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Mis à jour le 09/10/2018

Découvrez ce qui se cache derrière le BIM


Le besoin de parler un langage commun

Bienvenue dans ce cours ! 

Vous avez peut-être déjà entendu parler du BIM. Mais savez-vous ce qui se cache derrière cet
acronyme ? Remontons un peu dans le temps pour savoir d’où vient cette notion. Apparu au
début des années 90, le BIM avait pour objectif de définir la représentation numérique des
constructions, c’est-à-dire un modèle 3D agrémenté de propriétés.

L’information : cette notion est fondamentale dans le BIM. Les propriétés sont
les données que l’on retrouve dans les objets de la maquette numérique.

La maquette numérique est constituée d’objets (murs, portes, fenêtres, etc.) contenant des
propriétés (hauteur, largeur, poids, etc.). Au contraire, un dessin 2D est réalisé à partir de
traits et un modèle 3D est constitué uniquement de volumes extrudés sans informations.

Initialement, les formats d'import et d'export des logiciels étaient très limités. La plupart
d'entre eux possédaient même leurs propres formats, dits natifs. Mais, quand les différents
corps de métiers de la conception et de la construction d’édifices ont eu besoin de
s’échanger leurs modèles, ces formats natifs sont devenus problématiques.

C'est pour créer un modèle d’échange de données dédié au bâtiment, basé sur les objets de la
maquette, qu'un consortium est né : l'IAI, International Alliance for Interoperability. Ce
consortium deviendra Building Smart International en 2005.

Pour faciliter la coopération entre les différents acteurs du bâtiment et rationaliser les
méthodes de travail, l'IAI a créé le format IFC (Industry Foundation Classes).

Les différents acteurs du consortium ont ensuite mis en place des procédures pour organiser
cette coopération au niveau des maquettes et la manager au niveau de la gestion de projet.
C’est ainsi qu’est né le BIM.

Que signifie l’acronyme BIM ?


Revenons maintenant à l’acronyme BIM. Il s'agit, comme vous pouvez l'imaginer, d'un terme
anglophone qui signifie trois choses :

1. Building Information Modeling

Cela correspond au processus mis en place pour échanger les maquettes correctement,


organiser les informations, définir les environnements numériques de travail, etc. Sur un
projet, vous retrouverez notamment ces éléments dans la Convention BIM (nous en
reparlerons dans les prochains chapitres).

2. Building Information Model

Il s'agit de la maquette numérique ("Digital Mock Up" en anglais). En France, le terme


maquette numérique est issu des industries aéronautique et automobile.

3. Building Information Management

Le BIM Management encadre, vérifie et gère les processus et les maquettes numériques.

Une tentative a été faite pour traduire le BIM en français . Cela a donné Bâtiment


Informations Modélisées, mais cette traduction n’a pas fait long feu, car elle s'appliquait
uniquement à l'univers du bâtiment. Nous le verrons par la suite, le BIM peut être beaucoup
plus large et s’appliquer aux infrastructures.

Les concepts de processus et de maquette vous semblent flous ? C'est normal ! Pas de
panique, nous les définirons dans la section suivante.

Piliers : Stratégie / Processus / Technologie


Il serait trop réducteur de simplifier le BIM avec une des trois définitions données
précédemment. Si les Anglo-Saxons le définissent avec trois notions, c’est qu’il y a une
raison. En effet, le BIM repose sur trois piliers :
Les 3 piliers du BIM

Et quand on dit “repose sur ces trois piliers”, c’est parce que, sans l’un de ces piliers,
l’ensemble s’écroule. Ces éléments sont à la fois indépendants et interdépendants :

 La technologie regroupe tout ce qui concerne la maquette numérique, la modélisation


et les outils numériques.
 Le processus définit les modalités d’échange et de modélisation, les responsabilités de
chacun, l'environnement dans lequel échanger, et les flux de travail.
 La stratégie correspond au management des deux premiers.

Si nous faisons un parallèle avec un jeu de société, la technologie serait le plateau de jeu et les
pions, le processus serait les règles du jeu et la stratégie le maître du jeu !

Les niveaux du BIM

Parfois, on entend : « Vous faites du BIM de quel niveau ? »

Qu’est-ce que cela signifie ?

Il existe 3 niveaux de BIM.


Les niveaux du BIM

Le BIM de niveau 1

Chacun réalise des maquettes numériques pour ses propres besoins, mais les maquettes ne
sont pas échangées. Les échanges se font via des formats « classiques », c'est-à-dire en 2D
ou sur papier.

Le BIM de niveau 2

Le BIM de niveau 1 est intégré et les collaborateurs commencent à échanger des maquettes
numériques. Comme nous l’avons vu précédemment, cela implique de mettre en place des
procédures, grâce à une Convention BIM. Il faudra également désigner une personne ou une
équipe de personnes qui gèrera ces processus. C’est le rôle du BIM Manager, ou du BIM
Management dans le cas d’une équipe.

Le BIM de niveau 2 est aujourd’hui le plus commun. Il est même imposé dans certains pays,
comme au Royaume-Uni pour les marchés publics depuis 2016.

Le BIM de niveau 3

Dans le BIM de niveau 3, il y a une maquette « unique » hébergée sur un serveur ou dans le


cloud. Chaque corps de métier peut travailler en simultané et en temps réel. Aujourd'hui,
certaines technologies permettent d’avoir une maquette « centrale » sur un serveur et
des « sous-maquettes » par corps d’état. Ces sous-maquettes peuvent ensuite être
synchronisées et venir enrichir la maquette centrale.

Ce niveau n’est pas encore déployé, même si certains aventuriers tentent de s’y frotter. 

Une petite remarque : en fait, il y a 4 niveaux de BIM ! Le premier niveau est le BIM de
niveau 0, qui consiste à ne pas faire de BIM !

Maintenant, imaginez que vous êtes BIM Manager ! Prenez quelques minutes pour réfléchir et
lister quels peuvent être les freins et les avantages de la mise en place du BIM sur un projet.
Quels outils et quelle organisation doivent être mis en place ?

Nous allons aborder tous ces points dans la suite du cours ! 

En résumé
 Le BIM ne se résume pas à la maquette numérique ni à un outil numérique. Il existe
des dizaines, voire des centaines d’outils numériques permettant de faire de près ou de
loin du BIM, suivant les spécialités métiers. 
 Il ne s'agit pas seulement d'un processus ni de la gestion de la maquette. C'est un
ensemble bien plus vaste.
 Les acteurs d’un projet réalisent leurs maquettes numériques (Technologie), en se
basant sur des méthodes ou Convention BIM (Processus). Tout ceci est encadré et
géré par le BIM Management (Stratégie).
Par ailleurs, la gestion de projet en BIM nécessite une bonne connaissance du Management de
Projet de Construction, mais nous verrons cela un peu plus tard.

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J'AI TERMINÉ CE CHAPITRE ET JE PASSE AU SUIVANT