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G

Cours d’Hydraulique
Filière : Génie civil (3ème année)

Version provisoire
M
Animé par : Pr. Youssef AJDOR
E

Année universitaire : 2017/2018


Cours d’Hydraulique Pr.Youssef AJDOR

Sommaire
Partie A : Hydrostatique
Chapitre 1 : Généralités
• Introduction : Historique
• Nature de fluides
• Propriétés physiques d’un fluide
• Loi de Newton de la Viscosité
• Fluides newtoniens / non newtoniens
• Tension superficielle : Capillarité
• Tension de vapeur
Chapitre 2 : Hydrostatique

G
• Pression en un point
• Unités et échelles de pression
• Manomètres
• Manomètre différentiel
• Manomètre incliné
• Micro manomètre
• Forces de pression sur des surfaces planes
• Forces de pression sur des surfaces inclinées
• Centre de pression
M
• Prisme de pression
• Force de flottabilité, corps immergés
• Stabilité des corps flottants ou immergés
Partie B : Ecoulement dans les conduites
Chapitre 3 : Hydrodynamique du fluide parfait
• Classification des écoulements : uniforme / non uniforme, permanant /
non laminaire / non laminaire / turbulent.
• Ligne de courant, tube de courant.
• Equation de continuité (principe de conservation de la masse)
• Equation d’Euler (principe de conservation de l’énergie)
• Equation de Bernoulli
E

• Equation de la quantité de mouvement


• Application de l’équation de quantité de mouvement.
Chapitre 4 : Ecoulement dans les conduites
• Ecoulement laminaire : Ecoulement de Poiseuille
• Nombre de Reynolds : Ecoulement laminaire / turbulent
• Pertes de charges linéaires dans les écoulements en conduites et à
surface libre
• Problèmes d’écoulement
• Pertes de charge singulières
• Exemples d’application
Chapitre 5 : Calcul des réseaux hydrauliques
• Ligne d’énergie et ligne pièzométrique
• Etude de siphon

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• Conduites en série
• Conduites en parallèle
• Réseaux de conduites
• Exemples d’application

G
M
E

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Chapitre I : Introduction, Historique de l’Hydraulique


L’hydraulique appliquée est une science ancienne : les égyptiens et les babyloniens
ont construit des canaux pour l’irrigation et pour la défense, sans aucune tentative de
comprendre les lois du mouvement d’un fluide.

Les premières tentatives de rationaliser la nature de la pression et les configurations


de l’écoulement sont dues aux grecs :

▪ Lois de l’hydrostatique
▪ Lois de la flottabilité
▪ Conception de pompes à piston et horloge à eau
▪ Conception de la loi d’Archimède

- Epoque de la renaissance :

G
▪ Léonard de Vinci publie des résultats de leurs observations
▪ Apparition d’idées de conservation de la masse (continuité, frottement,
vitesse des ondes …)

- 17éme siècle : Emergence de brillants savants :

▪ Descartes
▪ Pascal
▪ Newton  Bases des mathématiques et physiques modernes
M
▪ Hooke
▪ Leibniz

▪ Bernoulli
▪ Euler  Développent les bases de l’hydrodynamique
▪ d’Alembert.

- Henri de Pitot construit un appareil de mesure de la vitesse d’écoulement


- Antoine Chézy développe l’équation rationnelle qui décrit l’écoulement dans les
cours d’eau et canaux.
E

- Au 19éme siècle on peut noter :

▪ Les expériences de Hagen : Effet de la température sur l’écoulement dans


une conduite (1er à avoir observé la turbulence).
▪ Poiseuille développe les équations de l’écoulement laminaire en observant
l’écoulement du sang dans les veines.

Ont suivi par la suite les travaux de Weisbach, Bresse et Henri Darcy.

Le 20ème siècle connaît d’importantes avancées dans la compréhension et l’application


de la mécanique des fluides dans la plupart des branches de l’ingénierie :

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- Van Karman : travaux sur la couche limite et


- Prandtl : la turbulence.
- Nikuradse, Moody, Colebrook : Meilleure compréhension de l’écoulement dans
les conduites, loi de frottement.

Depuis 1945, le développement des ordinateurs et de l’instrumentation a révolutionné


plusieurs aspects de l’hydraulique.

La mécanique des fluides est l’étude de tous aspects de comportement des fluides
(mouvement, équilibre).

L’hydraulique est une des branches de la mécaniques des fluides qui s’intéresse à
l’étude des liquides et utiliser les résultats de la mécaniques des fluides.

I-1 Nature des fluides

G
Un fluide est une substance qui peut s’écouler et se former continuellement dans il
est soumis à une contrainte de cisaillement, sans possibilité de retour à sa position
d’origine.

Une force de cisaillement est la composante de la force qui est tangente à la surface
et cette force est divisée par l’aire de cette surface (A) :

F

M
A

Dans la figure ci-dessous, une substance est placée entre 2 plaques parallèles
suffisamment larges. La plaque inférieure est fixe et une force F est appliquée à la
𝐹
plaque supérieure qui exerce par conséquent une contrainte 𝜏 = sur la substance
𝐴
entre les deux plaques.
E

Quand la force F provoque le mouvement de la plaque supérieure, avec une vitesse


uniforme, on peut conclure que la substance comprise entre les deux plaques est un
fluide. Le fluide immédiatement en contact avec la plaque supérieure possède la
même vitesse que la plaque (pas de glissement).

Quand un fluide est en mouvement, les contraintes de cisaillement se développent


quand les particules de fluide sont en mouvement relatif l’une par rapport à l’autre. Si
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le fluide a la même vitesse partout, alors aucune contrainte de cisaillement n’est


produite ;

L’expérience montre que la force F est proportionnelle à A et U et inversement


proportionnelle à h.
AU
F 
h

𝐹
μ: Facteur de proportionnalité tenant compte de l’effet de fluide si on note que 𝜏 =
𝐴
alors :
U
  Loi de Newton de la Viscosité
h

G
μ : est appelé la viscosité dynamique du fluide.

I-2 Propriétés physiques d’un fluide


I-2-1 Masse volumique ρ

ρ : Rapport de la masse par unité de volume. Pour la définir en un point, définissons :

Δm : Masse de fluide contenue dans un volume infinitésimal Δv


M
ε: distance entre les molécules.

Alors, la masse volumique s’écrit :


m
  lim
v  3 v
Exemples :

- Eau à 4 °C et à la pression atmosphérique  ρ = 1000 Kg/m3.


- Eau à 20 °C et à la pression atmosphérique  ρ = 998,2 Kg/m3
E

- Mercure à 20 °C et à la pression atmosphérique  ρ = 13600 Kg/m3

I-2-3 Volume spécifique

C’est le volume occupé pas unité de masse :

1
s 

I-2-4 Poids spécifique


C’est le poids par unité de volume :

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  g

 : Change avec le lieu (car g est fonction de la latitude et de l’altitude)

I-2-5 Pression
Elle se définit comme étant la force normale sur une surface plane divisée par l’aire de
cette surface.
𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒
En un point 𝑝 = 𝑙𝑖𝑚 quand l’aire tend vers zéro
𝐴𝑖𝑟𝑒

I-2-6 Viscosité
C’est la propriété d’un fluide à s’apposer par des efforts tangentiels aux déplacements

G
qu’on lui impose.

Dans les forces de contact des molécules, la pression représente l’effort normal alors
que la viscosité correspond à l’effort tangentiel (se manifeste uniquement quand il y a
mouvement).

▪ La viscosité d’un gaz augmente avec la température.


▪ La viscosité d’un liquide diminue avec la température.
M
La cohésion est la cause principale de la viscosité d’un liquide.

Dans l’étude de la statique des fluides, aucune force tangentielle (de cisaillement) ne
doit être prise en compte. Les seuls efforts sont des efforts normaux (pression).

▪ Viscosité dynamique :
𝜏
𝜇=
𝑑𝑢⁄
𝑑𝑦

𝜏 [𝜏]
E

La dimension de μ est : [𝜇] = [𝑑𝑢 ]= [𝑑𝑢]


⁄𝑑𝑦 ⁄[𝑑𝑦]

  : F.L-2
u  : LT-1 u  = F.L-2 .T
 y : L

Comme F = mg  m = M
 g  = LT-2
    ML1T 1
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Unité de mesure SI : Ns / m2.


Dans le système CSG (usilisé par les physiciens : les unités sont le cm, g, s, unité de
la force est la Dyne)
L’unité est le poise. 1 Poise = Dyne s/cm2
Ou le Poiseuille 1 Poiseuille = 10 Po
Ou le centpoise 10 cPo = 10-2 Po
Pour l’eau μ= 1 cPo = 10 Ns/m
-3 2

1 unité SI = 10 unités CSG


▪ Viscosité cinématique
Dans la plupart des cas, la masse volumique apparaît divisée par ρ.

 

L’unité SI est le m2/s
L’unité CSG est le Stoke : 1cm2/s : St.

G
Pour l’eau à 20 °C  = 10-6 m2/s = 0,01 St
Pour l’air  = 0,15 St

I-2-7 Fluides newtoniens/non newtonien


- Un fluide newtonien pour lequel μ est constante est dit newtonien. La contrainte
dépend linéairement du gradient de vitesse (valable pour la plupart des fluides).

- Si μ n’est pas constante, le fluide est dit non newtoniens. Il existe plusieurs
M
catégories dépendant de la relation qui lie la contrainte au gradient de vitesse.
E

Les lois de comportement peuvent être groupées par une relation de la forme
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  A  B(du / dy)r
A, B, r des constants

Pour un fluide newtonien A=0, B=  et r=1


• Plastique : La contrainte  doit atteindre un certain minimum pour que le
mouvement puisse commencer ;

• Plastique idéal : comme le plastique et avec r=1 (boue des stations d’épuration,
ketchup) ;

• Pseudo plastique (Substance thixotropique) : pas de minimum, mais la viscosité


diminue avec du/dy.

Ex : substance colloïdale : argile, ciment, pate de papier.

G
• Substance dilatante : la viscosité augmente avec le taux de cisaillement :
quicksand (Sables mouvants), farine de maïs (Maizena dans l’eau) ;

1-2-8 Tension superficielle –Capillarité

La tension superficielle est la force par unité de longueur à la surface libre d’un liquide.
M
Dans un liquide une molécule située à l’intérieur est soumise aux forces que les
molécules voisines exercent sur elle. Ces forces sont symétriques et leur résultante
est nulle.
E

Une molécule à la surface libre d’un liquide où à la surface de séparation de deux


liquides (interface) n’est plus soumise à l’action de forces symétriques car elle n’est
plus entourée symétriquement par d’autres molécules de même nature.

La résultante des forces moléculaires n’est plus nulle, ce qui provoque une légère
déformation de la surface.

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Expérience : fine aiguille placée à la surface de l’eau en repos, l’aiguille est supportée
par le film.

Pour ramener des molécules vers la surface, il faut fournir un travail résistant contre
cette force : qui est égale au travail effectué par la force tangentielle de contraction
agissant le long d’un segment de longueur unité le long de la surface.

G
L’unité en SI est le N/m

EX : à T=20°c
M
Alcool  = 0.0223 N/m
Kérosène  = 0.023 – 0.032 N/m
Eau  = 0.074 N/m
Les phénomènes de capillarité qui se produisent à la surface libre d’un liquide dans un
tube étroit sont dues à la surface tension superficielle (déformation de la surface libre)
et formation d’un ménisque et l’adhérence à la paroi.

• Surélévation de la surface libre : ménisque concave si le liquide mouille la


paroi.
E

• Abaissement de la surface libre : ménisque convexe si le liquide ne mouille


pas la paroi

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1-2-9 Tension de vapeur

Les liquides s’évaporent parce que les molécules s’échappent de la surface libre. Les
molécules de vapeur exercent une pression partielle dans l’espace qu’ils occupent

G
appelée tension de vapeur.

Quand la pression absolue à l’intérieur d’un liquide est égale à la pression de vapeur
du liquide, il y a ébullition du liquide.

Exemples : l’eau à 20 °C a une tension de vapeur de 2.447 kPa


M
La mercure à une tension de vapeur de 0.173 Pa
Dans les écoulements des liquides, on rencontre des situations où de faibles pressions
sont produites en certains endroits. La pression peut dans ce cas devenir inférieure à
la tension de vapeur ; le liquide se transforme en vapeur : phénomène de cavitation :
formation de poches de vapeur. Ces poches ou cavités se déplacent avec
l’écoulement et quand elles atteignent des endroits où la pression est largement
supérieure à la tension de vapeur, elles implosent et arrachent la machine : érosion
E

c’est le cas des pompes et des turbines.

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Exercices

Exercice 1

1) Classer les substances suivantes au niveau de leur comportement :

a)
du/dy rad/s 0 1 3 5
 (N/m²) 30 40 60 80

b)
du/dy 0 3 4 6 5 4
rad/s
 (N/m²)

G
4 8 12 16 12 8

c)
du/dy rad/s 0 0.5 1.1 1.8
 (N/m²) 0 4 8 12

d)
du/dy rad/s 0 0.3 0.6 0.9 1.2
 (N/m²) 0 4 8 12 16
M
Exercice 2

Une contrainte de cisaillement de 4 dynes/cm² crée une déformation angulaire d’un


fluide newtonien de 1 rad/s, quelle est sa viscosité en Centi Poise CP ?

Exercice 4

Quelle est la relation qui lie le poids spécifique et le volume spécifique


E

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Exercice 4

Exercice 5
G
M
E

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DEVOIR LIBRE

G
M
E

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Chapitre II : Hydrostatique
II-1 Pression en un point

L’hydrostatique est l’étude des fluides en repos et la variation de la pression à l’intérieur


des fluides. Du fait de l’absence de mouvement de couches de fluide par rapport à une
autre, les contraintes de cisaillement sont nulles. Les forces mises en jeu sont de
pression normales aux surfaces.

P= lim dFr / dA
 A 0

L’unité de la pression est le N/m² = Pascal (Pa)


On utilise également le bar = 105 Pa

G
En un point, un fluide au repos à la même pression dans toutes les directions (isotopie
de la pression)

Pour démontrer cette isotropie, con sidérons un prisme dans un fluide en repos au
point (x,y) ; de dimension  x,  y et 1
M
E

Du fait que le fluide est en repos, les seules forces sont des forces de pression et le
poids de l’élément prismatique

 w   (( x y) / 2) 1

L’équilibre statique suivant les directions x et y donne

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 Fx  Px y  Ps s sin   0


 Fy  Py x  Ps s cos  (  ( x y) / 2)  0
Du fait que :
 s sin    y
 s cos   x

On obtient :

Px Px y  Ps y  0
Py x  Ps x  (  ( x y) / 2)  0
En faisant tendre  x et  y vers zéro, on obtient
Px = Ps
Py = Ps
d’où Px = Py = Ps

G
Du fait que  est arbitraire, la pression en un point dans un fluide en repos est la
même dans toutes des directions.

La pression n’est pas constante partout dans le fluide. En mesurant la pression aux
différentes profondeurs au-dessous de la surface libre, on s’aperçoit que la pression
augmente avec la profondeur.

Prenons un corps large contenant un liquide au repos (lac, piscine.) et imaginons une
colonne verticale de liquide de surface horizontale A.
M
E

Toutes les forces sont en équilibre les actions et les réactions sont perpendiculaires
aux surfaces (pas de contrainte de cisaillement) la force verticale doit donc équilibre
le poids de la colonne :

pA   gAh

D’où p   gh variation linéaire avec la profondeur


Equation de base de l’hydrostatique.

Puisque y=-h (axe ascendant)

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dp
  g
dy
dp
0
dx
dp
0
dz

𝐹⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑝

II. 2. Unités et échelles de pression

La pression peut être exprimé par rapport à n’importe quelle référence arbitraire. Les
références usuelles sont le zéro absolu (pression absolue) et la pression

G
atmosphérique locale (pression relative).
La pression absolue = pression – vide absolu
Pression relative = pression – pression atmosphérique locale

Pabsolue = Prelative + Patm


M
E

La pression atmosphérique est mesurée à l’aide d’un baromètre à mercure en donnant


la différence de pression entre l’atmosphère et la partie supérieure d’un tube vidée de
son air (espace contenant la vapeur de mercure).

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Loi de l’hydrostatique
𝑝𝐵 + 𝛾𝐻𝑔 . 𝑅 = 𝑝𝐴

G
pB : pression de vapeur de mercure (=0,173 Pa) est négligeable
D’où 𝑝𝐴 = 𝛾𝐻𝑔 . 𝑅
La seule lecture de R (baromètre gradué) donne la pression atmosphérique.
Avec  Hg  13590 Kg / m à 20°C
3

À la pression atmosphérique standard on lit R=760 mmHg

patm = 0,76 x 13590 x 9.81 = 101320 Pa


M
Si le liquide utilisé est l’eau on aurait :

𝑝𝑎𝑡𝑚 = 𝛾𝑒𝑎𝑢 . 𝑅𝑒𝑎𝑢 = 𝛾𝐻𝑔 . 𝑅𝐻𝑔

13590
Ce qui donne : Reau  0, 760   10,33 mce
1000

II-3 Manomètres

Les manomètres sont des appareils utilisant les liquides pour déterminer la différence
E

de pression.
Le manomètre élémentaire pour la mesure de la pression est le piézomètre, constitué
d’un tube vertical.

𝑝𝐴 = 𝜌. 𝑔. ℎ
𝑝𝐴
ℎ𝐴 = = 𝑆. ℎ En mce
𝜌.𝑔

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Le piézomètre est très peu utilisé à cause de la hauteur à donner au piézomètre pour
mesure des pressions modérées.
Exemple : Pour la mesure de la pression atmosphérique il faut une hauteur d’eau de
10 m (utilisés pour les gazoducs)
Pour la mesure des pressions négatives, le tube prend la forme de la figure :

G
pA   gh
M
hA  hS en mce

• Pressions négatives ou positives importantes, on utilise un second fluide de


poids spécifique plus important (non miscible)
E

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PA  1 gh2  2 gh1
On aura : hA  h2 S1  h1S2

II-4 Manomètre différentiel

Le manomètre différentiel permit de déterminer une différence de pression entre 2


points A et B sans connaître les pressions en A et B.

G
M
1) Appareil 1

On part d’une extrémité ou ménisque si le circuit est continu :


Partons de A :
E

PA  1 gh1  2 gh2  3 gh3  PB


Ou PA  PB  1 gh1  2 gh2  3 gh3

Si on exprime les pressions A et B en mce, on obtient :


hA  hB  S1h1  S2 h2  S3h3

2) Appareil 2

Partons de A
PA   1h1   2 h2   3h3  PB

D’où PA  PB   1h1   2 h2   3h3

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Ou bien on travaillant en hauteur d’eau :

hA  hB   S1h1  S2 h2  S3h3

Exercice :
Les liquides en A et B sont l’eau et le liquide dans le manomètre est l’huile (s=0,8)

On donne : h1 = 300 mm
h2 = 200 mm
h3 = 600 mm

a) Déterminer la différence de pression PA – PB en Pascale


b) Si PA = 50 kPa et la lecture dans le baromètre (pression atmosphérique) est 730

G
mmHg, trouver la pression absolue en A exprimé en m d’eau.

a) hA (m H2O) – h1SH2O – h2Shuile + h3 SH2O = hB(m H2O)


hA - hB = 0,3 x 1 + 0,2 x 0,8 – 0,6 x 1
hA - hB = -0,14 m H2O
D’où PA - PB = (h A - h B )
M
PA - PB =9806N/m3  (0,14)  1373Pa

PB 5.10 4
b) hB    5, 099 m H2O
 9806
hB (m H2O absolue) = hB (m H2O absolue) + 0,733 x 13.6
= 5,099 +9,928 = 15,027 m H2O absolue
E

D’où
hA absolue = hB absolue – 0,14 m H2O absolue
hA absolue = 15,027 - 0,14 m H2O absolue

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5. Micromanomètre

Il permet de mesurer d’une manière précise la différence d’élévation (de pression)


entre 2 ménisques, Avec deux liquides immiscibles, une importante différence de
lecture peut être produite pour une faible différence de pression.

Le liquide le plus lourd est rempli en premier (jusqu’au niveau O-O) puis on remplit le
deuxième liquide des deux cotés (niveau 1-1).

G
M
E

Quand la pression en C est légèrement supérieure à celle en D, le ménisque se


déplace pour se mettre dans la position de la figure. Le volume du liquide déplacé
dans chaque réservoir égale le déplacement dans le tube en U.
R
yA  a
2
En commençant par le point C, on obtient :

R R
pc  (h1  y ) 1  (h2  y  ) 2  R 3  (h2   y ) 2  (h1  y ) 1  pd
2 2
Ra
Ce qui donne en remplaçant : y 
2A

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a a
pc  pd  R{ 3   2 (1  )  1 }
A A
La quantité entre guillemets est constante pour un appareil et des fluides donnés, la
différence de pression est proportionnelle à R.

Problème

1. Deux réservoirs reliés par un tube contiennent de l’air et de l’huile, quelles sont
les pressions en A et B en mce.

G
M
2. déterminé les hauteurs d’eau, de kérosène S=0.83, l’acétylène tetrabromide
S=2.94 équivalente à 200 mmHg.
E

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6. manomètre incliné

G
Il est fréquemment utilisé pour mesurer les faibles différences de pression dans les
gaz. Il est calibré en ajustant l’angle θ, quand A et B sont ouvert (même pression).
Puisqu’ils requièrent un déplacement important du ménisque pour une même
différence de pression que le tube vertical, il offre une meilleure précision dans la
lecture de l’échelle.
M
Du fait que le réservoir a de grande dimension, la baisse du niveau est négligeable
PA  PB  B gRp sin 
E

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II-7 Forces sur des surfaces planes :

Une surface plane horizontale dans un fluide en repos est soumise à une pression
constante. La force de pression résultante sur une face de la surface est :

Plan horizontal

G
M
∫ p dA = p ∫ dA = p A

Les forces élementaires p dA sont parallèles et dans le même sens, la ligne d’action
de la résultante : point en A ou le moment de la force de pression par rapport à
n’importe quel axe est nul : (on choisit les axes x et y).

p A x’ = ∫x p dA , x’= X = 1/A ∫ x. p dA
E

p A y’ = ∫y p dA , y’= Y = 1/A ∫ y. p dA

X , Y coordonnées du centre de gravité.

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II-8 Forces de pression sur des surfaces inclinées :


C’est le cas d’une surface d’aire A, inclinée d’un angle θ.

G
L’axe x est pris comme intersection du plan de la surface et la surface et de la surface
libre, l’axe y est choisi dans le plan de la surface inclinée.

Prenons un élément d’aire δ A ayant une épaisseur δy, la force agissant sur δ A est :
M
δ F = p δA = 〥 h δA = 〥 y sin θ δA

Puisque tant les forces élémentaires sont parallèles, l’intégrale sur l’aire A donne
la résultante des forces de pression F.

F= ∫A p dA = .g.sin θ ∫A y dA = .g in θ Y A
F= .g h A = pG A
Y = ∫ y dA moment statique de la surface par rapport à ox.
E

pG est la pression au centre de gravité G de la surface.


La résultante des forces de pression s’exerçant sur une surface plane immergée est
égale au produit de l’aire de cette surface par la pression en son centre de gravité. (La
présence de la surface libre n’est pas nécessaire pour la généralisation).

II-9 Centre de pression :

En plus de la force résultante, il est d’habitude nécessaire de connaître avec


précision la ligne d’action qui passe par le centre de poussée P. (qui n’est pas

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confondu avec le centre de gravité G, du fait que la pression n’est pas uniformément
répartie sur la surface, comme l’est la masse volumique)
Moment de F par rapport à l’axe y = ∫x p dA = xp F
Moment de F par rapport à l’axe x = ∫y p dA = yp F
L’élément δA est δx δy.
Ce qui donne :
xp = 1/ F ∫ x. p dA

yp = 1/F ∫ y. p dA

Comme p = .g h = .g y sin θ, il arrive :

∫ 𝑥. 𝑦. 𝑑𝐴 𝐼𝑥𝑦
𝑥𝐶 = =
𝐴. 𝑦𝐺 𝐴. 𝑦𝐺

G
∫ 𝑦 2 . 𝑑𝐴 𝐼𝑥𝑥
𝑦𝐶 = =
𝐴. 𝑦𝐺 𝐴. 𝑦𝐺

Ixy : Produit d’inertie de la surface A par rapport à Oxy.


Ixx : Moment d’inertie par rapport à Ox.
En utilisant un repère lié à la surface passant par G : Gxy (Gx //ox, Gy // oy) on obtient :
M
̅
𝐼𝑥𝑦
𝑥𝐶 = 𝑥𝐺 +
𝐴. 𝑦𝐺

̅
𝐼𝑥𝑥
𝑦𝐶 = 𝑥𝐺 +
𝐴. 𝑦𝐺

̅ : Produit d’inertie de la surface A par rapport à Gxy. (Si la surface possède un axe
𝐼𝑥𝑦
de symétrie Gx ou Gy alors 𝐼𝑥𝑦 ̅ = 0 et xC= xG
̅ : Moment d’inertie par rapport à Gy. Il est toujours positif : yC > yG
𝐼𝑥𝑥
E

Ixx = (1/12) bh3 = Icc Icc = (1/36) Ixx =  r4 /4


bh3 = Ixx = Icc

- 26 -
Cours d’Hydraulique Appliquée Pr. Youssef AJDOR

Ixx = (1/12) bh3

Exemple d’application :

Une vanne triangulaire (figure) pivote autour de CD et s’ouvre par une force
normale P appliquée en E. Le réservoir renferme de l’huile (S=0,8). L’autre face est
ouverte à l’atmosphère.
En négligeant le poids de la vanne.
• Déterminer la force F de pression exercée sur la vanne ;
• La localisation du centre de poussée ;
• La force P nécessaire pour ouvrir la vanne.

G
M
Par intégration, on obtient :

F= ∫ p dA = ∫ .ysin θ dA = ∫ .sin θ xy dy


En décomposant l’intégrale : 5.5
4 5
F=   ysin θ (ay+b) y dy +   sin θ (a’y+b’) y dy
2.5 4

Ou bien en appliquant le résultat :


E

F = pG A, le centre de gravité est situé en (2/3, 4).

yG = 4, hG = 4 sin θ, p=  hG, A= (3*2)/2

F = 0.8* 1000 * 9.81 * 4 * [(3*2)/2] * sin 30

F = 47.088 kN

▪ Le centre de poussé
La surface de la vanne a un axe de symétrie // à ox (Gx) donc : Ixy = 0

xC = Ixy / (yG A) + xG = xG = 2/3

yC = Ixx /( yG- A)
27 -+ yG
Cours d’Hydraulique Appliquée Pr. Youssef AJDOR

Ixx = 2.Icc (demi- triangle)

Icc = bh3 / 12

Ixx = 2 bh3 / 12 , h= 3/2, b= 2, yG = 2.5+1.5

A= (2h*b)/ 2 = 1.5 * 2
2 * 2 * 1.5 3
yC = +4
12 * 4 * 3

G
yC = 4.094 m
C) Pour déterminer la force P à exercer en E pour ouvrir la vanne, on applique l’égalité
des moments autour de CD.
P * 2 = F * 2/3
P = F/3

P = 15, 696 kN
M
II-10 Force de flottabilité :
Force appliquée sur un corps par un fluide au repos, le corps immergé ou flottant. Elle
s’exerce verticalement vers le haut.
Elle provient de la différence des composantes verticales de la pression exercées sur
les faces supérieures d’un corps.
E

La force verticale ascendante s’exerçant sur la face ABC est égale au poids de l’eau
(imaginaire ou réel) situé au-dessus de la surface ABC (liquide à l’intérieur de
ABCEFA).

- 28 -
Cours d’Hydraulique Appliquée Pr. Youssef AJDOR

La force verticale descendante s’exerçant sur la face ADC est égale au poids de l’eau
(réel ou imaginaire) situé au-dessus de la surface ADC (liquide à l’intérieur de
ADCEFA).

La différence est égale au poids de l’eau ABCD qui est déplacé par le solide.

FB =  eau .V

V : Volume du fluide déplacé (valable également pour les corps flottants).

 Principe des densimètres :

Le densimètre utilise le principe de la force d’Archimède pour déterminer le poids

G
spécifique des liquides.
M
E

- 29 -
Cours d’Hydraulique Appliquée Pr. Youssef AJDOR

Section a

Densité S=1  V0

(a)

Volume Boule remplie de


immergé V0 billes se Plomb

Densité S

G
(V0 - ΔV)  S
M
Figure (a) : (b)
Poids du densimètre = W = V0
V0 : Volume immergé du densimètre,  : poids spécifique de l’eau.
E

Figure (b) :

W = (V0 - ΔV)  S , S : Densité du fluide 2.

ΔV = (V0/ a) * [(S-1)/S]

W/ 
S=
V0 -a Δ h

On peut donc graduer le tube pour lire directement le poids spécifique du fluide 2.

- 30 -
Cours d’Hydraulique Appliquée Pr. Youssef AJDOR

Problème :

Une vanne de largeur 18 m sert à communiquer entre 2 fluides se même densité (voir
figure).

18 m
6m

 870 N/m3


  = 870 N/m3
18 m

G
24 m

On demande :

1- Déterminer l’intensité et la ligne d’action des forces de pression qui s’exercent


sur les deux forces.
M
2- La force résultante sur les deux faces.
3- Déterminer la force F pour ouvrir la vanne si son poids est 22 000 N.
E

- 31 -

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