justifier ton opinion ?
d’Esteban ?
3 Pourquoi n’entend-il pas ce que crient 5 Quel élément vient renforcer
ses camarades ? le suspense à la dernière vignette ?

48
4
Je lis en réseau

1 Une bande dessinée


Le piège diabolique

Piè diabolique,
Le Piège di b li
l
© Blake et Mortimer.
Ed d P.
Edgard J b L
P Jacobs,
2 D’autres romans d’aventures

Simon traverse désert, montagnes


et territoires indiens pour aller

© Nathan
vendre son troupeau de dindes à
mille kilomètres de chez lui, dans
l’Ouest. Personne ne le prenait au
sérieux, et pourtant, il va triompher
des dangers… et faire fortune. Jean George, Jean Ollivier, Jean-François
Kathleen Karr, Ma montagne, Le cri du Kookabura, Chabas, Ba,
La longue marche des dindes, L’École des loisirs. Casterman. Casterman.
L’École des loisirs.

Je raconte la suite d’un scénario de BD


D
Décris oralement la situation d’Esteban, page 48.
Avec tes camarades, cherche différentes suites possibles par rapport à la situation
du personnage. Racontez-les oralement.

J’écris la suite d’un scénario de BD

À partir des suites imaginées et racontées en classe, choisis celle que tu préfères et écris-la :
qu’arrive-t-il au personnage ? Échappera-t-il à la noyade ? Que va-t-il faire, selon toi ?
N’oublie pas de montrer que le héros est dans une situation dramatique.
Essaie de faire partager son angoisse.

Unité 4 ● Suspense ! 49
POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je crée le suspense (2)


Imaginer une chute Faire rebondir l’action
Lis ces deux autres propositions de chute 1 L’extrait de la bande dessinée de Blake et
pour le texte Soupçon de Bernard Friot (p. 47). Mortimer (p. 49) se trouve à la fin d’une page.
Alors, j’ai eu un doute. Un doute horrible. Je me À ton avis, pourquoi ?
suis précipité dans la cuisine et j’ai hurlé quand
2 Procure-toi un album des aventures
j’ai vu… de Tintin, d’Hergé.
1. les superbes assiettes en porcelaine de ma Regarde la dernière vignette de chaque page.
mère brisées sur le sol. Propose-t-elle une fin ou bien conduit-elle
2. quelques plumes colorées éparses, rappelant le lecteur à se poser des questions sur la suite ?
étrangement le plumage du perroquet de notre
voisin.
a. Compare ces fins possibles avec celle
que tu as lue page 47. Dans les romans ou les bandes
b. Laquelle des trois provoque le meilleur effet dessinées d’aventures, les chapitres
de surprise ? Pourquoi ? se terminent souvent par un suspense :
le lecteur se demande comment le héros
c. Écris d’autres chutes possibles.
va s’en sortir ; il a envie de tourner la page
et de lire le chapitre suivant. On dit que
l’auteur fait rebondir l’action.
Les romans d’aventures sont souvent Le chapitre suivant ou la page suivante
découpés en épisodes qui se terminent par présente la suite… tout en créant
© Nathan

une « chute », c’est-à-dire une fin inattendue, un nouveau suspense !


surprenante. Cette surprise fait partie
du plaisir du lecteur.
Une nouvelle est un court récit.
Je m’exerce
Je m’exerce Reprends des textes que tu as déjà lus
Imagine une chute pour cette nouvelle. dans ton manuel L’île aux mots.
Histoire impossible Donne des exemples de textes :
– qui sont achevés : on sait ce qu’il advient
Après l’école, je suis rentré chez moi par
des personnages, le récit est terminé ;
le chemin habituel. Mais quand je suis arrivé – qui maintiennent le lecteur en haleine
chez nous, au numéro 13, il n’y avait plus rien, plus à la fin : c’est la fin d’un chapitre et non celle
de maison, rien qu’un trou, très profond, et du récit.
comme des bulles énormes qui s’en échappaient.
Quand j’ai ouvert la porte, j’ai poussé un cri,
horrifié. Dans le couloir, des centaines de
serpents sifflaient, tête dressée, gueule ouverte.
Je suis allé dans la cuisine. J’ai ouvert le frigidaire.
J’ai pris un yaourt à la fraise. Ce n’était pas
du yaourt, mais du sang épais de crocodile.
J’ai commencé ma rédaction pour jeudi. Mais
trois vampires se sont jetés sur moi, des fourmis
géantes m’ont arraché la peau et des corbeaux
fous m’ont picoré le dos.
Alors, fatigué, je suis descendu au salon.
D’après B. Friot, Encore des histoires pressées, D. R.

50
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
4
Je choisis mes mots
L’eau et l’air sont des éléments essentiels à la vie. Dans un roman d’aventures, on utilise
souvent des termes en rapport avec ces deux éléments pour montrer l’angoisse
d’un personnage et sa peur de perdre la vie.
suffoquer – retenir son souffle – respirer à pleins poumons – avoir le souffle court – se noyer –
être asphyxié – manquer d’air – être englouti – chavirer – bloquer sa respiration – étouffer –
perdre pied – couler à pic – souffler – être oppressé – être submergé – sombrer.
Classe ces termes en deux colonnes : air / eau.
Si tu ne connais pas le sens de certains mots, utilise un dictionnaire.
Quels sont les termes qui conviennent à la situation d’Esteban lorsque celui-ci voit s’approcher
la baleine (voir p. 48) ?

J’accorde l’adjectif attribut du sujet


Dans une phrase, l’adjectif attribut du sujet s’accorde en genre et en nombre
avec le sujet.
En relisant ton texte, vérifie systématiquement les accords des adjectifs attributs du sujet.
Aide-toi en traçant la chaîne des accords.

© Nathan
Grammaire
Sujet Attribut
Unité 7, p. 139
L’attribut du sujet
Les porteurss étaient satisfaits.
Orthographe
masculin/pluriel Unité 9, p. 163
L’accord de l’adjectif (2)

Je relis et je réécris
Reprends la suite de ton scénario de BD (voir p. 49).
As-tu fait ressentir l’angoisse du personnage ?
Avec tes camarades, essayez de relever, dans vos textes, les idées intéressantes et d’en trouver
de nouvelles pour améliorer certains passages.
Améliore ton texte en utilisant la rubrique « Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 J’ai laissé le lecteur dans l’attente en ne racontant pas trop rapidement la fin du récit.
2 J’ai fait partager l’angoisse du personnage : il se demande ce qui se passe, il a peur.
3 J’ai fait rebondir l’action pour garder le suspense.
4 J’ai trouvé une chute.
5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 4 ● Suspense ! 51
5 Des biographies
La vie de Vincent Van Gogh
Van Gogh Vincent (1853-1890)
Peintre néerlandais. Il passa les dernières années de sa
vie en France, à Paris et en Provence. Il fut influencé par
les peintres impressionnistes (Monet, Cézanne, etc.), mais
son style est très original. Pour exprimer la force de ses
sentiments, il utilisait des couleurs très vives et déformait
violemment les choses qu’il représentait. Inconnu de son
vivant, misérable et solitaire, parfois atteint de crises de
folie, il finit par se suicider. Il a profondément influencé
l’art moderne.
Dictionnaire Larousse Super Major © Larousse, 2005.

Vincent Van Gogh, Autoportrait, 1889.

Vincent Van Gogh naît en Hollande en 1853. Il reçoit une éducation


© Nathan

sévère et marquée par la foi de son père, qui est pasteur. Il vit à la
campagne, dans les paysages de plaines balayées par le vent du nord.
Lui aussi aimerait prêcher l’Évangile. Il rêve d’enseigner et d’aider les
5 pauvres gens. Il descend au fond des mines, visite les malades. Pendant
plus d’un an, il suit des études difficiles pour entrer au séminaire et
devenir pasteur, mais il n’est pas reçu. Seul, sans s’inscrire dans aucune
école ou aucun atelier, il se met à dessiner furieusement. Avec toute sa
passion, il peint la vie des paysans ; ses couleurs sont tristes et terreuses.

Vincent Van Gogh,


Les Mangeurs
de pommes de terre,
1885.

52
5

© Nathan
Vincent Van Gogh, La Récolte, 1889.

10 En 1885, il s’installe à Anvers où il passe beaucoup de temps dans les


musées et s’enthousiasme pour les œuvres de Rembrandt et de Rubens.
Son frère Théo, qui l’aide et le conseille, est à Paris : il va le retrouver.
Théo est le seul à croire en lui et à l’encourager à peindre. Vincent
découvre les peintres impressionnistes ; il est fasciné par leurs audaces :
15 la joie de vivre qui éclate sur les toiles, les couleurs claires et gaies. Il voit
aussi pour la première fois des estampes japonaises, qui ne ressemblent
pas aux images qu’il a pu connaître.
En 1888, Vincent Van Gogh part pour Arles, dans le sud de la
France. Il est ébloui par la lumière chaude du Midi. Il peint la nature,
20 « les champs de blé grands comme la mer ». Il mélange de moins en
moins ses couleurs : elles sont pures et d’autant plus fortes qu’elles
s’entrechoquent par contraste. Vincent Van Gogh se sent toujours très
seul. Le peintre Gauguin vient travailler avec lui ; ensemble ils échangent
passionnément des idées, mais ils ne sont pas toujours d’accord : lors
25 d’une dispute, après avoir tenté de blesser son ami, Van Gogh se coupe
lui-même l’oreille.
En 1889, tourmenté par des accès de folie, il est envoyé à l’hôpital
de Saint-Rémy-de-Provence. Seule la peinture l’apaise : il se fait apporter
sa palette et des toiles pour travailler. Il s’installe ensuite à Auvers-sur-
30 Oise.

Unité 5 ● Des biographies 53


Le docteur Gachet, ami de plusieurs peintres
impressionnistes, s’occupe de lui ; Van Gogh en
laisse un émouvant portrait. Mais la maladie
l’emporte et le peintre se suicide en juillet 1890.
35 Aujourd’hui, ses peintures sont connues dans
le monde entier. Toi aussi, lorsque tu verras un
tournesol ou un cyprès, tu penseras à lui.
D’après Mila Boutan,
Vincent Van Gogh pour les enfants, D. R.

Vincent Van Gogh,


Les Tournesols,
1889.

Je cherche des informations dans le texte


© Nathan

Dans quel pays Vincent Van Gogh est-il né ?


1 D 7 À quel genre textuel appartient le texte
encadré page 52 : conte, documentaire,
2 Quel métier son père exerçait-il ?
article de dictionnaire ? Et le texte principal
3 Où Van Gogh a-t-il découvert la force pages 52 à 54 ?
de la lumière ?
8 Le texte encadré est beaucoup plus court
4 De quelle façon utilisait-il la couleur ? que l’autre texte. Sur quelles informations
5 Relève le nom des peintres qu’il a aimés le texte encadré insiste-t-il ?
et admirés. Quand ont-ils vécu ? Quelles informations supplémentaires trouve-
t-on dans le texte principal ?
6 Retrouve les grandes étapes
de la vie de Vincent Van Gogh 9 Lequel des deux textes préfères-tu ?
en complétant ce tableau. Pourquoi ?
date étape de vie lieu
10 Aimes-tu les tableaux de Vincent
1853 naissance Hollande
Van Gogh présentés dans ces pages ?
… … …
Argumente ton opinion.

J’écris la biographie d’une personne célèbre

Choisis un personnage célèbre dont la vie t’intéresse beaucoup :


chanteur, comédien, écrivain, peintre, homme politique…
Rédige un court article pour relater les moments importants de sa vie,
comme dans un dictionnaire des noms propres.

54
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
5
Je rédige une biographie
Organiser selon l’ordre Choisir le temps des verbes
chronologique Relis ces deux passages sur Van Gogh.
Lis cette biographie. 1. Il descend au fond des mines, visite les ma-
Alberto Giacometti (1901-1966), lades. Pendant plus d’un an, il suit des études
sculpteur et peintre suisse né dans difficiles pour entrer au séminaire et devenir
le canton des Grisons. pasteur, mais il n’est pas reçu.
Alberto suit l’enseignement de l’école des Beaux- 2. Il passa les dernières années de sa vie en
Arts de Genève, puis étudie à Paris dès 1922. Il y France, à Paris et en Provence. Il fut influencé
expose ses premières œuvres en 1927. Pendant par les peintres impressionnistes.
la guerre, en décembre 1941, il revient en a. À quel temps est écrite la biographie dans
Suisse. C’est ensuite que son style s’affirme avec le texte 1 ? Et dans le texte 2 ?
les hautes figures filiformes que l’on connaît. b. Quel autre temps du passé pourrais-tu utiliser ?
Devenu célèbre, il a notamment exposé à New
York, Londres, Venise et Copenhague. Il meurt
à l’hôpital de Coire, le 11 janvier 1966.
a. Relève les informations concernant les lieux Pour écrire la biographie d’une
et les dates. personne, on peut utiliser soit les temps
du passé, soit le présent pour faire comme
b. Dans quel ordre sont relatés les moments
si l’on revivait les moments de sa vie.
de la vie de Giacometti ?

© Nathan
Je m’exerce
Mets les verbes conjugués
Une biographie est le récit de la vie de cette biographie au passé.
d’une personne. Elle donne les informations
Niki
importantes sur sa vie : ses activités
de Saint Phalle
marquantes, des dates, des lieux.
Ces informations sont organisées dans l’ordre (1930-2002),
chronologique. née Catherine
Marie-Agnès Fal
de Saint Phalle,
Je m’exerce artiste française.
Remets cette biographie de Née en France, Niki de Saint-Phalle suit sa
Mozart dans l’ordre chronologique. famille aux États-Unis. Elle travaille d’abord
Mozart (Wolfgang Amadeus, comme mannequin pour les magazines Vogue,
compositeur autrichien, 1756-1791). Life et Elle. Puis, elle débute sa carrière artistique.
Comédienne, peintre, sculptrice et réalisatrice
1. De 1762 à 1767, poussé par son père,
de films, elle ne reçoit pas d’enseignement
il se produit dans toute l’Europe.
particulier, mais expérimente différents
2. Mozart connaît triomphe et disgrâce :
domaines artistiques. Elle rencontre puis épouse
on l’enterre misérablement, à Vienne, en 1791.
l’artiste fribourgeois Jean Tinguely avec lequel
3. Mozart naît en 1756 à Salzbourg.
elle réalise de nombreux projets artistiques, dont
4. De 1769 à 1773, il se consacre à la composition.
la fontaine de Beaubourg à Paris. Ses sculptures
5. À six ans, il compose ses premières pièces
colorées et ses nanas la rendent célèbre. Elle
musicales.
meurt à l’âge de 71 ans, le 21 mai 2002 à San
6. Son père, Leopold, violoniste, le met
Diego (États-Unis).
au clavecin dès l’âge de quatre ans.

Unité 5 ● Des biographies 55


Jean-François Champollion
et les hiéroglyphes
Champollion Jean-François (1790-1832)
Archéologue français qui réussit à déchiffrer les
hiéroglyphes. Spécialiste de l’Égypte, Champollion
a longtemps étudié les inscriptions gravées sur une
pierre découverte par les Français en 1799 dans la ville
égyptienne de Rosette. Sur cette plaque de marbre noir,
le même texte était écrit en trois écritures : l’écriture
grecque, l’écriture égyptienne, avec des lettres liées, et
les hiéroglyphes.
Dictionnaire Larousse Super Major © Larousse, 2005.

Portrait de Jean-François Champollion,


égyptologue, par Léon Cogniet,1831.

En 1822, Jean-François Champollion, installé chez son frère à Paris,


© Nathan

poursuit ses travaux sur la pierre de Rosette et émet l’hypothèse que


l’écriture égyptienne comporte des signes qui représentent directement
des idées et des choses, mais aussi d’autres signes traduisant sans doute
5 des sons.
S’il commence à bien comprendre la deuxième écriture qui figure
sur la pierre (l’écriture simplifiée de l’égyptien, appelée démotique),
il n’a toujours pas la clé pour lire les hiéroglyphes (ce mot veut dire
« écriture sacrée »).

La pierre de Rosette
En 1799, une étrange pierre gravée est découverte
en Égypte, près du Nil, dans un lieu appelé Rosette.
Vieille de 2 000 ans, cette pierre comporte le même texte
avec trois écritures différentes.
L’une de ces écritures est parfaitement connue :
il s’agit du grec ancien.
La deuxième est de l’égyptien ancien déjà déchiffré.
Mais la troisième écriture est alors l’un des grands
mystères de l’archéologie.
Il s’agit des hiéroglyphes, l’écriture sacrée utilisée
au temps des pharaons.

56
5
1. un cartouche : 10 Champollion s’obstine, reçoit d’un voyageur l’inscription
un cadre dans lequel d’un obélisque sur lequel on voit, en grec et en hiéroglyphes, les noms
est inscrit le nom d’un
pharaon égyptien.
de Cléopâtre et de Ptolémée, et parvient à trouver les équivalences
de tous les signes. Enfin, le 14 septembre, il se penche sur un récent envoi
de l’architecte Nicolas Huyot, qui a relevé avec soin le dessin de deux
15 cartouches1 royaux provenant des temples d’Abou Simbel.
Jean-François écarquille les yeux. L’esprit tendu dans un suprême
effort d’analyse et de comparaison, il remarque que chacun de ces
noms est écrit avec trois signes, que ces deux noms sont terminés par
deux signes identiques, alors que le premier est différent et donne
20 les noms déjà connus des dieux Râ et Thot. Les deux mots ont donc
une construction semblable. En fait, il s’agit des noms des pharaons
Ramsès et Thoutmôsis qui vécurent entre 1 500 et 1 200 av. J.-C. !

Les Égyptiens ne notaient que les


consonnes :

© Nathan
Ra ms s s
qui signifie « Râ l’a enfanté »
(Râ est le dieu du Soleil.)

Thot ms s
qui signifie « Thot l’a enfanté »
(Thot est le dieu de l’écriture
et de la sagesse.)

Ramsès, temple d’Abou Simbel, Égypte.

Unité 5 ● Des biographies 57


Autrement dit, le système de notation est triple : les signes peuvent
être à la fois et alternativement des sons et des idées et, de plus, certains
25 sont muets.
La surprise est immense : ses travaux s’appliquent donc aux
inscriptions les plus anciennes, puisqu’il se trouve devant les noms
de deux pharaons glorieux de l’Égypte antique ! Avec fièvre, il vérifie
et revérifie encore la découverte fabuleuse qu’il vient de faire et qui
30 couronne ses longues années de travail. Il est désormais sûr de pouvoir
lire, sinon traduire, bien des mots. Il n’y tient plus, se précipite chez
son frère et crie, hors de lui : « J’ai trouvé ! » puis, terrassé par l’effort
surhumain qu’il vient de fournir, s’effondre anéanti. Les deux frères
rédigent ensemble la communication qu’il fera devant les Académiciens,
35 le 27 septembre, face à une salle comble.
D’après Monique Kanawaty,
Jean-François Champollion et les hiéroglyphes, coll. « Eurêka », D. R.

Cahier de notes
de Jean-François
© Nathan

Champollion
sur les hiéroglyphes.

Comprenons le texte ensemble

1 Quelles sont les trois écritures 4 Quelle journée est décrite avec le plus
qui figurent sur la pierre de Rosette ? de détails ? À ton avis, pourquoi ?
2 Indique la réponse qui convient.
Rosette est le nom : 5 À partir de quelles inscriptions
a. de la fiancée de Champollion ; Champollion finit-il par découvrir comment
b. d’un lieu près du Nil ; déchiffrer les hiéroglyphes ?
c. d’une des inscriptions sur la pierre. Sur quel support se trouvent-elles ?
3 Quelle période de la vie de Champollion
est racontée dans le texte principal ? Quel 6 Aurais-tu aimé faire cette découverte ?
âge Champollion a-t-il à ce moment-là ? Pourquoi ?

58
5
Je lis en réseau

1 Une lettre formidable pluie battante, qui a bien duré une


Dans cette lettre de Vincent Van Gogh à son heure. Mais j’avais tellement pris goût à la chose
frère, le peintre évoque des moments de sa que je suis resté à mon poste et que j’ai cherché
vie qui lui tiennent à cœur. tant bien que mal un abri derrière un gros arbre.
Quelle différence vois-tu entre cette manière Quand l’orage avait passé, et que les corneilles
de raconter sa vie et une biographie ? s’étaient remises à voler, je ne regrettai pas d’avoir
J’ai peint dans le bois, cette semaine, quelques attendu à cause de l’admirable ton sombre que le
études assez grandes. [… ] sol du bois avait pris après la pluie.
Celle qui, à mon sens, est le mieux réussie, n’est Comme j’avais commencé sur mes genoux, avant
rien d’autre qu’un lopin de terre bêchée, du sable l’orage, avec un horizon bas, j’ai dû m’agenouiller
blanc, noir et brun après une pluie battante. dans la boue, et c’est à cause de pareilles aventures,
Si bien que les mottes de terre prennent feu qui se produisent souvent sous formes diverses,
de-ci de-là et parlent mieux. qu’il n’est pas superflu à mon sens de porter des
Après avoir dessiné pendant quelque temps vêtements d’ouvrier auxquels il n’y a rien à gâter.
ce lopin de terre, il y eut un orage avec une Vincent Van Gogh, Lettres à son frère Théo, trad. de Georges
Philippart © Éditions Grasset et Fasquelle, 1972.
2 D’autres biographies

L’auteur-illustrateur François
Place imagine la rencontre d’un
jeune garçon et du grand peintre

© Nathan
japonais Hokusaï à la fin de
sa vie. Plus qu’une biographie
traditionnelle, un voyage dans
François Place, l’art du maître de l’estampe, qui Tomi Ungerer, Margaret Davidson, Margaret Davidson,
Le vieux fou de dessin, est aussi l’inventeur des mangas. Otto, autobiographie Louis Braille, La métamorphose
Gallimard Jeunesse. d’un ours en peluche, l’enfant de la nuit, d’Helen Keller,
L’École des loisirs. Gallimard Jeunesse. Gallimard Jeunesse.

Je joue au jeu de la biographie mystère


A
Avec un camarade, choisis la biographie d’une personne célèbre dans un dictionnaire
des noms propres ou dans une encyclopédie.
Vos camarades vous posent des questions pour trouver de qui il s’agit.
Attention : vous ne devez répondre que par « oui » ou par « non » !
Dès que vous répondez « oui » à une question, donnez un indice au camarade qui a posé
la question : il est né en…, il a vécu à…

J’écris une biographie imaginaire


Imagine qu’une personne que tu connais est devenue célèbre. Rédige une courte biographie.
Vérifie les temps utilisés et l’ordre chronologique des informations.
Fais ensuite un « zoom » sur le moment important de sa vie qui permet de mieux comprendre
pourquoi et comment cette personne est devenue célèbre. Raconte ce moment en détail.

Unité 5 ● Des biographies 59


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je décris un moment de la vie d’une personne


Indiquer des précisions Décrire les actions
à propos du temps et des lieux et les réactions du personnage
Relis ces phrases extraites Relis ces phrases et ces groupes de mots
de Jean-François Champollion extraits de Jean-François Champollion
et les hiéroglyphes (pp. 56 à 58). et les hiéroglyphes (pp. 56 à 58).
En 1822, Jean-François Champollion, installé Il se penche sur un récent envoi. Jean-François
chez son frère à Paris, poursuit ses travaux. écarquille les yeux. L’esprit tendu dans un
Enfin, le 14 septembre, il se penche sur suprême effort. La surprise est immense. Avec
un récent envoi de l’architecte Nicolas Huyot. fièvre, il vérifie et revérifie encore. Il n’y tient
Il s’agit des noms des pharaons Ramsès plus, se précipite chez son frère et crie, hors de
et Thoutmôsis qui vécurent entre 1 500 lui : « J’ai trouvé ! » puis, terrassé par l’effort
et 1 200 av. J.-C. ! surhumain qu’il vient de fournir, s’effondre
Il fera sa communication devant les Académi- anéanti.
ciens, le 27 septembre, face à une salle comble. a. Quels mots nous permettent de comprendre
a. Quelles informations fournissent ces phrases ? l’activité de Champollion ?
b. Pourquoi sont-elles importantes b. Quels groupes de mots soulignent
pour le lecteur ? ses réactions et l’état dans lequel
il se trouve ?
© Nathan

Dans une biographie, pour raconter Dans une biographie, il ne suffit pas
en détail un moment de la vie d’une personne, d’indiquer les actions successives de la
il faut donner des indications précises personne. Il faut aussi montrer ses réactions,
de lieu et de temps (en particulier des dates). l’état dans lequel elle se trouve, ce qu’elle
Ces précisions permettent au lecteur ressent : il écarquille les yeux, avec fièvre,
de « suivre » la personne au cours de sa vie, il se précipite.
d’avoir des repères.

Je m’exerce
Complète cet extrait
de la biographie de Jules
Je m’exerce
Verne. Imagine et décris
Complète ces phrases avec les informations précisément l’activité
de la liste. de l’écrivain et ses réactions
à Figeac – Le 23 décembre 1790 – après son premier succès.
Dom Calmels – dans le Quercy – En 1799 – En 1862, Jules Verne présente
À l’âge de quatorze ans – de Grenoble son manuscrit de Cinq semaines
… , Jean-François Champollion naît … , … , en ballon au célèbre éditeur Hetzel. Celui-ci a
deuxième et dernier garçon d’une famille de sept compris que le grand public commence à se
enfants. … , on confie Jean-François à un prêtre, passionner pour les découvertes scientifiques et
… , qui découvre ses dons pour l’étude des lan- il signe tout de suite un contrat avec l’auteur.
gues anciennes. Il l’initie au latin, au grec et déjà L’ouvrage paraît en 1863 et le succès est immédiat.
à l’hébreu. … , Jean-François est reçu comme À partir de ce premier succès, Jules Verne
boursier au lycée … . s’enferme pour lire des revues scientifiques…

60
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
5
Je choisis mes mots
Certaines personnes célèbres, comme Champollion, ont des métiers peu connus.
Champollion était un archéologue, spécialiste de l’Égypte ancienne.
D’autres sont : paléontologue – volcanologue – spéléologue – musicologue…
Recherche dans un dictionnaire à quoi correspondent ces métiers.
Lis ces verbes et ces expressions qui évoquent souvent les activités de personnes célèbres.
Retrouve ceux qui sont synonymes.
créer – inventer – trouver – découvrir – concevoir – imaginer – construire – explorer – fabriquer –
rédiger – battre le record – composer – écrire – se dépasser – améliorer ses performances.

J’accorde le verbe avec le sujet


dans une phrase subordonnée relative

Dans une phrase subordonnée relative, il faut repérer le nom que le pronom relatif
D
(
(qui, que) reprend pour accorder le verbe avec le sujet.
A
Aide-toi en traçant la chaîne des accords.

L’écriture égyptienne comporte des signes qui représentent


ent directement des idées.

© Nathan
Le pronom relatif « qui » reprend le nom « signes » (pluriel) ➔ accord du verbe
« représentent » Grammaire
à la troisième Unité 8, p. 141
personne du pluriel. La phrase subordonnée relative

Je relis et je réécris
Reprends la biographie que tu as écrite (voir p. 59).
Utilise les grilles de réécriture suivantes.
Les éléments importants de la biographie d’une personne

1 J’ai placé son nom et son prénom au début du texte.


2 J’ai donné sa date de naissance.
3 J’ai résumé l’activité ou l’événement qui a rendu cette personne célèbre.
4 J’ai donné les informations dans l’ordre chronologique.

Le « zoom » sur un moment important de sa vie


1 J’ai raconté un moment qui fait comprendre comment et pourquoi elle est devenue célèbre.
2 J’ai donné des détails et des indications de temps et de lieu.
3 J’ai raconté de façon vivante la scène en choisissant des verbes qui décrivent ses actions.
4 J’ai écrit ses réactions, ses émotions.

5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 5 ● Des biographies 61


6 Des textes explicatifs
Les colères de la nature
Qu’est-ce qu’une catastrophe naturelle ?
Suite à l’éruption Pour les scientifiques, un phénomène naturel brutal peut être
du volcan islandais
Eyjafjöll, en avril qualifié de « catastrophe » quand les hommes ne peuvent y faire face tout
2010, le nuage de de suite – comment s’opposer à un tsunami ou calmer une tempête ? –
cendres a provoqué
l’arrêt du trafic 5 et qu’il entraîne des dommages humains, matériels et environnementaux
aérien pendant
plusieurs jours. quantifiables. Un tremblement de terre au cœur de New York serait
une catastrophe naturelle ; ce ne serait pas le cas s’il survenait dans les
dunes du Sahara.
Certaines catastrophes naturelles sont causées par l’activité interne
10 de la Terre (tremblements de terre, éruptions volcaniques…), d’autres
sont liées à des phénomènes climatiques (tempêtes, inondations,
avalanches…). Mais un feu de forêt dévastateur, une longue période
de sécheresse ou une invasion de criquets sont aussi qualifiés
de catastrophes « naturelles » si leurs nuisances sont importantes.
15 On oppose les catastrophes « naturelles » aux catastrophes « techno-
© Nathan

logiques », causées par l’homme : accident nucléaire, marée noire,


rupture de barrage, etc. Parfois, les deux types de catastrophes se
combinent : un séisme peut déclencher un incendie dans une usine
de produits chimiques qui polluera gravement l’environnement.
20 Prévenir la catastrophe
Dans le monde entier, les données concernant les risques naturels
sont collectées par des scientifiques. Ces informations leur permettent
de dessiner les cartes des « zones à risques ». Les autorités peuvent alors
informer les populations concernées des dangers encourus et mettre
25 en œuvre les dispositions pour limiter les dommages d’une éventuelle
catastrophe.
Elles doivent aussi organiser une surveillance permanente
des zones à risques afin de pouvoir alerter les populations en cas de
crise. Cela suppose des moyens adaptés (liaison radio, Internet, sirènes,

Y a-t-il plus de catastrophes naturelles qu’avant ?


Les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux !
Ce qui est sûr, c’est qu’elles sont plus médiatisées. Faute de radio ou de télévision, un terrible
tsunami se produisant en Asie, comme celui de 2004, n’aurait pas été connu au fin fond
de la France au XIXe siècle. En revanche, les catastrophes actuelles sont plus destructrices.
Les hommes, de plus en plus nombreux, sont regroupés dans les villes, la déforestation favorise
les glissements de terrain et les avalanches…

62
Éruption
Invasion de criquets 6
volcanique

Inondation

Feu de forêt

Séisme Avalanche

Vague
de sécheresse

Tsunami
Tornade

© Nathan
30 haut-parleurs) et des signaux clairement identifiés (il vaut mieux ne pas
avoir les mêmes sirènes pour les incendies et les cyclones).
Enfin, les autorités doivent se préparer à gérer la crise. Elles doivent
former des secouristes, des pompiers et des médecins, et s’équiper
de moyens de secours (ambulances, hélicoptères…). Cette prévention
35 a un coût important, et les pays en développement ont rarement la
possibilité de la mettre en place sans avoir recours à l’aide internationale.
L’inégalité face aux catastrophes naturelles
Bien que les pays en développement soient moins exposés aux
risques naturels que les pays industrialisés (ils ont subi 20 % des
40 catastrophes naturelles entre 1980 et 2009), ils comptent autant
de victimes. Les raisons de cette vulnérabilité sont nombreuses :
les habitants des régions les plus pauvres sont généralement concentrés
dans des villes mal aménagées et logés dans des bâtiments fragiles. Dans
ces pays, les autorités n’ont pas les moyens de mettre en place un système
45 de prévention ou d’information avant la crise, ni d’intervenir après
l’événement.
Cette inégalité se retrouve aussi, dans les pays riches, entre les
populations aisées et les pauvres. Ainsi, en août 2005, lorsque le sud
des États-Unis a été dévasté par l’ouragan Katrina, la majorité des 1 300
50 victimes était pauvre et noire. La population la plus favorisée, mieux
L’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans informée et motorisée, avait fui les villes inondées après la rupture
(Louisiane, États-Unis) en août 2005 de plusieurs digues.

Unité 6 ● Des textes explicatifs 63


Quand le ciel se déchaîne
Des vents dévastateurs
Un cyclone (on l’appelle « typhon » dans le Pacifique Nord-Ouest
et « ouragan » dans l'Atlantique Nord et le Pacifique Nord-Est et Sud-
Ouest) suppose chaleur et humidité. Quand la température atteint
5 26 °C sur les mers tropicales, de la vapeur d’eau s’élève en tourbillonnant
et se déplace vers les côtes à une vitesse allant de 150 km/h à 300 km/h.
En atteignant les terres, cette masse d’air de 500 à 1 000 km de diamètre
dévaste tout sur son passage.
Non tourbillonnantes et moins violentes, les tempêtes sont dues
10 à la rencontre d’une masse d’air chaud et d’une masse d’air froid.
Les vents prennent de la vitesse à la frontière des deux masses et peuvent
dépasser 200 km/h en rafales.
La tornade, quant à elle, est une colonne d’air tournante très
violente qui relie un nuage au sol, comme une cheminée aspirante.
15 Elle ne dure que quelques minutes et ses dégâts sont très localisés.
Les conséquences de ces vents violents qui peuvent arracher les
toits des maisons ou souffler les baies vitrées sont parfois dramatiques.
La projection d’objets et la chute d’arbres font régulièrement des victimes.
Les effets sur la nature peuvent être directs (les tempêtes de 1999,
© Nathan

Une tornade au Nebraska


(États-Unis) en mai 2009 20 en France, ont détruit 500 000 hectares de forêts…) ou indirects
(certaines pollutions sont dues à des naufrages ou à des dégâts sur
des bâtiments de stockage de produits dangereux).
Protéger la Terre, les grands enjeux
Comprenons le texte ensemble de l’environnement, coll. « Dokéo + » © Nathan.

1 À quel genre de texte ces deux 4 Comment peut-on les anticiper et faire
documents appartiennent-ils ? de la prévention ?
5 Pour quelle(s) raison(s) les pays sont-ils
2 Quelle est la définition d’une catastrophe
inégaux pour prévenir les catastrophes
selon les scientifiques ?
et les gérer, selon le premier texte ?
3 Quels sont les deux types de catastrophes 6 Quelles sont les catastrophes liées
opposés dans le premier texte ? aux vents dévastateurs ?

J’explique une catastrophe naturelle


Établis la liste des différentes catastrophes naturelles évoquées à la page 62, puis choisis
l’une d’elles que tu vas expliquer brièvement par écrit.
Utilise les informations du texte pour expliquer ce phénomène, puis effectue
une recherche afin de compléter ces informations. Tu peux utiliser un dictionnaire,
des livres documentaires, une encyclopédie, Internet…
Rassemble les informations nécessaires et organise-les pour que ta présentation soit précise.

64
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
6
J’explique des faits (1)
Rechercher les causes
d’une catastrophe naturelle
Lis ce texte à propos d’un tsunami
et observe les schémas.
Puis réponds aux questions posées. Lorsque l’on veut expliquer
1. Un séisme provoque le déplacement d’une un phénomène ou une catastrophe naturelle,
énorme quantité d’eau. on recherche les causes qui ont conduit
Des vagues à peine perceptibles en surface à ce résultat.
se répandent à grande vitesse à travers l’océan.

Je m’exerce
Lis ce texte à propos des feux de forêts,
puis réponds aux questions proposées.
Séisme
Chaque année, dans le monde,
plus de 350 millions d’hectares de bois
partent en fumée : l’équivalent de la superficie
de l’Inde ! Bien que les feux de forêts
2. En atteignant les eaux peu profondes au bord puissent avoir des causes naturelles (la foudre,
des côtes, les vagues ralentissent et prennent par exemple), 90 % d’entre eux sont dus
de la hauteur.

© Nathan
aux hommes : comportements imprudents
La mer se retire. ou stupides, travaux agricoles ou forestiers
mal contrôlés, ruptures de lignes électriques…
Les feux de forêts sont beaucoup moins
meurtriers que la plupart des autres
Retrait de la mer
catastrophes naturelles, mais ils ont un coût
considérable car ils détruisent des bois
de grande valeur, des zones d’habitation
et des réseaux de communication. […]
Pour limiter ces dangers, la prévention repose
surtout sur l’aménagement et l’entretien
3. Les vagues déferlent alors sur le littoral, en
des espaces forestiers, la surveillance des zones
s’enfonçant parfois profondément à l’intérieur
à risques et l’information des populations
des terres.
sur leurs responsabilités.
Protéger la Terre, les grands enjeux
de l’environnement, coll. « Dokéo + » © Nathan.
Déferlement
a. Quelle cause naturelle mentionnée
dans le texte peut provoquer un incendie
de forêt ?
Protéger la Terre, les grands enjeux b. Dans 90 % des cas, quelles sont les causes
de l’environnement, coll. « Dokéo + » © Nathan. de l’incendie ?
c. Qui en est responsable ?
a. Quels sont les faits illustrés ? d. Comment peut-on faire de la prévention
b. À cause de quoi se produisent-ils ? dans ce domaine ?

Unité 6 ● Des textes explicatifs 65


La tempête
dans
le sud-ouest
de la France
FORÊTS Les leçons
à tirer du passage
de Klaus
Comment les massifs, soumis à de
nombreuses agressions, peuvent résister
aux violentes perturbations.

N
euf ans après la tempête de 1999,
le passage de Klaus1, qui a balayé
© Nathan

le sud-ouest de l’Europe samedi


24 et dimanche 25 janvier, provoque une
5 nouvelle saignée2 dans la forêt française,
même si la zone concernée est moins
étendue. Le massif des Landes, l’un
Les sous-bois de la forêt des Landes avant la tempête.
des plus grands d’Europe (un million
d’hectares), est particulièrement touché. 25 D’autres types de peuplements ont été très
10 Selon les premières évaluations, quelque sévèrement touchés en Midi-Pyrénées et en
60 % seraient détruits. En cause : des vents Languedoc-Roussillon.
très violents et des sols gorgés d’eau, où les Cette tempête survient au moment
racines des arbres n’ont pas trouvé prise. où la forêt est déjà fragilisée par les consé-
« Sur certaines parcelles, les dégâts 30 quences du réchauffement climatique :
15 sont plus importants qu’en 1999, rapporte manque d’eau lié aux sécheresses estivales,
Antoine Kremer, chercheur à l’Institut prolifération des insectes ravageurs
national de la recherche agronomique favorisée par l’augmentation des
(INRA) de Bordeaux. Il semble que même températures… Et les blessures de 1999
les jeunes arbres aient subi de très sérieux 35 n’étaient pas complètement refermées.
20 dommages. » Une grande partie de la forêt À l’époque, 8 % du volume de bois sur
détruite en Aquitaine, artificiellement pied avaient été détruits en deux nuits.
créée au XIXe siècle, était constituée de Les parcelles avaient été reboisées, mais
pins maritimes, exploités surtout pour la il aurait fallu plusieurs dizaines d’années
production de pâte à papier. 40 pour revenir à l’état antérieur.

1. Klaus : nom donné à cet ouragan par les météorologues.


2. une nouvelle saignée : une nouvelle perte d’arbre.

66
6
« Si des perturbations de cette ampleur d’intérêt public sur les forêts. « Quel que
interviennent tous les 300 ou 400 ans, les 65 soit le type de sylviculture, au-delà de 140 ou
forêts ont le temps de cicatriser, explique 150 km/h, rien ne résiste », précise le chercheur.
Jean-Luc Dupouey, chercheur en écologie À des vitesses inférieures, certains arbres,
45 forestière à l’INRA de Nancy. Mais au rythme comme les hêtres, dont les racines sont
d’une dizaine d’années, elles deviennent des peu profondes, sont plus vulnérables6, et
catastrophes écologiques qui vont bouleverser 70 d’autres plus résistants, comme les chênes.
nos écosystèmes3 forestiers. On aura de plus Les pins maritimes, balayés par Klaus, ont
en plus de mal à avoir des arbres âgés. » un système racinaire « intermédiaire », mais
50 « L’événement pose la question de sont fragilisés par leurs aiguilles, qui offrent
la résistance des peuplements à de tels en hiver une meilleure prise au vent que les
phénomènes », constate Pierre-Olivier 75 branches nues des feuillus. Dans tous les
Drège, directeur de l’Office national des cas, les arbres les plus hauts, donc les plus
forêts. En Allemagne, toute la sylviculture4 vieux, sont touchés en premier.
55 a été repensée après de violentes tempêtes Des plantations moins denses
survenues en 1990. La France n’en est pas permettraient un meilleur développement
là. Mais des leçons ont été tirées de 1999 et 80 des racines et donneraient des arbres plus
des pistes sont élaborées pour améliorer la « trapus », donc plus résistants. L’entretien
résistance des forêts aux chocs. des forêts est également capital. Les
60 « Nous avons analysé les raisons qui font éclaircies7 régulières donnent des arbres
qu’un peuplement5 tombe », explique Jean- plus vigoureux. La présence d’arbres
Luc Peyron, directeur du GIP Ecofor, un 85 d’âges variables dans une forêt favorise la

© Nathan
organisme qui coordonne les recherches récupération8 des massifs.

La forêt des Landes dévastée par la tempête Klaus, 27 janvier 2009.


Lire la suite page 68

3. écosystèmes : ensembles formés 6. vulnérables : qui peuvent être blessés,


par les êtres vivants et leur environnement qui se défendent mal.
naturel. 7. éclaircie : coupe régulière des jeunes arbres les plus
4. la sylviculture : l’exploitation des arbres des forêts. fragiles pour laisser de la place aux arbres les plus robustes.
5. un peuplement : une plantation. 8. la récupération : la remise en bon état.

Unité 6 ● Des textes explicatifs 67


Pour limiter les pertes économiques forestières dépendent des arbres âgés pour
liées aux tempêtes, les forestiers pourraient leur survie.
privilégier les espèces à croissance rapide, Dans le cas particulier de la forêt des
90 et les abattre plus jeunes. C’est la tactique Landes, les conséquences économiques
adoptée en Grande-Bretagne et en Irlande, 105 du passage de Klaus seront déterminantes

où les tempêtes sont très fréquentes. « Ce pour l’avenir. La filière bois est « exsangue10 »,
genre d’évènement pourrait pousser les selon les représentants de la profession.
forestiers à plus de prudence et à raccourcir Il n’est pas certain qu’elle investisse
95 les cycles de production », suggère Laurent lourdement dans le reboisement, même
Bergès, chercheur en écologie au Cemagref 110 en tentant d’améliorer la résistance des

(Institut de recherche pour l’ingénierie peuplements, au moment où les menaces


de l’agriculture et de l’environnement). s’accumulent sur les forêts. ■
L’impact serait négatif du point de vue de Gaëlle Dupont.
100 la biodiversité9, car de nombreuses espèces Le Monde, 28 janvier 2009.
© Nathan

9. la biodiversité : la diversité au sein du monde vivant.


10. exsangue : au sens propre, qui a perdu son sang, sans force ;
ici au sens figuré, très affaiblie.

Comprenons le texte ensemble

1 D’où est extrait ce texte ? 6 À quoi correspondent les passages


Indique ce qui te permet de répondre. entre guillemets et en italique ?
2 Quel événement a provoqué la parution 7 Selon les experts cités dans l’article,
de l’article ? comment peut-on améliorer la résistance
des forêts aux tempêtes ?
3 Quelles sont les causes des lourds
dégâts subis par la forêt des Landes ? 8 Les tempêtes peuvent aussi provoquer
des dégâts pour les êtres humains.
4 Relève dans l’article les conséquences
Avec un ou une camarade, fais une liste
de ces dégâts.
des précautions à prendre en cas
5 Quelles sont les espèces d’arbres de tempête et présente-les à la classe
les plus menacées lors de tempêtes ? avec des arguments.

68
6
Je lis en réseau

1 Une parodie de texte documentaire

Pourquoi les vieilles vaches ont-elles des cornes ?


J’ai beaucoup étudié les vaches normandes, et je me suis souvent posé la question suivante :
– Pourquoi les vieilles vaches ont-elles des cornes ?…
Leur grand âge les dispense d’avoir à se battre entre elles, dans une région où il n’y a pas plus de
loups que de crocodiles. Elles n’ont donc rien à craindre entre les quatre haies de leurs champs
de pissenlits et de marguerites.
J’ai passé des journées à les explobserver, ces vieilles vaches, et j’ai fini par surprendre leur secret.
Il leur arrive de dévisser une de leurs cornes puis de la retourner et de se l’enfiler dans l’oreille.
La réponse à ma grande interrogation était dès lors toute trouvée : les vaches, en vieillissant,
deviennent un peu sourdes. Alors, pour combattre cette infirmité, elles se servent d’une de leurs
cornes comme d’un écouteur pour amplifier les sons.
Pef, Réponses bêtes à des questions idiotes © Gallimard Jeunesse.

2 Des livres documentaires scientifiques

Une mine d’informations pour


mieux comprendre les dangers
qui menacent notre planète –
réchauffement, pollution,

© Nathan
extinction des espèces – et
des conseils pour préserver
l’environnement.
Pascal Desjours, Jean-Michel Billioud, Emmanuel
Gaëlle Bouttier-Guérive et Thierry Thouvenot, Bruno Ménager Protéger la Terre, Bernhard,
Planète attitude junior : et Valérie Martin, les grands enjeux La météo,
pour protéger la nature et sauver les animaux, À la découverte de l’environnement, Mango Jeunesse.
Seuil Jeunesse, éditions WWF. de l’eau, coll. « Dokéo + »,
Albin Michel Jeunesse. Nathan.

Je prépare et je présente un exposé

L
La puissance du vent est destructrice, mais c’est aussi une source d’énergie.
Fais des recherches, en bibliothèque et sur Internet, à propos de l’utilisation de l’énergie
tirée de la force du vent (énergie éolienne).
Prépare un court exposé et présente-le à tes camarades de classe.

J’écris un article de journal

Choisis une catastrophe naturelle dont tu as entendu parler : un tremblement de terre,


un incendie, une inondation…
Effectue une recherche (journaux, Internet…) et rassemble les informations utiles.
Écris les questions que tu poserais en tant que journaliste aux témoins et aux experts
pour expliquer les causes de ce désastre.
Rédige ensuite l’article. Mets-le en page en utilisant, si possible, un ordinateur.

Unité 6 ● Des textes explicatifs 69


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

J’explique des faits (2)


S’interroger à propos des causes Exposer les conséquences
Lis ces textes et relève les mots Lis cet extrait d’article de journal.
et les groupes de mots qui permettent Après les nitrates, les pesticides ! Et, là encore, la
de s’interroger sur les causes des faits Bretagne reste à la hauteur de sa triste réputation
observés. de laboratoire de la pollution des eaux par les
1. Pourquoi la terre tremble-t-elle parfois ? sols. Les pesticides, une fois les mauvaises herbes
Les séismes, ou tremblements de terre, sont et les insectes éradiqués, poursuivent leur offen-
la conséquence de la libération brutale de l’éner- sive en s’attaquant à l’environnement. Au plan
gie accumulée durant une longue période dans national, ce phénomène est très préoccupant
le sous-sol, par le déplacement des plaques pour les rivières et pour les eaux souterraines.
de la croûte terrestre (plaques tectoniques). Une chose est sûre : si rien n’est fait, les pesticides
2. Est-ce que les hommes peuvent anticiper rendront, à terme, l’eau non potable.
les catastrophes naturelles ? Comment peut-on Extrait de l’article de Libération, 9 novembre 1998 :
organiser l’information et les secours ? Dans « Pesticides, fléau en rivière et au robinet »,
le monde entier, il existe des cartes des zones de M. Écoiffier.
à risques à partir desquelles les autorités a. De quel fait parle-t-on dans cet article ?
mettent en place une surveillance. b. Quelle est la cause de ce fait ?
c. Quelles sont ses conséquences sur l’homme ?
© Nathan

Avant de donner l’explication d’un fait,


on peut poser une question, comme si
l’on s’adressait au lecteur. On utilise alors Lorsque l’on s’est interrogé à propos
le mot interrogatif « pourquoi ? » ou d’un fait, on indique la ou les cause(s).
des termes comme « comment cela Puis on expose les conséquences de ce fait,
se fait-il ? », « d’où cela vient-il ? », « à quoi c’est-à-dire son ou ses effet(s) sur le monde
est-ce dû ? » … qui nous entoure.

Je m’exerce
Écris les questions qui correspondent Je m’exerce
à ces explications données par un spécialiste Lis ces titres d’articles de journaux.
des dinosaures. Essaie d’identifier quelles pourraient être
1. Les dinosaures ont dominé la Terre pendant les conséquences des faits cités sur
150 millions d’années. On a répertorié de nom- la population et sur l’environnement.
breuses espèces. Les dinosaures ont disparu 1. Fortes chaleurs dans les jours à venir :
il y a environ 60 millions d’années. la canicule s’installe en Suisse !
2. Certains savants ont tout d’abord pensé à un 2. Venise sous l’eau : les canaux ont encore
changement de climat et de végétation. débordé.
3. Dans l’état actuel de nos connaissances, cette 3. Nucléaire : importantes traces
modification semble provenir de la chute d’une de contamination au Japon.
météorite géante et de la catastrophe écologique
qu’elle aurait entraînée.

70
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
6
Je choisis mes mots
Voici des organisateurs qui permettent d’exprimer la cause ou la conséquence.
parce que – par conséquent – car – finalement – en effet – c’est pourquoi – donc…
Classe ces organisateurs en deux colonnes selon qu’ils introduisent la cause ou la conséquence.
Réunis ces deux phrases en utilisant un ou plusieurs organisateurs qui expriment la cause
ou la conséquence.
– Les éléphants sont menacés de disparition.
– Des braconniers chassent les éléphants pour vendre l’ivoire de leurs défenses.

J’évite les répétitions


Il n’est pas agréable de lire le même mot ou groupe de mots dans plusieurs phrases
c
consécutives. C’est pourquoi on évite les répétitions lorsque l’on écrit un texte.

On peut reprendre le mot ou le groupe de mots par un pronom :

L’ouragan Klau≥ provoque une nouvelle ≤saignée dan≥ le≥ forêt≥ française≥. Il ≤survient
au moment où la forêt est déjà fragilisée par le≥ conséquence≥ du réchauffement climatique.

© Nathan
On peut aussi varier le vocabulaire en utilisant des mots de sens proche :
Grammaire
L’ouragan Klau≥ provoque une nouvelle saignée dan≥ le≥ forêt≥ Unité 4, p. 133
Les pronoms personnels
française≥. Cette tempête ≤survient au moment où la forêt est Vocabulaire
déjà fragilisée par le≥ conséquence≥ du réchauffement climatique. Unité 4, p. 202
Les synonymes

Je relis et je réécris
Reprends ton article de journal (voir p. 69).
Fais lire ton article à un camarade. Demande-lui s’il distingue les différentes parties :
les causes et les conséquences de la catastrophe naturelle.
Améliore ton texte en utilisant les mots qui introduisent la cause ou la conséquence,
comme ceux de la rubrique « Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 J’ai recherché les causes de la catastrophe et je les ai indiquées dans mon article.
2 J’ai exposé les conséquences du désastre sur la population et sur l’environnement.
3 J’ai utilisé des organisateurs qui expriment la cause et la conséquence.
4 J’ai présenté mon texte comme un article de journal (titre, chapeau, signature du journaliste…).
5 J’ai évité les répétitions.
6 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 6 ● Des textes explicatifs 71


7 Des récits
de disputes
© Nathan

Fifi Brindacier
On ouvrit la grille d’une maison voisine et un gamin sortit
en courant. Il avait l’air paniqué. Rien d’étonnant, il était poursuivi
par cinq garçons. Ces derniers le rattrapèrent rapidement et le poussèrent
contre une clôture. La bande au complet se mit à le frapper. Il pleurait,
5 tout en essayant de se protéger le visage avec ses bras.
« Allez, les mecs ! Tapez-lui dessus ! hurla le plus grand et le plus
costaud des garçons. Qu’il n’ait plus jamais le culot de remettre les pieds
dans cette rue !
– Oh ! s’écria Annika. C’est ce pauvre Willie qu’ils sont en train
10 de tabasser. Comment peuvent-ils être si méchants ?
– Encore un coup de ce salaud de Bengt ! renchérit Tommy. Il ne
pense qu’à la bagarre. Et ils sont cinq contre un ! Quelle bande de poules
mouillées ! »
Fifi s’approcha des garçons et tapota doucement le dos de Bengt.
15 « Hé ho ! À cinq contre un, vous avez l’intention de faire de la purée
avec Willie ou quoi ? »
En se retournant, Bengt découvrit une petite fille qu’il n’avait encore
jamais vue dans le coin. Une drôle de petite fille qui osait le toucher, lui,
le grand Bengt. Il en resta bouche bée. Puis un grand sourire narquois1
1. narquois : moqueur. 20 lui barra le visage.

72
7
2. cette tignasse : « Hé, les mecs ! Lâchez Willie et regardez-moi cette fille ! Quelle
cette chevelure. minette ! » s’écria-t-il, riant à en perdre haleine.
En un instant, Fifi était entourée par les garçons, excepté Willie
qui en avait profité pour se réfugier près de Tommy et séchait ses larmes.
25 « Non mais, vous avez vu cette tignasse2 ! Une vraie flamme ! Et puis
ces pompes ! Dis donc, tu m’en prêtes une ? J’ai pas de bateau, moi ! »
Bengt saisit une natte de Fifi et la relâcha tout de suite : « Aïe, aie,
aïe ! Je me suis brûlé ! »
Les cinq garçons se mirent à sauter autour de Fifi en criant : « Vilain
30 petit chaperon rouge ! Poil de carotte ! Rouquinette ! »
Fifi les regardait en souriant gentiment. Bengt avait espéré la mettre
en colère, la faire pleurer ou, au moins, lui faire peur. Comme c’était
peine perdue, il la poussa un grand coup.
« J’ai pas l’impression que tu connaisses les bonnes manières
35 avec les dames », dit Fifi. Sur ce, elle empoigna Bengt de ses bras costauds,
le souleva et l’accrocha à une branche d’un bouleau qui se trouvait
juste à côté. Elle se saisit du deuxième garçon et le suspendit à une
autre branche ; elle attrapa le troisième et le jucha sur le pilier de la
grille d’une villa ; elle balança le quatrième par-dessus une clôture
40 de jardin et il atterrit sur un parterre de fleurs. Quant au cinquième
garnement, elle l’installa dans une petite carriole au milieu de la rue.
Fifi, Tommy, Annika et Willie contemplèrent un moment les garçons

© Nathan
qui n’en revenaient pas.

Unité 7 ● Des récits de disputes 73


« Espèces de dégonflés ! reprit Fifi. Attaquer à cinq contre un ! C’est
45 moche. Et puis s’attaquer à une petite fille sans défense. Oh ! là ! là !
Ça, c’est vraiment très moche.
Allez, on rentre, dit-elle à Tommy et Annika. Et toi, Willie, préviens-
moi s’ils te cherchent des histoires. »
Puis elle s’adressa enfin à Bengt qui n’osait pas bouger d’un pouce :
50 « Et toi, si tu as encore une remarque à faire sur mes cheveux ou mes
chaussures, c’est le moment ou jamais. »
Mais Bengt n’avait strictement plus rien à reprocher ni aux cheveux
ni aux chaussures de Fifi.
Astrid Lindgren, Fifi Brindacier, illustré par Ingrid Van Nymcen,
trad. A. Gnaedig © Le Livre de Poche Jeunesse, 2007.
Comprenons le texte ensemble
1 Fais la liste de tous les personnages 6 Remets les actions dans l’ordre
de ce texte. chronologique :
a. Bengt et sa bande se moquent de Fifi et
2 On peut distinguer plusieurs groupes commencent à la brutaliser.
de personnages. Propose b. Willie est battu par une bande de garçons
des regroupements possibles. plus grands que lui.
c. Fifi, qui a une force étonnante, donne
une sévère leçon aux cinq garnements.
3 Où la scène se déroule-t-elle ? d. Fifi s’interpose entre Willie et les garçons
© Nathan

qui le battent.
4 Parmi les personnages, lesquels 7 Lis silencieusement les lignes 6 à 35
prennent la parole ? À qui s’adressent-ils ? et imagine les voix que pourraient avoir
Dans quel but ? les différents personnages. Puis, avec
des camarades, répartissez-vous les différents
5 Que penses-tu de la remarque rôles et lisez le dialogue avec les voix
de Fifi lignes 44 à 46 ? qui conviennent.

J’écris les paroles des personnages

Lis ce début de texte.


Des enfants jouent au ballon lorsque la balle, envoyée trop fort, passe par-dessus le mur
et atterrit chez un voisin. Un des enfants se décide à sonner à la porte du voisin.
Observe cette bande dessinée.

À partir de ces images, imagine les paroles échangées entre les deux personnages. Écris-les.

74
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
7
Je donne la parole aux personnages dans un récit (1)
Faire dialoguer les personnages Utiliser les guillemets et les tirets
Lis ces deux façons de raconter la même Lis cet extrait des Récrés du petit Nicolas.
bagarre. « T’es un menteur, j’ai dit à Geoffroy.
1. « Allez, les mecs ! Tapez-lui dessus ! hurla – Répète un peu, m’a répondu Geoffroy.
le plus grand et le plus costaud des garçons. – T’es un menteur, je lui ai répété.
Qu’il n’ait plus jamais le culot de remettre les – Ah ! oui ? il m’a demandé.
pieds dans cette rue ! – Oui, je lui ai répondu, et la cloche a sonné
– Oh ! s’écria Annika. C’est ce pauvre Willie qu’ils la fin de la récré.
sont en train de tabasser. Comment peuvent-ils – Bon, a dit Geoffroy pendant que nous nous
être si méchants ? mettions en rang, à la prochaine récré, on se bat. »
– Encore un coup de ce salaud de Bengt ! R. Goscinny et Sempé, Les récrés du petit Nicolas
renchérit Tommy. Il ne pense qu’à la bagarre. © Éditions Denoël, 1961, 2003.
Et ils sont cinq contre un ! » a. Quelles sont les paroles prononcées
2. Dans la rue, Fifi et ses amis assistent à une par chacun des personnages ?
bagarre. La bande de Bengt tape le pauvre Willie. b. Qu’indiquent les guillemets ? Et les tirets ?
Ils sont cinq contre un. À quel moment va-t-on à la ligne ?
a. Quelle différence y a-t-il entre ces deux textes ?

b. Lequel préfères-tu ? Pourquoi ?

© Nathan
Dans un dialogue de récit :
– on emploie souvent les guillemets
Lorsque l’on écrit un récit, on peut faire
pour encadrer les paroles prononcées
parler directement les personnages pour que
par les personnages ;
le lecteur ait l’impression d’assister à la scène.
Souvent, les dialogues rendent le récit – on emploie les tirets pour indiquer
plus vivant. qu’un nouveau personnage parle ;
– on va à la ligne chaque fois qu’un nouveau
personnage parle.
Je m’exerce
Lis ce texte et insère des paroles
de personnages pour le rendre plus vivant. Je m’exerce
Les trois enfants s’arrêtèrent dans la clairière Lis ce texte et rétablis les guillemets
et posèrent leurs vélos contre des arbres. Julien et le tiret qui manquent.
aperçut un tronc abattu. Ils posèrent les sacs à Tommy et Annika écoutaient Fifi raconter ses
côté et commencèrent à sortir leurs provisions, aventures.
mais une nuée d’abeilles bourdonnait autour Je me souviens d’une tempête terrible. Même les
d’eux. Ce n’était pas un bon endroit pour pique- poissons avaient le mal de mer et voulaient aller
niquer et ils remontèrent vite sur leurs vélos. à terre. J’ai vu de mes propres yeux un requin
qui avait la nausée et une pieuvre qui se tenait la
tête avec tous ses bras. Oh, oui, quelle tempête !
Tu n’avais pas peur, Fifi ? demanda Annika.
D’après Astrid Lindgren,
Fifi princesse, trad. A. Gnaedig
© Le Livre de Poche Jeunesse, 2007.

Unité 7 ● Des récits de disputes 75


Vieux John
Avant que Vieux John n’arrive, il y eut une terrible dispute. Chez
les Schirmer, c’est toujours comme ça. Chaque événement nouveau
ou extraordinaire est l’occasion de discussions approfondies, le plus
© Nathan

souvent à grand renfort1 de bruit. Sans une bonne dispute, la vie


5 de famille ne fonctionne pas.
Les Schirmer dînaient dans la cuisine. C’était la plus grande pièce
de la vieille maison où ils venaient tout juste d’emménager.
Laura et Jacob suivaient le débat entre leurs parents avec passion.
Maman était d’avis que Vieux John vienne habiter chez eux.
10 Papa, comme il disait toujours, « faisait des réserves ».
– Vieux John a déjà soixante-quinze ans, disait-il. Il peut devenir
une charge. Et puis il est un peu toqué. Tu sais bien Irène !
– Ah bon ? se contenta de demander Maman, ce qui fit un peu plus
enrager Papa.
15 Quand les parents étaient sur les nerfs, surtout Papa, il était
préférable de ne pas s’en mêler. Laura hasarda quand même :
– Après tout, Vieux John est le père de Maman.
Jacob ajouta à toute vitesse :
– Notre grand-père !
20 – Tu me prends pour un imbécile, hurla Papa, en martelant son
assiette de sa fourchette.
Maman lui fit remarquer qu’il allait casser l’assiette. Papa n’y prêta
1. à grand renfort pas attention. Il frappa de plus belle et s’exclama, les sourcils froncés
de… : avec beaucoup par la colère :
de… 25 – Ne vous mêlez surtout pas de ça !
2. virevoltante : – Vous en avez au contraire tout à fait le droit, estima Maman.
qui tourne vite sur Elle se leva et retira l’assiette sous la fourchette virevoltante2 de Papa.
elle-même.
Les enfants vont vivre comme nous avec Vieux John.

76
7
3. à la cantonade : – C’est bon, grogna Papa, en posant d’un air embarrassé sa fourchette
à tout le monde 30 sur la table et en fouillant dans sa pipe avec une allumette.
en même temps.
Maintenant il n’y avait plus rien à craindre. C’était toujours la même
4. une bicoque : chose. Après s’être énervé, Papa savait être très gentil et très doux. Mais
une petite maison
(mot familier). la moindre crotte de mouche l’exaspérait.
Maman s’assit de nouveau et demanda à la cantonade3 :
35 – Et si nous lui écrivions que sa chambre est prête et qu’il peut
venir ? Nous lui avions promis autrefois, quand nous avions projeté
d’acheter cette maison, qu’il pourrait s’y installer avec nous.
– Allez ! Commençons, s’écria Laura.
– Doucement, doucement, dit Papa. Nous ne sommes pas vraiment
40 installés. Il y a encore une foule de choses à réparer, à peindre, à construire.
Je me demande si cela ne va pas déranger Vieux John.
– Allons donc. Il peut se rendre utile, dit Maman. Ça lui plaira
sûrement.
– À toi de savoir, dit Papa en tirant vigoureusement sur sa pipe.
45 Alors, que lui écrivons-nous ?
– Cher Vieux John, dit Laura.
– Ça va de soi, dit Papa.
– Mais pas du tout ! Maman pourrait aussi écrire : « Cher Papa ! »
et nous pourrions aussi écrire : « Cher Papi », dit Jacob. Maman se mit
à rire.

© Nathan
50

– Il croirait que nous nous payons sa tête.


Papa s’impatienta une fois de plus.
– Alors, que lui écrivons-nous ?
Il se leva et prit un bloc de papier et un crayon dans l’armoire de
55 la cuisine. Papa savait drôlement bien écrire. C’était nécessaire dans
son travail. Il travaillait dans un bureau où l’on dessinait des affiches.
Il écrivit : « Cher Vieux John ». Et au-dessus à droite : « Dempflingen,
le 2. 3. 1976 ».
Laura dicta :
60 – Maintenant tu peux venir.
– Tu vas un peu vite en besogne. Papa secoua la tête. Vieux John n’a
certainement pas pensé que nous mettrions notre maison si vite en état.
– Écris donc : notre bicoque4 est prête, tu peux venir, s’exclama
Jacob.

Unité 7 ● Des récits de disputes 77


5. lubies : idées un peu 65 Tout cela ne convenait pas à Maman.
étranges, folles. – Vieux John a ses lubies5, dit-elle, et il faut, même dans une lettre,
6. sténographe : que nous le préparions petit à petit.
personne qui utilise
la sténographie pour
On voyait à son air que quelque souvenir lui revenait à l’esprit.
écrire vite. – Vous vous rappelez peut-être le jour où Vieux John a voulu
70 prendre un ascenseur qui n’existait pas ? Tout le monde s’en souvenait
et on se mit à rire. […]

Du coup on sut ce qu’il fallait lui écrire :


Qu’on pensait souvent à lui et qu’on parlait beaucoup de lui.
Qu’il devait se sentir bien seul.
75 Que tout le monde le voyait très bien habiter ici.
Qu’on avait besoin de toute urgence de son aide à la maison.
Qu’il aurait une chambre donnant sur le jardin, avec même
des toilettes indépendantes et une douche.
Que tout le monde se réjouissait beaucoup de le voir.
80 – Thomas, écris tout cela, dit Maman, dans l’ordre où nous
te l’avons dit.
– Je ne suis pas sténographe6, soupira Papa. Mais il se mit tout de
suite à écrire.
Peter Härtling, Vieux John © 1981,
© Nathan

Beltz & Gelberg in der Verlagsgruppe Beltz,


Weinheim & Basel.

Comprenons le texte ensemble

1 Relève
R le nom et le prénom des personnes 5 Pourquoi les personnages rencontrent-
(présentes ou absentes) de cette famille. ils des difficultés pour commencer
leur lettre (lignes 45 à 58 ) ?
2 Qu’apprends-tu sur cette famille ? Ont-ils trouvé la formule adaptée
à leur destinataire ?
3 Quels sont les sentiments de chaque
6 Lis le texte à haute voix avec
membre de la famille à l’égard
des camarades, de la ligne 11 à la ligne 71.
de Vieux John ?
Essayez de trouver le ton qui convient
Que penses-tu de l’intervention de Laura
à chaque membre de la famille.
(ligne 17) ?
7 Es-tu d’accord avec l’affirmation
4 Selon toi, qu’est-ce qui peut être écrite aux lignes 4 et 5 ?
à l’origine de cette invitation ? Argumente ton opinion.

78
7
Je lis en réseau

1 Une scène de théâtre

Injures d’autrefois
Dans les comédies de Molière, écrites au XVIIe siècle,
on échange volontiers des injures. Voici un extrait
du Médecin malgré lui où Sganarelle et sa femme
Martine se querellent.
SGANARELLE – Je vous battrai.
MARTINE – Sac à vin !
SGANARELLE – Je vous rosserai.
MARTINE – Infâme ! L’usage des injures est sans doute
SGANARELLE – Je vous étrillerai. de tous les temps. En voici quelques-unes
MARTINE – Traître, insolent, trompeur, lâche, coquin, du IIe siècle traduites du latin ou du grec :
pendard, gueux, bélître, fripon, maraud, voleur ! Esclave à perpétuité ! Ruine de tes maîtres !
SGANARELLE – (Il prend un bâton et lui en donne.) Illettré ! Ronfleuse ! Harpie ! Tête de rat !
Ah ! vous en voulez donc ? Bouc ! Boulevard ! Vieux cercueil ! Étable
MARTINE – Ah ! ah ! ah ! ah ! à cochons ! Oignon frisé !...
SGANARELLE – Voilà le vrai moyen de vous apaiser. D’après C. Eugène, La mouche de cuivre
Molière, Le médecin malgré lui, Acte I, Scène 1. ©Hatier, 1990.

2 D’autres récits de disputes

© Nathan
Comment un « garçon en
conserve », enfant modèle, apprend
à vivre avec les autres… et à se
défendre. Une éducation à l’envers,
pleine de drôlerie et de tendresse.
Christine Nöstlinger, Le môme en conserve,
Le Livre de Poche Jeunesse. Tomi Ungerer, Peter Härtling, René Goscinny,
Pas de baiser Ben est amoureux d’Anna, Le Petit Nicolas,
pour maman, Pocket Jeunesse. Gallimard Jeunesse.
L’École des loisirs.

Je raconte un souvenir de dispute


C
Comme Fifi, Laura et Jacob, il t’est sûrement arrivé d’assister ou de participer
à une dispute ou à une bagarre… Choisis une situation dont tu te souviens.
Où cela se passait-il ? Quelles étaient les personnes présentes ?
Qu’est-ce qui a provoqué la dispute ?
Raconte ton souvenir à la classe.

J’écris un récit avec des dialogues

À partir du souvenir que tu as raconté, écris le récit de cette dispute ou de cette bagarre
en faisant parler tes personnages.
Tu peux choisir d’écrire à la première personne, c’est-à-dire d’être un des personnages.

Unité 7 ● Des récits de disputes 79


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je donne la parole aux personnages dans un récit (2)


Indiquer qui s’exprime Préciser comment on s’exprime
Lis ces deux extraits des Fugues de Théo. Relis le début de Fifi Brindacier
1. « Laisse-moi faire ! dit Théo en repoussant jusqu’à la ligne 22 (pp. 72-73).
Detlev. C’est moi qu’il a appelé comme ça, a. Relève tous les verbes qui permettent
ce minable, pas toi. » de savoir qui s’exprime.
2. Soudain Detlev cria : b. Ces verbes ont-ils le même sens ?
« Le père Pétard ! Bims, attention ! Le père
Pétard ! »
Peter Härtling, Les fugues de Théo.
Les verbes qui introduisent des paroles
a. Qui prend la parole à chaque fois ? indiquent qu’un personnage s’exprime, mais
Quels verbes indiquent que quelqu’un aussi comment il le fait : dire, demander,
s’exprime ? Où sont-ils placés par rapport crier, s’écrier, hurler, murmurer, chuchoter…
aux paroles prononcées ? Certains de ces verbes donnent des
b. Trouve un autre exemple de ces deux précisions sur le ton de la voix.
constructions dans Fifi Brindacier (pp. 72 à 74).

Pour indiquer qu’un personnage Je m’exerce


s’exprime, on peut utiliser plusieurs Lis cet extrait du Petit Nicolas, où Nicolas
constructions : joue aux cow-boys avec ses copains.
© Nathan

Jacob ajouta à toute vitesse : Reconstitue les passages qui manquent.


– Notre grand-père !
– Tu me prends pour un imbécile, hurla Papa, « Ça va pas, non ? Pourquoi moi ? Je ne peux
en martelant son assiette de sa fourchette. pas être le prisonnier, je suis le mieux habillé
Dans la deuxième construction, le groupe de tous !
de mots « hurla Papa » est appelé une incise. – Ben quoi ? … Eudes, ce n’est pas parce que j’ai
un cheval blanc que je refuse de jouer !
Je m’exerce – Le cheval blanc c’est moi qui l’ai ! » j’ai … .
Réécris ce dialogue en indiquant qui s’exprime
Eudes s’est fâché, il a dit que le cheval blanc
avec les constructions que tu viens d’observer. c’était lui et que si ça ne me plaisait pas il me
donnerait un autre coup de poing sur le nez.
SOPHIE : Que la matinée est longue !
« Essaie ! » … et il a réussi. « Bouge pas,
MADELEINE : Nous allons dîner dans une Oklahoma Kid ! » … Geoffroy et il tirait des
demi-heure. coups de revolver partout ; Rufus, lui, donnait
SOPHIE : Et toute la soirée encore à passer ! du sifflet à roulette et il … : « Ouais, je suis le
Quand arrivera demain ? shérif, ouais, je vous arrête tous ! »
MARGUERITE, avec ironie : Quand aujourd’hui
sera fini.
SOPHIE, piquée : Je sais très bien qu’aujourd’hui
ne sera pas demain, que demain n’est pas
aujourd’hui, que… que…
MARGUERITE : Que demain est demain, et que
M. la Palice n’est pas mort.
SOPHIE : C’est bête, ce que tu dis ! Tu crois
D’après R. Goscinny et Sempé, Le petit Nicolas
avoir plus d’esprit que les autres… © Éditions Denoël, 1960, 2002.
Comtesse de Ségur, Les petites filles modèles.

80
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
7
Je choisis mes mots
Dans un dialogue de récit, on utilise parfois un vocabulaire
e familier
et des mots d’argot employés à l’oral. Cela permet d’imiterer la réalité.
Dans Fifi Brindacier (pp. 72 à 74) : Il a la trouille !
Dans Vieux John (pp. 76 à 78) : Notre bicoque est prête,
tu peux venir !
Qui prononce ces phrases ? Pourquoi l’auteur les emploie-t-il
-t-il ?
Relève d’autres expressions familières et des mots d’argot
dans ces deux textes. Que signifient les expressions que tu ass relevées ?

Je vérifie la terminaison des verbes qui se terminent par -er

À l’oral, certaines terminaisons de verbes sont identiques ou difficiles à distinguer :


il faut marcher (infinitif), j’ai marché (participe passé), il marchait (imparfait).
En relisant ton texte, vérifie les terminaisons des verbes en identifiant la forme correcte.
Dans ta tête, remplace le verbe par un autre verbe
Orthographe
dont les formes sont plus faciles à distinguer à l’oral : Unité 7, p. 159

© Nathan
– si tu peux remplacer par il faut courir, alors c’est l’infinitif ; L’infinitif des verbes

– si tu peux remplacer par j’ai couru, alors c’est le participe passé ; Conjugaison
Unité 2, p. 173
– si tu peux remplacer par il courait, alors c’est l’imparfait. L’infinitif du verbe

Je relis et je réécris
Reprends ton récit avec des dialogues (voir p. 79).
Ton récit est-il vivant ? As-tu fait parler les personnages ?
Améliore ton texte en utilisant la rubrique « Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 J’ai encadré les paroles des personnages par des guillemets.


2 J’ai ajouté un tiret en début de ligne pour indiquer qu’un nouveau personnage prend la parole.
3 J’ai utilisé différents verbes de parole pour indiquer qu’un personnage s’exprime.
4 Je suis allé(e) à la ligne chaque fois qu’un nouveau personnage prend la parole.
5 J’ai donné la parole aux personnages avec le langage qui convient à la situation et à chaque personnage.
6 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 7 ● Des récits de disputes 81


8 Des interviews
Ariane : « Moi, Jj’aime
les chauves-souris ! »
A
Ariane, 10 ans, observe les chauves-souris dans son jardin.
Pour elle, ces animaux ne sont ni laids ni méchants, mais doux
P
eet mignons.

LE JOURNAL DE L’ÉCOLE : Qu’est-ce LE JOURNAL DE L’ÉCOLE : Comment


qui te plaît tant chez les chauves-souris ? s’occupe-t-on des chauves-souris ?
ARIANE : Ce sont des animaux très ARIANE : On peut les recueillir dans
particuliers. Les chauves-souris sont une pièce et les nourrir. Mais seulement
les seuls mammifères qui volent. Elles le soir, car elles dorment le jour. Avec
émettent aussi des ultrasons qui leur mes parents, on les nourrit avec des
permettent de se diriger. insectes, des grillons par exemple. Elles
reprennent des forces et se remettent à
LE JOURNAL DE L’ÉCOLE : Pourquoi
voler dans la pièce. Puis on les relâche.
la plupart des personnes n’aiment pas
les chauves-souris ? LE JOURNAL DE L’ÉCOLE : Quelle est
© Nathan

ton espèce préférée ?


ARIANE : Les gens pensent que les
chauves-souris sont de dangereux ARIANE : L’oreillard. Les oreilles de
vampires qui mordent et sucent le sang cette chauve-souris sont si grandes
pour se nourrir. On dit aussi qu’elles qu’en hiver elle les replie sous ses bras
s’accrochent dans les cheveux. C’est pour les protéger du froid.
faux ! Moi, j’ai déjà pris des chauves- Propos recueillis par Myriam Angéli.
souris dans mes mains : elles sont très Le Journal de l’école, n° 90, juin 2008.
douces et très mignonnes.
LE JOURNAL DE L’ÉCOLE : Comment
fais-tu pour les observer ?
ARIANE : Il faut les observer la nuit
avec un « bat détecteur » [en anglais,
bat signifie chauve-souris]. Cet appareil
capte les ultrasons des chauves-souris
et permet de reconnaître les différentes
espèces. J’en vois souvent dans le jardin
ou bien dans des grottes, où je vais avec
mes parents. Il faut faire attention à ne
pas les éblouir avec une lampe, car ce
sont des animaux fragiles.
Les oreilles de l’oreillard sont
presque aussi longues que son corps.

82
8
Comprenons le texte ensemble

1 Comment appelle-t-on ce genre 4 Le nom du journaliste apparaît-il


d’article ? D’où est-il tiré ? Qui a réalisé devant chaque question ? Que trouve-t-on
cet article ? Comment ? à la place ?
2 Sais-tu comment s’appelle la partie
5 Grâce à cet article, qu’as-tu appris
écrite en gros caractères sous le titre
de nouveau sur les chauves-souris ?
de l’article ? Selon toi, quel est son rôle ?
3 Où trouve-t-on le nom du journaliste 6 Aimes-tu les chauves-souris ?
qui a écrit cet article ? Pourrais-tu, comme Ariane, t’en occuper ?

« J’ai commencé par gribouiller »


Jean-Claude Tran est français. Il travaille comme animateur pour
le studio de dessins animés Pixar.
Je trouvais ça sympa et je voulais faire
Quel a été votre parcours avant la même chose. J’ai commencé par
d’entrer chez Pixar ? gribouiller puis par copier les BD. La
JEAN-CLAUDE TRAN : J’ai fait une qualité des dessins est venue après.

© Nathan
école d’animation, le CFT des Gobelins1
Comment travaillent les anima-
1. Centre de à Paris, pendant deux ans. Ensuite, j’ai
Formation teurs sur un film comme Cars ?
été embauché par Disney à Montreuil et
Technique des j’ai travaillé sur Hercule. C’était une très JEAN-CLAUDE TRAN : Nous prenons
Gobelins : une école en charge plusieurs séquences du film.
pour apprendre bonne formation. Je suis allé plus tard en
tous les métiers de Floride pour travailler sur Frère des ours. Ici, John Lasseter (le réalisateur) nous
« l’image » (cinéma, Pixar a entendu parler de moi par un donnait cinq ou six scènes à la suite.
photographie, autre animateur français. Le directeur a Ce qui fait un mois de travail pour cinq
multimédia…). secondes à une minute de film au total !
pris contact et je suis arrivé ici.
Je me suis occupé de la séquence avec
Vous avez toujours été passionné les journalistes au début et de la course
de dessins animés ? finale. Le matin, il y a une réunion avec
JEAN-CLAUDE TRAN : Je regardais L’Île tous les animateurs et le réalisateur pour
aux enfants avec Casimir et la Noiraude. que les scènes soient bien liées les unes
C’étaient des dessins qui bougeaient. aux autres.

Le premier croquis et l’image retravaillée à l’ordinateur d’une scène de Cars.

Unité 8 ● Des interviews 83


Il y a une ambiance particulière Quels sont vos projets ?
chez Pixar ? JEAN-CLAUDE TRAN : Pour l’instant,
JEAN-CLAUDE TRAN : C’est une philo- je continue à apprendre. Au bout de vingt
sophie de vie et de travail. Il y a un confort ans, peut-être, je réaliserai mon propre
et une liberté qui nous aident à être plus projet. J’ai 32 ans. Je devrais donc peut-
créatifs. Mais quel que soit l’endroit, en être attendre d’avoir 50 ans !
général on se stresse tout seul. Propos recueillis par Isabelle Lainé-Macler,
Le Journal des Enfants, jeudi 7 décembre 2006.
© Nathan

L’image finalisée de la scène de Cars.

Comprenons le texte ensemble

1 Comment s’appelle la journaliste 4 Le titre résume-t-il l’article ? Propose


qui a réalisé l’interview ? un autre titre, reprenant un autre élément
important des propos de Jean-Claude Tran.
2 Qui est interviewé ? À quel sujet ?
3 À ton avis, à quelle occasion le journal 5 Aimerais-tu exercer le métier
a-t-il publié l’interview ? de Jean-Claude Tran ? Pourquoi ?

J’écris des questions pour une interview

Tu vas réaliser l’interview d’un ou d’une camarade de ta classe.


Interroge-toi d’abord : a-t-il ou a-t-elle une passion ou une activité préférée sur laquelle
tu pourrais l’interviewer (sport, musique, danse, théâtre) ?
Prépare quatre ou cinq questions sur ce que tu aimerais savoir :
le temps consacré à son activité, les difficultés rencontrées, ses projets…
Note tes questions, puis indique l’ordre dans lequel tu vas les poser en les numérotant.

84
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
8
Je réalise une interview
Poser des questions Présenter une interview
Lis ces questions qu’un journaliste pose Lis cette interview de Tatiana, 15 ans,
à la championne de volley-ball Vica Ravva, championne de tennis, parue dans un magazine
dans un magazine pour enfants. pour enfants.
– Depuis quand pratiques-tu le volley ? Comment es-tu venue au tennis ? J’ai touché une
– Pourquoi as-tu quitté la Géorgie ? raquette pour la première fois à l’âge de 3 ans.
– Quels souvenirs gardes-tu de ton arrivée À 7 ans, je suis partie dans une académie amé-
en France ? ricaine, en Floride. Est-ce spécial pour toi de
– Comment vois-tu la suite de la saison jouer à Roland-Garros ? Oui. Être régulière sur
et de ta carrière ? 15 jours et gagner ce type de compétition, c’est
a. Ces questions te donnent-elles une idée un rêve en soi. Quel conseil donnerais-tu à un
du plan de l’interview ? jeune qui veut réussir dans ce sport ? Je parlerais
b. Compare-les avec celles des interviews de mon expérience et je lui dirais surtout qu’il
d’Ariane (p. 82) et de Jean-Claude Tran faut jouer par passion.
(pp. 83-84). Que remarques-tu ? a. Peux-tu lire facilement cet article ?
Pourquoi ?
b. Comment faudrait-il le présenter
pour une meilleure lecture ?
Dans une interview, les questions que
le journaliste pose à une personne dépendent

© Nathan
du sujet de l’interview. Mais, en général,
le journaliste construit son plan à partir Pour qu’une interview soit
des questions : qui ? quoi ? où ? quand ? compréhensible par le lecteur, il faut
comment ? pourquoi ? la présenter clairement.
– Indiquer le nom du journal ou du journaliste
devant les questions et le nom
de l’interviewé(e) devant les réponses.
Je m’exerce – Distinguer les questions posées
Lis les réponses de Nicolas Capdeville, des réponses données en allant à la ligne
champion de bodyboard, interviewé et en changeant la typographie.
pour un magazine de la presse jeunesse.
Retrouve les questions posées par
Je m’exerce
le journaliste lors de son interview.
– À l’âge de 13 ans, je faisais beaucoup de Recopie l’interview de Tatiana ci-dessus
tennis. Mais j’ai eu un accident de moto. J’ai fait en suivant les conseils donnés.
de la rééducation en piscine. J’avais un copain
qui avait un bodyboard. Nager avec des palmes
derrière cette planche, c’était très bon pour mes
genoux.
– J’aime me retrouver dans l’océan avec les
vagues. J’ai l’impression de ne faire qu’un avec
la nature. Quand je prends une vague, j’oublie tout.
– L’épreuve dure vingt minutes en général. On
a le droit de prendre dix vagues au maximum
et les juges comptabilisent les trois meilleures.

Unité 8 ● Des interviews 85


Le bouquet final d’un feu d’artifice à Draveil dans l’Essonne, en France.
© Nathan

« J’ai passé une soirée explosive »


Max, 13 ans, a assisté à la préparation et au tir d’un feu d’artifice
avec Jacques Couturier et son fils Joseph. Une rencontre haute en couleur.

MAX : Pourquoi êtes-vous devenu profession et nous rejoignent seulement


artificier ? pendant leurs vacances. Pour devenir
artificier, il faut suivre une formation
JACQUES COUTURIER : J’étais ins-
de cinq jours avec un examen à la fin.
tituteur et, il y a vingt ans, j’ai décidé
Puis les diplômés reçoivent un carnet de
de changer. La pyrotechnie, c’était une
tir, qu’ils font valider à chaque spectacle.
vraie passion…
Au bout de deux ans, ils obtiennent la
JOSEPH COUTURIER : C’est peut-être qualification. Ce métier s’apprend sur le
aussi à cause de ta naissance… terrain. Tous ceux qui y touchent attra-
JACQUES : Oui ! Je suis né un 14 juillet pent le virus.
à 23 heures. Ça commençait mal… MAX : Comment se passe la prépara-
(Rires.) tion d’un feu ?
MAX : Quelles études faut-il suivre JACQUES : Les produits sont fabriqués
pour faire ce métier ? en Chine. Nous sélectionnons ceux qui
JACQUES : Aucune en particulier. Beau- nous intéressent. Parfois, nous ima-
coup d’artificiers exerçaient d’autres ginons de nouvelles formes qui sont
métiers avant, certains continuent leur confectionnées sur mesure. Nous avons,

86
8
par exemple, créé les « pyroshows », des JOSEPH : Non, effectivement ! À chaque
compacts qui giclent d’un seul coup, fois, nous concevons un spectacle en
comme lorsqu’un paon fait la roue. fonction du thème […]. Nous jouons
Nous préparons nos artifices sur notre avec les couleurs, le rythme de la mu-
site, près de Nantes, selon un scénario sique accompagnant la prestation. Si
que nous avons écrit au préalable. Une nous voulons exprimer la joie, avec de
fois arrivés sur le champ de tir, nous ins- la musique relevée, nous utilisons des
tallons les feux. Le montage dure un ou matières brillantes, colorées. Dans des
deux jours, ou une semaine pour les plus moments plus tristes, nous lançons seu-
gros feux. lement quelques feux. Dans « Chouette
MAX : Comment imaginez-vous les ma planète », qui parle de la protection
spectacles ? de l’environnement, nous employons
notamment des comètes bleues et vertes
JACQUES : Nous écrivons nos scénarios quand le texte évoque la mer.
comme des partitions. En musique, il y a
des noires, des croches, des silences. En MAX : Annulez-vous un feu d’artifice
pyrotechnie, c’est pareil. Nous disposons en cas de pluie ?
d’effets très brefs, de quelques secondes, JOSEPH : Non. Avant le tir, les feux
et d’autres plus longs. Si une musique sont bien protégés par des plastiques.
dure 25 secondes, nous devons calculer Pendant le spectacle, en cas de pluie, les
notre coup, sinon l’effet sera raté. C’est couleurs sont plus éclatantes. Mais c’est
un travail très minutieux. Nous racon-

© Nathan
moins marrant pour les spectateurs et
tons une histoire mais en couleurs.
pour nous, durant le montage ! Nous
MAX : J’imagine que vous ne créez pas craignons davantage le vent. En effet, s’il
le même spectacle pour le festival de est dirigé vers le public, des poussières
Cannes ou pour la Coupe du monde incandescentes risquent de lui tomber
de football… dessus. En revanche, un petit vent nous

La mise en place
de chandelles
sur un site de tir
avant un spectacle.

Unité 8 ● Des interviews 87


aide beaucoup car il disperse la fumée. C’était un spectacle de mon père sur
Notre autre ennemi est le brouillard car Christophe Colomb. Des répliques de
les effets se voient alors beaucoup moins ses navires, notamment la Santa Maria,
bien. sculptées dans la glace et installées sur
des barges, entraient dans le port pen-
MAX : Les feux d’artifice sont-ils dant le feu. C’était magnifique ! […]
dangereux ?
MAX : Avez-vous déjà raté un feu ?
JACQUES : Les règles de sécurité sont
extrêmement strictes. Pour une bombe JACQUES : Nous n’en avons pas raté,
grimpant à cent mètres de haut, le pu- mais plusieurs fois, nous avons eu
blic doit être placé hors d’un périmètre chaud ! Une fois, nous tirions un feu en
de cent mètres. En effet, si la bombe bordure d’eau et nous étions protégés
n’éclate pas, par exemple si elle a pris par une barrière de deux mètres car il
l’humidité, elle redescendra en un seul y avait une reconstitution de chasse à
morceau de cette altitude. C’est donc courre avec une meute de chiens. Mais
très dangereux. […] les chiens sont passés par l’eau et ils sont
arrivés sur le champ de tir. Ils ont tout
MAX : Quel est votre meilleur souvenir ? fait tomber. […]
JOSEPH : C’était en 1994, j’étais ado.
Un feu d’artifice
J’étais tellement ému que j’ai pleuré. D’après Géo Ado, juillet 2008, D. R.
à Monaco.
© Nathan

Comprenons le texte ensemble

1 Le titre de l’article et le « chapeau »


(le petit texte sous le titre) contiennent des jeux
de mots. Lesquels ? Pourquoi, selon toi ?
2 Qui est l’auteur de cet article ? Combien
de personnes sont interviewées ?
3 L’article est illustré. Qu’a-t-on choisi
de mettre en évidence ?
4 Trouve très rapidement ces informations.
a. Qu’est-ce que la pyrotechnie ?
b. Où sont fabriqués les produits pyrotechniques ?
c. Pourquoi un feu d’artifice peut-il être
dangereux ?
d. Sur quels éléments jouent les artificiers
pour concevoir leurs spectacles ?
5 Aimes-tu assister à un feu d’artifice ?
Pourquoi ?

88
8
Je lis en réseau

1 Une bande dessinée

Une aventure de Spirou et Fantasio

Émile Bravo, Spirou, le journal d’un ingénu © Dupuis.

2 Un ouvrage à propos de la presse et des magazines pour enfants


Un livre où tu apprendras
beaucoup de choses à propos
de l’histoire de la presse,

© Nathan
des journaux aujourd’hui et
à propos de la manière de choisir
les informations, d’écrire et
de mettre en pages les articles…
Sophie Lamoureux, La presse à petits pas, Les clés de Sciences et vie
Actes Sud Junior. l’actualité junior. Mon quotidien. découvertes.

Je réalise une interview


E
En groupe, vous allez réaliser l’interview d’une personnalité locale :
artisan, commerçant, artiste, sportif, écrivain…
Vous pouvez interroger cette personne sur ses activités professionnelles, ses passions
personnelles ou ses souvenirs si celle-ci a été témoin d’événements historiques importants.
Préparez les questions que vous souhaitez lui poser.
Réalisez votre interview sans oublier de prendre un carnet et/ou un magnétophone
pour noter et/ou pour enregistrer les réponses.

Je transcris une interview pour un journal


Dans chaque groupe, partagez-vous la transcription de l’interview : rédigez et présentez
votre interview pour la publier dans le journal de la classe, de l’école ou sur le site Internet
de la classe.

Unité 8 ● Des interviews 89


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je rédige une interview


Transcrire une interview Trouver un titre
Lis ces deux étapes de la réalisation Classe ces titres d’interviews parues dans
d’une interview et compare-les. la presse pour enfants en deux groupes :
ceux qui donnent l’information essentielle
1. Les paroles prononcées par l’interviewé
de l’article / ceux qui éveillent la curiosité
enregistré au magnétophone :
du lecteur.
Depuis quand es-tu éclaireur ?
1. Ariane : moi, j’aime les chauves-souris !
ROMAIN : Euh… Je crois que ça fait deux ans…
non, trois ans, j’ai commencé à 12 ans, quand 2. J’ai passé une soirée explosive !
je… C’est un copain, Cédric, qui m’a emmené 3. Rencontre avec Jonathan, 9 ans,
à un week-end, quand j’étais en 9e, parce que… la tête dans les étoiles
euh… Les éclaireurs, on commence à 12 ans, 4. Olivier Panis : dur dur d’être pilote !
avant c’est les louveteaux. 5. Rencontre : une grande pianiste de 11 ans !
2. La transcription faite par le journaliste pour 6. Frissons dans la vague
publier l’interview dans le journal de l’école :
7. Sophie, 14 ans, finaliste du championnat
JDL : Depuis quand es-tu éclaireur ? de France de hockey
ROMAIN : Depuis trois ans. J’avais douze ans,
8. Lucky Luke a 50 ans…
j’étais en 9e. C’est mon copain Cédric qui m’a
emmené à un week-end. J’avais bien douze ans,
car c’est à douze ans qu’on devient éclaireur ;
avant on est louveteau.
© Nathan

Dans une interview, le choix du titre


est très important : c’est lui qui permet aux
lecteurs « d’entrer » dans l’article.
Pour publier une interview dans un On peut choisir un titre plutôt informatif qui
journal, il faut d’abord transcrire les paroles va donner une idée du contenu de l’interview
de la personne interviewée. ou un titre plus surprenant pour susciter
– On supprime les petits mots caractéristiques la curiosité du lecteur.
de l’oral : euh, ben…
– On construit des phrases complètes.
– On veille à ce que les questions et Je m’exerce
les réponses s’enchaînent logiquement.
Relis les interviews de cette unité (pp. 82
à 84 et pp. 86 à 88) et essaie de trouver
des titres qui éveillent davantage la curiosité
du lecteur.
Je m’exerce
Transcris la suite de l’interview de Romain
pour qu’elle puisse être publiée dans un journal.
Qu’est-ce qui te plaît chez les éclaireurs ?
ROMAIN : Ben, euh… la nature, les jeux en plein
air, parce que, moi, ma passion, c’est la nature…
partir dans les bois, on campe, on fait du feu,
c’est super comme impression !… on fait nos
installations… et puis il y a la liberté, enfin…
je veux dire, y a pas toujours quelqu’un derrière
nous…

90
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
8
Je choisis mes mots
Dans les interviews, on rencontre souvent des termes précis
liés à l’activité de la personne interviewée.
match – concert – exposition – entraînement – répétition –
galerie – stade – épreuve – audition – compétition –
chef d’orchestre – sportif – partition – artisan – jury –
prix – coupe – concerto – concours – ébauche –
joueur – concertiste.
Classe ces mots selon l’activité à laquelle
ils se rapportent : sport / musique / artisanat.

J’écris la lettre finale muette d’un mot


Y a-t-il des mots dans ton texte pour lesquels tu n’es pas certain(e) de la lettre finale ?
La lettre finale de beaucoup de mots français est muette : pied, forêt, dent…
Pour retenir l’orthographe de ces mots,
pense à d’autres mots
de la même famille :
pédestre, forestier,
dentiste…

© Nathan
Je relis et je réécris
Reprends l’interview que tu as réalisée avec ton groupe (p. 89).
As-tu correctement transcrit et présenté ton interview ?
Fais lire ton texte à un camarade d’un autre groupe. Demande-lui s’il distingue les questions
et les réponses et s’il sait quel est le sujet de ton interview.
Améliore ton texte en utilisant des termes précis, comme ceux que tu as rencontrés
dans la rubrique « Je choisis mes mots ».
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 Les questions sont posées dans un ordre logique.


2 J’ai distingué les questions posées des réponses de la personne interviewée.
3 J’ai transcrit les paroles de l’interviewé en faisant des phrases correctes.
4 J’ai choisi un titre à mon interview pour susciter la curiosité du lecteur ou donner une idée
du contenu de mon interview.
5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 8 ● Des interviews 91


9 Théâtre

Le petit violon
Scène 1
La roulotte de Léo le camelot.
La roulotte est fermée. Le camelot est assis sur les marches. Il est vieux,
© Nathan

il a des cheveux tout blancs. Il se tient voûté et joue du violon sur un petit
violon. Il s’arrête, regarde l’assistance et dit…
LÉO – Bonjour, je suis Léo le camelot, aujourd’hui, je n’ai plus rien
à vendre, je suis seul, vieux et triste.
Il joue cette fois un air plus enjoué.
Mais hier j’étais jeune.
5 Il ôte sa perruque blanche et se redresse.
Jeune, plein de forces, avec beaucoup de marchandises et très peu
de clients.
Il ouvre l’arrière de sa roulotte, son étalage apparaît débordant
de marchandises. Bonimentant1 avec entrain.
10 Tout pour la maison, tout pour le ménage, tout pour la femme, les
enfants, tout pour la table, tout pour l’école, tout pour le jeu, donnez-
moi non pas cent, non pas cinquante, non pas quarante, non pas trente,
non pas vingt, donnez-moi… tenez dix francs, dix francs tout ronds,
et vous emporterez cette pile d’assiettes et sa soupière, ces cuillères et
15 ces couteaux avec fourchettes, louche et écumoire, ou alors ce magnifique
ours en peluche qui joue du tambour et qui danse, et tout ça, avec en
prime, gratis, offert par la maison, le secret du bonheur, oui, j’ai bien dit,
à tout acheteur j’offre le secret du bonheur. Comment, mon garçon ?
1. bonimentant : Le petit violon ? Ah non, désolé, le petit violon n’est pas à vendre.
vantant sa marchandise. 20 LE GÉANT (qui a posé la question) – Alors donnez-moi juste le secret
du bonheur.

92
9
LÉO – Tout de suite, mon brave, le secret du bonheur c’est comme si vous
l’aviez, tenez, avec ce magnifique lot d’assiettes plates et creuses, avec
deux soupières, une série de bols et des saucières venant directement
25 de Limoges, le tout pour dix francs.
LE GÉANT – Non, non, juste le secret, je suis seul au monde, une seule
assiette me suffit, d’ailleurs je n’ai jamais d’appétit, je n’ai pas besoin de
tant d’assiettes, je préfère acheter le petit violon plus cher, tenez, voilà
vingt francs pour le violon.
30 LÉO – Impossible, je te l’ai déjà dit, le petit violon n’est pas à vendre,
c’est justement lui qui me console quand j’ai le cœur gros.
LE GÉANT – Tu as le cœur gros, toi qui possèdes le secret du bonheur ?
LÉO – Tiens, voilà tes cinquante assiettes, et maintenant en prime je vais
te dire le secret du bonheur, mais tout bas à l’oreille, il ne faut pas que
35 les autres entendent.
Il essaie de lui parler à l’oreille.
Le géant, une pile d’assiettes dans les bras, tend son oreille.
Léo chuchote quelque chose.
LE GÉANT (très loin de la bouche de Léo, demande) – Quoi ?
40 LÉO (hurle) – IL NE FAUT PAS RESTER SEUL !
LE GÉANT – C’est ça le secret du bonheur ?

© Nathan
LÉO – Exactement. Et maintenant que tu as les assiettes, le secret, il ne
te reste plus qu’à fonder une famille.
LE GÉANT – Hélas, je suis trop grand, je suis le plus
45 grand géant du monde et le plus triste aussi.

LÉO – C’est parce que tu es seul.


LE GÉANT – Qu’est-ce que je vais faire de toutes ces
assiettes ?
LÉO (lui montre comment jongler avec) – Regarde.
50 Il jongle.

Le géant essaie de faire pareil, les assiettes tombent


et se cassent.
Il se met à pleurer.
Autour de lui on rit et on se disperse.
55 Alors le bonimenteur joue un air gai sur son petit

violon, puis constate…


Tu as fait fuir mes clients.
Il joue encore, pousse un soupir et cesse de jouer.
LE GÉANT – Là, tu as le cœur gros ?
60 LÉO – Oui et non. Je m’ennuie.

LE GÉANT – Pourquoi ?
LÉO – Parce que moi aussi je suis seul au monde.

Unité 9 ● Théâtre 93
LE GÉANT – Tu n’as pas d’ami ?
LÉO – Je change de ville tous les jours.
65 LE GÉANT – Moi aussi. Je suis géant dans un cirque, le cirque Univers.
LÉO – Je le connais, je le vois souvent sur les foires.
LE GÉANT – Et qu’est-ce qu’il te faudrait pour que tu ne sois plus seul ?
LÉO – Un enfant. […]
Silence.
70 LE GÉANT – Écoute, comme tu m’as donné le secret du bonheur, moi
aussi je veux t’aider. Viens ce soir au cirque Univers, il y a là-bas une
petite fille bien malheureuse qui doit jouer sur un petit violon comme
le tien, mais elle n’y arrive pas et monsieur Univers la bat à tour de bras,
il ne lui donne rien à manger parce qu’elle ne rapporte aucun argent.
75 Demande-lui qu’il te la donne contre une soupière et des cuillères, […]
comme tu as l’air bon, la petite fille ne sera plus malheureuse et moi
non plus. Rien que de la voir si triste, je pleure.
Il repleure.
LÉO – Ne pleure pas, géant au grand cœur, je serai ce soir au cirque
80 Univers.
Jean-Claude Grumberg, Le petit violon © Actes Sud, Heyoka Jeunesse, 1999.
© Nathan

Comprenons le texte ensemble

1 Combien y a-t-il de personnages dans 5 Qu’est-ce qui intéresse le géant ?


cette scène ? De quels autres personnages
le géant parle-t-il ? 6 Pour que Léo ne soit plus seul,
que lui propose le géant ?
2 À qui s’adresse Léo au début
de la scène ? 7 Que penses-tu de ce « secret
3 Comment le comédien jouant le rôle du bonheur » ?
de Léo redevient-il jeune ?
8 Lis le « boniment » du camelot Léo
4 Qu’est-ce que Léo essaie de vendre ? (lignes 10 à 19) avec la vitesse, la force
Que donne-t-il en « prime » ? et l’entrain d’un vendeur convaincant.

J’écris les paroles d’un personnage

« Le secret du bonheur, c’est de ne pas rester seul », dit Léo.


Par groupe, cherchez d’autres « secrets du bonheur » : qu’est-ce qui peut rendre heureux ?
Choisis la réponse qui te plaît le plus et fais parler Léo pour expliquer ce qu’il faut faire
pour être heureux.

94
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
9
Je distingue dialogue et monologue
Écrire un dialogue de théâtre Écrire un monologue de théâtre
Comment sait-on qui parle dans ce dialogue Lis ces deux manières de raconter le début
de théâtre ? du Petit violon. Quelles différences constates-
LE GÉANT – Là, tu as le cœur gros ? tu entre ces deux textes ?
LÉO – Oui et non. Je m’ennuie. 1. Il était une fois un camelot nommé Léo.
Il se sentait seul et triste car il n’avait plus rien
LE GÉANT – Pourquoi ?
à vendre. Il se rappelait comme les choses étaient
LÉO – Parce que moi aussi je suis seul au monde. différentes dans sa jeunesse !
LE GÉANT – Tu n’as pas d’ami ? 2. LÉO – Bonjour, je suis Léo le camelot, au-
LÉO – Je change de ville tous les jours. jourd’hui, je n’ai plus rien à vendre, je suis seul,
LE GÉANT – Moi aussi. Je suis géant vieux et triste. Mais hier j’étais jeune. Jeune,
dans un cirque, le cirque Univers. plein de forces, avec beaucoup de marchandises
et très peu de clients.

Dans un dialogue de théâtre,


les paroles prononcées par un personnage Lorsqu’un personnage parle seul
s’appellent « des répliques ». en scène, on dit qu’il fait un monologue.
Le personnage dit « je » : il donne ses impres-
Pour présenter un dialogue de théâtre : sions et il exprime ce qu’il ressent.
– on place souvent le nom du personnage Il explique sa situation.

© Nathan
suivi d’un point ou d’un tiret au début Nous vivons la scène à travers son regard.
de sa réplique ;
– on va à la ligne à chaque nouvelle réplique ;
– on n’utilise les guillemets que si
un personnage rapporte les paroles de
Je m’exerce
quelqu’un à l’intérieur de sa propre réplique.
Imagine la suite du monologue
de la princesse.
Exprime ce qu’elle ressent
Je m’exerce quand elle ouvre chaque fenêtre.
Retrouve les répliques de Léo et du géant Il était une fois une princesse qui possédait
et présente correctement ce dialogue un château ; tout en haut d’une tour, il y avait
de théâtre. une salle percée de douze fenêtres. Quand elle y
montait et regardait au-dehors, elle pouvait voir
Trois ans plus tard, Léo et le géant se retrouvent
tout son royaume…
devant la roulotte. Sarah, la petite fille du cirque,
est devenue une belle demoiselle. LA PRINCESSE – Quelles montagnes magnifiques !
Alors, géant, tu es content de revoir Sarah ? Et comme ces vallées sont douces…
Non. Non ? Pourquoi ? Parce que. Pourquoi D’après J. et W. Grimm,
tu pleures encore ? Elle n’est plus malheureuse, elle « Le lièvre de Mer », Contes.
est grande, belle et savante. Justement. Justement
quoi ? Depuis que je l’ai revue, je ne pense qu’à
elle. Et qu’est-ce qu’il y a de triste là-dedans ?
Je pense à elle et ça me fait tout chaud partout, puis
ça me donne des fourmis dans les doigts de pieds
et puis ça me fait pleurer. Toi, tu es amoureux.

Unité 9 ● Théâtre 95
Les sifflets
de Monsieur Babouch
Quand Monsieur Babouch souffle dans sa sarbacane, il fait apparaître des
décors de théâtre, et quand il joue du sifflet, il fait apparaître des personnages :
Jean : qui doit acheter un médicament très cher pour sauver sa mère malade.
Nina : qui va épouser Jean.
Le tailleur : chez qui Jean trouve du travail pour gagner l’argent du médicament.
Mais son premier habit est un désastre et le tailleur veut mettre Jean à la porte.
Monsieur de Guingois : un client qui entre justement dans la boutique du
tailleur…
scène 8
MONSIEUR DE GUINGOIS (cognant au volet avec le pommeau d’argent
de sa canne) – C’est ici la boutique du tailleur ?
LE TAILLEUR (intimidé) – Oui, monsieur.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Permettez-moi de me présenter. Renaud
5 Sylvain Régnier de La Feuille du Tilleul. Prince de Travers, duc de la
Pastille, marquis de Bicorne et comte de Guingois. Mais vous pouvez
m’appeler monsieur de Guingois ou monsieur tout court. J’ai l’habitude
© Nathan

des gens grossiers.


LE TAILLEUR – Je vous en prie, monseigneur. Ma politesse n’est pas
10 grande, mais pour un client tel que vous, il y en aura toujours assez.
Veuillez entrer, Altesse. Que puis-je pour votre service ?
MONSIEUR DE GUINGOIS (sautant d’un pied sur l’autre, faisant claquer
sa langue et jetant des regards dédaigneux dans la boutique) – J’espère
que vous aurez ce qui me convient. Sinon, ça va barder ! Je suis d’un
15 tempérament à tout casser quand je n’obtiens pas ce qu’il me faut. Il s’agit
d’habiller un jeune homme très beau qui se marie… prochainement. […]
LE TAILLEUR – Un costume de noce n’est pas une mince affaire. Je dois
d’abord connaître la taille exacte du marié… […]
MONSIEUR DE GUINGOIS – Le marié dont je vous parle a exactement ma
20 taille et mon apparence. Vous n’avez qu’à prendre modèle sur moi.
LE TAILLEUR – Très bien, monsieur. Je vais noter vos mensurations. (Scène
muette.) Vous êtes sûr que ce jeune homme est bâti comme vous ?
MONSIEUR DE GUINGOIS – Évidemment, puisque c’est moi qui me
marie ! Avec qui, je ne le sais pas encore. Il me faut trouver avant ce soir
25 une fiancée qui me supporte. Car je suis méchant comme la peste si ça
me chante et quand je me mets en colère, je prends la première chaise
qui me tombe sous la main et je casse tout.
Il fait des moulinets avec la chaise.
LE TAILLEUR – Je vous en prie, ne vous fâchez pas. Je vais vous montrer
30 la mode de cette année.
Il présente un premier costume.

96
9
MONSIEUR DE GUINGOIS – Horrible. (Le tailleur montre un autre
costume.) Affreux ! (Nouveau costume.) Ridicule. (Nouveau costume.)
Enlevez ces chiffons de mon regard ! Sans doute avez-vous l’habitude
35 d’habiller des épouvantails. Ou des sangliers. Mais un monseigneur
comme moi ! (Il jette tous les vêtements par terre et les piétine.) Vous
n’avez rien de mieux ?
LE TAILLEUR – Non.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Je sens que je vais me mettre en colère.
40 LE TAILLEUR – Sire, n’en faites rien !
MONSIEUR DE GUINGOIS – Et vous, jeune homme, qui ne dites rien, vous
n’avez pas de costume à me présenter ?
LE TAILLEUR – C’est mon apprenti, Majesté. Il débute dans le métier.
[…]
45 JEAN – J’ai raté mon premier habit.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Ce n’est pas à vous d’en juger. Montrez-le-
moi. (Jean le lui tend.) Je vais l’essayer.
Il disparaît dans une cabine en laissant sa canne. […]
MONSIEUR DE GUINGOIS (dans la cabine) – Impeccable ! Superbe !
50 Magnifique. Le costume dont je rêvais ! Jamais vu un habit qui m’aille
aussi bien ! (Il sort de la cabine dans le costume grotesque. Satisfait de lui.)
On dirait qu’il a été cousu sur moi. Ne suis-je pas élégant ?

© Nathan
LE TAILLEUR – Vous pensez vous promener en ville avec ça ? […]
MONSIEUR DE GUINGOIS (refusant de le lâcher) – Bien sûr. Vous êtes
55 jaloux de votre apprenti qui a fabriqué un tel chef-d’œuvre. Combien
en demandez-vous ?
LE TAILLEUR (dans un murmure) – Trois cents francs…
MONSIEUR DE GUINGOIS (le repoussant) – Vous vous moquez de moi ?
LE TAILLEUR – Je vous assure monseigneur qu’il y a déjà pour deux cent
60 vingt francs de tissu. Je ne gagne presque rien sur la façon.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Et moi, je vous dis que je n’ai jamais
acheté un habit à moins de dix mille francs et je ne commencerai pas
aujourd’hui.
LE TAILLEUR – Ah ! Vous voulez payer davantage…
65 MONSIEUR DE GUINGOIS – Dites-moi un prix.
LE TAILLEUR – Dix mille francs.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Pour un costume ordinaire, d’accord, mais
pas pour celui-là ! […]
LE TAILLEUR – Cent mille !
70 MONSIEUR DE GUINGOIS – Bon, j’accepte votre prix, pour cette fois.
Tenez.
Il lui donne l’argent et sort.
scène 9
[Le tailleur donne sa part de l’argent à Jean.]
Jean empoche plusieurs billets et sort.

Unité 9 ● Théâtre 97
scène 10
75 Dans la rue, Jean est arrêté par le client.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Alors, content de ta journée ?
JEAN – C’est ma mère qui sera contente. Le remède la guérira et nous
vivrons riches.
MONSIEUR DE GUINGOIS – As-tu pensé que c’est à moi que tu dois cette
80 fortune ?
JEAN – C’est vrai. À part vous, personne n’aurait eu l’idée d’acheter ce
costume… particulier.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Ne crois-tu pas que tu devrais me donner
quelque chose en échange ?
85 JEAN – Certainement, monsieur. Mais quoi ? Je n’ai rien, à part cet
argent.
MONSIEUR DE GUINGOIS – Tu possèdes la jeunesse. La beauté. Le don
de plaire.
JEAN – Cela ne peut pas se donner.
90 MONSIEUR DE GUINGOIS – Je ne te demande qu’une chose : invite-moi
à ta noce et place-moi à côté de ta fiancée.
JEAN – C’est tout ?
MONSIEUR DE GUINGOIS – Oui.
© Nathan

JEAN – Ce n’est pas beaucoup.


95 MONSIEUR DE GUINGOIS – Ce qui n’est rien pour l’un peut être important
pour un autre.
JEAN – D’accord !
Ils topent. Jean s’en va.
Jean-Pierre Milovanoff, Les sifflets de Monsieur Babouch,
illustrations de Christine Thouzeau © Actes Sud, Heyoka Jeunesse 2002.

Comprenons le texte ensemble

1 Où chacune de ces scènes se passe-t-elle ? 5 Jean se méfie-t-il ? Justifie ta réponse.


2 Qui sont les personnages présents
dans les scènes 8 et 9 ? Et dans la scène 10 ? 6 Avec un camarade, entraîne-toi à lire
le dialogue entre Monsieur de Guingois
3 Monsieur de Guingois est-il
et le tailleur, de la ligne 1 à la ligne 40,
un personnage sympathique, antipathique, avec le ton et la voix qui correspondent
comique ? Donne tes arguments. aux personnages.
4 Quel marché Monsieur de Guingois Lisez à haute voix le dialogue, puis
propose-t-il à Jean ? échangez les rôles.

98
9
Je lis en réseau
1 Un dialogue de théâtre
Voici le début curieux d’un dialogue curieux. MONSIEUR A – Comme c’est !… Enfin, oui
MONSIEUR A, avec chaleur – Oh ! Chère amie. vraiment, je trouve que c’est…
Quelle chance de vous… MADAME B, modeste – Oh, n’exagérons rien !
MADAME B, ravie – Très heureuse, moi aussi. C’est seulement, c’est uniquement… Je veux dire :
Très heureuse de… vraiment oui ! ce n’est pas tellement, tellement…
MONSIEUR A – Comment allez-vous, depuis MONSIEUR A, intrigué – Pas tellement, pas
que ?… tellement, vous croyez ?
MADAME B, très naturelle – Depuis que ? Eh Jean Tardieu, La comédie du langage © Gallimard.
bien ! J’ai continué, vous savez, j’ai continué à…
À ton avis, quel titre l’auteur Jean Tardieu a-t-il donné à sa pièce :
André et Brigitte – La grande colère – Finissez vos phrases ! – Une soirée en Provence ?

2 Des sketches à jouer et d’autres pièces de théâtre

Quelques répliques
et c’est le rire qui fuse :
quatorze courtes pièces
du « Charlot » allemand.

© Nathan
Karl Valentin, Bruno Castan, Mille ans de théâtre, Olivier Py,
Sketches, Neige écarlate, Milan Jeunesse. L’eau de la vie,
Éditions théâtrales. Éditions théâtrales. L’École des loisirs.

J’imagine la suite d’une scène de théâtre

À ton avis, pourquoi Monsieur de Guingois veut-il être invité au mariage de Jean (p. 98) ?
Par groupe, imaginez plusieurs réponses à cette question : il veut se faire de nouveaux
amis, il veut enlever la mariée…
Choisis la réponse qui te plaît le plus et explique à tes camarades pourquoi Monsieur
de Guingois tient à assister à ce mariage.

J’écris une scène de théâtre

Tu vas écrire une scène de théâtre. Choisis entre ces deux propositions.
– Les sifflets de Monsieur Babouch : Le mariage de Jean et de Nina a lieu. Imagine le dialogue entre
Monsieur de Guingois et Nina.
– Le petit violon : Léo arrive au cirque Univers pour sauver la petite fille malheureuse. Il rencontre
le terrible monsieur Univers. Imagine le dialogue entre Léo et monsieur Univers.
N’oublie pas de présenter les dialogues en utilisant la ponctuation qui convient.

Unité 9 ● Théâtre 99
POUR ÉCRIRE DES TEXTES

J’indique des précisions à propos de la mise en scène


Introduire des indications Situer le lieu, décrire
de mise en scène les mouvements des personnages
Relis ces passages extraits des deux textes Lis le début de cette pièce et relève
que tu as lus dans cette unité. les informations qui permettent d’imaginer
1. Dans Le petit violon (pp. 92 à 94) : la scène.
La roulotte de Léo le camelot. – Il joue cette fois L’intérieur d’une salle de restaurant. La salle est
un air plus enjoué. vide et obscure. La famille D. apparaît sur le seuil.
2. Dans Les sifflets de Monsieur Babouch ENSEMBLE – Y’a des places ?
(pp. 96 à 98) : (cognant au volet avec le – C’est vide… Ils ont pas l’air de servir…
pommeau d’argent de sa canne) – (intimidé). Ils restent hésitants sur le pas de la porte.
a. Quels types de renseignements sont précisés LE PREMIER FILS – Y’a pas de menu…
dans ces passages ? LE DEUXIÈME FILS – Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
b. Pourquoi sont-ils écrits d’une manière D’après J.-C. Grumberg, « Les vacances »,
différente des répliques des personnages ? dans Les courtes © Actes Sud, 2001.

Dans une pièce de théâtre, certaines Dans une pièce de théâtre, les indications
phrases donnent des indications de mise de mise en scène permettent de se représenter
en scène : les lieux, les bruits, les attitudes, la scène : le décor, les objets sur scène,
les lumières et le mouvement des personnages.
© Nathan

les déplacements, les façons de parler…


À l’écrit, on repère facilement ces phrases Ces indications sont utiles au metteur en scène
car elles sont écrites en caractères italiques et aux comédiens.
et parfois entre parenthèses.
À l’oral, le spectateur ne les entend pas
car elles ne sont pas dites par les comédiens !

Je m’exerce
Ajoute les indications de mise en scène
Je m’exerce qui manquent pour que l’on se représente
Ajoute les indications de mise en scène mieux cette scène.
qui manquent pour que l’on comprenne Il l’ausculte. – Il fait entrer la dame et referme
mieux cette scène du Petit violon. la porte. – Le cabinet médical et la salle d’attente.
La petite fille regarde sans comprendre. –
Il se tape sur la poitrine. – La roulotte de Léo. – Acte II, Scène 4 / KNOCK, LA DAME EN NOIR
Léo et la petite fille. …
… KNOCK – Ah, voici les consultants. … C’est vous
… qui êtes la première, madame ? Et vous souffrez.
LÉO – Moi Léo. LA DAME – Ce n’est pas le mot. J’ai plutôt de la
… fatigue.
LÉO – Mon nom est Léo. Et toi ? KNOCK – Oui, vous appelez ça de la fatigue…
… … Baissez la tête. Respirez. Toussez. Vous n’êtes
Moi prendre toi pour être heureux tous les deux, jamais tombée d’une échelle ?
toi ma fille, moi ton papa, papa Léo.
D’après J. Romains, Knock ou Le triomphe de la médecine
D’après J.-C. Grumberg, Le petit violon, © Éditions Gallimard.
© Actes Sud Heyoka Jeunesse, 1999.

100
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
9
Je choisis mes mots
Dans de nombreuses expressions, on retrouve des mots désignant des parties du corps
utilisés dans un sens figuré.
Dans Le petit violon (pp. 92 à 94) : avoir le cœur gros – tendre l’oreille – battre à tour de bras.
Pour chaque expression, trouve une autre façon de dire la même chose.
Cherche d’autres expressions avec des mots désignant des parties du corps :
tête, jambe, pied, main…
Tu peux chercher avec des camarades ou dans un dictionnaire.

Je distingue les marques du pluriel


Dans une phrase, les noms, les adjectifs et les verbes peuvent être au pluriel,
mais les terminaisons du pluriel ne sont pas les mêmes.
En relisant ton texte, vérifie les marques du pluriel.
Ne confonds pas les noms et les verbes :
– noms : en général, terminaison « s » ou « x » au pluriel ;
– verbes : terminaison « ent » à la 3e personne du pluriel.

© Nathan
Les vacancierss timbrent
ent les cartes postales avec des timbres de collection.
verbe nom

Je relis et je réécris
Reprends ta scène de théâtre (p. 99).
Fais lire le début de ta scène à un camarade. Peut-il dire où se trouvent les personnages ?
Vérifie que tu n’as oublié aucune des caractéristiques d’un dialogue de théâtre.
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 J’ai indiqué le nom des personnages devant chaque réplique.


2 Je suis allé(e) à la ligne à chaque nouvelle réplique.
3 Mes personnages expriment des réactions et des émotions.
4 J’ai indiqué des précisions à propos de la mise en scène.
5 J’ai vérifié l’orthographe de mon texte en utilisant des documents de référence.

Unité 9 ● Théâtre 101


10 Poésie

Fenêtres ouvertes
Le matin – En dormant.
J’entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.
Une cloche est en branle à l’église Saint-Pierre.
Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !
Non, par là ! Les oiseaux gazouillent, Jeanne1 aussi.
5 Georges2 l’appelle. Chant des coqs. Une truelle
Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.
1. et 2. Jeanne et Grincement d’une faux qui coupe le gazon.
Georges : les petits- Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.
© Nathan

enfants de Victor Hugo. Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.


3. voix françaises : 10 Musiques militaires arrivant par bouffées.
Victor Hugo vit alors à
Guernesey, une des îles Brouhaha sur le quai. Voix françaises3. Merci.
anglo-normandes Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici
où l’on parle anglais. Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.
4. un steamer : Vacarme de marteaux lointains dans une forge.
un bateau à vapeur. 15 L’eau clapote. On entend haleter un steamer4.
Une mouche entre. Souffle immense de la mer.
Victor Hugo, L’art d’être grand-père.

Comprenons le texte ensemble

1 Où se trouve le poète ? 5 De quelle longueur sont les vers ?


Quel est le moment de la journée ? Compte les syllabes.
2 Par lequel de ses cinq sens l’auteur Attention : les « e » muets en fin de mots
perçoit-il le monde qui l’entoure ? se prononcent quand le mot suivant
commence par une consonne.
3 Ce poème est une suite de notations
brèves. Il comporte de nombreuses phrases 6 Lis ce poème lentement en essayant
sans verbe. Donne des exemples. d’en respecter le rythme.
Quel est l’effet produit ? 7 Ferme les yeux, écoute les bruits,
4 Relève dans ce poème : la rumeur du monde extérieur et note,
a. les noms qui désignent des bruits ; de la même manière que le poète,
b. les paroles entendues par le poète. ce que tu entends.

102
10
Néons Il pleure
En traversant la ville dans mon cœur
entre vitrines
et néons illuminant le jour Il pleure dans mon cœur
je regardais l’aplat1 de bleu Comme il pleut sur la ville ;
5 qui figurait le ciel Quelle est cette langueur2
peau profonde de l’atmosphère. Qui pénètre mon cœur ?
Je ne voyais plus que cette limite 5 Ô bruit doux de la pluie
sans fin Par terre et sur les toits !
et pourtant Pour un cœur qui s’ennuie,
10 les odeurs des sandwiches chauds Ô le chant de la pluie !
et des fébriles automobiles Il pleure sans raison
poussaient autour de mon corps 10 Dans ce cœur qui s’écœure.
parmi les disputes de parents Quoi ! nulle trahison ?
offertes aux enfants, des géraniums Ce deuil est sans raison.
15 posant aux balcons.
C’est bien la pire peine
Ma planète est belle De ne savoir pourquoi
sur fond de ciel. 15 Sans amour et sans haine
Ses parfums, ses rumeurs Mon cœur a tant de peine !
ont la clarté désarmante Paul Verlaine, Romances sans paroles.
du néon resté

© Nathan
20
en moi allumé
en ce milieu de journée.
Alain Serres, Chercheur d’air © Cheyne.

1. aplat : en peinture, une surface


de couleur uniforme.
2. langueur : mélancolie, tristesse.

Comprenons le texte ensemble


C

1 Dans « Il pleure dans mon cœur »,


le pronom « il » désigne-t-il une personne ?
Comment comprends-tu ce vers ?

2 À quel sentiment la pluie est-elle


associée dans le poème de Paul Verlaine ? 5 L’impression que laisse « Néons »
Relève les mots qui évoquent ce sentiment. est-elle la même que celle du poème
de Paul Verlaine ?
3 Le premier vers de « Néons » pourrait-il
être le titre du poème ? Explique pourquoi. 6 Quel poème préfères-tu ?
Pourquoi ?
4 Alain Serres utilise plusieurs métaphores Que représente la ville pour toi :
pour évoquer ce qui l’entoure. Lesquelles ? la tristesse et l’ennui, la foule et le bruit,
Quelle métaphore préfères-tu ? Pourquoi ? la lumière et la vie… ?

Unité 10 ● Poésie 103


Il pleut
Averse averse averse averse averse averse
pluie ô pluie ô pluie ô ! ô pluie ô pluie ô pluie !
gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau
parapluie ô parapluie ô paraverse ô !
5 paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie
capuchons pèlerines et imperméables
que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !
mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau
et que c’est agréable agréable agréable
10 d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d’averse et de pluie et de gouttes
d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte
pour protéger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
15 à cause de l’averse à cause de la pluie
à cause de l’averse et des gouttes de pluie
des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie
Raymond Queneau, L’instant fatal © Éditions Gallimard.
© Nathan

Comprenons le texte ensemble

1 Quelles images te viennent à l’esprit 3 L’auteur emploie peu de mots différents,


quand tu entends ce poème ? mais ceux-ci sont répétés plusieurs fois.
Relève ces mots. Quel est l’effet produit ?
2 L’impression que laisse la pluie est-elle 4 Lis ce poème en essayant d’en respecter
la même ici que dans le poème de Paul le rythme.
Verlaine (p. 103) ? Attention aux « e » muets en fin de mots !

J’écris un poème rythmé

Choisis un lieu et un moment : la ville en automne sous la pluie, la cour de l’école en hiver,
un orage d’été à la campagne…
Écris une liste de mots ou de groupes de mots de trois syllabes pour évoquer ce lieu
et ce moment.
Assemble des éléments de ta liste de façon à créer un poème rythmé.
Comme Raymond Queneau, tu peux répéter certains mots plusieurs fois.

104
POUR ÉCRIRE DES TEXTES
10
J’écris un poème
Donner un rythme Répéter des sons
Relis ces vers de « Fenêtres ouvertes ». Lis à haute voix cette strophe de « Il pleure
Attention : Les « e » muets en fin de mots dans mon cœur ».
se prononcent quand le mot suivant commence Il pleure dans mon cœur
par une consonne.
Comme il pleut sur la ville ;
Vacarme de marteaux lointains dans une forge. Quelle est cette langueur
L’eau clapote. On entend haleter un steamer. Qui pénètre mon cœur ?
a. Reproduis le rythme de ces deux vers a. Relève le son qui se répète. Où est-il placé ?
en frappant dans tes mains sur chaque syllabe.
b. Fais de même avec les cinq premiers vers
b. Compare le rythme de ce poème avec celui de « Il pleut » (p. 104).
de « Il pleut » (p. 104), puis de « Néons » (p. 103).
Que remarques-tu ?

Pour créer un effet musical dans


un poème, on répète les mêmes sons
Pour donner un rythme à un poème, à l’intérieur des vers ou à la fin des vers.
on joue sur la longueur des vers : La répétition d’une même suite de sons
– des vers de même longueur (avec le même à la fin des vers s’appelle « une rime » :
nombre de syllabes) créent un rythme langueur et cœur.
régulier ;
– des vers de longueurs différentes font varier

© Nathan
le rythme.
Je m’exerce
Lis ce poème de Victor Hugo
dans lequel il évoque la tempête.
Le vent hurle ; la rafale
Je m’exerce Sort, ruisselante cavale1,
1 Relis à haute voix les poèmes
Du gouffre obscur,
pages 102 à 104 en respectant leur rythme. Et, hennissant sur l’eau bleue,
Des crins épars de sa queue
a. Essaie plusieurs manières de dire les poèmes :
pour « Il pleut » de Raymond Queneau,
Fouette l’azur.
prends un ton sérieux pour montrer l’ampleur V. Hugo, Toute la lyre.
de l’alexandrin (vers de douze syllabes) ou 1. une cavale : une jument.
un ton mécanique pour montrer la monotonie
de la pluie…
b. Entraîne-toi à dire les poèmes avec
tes camarades.
2 Écris des vers de trois syllabes, puis
de quatre syllabes, de cinq syllabes et enfin a. Quels sons se répètent ?
des alexandrins (vers de douze syllabes). b. Écris un court poème avec des sons
Tu peux partir de situations ou de paroles qui se répètent pour évoquer un élément
de la vie quotidienne. de la nature : le vent, le soleil, le tonnerre, la neige…
Exemples : Exemple : Pour évoquer le vent, tu peux utili-
3 syllabes : Bonjour Ève / Tu vas bien / Ce matin ? ser les mots « souffle », « souffler », « siffler »,
5 syllabes : Le directeur dit / D’aller dans la cour. « frisson », « rafale », « fouetter », « gouffre »…

Unité 10 ● Poésie 105


Il pleut
© Nathan

Guillaume Apollinaire,
Calligrammes © Éditions Gallimard.

Comprenons le texte ensemble

1 Ce poème est un « calligramme », 3 Quel est le ton du poème ?


c’est-à-dire un poème dont les vers sont À quel sentiment la pluie est-elle associée ?
disposés de manière à former un dessin.
Quel dessin ce calligramme forme-t-il ?
4 Relis le dernier vers.
2 Recopie le poème avec Selon toi, quel est le rapport
une présentation plus traditionnelle. entre la pluie et l’image des « liens » ?

106
10
Messages de la ville
en poésie

© Nathan
« La ville en poésie » © Jacques Charpentreau, L’École des loisirs, 1978.

Comprenons le texte ensemble

1 À quoi te fait penser ce calligramme ? 4 Le dessin formé par le poème te fait-il


plutôt penser à une « ville rire » ou
2 Déchiffre le « message », puis, à une « ville sanglot » ? Justifie ta réponse.
avec tes camarades, recopie le poème
avec une présentation plus traditionnelle. 5 Retrouve les passages de ce poème
Répartissez-vous le travail. qui parlent de poésie.
3 Relève les mots et les phrases 6 Comment l’auteur signe-t-il le poème ?
dont le sens correspond à celui du dessin
formé par le poème. 7 Pourquoi l’auteur signe-t-il ainsi ?

Unité 10 ● Poésie 107


L’autobus

Le soleil
© Nathan

Jacques Carelman, extraits de « Calligrammes »,


dans Exercices de style, de Raymond Queneau © Éditions Gallimard.

Comprenons le texte ensemble

Cha
Chacun de ces deux calligrammes est 2 Ces calligrammes sont-ils faits de la même
un « exercice de style », c’est-à-dire l’une façon que les précédents (pp. 106-107) ?
des multiples versions d’un même récit
dont voici le début : 3 Parmi les calligrammes des pages 106
à 108, lequel préfères-tu ? Pourquoi ?
Un jour vers midi, du côté du parc Monceau,
sur la plate-forme arrière d’un autobus 4 Parmi les poèmes de cette unité
à peu près complet de la ligne S, j’aperçus un (pp. 102 à 104 et 106 à 108), lesquels sont
personnage… plutôt des poèmes « à voir » et lesquels
des poèmes « à entendre » ?
1 Retrouve les éléments de ce récit
dans ces calligrammes. 5 Quel type de poème préfères-tu ?
Que constates-tu ? Pourquoi ?

108
10
Je lis en réseau

1 Un document

Dans certaines civilisations


(arabe, chinoise, japonaise…),
tracer les signes de l’écriture est un art
à part entière.
Voici une calligraphie arabe du XIIIe siècle
extraite d’un recueil de fables qui ont
inspiré Le Roman de Renart et Les Fables
de Jean de La Fontaine.

2 D’autres recueils de poèmes

Ce recueil illustré
propose un choix

© Nathan
de quelques-uns
des plus beaux
poèmes de
Guillaume
Apollinaire.
Jean-Hugues Malineau, Anne Quesemand Victor Hugo,
Le Apollinaire, Drôles de poèmes pour et Laurent Berman, « Les Djinns »
Mango Jeunesse. les yeux et les oreilles, Le colporteur d’images, dans Le Hugo,
Albin Michel Jeunesse. Alternatives. Mango Jeunesse.

Je récite ou je lis à haute voix un poème que j’ai écrit

M
Mets en évidence le rythme de ton poème et la répétition des sons.
Enregistre ton poème puis écoute ta production orale. Ensuite, récite ou lis à haute voix
le poème que tu as écrit (voir p. 104) à tes camarades.

Je compose un calligramme

Reprends le poème que tu as écrit (voir p. 104) et transforme ton texte en calligramme
pour représenter le lieu et le moment dont tu parles ou bien invente un autre poème
sous forme de calligramme.
Tu peux utiliser la forme des lettres, leur taille, leur épaisseur, la disposition des mots…
Écris d’abord ton projet de calligramme au crayon à papier.

Unité 10 ● Poésie 109


POUR ÉCRIRE DES TEXTES

Je dispose un poème dans l’espace


Disposer un poème ou dessiner un calligramme
1 En quoi la disposition de ce poème 3 Lis ce calligramme.
pourrait-elle faire comprendre à un étranger
la signification du mot « gomme » ?
GOMME
Gomme
Gomm
Gom
Go
G
J.-H. Malineau, Drôles de poèmes pour les yeux et les oreilles
© Albin Michel.
J. Tardieu, « Petit calligramme », dans L’accent grave et
l’accent aigu © Éditions Gallimard.
2 En quoi la disposition de ce poème est-elle
particulière ? a. Compare ce calligramme avec les poèmes
SONS EN S de la colonne de gauche.
La Saveur b. Quelle est la particularité d’un calligramme ?
la Sévérité
le Souffle
© Nathan

Le Séjour Certains poèmes sont destinés à être


le Secret entendus, mais aussi à être vus. Pour cela,
la Suie on peut jouer sur : la disposition des vers ou
des strophes, les majuscules, les marges
Je rejette le Soleil le blanches autour du poème.
Supplice le Serpent le
Dans un calligramme, la disposition des mots
Sarcophage Socrate Samson forme le dessin d’un objet en rapport avec
Sisyphe et cætera en le sujet du poème.
tas dans un coin de
la page.
J. Tardieu, L’accent grave et l’accent aigu © Éditions Gallimard.
Je m’exerce
1 Dispose ce texte de manière à représenter
l’objet évoqué.
Je me regarde dans ce miroir et c’est toi que
je vois toi ma Lou qui me ressembles comme
l’inverse reflet de mon âme virile forte et très
passionnée !
G. Apollinaire, Poèmes à Lou
© Éditions Gallimard.

2 Entraîne-toi à composer des calligrammes


à partir de mots ou de phrases de ton choix.
Tu peux partir des mots suivants :
moto – maison – peuplier – partir – danser…

110
POUR AMÉLIORER MON TEXTE
10
Je choisis mes mots
En poésie, on peut jouer sur le rapport entre
la sonorité et le sens des mots.
Pour évoquer le « vent », on peut utiliser :
souffle – zéphyr – blizzard – alizé –
brise – bise…
Quand tu lis ces mots, quels sons te font
penser au « vent » ?
Cherche des mots qui évoquent le « feu »
ou la « tempête ».
Parmi les mots que tu as trouvés,
sélectionne ceux dont la sonorité te fait penser
à un feu ou à une tempête.
Claude Monet, Tempête, côtes de Belle-Île, 1886.

J’utilise des synonymes ou des mots de sens proche


En général, les dictionnaires indiquent les synonymes d’un mot,

© Nathan
Vocabulaire
c’est-à-dire les mots qui ont le même sens ou un sens proche. Unité 2, p. 200
C’est une aide utile pour écrire lorsque l’on a besoin L’utilisation du dictionnaire
d’un mot plus précis ou pour éviter des répétitions. Unité 4, p. 202
Les synonymes
Les synonymes de « pluie » ou les mots de sens proche sont,
par exemple : eau, flotte, hallebarde, goutte, bruine, crachin,
embrun, flots, rideau… et encore bien d’autres mots !
Si tu travailles à l’ordinateur, tu peux consulter directement les synonymes qu’il te propose.
Les synonymes ne sont pas tous interchangeables. Tu dois choisir ceux qui sont le plus
adaptés à la situation que tu décris.

Je relis et je réécris
Reprends ton calligramme (voir p. 109).
As-tu disposé ton poème dans l’espace ? Montre ton calligramme à tes camarades
et demande-leur ce qu’ils voient.
Utilise la grille de réécriture suivante.

1 La disposition des mots forme un dessin.


2 Les mots employés ont un lien avec les objets ou la scène dessinée.
3 J’ai vérifié l’orthographe de mon poème en utilisant des documents de référence.
4 J’ai mis mon calligramme en valeur dans l’espace de la page.

Unité 10 ● Poésie 111


À la découverte
Rencontre
Hier, j’ai rencontré quelqu’un d’un peu bizarre. D’abord, je n’ai
pas tout de suite compris ce qu’il disait. Peut-être que je n’étais pas
bien réveillé, ou un peu trop distrait. J’ai cru entendre quelque chose
comme : « Dzwiagztrochv kinghuaxyelz trrplllikdawq iiiiiiiuhhh. »
5 Et puis : « Sprechen Sie Deutsch ? » Et ensuite : « Do you speak English ? »
Et enfin : « Parlez-vous français ? » Je ne sais pas pourquoi il m’a demandé
ça. Évidemment que je parle français. C’est même la seule langue que je
parle. Ce qui m’a un peu étonné aussi, c’est la façon dont il était habillé.
Avec une espèce de combinaison vert et rouge, toute drôle : on aurait
10 dit une peau avec des écailles.
En y réfléchissant bien, je crois que sa tête aussi m’a un peu surpris.
Une tête toute ronde qui tournait sans arrêt comme un gyrophare sur
une ambulance.
© Nathan

Mais il était très gentil. Il m’a salué poliment et il m’a tendu la main.
15 Une main pleine de doigts. Au moins cent. Ça fait un peu bizarre quand
on la serre.
Il m’a posé toutes sortes de questions. Parfois, je ne savais pas quoi
répondre. Par exemple, quand il m’a demandé si les instituteurs sont
meilleurs à la broche ou en pot-au-feu. J’ai bien été obligé de lui dire
20 que je n’en ai jamais mangé.
Ce qui était surtout rigolo, c’est qu’il sautait sans arrêt sur ses trois
jambes. Ça faisait cric cric cric. Et de temps en temps il se grattait le dos
avec sa langue. Je voudrais bien savoir comment il fait.
Après, je lui ai dit que je devais rentrer à la maison parce que maman
25 m’attendait pour souper. Il ne voulait pas me laisser partir. Je crois qu’il
avait encore envie de jouer. Alors je lui ai promis de revenir le lendemain.
Et ce matin, je suis parti à l’école plus tôt que d’habitude. Il
m’attendait au coin de la rue et il m’a tout de suite emmené vers une
grande machine qui était cachée dans les arbres du parc. Ça m’a beaucoup
30 plu parce qu’il y a des phares de toutes les couleurs. Il m’a fait grimper
à l’intérieur et il a fermé la porte. À l’intérieur de la machine, c’est assez
beau. Sauf qu’il y a des boutons et des appareils un peu partout.
Il a encore dit quelque chose que je n’ai pas compris et la machine
s’est mise à bouger. J’aime bien. On voit les nuages à travers les hublots.
35 Mais je voudrais quand même savoir où il m’emmène. J’espère que
ce n’est pas trop loin. Parce que je ne voudrais pas arriver en retard à l’école.
Bernard Friot, Histoires pressées, coll. Milan Poche © Milan, 2007.

112
d’autres textes

© Nathan
Le mythe de Phaéton
Apollon et Diane étaient les deux enfants jumeaux nés d’une brève
liaison de Jupiter avec une déesse de second ordre, Latone. Au moment
d’accoucher, celle-ci, craignant la colère de Junon, était allée se cacher
dans la minuscule île de Délos, où Apollon et Diane virent le jour. Ils
5 grandirent ensemble, unis par une tendre affection qui ne devait jamais
se démentir, et par leur goût commun pour le tir à l’arc, où ils excellaient
tous les deux. Ils étaient pourtant fort différents l’un de l’autre. […]
Apollon, comme son père Jupiter, était un grand séducteur.
Peu de femmes résistaient à sa légendaire beauté. Autant Apollon
10 était « coureur », autant sa sœur Diane était chaste. Amoureuse,
sans vouloir se l’avouer, de son propre frère, elle ne s’intéressait guère
aux autres dieux ni aux hommes. En compagnie de quelques nymphes
qui partageaient ses goûts, elle consacrait toutes ses journées et toute
son énergie à la chasse, qu’elle aimait plus que tout. Alors qu’Apollon
15 était le dieu ardent du Soleil, elle était la déesse froide de la Lune. C’est
elle qui, pendant la nuit, éclairait les forêts et les champs de ses rayons
sans chaleur. […]
Apollon, aux traits purs et à la chevelure dorée, était le plus beau
des dieux grecs. Il était le patron de la poésie, de la musique et des arts,
20 ainsi que de la médecine […].

113
Tous les matins, ponctuellement, il attelait le char du soleil à
quatre chevaux divins et fougueux et lui faisait parcourir dans le ciel
sa trajectoire quotidienne. Tous les matins, dis-je, sauf une fois où il
commit une coupable imprudence…
25 Apollon avait plusieurs fils. L’un d’entre eux, nommé Phaéton,
était ce que l’on appelle « un fils à papa ». Très fier de ses origines,
il ne cessait de s’en vanter auprès de ses camarades et de faire étalage
des trop nombreux cadeaux que lui faisait constamment son père.
Surtout, il parlait du char du soleil avec autant de fatuité que le fils d’un
30 millionnaire pourrait parler de la Rolls Royce de son papa.
– Tu serais bien incapable de le conduire, lui dirent un jour ses amis.
Piqué au vif, Phaéton alla trouver son père, le cajola, lui servit
une coupe de nectar bien frais et lui dit enfin :
– Papa, je voudrais te demander une petite faveur.
35 – Par le fleuve sacré du Styx, répondit Apollon, je te l’accorde d’avance.
Les serments prononcés au nom du Styx étaient, pour les dieux
grecs, absolument sacrés. Celui qui les violait s’exposait à être banni
de l’Olympe et condamné à une peine de trois à six mois d’interdiction
de séjour assortie de privation de nectar et d’ambroisie, peine pouvant
40 être aggravée en cas de récidive. Phaéton le savait bien, et c’est donc en
toute tranquillité qu’il formula alors sa demande :
– Prête-moi le char du soleil et laisse-moi le conduire pendant une
© Nathan

journée.

Apollon tenta de dissuader son fils, en lui faisant valoir que les
45 fougueux chevaux n’obéissaient qu’à lui-même, qu’il serait donc très
difficile à Phaéton de respecter scrupuleusement la trajectoire et l’horaire
que devait suivre le soleil, et qu’il y avait même des risques d’accidents
graves, pour lesquels il n’était pas assuré. Rien n’y fit, Apollon dut
s’exécuter.
50 Le lendemain, à l’aube, Phaéton prit les rênes et s’élança. Dès qu’ils
sentirent que ce n’était pas leur maître habituel qui les conduisait, les
chevaux s’emballèrent et, en quelques minutes, entraînèrent le char au
zénith, c’est-à-dire à l’endroit où il n’aurait dû arriver qu’à midi. Sur terre,
c’était la stupeur et le désordre. Alors que les ménagères s’apprêtaient à
55 préparer le petit déjeuner, leurs maris réclamèrent déjà le repas de midi.

114
Les écoliers, qui venaient à peine d’entrer en classe, exigèrent d’en sortir.
Quant aux agriculteurs, ils s’étonnèrent de n’avoir même pas pu tracer
un sillon pendant toute la matinée. À ce moment, reprenant un peu le
contrôle des chevaux, Phaéton les força à rebrousser chemin et l’on vit,
60 pour la première et dernière fois de l’histoire, le soleil se déplacer d’ouest
en est. Les dieux, affolés, pressèrent Jupiter d’intervenir pour faire cesser
ce scandale. Mais le maître de l’Olympe, jugeant que les questions
solaires n’entraient pas dans ses attributions, hésita encore à punir son
petit-fils. Phaéton, cependant, décida de frapper un grand coup : pour
65 que ses camarades puissent le voir de plus près aux commandes de son
bolide, il força les chevaux à se rapprocher de la terre et entreprit un vol
en rase-mottes. Sur son passage, le soleil brûla les récoltes et les maisons,
fit fondre les glaces des banquises, dessécha les rivières et noircit, pour
toujours, la peau des habitants de l’Afrique.
70 Cette fois, c’en était trop, Jupiter foudroya l’imprudent Phaéton,
cependant qu’Apollon reprit précipitamment les commandes du char
en folie.
Denis Lindon, Les Dieux s’amusent © Castor Poche-Flammarion.

© Nathan
La chute du char du Soleil
mené par Phaéton,
détail d’une tapisserie,
vers 1540.

Un « phaéton »
e
Au XVIII siècle, on a appelé « phaéton » une petite voiture
à cheval, à quatre places découvertes, très haute sur roues.
Le mot a servi à désigner plus tard les premiers modèles
de voiture automobile découverte à deux ou à quatre places.
Phaéton est aussi le nom savant que l’on a donné à un bel
oiseau exotique à longue queue terminée par deux petites
plumes fines… On appelle cet oiseau, en langage courant,
le « paille-en-queue ».

115
© Nathan

Les déménageurs
C’est l’histoire d’un écrivain qui « déménage »
de la tête. Heureusement, il a des amis déménageurs.
[…] Mes amis les déménageurs se sont retroussé les manches et ils
ont dit en chœur : « Maintenant, au boulot ! »
Ils ont pris le gros camion, et ils sont entrés avec lui dans ma tête.
Une fois là, ils se sont mis à tirer, à pousser, à déplacer, à bousculer,
5 à basculer, à rouler, à transbahuter… Ça me faisait dans les oreilles
un vacarme effroyable ! Pendant ce temps, je gardais la bouche ouverte,
pour leur donner de l’air, et les yeux bien écarquillés, afin qu’ils puissent
voir où ils mettaient les pieds !
Enfin, le camion est sorti, au ralenti, et les déménageurs aussi. Alors,
10 ils se sont mis à décharger tout ce qu’ils avaient chargé. Il y en avait, il y
en avait ! Je ne savais pas que ma tête pouvait contenir tant de choses !
Le trottoir en était couvert, depuis le coin de la rue Ternaux jusqu’à la
bouche de métro !
– Qu’est-ce qu’il faut faire de tout ça, maintenant ? m’ont demandé
15 les déménageurs. Si on laisse là tout le saint-frusquin, les éboueurs
l’emporteront demain matin.
– Vous avez raison ! je leur ai dit.
J’ai commencé par faire un tri, car il y avait des trucs pourris. J’ai
mis à part ce que je voulais garder, et puis j’ai demandé :

116
20 – Vous n’êtes pas fatigués ?
– Nous, fatigués ? Jamais !
– Vous pouvez me remettre ça dans la tête ? […]
Ils ont donc rechargé le camion avec tout ce qui était bon, puis ils
sont rentrés dans ma tête et ils ont déchargé, reposé, halé, glissé, replacé,
25 ajusté… À la fin, ils étaient claqués, et moi, de mon côté, j’avais une
bonne envie d’aller me coucher !
Lorsqu’enfin ils sont ressortis, je leur ai demandé :
– Vous avez tout rangé ?
Ils m’ont répondu : Non, nous n’avons pas pu. Il y a tout ça en
30 surplus !
– Quoi, tout ça ?
– Regarde !
J’ai regardé dans le camion, et j’ai vu… Oh, là là ! tant de choses,
dont ma tête ne voulait plus !
35 Un enterrement La fille de l’ogresse Une paire de bottes
Un renard Un four à pain 50 Une robe

Une sorcière Une cage Un manteau


Deux pharmaciens 45 Beaucoup de gros mots Un grand coffre
Quatre diables Une cinquantaine de Une deuxième sorcière
40 Un bateau fessées Une araignée […]

© Nathan
Une ogresse Un bonhomme de neige

55 Et beaucoup, beaucoup d’autres choses ! Quand


j’ai vu ça, moi, j’en aurais pleuré. Je me suis mis à crier :
– Qu’est-ce que je vais pouvoir faire de tout
ce bric-à-brac ? […]
– J’ai une idée ! Tu écris des livres ?
60 – Oui, j’ai dit, j’en écris…
– Eh bien, colle tout ça dans un livre !
Comme ça, celui qui en voudra, eh bien,
il se servira !
Pierre Gripari, Les contes de la Folie Méricourt, illustrations de Claude Lapointe
© Grasset Jeunesse.

117
Comment peux-tu avaler ça ?
Yaël se verse un verre de Coca.
– Pouah ! fait Mamie. Comment peux-tu avaler ça ?
Yaël ne dit rien. Elle boit son Coca.
Yaël mange des bonbons. Des rouges, des verts et des rose… bonbon.
5 – Pouah ! fait Mamie. Comment peux-tu avaler ça ?
Yaël ne dit rien. Elle glisse trois bonbons dans sa bouche.
Yaël achète un hamburger.
– Pouah ! fait Mamie. Comment peux-tu avaler ça ?
Yaël ne dit rien. Elle se lèche les lèvres.
10 Le soir, c’est Mamie qui prépare le repas : de la soupe,
du foie de veau et des épinards.
« Hou ! là, là ! pense Yaël. Comment je vais avaler ça ? »
Parce que, avec Mamie, pas question de discuter, il faut tout manger.
Mais Yaël a une idée.
15 – Mamie, dit-elle, j’ai mal au ventre.
– Ça ne m’étonne pas, dit Mamie, c’est à cause de toutes les saletés
que tu as avalées ! Tu vois, j’avais raison ! Eh bien, maintenant, tant pis pour toi !
Yaël ne dit rien. Et sourit.
Bernard Friot, Histoires minute, illustrations de Jacques Azam, D. R.
© Nathan

La puce
Un chat se promenait dans la rue. Une puce se promenait sur
le poil du chat. Un chien se précipita sur le chat. La puce pensa :
« Je suis morte ! Il va manger le chat ! Et moi avec ! Sauve-toi,
imbécile ! Grimpe à cet arbre !… Il ne bougera pas, l’idiot ! »
5 Elle voulut sauter, resta empêtrée dans le poil du chat. Le
chat arrondit son dos, raidit sa queue, coucha ses oreilles, hérissa
ses moustaches, ouvrit la gueule, montra ses dents pointues,
souffla, cracha. Le chien s’arrêta brusquement, aboya, gémit,
bondit à droite, à gauche, se baissa, se releva, s’en alla.
10 « Hé ! Hé ! pensa la puce, je lui fais peur ! »
Et maintenant, du plus loin qu’elle aperçoit le moindre
roquet, elle court vers l’oreille du chat et crie dedans : « Ne crains
rien ! Je suis là ! »
Le chat, qui ne comprend pas la langue des puces, se gratte
15 un peu l’oreille, regarde le chien de travers. Le chien n’ose pas
approcher, et la puce se dit fièrement : « Il m’a vue. »
Léopold Chauveau, Les deux font la paire © La Joie de lire, 2003.

118
Construire
une pirogue

© Nathan
Robinson, naufragé, vit depuis des années sur son île déserte. Depuis peu,
il a un compagnon, Vendredi, un Indien qu’il a sauvé.
L’Indien eut l’idée de fabriquer pour Robinson et lui une pirogue,
semblable à celles de son pays. Il commença à creuser à la hache
le tronc d’un pin très droit et de grande envergure. Travail lent et patient
qui ne ressemblait pas à la hâte fiévreuse dans laquelle Robinson avait
5 construit L’Évasion. D’ailleurs, encore vexé par son échec, Robinson ne
se mêlait de rien et se contentait de regarder travailler son compagnon.
Vendredi avait commencé à faire du feu sous la partie du tronc qu’il
voulait creuser, procédé qui avait l’avantage de hâter considérablement
le travail, mais qui risquait, si l’arbre prenait feu, de tout compromettre.
10 Finalement il y renonça et se servit même d’un simple canif pour
parachever le travail.
Lorsqu’elle fut terminée, la pirogue était assez légère pour que
Vendredi puisse l’élever à bout de bras au-dessus de sa tête, et c’est ainsi,
les épaules couvertes comme par un capuchon de bois qu’il descendit
15 vers la plage, entouré par les gambades de Tenn, et suivi de loin par un
Robinson de mauvaise humeur. Mais lorsque le petit bateau commença à
danser sur les vagues, Robinson fut bien obligé de renoncer à sa jalousie,
et, prenant place derrière Vendredi, il saisit une des deux pagaies simples
que l’Indien avait taillées dans des branches d’araucaria. Puis ils firent
20 pour la première fois le tour de l’île par mer, accompagnés de loin par
Tenn qui galopait en aboyant le long du rivage.
Michel Tournier, Vendredi ou la vie sauvage, coll. « Folio junior » © Gallimard.

119
Air vif
J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue
Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu
L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue
Je ne te quitterai plus.
Paul Eluard, Derniers poèmes d’amour,
coll. « Poésie d’abord » © Seghers.
© Nathan

Pablo Picasso, Portrait de Nusch Eluard, 1937.

120
Les aventures de Tom Sawyer
Tante Polly a demandé à Tom de repeindre la clôture du jardin.
Tom apparut sur le trottoir, muni d’un seau de lait de chaux et
d’un pinceau à long manche. Lorsqu’il examina la clôture, toute joie
le quitta et la mélancolie prit possession de son esprit. Trente mètres
de clôture en planches, un mètre et demi de haut. La vie lui apparut comme
5 vide, l’existence n’était plus qu’un fardeau. Avec un soupir, il plongea
son pinceau et en barbouilla la planche supérieure ; répéta l’opération ;
recommença ; compara la traînée blanche insignifiante au continent
immense de clôture non badigeonnée, et s’assit, découragé, sur un des
rondins protégeant les jeunes arbres. Jim franchit le portail d’un pas
10
0 primesautier en chantant Buffalo Gals, un seau en fer-blanc à la main.
[…] Tom dit :
« Dis donc, Jim, je vais chercher l’eau si tu badigeonnes un peu. »
Jim secoua la tête et dit :
Ce roman écrit par Mark Twain « Peux pas, Maît’ Tom. La vieille Maîtresse, elle m’a dit d’aller cher-
(1835-1910) raconte les aventures
d’un jeune garçon américain,
15 cher cette eau et de pas m’arrêter pour fai’ l’imbécile avec personne. Elle
orphelin, élevé par sa tante a dit qu’elle pense que Maît’ Tom va me demander de badigeonner, et

© Nathan
dans un village de la vallée alo’ elle m’a dit de m’occuper de mes prop’ oignons – elle se disait qu’elle,
du Mississippi, au XIXe siècle. elle surveillerait le badigeon.
– Oh, t’occupe pas de ce qu’elle a dit, Jim. Elle parle toujours comme
20 ça. Passe-moi le seau – je serai parti tout juste une minute. Elle en saura
rien.
– Oh, faut pas, Maît’ Tom. La vieille Maîtresse, elle m’arrache la tête
pou’ la mets’ ent’ mes deux oreilles. Ça c’est sû’.
– Elle ! Elle bat jamais personne – nous tape juste sur la tête avec
25 son dé à coudre – et qui s’en inquiète, j’aimerais le savoir. Elle dit des
choses terribles, mais les paroles font jamais mal – en tout cas pas
si elle crie pas. Jim, je vais te donner une merveille. Je vais te donner
mon agate blanche ! »
Jim commençait à hésiter.
30 « Mon agate blanche, Jim ! Et c’est un calot monstre.
– Oh là là ! Une vraie merveille, comme elle brille, je vois bien ! Mais
Maît’ Tom, c’est que Jim, il a très peu’ de la vieille Maîtresse…
– Et en plus, si tu veux, je te montrerai mon orteil abîmé. »
Jim n’était qu’humain – ce spectacle était par trop attirant. Il posa
35 son seau, prit l’agate blanche et se pencha sur l’orteil avec un intérêt
captivé tandis que Tom défaisait lentement le bandage. Un instant
plus tard, Jim courait dans la rue avec son seau et un derrière en feu,
Tom badigeonnait vigoureusement, et tante Polly quittait le champ
de bataille, une pantoufle à la main, le regard triomphant.
Mark Twain, Les aventures de Tom Sawyer,
trad. de Bernard Hœpffner © Tristram.

121
En toutes circonstances
J’ai mis dans ma tête :
une boîte à musique,
un arbre tout seul,
et trois étoiles de mer
pour pouvoir rêver
en toutes circonstances.

Albane Gellé, En toutes circonstances,


illustration de Alain Bahuaud,
coll. « Le farfadet bleu »
© Éditions l’Idée bleue, 2001.
© Nathan

L’affaire se complique
(Agacé, commençant à s’affoler, Je dis : hé-là !
mais décidé à garder son sang-froid. mais c’est pour qui ?
Un rien de dignité offensée.) Et pourquoi qui ?
et pourquoi quoi ?
Qu’est-ce que c’est
que tout ceci Quoi est à qui ?
qui va d’ici À vous ? à lui ?
jusque là-bas ? Qui vous l’a dit ?
Ce n’est pas moi
Ho-ho par-ici ! (ni moi non plus)
hou-hou par-là ! ni moi ni moi.
Qui est ici ?
et qui va là ?

Jean Tardieu, « Monsieur, Monsieur »,


dans Le fleuve caché © Éditions Gallimard.

122
© Nathan
Le Singe et le Bouc
Un Singe cherchait un associé. Le choix s’avérait difficile, car il ne
souhaitait pas prendre n’importe quel équipier.
« Je pourrais faire tandem avec un de mes semblables, se dit-il, mais
je dois me méfier, parce qu’il n’y a pas plus malin qu’un Singe. »
5 Il renonça donc et décida de s’associer à un Renard qui occupait un
terrier non loin de chez lui. Avant de lui faire la moindre proposition,
il se mit à l’observer et comprit vite qu’il ne correspondait pas à celui
qu’il cherchait.
« Le Renard est très sympathique, mais il est beaucoup trop rusé »,
10 conclut-il.
Le Singe envisagea aussi de faire équipe avec un Lion.
« Nous formerons un duo invincible, songea-t-il. Mais je n’aurai
jamais le dessus sur le roi des animaux et en toute circonstance
il se taillera la part du lion. »

123
15 Son choix se porta alors sur un vieux Bouc qui régnait sur un
troupeau de Chèvres.
– Associons-nous, proposa le Singe. Je connais de nombreux
champs où nous pourrons cueillir du maïs que nous écoulerons sans
difficulté à la ville.
20 Le Bouc accepta. Les deux compères partirent sans attendre.
Au bout d’un moment, le Singe s’arrêta au bord du chemin.
– Je suis épuisé, dit-il.
– Nous n’avons pourtant pas marché longtemps, constata
le Bouc.
25 – Prends-moi sur ton dos, dit le Singe.
– Si tu veux…
Le Bouc porta le Singe jusqu’au champ.
– C’est moi qui cueillerai le maïs, décréta le Singe. Et toi, tu le
transporteras.
30 Après avoir rapporté le maïs, les deux associés commencèrent
le partage. Ils firent deux parts égales.
– Je prends la moitié me revenant, dit le Singe.
– Et moi, l’autre moitié, répondit le Bouc.
– Pas si vite ! l’interrompit le Singe. Il faut la partager en deux.
35 – Pourquoi ? s’étonna le Bouc.
– Parce que j’ai encore droit à une part pour avoir proposé cette
© Nathan

affaire. Et à une autre en dédommagement de mon travail, puisque j’ai


ramassé le maïs.
– Il ne va rien me rester, protesta le Bouc.
40 – Désolé.
– Tu exagères, dit le Bouc avec colère.
– Pas du tout ! répliqua le Singe. Je te rappelle que c’est moi qui ai
trouvé le champ et qu’en conséquence je mérite encore quelque chose.
Mais comme tu as transporté le maïs et que tu es mon ami, je considère
45 que tu ne me dois rien.
Le Bouc comprit que le Singe l’avait berné. Il s’éloigna sans mot
dire et jura de ne jamais plus s’associer avec personne.
Jean Muzi, Fable de Chine, dans 19 fables de singes
© Castor Poche-Flammarion.

124
L A L A NG
D E

U
E
Grammaire, pp. 127 à 148

E
É T UD
Orthographe, pp. 149 à 170

Conjugaison, pp. 171 à 198

Vocabulaire, pp. 199 à 209

© Nathan
D ans la seconde partie de ton livre, tu vas étudier le fonctionnement
de la langue et comprendre à quoi servent la grammaire,
l’orthographe, la conjugaison et le vocabulaire.
➜ Tu vas découvrir :
◗ comment choisir les mots précis,
◗ comment les mots s’écrivent et s’organisent dans la phrase
et dans les textes,
◗ comment les noms, les déterminants et les adjectifs s’accordent
les uns avec les autres pour former la chaîne des accords,
◗ comment les verbes s’accordent avec leur sujet.
➜ Tu vas aborder les principales règles qui te permettront
de lire et d’écrire.
➜ Tu t’entraîneras au travers d’exercices.
GRAMMAIRE ORTHOGRAPHE
1. À quoi sert la grammaire ? page 127 1. À quoi sert l’orthographe ? page 149
2. Le sujet et le complément de verbe page 129 2. Le pluriel des noms se terminant par « ou » page 151
3. Le verbe et ses compléments page 131 3. Le pluriel des noms se terminant par « au »,
page 152
« eau », « al »
4. Les pronoms personnels page 133
4. Le pluriel des noms se terminant par « ail/aille »,
5. Les compléments de temps, de lieu page 153
page 135 « eil/eille », « euil/euille »
et de manière (1)
5. Le pluriel des mots se terminant par « eu »
6. Les compléments de temps, de lieu page 155
page 137 ou « eux »
et de manière (2)
6. L’accord du verbe avec le sujet
7. L’attribut du sujet page 139 page 157
aux temps simples
8. La phrase subordonnée relative page 141 7. L’infinitif des verbes page 159
9. La classe grammaticale et la fonction d’un mot page 143 8. L’accord de l'adjectif (1) page 161
10. Les types de phrases : déclaratives, 9. L’accord de l'adjectif (2) page 163
page 145
interrogatives et impératives
10. L’accord du verbe avec le sujet aux temps
11. La ponctuation page 147 page 165
composés (1)
11. L’accord du verbe avec le sujet aux temps
page 167
composés (2)
12. Le déterminant « leur » page 169
© Nathan

13. Le mot « où » page 170

CONJUGAISON VOCABULAIRE
1. À quoi sert la conjugaison ? page 171 1. À quoi sert le vocabulaire ? page 199
2. L’infinitif du verbe page 173 2. L’utilisation du dictionnaire page 200
3. L’utilisation du présent page 175 3. Les différents sens d’un mot page 201
4. Le présent (1) page 177 4. Les synonymes page 202
5. Le présent (2) page 179 5. La formation des mots : les préfixes (1) page 203
6. L’impératif page 181 6. La formation des mots : les préfixes (2) page 204
7. Le passé composé (1) page 183 7. La formation des mots : les suffixes (1) page 205
8. Le passé composé (2) page 185 8. La formation des mots : les suffixes (2) page 206
9. Le futur page 187 9. L’origine des mots : l’étymologie page 207
10. L’utilisation du futur et du conditionnel présent page 189 10. Jouer avec les mots page 208
11. Le conditionnel présent page 191 11. Les onomatopées page 209
12. Les verbes et leurs bases page 193

AIDE-MÉMOIRE pages 210 à 215

TABLEAUX DE CONJUGAISON pages 216 à 220


1 À quoi sert la grammaire ?

GRAMMAIRE
Étape 1
Sur la planète Mars
La nuit commençait à tomber. Mélissa ✱ un livre chez
elle ; tout était calme. Soudain, elle ✱ une étrange lueur ;
deux êtres bizarres ✱ au bord du chemin. Ils étaient
un peu plus petits qu’elle. L’un était bleu avec des yeux
jaunes, l’autre vert avec des yeux rouges. Le premier dit :
« Attention ! Les Baragaves sont excités ! Et quand on les
voit dans cet état, pas question de dormir.
– Ils ont mordu notre ami Alix notre voisin saura
les calmer », dit l’autre.
Mélissa ne comprenait pas bien.
« fort Alix est pour les calmer », reprit le premier.
Mélissa était de plus en plus troublée. N’écoutant que son courage, elle dit : « Attendez,
je ne comprends rien ! Que veut dire “Baragaves” ? Qui est Alix ? Et puis, que fait-il ? »
1. Dans la deuxième phrase, sais-tu ce que faisait Mélissa ? Pourquoi ? Par quel mot
pourrais-tu remplacer le symbole ✱ ? Quelle serait la classe grammaticale de ce mot ?
2. Dans la phrase surlignée en vert, par quels mots pourrais-tu remplacer les symboles ✱ ?

© Nathan
Quelle serait la classe grammaticale de ces mots ?
3. À ton avis, quelle est la classe grammaticale du mot « Baragaves » ? Pourquoi ?
4. La phrase surlignée en jaune est-elle facile à comprendre ? Pourquoi ?
Comment pourrais-tu la rendre plus compréhensible ?
Quelle serait alors la fonction du nom « Alix » ?
5. La phrase surlignée en bleu est-elle facile à comprendre ? Pourquoi ?

Étape 2
1 Remplace les mots bizarres de ce texte par des mots que tu connais
pour rendre le texte compréhensible.
La froulitienne barlagouinait dans sa langue avec les Baragaves. Ceux-ci semblaient
la comprendre. Elle était ravie.
« Je suis complètement brouffue, dit-elle. Mon ami est aussi brouffu que moi.
Pouvez-vous nous prêter votre galopette pour trubiner chez nous ?
– Oui, bien sûr !
– Merci beaucoup ! »
2 Repère les sujets et les compléments de verbes de ce texte.
Qu’est-ce qui te permet de les repérer ?
Tous les animoiseaux aiment les fraiseilles et les cerfigues. Les chardonneaux apportent
la becinsecte à leurs petoiseaux : les mâlelles et les femâles découpent un hannetorelle,
un sauteron, des larvilles ou des chenisseaux. Les petoiseaux ouvrent grand leur becquot.

127
1 À quoi sert la grammaire ?

La grammaire est l’ensemble des règles de la langue qu’il faut respecter


pour faire des phrases compréhensibles.
GRAMMAIRE

On repère la classe grammaticale des mots pour comprendre de quoi la phrase


se compose : des noms, des verbes, des adjectifs…
On repère la fonction des mots pour comprendre comment la phrase fonctionne :
le sujet, le groupe verbal, les compléments de phrase…
La ponctuation permet de comprendre les relations entre les mots.
Elle donne du sens à la phrase et au texte :
Ils ont mordu notre ami Alix. Notre voisin saura les calmer. ~
Ils ont mordu notre ami. Alix, notre voisin, saura les calmer.

Je m’exerce 4 Recopie ce texte avec les majuscules


et la ponctuation qui conviennent.
1 Recopie ces phrases, souligne les noms on jouait tous à la balle au camp sauf la Grenouille
et entoure les verbes. qui nous regardait de son poste d’observation
Les poules du couvent couvent. – Nous, habituel sous le préau il se tient là comme pour
le savon, ça nous plaît. – David est fort, nous se protéger des autres qui en général l’ignorent
© Nathan

le savons. – Tu barres le passage avec ton vélo. mais quelquefois ils se mettent à l’embêter
– En gymnastique, j’aime les barres parallèles. histoire de se ficher un peu de lui généralement
– Mon père scie du bois avec une scie électrique. c’est Guignard qui donne le signal de départ oh
– Où est-il ? – Il est à l’est. ce n’est jamais bien méchant le problème c’est
que la Grenouille réagit au quart de tour
2 Indique la classe grammaticale et la fonction Tu peux comparer avec le texte p. 12, lignes 1 à 7.
des mots écrits en gras.
Une jeune fille est arrivée. – Le jeune l’a
accueillie aimablement. – La mariée avait
un chapeau blanc. – Ces oranges sont juteuses. –
On joue aux échecs ; tu choisis les pions noirs À deux !
ou les blancs ? – Ta casquette orange me plaît Chacun réécrit ces phrases en cherchant
bien. – Au XVIe siècle, les Blancs venus d’Europe deux ponctuations possibles.
ont colonisé l’Amérique. La maîtresse dit la directrice est en classe. –
Éric dit Luc joue au billard dans le salon. –
3 Complète ces phrases avec les mots Olivier lit Le Roman de Renart c’est son livre
suivants. préféré. – Agnès appelle son ami Marc le
mousses – mousse – file – filent – voisin lui répond. – Je voudrais bien manger
marque – marques Agathe mais je ne sais pas si c’est l’heure. –
Les … nettoient le pont du navire. – Les voiliers Le meurtre a eu lieu chez la tante Winnie
… sur la mer bleue. – La … du savon me pique hier soir où étiez-vous ? – Alexis dit Frédéric
les yeux. – Nous sommes dans la … d’attente. – Julien arrivera en retard.
Tu … ton nom sur la feuille. – J’ai gardé la … Comparez vos phrases.
du vaccin sur ma peau.

128
2 Le sujet et le complément de verbe

GRAMMAIRE
Étape 1
Drôle de festin !
La petite chèvre gambadait dans les prés ;
elle courait, elle sautait. Elle mangeait un brin
d’herbe, puis elle grignotait quelques feuilles.
Blanchette n’avait jamais été aussi heureuse.
Soudain, au détour d’un sentier, elle rencontra
un énorme loup.

Au matin, la petite chèvre mangea le loup.


1. Imagine ce qui a pu se passer entre
le début et la fin du texte.
2. Si l’on écrivait : « Au matin, le loup
mangea la petite chèvre », qu’est-ce
qui changerait dans le récit que tu viens
d’imaginer ? Qui ferait l’action ?
3. Dans la phrase surlignée en jaune, essaie de supprimer

© Nathan
le groupe nominal « un énorme loup ».
Explique pourquoi tu ne peux pas.
4. Dans la phrase surlignée en jaune, essaie de remplacer
le verbe « rencontrer » par le verbe « sursauter ».
Explique pourquoi tu ne peux pas.

Étape 2
1 Indique combien il y a de personnages dans ce texte.
Relève les mots qui désignent ce ou ces personnage(s).
Indique si ces mots sont des noms communs, des noms propres ou des pronoms.
La petite chèvre gambadait dans les prés ; elle courait, elle sautait. Blanchette n’avait jamais
été aussi heureuse.

2 Repère tous les verbes de ce texte et complète-les avec les groupes nominaux
proposés. Tous les verbes sont-ils complétés par un groupe de mots ?
une salade de fruits ~ la pâte feuilletée ~ la tarte ~ les couverts ~ la pile ~
les verres et les assiettes ~ le bruit et l’agitation ~ des disques ~ le saladier
On organise une fête
Avec les fraises, les pêches et les melons, Lucile prépare … dans un grand saladier ; puis
elle met … dans le réfrigérateur. Séléna et Olivier installent … , Julien dispose … . Quant
à maman, elle déroule … et garnit … . Myriam apporte … ; elle pose … près du lecteur
de disques. Le petit chat s’ennuie … . Il n’aime pas … . Il bâille … .

129
2
GRAMMAIRE Le sujet et le complément de verbe

Le sujet indique qui fait l’action et le complément de verbe (CV)


indique sur quoi porte l’action.
Dans une phrase, le sujet est généralement placé avant le verbe
et le complément de verbe direct (CV) après le verbe :
La chèvre mangea le loup. ~ Le loup mangea la chèvre.
sujet de la phrase CV du verbe « manger »

Parfois, le sujet est placé après le verbe : Que fait la chèvre ?


Chaque phrase a un sujet (sauf à l’impératif).
Le sujet peut être un groupe nominal ou un pronom :
La chèvre / Blanchette / Elle mangea le loup.
Les verbes conjugués n’ont pas tous de CV :
– certains doivent avoir un CV : Elle rencontre le loup.
– certains peuvent avoir un CV : Elle mange. ~ Elle mange un brin d’herbe.
– certains ne peuvent pas avoir de CV : Elle gambade.

Je m’exerce 4 Recopie ces phrases, entoure les sujets et


remplace les CV par d’autres CV de ton choix.
© Nathan

1 Relève dans ce texte les sujets et les CV. Mathis a trouvé des souris dans sa maison. –
Éva emprunte un roman policier et une bande Le lion a aperçu une girafe. – On a découvert des
dessinée chaque semaine. Elle trouve ces livres fossiles dans la colline. – Les écureuils dévorent
à la bibliothèque municipale. La fillette dévore des glands. – Le renard attaque la poule rousse. –
le roman rapidement. Après sa lecture, elle La lionne poursuit la gazelle.
rend le roman policier. Éva garde la bande
5 Recopie ces phrases, souligne les CV
dessinée plusieurs jours. Elle relit la bande
et remplace les sujets par d’autres sujets
dessinée avec plaisir.
de ton choix.
2 Recopie seulement les phrases Elle dorlote le bébé. – Le taureau attaque
qui contiennent un CV. le toréador. – Le fermier trait la vache. –
Le fermier remplit les bidons. – Mehdi mange
La cheminée du chalet fume. – L’homme fumait
une tarte. – J’observe le ciel avec une lunette. –
un gros cigare. – Je bois un litre d’eau par jour. –
Le plongeur explore les fonds marins.
Il court tous les dimanches matin. – Sarah écrit
à son amie. – Le soleil éblouit les spectateurs. – À deux !
Le soleil brille.
Chacun remplace les CV par d’autres CV
de son choix.
3 Ajoute, quand c’est possible, des CV
de ton choix aux verbes écrits en gras.
As-tu préparé ton sac de sport ? – Avez-vous
visité ce musée ? – Le lion a-t-il poursuivi
La belette mange … . – Pour connaître l’heure, le zèbre ? – Les enfants aiment-ils Astérix ? –
Arthur utilise … . – Pour traverser la rivière, on La pluie a-t-elle arrosé le jardin ? – Les
emprunte … . – Le petit chat dort … . – Tous voitures polluent-elles l’air ?
les soirs, Idriss lit … . – Le petit poisson nage Comparez vos phrases.
… . – Le boulanger vend … .

130
3 Le verbe et ses compléments

GRAMMAIRE
Étape 1
Sarah a vu un film
« Sarah, tu te souviens de ce film ? Tu racontes l’histoire à ton petit frère ?
– Bon, voilà. Un bonhomme mange un steak et des frites. Il pose
sa fourchette, lève les yeux et demande des allumettes à son voisin.
Celui-ci donne une boîte d’allumettes au bonhomme. Soudain,
le bonhomme tousse, il pâlit et il tombe. Un grand cri retentit.
Un médecin arrive. »

1. Quelle différence y a-t-il entre les CV surlignés en jaune


et ceux surlignés en bleu ?
2. Quels verbes n’ont pas de complément ?

Étape 2

© Nathan
1 Complète les verbes, quand c’est nécessaire, avec les groupes de mots proposés.
son crayon à papier ~ des bandes dessinées ~ son sac ~ sa trousse ~ ses leçons ~
ses chansons préférées ~ sur son ordinateur ou avec ses amies
Dans sa chambre, Noémie ne s’ennuie … jamais. Elle écoute … , elle lit … et, souvent,
elle joue … . Le dimanche soir, elle prépare … . Elle vérifie … , parfois elle taille … . Souvent,
elle révise … . Mais très vite, elle bâille … et s’endort … .

2 Relève tous les compléments de verbe des phrases en gras.


Est-ce que toutes les formes verbales ont un complément ?
Les poules sont des volatiles gloutons et stupides. Elles mangent tout. Une petite poule
brune vit une cuillère. Elle s’imagina la cuillère pleine de graines. Mais la cuillère contenait
une potion magique. Elle avala son contenu. Et soudain, elle fit un bond droit dans le ciel
comme une fusée.
D’après R. Dahl, La potion magique de Georges Bouillon,
trad. de M.-R. Farré © Gallimard Jeunesse.

3 Relève les verbes qui ont un ou plusieurs CV.


Relève les verbes qui n’ont pas de complément.
Ce soir, Dorian raconte son prochain voyage à Chloé. Il visitera le nord de la Chine et enverra
une carte à tous ses amis. Il aime particulièrement les grandes villes, là où les lumières
scintillent et où les gens circulent vite. Dans les restaurants, on trouve des canards laqués
et des crevettes en beignets.

131
3 Le verbe et ses compléments

Certains verbes sont complétés par un ou plusieurs compléments :


GRAMMAIRE

– Le bonhomme mange un steak et des frites.


– Tu te souviens de ce film ?
– Il donne une boîte d’allumettes au bonhomme.
CV du verbe « donner » CV du verbe « donner »

Certains verbes n’ont pas de complément : Il tousse ~ Il pâlit.


Le CV d’un verbe peut être :
– un groupe nominal : Il pose sa fourchette.
– un pronom personnel : Il la pose.
– un groupe nominal avec préposition : Tu racontes l’histoire à ton petit frère ?

Je m’exerce
1 Recopie ces phrases, 4 Remplace chaque GN par un pronom
souligne les verbes et indique personnel. Quelle est leur fonction ?
s’ils ont un ou plusieurs compléments Exemple : On observe des libellules.
ou aucun complément. ➜ on les observe.
© Nathan

Noémie se souvient de ses vacances. – Il a retrouvé Tu verras tes cousins. – Ils emploient un
ses clés dans sa poche. – Ce chien aboie souvent. – marteau. – Nous mangeons des abricots. –
Louise ressemble à Sophie. – Le lièvre s’enfuit Elle prend ses affaires de sport. – Je paie l'entrée
dans la forêt. – Le boucher coupe deux steaks. – de la piscine. – Tu parles à ton voisin.
Ce couteau coupe bien. – Alice donne des gâteaux
à Titou. – Pauline écrit souvent à sa tante. 5 Recopie ce texte, entoure les CV.
Indique si ce sont des GN ou des pronoms
2 Choisis les formes verbales personnels.
qui conviennent. Le théâtre ouvre ses portes. Les gens donnent
Le cerf (défend / s’éloigne) son territoire. – leurs billets à l’ouvreuse. Elle les contrôle.
Il (se nourrit / broute) d’herbe. – À l’automne, Chacun cherche sa place et s’assied. Tout à
il (se méfie / appelle) les femelles. – Il (éloigne / coup, le noir et le silence s’installent. Les gens
se bat) les autres mâles. – Il (éloigne / se bat) ne parlent plus à leur voisin. Les comédiens
contre les autres mâles. – Il (pousse / pousse à) jouent la pièce avec brio.
un brame.
À deux !
3 Remplace chaque CV écrit en gras
Chacun complète ces phrases avec les verbes
par un autre complément.
suivants au présent.
Exemple : J’attends ta venue. ➜ J’attends
se débarrasser – téter – se protéger –
ma sœur.
s’attaquer – soigner – se frotter
Le chien attend le retour de son maître. – Le cerf … des loups avec ses sabots. –
Il annonce son départ. – Nous voulons Le faon … sa mère. – Le lynx … aux faons. –
des explications. – Les blessés attendent Le cerf … dans des creux pleins de boue. –
l’arrivée des secours. – Nous espérons Il … des parasites et … ses blessures.
l’ouverture de la bibliothèque.

132
4 Les pronoms personnels

GRAMMAIRE
Étape 1
L’assiette
Alice et Sophie se mirent à courir. « Vous ne devriez pas jouer à ça, dit Clément,
leur grand frère. Vous allez encore casser quelque chose. Et les parents vont vous gronder. »
Au milieu de la table, il y avait une assiette en porcelaine. Les parents l’aimaient
particulièrement. En courant autour de la table, les deux fillettes la heurtèrent.
L’assiette en porcelaine glissa et se brisa sur le carrelage. « Vite, ramassons les débris et
allons les jeter dans un fossé, suggéra Sophie. Trop tard, voilà les parents qui rentrent.
– Malheureuses ! s’écrièrent-ils, cette assiette, nous l’avions dans la maison depuis
notre mariage. Et vous l’avez mise en morceaux ! »
Les parents étaient furieux contre Alice et Sophie. Ils leur donnèrent une punition.
1. Sais-tu :
– qui les parents vont gronder ?
– ce que les parents aimaient particulièrement ?
– ce que les deux fillettes heurtèrent en courant ?
– ce que les enfants pourraient jeter dans le fossé ?
2. Sais-tu à qui les parents donnèrent une punition ?

© Nathan
3. Comment s’appellent les mots surlignés en jaune ?

Étape 2
1 Choisis les mots qui conviennent.
La petite vieille allait son chemin comme si elle n’avait même pas entendu.
Tod (le / la) rattrapa d’un bond, il se campa devant elle et (lui / la) corna aux oreilles :
– La bourse ou la vie, je (nous / vous) dis !
Cette fois, la vieille s’arrêta, en appui sur son bâton, une main en cornet à l’oreille.
– Pour ça oui, chevrota-t-elle. Tu (l’ / leur) as dit. Toujours la pluie. Quel temps pourri !
Tod (lui / la) brandit son couteau sous le nez. Ce n’était pas un vrai coutelas. Tod (te / l’) avait
taillé dans une écorce grise, et frotté de betterave au bout, pour faire rouge et redoutable.
Il (le / la) trouvait très réussi.
Tu peux vérifier avec le texte p. 37, lignes 28 à 39.

2 Transforme les secondes phrases en évitant de répéter les mots écrits en gras.
Exemple : Les parents trouvent les débris de l’assiette en porcelaine. Ils ramassent les débris
de l’assiette en porcelaine. ➜ Ils les ramassent.
1. Les parents sont mécontents des enfants. Ils donnent une punition aux enfants.
2. Les parents pensent à leur voisine Marthe. Ils demandent aux fillettes de porter un pot
de confiture à leur voisine Marthe.
3. Alice et Sophie n’aiment pas leur voisine Marthe. Celle-ci embrasse beaucoup Alice et Sophie,
ce qui n’est pas très agréable, à cause de la barbe, et elle en profite pour pincer Alice et Sophie.

133
4 Les pronoms personnels

Pour reprendre un groupe nominal, on peut utiliser un pronom personnel


GRAMMAIRE

qui se place avant le verbe. Le mot « pronom » veut dire « à la place du nom ».
Les pronoms personnels peuvent remplir la fonction de compléments de verbe :
me, te, le, la, l’, lui, nous, vous, les, leur.
La voisine Marthe aperçoit les enfants. Elle les embrasse.
« les » reprend « les enfants » ;
c’est un pronom personnel complément du verbe « embrasser »
Les fillettes vont chez la voisine. Elles lui apportent un pot de confiture.
« lui » reprend « la voisine » ;
c’est un pronom personnel complément du verbe « apporter »

Je m’exerce 4 Complète ce texte avec les pronoms


personnels qui conviennent.
1 Recopie ces phrases et souligne Depuis longtemps, Renart pense aux jambons
les pronoms personnels. d’Ysengrin. Il … rend une petite visite et …
Relève leur fonction. invite à venir se promener. Ysengrin ne se méfie
Arthur appelle Florent au téléphone ; il l’invite pas de Renart. Il … fait confiance. Renart flatte
à son anniversaire. – Chloé pense à sa grand-mère ; toute la famille du loup. Le soir, il escalade
elle lui envoie une carte. – Les déménageurs leur toit et … dérobe deux magnifiques jambons.
© Nathan

ont livré les meubles ; ils les ont installés dans


le salon. – Alice rencontre ses amis ; elle leur dit 5 Remplace le complément en gras
bonjour. de chaque verbe par le pronom personnel
qui convient.
2 Remplace les CV écrits en gras par Exemple : Tu parles à ton frère. ➜ Tu lui parles.
les pronoms personnels qui conviennent. Valentin écrit à sa voisine. – Le lynx ressemble
Le chamelier a dix-sept chameaux. Il offre à un gros chat. – Les lynx ressemblent à des gros
les dix-sept chameaux à ses fils. – Les fils ont besoin chats. – Le facteur apporte un colis à madame
des conseils d’un juge. Ils rencontrent le juge. – Denoël. – Le maître rend les devoirs aux élèves.
Le juge compte les chameaux. Il répartit
les chameaux équitablement entre les fils. À deux !
Chacun remplace les GN écrits en gras
3 Remplace les CV écrits en gras par par les pronoms personnels
les pronoms personnels qui conviennent. qui conviennent.
Nous préparons une exposition sur les
Lorsque nos correspondants nous écrivent, nous
fables de La Fontaine. Nous dévoilerons
répondons rapidement à nos correspondants. –
cette exposition lors de la fête de l’école.
Nous apprenons l’anglais pour discuter avec
Nous avons appris chacun une fable. Nous
nos amis. Nous parlons à nos amis dans leur
réciterons la fable devant nos parents. Nous
langue. – J’ai rencontré un nouvel ami sur la
présenterons toutes les fables à nos parents
plage. J’ai donné un beau coquillage à ce nouvel
dans un beau décor.
ami. – Les enfants de l’école voisine sont
Échangez vos phrases. Avez-vous utilisé
venus dans notre classe. Nous avons distribué les pronoms personnels adéquats ?
nos poèmes aux enfants de l’école voisine.

134
5 Les compléments de temps,
de lieu et de manière (1)

GRAMMAIRE
Étape 1
La rentrée
Chaque année, nous arrivions à Peïrouré
avec une joie immense. À la rentrée des classes,
les vignes rouges couvraient la campagne. Mais
vers le 15 octobre, la pluie descendait lentement
des collines et, au premier coup de vent, toutes
les feuilles partaient des arbres. Averses et rafales
se succédaient furieusement et, pendant quatre
longs mois, le mauvais temps régnait sur le pays.
D’après H. Bosco, L’âne Culotte
© Gallimard Jeunesse.

1. Classe les groupes de mots surlignés en jaune en trois


groupes :
– ceux qui répondent aux questions « où ? » et « d’où ? » ;
– ceux qui répondent à la question « quand ? » ;
– ceux qui répondent à la question « comment ? ».

© Nathan
2. Dans la première phrase, déplace les groupes de mots surlignés
en jaune. Le sens de la phrase a-t-il changé ?

Étape 2
1 À quelle question répondent les groupes de mots surlignés en bleu ?
Ceux surlignés en vert ? Ceux surlignés en jaune ?
À pas de velours, le chat s’approcha des merles pendant qu’ils ne le regardaient pas.
Au moment où la clochette tinta, les oiseaux s’envolèrent rapidement vers les arbres.
Après quelques minutes d’observation, le félin rentra au salon d’un air dépité.

2 Dans le texte ci-dessus, déplace les groupes de mots surlignés en couleur à l’intérieur
de chaque phrase. Le sens des phrases a-t-il changé ?
Puis supprime ces groupes de mots. La phrase a-t-elle toujours du sens ?

3 Repère et classe dans un tableau les mots et les groupes de mots qui répondent
aux questions « où ? », « quand ? », « comment ? ».
Nos amis marchaient lentement vers notre chalet. Nous les avions aperçus au bout du chemin,
au bord du ravin. Ils arrivèrent dans le chalet vers six heures, juste après l’orage. Ils s’étaient
réfugiés dans une grotte. Ils posèrent leurs vêtements près de la cheminée, s’allongèrent
sur les lits de camp et s’endormirent rapidement.
Où ? Quand ? Comment ?

135
5 Les compléments de temps, de lieu et de manière (1)

Dans une phrase, pour donner des précisions, on peut utiliser des compléments.
Un complément de phrase peut indiquer le lieu, le temps ou la manière :
GRAMMAIRE

Chaque année, nous arrivions à Peïrouré avec une joie immense.


complément de temps complément de manière
Le mauvais temps régnait sur le pays.
complément de lieu

Le plus souvent, on peut déplacer les compléments sans changer le sens de la phrase :
Nous arrivions à Peïrouré chaque année avec une joie immense.
En général, quand on supprime les compléments, la phrase a toujours du sens,
mais elle est moins précise : Elle ouvrit la porte brutalement. ➜ Elle ouvrit la porte.

Je m’exerce
1 Complète ces phrases avec les compléments 4 Ajoute un C. de lieu dans chaque phrase.
de la liste. Marie achète un magazine. – La neige tombe. –
sur cette immonde marmelade – nettement – Noémie a rangé son livre. – Lundi prochain,
contre la porte – sur les plateaux – sauvagement – nous partirons en vacances. – J’ai trouvé un très
affreusement – la veille au soir joli coquillage. – Anne se promène.
Madame Leroi, horrifiée, fit un bond en arrière
et se colla … . Son magasin avait été … saccagé. 5 Ajoute un C. de temps dans chaque phrase.
Les vitres étaient brisées et il n’y avait plus Ma maman a acheté une voiture. – Nous sommes
© Nathan

un seul gâteau … où elle les avait déposés … . allés à la pêche. – Marc a joué au football. –
Le sol était couvert de débris de verre, de brioches L’orage a éclaté avec violence. – Mon petit frère
écrasées, maculé de crème pâtissière, … souillé avait de la fièvre. – Agnès cueille des marguerites.
de mousse au chocolat. … , madame Leroi,
terrifiée, distingua très … des empreintes. 6 Ajoute un C. de manière dans chaque phrase.
Elle hurla. La pie chante. – La souris détale. – L’eau coule. –
Le navire s’enfonce. – L’oiseau s’envole.
2 Indique quelle précision apportent
les compléments écrits en gras : 7 Repère les C. de temps, de lieu, de manière.
lieu, temps, manière.
Les vacanciers montent joyeusement dans le car.
– Où avez-vous vu le petit âne ? Avant le départ, le chauffeur rappelle calmement
– Je l’ai vu dans cette rue, il partait qu’il est interdit de salir les sièges. Pendant
vers la colline. le trajet, les enfants discutent bruyamment. Ils se
– Quand l’avez-vous vu ? sont tous assis à l’arrière du car. Après trente
– Je l’ai aperçu jeudi, après la sortie de l’école. minutes de route, Benjamin a mal au cœur.
– Comment se déplaçait-il ? Ses parents lui disent avec gentillesse : « Nous
– Il trottait très vite, avec obstination. arrivons bientôt. »
3 Indique si les compléments écrits en gras À deux !
sont des CV ou des compléments de phrase.
L’un ajoute un C. de temps. L’autre ajoute
Nos amis partiront ce soir. – Abdel a invité un C. de manière ou de lieu.
ses amis. – Le petit garçon traverse la rue. – Julie Céline dessinait. – Arnaud court. – Olivier
traverse au passage piétonnier. – Le lion rugit lit. – Malika révise.
dans sa cage. – Il vociféra des injures.

136
6 Les compléments de temps,
de lieu et de manière (2)

GRAMMAIRE
Étape 1
Un samedi matin, la mère de Georges Bouillon dit
brusquement à son fils :
– Je vais faire des courses au village. Sois sage et ne fais pas
de bêtises.
Voilà exactement ce qu’il ne faut pas dire à un petit garçon.
– Et quand il sera onze heures, n’oublie pas de donner
sa potion à Grandma, poursuivit la mère.
Puis, elle sortit en refermant la porte.
Grandma, qui sommeillait dans son fauteuil,
près de la fenêtre, ouvrit avec lenteur un petit œil méchant.
– Tu as entendu ce qu’a dit ta mère, Georges, aboya-t-elle.
N’oublie pas ma potion.
D’après R. Dahl, La potion magique de Georges Bouillon, trad. de M.-R. Farré
© Gallimard Jeunesse.

1. Les groupes de mots surlignés en couleur sont-ils des compléments de verbe


ou des compléments de phrase ?

© Nathan
2. À quelle question répond le mot surligné en vert ? Sais-tu comment s’appelle ce mot ?
3. À quelle question répond la phrase subordonnée surlignée en bleu ?

Étape 2
1 Les phrases écrites en gras apportent des précisions sur le moment de l’action.
Repère les mots qui relient les phrases.
Dantès se glissa dans le sac avant que les fossoyeurs arrivent.
Il ressentit la fraîcheur de la nuit quand les porteurs arrivèrent dehors.
Dantès poussa un cri lorsqu’il entra dans l’eau glacée.
D’après A. Dumas, Le comte de Monte-Cristo.
2 À quelle question répond chaque complément écrit en gras : « où ? », « quand ? »,
« comment ? ».
Dès qu’il se réveillait, Papa ouvrait la fenêtre. Il se levait à six heures du matin, en toute
saison. Il se préparait un peu de café et le buvait dans la cuisine. Il travaillait ensuite dans
son bureau jusqu’à midi. Il écrivait lentement sur des cahiers à spirale. Puis, il tapait
méthodiquement son texte sur sa vieille machine à écrire.
3 Classe les compléments écrits en gras du texte ci-dessus dans un tableau.

Groupes nominaux Adverbes Phrases

137
6 Les compléments de temps, de lieu et de manière (2)

Le complément d’une phrase peut être :


GRAMMAIRE

– un groupe nominal souvent introduit par une préposition comme « à », « de »,


« dans », « sur », « avec », « contre »… :
Ce matin, nous avons marché à la montagne avec peine.
C. de temps C. de lieu C. de manière
– un adverbe comme « demain », « aujourd’hui », « ici », « dedans », « souvent »,
« lentement », « soudain », « ensuite », « aussitôt »… :
Hier, l’orage éclata brusquement. ~ Dehors, la pluie se mit à tomber bruyamment.
C. de temps C. de manière C. de lieu C. de manière
– une phrase introduite par « quand », « lorsque », « après que », « avant que »… :
L’orage a éclaté lorsque nous sommes arrivés dans le chalet.
C. de temps
Ces phrases sont appelées phrases subordonnées.

JJe m’exerce

1 Relève les compléments de temps, de lieu 4 Indique si les compléments écrits en gras
ou de manière. Entoure ceux qui sont des adverbes. sont des GN, des adverbes ou des phrases.
Lucas se précipita dans l’atelier, et se cacha Quand le chat est parti, les oiseaux sont revenus. –
rapidement sous l’établi. – Hier, le feu se On a trouvé des framboises au bout du chemin. –
propageait sur les collines. – Soudain, l’avion Samia s’est rapidement cachée sous la table. –
© Nathan

apparut derrière la montagne. – Les oiseaux Hier, il a glissé sur une plaque de verglas. – On
s’enfuirent aussitôt. a vu arriver le voilier derrière la jetée. – Ils se
sont réchauffés devant une énorme cheminée.
2 Recopie ces phrases et souligne
les phrases subordonnées. 5 Complète ces phrases avec un complément
Tu viens quand tu veux. – Nous partirons lorsque de temps de ton choix.
tu auras fini. – Nous sommes rentrés dès que la Le commissaire fut étonné quand … . – Monsieur
pluie a commencé à tomber. Pierrot reçut madame Leroi dans ses bras lorsque
… . – Dès que … , le commissaire se dit qu’un
3 Complète le texte avec les compléments
tigre avait dévalisé les pâtisseries. – Chaque fois
de temps, de lieu et de manière.
que … , bébé pleure. – Je te téléphonerai dès que
Après plusieurs jours de marche – Un jour –
… . – Nous partirons lorsque … . – Dès que … ,
avec tristesse – dans un petit village –
les élèves chantent.
À ce moment – Le lendemain matin – Secrètement
Tomek est un garçon orphelin qui tient une
épicerie … . … , il rêve de parcourir le monde. … ,
une fille entre dans son épicerie et lui demande À deux !
s’il a de l’eau de la rivière Qjar. Elle lui explique
que cette eau rend immortel mais qu’on ne l’a Complétez ces phrases avec un complé-
jamais trouvée. Tomek répond qu’il n’en a pas ment : l’un avec un GN ou un adverbe,
l’autre avec une phrase subordonnée.
et la fille s’en va … . … , Tomek se rend compte
Le bateau tanguait … . – Les singes criaient
qu’il est amoureux. … , il décide donc de partir
à la recherche de la fille et de la rivière Qjar. … ,
… . – Robinson chantait … . – Le chien
aboyait … .
il entre dans la forêt de l’oubli. Cette forêt a le
pouvoir de faire oublier le monde extérieur. Échangez vos phrases et vérifiez ensemble.
D’après Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l’envers, ©Pocket Junior.

138
7 L’attribut du sujet

GRAMMAIRE
Étape 1
Claude est gourmande

1. Claude mange … . 2. Son gâteau est appétissant.

© Nathan
3. Monsieur Le Gall est agent de police. 4. Monsieur Le Gall rencontre … .
1. Complète les phrases 1 et 4. Quels sont les verbes utilisés ?
Comment s’appellent les groupes de mots que tu as ajoutés ?
2. Quelles sont les illustrations où l’on voit seulement un personnage ou seulement
un objet ? Quel est le verbe utilisé ?
3. Sur quoi ou sur qui les mots surlignés en jaune donnent-ils des précisions ?
Que deviennent les phrases si l’on supprime ces mots ?
4. Indique si les mots surlignés en jaune sont des GN, des verbes ou des adjectifs.

Étape 2
1 Choisis les verbes qui conviennent. Puis fais la liste des verbes que tu as choisis.
Dans le pré, les fleurs (sont / bercent) mauves, et elles (aperçoivent / ont l’air) jolies. Mais
le colchique (est / chante) vénéneux pour les vaches. Quand une vache mange des colchiques,
elle (devient / poursuit) malade. Et pourtant ces fleurs (glissent / paraissent) inoffensives.
Mais les fermiers (portent / restent) vigilants.

2 Relève les mots qui donnent une précision sur les sujets écrits en gras.
La mer est immense, le ciel est bleu. Au loin, les voiliers semblent immobiles. Les oiseaux
volent dans le ciel ; ils paraissent nonchalants.
En bas, dans les criques, des baigneurs ramassent des coquillages. Certains coquillages sont
roses, d’autres sont gris. Dans le ciel, les mouettes planent et piaillent. Elles sont bruyantes.

139
7 L’attribut du sujet

Pour indiquer qui est le sujet ou comment est le sujet, on utilise un attribut du sujet.
GRAMMAIRE

L’attribut du sujet est essentiel dans la phrase : on ne peut pas le supprimer.


Qui est Claude ? Claude est une fille. ~ Comment est Claude ? Claude est brune.
sujet attribut du sujet sujet attribut du sujet

L’attribut du sujet peut être :


– un groupe nominal : Monsieur Le Gall est agent de police.
sujet attribut du sujet « Monsieur Le Gall »
– un adjectif qui s’accorde en genre et en nombre avec le sujet :
Le gâteau est appétissant. ~ Les brioches sont appétissantes.
sujet attribut du sujet « le gâteau » sujet attribut du sujet « les brioches »

Devant l’attribut du sujet, on trouve le plus souvent les verbes « être », « paraître »,
« sembler », « devenir », « rester », « avoir l’air ». On les appelle des verbes attributifs :
Vincent est un bon musicien. ~ Mélanie paraît joyeuse. ~ Zoé semble triste…

Je m’exerce 4 Transforme ces phrases pour que


les adjectifs écrits en gras deviennent
des attributs du sujet.
1 Recopie seulement les phrases
© Nathan

Exemple : J’aime les gâteaux croustillants.


qui contiennent un attribut du sujet.
➜ J’aime les gâteaux qui sont croustillants.
Le petit chat deviendra grand. – Le Pacifique Valentin voit des merles gris. – Lucas chante
est un océan dangereux. – Jérémie arrose ses un air joyeux. – Naïma porte un pantalon jaune. –
fleurs. – Il cueille des roses. – Vincent paraît Lucie a des cheveux bouclés.
triste. – Il reste silencieux toute la journée.
5 Fais l’inverse de l’exercice 4.
2 Recopie ce texte, souligne les sujets Exemple : Le livre que je lisais était captivant.
et entoure les attributs du sujet. ➜ Je lisais un livre captivant.
Le vieux Philou était ébéniste. Un jour, il alla L’histoire que maman raconte est drôle. –
dans la forêt et aperçut un grand chêne. Ce chêne Le problème de mathématique que le maître
semblait gigantesque. Il était magique. Les objets nous donne semble facile. – Le chanteur que
fabriqués avec son bois devenaient vivants. nous avons vu est devenu célèbre. – Le chien
Le vieil ébéniste coupa une branche, il en fit de Fabien est joyeux.
une marionnette. Celle-ci devint un petit garçon.
À deux !
3 Choisis les mots qui conviennent et indique Chacun complète ces phrases
avec des attributs du sujet.
s’ils sont attributs du sujet ou CV.
Ce monument impressionne (les touristes / Après l’excursion, les touristes semblent
magnifique). – Ce monument est (les touristes / … . – Ils ont l’air … parce qu’ils ont vu
magnifique). – Ce clown est (drôle / les enfants). de magnifiques monuments. – Lilian travaille
– Ce clown amuse (drôle / les enfants). – bien ; il deviendra … . – Ses parents sont
Le corbeau tient (un fromage / naïf). – Le corbeau … . – Le renard est … . – Les poules sont … .
paraît (un fromage / naïf). Comparez vos réponses.

140
8 La phrase subordonnée relative

GRAMMAIRE
Étape 1
Une course d’orientation
La maîtresse avait divisé la classe en quatre équipes.
Chaque équipe disposait d’une boussole
que la maîtresse avait donnée.
L’équipe blanche partit la première. C’était l’équipe
qui devait passer par la maison du garde forestier.
L’équipe qui devait franchir trois ruisseaux partit
juste après. C’était l’équipe bleue.
L’équipe rouge partit la troisième. C’était l’équipe
qui devait trouver une cabane de bûcherons.
L’équipe qui devait repérer un arbre frappé par
la foudre partit en dernier. C’était l’équipe verte.

1. Combien d’équipes participent à la course d’orientation ?


Repère les adjectifs qui complètent le nom « équipe » et qui permettent
de les distinguer.
2. Des phrases subordonnées permettent également de compléter le nom « équipe »

© Nathan
et de les distinguer. Elles commencent toutes par le même mot. Lequel ?
3. Qui a donné la boussole ? Relève la phrase qui te l’indique.
Par quel mot commence cette phrase ?

Étape 2
1 Indique le nom qui est complété par chaque phrase subordonnée écrite en gras.
Au zoo, nous avons vu des éléphants qui venaient d’Asie. ~ Les grands arbres de la forêt
ressemblaient à d’énormes piliers qui semblaient soutenir le ciel. ~ Archibald aperçoit
des géants qui l’accueillent avec bienveillance. ~ Il écoutait une musique qui charmait
ses oreilles et son cœur. ~ Maman a préparé une tarte qui est délicieuse.

2 Dans les phrases ci-dessus, remplace les phrases subordonnées écrites en gras
par les adjectifs et les groupes nominaux (compléments de nom) suivants.
de marbre ~ adorables ~ aux abricots ~ cristalline ~ d’Afrique

3 Indique les noms qui sont complétés par des phrases subordonnées.
Voici Pierre qui a semé le grain qui a nourri le coq qui a réveillé le bon monsieur qui a
arrêté le méchant brigand qui a battu la servante qui a trait la vache qui a corné le chien
qui a étranglé le chat qui a attrapé le rat qui a mangé la farine qui est dans le grenier
de la maison que Pierre a bâtie.
S. Cone Bryant, Comment raconter des histoires à nos enfants, D. R.

141
8
GRAMMAIRE La phrase subordonnée relative

Pour compléter ou préciser le sens d’un nom, on peut aussi utiliser une phrase
subordonnée relative. Elle est introduite par un pronom relatif comme « qui »
ou « que » :
C’était l’équipe qui devait passer par la maison du garde forestier.
Chaque équipe disposait d’une boussole que la maîtresse avait donnée.
Comme l’adjectif et le groupe nominal, la phrase subordonnée relative donne
des informations supplémentaires sur le nom qu’elle complète :
l’équipe blanche ➜ adjectif complément du nom « équipe »
l’équipe en blanc ➜ groupe nominal complément du nom « équipe »
L’équipe qui porte les maillots blancs. ➜ phrase subordonnée relative complément du nom « équipe »
Sa fonction est également complément de nom.

Je m’exerce 4 Remplace les phrases subordonnées


relatives écrites en gras par un adjectif
ou un groupe nominal.
1 Recopie ces phrases et souligne les phrases Exemple : Le maître présente un livre qui
subordonnées relatives. Entoure le pronom relatif. me passionne. ➜ Le maître présente un livre
1. J’utilise souvent la gomme qui appartient à passionnant / d’aventures.
mon voisin. 2. La boîte de crayons de couleur Papa a raconté une histoire qui est amusante. –
© Nathan

que ma sœur a reçue est très grande. Merci pour cette soirée qui nous a bien plu. –
3. Tu veux acheter un calendrier qui comporte Lou a écrit une lettre que j’aime beaucoup. –
des photographies d’animaux sauvages. L’eau est un liquide qui n’a pas d’odeur.
4. Nous allons souvent dans la papeterie qui se
trouve à côté de notre école. 5 Remplace les adjectifs et les groupes
nominaux par une phrase subordonnée relative.
2 Complète ces phrases avec les pronoms Exemple : Le boulanger de la Grande-Rue fait
relatifs « qui » ou « que ». aussi des gâteaux. ➜ Le boulanger qui est à la
C’est le pré … a été inondé l’an dernier. – Grande-Rue fait aussi des gâteaux.
Le village … j’ai visité pendant mes vacances Le bus à deux étages va à la piscine. – Le bus
est très ancien. – Le paysan … j’ai rencontré climatisé va à la piscine. – J’ai visité un magasin
fabrique un miel … est délicieux. – Je te parle de poterie. – J’ai visité un magasin immense.
du voyage … nous avons fait l’an dernier.
À deux !
3 Pour éviter les répétitions, fais une seule
phrase en utilisant un pronom relatif. L’un complète les groupes nominaux écrits
en gras avec une phrase relative,
Exemple : Célia mange un gâteau. Ce gâteau l’autre avec un groupe nominal précédé
est savoureux. ➜ Célia mange un gâteau qui est d‘une préposition.
savoureux. Nous avons joué dans le pré … . – J’ai passé
Lilou a un vélo. Son vélo est tout neuf. – Lilian mes vacances dans le village … . – Le paysan
caresse le chat. Le chat ronronne. – Nous avons … fabrique un miel délicieux. – Le chien …
pris un goûter. Ce goûter était délicieux. – Nous est très joueur.
avons vu un film. Le maître nous a conseillé Échangez vos phrases et vérifiez ensemble.
ce film.

142
9 La classe grammaticale
et la fonction d’un mot

GRAMMAIRE
Étape 1
Chien et chat
Fox est le chien d’Anaïs. Cet après-midi, Anaïs parlait à son
chien dans le jardin. Soudain, le chien est parti à toute vitesse.
Il est entré dans la maison et a traversé le salon. Il poursuivait
Sépia, la petite chatte grise des voisins. Fox s’attaque toujours
à cette chatte. Sépia est pourtant si douce.
Tout à coup, la laisse du chien a accroché la lampe. La lampe
est tombée sur le chien. La chatte a disparu en miaulant. Anaïs
a rappelé son chien.
1. Le mot surligné en jaune est employé plusieurs fois.
À quelle classe grammaticale appartient-il :
verbe, nom, adjectif ou déterminant ?
2. Quel est le sujet dans la troisième phrase ?
3. Repère le CV dans la deuxième phrase.

Étape 2

© Nathan
1 Dans le texte Chien et chat, indique la fonction du groupe nominal contenant
les mots « lampe » et « Sépia » dans chaque phrase où ils sont employés :
sujet, groupe verbal, complément de verbe, complément de phrase ou attribut du sujet.

2 Indique la classe grammaticale des mots écrits en gras et leur fonction dans les phrases.
Indique la fonction des groupes nominaux soulignés.
Vieux-Père, un jour, acheta des grives. Il les donna à Vieille-Mère, sa femme, pour les faire
rôtir. Mais Vieille-Mère les mangea toute seule. Vieux-Père revint pour déjeuner et elle
accusa le chat de les avoir dérobées !
L’ayant entendue, le chat alla bouder sur la terrasse.
La terrasse lui demanda :
« Qu’as-tu à bouder ? »
D’après M. Dib, L’histoire du chat qui boude, avec l’aimable autorisation des Éditions Albin Michel.

3 Repère les adjectifs et indique leur fonction dans chaque phrase :


complément de nom ou attribut du sujet.
1. Les pendules et les carillons donnaient une musique merveilleuse.
La musique des pendules et des carillons était merveilleuse.
2. Les pantoufles d’Ali Baba étaient orientales.
Ali Baba chaussa ses pantoufles orientales.
3. La grenouille, qui s’enflait et se gonflait de plus en plus, devenait énorme.
L’énorme grenouille s’enflait et se gonflait de plus en plus.

143
9 La classe grammaticale et la fonction d’un mot

Les mots se regroupent selon leur classe grammaticale : nom, verbe,


GRAMMAIRE

adjectif, adverbe, déterminant, pronom…


« chien » est un nom ~ « grise » est un adjectif.
– Certains mots peuvent avoir différentes fonctions.
Le groupe nominal peut être :
– sujet : Le chien est parti à toute vitesse.
– attribut du sujet : Fox est le chien d’Anaïs.
– complément de nom : La laisse du chien a accroché la lampe.
– CV du verbe : Anaïs a rappelé son chien.
Anaïs parlait à son chien dans le jardin.
– complément de lieu : La lampe est tombée sur le chien.
Les adjectifs peuvent être :
– complément de nom : Sépia, la petite chatte grise, est très douce.
– attribut du sujet : Sépia est grise.

Je m’exerce
1 Recopie seulement les phrases dans 4 Indique la fonction des mots écrits en gras.
lesquelles le groupe nominal comprenant Le ciel est, par-dessus le toit,
© Nathan

le nom noyau « amis » a la fonction de sujet. Si bleu, si calme !


Des amis viennent nous voir. – J’aime beaucoup Un arbre, par-dessus le toit,
mes amis. – Le chien de mes amis est dangereux. Berce sa palme.
Ce matin, les amis de mon fils sont venus La cloche, dans le ciel qu’on voit,
le chercher. – Je vais souvent chez mes amis. – Doucement tinte.
Max et Léo sont de vieux amis. Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
2 Recopie seulement les phrases dans
Chante sa plainte.
P. Verlaine, Sagesse.
lesquelles le groupe nominal comprenant
le nom noyau « chat » a la fonction de CV.
5 Indique la classe grammaticale
Le chat dort sur le fauteuil. – Chaque matin, et la fonction des mots écrits en gras.
je caresse mon chat. – Après son repas, mon chat Au bord du fleuve indien vivait un vieux
ronronne. – Je ne trouve plus le collier de mon chat. – pêcheur. Un jour qu’il pêchait sur sa barque,
Le chien de mes voisins a poursuivi mon chat. – il aperçut un nid qui flottait sur le fleuve.
J’ai aperçu mon chat sur le toit de la maison. Dans ce nid dormait un tout petit garçon.
H. Hausmann, L’enfant qui parlait aux oiseaux, D. R.
3 Recopie seulement les phrases dans
lesquelles le groupe nominal comprenant
le nom noyau « maison » a la fonction
de complément de nom. À deux !
Des cigognes ont fait leur nid sur le toit de ma Chacun écrit quatre phrases contenant
maison. – La maison de mes grands-parents a été le mot « oiseau » avec une fonction
vendue. – Nous avons acheté une maison au bord différente dans chaque phrase :
de la mer. – Les maçons ont terminé les murs sujet, CV, complément de nom.
Comparez vos phrases.
de la maison. – David vient souvent à la maison.

144
10 Les types de phrases : déclaratives,
interrogatives et impératives

GRAMMAIRE
Étape 1
Émilie et le crayon magique
« Au fait : tu aimes dessiner, j’espère ?
– Et comment ! s’exclame Émilie. Tu veux qu’on essaie tout de suite ?
– Bien sûr ! répond le crayon.
– Qu’est-ce qu’on va faire ? demande-t-elle. Oh ! J’ai une idée. Je vais
dessiner un énorme goûter ! Une brioche, avec de la confiture.
– D’accord », fait le crayon ravi.
Émilie dessine alors une brioche joufflue. Puis, elle ajoute un pot
de confiture d’abricots. La brioche commence à enfler lentement.
À côté, le pot et la cuillère sortent à leur tour du papier.
« Alors, tu es convaincue ? demande le crayon.
– Mmm ! Ce que c’est bon ! Vite, dessinons autre chose !
– Pas si vite, réplique le crayon. Finis d’abord de goûter. »
D’après H. Bichonnier, Émilie et le crayon magique, illustration de Vincent Perrot
© Le Livre de Poche Jeunesse, 2007.
1. Relève les phrases qui racontent quelque chose ou qui donnent une information.
Que remarques-tu à la fin de ces phrases ?

© Nathan
2. Relève les phrases qui posent des questions. Que remarques-tu à la fin de ces phrases ?
3. Dans quelle phrase Émilie donne-t-elle un ordre ? Dans quelle phrase le crayon
donne-t-il un ordre ? Que remarques-tu à la fin de ces phrases ?

Étape 2
1 Lis ce texte à haute voix et choisis les signes de ponctuation qui conviennent.
Dans quelles phrases peux-tu hésiter ?
« Allez, les mecs (? / !) Tapez-lui dessus (! / .) hurla le plus grand et le plus costaud
des garçons. Qu’il n’ait plus jamais le culot de remettre les pieds dans cette rue (? / !)
– Oh (! / .) s’écria Annika. C’est ce pauvre Willie qu’ils sont en train de tabasser (? / .) Comment
peuvent-ils être si méchants (. / ?)
Tu peux vérifier avec le texte p. 72, lignes 6 à 10.

2 Lis ce texte à haute voix et ajoute la ponctuation qui manque.


Quelles remarques peux-tu faire sur l’intonation de certaines phrases ?
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant demande le crayon
– Tu verras, c’est une surprise »
Émilie commence à tracer la queue d’un animal terminée par une touffe de poils
« Et voilà s’écrie-t-elle
– Mais tu es complètement folle glapit le crayon, c’est un tigre, on n’a jamais fait une chose
pareille » D’après H. Bichonnier, Émilie et le crayon magique, illustration de Vincent Perrot
© Le Livre de Poche Jeunesse, 2007.

145
10 Les types de phrases : déclaratives, interrogatives et impératives

Lorsque l’on s’exprime, on peut utiliser différents types de phrases à la forme


GRAMMAIRE

positive ou négative :
– des phrases déclaratives : on donne une information, un avis
ou on raconte quelque chose. Elles se terminent par un point :
On essaie tout de suite.
– des phrases interrogatives : on pose une question.
Elles se terminent par un point d’interrogation :
Tu veux qu’on essaie tout de suite ?
– des phrases impératives : on donne un ordre ou un conseil.
Elles contiennent souvent un verbe à l’impératif et se terminent par un point
ou un point d’exclamation :
Essaie tout de suite. Essaie !

Je m’exerce 5 Trouve deux autres façons de poser


ces questions.
1 Indique si ces phrases sont déclaratives,
Exemple : Émilie a-t-elle dessiné ?
interrogatives ou impératives.
➜ Émilie a dessiné ? ➜ Est-ce qu’Émilie a dessiné ?
– Quand faisons-nous la randonnée à vélo ? Émilie est surprise en entendant le crayon lui
– Nous partirons jeudi prochain. parler ? – Émilie n’a-t-elle pas envie de goûter ? –
© Nathan

– Avez-vous préparé vos vélos ? Émilie croit le crayon ? – Émilie trouve-t-elle


– On n’a pas encore vérifié les freins. le crayon amusant ? – Est-ce qu’Émilie veut
– Prenez les outils dans l’atelier. continuer ?
– Tu ne viens pas avec nous ?
– Non, allez-y. Je vous rejoins dans un instant. 6 Transforme ces phrases impératives
en phrases déclaratives.
2 Réponds aux questions posées
à propos du texte Émilie et le crayon magique. Exemple : Va chercher un chameau, Ali. ➜ Tu vas
Est-ce qu’Émilie aime dessiner ? – À qui parle- chercher un chameau, Ali.
t-elle ? – Quelle est l’idée d’Émilie ? – D’où sortent Cours à l’écurie. – Mettez les animaux devant
le pot et la cuillère ? la maison. – Écarte la moitié des bêtes. –
Voir le texte p. 145. Ali, ramène cette bête. – Versez-moi la moitié
de l’héritage. – Ne donnez pas cent dinars
3 Recopie ce texte avec la ponctuation.
au chameau. – Rentrez chez vous à présent.
On n’aperçoit rien ici Oh Je me suis fait mal
Prends donc une lampe électrique Où est-elle À deux !
Dans le tiroir Aïe Qu’est-ce que tu as Je me
suis pincé les doigts Fais donc attention va Écrivez un dialogue de quelques lignes.
doucement Ah Voilà enfin On y voit quelque L’un demande à l’autre s’il a aimé le dernier
chose Mais on n’est pas dans l’atelier aux vélos livre qu’il a lu. L’autre répond qu’il l’a adoré
et lui conseille de le lire.
4 Trouve une phrase interrogative Utilisez des phrases déclaratives,
pour chaque réponse. interrogatives ou impératives.
N’oubliez pas d’utiliser aussi le point
Célia caresse son chien. – Oui, Victor a faim. – d’exclamation !
Julien arrive demain. – On ne l’a pas trouvé.

146
11 La ponctuation

GRAMMAIRE
Étape 1
Sherlock Heml’Os mène l’enquête
Sherlock Heml’Os, le détective, rend visite à son ami Jojo
qui possède un ranch. Un paquet contenant un chapeau
a mystérieusement disparu. Sherlock Heml’Os interroge
trois cow-boys.
– Pierre, est-ce que tu sais quelque chose au sujet du paquet
contenant un chapeau ? Il a été volé dans la maison.
– Bien sûr que non, répondit le cow-boy très pâle,
que veux-tu que je sache ? Tout ce que je sais, c’est que
je n’ai pas pris ce paquet !
– Louis, est-ce que tu sais quelque chose au sujet
de ce chapeau ?
– Bien sûr que non ! répliqua Louis.
– Hum, Charles, dis-moi tout ce que tu sais sur cette histoire de chapeau volé.
– Pourquoi moi ? s’indigna celui-ci. Comme si un chapeau pouvait m’intéresser !
D’ailleurs, je me demande bien ce que je ferais d’un chapeau blanc ! J’en ai des tas !
– Pas facile de découvrir le coupable, remarqua Jojo.

© Nathan
Ces trois-là se prétendent innocents.
– Mais non ! répliqua Sherlock Heml’Os…
Jim et Mary Razzi, Sherlock Heml’Os mène l’enquête.

1. Repère le signe de ponctuation qui indique que les personnages parlent.


Comment s’appelle un tel passage ?
2. Relève les autres signes de ponctuation du texte. Explique leur emploi.
3. À la dernière ligne, pourquoi y a-t-il les points de suspension (trois points) ?
4. Voici la dernière phrase du texte à la place des points de suspension : Je connais
le voleur ! Sherlock Heml’Os a donc découvert le voleur. Et toi ? Si oui, explique
comment tu as fait.

Étape 2
1 Lis ce dialogue.
1. Ajoute les signes de ponctuation qui manquent.
2. Sais-tu à quoi servent les signes surlignés en bleu ? Comment s’appellent-ils ?
« Comment t’appelles-tu
Je m’appelle Marilou
Marilou, je te nomme pirate-assistante
Tu surveilleras mon perroquet Je pars à la recherche du trésor
Formidable s’exclame la fillette »
D’après Christine Palluy, Un pirate à l’école, © Bayard Éditions Jeunesse.

147
11 La ponctuation

Pour lire et écrire un texte, on a besoin d’employer des signes de ponctuation.


GRAMMAIRE

Les points de la phrase : . ? ! …


– Le point : . – Le point d’exclamation : !
Le détective mène l’enquête. J’en ai des tas ! ~ Dis-moi la vérité !
– Le point d’interrogation : ? – Les points de suspension : …
Est-ce que tu sais quelque chose Les points de suspension signalent une interruption.
au sujet de ce chapeau ? La phrase non finie peut créer un effet de suspense.
– Mais non ! répliqua Sherlock Heml’Os…
– La virgule : ,
La virgule isole un mot ou un groupe de mots qui désigne à qui l’on s’adresse.
Louis, est-ce que tu sais quelque chose au sujet de ce chapeau ?
La virgule sépare les éléments d’une énumération.
Il n’a pas pris le paquet, ni volé le chapeau, ni vu un voleur !
La ponctuation dans les paroles prononcées
– Le tiret : –
Le tiret est employé pour rapporter les paroles entre les personnes.
– Ces trois-là se prétendent innocents.
– Mais non ! répliqua Sherlock Heml’Os. Je connais le voleur !
– Les guillemets : « »
Les guillemets encadrent les paroles prononcées par les personnes.
« Dites-moi la vérité !
© Nathan

– Mais personne ne vous ment ! »

Je m’exerce
1 Relève la ponctuation qui manque 4 Quels signes de ponctuation dois-tu ajouter
dans ce résumé d’un texte. aux phrases suivantes ?
Le loup et les sept chevreaux. La chèvre est « Cette queue lisse et douce c’est notre mère »
partie chercher de la nourriture laissant seuls Ils ouvrent la porte D’un bond le loup s’engouffre
ses chevreaux Le loup qui rêve de dévorer dans la maison attrape les chevreaux et les avale
les petits arrive devant leur maison en imitant l’un après l’autre Le petit a juste le temps de
la voix de leur mère se cacher dans une boîte à chaussures
2 Récris l’extrait du texte ci-dessous
en ajoutant les signes de ponctuation
qui manquent.
La coiffeuse peigne coiffe démêle la queue
du loup qui devient lisse douce toute lisse
comme celle de la chèvre À deux !
3 Quels points dois-tu ajouter à ces phrases ? Relisez le texte Sherlock Heml’Os mène
l’enquête.
« Passe ta queue par la chatière »
Jouez le dialogue avec « expression »,
« Ta queue est rêche et sèche Tu n’es pas notre c’est-à-dire en tenant compte des signes
mère Tu veux nous manger La queue de maman de ponctuation.
est lisse et douce »

148
1 À quoi sert l’orthographe ?

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Au tribunal
LE PROCUREUR (ricanant) – Le petit Albert pourra-t-il
nous expliquer pourquoi il avait écrit dans une dictée :
« la tante est insupportable » ? Je dis bien : la tante
avec un « a » ! Il ne va tout de même pas prétendre que
c’est sa tente de camping qu’il trouvait insupportable !
Voyons, c’est bien de Mademoiselle Rossi qu’il s’agissait !…
Pour moi, Monsieur le Juge, l’affaire est claire :
ce vaurien est un récidiviste1 et il mérite les travaux
forcés à perpétuité !
LE JUGE – Accusé, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?
L’ACCUSÉ – Heu… C’était la faute de l’apostrophe.
LE JUGE – Quoi ?
L’AVOCAT DE LA DÉFENSE – Une simple faute d’apostrophe,
Monsieur le Juge. Le texte de la dictée parlait d’une personne
qui attendait depuis longtemps le retour d’un être cher et trouvait

© Nathan
cette attente insupportable… Encore un mauvais tour de l’orthographe, hélas !
G. Rodari, Histoires au téléphone (traduit de l’italien) © La Joie de lire, 2007.
1. un récidiviste : une personne qui recommence une mauvaise action.
1. Relève la phrase que le petit Albert a écrite dans sa dictée.
2. Qu’a compris le procureur en lisant la phrase écrite par
le petit Albert ? À quel autre mot le procureur fait-il référence ?
3. En réalité, de quoi le petit Albert voulait-il parler ?
Qu’aurait-il dû écrire pour se faire comprendre ?

Étape 2
1 Devinette : Qui sont les filles ? Qui sont les garçons ?
Claude et Frédérique sont les amies de Michèle. ~ Michel et Dominique sont les amis
de Claude. ~ Emmanuelle et Danielle sont les amies de Michel. ~ Dominique est l’ami
de Frédéric. ~ Frédérique est l’amie de Dominique.

2 Choisis les mots qui conviennent et explique pourquoi.


Maman (serre / sert) le bébé très fort contre elle pour le rassurer. ~ Maman (serre / sert)
le bébé qui tend son assiette : il aime beaucoup la purée. ~ Le bébé (goûte / goutte) la purée
de ses petites lèvres gourmandes. ~ Il y a encore quelques (goûte / gouttes) de pluie sur les
feuilles de géranium. ~ Sonia marche d’un pas (alerte / alertent) vers la salle de gym. ~
La grange brûle, les fermiers (alerte / alertent) les pompiers.

149
1 À quoi sert l’orthographe ?

À l’oral, certains mots peuvent se confondre avec d’autres mots, ce qui empêche
parfois de se comprendre.
ORTHOGRAPH E

L’orthographe sert à :
– distinguer à l’écrit des mots qui se prononcent de la même manière, les homophones :
un car / un quart ~ un pouce / une pousse ~ la voie / la voix ;
– reconnaître un mot dans un groupe de mots :
Ce poème, je l’apprends. ~ Cette valise, je la prends.
Grâce aux accords que l’on n’entend pas à l’oral, l’orthographe sert à donner
des informations précises : J’étais étonné. (C’est un garçon qui parle.)
J’étais étonnée. (C’est une fille qui parle.)

Je m’exerce 4 Indique « de qui » il s’agit.


1. Je suis tombée sur les fesses. ➜ Tom ou Aurélie ?
2. Pourquoi t’es-tu enfui ? ➜ Tom ou Aurélie ?
1 Choisis les mots qui conviennent.
3. Tu étais épuisée. ➜ Léo ou Cosette ?
Aide-toi de ton dictionnaire.
4. Je me suis penché. ➜ Tom ou Lola ?
Tom a acheté une (paire / père) de chaussures. – 5. Pourquoi es-tu venue ? ➜ Sandy ou Alex ?
© Nathan

Je mesure un (mètre / maître) soixante. – L’oiseau


s’envole à tire-d’(ailes / elle). – Nous sommes
5 Écris une phrase avec chacun de ces mots.
allés à un (balle / bal) masqué. – Ariane adore
la confiture de (mûres / mur). – Pierre a enjambé sale – salle – sol – sole – tache – tâche – vers –
le petit (mûre / mur). – Il a entendu un (cou / vert – voix – voie.
coup) de fusil.

2 Choisis les mots qui conviennent.


Nous entendons les oiseaux ; (ils chantent /
il chante). – Il parle sur un ton très (amical /
À deux !
amicale). – Ces (tigres / tigresses) sont cruelles. – L’un écrit trois phrases pour expliquer
Mes (amis / amies) sont parties ensemble. – les phrases de la liste 1, l’autre écrit trois
Mon cousin (Paul / Paule) reviendra jeudi. phrases pour expliquer les phrases de la
liste 2. Utilisez votre dictionnaire.

3 Écris les groupes nominaux 1.


mis en évidence au singulier. – Il faut six maîtres.
Le magicien fait des tours de magie. – Les tours – Ce sont les pattes du chien.
de ce château sont en ruine. – Sur le bateau, – On a une faim de loup.
les mousses lavent le pont. – Les enfants dégustent 2.
des mousses au chocolat. – Des voiles de fumée – Il faut s’y mettre.
masquent l’horizon. – Les marins ont hissé – Ce sont les pâtes du chien.
les voiles. – Le pâtissier verse la pâte dans des – Ce film a une jolie fin.
moules. – On trouve souvent des moules sous Échangez ensuite vos explications.
les rochers.

150
2 Le pluriel des noms se terminant par « ou »

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Les hiboux
Ce sont les mères des hiboux Votre histoire se passait où ?
Qui désiraient chercher les poux Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
De leurs enfants, leurs petits choux, Ou dans la cabane bambou ?
En les tenant sur les genoux. À Moscou ou à Tombouctou ?
Les yeux d’or valent des bijoux En Anjou ou dans le Poitou ?
Leur bec est dur comme cailloux, Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Ils sont doux comme des joujoux, Hou ! Hou !
Mais aux hiboux point de genoux ! Pas du tout : c’était chez les fous.
R. Desnos, « Les Hiboux », dans Chantefables
et Chantefleurs © Gründ.
1. Par quel son se termine le dernier mot de chaque vers ?
2. Relève tous les noms au pluriel qui se terminent par ce même son.
3. Ces noms ont-ils tous la même marque du pluriel ? Classe-les.

Étape 2
Relève les noms qui se terminent par le son [u] comme « mou ».

© Nathan
Quelles marques prennent-ils au pluriel ?
Les mérous se cachent dans des trous inaccessibles aux plongeurs. ~ Arrêtez de lancer
des cailloux, vous êtes des petits fous ! ~ Ces vieux verrous tiennent encore avec des clous rouillés. ~
Le soir, Maman nous fait toujours des bisous. ~ L’été, les gros matous miaulent à la pleine
lune. ~ Les coucous déposent leurs œufs dans le nid des autres oiseaux.

En général, les noms qui se terminent par « ou » au singulier prennent un « s »


au pluriel : un fou ➜ des fous ~ un clou ➜ des clous.
Sept exceptions à apprendre par cœur prennent un « x » au pluriel :
un bijou ~ un caillou ~ un chou ~ un genou ~ un hibou ~ un joujou ~ un pou
des bijoux ~ des cailloux ~ des choux ~ des genoux ~ des hiboux ~ des joujoux ~ des poux.

Je m’exerce 3 Mets les noms écrits en gras au pluriel.


Attention aux accords !
1 Chasse l’intrus dans chaque série.
Il reste un chou à la crème. – Le coucou chante
1. clou – bambou – bisou – pou – trou. tous les matins. – Le petit kangourou se cache
2. hibou – genou – bijou – chouchou. dans la poche de sa maman.

2 Mets ces groupes nominaux au pluriel. 4 Cherche le sens de ces noms. Mets-les
un beau bijou – un joli caillou – un gentil filou – au pluriel et emploie-les dans des phrases.
un petit sou – un long cou – un doux bisou. un clou – un tatou – un écrou – un verrou.

151
3 Le pluriel des noms se terminant
par « au », « eau », « al »
ORTHOGRAPH E

Étape 1
Lis ce texte.
Comme Cosette devant la poupée de ses rêves, souvent dans les magasins de jouets,
je m’arrêtais devant la ferme et les animaux en bois exposés. Mes amis se moquaient de moi,
ils préféraient collectionner des figurines en plastique représentant des héros de dessins
animés. Mon cousin, qui venait de fêter ses dix-huit ans, me tendit deux cadeaux : ils étaient
enveloppés dans des journaux. Lorsque je les ouvris, je découvris des chevaux, des agneaux,
des vaches et des veaux en bois. L’autre paquet contenait la ferme que mon cousin avait construite
avec différents matériaux. Il m’avoua que lui aussi, à mon âge, aimait ces jouets en bois.
1. Relis le texte en mettant les mots surlignés en jaune au singulier.
Quels sons entends-tu à la fin des mots ?
2. Classe ces mots selon leur terminaison au singulier.

Étape 2
Écris les noms de chaque série au singulier.
Série 1 : mes animaux – les journaux – des chevaux – des hôpitaux
© Nathan

Série 2 : des bals – les carnavals – les récitals


Série 3 : des bateaux – des museaux – les préaux – des noyaux – des châteaux
Série 4 : des landaus – des sarraus

En général, les noms qui se terminent par « au » ou « eau » au singulier prennent


un « x » au pluriel : un noyau ➜ des noyaux ~ un bateau ➜ des bateaux.
Exceptions à mémoriser : un landau ➜ des landaus (cet objet est originaire de la ville
de Landau en Allemagne) ~ un sarrau ➜ des sarraus.
En général, les noms qui se terminent par « al » au singulier s’écrivent avec « aux »
au pluriel : un cheval ➜ des chevaux.
Certains noms qui se terminent par « al » prennent un « s » au pluriel :
un chacal ➜ des chacals ~ un festival ➜ des festivals ~ un bal ➜ des bals.

Je m’exerce
1 Complète ces phrases avec les noms 2 Accorde les noms entre parenthèses.
de la série. Attentions aux accords. Les (cavalier) montent sur des (cheval). –
plateau – râteau – canal – étau – tableau – gâteau On a vu des (baleine) et des (baleineau). –
La péniche se déplace sur les … . – Les jardiniers Mes (ami) frappent aux (carreau). – Les (ouvrier)
ramassent les feuilles mortes avec des … . – Les ont enterré des (tuyau). – Je prendrai deux
… de l’artiste sont exposés au musée. – Tous les (morceau) de sucre. – Cette année, nos (cadeau)
… sont déposés sur des … . – Les … d’établi sont des livres.
permettent de serrer un objet.

152
4 Le pluriel des noms se terminant par
« ail / aille », « eil / eille », « euil / euille »

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Un marché de Provence
Dès le réveil, sous le soleil matinal, c’est
un marché joyeux, bruyant et odorant
où les victuailles sont en abondance.
Les touristes s’y promènent mais,
pour les marchands, préparer les étals
est un travail important.
Certains, assis sur un fauteuil, exposent
des bagues et des boucles d’oreilles
sur des feuilles argentées. D’autres
présentent des pêches et des groseilles
dans des corbeilles en osier, parfois
des olives dans de grandes jarres
en émail. Avec la chaleur, l’odeur
de l’ail en tresses se mêle à celle
des volailles rôties.

© Nathan
Soudain, un écureuil surgit au milieu
de cette joyeuse pagaille !
1. Quel est le genre des noms surlignés en bleu ? Et des noms surlignés en vert ?
2. Que remarques-tu avec les terminaisons des noms surlignés en jaune ?
3. Que remarques-tu avec les terminaisons des noms surlignés en rose ?

Étape 2
1 Quel est le genre des noms écrits en gras ? Classe-les en deux groupes.
La maîtresse nous donne toujours de bons conseils. ~ Il observait les oreilles du cheval. ~
Je me suis fracturé le petit orteil. ~ Une abeille est entrée dans le salon. ~
Mon réveil est tombé sur le tapis. ~ On se protège du soleil.

2 Quel est le genre des noms écrits en gras ? Classe-les en deux groupes.
Le bétail est transporté dans des camions aérés. ~ Après la course, le poitrail du cheval
est luisant. ~ Les Anglais ont vaincu Napoléon à la bataille de Waterloo. ~ Les vaches
se couchent sur de la paille.

3 Mets les noms écrits en gras au pluriel. Tu peux utiliser un dictionnaire.


Que remarques-tu ?
Le vitrail de cette chapelle est de couleur bleue. ~ Les peintres ont fini le travail. ~
Les cheminots posent le rail du TGV. ~ Le détail de ce tableau est magnifique. ~ En été,
des dames ont parfois un éventail.

153
4 Le pluriel des noms se terminant par « ail / aille », « eil / eille », « euil / euille »
ORTHOGRAPH E

En général, les noms qui se terminent par « ail », « eil », « euil » sont masculins :
un travail ~ un réveil ~ un écureuil.
Et les noms qui se terminent par « aille », « eille », « euille » sont féminins :
une volaille ~ une groseille ~ une feuille.
Quelques exceptions sont à mémoriser :
un chèvrefeuille ~ un portefeuille ~ un millefeuille.
Au pluriel, les noms terminés par « ail » prennent un « s » :
des détails ~ des éventails ~ des chandails.
Sept exceptions à mémoriser font leur pluriel en « aux » :
un bail ~ un corail ~ l’émail ~ un soupirail ~ un travail ~ un vantail ~ un vitrail
des baux ~ des coraux ~ des émaux ~ des soupiraux ~ des travaux ~ des vantaux ~ des vitraux.

Je m’exerce
1 Chasse l’intrus dans chaque liste. 5 À partir des mots écrits en gras, trouve
1. accueil – écureuil – chèvrefeuille – treuil. des noms terminés par « ail » ou « aille » pour
compléter ces phrases ou ces groupes de mots.
2. muraille – taille – marmaille – rail – ferraille.
3. abeille – cercueil – oreille – bouteille. Exemple : Des morceaux de fer. ➜ De la ferraille.
Courir dans la brousse. ➝ Les … me piquent
© Nathan

2 Classe les noms écrits en gras en deux les jambes. – Les marmots du port. ➝ La … . –
groupes : féminin / masculin. Le capitaine gouverne le navire. ➝ Il tient le … . –
L’orgueil est un vilain défaut. – Vous pouvez Un maillon de la chaîne. ➝ La … du filet. –
dormir sur vos deux oreilles. – Le navire évite La porte du jardin. ➝ Le … du jardin.
les écueils en arrivant au port. – Pliez votre feuille
en deux ! – Les abeilles butinent la lavande. – 6 À partir des mots écrits en gras, trouve
Le coq salue le réveil de la nature. – Ce gâteau des noms terminés par « eil » ou « eille » pour
aux groseilles est une pure merveille ! compléter ces phrases ou ces groupes de mots.
Exemple : Une plage ensoleillée. ➜ Le soleil brille.
3 Complète ces phrases avec les noms
de la liste. Le bébé vient de se réveiller. ➝ Il a le … agréable. –
œil – appareil – volaille – soleil – cercueil – travail Un treillage serré. ➝ La … de la vigne. – Il est
Le boucher utilise un … pour hacher la viande.– encore ensommeillé. ➝ Il a le … lourd.
J’ai une poussière dans l’… . – Le cadavre repose
dans un … . – La … rôtit et dore dans le four. –
Ce matin, le … brille. – Nous travaillons à deux ; À deux !
j’aime le … en équipe. L’un met la première liste de noms
au singulier. L’autre met la seconde liste
4 Mets les noms écrits en gras au pluriel. au pluriel.
Attention aux accords ! 1. des trouvailles – des détails – des travaux –
La cave est aérée par un soupirail. – Les maçons des épouvantails – des batailles.
ont presque terminé le travail. – Ils n’ont plus 2. un chandail – un éventail – un corail –
qu’un détail à achever. – Le menuisier pose un détail – un portail – le vitrail.
le rail du placard. – L’éventail atténue la chaleur. – Échangez vos noms et vérifiez ensemble.
On a mis un épouvantail dans le verger.

154
5 Le pluriel des mots se terminant
par « eu » ou « eux »

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Lis ce texte.
À Lilaville, dans le square de la Butte d’or, vit une famille
de monstres, des monstres affreux, hideux, baveux,
avec des cheveux bleus. Ça n’amuse pas du tout le fils,
Kitou, d’allumer des feux, de crever les pneus des voitures.
Mais dans cette famille il faut obéir, et le père a décidé :
« Je veux que Kitou devienne le monstre le plus affreux
de la terre. »
D’après A. Rocard et M. Degano,
Kitou Scrogneugneu © Groupe Fleurus, 1987.

1. Par quel son se terminent les mots surlignés en jaune ?


2. Ces mots ont-ils tous la même marque du pluriel ?
Classe-les.
3. Écris les noms surlignés en jaune au singulier.
Que remarques-tu ?
4. Écris les adjectifs surlignés en jaune au féminin.

© Nathan
Que remarques-tu ?
5. Écris les adjectifs surlignés dans le texte au singulier.
Que constates-tu ?

Étape 2
1 Les adjectifs écrits en gras sont-ils différents au singulier et au pluriel ?
Les lions en cage semblent malheureux. Le tronc de cet arbre est creux.
Le lion en cage semble malheureux. Les troncs de ces arbres sont creux.
Je trouve ces films affreux. Cet artiste a un talent fabuleux.
Je trouve ce film affreux. Ces artistes ont des talents fabuleux.
On entend des cris joyeux. J’apprécie cet air mélodieux.
On entend un cri joyeux. J’apprécie ces airs mélodieux.

2 Écris l’adjectif au féminin.


1. Ce prix est avantageux. Cette affaire est … .
2. Mon grand frère est amoureux. Ma grande sœur est … .
3. Le temps est désastreux. La récolte est … .
4. Il est chanceux au jeu. Elle est … au jeu.
5. Son rire est contagieux. Sa gaieté est … .
6. Ce fromage est crémeux. Cette sauce est … .
7. Ce pic est majestueux. Cette montagne est … .

155
5 Le pluriel des mots se terminant par « eu » ou « eux »
ORTHOGRAPH E

En général, les noms qui se terminent par « eu » prennent un « x » au pluriel :


un feu ➜ des feux ~ un cheveu ➜ des cheveux.
Trois exceptions sont à mémoriser : un pneu ➜ des pneus –
un émeu (oiseau d’Australie) ➜ des émeus – un lieu (poisson) ➜ des lieus.
En général, les adjectifs qui se terminent par le son [ø] prennent un « x »
au masculin singulier et au masculin pluriel : un monstre hideux ➜ des monstres hideux.
Ils font leur féminin singulier en « euse » et leur féminin pluriel en « euses » :
une sorcière hideuse ➜ des sorcières hideuses.
Une exception est à mémoriser : bleu ➜ bleus ➜ bleue ➜ bleues.
Elle porte souvent des chemises bleues.

Je m’exerce
1 Repère l’intrus dans chaque série. 6 Cherche dans ton dictionnaire la signification
1. jeu – aveu – adieu – bleu – dieu. des mots suivants :
superstitieux – somptueux.
2. curieux – joyeux – neveux – heureux.
Utilise ces mots dans des phrases.
© Nathan

2 Écris des phrases avec chacun des mots.


7 Remplace les noms au masculin par des noms
vieux – généreux – essieux – pneus. au féminin pluriel. Attention aux accords.
3 Écris la première série de groupes nominaux Exemple : un principe ingénieux.
au pluriel et la deuxième au singulier. ➜ des idées ingénieuses.
1. un gentil neveu – un vieux journal – un 1. un homme furieux – 2. un monsieur
émeu peureux – un projet ambitieux – un bijou méticuleux – 3. un objet dangereux – 4. un prix
merveilleux – un chemin tortueux. faramineux – 5. un métal précieux – 6. un fruit
2. des hommes grincheux – des habits onéreux – juteux – 7. un exercice ennuyeux
les repas délicieux – des biscuits onctueux –
8 Cherche et écris le mot qui manque.
ces artistes méticuleux.
1. Ces fillettes ont souvent froids aux mains, elles
4 Transforme les phrases au singulier. sont …. – 2. Aujourd’hui, il pleut beaucoup.
Ces personnages sont monstrueux. – Des Le temps est …. – 3. Ils sont cinq enfants. C’est
chemins pierreux mènent au fond des jardins. – une famille …. – 4. Il ne rit pas, il garde son ….
Des milieux marins restent à explorer.
5 Transforme les phrases selon l’exemple. À deux !
Exemple : Ce sont des enfants curieux. De quel lieu s’agit-il ? Écrivez ce mot
➜ C’est un enfant curieux. au pluriel.
1. Ce sont des lieux merveilleux. – 2. Ce sont 1. Les … proviennent de la mer. – 2. Ces … sont
des découvertes merveilleuses. – 3. Ce sont des bêtes protégés, on ne peut pas planter notre tente. –
dangereuses. – 4. Ce sont des parcours périlleux. – 3. Ces … sont paisibles. – 4. Les … ont été
5. Ce sont des écorces rugueuses. – 6. Ce sont pêchés ce matin.
des solutions astucieuses.

156
6 L’accord du verbe avec le sujet
aux temps simples

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Le chien enragé
Le chien furieux franchit le portillon.
Antoine et Samia s’enfuient en courant, mais
leur petite chienne refuse de les suivre et tire
sur sa laisse. La laisse casse et la petite chienne
se retrouve seule face au monstre enragé.
Les enfants crient. Ils tremblent pour elle.
Les chiens grognent. Vont-ils se jeter
l’un sur l’autre ? Non, heureusement,
le propriétaire du terrifiant animal
apparaît. Il l’appelle. Les enfants soulagés
peuvent reprendre leur promenade.

1. Relève les verbes conjugués et leurs sujets.


2. Classe les sujets en deux groupes : sujets au singulier / sujets au pluriel.

© Nathan
3. Quand le sujet est au pluriel, que remarques-tu à la fin des verbes ?

Étape 2
1 Choisis les formes verbales qui conviennent.
Le chat (soulève / soulèvent) les franges du fauteuil, (se glisse / se glissent) sous le meuble
et (allonge / allongent) la patte. Les odeurs douces de la cuisine (parvient / parviennent)
à ses narines. Mais le chat (préfère / préfèrent) rejoindre les oiseaux et les souris dans le jardin.
Toutes ces petites bêtes (devient / deviennent) ses jouets favoris.

2 Dis ce poème en commençant par 3 Dis le poème ci-contre


« Lorsque les poissons sauront marcher ». en remplaçant :
Qu’est-ce qui change dans le deuxième vers ? – « les poissons »
Recommence avec les strophes suivantes. par « la baleine » ;
Avec des « si » – « les canards »
par « ma chienne » ;
Si les poissons savaient marcher
– « les escargots »
ils aimeraient bien aller le jeudi au marché. par « l’escargot ».
Si les canards savaient parler Qu’est-ce qui change à l’oral ?
ils aimeraient bien aller le dimanche au café. Qu’est-ce qui doit changer
à l’écrit ?
Et si les escargots savaient téléphoner
ils resteraient toujours au chaud dans leur coquille.
C. Roy, Enfantasques © Éditions Gallimard.

157
6 L’accord du verbe avec le sujet aux temps simples
ORTHOGRAPH E

Le verbe s’accorde avec son sujet.


– Quand le sujet est au singulier, le verbe est au singulier.
On peut remplacer le groupe nominal par « il » ou « elle » :
Le petit garçon joue dans le jardin. ➜ Il joue. (3 pers. du sing.)
e

La petite fille des voisins court dans le jardin ➜ Elle court. (3 e


pers. du sing.)
Le verbe s’accorde avec le sujet.
– Quand le sujet est au pluriel, le verbe est au pluriel.
On peut remplacer le sujet par « ils » ou « elles » :
Les petits garçons jouent dans le jardin. ➜ Ils jouent. (3 pers. du pl.)
e

La petite fille et le petit garçon courent dans le jardin. ➜ Ils courent. (3 e


pers. du pl.)

Parfois, le verbe peut se trouver avant le sujet :


Dans le jardin courent les enfants.

Je m’exerce
1 Recopie ce texte et souligne les sujets. 4 Mets les verbes entre parenthèses
au présent.
© Nathan

Les jeunes lionceaux attendent leur repas.


Les lions les regardent. De la chasse reviennent Les minutes (passer). Inès (sentir) qu’elle
un lion et une lionne. La lionne ramène une est en train de gagner la course. Elle (rêver)
gazelle. Les petits de la lionne se précipitent à sa médaille.
sur la carcasse de la gazelle.
5 Mets les verbes entre parenthèses
2 Retrouve les sujets et les verbes au présent.
qui vont ensemble pour former une phrase. Pendant l’été, les vacanciers (se baigner)
1. Les élèves dans une eau limpide. – À Noël, la famille
2. Le fils de mes amis a. lisent. (se réunir). – Tous les enfants (aimer) certainement
3. Marie et Johann b. lit. les glaces. – Les bateaux, à l’abri de la tempête,
4. La jeune fille (attendre) le beau temps. – Le guide, malgré
les difficultés, (réussir) à ramener les touristes
3 Recopie ces phrases et souligne le sujet. égarés. – On (regarder) les bateaux s’éloigner
Indique à la fin de chaque phrase le pronom des côtes.
personnel qui correspond.
À la fin de l’été, les oiseaux migrateurs partent
vers le sud. – Le loup et la chèvre se battent
toute la nuit jusqu’à l’épuisement. – Le chien À deux !
des voisins se sauve souvent. – Les chenilles L’un écrit un groupe nominal au singulier ou
se transformeront en papillons. – Dans les au pluriel. L’autre ajoute un verbe au présent
montagnes, l’aigle royal règne en maître. – (et un complément de verbe si nécessaire).
Les chats du quartier se promènent dans Exemple : Les élèves ➜ mangent leur goûter.
mon jardin. – Léo et sa petite sœur jouent Changez de rôle et recommencez.
ensemble.

158
7 L’infinitif des verbes

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Le texte de Thomas : « À la recherche des bouquetins »
Ce matin, mes deux frères sont allés à la recherche des bouquetins.
Ils adorent se promener dans la montagne et aiment photographier
les animaux.
Ils ont marché toute la matinée ; ils allaient abandonner leurs recherches
quand ils ont aperçu, au loin, un jeune bouquetin sur un piton rocheux.
Alors ils se sont mis à observer l’animal. Ils auraient aimé approcher un peu
plus près mais ils devaient revenir avant la nuit et ils ont décidé de rentrer.
Le lendemain, ils sont partis tôt pour revoir le bouquetin.

1. Les verbes surlignés en jaune sont-ils conjugués ?


Après quels mots sont-ils placés ?
2. Dans ce texte, Thomas a eu du mal à choisir entre le participe passé et
l’infinitif des verbes qui se terminent par -er. À ton avis, pourquoi hésite-
t-il sur l’orthographe des verbes ?
3. Dans la deuxième phrase, si l’on remplaçait « se promener » par

© Nathan
« partir », Thomas hésiterait-il entre l’infinitif et le participe passé ?

Étape 2
1 Remplace les verbes écrits en gras par les formes verbales qui conviennent.
Nous avons pris un filet pour attraper (prendre / pris) des papillons. ~ Robin a décidé
de participer (pris part / prendre part) au tournoi d’échecs. ~ Renard voulait jouer (rire / ri)
avec le loup. ~ Les trois petits cochons se mettent à monter (construit / construire) un mur
de briques. ~ Renard en profita pour faire (joué / jouer) un tour à son compagnon. ~
La petite chèvre s’amusait à gravir (escalader / escaladé) la montagne.

2 Choisis les formes verbales qui conviennent. Explique tes choix.


Le loup espérait (manger / mangé) le renard. ~ Il voulait aussi (dévoré / dévorer) le fromage
au fond du puits. ~ Le renard souhaitait (remonter / remonté) du puits. ~
Il désirait (piégé / piéger) le loup naïf.

3 Relève le mot placé devant chaque verbe à l’infinitif.


Puis indique le sujet du verbe écrit en gras.
Nous avons commencé à marcher dès l’aube. Julien s’est mis à prendre des photos, mais
il n’a pas pu photographier un bouquetin effrayé qui s’est sauvé. Les yeux fixés sur l’animal,
nous l’avons vu se mettre à sauter de rocher en rocher. Nous avons décidé de regagner
notre campement pour préparer une nouvelle randonnée. Dormir devenait nécessaire.

159
7 L’infinitif des verbes
ORTHOGRAPH E

On écrit toujours le verbe à l’infinitif :


– après une préposition comme « à », « de » ou « pour » :
Ils ont décidé de rentrer. ~ Ils sont partis tôt pour revoir le bouquetin…
– après un autre verbe (sauf après les auxiliaires « être » et « avoir ») :
Ils adorent se promener dans la montagne.
Un verbe à l’infinitif peut parfois être le sujet de la phrase :
Dormir devenait nécessaire.
Pour les verbes qui se terminent par -er, il ne faut pas confondre
la terminaison de l’infinitif « er » et celle du participe passé « é »
qui se prononcent de la même façon. Lorsque l’on a un doute, on remplace
le verbe par un autre verbe qui ne se termine pas par -er : « partir »
Ils ont décidé de rentrer. ➜ C’est l’infinitif car on peut dire : Ils ont décidé de partir.

Je m’exerce
1 Réécris ces phrases en remplaçant 4 Complète les terminaisons des verbes
les verbes à l’infinitif par des verbes comme il convient.
qui ne se terminent pas par -er. Le chat veut mont… sur le toit. – Le chat est
© Nathan

J’aime regarder des albums. – Il faudrait une mont… sur le toit. – Mon petit frère a cuisin…
valise pour ranger tes vêtements d’hiver. – Avez- avec ma sœur. – Mon petit frère veut cuisin…
vous réussi à chanter une nouvelle chanson ? – avec ma sœur. – Nicolas est all… visit…
On ne peut pas rentrer avec toi. le musée des transports à Lucerne.
2 Complète ces phrases avec les verbes 5 Complète ces phrases avec les formes
de la liste. verbales de la liste.
voler – voyager – se laver – voter abandonner – blessé – travailler – abandonné –
… est interdit. – … est indispensable. – … est blesser – travaillé
un devoir. – … fait voir du pays. Marie a … samedi matin. – Le cavalier a peur
de … son cheval. – Le cavalier a … son cheval. –
3 Complète les terminaisons des verbes
Le cycliste a … la course. – Le cycliste doit …
par « er » ou « é ».
la course. – Le moniteur nous encourage à … .
« … Je ne peux pas le manqu… . Eh bien, voilà,
c’est arrang… , il n’y avait vraiment pas de À deux !
quoi s’affol… ! » gloussa de rire Vassioutka, et
il commanda d’une voix ferme : « En ava-ant, L’un écrit des phrases avec ces verbes
ma-arche ! Une, deux ! » à l’infinitif. L’autre écrit des phrases avec
ces verbes au passé composé.
Mais son courage ne tarda pas à flanch… .
Exemple : monter ➜ Mon petit frère veut
Il n’y avait toujours pas la moindre entaille.
monter sur mon dos. – Je suis monté au
Par moments, le garçon croyait discern… une
10e étage.
trace sur un tronc sombre.
chercher – crier – manger – donner – passer.
Tu peux vérifier avec le texte p. 43, Échangez vos phrases et vérifiez ensemble.
lignes 61 à 67.

160
8 L’accord de l’adjectif (1)

ORTHOGRAPH E
Étape 1
En Camargue
Les poulains noirs ou bruns prennent la teinte des adultes à l’âge de deux ans. L’étalon
et la jument ont une robe, une crinière et une queue blanches. La plaine et le marais vastes
et herbeux sont leur terrain d’aventures. Ils vivent sur ces étendues inhabitées. Le mâle
sauvage et la femelle indépendante acceptent difficilement la présence des gardians.

© Nathan
En Camargue, les gardians sont les « gardiens » d’une troupe de chevaux élevés en semi-liberté.

1. Indique le genre et le nombre de chaque nom surligné en jaune.


Indique le genre et le nombre de chaque adjectif surligné en bleu.
2. Dans la deuxième phrase, indique ce qui est blanc.
3. Dans la troisième phrase, indique ce qui est vaste et herbeux.
Combien de noms ces adjectifs complètent-ils ?

Étape 2
1 Indique le genre et le nombre des noms complétés par les adjectifs écrits en gras.
Une pluie fine et pénétrante tombait depuis de longues heures. ~ Sur mes lunettes cassées,
il y a une buée transparente. ~ Ses yeux ont un regard vague et tranquille. ~ Sur la terrasse
et l’allée pavées, la chienne rousse fait des sauts joyeux.

2 Indique le genre et le nombre des adjectifs écrits en gras.


Précise le ou les noms qu’ils complètent.
Le ciel et la mer bleus se confondent. ~ J’ai raccommodé ma veste et ma chemise déchirées. ~
De gros nuages apparaissent à l’horizon. ~ J’ai raccommodé mon pull et mon pantalon
déchirés. ~ Papa a mis son écharpe noire. ~ Le jardinier a planté des mûriers et des groseilliers
géants. ~ J’ai raccommodé mon pull et ma chemise déchirés.

161
8 L’accord de l’adjectif (1)
ORTHOGRAPH E

Dans un groupe nominal, l’adjectif s’accorde en genre (masculin / féminin)


et en nombre (singulier / pluriel) avec le nom qu’il complète :
les chevaux noirs ~ les juments noires
masculin pluriel féminin pluriel

Quand l’adjectif complète :


– plusieurs noms masculins, il est au masculin pluriel :
Sors ton stylo et ton crayon verts.
masculin masculin masculin pluriel
– plusieurs noms féminins, il est au féminin pluriel :
Mon père a mis sa chemise et sa cravate bleues.
féminin féminin féminin pluriel
– des noms masculins et féminins, il est au masculin pluriel :
Maman m’a acheté une robe et un pantalon trop courts.
féminin masculin masculin pluriel

Je m’exerce 3 Retrouve les GN et les adjectifs


qui vont ensemble.
1. les chats a. blancs
1 Recopie ce poème et souligne
2. une écharpe et des gants b. sauvage
© Nathan

les adjectifs.
3. une chemise et une veste c. sauvages
Ode à l’oranger 4. une région d. blanches
Ses feuilles vertes, ses blanches fleurs
le font aimer. 4 Accorde les adjectifs entre parenthèses
Ses branches ont de fines épines, comme il convient.
Ses fruits lourds, verts ou dorés Je me souviens de nos (premier) (vrai) échanges
Ont l’éclat d’un réseau de couleurs lors d’(interminable) veillées (nocturne) :
Sous son élégante écorce. des nuits (entier), leurs voix s’entremêlaient
D’après K’Iu Yuan, La poésie chinoise, D. R. pour appeler une à une les étoiles. Une mélodie
(fluide), (complexe), (répétitif), un tissage (merveilleux)
de notes (grave), (profond), orné de variations
2 Recopie les groupes nominaux. Souligne
(ténu), de trilles (épuré), d’envolées (cristallin).
les adjectifs et entoure le ou les noms
qu’ils complètent. Tu peux vérifier avec le texte p. 23, lignes 30 à 34.
Papi m’a fait un délicieux gâteau d’anniversaire. –
De nombreux pucerons recouvrent les rosiers du À deux !
jardin. – L’hiver, de gros nuages noirs envahissent
le ciel. – J’ai écouté un groupe de rock et une L’un complète ces phrases avec un GN
chanteuse formidables. – Un jeune garçon contenant un seul nom, l’autre avec un GN
contenant plusieurs noms.
et sa petite sœur jouent dans le parc. –
Tenez compte des marques des adjectifs !
Des miaulements aigus m’ont réveillé. – Je me suis
… féroces aboyaient sans cesse. – Il aimait …
abonné à cette revue trimestrielle pour un an. –
frais. – … dorés nous donnent faim. – Le soir,
Un soleil froid me fit soulever les paupières. –
… craintives s’envolent au moindre bruit.
Le Géant chantait d’une voix douce. – Pas un Échangez vos phrases et vérifiez ensemble.
cri ne parvenait à franchir mes lèvres paralysées.

162
9 L’accord de l’adjectif (2)

ORTHOGRAPH E
Étape 1
De nouveaux voisins
Aujourd’hui, de nouveaux locataires
arrivent dans la maison voisine.
La dame et le monsieur sont âgés.
Les cheveux de l’homme sont blancs
et longs. Ces gens sont silencieux.
La maison est silencieuse. La table,
les chaises et l’armoire paraissent
très anciennes.

1. Qui est âgé ?


Quels meubles sont anciens ?
Que remarques-tu ?
2. Relève les phrases avec des attributs
du sujet.
3. Comment expliques-tu l’orthographe
des adjectifs surlignés en jaune ?

© Nathan
4. Dans ces phrases, quels sont le genre
et le nombre de chaque sujet ?
Et de chaque attribut du sujet ?

Étape 2
1 Indique le genre et le nombre des noms complétés par les adjectifs écrits en gras.
Le chien de la voisine est élégant. ~ La secrétaire de notre école est élégante. ~
La cage de l’oiseau semble étroite. ~ Le sentier et la porte sont étroits. ~
Les chaînes du portail sont rouillées. ~ La serrure est bloquée. ~
Les chiens du voisin paraissent méchants. ~ Leur regard semble éteint.

2 Indique le genre et le nombre des adjectifs écrits en gras.


La grenouille est verte. ~ Les chatons semblent endormis. ~
Le bûcheron paraît fatigué. ~ Les ouvrières paraissent fatiguées. ~
Le bûcheron et son fils paraissent fatigués. ~ La fourmi n’est pas prêteuse. ~
Le roi des animaux est fier. ~ Les petits poissons deviennent grands.

3 Réécris cette phrase en remplaçant le sujet écrit en gras par :


Le chien et le chat ~ Les chattes ~ La chatte et ses petits ~
Nathan et Leila ~ Les voisins
Le jeune homme était nerveux et impatient.

163
9 L’accord de l’adjectif (2)
ORTHOGRAPH E

Dans une phrase, l’attribut du sujet s’accorde en genre


(masculin / féminin) et en nombre (singulier / pluriel)
avec le nom sujet qu’il caractérise :
Ces gens sont silencieux. ~ Les maisons sont silencieuses.
masculin pluriel féminin pluriel

Quand l’attribut du sujet caractérise :


– plusieurs noms sujets masculins, il est au masculin pluriel :
Le singe et l’ours sont velus.
masculin masculin masculin pluriel
– plusieurs noms sujets féminins, il est au féminin pluriel :
La lionne et la panthère sont dangereuses.
féminin féminin féminin pluriel
– plusieurs noms sujets masculins et féminins, il est au masculin pluriel :
Ma chienne et mon chien sont agressifs.
féminin masculin masculin pluriel

Je m’exerce
© Nathan

1 Recopie ces phrases. Souligne les attributs 4 Accorde les attributs du sujet
du sujet et entoure le ou les noms qu’ils qualifient. comme il convient.
Cette histoire est merveilleuse. – Dans les chenils, Les gâteaux semblent (délicieux). – Cette
les animaux ne semblent pas toujours heureux. – revue est (trimestriel). – Les acteurs paraissent
Le ciel et la mer sont bleus. – Ses chaussures (formidable). – La mer est (déchaîné). –
et sa jupe étaient grises. – Ces fruits étaient bien La tempête devient (violent). – La température est
mûrs. (bas). – Ces gros nuages semblent (menaçant). –
Cette limonade et cette eau minérale n’étaient
2 Retrouve les deux parties qui vont pas très (frais). – Les feuilles de cet arbre sont
ensemble pour former une phrase. (jaune). – La voiture du voisin est (neuf). –
Les risques d’accident sont (minime). – Ces fauteuils
1. Ce chien est a. fanées.
semblent (confortable). – Ce lit et cette banquette
2. Cette rose semble b. inhabité.
paraissent (agréable).
3. Le frère et la sœur sont c. inhabitée.
4. Cette maison paraît d. gentil.
5. Ces roses sont e. fanée. À deux !
6. Le château est f. gentils. L’un complète ces phrases avec un GN
contenant un seul nom, l’autre avec un GN
contenant plusieurs noms.
3 Complète ces phrases avec un attribut
Observez bien les marques des adjectifs !
du sujet de ton choix.
… paraissent intelligentes. – … semblent
Les lapins de ma grand-mère sont … . – craintifs. – … deviendront grandes. – …
Ces pommes semblent … . – La terre, sous mes restent petits.
pieds, semble … . – Mon vélo et mon scooter Échangez vos phrases et vérifiez ensemble.
sont … . – Cette auberge est … .

164
10 L'accord du verbe avec le sujet
aux temps composés (1)

ORTHOGRAPH E
Étape 1
La grenouille aux souliers percés
La grenouille aux souliers percés Mais la grenouille demande toujours, demande
A demandé la charité. encore la charité
Les arbres lui ont donné Car ses souliers sont toujours, sont
Des feuilles mortes et tombées. encore percés.
R. Desnos, « La ménagerie de Tristan »,
Les champignons lui ont donné dans Destinée arbitraire © Éditions Gallimard.
Le duvet de leur grand chapeau.
L’écureuil lui a donné
Quatre poils de son manteau
L’herbe lui a donné
Trois petites graines.
Le ciel lui a donné
Sa plus douce haleine.

© Nathan
1. Les verbes surlignés en jaune sont-ils conjugués à un temps simple
ou à un temps composé ?
2. Relève les sujets des verbes en jaune et indique s’ils sont au singulier ou au pluriel.
3. Le même verbe est utilisé plusieurs fois. Qu’est-ce qui change ? Pourquoi ?

Étape 2
1 Choisis les formes verbales qui conviennent.
Alex (a / ont) couru jusqu’à la maison et (ont / a) retrouvé son chat qui l’attendait. Ensemble,
ils (a / ont) joué sur le tapis et (ont / a) renversé le vase de Chine du salon. Maman (ont / a)
grondé Alex. Le chat (ont / a) compris tout de suite. Il (a / ont) mis sa tête entre ses pattes
et (ont / a) grimpé l’escalier. Alex aussi. Les deux amis inséparables (a / ont) repris leurs jeux
dans la chambre.

2 Conjugue les verbes entre parenthèses au passé composé.


Léo (sortir) sa voiture du garage. Il (changer) les sièges et (installer) un autoradio.
Xavier et Anna (nettoyer) le coffre. Ils (vouloir) faire un tour, mais Léo (refuser).

165
10 L’accord du verbe avec le sujet aux temps composés (1)
ORTHOGRAPH E

Quand un verbe est conjugué à un temps composé avec l’auxiliaire « avoir »,


seul l’auxiliaire s’accorde avec le sujet.
– Quand le sujet est au singulier, l’auxiliaire est au singulier.
On peut remplacer le sujet par « il » ou « elle » :
Le garçon a lancé son ballon. ➜ Il a lancé son ballon.
La mésange a picoré les graines. ➜ Elle a picoré les graines.
– Quand le sujet est au pluriel, l’auxiliaire est au pluriel.
On peut remplacer le sujet par « ils » ou « elles » :
Les garçons ont lancé leur ballon. ➜ Ils ont lancé leur ballon.
Les mésanges ont picoré les graines. ➜ Elles ont picoré les graines.
Avec l’auxiliaire « avoir », le participe passé ne s’accorde pas avec le sujet :
Les garçons ont joué au football. ~ Les filles ont joué au basket.

Je m’exerce 4 Complète ces phrases avec l’auxiliaire


« avoir » conjugué comme il convient.
1 Recopie les verbes conjugués et indique Farid et Théo … construit un château
leur infinitif. de cartes. – La tarte aux pommes … remporté
La neige a recouvert le jardin. Dès leur réveil, un grand succès. – L’aviatrice et son copilote …
atterri à midi. – Le téléphone … sonné toute
© Nathan

les enfants ont voulu sortir. Sarah et Max ont


fabriqué un énorme bonhomme de neige. la journée.
Vincent, le plus jeune des enfants, a placé
5 Conjugue les verbes entre parenthèses
le nez et les yeux. Maman a bien voulu prêter
au passé composé. Écris les formes verbales
son chapeau et Max l’a posé sur la tête du uniquement.
bonhomme.
En 1819, Sophie Rostopchine (épouser) le comte
2 Recopie les sujets et indique la personne de Ségur. Ils (avoir) huit enfants. La comtesse
de la conjugaison qui correspond. de Ségur (passer) la majeure partie de sa vie
Pendant la nuit, les voyageurs du vol pour dans un château, en France. C’est au château
Las Vegas ont eu peur de l’orage. – Pendant de Nouettes qu’elle (élever) ses nombreux enfants et
la promenade, toute la famille a marché d’un bon qu’elle (écrire) Les Malheurs de Sophie, Le Général
pas. – Les élèves de cette école ont visité la tour Dourakine et bien d’autres romans. La comtesse
Eiffel. – La tarte et le gâteau ont cuit en même (commencer) à écrire à l’âge de 57 ans. Elle (écrire)
temps dans le four. – Le garagiste a réparé les histoires qu’elle racontait à ses petits-enfants.
la voiture. Ses romans (connaître) un rapide succès.

3 Associe les parties pour former À deux !


une phrase. L’un écrit un groupe nominal singulier ou
1. Max et son frère pluriel. L’autre ajoute un verbe conjugué
a. ont joué au passé composé avec « avoir » (et un CV
2. Plusieurs samedis de suite,
aux échecs. si nécessaire).
Yann
b. a joué Exemple : Les élèves ➜ ont mangé leur goûter.
3. Dans le salon, les enfants Changez de rôle et recommencez.
aux échecs.
4. Le plus jeune de mes amis

166
11 L’accord du verbe avec le sujet
aux temps composés (2)

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Au bord de la mer
Cette année, nous sommes allés en vacances chez notre tante
qui loue un appartement au bord de la mer. Nous avons voyagé
en train et notre tante est venue nous chercher à la gare. Notre
cousine, Joëlle, nous attendait à la maison. Dès notre arrivée,
nous avons enfilé nos maillots et nous sommes partis prendre
notre premier bain. Notre cousine est restée toute la journée
avec nous. Elle a fait des châteaux de sable avec nous. J’ai su tout
de suite que nous allions passer d’excellentes vacances.

1. Relève les verbes conjugués au passé composé.


2. Sont-ils tous conjugués avec le même auxiliaire ? Classe-les.
3. Relève les sujets pluriels et souligne les participes passés. Que remarques-tu ?
4. Relève les sujets féminins et souligne les participes passés. Que remarques-tu ?

© Nathan
Étape 2
1 Choisis les formes verbales qui conviennent.
Les amis des fleurs, les papillons, (sont venus / est venu) nous voir. Ils (est arrivé / sont arrivés)
ce matin dans notre jardin. Je leur (ai offert / avons offert) une collation ; ils (sont restés /
sont restées) un long moment, mais la pluie (est arrivé / est arrivée) et ils (sont repartis /
est reparti). Depuis, les fleurs (est restée / sont restées) seules, elles (ont perdu / a perdu)
leurs amis danseurs.

2 Dans chaque série de phrases, le sujet des verbes est modifié.


Que remarques-tu à chaque fois ?
1. Cette année, nous sommes allés en vacances chez notre tante.
Cette année, elle est allée en vacances chez sa tante.
Cette année, elles sont allées en vacances chez leur tante.
2. Nous avons voyagé en train.
Elle a voyagé en train.
Elles ont voyagé en train.
3. Nous avons enfilé nos maillots et nous sommes partis prendre notre premier bain.
Elle a enfilé son maillot et elle est partie prendre son premier bain.
Elles ont enfilé leur maillot et elles sont parties prendre leur premier bain.
4. Notre cousine est restée toute la journée avec nous.
Notre cousin est resté toute la journée avec nous.
Nos cousins sont restés toute la journée avec nous.

167
11 L’accord du verbe avec le sujet aux temps composés (2)
ORTHOGRAPH E

Quand un verbe est conjugué à un temps composé avec l’auxiliaire « être »,


l’auxiliaire s’accorde en personne et en nombre et le participe passé
s’accorde en genre et en nombre avec le sujet :
Notre cousine est restée avec nous. Nos cousines sont restées avec nous.
sujet féminin singulier sujet féminin pluriel

Notre cousin est resté avec nous. Nos cousins sont restés avec nous.
sujet masculin singulier sujet masculin pluriel

Je m’exerce 5 Complète ces phrases avec un sujet


de ton choix.
1 Classe ces verbes en deux groupes : … sont parties au bureau. – … est venue me
ceux qui se conjuguent avec l’auxiliaire « avoir » / voir. – … et … sont allés au bord du lac. – … et
ceux qui se conjuguent avec l’auxiliaire « être ». … sont arrivées en retard. – … sont devenues
Écris leur participe passé. sages. – … sont montés à l’étage. – … est passé
Aide-toi en utilisant : « j’ai… » ou « je suis… ». il y a cinq minutes.
© Nathan

partir – venir – chercher – chanter – suivre –


prendre – arriver – grandir – tomber – rester – 6 Complète ces phrases avec l’auxiliaire
aimer – appeler – montrer – entrer. « être » conjugué comme il convient.
Magali … montée par les escaliers. – Nous …
2 Accorde les participes passés entre arrivés chez nos grands-parents. – Benjamin
parenthèses comme il convient. et Valérie … venus voir le spectacle. –
Les jeunes chiots sont (resté) avec leur mère Je … retourné dans ma ville natale.
pendant toute la nuit. – Laura est (allé) chez sa
grand-mère en passant par la forêt. – Ma sœur 7 Écris ces phrases au passé composé.
et ma mère sont (rentré) à la maison très tard. La foudre tombe sur la maison. – Cette lettre
et ce paquet arrivent par la poste. – Les enfants
3 Retrouve les deux parties qui vont
montent dans le grenier. – Les filles et les garçons
ensemble pour former une phrase.
entrent dans la classe en chahutant. – Caroline et
1. Ma petite sœur a. sont nés hier. Clara vont patiner. – Le canard part se baigner
2. Les chatons b. sont nées hier. dans la mare.
3. Julie et Victor c. est née hier.
4. Les jumelles de mon frère À deux !
Chacun choisit trois verbes de la liste et
4 Complète ces phrases avec le pronom invente trois phrases au passé composé.
personnel qui convient. venir – raturer – repartir – rentrer –
Ce matin, … sont partis de bonne heure. – … menacer – remonter – montrer – faire.
est restée dans la voiture. – … est monté Échangez vos phrases. Les verbes sont-ils
se coucher. – Cette année, … sont arrivées correctement accordés avec les sujets ?
plus tôt que d’habitude.

168
12 Le déterminant « leur »

ORTHOGRAPH E
Étape 1
Les fournitures
C’est la rentrée. Max et Noé vont au
supermarché avec leurs parents. Leur
maître a préparé une liste de fournitures.
Les enfants choisissent leur sac, leurs 1. Indique le genre et le nombre de chaque
cahiers, leur classeur et leurs stylos. nom surligné en jaune. Quel est
le déterminant de chaque nom ?
Liste de fournitures 2. Chaque enfant doit-il acheter plusieurs
• 1 sac sacs ? Plusieurs cahiers ?
• 4 cahiers • 3 stylos (1 bleu,
3. Remplace « Max et Noé » par « Lily ».
• 1 classeur 1 vert, 1 rouge)
Que deviennent les déterminants ?

Étape 2
Remplace « Alexis » par « Alexis et Max ». Que remarques-tu ?
Quand Alexis rentre de l’école, il enlève ses chaussures et son manteau, prend son goûter
et se prépare à apprendre ses leçons.

© Nathan
Devant un nom, « leur » est un déterminant comme « sa », « son » et « ses ».
Il indique qu’il y a plusieurs possesseurs :
Max et Noé vont au supermarché avec leur père. ➜ C’est le père de Max et de Théo.
On trouve :
– « leur » devant un nom singulier :
Max et Noé choisissent leur sac. ➜ Chaque enfant a un seul sac.
– « leurs » devant un nom pluriel :
Max et Noé choisissent leurs cahiers. ➜ Chaque enfant a plusieurs cahiers.

Je m’exerce 3 Complète avec des GN de ton choix.


Les enfants vendent leurs … . – Ismaël et Gaëtan
1 Complète ces phrases avec « leur » apprennent leur … . – Tu aimes leur … .
ou « leurs ».
Nos amis sont venus avec … chien. – … enfants
sont impolis. – Il faut que vous préveniez … À deux !
parents.
Écrivez des phrases avec les déterminants
« leur » et « leurs » suivis des noms des deux
2 Réécris ces phrases en mettant les groupes
listes.
nominaux en gras au pluriel. L’un avec la liste 1, l’autre avec la liste 2.
Mon ami m’a donné son T-shirt préféré. – 1. balle – raquette – chaussure – serviette.
Le facteur fait ses tournées sur son vélo. – 2. balles – raquettes – chaussures – serviettes.
À 16 h 30, l’élève range ses affaires. – Le serveur
Échangez vos phrases et vérifiez ensemble.
tient son plateau avec difficulté.

169
13 Le mot « où »
Étape 1
ORTHOGRAPH E

Lis ce dialogue.
De retour de vacances, Hugo rencontre un ami et lui demande :
« Où es-tu allé en vacances cette année ?
– Je suis retourné dans la ville où je suis né, au bord de la mer.
– Et qu’as-tu fait là-bas ?
– J’ai revu les rues où je jouais. Je suis retourné sur la plage
où je ramassais des coquillages avec mes amis. Et toi, dans quel
endroit es-tu allé en vacances ? »
1. Les mots surlignés en couleur représentent-ils un lieu ?
2. Relis la phrase qui commence par le mot surligné en bleu.
Comment s’appelle ce type de phrase ?
3. Combien y a-t-il de propositions dans les phrases contenant les mots surlignés en jaune ?
Devant le mot « où », trouves-tu un verbe, un nom ou un adjectif ?

Étape 2
Réécris ces phrases en utilisant « où ».
© Nathan

La rivière dans laquelle je me suis baigné était profonde. ~ Le village dans lequel nous sommes
allés est à la montagne. ~ Les routes sur lesquelles vous avez fait du vélo sont bien ombragées.

« Où », représente l’endroit, le lieu où l’on est, où l’on va ou d’où l’on vient.


On peut utiliser « où » :
– pour poser des questions sur un lieu. On peut le remplacer par « à quel endroit… ? » :
Où es-tu allé en vacances ? ➜ À quel endroit es-tu allé en vacances ?
Sais-tu où je suis allé en vacances ? ➜ Sais-tu à quel endroit je suis allé en vacances ?
– pour compléter un nom qui désigne un lieu : Je suis retourné dans la ville où je suis né.
On peut trouver également « d’où », « jusqu’où », « par où ».

Je m’exerce 2 Pose les questions pour obtenir


ces réponses.
1 Réécris ces phrases en remplaçant « où » J’ai passé mes vacances à la montagne. –
par « à quel endroit » et « d’où » par « de quel Le nouveau professeur vient du Canada. –
endroit ». Le bébé trottine jusqu’à son lit.
Où vas-tu passer tes vacances ? – Je ne sais pas À deux !
où nous irons. – Dis-moi d’où vient ton ami. –
Jusqu’où irez-vous ? – Je ne sais pas où on peut Sur le modèle de l’exercice 2, l’un invente
une réponse, l’autre doit trouver la question
le trouver. – Où as-tu appris à dessiner ? – Il faut
qui commence par « où ».
que je sache où nous allons. – Sais-tu d’où vient Changez de rôle et recommencez.
la pomme de terre ?

170
1 À quoi sert la conjugaison ?

CONJ UGAISON
Étape 1
Le comte de Monte-Cristo
1. Dantès se sentit lancé dans un vide 2. Je me sens lancé dans un vide énorme,
énorme, traversant les airs comme un oiseau traversant les airs comme un oiseau blessé,
blessé, tombant, tombant toujours avec une tombant avec une épouvante qui me glace
épouvante qui lui glaçait le cœur. Il entra le cœur. J’entre comme une flèche dans une
comme une flèche dans une eau glacée qui eau glacée qui me fait pousser un cri, étouffé
lui fit pousser un cri, étouffé à l’instant même à l’instant même par l’immersion.
par l’immersion. D’après A. Dumas, Le comte de Monte-Cristo.

1. Sais-tu qui raconte l’histoire dans le texte 1 ? Et dans le texte 2 ?


Quels mots te permettent de le savoir ?

© Nathan
2. À quels temps les verbes surlignés en jaune du texte 1 sont-ils conjugués ?
Et ceux du texte 2 ?
3. Ces deux textes produisent-ils le même effet ? Pourquoi ?

Étape 2
1 Choisis les verbes conjugués qui conviennent.
À mon âge, papa avait déjà son meilleur ami depuis bien longtemps. Je (finirai / finissais)
par craindre d’être trop minable pour avoir un meilleur ami en vrai.
C’est pour ça qu’à cette époque-là je (me suis fabriqué / me fabriquerai) un meilleur ami
imaginaire.
Je (dis / disais) qu’il (habitait / habitera) chez le dentiste, mais la nuit seulement, quand
le cabinet dentaire (fut / était) fermé, naturellement.
Tu peux vérifier avec le texte p. 16, lignes 1 à 7.

2 Remplace « Edmond » par « je » et fais tous les changements nécessaires.


Vers l’heure fixée par le gouverneur, des pas se sont fait entendre dans l’escalier. Edmond
a compris que le moment était venu ; il a rassemblé tout son courage, retenant son haleine.
On s’est arrêté à la porte. Edmond a deviné que c’était les deux fossoyeurs qui venaient
le chercher. Ce soupçon s’est changé en certitude quand il a entendu le bruit qu’ils faisaient
en déposant la civière.
D’après A. Dumas, Le comte de Monte-Cristo.

171
1 À quoi sert la conjugaison ?

La conjugaison des verbes sert à indiquer la ou les personnes qui font l’action
et le moment où se déroule l’action. La terminaison du verbe porte la marque
CONJ UGAISON

de la personne et du temps.
Les personnes de la conjugaison sont :
– 1re personne du singulier : Je pousse un cri.
– 2e personne du singulier : Tu pousses un cri.
– 3e personne du singulier : Il/Elle/On pousse un cri.
– 1re personne du pluriel : Nous poussons un cri.
– 2e personne du pluriel : Vous poussez un cri.
– 3e personne du pluriel : Ils/Elles poussent un cri.
Le fil du temps peut se dérouler dans :
– le passé : Dantès s’est senti lancé dans un vide énorme.
– le présent : Dantès se sent lancé dans un vide énorme.
– l’avenir : Dantès se sentira lancé dans un vide énorme.

Je m’exerce
1 Pour chaque verbe conjugué, indique 4 Choisis les formes verbales
la personne de la conjugaison. qui conviennent.
À dix heures du soir, toute la maisonnée dormait : Le marchand (avait placé / avaient placé) une
© Nathan

le père, la mère, la petite Ida dans sa chambre immense poupée haute de près de deux pieds
[…]. Chacun était à sa place. Les cochons étaient qui (portait / portaient) une robe rose et qui
dans la porcherie, les poules dans le poulailler, (avaient / avait) de vrais cheveux… Éponine et
les chevaux et les moutons dormaient dehors, Azelma (avait passé / avaient passé) des heures à la
dans les champs. Seul veillait le chat dans la cuisine. contempler, et Cosette, elle-même, furtivement,
il est vrai, (avaient osé / avait osé) la regarder.
2 Pour chaque verbe conjugué, indique D’après V. Hugo, Les Misérables.
le moment : passé ou présent.
« Pauvre Minou ! Tu es prisonnier ici ! Va 5 Réécris le texte de l’exercice 3 en mettant
dehors. » Et Zozo lui ouvrit la porte, car il avait les verbes à l’imparfait.
pitié de lui. Mais il fallait le remplacer et attraper
la souris. Zozo prit un piège à souris, y mit
un petit morceau de lard, et cacha le piège tout À deux !
près du tas de bois. Chacun récrit le texte au passé composé.
Exercices 1 et 2 : A. Lindgren, Les nouvelles farces de Zozo
la Tornade © Le Livre de Poche Jeunesse, 2003. Jeanne lève les yeux et fixe un coin du plafond.
Elle se jure de rester comme ça pendant
3 Réécris ce texte en remplaçant « la cane » les dix minutes du jeu. Tout à coup, elle entend
par « je », « le canard » par « tu », « la cane et une musique qu’elle connaît bien sortir
le canard » par « nous ». Fais les changements du récepteur. C’est celle de son feuilleton
nécessaires. préféré ! Elle fait un mouvement pour baisser
La cane va devant, barboter dans la mare. la tête, mais bien vite, elle se rattrape.
Le canard la suit, il boite des deux pattes. La cane N. de Hirshing, Canal différent © Gallimard.
et le canard marchent lentement, comme à un Comparez vos textes. Les temps
rendez-vous d’affaires. des verbes sont-ils corrects ?
D’après J. Renard, Histoires naturelles.

172
2 L’infinitif du verbe

CONJ UGAISON
Étape 1

On peut la voir, on ne peut la sentir,


On ne peut l’entendre, on ne peut la respirer.
Elle s’étend derrière les étoiles et sous les collines,
Elle remplit les trous vides.
Elle vient d’abord et suit après.
Elle termine la vie.
J. R. R. Tolkien, Bilbo le Hobbit, trad. de F. Ledoux
© Christian Bourgois Éditeur.

1. Relève les verbes de cette énigme.


Sont-ils tous conjugués ?
2. Si tu cherches les verbes de ce poème dans un dictionnaire,
comment seront-ils écrits ?
3. Indique l’infinitif des verbes conjugués et relève leur terminaison.
4. Peux-tu répondre à l’énigme posée ?

© Nathan
Étape 2
1 Complète ces verbes conjugués à la 1re personne du pluriel au présent.
Que remarques-tu ?
Nous grand… . ~ Nous chant… . ~ Nous fin… notre goûter. ~
Nous roug… . ~ Nous sal… notre chemise. ~
Nous récolt… le blé. ~ Nous démol… l’immeuble. ~
Nous garn… la tarte de confiture. ~ Nous cueill… des fleurs. ~
Nous bât… la maison. ~ Nous récit… un poème. ~
Nous rempl… notre verre.

2 Indique l’infinitif de ces verbes.


je bois ~ j’ai vu ~ vous chantez ~ je partirai ~ je criais ~
tu écris ~ je grossis ~ ils mangent ~ je prenais ~ je joue ~
je lis ~ je lie ~ il plie ~ tu allais ~ il voit ~ tu entends ~ elle ouvre.

3 Dans le texte La plus grande carotte du monde, p. 32, lignes 1 à 14,


relève les verbes à l’infinitif.

173
2 L’infinitif du verbe

On désigne un verbe par son infinitif : le verbe « chanter ».


CONJ UGAISON

Une forme verbale se compose :


– du radical qui indique ce que veut dire le verbe : chant/-er.
– d’une terminaison qui varie en fonction de la personne et du temps :
chant/-er ~ je chant/-e ~ nous chant/-ions.
Les terminaisons permettent de distinguer les verbes
qui se terminent par -er des autres verbes.
– verbes en -er : parler ~ discuter ~ bavarder.
sauf : aller (verbe irrégulier).
– autres verbes : finir ~ voir ~ courir ~ pouvoir…

Je m’exerce
1 Recopie ces phrases. Souligne les verbes 4 Repère les verbes à l’infinitif.
à l’infinitif et entoure les verbes conjugués. Poil de Carotte se met à trembler dans les
– Je vais partir demain. ténèbres.
© Nathan

– Ma petite sœur n’arrête pas de crier. Elles sont si épaisses qu’il se croit aveugle. Parfois
– Je perds mon temps à chercher un livre. une rafale l’enveloppe, comme un drap glacé.
– Avant de partir, tu feras ta valise. Le mieux est de se précipiter vers les poules,
– Lucas ne cesse de pleurer. la tête en avant. Tâtonnant, il saisit le crochet
de la porte.
D’après J. Renard, Poil de Carotte.
2 Indique l’infinitif de ces verbes.
Exemple : nous appellerons ➜ verbe « appeler ».
– vous viendrez
– les enfants courent À deux !
– nous réussissons
– ils peuvent L’un cherche deux verbes qui se terminent
– nous buvons par -er à l’infinitif, l’autre cherche
– tu peux les verbes irréguliers.
– je vais. Échangez vos réponses et indiquez
l’infinitif de chaque verbe. Vous pouvez
utiliser un dictionnaire.
3 Classe ces verbes dans un tableau.
perdre – se taire – parler – venir – unir – Dans le texte Le petit bandit de grands
chemins, lignes 37 à 44, l’un cherche deux
commencer – vieillir – chercher – recevoir –
verbes conjugués qui se terminent en -er
dire – lire – choisir. à l’infinitif, l’autre cherche les autres
verbes.
Verbes en -er Autres verbes
Voir le texte p. 37.

174
3 L’utilisation du présent

CONJ UGAISON
Étape 1
L’accident
GABRIELLE – Bonjour Fred, je te dérange, tu travailles ?
FRED – Mais non, je range mes livres ; je t’écoute.
GABRIELLE – Voilà, hier soir, je sonne à la porte d’Albert.
Pas de réponse. J’entre et je vois Albert sur un escabeau,
une éponge mouillée à la main en train de nettoyer son lustre.
Je lui dis : « Attention, Albert, l’eau conduit l’électricité. »
À ce moment, il tombe et se casse une jambe. Il est à l’hôpital.
Je viens de le quitter. Le problème, c’est que, demain, je pars
en voyage très tôt et, ce soir, je dors chez ma grand-mère.
FRED – Ne t’en fais pas, je passe le voir en fin d’après-midi.

1. À quel temps les verbes surlignés en jaune sont-ils conjugués ?


2. Repère les verbes qui indiquent :
– une action qui se passe au moment où les personnages parlent ;
– une action qui s’est passée avant ;

© Nathan
– une action qui se passera après.
3. Dans quelle phrase Gabrielle parle-t-elle d’un fait qui est toujours vrai ?

Étape 2
1 Relève, parmi les verbes écrits en gras, ceux qui indiquent une action
qui s’est déjà réalisée. Comment le sais-tu ?
Mardi dernier, Chloé rentre de l’école, pose son sac dans l’entrée et se prépare un goûter.
Elle s’installe confortablement devant la télévision, allume le poste et entend une information :
« Les Jeux olympiques commencent dans trois jours. »

2 Relève les verbes conjugués au présent. Pourquoi sont-ils au présent ?


Blotti sur son coussin, le chat ronronnait. Soudain, il aperçut une souris dans l’obscurité
du grenier. Le chat est un félin. Ses yeux voient dans le noir. Ses moustaches se mirent à frémir.
Sa queue se dressa. Il commença à avancer silencieusement.

3 Relève les verbes conjugués au présent et indique leur infinitif.


Parmi ces verbes, certains indiquent des actions qui se sont déjà réalisées : lesquels ?
Depuis le début de l’année, on organise un conseil des élèves tous les vendredis. La semaine
dernière, on entre en classe. Timothée prend la parole. Il s’étonne parce qu’il n’a pas eu
de réponse à une question écrite. Julien préside le conseil ; il lui demande s’il a déposé
sa question dans la boîte aux lettres. « Non ! » répond Timothée. Tout s’explique !

175
3 L’utilisation du présent

On utilise le présent :
CONJ UGAISON

– pour raconter des événements qui se passent au moment


où l’on parle :
Je range mes livres. ~ Je t’écoute.
– pour évoquer des événements qui se sont passés avant
ou qui se passeront après le moment où l’on parle :
Voilà, hier soir, je sonne à la porte d’Albert. (avant) ~
Demain, je pars en voyage. (après)
– pour exposer un fait qui se produit souvent ou qui est toujours vrai :
L’eau conduit l’électricité. ~ Chloé va à la piscine tous les mercredis.

Je m’exerce
1 Recopie les verbes conjugués au présent. 3 Mets les verbes entre parenthèses
Explique pourquoi ils sont au présent. au présent.
« Bonté divine, s’écria la souris, nous devons Chaque année, en février, les enfants (prendre)
nous trouver au plafond ! des cours de ski. Très vite, ils (savoir) glisser,
– Je crois que la tête me tourne, fit une troisième. tourner et s’arrêter. Ils (être) heureux de prendre
© Nathan

– Tout le sang me monte au cerveau, s’exclama le téléski ; ils (tenir) fermement la barre jusqu’au
une autre. sommet. Là, ils (voir) le deltaplane s’élancer
– Voilà qui est terrible ! dit la souris la plus vers la vallée. En fin de journée, ils (venir)
âgée, qui portait de longues moustaches. » en salle de jeux et (dire) à leurs parents tout ce qu’ils
R. Dahl, Les souris tête en l’air et autres histoires
d’animaux, trad. de M. Esclapez ont fait.
© Éditions Gallimard.
4 Réécris ce texte au présent.
2 Classe ces phrases en associant les chiffres Les toupies étalaient leurs couleurs vives ;
aux lettres. les bateaux étiraient leurs belles voiles blanches.
a. Une haquenée est un cheval de taille moyenne. – Les automates avaient chacun leur clé ;
b. Chaque matin, le soleil se lève à l’est. – c. Je sors les dînettes brillaient dans leurs boîtes. Il y avait
à l’instant de l’école. – d. Demain, je me lève à des tambours et des avions.
cinq heures. – e. Les Parisiens prennent la Bastille D’après R. Godden, Prune et Fleur de Houx,
le 14 juillet 1789. – f. Rien ne sert de courir, trad. de T. Brisac © Éditions Gallimard.
il faut partir à point.
1. L’événement se passe
au moment où l’on parle.
2. L’événement s’est passé avant À deux !
le moment où l’on parle. Cherchez des renseignements sur le guépard.
3. L’événement se passera après Puis, à tour de rôle, ajoutez une phrase
le moment où l’on parle. au présent pour continuer ce texte.
4. On expose un fait qui est Le guépard est l’animal terrestre le plus
toujours vrai. rapide. Il...

176
4 Le présent (1)

CONJ UGAISON
Étape 1
Léa regarde par la fenêtre. « Un nouveau jour commence », annonce-t-elle.
Elle range son pyjama sous son oreiller.
À la cuisine, son frère et ses parents débarrassent déjà la table :
« Nous rangeons le petit déjeuner et nous commençons la vaisselle ! »
Ils regardent Léa avec de grands yeux :
« C’est l’anniversaire de grand-maman aujourd’hui. Tu oublies tout
en ce moment !
– Vous partez tout de suite ? Et moi ? Je me dépêche !
– Oui, nous patientons, mais pas trop longtemps. »

© Nathan
1. À quel temps les verbes surlignés en couleur sont-ils conjugués ?
2. À quelles personnes sont-ils conjugués ? Repère les terminaisons de chaque personne.
3. Repère les verbes surlignés en vert. Quel est leur infinitif ?
À quelles personnes sont-ils conjugués ? Que remarques-tu dans l’orthographe du radical ?

Étape 2
1 Dans le texte ci-dessus, conjugue le verbe surligné en bleu à la 1re personne du pluriel.
Qu’est-ce qui change dans l’orthographe du radical ?

2 Indique à quelles personnes sont conjugués les verbes écrits en gras.


Que remarques-tu ?
1. Après la course, je souffle, je vacille et je tombe sur la piste. ~ Après la course,
nous soufflons, nous vacillons et nous tombons sur la piste.
2. Après la course, je ne prononce plus un mot, j’avance lentement, je commence à reprendre
mon souffle. ~ Après la course, nous ne prononçons plus un mot, nous avançons lentement,
nous commençons à reprendre notre souffle.
3. Après la course, je range mes chaussures, je m’allonge sur le banc, je songe
à ma performance. ~ Après la course, nous rangeons nos chaussures, nous nous allongeons
sur le banc, nous songeons à nos performances.

177
4 Le présent (1)

Au présent, les terminaisons des verbes je -e nous -ons


CONJ UGAISON

qui se terminent par -er à l’infinitif sont : tu -es vous -ez


il -e ils -ent
En général, le radical de ces verbes est identique à celui de leur infinitif :
parler ➜ je parle / nous parlons ~ chanter ➜ je chante / nous chantons.
L’orthographe du radical de certains verbes change à la 1re personne
du pluriel :
– les verbes en « cer » s’écrivent avec « ç » (c cédille) : lancer ➜ nous lançons ;
– les verbes en « ger » s’écrivent avec « ge » : manger ➜ nous mangeons.

Tableaux de conjugaison p. 216 à p. 220.

Je m’exerce
1 Recopie seulement les verbes 5 Mets les verbes entre parenthèses
qui se terminent par -er à l’infinitif. au présent.
Écris-les à la 1re personne du pluriel. Nabil (lancer) la balle. – Laure (s’élancer)
je glisse – je mets – il traverse – je prends – et (rattraper) la balle. – Nous (observer) le jeu
© Nathan

il sait – nous exerçons – je viens – il protège – avec attention. – Nous (juger) que les deux joueurs
il connaît – il dit – vous avancez. sont très doués. – Nous (féliciter) tout le monde.

2 Complète ces phrases en conjuguant 6 Réécris ce texte au présent.


les verbes entre parenthèses au présent. James Cook commença sa carrière de marin
Tu (arriver) à l’heure au théâtre. – Vous (prendre) à 18 ans. Très vite, on le considéra comme un grand
ce chemin ? – Nous (avancer) doucement. – navigateur.
Vous (partir) en voyage. – On (s’abonner) à une Le 3 juin 1769, l’Amirauté lui confia une mission
nouvelle revue. – Elles (corriger) l’exercice. – à Tahiti. Son équipage diminua, frappé par
Nous (annoncer) notre arrivée. la fièvre de la malaria.
Pour préserver ses marins des maladies, il
3 Réécris ces phrases en remplaçant « vous » confectionna un procédé de préparation
par « je », puis par « ils ». et de conservation des aliments qui contribua
Vous allumez la radio. – Vous partez au dernier à enrayer ces maux.
moment. – Vous récitez vos leçons. – Vous
observez un aigle. – Vous dansez. – Vous
apportez vos affaires. – Vous gonflez les pneus.
– Vous menacez de partir.
À deux !
Chacun écrit une phrase avec chaque
4 Écris ces verbes à la 1re personne verbe à mettre au présent.
du singulier, puis à la 1re personne du pluriel prononcer – articuler – soulever –
au présent.
tracer – voyager.
charger – plaisanter – arriver – lancer – plonger – Comparez vos phrases. Sont-elles correctes ?
téléphoner – remplacer.

178
5 Le présent (2)

CONJ UGAISON
Étape 1
Une séance d’histoire
Nous suivons un cours sur le thème de la préhistoire. Le maître nous décrit la vie des hommes
préhistoriques : « Les hommes de cette époque font des outils en pierre, en bois et en os.
Ils peignent des scènes de la vie quotidienne sur les parois des cavernes. »
C’est alors que nous entendons des bruits bizarres dans le couloir. Nous voyons Antoine
devant la porte et nous prenons tous un air étonné.
« Je peux entrer ? Je suis en retard », dit-il.
Antoine va à sa place. Le maître veut continuer ses explications,
mais il rit : Antoine a de grandes chaussures rouges et jaunes
et un gros nez rouge. Il est en costume de clown !

1. À quel temps les verbes surlignés en couleur


sont-ils conjugués ?
2. À quelles personnes sont-ils conjugués ? Repère les terminaisons de chaque personne.
3. Relève l’infinitif de chaque verbe surligné en couleur.
Compare le radical de chaque verbe conjugué avec le radical de son infinitif.
Que remarques-tu dans l’orthographe du radical des verbes surlignés en jaune ?
Et des verbes surlignés en bleu ?

© Nathan
Étape 2
1 Indique l’infinitif des verbes écrits en gras.
Que remarques-tu aux 1re et 2e personnes du singulier ?
Tu peux boire du lait ? ~ Je veux bien un verre d’eau. ~ Tu bois du thé. ~ Je fais mon travail. ~
Nous allons au bois. ~ Vous pouvez monter ? ~ Elles veulent danser. ~ Nous faisons un
bouquet. ~ Tu vois un film. ~ Je peux entrer ? ~ Tu veux une glace ? ~ Je vois un renard. ~
Il peut monter.

2 Indique l’infinitif des verbes écrits en gras.


Que remarques-tu ?
Je vais chez le dentiste. ~ Vous allez en vacances ? ~ Vous faites du sport ? ~ Je fais de mon
mieux. ~ Nous faisons de la randonnée. ~ Ils vont vers la forêt. ~ Ils font du ski.

3 Repère les verbes conjugués au présent et indique leur infinitif.


En septembre 1940, à Montignac-sur-Vézère, Marcel partit en promenade avec trois
camarades et son chien Robot. Soudain, à l’entrée d’un terrier, le chien gratte, frétille
de la queue et glisse dans un trou profond. Marcel le suit et retrouve Robot cinq mètres
plus bas. Il appelle ses amis qui le rejoignent. Marcel frotte une allumette. Il est ému.
La lumière tremblotante de l’allumette fait surgir une chose incroyable ! Les quatre garçons
et le chien ont une vision fantastique : ils voient sur les parois d’une grotte des peintures
d’animaux. Ils venaient de découvrir la grotte de Lascaux !

179
5 Le présent (2)

Au présent, les terminaisons des verbes qui ne se terminent pas par -er sont :
CONJ UGAISON

je -s nous -ons
tu -s vous -ez
il / elle / on -t ils -ent
Les verbes « vouloir » et « pouvoir » se terminent par « x » à la 1re
et à la 2e personne du singulier :
je veux / tu veux ~ je peux / tu peux.
Le radical de certains verbes est différent de celui de leur infinitif :
prendre ➜ nous prenons ~ voir ➜ nous voyons.
Les verbes « être », « avoir », « aller », « faire » et « dire » sont irréguliers.
Il faut mémoriser leur conjugaison.
Tableaux de conjugaison p. 216 à p. 220.

Je m’exerce
1 Recopie seulement les verbes conjugués 4 Écris les verbes entre parenthèses
aux 1re et 2e personnes du singulier. au présent.
tu fais – nous voulons – je veux – je vais – La bonne (poser) son ouvrage et (suivre) Sophie
© Nathan

vous pouvez – tu peux – ils vont – je peux – dans l’antichambre. Une caisse de bois blanc était
vous faites – ils peuvent – elles veulent – tu veux. posée sur une chaise ; la bonne l’(ouvrir). Sophie
(apercevoir) la tête blonde d'une jolie poupée
2 Réécris ces phrases en remplaçant « vous » de cire ; elle (pousser) un cri de joie et (vouloir)
par « tu », puis par « ils ». saisir la poupée, qui était encore couverte
Vous êtes sportif ? – Vous faites de la natation ? – d’un papier d’emballage.
Vous allez bien ? – Vous voulez jouer ? – La Comtesse de Ségur, Les Malheurs de Sophie.
Vous pouvez chanter ?
5 Écris les infinitifs des verbes conjugués.
3 Complète ces phrases avec les verbes vas – font – dites – as – veut – viens – faites –
indiqués au présent. es – sais.
Aller : Luc et Omar … au cinéma. – Tu …
à l’école ? – Je … jouer avec mon chat.
Prendre : Papa … le journal. – Tu …
ton temps. – Je … mon parapluie. À deux !
Venir : Je … du Kosovo. – Mon frère … dîner. – Chacun écrit une phrase avec chaque
Tu … à 16 heures. verbe conjugué.
Vouloir : Hugo et Léo … partir en camping. – Je êtes – vont – fais – veux – pouvons –
… bien, dit Léo. – Tu … participer au projet ? veulent – peux – avez – dites – mangeons –
Faire : Je … un gâteau. – Nous … du bruit. – écoute – rions – lançons – prenez –
Vous … des bêtises. changeons – entends – offre – découvrez –
Voir : Il … dans le noir. – Nous … grand- cours – lisons.
père par la fenêtre. – Flora et Alex … Émilie Comparez vos phrases. Sont-elles correctes ?
à 17 heures.

180
6 L’impératif

CONJ UGAISON
Étape 1
Conseils donnés par une sorcière
(À voix basse, avec un air épouvanté, à l’oreille du lecteur.)
Retenez-vous de rire
dans le petit matin !
N’écoutez pas les arbres
qui gardent les chemins !
Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu’après minuit sonné !
À la neige, à la pluie
ne tendez pas la main !
N’ouvrez votre fenêtre
qu’aux petites planètes
que vous connaissez bien !
Confidence pour confidence :

© Nathan
vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.
J. Tardieu, « Monsieur Monsieur », dans Le fleuve caché © Éditions Gallimard.

1. Relève les formes verbales de ce poème qui donnent des conseils.

Étape 2
Lis le texte suivant :
Ne marchez pas sur la pelouse !
Ne cueillez pas les fleurs !
Ne grimpez pas sur les statues !
Ne donnez pas de pain aux canards !
Prenez le chemin de droite pour rejoindre la sortie !

1 À quel endroit pourrais-tu lire ces phrases ?

2 Quelle phrase est un conseil ?

3 À quelle personne les verbes sont-ils conjugués ?

4 Transforme les ordres en les donnant à la deuxième personne du singulier.

181
6 L’impératif

On utilise l’impératif pour donner un ordre ou un conseil :


Va au tableau. ~ Apprends tes leçons si tu veux réussir.
CONJ UGAISON

À l’impératif :
– Le verbe s’emploie sans sujet exprimé : Sortez vos cahiers.
– Le verbe se conjugue seulement à trois personnes :
Prends une craie. (2e
pers. du sing.) ~ Prenons une craie. (1re
pers. du pl.) ~
Prenez une craie. (2e
pers. du pl.)

Le radical des verbes est identique à celui du présent,


sauf pour « être » et « avoir ».
Les terminaisons sont :
Verbes en -er Autres verbes Être Avoir
-e -s sois aie
-ons -ons soyons ayons
-ez -ez soyez ayez
Deux exceptions à mémoriser :
– « aller » à la 2e personne du singulier : va ;
– « faire » à la 2e personne du pluriel : faites.
Tableaux de conjugaison p. 216 à p. 220.
© Nathan

Je m’exerce
1 Recopie les verbes à l’impératif et indique 5 Écris les verbes entre parenthèses
leur infinitif. à l’impératif à la 2e personne du singulier.
Finis ta soupe. – Reviens de bonne heure. – Le renard lui dit :
Éteins la télévision à 10 heures. – Si Julien n’est – (Regarder).
pas rentré, téléphone-moi. – Faisons un peu – Eh bien, (descendre).
de musique. – Oh ! quelle meule de fromage, qu’elle est
grosse, (regarder) cette meule de fromage,
2 Écris les verbes entre parenthèses lui crie-t-il depuis le fond.
à l’impératif à la personne indiquée. Alors, il dit au loup :
(Aller, 1re personne du pluriel) à la piscine. – – (Monter) dans l’autre seau.
(Faire, 2e personne du pluriel) une fondue. – Comme le loup était plus lourd que le renard,
(Écouter, 2e personne du singulier) tes parents. – il a été vite au fond, puis le renard au-dessus.
(Venir, 2e personne du singulier) me voir. – Eh bien, tu voulais me manger ; eh bien,
ce coup-ci, (remonter) ; je suis sauvé.
3 Écris ces verbes à l’impératif
à toutes les personnes.
partir – faire – peindre – crier – aller. À deux !
4 Réécris ces phrases à l’impératif Chacun donne trois conseils pour apprendre
à la forme positive, puis à la forme négative. une poésie en utilisant l’impératif.
Échangez vos phrases et indiquez l’infinitif
Vous ferez la vaisselle. – Vous direz la vérité. – et les personnes des verbes.
Tu bats les œufs. – Nous fermons la porte.

182
7 Le passé composé (1)

CONJ UGAISON
Étape 1
On a réparé la maison de Lucas
Le mois dernier, la pluie est entrée dans la maison de Lucas. La tempête a fait beaucoup
de dégâts sur le toit. Ses parents ont eu de la chance : ils ont trouvé une entreprise très
rapidement. Le couvreur a remplacé des tuiles. Et puis, les peintres sont entrés en action ;
ils ont installé un échafaudage pour refaire les plafonds. Pendant plusieurs jours, Lucas
a travaillé au son de la radio des peintres. Au début, ça l’a dérangé. Mais après trois jours,
Lucas et les peintres sont devenus amis. Lucas leur a offert un de ses CD préférés. En fin
de semaine, les travaux se sont terminés et les parents de Lucas ont été très contents.

© Nathan
1. À quel temps les verbes sont-ils conjugués ?
2. Quel est l’infinitif des verbes conjugués avec l’auxiliaire « avoir » ?
3. Quel est l’infinitif des verbes conjugués avec l’auxiliaire « être » ?
4. Un verbe est utilisé deux fois. Que remarques-tu ?
Relève les deux formes avec leur sujet. Explique ce qui change.

Étape 2
1 Choisis l’auxiliaire qui convient.
Vincent Van Gogh (a / est) né en 1853 aux Pays-Bas. À l’âge de 32 ans, il s’(a / est) installé
à Anvers, en Belgique où il (a / est) passé son temps dans les musées. Son frère Théo et lui
se (ont / sont) retrouvés à Paris. Théo (est / a) encouragé son frère à peindre. En 1888, Vincent
Van Gogh (a / est) parti pour Arles. Il (est / a) rencontré un autre peintre, Gauguin. Ils (sont /
ont) restés quelque temps ensemble pour travailler. Ils ne s’entendaient pas.

2 Dans le texte ci-dessus, relève les participes passés des verbes conjugués
avec l’auxiliaire « être ». Explique leur terminaison.

183
7 Le passé composé (1)

Le passé composé d’un verbe est formé de deux mots :


l’auxiliaire « avoir » ou « être » au présent et le participe passé du verbe.
CONJ UGAISON

Nous avons réparé la maison. ~ Les peintres sont arrivés hier.


verbe « réparer » au passé composé verbe « arriver » au passé composé

Avec l’auxiliaire « avoir », le participe passé ne s’accorde pas


avec le sujet : Nous avons réparé la maison.
Avec l’auxiliaire « être », le participe passé s’accorde en genre
et en nombre avec le sujet :
La pluie est entrée chez Lucas. Les peintres sont entrés en action.
sujet féminin singulier sujet masculin pluriel

Je m’exerce 5 Écris les verbes entre parenthèses


au passé composé.
1 Recopie seulement les verbes conjugués Le lendemain, Pinocchio (aller) à l’école.
au passé composé avec leur sujet. Les enfants de la classe (devenir) cruels avec lui.
Le magicien a mis la boîte sur la table. Il a pris L’un (arracher) son cartable, l’autre (tirer) sur
sa baguette et a frappé sur le couvercle. Aussitôt, ses vêtements ; un autre (essayer) de lui attacher
un petit génie est sorti, un nuage s’est formé, des ficelles aux bras et aux jambes.
puis on a aperçu un théâtre miniature fermé par D’après C. Collodi, Pinocchio.
un rideau rouge. On a entendu les trois coups
© Nathan

qui annonçaient que la pièce allait commencer. 6 Réécris ce texte en commençant par
« la pâtissière », puis par « les pâtissières ».
2 Choisis l’auxiliaire qui convient. Le pâtissier est arrivé tôt ce matin. Il a confec-
Guignol (a / est) arrivé silencieusement, il (est / tionné un gâteau délicieux. Il a sorti du four
a) dérobé deux gâteaux et il (est / a) reparti. Mais un grand moule. Puis il est sorti de la pâtisserie
le pâtissier l’(est / a) aperçu et l’(est / a) attrapé. pour acheter les derniers ingrédients au marché.
Guignol (a / est) demandé pardon. Dans la salle, Il est revenu avec des cerises confites et il a
les applaudissements (sont / ont) crépité. disposé les cerises en cercle sur le gâteau.
7 Réécris ce texte en mettant les verbes
3 Complète ces phrases avec les pronoms
en gras au passé composé.
personnels qui conviennent.
À l’action ! Vassioutka se releva rapidement sur
L’année dernière, … suis parti en Égypte. – …
un genou et tenta dans l’enchaînement de mettre
sont retournées se coucher. – … a terminé son
en joue l’oiseau soudain inquiet. Il maîtrisa
assiette. – … sont sortis prendre l’air. – … avons
enfin le tremblement qui agitait ses mains,
lu ce livre en classe.
la mire cessa de danser, elle se fixa sur le tétras…
V. Astafiev, Perdu dans la taïga © Castor Poche-Flammarion.
4 Choisis les participes passés
qui conviennent.
À deux !
Nous avons (dit / dits) au revoir et nous sommes
(parti / partis). – Victor et Alban sont (montés / Dans le texte Les déménageurs, relevez
montée) au grenier et ont (lus / lu) des bandes les verbes conjugués au passé composé.
dessinées. – Elle est (devenu / devenue) actrice Classez-les en fonction de l’auxiliaire utilisé.
et a aussi (réalisée / réalisé) des films. – Ils sont Voir le texte pp. 116-117.
(parties / partis) comme ils sont (venus / venu).

184
8 Le passé composé (2)

CONJ UGAISON
Étape 1
Ce soir, comme d’habitude, maman a donné à manger à notre
chat Tifou, puis il a déguerpi dans le jardin. Après le dîner,
nous avons cherché notre chat, mais il n’était plus là. On était
inquiets parce qu’il faisait froid.
On était en train de le chercher lorsque, soudain, papa a cru
entendre un bruit. Nous avons compris où était Tifou : dans la
cabane à outils !
J’ai couru, j’ai ouvert la porte et j’ai découvert Tifou. J’ai pris
mon chat dans les bras. Il s’est blotti contre moi.

1. À quel temps les verbes surlignés en couleur sont-ils conjugués ?


2. À quel temps les autres verbes de ce texte sont-ils conjugués ?
Pourquoi ?
3. Relève les terminaisons des participes passés.
Peux-tu expliquer pourquoi il y a différentes couleurs ?

© Nathan
Étape 2
1 Indique l’infinitif des verbes conjugués.
Classe les participes passés en deux colonnes : Verbes en -er / Autres verbes.
il est parti ~ il a fini ~ elle a dit ~ je suis resté ~ nous avons chanté ~
tu as grandi ~ j’ai peint ~ il a battu ~ il a mis ~ j’ai escaladé ~
tu es monté ~ ils ont rougi ~ elle a saisi ~ j’ai entendu ~
tu as compris ~ nous avons fait ~ vous avez voulu ~ ils ont pu ~
elle a vu ~ tu es venu ~ j’ai pris.

2 Indique l’infinitif de ces verbes conjugués au passé composé.


j’ai été content ~ nous avons eu de la chance ~ tu as été malade ~
j’ai eu tort ~ vous avez eu raison ~ ils ont été agréables ~
elle a été délicieuse ~ ils ont eu chaud ~ nous avons été satisfaits ~
vous avez été chanceux ~ tu as eu de la fièvre ~ il a eu un problème.

3 Mets les verbes entre parenthèses à l’imparfait ou au passé composé.


Explique tes choix.
L’autre soir, la nuit (tomber). La lune (briller).
L’ombre des arbres (dessiner) des formes terrifiantes.
Soudain, j’(entendre) un grognement derrière moi.
Je (se mettre) à courir. Arrivé chez moi, je me (retourner)
et j’(voir) une ombre…

185
8 Le passé composé (2)

Au passé composé, les terminaisons du participe passé sont :


– « é » pour les verbes qui se terminent par -er à l’infinitif :
CONJ UGAISON

j’ai mangé ~ tu as chanté ;


– « i », « is », « u » ou « t » pour les autres verbes :
j’ai fini ~ je suis parti ~ tu as pris ~ il a vu ~ nous avons écrit.
Le participe passé du verbe « avoir » est « eu » : j’ai eu.
Le participe passé du verbe « être » est « été » : j’ai été.
Il ne faut pas confondre la terminaison « é » du participe passé
avec l’infinitif :
Le pianiste a donné un concert. ~
Le pianiste est prêt à commencer le concert.
Tableaux de conjugaison p. 216 à p. 220.

Je m’exerce 4 Complète ces phrases avec le participe


passé des verbes entre parenthèses.
1 Classe ces participes passés dans un tableau. Nous avons (dire) au revoir. – Il a (faire)
mis – uni – terminé – sali – tenu – couvert – ce qu’il a (pouvoir). – Tu l’as (vouloir). – Je suis
puni – dit – peint – souffert – conquis – gagné. (monter) à l’étage. – Vous avez (voir) ce film. –
© Nathan

Verbes en -er Autres verbes Il est (aller) à la patinoire. – Il est (partir) comme
il est (venir). – Elle a (grandir). – J’ai (apercevoir)
un oiseau, puis je l’ai (peindre). – Tu as (aimer)
cette chanteuse et tu as (acheter) son disque. –
2 Classe les participes passés de ces verbes
Tu as (finir) ton exercice.
dans un tableau.
prendre – ouvrir – suivre – sourire – teindre – 5 Écris les verbes entre parenthèses au passé
garder – dessiner – grossir – moisir – noircir – composé ou à l’imparfait, comme il convient.
allumer – venir – boire. Les vacances (commencer) depuis deux jours.
«é» «i» « is » «u» «t» Hier, le chat (tomber) dans le puits. Nous
(appeler) les pompiers. Un pompier (descendre)
avec une échelle. Le chat l’(attendre). Il (trembler).
3 Choisis les formes verbales Le pompier (remonter). Le chat (être) tout sale.
qui conviennent. Nous (frotter) son poil pendant qu’il (reprendre)
Au début de l’année, nos correspondants sont ses esprits.
venus dans notre école. Toute la classe (était /
est) contente de les accueillir. Nous (faisons /
avons fait) un journal pour rendre compte À deux !
de l’événement. Chacun (a choisi / choisit) Chacun écrit une phrase avec chaque verbe
un thème pour écrire un article. Certains (écrivent / à mettre au passé composé.
ont écrit) des charades et des jeux. Nos parents danser – courir – bondir – sauter – dîner –
(sont / étaient) très intéressés. Beaucoup atteindre – mettre.
(demanderont / ont demandé) la date de notre Comparez vos phrases. Sont-elles correctes ?
prochaine publication.

186
9 Le futur

CONJ UGAISON
Étape 1
Quand je serai grande, je serai grande comme mon papa. Je n’irai plus à l’école et personne
ne criera plus : « Zoé, tu vas apprendre tes leçons ! » Je m’habillerai toute seule et je visiterai
les grands magasins. Mes parents diront : « Elle peut faire ce qu’elle veut. Elle est grande
maintenant. » Je me paierai des bonbons et des gâteaux. Je marcherai dans les flaques d’eau.
Je sortirai la nuit. Ce sera merveilleux quand je serai grande !

© Nathan
1. Zoé parle-t-elle de maintenant, d’avant ou de plus tard ?
2. Relève les verbes qui indiquent ce que fera Zoé quand elle sera grande.
À quel temps sont-ils conjugués ?
3. Indique l’infinitif des verbes que tu as relevés.
Compare les formes à l’infinitif avec les formes conjuguées.
Que remarques-tu ?

Étape 2
1 Réécris le texte en remplaçant :
– « je » par « elle » ;
– « je » par « nous » et « Zoé » par « Zoé et Marie » ;
– « je » par « elles » et « Zoé » par « Zoé et Marie ».
Fais toutes les transformations nécessaires.

2 Dans les textes que tu as réécrits pour l’exercice 1, entoure toutes les terminaisons
de ces verbes.
être ~ aller ~ crier ~ s’habiller ~ visiter ~ payer ~ marcher ~ sortir.

187
9 Le futur

En général, on utilise le futur pour indiquer qu’une action peut ou doit se produire
CONJ UGAISON

dans l’avenir : Demain, je viendrai toute seule. ~ Je sortirai la nuit.


verbe « venir » au futur verbe « sortir » au futur

Au futur, tous les verbes ont les mêmes terminaisons :


je -rai nous -rons
tu -ras vous -rez
il -ra ils -ront
Il ne faut pas oublier le « e » muet dans certains verbes qui se terminent par -er :
plier ➜ je plierai ~ éternuer ➜ j’éternuerai ~ jouer ➜ je jouerai ;
– les verbes en « yer » où « y » se change en « i » devant le « e » muet :
aboyer ➜ aboiera.
Tableaux de conjugaison p. 216 à p. 220.

Je m’exerce 4 Mets les verbes entre parenthèses


au futur.
1 Réécris ces phrases au futur. Quand il (se réveiller), le soleil (être) haut dans
© Nathan

Tu manges toute ta soupe. – L’avion survole le ciel. Jules (sortir) de la cabane en clignant
l’aéroport. – Je porte un panier très lourd. – des yeux. Il (se mettre) à marcher. Il (escalader)
Nous nous mettons au travail. – Le chien aboie. – la dune et il (apercevoir) la mer. Il (entendre)
Vous jouez aux échecs ? – Camille et Olivier le bruit des vagues. Il (se baigner) dans l’eau
remercient le boulanger. – Mon amie n’oublie fraîche.
pas la date de mon anniversaire. – L’étang gèle
pendant l’hiver. – Tous les journaux publient 5 Réécris le texte de l’exercice 4
cette annonce. – Les quatre avions s’envolent en remplaçant « il » et « Jules » par « tu ».
en même temps. – Je prends mon parapluie car
il pleut. 6 Choisis entre le verbe « avoir », « être »
ou « aller » et conjugue au futur.
2 Complète ces phrases avec les pronoms Quand nous … en vacances, nous … dormir
personnels qui conviennent. chez notre tante. – …-tu le temps de passer chez
moi ? – Il … bientôt une petite sœur. – …-vous
… chercheront le voleur. – … monterai
la fête à l'école ?
à cheval. – … tracera son portrait. – … quitterez
la maison. – … écrirons à nos parents. – …
mangeras ce que tu voudras. À deux !
Chacun écrit trois phrases au futur sur ce
3 Indique l’infinitif de ces verbes. qu’il fera quand il sera grand.
Échangez vos phrases, puis lisez-les
nous courrons – ils viendront – vous irez – en remplaçant « je » par « tu ».
vous aurez – il sera – je pourrai – tu feras – vous Exemple : Quand je serai grand, je voyagerai
verrez – elle mettra – on sera – tu voudras – dans le monde entier. ➜ Quand tu seras
vous oublierez – je finirai – tu sauras – je dirai – grand, tu voyageras dans le monde entier.
elle viendra – nous dirons.

188
10 L’utilisation du futur
et du conditionnel présent

CONJ UGAISON
Étape 1
1. L’année prochaine, nous irons 2. « Pourrais-tu, s’il te plaît, me prêter ton guide de
en Égypte. Nous ferons enfin voyages ?
ce voyage. Nous visiterons – Bien sûr, Lucie. Vous comptez partir en voyage ?
les pyramides. Nous naviguerons – Peut-être. Si David était enfin disponible,
sur le Nil et nous admirerons nous irions en Égypte. Nous ferions enfin ce voyage.
les temples de Karnak et de Louxor. Nous visiterions les pyramides. Nous naviguerions
Je prendrai des photos. sur le Nil et nous admirerions les temples de Karnak
et de Louxor. Je prendrais des photos. »

1. Les verbes surlignés en jaune


sont-ils conjugués au même temps
dans les deux textes ?
2. Dans un des deux textes, il n’est pas
du tout sûr que le voyage ait lieu ;
cela dépend d’une condition. Laquelle ?

© Nathan
À quel temps est conjugué le verbe écrit
en gras ?
3. Dans quelle phrase du texte 2 trouves-tu
une formule de politesse ?

Étape 2
1 Pour chaque phrase, indique l’explication qui te semble correcte.
1. On exprime un doute. ~ 2. C’est un souhait. ~ 3. Il y a une condition. ~
4. C’est une formule de politesse.
Auriez-vous la gentillesse de me prêter votre livre ? ~ Je vous le prêterais bien volontiers
s’il était à moi. ~ L’orage ferait de gros dégâts. ~ Selon les informations, le feu détruirait
une partie de la forêt. ~ Si mes parents étaient d’accord, je viendrais ce soir. ~Vincent voudrait
être chercheur.

2 Choisis les verbes qui conviennent.


Si tu étais sage, tu (auras / aurais) un vélo. ~ Quand tu seras sage, tu (auras / aurais) un vélo. ~
Si Léo rentrait tôt, nous (irons / irions) à la pizzeria. ~ Quand Anna rentrera, nous (irons /
irions) à la pizzeria. ~ Si tu savais mieux skier, nous (descendrons / descendrions) des pistes
noires. ~ Quand tu sauras mieux skier, nous (descendrons / descendrions) des pistes noires.

189
10 L’utilisation du futur et du conditionnel présent

On utilise le futur quand on est presque sûr qu’un événement


CONJ UGAISON

aura lieu : L’année prochaine, nous irons en Égypte.


On utilise le conditionnel présent quand on n’est pas sûr
qu’un événement aura lieu :
– On exprime un doute : Une tempête ferait de gros dégâts.
– On exprime un souhait ou un rêve : Vincent voudrait être chercheur.
– L’événement dépend d’une condition. On utilise souvent une phrase
qui commence par « si » et dont le premier verbe est à l’imparfait :
Si mes parents étaient (imparfait) d’accord, je viendrais (conditionnel) ce soir.
– On fait une demande avec politesse :
Auriez-vous la gentillesse de me prêter votre livre ?
Tableaux de conjugaison p. 216 à p. 220.

Je m’exerce 3 Choisis les verbes qui conviennent.


Si les poissons (sauraient / savaient) marcher
Tu peux utiliser les tableaux de conjugaison
pour faire les exercices de cette page.
ils (aimeraient / aimaient) bien aller le jeudi
au marché.
Si les canards (sauraient / savaient) parler
© Nathan

1 Recopie seulement les verbes conjugués ils (aimeraient / aimaient) bien aller le dimanche
au conditionnel présent. au café.
1. Si j’étais riche, j’aurais une maison au cœur Si les escargots (sauraient / savaient) téléphoner
de la montagne. Je cultiverais toutes sortes ils (resteraient / restaient) toujours au chaud
de fleurs et je leur parlerais tous les matins. dans leur coquille.
2. Magali rêve d’être actrice. Elle serait une star, Tu peux vérifier avec le texte p. 192.
elle tournerait dans les plus grands films.
3. Selon nos informations, les astronautes 4 Écris les verbes entre parenthèses au temps
seraient sur le point de rentrer dans l’atmosphère. qui convient le mieux : futur ou conditionnel
4. Pourriez-vous me prêter votre stylo ? présent.
Et pourrais-je vous emprunter cette gomme ? D’après les prévisions météorologiques,
la tempête (devoir) s’arrêter à l’aube. – (Pouvoir)-
2 Choisis les verbes qui conviennent. vous, s’il vous plaît, me prêter votre journal ? –
Si vous le voulez, je vous (attendrais / attendrai) L’exposition (s’achever) le 15 avril. – Lucile a
à l’entrée du stade. – Si vous le vouliez, je vous le fou rire ; pour un peu, elle en (pleurer).
(attendrais / attendrai) à l’entrée du stade. –
S’il pleuvait encore, la rivière (finira / finirait) À deux !
par sortir de son lit. – S’il pleut encore demain,
Chacun complète ces phrases en utilisant
la rivière (finira / finirait) par sortir de son le futur ou le conditionnel présent.
lit. – Si notre train arrive à l’heure, nous Si j’étais un Indien d’Amérique, je … . – Si les
(pourrons / pourrions) faire la visite complète mots étaient des oiseaux, … . – Quand elle
du château. – Si notre train arrivait à l’heure, croquera la pomme, … .
nous (pourrons / pourrions) faire la visite Comparez vos phrases.
complète du château.

190
11 Le conditionnel présent

CONJ UGAISON
Étape 1
Si…
Si le monde était à l’envers,
je marcherais les pieds en l’air,
le jour, je garderais la chambre,
j’irais à la plage en décembre,
deux et un ne feraient plus trois…
Quel ennui ce monde à l’endroit !
J.-L. Moreau, L’Arbre perché,
© Éditions ouvrières, 1979.

1. Ce que souhaite faire le poète te paraît-il réalisable ?


2. Dans quel vers le poète donne-t-il une condition pour que cela
soit possible ? À quel temps est le verbe ?
3. À quel temps les verbes sont-ils conjugués ? Tu peux consulter les tableaux
de conjugaison pp. 216 à 220.
4. Relis le poème en remplaçant je par tu. Qu’entends-tu à la fin des verbes conjugués ?

© Nathan
Étape 2
… j’ai décidé que je ne pleurerais pas, que je ne pleurerais plus jamais et qu’au contraire
je continuerais à célébrer la vie comme avant, comme avec lui. J’ai creusé un trou et je l’ai
allongé dedans. Ce ne sont pas les fleurs qui manquaient pour décorer la tombe ! Et puis
je lui ai simplement dit que je reviendrais le voir l’année prochaine, que je reviendrais le voir
tous les ans. Jean-Claude Mourlevat, La rivière à l’envers, © Pocket Junior.

1 a. Indique l’infinitif des verbes conjugués soulignés.


b. Relève leur radical et leur terminaison. Que dois-tu ajouter à la terminaison
des verbes qui se terminent en -er ?
c. Pour quel verbe le radical est-il irrégulier ?

2 Compare l’infinitif des verbes ci-dessous à leurs formes verbales au conditionnel présent.
Que constates-tu?
Employer : j’emploierais / voir : je verrais / être : je serais / aller : j’irais / faire : je ferais.

3 À l’aide des deux séries de formes verbales ci-dessous, peux-tu relever la composition
des terminaisons des verbes conjugués au conditionnel présent ? (temps et personne)
Série 1 : Je, tu viend r ai s – elle viend r ai t – nous viend r i ons – vous viend r i ez – elles viend r ai ent
Série 2 : Je, tu pleur er ai s – elle pleur er ai t – nous pleur er i ons – vous pleur er i ez –
elles pleur er ai ent

191
11 Le conditionnel présent

Au conditionnel, tous les verbes ont les mêmes terminaisons.


CONJ UGAISON

Le conditionnel présent est un temps simple. Il est formé de la marque


de temps du futur et des marques de temps et de personne de l’imparfait.
je (e)rais nous (e)rions
tu (e)rais vous (e)riez
il / elle / on (e)rait ils / elles (e)raient
parler finir prendre
je parlerais je finirais je prendrais
Il ne faut pas confondre :
La 1re personne du singulier au futur et la 1re personne du singulier
du conditionnel présent.
Si vous passez me voir, je serai contente.
présent futur
Si vous passiez me voir, je serais contente.
imparfait conditionnel présent

Je m’exerce
© Nathan

2 Complète ces phrases avec le pronom sujet


qui convient.
1 Relève les verbes conjugués a) … viendrait te voir.
au conditionnel présent b) … pourrais m’en aller.
et indique leur infinitif. c) … mangerions des frites.
Avec des « si »
Si les poissons savaient marcher 3 Écris les verbes entre parenthèses
ils aimeraient bien aller le jeudi au marché. au conditionnel présent.
Si les canards savaient parler a) Si tu voulais, tu (réussir).
ils aimeraient bien aller le dimanche au café. b) (Vouloir)-vous venir à la maison ?
c) (Avoir)-vous reçu mon livre ?
Si les escargots savaient téléphoner
d) S’il regardait ce film, il (rire).
ils resteraient toujours au chaud
dans leur coquille. 4 Conjugue les verbes ci-dessous
Claude Roy, Enfantasques, à l’imparfait, au futur et au conditionnel
© Éditions Gallimard.
présent à la 1re personne du singulier
et du pluriel. Consulte les tableaux
de conjugaison (p. 216 à 220).
courir – voir – sortir – aller – employer –
acheter – être – savoir – peler – lancer – payer.

À deux !
Inventez d’autres vers à la manière
de Claude Roy.

192
12 Les verbes et leurs bases

CONJ UGAISON
La composition d’une forme verbale
À l’aide du tableau, réponds aux questions.
Base Marque de temps Marque de personne
aim- - es
cour- ai t
offri- r ez
1 Écris la forme verbale de chaque exemple avec le pronom de conjugaison
et indique le temps entre parenthèses.
2 De quels éléments se compose une forme verbale ?

3 De combien d'éléments peut se composer une forme verbale ?

Une forme verbale se compose d’une base, partie du verbe à laquelle on peut
ajouter une marque de temps et une marque de personne.
Vous offrirez : base : offri- + marque de temps : r + marque de personne : ez.

© Nathan
Le présent des verbes qui se terminent par -er
Marque de personne Forme verbale
je / il / elle / on e oublie
tu es oublies
nous ons oublions
vous ez oubliez
ils / elles ent oublient

1 Quel est l'infinitif du verbe présenté dans le tableau ? Quelle est sa base ?

2 Relève les bases des verbes suivants.


acheter : j’/il/elle/on achète – tu achètes – nous achetons – vous achetez – ils/elles achètent
employer : j’/il/elle/on emploie – tu emploies – nous employons – vous employez – il/elles emploient
3 Relève la base du verbe payer. Que constates-tu ?
je/il/elle/on paye/paie – tu payes/paies – nous payons – vous payez – ils/elles payent/paient

La plupart des verbes qui se terminent en -er comme oublier présentent


une seule base au présent.
Les verbes comme acheter et employer présentent toutefois deux bases.
Les verbes comme payer ont une ou deux bases.

193
12 Les verbes et leurs bases

Le présent des verbes à deux bases


CONJ UGAISON

À partir des séries suivantes, réponds aux questions.


je/tu finis – il finit – nous finissons – vous finissez – ils finissent
je/tu mets – il met – nous mettons – vous mettez – ils mettent
1 Relève l'infinitif des verbes conjugués.
2 Quelles sont leurs marques de personne ?
3 Combien de bases ces verbes ont-ils ?

Le présent des verbes à trois bases


À partir des séries suivantes, réponds aux questions. Les bases sont soulignées.
je/tu peux – il peut – nous pouvons – vous pouvez – ils peuvent
je/tu viens – il vient – nous venons – vous venez – ils viennent
1 Relève les différentes bases de chaque forme verbale.
2 Quelles sont les marques de personne de ces formes verbales ?
3 Quel autre verbe a le même nombre de bases et les mêmes marques de personne
qu
que le verbe pouvoir ?
© Nathan

Certains verbes ont plusieurs bases au présent.


On peut identifier le nombre de bases à partir du présent.
Une base : j’ aim-e Trois bases : je prend-s
Deux bases : je fini-s nous pren-ons
nous finiss-ons ils prenn-ent

Les verbes être, avoir, aller, faire et dire au présent


selon le système des bases
Verbes à l’infinitif Formes verbales au présent
être -
avoir av ons, av ez
aller all ons, all ez
faire fai s, fai s, fai t, fais ons
dire di s, di s, di t, dis ons, dis ent
1 Pour chaque verbe conjugué du tableau, relève la base.
2 Quelles formes verbales ne sont pas incluses dans le tableau ? Pourquoi ?
3 Utilises-tu souvent ces verbes ?

Les verbes être, avoir, aller, faire et dire sont des verbes que l’on utilise souvent.
Ils ont des formes irrégulières au présent. Ce sont des verbes irréguliers.

194
L’imparfait de tous les verbes
La composition de tous les verbes à l'imparfait.

CONJ UGAISON
Base Marque Marque Forme verbale
de l’imparfait de personne
je/tu dis- ai s disais
il/elle/on dis- ai t disait
nous dis- i ons disions
vous dis- i ez disiez
ils dis- ai ent disaient

1 De combien d’éléments se composent les formes verbales du verbe dire ?

2 Combien de bases le verbe dire a-t-il au présent ? Lesquelles ?


Sur quelle base se construit l’imparfait de ce verbe ? À quelle personne ?
Tableau des bases de l’imparfait des verbes les plus fréquents.
avoir av- savoir sav-
être ét manger mang-
aller all- mettre mett-
dire dis- vouloir voul-

© Nathan
faire fais- voir voy-
finir finiss- payer pay-
rendre rend- employer employ-

3 Selon les tableaux ci-dessus, combien de base(s) les verbes ont-ils à l’imparfait ?

4 À partir des deux tableaux, conjugue les verbes suivants à l’imparfait,


à la 2e personne du singulier et du pluriel.
employer – payer – acheter – peler – voir – faire

Une forme verbale à l’imparfait se compose d’une base unique, d’une marque
de temps et d’une marque de personne.
Tous les verbes possèdent une base unique à l’imparfait.

Le futur de tous les verbes


Relève les marques de temps et de personne des verbes conjugués suivants.
je courrai – tu courras – il/elle/on courra – nous courrons – vous courrez – ils/elles courront
je quitterai – tu quitteras – il/elle/on quittera – nous quitterons – vous quitterez – ils/elles quitteront
j’irai – tu iras – il/elle/on ira – nous irons – vous irez – ils/elles iront
je serai – tu seras – il/elle/on sera – nous serons – vous serez – ils/elles seront

195
12 Les verbes et leurs bases

1 Combien de base(s) les verbes ont-ils ?


CONJ UGAISON

2 Conjugue d’autres verbes qui se terminent par -er. Que constates-tu au niveau
de la marque de temps ?

3 Sur quelle base se forme le futur des verbes acheter et peler ?

Toutes les formes verbales au futur se composent de trois éléments :


une base unique, la marque de temps « r » ou « er » pour les verbes
qui se terminent par -er et la marque de personne.
je ➜ ai ~ tu ➜ as ~ il/elle/on ➜ a ~ nous ➜ ons ~ vous ➜ ez ~ ils/elles ➜ ont
Base Marque Marque
du futur de personne Forme verbale
je di- r ai dirai
tu di- r as diras
il/elle/on di- r a dira
nous di- r ons dirons
vous di- r ez direz
ils/elles di- r ont diront
© Nathan

Le conditionnel présent de tous les verbes


1 Relève les marques de temps et de personne des verbes conjugués au conditionnel présent.

2 Indique à partir de quels temps le conditionnel présent est composé.


La base est soulignée.
Je/tu cour r ai s – il/elle/on cour r ai t – nous cour r i ons – vous cour r i ez –
ils/elles cour r ai ent
Je/tu mangerais – il/elle/on mangerait – nous mangerions – vous mangeriez –
ils/elles mangeraient
3 Combien de base(s) ont-ils ?

Toutes les formes verbales au conditionnel présent se composent de quatre


éléments : une base unique, la marque du futur « r » ou « er » pour les verbes
qui se terminent par -er et de l’imparfait et la marque de personne.

Base Marque Marque Marque


du futur de l’imparfait de personne Forme verbale
je di- r ai s dirais
tu di- r ai s dirais
il/elle/on di- r ai t dirait
nous di- r i ons dirions
vous di- r i ez diriez
ils/elles di- r ai ent diraient

196
L’impératif
À partir des formes verbales ci-dessous, réponds aux questions.

CONJ UGAISON
souligner ➜ souligne choisir ➜ choisis
soulignons choisissons
soulignez choisissez
1 À l’impératif, combien y a-t-il de personnes ?
2 Quelles sont les marques de personne selon le verbe à l'infinitif dans :
a. les verbes qui se terminent par -er ; b. les verbes qui se terminent par -r ?
3 Que constates-tu pour les verbes être, avoir et aller ?
être ➜ sois avoir ➜ aie aller ➜ va
soyons ayons allons
soyez ayez allez

L’impératif n’existe qu’aux trois personnes : 1re personne du singulier,


1 et 2e personnes du pluriel.
re

Il est composé de deux éléments : la base et la marque de personne.


La terminaison du présent -es devient -e à l’impératif : (tu achètes) Achète du pain !

Le passé composé

© Nathan
Repère les auxiliaires et les participes passés, et réponds aux questions.
auxiliaire participe passé auxiliaire participe passé
j’ ai trouvé je suis partie
tu as trouvé tu es partie
il a trouvé elle est partie
nous avons trouvé nous sommes parties
vous avez trouvé vous êtes parties
ils ont trouvé elles sont parties
1 Quels sont les deux verbes écrits en gras ?
2 Quelle est la différence entre les deux participes passés ?
3 Quels autres verbes se conjuguent avec l’auxiliaire être ? Tu peux consulter les tableaux
de conjugaison, pp. 216-220. Conjugue-les avec le pronom de conjugaison elles.
4 Quels sont les participes passés des verbes être, avoir et faire ?
Conjugue-les avec le pronom de conjugaison tu.

Le passé composé est composé des verbes avoir ou être que l’on nomme
auxiliaires et d’un participe passé du verbe que l’on conjugue.
Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire être s’accorde avec le sujet.
Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet.
Elle a couru (courir) ~ Elle est venue (venir)

197
12 Les verbes et leurs bases

Je m’exerce
CONJ UGAISON

1 Quelles sont les bases des verbes suivants 7 Quel est l'infinitif des participe passés
au présent et à l’imparfait ? suivants ? Lesquels s’accordent avec le sujet ?
mettre – arriver – crier – revoir – nettoyer – vu – pris – ouvert – vendu – fait – eu – dit –
prendre – vivre – dormir. arrivé – été – lu.

2 Quelles sont les bases des verbes 8 Conjugue les verbes suivants au présent,
suivants à l’imparfait et au conditionnel à l’imparfait, au futur et au conditionnel présent
présent ? à la 3e personne du singulier et du pluriel.
secourir – parcourir – manger – commencer. appuyer – nettoyer – aboyer – geler –
modeler – peler.
Conjugue-les à ces deux temps à la 2e personne
du singulier et du pluriel. 9 Conjugue les verbes ouvrir et tomber
à la 2e personne du singulier, au présent
3 Écris des verbes qui se terminent en -er : et au futur. Souligne les bases de chaque
– à une base (3 exemples) forme. Que constates-tu ?
– à deux bases (2 exemples)
– à trois bases (2 exemples) 10 Écris les formes verbales irrégulières
des verbes dire et faire.
Écris un verbe irrégulier (1 exemple).
Tu peux t’aider des tableaux de conjugaison 11 Recopie ces formes verbales et entoure
© Nathan

(pp. 216 à 220). les marques du conditionnel présent.


tu viendrais – nous partirions – il irait –
4 Recopie ces formes verbales et souligne
vous offririez – elle s’occuperait – on mangerait –
les marques de l’imparfait.
vous couperiez – ils entendraient – je payerais –
nous mettions – elles venaient – nous riions – on copierait
je courais – tu finissais – il disait –
vous mangiez – ils oubliaient – tu allais – 12 Les bases suivantes correspondantes
elle était – nous avions. à plusieurs temps. Indique lesquels.
1. di- 2. fini- 3. voul- 4. fais-
5 À quel temps les verbes suivants
sont-ils conjugués ? 13 Recopie les formes verbales et souligne
tu écrirais – vous feriez – elle serait – les marques de personnes.
nous courrions – vous navigueriez – tu irais. on voit – tu bouges – elles volent – va – vous
finissez – reviens
6 a. Recopie ces formes verbales et souligne
les marques de l’impératif. 14 Quelles sont les marques de temps
b. Écris leur infinitif. des formes verbales suivantes ?
viens – sortez – va – sois – rejoue – finissez – nous découperions – elles mangeraient –
aie – soyons – cours – lisez. on sortirait

198
1 À quoi sert le vocabulaire ?

VOCABU LAI RE
Poil de Carotte
Poil de Carotte, les fesses collées, les talons plantés, se met à trembler dans les ténèbres. [...]
Des renards, des loups même ne lui soufflent-ils pas dans ses doigts, sur sa joue ? Le mieux est
de se précipiter au jugé, vers les poules, la tête en avant afin de trouer l’ombre. [...] Au bruit
de ses pas, les poules effarées s’agitent en gloussant sur leur perchoir. Poil de Carotte leur
crie : « Taisez-vous donc, c’est moi ! » Il ferme la porte et se sauve. Quand il entre, haletant,
dans la chaleur et la lumière, il lui semble qu’il échange des loques pesantes de boue et
de pluie contre un vêtement neuf et léger.
J. Renard, Poil de Carotte.

1. Connais-tu l’origine du mot « renard » ? Où pourrais-tu la trouver ?


2. Trouve un mot de la même famille que « perchoir ».
3. Par quels mots de même sens pourrais-tu remplacer le mot
« effarées » ? Et le mot « loques » ?
4. Les talons de Poil de Carotte sont-ils vraiment « plantés » ?

© Nathan
Pour comprendre et pour employer les mots du vocabulaire, il faut avoir étudié :
– leur origine : le mot « renard » vient de « Renart », nom du héros du Roman de Renart
écrit au XIIIe siècle ;
– leur formation : le mot « perchoir » est formé à partir de « percher » ;
– leur sens : le mot « effaré » a un sens voisin de « effrayé » ;
– leur emploi : le mot « planté » peut être employé au sens propre ou au sens figuré.
En général, dans un dictionnaire, ces renseignements sont indiqués.

Tu peux utiliser un dictionnaire pour faire 3 Recherche l’origine de ces mots


les exercices de cette page.
et emploie-les dans une phrase.
pantalon – silhouette – poubelle – sandwich –
Je m’exerce morse – macadam – diesel.
1 Écris, pour chacun de ces mots, deux mots
de la même famille. À deux !
renard – loup – poule – chat – aile – boue – Chacun propose d’autres mots pour
pluie – lumière – bruit – chaleur. chaque groupe de mots extraits de Poil
de Carotte.
2 Recherche, pour chacun de ces mots,
au bruit de ses pas – il se sauve.
un mot de sens voisin.
Comparez vos réponses. Avez-vous trouvé
les ténèbres – se précipiter – haletant – les mêmes propositions ?
pesante – s’agiter.

199
2 L’utilisation du dictionnaire
VOCABU LAI RE

1. Lis les définitions de « boucher ».


Pourquoi y a-t-il deux fois ce mot ? Que veulent dire
les abréviations « n. m. », « n. f. », « v. » et « adj. » ?
2. Dans l’article du nom « boucher », cherche un mot
qui se prononce de la même manière mais qui s’écrit
différemment : comment est-ce indiqué ?
3. D’après l’article de dictionnaire, combien de sens
peut avoir le verbe « boucher » ?
4. Dans l’article du verbe « boucher », recherche
un verbe de sens contraire, puis un verbe de sens
voisin : comment est-ce indiqué ?

Le Robert Junior 8-11 ans


© Le Robert, 2005.

On utilise le dictionnaire pour :


© Nathan

– vérifier l’orthographe d’un mot : boucher / bouchée ;


– identifier la classe grammaticale d’un mot et le genre d’un nom :
verbe (v.), nom masculin (n. m.) ou féminin (n. f.), adjectif (adj.), adverbe (adv.) ;
– relever les définitions d’un mot et ses différents sens ;
– rechercher des mots de la même famille, des synonymes ou des antonymes.

Je m’exerce 3 Réécris chaque phrase en remplaçant


le mot « boucher » par un synonyme. Tu peux
Utilise un dictionnaire pour faire les exercices
t’aider des articles de dictionnaire ci-dessus.
de cette page.
Pour éviter de tomber dans le trou, il faudrait
1 Indique si ces mots sont des noms le boucher. – Pour éviter de renverser la bouteille
masculins (n. m.) ou féminins (n. f.), des verbes d’eau, il faudrait la boucher. – Pour éviter de sentir
(v.), des adjectifs (adj.) ou des adverbes (adv.). cette mauvaise odeur, il faudrait se boucher le nez.
grève – différent – tellement – pitrerie – jouer –
moue – soupir – bref – sellette – trop – grave – À deux !
rougir – sentir – seconde – cri – crier – souvent. Dans le texte Les déménageurs, repérez
le mot « chœur ».
2 Relève les mots qui sont à la fois des noms L’un indique la définition du mot, l’autre
et des adjectifs. indique un mot qui se prononce de la même
accessoire – exemplaire – long – patient – manière mais qui s’écrit différemment.
monstrueux – gourmand – grand – rocheux – Vérifiez ensemble dans un dictionnaire.
ridicule – terminal – verbal – prêt – standard. Voir le texte pp. 116-117.

200
3 Les différents sens d’un mot

VOCABU LAI RE
Une opération délicate
La chirurgienne a réussi une opération délicate : enlever un calcul
d’une taille importante dans le rein gauche de monsieur Placet,
un informaticien de renommée mondiale. Le médecin n’avait
qu’une faible chance de réussir. Pour la remercier, le célèbre
patient lui a offert un ordinateur portable extrêmement
puissant : celui-ci effectue des calculs rapides, pas moins
de sept milliards d’opérations à la seconde. La chirurgienne
a été très touchée par cette délicate attention.
1. Cherche le sens des mots surlignés en jaune
dans un dictionnaire. Que remarques-tu ?
2. Cherche les mots surlignés en bleu dans un dictionnaire.
Quel est leur sens dans le texte ?

Un mot peut avoir plusieurs sens :


opération ➜ intervention chirurgicale

© Nathan
➜ calcul mathématique
Dans une phrase, pour savoir quel sens du mot est utilisé, il faut repérer les mots
qui sont autour. C’est ce que l’on appelle le contexte :
opération ➜ intervention chirurgicale : médecin ~ enlever un calcul ~ rein
➜ calcul mathématique : ordinateur ~ effectue des calculs rapides

Je m’exerce
3 Remplace les verbes « donner » et « passer »
1 Remplace le mot « grand » par les adjectifs par des verbes de sens proche.
suivant :
Tu peux passer chez le boulanger en rentrant ? –
illustre – vaste – violent – noble – varié Pour aller à Rome, je passe par Montreux. –
un grand vent ➝ un vent … – un grand Ton mal de tête peut passer si tu te reposes. –
homme ➝ un homme … – une grande âme ➝ Il lui a donné du travail. – Il a donné l’heure
une âme … – un grand choix ➝ un choix … – à un passant.
une grande plaine ➝ une … plaine.
4 Écris une phrase avec les mots en gras
2 Complète ces phrases avec les mots utilisés dans un autre sens.
qui conviennent. Puis donne leurs définitions. Exemple : Il a touché le cœur de la cible.
propre – retraite (le centre) ➜ Il a un cœur de sportif. (l’organe)
Thomas utilise ses … affaires. – Âgé de 65 ans, L’été, il y a du monde dans les rues. – Il habite
Yves part à la … . – Après un long combat, sur la côte pendant l’hiver. – Lucile écrit
l’armée a dû effectuer une … stratégique. – une lettre à son frère. – Les lecteurs du journal
La nappe n’est plus très … . apprécieront cet article.

201
4 Les synonymes
VOCABU LAI RE

Lis l’extrait de texte.


Chaque matin, au lever du soleil, une haute silhouette traverse d’un pas alerte l’un des
faubourgs surpeuplés du Caire, descend la colline, se faufile parmi les tas d’ordures et grimpe
dans un autocar bondé pour se rendre à la chapelle. La messe terminée, elle retourne
vers ce que beaucoup appellent un endroit hideux, couvert de pauvres cabanes, gravit
la colline de Zabbaline où les éboueurs l’attendent dans ces cabanes sans fenêtres, faites avec
des bidons de pétrole, des cartons d’emballage, immense butte qu’entourent des immondices
qui pourrissent au soleil. D’après D. Cowley, Sœur Emmanuelle, D. R.

1. Cherche la définition des mots « colline » et « butte » dans un dictionnaire.


Que remarques-tu ?
2. Quels sont les deux mots qui signifient « déchets » ? « monter » ? « plein » ?

Lorsque l’on peut remplacer un mot par un autre mot sans changer le sens
de la phrase, on dit que ces deux mots sont des synonymes.
On utilise les synonymes pour :
– éviter les répétitions : grimper / gravir ;
– adapter son langage : surpeuplé / bondé ;
© Nathan

– exprimer des nuances, des degrés : déchets / immondices.


En général, dans un dictionnaire, les synonymes d’un mot sont indiqués.

Je m’exerce 3 Complète chaque série par un mot


qui a le même sens que les deux autres.
1 Remplace le verbe « faire » 1. colorer / peindre / … – 2. employer / se servir
par le synonyme qui convient. de / … – 3. voir / distinguer / … – 4. s’amuser /
étudier – construire – composer – établir – plaisanter / … – 5. s’en aller / se retirer / … –
adresser – laver – pratiquer 6. se reposer / se délasser / … .
faire du ski : … – faire la lessive : … – 4 Remplace les mots écrits en gras
faire de l’anglais : … – faire une liste : … – par des synonymes.
faire une maison : … – faire un bouquet : … –
faire ses adieux : … . Ils ont pris l’énorme camion, et ils sont entrés
avec lui dans ma caboche. Une fois là, ils se sont
2 Trouve l’intrus dans chaque série. mis à tirer, à pousser, à bouger, à bousculer,
à basculer, à rouler, à transbahuter… Ça me
1. colossal – énorme – plein – immense. faisait dans les oreilles un bruit épouvantable !
2. magnifique – drôle – beau – merveilleux. Pendant ce temps, je conservais la bouche
3. incorrect – étranger – faux – inexact. béante, pour leur fournir de l’air, et les yeux
4. fort – costaud – fragile – puissant. bien écarquillés.
5. nouveau – récent – rare – neuf. Tu peux comparer avec le texte p. 116, lignes 3 à 7.

202
5 La formation des mots : les préfixes (1)

VOCABU LAI RE
1. Repère les mots qui commencent de la même façon.
2. Compare les mots « minigolf », « minibus » et « minijupe ».
Quel est leur sens ? Qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui ne change pas ?
3. Fais de même avec les autres mots qui commencent de la même façon.

Un préfixe est une lettre ou un groupe de lettres placé devant le radical


U
d
d’un mot pour former un nouveau mot.

© Nathan
Certains préfixes indiquent :
– la taille : « mini » (petit), « micro » (très petit), « super » (grand)
➜ minigolf ~ microscope ~ supermarché ;
– la quantité : « mono » et « uni » (un seul), « poly » et « multi » (plusieurs),
« bi » (deux), « tri » (trois)
➜ monoski ~ uniforme ~ polygone ~ multicolore ~ bicyclette ~ triangle.

Je m’exerce 3 Complète avec les préfixes


Tu peux utiliser un dictionnaire pour faire qui conviennent.
les exercices de cette page. uni – bi – multi – micro
…jambiste – …mensuel – …lingue – …pède –
1 Trouve les adjectifs qui correspondent
…-ondes.
à ces définitions. Ils comportent tous un préfixe.
un drapeau qui a trois couleurs – une personne
qui parle deux langues – un vélo qui a trois roues. À deux !
2 Repère les préfixes et indique le sens
Pendant deux minutes, chacun cherche
des mots formés avec ces préfixes.
de ces mots.
mono – uni – bi – tri – quadri – déca –
superproduction – microclimat – unilatéral – hecto – kilo – centi – milli.
multiforme – monotone – polyphonie – Comparez vos réponses.
microfilm – monologue – unicolore – Puis indiquez le sens de ces préfixes.
multiplication.

203
6 La formation des mots : les préfixes (2)
VOCABU LAI RE

1. Repère les mots qui commencent de la même façon.


2. Compare les mots « réanimer », « réapparaître » et « remonter ».
Quel est leur sens ? Qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui ne change pas ?
3. Fais pareil avec les autres mots qui commencent de la même façon.

Il existe de nombreux préfixes. Certains permettent d’indiquer :


– la répétition ou le retour en arrière : « re » et « ré » ➜ recentrer ~ réapparaître ;
© Nathan

– l’opposition ou la lutte : « anti » et « para » ➜ antibrouillard ~ paratonnerre ;


– la situation dans le temps, avant et après : « pré » et « post » ➜ préhistoire ~ postnatal.

Je m’exerce
Consulte un dictionnaire pour faire
les exercices de cette page.

1 Trouve l’intrus dans chaque série. 4 Que signifie le préfixe commun


1. recommencer – récolter – recopier. à ces verbes ? Complète la série
avec deux verbes.
2. prévenir – prévoir – préciser.
désactiver – diviser – défaire – déboiser –
3. parallèle – parapluie – parachute. décharger – débrancher – défaire.
2 Repère les préfixes et indique le sens
de ces mots.
rétablir – antivol – paravent – prédisposer –
retouche – antidote – paramédical – anticorps –
antigel – préfixe. À deux !
Chacun écrit des phrases qui expriment
3 Complète avec les préfixes qui conviennent.
la répétition à partir de ces verbes.
re – ré – para – anti – pré faire – lire – écrire – conduire – voir.
…position – …pente – …écrire – …tour – … Comparez vos phrases. Avez-vous trouvé
nucléaire – …pollution – …mettre – …pathique – des verbes identiques ?
…dire – …fixe – …dérapant – …sol – …trouver.

204
7 La formation des mots : les suffixes (1)

VOCABU LAI RE
Lis ce texte.
Le matin, six mille employés entrent par un
portillon dans le grand magasin : du boulanger
au parfumeur, du restaurateur à la cuisinière,
sans oublier le coiffeur, l’opticien et la vendeuse
de meubles. Des gardiens contrôlent l’entrée.
Une fillette en jupette rouge et coiffée d’une casquette
court à la caisse.
1. Relève tous les noms de métiers et indique
pour chacun un mot de la même famille.
Repère ce qui change.
2. Comment le mot « chemisette » est-il formé ?
Quel est son sens ? Existe-t-il dans ce texte
d’autres mots construits de la même manière ?

Un suffixe est une lettre ou un groupe de lettres placé après le radical d’un mot
pour former un nouveau mot.

© Nathan
Certains suffixes indiquent :
– des noms de métiers : « ateur »/« atrice », « er »/« ère », « eur »/« euse »,
« ien »/« ienne », « ier »/« ière »
➜ restaurateur/atrice ~ boucher/ère ~ vendeur/euse ~ gardien/ienne ~ épicier/ière ;
– quelque chose de plus petit : « et », « ette », « elle », « elet », « elette », « icule »,
« ille », « illon », « in », « eau », « on », « eron »
➜ coffret ~ chemisette ~ margelle ~ coquelet ~ côtelette ~ monticule ~ brindille ~
oisillon ~ enfantin ~ chevreau ~ autruchon ~ moucheron.

Je m’exerce 4 Trouve le mot qui désigne quelque chose


de plus petit.
1 Trouve le nom des petits de ces animaux. Exemple : botte ➜ bottine.
l’aigle – l’âne – le lion – la girafe – le canard – statue – tarte – tour – table – nappe – chaîne –
le chat – l’oiseau. porte – goutte – plaque – pièce – cloche.
À deux !
2 Trouve le métier correspondant à chacun
de ces noms. À partir du radical de ces mots, chacun
ajoute un suffixe et écrit une phrase.
police – pharmacie – danse – agriculture –
magie – dessin – poisson – conseil. comédie – chanson – pot – croûte – mur –
ski – arbre – horloge.
Comparez vos phrases. Avez-vous trouvé
3 Écris le féminin des métiers que tu as trouvés des mots identiques ?
à l’exercice 2.

205
8 La formation des mots : les suffixes (2)
VOCABU LAI RE

Lis ce texte.
Cette année, Maëlle a fait un voyage très intéressant : elle était
sur un bateau avec des Anglais, des Italiens, des Suédois, des Allemands
et des Danois. Sur le pont, les agréables soirées déclenchaient
des discussions toujours joyeuses et certains contemplaient la beauté
de la lune bleutée, d’autres chantonnaient sur des rythmes paisibles.
Les plus frileux sautillaient en grelottant un peu.
1. Relève tous les noms de nationalité et indique pour chacun
le nom du pays qui correspond. Repère ce qui change.
2. Que signifie chaque mot surligné en jaune ?
Ces mots sont-ils des verbes, des noms, des adjectifs ?
3. De quels mots plus simples proviennent-ils ?

Il existe de nombreux suffixes. Certains permettent d’indiquer :


– la nationalité, l’origine : « ais », « ois », « ain », « ien », « an », « and »
➜ Anglais ~ Danois ~ Romain ~ Italien ~ Afghan ~ Allemand ;
© Nathan

– des petites actions qui se répètent : « iller », « otter », « onner »


➜ sautiller ~ grelotter ~ chantonner ;
– une qualité, une propriété : « té », « able », « eux », « ible », « if »
➜ beauté ~ bleuté ~ agréable ~ frileux ~ paisible ~ instructif.

3 Complète ces phrases avec des mots


Je m’exerce formés à partir des mots écrits en gras.
Il aime rendre service, il est … . – Son père est
1 Indique le radical de ces mots. né en Norvège, il est … . – Depuis son accident,
un Marocain – un Français – clignoter – Marc reste immobile, mais il supporte mal … . –
maladif – craintif – mâchonner – mordiller – Seema vient d’Inde, elle est … .
siffloter – habitable – paresseux – propreté –
coléreux – détestable – un Tunisien – affirmatif –
capable – émotif – inventif – sainteté. À deux !
À partir du radical de ces mots, chacun
2 Trouve un mot qui appartient à la même ajoute un suffixe et écrit une phrase.
famille que chacun de ces mots en utilisant
Canada – généreux – mordre – siffler –
des suffixes.
rire – plainte.
humain – à tâtons – peur – exploser – ami –
Comparez vos phrases. Avez-vous trouvé
bonheur – clou – générosité – définir – détruire – des mots identiques ?
gai – acide – plier.

206
9 L’origine des mots : l’étymologie

VOCABU LAI RE
1. Figures géométriques
Un hexagone est formé de plusieurs triangles. Certains de ces
triangles sont isocèles, d’autres équilatéraux, d’autres enfin
rectangles. Toutes ces figures sont des polygones. Tu peux
mesurer leur périmètre avec ton décimètre.
2. L’éducation de Gargantua
Je veux, mon fils, que tu lises les cartes qui forment la géographie,
que du ciel tu connaisses l’astronomie et surtout pas l’astrologie. Les autres
matières : arithmétique, géométrie, musique mais aussi géologie
et biologie doivent être tes plus fidèles amies.
D’après F. Rabelais, Gargantua.

1. Dans le texte 1, relève les mots surlignés en jaune. Comment sont-ils formés ?
Que remarques-tu ?
2. Cherche leur sens et leur origine dans un dictionnaire.
3. Dans le texte 2, relève les mots surlignés en jaune. Que désignent-ils ?
Comment sont-ils formés ?
4. Recherche leur origine dans un dictionnaire.

© Nathan
La langue française vient, en grande partie, d’une langue ancienne, le latin.
Elle a aussi emprunté des mots au grec ancien.
De nombreux mots scientifiques sont en fait des mots composés de mots d’origine
grecque ou latine. Ces mots sont généralement employés dans un sens particulier :
– quelques mots d’origine latine :
équilatéral = équi (égal) + latéral (côté) ➜ dont les côtés sont égaux
un rectangle = rect (droit) + angle (angle) ➜ dont les angles sont droits
– quelques mots d’origine grecque :
la géographie = géo (terre) + graphie (écrire) ➜ la description de la Terre
la biologie = bio (vie) + logie (étude) ➜ l’étude de la vie

JJe m’exerce

1 Trouve deux mots français à partir de chacun 3 Complète les phrases avec ces mots
de ces mots d’origine grecque ou latine. ou groupes de mots d’origine latine.
1. grec : bio – astro – auto – télé. Tu peux utiliser un dictionnaire.
2. latin : vidéo – inter – super – pré. a priori – ex æquo – in extremis – via
Les deux coureurs cyclistes sont arrivés premiers
2 Retrouve quatre mots français formés à partir … . – … , nous devrions avoir un beau soleil
de ces mots d’origine grecque ou latine. sur la région. – Il a dû courir pour attraper …
1. hippo 2. astro 3. micro 4. géo le dernier métro. – Tu vas de Lausanne à Paris
a. nomie b. drome c. logue d. scope … Vallorbe.

207
10 Jouer avec les mots
VOCABU LAI RE

1. Ne pas confondre… 3. Un mot pour un autre


l’opéra et l’apéro – le linge qui est dans le sac Mon fils se bat à l’école. La semaine dernière,
et le singe qui est dans le lac – un chapeau il s’est fendu l’arcade souricière et, à l’hôpital,
marron et un chameau pas rond – un on lui a fait trois points de soudure. En plus,
bouchon et un bon chou – un papa dans une on m’a accablé de reproches car il avait aussi
couchette et un Papou dans une cachette – un bouchon de cire humaine : c’est pour ça
un mot grec et un gros mec. qu’il entendait mal !
2. Échange… 1. Relève les lettres surlignés en jaune
tapis noir contre patinoire – trois pièces à dans le texte 1. Que remarques-tu ?
Sète contre sept pièces à Troyes – dix mètres 2. Relève les mots surlignés en bleu dans
de toile contre dix toiles de maître – Mikado le texte 2. Comment se prononcent-ils ?
Sais-tu comment on appelle ces mots ?
contre dix mokas.
J. Martin et R. Le Goistre, La vie des mots 3. Dans le texte 3, repère les mots qui ont
et l’ami des veaux, avec l’aimable autorisation été utilisés à la place d’autres mots.
des Éditions Albin Michel. Quel effet cela produit-il ?

En manipulant les mots, on peut créer des jeux de mots souvent drôles.
Il existe différentes façons de jouer avec les mots.
© Nathan

– La contrepèterie joue sur les sonorités et le sens des mots en inversant des lettres :
opéra et apéro.
– Le calembour joue sur les sonorités et l’écriture en remplaçant un mot par un autre
qui se prononce de la même manière (un homonyme) ou qui lui ressemble :
trois et Troyes ~ arcade souricière au lieu d’arcade sourcilière.

Je m’exerce
3 Invente des phrases contenant
1 Que remarques-tu de curieux ces homonymes.
dans ces deux phrases ? 1. sans – sang – s’en – cent.
1. Tous les matins, je me lève de bonheur. 2. quart – car.
J. Prévert
3. sept – Sète – set.
2. Il n’y a que la vérité qui baisse.
4 Retrouve les vrais titres de ces livres.
2 Recopie ces phrases et entoure les groupes
de lettres sur lesquelles on a construit Le Chaud Bêta – Maudit Bic – La Terre des
des contrepèteries. Bougons.
J. Martin et R. Le Goistre, La vie des mots et l’ami
Voici l’étang hanté où Marie se mira. – Les des veaux © Albin Michel.
écoliers de Landerneau ; les écolos de l’an
dernier. – Quand ça pollue, ça pue, l’eau ! – À deux !
Qu’ont mangé les doux requins ? Les deux
Inventez des phrases comme dans
rouquins. – Qui se cache derrière le banc gris ? l’exercice 1.
Le brigand ! – Le pain frais est fin prêt.

208
11 Les onomatopées

VOCABU LAI RE
1. À quoi te font penser ces mots ? Pourquoi ?
2. Retrouve le cri du chat, du mouton et de la vache.
Quel verbe correspond à chacun de ces cris ? Comment est formé chaque verbe ?

Les onomatopées sont des mots qui imitent des bruits :


– les cris des animaux : miaou (chat) ~ cui-cui (oiseau) ;
– les bruits des objets ou des éléments : toc toc (bois) ~ splash (eau) ;
– les sons humains : snif (reniflement) ~ aïe (cri de douleur).

© Nathan
Souvent, les verbes qui indiquent les cris des animaux sont formés à partir
d’onomatopées : miaou ➜ Le chat miaule. ~ bêêê ➜ Le mouton bêle. ~
meuh ➜ La vache meugle.

Je m’exerce
4 Classe ces mots en deux groupes :
1 Trouve les onomatopées qui correspondent les bruits faibles / les bruits forts.
à ces bruits. 1. le tintamarre – le brouhaha – le fredonnement.
un coup de feu – une branche d’arbre qui 2. le ronronnement – le chuchotis – le murmure –
casse – un train qui passe – la pluie qui frappe le bruissement.
les vitres – une explosion. 3. le fracas – la détonation – le geignement –
le gémissement – la déflagration – le craquement.
2 Trouve les verbes qui correspondent au cri 4. la pétarade – l’explosion – le pétillement –
de ces animaux. le vrombissement – la crépitation – l’éclatement.
le cochon – le corbeau – la grenouille – la poule –
le pigeon – le cerf – le lion – l’éléphant. À deux !
Dans le poème Fenêtres ouvertes,
3 Indique à quel objet ou à quel élément
cherchez des onomatopées pour imiter
peuvent se rapporter ces bruits. tous les bruits évoqués. Essayez de
Exemple : le tintement trouver des onomatopées qui ressemblent
➜ le tintement des cloches. aux mots employés.
le cliquetis – le grésillement – le crépitement – Voir le texte p. 102.
le vrombissement – le clapotis – le crissement.

209
Aide-mémoire

1. Les principales fonctions des mots


ou groupes de mots
■ Sujet ■ Complément de verbe
– Nicolas raconte sa journée à sa sœur. – Nicolas raconte sa journée.
– Le jeune garçon raconte sa journée à sa sœur. – Nicolas la raconte.
– Il raconte sa journée à sa sœur. – Nicolas parle à sa sœur.
– Raconter est un plaisir pour Nicolas. – Nicolas lui parle.

■ Complément de phrase ■ Attribut du sujet


– Le soir, Nicolas raconte sa journée à sa sœur. – Nicolas semble content.
– Nicolas raconte sa journée à sa sœur au salon. – Nicolas est un jeune garçon.

■ Complément de nom
– Nicolas raconte sa belle journée.
– Nicolas raconte sa journée en forêt.
– Nicolas raconte sa journée qui s’est bien passée à sa sœur.
© Nathan

2. Les principales classes


grammaticales
Mots variables Mots invariables

Noms : sœur ~ journée ~ forêt… Prépositions : à ~ en ~ de ~ par ~ pour...

Déterminants : la ~ le ~ une ~ des ~ sa ~


Conjonctions : et ~ ou...
cet ~ ces…

Adjectifs : jeune ~ belle ~ content… Adverbes : bien ~ bientôt ~ demain…

Pronoms relatifs : qui ~ que ~ dont ~


Verbes : raconter ~ parle ~ semble ~ est…
où…

Pronoms : il ~ elle ~ nous ~ la ~ lui…

Tu peux trouver la classe grammaticale d’un mot en consultant un dictionnaire.

210
AIDE-MÉMOIRE

■ Le groupe nominal peut être constitué du :


– nom propre : Nicolas
– déterminant + un nom commun : sa sœur
– déterminant + un adjectif + un nom : sa belle journée
– déterminant + un nom + un groupe nominal avec préposition : sa journée en forêt
– déterminant + un nom + une phrase subordonnée relative : sa journée qui s’est bien passée

3. Les déterminants
Masculin Féminin Masculin ou
singulier singulier féminin pluriel

Les déterminants le1 ~ l’ la ~ l’ les2


articles un une des

Les déterminants ce ~ cet cette ces


démonstratifs

Les déterminants mon ~ ton ~ son ~ ma ~ ta ~ sa ~ mes ~ tes ~ ses ~

© Nathan
possessifs notre ~ votre ~ leur notre ~ votre ~ leur nos ~ vos ~ leurs

1. « à » + « le » = « au » ; « de » + « le » = « du ».
2. « à » + « les » = « aux » ; « de » + « les » = « des ».

4. Les types de phrases

Phrase Il va pleuvoir. La phrase déclarative sert à déclarer


ou à constater quelque chose.
déclarative Il a plu cette nuit. Elle se termine par un point (.) à l’écrit.

Est-ce qu’il a plu ? La phrase interrogative sert à poser


Phrase Pleut-il ? une question. Elle se termine par un point
interrogative Il pleut ? d’interrogation (?) à l’écrit.
Elle se construit de trois façons.

La phrase impérative exprime un ordre,


Phrase Ne téléphone pas. un conseil ou une interdiction.
impérative Défense de téléphoner ! Elle se termine par un point (.) ou un point
d’exclamation (!) à l’écrit.

Phrase Que c’est beau ! La phrase exclamative exprime


un sentiment. Elle se termine par un point
exclamative Comme c’est bizarre ! d’exclamation (!) à l’écrit.

● Aide-mémoire 211
AIDE-MÉMOIRE

5. Les formes de phrases

Phrase Il téléphone. La phrase de forme positive sert à affirmer


de forme Il téléphone souvent.
quelque chose ou à dire que l’on est
positive d’accord.

La phrase de forme négative sert à nier un fait


Phrase Il ne téléphone pas. ou à exprimer une opinion négative.
de forme Il ne téléphone plus. Pour construire une phrase négative,
négative Il ne téléphone jamais. on ajoute des mots de négation
à une phrase positive.

Phrase
de forme Il téléphonera demain. La phrase neutre ne met aucun mot
en relief.
neutre

Phrase C’est demain qu’il La phrase emphatique met en relief un mot


de forme téléphonera. ou un groupe de mots.
emphatique
© Nathan

6. De la phrase au texte : la ponctuation


Pour lire et écrire un texte, on a besoin d’employer des signes de ponctuation.
À l’oral, la voix monte, descend et marque un temps d’arrêt.
À l’écrit, les signes permettent de structurer un texte et apportent des informations.

Les points de la phrase : . ?


Le point marque la fin d’une phrase déclarative.
L’emploi des signes de ponctuation est nécessaire.
Le point d’interrogation marque une phrase interrogative.
Est-ce que tu as mis les signes de ponctuation dans ton texte ?

Les virgules : ,
La virgule isole un mot ou un groupe de mots pour marquer le détachement.
Dans ton texte, il faut ajouter les virgules.
La virgule sépare les éléments d’une énumération.
Les signes de ponctuation sont les points, les points d’interrogation, les virgules…

212
AIDE-MÉMOIRE

7. L’accord de l’adjectif
– Dans le groupe nominal, le déterminant et l’adjectif s’accordent en genre
et en nombre avec le nom.
– Dans la phrase, l’adjectif (attribut) s’accorde en genre et en nombre
avec le sujet du verbe.

Masculin Féminin

Le petit garçon est content. La petite fille est contente.


Singulier adjectif adjectif attribut adjectif adjectif attribut

Les petits garçons sont contents. Les petites filles sont contentes.
Pluriel adjectif adjectif attribut adjectif adjectif attribut

8. L’accord du verbe avec son sujet


Le verbe s’accorde en nombre et en personne avec son sujet.

© Nathan
Le poisson nage.
sujet sg verbe sg

Dans le lac, nage le poisson.


verbe sg sujet sg
Le sujet est au singulier.
➞ Le verbe est au singulier. Le poisson nage, mange et dort.
sujet sg verbe sg verbe sg verbe sg
Le poisson qui nage se dirige vers le large.
sujet sg pronom verbe sg verbe sg
qui remplace
« le poisson »

Les poissons nagent.


sujet pl verbe pl

Dans le lac, nagent les poissons.


verbe pl sujet pl

Les poissons nagent, mangent et dorment.


Le sujet est au pluriel.
sujet pl verbe pl verbe pl verbe pl
➞ Le verbe est au pluriel.
Le poisson et la tortue nagent.
sujet sg sujet sg verbe pl

Les poissons qui nagent se dirigent vers le large.


sujet pl pronom verbe pl verbe pl
qui remplace
« les poissons »

● Aide-mémoire 213
AIDE-MÉMOIRE

9. À l’ordinateur
■ À l’ordinateur, certains signes de ponctuation sont encadrés par des espaces
et d’autres ne le sont pas. Il faut connaître les règles de typographie.

Signes de ponctuation Règles de typographie Exemples

point . pas d’espace avant. espace après Léo sourit. Il est heureux.

virgule , pas d’espace avant, espace après Hier, il faisait beau.

points de suspension … pas d’espace avant… espace après Un cri étrange retentit…

tiret – espace avant – espace après L’orage approche – paraît-il.

10. Des mots-outils


© Nathan

à cette moi que toi


au comme ne… pas qui tous
aux deux ne… que s’ tout
bien en ou sans toute
c’ leur où se y
ce leurs par si
ces lui parce que soi
cet me plus te

214
AIDE-MÉMOIRE

11. Des mots utiles


à travers ceci ensuite ni quoi
afin de cela entre non quoique
ailleurs cependant environ or rien
ainsi chez et parfois sauf
alors comment est-ce que parmi selon
après dans grâce partout seulement
assez debout hélas pas sinon
au-dessous dedans hier pendant soudain
au-dessus dehors ici personne sous
aujourd’hui déjà jamais peu souvent
auprès demain jusque plus sur
aussi depuis là plusieurs surtout
aussitôt dessous là-bas plutôt tandis que
autant dessus loin pour tant

© Nathan
autour devant longtemps pourquoi tantôt
autrefois donc lors de pourtant toujours
autrement dont lorsque près très
avant durant maintenant presque trop
avec également mais puis vers
beaucoup encore malgré puisque voici
bientôt enfin mieux quand voilà
car ensemble moins quelquefois vraiment

● Aide-mémoire 215
© Nathan

Tableaux de conjugaison

216
Indicatif Conditionnel Impératif
Passé
Présent Imparfait Futur Passé composé Présent Présent
simple
j’ai j’avais j’aurai j’ai eu j’eus j’aurais
tu as tu avais tu auras tu as eu tu eus tu aurais aie
avoir il, elle, on a il, elle, on avait il, elle, on aura il, elle, on a eu il, elle, on eut il, elle, on aurait ayons
(av-, au-) nous avons nous avions nous aurons nous avons eu nous eûmes nous aurions ayez
vous avez vous aviez vous aurez vous avez eu vous eûtes vous auriez
ils, elles ont ils, elles avaient ils, elles auront ils, elles ont eu ils, elles eurent ils, elles auraient
je suis j’étais je serai j’ai été je fus je serais
tu es tu étais tu seras tu as été tu fus tu serais sois
être il, elle, on est il, elle, on était il, elle, on sera il, elle, on a été il, elle, on fut il, elle, on serait soyons
(ét-, se-) nous sommes nous étions nous serons nous avons été nous fûmes nous serions soyez
vous êtes vous étiez vous serez vous avez été vous fûtes vous seriez
ils, elles sont ils, elles étaient ils, elles seront ils, elles ont été ils, elles furent ils, elles seraient
je vais j’allais j’irai je suis allé(e) j’allai j’irais
tu vas tu allais tu iras tu es allé(e) tu allas tu irais va
aller il, elle, on va il, elle, on allait il, elle, on ira il, elle, on est allé(e) il, elle, on alla il, elle, on irait allons
(all-, i-) nous allons nous allions nous irons nous sommes allé(e)s nous allâmes nous irions allez
vous allez vous alliez vous irez vous êtes allé(e)s vous allâtes vous iriez
ils, elles vont ils, elles allaient ils, elles iront ils, elles sont allé(e)s ils, elles allèrent ils, elles iraient
je fais je faisais je ferai j’ai fait je fis je ferais
tu fais tu faisais tu feras tu as fait tu fis tu ferais
faire il, elle, on fait fais
il, elle, on faisait il, elle, on fera il, elle, on a fait il, elle, on fit il, elle, on ferait
(fai-, fais-, faisons
nous faisons nous faisions nous ferons nous avons fait nous fîmes nous ferions
fe-) faites
vous faites vous faisiez vous ferez vous avez fait vous fîtes vous feriez
ils, elles font ils, elles faisaient ils, elles feront ils, elles ont fait ils, elles firent ils, elles feraient
je dis je disais je dirai j’ai dit je dis je dirais
tu dis tu disais tu diras tu as dit tu dis tu dirais dis
dire il, elle, on dit il, elle, on disait il, elle, on dira il, elle, on a dit il, elle, on dit il, elle, on dirait disons
(di-, dis-) nous disons nous disions nous dirons nous avons dit nous dîmes nous dirions dites
vous dites vous disiez vous direz vous avez dit vous dîtes vous diriez
ils, elles disent ils, elles disaient ils, elles diront ils, elles ont dit ils, elles dirent ils, elles diraient
Indicatif Conditionnel Impératif
Passé
Présent Imparfait Futur Passé composé Présent Présent
simple
j’aime j’aimais j’aimerai j’ai aimé j’aimai j’aimerais
tu aimes tu aimais tu aimeras tu as aimé tu aimas tu aimerais
aime
aimer il, elle, on aime il, elle, on aimait il, elle, on aimera il, elle, on a aimé il, elle, on aima il, elle, on aimerait
(aim-)
aimons
nous aimons nous aimions nous aimerons nous avons aimé nous aimâmes nous aimerions
aimez
vous aimez vous aimiez vous aimerez vous avez aimé vous aimâtes vous aimeriez
ils, elles aiment ils, elles aimaient ils, elles aimeront ils, elles ont aimé ils, elles aimèrent ils, elles aimeraient

je finis je finissais je finirai j’ai fini je finis je finirais


finir tu finis tu finissais tu finiras tu as fini tu finis tu finirais
finis
(fini-, il, elle, on finit il, elle, on finissait il, elle, on finira il, elle, on a fini il, elle, on finit il, elle, on finirait
finiss-,
finissons
nous finissons nous finissions nous finirons nous avons fini nous finîmes nous finirions
fin-) finissez
vous finissez vous finissiez vous finirez vous avez fini vous finîtes vous finiriez
ils, elles finissent ils, elles finissaient ils, elles finiront ils, elles ont fini ils, elles finirent ils, elles finiraient

je rends je rendais je rendrai j’ai rendu je rendis je rendrais


tu rends tu rendais tu rendras tu as rendu tu rendis tu rendrais
rends
rendre il, elle, on rend il, elle, on rendait il, elle, on rendra il, elle, on a rendu il, elle, on rendit il, elle, on rendrait
(rend-) nous rendons
rendons
nous rendions nous rendrons nous avons rendu nous rendîmes nous rendrions
rendez
vous rendez vous rendiez vous rendrez vous avez rendu vous rendîtes vous rendriez
ils, elles rendent ils, elles rendaient ils, elles rendront ils, elles ont rendu ils, elles rendirent ils, elles rendraient


je sais je savais je saurai j’ai su je sus je saurais
savoir tu sais tu savais tu sauras tu as su tu sus tu saurais
sache
(sai-, il, elle, on sait il, elle, on savait il, elle, on saura il, elle, on a su il, elle, on sut il, elle, on saurait
sav-,
sachons
nous savons nous savions nous saurons nous avons su nous sûmes nous saurions
s-) sachez
vous savez vous saviez vous saurez vous avez su vous sûtes vous sauriez
ils, elles savent ils, elles savaient ils, elles sauront ils, elles ont su ils, elles surent ils, elles sauraient

je veux je voulais je voudrai j’ai voulu je voulus je voudrais


veux

Tableaux de conjugaison
vouloir tu veux tu voulais tu voudras tu as voulu tu voulus tu voudrais
(veu-, il, elle, on veut (veuille)
il, elle, on voulait il, elle, on voudra il, elle, on a voulu il, elle, on voulut il, elle, on voudrait
voul-, voulons
veul-, nous voulons nous voulions nous voudrons nous avons voulu nous voulûmes nous voudrions
voulez
voud) vous voulez vous vouliez vous voudrez vous avez voulu vous voulûtes vous voudriez

217
(veuillez)
ils, elles veulent ils, elles voulaient ils, elles voudront ils, elles ont voulu ils, elles voulurent ils, elles voudraient
TABLEAUX DE CONJUGAISON

© Nathan
© Nathan

Indicatif Conditionnel Impératif


Passé

218
Présent Imparfait Futur Passé composé Présent Présent
simple

pouvoir je peux je pouvais je pourrai j’ai pu je pus je pourrais


(peu-, tu peux tu pouvais tu pourras tu as pu tu pus tu pourrais
pouv-, il, elle, on peut il, elle, on pouvait il, elle, on pourra il, elle, on a pu il, elle, on put il, elle, on pourrait On ne
peuv-, nous pouvons nous pouvions nous pourrons nous avons pu nous pûmes nous pourrions l’utilise pas.
pour-, vous pouvez vous pouviez vous pourrez vous avez pu vous pûtes vous pourriez
p-) ils, elles peuvent ils, elles pouvaient ils, elles pourront ils, elles ont pu ils, elles purent ils, elles pourraient
TABLEAUX DE CONJUGAISON

je mange je mangeais je mangerai j’ai mangé je mangeai je mangerais


tu manges tu mangeais tu mangeras tu as mangé tu mangeas tu mangerais
mange
manger il, elle, on mange il, elle, on mangeait il, elle, on mangera il, elle, on a mangé il, elle, on mangea il, elle, on mangerait
mangeons
(mang-) nous mangeons nous mangions nous mangerons nous avons mangé nous mangeâmes nous mangerions
mangez
vous mangez vous mangiez vous mangerez vous avez mangé vous mangeâtes vous mangeriez
ils, elles mangent ils, elles mangeaient ils, elles mangeront ils, elles ont mangé ils, elles mangèrent ils, elles mangeraient

je lance je lançais je lancerai j’ai lancé je lançai je lancerais


tu lances tu lançais tu lanceras tu as lancé tu lanças tu lancerais
lance
lancer il, elle, on lance il, elle, on lançait il, elle, on lancera il, elle, on a lancé il, elle, on lança il, elle, on lancerait
(lanc-)
lançons
nous lançons nous lancions nous lancerons nous avons lancé nous lançâmes nous lancerions
lancez
vous lancez vous lanciez vous lancerez vous avez lancé vous lançâtes vous lanceriez
ils, elles lancent ils, elles lançaient ils, elles lanceront ils, elles ont lancé ils, elles lancèrent ils, elles lanceraient

je mets je mettais je mettrai j’ai mis je mis je mettrais


mettre tu mets tu mettais tu mettras tu as mis tu mis tu mettrais
mets
(met-, il, elle, on met il, elle, on mettait il, elle, on mettra il, elle, on a mis il, elle, on mit il, elle, on mettrait
mett-, nous mettons
mettons
nous mettions nous mettrons nous avons mis nous mîmes nous mettrions
m-) mettez
vous mettez vous mettiez vous mettrez vous avez mis vous mîtes vous mettriez
ils, elles mettent ils, elles mettaient ils, elles mettront ils, elles ont mis ils, elles mirent ils, elles mettraient

j’oublie j’oubliais j’oublierai j’ai oublié j’oubliai j’oublierais


tu oublies tu oubliais tu oublieras tu as oublié tu oublias tu oublierais
oublie
oublier il, elle, on oublie il, elle, on oubliait il, elle, on oubliera il, elle, on a oublié il, elle, on oublia il, elle, on oublierait
(oubli-) nous oublions
oublions
nous oubliions nous oublierons nous avons oublié nous oubliâmes nous oublierions
oubliez
vous oubliez vous oubliiez vous oublierez vous avez oublié vous oubliâtes vous oublieriez
ils, elles oublient ils, elles oubliaient ils, elles oublieront ils, elles ont oublié ils, elles oublièrent ils, elles oublieraient
Indicatif Conditionnel Impératif
Passé
Présent Imparfait Futur Passé composé Présent Présent
simple

prendre je prends je prenais je prendrai j’ai pris je pris je prendrais


(prend-, tu prends tu prenais tu prendras tu as pris tu pris tu prendrais
prends
pren-, il, elle, on prend il, elle, on prenait il, elle, on prendra il, elle, on a pris il, elle, on prit il, elle, on prendrait
prenons
prenn-, nous prenons nous prenions nous prendrons nous avons pris nous prîmes nous prendrions
prend-, vous prenez prenez
vous preniez vous prendrez vous avez pris vous prîtes vous prendriez
pr-) ils, elles prennent ils, elles prenaient ils, elles prendront ils, elles ont pris ils, elles prirent ils, elles prendraient

je sors je sortais je sortirai j’ai sorti je sortis je sortirais


tu sors tu sortais tu sortiras tu as sorti tu sortis tu sortirais
sortir sors
il, elle, on sort il, elle, on sortait il, elle, on sortira il, elle, on a sorti il, elle, on sortit il, elle, on sortirait
(sor-, sortons
sort-) nous sortons nous sortions nous sortirons nous avons sorti nous sortîmes nous sortirions
sortez
vous sortez vous sortiez vous sortirez vous avez sorti vous sortîtes vous sortiriez
ils, elles sortent ils, elles sortaient ils, elles sortiront ils, elles ont sorti ils, elles sortirent ils, elles sortiraient

je cours je courais je courrai j’ai couru je courus je courrais


tu cours tu courais tu courras tu as couru tu courus tu courrais
cours
courir il, elle, on court il, elle, on courait il, elle, on courra il, elle, on a couru il, elle, on courut il, elle, on courrait
(cour-)
courons
nous courons nous courions nous courrons nous avons couru nous courûmes nous courrions
courez
vous courez vous couriez vous courrez vous avez couru vous courûtes vous courriez
ils, elles courent ils, elles couraient ils, elles courront ils, elles ont couru ils, elles coururent ils, elles courraient


je vois je voyais je verrai j’ai vu je vis je verrais
voir tu vois tu voyais tu verras tu as vu tu vis tu verrais
(voi-, vois
il, elle, on voit il, elle, on voyait il, elle, on verra il, elle, on a vu il, elle, on vit il, elle, on verrait
voy-, voyons
ver-, nous voyons nous voyions nous verrons nous avons vu nous vîmes nous verrions
voyez
v-) vous voyez vous voyiez vous verrez vous avez vu vous vîtes vous verriez
ils, elles voient ils, elles voyaient ils, elles verront ils, elles ont vu ils, elles virent ils, elles verraient

venir je viens je venais je viendrai je suis venu(e) je vins je viendrais

Tableaux de conjugaison
(vien-, tu viens tu venais tu viendras tu es venu(e) tu vins tu viendrais
viens
ven-, il, elle, on vient il, elle, on venait il, elle, on viendra il, elle, on est venu(e) il, elle, on vint il, elle, on viendrait
vienn-,
venons
nous venons nous venions nous viendrons nous sommes venu(es) nous vînmes nous viendrions
viend-, venez
vous venez vous veniez vous viendrez vous êtes venu(es) vous vîntes vous viendriez

219
v-) ils, elles viennent ils, elles venaient ils, elles viendront ils, elles sont venu(es) ils, elles vinrent ils, elles viendraient
TABLEAUX DE CONJUGAISON

© Nathan
© Nathan

Indicatif Conditionnel Impératif


Passé

220
Présent Imparfait Futur Passé composé Présent Présent
simple
j’emploie j’employais j’emploierai j’ai employé j’employai j’emploierais
tu emploies tu employais tu emploieras tu as employé tu employas tu emploierais
employer il, elle, on emploie il, elle, on employait il, elle, on emploiera il, elle, on a employé emploie
il, elle, on employa il, elle, on emploierait
(emploi-, employons
employ-) nous employons nous employions nous emploierons nous avons employé nous employâmes nous emploierions
employez
vous employez vous employiez vous emploierez vous avez employé vous employâtes vous emploieriez
ils, elles emploient ils, elles employaient ils, elles emploieront ils, elles ont employé ils, elles employèrent ils, elles emploieraient
TABLEAUX DE CONJUGAISON

je paie (paye) je payais je paierai j’ai payé je payai je paierais


tu paies (payes) tu payais tu paieras tu as payé tu payas tu paierais
payer paie (paye)
il, elle, on paie (paye) il, elle, on payait il, elle, on paiera il, elle, on a payé il, elle, on paya il, elle, on paierait
(pai-, payons
pay-) nous payons nous payions nous paierons nous avons payé nous payâmes nous paierions
payez
vous payez vous payiez vous paierez vous avez payé vous payâtes vous paieriez
ils, elles paient ils, elles payaient ils, elles paieront ils, elles ont payé ils, elles payèrent ils, elles paieraient

j’achète j’achetais j’achèterai j’ai acheté j’achetai j’achèterais


tu achètes tu achetais tu achèteras tu as acheté tu achetas tu achèterais
acheter il, elle, on achète achète
il, elle, on achetait il, elle, on achètera il, elle, on a acheté il, elle, on acheta il, elle, on achèterait
(achèt-, achetons
achet-) nous achetons nous achetions nous achèterons nous avons acheté nous achetâmes nous achèterions
achetez
vous achetez vous achetiez vous achèterez vous avez acheté vous achetâtes vous achèteriez
ils, elles achètent ils, elles achetaient ils, elles achèteront ils, elles ont acheté ils, elles achetèrent ils, elles achèteraient
Crédits photographiques
P. 52 (haut) : BIS / Ph. Hubert Josse © Archives Larbor, p. 52 (bas) : BIS / Ph. © Archives Nathan ; p. 53 : RMN Dist / BPK
Berlin ; p. 54 : BIS / Archives Nathan ; p. 55 (droite) : ROGER-VIOLLET / © Jack Nisberg, p. 55 (gauche) : BIS / Ph. Coll.
Archives Larbor, p. 55 (haut) : ROGER-VIOLLET / © Jack Nisberg ; p. 56 (haut) : RMN / René Gabriel Ojéda, p. 56 (bas) :
BIS / British Museum - Archives Bordas ; p. 57 (gauche) : BIS / Ph. B. Sonneville / Archives Larbor ; p. 58 : LEEMAGE /
Heritage Images ; p. 60 : BIS / Ph. Olivier Ploton / Archives Larbor ; p. 66 : BIOSPHOTO / Matt Alexander ; p. 67 : AFP /
Jean-Pierre Muller ; p. 68 : BIOSPHOTO / Vincent M. & Studler E ; p. 82 (haut) : Ariane Perdriel, p. 52 (bas) : BIOSPHOTO /
OSF / Les Stocker ; pp. 83-84 : Collection CHRISTOPHE L ; p. 86 : © Jacques Couturier Organisation / Pascal Buisson ;
pp.87-88 : © Jacques Couturier Organisation / Christophe Bouquin ; pp. 92-93 et 94 : Marc Vanappelghem ; p. 109 :
BIS / Ph. Coll. Archives Nathan ; p. 111 : BIS / © Archives Larbor ; p. 115 (bas) : RMN / Daniel Arnaudet, p. 115 (haut) :
RMN / Gérard Blot ; p. 120 : RMN / Gérard Blot © Succession Picasso, Paris 2011 ; p. 121 : Rue des archives / The
Granger Collection ; p. 159 : SHUTTERSTOCK / Roberto Romanin ; p. 161 : PxP Gallery / Laurent Ferrière ; p. 207 :
SHUTTERSTOCK / Andrei Nekrassov.

Crédits illustrations
Laurent Audoin : pp. 50, 74 (bas), 79 (haut), 90, 91, 129, 137, 149,151, 155, 163, 175, 179, 185, 201. Hubert Blatz :
p. 118 (bas). Buster Bone : p.63. Sylvain Bourrières : pp. 42, 43, 44. Sébastien Chebret : p. 119. Thierry Christmann :

© Nathan
pp. 46, 47, 147, 191, 192. Marie De Monti : pp. 21, 32, 33, 34, 127. Émilie Dedieu : pp. 26, 27, 28. Pierre Fouillet :
pp. 12, 13, 14. Maryvonne Le Guellec : pp. 19, 105, 110, 171. Laurent Lolmède : p. 112. Peggy Nille : pp. 40 (droite),
95, 133, 135, 139, 145, 153, 165, 170, 173, 181, 187, 205. Christian Peultier : pp. 72, 73, 74 (haut), 81 (haut). Jean-
Christophe Raufflet : pp. 16, 17, 18, 36, 37, 38, 40 (gauche). Sandrine Revel : pp. 102, 103, 104. ®obin : pp. 113, 114.
Laurent Siffert : pp. 45, 75, 85, 101, 131, 141, 143, 157, 167, 169, 177, 183, 206, 207 (haut). Sébastien Telleschi : p. 20.
Alexios Tjoyas : pp. 123, 124.Nathalie Tousnakhoff : pp. 76, 77, 78, 122 (bas).
7 e

Dans la même collection, niveau 7e


● Cahier d’exercices
● Guide pédagogique

Également disponibles pour la Suisse romande


Français 5e, 6e et 8e
© Nathan

ISBN : 978-2-09-122445-9

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