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OBJECTIFS D’APPRENTISSAGE :

relier les formules et


Introduction à la chimie
les propriétés périodiques
des composés au tableau
des éléments des groupes
périodique des éléments ;
décrire quelques méthodes
représentatifs
de préparation, propriétés et
utilisations des premiers La grotte constitue un exemple spectaculaire d’un écosystème alimenté non pas par
éléments représentatifs, ainsi la lumière mais par la chimie inorganique.
que celles de leurs principaux C. Petit, US News and World Report, 9 février 1998, p. 59.
dérivés, à l’aide de quelques
réactions chimiques de base.

La chimie du soufre Les mines


et la vie dans On pense que les minéraux contenant
des conditions extrêmes du soufre sont oxydés par l’oxygène
de l’air ou par les ions Fe3 en pré-
Dans notre système solaire, la vie sence d’eau. Plusieurs réactions sont
existe-t-elle ailleurs que sur Terre ? possibles, conduisant toutes à la
Cette question est toujours sans ré- formation d’ions H3O (aq) et sulfate
ponse. Les conditions extrêmement (SO42–). L’oxydation de la pyrite (FeS2)
rudes prévalant sur les planètes autres par Fe3 se produit selon l’équation :
que la Terre éliminent pratiquement
l’existence d’une vie humaine dans FeS2 (s)  14 Fe3 (aq)  24 H2O (l)
ces régions, mais les scientifiques ne 15 Fe2 (aq)  2 SO42– (aq)  16 H3O (aq)
rejettent pas l’hypothèse de la pré-
sence de vie sous des formes plus tandis que l’oxygène oxyde les deux
rudimentaires. Ils y croient d’autant composants :
plus qu’elle existe sur Terre dans des 4 FeS2 (s)  15 O2 (aq)  6 H2O (l)
conditions si sévères qu’elles dépas- 4 Fe3 (aq)  8 SO42– (aq)  4 H3O (aq)
sent l’imagination : chaleur ou froid
extrêmes, pression élevée, acidité ou Plusieurs espèces de bactéries,
basicité très forte, salinité élevée. comme les thiobacillus capables d’oxy-
Comment des organismes, qualifiés der un bon nombre de composés miné-
d’extrémophiles, peuvent-ils survivre raux du soufre jusqu’au stade SO42–
dans de telles conditions ? D’où pro- prospèrent dans des milieux extrême-
viennent-ils et comment se sont-ils ment acides et accélèrent grandement
adaptés à leur milieu actuel ? La chi- cette dégradation minérale. Celle-ci
mie contribue de façon appréciable à aboutit finalement à une acidification
la recherche de réponses à ces ques- très importante des eaux entrant en
tions : par exemple, on a pu montrer contact avec les déchets sulfurés des
que le soufre, un non-métal, jouait un mines. Ces eaux acides engendrent de
rôle central dans l’existence de quel- sérieux problèmes de pollution. En
ques extrémophiles. plus des dommages causés aux plantes

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3

et aux animaux, elles peuvent extraire base de soufre et se développent grâce


des minéraux l’arsenic et d’autres élé- à l’énorme quantité d’énergie libérée,
ments toxiques, qui, normalement, même en l’absence de toute autre
resteraient fermement liés dans les source de nourriture.
roches. On peut avoir une idée de Les bactéries s’agglomèrent en fila- PLAN DU CHAPITRE
l’ampleur de ce phénomène en se ments qui pendent aux parois et aux
rappelant qu’à peu près la moitié des voûtes. D’autres organismes s’en nour- 1 Le tableau périodique :
ions sulfate présents dans les océans rissent et ainsi commence une chaîne un guide fondamental
est produite de cette façon. alimentaire, qui comprend des arai-
Les thiobacillus ferrooxidans sont abon- gnées, des moustiques, des escargots 2 L’hydrogène
dants dans les eaux de drainage. Ils nains et… des poissons ressemblant à
tirent leur énergie de l’oxydation de des sardines. Tout cet écosystème se 3 Le sodium et
Fe2 selon la réaction : maintient grâce à l’oxydation du soufre le potassium
se produisant à l’intérieur de la grotte.
4 Fe2 (aq)  O2 (aq)  4 H3O (aq) 4 Le calcium et
4 Fe3 (aq)  6 H2O (l) le magnésium,
deux métaux
alcalino-terreux
Les grottes
Le soufre peut jouer un rôle impor- 5 L’aluminium
tant dans la formation et l’évolution
de certaines grottes. Un exemple ty- 6 Le silicium
pique de son action se trouve dans la
jungle du sud du Mexique. La Cueva 7 L’azote et le phosphore
de Villa Luz crache du sulfure d’hy-
drogène (H2S (g)) toxique et rejette 8 L’oxygène et le soufre
des eaux d’un blanc laiteux contenant
du soufre finement divisé et en suspen- ▲ Des filaments de bactéries oxydant le soufre 9 Le chlore
sion. La grotte abrite une rivière sou- suspendus à la voûte d’une grotte mexicaine
terraine assez large et un labyrinthe de contenant une atmosphère riche en sulfure
passages s’élargissant toujours. L’eau d’hydrogène. Arthur N. Palmer
aboutit dans la grotte après avoir
traversé des couches stratifiées sous-
jacentes riches en soufre et dégage du Il s’agit pourtant d’un environne-
sulfure d’hydrogène, dont la concen- ment peu ordinaire ! Le sulfure d’hy-
tration dans l’air peut atteindre drogène et l’oxygène présents dans
200 mg/m3 d’air. Ce gaz réagit avec l’atmosphère de la grotte se dissolvent
l’oxygène pour donner du soufre qui dans les gouttes d’eau infiltrée à partir
se dépose en cristaux jaunes sur les de la surface, réagissent ensemble pour
parois entourant les sources d’eau. produire de l’acide sulfurique selon
les réactions vues précédemment. Ces
2 H2S (g)  O2 (g) 2 S (s)  2 H2O (l) deux gaz, dont la concentration dans
les gouttes diminue à la suite de ces
L’oxydation peut se poursuivre, réactions, sont constamment rem-
transformant une partie du soufre en placés, si bien que l’eau s’enrichit
acide sulfurique. progressivement en acide sulfurique.
2 S (s)  2 H2O (l)  3 O2 (g) 2 H2SO4 (aq) Plus les gouttes sont vieilles, plus
elles sont acides. Leur concentration
Le sulfure d’hydrogène est toxique, moyenne en ions H3O (aq) est de
si bien que l’exploration de la grotte l’ordre de 4  10– 2 mol/L. Par contre,
nécessite le port d’un masque à gaz. dans certaines d’entre elles, elle peut
Cependant, fait assez surprenant, la atteindre 1 mol/L : inutile d’insister
grotte déborde de vie. Là encore, les sur les brûlures de peau ou sur les trous
bactéries thiobacillus accélèrent les dans les vêtements des chercheurs
réactions d’oxydation des composés à ayant exploré ce site !

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point
( mIRE)
Les éléments des groupes représentatifs Ces éléments constituent les groupes
DE A du tableau périodique (1, 2 et de 13 à 18). Ils font partie des trois grandes
catégories : non-métaux, métalloïdes et métaux. Dans le système solaire,
l’abondance relative des 18 premiers éléments du tableau, les périodes 1, 2 et 3,
est portée sur le graphique ci-dessous : l’échelle (logarithmique) des ordonnées
représente le nombre d’atomes de chacun d’entre eux pour 1012 atomes d’hy-
drogène. Certains figurent parmi les plus abondants (H et He), d’autres (Li, Be
et B), parmi les plus rares.

QUELQUES ÉLÉMENTS DES GROUPES REPRÉSENTATIFS ET LEUR ABONDANCE DANS LE SYSTÈME SOLAIRE

Un dirigeable gonflé à l’hélium. Un des allotropes Le magnésium, un métal mou très Les allotropes blanc et
du carbone, le diamant. réducteur (facilement oxydable). rouge du phosphore.

1014

1012
Nombre d’atomes par 1012 atomes d’hydrogène

1010

108

106

104

102

0
H He Li Be B C N O F Ne Na Mg Al Si P S Cl Ar

Le sodium, un métal mou, Le soufre liquide, fluide et de couleur foncée (t  230 °C), versé En présence de lumière diffuse, l’hydrogène
peut se couper au couteau. dans de l’eau froide se solidifie en soufre mou et élastique. et le chlore se combinent lentement.

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1 Le tableau périodique : un guide fondamental 5

◆ Abondance des éléments dans

H
uit des 10 éléments les plus abondants de la croûte terrestre font partie des
groupes A (1, 2 et de 13 à 18) du tableau périodique. Ces éléments représen- la croûte terrestre*
tatifs entrent dans la composition des 10 plus importants composés Éléments Fractions massiques
chimiques produits dans le monde. Leur importance économique ainsi que l’intérêt O 0,4660
de leur chimie justifient un bref survol de leurs propriétés. On peut y voir aussi un Si 0,2772
résumé ou une synthèse des notions et des concepts étudiés en chimie générale.
Al 0,0813
Fe 0,0500
Ca 0,0363
1 LE TABLEAU PÉRIODIQUE : Na 0,0283
K 0,0259
UN GUIDE FONDAMENTAL
Mg 0,0209
Les similitudes des propriétés des éléments ont été à la base de la création des
Ti 0,0044
premiers tableaux périodiques (voir le chapitre 2, page 46). Mendeleïev avait en
partie groupé les éléments selon la composition de leurs composés avec l’oxygène H 0,0014
et l’hydrogène (tableau 1). De nos jours, on les regroupe selon l’arrangement de * CRC. Handbook of Chemistry and Physics,
63e édition, Boca Raton, Fl., CRC Press, p. F–160.
leurs électrons périphériques.

TABLEAU 1 Les similitudes à l’intérieur des groupes*


1A 2A 3A 4A 5A 6A 7A
oxyde commun M2O MO M2O3 EO2 E4O10 EO2 E2O7

composé hydrogéné
MH MH2 MH3 EH4 EH3 EH2 EH
commun

état d’oxydation
+1 +2 +3 +4 +5 +6 +7
le plus élevé

oxanion commun – – BO33– CO32– NO3– SO42– ClO4–

– – – SiO44– PO43– – –
* M (métal), E (non-métal ou métalloïde).

Rappelez-vous que le caractère métallique des éléments diminue dans une


période (de gauche à droite). Le groupe 1A (1) renferme les éléments qui pré-
sentent les caractères métalliques les plus marqués : les métaux alcalins. Les
éléments à la droite du tableau sont des non-métaux et, entre les deux catégories,
se situent les métalloïdes. Cette propriété augmente dans un groupe (de haut
en bas) : par exemple, le carbone du groupe 4A (14), deuxième période, est un
non-métal, le silicium et le germanium sont des métalloïdes, l’étain et le plomb
sont des métaux (figure 1).

1.1 Les électrons périphériques


Les électrons ns et np constituent les électrons périphériques des éléments repré-
sentatifs (voir la section 5.4.1, page 144 ), déterminant leurs propriétés chimiques.
Le groupe 8A (18), les gaz rares, dont les sous-couches sont toutes remplies,
peut servir de point de référence. La configuration électronique de l’hélium est
1s 2, tandis que ns 2np 6 représente celle des électrons périphériques des autres gaz. Figure 1 Des éléments du groupe
4A (14). Un non-métal : le carbone (le
L’inertie chimique et la quasi-absence de réactivité caractérisent ce groupe. On
creuset de graphite) ; un métalloïde :
ne connaît pas de composé stable des trois premiers gaz rares, He, Ne et Ar ; on le silicium (le cylindre brillant) ; des
sait maintenant que les trois suivants, Kr, Xe et Rn, en forment quelques-uns. métaux : l’étain (les copeaux) et le
Dans les années 1960, la découverte de composés du xénon figure parmi les déve- plomb (les balles, le chevalier et la
loppements les plus intéressants de la chimie inorganique moderne. boule). Charles D. Winters

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6 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

1.2 Les composés ioniques


des éléments représentatifs
Les ions dont les orbitales s et p sont remplies sont très courants, justifiant de
ce fait la règle stipulant que les éléments réagissent de manière à atteindre la
configuration des gaz rares. Les éléments des groupes 1A (1) et 2A (2) forment
des ions chargés respectivement +1 et +2, dont la configuration est identique à
celle du gaz rare qui les précède dans le tableau périodique. Tous les composés
communs de ces éléments, comme NaCl ou CaCl2, sont ioniques (tableau 2).
Comme on s’y attend, ce sont des solides cristallins possédant un point de fusion
très élevé et conduisant l’électricité lorsqu’ils sont à l’état fondu.
Beaucoup de composés d’éléments du groupe 3A (13), à l’exception du bore
qui est un métalloïde, contiennent des cations chargés +3 : les ions Al3, par
exemple, sont présents dans la plupart des composés de l’aluminium.
Les éléments des groupes 6A (16) et 7A (17) atteignent la configuration du
gaz rare qui les suit dans le tableau périodique en captant des électrons. Ainsi,
dans la plupart des réactions, les halogènes (groupe 7A) forment des anions
chargés - 1 (les halogénures F –, Cl –, Br –, I –) et les éléments du groupe 6A (16),
des anions chargés - 2 (O2–, S2–, Se2–, Te2–). Dans le groupe 5A (15), on trouve
parfois des ions chargés - 3 comme l’ion nitrure N3– possédant la configuration
d’un gaz rare. Cependant, l’énergie requise pour former des ions fortement
chargés est élevée, si bien que d’autres types de réactions ont souvent préséance.

TABLEAU 2 Quelques réactions typiques des métaux des groupes 1A, 2A et 3A


(1, 2 et 13)
Métaux (états),  Non-métaux (états), Produits ioniques
groupes groupes (états)
K (s), 1A (1) Br2 (l), 7A (17) KBr (s)

Ba (s), 2A (2) Cl2 (g), 7A (17) BaCl2 (s)

Al (s), 3A (13) F2 (g), 7A (17) AlF3 (s)

Na (s), 1A (1) S8 (s), 6A (16) Na2S (s)

Mg (s), 2A (2) O2 (g), 6A (16) MgO (s)

EXEMPLE 1 Quelques réactions des éléments des groupes 1A, 2A et 3A


(1, 2 et 13)
Donnez la formule et le nom du produit de chacune des réactions suivantes, et
équilibrez la réaction.
a) Ca (s) et S8 (s).
b) Rb (s) et I2 (s).
c) Lithium et chlore.
d) Aluminium et oxygène.
SOLUTION
On présume que ces éléments forment des ions ayant la configuration du gaz
rare le plus proche. Les métaux des groupes 1A, 2A et 3A (1, 2 et 13) donnent
des cations chargés respectivement +1, +2 et +3. Dans leurs réactions avec ceux-
ci, les non-métaux des groupes 6A et 7A (16 et 17) forment des anions chargés
respectivement - 2 et - 1. On applique les règles de nomenclature présentées dans
le chapitre 3 (voir la page 72).

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1 Le tableau périodique : un guide fondamental 7

Équations équilibrées Nom des produits


a) 8 Ca (s)  S8 (s) 8 CaS (s) sulfure de calcium
b) 2 Rb (s)  I2 (s) 2 RbI (s) iodure de rubidium
c) 2 Li (s)  Cl2 (g) 2 LiCl (s) chlorure de lithium
d) 4 Al (s)  3 O2 (g) 2 Al2O3 (s) oxyde d’aluminium

EXERCICE 1 La chimie des éléments des groupes représentatifs


Équilibrez l’équation de chacune des réactions conduisant aux produits suivants
à partir de leurs éléments.
a) NaBr b) CaSe c) K2O d) AlCl3

1.3 Les composés moléculaires


des éléments représentatifs
Contrairement aux métaux des groupes 1A à 3A (1, 2 et 13), plusieurs possibilités
de réactions s’offrent aux éléments non métalliques des groupes 3A à 7A (de 13 à
17). Plus spécifiquement, deux ou plusieurs non-métaux peuvent réagir ensemble
pour donner des composés moléculaires, tandis que la combinaison d’un métal et
d’un non-métal ne donne généralement qu’un composé ionique.
On trouve des composés moléculaires à partir de quelques éléments du groupe
3A (13), spécialement le bore (figure 2) et la chimie du carbone [groupe 4A (14)]
en regorgent.
De la même manière, la chimie de l’azote [groupe 5A (15)] est dominée par
les composés moléculaires. Dans l’ammoniac (NH3), les divers oxydes d’azote,
l’acide nitrique (HNO3), la majorité des composés organiques (R-NH2, R1R2NH,
R1R2R3N, dans lesquels R représente une chaîne carbonée quelconque) et dans
quelques ions comme NH4 et NO3–, l’azote se lie de façon covalente avec un autre
non-métal. Le phosphore, appartenant au même groupe 5A (15) que l’azote, forme
de nombreux composés moléculaires : il réagit en particulier avec le chlore pour
donner PCl3 et PCl5 (voir l’encadré Point de mire du chapitre 10, page 334).
La configuration des électrons périphériques détermine là encore la structure Figure 2 Les halogénures de bore.
des composés moléculaires. Ils sont généralement impliqués dans la chimie des Les halogénures BBr3 (l) à gauche et
éléments représentatifs. On ne sera donc pas surpris de trouver des composés BI3 (s) à droite, formés d’un métal-
halogénés dans lesquels l’atome central possède l’état d’oxydation le plus élevé loïde et d’un non-métal, sont tous
possible pour lui, comme le phosphore dans PF5. Ces états d’oxydation maximaux deux des composés moléculaires.
sont facilement déterminés : ils correspondent au numéro de groupe A. Ainsi, les Charles D. Winters

états d’oxydation maximaux du silicium (groupe 4A), du phosphore (groupe 5A),


du soufre (groupe 6A) et de l’iode (groupe 7A) sont respectivement de +4, +5,
+6 et +7 (voir les tableaux 1, page 5, et 3, page 8 ).

EXEMPLE 2 La prévision des formules des composés


des éléments représentatifs
Sachant que l’élément le moins électronégatif est dans son état d’oxydation maxi-
mal, prévoyez la formule du produit des réactions suivantes.
a) Germanium  oxygène en excès. c) Phosphore  chlore en excès.
b) Arsenic  fluor. d) anion de l’acide sélénique.

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8 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

SOLUTION
a) L’état d’oxydation maximal du germanium qui fait partie du groupe 4A (14)
est de +4. Son oxyde a donc pour formule GeO2.
b) L’arsenic, appartenant au groupe 5A (15), réagit fortement avec le fluor pour
donner AsF5, un composé dans lequel son état d’oxydation est maximal et
égal à +5.
c) PCl5 est le composé formé par le phosphore en présence d’un excès de chlore.
Son état d’oxydation est égal à +5.
d) Le sélénium appartient au même groupe que le soufre, 6A (16). L’état d’oxy-
dation maximal du soufre est de +6, le soufre donne un oxyde SO3 et l’oxacide
H2SO4. Le sélénium se comporte de la même façon : SeO3 et H2SeO4 , acide
sélénique. L’anion de ce dernier, l’ion séléniate, a pour formule SeO42–.

EXERCICE 2 La prévision des formules des composés


des éléments représentatifs
Trouvez la formule des composés suivants.
a) Tellurure d’hydrogène. c) Hexachlorure de sélénium.
b) Arséniate de sodium. d) Acide perbromique.

TABLEAU 3 Quelques composés fluorés, non organiques, formés par


les éléments représentatifs
Groupes Composés Types de liaisons
1A (1) NaF ionique

2A (2) MgF2 ionique

3A (13) AlF3 ionique

4A (14) SiF4 covalent

5A (15) PF5 covalent

6A (16) SF6 covalent

7A (17) IF7 covalent

8A (18) XeF4 covalent

On s’attend à beaucoup de similitudes entre les composés formés à partir des


éléments d’un même groupe. En pratique, cela veut dire que l’on peut utiliser
comme référence des composés formés par les éléments les plus courants d’un
groupe. Par exemple, l’eau (H2O) est le composé hydrogéné le plus simple de
l’oxygène : on peut raisonnablement penser que les autres éléments de son
groupe forment avec l’hydrogène les composés H2S, H2Se et H2Te, ce qui est
effectivement le cas.

EXEMPLE 3 La prévision des formules


Prévoyez la formule :
a) d’un composé formé par l’hydrogène et le phosphore ;
b) de l’ion hypobromite ;
c) du germane, le composé hydrogéné le plus simple du germanium ;
d) de deux oxydes du tellure.

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1 Le tableau périodique : un guide fondamental 9

SOLUTION
Rappelez-vous les composés formés par les éléments les plus légers du groupe et
supposez que les éléments les plus lourds se comportent de la même manière.
a) La phosphine (PH3), par analogie avec l’ammoniac (NH3).
b) L’ion hypobromite (BrO –) est similaire à l’ion hypochlorite (ClO –).
c) Dans le groupe 4A (14), on a déjà parlé du méthane (CH4) et du silane (SiH4).
Le germane a pour formule GeH4.
d) Te appartient au même groupe que S, qui donne les oxydes SO2 et SO3 : TeO2
et TeO3 sont deux oxydes de tellure.

EXERCICE 3 La prévision des formules


Trouvez un composé ou un ion, dont la formule et la structure de Lewis sont
analogues à celles des espèces suivantes.
a) PH4 b) S22– c) P2H4 d) PF3

EXEMPLE 4 Les formules incorrectes


Dans chacune des séries de composés suivantes, repérez la formule incorrecte.
Justifiez votre choix.
a) CsSO4, KCl, NaNO3, Li2O c) CO, CO2, CO3
b) MgO, CaI2, Ba2SO4, CaCO3 d) PF5, PF4, PF2, PF6–
SOLUTION
Cherchez l’erreur à partir de la charge des ions ou des états d’oxydation.
a) CsSO4. L’ion sulfate porte une charge de - 2 et le césium ne forme que des
ions Cs. L’équilibre des charges n’est pas respecté.
b) Ba2SO4. L’ion sulfate porte une charge de - 2 et le baryum ne forme que des
ions Ba2. L’équilibre des charges n’est pas respecté.
c) CO3. L’état d’oxydation de l’oxygène dans ses composés les plus courants est
de - 2. Dans CO3, le carbone aurait de ce fait un état d’oxydation égal à +6,
dépassant le maximum possible de +4 pour un élément du groupe 4A (14).
d) PF2. Cette espèce posséderait un nombre impair d’électrons périphériques.
Comme il n’y a que très peu de composés stables de ce type, il est fort probable
que PF2 n’existe pas.

EXERCICE 4 Les formules incorrectes


Expliquez pourquoi on peut penser a priori que les composés suivants n’existent
pas.
a) ClO b) Na2Cl c) CH3COOCa d)C3H7

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10 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

2 L’HYDROGÈNE
2.1 Les propriétés chimiques et physiques
de l’hydrogène
Il existe trois isotopes de l’hydrogène, le protium 1H (H), le deutérium 2H (D)
Noms Symboles Masses (u)
et le tritium 3H (T). Celui-ci est radioactif.
hydrogène 1
H 1,0078
Des trois isotopes, seuls H et D se trouvent en quantités mesurables à l’état
(protium) naturel. Le tritium résulte du bombardement par les rayons cosmiques de l’eau
deutérium 2
H 2,0141 présente dans l’atmosphère : on n’en trouve qu’un atome pour 1018 atomes d’hy-
drogène ordinaire. Il est radioactif : la moitié d’un échantillon disparaît au bout
3
tritium H 3,0160 de 12,26 années (demi-vie)1.
Dans les conditions standards, l’hydrogène est un gaz inodore, incolore et
insipide. Son très bas point d’ébullition, - 252,9 °C, est le reflet de sa non-polarité,
de sa faible polarisabilité et de sa faible masse molaire. Ce gaz est le plus léger
que l’on connaisse : c’est pourquoi on l’utilisait autrefois pour gonfler les ballons
dirigeables.
L’hydrogène se combine avec pratiquement tous les éléments à l’exception
des gaz rares. Bien que le nombre et la variété des composés hydrogénés soient
impressionnants, on peut malgré tout regrouper ses composés binaires en seule-
ment trois classes.
Les hydrures ioniques sont formés avec les métaux des groupes 1A, 2A et 3A (1,
2 et 13).

2 Na (s)  H2 (g) 2 NaH (s)


Ca (s)  H2 (g) CaH2 (s)

Ces composés contiennent l’ion hydrure (H –), dont l’état d’oxydation est de - 1.
Les composés moléculaires, comme H2O, HF ou NH3, sont généralement formés
par combinaison directe des éléments (figure 3). Ses composés avec le carbone,
nommés les hydrocarbures, forment à eux seuls plusieurs classes de substances :
les alcanes (CnH2n  2), les cycloalcanes (CnH2n), les alcènes (composés qui
contiennent une double liaison C C), les alcynes (composés qui comprennent
une triple liaison C C), les aromatiques (composés qui contiennent au moins
un cycle benzénique) (tableau 4).
Dans ces composés, l’hydrogène, lié par covalence aux autres éléments, pos-
sède un état d’oxydation de +1.

N2 (g)  3 H2 (g) 2 NH3 (g)


F2 (g)  H2 (g) 2 HF (g)

Finalement, l’hydrogène est absorbé par de nombreux métaux de transition


avec lesquels il forme des composés appelés les hydrures interstitiels, même si la
plupart d’entre eux ne contiennent pas l’ion hydrure (H –). Le qualitatif d’in-
terstitiel provient du fait que ses atomes se logent dans les cavités situées entre
les atomes métalliques, les interstices, formant le réseau cristallin. Par exemple,
une électrode de palladium utilisée durant l’électrolyse de l’eau peut emmaga-
siner jusqu’à mille fois son volume d’hydrogène, à TPN. La composition de la
plupart des hydrures métalliques interstitiels ne répond pas aux critères habituels
de la stœchiométrie, c’est-à-dire que le rapport de la quantité de métal à la quan-
Figure 3 La réaction entre l’hy-
drogène et le brome. L’hydrogène
tité d’hydrogène n’est pas un nombre entier. Ces matériaux sont utilisés pour
réagit avec du brome à l’état gazeux stocker l’hydrogène, tout comme une éponge retient l’eau : ils font parfois office
pour former du bromure d’hydrogène. de réservoir dans les prototypes d’automobiles alimentées avec ce combustible,
Charles D. Winters libéré par chauffage.

1. La demi-vie sera étudiée dans le prochain cours de chimie : Chimie des solutions.

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2 L’hydrogène 11

TABLEAU 4 Quelques classes d’hydrocarbures


Classes Caractéristiques Formules générales Exemples
alcanes liaisons simples C C CnH2n  2 Méthane (CH4)

Éthane (C2H6)
3-méthylpentane
(CH3CH2CHCH2CH3) CH3

cycloalcanes Liaisons simples C C CnH2n Cyclohexane (C6H12)


formant un cycle.

alcènes une double liaison CnH2n Éthène ou éthylène


C C (CH2 CH2)

alcynes une triple liaison CnH2n  2 Éthyne ou acétylène


C C (CH CH)

aromatiques Cycle d’atomes Benzène (C6H6)


de carbone avec
des liaisons 
recouvrant plusieurs C.

Naphtalène (C10H8)
H H
H C C H
C C C
C C C
H C C H
H H

2.2 La préparation de l’hydrogène


La production mondiale d’hydrogène est environ de 300 millions de mètres cubes
(TPN). Il sert essentiellement de matière première dans la fabrication de
l’ammoniac, du méthanol (CH3OH) et de nombreux autres composés chimiques.
De nos jours, la majorité de l’hydrogène provient du reformage catalytique à
la vapeur des hydrocarbures comme le méthane présent dans le gaz naturel.
Le méthane réagit à haute température avec la vapeur d’eau pour donner de
l’hydrogène et du monoxyde de carbone.
CH4 (g)  H2O (g) 3 H2 (g)  CO (g)
Entre 900 et 1000 °C, la réaction est rapide et pratiquement totale. Dans une
seconde étape, on obtient encore plus d’hydrogène en faisant réagir le CO formé
avec l’eau.
H2O (g)  CO (g) H2 (g)  CO2 (g)
On extrait sous forme de carbonate de calcium le dioxyde de carbone en le
faisant réagir avec la chaux vive, l’oxyde de calcium (CaO).

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12 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs


La production du gaz à l’eau. Le gaz à l’eau est un mélange
d’hydrogène et de monoxyde de carbone. Il se forme lors du
traitement à la vapeur, à haute température, du charbon, du
coke ou d’autres hydrocarbures dans des unités semblables à
celle de la photographie ci-contre.
C (s)  H2O (g) H2 (g)  CO (g)
H2O (g)  CO (g) H2 (g)  CO2 (g)
Le méthane donne plus d’hydrogène par unité de masse que
toute autre matière première et le rapport du sous-produit CO2
à l’hydrogène est moindre. Cependant, quel que soit le processus
retenu, la production d’hydrogène pose des problèmes environ-
nementaux : le CO2 ou le CaCO3 sont produits en grande quantité
et l’on doit s’en débarrasser. © Roger Ressmeyere/CORBIS

On donne dans le tableau 5 quelques méthodes de préparation de l’hydro-


gène en laboratoire (figure 4).

TABLEAU 5 Quelques méthodes de préparation de l’hydrogène en laboratoire


Réactions générales Exemples
métal  acide sel  H2 Mg (s)  2 HCl (aq) MgCl2 (aq)  H2 (g)

métal  H2O ou une base hydroxyde 2 Na (s)  2 H2O (l) 2 NaOH (aq)  H2 (g)
ou oxyde métallique  H2 2 Al (s)  2 KOH (aq)  6 H2O (l)
2 KAl(OH)4 (aq)  3 H2 (g)

hydrure métallique  H2O (l) CaH2 (s)  2 H2O (l) Ca(OH)2 (s)  2 H2 (g)
hydroxyde métallique  H2

EXERCICE 5 La chimie de l’hydrogène


En utilisant les valeurs des énergies de liaison données dans le tableau 6.9 (voir
la page 199), évaluez la variation d’enthalpie standard de la réaction entre le
méthane et l’eau conduisant à la formation d’hydrogène et de monoxyde de
carbone.

a) Une solution aqueuse b) Une solution aqueuse c) La réaction est vive entre l’hydrure
acide attaque le magnésium ; basique attaque l’aluminium; de calcium et l’eau. L’hydrogène dégagé
il se dégage de l’hydrogène. de l’hydrogène se dégage. s’enflamme dans l’air.

Figure 4 La préparation de l’hydrogène en laboratoire.

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3 Le sodium et le potassium 13

3 LE SODIUM ET LE POTASSIUM
En masse, le sodium et le potassium occupent respectivement les sixième et
septième rangs des éléments de la croûte terrestre. Ces deux métaux alcalins, de
même que les autres du même groupe 1A (1), réagissent vivement avec l’oxygène,
l’eau et les agents oxydants en général. Ils n’existent pas naturellement à l’état
métallique et leurs composés sont formés d’ions chargés +1.
La très grande majorité de leurs composés sont solubles dans l’eau. Il n’est donc
pas surprenant de les trouver aussi bien dans les océans que dans les dépôts
sédimentaires issus des mers anciennes aujourd’hui disparues. Dans une moindre
mesure, ces éléments se retrouvent dans des minéraux comme le salpêtre (KNO3),
le salpêtre du Chili (NaNO3) ou le borax (Na2B4O710 H2O).
Le chlorure de sodium est essentiel à l’alimentation des êtres humains et des
animaux, parce que beaucoup de fonctions biologiques sont contrôlées par la
concentration des ions Na et Cl – (figure 5). Figure 5 L’importance du sel. Tous
les humains et tous les animaux ont
besoin d’une certaine quantité de sel
dans leur alimentation. L’ion sodium
3.1 La préparation et les propriétés est important pour le maintien de
l’équilibre électrolytique et pour la
du sodium et du potassium régulation de la pression osmotique2.
On produit le sodium par électrolyse2 du chlorure de sodium fondu. L’électrolyse Charles D. Winters

est rendue nécessaire, car aucun agent réducteur usuel n’est assez puissant pour
convertir les ions Na en sodium métallique (voir la figure 6, page 14 ).

Réduction cathodique 2 Na  2 e– 2 Na (l)


Oxydation anodique 2 Cl– Cl2 (g) + 2 e–
Réaction 2 Na  2 Cl– 2 Na (l)  Cl2 (g)

La réduction du chlorure de potassium fondu à l’aide de vapeur de sodium


dans une atmosphère d’azote à environ 850 °C produit du potassium, qu’on éli-
mine en continu.

Na (g)  KCl (l) K (g)  NaCl (l)

Tous les métaux alcalins sont très réactifs. Exposés à l’air humide, ils se recou-
vrent rapidement d’un film d’hydroxyde ou d’oxyde. C’est pourquoi on les conserve
à l’abri de l’air, généralement dans du kérosène ou dans de l’huile minérale. Ils
réagissent avec l’eau pour donner de l’hydrogène et l’hydroxyde correspondant.

2 Na (s)  2 H2O (l) 2 Na (aq)  2 OH– (aq)  H2 (g)

Leur réaction avec les halogènes conduit à l’halogénure correspondant.

2 Na (s)  Cl2 (g) 2 NaCl (s)


2 K (s)  Br2 (l) 2 KBr (s)

La chimie cause parfois des surprises. Les oxydes des métaux du groupe 1A
(M2O) sont connus, mais ne constituent pas les produits principaux de la réaction
entre les alcalins et l’oxygène. Le produit majoritaire formé lors de la réaction
entre le sodium et l’oxygène est le peroxyde Na2O2, tandis que le potassium donne
principalement le superoxyde KO2.

2 Na (s)  O2 (g) Na2O2 (s)


K (s)  O2 (g) KO2 (s)

2. La pression osmotique et l’électrolyse seront étudiées dans le prochain cours de chimie : Chimie
des solutions.

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14 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Cl2 (g)
Évacuation du chlore
Alimentation
en NaCl

Na (l)

Grille
Évacuation
de fer
de Na

Cathode (–)

Anode (+)

Figure 6 La production de sodium par électrolyse (procédé Downs). La cathode cylindrique en fer
est séparée de l’anode en graphite par une grille de fer. À la température de l’électrolyse, voisinant les
600 °C, le sodium produit est liquide et flotte : on le siphonne régulièrement. Le chlore produit à
l’anode est évacué par l’intermédiaire d’un cône inversé surplombant la cuve.

Ces deux composés sont ioniques, les cations métalliques étant associés aux
anions peroxyde (O22–) ou superoxyde (O2–). Ce ne sont pas juste des curiosités
de laboratoire : ils servent comme générateurs d’oxygène dans des endroits confi-
nés comme les sous-marins, les avions ou les véhicules spatiaux et dans des équipe-
ments d’urgence.

4 KO2 (s)  2 CO2 (g) 2 K2CO3 (s)  3 O2 (g)

3.2 Les composés importants du sodium


L’électrolyse d’une solution aqueuse concentrée de chlorure de sodium (sau-
mure) constitue le point de départ d’une des plus grandes branches de la chimie
industrielle mondiale, puisqu’elle conduit à trois produits importants : le chlore,
l’hydroxyde de sodium et l’hydrogène.

Un appareil de respiration en circuit


fermé régénère l’oxygène inhalé.
La réaction du dioxyde de carbone ou
de la vapeur d’eau expirés avec, par
exemple, le superoxyde de potassium
(KO2) conduit à un dégagement
d’oxygène. Comme la vitesse de
la réaction chimique est déterminée
par la quantité de dioxyde de
carbone ou d’eau expirés, le taux
de production d’oxygène est
automatiquement régulé. Après
chaque expiration, l’appareil fournit
un volume d’oxygène plus élevé
que ne le requiert l’utilisateur.
Courtoisie de Mine Safety Appliances Company

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4 Le calcium et le magnésium, deux métaux alcalino-terreux 15

Électrolyse
2 NaCl (aq)  2 H2O (l) Cl2 (g)  2 NaOH (aq)  H2 (g)

Aux États-Unis seulement, il se produit annuellement plus de 10 millions de


tonnes de NaOH et de Cl2.
Le carbonate de sodium (Na2CO3), autrefois appelé la soude, est encore large-
ment fabriqué à partir du procédé Solvay. On met en présence de l’ammoniac
et du dioxyde de carbone dans une solution saturée de chlorure de sodium. La
réaction suivante se produit.

NH3 (aq)  CO2 (aq)  NaCl (aq)  H2O (l) NH4Cl (aq)  NaHCO3 (s)

On sépare et on chauffe l’hydrogénocarbonate de sodium pour obtenir le


carbonate.

2 NaHCO3 (s) Na2CO3 (s)  H2O (g)  CO2 (g)

On produit quelque 100 millions de tonnes de carbonate de sodium par année.


La moitié environ est utilisée dans la fabrication du verre.

4 LE CALCIUM ET LE MAGNÉSIUM,
DEUX MÉTAUX ALCALINO-TERREUX
Le calcium est en masse le cinquième élément constituant l’écorce terrestre et
le magnésium, le septième. Comme les alcalins, ils sont très réactifs et de ce fait
ne se trouvent que sous forme de composés à l’état naturel. Contrairement aux
alcalins, beaucoup de leurs composés sont très peu solubles dans l’eau et se
retrouvent ainsi dans de nombreux minéraux (figure 7), parmi lesquels figurent
en bonne place les calcaires ou pierres à chaux (calcite, craie, marbre : CaCO3),
le gypse (CaSO42 H2O), la fluorite ou spathfluor (CaF2), la magnésite (MgCO3),
le talc ou pierre à savon (3 MgO4 SiO2H2O), l’amiante (3 MgO4 SiO22 H2O)
et la dolomite (MgCO3CaCO3).
Le calcaire, une roche sédimentaire, est largement répandu à la surface de
la Terre. Il est formé des restes fossilisés de la vie marine. Le marbre et le spath
d’Islande, qui forme de très beaux cristaux transparents, sont d’autres formes
cristallines du carbonate de calcium.

Pierre
calcaire
(CaCO3) Gypse
(CaSO42 H2O)

Fluorite
(CaF2)

Trois minéraux contenant du calcium. Le spath d’Islande. Ce minéral, une Les falaises du Grand Canyon en Arizona,
Charles D. Winters des nombreuses formes cristallines États-Unis, sont largement constituées
du carbonate de calcium, est biréfringent : de calcaire ou de dolomite [carbonate double
la double réfraction de la lumière crée de calcium et de magnésium (CaMg(CO3)2].
une image double. Charles D. Winters James Cowlin/Image Enterprises/Phoenix, AZ

Figure 7 Quelques minéraux contenant du calcium ou du magnésium.

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16 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Le calcium et le magnésium sont des métaux blanc argenté, qui possèdent


des points de fusion passablement élevés : 842 °C et 650 °C respectivement. Leurs
propriétés chimiques présentent peu de surprises. Ils sont oxydés par une grande
variété de substances en formant des composés ioniques contenant les ions M2.
Ils se combinent, par exemple, avec les halogènes pour donner MX2, avec l’oxy-
gène ou avec le soufre pour former MO ou MS, avec l’eau pour donner de l’hy-
drogène et l’hydroxyde métallique M(OH)2 (figure 8).

4.1 La métallurgie du magnésium


En 1997, le Canada se classait au deuxième rang mondial pour la production de
magnésium de première fusion, derrière les États-Unis. Il s’en consomme annuel-
lement dans le monde environ 400 000 tonnes. Il est utilisé principalement dans
des alliages légers à cause de sa faible masse volumique (1,74 g/cm3) : la fabri-
cation d’alliage avec l’aluminium accapare environ 40 % de sa production. Fait
étrange, les minéraux contenant du magnésium ne constituent pas la matière
première principale de cet élément. Il est plutôt extrait de l’eau de mer, où sa
concentration peut atteindre 0,05 mol/L (figure 9).
Figure 8 La réaction à chaud du
calcium avec l’eau. Des bulles d’hy-
drogène s’échappent de la surface des
morceaux de calcium. Le calcium cris- Coquillages Eau
Eau de mer
CaCO3 de mer
tallise dans le système hexagonal
compact. Charles D. Winters
Fours à chaux
CaCO3 CaO + CO2

CaO + H2O Ca(OH)2 MgCl2 + Ca(OH)2 Mg(OH)2 + CaCl2 Filtration

Décantation

Filtration
Mg(OH)2 Unité
HCl de production
Évaporation Mg(OH)2 + 2 HCl MgCl2 + 2 H2O
de HCl
MgCl2

Électrolyse Cl2 (g)


Séchage MgCl2 Mg + Cl2

Mg

Figure 9 Procédé d’extraction du magnésium à partir de l’eau de mer.

4.2 Les composés du calcium et leurs applications


Le fluorure, le phosphate et le carbonate de calcium figurent parmi les minéraux
les plus usuels de cet élément.
La fluorite (CaF2) et la fluorapatite (CaF23 Ca3(PO4)2) constituent d’impor-
tantes sources commerciales de fluor. La fabrication de l’acide fluorhydrique par
action de l’acide sulfurique concentré sur la fluorite constitue la deuxième appli-
cation en importance de ce minéral, après la sidérurgie.

CaF2 (s)  H2SO4 (l) 2 HF (g)  CaSO4 (s)

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4 Le calcium et le magnésium, deux métaux alcalino-terreux 17

L’acide fluorhydrique intervient dans la production de la cryolithe (Na3AlF6), un


matériau utilisé dans la fabrication de l’aluminium (voir la section 5, page 18), des
fluorocarbones tels que le tétrafluoroéthylène (F2C CF2) précurseur du téflon.
Plus de 100 millions de tonnes d’apatites (CaX23 Ca3(PO4)2), dans lesquelles
X  F, Cl ou OH, sont extraites du sol annuellement. Une très grande quantité
de ces minéraux est convertie par l’acide sulfurique en acide phosphorique, un
produit de base entrant dans la fabrication de nombreux produits usuels (engrais, ▲ Les apatites ont pour formule
détergents, levure artificielle minérale, produits alimentaires, etc.). générale CaX23 Ca3(PO4)2 dans
laquelle X  F ou Cl, ou OH.
CaF23 Ca3(PO4)2 (s)  10 H2SO4 (aq) 10 CaSO4 (s)  6 H3PO4 (aq)  2 HF (g) Le cristal d’apatite de cette
photographie est emprisonné
Le carbonate de calcium et l’oxyde de calcium, CaO ou chaux vive, présentent dans une matrice d’un autre
un intérêt spécial. La décomposition thermique du carbonate en oxyde est une minéral. Charles D. Winters
des réactions chimiques connues les plus anciennes. Avec une production
annuelle d’environ 20 millions de tonnes, la chaux vive fait partie des 10 maté-
riaux industriels les plus importants au monde, quantitativement parlant.
Le mortier est un mélange d’une part de chaux vive et de trois parts de sable
environ, auquel on a ajouté de l’eau pour former une pâte plus ou moins épaisse.
L’eau réagit avec la chaux vive pour donner de la chaux éteinte [hydroxyde de
calcium (Ca(OH)2)]. Le mortier déposé entre les pierres ou les briques absorbe
lentement le CO2 de l’air et la chaux éteinte se convertit en carbonate de calcium,
qui lie entre eux les grains de sable.

Ca(OH)2 (s)  CO2 (g) CaCO3 (s)  H2O (l)

L’eau « dure » contient des ions en solution, plus particulièrement Ca2 et Mg2.
Ces ions proviennent surtout de la réaction du dioxyde de carbone dissous avec
les pierres calcaires.

CaCO3 (s)  CO2 (aq)  H2O (l) Ca2 (aq)  2 HCO3– (aq)

Cette réaction peut être inversée. La solubilité du dioxyde de carbone dans


l’eau diminue avec une augmentation de la température : son élimination sous
l’effet de la chaleur fait déplacer l’équilibre vers la gauche et la précipitation du
carbonate de calcium peut avoir lieu. Si cette réaction se produit dans un système
de chauffage à eau chaude ou dans une usine de production de vapeur d’eau,
le carbonate de calcium se dépose sur les parois internes des tuyaux et peut à
la longue les obstruer complètement.

▲ Les dépôts calcaires. Le carbonate


de calcium déposé par de l’eau
chaude dure (eau qui contient
surtout des ions Ca2 et Mg2)
bloque presque entièrement

La chimie des grottes. L’eau chargée de CO2


atmosphérique s’infiltre à travers des couches calcaires ce tuyau. Sheila Terry/Science Photo
sédimentaires et s’enrichit en ions Ca2 et HCO3–. Library/Photo Researchers

Cette eau parvenue dans une caverne souterraine perd


une partie de son dioxyde de carbone, et le carbonate
de calcium précipité forme les stalactites et
les stalagmites. Arthur N. Palmer

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18 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Les alcalino-terreux lium sont cancérigènes et les sels solubles de baryum


et la biochimie se comportent comme des poisons. Mais alors, com-
ment peut-on vous demander d’ingurgiter un verre de
L’énergie nécessaire au maintien de la vie des plantes « cocktail baryté » afin d’examiner votre gros intestin ?
et des animaux est fournie par la réaction d’oxydation Il n’y a en réalité aucun problème, car cette suspen-
d’un sucre, le glucose (C6H12O6), par l’oxygène. Les sion laiteuse contient du sulfate de baryum très inso-
plantes sont cependant exceptionnelles, car elles syn- luble. Le sulfate de baryum absorbe les rayons X, ce
thétisent elles-mêmes le glucose à partir du dioxyde qui permet de suivre son parcours dans vos organes à
de carbone et de l’eau, la lumière solaire fournissant l’aide de photographies sensibles à ces rayons.
l’énergie nécessaire à cette réaction. Le processus est L’hydroxyapatite (Ca(OH) 2 3 Ca 3 (PO 4 ) 2 ou
amorcé par la chlorophylle, une très grosse molécule Ca5(PO4)3(OH)) est le constituant principal de l’émail
organique contenant un atome de magnésium. des dents. Des caries peuvent se former quand des
acides attaquent le revêtement légèrement basique
d’apatite.
Ca5(PO4)3(OH) (s)  4 H (aq)
5 Ca2 (aq)  3 HPO42– (aq)  H2O (l)
On peut minimiser cet effet sur les dents en rem-
plaçant l’hydroxyapatite par la fluorapatite, qui résiste
mieux aux attaques acides.
Ca5(PO4)3(OH) (s)  F – (aq)
Les ions Na, K, Mg2 et Ca2 participent aux fonc- Ca5(PO4)3F (s)  OH– (aq)
tions régulatrices du corps humain. Ces deux ions
alcalino-terreux sont indispensables aux systèmes Pour ce faire, on ajoute aux pâtes dentifrices du fluo-
vivants, alors que les autres appartenant au même rure de sodium ou du monofluorophosphate de sodium
groupe 2A (2) sont toxiques. Les composés du béryl- (Na2PO3F).

5 L’ALUMINIUM
L’aluminium est en masse le troisième élément de la croûte terrestre (8,1 %).
Son faible coût et les excellentes caractéristiques de ses alliages (masse volumique
basse, solidité, fabrication relativement aisée et sécuritaire, résistance à la
corrosion, etc.) ont contribué au développement de ses applications. Les feuilles
d’emballage très minces, les canettes et les pièces utilisées dans l’aviation viennent
tout de suite à l’esprit quand on parle d’aluminium.
L’aluminium pur est un métal mou et peu résistant, qui perd plus rapidement
de sa solidité dès 300 °C. Aussi, pour améliorer ses propriétés, on l’utilise le plus
souvent sous forme d’alliages à faible teneur en d’autres métaux. Un alliage
typique contient environ 4 % de cuivre et de petites quantités de silicium, de
magnésium et de manganèse.
L’aluminium, un très bon réducteur, est facilement oxydable. On pourrait
donc s’attendre à ce qu’il subisse fortement les effets de la corrosion. Il n’en est
▲ Plus de 50 tonnes d’aluminium
entrent dans la fabrication
rien dans les faits : sa résistance est due à la formation superficielle d’une couche
d’un biréacteur destiné mince, dure, adhérente et quasi transparente d’oxyde d’aluminium (Al2O3) qui
au transport de passagers. empêche une oxydation ultérieure en profondeur. Ce film égratigné a la pro-
Courtoisie d’Air Canada priété de se reformer rapidement, de s’autoréparer.

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5 L’aluminium 19

5.1 La métallurgie de l’aluminium


L’aluminium est obtenu industriellement par électrolyse de la bauxite, un
Histoire et
procédé mis au point simultanément, mais de façon indépendante, en 1886, par découvertes
deux hommes nés la même année (1863) et décédés la même année (1914), le Charles Martin Hall (1863-1914)
Français Paul Héroult et l’Américain Charles Martin Hall : électrolyse de l’oxyde À l’âge de 20 ans,
d’aluminium, ou alumine, dissous dans un bain de cryolithe en fusion (Na3AlF6) Charles Martin
Hall réussit pour
pour le premier, électrolyse à l’état fondu d’un mélange de cryolithe, de fluorure
la première fois
d’aluminium et de spathfluor ou fluorite (CaF2) pour le second (figure 10). à obtenir de
l’aluminium mé-
+ tallique par
Croûte solide Anode électrolyse de
d’électrolyte de graphite ses sels à l’état fondu. Il travaillait
alors dans un hangar de bois situé
derrière la maison familiale à Oberlin
Électrolyte en Ohio, États-Unis. Le brevet de fabri-
Revêtement
de carbone cation fut déposé dans son pays le
9 juillet 1886. La commercialisation
Al2O3 du procédé fut difficile, mais Hall
en solution connut néanmoins le succès en créant,
dans Na3AlF6(l) en 1907, l’Aluminium Corporation
Aluminium of America, la future multinationale
en fusion ALCOA. « Oesper Collection » dans The History
Cathode of Chemistry/Université de Cincinnati
d’acier(–)

Figure 10 La production industrielle de l’aluminium par électrolyse. Le bain électrolytique, mélange ◆ Le recyclage de l’aluminium
de bauxite purifiée (Al2O3) et de cryolithe (Na3AlF6), fond à une température nettement plus basse que celle Les coûts énergétiques dans la métal-
de l’alumine seule. La réduction des ions Al3 à la cathode de carbone produit de l’aluminium liquide à la lurgie de l’aluminium de première
température du bain (environ 980 °C). De l’oxygène se dégage aux anodes de graphite et se combine fusion sont très élevés. Aussi, le recy-
lentement avec le carbone en donnant du CO2 : les électrodes se détruisent et il faut les remplacer. clage des canettes et des objets à
base d’aluminium prend une place de
À l’état naturel, l’aluminium se présente sous forme d’aluminosilicates, des plus en plus importante, car il ne
minéraux comme l’argile à base d’aluminium, de silicium et d’oxygène. Exposés nécessite que de 5 à 10 % de l’éner-
aux intempéries, ils finissent par se désagréger en diverses formes d’oxydes d’alu- gie nécessaire pour produire de l’alu-
minium nouveau à partir du minerai.
minium plus ou moins hydratés (Al2O3x H2O) appelés les bauxites.
L’oxyde d’aluminium, au point de fusion supérieur à 2000 °C, est mélangé à
la cryolithe (Na3AlF6) en fusion pour former un bain liquide dont la température
se situe aux environs de 980 °C 3. L’électrolyse est menée dans une cuve métallique
recouverte de carbone qui joue le rôle de cathode, l’anode étant en graphite.
L’aluminium formé se dépose à l’état liquide dans le fond de la cuve, d’où il est
siphonné régulièrement.

5.2 Les composés de l’aluminium


L’aluminium se dissout dans l’acide chlorhydrique, mais pas dans l’acide nitrique.
Celui-ci oxyde rapidement l’aluminium en surface et le film d’oxyde (Al2O3)
formé le protège d’une attaque ultérieure. Ainsi, l’acide nitrique peut être expé-
dié dans des réservoirs d’aluminium.
L’ajout à une solution d’ions Al3 (aq) d’ions OH– (aq) provoque la précipitation
▲ L’aluminium ne réagit pas avec
de l’hydroxyde d’aluminium (Al(OH)3), dont la déshydratation conduit à l’oxyde l’acide nitrique. L’acide nitrique,
Al2O3. un oxydant énergique, réagit
2 Al(OH)3 Al2O3 (s)  3 H2O (g) vivement avec le cuivre (becher
de gauche), mais pas avec
3. L’abaissement du point de fusion d’un mélange sera étudié dans le prochain cours de chimie : l’aluminium (becher de droite).
Chimie des solutions. Charles D. Winters

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20 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Histoire et L’oxyde est pratiquement insoluble dans l’eau et résiste assez bien à toute
attaque chimique. Sous forme cristalline, il est connu sous le nom de corindon.
Ce matériau très dur est utilisé comme abrasif dans les meules, le papier de verre
découvertes ou papier sablé et dans les pâtes dentifrices.
Paul Héroult (1863-1914) Certains corindons impurs sont très recherchés en tant que… pierres pré-
Paul Héroult s’in- cieuses. Les rubis sont des cristaux de corindon contaminés par une petite quan-
téresse fortement
à l’aluminium
tité d’ions Cr3, qui remplacent quelques ions Al3 dans le réseau cristallin. La
depuis la lecture, substitution d’ions aluminium par des ions Fe2 et Ti4 donne des saphirs de dif-
à l’âge de 15 ans, férentes couleurs à l’exception du rouge, la couleur bleue étant la plus appréciée
du livre d’Henri (figure 11).
Sainte-Claire
Deville, De l’alu-
minium, ses propriétés, sa fabrication
et ses applications. Après une année
d’études au cours préparatoire de
l’École des Mines de Paris (1882-
1883), il se consacre à temps plein à
ses recherches sur l’aluminium. Au
bout de trois années d’efforts assi- Figure 11 Les saphirs et les rubis. Ces pierres pré-
dus, Héroult et deux anciens cama- cieuses sont constituées de cristaux de corindon (Al2O3),
rades de l’École des Mines isolent dans lesquels des ions métalliques tels que Cr3, Fe2 et
finalement de l’aluminium liquide par Ti4 prennent la place de quelques ions Al3. Photo-
électrolyse de l’alumine dissoute graphie du haut : L’Étoile d’Asie, un saphir bleu bleuet
dans un bain de cryolithe en fusion. de 330 carats (66 g). Photographie du centre : quelques
Le brevet est déposé en France le saphirs. Photographie du bas : cristaux de corindon
23 avril 1886. Héroult a alors 23 ans. bruts. Chip Clark/Smithsonian Museum of Natural History
Après le démarrage d’une première
usine en Suisse, Héroult se rend, en
1887, aux États-Unis pour y déposer
son brevet. Il apprend alors que
Charles Martin Hall a breveté le
9 juillet 1886 un procédé de fabrica-
tion de l’aluminium très semblable
au sien. Héroult, se réclamant de
l’antériorité de son brevet, intente un
procès et le perd, la loi américaine
n’admettant pas les témoignages
6 LE SILICIUM
uniquement verbaux. Après avoir été Le silicium est, après l’oxygène, l’élément le plus abondant de la croûte terrestre.
opposés lors du procès, les deux
Il n’est donc pas surprenant que vous soyez entourés de matériaux qui en déri-
inventeurs se lient d’amitié, et le
procédé qu’ils ont mis au point sépa-
vent : briques, poteries, porcelaine, lubrifiants, agents de scellage, puces d’ordi-
rément s’appelle maintenant Hall- nateurs, piles solaires, etc. N’oubliez pas que les propriétés de semi-conduction
Héroult. du silicium ont été à l’origine de la révolution informatique.

6.1 La préparation du silicium


On fabrique industriellement le silicium à partir de sable quartzeux (SiO2) que
l’on chauffe dans des fours électriques jusqu’à 3000 °C en présence de coke purifié.

SiO2 (s)  2 C Si (l)  2 CO (g)

Le silicium fondu extrait du fond du four donne en se refroidissant un solide


bleu gris brillant d’une pureté de 96 à 99 % environ. Comme on a besoin de
silicium très pur pour des applications électroniques, il est nécessaire de lui faire
subir une série de traitements physicochimiques. Dans un des procédés utilisés
actuellement, on le fait tout d’abord réagir avec le chlore pour le transformer
en tétrachlorure de silicium, un composé qui se présente à l’état liquide dans
les conditions ordinaires (téb  57,6 °C).

Si (s)  2 Cl2 (g) SiCl4 (l)

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6 Le silicium 21

Celui-ci est purifié par distillation répétée et réduit en silicium par le


magnésium.
Silicium
SiCl4 (g)  2 Mg (s) 2 MgCl2 (s)  Si (s) impur

Le chlorure de magnésium est éliminé par lavage à l’eau. Le silicium est ensuite
refondu et coulé en lingots qui subissent une autre purification par fusion de Anneau
chauffant
zone. Dans cette technique, une mince bande située à l’extrémité d’un lingot
se déplaçant
de silicium est fondue à l’aide d’un dispositif spécial. La source de chaleur se vers le haut.
déplace ensuite lentement vers l’autre extrémité : les impuretés ont tendance à
rester dans la zone fondue, laissant derrière elles du silicium d’une très grande
pureté (figure 12).
Silicium fondu

6.2 Le dioxyde de silicium


Le dioxyde de silicium (SiO2), communément appelé la silice, est présent dans de
Silicium pur
nombreuses roches, comme le granit, le grès et le sable. Des impuretés dans le
quartz, forme cristalline de la silice, lui confèrent de très belles couleurs: ces pierres,
les améthystes en particulier, sont très appréciées en joaillerie (figure 13).

Figure 12 La purification du sili-


Améthyste cium par fusion de zone.

Citrine

Quartz

a) Le quartz pur est incolore. La présence b) Le quartz est formé d’un réseau cristallin d’atomes
d’impuretés lui confère différentes colorations : de silicium liés par covalence à quatre atomes
des traces de l’élément fer donnent à la citrine, d’oxygène, chacun de ceux-ci étant lié à un autre
quartz jaune, une couleur allant du jaune atome de silicium. La géométrie autour du silicium
au brun, à l’améthyste, quartz violet, est tétraédrique.
une couleur violette à pourpre.
Figure 13 Le quartz. Bullen Ultrasonic, Eaton, OH

Les oxydes des deux premiers éléments du groupe 4A (14), SiO2 et CO2 ,
devraient avoir des propriétés assez semblables. En fait, il n’en est rien : SiO2 est
un solide au point de fusion très élevé, le quartz fond à 1610 °C, alors que CO2 est
un gaz dans les mêmes conditions ordinaires. Cette très grande disparité
s’explique par leurs structures moléculaires extrêmement différentes. CO2 est un
composé moléculaire, l’atome de carbone étant lié doublement à chacun des
atomes d’oxygène. Par contre, SiO2 est un solide covalent privilégiant quatre liai-
sons simples Si O plutôt que deux liaisons doubles Si O moins favorables d’un
point de vue énergétique. Ce contraste entre CO2 et SiO2 met un comportement
plus général en évidence : les liaisons multiples que l’on rencontre souvent chez
les éléments de la deuxième période sont très rares dans les périodes subsé-
quentes. Ainsi, les liaisons multiples sont courantes avec le carbone, mais très
rares avec le silicium.
La silice résiste à l’attaque des acides à l’exception de HF, avec lequel elle
réagit pour former SiF4 et H2O.

SiO2 (s)  4 HF (l) SiF4 (g)  2 H2O (l)

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22 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Elle se dissout lentement dans NaOH ou Na2CO3 à l’état fondu en réagissant


pour donner du silicate de sodium et du dioxyde de carbone.

SiO2 (s)  2 Na2CO3 (l) Na4SiO4 (s)  2 CO2 (g)

Après refroidissement, on injecte de l’eau sous pression. Une partie du mélange


solide se dissout et l’on obtient une solution aqueuse de silicate de sodium. Après
filtration pour éliminer le sable résiduel et le verre, on évapore l’eau et on
recueille le silicate de sodium à l’état solide. Il est surtout utilisé par l’industrie
des détergents, essentiellement à cause du pouvoir tampon4 de ses solutions
aqueuses (maintien de l’acidité).
Un traitement à l’acide du silicate de sodium fait apparaître un précipité géla-
▲ Un sachet de gel de silice. tineux de SiO2 appelé la silice gélatineuse ou le gel de silice. Ce gel, lavé puis séché,
Le gel de silice a de nombreuses est un matériau très poreux aux usages multiples. Cet agent desséchant peut
applications : maintien
absorber jusqu’à 400 mg d’eau par gramme, soit 40 % de sa masse. Des petits sachets
d’une atmosphère sèche lors
du stockage de certains de gel de silice sont souvent ajoutés dans les emballages de nombreux produits afin
composants électroniques, d’en améliorer les conditions de stockage. On y incorpore souvent le chlorure de
filtrage de la bière, litières cobalt (II) et d’ammonium ((NH4)2CoCl4), qui agit comme détecteur d’humidité:
d’animaux domestiques, etc. ce sel anhydre est bleu et sa couleur vire au rose lorsqu’il est hydraté.
Charles D. Winters

6.3 Les silicates


Les silicates constituent un monde à eux seuls. Tous constitués d’unités tétraé-
driques, ils ont cependant des propriétés différentes dépendant des liens qui les
unissent.
Les silicates les plus simples, les orthosilicates, sont formés d’anions SiO44–. Leurs
charges sont neutralisées par quatre cations M, par deux cations M2 ou par
une combinaison des deux.
L’orthosilicate de calcium (Ca2SiO4) entre dans la composition du ciment
Portland. L’olivine, présente en quantités importantes dans le manteau terrestre,
contient des ions Mg2, Fe2 et Mn2, les ions fer (II) lui conférant sa couleur
olive caractéristique.
Les pyroxènes sont constitués de chaînes de tétraèdres SiO4 liés entre eux par
un atome d’oxygène.

Quand deux chaînes se lient en partageant un atome d’oxygène, on obtient


une amphibole, catégorie de minéraux dont font partie certains types d’amiantes.
Ces chaînes liées entre elles rendent l’amiante fibreux.
La liaison de nombreuses chaînes de silicates peut aboutir à des feuillets
d’unités SiO4 tétraédriques (figure 14), qui forment la structure de base de
minéraux figurant parmi les plus importants de la Terre, plus particulièrement
les argiles minérales, dont fait partie le kaolin servant à fabriquer la porcelaine,
les micas et l’amiante chrysotile.
La structure feuilletée est la caractéristique principale du mica, qui se présente
généralement comme les feuilles reliées d’un livre. Il est surtout utilisé comme
▲ Les argiles. Un feuillet d’unités vitres dans les hublots de fours et comme isolant thermique ; il entre aussi dans
SiO4 tétraédriques lié à une strate la composition des peintures dites métallisées, dont l’extrême brillance est due
d’unités AlO6 octaédriques
à la réflexion de la lumière par de fines particules de mica.
constitue la base de la structure
de beaucoup d’argiles, dont fait
partie le kaolin. Charles D. Winters 4. Les solutions tampons seront étudiées dans le prochain cours de chimie : Chimie des solutions.

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6 Le silicium 23

Figure 14 Le mica, un feuilleté de silicates. La structure feuilletée du mica, à clivage facile, explique son apparence. Comme dans tous les
pyroxènes, chaque atome de silicium est lié à quatre atomes d’oxygène, mais dans le mica les atomes de silicium forment un cycle à six côtés,
chaque côté accueillant un atome d’oxygène ou, si l’on veut, un cycle à 12 côtés, les sommets occupés en alternance par le silicium et l’oxygène.
Le rapport nombre de silicium/nombre d’oxygène est 1/2,5. Charles D. Winters

Le mica, une grande variété d’argiles et l’amiante sont en réalité des alumino-
silicates, substances contenant à la fois de l’aluminium et du silicium. Dans le
kaolin par exemple, les feuillets d’unités tétraédriques SiO4 sont liées à des feuillets
d’unités AlO6 octaédriques. En outre, des atomes de silicium peuvent être
remplacés par des atomes d’aluminium : dans ce cas, comme on troque un atome
de Si dans un état d’oxydation de +4 par un atome d’aluminium chargé 3+, la
nature équilibre les charges en intégrant au réseau des ions tels que Na ou
Mg2. Cela fait qu’on utilise l’argile à des fins multiples et intéressantes, en méde-
cine par exemple (figure 15 a).
Les feldspaths, qui composent environ 60 % de la croûte terrestre, et les
zéolites sont aussi des aluminosilicates (figure 15 b, c et d). Les deux types sont
composés d’unités SiO4 tétraédriques, dans lesquelles l’aluminium remplace
parfois le silicium, les charges étant équilibrées par des ions alcalins ou alcalino-
terreux. Feldspaths et zéolites se distinguent du mica et des argiles par les cavités
et les tunnels de forme très régulière présentés par leur structure. Le diamètre
de ces espaces varie de 300 à 1000 pm, ce qui fait que de petites molécules comme
celles de l’eau peuvent facilement s’y loger. On utilise par conséquent des zéolites

d) Les produits
domestiques destinés
à éliminer de l’air
les molécules
a) Des remèdes pour estomacs dérangés. b) La structure des zéolites. On représente c) L’apophyllite. Une zéolite à l’origine des odeurs
Le Kaopectate contient du kaolin, souvent les zéolites par des dessins cristalline. contiennent souvent
une sorte d’argile. Les morceaux blanc comme celui ci-dessus. Les atomes Si, des zéolites.
cassé achetés dans un marché du Ghana Al et O forment des assemblages
sont faits d’argile: on les ingurgite polyédriques, dont les côtés sont
pour soulager les brûlures d’estomac, constitués par les suites Si-O-Si, Al-O-Al
une pratique largement répandue dans ou Si-O-Al. Les cavités et les tunnels
le monde entier. présents dans le réseau peuvent
sélectivement capter de petites
molécules ou des ions, ou agir comme
sites catalytiques.

Figure 15 Les aluminosilicates. a) L’argile. b), c) et d) Les zéolites.

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24 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

comme agent de dessiccation pouvant absorber l’humidité de l’air ou l’eau


présente à l’état de traces dans les solvants organiques. De petites quantités de
zéolites sont parfois introduites entre les vitres des fenêtres à double ou triple
vitrage pour maintenir sec l’air ou le gaz emprisonné.

6.4 Les polymères à base de silicium : les silicones


La réaction du silicium avec le chlorométhane (CH3Cl), à 300 °C et en présence
d’un catalyseur, cuivre pulvérulent, donne comme produit majoritaire le dichlo-
rodiméthylsilane ((CH3)2SiCl2).

Si (s)  2 CH3Cl (CH3)2SiCl2 (l)

Les dérivés chlorés des éléments du groupe 4A autres que le carbone s’hydro-
lysent rapidement

(CH3)2SiCl2  2 H2O (CH3)2Si(OH)2  2 HCl

et le composé formé polymérise en éliminant des molécules d’eau.

La pollution par le plomb : est fort probable que cet élément


rien de neuf sous le soleil ! se soit retrouvé dans la nourriture
et que les Romains aient été vic-
Connu depuis des temps immé- times du saturnisme.
moriaux, le plomb, élément de la Récemment, une carotte de
sixième période du groupe 4A glace longue de 3000 m forée dans
(14), est toujours en vogue dans le la calotte glaciaire du Groenland a
monde industriel moderne où son fourni aux scientifiques des preuves
usage le classe en cinquième posi- que l’extraction et le traitement du
tion parmi les métaux, derrière le plomb sur une vaste échelle par les
fer, le cuivre, l’aluminium et le Romains ont pollué l’environne-
zinc. Le plomb et ses composés ▲ Une batterie d’accumulateurs ment sur de très grandes distances.
sont surtout utilisés dans les accu- au plomb. François Desaulniers Comme il est possible de dater avec
mulateurs, les pigments, les muni- précision les différentes sections
tions, les soudures, la plomberie et de la carotte, on a retracé l’histoire
les roulements à billes. Son sulfure de l’atmosphère depuis 9000 ans.
(PbS), connu sous le nom de Le plomb est souvent pointé du Parmi les éléments que l’on a
galène, est sa principale source. doigt comme l’une des causes de retrouvés à l’état de traces figu-
Le plomb et ses composés sont la chute de l’Empire romain. Les rait le plomb. Comme le rap-
des poisons qui s’accumulent dans quelque 80 000 tonnes produites port isotopique d’un échantillon,
l’organisme et qui affectent par- annuellement à cette époque ser- comme 208Pb/206Pb, dépend de sa
ticulièrement les enfants. Une con- vaient à de multiples usages. Les source, on déduit de ces mesures
centration de plomb dans le sang Romains utilisaient en particulier que les résidus contenus dans les
de 50 g/kg fait monter la pression des canalisations et des marmites segments de calotte polaire datant
sanguine ; l’intelligence est affectée en plomb pour acheminer l’eau et de 300 av. J.-C. jusqu’à 600 apr. J.-C.
à partir de 100 g/kg et des faire la cuisine. Or, comme beau- provenaient des mines exploitées
concentrations supérieures à envi- coup d’aliments sont acides et que par les Romains dans le sud-ouest
ron 800 g/kg peuvent provoquer le plomb réagit avec les acides, de l’Espagne. Le plomb polluait
le coma et entraîner la mort. lentement, mais inexorablement, il déjà l’atmosphère il y a 2000 ans !

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7 L’azote et le phosphore 25

CH3

n(CH3)2Si(OH)2 [Si-O]n  n H2O

CH3

Le produit résultant, le polydiméthylsiloxane, est un polymère, c’est-à-dire une


molécule géante formée de l’association de plus petites molécules appelées dans
ce cas le monomère. Il fait partie de la grande famille des polymères qu’on
appelle les silicones. Les silicones se présentent sous forme d’huiles, de graisses,
de résines ou d’élastomères, caoutchouc synthétique. Il se produit dans le monde
environ trois millions de tonnes de silicones par année. Ils servent à divers usages :
lubrifiants, étiquettes autocollantes, fards à lèvres, lotions de bronzage, cires à ▲ Mine de phosphates au Maroc.
carrosseries, agents de calfeutrage, etc. Les phosphates sont utilisés
comme engrais et comme matière
première dans la fabrication
de l’acide phosphorique.
William Felger/Grant Heilman Photography
7 L’AZOTE ET LE PHOSPHORE
L’azote se présente essentiellement sous la forme gazeuse N2 : il constitue 75,5 %
de la masse de l’atmosphère ou 78,1 % de son volume. Par contre, le phosphore
qui appartient au même groupe 5A (15) se retrouve dans des composés solides
de la croûte terrestre. On en dénombre plus de 200. Ils contiennent tous l’ion
phosphate tétraédrique (PO43–) ou un dérivé de cet ion. Les apatites sont de loin
la classe de minéraux à base de phosphates la plus importante (voir la section 4.2,
page 16).
L’azote et ses composés, notamment l’ammoniac et l’acide nitrique, jouent
un rôle économique important. L’acide phosphorique, en particulier à la base
de l’industrie des engrais phosphatés, est un produit chimique intermédiaire de
premier plan.
Ces deux éléments sont présents dans tous les organismes vivants. Le phos-
phore fait partie des acides nucléiques et des phospholipides, l’azote des protéines
et des acides nucléiques (voir l’encadré Pour en savoir +... La découverte et la pre-
mière préparation du phosphore, page 26).

7.1 Les propriétés de l’azote et du phosphore


L’azote est un gaz incolore qui se liquéfie à - 196 °C. Son énergie de liaison parti-
culièrement élevée (945 kJ/mol), due à la présence d’une triple liaison, et son
absence de moment dipolaire expliquent sa caractéristique la plus remarquable :
son peu de réactivité. Malgré tout, en présence d’un catalyseur, à haute pression
(de 8000 à 11 000 kPa) et à une température voisine de 450 °C, il réagit avec
l’hydrogène pour former de l’ammoniac :

N2 (g)  3 H2 (g) 2 NH3 (g)

et l’on arrive à former des nitrures contenant l’ion N3– avec des métaux fortement
réducteurs.

3 Mg (s)  N2 (g) Mg3N2 (s)


▲ L’azote liquide. L’azote liquide
Sa faible réactivité fait qu’il remplace l’air quand on a besoin d’une atmo- permet de conserver pendant très
longtemps des échantillons
sphère non oxydante pour l’emballage de la nourriture, le transport en vrac du
biologiques, comme les embryons
vin, et la fabrication des câbles électriques et des fils de téléphone. À l’état liquide, ou la semence des humains
il est largement utilisé pour congeler et conserver des échantillons biologiques et des animaux. Simon Fraser/MRC
comme le sang et le sperme, pour congeler à sec la nourriture et dans diverses Unit, Newcastle General Hospital/Science
applications nécessitant une température extrêmement basse. Photo Library

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26 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

De nos jours, on prépare le phosphore en chauffant, dans un four électrique


à une température voisine de 1400 °C, des phosphates métalliques avec du coke
et du gravier, pourvoyeurs respectivement de carbone et de silice.

2 Ca3(PO4)2 (s)  10 C (s)  6 SiO2 (s) P4 (g)  6 CaSiO3 (s)  10 CO (g)

Alors que deux atomes d’azote se lient triplement pour former sa molécule
N2, le phosphore se présente sous la forme d’un tétraèdre (P4) : chaque atome,
qui occupe un sommet, est lié par covalence simple aux trois autres.

7.2 Les composés de l’azote


Bien que peu réactif, l’azote forme néanmoins une grande variété de composés
inorganiques, dans lesquels son état d’oxydation varie de - 3 à +5 (figure 16).

La découverte et la première dans une cornue. Au bout de quelques jours de ce traitement,


préparation du phosphore le phosphore distillait de ce mélange. On le recueillait dans
de l’eau (on sait maintenant que le carbone issu des
composés organiques de l’urine servait d’agent réducteur des
Il avait rempli le petit four de charbon de bois et activait le soufflet
phosphates en phosphore). Le phosphore fut préparé de
jusqu’à ce que la cornue fut portée au rouge. Quelque chose d’étrange
cette façon pendant plus de 100 ans.
apparut soudainement. Un nuage luminescent remplissait le réci-
pient et du bec de la cornue dégouttait un liquide brillant qui
s’enflammait instantanément.
J. Emsley, The 13th Element, New York, John Wiley, 2000, p. 5.

John Emsley commence l’histoire du phosphore, sa décou-


verte et ses utilisations en imaginant ce qu’a pu observer
l’alchimiste allemand Hennig Brandt dans son laboratoire
durant cette belle journée de 1669. Brandt cherchait la
pierre philosophale, cet Élixir de longue vie qui ennoblirait
les substances ordinaires en les transmutant en or.
Il menait des expériences avec de l’urine, source connue
de produits chimiques depuis les Romains, et il n’est pas
surprenant que le phosphore ait pu être extrait de cette
« matière première ». Les êtres humains consomment sous
forme de phosphates bien plus de phosphore qu’ils n’en ont
besoin et l’excès est éliminé par l’urine. Il est néanmoins
extraordinaire qu’il ait pu isoler cet élément. Selon un livre
de chimie du XVIIIe siècle, on pouvait retirer quelque 30 g de
phosphore à partir de 300 litres d’urine, par un procédé loin
d’être simple. Une autre recette du XVIIIe siècle impliquait de
50 à 60 seaux pleins d’urine : « Laissez-la reposer... jusqu’à ce ▲ L’alchimiste à la recherche de la pierre philosophale découvre
qu’elle se putréfie et qu’apparaissent des vers. » Le chimiste le phosphore. Tableau de J. Wright de Derby (1734-1797).
réduisait alors le tout en une pâte qu’il chauffait fortement Musée Derby et Galerie d’art, Derbyshire, Angleterre/Bridgeman Art Library

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7 L’azote et le phosphore 27

Les composés hydrogénés inorganiques de l’azote Ammoniac: -3


L’ammoniac est gazeux dans les conditions ordinaires. Il a une odeur piquante,
se liquéfie à - 33 °C et à la pression de 100 kPa. Sa solution aqueuse, appelée
l’ammoniaque, est basique. Hydrazine: -2

NH3 (aq)  H2O (l) NH4 (aq)  OH– (aq)


Hydroxylamine: -1
L’ammoniac est un important produit industriel. La majeure partie de sa pro-
duction est consommée dans la fabrication d’engrais azotés.
Azote: 0

Oxyde de diazote: +1
Les composés hydrogénés organiques de l’azote
On peut considérer les amines comme étant une molécule d’ammoniac (NH3) Monoxyde d’azote: +2
dans laquelle un, deux ou même trois atomes d’hydrogène ont été remplacés –
par des groupes alkyles R-, chaînes carbonées plus ou moins complexes : amine
primaire (R-NH2), secondaire (R1R2NH), tertiaire (R1R2R3N) (tableau 6) ou par Ion nitrite: +3
d’autres groupements.

TABLEAU 6 Les amines Dioxyde d’azote: +4


Fonctions Caractéristiques Exemples
amine primaire un groupe alkyle lié à l’azote Méthanamine (CH3NH2) ou
méthylamine Acide nitrique: +5

Figure 16 Quelques composés inor-


ganiques de l’azote. L’état d’oxydation
de l’azote dans ses composés varie de
-3 à +5.
amine secondaire deux groupes alkyles liés N-méthylméthanamine ou
à l’azote diméthylamine ((CH3)2NH)
H2C CH2
H
C CH CH2
HC C N

HC CH CH3
N

amine tertiaire trois groupes alkyles liés N,N-diméthyl-méthanamine ou Nicotine


à l’azote triméthylamine ((CH3)3N)

H+

H+

◆ La nicotine
Ainsi, la structure de ces amines est similaire à celle de l’ammoniac : la géo-
On peut protoner les deux atomes
métrie autour de l’atome d’azote est trigonale pyramidale. d’azote présents dans la nicotine :
c’est d’ailleurs sous cette forme qu’on
la trouve normalement. On peut éli-
Les oxydes d’azote miner les protons en traitant la nico-
tine par une base telle que l’ammo-
Le nombre d’oxydes que l’azote peut former en fait un élément exceptionnel
niaque : la nicotine non protonée est
(voir le tableau 7, page 28 ). plus toxique, mieux absorbée par
Le monoxyde de diazote (N2O) est un gaz non toxique, inodore, insipide, ayant la peau et les muqueuses, crée plus
pour atome central l’azote dans son état d’oxydation minimal chez les oxydes d’accoutumance que la nicotine
(+1). On l’appelle aussi le gaz hilarant à cause de ses effets physiologiques. C’est protonée.

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28 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

TABLEAU 7 Quelques oxydes d’azote


États d’oxydation Description
Formules Noms Structures
de l’azote
N2O monoxyde N N O +1 gaz incolore
de diazote (gaz hilarant)
Linéaire

NO monoxyde structure de Lewis +2 gaz incolore


d’azote non représentative paramagnétique (nombre
impair d’électrons)

N2O3 trioxyde O O +3 Solide bleuté


▲ Le monoxyde de diazote. Ce gaz, de diazote (tfus  - 100,7 °C), qui
soluble dans les graisses ou N N
se dissocie en NO
liposoluble, sert d’agent O
et NO2.
propulseur dans les canettes Plane
de crème. Introduit sous pression,
il se détend lorsque la soupape NO2 dioxyde +4 gaz brun roux,
est ouverte, faisant du même N
d’azote paramagnétique
coup gonfler la crème qui apparaît O O
fouettée. Il est aussi utilisé Coudée
comme anesthésique, que l’on
considère sûr dans ses usages N2O4 tétroxyde O O +4 Liquide incolore, qui
médicaux. Cependant, consommé de diazote N N se dissocie en NO2.
comme drogue hallucinogène,
O O
il présente des dangers non
négligeables. Un usage prolongé Plane
peut conduire à une neuropathie,
dégénérescence permanente N2O5 pentoxyde O O +5 solide incolore
O
des fibres nerveuses se traduisant de diazote
N N
par une faiblesse chronique, par O O
des picotements et par une perte
de sensibilité. Charles D. Winters

non seulement un des plus anciens, mais aujourd’hui encore, et de loin, le plus
commun des anesthésiques. Comme il est soluble dans les graisses végétales, on
s’en sert comme gaz propulseur dans les canettes de crème fouettée. D’ailleurs,
il s’agit là de son usage commercial le plus répandu.
Le monoxyde d’azote (NO) est un radical libre, c’est-à-dire une molécule à
nombre impair d’électrons, 11 dans son cas. Il est l’objet de recherches de plus
en plus intensives, car on a découvert récemment qu’il était impliqué dans un
bon nombre de processus biologiques.
Le dioxyde d’azote (NO2) est en partie responsable de la pollution atmo-
sphérique urbaine. Il se forme dans les moteurs des voitures automobiles à partir
de l’oxygène et de l’azote de l’air. En présence d’un excès d’oxygène, NO donne
rapidement NO2 qui se disperse dans l’atmosphère s’il n’est pas converti par les
dispositifs antipollution installés à l’échappement des moteurs.

2 NO (g)  O2 (g) 2 NO2 (g)

Avec ses 17 électrons périphériques, NO2 est comme NO un radical libre.


Comme l’électron non apparié réside la plupart du temps près de l’azote, deux
molécules peuvent se combiner par formation d’un lien covalent simple N N
et donner le tétroxyde de diazote (N2O4).

2 NO2 (g) N2O4 (g)


Brun roux Incolore (tfus  - 11,2 °C)

À l’état solide, le tétroxyde de diazote est incolore et se présente presque


entièrement sous forme de molécules N2O4.

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8 L’oxygène et le soufre 29

L’acide nitrique
L’acide nitrique est connu depuis des siècles et est de nos jours un important
produit industriel. Il se prépare par oxydation de l’ammoniac par l’oxygène de
l’air, à température et sous pression élevées, en présence d’un catalyseur à base
de platine rhodié, selon le procédé Ostwald (1853-1932, prix Nobel de chimie
en 1909) datant du début du XXe siècle. L’acide nitrique est utilisé dans bien des
domaines, mais c’est dans la fabrication des engrais azotés qu’on en consomme
le plus, en particulier la production de nitrate d’ammonium.
L’acide nitrique concentré est un oxydant puissant, qui attaque pratiquement
tous les métaux. Dans ces réactions d’oxydoréduction, l’ion nitrate est réduit en
un oxyde d’azote, dont la formule dépend du métal et des conditions expéri-
mentales. Par exemple, avec le cuivre, il se forme NO avec l’acide nitrique dilué
et NO2 avec l’acide concentré.
Quatre métaux, l’or, le platine, le rhodium et l’iridium, ne sont pas attaqués
par cet acide : de ce fait, ils sont souvent qualifiés de nobles. Seule l’eau régale,
Figure 17 Du soufre expulsé par
connue des alchimistes depuis le XIVe siècle, un mélange d’acide chlorhydrique un volcan d’Indonésie.
et d’acide nitrique concentrés en proportions respectives 1/3, est capable de les
dissoudre.

10 Au (s)  36 H (aq)  6 NO3– (aq)  40 Cl– (aq) 10 [AuCl4]– (aq)  18 H2O (l)  3 N2 (g)

8 L’OXYGÈNE ET LE SOUFRE
L’oxygène est de loin l’élément le plus abondant de la croûte terrestre ; il repré-
sente à lui seul près de la moitié de sa masse. Il est présent à l’état élémentaire
dans l’atmosphère, fraction molaire égale à 0,21, à l’état combiné dans l’eau et
dans beaucoup de minéraux. Les scientifiques estiment que son apparition sur
Terre à l’état élémentaire ne remonte qu’à deux milliards d’années environ,
lorsque la photosynthèse des plantes aurait débuté (voir l’encadré Perspectives,
page 318).
En masse, le soufre est le quinzième élément de la croûte terrestre ; il existe
aussi comme l’oxygène à l’état élémentaire, mais seulement dans des gisements
où il est relativement abondant. On le trouve majoritairement dans les consti- La pyrite (FeS2)
tuants du gaz naturel et du pétrole, dans des minéraux tels que les sulfures [le
cinabre (HgS), la galène (PbS), etc.], les disulfures [la pyrite (FeS2) dite l’« or
des fous » à cause de son aspect brillant doré la faisant confondre avec l’or] et
les sulfates [le gypse (CaSO42 H2O)]. Ses oxydes SO2 et SO3 se trouvent aussi à La stibnite (Sb2S3)
l’état naturel, rejetés dans l’atmosphère par l’activité volcanique (figure 17).

8.1 La préparation et les propriétés


de l’oxygène et du soufre L’orpiment (As2S3)
À l’échelle industrielle, l’oxygène provient de la distillation fractionnée de l’air
liquide. En laboratoire, on peut le préparer en petite quantité par électrolyse de
l’eau acidifiée ou par décomposition thermique du chlorate de potassium, en
présence de dioxyde de manganèse qui agit comme catalyseur.

150 °C, MnO2


2 KClO3 (s) 2 KCl (s)  3 O2 (g)

Dans les conditions ordinaires, l’oxygène est un gaz incolore. Son liquide est La galène (PbS)
légèrement bleuté (téb  - 183 °C) (voir la figure 7.18, page 240 ). Il est paramagné- ◆ Quelques sulfures métalliques
tique, à cause de ses deux électrons non appariés (voir la section 7.3.4, page 242 ). naturels. Charles D. Winters

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30 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

L’ozone (O3), un allotrope de l’oxygène, est un gaz bleuté, diamagnétique, à


odeur si forte qu’on peut le détecter à des concentrations aussi basses que
0,06 mg/m3 d’air dans les conditions ambiantes. L’ozone est produit par
décharge électrique dans l’oxygène ou par irradiation ultraviolette de ce même
gaz. Il est souvent au premier plan de l’actualité parce que la couche protectrice
qu’il forme dans la stratosphère de la Terre a été détruite en partie par les chloro-
fluorocarbones et autres composés chimiques volatils néfastes.
Le soufre possède de nombreux allotropes. Le plus commun et le plus stable
est le soufre orthorhombique jaune, constitué de molécules cycliques S8
(figure 18 a).

a) b)

Figure 18 Deux allotropes du soufre. a) À la température ambiante, le soufre orthorhombique se


présente sous la forme d’un solide jaune, brillant et cassant (molécules cycliques S8). b) Le soufre fond
vers 113 °C. Sous l’effet de la chaleur, les cycles s’ouvrent et les molécules s’assemblent en formant des
chaînes d’atomes. Du soufre liquide, foncé et fluide, à une température voisine de 230 °C, versé
doucement dans de l’eau froide, donne des fils transparents et élastiques comme du caoutchouc : le
soufre mou. Charles D. Winters

Des allotropes moins stables sont formés de cycles possédant de 6 à 20 côtés. Le


soufre mou est formé de chaînes d’atomes plus ou moins longues (figure 18 b).
Le soufre élémentaire est extrait des gisements souterrains par le procédé déve-
loppé vers 1900 par Herman Frasch (1851-1914). On fore un puits dans lequel
on introduit trois tuyaux coaxiaux. Dans le premier, on injecte de l’eau sur-
chauffée à 165 °C pour faire fondre le soufre (tfus  113 °C), qui s’accumule au
fond du tube. De l’air comprimé injecté dans le cylindre central force le soufre
liquide et l’eau à remonter à la surface par le cylindre intermédiaire.
Avec une production annuelle de l’ordre de 8,4 millions de tonnes de soufre
élémentaire, le Canada se classe au deuxième rang des pays producteurs après
les États-Unis. Le soufre canadien provient très majoritairement de la désulfu-
ration du gaz naturel, en Alberta surtout, et le reste, du raffinage du pétrole brut
et du traitement des minerais métalliques à base de sulfures.
La fabrication d’acide sulfurique représente presque 90 % de la consommation
mondiale de soufre. Environ 60 % de cet acide sulfurique est consommé par les
fabricants d’engrais ; le reste est utilisé dans les industries des pâtes et papiers,
de l’acier, des métaux non-ferreux et des pigments d’oxyde de titane. Les produits
fabriqués nécessitant l’intervention de composés à base de soufre différents de
l’acide sulfurique comprennent des insecticides et des fongicides, les pâtes et
papiers, les produits photographiques, les articles de maroquinerie, la soie syn-
thétique et le caoutchouc (vulcanisation).

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8 L’oxygène et le soufre 31

8.2 Les composés organiques de l’oxygène


L’oxygène entre dans la composition de nombreux composés organiques. Le grou-
pement d’atomes auquel il est lié forme un groupe fonctionnel, détermine sa
classe et a un effet sur les propriétés chimiques de la molécule. On a rassemblé
dans le tableau 8 quelques-unes des classes de composés comprenant de l’oxygène.

TABLEAU 8 Quelques composés organiques contenant de l’oxygène


Groupes Formules
Classes Exemples
fonctionnels générales
alcool Éthanol (CH3CH2OH)
C OH R OH Propan-2-ol ou alcool isopropylique, ou
alcool à friction (CH3CHOHCH3)
Éthane-1,2-diol ou éthylèneglycol
(HOCH2CH2OH)

éther Éthoxyéthane ou diéthyléther, ou


C O C R O R éther (C2H5OC2H5)

O O aldéhyde Éthanal ou acétaldéhyde (CH3CHO)

C OH R C H

O O cétone Propanone ou acétone (CH3COCH3)

C R R C R

O O acide Acide éthanoïque ou acide acétique


carboxylique (CH3COOH)
C OH R C OH Acide éthanedioïque ou oxalique
(HOOCCOOH)

O O ester Éthanoate de méthyle ou


acétate de méthyle (CH3COOCH3)
C OR R C OR

O O amide Éthanamide ou acétamide (CH3CONH2)

C NH2 R C NH2

Les propriétés de ces substances sont étudiées dans le troisième cours de


chimie de niveau collégial, Chimie organique.

8.3 Les composés du soufre


La molécule du sulfure d’hydrogène (H2S), tout comme celle de l’eau, a la forme
d’un coude. Dans les conditions ordinaires, H2S est gazeux (tfus  - 85,6 °C,
téb  - 60,3 °C), tandis que l’eau est liquide, les forces intermoléculaires dans H2S
étant faibles en comparaison des liaisons hydrogène de l’eau (voir la section 8.2,
page 267 ). La toxicité élevée du sulfure d’hydrogène est comparable à celle du
cyanure d’hydrogène, mais son odeur écœurante d’œufs pourris permet fort
heureusement de le détecter même à des concentrations aussi faibles que
0,03 mg/m3 d’air. On doit cependant être vigilant en présence de ce gaz, car, à
des concentrations de 800 à 900 mg/m3, son inhalation pendant une dizaine de
minutes est fatale chez la plupart des individus.
On trouve souvent le soufre à l’état de sulfures métalliques, car ceux-ci sont
insolubles dans l’eau, à l’exception des sulfures alcalins. L’extraction des métaux
à partir de leurs minerais sulfurés commence par une opération de grillage qui

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32 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

consiste à transformer le composé sulfuré en oxyde ou parfois en métal par


chauffage en présence d’air.
a) 2 ZnS (s)  3 O2 (g) 2 ZnO (s)  2 SO2 (g)
b) HgS (s)  O2 (g) Hg (l)  SO2 (g)
c) 2 PbS (s)  3 O2 (g) 2 PbO (s)  2 SO2 (g) On interrompt l’apport
d’air et on continue à chauffer. 2 PbO (s)  PbS (s) 3 Pb (s)  SO2 (g)

H2S SO2 SO3 H2SO4


Modèles moléculaires de quelques composés courants du soufre

Le dioxyde de soufre (SO2) produit à l’échelle industrielle est issu de deux


sources principales : la combustion directe du soufre et le sous-produit du grillage
des minerais métalliques. La combustion du charbon et du mazout contenant
du soufre sous diverses formes pose de graves problèmes de pollution atmosphé-
rique. On estime en effet que l’activité humaine libère annuellement environ
200 millions de tonnes de SO2 dans l’atmosphère, soit plus de la moitié des
émanations naturelles totales de soufre. Ce gaz incolore et toxique a une odeur
piquante caractéristique. Il est très soluble dans l’eau. Il sert essentiellement à
la fabrication du trioxyde de soufre (SO3), un gaz que l’on n’isole presque jamais
parce qu’on le convertit directement en acide sulfurique (Voir l’encadré Perspec-
tives : L’acide sulfurique, le baromètre de l’industrie).

9 LE CHLORE
Le chlore est le plus abondant des halogènes. Il est présent à l’état naturel sous
forme d’ions chlorure dans l’eau de mer, dans des mines et dans les saumures.
Le chlore élémentaire est extrait de ces sources en grande quantité : il figure
parmi les dix plus importants composés chimiques industriels. On l’utilise surtout
en chimie organique et comme agent de blanchiment ou comme désinfectant.

9.1 La préparation du chlore


Le chlore a été découvert en 1774 par le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele
(1742-1786) lorsqu’il a fait réagir de l’acide chlorhydrique, appelé à l’époque
l’« esprit de sel », avec un agent oxydant en milieu acide (figure 19). Il n’a
cependant été reconnu comme élément qu’en 1818.
Industriellement, la majeure partie du chlore est obtenue par électrolyse
d’une saumure, solution aqueuse concentrée de chlorure de sodium. L’autre
produit de l’électrolyse, NaOH, est lui aussi un produit industriel important.
La production mondiale annuelle de chlore se situe à 45 millions de tonnes
environ. Le Canada en a produit 1,12 million en 1996, les États-Unis, 12,6 Mt, le
Japon, 3,5 Mt, et l’Allemagne, 3,1 Mt.
Figure 19 La préparation du chlore
en laboratoire. En laboratoire, on
peut préparer du chlore par oxydation
des ions chlorure par un agent
9.2 Les composés du chlore
oxydant puissant [sur la photographie,
oxydation de NaCl par le dichromate
Le chlorure d’hydrogène
de potassium (K2Cr2O7) dans l’acide L’acide chlorhydrique, solution aqueuse de chlorure d’hydrogène, figure parmi
sulfurique]. Charles D. Winters les produits industriels utilisés en grande quantité (production en 1996 : États-Unis,

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9 Le chlore 33

L’acide sulfurique, • il peut être transporté dans des année). Les États-Unis viennent en
le baromètre de l’industrie citernes d’acier ; tête des pays producteurs, 48 Mt en
• il réagit avec beaucoup de com- 1996, suivis de la Chine, 18,7 Mt, de
L’acide sulfurique chimiquement posés organiques pour donner la Russie, 10 Mt, du Japon, 6,9 Mt,
pur dont la formule est H2SO4 des produits utilitaires d’usage et du Canada, 4,3 Mt. Son impor-
n’est pas un produit courant. On courant. tance est telle que les économistes
le trouve plutôt dans l’industrie Les préparations industrielles s’en servent parfois pour mesurer la
sous forme de mélanges contenant d’acide sulfurique impliquent force de l’économie d’une nation
plus ou moins d’eau. La solution toutes l’oxydation de SO2 par l’oxy- ou pour évaluer la conjoncture
la plus concentrée renferme 98 % gène, en présence d’un catalyseur. industrielle globale.
d’acide : liquide incolore, siru- Au Canada, en 1997, un peu
2 SO2 (g)  O2 (g) 2 SO3 (g) moins de la moitié de l’acide sul-
peux, de masse volumique voisine
de 1,84 g/mL, il bout à 340 °C Le trioxyde de soufre est ensuite furique consommé a servi à la pro-
environ. Ses propriétés, remar- absorbé par l’eau. duction d’engrais et de produits
quables à plusieurs points de vue, chimiques d’usage agricole, dont
SO3 (g)  H2O (l) H2SO4 (aq) les « superphosphates » obtenus par
expliquent son utilisation dans une
vaste gamme de domaines : L’acide sulfurique est le composé traitement à l’acide sulfurique de
• son coût de production est moins produit en plus grande quantité minerais phosphatés.
élevé que celui des autres acides dans la plupart des pays industria- Ca10F2(PO4)6 (s)  7 H2SO4 (aq)  3 H2O (l)
courants; lisés (production mondiale de l’or- 3 Ca(H2PO4)2H2O (s)  7 CaSO4 (s)
• c’est un acide fort ; dre de 150 millions de tonnes par  2 HF (g)

3,9 Mt ; Allemagne, 1,0 Mt ; Japon, 725 000 t). Environ 90 % de sa production


est obtenue comme sous-produit ou coproduit d’une réaction dont il n’est pas
le composé principal recherché :
• chloration des alcanes : CH4  n Cl2 CH4  nCln  n HCl ;
• chloration des composés aromatiques : C6H6  Cl2 C6H5Cl  HCl ;
• fabrication du sulfate de potassium, ou de sodium, par action de H2SO4 sur
KCl, ou NaCl : 2 KCl (s)  H2SO4 (l) K2SO4 (s)  2 HCl (g). Cette réac-
tion est aussi utilisée pour préparer HCl en laboratoire ;
• préparation des silicones : (CH3)2SiCl2  2 H2O (CH3)2Si(OH)2  2 HCl
Le chlorure d’hydrogène est un gaz incolore, d’odeur piquante, très soluble
dans l’eau.
La majeure partie de l’acide chlorhydrique est utilisée pour éliminer les couches
d’oxyde de l’acier et d’autres métaux (opération de décapage),
ZnO (s)  2 HCl (g) ZnCl2 (s)  H2O (g)
pour la préparation des chlorures métalliques
Mg (s)  2 HCl (g) MgCl2 (s)  H2 (g)
et pour toute une série de neutralisations de solutions basiques.

Les oxacides
Les oxacides du chlore vont de HClO, état d’oxydation de Cl de +1, à HClO4,
état d’oxydation de Cl de +7. Tous sont des oxydants puissants.

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34 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Le chlore et la chimie verte découvert que le DDT compro- et les taux d’éclosion des œufs sont
mettait la survie de nombreuses revenus à la normale. Depuis son
Le chlore est au point de départ espèces d’oiseaux. Par exemple, au interdiction, la population des fous
de la fabrication de plus de cours des années 1960-1970, ce de Bassan s’est stabilisée.
10 000 composés chlorés impor- produit fut utilisé pour enrayer Dans l’environnement, d’autres
tants pour notre monde moderne. l’infestation des épinettes par la tor- problèmes proviennent de la forma-
Ses composés sont présents dans deuse des bourgeons qui décimait tion de produits chlorés toxiques.
de nombreuses branches de les forêts de la Gaspésie et du Par exemple, le chlore utilisé dans
l’activité économique : industries Nouveau-Brunswick. Entre 1969 et le blanchiment de la pâte à papier
pharmaceutique, des matières 1976, on constata que la popula- devient un problème, car l’excès
plastiques, des pâtes et papiers, tion des fous de Bassan de l’île qui n’a pas réagi se retrouve en
sans oublier la purification de Bonaventure, à l’embouchure du partie dans les eaux de rejet, où
l’eau sur une vaste échelle. Des fleuve Saint-Laurent, avait chuté de il peut se combiner avec d’autres
substances chlorées sont aussi 20 500 couples à 16 400. On a pu produits présents naturellement en
utilisées comme pesticides. Le démontrer que le DDT en était donnant des substances toxiques.
dichlorodiphényltrichloroéthane, une des causes et comment il a pu La reconnaissance de l’impact
plus connu sous le nom de DDT, affecter ces oiseaux. À cet endroit, de la toxicité de certains composés
a été utilisé en grande quantité l’eau du fleuve recevait les eaux de chlorés sur l’environnement a
dans la lutte contre les moustiques ruissellement chargées de DDT poussé les chimistes et l’industrie
responsables de la propagation de des forêts avoisinantes ; aussi, les vers la recherche de procédés et
la malaria. Il était si efficace que poissons l’ont ingéré et sa concen- de produits utilitaires moins dom-
l’Organisation mondiale de la santé tration a augmenté dans leur orga- mageables, ce que l’on appelle la
(OMS) considérait autrefois qu’une nisme. Les fous de Bassan se nour- chimie verte. Le moins de rejets
pénurie de DDT pouvait menacer rissant de ces poissons ont été possible dans l’atmosphère et dans
la santé publique. contaminés à leur tour par le DDT les eaux, un traitement adéquat des
qui fragilisait la coquille de leurs résidus, des synthèses plus effi-
œufs en diminuant leur épaisseur. caces, des produits moins toxiques,
Cette action se traduisait en défi- etc., font maintenant partie des
nitive par une diminution du taux préoccupations professionnelles
d’éclosion. Depuis l’interdiction véhiculées par cette chimie verte.
du DDT, l’épaisseur des coquilles

La plupart des composés chlorés


sont très stables. Bien que cette pro-
priété soit appréciée dans certaines
circonstances, elle peut devenir un
inconvénient majeur d’un autre
point de vue. En effet, ils peuvent
persister très longtemps dans l’en-
vironnement et s’accumuler dans
les organismes des animaux, à des
concentrations de plus en plus
élevées tout le long de la chaîne
alimentaire. Les biologistes ont © Pascal Quittemelle /Megapresse

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9 Le chlore 35

L’acide hypochloreux (HClO) se forme lorsque le chlore se dissout dans l’eau.

Cl2 (g)  2 H2O (l) HClO (aq)  H3O (aq)  Cl– (aq)

Dans cette réaction, la moitié du chlore est oxydé en ions hypochlorite et


l’autre moitié est réduite en ions chlorure : on parle d’une réaction de dismutation.
La dissolution du chlore dans une solution basique donne des ions ClO– (aq)
et Cl– (aq).

Cl2 (g)  2 OH– (aq) ClO– (aq)  H2O (l)  Cl– (aq)

Lorsque la base utilisée est de l’hydroxyde de sodium, la solution résultante


est de l’eau de Javel, un agent désinfectant et de blanchiment bien connu. Le
remplacement de l’hydroxyde de sodium par l’hydroxyde de calcium donne de
l’hypochlorite de calcium que l’on peut isoler à l’état solide (Ca(ClO)2). Ce ▲ La tête des allumettes, qui
s’enflamment par simple
produit, appelé à tort le « chlore », est utilisé pour désinfecter l’eau des piscines.
frottement sur toute surface plus
Le chauffage d’une solution basique contenant des ions hypochlorite se traduit ou moins rugueuse, contient
par une autre réaction de dismutation : de +1 dans ClO–, l’état d’oxydation du entre autres ingrédients P4S3
chlore passe à +5 dans l’ion chlorate ClO3– et à - 1 dans l’ion chlorure. et un agent oxydant, KClO3.
Les allumettes de sûreté, dites
3 ClO– (aq) ClO3– (aq)  2 Cl– (aq) aussi suédoises, dont l’extrémité
contient du soufre (de 3 à 5 %)
Les chlorates de potassium et de sodium sont préparés en grande quantité et du chlorate de potassium
par cette réaction. Ce sel de sodium peut être réduit en ClO2, le dioxyde de (de 45 à 55 %), ne s’enflamment
chlore, un composé utilisé comme agent de blanchiment des farines, des graisses, que par friction sur le frottoir
des huiles, des textiles et des pâtes à papier. Le chlorate de potassium est un des de la pochette ou de la boîte,
qui contient du phosphore rouge.
oxydants largement utilisés dans la propulsion des pièces pyrotechniques (feux
Charles D. Winters
d’artifice) ; il entre aussi dans la fabrication des allumettes de sûreté.
Les perchlorates sont des oxydants très puissants. L’acide perchlorique pur
(HClO4) est un liquide qui peut exploser sous l’effet d’un choc. Dans des réac-
tions généralement explosives, il oxyde la plupart des produits organiques. Ses
solutions aqueuses diluées sont cependant stables et leur manipulation pose peu
de problèmes.
Les perchlorates de la plupart des métaux sont habituellement stables, mais
leur comportement est assez imprévisible. Aussi, doit-on les manipuler avec pré-
caution. Le perchlorate d’ammonium, par exemple, s’enflamme au-dessus de
200 °C en produisant une grande quantité de gaz.

t
200 °C
2 NH4ClO4 (s) N2 (g)  Cl2 (g)  2 O2 (g)  4 H2O (g)

Cette propriété est mise à profit dans les fusées d’appoint de la navette spatiale
américaine. Celles-ci sont propulsées par un mélange à l’état solide de perchlo-
rate d’ammonium qui agit comme oxydant et d’aluminium en poudre, l’agent
réducteur. Chaque lancement de la navette nécessite à peu près 750 tonnes de
ce sel : sa fabrication accapare plus de la moitié de la production de perchlorate ▲ Les fusées d’appoint de
de sodium, une de ses matières premières. Il est issu d’une réaction d’échange la navette spatiale américaine
entre le perchlorate de sodium et le chlorure d’ammonium, le perchlorate sont propulsées par un mélange
d’ammonium étant moins soluble que le perchlorate de sodium. solide de perchlorate
d’ammonium et de poudre
NaClO4 (aq)  NH4Cl (aq) NaCl (aq)  NH4ClO4 (s) d’aluminium.

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36 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

(À SAUVEgarder)
DESCRIPTION DES ÉLÉMENTS

État
Structures téb (°C)
Groupes Formules Catégories d’oxydation tfus (°C) État à TPN
électroniques normal
maximal
H 1A 1s H2 non-métal +1 - 259,14 - 252,87 gazeux
1
Na 1A [Ne]3s Na métal +1 97,72 883 solide
1
K 1A [Ar]4s K métal +1 63,38 759 solide
2
Ca 2A [Ar]4s Ca métal +2 842 1484 solide
Mg 2A [Ne]3s2 Mg métal +2 650 1090 solide
2 1
Al 3A [Ne]3s 3p Al métal +3 660,32 2519 solide
Si 4A [Ne]3s23p2 Si métalloïde +4 1414 2900 solide
N 5A [He]3s 3p2 3
N2 non-métal +5 - 210,1 - 195,79 gazeux
2 3
P 5A [Ne]3s 3p P4 non-métal +5 44,2 277 solide
O 6A [He]3s23p4 O2 non-métal 0* - 218,3 - 182,9 gazeux
S 6A [Ne]3s23p4 S8 non-métal +6 115,21 444,72 solide
Cl 7A [Ne]3s 3p2 5
Cl2 non-métal +7 - 101,5 - 34,04 gazeux
* Les fluorures d’oxygène sont des exceptions.

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À sauvegarder 37

PRÉPARATIONS

H2 Reformage catalytique à la vapeur d’eau.


CH4 (g)  H2O (g) 3 H2 (g)  CO (g)
H2O (g)  CO (g) H2 (g)  CO2 (g)
Na Électrolyse du chlorure de sodium fondu (procédé Downs).
2 NaCl (l) 2 Na (l)  Cl2 (g)
K Réduction du chlorure de potassium fondu à l’aide de vapeur de sodium dans une atmosphère d’azote
à environ 850 °C.
Na (g)  KCl (l) K (g)  NaCl (l)
Mg Extraction du magnésium à partir de l’eau de mer.
Mg2 (aq)  Ca(OH)2 (s) Mg(OH)2 (s)  Ca2 (aq)
Mg(OH)2 (s)  2 HCl (aq) MgCl2 (aq)  2 H2O (l)
Électrolyse de MgCl2 : MgCl2 (l) Mg (l)  Cl2 (g)
Al Électrolyse de l’oxyde d’aluminium dissous dans un bain de cryolithe (Na3AlF6) à l’état fondu (t  980 °C).
2 Al2O3 (l) 4 Al (l)  3 O2 (g)
Si Chauffage jusqu’à 3000 °C dans des fours électriques de sable quartzeux (SiO2) en présence de coke purifié.
SiO2 (s)  2 C Si (l)  2 CO (g)
N2 Distillation fractionnée de l’air liquide.
P4 Chauffage, dans un four électrique à une température voisine de 1400 °C, des phosphates métalliques
avec du coke et du gravier.
2 Ca3(PO4)2 (s)  10 C (s)  6 SiO2 (s) P4 (g)  6 CaSiO3 (s)  10 CO (g)
O2 Distillation fractionnée de l’air liquide.
S8 Extraction des gisements souterrains par le procédé Frasch.
Désulfuration du gaz naturel, des produits dérivés du pétrole.
Traitement des minerais métalliques à base de sulfures.
Cl2 Électrolyse d’une saumure, solution aqueuse concentrée de chlorure de sodium.
2 NaCl (aq) 2 Na (Hg)  Cl2 (g) ou
2 Cl– (aq)  2 H2O (l) Cl2 (g)  2 OH– (aq)  H2 (g)

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38 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Revue des concepts importants c) L’iodure d’hydrogène de la première étape est


décomposé par la chaleur en hydrogène et en iode.
1. Nommez au moins trois types de renseignements pou-
Écrivez une équation équilibrée pour chacune de ces
vant être obtenus à l’aide du tableau périodique.
trois étapes de manière à ce que leur somme repré-
2. Déterminez pour chacun des acides suivants : acide sente la décomposition de l’eau en ses éléments.
nitrique, acide sulfurique, acide bromhydrique, acide
perchlorique, acide carbonique : 12. Suggérez une expérience permettant d’identifier le
a) leur formule ; gaz, hydrogène, azote ou oxygène, contenu dans un
b) l’état d’oxydation de leur atome central. Quel lien ballon fermé.
y a-t-il entre ces nombres d’oxydation et le numéro
de groupe de l’élément ?
Les métaux alcalins
13. Équilibrez les équations de la réaction du sodium avec
3. Équilibrez l’équation de formation de deux oxydes
les quatre premiers halogènes. Trouvez au moins deux
basiques de votre choix à partir de leurs éléments.
propriétés physiques communes à tous les halogénures
Démontrez le caractère basique de ces oxydes en
d’alcalins.
équilibrant l’équation de leur réaction avec l’eau.
4. Équilibrez l’équation de formation de deux oxydes 14. Équilibrez les équations des réactions du lithium, du
acides de votre choix à partir de leurs éléments. sodium et du potassium avec O2. Associez à chacun des
Démontrez le caractère acide de ces oxydes en équi- produits les termes oxyde, peroxyde et superoxyde.
librant l’équation de leur réaction avec l’eau. 15. Un morceau de sodium s’enflamme au laboratoire.
5. Quelle est la configuration électronique générale des Pourquoi ne devez-vous pas essayer de l’éteindre avec
éléments du groupe 4A ? Faites le lien avec les for- de l’eau ?
mules de quelques composés de ces éléments.
6. Équilibrez l’équation de la réaction entre le sodium et
Les métaux alcalino-terreux
le chlore. La réaction est-elle exothermique ou endo- 16. Le magnésium forme un oxyde et un nitrure lorsqu’il
thermique ? Le produit est-il ionique ou moléculaire ? brûle dans l’air. Équilibrez les équations de ces deux
Prévoyez sa couleur, son état (s, l ou g) et sa solubilité réactions.
dans l’eau. 17. Lorsque le calcium réagit avec l’hydrogène à haute
7. Équilibrez l’équation de la réaction d’un métal alcalino- température, il forme un hydrure. Celui-ci, réagissant
terreux (Mg) avec l’oxygène. La réaction est-elle exo- spontanément avec l’eau, est un excellent agent dessé-
thermique ou endothermique ? Le produit est-il ionique chant pour les solvants organiques.
ou moléculaire ? Prévoyez sa couleur, son état (s, l ou a) Équilibrez l’équation de formation de l’hydrure de
g) et sa solubilité dans l’eau. calcium.
8. Complétez et équilibrez les équations suivantes. b) Équilibrez l’équation de la réaction de l’hydrure de
a) Na (s)  Br2 (l) → calcium avec l’eau.
b) Mg (s)  O2 (g) → 18. Que signifie l’expression « eau dure » ? Quelle en est
c) Al (s)  F2 (g) → la cause et quels sont les problèmes qui lui sont
d) C (s)  O2 (g) (en excès) → associés ?
e) Al (s)  S8 (s) →
f) Si (s)  Cl2 (g) → L’aluminium
19. Équilibrez les équations des réactions de l’aluminium
avec HCl (aq), Cl2 et O2.
Exercices
20. Équilibrez l’équation de la réaction de Al avec H2O (l)
L’hydrogène qui produit H2 et Al2O3. Pourquoi un morceau d’alu-
9. Équilibrez les équations de réaction entre l’hydrogène minium n’est-il pas affecté totalement par l’eau ?
et l’oxygène, le chlore et l’azote.
21. Commercialement, le sulfate d’aluminium est le troi-
10. Équilibrez l’équation de la réaction du potassium avec sième plus important composé d’aluminium après son
l’hydrogène. Nommez le produit formé. Est-il ionique oxyde et son hydroxyde. Équilibrez l’équation de sa
ou covalent ? Prévoyez une propriété physique et une réaction de formation à partir de l’oxyde d’aluminium
propriété chimique de ce composé. et de l’acide sulfurique. Calculez la masse (kg) requise
11. Voici une méthode de préparation de l’hydrogène, et de chaque réactif pour produire 1,00 kg de sulfate
de l’oxygène, à partir de l’eau. d’aluminium.
a) De l’acide sulfurique et de l’iodure d’hydrogène
sont formés à partir de dioxyde de soufre, d’eau et Le silicium
d’iode. 22. Décrivez les structures de SiO2 et de CO2. Pourquoi
b) Cet acide sulfurique est décomposé par la chaleur SiO2 a-t-il un point de fusion élevé, alors que CO2 est
en eau, en dioxyde de soufre et en oxygène. gazeux dans les conditions ambiantes ?

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Exercices 39

23. Décrivez la structure des pyroxènes (voir la section 6.3) et b) Les produits obtenus sont-ils ioniques ou covalents ?
déterminez le rapport entre le nombre d’atomes de c) Dessinez la structure de Lewis et déterminez la géo-
silicium et le nombre d’atomes d’oxygène. métrie des paires d’électrons ainsi que la forme des
produits obtenus des réactions du silicium et du phos-
L’azote et le phosphore phore avec le chlore.
24. L’hydrazine est surtout utilisée dans les chaudières des 32. Considérez les éléments du groupe 4A, du carbone
usines de production d’électricité. jusqu’au plomb.
a) L’hydrazine réagit avec l’oxygène dissous dans l’eau a) Équilibrez l’équation de la réaction de chacun de
pour donner de l’azote et de l’eau. Équilibrez cette ces éléments avec le chlore.
équation. b) Les produits obtenus sont-ils ioniques ou covalents ?
b) La quantité maximale d’oxygène pouvant être dis- (Les réactions de certains de ces éléments n’ont pas été vues
sous dans 100 mL d’eau, à 20 °C, est de 3,08 mL dans le manuel, mais vous détenez suffisamment d’infor-
(gaz à TPN). Calculez la masse d’hydrazine néces- mations pour prévoir les produits.)
saire pour consommer tout l’oxygène dissous dans
33. a) Dessinez la structure de Lewis de l’acide borique
3,00  104 L d’eau.
(B(OH)3).
25. Contrairement au carbone, qui peut former de longues b) Déterminez l’hybridation de l’atome de bore.
chaînes d’atomes, l’azote n’en forme que de très c) À l’état solide, les molécules d’acide sont liées entre
courtes. Dessinez la structure de Lewis de l’ion azoture elles au moyen de liaisons hydrogène. Schématisez
(N3–). ces interactions à l’aide de deux molécules.
26. Équilibrez l’équation de la réaction permettant de 34. La structure de l’acide nitrique est illustrée ci-dessous.
former CaHPO4, utilisé comme abrasif dans les denti-
frices, à partir d’un acide et d’un oxyde de votre choix. O
H
Le soufre O N
2–
27. En plus des ions sulfure (S ), il existe aussi des ions O
polysulfure (Sn2–) formés de chaînes d’atomes. Dessi- a) Pourquoi les deux liaisons N O sont-elles de la
nez la structure de Lewis de l’ion S22–, que l’on trouve même longueur et pourquoi sont-elles plus courtes
en particulier dans la pyrite. que la liaison N OH ?
28. Le soufre forme une série de composés avec le fluor. b) Justifiez la forme de cette molécule.
Dessinez les structures de Lewis de S2F2 (séquence c) Précisez le type d’hybridation de l’atome d’azote.
FSSF), SF2, SF4, SF6 et S2F10. Déterminez l’état d’oxy- Indiquez les orbitales qui se recouvrent pour former
dation du soufre dans chacun de ces composés. la liaison  N O.
35. Comme bien des métaux, l’aluminium réagit avec les
Questions de révision halogènes. Le bromure d’aluminium à l’état solide et
Ces questions peuvent combiner plusieurs des concepts vus précédem-
à l’état gazeux possède la structure illustrée ci-dessous.
ment.
Le dimère est formé de deux unités AlBr3, deux
29. Pour chacun des éléments de la troisième période : atomes de brome servant de pont entre les atomes
a) donnez sa catégorie d’appartenance (métal, métal- d’aluminium. Les angles Br-Al-Br et Al-Br-Al valent
loïde ou non-métal) ; respectivement 115° et 87°.
b) donnez sa couleur ;
c) déterminez son état physique dans les conditions
standards.
30. Pour chacun des éléments de la deuxième période,
a) donnez sa catégorie d’appartenance, métal, métal-
loïde ou non-métal ;
b) donnez sa couleur ;
c) déterminez son état physique dans les conditions a) Déterminez l’hybridation des atomes d’aluminium
standards. du dimère.
31. Considérez les éléments sodium, magnésium, alumi- b) Dessinez la structure de Lewis du monomère AlBr3.
nium, silicium, phosphore et soufre. c) Comment un atome de brome peut-il former un
a) Équilibrez l’équation de la réaction de chacun de pont entre deux atomes d’aluminium ? Décrivez en
ces éléments avec le chlore. détail les liaisons dans le dimère.

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40 Réponses aux exercices internes du chapitre

Réponses aux exercices internes du chapitre


1. a) 2 Na (s)  Br2 (l) 2 NaBr (s) d) C3H7 : aucune structure de Lewis ne renferme un octet
b) Ca (s)  Se (s) CaSe (s) d’électrons, nombre impair d’électrons périphériques.
c) 4 K (s)  O2 (g) 2 K2O (s)
5. CH4 (g)  H2O (g) CO (g)  3 H2 (g)
d) 2 Al (s)  3 Cl2 (g) 2 AlCl3 (s)
Bris de quatre liens C H
2. a) H2Te c) SeCl6 4 mol  413 kJ/mol  1652 kJ
b) Na3AsO4 d) HBrO4 Bris de deux liens O H
2 mol  463 kJ/mol  1926 kJ
3. a) NH4 
c) N2H4 ∑D (liaisons rompues)  2578 kJ
b) O22– d) NF3
Formation d’un lien C O
4. a) ClO : nombre impair d’électrons périphériques et état 1 mol  1046 kJ/mol  1046 kJ
d’oxydation de Cl  +2 peu probable. Formation de trois liens H H
b) Na2Cl : Cl aurait une charge de - 2. 3 mol  1436 kJ/mol  1308 kJ
c) CH3COOCa : Ca ou CH3COO2–. Dans ses composés, ∑D (liaisons formées)  2354 kJ
Ca se présente toujours sous Ca2 ; la charge de l’ion H 0  ∑D (liaisons rompues)  ∑D (liaisons formées)
acétate (acide acétique qui a perdu H) est de - 1.  2578 kJ  2354 kJ  224 kJ.

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Réponses aux exercices de fin de chapitre 41

Réponses aux exercices de fin de chapitre


1. Le nom, le numéro atomique, le symbole, la masse 11. a) 2 SO2 (g)  4 H2O (l)  2 I2 (s)
atomique et la nature (métal, métalloïde ou non- 2 H2SO4 (l)  4 HI (g)
métal) d’un élément. b) 2 H2SO4 (l) 2 H2O (l)  2 SO2 (g)  O2 (g)
La position d’un élément dans le tableau périodique c) 4 HI (g) 2 H2 (g) + 2 I2 (g)
renseigne sur sa réactivité et sur les types de composés
qu’il peut former. 2 H2O (l) 2 H2 (g)  O2 (g)

2. États Numéros 12. Insérez un tison dans le ballon. Dans l’hydrogène, le


Acides Formules tison se consume, dans l’oxygène, il s’enflamme et il
d’oxydation de groupes
s’éteint dans l’azote.
acide nitrique HNO3 +5 5A
acide sulfurique H2SO4 +6 6A 13. 2 Na (s)  F2 (g) 2 NaF (s)
acide
2 Na (s)  Cl2 (g) 2 NaCl (s)
bromhydrique HBr -1 7A ( 8  1)
acide 2 Na (s)  Br2 (l) 2 NaBr (s)
perchlorique HClO4 +7 7A 2 Na (s)  I2 (s) 2 NaI (s)
acide Les halogénures de métal alcalin sont des solides
carbonique H2CO3 +4 4A cristallins blancs. Ils possèdent des points de fusion et
d’ébullition élevés, et sont solubles dans l’eau.
3. 4 Li (s)  O2 (g) 2 Li2O (s)
14. 4 Li (s)  O2 (g) 2 Li2O (s)
Li2O (s)  H2O (l) 2 LiOH (aq) Oxyde de lithium
2 Ca (s)  O2 (g) 2 CaO (s) 2 Na (s)  O2 (g) Na2O2 (s)
CaO (s)  H2O (l) Ca(OH)2 (aq) Peroxyde de sodium
K (s)  O2 (g) KO2 (s)
4. 2 S (s)  3 O2 (g) 2 SO3 (g)
Superoxyde de potassium
SO3 (g)  H2O (l) H2SO4 (aq)
N2 (g)  2 O2 (g) 2 NO2 (g) 15. Le sodium réagit vivement avec l’eau pour donner de
l’hydrogène, un gaz inflammable.
2 NO2 (g)  H2O (l) HNO3 (aq)  HNO2 (aq)
16. 2 Mg (s)  O2 (g) 2 MgO (s)
5. [gaz rare]ns 2np 2. CH4, SiO2.
Les éléments du groupe 4A partagent quatre électrons 3 Mg (s)  N2 (g) Mg3N2 (s)
avec d’autres éléments pour atteindre la configuration
17. a) Ca (s)  H2 (g) CaH2 (s)
électronique des gaz rares.
b) CaH2 (s)  2 H2O (l) Ca(OH)2 (s)  2 H2 (g)
6. 2 Na (s)  Cl2 (g) 2 NaCl (s) ; exothermique.
NaCl est un solide ionique blanc soluble dans l’eau. 18. L’« eau dure » contient des ions en solution, plus par-
ticulièrement Ca2 et Mg2. Ces ions proviennent sur-
7. 2 Mg (s)  O2 (g) 2 MgO (s) ; exothermique. tout de la réaction du dioxyde de carbone dissous avec
MgO est un solide ionique blanc insoluble dans l’eau. les pierres calcaires (carbonates).
Les ions de l’eau dure réagissent avec le savon pour
8. a) 2 Na (s)  Br2 (l) 2 NaBr (s) former une écume insoluble, diminuant ainsi la for-
b) 2 Mg (s)  O2 (g) 2 MgO (s) mation de mousse.
c) 2 Al (s)  3 F2 (g) 2 AlF3 (s) L’eau dure produit des dépôts calcaires dans les
chauffe-eau.
d) C (s)  O2 (g) (en excès) CO2 (g)
e) 16 Al (s)  3 S8 (s) 8 Al2S3 (s) 19. 2 Al (s)  6 HCl (aq)
f) Si (s)  2 Cl2 (g) SiCl4 (l) 2 Al3 (aq)  6 Cl– (aq)  3 H2 (g)
2 Al (s)  3 Cl2 (g) 2 AlCl3 (s)
9. 2 H2 (g)  O2 (g) 2 H2O (g)
4 Al (s)  3 O2 (g) 2 Al2O3 (s)
H2 (g)  Cl2 (g) 2 HCl (g)
3 H2 (g)  N2 (g) 2 NH3 (g) 20. 2 Al (s)  3 H2O (l) 3 H2 (g)  Al2O3 (s)
La résistance de l’aluminium à la corrosion est due à
10. 2 K (s)  H2 (g) 2 KH (s) la formation superficielle d’une couche mince de
L’hydrure de potassium, KH, un solide ionique, a un Al2O3 qui empêche une oxydation ultérieure en pro-
point de fusion élevé et réagit fortement avec l’eau. fondeur.

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42 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

21. Al2O3 (s)  3 H2SO4 (aq) 29. Éléments a) b) c)


Al2(SO4)3 (aq)  3 H2O (l) Na, Mg, Al métal argenté solide
Masse requise de Al2O3  0,298 kg. Si métalloïde noir ou solide
Masse requise de H2SO4  0,860 kg. bleu-gris
P non-métal allotropes solide
22. SiO2, un solide covalent, est formé d’un réseau cris- blancs,
tallin dans lequel chaque atome de silicium est lié par rouges et
covalence à quatre atomes d’oxygène, chacun de ceux- noirs
ci étant lié à un autre atome de silicium. La géométrie
autour du silicium est tétraédrique (voir la figure 13 ). S non-métal jaune solide
CO2 est un composé moléculaire, l’atome de carbone Cl non-métal vert pâle gaz
étant lié doublement à chacun des atomes d’oxygène. Ar non-métal incolore gaz
Faire fondre du SiO2 nécessite le bris de liens Si O
très stables, d’où un point de fusion élevé. Par contre, 30. Éléments a) b) c)
les faibles forces intermoléculaires existant entre les
Li, Be métal argenté solide
molécules de CO2 expliquent son état gazeux.
B métalloïde noir solide
23. Les pyroxènes sont constitués d’une longue chaîne de C non-métal gris-noir solide
tétraèdres SiO4.
N non-métal incolore gaz
O non-métal incolore gaz
F non-métal jaune gaz
verdâtre
Ne non-métal incolore gaz

Le rapport Si/O est 1: 3. 31. a) 2 Na (s)  Cl2 (g) 2 NaCl (s)


24. a) N2H4 (aq)  O2 (g) N2 (g)  2 H2O (l) Mg (s)  Cl2 (g) MgCl2 (s)
b) 1,32  10 g 3 2 Al (s)  3 Cl2 (g) 2 AlCl3 (s)
Si (s)  2 Cl2 (g) SiCl4 (l)
  
25. NPNPN NON W N NW NON P4 (s)  10 Cl2 (g) (en excès) 4 PCl5 (s)
S8 (s)  8 Cl2 (g) 8 SCl2 (s)
26. CaO (s)  H3PO4 (aq) CaHPO4 (s)  H2O (l)
b) NaCl et MgCl2 sont ioniques ; les autres produits sont
2 covalents.
27. SOS
c) SiCl4 est tétraédrique ; PCl5 est bipyramidal trigonal.
28. Molécules Structures États d’oxydation Cl Cl
de Lewis du soufre A A Cl
Si Cl P
A

Cl 0 Cl
A

A Cl
0

S2F2 FOSOSOF +1 Cl Cl

SF2 FOSOF +2 32. a) C (s)  2 Cl2 (g) CCl4 (l)


F Si (s)  2 Cl2 (g) SiCl4 (l)
O

F Ge (s)  2 Cl2 (g) GeCl4 (l)


SF4 S +4
F Sn (s)  Cl2 (g) SnCl2 (s)
O0

F Sn (s)  2 Cl2 (g) SnCl4 (l)


F Pb (s)  Cl2 (g) PbCl2 (s)
O

F F b) SnCl2 et PbCl2 sont ioniques ; les autres produits sont


SF6 S +6
F F covalents.
0
O0

F
33. a) H
O O

F F O
O

F F
S2F10 FOOSOOOSOOF +5 B H
O
O
O
O

O O
0

F F
O

F F
H

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Réponses aux exercices de fin de chapitre 43

b) sp2 c) sp 2. L’orbitale 2p vide non hybridée de l’azote,


c) H perpendiculaire au plan de la molécule, se recouvre

O
O latéralement avec des orbitales 2p des deux oxygène
O H O terminaux pour former une liaison  N O dé-

O
O
O O
O B B O localisée.

O
O

O O
O
O
H O H O H
H 35. a) sp 3
b) Br

O
Al

O
34. a) Les deux liaisons N O sont équivalentes parce Br Br
qu’on peut écrire deux formes limites de résonance
pour cette molécule. c) L’atome Br peut agir comme une base de Lewis et
Les deux liens N O ont un indice de liaison 1,5, donner un doublet d’électrons à une orbitale vide
ce qui explique pourquoi ils sont plus courts que la de l’atome Al. Dans le dimère, les quatre liaisons
liaison simple N OH. Al Br terminales proviennent du recouvrement
d’une orbitale hybridée sp3 de l’aluminium par une
b) Selon la théorie RPE, la géométrie des paires d’élec- orbitale 4p du brome, chaque orbitale contenant un
trons ainsi que la forme de l’atome central, N, sont électron. Les liaisons Al Br Al proviennent d’une
trigonales planes. L’oxygène du groupe OH, qui part du recouvrement d’orbitales hybridées sp3 conte-
possède quatre doublets d’électrons, a une géomé- nant chacune un électron et, d’autre part, du recou-
trie tétraédrique. Par contre, deux de ses doublets vrement d’une orbitale remplie hybridée sp 3 du brome
sont liants ce qui lui donne une forme coudée. par une orbitale vide hybridée sp 3 de l’aluminium.

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44 Introduction à la chimie des éléments des groupes représentatifs

Index
A de calcium, 16, 17 rare, 5, 6, 10 d’azote, 7, 27, 28, 29
Acide de l’aluminium, 19, 20 Germanium, 5, 8 de calcium, 11, 17
acétique, 31 de l’azote, 26, 27, 28, 29 groupe représentatif, voir Oxygène, 2, 3, 5, 13, 14, 16, 18, 23,
chlorhydrique, 19, 29, 32, 33 de l’oxygène, 31 Éléments des groupes 28, 29
citrique, 19 de soufre, 31, 32 représentatifs composés de l’, 31
fluorhydrique, 16, 17 ioniques, 6, 7, 10, 14 propriétés et préparation,
hypochloreux, 35 moléculaires, 7, 8, 9, 10 H 29, 30
nitrique, 7, 19, 25, 27, 29 Cycloalcane, 10, 11 Hall, Charles Martin, 19 Ozone, 30
perchlorique, 35 Halogène, 6, 13, 16, 32
phosphorique, 17, 25 Halogénure, 6, 7, 13 P
sulfurique, 3, 16, 17, 30, 33 D Hélium, 4, 5 Palladium, 10
Alcane, 10, 11 DDT, voir Héroult, Paul, 19, 20 Perchlorate, 35
Alcène, 10, 11 Dichlorodiphényltrichloroéthane Hydrocarbure, 10, 11, 12 d’ammonium, 35
Alcyne, 10, 11 (DDT) Hydrogène, 4, 5, 14, 16, 25, 27 de sodium, 35
Allotrope, 4, 30 Deutérium, 10 préparation, 11, 12 Phosphate, 16
Aluminium, 6, 12, 18, 23 Diamant, 4 propriétés chimiques et Phosphore, 4, 7, 25, 26
composés de l’, 19, 20 Dichlorodiphényltrichloroéthane physiques, 10, 11 propriétés, 25, 26
métallurgie, 19 (DDT), 34 Hydroxyde Platine, 29
Amine, 27 Dioxyde d’aluminium, 19 Plomb, 5, 24
Ammoniac, 7, 15, 25, 27, 29 d’azote, 28 de sodium, 14, 35 Point de fusion, 6
Anion, 6, 14 de carbone, 11, 15, 17, 18, 22 Hydrure Polymère, 24, 25
Anode, 14, 19 de chlore, 35 de calcium, 12 Potassium, 13, 14
Aromatique (composé), 10, 11 de manganèse, 29 interstitiel, 10 Protium, 10
Arsenic, 8 de silicium, 21, 22 ionique, 10 Pyroxènes, 22
Azote, 7, 25, 37 de soufre, 32 métallique, 10
composés de l’, 26, 27, 28, 29 R
propriétés, 25, 26 E I Réaction
Eau, 3, 8, 31 Interstice, 10 d’oxydoréduction, 29
B électrolyse de l’, 10, 29 Iode, 7 de dismutation, 35
Bactérie, 2, 3 Électrolyse, 13, 14, 19, 32, 37 Ion Réduction
Baryum, 18 de l’eau, 10, 29 chlorure, 35 cathodique, 13
Bauxite, 19 Électron périphérique, 5, 28 hydrure, 10 Réseau cristallin, 10
Benzène, 11 Éléments des groupes nitrure, 6 Rhodium, 29
Béryllium, 18 représentatifs, 36, 37 Iridium, 29
Bore, 7 aluminium, 18, 19, 20 Isotope, 10 S
Brandt, Henning, 26 azote et phosphore, 25, 26, 27, Scheele, Carl Wilhelm, 32
Brome, 10 28, 29 M Sélénium, 8
Bromure d’hydrogène, 10 calcium, 15, 16, 17 Magnésium, 4, 12, 15, 16, 21, 37 Silicate, 22, 23, 24
chlore, 32, 33, 34, 35 Mendeleïev, Dmitri Ivanovitch, 5 de sodium, 22
C composés ioniques, 6, 7, 10, 14 Métal, 4, 5, 6, 10, 16 Silice, 21, 22
Calcium, 15, 16 composés moléculaires, 7, 8, 9, 10 alcalin, 13 Silicium, 5, 7, 20
composés du, 16, 17 hydrogène, 10, 11, 12, 14 alcalino-terreux, 15, 18 dioxyde de, 21, 22
Carbonate magnésium, 15, 16 de transition, 10 préparation, 20, 21
de calcium, 11, 15, 16, 17 oxygène et soufre, 29, 30, 31, 32 noble, 29 silicates, 22, 23, 24
de sodium, 15 potassium, 13, 14 Métalloïde, 4, 5, 7 silicones, 24, 25
Carbone, 5, 7 silicium, 20, 21, 22, 23, 24, 25 Méthane, 11, 12 Silicone, 24, 25
Cathode, 14, 19 sodium, 13, 14, 15 Méthanol, 11 Sodium, 4, 13, 14, 15
Cation, 6, 14 Emsley, John, 26 Monoxyde Solide cristallin, 6
Charbon, 12 Étain, 5 d’azote, 28 Soufre, 2, 3, 4, 7, 8, 16, 29
Chaux vive, 17 Éthane, 11 de diazote, 27, 28 composés du, 31, 32
Chlorate Éthanol, 31 propriétés et préparation,
de potassium, 29, 35 Éthène, 11 N 29, 30
de sodium, 35 Éthylène, 11 Naphtalène, 11 Stœchiométrie, 10
Chlore, 4, 7, 8, 14, 20, 32, 34 Non-métal, 4, 5, 7 Sulfure d’hydrogène, 3, 31
composés du, 32, 33, 35 F
préparation, 32 Fluor, 8, 16 O T
Chlorure Fluorite, 16 Or, 29 Tableau périodique, 5, 6
d’aluminium, 37 Fluorure, 16 Orthosilicate, 22 Tétrachlorure de silicium, 20
d’hydrogène, 32, 33 d’aluminium, 19 de calcium, 22 Thiobacillus ferrooxidans (bactérie),
de magnésium, 21 Frasch, Herman, 30 Oxacide, 33, 35 2, 3
de potassium, 13, 37 Fusion, point de, 6 Oxydation, 2, 3 Tritium, 10
de sodium, 13, 14, 15, 32, 37 anodique, 13
Composés G Oxyde X
aromatiques, 10, 11 Gaz, 10 d’aluminium, 18, 19, 20, 37 Xénon, 5

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