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Mis à jour le 09/10/2018

Appréhendez les dimensions du BIM


De quelles dimensions parlons-nous ?

D'après Le Larousse, une dimension est "la mesure de chacune des


grandeurs nécessaires à l’évaluation de quelque chose".

Dans le BIM, nous avons ajouté à ces grandeurs fondamentales (longueur,


largeur et hauteur) d’autres strates définissant des paramètres toujours
quantifiables, mais plus abstraits. Par exemple, nous pouvons ajouter un
paramètre de temps ou de coût.

Toutes ces informations sont très importantes dans le BIM pour analyser,
évaluer et définir les données dont on peut avoir besoin pour mieux
concevoir, construire et exploiter nos bâtiments.

On peut donc rapprocher le BIM du concept de "dimensions",


mais également de celui de "données". En effet, à chaque incrémentation,
c’est une nouvelle couche d’information que l’on vient ajouter à la
précédente.

Quelles sont les différentes « strates » de dimensions ?


Il existe donc différentes dimensions (ou strates de données), mais à quoi
correspondent-elles ?

Nous allons en définir 7 ! Prenez quelques minutes pour y réfléchir et en


trouver le maximum. Vous pouvez les écrire sur une feuille, puis comparer
vos réponses avec la suite !

La 2D

On fait encore de la 2D avec le BIM ? Eh bien oui ! On échange encore


en plans sur papier (en format PDF, ou DWG, notamment), en particulier
pour les fonds de plans dans certains outils numériques BIM. De plus,
beaucoup d’entreprises travaillent, et continueront de travailler, avec
des outils 2D. Il faudra bien continuer à échanger avec elles. ☺
La 3D

Les trois dimensions géométriques X-Y-Z. C’est le fondement même des


outils numériques BIM. Il existe de nombreuses applications qui
plébiscitent la 3D. La première d’entre elles est la visualisation et
la compréhension des futures constructions pour les néophytes. Mais il y a
aussi la détection des collisions, la préfabrication, la compilation
automatique des coupes et détails, etc.

La 4D

Nous ajoutons aux trois premières dimensions, le paramètre de « temps ».


Pour cela, nous intégrons des plannings, le calendrier d’un projet ou encore
l’avancement d’une phase de construction. Cela permet aux différents
acteurs d’un projet d’anticiper la planification et/ou la préfabrication
d’éléments, mais aussi de vérifier visuellement que l’enchaînement des
tâches de chaque acteur est cohérent. C’est la notion de timeliner que
nous retrouvons dans certains outils numériques. Il s'agit d'un lien entre
une maquette numérique et un diagramme de Gantt. Ainsi, il est possible
de voir sur ordinateur l'édification d'un bâtiment en visualisant l'ordre des
étapes de construction.

Le diagramme de Gantt est un outil souvent utilisé en gestion de projet. Il


permet de visualiser dans le temps les diverses tâches qui composent un
projet.

La 5D

Après les grandeurs fondamentales, on arrive à des dimensions qui n’en


sont pas vraiment. Ce sont plutôt des compléments, ou couches de
datas (de données) supplémentaires. La 5D est la couche financière. Elle
permet d’estimer les coûts de la construction ou de suivre la situation
financière du projet à un instant t. C’est l’apanage des économistes de la
construction.

La 6D

Cette couche concerne tout ce qui touche au développement durable. Il


s’agit d’analyses énergétiques et/ou d'analyses d’impact environnemental.
Elles servent notamment aux calculs de la RT2012 ou du Label E+C-.
La 7D

Cette couche relie les données du projet à tous les aspects du cycle de vie
du bâtiment. La maquette remise au DOE contient toutes les informations
du projet “tel que construit” et permettra la gestion du patrimoine du
bâtiment, ainsi que son exploitation-maintenance. Celle-ci recueille toutes
les informations qui ont été définies dès le DCE et incrémentées tout au
long de la phase de construction.

Le DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) est le dossier contractuel de


récolement fourni au client final lors de la livraison d'un bâtiment en fin de
chantier et à la remise des clefs.

Le DCE (Dossier de Consultation des Entreprises) est le dossier transmis


aux entreprises consultées pour la réponse à un marché public.

Dimensions du BIM
Vers le bâtiment et au-delà…
Le BIM ne concerne pas que le bâtiment. C’est un continuum du secteur
de la construction vers la ville intelligente, dont vous avez peut-être déjà
entendu parler sous le nom de Smart City.

Avec le BIM, on peut descendre au niveau du détail du boulon sur la


charpente. Cela permet d’affiner les simulations, de réaliser les plans de
calepinage ou de préfabrication, voire des impressions 3D.

Mais il est important de remettre le bâtiment dans son environnement,


afin d’analyser l’impact de celui-ci sur le territoire. On parlera alors
de Maquette Numérique Urbaine (MNU), ou encore de City Information
Modeling (CIM).

Aujourd’hui, les grandes agglomérations, ainsi que de nombreuses


communes (ou communautés de communes), ont entamé la numérisation
de leurs territoires. Cette démarche rejoint le Système d’Information
Géographique (SIG).

De la Maquette Numérique Urbaine (MNU) à la Maquette Numérique du Bâtiment (MNB)

Nous reviendrons sur ces notions dans un prochain chapitre


Les infrastructures font aussi partie du BIM !
Au Royaume-Uni, le déploiement du BIM concerne tous types de projets
d’infrastructure dont le projet du High Speed Train 2, équivalent de notre
TGV. En Allemagne, le ministère des Transports a fait de la mise en place
du BIM une priorité à l’horizon 2020.

En France, une partie importante des grands projets recensés en BIM


concerne les infrastructures. Le plus emblématique est le Grand Paris, un
vaste projet ferroviaire dont le but est de structurer la ville et le territoire.

Le chiffre d'affaires du secteur des infrastructures


représente trois fois celui du secteur du bâtiment.

Pour autant, l’infrastructure est un système de systèmes. C’est une


industrie qui atteint un niveau de complexité extrême, sur des centaines
de kilomètres, tout en conservant un besoin de précision important,
supérieur au millimètre parfois. La masse des données relatives au
traitement des exigences environnementales représente deux ou trois fois
la masse des données propres aux ouvrages du projet. L'utilisation du BIM
prend donc tout son sens pour la gestion de toutes ces données.

En résumé
La maquette numérique est une immense base de données qui regroupe
un grand ensemble d’informations au travers de ses différentes strates.
Nous pourrions ajouter des dimensions supplémentaires en intégrant des
indications juridiques ou sociales. Le BIM, c’est donc beaucoup
d’informations possibles, structurées et organisées dans une maquette
numérique. C’est ce que nous appelons plus communément le big data !

Le BIM permet le dialogue et l’échange d’informations entre les acteurs,


et ils sont nombreux ! Chacun exerce son métier dans son périmètre de
responsabilité. La communication se fait dans une logique de
continuum numérique entre les phases d’un projet, mais aussi au-delà de
la construction avec le monde de l’exploitation et l’immobilier.

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J'AI TERMINÉ CE CHAPITRE ET JE PASSE AU SUIVANT