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GRAAfAfAIRE . .

POUR LJENSEIGNEMENTo/
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APPRENTISSAGE - U FLE . ,.
0'0:

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-
Genevieve-Dominique·de·SA~INS
Du mérne auteur :
~OMMAIRE
Une Approche ethnographique de la communication, collection LAL, Crédif-
Hatier/Didier, 1988.
Préface . 5
Une Introduction a l'ethnographie de la communication, Didier, 1992.
Avant-propOs . 7

DOSSIER 1 : la .présentation . 11
1. Les présentateurs . 11
2. La focalisation . 15

DOSSIER 2: la personne ~........................................ 19


1. Les pronoms personnels « sujets » du verbe 19
2. Les pronóms personnels de forme tonique................................................ 26
3. Les deux premieres personnes « compléments » du verbe........................ 30
4. Les pronoms de troisierne personne « complérnents » du verbe............... 34

DOSSIER 3 : l'actualisation du nom commun 43


1. Le nom commun et ses actualisateurs 43
2. L'article défini................................................................................................ 44
3. L'article indéfini 47
4. L'article " zéro ".............................................................................................. 49
5. La désignation et la dépendance : le démonstratif et le possessif............ 52
6. La quantification _................................................................................ 60

DOSSIER 4 : l'affírmatíon et la négation 69


1. L'affirmation et la négation absolue............................................ 69
2. L'affirmation et la négation relative............................................................. 74
3. L'affirmation/négation et les indéfinis......................................................... 76
4. L'affirmation et la négation exclusives 81-.

DOSSIER 5 : l'interrogation et la forme interrogative............................... 83


1. L'interrogation totale et l'interrogation partielle 83
2. L'interrogation indirecte et le discours indirect.......................................... 91
« Le photocopillage, c'est I'usage abusif et collectif de la photocopie san s autorisation des auteurs et des édi-
3. La polysémie du verbe « demander » •.•.•.••••••••.•.•.•••••••.••.•••.••••••••.•.••.•••.•••••• 96
teurs.
Largement répandu dans les établissements d'enseignement, le photocopillage menace I'avenir du livre, car
il met en danger son équilibre économique. II prive les auteurs d'une juste rémunération. DOSSIER 6 : la qualification 99
En dehors de I'usage privé du copiste, toute reproduction totale ou partielle de cet ouvrage est inte~dite. »
1. L'opératíon -de qualification 99
2. La détermínaüon du nom par le complément du nOm............................. 100
«La loi du 11 mars í957 n'autorisant, au terme des alinéas 2 et 3 de I'article 41, d'une part, que les copies 3. La détermination du nom par I'adjectif qualificatif 101
ou reproductions strictement réservées a I'usage privé du copiste et non destinées une utilisation collec-
á
4. La -qualífication par un deuxierne nom 116
tive » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, ec toute
représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consenternent de I'auteur ou de ses ayants
5. La détermination par les relatives 120
droit ou ayants cause, est illicite. » (alinéa 1·' de I'article 40) - « Cette représentation ou reproduction, par
quelque procédé que ce soit, constituerait done une contrefacon sanctionnée par les articles 425 et suivants
DOSSIER 7 : la situation dans l'espace 127
du Code pénal. »
1. La localisation dan s l'espace 127
© Les Éditions Didier, Paris, 1996 ISBN 2-278-04567-9 Imprimé en France 2. Quelques verbes de déplacement dans l'espace 135

3
DOSSIER 8 : la situation dans le temps et la vision du proces 141
1. Les indicateurs de temps liés a l'énonciation 141
PRÉFACE
2. Les indicateurs temporels non liés a l'énonciation 146
3. Les autres marqueurs temporels 154
4. Les modes et les temps du verbe 166 on dit en francais que «les grands esprits se rencontrent- lorsque deux idées
5. Les valeurs et emplois des temps de l'indicatif.. · 173 ou formes de pensée émanant chacune d'individus dífférents se sont dévelop-
6. Les valeurs et emplois des autres modes 185 pées paralleIement, indépendamment l'une de l'autre, et viennent a se
7. Le verbe et ses modificateurs 194 rejoindre. Cette express ion signalerait done la trace du hasard, cette «co'inci-
8. Quelques pistes utiles pour l'explication de la morphologie dence de deux logiques ", comme l'a si bien défini Roland Barthes.
des temps et des modes du verbe 199
Évidemment, on peut tout de suite ajouter qu'en matiere de pensée, le hasard
DOSSIER 9 : argumentation et opérations logiques 209 pur n'existe pas. Ces idées, ces formes de pensé e ne sortent jamais du néant.
1. Les opérations logiques et les traces argumentatives 209 Elles circulent dans la société cornme un déja dit qui ne cesse de se redire, bien
2. L'explication cause/conséquence (pourquoí ?) 210 que quelque peu transformé. Et c'est cette succession de transformations qui finit
3. L'explication téléologique (pour quoi faire ?) 219 par créer, a la longue, de nouvelles idées et de nouvelles formes de pensée.
4. L'opposition et la concession 220
5. Les traces argumentatives et les mots du discours 244 Ainsi en est-il de la pensée scientifique et de la pensée éducative : des théorí-
ciens, des méthodologues, des praticiens connaissent de facon détaillée le
DOSSIER 10 : l'actance et les roles actanciels 231 mícro-domaine dans lequel ils travaillent, en ignorent d'autres, mais en me me
1. Une premiere approche sémantique du preces : etre, faire et causer 231 temps, ils sont traversés par le savoir de leur discipline, qui ne cesse de cír-
2. Une seconde approche sémantique du preces : états, actions,
, culer parmi eux. Cela produit du mérne coup un phénornene étrange, celui de
faits ou constats : 235 la propriété et du partage du savoir, qui fait qu'il est toujours difficile de déter-
3. Les róles actanciels : agent, patient, victime, instrument du preces 237 miner a qui appartiennent les idées, qui en est le promoteur, qui le récupéra-
4. La nominalisation : 241 teur, qui le recréateur. Voilá, en tout cas, comment se produisent des filiations,
5. Les verbes factitifs 243 des cornmunautés des pensée, dont il est plus intéressant d'essayer de repérer
les fondements que de déméler l'écheveau de leurs origines.

Références bibliographiques 249 C'est dans cette perspectiveque je placerai cette Grammaire pour l'enseigne-
Glossaire ~ 252 ment/apprentissage du FIE de Genevieve-Dominique de Salins, dans une filia-
tion oú se trouve ma propre Grammaire du sens et de l'expression, filiation qui
Liste des contenus par dossier : 262
se définit essentiellement par trois caractéristiques :
Index alphabétique 265 - un mouvement de pensée qui doit traiter les faits de langue comme le résul-
tat d'intentions de cornmunication. Décrire ces faits de langue exige alors de
partir des notions de sens qui les' originent et de mettre en regard les formes
qui permettent de les exprimer ;
- une méthodologie partículíere qui doit aboutir a catégoriser ces notions
d'une maníere propre, différente de celle que suivent les grarnmaires mor-
pho)ogiques. On peut qualifier ce nouveau genre de grammaire de sérnan-
tlqge;
- un type d'explication qui doit étre adéquat a ce nouveau genre de descrip-
tion car expliquer les phénornenes de sens n'est pas du mérne ordre qu'ex-
pliquer ceux de la forme.

La grarnrnaire de Genevieve-Dominique de Salins répond a ces caractéristiques


et, en cela, on peut dire qu'elle s'inscrit dans cette tentative moderne de faire
, I
aborder l'apprentissage des langues par ce qui en constitue le soubassement
sémantique et done culturel, car la culture, ea n'est jamais que des formes au
service du sens.
4 5
Mais encare fallait-il une qualité supplémentaíre a cette nouvelle organisation AVANT-PROPOS
grammaticale : qu'elle soit accessible aux en~~ignants qui, plongés dans la pra-
tique de l'enseignement, n'ont guere le loisir de suivre l'ensemble de la pro-
duction scientifique de chaque domaine partículier. Cette qualité est ici pré-
sente par le type d'explication qui a été choisi, et le fait que ces explications Cette Grammaire pour l'enseignement/apprentissage du FLE s'adresse aux étudiants
reposent sur des exemples d'erreurs que commettent fréquemment les appre- en formation dans les programmes de didactique du francais langue étrangere.
nants. Cette grammaire [oue bien le róle que lui attribue son auteur, celui de
Elle intéressera égalemenr les enseignants .. novices .. et, pourquoi pas, les ensei-
transition entre grammaires savantes et grammaires appliquées.
gnants plus .. chevro~nés .. qui pourront y confronter leur propre expérience de
Puissent les enseignants en comprendre l'enjeu. l'explication grammaucale.
Patrick CHARAUDEAU
Entre les grammaires savantes d'une part, et les grammaires pour l'apprentissage
d'autre part, il nous a semblé qu'il manquait un chainon, une « grammaire-tran-
sitian .. en quelque sorte :
1. elle préparerait le futur enseignant, en lui proposant des explications termino-
logiques indispensables, a la lecture d'ouvrages de grammaire plus savants ;
2. elle lui offrirait aussi une réflexion sur des questions d'ordre sémantique,
morphologique et syntactique spécífíques a l'enseignement du francaís langue
étrangere;
3. elle lui présenterait enfin des exemples d'erreurs commises par les apprenants
et proposerait des activités pédagogiques qui peuvent faciliter l'acquisition et l'ap-
propriation correctes du systeme grammatical.
En somme, elle serait " formatrice » : c'est~a-dire qu'elle chercherait a renforcer les
." savoirs » en matiere de grammaire, tout en offrant des .. savoir-faire " utiles a I'en-
seignement du FLE.
Ce sont lestrois objectifs que s'est fixés cette grammaire.

Pour atteindre ces objectifs, il a fallu choisir et combiner plusieurs parametres :


1. des pararnetres d'ordre ethno-sociolinguistique ;
2. des parametres d'ordre grammatico-linguistique ;
3. des parametres d'ordre méthodologique ;
4. des parametres d'ordre didactique.

• Lefacteur ethno-sociolinguistique est primordial pour l'enseignement.de la gram-


rnaire du francaís langue étrangere car tout groupe linguistique voit, découpe et
analyse la réalité a travers sa langue en général, et la grammaire de sa langue en
particulier.
Si l'on veut expliquer, par exemple, la porté e « communicative .. de la voíx passiue,
de la nominalisation, de l' actualisation, de la qualification ou les différences
socioculturelles » entre code oral et code écrit (et bien sür entre les registres
de langue qui s'appliquent a ces codes), il est indispensable de poser un regard
ethnograph'
, rque sur nos marneres "d' e comrnuruquer en francaís, Dans cette
~lammaire, l'accent est done mis sur l'étude du langage ordinaire écrit et oral,
ase de tout apprentissage de la communication en francaís.

; Le facteur grammatico-linguistique est plus difficile a cerner.


1,1 cffet, les points de vue théoriques des différentes linguistiques ne répondent pas
necessaire
m men t aux besoi
eS01l1Sd' apprenants etrangers venant des quatre C0111S . du
Onde.
Ma'
IS il esr une théorie linguistique qui subsume les descriptions grammaticales for-

7
melles pour atteindre le plus directement possible le sens véhiculé par I'ensemble tisSage qu'il faut avoir recours aux catégories notionnelles de la sémantique, pour
des langues, que celles-cí soient a tons, agglutinantes ou analytiques. éviter une fossilisation rédhibitoire des erreurs.
Cette linguistique nous importe par son approche sémantique de la grammaire. Elle pour maltriser le métier d'enseignant de francaís langue étrangere, il faut savoir sor-
recherche les notions quasi universelles qui permettent de regrouper en catégories ir du cadre scolaire de la description grammaticale traditionnelle et se placer aux
de sens les diverses formes que la grammaire traditionnelle a pour principe de ~ótéS de I'apprenant, en se demandant quelle explication pourrait lui étre le plus
séparer. _
profitable.. . , .
Les opérations conceptuelles qu'elle propose sont suffisamment larges pour facili- Si des notions plus universelles peuvent I'aider a comprendre le fonctíonnernent de
ter, chez tout apprenant étranger, la saisie d'un sens global qui s'exprimera par dif- certains points grammaticaux, n'aurions-nous pas tort de nous en passer ?
férentes formes.
Ce mouvement de pensée, qui consiste a aller du sens a la forme (approche ono- • Lefacteur méthodologique intervient dans la sélection des points de grarnmaire
masiologique), convient parfaíternent a I'apprentissage des langues vivantes. que contiennent les dix dossiers.
C'est pourquoi, dans cette grammaire, nous avons opté pour le point de vue théo- Ceux-ci ont été concus en fonction des exigences de l'enseignement/apprentissage
ríque de la linguistique sémantique et pour sa cátégorisation et sa description des propres aux niveaux 1 et 2 des c1asses de francais langue étrangere. Ils recouvrent
notions grammaticales. les connaissances grammaticales a acquérir pour qu'un apprenant soit prét a se pré-
senter aux cinq modules du Diplórne d'études de langue francaíse (DELF).
Aussi, les dix dossiers proposés ont-ils pour titre une opération conceptuelle tres Si I'on observe la progression méthodologique habituelle d'un cours de francaís
générale : la présentation, la personne, l'actualisation du nom et sa quantification, langue étrangere, on constate que les enseignants ont presque toujours les mémes
l'aJ!irmation et la négation, la qualification, la situation dans l'espace, la situation difficultés a expliquer certaines structures de notre langue (il est/c'est, le/un/du,
dans le temps, l'argumentation et les opérations logiques, l'actance et les roles le/en, le/lui, passé composé/imparfait, etc.).
actanciels. Ces structures apparaissent des les premiers mois de tout enseignement/ appren-
Il ne faut pas fuir devant cette terminologie, mérne si elle semble peu habituelle et tissage du francaís.
done déroutante au prime abordo Si l'enseignant, malgré sa bonne volonté, n'est pas conscient des difficultés d'ap-
Le sémantisme est tres certainement le moyen le plus facile pour aider les appre- prentissage que peuvent soulever ces structures, il risque soit de les ignorer, soit
nants a comprendre le systerne grammatical d'une langue étrangere, puisqu'il pro- de passer trop superficiellement sur les explications nécessaires.
pose des notions d'ordre universel. Il nous a done semblé utile de confronter d'abord les futurs enseignants a une ana-
Un apprenant comprendra mieux a quoi servent les articles définis et indéfinis, les lyse comparative de ces structures grarnmaticales, puis de leur présenter des spé-
démonstratijs ou les quantificateurs et quelle en est la valeur d'emploi si, au lieu cimens d'erreurs que commettront vraisemblablement leurs éleves, pour leur pro-
de les séparer arbitrairement, on les regroupait pour lui montrer de quelle notion poser, enfin, des exemples d'activités pédagogiques facilitant une bonne
générale dépendent tous ces mots grammaticaux. appropriation.
Entre" un pain ", "le pain ", -ce pain ", "son pain » et -du pain ", il faut que l'ap-
prenant comprenne que dans tous ces exemples, il s'agit avant tout d'une mérne • Lefacteur didactique s'impose de fait, dans la mesure oü nos options pour une
opération d' actualisation du nom (sa mise en service, en quelque sorte). approche communicative de l'enseignement des langues se sont affirmées année
La sélection entre l'un ou l'autre des mots grammaticaux, déterminant " pain ", est apres année, depuis 1983, comme le démontre la copublication de cahiers d'exer-
ensuite liée a la " vision ' que choisit d'en donner le locuteur dans un contexte cices de grammaire (Premiers Exercices de grammaire, Hatier/ Didier, '1983 ; Nou-
donné (unité comptable, valeur anaphorique ou déictique, relation d'appartenan- veaux Exercices de grammaire, Hatier/Didier, 1985; Exercices de grammaire pour
ce, quantité non comptable ou massive). leperfectionnement, Hatier/Didier, 1988 ; Premiers Exercices de grammaire-junior,
Hatier/Didier, 1991).
Un apprenant saisira plus facilement les différences entre les constructions "il
est/c'est » si on les lui explique en fonction de la notion de qualification ou de pré- La copublication de la méthode de francaís langue étrangere Libre Échange (niveaux
sentation. 1, 2, 3, Hatier/Didier, 1991-1993) n'a fait que renforcer cet ancrage didactíque,
Il en sera de méme pour les valeurs des temps, et notamment pour l'opposition C'est pourquoi, dans les parties pédagogiques de cette grarnmaire, le lecteur ne
cruciale entre l'imparfait (accomplissement) et le passé composé (accompli), sera pas étonné de trouver des analyses et des recommandations qui vont systé-
Nul doute que tous les apprenants étrangers y trouveraient leur compte, si l'ensei- matlquement dans le sens d'une approche communicative de l'enseignement/
apprentissage des langues.
gnant essayait d'expliquer la grammaire d'un point de vue sémantique.
Dans leurs explications, des enseignants continuent de se raccrocher le plus sou-
vent aux formes et aux catégories grammaticales traditionnelles qu'ils ont apprises Comment s'organise chacun des dix dossiers de la Grammaire pour l'enseigne-
a l'école primaire. ment/apprentissage du FLE?
Ce bastion scolaire n'est pas en soi a crítiquer, il pourra meme étre tres utile pour ~haque dossier étudie une opération conceptuelle : la présentation, I'actualisation,
le perfectionnement en francais langue étrangere, mais I'expérience prouve qu'il D Sltua~iondans le temps, etc.
n'aide que tres rarement les débutants a comprendre le fonctionnement grammati- e c: faít, certains points de grammaire, habituellement séparés, peuvent se trou-
cal de la langue qu'ils s'efforcent d'apprendre. Or, c'est des le début de l'appren- Ver reun'IS paree qu "1' .
1 s participent dee Ia rnéme opération conceptue 11
a me e.
____ ,8 _
9
Ainsi, les participiales a valeur temporelle sont étudiées dans le dossier 8 (La situa- DOSSIER 1
tion. dans le temps ...), mais dans le dossier 9 (Opérations logiques et traces argu-
mentatiues), on trouvera les participiales a valeur causale. . La présentation
Les relatives déterminatives concernent la qualification du nom. Elles sont done
étudiées dans le dossier 6 (La qualification), cependant les relatives réapparaissent
dans le dossier 7 (La süuaiion dans l'espace) et dans le dossier 8, a propos du
mode subjonctif.
Lorsque cela est nécessaire pour rendre compte d'une opération conceptuelle, les
éléments .morphosyntaxíques qui la concernent se trouvent rapprochés, mais des 1. Les présentateurs
renvois (dossier 8, 4, p. 167). permettent de savoir dans quel autre dossier ils sont CE QUJIL FAUT SAVOIR
susceptibles de réapparaitre, cette fois avec une valeur sémantique autre.
• pour présenter, pou~ désigner ou pour identifier quelque chose ou quel-
Un dossier peut comporter plusieurs parties. Elles sont numérotées et titrées. qu'un, on utilise un présentateur :
Chaque partie contient au moins : C'est le laboratoire de Marie Boli.
1. Une rubrique intitulée Ce qu 'ilfaut sauoir : Ce sont les collegues d'Anne Riviere.
il s'agit d'articles essentiels consacrés a la description et a l'analyse des points de C'est est suivi d'un nom au singulier, ce sont, d'un nom au pluriel.
grammaire : leurs sens, leurs valeurs, leurs emplois, leurs formes.
Ces articles sont indiqué s par un carré no ir (.). • A l'oral, et en registre de langue familier, l'opposition singulier/pluriel peut
Des corollaires sont souvent nécessaires pour chaque article. Ils 'sont signalés par parfois s'effacer:
une puce (.). 'C'est tes parents au téléphone.
2. Une rubrique A propos du sauoir-faire : • Dans la conversation face a face, le présentateur est le plus souvent accorn-
ces articles a visée didactique sont précédés d'un triangle (~).
pagné d'un mouvement du menton en avant et/ou d'un geste du doigt en
direction de la personne ou de l'objet que l'on désigne.
Dans le texte des articles, les termes qui relevent de la linguistique donnent lieu a
une explication. Toutefois, il nous a semblé prudent de les regrouper dans un glos- • Apres les présentateurs, c'est/ce sont, on emploie le pronom personnel a
saire en fin de volume. la forme tonique :
Les mots en gras sont soit des mots-clés, soit des exemples. l. - Qui a téléphoné a Marie Boli ?
Les mots soulignés désignent le plus souvent des notions ou concepts sérnan- - C'est moi.
tiques, ils sont expliqués dans le texte. . - Qui vous a invité a cette féte, c'est elIe ou Iui ?
Les termes en italique sont soit des structures grammaticales, soit des mots sur les- - C'est elIe.
quels l'auteur met l'emphase.
Les erreurs répertoriées sont toujours précédées d'un astérisque C*). • Avec les pronoms personnels, nous et vous, on emploie le présentateur sin-
gulier :
- C'est vous?
Dans la Grammaire pour l'enseignement/apprentissage du FIE, la description et - Oui, c'est nous.
l'analyse sont constamment mises en perspective par le souci de formation qui ins- • Le verbe étre de c'est se conjuguea tous les temps :
pire ce~ ouvrage a orientation didactique.
C'était un tres beau concert.
Tout enseignant de francaís qui a le privilege de travailler avec des apprenants
Ce sera une grande joie de vous revoir.
étrangers y trouvera certainement matiere a réflexion. Et pourquoi pas matiere a
C'étaient Monsieur et Madame Boli, les parents de Marie.
discussion ?
L'auteur tient a marquer ici sa gratitude et sa profonde reconnaissance a Patrick • 11 existe deux autres présentateurs pour identifier quelqu'un ou quelque
Charaudeau et a Janine Courtillon, car leurs grammaíres sémantiques ont en effet chose : voici et voílá.
enrichi l'organisation et la pensé e de cet ouvrage. . Voici votre passeport, monsieur.
Voila le facteur !
• Voici ou voíla sont utilisés pour :
- mOntrer ou présenter quelqu'un,
- mOntrer, donner ou tendre un objet a quelqu'un.
Voici ou voílá peuvent aussi annoncer l'arrivée de quelqu'un ou de quelque
chose.

10 11
• voící/voíla sont indifférenciés en nombre : n n'y a pas dix chimistes dans ce laboratoire.
Voila. les collegues d'Anne Ríviere. Il rr'y a pas de dictionnaires sur le bureau de Pierre.
Tiens ! Voila. Marie BolL n n'y a pas d'eau dans ce vase.
• Avec un pronom de reprise COD, on a : le voila, la voila, les voila. our les quantités, la forme négative absolue il n'y a pas de :
• Notez, P
- Ou est Marie Boli ? n n'y a pas de fleurs dans ce vase.
- La voíla, n n'y a pas d'eau non plus.
- Vous avez l'adresse de Pierre ?
- Oui, la voici. • Le pronom complément de reprise d'une quantité est en :
_ Est-ce qu'il y a des fleurs ?
• Dans un discours, voici introduit un élément, voílá annonce une conclu- - Non, il n'y en a paso
sion :
Voici ce que dísent les journaux : orages sur toute la France.
- ny a de l'eau dans ce vase ?
- Oui, il y en a.
n fera mauvais tout l'été, voílá mon opinion.
•A l'oral, de registre familier, ilya peut se prononcer [ja] :
• Pour indiquer la présence (l'existence) d'une quantité dénombrable ou non ljadyvél -+ n y a du vino
dénombrable dans un lieu précis, on utilise le présentateur il y a, invariable [japadol -+ n n'y a pas d'eau.
en genre et en nombre: . ljánal -+ n y en a.
Dans ce laboratoire, il ya dix chimistes. [jánapal -+ n n'y en a pas.
Sur le bureau de Pierre, il y a un ou deux dictionnaires.
Est-ce qu'il ya de l'eau dans ce vase ?
\ • L'expression il n'y a qu'á, suivie de I'infinitif, sert a exprimer un ordre atté-
nué, a donner un conseil ou a faire une proposition :
• Le verbe avoir de il y a se conjugue a tous les temps : - Marie Boli nous invite, ce so ir. Mais moi j'ai du travail.
Autrefois, dans ce laboratoire, il y avait cinq employés. - n n'y a qu'á refuser. On ira la voir une autre fois.
Ce soir, il y aura un concert a Notre-Dame. - Le petit est fiévreux.
- n n'y a qu'á appeler le médecin.
• Les présentateurs il est et il existe.
- n fait froid dans la maison, ce so ir.
Il est, invariable en genre et en nombre, présente l'heure :
- Il n'y a qu'á faire du feu dans la cheminée !
Quelle heure est-il ?
Il est midi. Il est tót ! L'expression il n'y a qu'á se prononce ljakal a l'oral de registre familier.
Il est quatorze heures.
Il est vingt-trois heures. Il est tard ! • Les présentateurs c'est, il y a et la forme interrogative :

• Ce présentateur est aussi utilisé, en registre de langue soutenu, comme équi- 1. - Qu'est-ce que c'est ?
valent de « il ya» : - C'est un prélude de Schubert.
n est des gens pour qui la vie est un long fleuve tranquille. - Qu'est-ce que c'est ?
- Ce sont les ceuvres picturales de Marie Boli !
•A l'imparfait, il était, signale, le plus souvent, l'ouverture d'un conte :
Il était une fois, un enfant si petit qu'on l'appelait le petit Poucet. - Quí est-ce ?
Il était une bergere ... - Au milieu de la photo, c'est Marie Boli, a sa gauche et a sa
droíte, ce sont ses employés.
• Le présentateur il existe, invariable en genre et en nombre, est utilisé, en
On notera l'importance de la différenciation sémantique, selon que l'on inter-
registre de langue soutenu, comme équivalent de «
n existe un lien de parenté entre ces
il ya» :
deux individus.
-- roge Sur un animé (quí est-ce ?) ou sur un inanimé (qu'est-ce que c'est ?).
On remarquera égalernent que la forme de la question reste toujours au sin-
n existe trois principes essentiels ... gulier. Cependant, dans la réponse, distinction est faite entre c'est (singulier)
Autrefois, il existait un droit d'ainesse ... et ce sont (pluriel) :

• Les présentateurs c'est et il y a a la forme négative : 2. ': Qu'est-ce qu'Il y a dans cette boite ?
Ce n'est pas le laboratoire de Maríe Boli. - Il y a une bague en or et des bracelets pakistanais.
Ce ne sont pas les collegues d'Anne Riviere. ~Our interroger sur l'existence d'un étre ou d'étres dans un lieu précis, la ques-
Ce n'est pas de l'eau. hOn comporte nécessairement un complément circonstanciel de lieu. Sans

12 13
eomplément cireonstaneiel de lieu, l'interrogation porte, non pas sur l'existen- C'est (al! e' est un pronom démonstratif neutre de reprise ou un déietique)
ee d'étres en un lieu, mais sur un type d'événement survenu: 3· SUI
es 'vi d'un adjectif au neutre (= la forme de l'adjectíf au masculin) :
_
t
- Il est ingénieur ? C'est interessant !
- Qu'est-ee qu'il ya?
- Il y a que j'ai perdu mon passeport ! _ Comment trouvez-vous la tour Eiffel ?
Qu'est-ee qu'Il ya? équivaut alors a Qu'est-ce qui est arrivé ? ou Que se - C'est beau ! C'est merveilleux !
passe-t-íl ? • La 2e et la 3e structures participent de la qualifieation et non pas de la pré-
Dans la réponse, il y a que n'est pas obligatoire.
La présenee de il y a que dans une réponse a un effet dramatique. sentation. .
pour une plus ample discussion sur ce sujet, se reporter au dOSSIer 6, 3, p. 105 .
• Pour une plus ample diseussion sur l'interrogation, se reporter au dossier 5,
Les présentateurs e'est/ee sont sont tres utiles pour l'acquisition d'un voca-
p.83. :ulaire courant et pour l'appropriation des différentes formes des pronoms
personnels toniques.

A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE ~ Le présentateur il y a demande I'emploi correct des articles indéfinis


(un/une/des) et des partitifs (du/de la/de 1'). L'apprentissage en sera compli-
~ Les présentateurs s'étudient, en début d'apprentíssage, pour apprendre a
qué par le fait que les étudiants mélangent, dans les premiers temps, tous les
désigner en francais les étres et les ehoses.
déterminants (définis, partitifs, indéfinis, démonstratifs, etc.).
Les apprenants peuvent eonfondre e'est et ee n'est pas et opter pour une
Le meilleur moyen de les aider a mettre en ordre ces différents systemes d'ac-
strueture intermédiaire du type *ee et "ce ne pas (qu'ils prononeent « cé »
tualisation du nom est de les leur faire pratiquer en contexte, et si possible de
et " cé ne pas ,,).
facon ludique (la chanson, par exemple, est une activité particulierernent moti-
L'effacement de la copule est peut erre dú a un calque sur la langue mater-
nelle (arabophones), \ vante),
L'erreur peut aussi avoir pour origine une confusion entre le démonstratif • L'enseignant n'hésitera pas a employer les" formes parlées familíeres » des
« ce/cette " et le présentateur « c'est ". présentateurs, mérne s'íl estime qu'elles sont grammaticalement incorrectes (ce
Mais le plus souvent, l'erreur provient d'une non-discrimination auditive entre qui, d'ailleurs, n'est pas le cas en code oral O. En revanche, a l'écrit, ilveil-
[el et [;)J, d'autant plus que les apprenants entendent dire presqu'aussi fré- lera a ce que ces formes soient utilisées de facon normative.
quemment « c'est pas " que" ce n'est pas »,

~ L'erreur la plus fréquemment rencontrée, tant a l'écrit qu'a l'oral, provient


de la confusion entre c'est (présentateur), il/elle est (pronoms de reprise) et 2. La focalisation
e'est, al! le pronom dérnonstratif neutre e' renvoíe a une situation ou a toute
une idée déja exprimée : CE QU'IL FAUT SAVOIR
*Mon numéro de téléphone, il est le 69-40-52-75. • Les présentateurs entrent dans des structures syntactiques propres a mettre
"Il est mon frere, c'est ingénieur. en évidenee un mot sur lequel on veut insister : '
*Elle est ma femme. C'est Marie Boli qui les a invités.
"Ils étaient les meilleurs jours de ma vie. C'est lui qui me l'a dit.
*Elle est une chanteuse et elle se leve a midi. C'est a Marie Boli que je désire parlero
*C'est mexicaine. C'est a Paris qu'il est né.
*Je erois qu'il sera une autre chose que je ferai le mardi (le stage)' C'est de son accident que nous parlons.
*Nous parlons seulement en francaís, il est tres fatigant. C'est de cela qu'il faut se méfier.
L'enseignant soulignera bien les différences d'emploi de ces trois structures Les structures C'est ... qui / C'est ... que mettent en valeur le mot qu'elles enea-
grammaticales : drent.
1. C'est (présentateur) est suivi d'un nom actualisé : A l'oral, il y a également l'intonation du mot mis en focalisation qui laisse
C'est mon frere. entendre que c'est bien de ce mot-la qu'il s'agit, et non pas d'autre chose :
2. Il /elIe est (prono m de reprise ou pronom déictique, cf. dossier 2, pp. 24- C'est de l'argent qu'il me faut !
25) est suivi d'un adjectif ou d'un nom a' valeur adjectivale (ce nom n 'estpas (Et non pas des conseils, ni de la pitié O
actualisé) : Ce rnot est prononcé avec une différence de hauteur musicale tres caractéris-
Son frere ? je crois qu'il est ingénieur. tique et porte l'accent tonique (emphase),
14 15
• Dans le langage ordinaire, la focalisation est tres fréquente et elle peut aussi A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
se réaliser gráce a d'autres présentateurs : . focalisation présente une dífficulté essentielle, lors de I'appren-
n ya ton pere qui t'appelle. T'l
~ •..•.
nllSe en
,
..
part il s'agit de distinguer correctement les opposrtions entre
Il yace voyage que tu dois faire. · a ge. D une , ., 1" .
tiSS elon leur fonction grammaticale, d autre part, a preposinon,
Il y a une chose que je voulais signaler. _.1 et que, s .
A , ,

]'ai mon pere qui est a l'hópítal.


'1- nd il y en a une, doit etre deplacee .en amont :
qua ]'ai besoin d'argent.
]'ai l'électricien que je dois payer.
C'est d'argent que. j'ai besoin.
Dans ces exemples, on constate que l'effet de sens produit n'est pas exacte- Elle parle a Pierre.
ment le mérne que celui décrit dans le paragraphe précédent. C'est a Pierre qu'elle parle.
Il s'agit plutót d'une présentation orate de I'ensemble de I'énoncé.
ants étrangers et certains natifs confondent souvent deux types de
Ce type de focalisation du langage ordinaire aide a mettre I'emphase sur • Les appr en
I'ensemble du message : Phrases : C'est le musicien dont je t'ai parlé. (le voilá)
Il ya ton pere qui t'appelle.
et : C'est du musicien qu'elle t'a parlé. (et non pas de l'électricien)
" Ton pere » et « t'appelle » sont ainsi porteurs d'un accent tonique, ce qui
frappe plus nettement I'attention du destinataire. D'ailleurs, certains Fran<;:ais, par un effet d'hypercorrection, peuvent dire et
Dans ce sens, la focalisation du langage ordinaire peut étre considérée cornme éerire ineorreetement :
une stratégie eommunieative, pour se faire mieux entendre (aux deux sens 'C'est du musieien dont elle t'a parlé.
du mot O. • L'enseignant doit done éviter de eonfondre une simple présentation avec
e'est, et la strueture de focalisation C'est ... que/qui :
• La foeallsation peut étre annoncée de la facon suivante : \ Tiens ! C'est l'éleetricien qui a travaillé pour moi. (présentation)
Ce qu'il me faut, e'est de I'argent. C'est l'éleetricien qui a travaillé chez moi. (et non pas le plombier)
Ce qui me gene, e'est que je dois payer I'électricien. D'une maniere générale, on se souviendra que e'est l'information nouvelle (le
Ce que je n'aime pas chez lui, e'est son égoísme. propos) qui est mis en foealisation, et que cette structure syntaetique exige un
Les structures Ce qui ... c'est/Ce que ... e'est constituent une double focalisa- effet prosodique tres caractéristíque (emphase).
tion. Le locuteur met en exergue le therne et le propos de son énoncé : • La structure de mise en foealisation d'un complément de lleu, de temps ou
- Qu'est-ce que vous aimeriez faire ? d'un autre complément prépositionnel :
- Moi, ee que j'aimerais faire, e'est prendre des vacances. C'est a Paris qu'elle habite.
D'un point de vue des stratégíes communicatives, on peut dire que cette struc- C'est dans trois jours qu'elle part.
ture produit un effet d'attente : I'information nouvelle n'arrive qu'a la fin de C'est de Pierre qu'elle parle.
I'énoncé. fait apparaitre un " que ", conjonction de subordination, qui n'a pas de fonc-
tion par rapport au verbe et qu'il faut done éviter de confondre avec un pro-
norn relatif.
• L'insistanee peut se manifester par une structure de reprise, en fin de
En revanche, c'est bien le pronom relatif COD qui se manifeste dans :
phrase :
- Qu'est-ce que vous aimeriez faire ? C'est Marie que je connais. (et non pas Pierre)
- Prendre des vacances, c'est ee que j'aimerais faire. oü " que" a une fonction COD par rapport au verbe.
- Qu'est-ce qui se passe ? • Pour aider a l'acquisition des structures de focalisation, il est utile de faire
- On m'a volé mon sac, voílá ee qui se passe ! des exerciees de transformation, du type question/réponse :
Les structures e'est ee que/e'est ee qui, voílá ee que/voílá ee qui permettent - Les voisins ont sonné t:
d'insister ou de mettre en focalisation, « par ricochet ». - Non, c'est le faeteúr qui a sonné.
- Tu as payé le plombier ?
- Non, c'est l'entrepreneur que j'ai payé.
• En résumé, trois proeédés servent a la mise en focalisation.
A partir de la phrase de base" il me faut de l'argent ", on peut avoir : On n'oubliera pas de signaler aux apprenants la valeur d'emphase ou de rnise
1. C'est de l'argent qu'íl me faut. en évidence de ces structures. Aussi sera-t-il nécessaire de réaliser ees exer-
2. Ce qu'íl me faut, c'est de l'argent. cices de transformation a l'oral, pour que l'intonation d'insistance soit bien res-
3. De l'argent, voílá ee qu'íl me faut ! Pectée.
17
16
DOSSIER 2

La personne

1. Les pronoms personnels


«sujets» du verbe .
CE QU)IL FAUT SAVOIR
• Les deux personnes de l'interaction verbale : je/vous (ou tu).
_ Je désigne le locuteur, la personne qui parle, la Fe personne :
Je suis fonctionnaire.
J'habite a Paris.
Je suis mariée et j'ai deux enfants .

• Notez que le e de je s'efface devant une voyelle (a, e: i, o, u) ou devant un


«h " muet.
\ _ Vous/tu désigne l'interlocuteur, la personne a qui l'on parle, la 2e personne :
Vous étes fonctionnaire? Tu n'es pas francaís ?
Vous habitez a Paris ? Tu habites a Paris ?
Vous eres mariée ? Tu as des enfants ?
Vous avez des enfants ? Tu es mariée ?

• Vous est la forme d'adresse dite de polítesse. On l'emploie dans tous les
contacts quotidiens, commerciaux, administratifs, socioprofessionnels, c'est-á-
dire avec des personnes' qu'on ne connait pas tres bien et envers qui on doit
faire preuve de déférence.

• Tu est la forme d'adresse famílíere utilisée dans les contacts amicaux ou


familiaux. Les jeunes se disent tu entre eux, qu'ils se connaissent bien ou non.
Sur certains lieux de travail, il est fréquent que les gens qui travaillent ensemble
se tutoient.

• Je/vous/tu sont indifférenciés en genre (rnasculin et férninin), ce qui n'est


pas le cas dans toutes les langues (l'arabe et le japonais, par exemple).

• La personne ou la chose dont parlent les personnes en interaction, la 3e per-


sonne, il et elle :
U habite a Nice. Elle habite a Nice.
U est pharmacien. Elle a deux enfants,
U votera « oui ". Elle a gagné deux millions au loto.
• ~ esr la forme utilisée pour représenter le masculin singulier (un homme, un
I animal ou un objet du genre masculin).
/
"
• EUe représente le féminin singulier (une femme, un animal ou une chose du
genre féminin). .

19
• Les pronoms personnels sujets du verbe sont différenciés selon qu'ils d nre [11. Cette prononciation ne peut avoir lieu que si [31 est
"'-::•..rle correspon a )JIl
indiquent le singulier ou le pluriel : SOtP- onsonne sourde : tpl, Itl, [kl, [fl, lsl, GJ·
.. d'une c .
Une seule personne : Plusieurs persormes : sOl"l [fp0paRtiRl ---+ je peux partir.
(singulier) (pluriel) [ffEl ---+ je fais.
je on/nous [fE] ---+ je sais,

tu (ou vous) vous _ honétique s'appeUe l'assimilation consonantique.


01ene p
il/elle ils/eUes Ce P.héno I consonne sourde ([pD qui suit la consonne sonore ([3 ]) peut
, t_a-dlre que a , d ([11)
• Nous est la prerníere personne du pluriel. Nous désigne la personne qui C es lle ci en consonne sourde correspon ante )J.
transfor01er ce -tera qu'en langue fu~'liere orale et dans les cas de transcrip-
parle (je) plus d'autres personnes présentes ou absentes : je + je, je + iJ/elle, O1e01e on no
[e + ils/elles, je + vous/tu. De ' 1 le u de tu peut s'effac evant une voyelle :
·on de cet ora, . . - . ')
" Nous voulons de meilleures conditions de travail. " (slogan ti T'es fran<;ais ? T'habltes a Paris .
crié par des manifestants) t elle peut aussi s'effacer devant une consonne, ce qui donne la
Le 1 de U e .
- Brigitte et toi, qu'est-ce que vous faites a Noél ? ononciation SUlvante :
- Nous partons en vacances. pr [i] part tout seu!. [E] viendra avec nous.

- Vous et moi, nous pourrions aller ensemble faire du ski ? ue par analogie au pluriel, le me me phénomene peut se pro-
On cons ta,te q '..,.'
- Oui, nous partirions, tous les trois, le 22 au soir ! . 'OI'S bien que la liaison oblígatoire se réalise toujours :
duíre pan' , .'
[iz] ont dix ans. [EZ] aíment Pans.
• On est employé pour nous en registre de langue familier :
On part en vacances. La chute du 1 de il/ils est caractéristique de l'oral spontané : c'est un phéno-
On habite ici. - e généralisé quelle que soit I'origine sociale du locuteur.
O1en, A "1"

On est assez fatiguées. (Nous sommes assez fatiguées.) 'En revanche, la chute du 1 de elle/elles est peut-etre moins genera isee et
représenterait actuellement un marqueur de groupe socia!.
• Vous peut désigner une seule personne ou plusieurs personnes a qui
l'on parle, qu'elles soient toutes ou pas toutes présentes : tu, tu + tu,
tu + iJ/elle, tu + ils/elles, vous + vous.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
- Vous etes étudiant ? ~ Ces phénornenes de télescopage et d'effacement phonétique~ sont.tre~ impor-
- Non, je suis Iycéen. tants dans l'apprentissage de la compréhension orale du francais ordinaire.
- Vous étes francaises ? L'apprenant étranger est confronté au décodage d'un double paradigme pho-
- Moi, je suis francaíse, mais mes amies sont suédoises. nétique des pronoms personnels sujets du verbe, selon leur entourage voca-
lique ou consonantique :
• On, nous et vous sont indifférenciés en genre (masculin et férninin).
Graphie : Phonétique :
• Pour la troisierne personne, le pluriel se signale par un s ajouté a iJ/elle : je/j' [3] [j]
Ils sont étudiants. tu [ty] [t]
Elles voteront « oui " aux élections. il ~ [i]
La troisieme personne est différenciée en genre (masculin ou féminin) et en elle [El] [E]
nombre (singulier ou pluriel). ils [il] ou [ilz] [i] ou Iiz]
elles [El] ou íslz] [E] ou [EZ]
• A l'oral, le s de nous, vous, ils et elles se prononce lzl devant une voyelle Le on signifiant nous se prononce [5n] devant une voyelle, alors que devant
ou un " h " muet : Une consonne, seule se fait entendre la voyelle nasal e [5]:
Vous~etes étudiantís) ? On fait. mais On [nlarrive.
I~ont besoin d'un passeport. Cette liaison en [n]..pourra provoquer des confusions avec la forme négative (et
Elleshabítent a Paris. vice-versa) :
Nousavons un passeport francais, On~apprend. et On~n'apprend paso
Le s du pluriel ne se prononce pas devant une consonne : D'ailleurs, cette confusion, entre graphie/phonétique,' c'est-a-dire entre l.es
Elles n'habitent pas a Paris. ~xigences de la syntaxe de la négation écrite et celles de la liaison obligatOlr~
Elle n'habite pas a Paris. (me me prononciation) a l'oral, se rencontre chez les Francais eux-memes qui oublient souvent, a
• Il faut souligner qu'á l'oral, le e de [e ne se prononce pas toujours. Ce qui I'écrit, de marquer la forme négative apres le pronom on :
peut provoquer un glissement phonétique de la consonne sonore [3] vers la "On apprend paso
21
20
cÍésinences du verbe etre au présent de I'indicatif :
CE QU'IL FAUT SAVOIR otez Ies
• je suis on est '
• Du point de vue de la syntaxe, c'est-á-díre de la place et de la position tu es nous sommes
occupées dans la phrase, le pronom personnel, sujet du verbe, est placé il/elle est vous étes
devant le verbe, en modalité déclarative : ils/elles sont
1 2 3
Elle habite a Paris. du T er c'est-a-dire les verbes en er, les dési-
p ur les verbes d its u groupe,
Je suis étudíantte). • o du présent de l'indicatif sont :
as voteront « oui ".
ces on habite
nen HABITER : j'habite
je ne les leur donnerai pas. tu habites nous habítons
il/elle habite vous habitez
Cornme le prouve le dernier exemple, le pronom personnel sujet peut étre
ils/elles habitent
séparé du verbe par certains éléments grammaticaux qui font intégralement
parti du groupe verbal: marques de la négation et pronoms personnels com- pour les autres verbes, les désinences de l'indicatif présent sont :
pléments du verbe. Ces marques sont des satellites du verbe : PRENDRE : je prends on prend
Nous [ne le leur offrirons pas] (satellites ,du verbe « offrir ,,) tu prends nous prenons
il/elle prend vous prenez
Les pronoms personnels satellites du verbe sont aussi appelés pronoms
ils/elles prennent
clitiques.
OBÉIR: j'obéis on obéit
nous obéissons _
• En modalité interrogative, plusieurs cas se présentent selon le registre de tu obéis
langue : il/ elle obéit vous obéissez --------
ils/ elles obéissent
• En registre de langue soutenu, il y a inversion (verbe + pronom person-
nel sujet) : • Pour la morphologie verbale, se reporter au dossier 8, 8, p. 199.
Suis-je bien chez Monsieur Riviere ?
Étes-vous líbrets) ce soir ? A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
OU habitez-vous ? ...- A l'oral, on ne prononce ni les terminaisons e/es/e/ent, ni les terrninai-
Quand sont-ils nés ? sons s/s/t/d/ent. On n'entend que la finale consonantique ou vocalique du
Notez le trait d'union entre le verbe et son sujet grammatical prono m per- radical: habit, obéi, pren, prenn (des verbes « habiter ", « obéir -, « prendre ").
sonnel. D'oii le caractere indispensable du pronom personnel sujet, en francaís, pour
• En registre de langue . standard, on évite l'inversion en utilisant le mor- savoir qui fait quoi (ce qui n'est pas le cas dans d'autres langues, comme l'es-
pheme (la forme) interrogatif est-ce que __. ? ou est-ce qu' ... ? : pagnol par exemple, oü les désinences suffisent a marquer la personne, mérne
Est-ce que je suis bien chez Monsieur Ríviere ? a l'oral).
Est-ce que vous étes libre ce soir ? ~ Valeurs et emplois des pronoms personnels sujets en discours. .
OU est-ce que vous habitez ? Je, vous et tu s'emploient évidemment dans tous les échanges, dans toutes les
Quand est-ce qu'elles sont nées ? conversations.
• En registre de langue familier, a l'oral, on marque l'interrogation des ques- On les utilise, par exemple, pour réaliser les actes de parole suivants, qui repré-
tions totales par une simple intonation montante : sentent le contenu fonctionnel d'un niveau d'apprentissage pour débutants :
Je suis bien chez Monsieur Riviere ? l. Pour se présenter :
Vous étes libre ce soir ? Je m'appelle Marie Boli, je suis chimiste, j'habite Versailles. Je suis
Pour les questions partielles, le sommet de hauteur musicale est sur le mot mariée, j'ai deux enfants.
interrogatif. Si le mot interrogatif est en téte, l'intonation est descendante. Si le 2. Pour se caractériser :
mot interrogatif est a la fin, comme cela est souvent le cas en registre de langue Je suis grande, je suis blonde, j'ai les yeux bleus, je ne suis pas
familier, l'intonation est montante. maigre.
Oü vous habitez ? Vous habitez ou ?
3. Pou¡ dire ses goüts et ses sentiments :
Quand elles sont nées ? Elles sont nées quand ?
J'aime mon métier, j'adore la lecture et le sport, j'aime bien man-
• Quelle que soit la modalité de la phrase, le prono m personnel sujet impose ger, je n'aime pas sortir, je préfere rester chez moi, je déteste le
au verbe la marque de la personne (sa terminaison ou désinence). bruit et la pollution.

22 23
a' l'écrit « oralísé » on reneontre tres fréquemment des phrases
4. Pour donner son opinion : ll'ora 1 o U '
Je erais que la musique est un bon moyen d'expression, je trou- • rnentées » : • • •
« seg Pierre, i1 a pns le trato ?
ve que les musieiens ont beaucoup de chance, je pense qu'il faut
La banque, elle est fermée ?
apprendre tres jeune les langues et la musique.
Elle est ferrnée, la banque ?
5. Pour faire une pramesse a quelqu'un : Os sont déjá partis, les Boli ?
Je viendrai demain a huit heures. je vous téléphonerai dans la Elles ne sont pas tres rapides, ces voitures. .
soirée. Je vous pramets d'écrire. 1 ronom personnel de troisieme personne annonce le theme, on dit
LOrSque e p .
6. Pour demander une information ou un renseignement : u'il a une valeur eataphonque.
Vous étes étranger ? Vous habitez loin d'ici ? Vous étes marié(e) ? q nants étrangers ont bien des difficultés a distinguer deux types de
Vous travaillez depuis longtemps ? Vous avez l'heure ? Comment • LeS appr:ervant a la caractérisation : il est et e'est + adjeetif.
rÓ, vous appelez-vous ? Oü habitez-vous ? structures ,.
Il faut leur preciser que :, ~ ., . .,
7. Pour proposer quelque chose a quelqu'un : UleUe r~nvoie toujours a un etre anime ou ínarurne, ., "
., e' (est + adjectiD renvoie a une situation ou a toute une Idee precedemment
. Vous voulez un café? Vous venez avec moi ? Vous voulez entrer
un instant ? énoncée.
En situation :
8. Pour demander un service a quelqu'un : Regarde ce champ de blé : comme e'est beau !
Vous pouvez me préter votre stylo, vous avez une enveloppe et Reprise d'une idée déjá énoncée:
des timbres ? Ah bon ! Si elle est pharmacienne, ya change tout !
9. Pour saluer quelqu'un et le remercier : '\ Pharmacienne ? Mais c'est tres intéressant.
Comment allez-vous ? Vous étes bien gentíltle), merci. (Cf. dossier 6, 3, pp. 105-106)

~ Il/elle, ils/elles s'emploient quand on parle de quelqu'un ou de quelque


~ Autres vaIeurs et empIois des pronoms personnels sujets en discours :
chose.
Au niveau débutant, ces pronoms personnels sujets du verbe seront utilisés 1. Dans certaines situations de communication tres tendues, je peut désigner
pour présenter, pour dé,ffire et caractériser, pour apprécier les qualítés et les l'interlocuteur (vous) :
défauts et pour donner une information, concernant la personne ou la chose De quoi e~t-ce que je me méle ?
dont on parle. 2. Un tu se manifeste dans certaines conversations pour désigner soit le locu-
• En général, on nomme la personne ou la chose avant de dire il ou elle. C'est teur lui-méme (je), soit toute autre personne (on = indéfini) ayant effectivement
pourquoi ces pronoms de la troisierne personne. sont dits pronoms de reprí- ou virtuellement subi la mérne expérience :
se ou pronoms anaphoriques : ils reprennent, pour le porter « en avant » Alors tu vais, tu prends le métro, tu crois que tout ira bien et tout
dans le discours, ce que l'on a nommé une premíere fois. a coup, tu tombes sur un véritable fou qui t'attaque !,
- Comment va Marie Boli ? Ce tu équivaut a un je élargi jusqu'au on indéfini, pour impliquer de facon dra-
- Elle va bien. Elle est en vacances a Prague. matique l'interlocuteur et l'ensemble de la société :
- Elle est partie seule ? A l'heure actuelle, qui veut quitter son travail ? Tu ne vas quand
- je ne sais pas. Elle est probablement partie avec sa famille. me me pas quitter ton travail quand tu en as un !
• Dans certaines situations, le contexte est tel que les interlocuteurs peuvent 3. n et elIe peuvent remplacer vous dans certaines situations de communica-
utiliser il/elle, ils/elles sans que la ou les choses, la ou les personnes aient été tíon, notamment au marché :
nommées au préalable. Qu'est-ce qu'elle voulait avec ya ?
Le pronom sujet de troisierne personne a alors une valeur déictique - c'est-á- Et qu'est-ce qu'Il prendra ce soir ?
dire qu'il " montre » ce dont il est question :
n et elle peuvent remplacer tu, notamment dans le langage hypocoristique :
Devant une vitrine de chaussures :
Alors, il avait bien dorrni, le bébé ?
Elles me plaisent bien ...
4. On dans certaines circonstances sociales, peut désigner la personne a qui
Devant un hornme politique a la télévision :
l'on parle et pour laquelle on éprouve une 'certaine condescendance (une infir-
11 parle bien, je trouve ...
miere vis-a-vis d'un malade ... ) :
Devant des « casseurs » en action, lors d'une manifestation :
Alors, on a pris son cachet?
lis sont fous ! lis vont tout casser !
25
24
5. Pour critiquer l'État, les institutions et l'administration en général, les tonique peut se placer en début ou en Un d'énoncé. Il est done dé taché du
Prancais emploient un ils pluriel, tres caractéristique. Ce ils représente l'en- verbe, a la différence des pronoms sujets atones.
semble des services publics, sans que ceux-ci soient réellement nommés : • A l'oral, un acce!lt d'insistance, une différence de hauteur musicale OL!
A la poste, dans une file d'attente : " Ah ils sont pas pressés, ils une Iégere pause dans la courbe intonative caractérisent ce pronom tonique
prennent tout leur temps a la poste! "
de renforcement.
A l'heure des informations télévisées : "lls vont encore nous
augmenter les impóts locaux ! » • Le pronom tonique est tres utilisé dans la conversation ordinaire pour mon-
trer sa solidarité ou sa non-solidarité avec le groupe en interaction:
- ]'aime beaucoup les fleurs.
- Moi aussi et lui aussi.

2. Les pronoms personnels - Ils ne regardent pas la télévision.


- Moi non plus et eux non plus.
de forme tonique Moi aussi est une réaction confírmatíve a une phrase affirmative. Moi non
plus est une réaction confirmative a' une phrase négasíve.
En cas de désaccord, c'est-á-dire de non-solidarité, la formule á employer
CE QUJIL FAUT SAVOIR sera pas moí/rnoí pas, en réaction a une phrase affirmative :
• Il existe deux classes de pronoms personnels. Des pronoms personnels de - j'aime beaucoup les fleurs.
forme faible ou atone Cje,tu, il/elle en sont des exemples) et des pronoms per- - Pas moi.
sonnels de forme pleíne, forte ou tonique : - j'adore les pays étrangers.
Moi, je m'appelle Boli, avec un « b» '\ -Moi paso
, I
Tu es étranger, toi ? La réaction de désaccord a une phrase négative sera moi si :
Pierre est célibataire, lui. - je n'aime pas les fleurs.
Marie Boli, elle, elle est mariée. - Moi si.

• Valeurs et emplois des pronoJs 4~es.


Les pronoms toniques ont une valeur de renforcement ou une valeur d'insis-
- Je ne comprends pas les langues étrangeres.
- Moi si!

tance. A la différence des pronoms atones, ils peuvent s'employer seuls, en


• Morphologie des pronoms toniques : il existe, pour chaque pronom per-
réponse a une question :
sonnel sujet, un pronom tonique correspondant.
- Qui s'appelle Boli, dans cette salle ?
Pronom personnel Pronom tonique
-Moi.
sujet: correspondant :
- Qui est célibataire, ici ? je/j' moi
- Lui. toi
tu
- Qui habite dans cet appartement ? il lui
- Eux et moi. .elle elle \
- Qui est libre samedi :; nous/on nous
vous vous /
- Pas moi!
ils eux
• Notez la forme négative, quand le pronom tonique est employé seul : pas moi, elles elles
pas lui, pas eux, etc. \
• Notez que les pronoms toniques de la troísieme personne, comme les pro-
• Les pronoms toniques peuvent venir renforcer un prono m personnel sujet, '1oms personnels sujets correspondants, ont une forme différente, selon qu'ils
pour insister sur la personne qui fait l'action exprimée par le verbe : désignent le masculin ou le féminin singulier, le masculín ou le féminin pluriel :
Moi, je travaille dans un laboratoire.
'foi, tu habites a Paris ? Singulier Pluriel
Il est pharmacien, lui :; Masculin lui eux
Vous étes fonctionnaire, vous?
Féminin elle elles
• Comme élément de renforcement du pronom personnél sujet, le pronom
26 27
• Autres fonctions syntaxiques oü l'on doít employer des pronoms uoe classe de langue la fréquence d'utilisation des pronoms toniques est
toniques: Daos'
_ ·••..•portante. Ces pronoms reviennent constamment pour donner Ia paro Ie
1. Apres les prépositions : a uelqu'un ou pour encourager quelqu'un a- pren d re Ia paro Ie, soit. d e f.ac;on
tres 11..
Viens chez moi. ~d . e (rnoi aussi/moi non plus), soit de facon non solidaire (pas mOI/mO!
soli air
Il est parti avant toi. as/01oi si) :
Elle ne fait rien sans moi. p - je suis mariée, moi. Et toi ?
Je vais me mettre a caté de lui. - Moi aussi.
Attention ! Il Y a quelqu'un derriere vous. - Moi, je parle francaís et anglais. Et toi ?
Étes-vous allés chez eux ? - Moi pas. Je ne parle que le francaís.
On ne connait personne comme elle.
Marie Boli travaille aveé nous.
• s'u est important d'enseigner/apprendre tres tót les pronoms personneIs
su;ets atooes et toniques, il faudra traiter ultérieurement les fonctions
2. Dans les structures de focalisation, ou de mise en relief comme : compléments de ces pronoms.
C'est toi qui as pris mon passeport !
C'est a lui que je parle ! • Au niveau débutant, doivent étre acquis les pronoms toniques qui suivent une
Ce sont elIes qui partent aux États-Unis ; moi, je reste ici ! préposition et les pronoms toniques employés dans une construction Impé-
.Ce n'est pas moi qui ai téléphoné, ce matin ; c'est lui ! ratíve. Ce problerne sera étudié en rnicrosysteme, c'est-a-dire que l'on mettra en
opposition les formes de pronoms compléments atones et toniques comme
3. Dans la structure restrictive ne ... que, signifiant « seulement " : dans les exemples suivants :
je n'aime que toi.
Ne me regarde pas ! Regarde-moi !
Il n'a invité qu'elIe. Ne me téléphone ras ! Téléphone-rnoi !
Elle ne veut voir que vous. e t'inquiete pas ! Rappelle-toí !
• Cas particulier du mode impératif des verbes : iorsqu'un verbe est a l'im-
• On fera attention a ne pas confondre les pronoms toniques de la troísíerne per-
pératif de forme affirrnatíve et qu'il a besoin d'un complément pronominal
sonne avec leurs homophones. Si lui/elIe sont bien des pronoms toniques, lui .
de premiere personne, ce complément du verbe sera moi. .
n'appartient pas a la me me série dans une occurrence comme :
Montrez-moí votre passeport, s'il vous plait,
Ne lui écris pas, téléphone-Iui !
Donne-moí ton adresse !
Écrivez-moi ou téléphonez-moí ! Il suffira de passer par une transformation au pluriel pour s'en convaincre :
Maman, achete-moí des livres ! Ne leur écrís pas, téléphone-leur !
Suivez-moi, s'il vous plait. '-
• Pour enseigner/apprendre les pronoms personnels compléments d'un
• Si le verbe a l'impératif de forme affirmative est un verbe pronominal, le pro- impératif, on utilisera un corpus de verbes dont la fréquence d'emploi est
nom complément du verbe, pour la deuxíeme personne du singulier, sera toi : attestée. .
Rappelle-toí, Barbara ... On évitera de se limiter aux verbes du premier groupe, bien qu'on les juge
Dépéche-toí, on est en retard ! « plus faciles » a apprendre, et on choisira done de préféreIJC les séries sui-
Bonne soirée et amuse-toi bien ! vantes, pour leur fréquence d'emploi en langage quotidien :
. Assieds-toi et tiens-toí tranquille !
donner, montrer, apporter, préter, acheter, offrir, choisir, faire ...
Fais-moi plaisir, donne-moi un coca.
parler, demander, répondre, dire, téléphoner, écrire, ouvrir, promettre de ...
A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE Promets-rnoi de venir. \.

~ Du point de vue de l'apprentissage, les pronoms personnels toniques seront laisser, attendre, écouter, appeler, regarder, photographier, conduire ...
enseignés simultanément aux pronoms personneIs sujets dll verbe, paree que leur Laíssez-rnoi tranquille.
l'
Occurrence est simuItanée en langue ordinaire. Quand on veut savoir cornment I
se dépécher, s'inquiéter, se débrouiller, s'occuper de, se souvenir de ...
s'appelle une personne, on s'exprime, habituelIement, de la facon suivante :
Dépéche-toi,
Moi, je m'appelle Marie Boli, et vous ?
Et eux, comment s'appellent-íls ? • Les activités d'apprentissage devraient se dérouler le plus souvent possible en
Comment s'appelle-t-íl, lui ? situation, pour éviter les répétitions mécaniques et hors contexte.
28 29
Le verbe est un transitif direct " complexe ".
3. Les deux prernieres personnes ~. elle done un complément d'objet direct, qui d'ailleurs ne sera pas nécessai-
« compléments » du verbe 1 apPnt exprimé. Mais il demande aussi un complément d'objet indirect (COI) :
reme .
je te donnerai mon adresse.
Pierre vous écrira du Maroc.
CE QU'IL FAUT SAVOIR Pierre m'a écrit un poerne.
Marie Boli nous a laissé ce message téléphonique .
• Les deux personnes de l'interaction : me/te (singulier) et nous/vous (plu- Marie Boli nous a téléphoné.
riel). Le verbe " donner " est le type me me de cette catégorie : donner quelque chose
Ces pronoms personnels peuvent étre objets direets ou objets indirects du verbe.
Dans les grammaires, on utilise s~uvent les sigles COD et COI pour parler de
a quelqu·un.
Pour ces verbes transitifs un d9uble complément, cer-
complexes, impliquant
ces fonctions de " complément d'objet direct " et de « complément d'objet indi-
raínes grammaires parlent de COD et de COS (complément d'objet second)
rect » :
plutót que de COI.
Pierre m'écoute mais il ne me eroit pas.
Les verbes du type « téléphoner " ou « éerire ", qui sont des verbes transitifs
Marie ne m'aime pas, elle me déteste !
complexes, font le plus souvent l'éeonomie du COD, ear celui-ci est inc1us
Tu ne m'entends pas ?
intrinsequement dans le sémantisme du verbe (on éerit/téléphone quelque
je t'écoute mais je ne te eomprends pas.
chose a quelqu'un).
Je vous connais bien!
Plutat que de parler de COI ou de COS, dans les cas des verbes transitifs corn-
Pierre ne fait rien, il nous regarde !
plexes, il semblerait plus judicieux, pour ce qui concerne l'enseignement du
Dans cette premie re série d'exemples, me/te, m'/t' et nous/vous sont des '\ francais langue étrangere, de parler de destinataire du preces du verbe
COD ou compléments d'objet direct du verbe. . (CDtaire), car ces compléments indirects représentent le plus souvent des
Voici, maintenant, un second type de complément du verbe : acteurs humains qui « recoivent " quelque ehose.
Marie Boli nous téléphone tous les soirs. 3. Le verbe est transitif indirect " souple ".
Est-ee qu'elle te téléphone aussi ? Il ne peut pas avoir de complément d'objet direct. Mais il aura un complément
Tu peux me préter 10 franes ? indirect :
Les Boli m'ont offert du champagne. Je te parle, mais tu ne m'obéis pas.
Pierre vous a envoyé une earte du Maroc ? Tu me ressembles et ea ne me plait pas toujours.
je t'ai téléphoné, mais tu n'étais pas la. « Parler, obéir, ressernbler, plaire " sont des verbes transitifs indirects souples :
obéir a quelqu'un, parler a quelqu'un, etc.
Dans ces exernples, me/te, m'/t' et nous/vous sont des COI ou compléments
Pour ce genre de verbes, la préposition a, marquant la présenee d'un complé-
d'objet indirect du verbe.
ment indirect, s'effaee lors de la pronominalisation, d'ou l'appellation de verbes
Me/te, m'/t' et nous/vous représentent, dans ces énoncés, le destinataire
transitifs indirects souples.
d'une transaction ou d'un échange.
Pour ces compléments, on pourrait garder, dans l'enseignement du francaís
• On remarquera que les deux personnes de l'interaction ont une forme iden- langue étrangere, l'appellation complément indirect du verbe (Clnd.). Ils
tique pour les fonctions eomplément d'objet direct et complément d'objet indi- sont indirects, paree que les acteurs humains, que le preces du verbe mobilise,
rect. ne sont pas néeessairement des destinataires (ils ne recoivent pas quelque
chose) mais ils jouent, indirectement, un róle dans la réalisation du proces qui,
• Les deux fonctions compléments dépendent entierernent du verbe : sans eux, semblerait incomplet. D'ailleurs, en cas d'absenee du complément
indirect, l'interloeuteur devra se l'imaginer, pour que le preces fasse sens (tu
1. Le verbe est un verbe transitif direct "simple". Souris, il obéit, tu ressembles, cela plait, je parle ... mais a qui ?).
Il n'accepte qu'un seul complément qui est un COD :
4~ Le verbe est transitif indirect rigide ".
«
Les Boli ne m'ont pas attendu. Il est Iorternent régi par une préposition (a, de, sur, etc.) qui ne s'efface pas
Je ne peux pas t'attendre. lors de la pronominalisation personnelle (je compte sur toi, il tient a rnoí).
Tu ne nous attends pas ? Cette préposition établit entre le verbe et son complément une relation néces-
Nous vous attendrons demain so ir. sairement indireete. On pourrait parler de ce pronom complément comme d'un
Le verbe ' attendre " est transitif direct : attendre quelqu'un, attendre quelque complément prépositionnel (CP).
chose. Tous les verbes de ce type peuvent avoir un complément d'objet direct On parle de toi, on pense a toi,
(COD). Les Boli s'occupent de moi, ils tiennent a moi,

30 31 --_ ...•
• La présence de la préposition impose l'utilisation de la forme tonique du pro- _ 1 forme négative, les particules négatives encadrent ce noyau verbal :
• A al' Je ne vous par e paso
nom personnel complément: moi/toi (cf. Les pronoms personnels de forme
tonique, pp. 26-27). n ne te regarde paso
5. Le verbe est i ntransitif. . 1 verbe est a un temps composé, c'est l'auxiliaire qui prend le véritable
11n'admet aucun complément : • SI e bal le participe passé étant rejeté du noyau :
róle ver ,
Le matin, il sort, il marche ou il court, il ne tombe jamais. 11rentre je ne vous ai pas parlé.
vers 10 heures. 11ne t'a pas regardé.
Vous ne m'avez pas téléphoné !
A PROPOS' DU SAVOIR-FAIRE
.¡ • A l'impératif, de forme positive uniquement, le pronom personnel complé-
~ Quelle terminologie grammat~cale employer avec des apprenants étrangers ? test placé apres le verbe :
1. Il semble judicieux de conserver le terme « complément d'objet direct " ou men Regarde-moi et parle-moi !
COD pour les pronoms personnels compléments d'objet direct (i! te regarde, Téléphonez-nous !
tu nous écoutes). On peut laisser tomber le mot « objet » qui, parfois, provoque • Dans les constructions avec un verbe modal (pouvoir, vouloir, devoir, falloír),
une confusion car les apprenants lui donnent le sens de " chose ". le prono m personnel complément est placé avant l'infinitif dont il dépend :
Cependant, comme le terme COI recouvre des réalités tres différentes, il fau- Je peux vous téléphoner ce soir ?
dra done trouver une terminologie appropriée aux différentes constructíons Tu ne veux jamais m'obéir.
verbales. Nous voulons vous inviter a la campagne.
2. On s'efforcera d'employer, par exemple, le terme destinataire (CDtaire) Il faut me croire.
pour le complément indirecf des verbes transitifs directs complexes (je vous '\ • En cas de double pronominalisation, les deux personne.'i de l'interaction
demande l'heure). (me/m', te/t', nous et vous) occupent la premiére place, dans l'ordre syntac-
3. Le terme complément indirect (Clnd.) sera réservé pour le complérnent tíque :
des verbes transitifs indirects souples (je te parle mais tu ne m'obéis pas, ea ne - Tu m'as apporté le plan de Paris ?
me fait pas plaisir). - Oui, je te l'ai apporté, Quand penses-tu me le rendre ?
4. Enfin, l'appellation complément prépositionnel (CP) conviendrait parfai- • Quand re pronom personnel est le complément d'objet direct d'un verbe
tement au complément des verbes transitifs indirects rigides qui sont régis par conjugué a un temps composé (auxiliaire aooin, il y aura accord du participe
une préposition stable Cje pense a toi). passé avec ce pronom. .
L'essentiel, c'est que les apprenants ne mélangent pas des fonctions comme : Le participe passé reste non marqué si le COD représente un nom masculin
Il t'obéít et il pense a toi. singulier :
Je vous téléphone paree que je tiens a vous. Pierre, hier, je t'ai apers;u dans la rue.
Mérne si on dit : (a) obéir a quelqu'un, téléphoner a quelqu'un et (b) penser Mais il sera mis au féminin ou au féminin pluriel, si le pronom represente une
a quelqu'un, tenir a quelqu'un, la préposition n'a pas la mérne valeur dans ces ou des femmes : '
deux cas : - Marie, nous t'avons assez écoutée !
a. dans les deux premiers exemples, le complément indirect est un acteur de - Moi aussi, mesdames, je vous ai assez écoutées !
l'interaction. Il a un róle actif dans la réalisation du preces ; Il sera mis au masculin pluriel, si le pronom représente plusieurs personnes,
b. dans les deux derniers exemples, le complément prépositionnel n'est plus donr au moins un homme :
un acteur du proceso Il en est, tout au plus, une des circonstances ou lesíege Pierre et Marie, ou étiez-vous ? je vous ai attendus toute la jour-
(quand " je " pense « a toi ", le preces du verbe se déploie a propos d'une scene, née!
"a toi », convoquée mentalement par le responsable de l'action « je ,,).
Méme s'íl s'agit d'une personne, le complément prépositionnel " a toi " ne pré-.
sente aucune interactivité dans le preces du verbe .: A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
~ Les deux personnes de l'interaction apparaissent des les premiers moments
CE QU'IL FAUT SAVOIR ?e la c1asse de langue. En fonction sujet ou complément, ces pronoms sont
• D'un point de vue syntactique, les pronoms personnels COD, CDtaire, Clnd. Indispensables pour la cornmunication verbale .
sont les satellites du verbe ou pronoms clitiques. I1s sont done placés juste Aussi, les apprenants les acquíerent-íls de facon plus ou moins subconsciente,
devant celui-ci. Le verbe et ses satellites forment un tout inséparable. grace a la dynamique propre aux interactions de classe.

32 33
Voici quelques exemples d'échanges typiques d'une classe de langue :
- Pierre et Marie ont acheté un appartement.
Vous m'avez comprise ?
- Ils I'ont acheté tres cher ?
Moi, la, je ne te comprends paso
- Non. Et c'est Pierre qui le repeint.
je vous écoute, allez-y.
- Il a du courage ! Je I'admire !
Ah ! Mais, je ne t'entends pas assez !
Tu peux me répéter ce que tu as dit ? - Comment trouvez-vous nos nouveaux étudiants ?
Non, je vais vous expliquer. - Je les trouve tres jeunes !
Tu m'expliques ce que tu as compris ? etc. - Vous les avez déja rencontrés plusieurs fois ?
- je les ai vus hier pour la prerníere fois.
A longueur de cours, les apprenants s'impregnent de cette syntaxe, aussi ne
faut-il pas nécessairement passer beaucoup de temps a la leur expliquer. - Il Y a surtout des filles et elles sont tres jeunes.
Cependant, on constate bien des· erreurs d'emploi entre me/moi et te/toi, - Oui, mais je les trouve plutót sérieuses.
selon la syntaxe des énoncés, surtout lorsqu'il s'agit de verbes pronominaux : - Moi aussi, je les ai trouvées tres sérieuses.
"N'inquiete pas. - Vous avez lu leurs premiers devoirs ?
*Vous dépéchez ! (Dépéchez-vous !)
- Je les ai lus ce matin. Je vous les montrerai.
*Ne téléphone pas moi avant dix heures.
*Je pro mis a toi venir vite. Les formes COD du pronom complément d'objet direct de troisierne personne
*Comme t'appelles ? (Comment t'appelles-tu ?) sont :
*Tu me peux aider ?
le ,J., l' la les
*Je vous manque. (Vous me manquez.)
*Je suis heureuse que tu as envoyé a moi ton adresse. masculin masculin et féminin féminin pluriel
*Je veux du bien a toi. \ singulier singulier devant une voyelle singulier
*En attendant, je te veux dire que je te pense souvent. ou un « h » muet
Il est donc important de prévoir périodiquement des activités d'observation ou
de découverte, qui permettent aux apprenants de réfléchir, en petits groupes,
sur les différentes places syntactiques occupées par les pronoms compléments. • Satellite du verbe, le pronom complément d'objet direct de troísíeme per-
Des exercices systématiques (question/réponse) peuvent également aider les sonne se place devant le verbe conjugué, devant l'auxiliaire du verbe conju-
apprenants a fixer les différentes formes des deux personnes de l'interaction. gué a un temps composé, devant l'infinitif dont il dépend (cf. supra 3, pp. 32-
Enfin, au cours des jeux de roles, l'enseignant n'oubliera pas de noter les 33). Il se place aprés le verbe, uniquement a la forme irnpératiue positive "
erreurs d'emploi des pronoms personnels. Je le dirai a Sophie.
Ces erreurs serviront ultérieurement de corpus pour une réflexion active sur .les Tu l'as dit a Sophie ?
emplois corrects des pronoms personnels compléments. Tu peux le dire a Sophie ?
Ne le dis pas a Pierre.
Dis-Ie a Sophie !

4. Les pronoms de troisieme personne = ~~,pronom complément de tr~isieme pe:sonne, comme le pronom sujet de
Olsleme personne, a une fonction de reprise " 11 reprend un nom ou une idée
« compléments » du verbe dont on a déjá parlé et permet ainsi une économie de moyens lexicaux, tout
en contribuant a la cohérence et a la cohésion textuelle (c'est pourquoi on
parle du róle anaphorique de ces pronoms).
CE QU'IL FAUT SAVOIR
~ ~a fonction COD, quand le pronom de troisieme personne reprend toute une
• Les pronoms de troisierne personne en fonction COD : Ie/I' /la/les. Idee, il apparaít sous la forme neutre le :
Ils dépendent d'un verbe transitij direct simple ou transitij direct complexe - Il est vraiment fatigué?
(cf. supra 3, pp. 30-33) : - Il le dit a tout le monde, en tout cas !
- Tu regardes souvent la télévision ?
- Vous partirez en vacances ce mois-ci ?
- Je la regarde de temps en temps. - Je ne le crois pas.
- Vous connaissez Marie Boli ?
- Elle est sérieuse, n'est-ce pas ?'
- Non, je ne la connais pas du tout.
- Je le pense. -

35
• A l'oral, en registre de langue familier, on fait l'économie de cette reprise, . égi par une préposition qui ne s'efface pas (ou jamais completernent,
quand cela est possible : rlg.de, e
du IlloiO oooms
S),
- Vous partirez en vacances ce mois-ci ? représentent une personne, ils seront a la forme tonique :
- J~ crois pas ! Si ces pr
luileUe/ euxl elles.
- Elle est sérieuse, n'est-ce pas ? _ OiJ sont les enfants ?
- Je pense.z]e pense que oui. _ N'ayez pas peur, Sylvie s'occupe d'eux dans le jardín.
_ On peut compter sur elle ?
• Le participe passé du verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir s'accorde en _ Oui, Sylvie est tres raísonnable, Elle prendra bien soin d'eux.
genre et en nombre avec le pranqm COD de troisíerne personne : noms représentent une chose ou une idée, c'est la forme pronomi-
- Vous avez acheté les derniers romans de Pierre Magnan ? Si ceS pro
l Y ou en qui en rend compte : ,
- Non, je ne les ai-pas encore achetés. na e _ Que dit Marie du prochain départ de Pierre ?
- Vous avez rencontré mes nouvelles étudiantes ? _ Elle y pense sans cesse et s'en inquiete beaucoup,
- Oui, je les ai rencontrées hier. - La solitude va certainement lui peser,
- Ils ont recu Marie Boli chez eux ? - Espérans qu'elle s'y habituera !
.YOui, ils l'ont recue pendant trois jours. - La présence de Pierre lui était tres importante, ••
- Elle en aurait encare bien besoín,
- Il Y a longtemps que vous avez vu Pierre ?
- Nous l'avons aperc;:u la semaine derniere, Le pronom en reprend un nom non humain, complément indirect d'un verbe
ou d'un groupe verbal régi par la préposition de (avoir besoin de cela),
« Se souvenir de, s'occuper de, profiter de, rire de, rever de, avoir besoin de,
• En cas de double pronominalisation avec me/te, nous/vous, le pranom
cornplérnent d'objet direct de troisierne personne (le/l'/la/les) occupe la '\ avoir peur de, avoir envie de, se moquer de, se servir de, étre content de, étre
seconde place: fier de", » en sont des exemples. '
- Est-ce que Marie Boli vous a demandé ma nouvelle adresse ? Le pronom y reprend un nom non humain, complément indirect d'un verbe ou
- Non, elle ne me l'a pas demandée. d'un groupe verbal régi par la préposition a (s'habituer a cela),
« Tenir a, penser a, croire a, s'habituer a, réfléchir a, faire attention a, rever a,
- .Est-ce que Pierre te prétera sa voiture ?
s'íntéresser a", » en sont des exernples.
- Il me la prétera tres certainement.
• En et y sont souvent appelés pronoms adverbiaux, du fait de leur origine
• Les pronoms de troisíeme personne en fonction COI. latine « inde » (le dellatif) et « ibi » (l'allatif).
Deux cas sont a -distinguer : On les rencontre fréquemment, d'ailleurs, dans l'expression de la situation dans
l'espace (d, dossier 7, 1, p, 134}:
1. Les pronoms de troisierne personne dépendent d'un verbe transitif direct
- Vous partez .á Détroit ?
complexe ou d'un verbe transitif indirect souple (d. supra 3, pp. 30-33).
En ce cas, le pronom de troisierne personne possede une seule forme pour le - Mais non, j'en viens !
singulier (masculin au féminin) : lui. ' - Les Durand sont repartis au Cariada ?
La forme unique pour le pluriel est leur. - Oui, Ils y sont repartis le 1er décembre.
Pierre lui offre régulíerement des roses. (a Marie) • Les verbes transitifs indirects rigides sont bien régis par une préposition qui
Je lui ai donné un rendez-vous. (a Pierre) ne s'efface jamais completernent, puisque me me la pronominalisation, y ou en,
Vous leur parlez souvent ? (a Pierre et a Marie) implique en soi un « a quelque chose » ou un « de quelque chose », ,
je leur ai prété cent francs.: (aux enfants) D'oi¡ cette dénomination de complément prépositionnel (CP) qui 'nous
Mon cadeau ne leur a pas plu. (aux employées) semble mieux convenir dans l'enseignement/apprentissage du FLE, tant pour
Lui/leur reprennent des noms de personnes (ou d.animés) qui ont soit un róle l~s de luí, a eux que pour les en et y, pronominalisations liées aux construc-
destinataire, soit un róle interactionnel dans le preces du verbe : tIons transitives indirectes rigides de certains verbes. , .
une personne dit/demande/répond/offre/donne/montre quelque chose a une
• Bien qu'il existe, d'un point de vue normatíf, une réelle.différence d'emploi
autre personne (róle destinataire -> CDtaire) ou une personne parle/obéít/plait/
entre en et de Iui, y,et a lui, les locuteurs francais peuvent parfois neutralíser
ressemble/succede a une autre personne (róle interactionnel de type indirect
Cette différence et employer, dans la conversation ordinaire, en ou y, comme
-> Cind.),
pronom de reprise d'un nom humain ..
Des Iors, ils apparaitront sous la forme abrégée CDtaire et Clnd.
'Mes parents, j'y pense tres souvent.
2. Les pronoms de troisierne personne dépendent d'un verbe transitif indirect 'Mes amis d'enfance, je m'en souviens tres bien,
36 37
*]'ai Ieur quitté et j'ai pris l'avion.
A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
'Je demandais l'heure a Iuí.
~ Ce type de pronominalisation intéresse des apprenants de niveau 2. Ce n'est "Elle donne Iui une fausse adresse.
pas un systeme tres facile a mettre en place et on trou era tout le lqng de l'ap-
rcices de systématisation peuvent aider a la réalisation correcte de
prentissage des erreurs du type : . SI· des exe
. olées comportant un pronom complément destinataire, on constate
*Mes parents sont partis, je Ieur pense tout le temps. es
P hras ISla production libre, écrite ou orale, ti.. faut un temps certain d e" seédi1-
*Elle n'est pas contente paree que je Iuí moque. que daos. "avaot que le systeme prono mina 1 ne se mette d eéfiirutrvernen
.. t en
"Il croit que je Iuí ris. mentatlon
Si l'enseignant, dans ses explications, pense bien a différencier les verbes pl~ce. des enseignants se sont demandé s'il était bien nécessaire de faire
transitifs indirects souples (ressembler a) des verbes transitifs indirects rigides Des. [ors, ,.. vraiment uti·1e d' exp liiquer et dee ré
d exercices et s'il. etait reexp lilquer un
(penser a), il sera moins díffícíle pour les apprenants de mettre en place ce faire es .. I d
, . me grammatical qui de toutes facons, exigeait un te temps e latence.
double systerne pronominal. mecaOlS '
oint de vue de cette grammaire, il semble indispensable de persévérer,
Ce qu'il faudrait surtout éviter, c'est de donner une explication qui n'en soit pas Du ple temps de l'apprentissage, en revenant peno , . diiquement sur Ie pro bleeme
·une pour un étudiant étranger. Du type :
t~~~ominal du francais. Mais il faudrait que les activités varient chaque fois et
- on dit " je lui ressemble ", paree que c'est « ressembler a quelqu'un ",
surtout que l'on ne s'en tienne pas a la réalisation d'exercices hors contexte qui
- on dit « je pense a lui ", parce que c'est « penser a quelqu'un ».
n'exigent aucune réflexion de la part de I'apprenant.
En revanche, si les enseignants essayent de différencier les constructions a pré- Apprendre, c'est résoudre des problemes. Devant un exercice « lacunaire » hors
position « souple » (ressembler a, plaire a, sourire a) des constructions a pré- contexte, I'apprenant n'a aucun problerne a résoudre. Il se contente d'un choix
position « rigide " (penser a, tenir a), les apprenants saisiront plus facilement plus ou moins aléatoire entre des formes et n'a pas a s'exprimer de lui-méme,
I'opposition entre ces deuxrnécanismes grammaticaux.
. '\ C'est pourquoi la réalisation d'un exercice peut étre parfaite et la production
~ Com~e les CDtaires, Iuí/Ieur, désignent des personnes, il est fréquent pour spontanée totalement déficiente.
certains étrangers apprenant le francaís de les employer a la place des COD, En d'autres termes, I'exercice systématique hors contexte ne vérifie que l'en-
le , I' , la, les , reprenant des noms humains. On entend dire, par exemple : seignement et non pas l'apprentissage.
t *Je Iuí aime beaucoup. L'observation d'énoncés en contexte, le repérage des pronoms dans ces énon-
C'est la la preuve d'une grammaire intermédiaire qui s'élabore peu a peu. cés et une réflexion sur leurs emplois seraient beaucoup plus profitables a l'ap-
L'apprenant se construit un systerne d'opposition du type : prentissage.
"Humain (luí/leurj/non humain (le/la/les). Enfin, l'autocorrection des productions libres ou guidées permettrait a l'appre-
L'erreur peut aussi ~enir d'un calque sur le systerne grammatical de la langue nant, lui-méme, de vérifier son degré de savoir et de savoir-faire dans ce
domaine.
maternelle.
En espagnol, par exemple, il existe une préposition « a » devant les COD
humains: ~ Les formes d'insistance (formes toniques) des pronoms de troisieme per-
Mirar a la chica.
sonne, qu'ils soient sujet ou complément du verbe, peuvent égalernent dérou-
d'oü l'erreur fréquente chez les apprenants hispanophones :
ter les apprenants et leur faire mélanger toutes les fonctions syntactiques :
*Je Iui regarde a la fille.
- Tu aimes bien Marie et Pierre, toi ?
Il est aussi tres fré~uent que la transformation pronominale, d'un complément - Lui, je I'aime bien, mais pas elle ! je ne peux pas la supporter.
destinataíre ou d'un complément indirect, soit réalísée comme s'il s'agissait
- Pauvre Marie, il faudrait quand me me que tu Iui téléphones.
d'un complément prépositionnel : - A elle ? Ah non! je ne Iuí téléphonerai jamais.
"[e parle a Iui, - Et a Iuí ? Tu ne veux pas Iuí téléphoner ?
"Il ne veut pas obéir a elle. - Si, a Iui, je peux Iui parler, sans problerne !
'Je dis a Iui ... Je réponds a elle ...
- A. I'enseignant d'étre vigilant sur la complexité de ce systerne pronominal que
On trouve aussi des réalisations du type :
nou, utilisons tous les jours, sans avoir la moindre conscience des difficultés
'Je dis lni... Je demande elle .
qu'il représente pour l'apprenant étranger.
']'ai Iui demandé ... ]'ai Iuí dis .
COnfrOnté a des formes bien différentes, mais aussi a des formes qui, d'un
'Je ne sais pas comment je peux dire cela a Iuí,
c~up, se neutralisent et deviennent identiques, il n'est pas surprenant que l'étu-
*Je pense a lui sans méme réussir a voir Iui.
d1ant aít quelques difficultés a maitriser ce systeme pronominal, pour le moins
*]'ai leur dit « au revoir -. VerSatile !
'Je Ieur ai embrassé encore une fois.
39
D'autant plus .que dans certaines structures syntactiques (ne ... que et c'est ...
comrne l'a prouvé É. Benveniste, cette différence syntactique vient, une fois de
que), les oppositions fonctionnelles, si bien établies et si bien expliquées dans
[us, démontrer que les pronoms de troisieme personne (il/elle) sont a consí-
l'apprentissage des phrases simples, s'effondrent désespérément :
~érer comme une catégorie grammaticale bien distincte de celle despronorns
C'est Iuí que j'aime, c'est lui que je veux épouser. (COD)
nels qui participent de l'interaction verbale (je/tu).
Je ne parlerai qu'á lui, car c'est a lui qpe je veux obéir. (Clnd.) pers on ,
Vous savez bien que c'est a lui que je pense. (CP) • Si le verbe est a l'impératif de forme positive, les pronoms compléments de
je ne tiens qu'á lui. (CP)
troisieme personne seront placés apres le verbe, dans l'ordre COD + CDtaire,
C'est a lui que je dernanderaí conseil. (CDtaire) cornme dans l'encadré précédent :
je ne donnerai ma réponse qu'á lui. (CDtaire) Donne-Ie lui.
L'enseignant, face a cette complexité de la langue qu'il enseigne, aura beau- Apportez-la lui.
coup de largeur d'esprit chaqué foís qu'il constatera que les apprenants Montrez-Ie leur.
mélangent, malgré eux, toutes les fonctions des pronoms compléments de troi- Servez-Ies leur.
síerne personne.
• Évidernment, si le verbe est a un temps composé, la double pronominalisa-
CE QU'IL FAUT SAVOIR tion se fait devant l'auxiliaire avoir, ce qui entraine l'accord du participe passé
•• t.a double pronominalisation de troisierne personne : le lui/la lui/les lui/le avec le COD si celui-ci est au féminin ou au pluriel :
Ieur., .. ¡ Ce caméscope, je le lui ai donné.
Il s'agit .de. l,a,pronominalisation simultanée du COD et du CDtaire d'un verbe Cette caméra, je ne la lui ai pas donnée.
transitif direct «9!!!pl€!xe: verbe + quelque chose a quelqu'un. Ces nouvelles revues, je les lui ai données.
• - Vous <J.y~zrendn les clés a votre ancienne propriétaire ?
- Nous les lui avons rendues hier soir.
-, Ceslivres anciens, je ne les lui ai pas donnés.

• Dans la conversation quotidienne, on aurait ten dance a éviter la double pro-


- Quand donneras-t~ to~camescope a Pierre ? norninalisation de troisierne personne au profit d'une syntaxe plus simple, qui
- je ne le lui donnerai pas ! Je le lui vendrai peut-étre.
consiste:
t _ Marie a déja remis sa démission ases patrons ? - soit a effacer le pronom COD :
/
- Oui, elle la leur a remise ce matin. Ce caméscope, je lui donne.
• Ces quelques exemples de doublepronominalisation permettent de voir que - soit a employer le morpherne ea (forme réduite de " cela "), comme pronom
le pronom de troísíerne personne COD prend la prerníere place et que le de reprise d'un nom non humain et surtout comme pronom de reprise d'une
CDtaire de troísíeme personne occupe la seconde place devant le verbe : idée qui vient d'étre énoncée :

Je
le
la
1 lui donne. Je'
le
la leur offre.
Demande-luí ea.
je ne leur ai pas répondu ea.
les les Vous lui raconterez ea de ma part.
Je ne leur ai pas dit ea.
le/la/les + lui/leur + verbe
Tu pourrais leur signaler ea ?
COD CDtaire Il ne- leur a pas répété ea.
Si j'étais toi, je ne leur dirais pas ea.
• Cette position syntactique n'est correcte que dans le cas de la double pro-
Tu ne devrais pas lui écrire ea.
nominalisation de troisierne personne.
De toute évidence, ea n'est employé que si les interlocuteurs se trouvent en
Comme nous l'avons déjá vu (cf. supra 3, p. 33), si la double pronominalisa-
présence de l'objet désigné ou s'ils savent ce que ea est supposé reprendre
tion présente un pronom personnel d'interaction (me/te/nous/vous), l'ordre
dans le discours !
syntactique est inversé : pronom personnel destinataire + pronom COD de troi-
siéme personne + verbe, sauf a l'impératif de forme affirmative. • La double pronominalisation avec y et en.
me
le le moi. Dans une double pronominalisation, y et en occupent la seconde place :
Il vous
la donne. Donne - la - Tu as invité Pierre et Marie a la féte ?
te nous.
les les - Je les y ai invités, mais ils n'y viendront paso
nous
- Tu leur as envoyé une invitation officielle ?
me/te/nous/vous + le/la/les + verbe Verbe + le/la/les + moi/nous - je leur en ai envoyé une, mais ils n'y ont pas répondu.
CDtaire COD COD CDtaire - C'est qu'ils sont a Prague ! Ton invitation ne les en fera pas
revenir!
40
41
DOSSIER 3
- Si tu vais Denis, remercíe-le de son cadeau.
- Je I'eri remercierai, quand je le verrai.
- Tu penses le vair lundi, dans son bureau ?
L'actualisation
- je dais effectivement l'y rencantrer lundi a 15 heures.
- N'aublie pas de lui parler du taurnai de tennis.
du nom commun
- Je lui en parlerai. Je me charge de l'y intéresser, je te le pro-
mets.
En conversation quotidienne, seule la suite syntaxique lui en/leur en est
d'usage courant.

• L'occurrence de la double pronominalisation, y en, ne se rencontre guere


1. Le nom commun et ses actualisateurs
que dans le morpheme « il y en a ", oü en reprend une quantité dont on a déja CE QU'IL FAUT SAVOIR
parlé. Mais on pourrait éventuellernent avoir : • Les erres, c'est-a-dire les humains, les animaux et les choses que l'on dis-
- Tu as mis du sel dans le potage ? tingue,SeIOn notre expérience du monde, sont désignés par des noms.
- Oui, j'yen ai mis un peu. On distingue deux dasses de noms les noms propres et les noms com-
quoique cette réponse soit inusitée a l'oral, oü on évite le plus souvent muns (ou substantifs).
la double pronominalisation (<< j'en ai mis un peu " serait certainement une Noros propres : Norns communs :
réponse suffisante dans une situation domestique de ce type). . Pierre homme
Marie Boli femme
.. Monsieur Riviere pharmacien
Madame Boli pharmacienne
Médor chien/chat
Cuba pays

• Les norns propres sont employés pour appeler et désigner quelqu'un a qui
l'on parle ou de qui l'on parle :
Pierre, vous étes étudiant ?
Vous travaillez, Marie ?
Je connais Monsieur Rívíére et Madame Boll.
• Les noms propres s'emploient sans artide (sauf cas de régionalisme ou de
registre de langue populaire).
• Cependant, pour parler d'une famille, on dit :
Les Boli ont téléphoné.
Les Dupré nous invitent au mariage de leur fils Thomas.
On constate que l'artide les n'influe pas sur la graphie du nom propre qui ne
prend pas la marque du pluriel.
• Les titres sociaux (Monsieur, Madame, etc.) s'emploient également sans
anide:
Madame ? Vous étes chimiste ?
• Quand onveut employer un nom commun virtuel (c'est-a-dire tel qu'on
le trouve dans le dictionnaire), il faut lui donner un support qui le détermine.
Ce phénomene s'appelle l'actualisation du nom commun, sorte de « mis e en
service " qui fixe la référence du substantif.
Par exemple, on.trouve dans le dictionnaire, a la lettre p : prénom, profession,
professeur, parent, etc. En parlant ou en écrivant, on aura besoin d'un suppon,
appelé déterminant, pour introduire ce mot dans un énoncé :
Quel est le prénom de votre rnere ?
43
4?
Quelle est la profession de votre pere ? _ «¡.e s » détermine un nom au pluriel. On ajoute un s au "nom pluriel :
Vous connaissez les parents de cette fille ?
Noms au singulier -:- - Noms au pluriel :
Le, la, les, votre, cette sont les déterminants du substantif qu'ils actualisent.
le passeport les passepor~s
la carte d'identité les cartes d'identíté
• Un nom commun peut étre actualisé de différentes manieres, selon la
vision que veut donner le locuteur : I'adresse les adresses
- actualisation par l'article défíní : Tiens, voila le facteur ! Les facteurs noms se terminant par eu, au, eau prennent un x au pluriel :
_Les
le [eu
v Ies
es Jeux
(cf. infra 2, p. 44)
í

ont enfin repris le travail !


La femme du facteur travaille chez le cheveu les cheveux
Champion. le manteau les manteaux
- actualisation par l'article Indéfiní : je connais un facteur qui parle arabe • Certains noms se terminant en ou prennent aussi un x au plurie! :
(cf. infra 3, p. 47) . et chinois. le bijou les bijoux
- actualisation par l'article « zéro » :
. (cf. infra 4, p. 49)
« Liberté, égalité, fraternité " (au fron- • La plupart des noms se terminant par al =un pluriel en aux :
ton d'un immeuble de l'Administra- le journal les journaux
tion). le cheval les chevaux
- actualisation par le démonstratif : Ce facteur désire voir le directeur. Mais « le festival» et que!ques autres ont un pluriel en s :
(cf. infra 5, p. 52) Cette femme travaille chez Cham- Les festivals d'Avignon et de Saintes ont lieu en juillet.
pion.
Ces factures ne sont pas signées !
• Les noms qui se terminent par un z; un s ou un x au singulier ne thangent
pas au plurie! :
- actualisation par le possessíf : OiJ est mon courrier ?
le paresseux les paresseux
(cf. infra 5, p. 54) Vousavez bien recu ma lettre ?
le pays les pays
je dois payer mes factures aujour-
le vieux les vieux
d'hui.
- actualisation par les quantificateurs ': n n'y a pas de facteur dans ce vil- • Dans la construction NI de N2 (cf. dossier 6, 2, p .. 100); les articles définís,
(cf. infra 6, p. 60) .~lage? masculin le et pluriel les, se combinent avec la préposition de pour donner
Tu as eu du courrier, aujourd'hui ? du et des:
La femme du facteur travaille chez Champion.
j'ai recu un paquet et des factures, et Le travail des facteurs cornmence tót,
quelque~ettres personnelles.
• ValetJrS et emplois de I'article défini en discours.
L'article défini peut donner au nom une valeur de généralisation ou au
contraire une valeur de spécification :
2. L'article défini Valeur généralisante : Valeur spécifique :
CE Q U 'IL FA UT SA VOIR Les parents doivent je connais les parents de Pierre.
• L'article défíní se place devant le nom commun qu'il déterinine et dont i! éduquer les enfants .
marque le ~enre et le nombre : La mere éleve ses petits. La mere de Pierre est chimiste.
L'áge n'est pas toujours Avez-vous I'adresse de Marie ?
le entere de la sagesse. Le cie! est par-dessus les toits.
Au singulier Au pluriel
• L'article défini généralise d'une faco plus abstraite au singulier (i! renvoie a
le la l' les un élément type) qu'au pluriel (il renv ie a tous les éléments de la classe).
pour le masculin pour le féminin devant une voyelle pour marquer le pluriel
• Dans sa valeur spécifique, l'article défini est employé quand les interlocu-
ou un « h " muet
\.
teurs peuvent identifier ou voir (valeur déictique) l'étre dont on parle. n peut
s'agir d'une expérience partagée, comme dans : -. -
Le nom de votre me re ? Les parents de Pierre Boli ?
L'áge de votre mere ? L'adresse de Monsieur Rivíere ? Aujourd'hui, le facteur est passé a dix heures. (" notre » facteur)
La profession de votre pere ? Regarde ! la rue est a sens unique. (" Cette » rue OU nous sornmes.)
Tu as oublié de poster les lettres ! (" Celles »dont on a déja parlé.)
• " L' " efface la marque du genre : « I'áge " est du masculin, " I'adresse » est Je vais prendre le métro pour aller plus vite. (" Notre ;' métro,
du fémimn. « celui " que tout le monde coiifiait.)
44 45
a
11 va l'université. (No m qui se réfere a
une expérience partagée.) Mais la meilleure méthode consiste probablement a lire assídürnent des textes
11 peut s'agir d'un etre unique comme dans : en franc;:ais et a écouter parler le plus souvent possible des francophones.
La Terre, la Lune et le Soleil. Malgré tous leurs efforts, certains étrangers qui, par ailleurs, parlent remar-
Le musée du Louvre et la tour Eiffel. quablement bien le francaís, continuent a se tromper d'article défini devant le
Le pape, le président de la République, la France.
norn.
Le locuteur peut, par une détermination spécifiante, donner une référence pré- Ce probleme général d'apprentissage mis a part, il existe quelques phéno-
cise au nom : menes de prononciation qui se corrigeront peu a peu.
Le pays oü je suis né, c'est la France. Par exemple, les hispanophones prononcent le « e " de le, [e], si bien qu'on ne
• Si on reconnait deux valeurs sérnantiques a l'artide défini (généralisation et sait pas toujours s'il s'agit du singulier ou du pluriel :
spécification), il faut noter également son róle discursif de reprise d'un nom Je te préte les livres jusqu'a demain.
propre ou d'un nom commun qu'on a déja cité: Je te préte le livre jusqu'a demain.
Marie Boli travaillait dans son laboratoire. Elle était chimiste. Tous Ces deux phrases peuvent étre prononcées de la mérne maniere par un his-
ses collegues appréciaient son travail. Un jour, la jeune femme panophone qui a de la difficulté a labialiser. Il faudra lui montrer le plus sou-
eut un malaise au laboratoire. vent possible que les levres sont plus arrondies pour articuler la voyelle fran-
Le lecteur sait que la femme se réfere toujours a Marie Boli et que « au labo- caise [d] de le.
ratoire " se réfere bien a l'endroit oü travaille Marie Boli (son laboratoire). Plus difficile est la correction phonétique de la pr.ononciation d'un Iranien. Il
Ici, c'est l'article défini qui permet de savoir qu'on parle bien de la méme a en effet tendance a prononcer le « e » de le, [o]. La labialisation est correcte,
chose ou de la mérne personne tout au long du texte. C'est pourquoi l'on dit mais cette fois, c'est le point d'articulation qui est trop postérieur.
que l'artide défini a un róle anaphorique, c'est-a-díre qu'il « porte en avant On aura done intérét, dans les débuts de l'apprentissage, a faire faire a ces étu-
une information ». En d'autres termes, l'article défini veille a la cohésion et a diants des exercices de discrimination auditive, pour qu'ils puissent perce-
la cohérence textuelle. voir la différence sonore entre les voyelles [el, [d] et [o].
Quand ils commenceront a percevoir cette différence sonore, ils pourront peu
a peu la réaliser.
En effet, on doit partir du principe qu'on ne peut pas articuler un son que l'on
A PROPOS DU SAVOIR-FAI~E n'entend pas correctement. C'est pourquoi un Iranien, qui n'entend pas
~ Tout au long de l'apprentissage du francaís langue étrangere, l'artide pose encore la différence entre [e] et [ol, prononcera "un pot d'eau » pour « un peu
d'eau ".
bien des problernes.
Quant aux anglophónes, leur difficulté de prononciation sera liée a l'articula-
Soit paree que les apprenants l'omettent systématiquement, comme c'est le cas
tion rétroflexe du « 1 ", qui en francaís devrait étre « alvéolaire » (pointe de la
pour les étudiants japonais, chinois et d'autres encore :
"Il demande a elle adresse école francaíse. langue contre les alvéoles des dents supérieures).
*Je veux francaís dictionnaire.
*On est volé montre de touriste dans chambre hotel.
*Pour féte de jean soirée surprise. 3. L'article indéfini
Soit qu'ils ne savent pas s'il faut mettre la forme du masculin le ou la forme CE Q U 'IL FA UT SA VOIR
du féminin la devant un nom dont ils ignorent le genre.
• Comrne l'article défini, l'artic1e Indéfíní sert a actualiser un nom commun,
Il n'existe malheureusement pas de regle infaillible pour connaitre le genre des
c'est-a-dire a fixer la référence des termes de l'énoncé :
noms en francaís,
Je cherche un travail d'électricien.
On sait, cependant, que les noms abstraits en on, ion, ité sont du genre fémi-
II demande une carte de séjour.
nin. Certaines terminaisons en euse, en tríce, en ere appellent aussi le féminin :
Vous connaissez des employeurs a Paris ?
la comparaison ;
la distinction, l'opposition ; • ,L'artic1e Indéfíní est marqué en genre et en nombre, selon le norn qu'il
la fidélité etl'amítíé ; determine:
la dormeuse ; Masculin Féminin Pluriel
la lectrice ; un travail une carte des employeurs
la boulangere, des employées
On conseille habituellement aux apprenants de mémoriser le nom et son • otez que le nom commun déterminé par des prend la marque du pluriel
artide. (s OU x).

46 47
• Valeurs et ernplots de l'artic1e indéf'tni en discours.
Soit l'artícle indéfini permet de généraliser, c'est-a-díre de représenter toute
la classe des etres désignée par le nom cornrnun, soit au contraire, il perriiet
de particulariser un élément, une unité partículíere, un etre particulier de la
classe (pensez au chíffre " 1 ,,): • I :

Généralisation : Partícularísatíon :
(toute la classe) (un élément de la c1asse)
Un travail doit convenir a celui ]'ai trouvé un travail d'électricien,
qui l'accepte (n'importe quel tra- je commence demain (un travail
vail). bien précis).
Une carte n'est utilisable- que si J'ai obtenu une carte de séjour de
elle n'est pas périmée (n'importe dix ans (une carte tres parti-
quelle carte), culiere),
Un demandeur d'emploi doit nor- J'ai rencontré des demandeurs
malement étre inscrit a l'ANPE. d'emploi. Ils attendaient a l'ANPE
(un groupe bien précis de per-
sonnes) .
• Comment distinguer les róles de l'artic1e défini et ceux de l'artic1e indéfini ?
- L'article índéfíni permet. de présenter pour la premíere fois un nom
commun. Il a une valeur d'introduction.
Il signifie 'que le locuteur parle pour la prerníere fois de l'étre représenté par
le nóm commun et que l'interlocuteur ne peut pas encore l'identifier :
\ ]'ai treuvé un travail d'électricien.
- L'article déflní permet d'actualiser un nom commun représentant un ~
dont on vient de parler ou dont on présuppose qu'il est déja connu.
Comparez les emplois suivants :
Article Indéfíní : Artícle défíní :
(particularisant) (spécifique)
Hier, j'ai rencontré un demandeur Ce matin, j'ai revu le demandeur
d'emploi (un parmi d'autres), d'emploi (dont je t'avais parlé),
Ce matin, j'ai enfin trouvé un tra- Ce matin, j'ai accepté le tra-
vail d'électricien. vail d'électricien (celui qu'on me
proposait depuis longternps).
Cette semaine, j'aí bien vu des Cette sernaine, j'ai vu les
employeurs, mais je suis toujours employeurs (ceux que tu sais...)
au ch6mage. mais je suis toujours au chómage.
En d'autres termes, l'artic1e défini implique une connaissance ou une
expérience partagée par les ínterlocuteurs, '
Par l'article indéfini, le locuteur pose une information nouvelle dont on n'a
pas encore parlé : '. :)
Un homme traversa la rue, il
avait l'air soucieux.' ,
L'homme traversa la rue, il avait
l'air soucieux.
4. L'article zéro « »

~ Avec l'article índéfíní, je pose ~ Avec j'article défíni, je présup- CE QU'IL FAUT SAVOIR
ou j'impose .jiexistence de ."un pose j'existence d'un homme: 'que • Dans certaines situations de communication, l'article peut étre effacé.
homme ». vous pouvez identifier ou je fais On le Constate notamment :
comme si vous connaissiez - SUr la facade des magasins :
"l'homme "en question. pharmacie - boulangerie - épicerie - tabac ;

48 49
- sur la facade des immeubles de l'Administration :
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
mínistere de l'Éducation nationale - mairie - préfecture de police - ~ pour l'apprenant étranger, ces phénomenes d'effacement de l'article pour-
commissariat - hotel de ville - hópital - école publique; ront poser bien des problemes (cf. dossier 1, 1, pp. 14-15).
- sur les panneaux routiers : Des le début de son apprentissage, on constatera qu'il produit des énoncés du
vitesse limitée - sortie de camions - travaux - déviation ; type:
_ sur les étiquettes de produits mis a la vente : -je connais Marie Boli, elle est une pharmacienne.
chocolat - café - thé - beurre - sel - eau de toilette; 'Pierre ? Il est un traducteur,
- sur les listes de courses : 'Je suis un avocat.
pain - beurre - confiture - laitue - poulet róti - vin ; Bien sur, grace aux corrections de l'enseignant, l'apprenant améliorera sa syn-
_ dans les petites annonces du journal : taxe. Mais alors, il se produira un phénornene de contamination et on l'enten-
Peugeot 206 a vendre - maison a louer - mariage souhaité ;
dra dire :
_ dans les grands titres des journaux : 'Je connais Marie Boli, c'est pharmacienne.
« Grande manifestation des étudiants » ; 'Pierre, c'est traducteur.
-' dans les télégrammes : "Lui, c'est avocat.
" Opération réussie, lettre suit » ; D'oü la raison pour laquelle les enseignants ont tendance a donner la regle
_ dans des situations oü le nom sans article équivaut a un ordre :
suivante :
Silence ! - Bistouri ! - Lumiere ! Il/elle est + adjectif.
Dans la plupart de ces circonstances, l'article zéro indique que c'est 'la C'est + article + nom.
situation qui actualise directement et concreternent le nom : Regle qui fonctionne bien, mais qui deviendra inadéquate, a moins d'explica-
« Ici, c'est une pharrnacie » - « La, c'est la mairie ».
tions supplémentaires, des que les apprenants se trouveront devant des énon-
Si le nom n'est pas intégré dans une structure syntaxique, le contexte situa- \ cés du type :
tionnel sernble suffisant pour faire sens et avoir valeur de message informatif. C'est merveilleux !
Il en est de méme dans le style « télégraphique " des télégrammes et des petites C'est beau, c'est bon, c'est magnifique.
annonces~ oü l'économie des moyens linguistiques a pour origine res raisons
Certes, il ne s'agit pas; dans ce dernier cas, du « c'est " présentatif, mais com-
pécuniaires !
ment amener les apprenants a se rendre compte qu'il y a plusieurs valeurs dis-
• Dans les autres cas d'absence d'article devant le nom, cela peut signifier cursives de « c'est » ? (cf. dossier 1, 1, pp. 14-15 et dossier 6, 3, pp. 105-106).
que le nom commun perd sa valeur de substantif, au profit d'une fonction Les erreurs peuvent alors s'accumuler :
appartenant habituellement a une autre catégorie grammaticale : - Commént trouvez-vous ces tableaux ?
(1) Son pere est pharmacien ou médecin .. *- C'est des beaux ! Ils sont des magnifiques tableaux.
Une tasse de thé ou un verre d'eau.
• Plus tard dans l'apprentissage, la difficulté viendra de la construction NI de
(2) J'ai faim, j'ai soif, j'ai peur, j'ai besoin d'aide.
n2 (c'est-a-dire deux noms communs reliés par la préposition de, avec effa-
(3) Sans argent, sans famille.
cement de l'article devant n2) :
Avec patience, avec courage.
Dans ces exemples, les noms empruntent la valeur de l'adjectif attribut ou de Une tasse de thé, un verre d'eau.
l'adjectif épithete (1), entrent dans des locutions verbales (2), participent a I'ad- Les apprenants qui ont compris la relation d'appartenance NI de N2 de type
verbialisation (3). complément de nom (avec article devant N2) :
Le fils de la pharmacienne .
• L'article indéfini pluriel des peut s'effacer dans certains cas, notamment
La voisine du dentiste.
lorsque le verbe se construit avec la préposition « de " ou a l'occasion d'un
vont maintenant confondre les deux fonctions et on obtiendra des énoncés du
complément de nom qui reste indéfini :
type .
j'ai besoin de feuilles blanches. (des feuilles) 'Je voudrais un verre de l'eau.
Je m'occupe de maquettes industrielles. (des maquettes)
'Une bouteille du coca-cola s'il vous plait,
Nous avons envie de vacances a la montagne. (des vacances)
*La voisine de dentiste.
On manque de distractions, ici. (des distractions)
*L'enfant de médecin.
Ils ont loué l'appartement de cousins éloignés. (des cousins)
Certains grammairiens pensent que cet effacement de l'article indéfini pluriel L'~p~renant doit s'armer de patience avant que ses étapes de grammaires inter-
serait dü a la collusion entre de (préposition syntactique) et des (article indé- medlaires se stabilisent.
fini), . Qu'on se rappelle toujours que" l'erreur est un cheminement vers la vérité ",
comme le signalait Bachelard .
• Pour l'effacement de l'article partitif, voir infra 6, p. 62.
51
Cependant, il est évident que si les apprenants se trouvent confrontés tres tót
Au singulier Au pluriel
a des mini-corpus de conceptualisation (c'est-á-dire des énoncés de gram-
maire implicite qui mettent en évidence l'existence d'u.p mícrosysterne, Sur ce cet cette ces
lequel ils ont a réfléchir pour en découvrir les regles Gle fonctionnement et devant un nom devant un nom devant un nom pluriel au
devant un nom
d'ernploi), leurs grarnmaires intermédiaires se stabiliseront d'autant plus vite et, masculin féminin masculin ou au féminin
masculin
surtout, les erreurs qu'ils cornmettent en début d'apprentíssage ne se fossilise- commencant par une
ront pas irrémédiablement. voyelle ou un " h ' muet
Pour stabiliser les structures NI de n2 et NI de N2, on pourrait, par exemple,
demander aux apprenants de réfléchir au sens véhiculé dans des énoncés du • valeurs et emplois spécifiques du démonstratif.
type: , loi des démonstratifs implique une référence situationnelle. Les
a. Donnez-rnoi un verre d'eau, s'il vous plait. (NI de n2) L
. emp
terlocuteurs voient ce d ont on par 1e (1va eur déíctí
eictique).)
a'. ]'ai bu un verre de l'eau que tu as rapportée de Lourdes. La coprésence des interlocuteurs, en situation " ici et maintenant ", fait que le
(NI de N2) démonstratú [oue un róle important dans l'énoncíatíon, notamrnent pour ce
b. Ufie bouteílle de éoca-cola, s'il vous plait. (NI de n2) qui concerne la référence au temps (cf. dossier 8, 1, les ernbfayeurs du dis-
b'. Píerre a cassé une bouteille du coca-cola que tu as acheté
cours, p. 141) :
a New York. (NI de N2) 11 habite ici depuis cette année.
c. Une voisine de palier m'a demandé un peu de sel. Ce matin, j'ai enfin trouvé un appartement.
( 1 de n2) Excusez-moi, mais ce soir, je ne peux pas sortir.
e'. Une voisine du palier d'en haut m'a demandé du sucre. Tu es libre cet aprés-mídí ?
(NI de N2) '. La météo dit qu'il fera froid cette semaine.
d. Une voisine de dentíste n'a pas beaucoup de chernin a falte
Observez, comparez et paraphrasez le sens de ces énoncés :
pour se faire soigner. (NI de n2)
d'. Une voisine du dentiste a déclaré a la police qu'elle enten- 1 2 3
dait crier dans le cabinet dentaíre. (NI de N:f) 6 Elle téléphonera le so ir. Elle téléphonera un soir. Elle téléphonera ce soir.
Ils sont nés le matin. Ils sont nés un matín. Ils sont nés ce matin.
Les étudiants doivent réfléchir sur les circonstances de l'énonciation 'ae
ces dif-
férentes phrases , qui parle a qui, de quoi, et dans quelle intention ? • Pour distinguer « les instances de l'énonciation » (ici/maintenant), d'une réfé- r::
Entre a et a', par exernple, ils doivent sentir la différence entre un verre d'eau rence temporelle qui leur est antérieure ou postérieure, on utilisera la partí-
ordinaire et un verre de cette eau que bien des gens estiment míraculeuse. cule la :
Des lors, ils pourront se créer une regle intermédiaire du type : cas ordinaire . Instances de l'énonciation: Références temporelles autres :
et banal/cas spécíflque et bien particulíerernent déterminé. . cette année cette année-Iá
ce matin ce matin-Iá
ce soir ce soir-Iá
ce jour (1) ce jour-lá
(1) <Ce [our » n'est utilisé qu'en contexte administratif, alors que « ce jour-la "
est tres ftéquemment employé dans le récit d'un événement. .
5. La désignation et la dépendance • Les démonstratifs peuvent aussi avoir une référence contextuelle. En
CE QU'IL FAUT SAVOIR effet, ils permettent de reprendre (róle de reprise) ce dont on a déjá parlé :
• Morphologie et emplois du démonstratif. ]'ai vu des enfants dans la cour de l'irnmeuble .
Le déterminant démonstratif, comme son nom l'indique, détermine le nom tout Ces enfants attendaient ]acques, le chanteur du sixierne.
en le désignant (geste du doigt ou mouvement de la téte en direction de la Ils voulaient des autographes.
personne ou de la chose dont on parle), Ces autographes, ]acques les leur donnait avec beaucoup de gen-
Les déterminants démonstratifs sont marqués en genre et en nombre, selon tillesse.
le nom qu'ils déterminent : Tout ~mme le pronom de troísíérne personne (cf. dossier 2, 1, p. 24 et 4,
Ce petit jeune homme est anglais. p., 35) et I'article défini en fonction anaphorique (cf. supra 1, p. 46), le
Cet hornme brun et maigre travaille chez Champion. demo stratif participe a la cohérence et a la cohésion du texte :
Cette femme veut rencontrer le directeur. - Il chante a I'Olympía, n'est-ce pas ?
Ces garcons et ces filles-la habitent dans cet immeuble squatté. - Oui, et cette salle de spectacle est tres tres con?ur.

52 53
• Il existe une hiérarchie dans la sélection des anaphores.
• Si les possesseurs sont multiples (plus de un), on constate que seule se maní-
Un nom introduit par l'artícle indéfini sera d'abord repris soit par un pronom
te l'opposition síngulíer/pluriel :
relatif ou un pronom de troisierne personne, soit par le déterminant dérnons-
[es (nous) notre manoir
tratif. La reprise par l'article défini sera plus tardive dans le texte :
notre voiture
Hier soir, j'ai H.I un roman
nos vieilles bouteilles
qui a été écrit par Stephen King. (1)
(vous) votre jardin
Il a été écrit par Stephen King. (1')
votre villa
Ce roman a été écrit par Stephen King. (1")
vos tableaux
Il est un cas, cependant, ou le déterminant démonstratif ne peut pas étre la leur cháteau
(ils/elles)
prerniere anaphore et doit céder la place a l'article défini, paree qu'on a leur propriété
affaire a une énumération ou a une « série " : leurs richesses
Hier, j'ai lu un. roman et j'ai regardé un film a la télévision.
e genre du possesseur n'est pas indiqué dans la forme du pos-
Le roman était insipide et le film nul ! • Notez q ue l .
•. En résumé, l'adjectif démonstratif, déterminant du nom, peut jouer trois roles sessif : . .í ,
Vous connaissez Píerre ? Son manoir est a vendre.
bien distincts : Martin, est-ce que ta villa est a louer ?
- un róle monstratif ou déictique en situation ; La rnarquíse rn'a dit que son cháteau avait brillé.
- un róle énonciatif temporel, lié au « ici/maintenant " du locuteur ; Le pharmacien a vendu sa propriété.
- un róle anaphorique veillant a la cohésion textuelle.
Ce qui n'est pas le cas dans toutes les langues, notamment en anglais, ou le
• Pour une discussion sur l~ pronom démonstratif neutre « ce/c' », voir dos- genre du possesseurest marqué par la différence « his/her »•

. sier 1, 1, pp. 14-15, dossier 2, 1, pp. 24-25 et dossier 6, 3, pp. 105-106. ~


• Certaines ambiguítés sont possibles quand il s'agit de son, sa, seso
• Morphologie et emplois du possessif.
Observez:
Le déterriinant possessif (adjectif possessif) établit un r1¡Pport de Il a retrouvé ses clés dans sa poche.
dépendance, c'est-a-dire une relation d'appartenance entre un possesseur A priori, cette phrase est limpide : il (1) a retrouvé les clés de ~ (1) dans la
et ce qu'il possede. ' ,. poche de il (1).
Le déterminant possessif s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu il Mais on peut vouloir dire aussi :
détermine, c'est-a-dire avec ce qui est possédé par un possesseur : Il (1) a retrouvé les clés de il (2) dans la poche de il (1).
Voici ma nouvelle voiture, c'est une twingo. Il (1) a retrouvé les clés de il (1) dans la poche de il (2).
C'est ton nouveau vélo ? Il (1) a retrouvé les clés de il (2) dans la poche de il (3), etc.
Ses patíns a roulettes viennent des États-Unis. /
D'autre part, si l'on sait que il (1) est bien du genrernasculin, on .ne peut pas
Mais on note également, dans\ la forme du déterminant possessif, un élément
savoir si le possesseur des clés (ses) ou de la poche (sa) est un homme ou
désignant le possesseur. Observez :
une femme.
Possesseur : Possessif : Ce qui est « possédé » :
Ainsi, les déterminants possessifs, employés dans un me me énoncé, peuvent
la personne qui parle (je) mon manoir
renvoyer a des réalités différentes : ils ne sont pas toujours coréférentiels. Si
ma voiture
chacun de vos amis est marié et que vous parlez de la femme de chacun en
mes vieilles bouteilles
utilisant" sa femme ", la référence est nécessairement différente.
la personne a qui l'on parle (tu) ton jardin
ta villa • Pour lever toute ambiguité dans la relation d'appartenance, on peut
tes tableaux employer:
la personne ou la chose son cháteau 1. Des noms propres :
dont on parle CiÍ/elle) sa propriété n a retrouvé les clés de Jean dans la poche de Marie.
ses richesses
2. Des pronoms démonst~atifs :
• Attention iOn utilise mon, ton et son devant uJ.1,norn féminin commencant Il a trouvé les clés de celui-ci/celle-ci dans la poche de celui-
par une voyelle ou un « h " muet : Iá/ celle-la.
Vous avez mon adresse a Paris ?
3. Le pronom p~ssessli et le pronom démonstratif :
Son université est fermée cette semaine.
Ton avocate. a encore téléphoné !
- na retrouvé ses clés !
- Lesquelles ? }-es síennes ?

55
- Non, celles de ~ierre et dans sa poche. - Ou est le tien ?
- Laquelle ? La síenne ou célle 'de Pierre ? - Je ne sais pas. ,
- Non, dans ceflcdeSylvie ... _ Qu'est-ce que tu fais avec le passeport de Marie ?
- Done, il a retrouvé les clés de Pierre dans la poche de Sylvie ?
_ a
Elle dú se tromper : elle a pris le mien et m'a laissé le sie~.
- C'est exact ! . :" me les ex~mples précédents le démontrent, les pronoms possessífs et
•démonstratifs
Com permettent d e repren d re u~ nom (Al
ro e d e repnse . di~-
ise) , tout en m.
4. La relation d'appartenance marquée par le complément de nom
(d. dossier 6, 2, pp. 100-101) : . . t précisément la relation d'appartenance qui existe entre ce qui est
Il a ~etrouvé les clés du pharmacien dans la poche de Sylvie. q~:;édé et le possesseur. Ils servent a distinguer plusieurs, référents.
p ,;,r·l;'·'
• Notez que le complément de nom, a valeur relation .<l'appartenance,est
• Comme le déterminant possessif est insuffisant pour rendre compte de le moye~ le plus clair pour marquer la relation entre un possesseur et ce qu'il
toutes les relations d'appartenance, on aura donc besoin simultanément du possede. Mais ce n'est pa~ le moyen le plus économique.
pronom possessif et du pronom démonstratif, surtout pour óter toute Comparez : . (1) C'est le ~ien. .
~ :, , I
arnbiguité possible concernant la troísierne personne (il/elle) :
(2) C'est son,i1Rpartement.
Déterminants et pronoms marquant la relation d'apparte- (3) C'est celui .de Maríe.
nance: (4) C'est I'appartement de Marie.
mon.. le mien L'information complete n'est donnée que dans le (4).
ton... le tien . On sait définitivement qui possede quoi :
son... le sien celui de... , celuí-cí/celuí-lá (4) -> information sur le possesseur et sur l'objet possédé.
le NI de N2
~ Alors que dans les énoncés (2) et (3), on n'obtient qu'une partie de l'informa-
ma . la mienne
tion totale :
ta . la tienne .. (2) -> information sur l'objet possédé.
sa . la sienne celle de... , celle-cilcellfr-la (3) -> information sur le possesseur.
la NI de N2 Pour cequi est de l'énoncé (1), on n'obtient aucune information,précise, si ce
notre . leíia nótre n'est que quelque chose de genre masculin (?) est possédé par quelqu'un (?).
votre . le/la vótre C'est pourquoi les énoncés (1), (2) et (3) ne peuvent étre utilisés qu'en situa-
leur . le/la leur celui/celle de... et de... , celui- tion ou en contexte.
cí/ celle-la Ils ne peuvent servir qu'a reprendre (róle de reprise) ce dont il est question
le/la NI de N2 et de N3 dans le contexte d'un dialogue comme : .
mes . les miens/miennes - C'est l'appartement de Marie.
tes . les tiens/tiennes - Ah bon, c'est son appartement ?
ses . les siens/siennes ceux/celles de... , ceux-cí/ celles-lá
- Moi je croyais que c'était celui de Pierre.
les NI de N2 - Non, non, ce n'est pas le sien. C'est vraiment celui de Marie.
nos . les nótres
vos . les vótres • Le déterminant possessif (mon, ton, son, etc.) est tres souvent employé,
leurs... les leurs ceux/celles de... et de... , non pas pour marquer une réelle relation d'appartenance entre un possesseur
ceux-cí/ celles- la ~t ce ~u'il possede, mais pour faire l'économie de toute une proposition rela-
les NI de N2 et de N3 trve determinative :
• Attention ! Les possessifs et les démonstratifs ne sont que rarement coréfé- Ce matin, j'ai téléphoné a ma banque .
rentiels. Observez : Dans mon quartier, il y a plein de petits magasins.
- Tu as son adresse ? Mon boucher est en vacances cette semaine.
- Celle de qui ? Cet apres-midi, je vais aller acheter mes baskets.
- Celle de Pierre. Chacun de ces emp 1OIS. d u possessiif evite
' . toute une proposition du type :
- Ah non, je n'ai pas la sienne mais j'ai celle de Marie. Ma banque -> La banque dans Iaquellé j'ai mon compre.
- Moi, il me faut absolument-I'adresse de Pierre. Mon quartíer r-» Le quartier oü j'habite.
- C'est ton passeport ? Mon boucher -> Le boucher chez qui j'achete habituellement la
- Non, ce n'est pas le mien, c'est celui de Marie. viande.

57
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Mes baskets -> Les baskets que j'ai vues dans un magas in et - /

que j'ai enfin décidé d'aller acheter. ns l'apprentissage des formes du déterminant possessif, il faut s'attendre
~ I?a des difficultés. Les apprenants mélangeront les formes, les genres et le
n
• Dans certains cas, il peut y avoir une sorte d'inversion des possesseurs. anomble Comme il s'agit d'un automatisme a saisir, I'enseignant se contentera
Observez ce dialogue extrait du film Alexandre le bienheureux : bre. ,
, correction « par echo ».
La fille : Vous avez ma photo ? d une . le systeme clairement expliqué, il n'est pas nécessaire d'insister dérne-
Alexandre: Pourquoi t C'était sérieux t Une fOIS 1
, t sur une erreur liée a un calque sur la langue maternelle, comme ce a
La fille : Ben rnoi, je vous ai apporté la mienne ! su remen .
roduire lorsqu'un apprenant anglophone dit « mon femme • pour par-
peut se P ,
Hors situation et hors contexte, ce dialogue est presque incompréhensible. En celle qui lui est la plus chere au monde.
d
fait, la fille veut dire a Alexandre : ler e. pie correction « en ec , h o" su ffIra pour que peu a'1"peu automatisme d e
Une sirn
Ma photo -> Une pboto de vous et que vous aviez promis de lation possessive en francais se mette en place.
Ia re d' une 1angue etrangere,
' ,
me donner. Dans tout enseignement /aoprenti
apprentíssage on s ,e ff orcera
La mienne -> Une photo de moi que j'avais pro mis de vous de se rappeler que c'est l'apprenant qui apprend. .
apporter. L'enseignant, s'il ne veut pas devenir un blocage ?!..l'apprentissage, s'efforcera
lei, « ma photo " et « la mienne " réferent a deux objets différents, dont un de laisser ses apprenants apprendre, tout en leur donnant les moyens « dis-
seul représente réellement le portrait de la fille, l'autre référant au portrait crets " de le faire.
d'Alexandre. Les apprenants ne sont pas des tabula rasa, ils sont tout a fait capables de pro-
fíter efficacement d'une correction " en écho », qui les informe tout en les lais-
sant libres de s'auto-corriger individuellement.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE Cependant, lorsque l'erreur est liée a un calquesurlasyntaxede la langue mater-
~ On ne négligera pas dans Í'enseígnement/apprentíssage du FLE l'élasticité '\ nelle, comme cela peut étre le cas dans les productions des apprenants italiens, il
de sens que peuvent avoir les déterminants possessifs en francaís, sera indispensable d'expliquer le fonctionnement de la structure francaíse et de
Cette mérne élasticité pourra servir de base pour l'élaboration d'exercices de corriger systématiquement les erreurs, quand elles se manifestent :
transformation (ou des paraphrases) faisant apparaitre une relative ~étermina- *J'attends une ta lettre.
tive : *J'ai téléphoné a le mon pere.
Ma banque est fermée. -> La banque oü j'ai un compte. *On sort avec les mes parents.
Je vais acheter mes baskets. ---+ Les baskets que j'ai vues et qui Ce type d'erreurs laisse entendre qu'en italien l'adjectif possessif peut se corn-
me plaisent. biner avec un article défini ou indéfini, sur l'axe syntagmatique, car dans
j'ai manqué mon train. ---+ Celui que je devais prendre a cette langue le possessif est réellement adjectif et ne permet pas d'actualiser
telle heure. le nom.
En francais, cela est impossible car les articles définis et indéfinis, le démons-
• L'enseignement/apprentissage des démonstratifs et des possessifs (adjectifs
tratif et le possessif font partie d'un mérne paradigme, celui des déterminants,
et pronoms) devrait étre simultané, si on veut bien consta ter ce qui se passe
ce qui exclut leur présence simultanée sur l'axe syntagmatique.
effectivement dans toute situation de communication réelle.
Le possessif francais actualise le nom de facon définie, tout en 'indiquant la
• Il est essentiel qu'un apprenant comprenne tres vite les différentes structures dépendance.
linguistiques susceptibles de marquer l'appartenance. Lorsque l'actualisation est de type indéfini, le francaís a recours a la construc-
Tout cloisonnement, par étude systématique de catégories grammaticales trop tion suivante :
isolées les unes des autres, risque d'empécher la conceptualisation des équi- Un de mes freres.
valences entre des énoncés comme : Les hispanophones ont beaucoup de problemes pour différencier les emplois
C'est le livre de Pierre. de « ses • et « leur/leurs " :
C'est son livre. 'Le dimanche, les enfants vont diner chez ses parents. (leurs
C'est celui de Pierre. parents)
C'est le sien. *Les Cormeaux sont partis sans ses enfants. (leurs enfants)
Ce livre est a Pierre. "Sa mere de les enfants est pharmacienne. (leur mere)
C'est a Pierre. "Ils ont vendu sa maison de campagne. (leur maison)
L'enseigneinent/apprentissage d'une langue étrangere exige que les appre- Ce type d'erreurs implique que l'enseignant devra insister sur la référence au
nants soient confrontés au « sens " vébiculé par des formes, rnéme si celles-cí Possesseur :
paraissent souvent trop complexes du point de vue des enseignants. - Un seul possesseur ? --+ son, sa, ses ...
- deux ou plusieurs possesseurs ? --+ leur, leurs ...

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Des exereiees systématiques en contexte permettront aux étudiants de s'ap- • j\ttention, selon 'la situation d'emploi, les etres non dénombrables
proprier les emplois du possessif se référant a un seul individu ou a plusieurs euvent étre envisagés comme des unités individualisées, c'est-a-dire de facon
(cf Premiers exercices de grammaire, pp. 73-74, © Hatier-Didier, 1983) .. ~énornbrable. Par exemple, « pain " est généralement eonsidéré eomme " mas-
On trouve ehez les anglophones l'erreur suivante : íf non dénombrable :
s " On mange du pain a tous les repaso
*Il a toujours ses mains dans ses poehes. (les mains dans les
poches) je vais aeheter du pain a la boulangerie.
(C'est-a-dire : une certaine quantité de pain.)
En francaís, contrairement a ce qui se passe en anglais, c'est l'artic1e défini qu¡
Mais, a la boulangerie, on dira :
actualise le substantif lorsque la relation d'appartenance est évidente (les par-
je voudrais un pain, s'íl vous plait,
ties d'un tout),
Donnez-moi trois pains et six croissants.
• D'une facon générale, I'enseignant minimisera la gravité des erreurs liées aux CC'est-a-dire un certain nombre d'unités individualisées.)
automatismes (genre, nombre). De rnéme. observez la différence entre : ,
Ceux-ci se mettront en place peu a peu, et d'autant plus facilement qu'on ne j'ai trouvé un travail dans une entreprise de jouets.
-leur donne pas une importance démesurée lorsqu'une erreur se produit. Ces jeunes gens cherchent du travail.
Rappelons que la correction « en écho " ne coupe pas la parole aux appre- Il a une chance sur deux de réussir a cet examen.
nants, elle leur signale simplement que leur formulation peut étre améliorée. Elle a eu de la chance, elle a été recue a son examen!
Cependant, il faudra également proposer des exercices de grammaire en situa-
• Les noms abstraits sont généralement actualisés par les quantificateurs du
tion, exercices qui aideront les apprenants a réfléchír sur les différences d'ern-
non comptable : .
ploi des poss~~sifs, notamment pour ce qui concerne les différences d'emploi
Vous avez du courage ?
de ,; ses " et « leur/leurs ». '.
'\ Il faut de la patience et de 1'énergie.
.. Vous avez eu de la chance !
Quand ces noms abstraits sont qualifiés par un adjectif, ils sont alors précédés
6. La quantification d'un quantificateur du comptable :
CE QU'IL FAUT SAVOIR Vous avez eu un courage extraordínaire !
Elle a une patience d'ange ! .,
• Il est possible d'actualiser un nom commun en le quantifiant. Les quantifi- Ils manifestent une énergie hors du commun.
cateurs sont de deux sortes :
• Les noms désignant des éléments naturels sont le plus souvent actualisés
1. Ceux qui servent a compter ou a additionner les etres dénombrables:
l'artic1e indéfini un, une, des et les nombres.
\ par des quantificateurs du non comptable :
Un emploi tout de suite ! Il y a du soleil, aujourd'hui.
Deux paquets pour le mérne prix ! Il y a du vent et de la pluie sur les cates.
Il y a déjá de la neige sur les Alpes.
Des appartements disponibles immédiatement !
. Un bouquet de sept roses rouges. Il y a souvent du brouillard sur les routes, soyez prudents !
Des fleurs pour sa féte ! Il Y a de 1'orage dans l'air !
Quatre personnes au maximum. Qualifiés par un adjectif, ils sont précédés d'un quantificateur du comptable
Des enfants quand on veut et comme on veut. quí les particularise :
Ce matin, il y a eu une pluie torrentielle.
2. Ceux qui servent a quantifier des masses et des volumes d'étres non
Maintenant, il y a un soleil de plomb.
dénombrables : les artic1es partitifs de 1',du, de la.
De 1'eau gazeuse, plusieurs fois par jour ! • Dans le discours de la météo, on peut aussi entendre et lire :
Du lait frais, au petit déjeuner. Aujourd'hui, il y aura des orages et des pluies sur tout le pays.
De la biere ou du coca-cola.
"

• Les noms désignant les activités sportives et musicales sont souvent actua-
• «Eau ", -laít " et « biere " ne sont pas comptables. Pour les quantifier, on doit lisés par des quantificateurs du non comptable :
utiliser :
du -> devant un nom masculin, On fait du tennis et de la planche a voile. .
de la -> devant un nom fémínín, Elle fait de la gyrnnastique et de la danse c1assique.
de l' -> devant un norn commencant par une voyelle ou un Ma fille fait du judo, mon fils de I'aíkído.
«h» muet. Les jeunes jouent de la guitare ou font du piano-jazz.

61
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• Certaines grammaires disent que la présence de du, de la, de l' devant les préciation de la quantité .
noms désignant Sport et musique est liée a la constructíon du verbe faire de ~p quantité peut étre appréciée en plus ou en moins, selon le point de vue
Toote
comme il existe, effectivement, un verbe jouer de. ' do locuteur :
Mais on note qu'il est possible de dire : uantification orienté e vers le plus (+) ou vers le moins (-) :
Ce matin, je vais faire mon jogging au Luxembourg. 1. La q .(+)
Cet apres-rnidi, je ferai ma gymnastique. (-)--
d'eau
n<L'I peu d'eau un peu d'eau beaucoup d'eau
Mon tennis, je le ferai quand j'aurai le temps ! l'~ d'eofant peu d'enfants beaucoup d'enfants
Exemples qui font totalement disparaítre la préposition de, ce qui n'est pas le pas d urage peu de courage un peu de courage beaucoup de courage
pas eco
cas pour les verbes strictement régis par la préposition de :
J'ai besoin du sport pour étre bien, alors je fais du sport tous • Notez la différence .entre les emplois de peu de et un peu de :
peu d'eau un peu d'eau
les matins.
peu d'enfants
J'ai besoin de mon jogging pour étre bien, alors je fais mon un peu de courage
peu de courage
jogging. •
\ peu d'argent un peu d'argent"
Il s'agit done bien, dans ces emplois, de la vision que le locuteur veut don- peu de fleurs
ner : vision massive (faire du jogging), vision individualisée (faire son jogging). peu d'étudiants
. \
peu de musique un peu de musique
• La forme négative et la quantification. Un peu de ne s'emploie que rarement avec des noms désignant des etres
Quand une phrase est a la forme négative, les quantificateurs subissent les dénombrables.
transformations suivantes : .• Le sens de un peu de est plutót positif(et signifie « une petite quantité ". Le
Nous n'avons pas d'emploi. '\ locuteur met l'accent sur la présence effective) :
On ri'a pas trauvé d'appartement. Donnez-moi un peu d'eau, s'il vous plait.
Il n'y a pas de fleurs dans ce jardin. Nous avons un peu d'argent de caté: nous partons en vacances.
Vous n'avez pas de courage ? Le sens de peu de est plutót négatifOe locuteur oriente vers la quasi-absence).
Ils n'ont pas bu de biere. Ils n'ont pas voulu de !ait. Observez:
Les Comeaux n'ont pas d'enfants, Ils gagnent peu d'argent. Pour moi, ils sont presque pauvres.
et :
• A la forme négative, le quantificateur du nom, comptable ou non comp- Ils ont un peu d'argent. Ils peuvent bien s'acheter une voiture !
table, est de/d' :
• Notez les différences d'emploi entre un peu de et quelques :
Formeafflrmatíve ; Forme négative :
Ce soir, nous recevons quelques amis.
Il a un emploi. je n'ai pas d'emploi.
Quelques étudiants sont absents, aujourd'hui.
Du travail pour tous ! Nous n'avons pas de travail.
On peut fumer quelques cigarettes par jour, sans trap de danger.
Vous avez du courage ? Lui, il n'a pas eu de courage !
De temps en temps, on peut boire un peu de vin a table !
Il Y a des rases. Il n'y a pas de tulipes.
Ayez un peu de patience, tout va s'arranger !
Tu as une voiture ? Tu n'as pas acheté de voiture ?
Ici, on boit de la bíere. On ne boit pas de biere, Quelques permet d'exprimer une quantité comptable limitée.
Vous avez de l'eau ? On n'a pas trauvé d'eau d'Évian. Un peu de permet d'exprimer une quantité non comptable limitée.
Vous voulez du coca-cola? Non, je ne bois pas de coca. 2. La quantification relative :
• A la forme négative, s'il y a emphase - c'est-a-dire une mis e en focalisation H ~W
du prapos (d. dossier 1, 2, pp. 15-16) - le quantificateur n'est pas transformé pas.assez d'eau assez d'eau trop d'eau
en de/d' : pas assez d'enfants assez d'enfants trop d'enfants
pas assez de courage assez de courage trop de courage
- Qu'est-ce que tu bois ? Tu bois du vin '
pas assez d'argent assez d'argent trop d'argent
- Mais non! Je ne bois pas du vin ! Je bois du coca-cola!
(Il boit, non pas du vin, mais du coca-cola. Ce n'est pas du vin • Les quantificateurs trop de et assez de expriment un point de vue subjectif
qu'il boit.) et relatif. Le locuteur peut, en effet, exprimer son appréciation sur une cer-
- Tu as une voiture ? taine quantité qu'il jauge par rapport ases enteres personnels :
- Je n'ai pas une voiture, j'en ai trais ! Il y a trop-d'eau dans ce verre. (pour moi)
(Il a non pas une voiture mais trois.) Il y a un peu trop de fleurs dans ce bouquet. (a mon goút)

62 63
l l '. t de / plus de / moíris de ... que marquent la comparaison entre deux
ea
J ••.•• ~

Il Y.a beaucoup trop d'étudiants dans ce cours. mon avis)


n ~agq~
trop peu d'argent pour faire vivre sa farnille !
Jlo!llS q
uantifiés :
I1s achetent plus de riz
,
que de ble.
Tu, g~gnes beaucoup trop peu d'argent pour louer une
chambre!
~x~ antl'tés , la comparaison de supériorité ou .d'infériorité
. b'
peut se
Dan~ cette tasse, il y a ~sez de café pour Marie. • Entre ~ 'des modalisateurs comme : un peu, beaucoup, ien ...
,\ l.', .' ,1';- \ •.• ', I

Avec trop de, le locuteur indique un exces par rapport a une limite qu'íl se nuancer grac~l~ez nous, on mange beaucoup moíns de pain qu'en,Fr,an~e.
Les enfants ont bien plus de liberté que ceux de la generatlon
fixe. .' . d(:' " . '..,

Avec trop peu de, la limite est franchie dans le sens du " moins -. précédente.
Avec assez,51~)~ Íocuteur indique une limite quí est satisfaisante a son gré,
mais qu'il ne veut pas dépasser. erlatif et la quantification. ,
1- ~ , , ." • (,
• Le sup .' eut étre appréciée superlativement, par rapport a un ensemble
• Pour les emploís de tellernent de et tant de; se reporter au dossier 9, 2, les Une quanute p
. mrne référence :. ~
propositions consécutives, pp. 216-217. pns co je vais vous présenter l'homme qui possede le plus de paturages
et le plus de chevaux de la région. . .,
-, ," { 1..'

~,Certains moyens lexicaux permettent de quantifier un substantif. C'est pourtant le propriétaire qui fait le morns de manieres.
En voici quelques exemples : ncore la présence de la préposition de devant le nom quantifié
1 , • On notera e .
1. Pour les noms dont on veut donner une vision non massive : une dizaine . t e dans une structure comparative ou superlative.
qui en r
de, une douzaine de, des é~~tai~es de, des milliers de, un grand nombre de,
un groupe de, une foule de, un tas de, etc. • La reprise du norn quantifié par le pronom ,en.
Ils travaillent avec une centaine d'employés. \. En est le pronom substitut d'un nom quantlfle (cf dossier 1, 1, p. 13 et dos-

2. Pour les noms dont on veut donner une vision massive : un kilo de, une sier 2, 4, p. 42) :
livre de, un litre de, une dos e de, une bonne quantité de, un grand volume
~,~.
Pour travailler dans cette entreprise, il faut une bonne
,
dose de
_ Vous vendez des lacets ?
_ je n'en ai pas pour le moment.
- Vous avez du cirage ?
_ Il Y en a de toutes les couleurs.
courage!

• Le récipient ou le contenant peuvent indiquer la quantité : une bouteille de,


- _ h y d •.•de couleur qui irait bien avec mes chaussures ? .
_ Ten ai certainement une pour vous! .
un •.verre de, une tasse de, un pot de, une carafe de, un paquet de, une
• Le pronom en reprend la notion de quantité. S'il s'agit d'un nom dénom-
assiette de, un sac de, un sachet de, etc. , ., ni 1 . par le pronom en demandera en
brable déterminé par" u une", a repnse
je voudrais une bouteille d'eau, un paquet de lessive et un
écho l'emploi de un / une, ou d'un no~bre appropr~é : .' '1
sachet de bonbons.
_ Est-ce qu'il y a un magasm de chaussures, par ici .
• En résumé, des lors qu'il s'agit d'exprimer la notion de quantification, que _ Oui il y en a un sur la place.
, di' '1
celle-ci soit envisagée de facon positive ou négative, on observe toujours la _ Et une banque ? Il Y en a un~ ans e coin .
présence du marqueur de/d' (avec ou sans contraction), sauf pour un/une _ Il Y en a mérne deux ou trois !
(ernployés a la forme affirmative) et pour tous les emplois des nombres. . ~ , .sé es par un quan-
• Les quantités reprises par le pronom en peuvent etre preci
tificateur :
• La comparaison et la quantífication. _ Des magasins ? Il Y en a plusieurs en bas de la ville.
On peut comparer deux quantités : _ ~es cinémas, vous en avez quelques-urts avenue des

1. Comparaison.d'égalité : autant de". que Gobelins. . .


_ Du travail, vous en trouverez tres peu dans cette petite ville.
Ils prennent autant de médicaments que les Francais,
2. Comparaison de supéríorité : plus de ... que • Si le locuteur le désire, la reprise pronominale peut ne pas etre quantifi~e,
Ma mere a k~ plus d'enfants que la vótre. mais tout simplement déterminée spécifiquement par le pronom de repnse
je fais plus de sport que vous. " le" , "la" , "les" : h '1
. _ Vous avez des chaussures de marc e .
3. Cornparaison d'infériorité : moins de ... que _ Oui, vous les trouverez sur le rayon du baso
Chez nous, on mange moins de,pain qu'en France.
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o~ p~ut dor;c ~asser de la notion de quantité indéfinie a la notion de déter.
rrunatron spécífíque. L'inverse est également vraí : vue de chaque grammaire ou de chaque enseignant apporte des inforrnations
- Vous avez encore le journal d'hier ? diverses et variées qui rendent cette question grammaticale tres confuse.
- Je n'en ai plus. J'ai tout vendu. Cest le cas, notamment, dans ces batteries d'exercices dont l'unique objectif
Évidernment, le réf~rent n'est plus considéré de la mérne rnaniere puisqu'il st d'enseigner des formes aux apprenants étrangers, quand ceux-ci auraient
a passa?e d'un objet envisagé comme quantifié a la vis ion du mérne obi y evant tout beso in qu'on leur explicite du sens.
envisage comme spécifiquement déterminé (ou inversement). Jet :1est fréquent de trouver, dans un exercice de grammaire traitant des partitifs,
des mélanges aussi caricaturaux que :
1. Je veux ... omelette.
2. je m'occupe ... omelette, occupe-toi ... salade.
A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE 3. Ne prends pas omelette, c'est mauvais pour ton foie.
~ Aussi faut-il se méfier quand 'on dit, dans une cIasse de langue, que le pr;= 4. On ne fait pas omelette, sans casser des ceufs.
non: .en reprend automatiquement tout nom marqué par un indéfini ou 5. Tu te souviens omelette que j'ai faite lundi dernier ?
partitif un • 6. Donnez-moi encore ... omelette, s'il vous plait.
- Vous avez un titre de transport ? Une carte orange ? En complétant l'exercice, on se rendra facilement compte que:
- je suis désolé, je l'ai oubliée chez moi. a. plusieurs réponses sont possibles, selon les circonstances et le contexte ;
En observant cet ~c~ange, on constate qu'. un titre de transport » ou « une carte b. dans certains cas, la notion de partitif est totalement inexistante (2 et 5)
~range » est ímmédíaternent repris par un pronom personnel COD bien spéci- c. il y a des problernes d'ordre sémantique qui sont négligés, au seul béné-
fique. Certes, on. pe~t retrou~er la transformation avec en, mais cela ne serait fice de la forme ou de l'homonymie.
pas un moyen bien economique : Ce genre d'exercice est rédhibitoire dans l'enseignement/apprentissage d'une
-Vous avez une carte orange ? '\ langue, a moins d'accepter les différentes occurrences possibles et d'en rendre
- Oui, j'en ai une. compte sémantiquement.
[
[ - Pouv~z-v,ous ,m.e m~ntrer ,:-otre carte orange ? • Avant d'enseigner certaines formes grammaticales, íl est indispensable de
- Je suis desole, Je I'aí oubliee chez moi. I réfléchír a ce qu'elles recouvrent sémantiquement. Ce sont des signes de la
Si ce de:~ier éc~ange est effectivement tout a fait grammatical, il n'est guere facon dont le francais découpe la réalité.
appropne aux circonstances ! La vision d'un etre de l'univers peut étre volontairement décrite cornme mas-
Da~s la ~onvers,atio~ quotidien~e, j] y a ellipse possible de certaines transfor- sive, mérne si généralement cet étre est le plus souvent considéré dans son
mations intermédiaires, pour repondre aux exigences de l'économie de la aspect non massif. Ainsi, selon le contexte, on pourrait .avoir :
parole. _ (1) Qui vol e un ceuf, vole un bceuf.
Mais un apprenant, a-qui on donne les regles formelles de la grammaire hors (2) Il n'a pas volé un ceuf, de sa vie !
contexte, ~eut les appliquer telles qu'on les lui a apprises et dire, pensant res- (3) Tu peux acheter des ceufs ? Une demi-douzaine d'ceufs, s'il
pecter la regle : te plait.
- Vous avez une carte orange ? (4) Malheureusement, je n'ai pas trouvé d'ceufs au marché!
*- Ten ai oubliée une, chez moi. (5) Il n'y avait pas un ceuf a l'épicerie.
(6) Oh ! Tu as renversé de l'ceuf sur ton pull !
Réponse qui est possible, a condition que l'apprenant ait une autre carte
orange· sur lui ... Dans le dernier contexte, c'est la vision massive qui est choisie, alors que dans
A force de « récit~r » aux apprenants des regles, hors situation d'emploi, on tous les autres cas, la vis ion non massive ou dénombrable est préférée.
peut les conduire a des erreurs tout a fait regrettables. Dans deux des contextes (2 et 5), on observe qu' a la forme négative, le quan-
tificateur « un " ne subit pas la transformation en " de/d-, paree que c'est la
fonction d'ernphase ou de renforcement qui l'emporte. C'est une mise en foca-
~ On imagine les difficultés qu'ont les étrangers a maitriser le systeme de
quantification du francaís. lisation que l'on peut retrouver dans des structures du type :
- Tu as mis des ceufs dans ce gáteau ?
Ces difficult~s sont accrues du fait que les grammaires et les enseignants ne
- Mais non, il n'y a pas des ceufs dans ce gáteau ! Il n'y a que
sont pas toujours d'accord dans leurs explications.
des blancs (d'oeufs).
Par exem~l~,. certains distinguent deux catégories grarnmaticales : les partitifs
et les indéfinís, Dans les partitifs, certains cIassent « du ", «de la », "de 1'" et
A l'oral, ces phrases sont dites avec un accent d'insistance tres caractéristique
mis Sur le quantificateur « des ».
« des ", d'autres en excIuent « des ». Certains parlent des partitifs en incl t
. bi 1 dé uan
aUSSI ren es eterminants comptables que non comptables. Enfin, le point de • On se rappellera, pour expliquer la différence entre massif et non massif,
que l'etre envisagé comme massif comporte toutes les propriétés reconnues
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DOSSIER 4
a cet etre. Quelle que soit la quantité de " massif .. invoquée, c'est toujours glo-
balement du « massíf .. : par exemple " une goutte d'eau ", c'est toujours de
l'eau CH20) ! Alors qu' " un morceau de tasse ", ce n'est pas globalement "une
L'affIrmation
tasse ", c'est autre chose ...
et la négation
~ Tres longtemps dans l'apprentissage du francaís, on rencontre des erreurs
concernant l'expression de la quantité :
"Il faut avoir patience.
*Un peu de l'huile.
*Beaucoup des couples ont peu des enfants. 1. L'affirmationet la négation absolue
"Il est nécessaire de faire enfants.
"Pour avoir assez du plaisir, il faut aimer la vie. CE QU'IL FAUT SAVOIR
"[e ne mange pas viande.
"Si j'avais du argent, j'acheteraís d'avion. • Une phrase peut étre a la forme affírmatíve :.
'La France consomme beaucoup les médicaments, deux fois les je suis Iibraire. .
autres pays. Les parents travaillent.
"Ils voudraient temps pour mieux travailler. Vous aimez lire.
*Jacques fait plus sport que Pierre.
ou a la forme riégative
"Il y a aussi des crayons que des gommes. je ne suis pas libraire.
"Il y a de plus de plus accidents. Les parents ne travaillent paso
*Avec plus assiduité que moi. Vous n'aimez pas lire.
'Ce que donne le plus plaisir dans la vie.
.Pour marquer la négation absolue, on utilise deux particules négatives, ne
Certaines de ces erreurs peuvent provenir de calques sur la langue mater- et pas, placées avant et apres le verbe :
nelle. Beaucoup de langues ont recours au déterminant zéro pour évoqt¡¡er la Il ne travaille paso
quantité non dénombrable (Allemands, Anglais, Slaves).
D'autres erreurs sont liées a I'apprentissage de la morphologie des quantifica- • Le e de la particule négative ne s'efface devant une voyelle (" y » et "en ,,) et
teurs (du, de 1', de la) ou encore a des confusions phonétiques entre" de » et devant un verbe commencant par une voyelle ou un « h » muet :
« des .. que I'apprenant n'arrive pas a différencier, ce qui est le cas pour les his- Il n'est pas libraire.
panophones notamment. Elle n'habite pas a Paris.
Il est done importans de rechercher et de comprendre la raison de I'erreur, afin . Non, elle n'y habite paso
de proposer des exercices adéquats : correction « en écho .., mais aussi exer- je n'ai pas la carte de séjour.
cices de systématisation et de réflexion sur les productions fautíves. Vous ri'étes pas pharmacien ?
Enfin, des erreurs sont dues a la confusion sémantique entre" beaucoup de ..
• Le présentateur e'est a pour forme négative ce n'est paso Le présentateur il
et « trop de ", " un peu de » et « peu de », comme le prouvent les énoncés sui-
y a a pour forme négative il n'y a paso
vants :
Ici, ce n'est pas la place du Palais Roya!. C'est la place des
*J'aime bien le métro paree qu'il donne trop de facilités.
Vosges. .
"Il faut savoir rever. Nous sommes trop occupés par nos études.
Dans ce laboratoire, il n'y a pas dix chimistes, mais il y a trois
*Donc, il nous faut peu de relax, peu de réves, peu de loisirs.
médecíns.
~ Dans la comparaison des quantités, les apprenants oublient souvent la par- • A. l'oral, et en registre de langue ordínaire, ne peut s'effacer cornpletement :
ticule « de » : j'ai pas la carte de séjour. .
"Les Francais consomment plus les médicaments que les autres Il a pas le téléphone.
choses. Vous étes pas francais ?
Parfois, ils emploient l'article « des .. :
• Pas peut s'employer seul devant un pronom tonique, un substantif, un adjec-
*J'ai plus des chemises que des pantalons.
Quand ils maitrisent la forme comparative, ils continuent a mettre « des » apres tif, un adverbe :
la conjonction « que" : - Qui veut venir travailler samedi ?
*J'ai autant de chemises que des pantalons. -Pas moi.
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- Je peux prendre ta voiture ce soir ?
- Pas ce soir. _ Vous ne travaillez pas ?
_ Si, je travaille.
- 11st'ont proposé de l'argent ?
- Pas de l'argent, des heures supplémentaires !
- Quand puis-je venir ? n pas .. · ; et non pas ...
• NO une opposition a caractere emphatique, on peut employer non
- Pas demain, apres-dernain. pour rnarquer '
- Comment as-tu trouvé les Boli ? pas: Je fais, non pas du ski alpin, mais de la l~ge.
- Pas désagréables du tout. I1s habitent en Suede et non pas en Norvege.
• En modalité interrogative, s'íl y a une inversion, les particules négatives ne
et pas encadrent l'inversion : ne verbe + pronom personnel sujet pas.
• N'est-ce pas ? .' . "
N'avez-vous pas le téléphone ? / ífíer l'exactitude d'une ínformation, on utilise le morpheme n est-ce
pour ven 1
N'est-elle pas francaise ?
Ne travaillent-ils pas ? pas? :
_ Vous étes francais, n'est-ce pas ?
_ Non, je suis italien !
• Attention, si le verbe est a un temps composé les particules négatives ne et
pas encadrent l' auxiliaire : _ Marie Boli est chimiste, n'est-ce pas ?
Elle n'est pas partie, elle est restée a Paris. _ Oui, elle est chimiste.
Je n'ai pas visité le musée d'Orsay, mais j'ai vu l'exposition L'information que l'on veut vérifier peut étre a la forme négative :
Barnes. _ Vous n'étes pas francais, n'est-ce pas ?
Hier, ils n'ont pas acheté le journal, ils ont acheté le Pariscope. - Non, je suis italien.
• Un verbe a l'ínfínítíf peut étre a la forme négative. Dans ce cas, les deux _ Marie Boli n'est pas chimiste, n'est-ce pas ?
particules négatives sont placées devant l'infinitif : - Si, elle est bien chimiste, je vous assure !
Ne pas éteindre le chauffage.
Ne pas ouvrir les fenétres. • En langage ordinaire, n'est-ce pas ? peut se prononcer lspa ?l. Ce morphe-
Il a eu une amende pour ne pas avoir composté son billet. (1) me interrogatif est aussi couramment remplacé par hein ?
Il a tout fait pour ne pas payer cette amende.
(1) Quand le verbe est a l'ínflnítíf passé, les particules négatives peuvent • La négation absolue ne ... ni ... ni ...
aussi encadrer l'auxiliaire : Les éléments négatifs ni et ni sont employés a la place de pas quand la néga-
Il á eu-une amende pour n'avoir pas composté son billet. tion doit porter sur au moins deux termes coordonnés dans la phrase.
Elle a manqué son train pour ne s'étre pas réveillée a l'heure. Les particules négatives ni ... ni ... peuvent :

a. marquer les sujets coordonnés d'un verbe :


• Oui, non, si.
Ni Pierre ni Marie ne partiront en Chine, cette année.
Pour répondre a une question totale (c'est-a-díre une question introduite par le
morpherne est-ce que ou par une simple intonation montante), on utilise : b. porter sur :
- oui, pour confirmer : l'information demandée est vraie ; - les compléments coordonnés d'un verbe :
- non, pour infirmer : l'information demandée est fausse. Paul n'a pris ni le train, ni l'avion.
- Est-ce que c'est la tour Montparnasse ? Nous ne faisons ni tennis, ni golf.
- Oui, c'est bien \;a. A cette soirée, je n'ai vu ni Pierre, ni Marie.
Ils ne vont ni au théátre, ni au cinéma.
- C'est l'Arc de Triomphe ?
- Non:, c'est le Carrousel. - les attributs coordonnés du sujet :
\ Marie n'est ni grande, ni petite, ni jeune, ni vieille.
~ Quand ce type de question est a la forme négative, on utilise pour
répondre: - des infinitifs coordonnés :
- non, pour confirmer : l'information demandée est vraie ; Marie Boli n'aime ni danser, ni voyager.
- si, pour infirmer : l'information demandée est fausse.
Dans ces différents cas, seule la particule ne precede le verbe conjugué.
- Vous n'étes pas francaís ?
l1 en est de me me pour les verbes conjugués a un temps composé :
- Non, je suis italien. "
Hier, Pierre n'a ni dansé, ni chanté.
70 71
Lorsque cette négation s'applique a des verbes conjugués a un temps simple, C'est le plus beau spectacle qu'ils aient jamais vu.
on trouve soit la forme ne ... ni ne, soit la forme renforcée (a valeur d'insis_ d verbe est cooccurrent d'un superlatif.
tance) ni ne ... ni ne : cet a
Pierre ne danse ni ne chante.
Pierre ni ne danse ni ne chante.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE

, rentissage de la forme négative demande du temps. Les apprenants


• La négation absolue ne ... pas ..., non plus. ~Lapp
. t d'abord se rappeler qu'i íl f aut d eux e'1'ements negati
ézatif S. Au déb
e ut, 1'1s en
doNen .
Lorsque, dans une phrase a la forme négative, les verbes sur lesquels porte la blient au moms un :
négation sont coordonnés, il est possible d'utiliser la négation ne ... pas ... , non OU 'Je pas comprends, je pas finis, ilne vient.
plus, de la facon suivante : -je pensais partir, mais il ne fut comme ea.
Ils ne vont pas al} théátre et ils ne vont pas au cinéma, non plus. Ensuite, les deux particules sont liées, comme -dans :
Marie Boli n'aime pas danser et elle n'aime pas voyager, non . . 'Je ne pas comprends, je ne pas finis.
plus.
Lorsque le systeme se met en place, I'apprenant, qui a compris la place des
Non plus est un élément négatif de renforcement qui s'oppose, sérnantiqu-; deux particules négatives par rapport au verbe, produira des énoncés du type :
ment, a aussi (égalernent) : . ']'ai ne compris pas, j'ai ne fini paso
Ils vont au théátre et ils vont au cinéma, aussi. 'Je ne pars en Floride jamais.
Non plus signifie qu'au moins deux noms ou deux verbes coordonnés SOnt 'Je me leve a cinq heures du matin jamais.
chacun, également niés : ' 'Je ne veux rester pas ici.
Marie n'aime pas danser, Pierre non plus. . Enfin, une fois le systerne de base stabilisé, l'étudiant confondra ou accumu-
Elle ne fume pas et elle ne boit pas, non plus. '\ lera les particules négatives :
Cette' année, je n'irai pas en Chine, Pierre et Marie non plus. 'Je jamais mange pas la viande.
• Dans la conversation quotidienne, non plus et aussi permettent aux inter- 'Je ne jamais mange pas la viande.
locuteurs de se confirmer réciproquement la similitude de leurs cornportements "[e ni mange, ni bois pas, etc.
ou de leurs attitudes (cf. dossier 2, 2, p. 27) : Certaines de ces erreurs sont facilement corrigées, notamment si I'enseignant
- Elle n'aime pas danser. explique que la négation encadre le yerbe conjugué et, qu'aux temps compo-
- Moi non plus. sés, c'est bien I' auxiliaire qui est le noyau verbal.
- ]'adore rester chez moi. La correction "e,n écho » mais aussi de nombreux exercices systématiques en
- Moi aussi. contexte aideront I'apprenant a mettre en place ces automatismes nécessaires.
Quand les comportements et les attitudes des interlocuteurs sont opposés, la
divergence s'exprime de la facon suivante : ~ Dans l'expression d'une opinion, d'un sentiment ou d'un commentaire en
- je n'aime pas danser. franc;:ais, les étrangers sont souvent tres surpris de découvrir la fréquence d'ern-
- ploi de la forme négative :
- Moi si!
- ]'adore res ter chez moi. Ce n'est pas mal!
- Pas moi ! (ou : moi pas !) Ce n'est pas mauvais !

• La négation a valeur temporelle absolue ne ... jamais.


A la différence de ne ... pas, cette négation a une valeur temporelle. Elle s'op-
I Il ne fait pas chaud !
Elle n'est pas laide !
Ce n'est pas banal!
Vous n'étes pas sans savoir que ...
pose, sémantiquement, a l'adverbe temporel absolu toujours :
Sous les tropiques, il ne neige jamais. . je ne suis pas mécontent de constater que ...
Ils ne prennent jamais d'alcool. je ne trouve pas anormal qu'on désire étre totalement informé.
Ces euphémismes sont une caractéristique des normes communicatives préfé-
• jamaís peut s'employer seul :
- Il neige souvent ici ?
•• rentielles dans notre culture, oü les stratégies de minimisation et d'évitement
Jouent un róle considérable dans I'interaction, pour préserver sa face et ne pas
-Jamais.
heurter celle d'autrui.
• Il existe un jamais qui fonctionne comme adverbe de temps, mais qui n'est Ce phénomene communicatif peut étre poussé jusqu'a l'absurde, comme cela
pas négatíf : se vérifie dans bien des prises de parole médiatiques :
C'est la plus gentille personne que j'aie jamiis connue. 'Vous n'étes pas sans ignorer que ...

72 73
« touJ'ours 2 " relatif, indiquant la permanence d'un état ou d'une action
un. Ile en relation avec le passé. Ce «toujours • a pour equrva , . 1ent
2. L'affirmationet la négation relative -
h bltue ,
a " Ces deux adverbes de temps ont pour négation « ne ... plus ».
encore . . " p . ( l .
CE QUJIL FAUT SAVOIR • Il n'a jamais habité Tokyo. Il a toujours vecu a ans. va eur
absolue) .
• La négation relative ne ... plus.
Il dort toujours quand j'arrive. (valeur absolue)
A la différence de la négation absolue ne ... pas, cette négation relative a une' Il est toujours marié, mais il ne vit plus avec sa femme. (valeur
valeur temporelle.
relative)
A la différence de la négation a valeur temporelle absolue ne ... jarnaís, la Il est mi di et il dort toujours. (valeur relative)
négation relative ne ... plus présuppose une durée ayant une borne tempo_
relle initiale dans le passé. .
• L négations relatives pas toujours et toujours pas.
Observez la différence :
L'ad::rbe négatif pas toujours exprime une ;aible fréquen~e et a pour ~qui-
Il ne fume pas. (C'est un non-fumeur.)
valent « parfois » ou « de temps en temps ". C est une des negations possibles
Il ne fume plus. (Mais il a fumé, c'était me me un gros fumeur.) ~
de « toujours 1 » :
La négation relative ne ... plus se comporte syntactiquement comme la néga- Cet enfant n'est pas toujours sage. (Mais il l'est-parfois.)
tion absolue. C'est-a-dire que les deux particules encadrent le verbe conjugué L'adverbe négatif toujours pas a pour équivalent « pas encore ».• C'est une des
ou son auxiliaire a un temps composé.
négations possibles de « toujours 2 » :
Dans la négation relative ne ... plus, il y a une information de durée et une Pierre n'est toujours pas revenu de Cuba.
notion de rupture du comportement dans le passé.
On parle aussi de présupposition, paree que cette négation laisse entendre • Toujours, pas toujours et toujours pas peuvent fonctionner seuls, en pro-
que l'état ou l'action « ont' effectívernent eu lieu » : ,\phrases:
Il ne travaille plus. - Vous faites du sport ?
(C'est done qu'il travaillait avant.) - Toujours !
- Moi, pas toujours.
• Le s de la particule négative « plus" ne ~e prononce paso - Et lui, il fait enfin du sport ?
• Pour renforcer l'effét de continuité, la négation relative ne ... plus ~eut se - Toujours pas.
combiner avec jamais :
Un jour, Marie est partie. Je ne l'aí plus jamais revue. • La négation relative ne ... pas encore.
Cette forme négative signale que l'état ou l'action, exprimé par le verbe, n'est
• La négation relative ne ... plus s'oppose, sémantiquement, aux adverbes tern- p~terminé ou n'a pas eu lieu pour l'instant. En outre, elle présuppose une
porels encore et toujours, qui marquent la permanence d'un état ou d'une intention potentielle de réalisation prochaine :
action par rapport a une borne temporelle dans le passé : - Vous avez visité la tour Eiffel ?
- Ils habitent toujours a Lisbonne ? - Pas encore. Je n'ai pas encore eu l'occasion de la visiter,
- Non, ils n'y habitent plus, depuis huit mois.
- Ils sont mariés ?
- Elle travaille encore chez Peugeot ? - Pas encore. Ils ne sont pas encore décidés.
- Non, elle n'y travaille plus.
• La négation relative ne ... pas encore s'oppose, sémantiquement, a l'ad-
• Il semblerait qu'íl existe une légere nuance de sens entre toujours et verbe de temps déjá :
encore, marquant la continuité ininterrompue. - Vous avez déjá visité le Grand Louvre ?
Observez la légere différence : . - Non, je ne I'ai pas encore visité.
Marc est toujours célibataire.
Marc est encore célibataire. • Pas encore peut s'employer seul :
- Vous avez déjeuné ?
L'adverbe « toujours " semble plus neutre, alors que l'adverbe « encore " pré-
- Pas encore.
suppose un « jugernent » implicite. Le contexte et l'intonation jouent certaine-
ment un róle important dans l'interprétation de ces nuances liées a la présup- • Observez la nuance de sens entre les deux phrases :
position et a l'implicite. Pierre n'est pas encore revenu de Cuba. (L'implicite est : il va
sans doute revenir.)
• Il existe deux adverbes de temps « toujours » :
Pierre n'est toujours pas revenu de Cuba. (L'implicite est : on ne
- un « toujours 1 " absolu, indiquant une fréquence maximum et ~'!.L.§.~.oppose
sait pas s'il reviendra.) .
sémantiquement a « jamais » ;
75
74
.A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE ,-- ~
Classe d'etres Représentation Sens positif Sens négatif
f---"
~ Tous les termes de la négation relative posent des problernes d'apprentís, que1qu'un
personne
sage. unité n'importe qui
Les éleves confondent des éléments Oll créent des associations erronées : personne
quiconque
"Pas déja. (pour ': pas encore ,,)
tout le monde
"je ne pas fume plus. humains
tous/toutes personne
'Je ne plus fume.
ensemble chacun aucun!aucune
Étant donné les différentes valeurs de " toujours • et « encore " il se produit sou- nul/nulle
les uns, les autres
o vent des télescopages de sens, du type : certains, d'autres
- Vous prenez encore des cours de francaís ? ¡.-
- * Pas encare. (le n'en prends plus.) que1que chose rien
unité
n'importe quoi rien
Il se pourrait que certaines des erreurs qui se manifestent, lors de l'apprenrís.
choses
sage de la forme négative, proviennent de la mar:iere dont l~s, eleves tout rien
ensemble
mémorisent les formes de la négation, hors contexte. A force de repeter les tous/toutes aucun/aucune
structures isolées : ne ... pas, ne ... jamais, ne ... plus, ne ... rien, ne ... personne,
quelque part nulle part
ces formes sont automatiquement jointes dans les énoncés produits par les unité
n'importe ou nulle part
débutants. Il faut done veiller a pratiquer ces structures en contexte, pour évi- lieux
ter toute fossilisation des erreurs. ensemble partout nulle part
Des erreurs proviennent de 'la confusion entre" toujours pas » et « pas tou-
'\
jours ", entre « toujours 1 » et « toujours 2 », entre « ne ... plus » et la structure • Parmi les pronoms indéfinis, certains peuvent fonctionner sans renvoyer a
comparative « ne ... pas plus que" : un élément du contexte ; ce sont les nominaux : qiielqu'un, quelque chose,
'Chaque année, je ne retourne toujours dan s mon pays. n'importe qui, quiconque, personne, rien, tout (inanimé), tout le monde, nul.
*Je ne suis toujours pas célibataire. j'ai une ami e ici et la. je suis entrée dans le hall et je n'ai vu personne.
*Je ne fume plus que toi. Oe ne fume pas plus que toi.) ~ Mais quelqu'un m'a appe1ée et m'a dit quelque chose.
D'autres, les représentants, fonctionnent en référence avec un nom du
contexte ou avec son substitut pronominal. Ils sont anaphoriques ou catapho-
riques.
3. L'affirmation/négation et les indéfinis -Aucun, tous, toutes, n'importe lequel, les uns, les autres, certains, d'autres,
CE QU)IL FAUT SAVOIR chacun » sont des représentants :
Je pensais retrouver des amis. Les uns et les autres étaient sor-
• Les Indéfínis de sens positif et de sens négatif. tis. je n'en ai rencontré aucun .
Le systerne des indéfinis se différencie selon que l'on a affaire a des humains, Il n'a lu aucun des livres que je lui ai prétés.
des choses ou des lieux représentant des unités ou des ensembles (voir tableau Les étudiants étaient tous pressés. Ils sont tous partis précipi-
page suivante), tamment. Certains se sont mis a courir dans le couloir.

• Parmi les indéfinis représentants, certains peuvent jouer le róle de nominaux,


• Ces Indéfinis peuvent fonctionner seuls, en réponse a une question :
s'ils sont utilisés seuls, sans référence textuelle :
- Qui as-tu vu ? A chacun sa chacune.
- Personne. Les uns et les autres. (titre d'un film)
- Qu'as-tu fait ? Certains l'aiment chaud. (titre d'un film)
- Rien.
• Les Indéfínís (humains et choses) peuvent étre sujets, attributs ou
- Ou es-tu allé ?
cOrnpléments du verbe :
- N'importe oü.
J'ai Vll quelqu'un .
• Le pronom indéfini " nul/nulle » ne peut pas fonctionner tout seul : Ce n'est pas n'importe qui. C'est quelqu'un !
- Qui est venu ? Quelqu'un m'a dit quelque chose.
- Nul n'est venu. (= personne) e donne pas n'importe quoi a n'importe qui.

76 77
Quelque chose bouge, ici. • Lorsque le verbe est conjugue a un temps composé, rien se comporte
Il mange ri'Importe quoi. ornrne toute particule négative et se place juste apres l'auxiliaire :
e je n'ai rien vu, je n'ai ríen entendu.
Ne parlez a personne de cette histoire.
• Le pronom indéfini « nul/nulle " ne s'emploie qu'en fonction sujet du verbe : • Quant aux indéfinis, personne et nulle part, ils se placent juste apres le
Nul n'est prophete en son pays. articipe passé du verbe a un temps composé :
p je n'ai vu personne, je n'ai entendu personne.
Nul n'est supposé ignorer la loi.
Elle n'est allée nulle parto
« Nul/nulle " n'existe plus vraiment dans le langage moderne ordinaire, mais on
le rencontre a l'occasion dans des proverbes et des dictons. • Conunent différencier les emplois de quelqu'un, n'Importe qui et
• Les indéfinis représentant un lieu sont compléments circonstanciels du quiconque?
verbe : cornrne P. Charaudeau l'explique dans sa Grammaire du sens et de l'expres-
Elle voyage partout. sion, il existe une différence notoire dans les valeurs d'emploi de ces trois indé-
Installe-toi quelque parto finis:
e mets pas ce paquet ri'Importe oü !
1. Quelqu'un : dans l'esprit du locuteur, il y a bien un référent unique et effec-
tif, mais il n'en révele pas l'identité précise (volontairement ou pas).
• Les Indéfiriis de sens positif peuvent entrer dans des phrases affirmatives
Quelqu'un vous a téléphoné.
ou dans des phrases négatives :
j'ai demandé mon chemin a quelqu'un.
Quelqu'un n'est pas encore arrivé. = Il manque quelqu'un.
Quelque chose ne tourne pas rondo = Quelque chose fonction- 2. N'ilnporte qui : dans l'esprit du locuteur, il y a une série de référents pos-
ne mal. .• sibles et effectifs dont chaque unité peut éventuellement convenir.
Il n'est pas parti n'Importe oü. = Il est parti quelque parto '\ Je ne donne pas mon numéro de téléphone a n'Importe qui.
• Dans les phrases a la forme négative, les deux particules négatives ne ... pas N'ímporte qui n'entre pas dans ce salon.
sont obligatoirement présentes : 3. Quiconque : dans l'esprit du locuteur, il n'y a pas de référent effectivement
On ne demande pas quelque chose a n'importe qui ! enuisagé. Il n'y a que des virtualités ou des potentialités de référents.
Ne parle- pas a quelqu'un que tu ne connais pas. Si quiconque ressuscitait, on le saurait. .
• En revanche, les indéfinis de sens négatif entrent nécessairement et ~x~lusi- Malheur a quiconque enfreindra cette loi.
vement dans des phrases a la forme négative. De plus, au plan de la syntaxe, comme le montre l'exemple précédent,
En fonction de complément du verbe, ils se substituent a la particule négative quiconque peut jouer le róle d'un relatif :
pas et sont donc placés apres le verbe : Je donnerai a quiconque me demandera.
Tu n'Iras nulle part, cet été ? eA
qui que ce soit qui me demandera.)
Marie ne mange rien.
je ne vois personne.
En fonction de sujet du verbe, ils se placent au début de la phrase et sont sui- A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
vis de la particule négative ne :
Personne ne viendra ce so ir. ~ L'erreur la plus fréquente consiste a placer incorrectement les indéfinis, per-
Rien ne lui fait peur. Sonne et rien, quand le verbe est a un temps composé :
°Je n'ai personne VU.
• S'il est vrai que les indéfinis de sens négatif se substituent a la particule néga-
°Je n'ai vu rien.
tive pas, ils peuvent cependant se combiner avec les particules jamais et plus,
ce qui souligne la différence entre la négation ne... pas et les négations a Cette erreur pourrait erre évitée, si l'enseignant faisait remarquer aux éleves ce
valeur temporelle ne ... jamais et ne ... plus : phénomene syntactique.
Je ne vois jamais personne. Il arrive fréquemment que les apprenants omettent la particule négative ne :
Ríen ne va plus. "Personne est la.
Personne n'a plus jamais parlé de cette affaire. *Rien bouge.
On peut me me trouver l'étrange combinaison suivante : ou qu'ils utilisent la particule négative pas :
Non, personne n'a plus jamais rien dit ! *Rien ne marche pas.
*Personne ne comprend pas.
qui fait apparaitre six éléments négatifs, dans une phrase ne contenant que huit
*Personne n'est pas venu.
mots ...

78
79
Beaucoup d'apprenants prennent en effet « personne » et « rien " pour. des indé. ur qu'elles puissent, ensuite, étre correctement applíquées, a l'oral et a l'écrit.
finis positifs, au mérne titre que « quelqu'un " et « quelque chose ». P~st I'objeetif de toute activité de découverte des regles,
Il se pourrait aussi que cette erreur provienne d'une confusion ave e le sub- el les apprenants partieíperont aetivement a la déeouverte des regles d'ern-
p~ . .
stantif « la personne ». . et moins ils feront d'erreurs dans leur produetion.
On trouve également des erreurs qui prouvent que l'apprenant ne saisit pas I
pOI

toujours le róle nominal de l'indéfini rien, qu'il prend pour un « représen_


tant » :

'Vous pouvez m'envoyer de l'argent paree que je n'en ai rien. 4. L'affirmation et la négation exclusives
~ Les pronoms indéfinis tout, tous, toutes sont souvent eonfondus et posent CE QUJIL FAUT SAVOIR
des problemes de syntaxe : • Le morpheme seulement et le morpheme ne ... que, communément appelé
1. Fonetionnement syntaxique de « tout " indéfini (róle nominal) : «négation restrictive " permettent d'exprimer l'exception ou l'exclusivité :
Vous savez tout. Tout a disparu du buffet. je fais seulement du tennis.
Il a tout pris. Vous ne savez pas tout. leí, on ne mange que des plats chinois.
Elle fait tout a la maison. On ne vous a pas tout dit. Les voisins n'ont eu qu'un seul enfant.
Elles ont tout mangé. Tout n'a pas été volé. Marie n'aime que Pierre.
Il faudra d'abord distinguer la fonetion sujet et la fonetion COD de « tout ». C'est-a-dire que, hormis l'élément a droite de la structure, tout le reste est nié en
Quand le verbe est a un temps eomposé, les apprenants ont tendancea mettre matiere de sport, nourriture, famille, amour, etc. En d'autres termes, seulement
le pronom indéfini neutre COD en fin d'énoneé et ils le prononcent - tous " ou et ne ... que affirment l'existence ou la présence d'un cas d'exception,
« toutes », comme s'il s'accordait en genre et en nombre: '\ Ces énoncés pourraient également se paraphraser de la facon suivante :
"Il a pris tous/toutes. (Pour : il a tout pris.) Je ne fais aucun sport, sauf du tennis,
A. cause de la prononciation, on peut penser que l'étudiant veut dire : lei, la cuisine chinoise exceptée, il n'y a rien d'autre a manger.
Il les a tous pris. Ils n'ont pas d'enfants, hormis celui-l~.
Illes a toutes prises. Pierre mis a part, Marie n'aime personne.
Mais si l'apprenant veut effectivement dire « il a tout pris », il faudra lui rappe- En fait, dans ce type de discours, on affirme l'existence d'un élément, tout en
ler que « tout » est neutre et que la consonne finale ne se prononce pas. \ niant l'ensemble des autres possibilités.
C'est pourquoi, selon le point de vue de l'interprétation, on devrait plutót par-
2. Fonctionnement de « tous " et « toutes " a valeur de représentants :
ler d'une affirmation exclusive que d'une négation exclusive.
je .Ies connais toutes.
On les-a tous lus. • Seulement, ne ... que peuvent entrer dans une phrase a la forme négative :
Elle les a toutes cassées. Je ne fais pas que du tennis.
Ils ont tous pris l'autobus. lei, on ne mange pas que de la cuisine chinoise.
Elles ont toutes remercié leur hóte. Ils n'ont pas qu'un seul enfant.
Tous sont partis. Marie n'aime pas que Pierre.
Toutes m'ont remercié chaleureusement. Dans ce cas, c'est l'exclusivité qui est niée, alors qu'est aifirmée l'existence
On comprendra facilement que l'emploi de « tous ",et « toutes " donne bien des d'autres possibilités.
difficultés aux apprenants si l'on observe que, quelle que soit leur fonetion
• Notez que le e de la particule que s'efface devant une voyelle.
grammaticale (sujet ou complérnent), ces pronoms indéfinis peuvent se placer
apres le verbe conjugué a un temps simple, mais apres l'auxiliaire en cas de • A. l'oral, de registre familier, la particule ne peut s'effacer :
]'aime que le chocolat. Oe n'aime pas les bonbons.)
temps composé.
En fonction sujet, le pronom indéfini (tous/toutes) peut se placer aussi bien Elle mange que des fruits. (ríen d'autre)
seul en téte de phrase qu'apres le verbe conjugué, mais alors il est en cooc- La particule que porte, alors, un accent d'insistance tres caractéristique.
currence avec un pronom sujet de troisierne personne du pluriel (ils/elles).
En fonction COD, « tous " et « toutes " exigent toujours un pronom de reprise,
« les ». Placé devant l'auxiliaire avoir, ee pronom de reprise implique l'aceord du .A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
participe passé : cela n'est pas simple a maítriser, mérne pour des francophones ! ~ Au cours de l'apprentissage, on remarque que les apprenants éprouvent une
Il faut done encourager les apprenants a observer des mini-corpus (comme eertaine difficulté a placer correetement l'adverbe seulement apres le verbe :
eeux proposés en 1 et en 2) et a coneeptualiser clairement les regles d'emploi "]e seulement bois du laít.

80 81
Ils oublient aussi le plus souvent d'actualiser le nom apres la particule que :
DOSSIER 5
°Je ne fais que tennis.
°Je ne bois que lait.
Il est done utile de leur faire pratiquer la négation exclusive en veillant a l'em-
L'interrogation
ploi correct des déterminants exigés par la syntaxe et la sémantique : et la forme interrogative
n'aimer que
ne prendre que + le / la / l' / les + nom a valeur générale ou nom lié
ne regarder que a une expérience partagée
1. L'interrogation totale
Pierre n'aime que "la lecture.
Il ne prend que le train.
et l'interrogation partielle
Il ne regarde que les films policiers.
CE QU)IL FAUT SAVOIR
ne faire que
• Le point de vue de la communication.
ne prendre que nom non dénombrable ou nom
+ du / de la / de l' + Dans la plupart des échanges. verbaux, les interlocuteurs posent des questions :
n'avoir que abstrait
/1. Soit pour obtenir une information :
Marie ne fait que du tennis. Vous avez I'heure, s'il vous plait ?
Pierre ne prend que du café. Quelle heure est-il ?
Marie n'a que de l'amitié pour Serge Cormeaux. '\2. Soit pour contróler une information :
n'avoir que Il est bien dix-sept heures, n'est-ce pas ?
ne prendre que Vous avez dit douze heures ou deux J•.eures ?
+ un / une / des + nom dénombrable
ne faire que 3. Soit pour demander un service, un conseil ou une explication :
Pouvez-vous me préter votre stylo, s'íl vous plait ?
Je n'ai qu'un franc en poche. Cornment est-ce qu'on peut réparer cette machine ?
Nous ne prendrons que des légumes. Vous savez a quoi servent ces deux manettes ?
Vous ne nous avez fait qu'une visite cette année.
4. Soit pour atténuer la force illocutoire d'un ordre, d'une menace, d'un
reproche:
Des difficultés peuvent également se faire sentir en compréhension orale. Pouvez-vous me taper cette lettre ?
Il peut y avoir des erreurs d'interprétation entre ne ... pas et ne ... que. Est-ce gue tu vas finir par te taire ?
Pour faciliter le décodage correct et éviter toute erreur de sens, I'enseignant Vous n'avez pas honte d'agír de cette rnaníere ?
peut faire faire des activités de repérage auditif, sur une série d'énoncés met- 5. Soít pour des raisons stratégiques :
tant en opposition ne ... pas et ne ... que : a. pour ménager la susceptibilité d'autrui :
A B Chéri, quelle heure est -il ? (= Il est temps de rentrer.)
b. pou- masquer ou voiler une assertion :
1. Il ne mange pas de gáteaux. 1. Il ne mange que des gáteaux.
Les gens n'ont-ils pas tendance a étre égoístes ? (= Les gens sont
2. Elle ne prend que l'avion. 2. Elle ne prend pas l'avion, égoístes.)
3. Je n'ai pas de monnaie. 3. Je n'ai que de la monnaie. c. POur mettre en scene un discours oratoire :
Les apprenants notent sur leur cahier les énoncés qui correspondent a « seule- Alors, qu'en est-il de cette prerniere hypothese ?

ment . ou « uniquement " : A2, Bl, B3, etc. Quelle conclusion faut-il en tirer ?
Pendant les exercices oraux portant sur la négation exclusive, l'enseígnant 6. Soit pour des raisons de rituel :
devrait aussi veiller a ce que les apprenants mettent bien un accent d'insistance - Comment allez-vous ?
sur la particule que : - Ca va ?
- Vous faites du basket?
La modalité syntactique de type interrogatif est done profondément ancrée
- Non, je ne fais que du tennis, etc.
dans toute interaction verbale, au point que certains interactionnistes ont pu
82
83
décrire la conversation comme une chaine de questions/réponses, ce qui n'est uestion partielle interroge sur le propos, indiqué par le sens du rnot
2 Laq
pourtant pas toujours le caso ~terrogatif emp lové
oye :
Par exemple, la « question rhétorique ", qui permet de masquer ou de voiler .,. Qui avez-vous vu ?
une assertion, ne demande qu'une réaction d'écoute mais pas de réponse ver. Comment s'appelle-t-il ?
bale. Ou habite-t-il ?
De plus, on constate bien souvent qu'une question n'est pas obligatoiremeni Que fait-il ?
suivie d'une réponse. Quand devez-vous le revoir ?
Elle peut, en effet, donner lieu a une autre question ou a une réplique SUr Pourquoi ne vous a-t-il pas accompagné ?
la question : . ns sont dites aussi « questions ouvertes ", paree qu'elles ne contien-
- Vous n'avez pas de montre ? ces questlO ,. inf
le rheme et qu'il faut donc attendre la reponse pour obtenir une 1 or-
nentque
- Qu'est-ce que ea peut vous faire ?
mation sur le propos.
- Comment l'entendez-vous ?
• Les questions peuvent étre soit a la forme affírrnatíve, soit a la forme
- Que voulez-vous dire par la ?
négative:
Parfois, l'interrogation peut étre me me considérée comme une réaction ver- Eres-vous arrivés a l'heure a l'aéroport ?
bale, done une sorte de « réponse ", a une simple situation : Pourquoi vous a-t-il accompagné ?
Vous étes allée chez le coiffeur ? Est-ce que vous n'aviez pas perdu votre montre ?
Elle peut étre, enfin, motivé e par un stimulus du type « Alló ? ", a valeur inter. Qu'est-ce que vous n'avez pas apprécié ?
rogative : Est-ce que vous n'étes pas arrivés en retard ?
- Alló ? Pourquoi ne vous a-t-il pas accompagné ?
- Je suis bien chez Marie Boli ?
\ Une question a la forme négative est appelée en grammaire traditionnelle
Quoi qu'il en soit, il est absolument évident que la question joue un róle dia-
une interro-négative.
logique tres dynamique dans toute interaction humaine.
• Syntaxe et intonation.
A l'oral, les questions ont une intonation spécifique :
• Si du point de vue de la communication, il n'est pas certain que la qUfstion l'intonation est montante, pour les questions sans morpheme interrogatif :
se distingue systématiquement de la réponse, du point de vue de la syntaxe, Tu viens ce soir ?
en revanche, les deux modalités sont clairement différenciées. Tu as demandé ates parents de sortir ?
C'est, en effet, par une modalité de type déclaratif (affirrnatif ou négatif), excla- S'il y a plusieurs groupes rythmiques, le sommet de la courbe intonative et un
matif ou impératif que s'exprime une réponse. accent d'insistance indiquent sur quel point d'information porte la question
Observez la modalité syntactique dans ces réponses possibles a la question Tu viens, ce soir ?
« Vous avez l'heure ? " : Tu víens ce soir avec ta sceur ?
Oui, il est exactement dix-sept heures. Tu viens ce soir avec ta soeur ?
Non, je n'ai pas l'heure. /
Tu as demandé ates parents de sortir ?
Ma montre est arrétée.
Tu as demandé ates parents, de sortir ?
Comme vous étes nerveux ! Calmez-vous !
- l'intonation est descendante, suivie d'une légere monté e final e ou de la
tenue de la derniere syllabe accentuée, pour les questions ayant un mor-
• La modalité interrogative. pheme interrogatif :
On distingue deux types de questions : la question totale et la question par- Qui peut me donner l'heure ?
tielle (cf, dossier 2, p. 22). Est-ce qu'il n'est pas l'heure de partir a l'aéroport ?
Quand voulez-vous partir?
1. La question totale ne demande de l'interlocuteur qu'une simple confirmation
Comment voulez-vous que je le sache ?
ou qu'une simple infirmation. Certains préferent l'appeler « question fermée »,
paree qu'elle contient a la fois le therne et le propos : • Le morpheme est-ce que.
Vous étes étrangers ? Presque toutes les questions peuvent se construire avec le morpheme est-ce
Est-ce que vous étes étrangers ? qUe:
Éres-vous étrangers ? - la question totale :
Vous n'étes pas francais ? Est-ce que vous avez l'heure ?

84 85
Est-ce qu'il n'est pas l'heure de partir a l'aéroport ? Quand partez-vous ?
Est-ce que vous vous portez bien? OU allez-vous ?
- la question partielle : Qui devez-vous rencontrer ?
Quand est -ce que vous partez ? Pourquoi faut-il que vous le voyiez ?
Ou est-ce que vous allez ? Combien avez-vous payé?
Comment est-ce qu'íl faut faire ? Que désirez-vous faire ?
Combien est-ce que vous avez payé? Comment faut-il faire ?
Pourquoi est-ce que vous le rencontrez ? Quelle heure est-il ?
Quelle adresse est-ce que vous lui avez donnée ? Quel train devez-vous prendre ?
comme ces exemples le montrent, l'inversion se réalise aussi bien pour les
• Le morpherne « est-ce que" est incompatible avec un adjectif interrogan questions totales que pour les questions partielles.
(quel/quelle) suivi du verbe «etre» : 1
cependant :
Quel est le nom de votre enfant ?
Quels sont ses projets ? 1. La question totale est introduite par le verbe conjugué ou I'auxiliaire :
Quelles sont ses qualifications ? Avez-vous monté mes bagages ?
Les descendrez-vous plus tard ?
• Dans la conversation ordinaire, le rnorpherne " est-ce que" s'efface la plupaj¡
2. La question partielle est toujours introduite par le mot interrogatif, suivi de
du temps, mars cela ne change en rien la modalité interrogative :
Vous avez l'heure ? I'inversion :
Quand avez-vous monté leurs bagages ?
Ce n'est pa~ l'heure de partir a l'aéroport ?
Quand les leur descendrez-vous ?
Quand vous partez ?
OU vous allez ? • On notera que le nceud verbal se déplace avec ses satellites (pronoms com-
Comment il faut faire ? plérnents, dits pronoms clitiques), qui restent bien devant le verbe conjugué:
Combien vous avez payé? Ne les leur avez-vous pas données ?
Pourquoi vous le rencontrez ?
, Quelle adresse vous lui avez donnée ? t
Le morpJ:!eme interrogatif peut étre aussi rejeté a la fin de la question :
• La syntaxe interrogative avec inversion demande quelques précisions
Vous partez quand ? utiles :
_Vous allez oü ? 1. Quand il s'agit d'une question totale, deux cas se présentent :
Vous parliez avec qui ?
a. si le sujet du verbe est un pronom impersonnel, personnel ou démonstratif
Vous avez acheté quoi ? neutre, I'inversion se fait toujours avec ce pronom sujet :
Remarquez I'ernploi de quoi, pronom interrogatif, en fin de question. Est-il déja dix-sept heures ?
Normalement quoi ne s'utiliserait qu'apres une préposition : 'est-il pas l'heure de partir a l'aéroport ?
Avec quoi faut-il ouvrir cette boite ? Est-ce bien votre adresse ?
Mérne si ce sryle d'ínterrogatíon, avec rejet du morpheme interrogatif a la fin, N'ont-ils pas vérifié votre passeport ?
peut paraítre populaire a certains, il est si fréquent a l'oral qu'il doit étre pris M'avez-vous compris ?
en compte dans I'enseignement/apprentissage du francaís langue étrangere, b. si le sujet du verbe est un nom commun, un nom propre ou un autre type
pour que les apprenants puissent comprendre le langage ordinaire, tel qu'il se de pronom, iI faudra faire appeI a un morpheme de support pour procéder
parle. a l'inversíon :
Pierre et Marie ont-ils pris l'avion ?
• L'inversion. Les enfants pleuraient-ils quand leurs parents sont partis ?
Les parents étaient-ils inquiets ?
En registre de langue soutenu, a I'oral ou a I'écrit, la modalité interrogative
donne lieu a une ínversíon , c'est-a-díre que l'ordre des mots Sur l'axe syn- Marie part-elle avec Pierre ?
tagmatique (sujet/verbe), propre a toi te modalité déciarative devient Quelqu'un pourrait-il m'aider ?
verbe/pronom personnel sujet : I ' Ceux-ci partiront-ils ?
Avez-vous l'heure ? 2. Quand iI s'agit d'une question partielle, si l'inversion est toujours possible
'est-il pas l'heure de partir a I'aéroport ? aVec un pronom personnel sujet, quelques réflexions s'imposent concernant
86 87
l'inversion du n0111 propre ou· du n0111 C0111111Un
sujet, en fonction de la De qui les personnes ágées se souviennent-elles ?
construction du verbe : Qui les étudiants ont-ils critiqué?
a. l'inversion peut se faire avec un n0111propre ou un nom comrnun, sujet d'un cependant, on se trouve devant une difficulté concernant cette fois le COD
verbe intransitif : .
. animé d'un verbe transitif direct simple ou complexe :
Ou sont descendus vos parents ? In *Que les voleurs ont-ils pris ?
Quand repartent vos amis ?
Cette forme est incorrecte. Ne sont acceptables que les formes suivantes :
Comment s'est comporté Jacques ?
. Qu'ont pris les voleurs ?
b. l'inversion peut se faire avec un nom propre ou un nom commun sujet d'un Qu'est-ce que les voleurs ont pris ?
verbe transitif complexe, d'un verbe transitif indirect souple ou rigide (cf. dos- En conclusion de cette réflexion, il apparait qu'en registre de langue soutenu, .
sier 2, p. 31) : l'interrogation avec inversion est toujours possible avec un morpherne de sup-
A qui répond Jean ? port. sauf dans le cas du prono m interrogatif que.
A qui a téléphoné Marie ?
A quoi ressemblait cette peinture ?
• Lors d'une inversion, les désinences verbales des troisiernes personnes du
De qui se souviennent les personnes ágées ?
singulier et du pluriel donnent lieu a une liaison en t :
c. l'inversion doit se faire avec le substantif sujet d'un verbe transitif direct Les éleves prennent-íls des cours particuliers ?
(simple ou complexe) quand la question porte sur le COD inanimé : Pierre avaít-í] pensé a lui offrir des fleurs ?
Que fait Pierre ? A la fin du conte, Marie et Pierre décíderent-ils de se marier ?
Qu'a décidé Mqrie ? Lorsque la désinence du verbe est un d, celui-ci se prononce t devant le mor-
Qu'ont critiqué les étudiants ? "Pheme de support :
Mais si le COD est un animé, comment pourrait-on interpréter, sans ambi- L'éleve prend-í] des cours particuliers ?
guité, sa fonction ? Est-il sujet ? Est-il complément ? Par analogie, entre le verbe et le pronom personnel sujet ou le morpherne de
Observez la formulation des questions suivantes : support, se manifeste un « - t - » pour les verbes dont la désinence a la troi-
Qui aímePíerre ? Qui a critiqué l'étudiant ? síerne personne est une voyelle :
Qui a invité Marie? Qui a dénoncé I'évéque ? ~ Marie aime-t-elle Pierre ?
Ce cas d'ambíguité flagrante ne concerne que le nom (propre ou commun) au Pierre lui offre-t-il souvent des fleurs ?
singulier. Au pluriel, les noms en fonction sujet peuvent contourner l'arnbi- L'éleve a-t-il terminé son cours ?
guité, du fait que leur verbe sera nécessairement a la troisierne personne du Réussira-t-il ses études ?
pluriel : ~ A-t-il suffisamment travaillé ?
Qui ont invité Marie et ses amis ?
• L'inversion verbe/sujet avec présence du rnorpheme de support caractérise
Mais cela n'est vrai qu'a l'écrit. non seulement la modalité interrogative, mais la plupart des inversions (apres
A l'oral, ont pourrait toujours se demander qui fait quoi, puisque la dífféren- certains adverbes, notarnment) :
ciation singulier/pluriel n'est pas toujours audible: Peut-etre les voisins décíderent-íls d'aíder Marie.
Qui avaient done critiqué les étudiants ? Aussi Marie fut-elle capable de se tirer d'affaire.
La difficulté releve des deux fonctions (sujet/COD) que peut éventuellement
assumer le pronom interrogatif qui. • Cependant, dans les incises de dialogue, le morpheme de support n'est pas
Pour lever cette ambíguité, quant a la fonction grammaticale du mot interro- employé:
gatif, il faut obligatoirement faire intervenir un morphéme de support lors de -Mercí ", répondit Pierre.
l'inversion : «Quand partez-vous t », demanda la voisine.
Qui Jean aime-t-il ? «OiJ m'emmenez-vous ?", murmura-t-elle.

Qui Marie a-t-elle invité?


• Le morpheme de support n'est pas employé non plus dans l'inversion carac-
D'une facon générale, il est toujours possible d'utiliser un morphéme de sup- térisant, en registre de langue soutenu, les relatives quand le pronom relatif a
port, lors d'une inversion. Que ce morpheme soit nécessaire ou non : Une fonction de complément :
Ou vos parents sont-ils descendus ? La bíere que boit Paul n'est plus tres fraiche.
A qui Marie a-t-elle téléphoné ? Les éleves auxquels pense d'abord cet enseignant sont faibles.
A quoi cette peinture ressemblait-elle ? La personne que préfere Marie ne téléphone pas tres souvent.

88
oalogie presque automatique qu'il est tres difficile de corriger, surtout chez les
A
~ En début d'apprentissage,
PROPOS DU SAVOIR-FAIRE.

il est fréque-nt que les apprenants confondent


- al'
'tudiants atms :
e *Qui est-ce qui tu as invité?
" est-ce que" et " qu'est-ce que" : 'Qu'est-ce que tombe par terre ?
*Qu'est-ce que vous partez ? • Comme ce type de questionnement apparait des les débuts de l'apprentis-
*Est-ce que vous faites ? e il sera indispensable que l'enseignant soit conscient des difficultés qu'il
On ne sera pas surpris que les anglophones confondent tres souvent " oü " er sag ,
représente. Non pas pour l'exclure
'exc ure d e l' apprentissage,
. rnais. pour 1e faí
aire prati-.
" qui " : quer, a l'occasion. par exemple :
"Ou est venu ? _ de jeux de devinettes :
"Ou avez-vous invité? Qu'est-ce qui marche sans marcher ?
Qu'est-ce qui est jaune et rond ?
~ Les questions partielles interrogeant sur les personnes ou les choses (pro- _ de questions sur les connaissances générales :
noms interrogatifs qui et que), avec présence du morpheme est-ce que, onr Qui est-ce qui a inventé le morse ?
une syntaxe qu'il est indispensable d'analyser dans le cadre de l'enseignement Qui est-ce qui a découvert le virus du sida ?
du francais langue étrangere.
Observez: _ de questionnaires d'interviews :
Qui est-ce qui vient diner ce soir ? Qu'est-ce que vous faites ledimanche ?

Qu'est-ce qui fait ce bruit ? Qu'est-ce que vous aimez comme films ?
Qui est-ce que vous avez rencontré ? Lors de ces activités, l'accent sera mis sur l'opposition phonétique (position des
Qu'est-ce qué vous regardez ? '\Ievres) lksskil +-+ [keska] ou lkieskil +-+ lkieskal.
En observant ces exemples, on constate que dans ces questions on a affaire Plus tard dans I'apprentissage, au cours de l'étude des pronoms relatifs, par
d'une part au systerne des pronoms interrogatifs, d'autre part au systeme des exemple, l'enseignant pourra signaler explicitement aux apprenants le jeu
pronoms relatifs. homophonique de ces emplois combinés et faire comparer leurs valeurs
,/

sémantique et grammaticale totalement différentes.


Les deux systemes gardent leurs caractéristiques spécifiques :

1. Il existe une différence sémantique entre les pronoms interrogatifs qui


et qu' (que). Le prono m interrogatif qui interroge sur les étres hurriains (NH+)
et le pronom interrogatif qu' interroge sur les etres non humains (NH-) : 2. L'interrogation indirecte
Qüi est-ce que vous avez rencontré ?
Qu'est-ce que vous regardez ?
et le discours indirect
Qui est-ce qui vient diner ce-soir ? CE QU'IL FAUT SAVOIR
Qu'est-ce qui fait ce bruit ? )
• Lors d'une intervention verbale, il n'est pas rare que le locuteur ait ~ insérer
2. Il existe aussi une distinction syntaxique entre les pronoms relatifs quí et r dans son propre discours des paroles lues ou entendues. C'est un aspect de la
que. Le pronom relatif qui est sujet du verbe de la proposition relative et le polyphonie de la parole. Plusieurs voix, plus ou moins di~tinctes les unes des
pronom relatif que est COD du verbe de la proposition relative : autres, peuvent se faire entendre dans une énonciation et c'est le cas, nota m-
Qu'est-ce qui fait ce bruit ? rnent, dans le discours indirect, dont fait partie l'interrogation indirecte.
Qui est-ce que vous avez rencontré ?
• En syntaxe, on appelle -discours indirect ", le fait d'utiliser un verbe
Qui est -ce quí vient díner ce soir ?
opérateur (verbes du dire) pour introduire dans sa propre énonciation des
Qu'est-ce que vous avez fait ?
parales que l'on a entendues et que l'on désire rapporter.
Des lors, il n'est pas étonnant que ce double systerne pronominal combiné, Les verbes opérateurs de base - dire, demander, se demander, répondre, répli-
interrogatif et relatif, pose d'énormes problernes d'apprentissage aux étudiants quer, nier - font -référence a la modalité syntactique directement employée
étrangers. par l'auteur des paroles que l'on veut rapporter :
D'autant plus que ce sont des homophones (mots ayant une mérne forme)
{

qui répondent a des exigences d'une part sémantiques (qui/qu') et d'autre part 1. « Dire ", " répondre " et « répliquer " font référence a des paroles qui ont été
syntaxiques (quí/que/qu'). énoncées en modalité déclarative (affirmative ou négative) :
C'est pourquoi la distinction sémantique (NH+/NH-) des pronoms interrogatifs Il a dit qu'il avait manqué son avion.
qui/qu' déclenche, avec le systerne des pronoms relatifs qui/que/qu', une Il a répliqué qu'il n'était pas parti en retardo

90 91
2. « Nier " fait référence a une phrase déclarative a la forme négative : Elle a voulu savoir si je resterais encore longtemps dans le pays.
Il a nié qu'll était entré illégalement dans le pays. Enfin, tout le monde s'est demandé si je n'avais pas volontaire-
Il a nié étre entré illégalement dans le pays. ment manqué mon avion !
je vous demande si vous ne trouvez pas cet interrogatoire bizarre.
3. « Dernander », « se dernander », « vouloir savoir " font référence a des parales
qui ont été énoncées en modalité interrogative :
c. le verbe opérateur est suivi du mot interragatif de la question partielle :
Je lui ai demandé ce qui lui était arrivé. Ils ont voulu savoir quand je partirais.
Tout le monde voulait savoir s'il disait bien la vérité. On m'a demandé oü j'avais laissé mes bagages.
Je me suis demandé pourquoi ils étaient si soupconneux.
• D'autres verbes opérateurs feront plutót référence aux intentions de como
je leur ai demandé qui les avait prévenus.
munication de l'auteur des paroles ou aux effets percus, et le plus souvent
interprétés, par le rapporteur. CeÍa peut aboutir a un certain détournement du d. le verbe opérateur est suivi de ce que ou ce qui.
sens premier des paroles originales. La question partielle, au discours direct, commencait par « que" ou « qu'est-ce
Observez et comparez les verbes opérateurs : que/qu'est-ce qui » :
(1) Il a prétendu qu'il avait perdu son passeport, Ils ont voulu savoir ce qui était arrivé.
(2) Il a affírmé qu'il avait perdu son passeport. Elle a demandé ce que je désirais faire.
(3) Il a laissé entendre qu'il avait perdu son passeport. je lui ai demandé ce qu'elle en pensait.
(4) Illeur a fait croire qu'il avait perdu son passeport.
e. le verbe opérateur est suivi de la préposition de + intinitif.
(5) Il a déclaré qu'il avait perdu son passepart.
On rapparte alors une phrase a l'impératjf!au une interrogation totale a valeur
(6) Il a soutenu qu'il avait perdu son passeport.
de demande de permission (cf. infra ~p. 96) :
(7) Il s'est inquiété de ce qu'était devenu son passeport.
Je leur ai dit de m'écouter et de cornprendre ma situation.
(8) Il a supposé qu'il avait perdu son passeport. \ Ils m'ont demandé de partir des le lendemain matin.
• Au discours indirect, on peut trauver : je leur ai demandé de rester dans le pays jusqu'á midi .
Ils m'ont conseillé de ne pas insister.
1. Soit des parales originales directement cité es et mises entre guillemets. Les
Quand il s'agit de rapporter une phrase a l'impératif, le verbe opérateur peut
deux voix sont alors bien distinctes :
étre suivi de que + subjonctif:
]'ai dit : ,,]'ai manqué mon avion .•
]'ai demandé qu'ils m'écoutent et qu'ils comprennent ma situa-
Il a demandé : « Ou est votre billet. • tf'
tion.
]'ai rétorqué : « Qu'est-ce que ea peut vous faire ? »
Ils ont exigé que je parte des le lendemain matin.
l'm.fait : « Il est oü ton passeport ? » je leur ai demandé qu'íls me prétent de l'argent.
A l'aral, et en registre de langue familier, ce type de discours indirect est rela-
Notez que dans ce cas, le destinataire des verbes « dire et demander peut
tivement fréquent. On assiste a une sorte de mise en scene de l'autre voix.
» « »

souvent s'effacer parce qu'il devient alors redondant.


L'auteur original est pour ainsi dire convoqué pour réitérer ses paroles, ici et
maintenant.
3. Soit des paroles originales transposées et catégoriquement intégrées dans
Une différence de hauteur musicale et une rupture caractéristique de la
l'.énonciation du rapporteur. Les deux voix ne sont plus distinctes l'une de
courbe intonative séparent clairement le verbe opérateur des paroles citées.
l'autre, on a alors affaire au discours indirect libre qui se caractérise par
2. Soit des paroles originales transposées : personne, temps, indicateur spatio- l'effacement du verbe opérateur. C'est pourquoi les paroles originales peuvent
temporel vont s'équilibrer en fonction du verbe opérateur et de sa construc- étre imperceptiblement fondues dans le discours du rapporteur (un narrateur,
tion. Les deux voix doivent res ter relativement distinctes l'une de l'autre, pour le plus souvent) :
éviter toute ambiguité d'interprétation : Sur une chaise en paille fort peu confortable, le suspect n? 1,
a. le verbe opérateur se construit avec que. Pierre Maussin, réfléchissait. Il n'avait pas l'air disposé a répondre
C'est le cas lorsque l'on rapporte au discours indirect une phrase déclarative : a la question que lui avait posée quelques instants auparavant le
Je leur ai dit que j'avais manqué mon avion. juge Marchand ; mais celui-ci était patient : il attendrait le temps
Ils m'ont dit que je devrais partir le lendemain matin, au plus tardo qu'il faudrait !
b. le verbe opérateur se construit avec si. « 11attendrait le temps qu 'ilfaudrait !» est au discours indirect libre.
Cette construction signale le passage a l'interrogation indirecte d'une question Le juge a probablement dit : " ]'attendrai le temps qu'il faudra-, mais ses
totale . paroles sont rapportées sans verbe opérateur, de sorte qu'elles semblent « pha-
Il m'a demandé si j'avais fait exprés de manquer mon avion. gocytées • par le discours narratif qui se les approprie.

92 93
Le discours indirect libre est fréquemment employé en littérature. Gustave . c'e le voyageur malchanceux qui, quelques jours plus tard, rapporte ses
st
Flaubert en a fait, par exemple, un élément caractéristique du sryle de Madam 51
opres paroles :
&~ry e pr (1") Ils m'ont deman,dé ce que je faisais la, a l'aéroport.
(2") je leur ai dit que je ne faisais rien de mal.
(3") Je leur ai demandé pourquoi ils m'arretaient.
• La concordance des temps au discours indirecto
(4") je leur ai expliqué que j'avais manqué mon avion le matin
Le ,:erbe ~p,érateur, est souvent a un temps du passé, ce qui est normal uis .
qu il faít reference a un événement antérieur. p - mérne.
(S") je leur ai affirmé que je prendrais l'avion du lendemain
• Le ~ait que1: verbe opérateur s?it au passé va influer sur le temps des verbes matin.
du discours direct (d. dossier 8, fí, pp. 169-170) : Si c'est I'agent de police qui interroge a nou0fau le voyageur, quelques
Au disc~urs direc:,. les verbes sont : Au discours indirect, les verbes seronr . heures apres l'arrestation, mais cette fois au cpmmissariat :
1. au present de l indicatif -+ a l'impa fait . (1"') Je vous ai demandé ce que vous faisiez Iá-bas, a l'aéroport.
2. au passé composé -+ au plus-que-parfait (2"') Vous m'avez dit que vous ne faisiez rien de mal.
3. au futur simple -+ au conditionnel présent ~ (3"') Vous m'avez demandé pourquoi je vous arrétais.
Ce~te transposition tempo~elle que subissent les verbes du discours direct, lors- (4''') Vous m'avez expliqué que ce matin vous aviez manqué
qu 1Is entrent dans un díscours indirect, est appelée la concordance d votre avion,.
temps. es 'Ir (S"') Vous m'avez affirmé que vous prendriez l'avion demain
A~.:u~e,.transposition temporelle n'a lieu si les verbes du discours direct sont matin.
deja a l'imparfait ou au plus-que-parfait : .
- discours direct : A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
j'étaís parti en retard de chez moi paree que je ne retrouvais plus
mon passeport. ~ On a I'habítude, dans les classes de francais langue étrangere, de passer
- discours indirect : beaucoup de temps a l'enseignement/apprentissage du discours indirect.
Je leur ai (expliqué que j'étais parti en retard de chez ~oi paree En francais, cette sítuation de communication est en effet tres fréquente dans la
que Je ne retrouvais plus mon passeport. . conversation ordinaire, dans les médias (presse et télévision) et en littérature.
¡J-' Il est done utile de travailler en classe le passage au discours indirect, a condi-
tion que les circonstances de ce type de' discours soient bien respectées.
• D'autres transpositions grammaticales sont également attendues dans le pas- Il ne faut pas, en revanche, choisir cette activité dan s le seul but de procéder
s~ge au díscours indirect. Les pronoms personnels de l'interaction a de simples exercices de substitution paradigmatique et de transformation syn-
Ge/vous/tu) peuvenr s'inverser (tu/vous/je) ou subir un glissement vers la troi-
, tagmatique.
sle~e personne (il(elle) et tous les embrayeurs spatio-temporels peuvent Certes, ces activités permettent effectivement aux apprenants de s'exercer a
perdre leur statut d "mstances du discours », l'emploi des pronoms personnels, des temps du verbe, des indicateurs spatio-
Observez : temporels, mais il faut que la situation de communication soit toujours bien
(1) Qu'est-ce que vous faites id? appropriée. On ne transpose pas systématiquement au discours indirect tout un
(2) Je ne fais rien de mal!
dialogue. ILfaut tenir compte des circonstances.
(3) Pourquoi m'arrétez-vous ? Ces activités qui consistent a mettre au discours indirect seront d'autant plus
(4) je suis parti en retard ce matin et j'ai manqué mon avion. efficaces en-classe qu'elles entrent dans un cadre « dramatico-ludique ».

(S) Je prendrai l'avion de demain matin. . Par exemple, « témoignage et confrontation des témoins a la suite d'un événe-
P~ur rapporter, quelques jours plus tard, ces paroles entendues dans un ment " ou encore « mise en scene d'un journal télévisé " ou enfin « rédaction
aeroport, on doit procéder a des transformations lin¡uistiques. d'un article de journal ".
Observez : .~
(1') lis lui ont demandé ce qu'il faisait la, a l'aéroport. ~ Les éleves cíoivent apprendre a distinguer progressivement les transforma-
(2') Il a dit qu'il ne faisait rien de mal. tions propres :
(3') Il leur a demandé pourquoi ils l'arrétaient. - aux phrases déclaratives ;
(4') Il leur a expliqué qu'il avait manqué son avion ce matín-Iá - aux questions totales;
paree qu'il était parti en retard a I'aéroport. - aux questions partielles ;
(S') Il leur a affirmé qu'il prendrait l'avion du lendemain matin. - aux phrases a l'impératif.
95
94
C'est-á-dire :
,
1. employer le verbe opérateur qui convient, selon la modalité syntaxique de (1) Il m'a demandé de me taire et de l'attendre.
la phrase a transforrner ; (2) Je leur ai demandé de me reconduire a l'aéroport.
• 1. (3) Je leur ai demandé de sortir et rnérne de partir .
2. utiliser correctement « si » ou le mot interrogatif adéquat ; (4) je leur ai demandé si je pouvais sortir et me me partir.
3. ensuite, apprendre a transformer en « ce que" et « ce qui » les questions par- . (5) Je leur ai demandé qu'ils sortent et me me qu'ils partent.
tielles commencant par « que" ou « qu'est-ce que/qu'est-ce qui » ; (6) j'ai demandé que mon passeport me soit rendu.
O) Elle a demandé que son fils puisse partir avant midi.
4. transposer en « de " + infinitif, des phrases impératives et des questions
(8) j'ai demandé a pouvoir au moins parler a mon avocat.
totales a valeur de demande de permission ;
(9) Ils ont demandé a étre présents a la confrontation.
5. enfin, maítriser la concordance des temps au discours indirect. (10) J'ai demandé a ce que mon avocat soit également présent.
Dans les productions des apprenants débutants,.on trouvera des erreurs du (11) Mon avocat a demandé que la confrontation soit enregistrée.
type :
Ce corpus d'exemples montre que :
"Il dit que « je ne comprends pas bien le francaís ".
"Il a dit il ne comprend pas bien le francaís, 1. Demander de + infinitif donne lieu :
"Il a dit que « sortez », _ soit a la transposition d'un ordre/conseil, sans ambiguúé possible (1) et (2) ;
*Il a dit de sortez. _ soit a la transposition d'un ordre/conseil ou d'une demande de permission (3).
"Il a demandé que si elle part ? (3') Sortez et partez maintenant.
*Il a demandé que elle fait. . (3") je peux sortir, je peux partir, maintenant ?
Ces erreurs soulignent la csmplexíté de la mis e en place du discours indirect "Hors contexte, I'ambiguíté n'est pas levée.
en général et de l'interrogation indirecte en particulier.
2. Demander si + indicatif s'emploie pour lever I'ambiguité dans la transposi-
~ Dans les articles de journaux choisis pour une activité de compréhension tion au discours indirect d'une demande de permission (4).
écrite, l'enseignant pensera a faire relever les verbes opérateurs dont le séman- 3. Demander que + subjonctif s'emploie :
tisme vise soit les intentions de l'auteur, soit l'interprétation du rapporteur. - pour éviter toute ambíguité dans la transposition d'un ordre/conseil (5) et (6) ;
Il y a, en effet, tout un travail d'apprentissage a faire sur l'emploi en discours - pour transposer une demande d'autorisation concernant non pas le deman-
des verbes opérateurs, parce qu'ils sont a la fois semblables d'un peínt de vue deur mais un autre étre. C'est-á-dire que les sujets des deux verbes ne sont pas
syntactique mais tres dissemblables d'un point de vue sémantique (cf. « dire " coréférentiels (7). .
et « prétendre ",.p. 92).
4. Demander a + infinitif permet :
- la transposition d'une demande d'autorisation concernant le demandeur lui-
mérne. Les sujets des deux verbes sont coréférentiels (8) ;
- la transposition d'une volonté ou d'un souhait ferme. Cette construction n'est
3. La polysémie , I '
possible qu'en cas de sujets coréférentiels (9).
du verbe « demander » 5. Demander a ce que + subjonctif et/ou demander que + subjonctif sont uti-
lisés pour transposer au discours indirect le souhait ou la volonté ferme d'un
CE QU'IL FAUT SAVOIR ~ portant sur un autre étre. C'est-a-dire que les sujets ne sont pas coréfé-
rentiels (la) et (11) .
• « Demander » permet avant tout de mettre au discours indirect une question
que l'on veut rapporter :
je leur ai demandé quelle heure il était.
Ils m'ont demandé quand je quittais le pays.
Elle m'a demandé si j'avais retrouvé mon passeport.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
~ Les différentes valeurs sémantiques du verbe demander seront étudiées peu
• « Demander " permet également de transposer au discours indirect : a peu, au fur et a mesure du travail progressif sur le discours indirect. Quand
- des ordres/conseils énoncés au mode irnpératif , toutes les constructions de demander auront été pratiquées, au cours d'acti-
- des autorisations/permissions demandées ; Vités variées, sur une certaine période, l'enseignant pourra procéder a un
- une volonté ou un souhait ferme. regroupement et proposer aux étudiants une réflexion sur les différentes

96 97
valeurs pragmatiques et fonctionnelles de ce verbe dont voici les principales DOSSIER 6
manifestations :
1. Une demande d'information ou une demande de permission, sous forme d
La qualification
questíon totale : e
]'ai demandé si Pierre venait ce soir.
]'ai demandé si je pouvais sortir.
2. Une demande d'information sous forme de question partielle :
J'ai demandé ce que nous ferions cet été. 1. L'opér{lfion de qualification
3. Une autorisation ou une permission demandée pour soi-mérne :
J'ai' demandé departir de bonne heure.
CE QU'IL FAUT SAVOIR
4. Une autorisation ou une permission dernandée pour un autre etre :
.
j'ai demandé qu'eIle sorte de l'école de bonne heure . ~
5. Un ordre/conseil donné a quelqu'un : • 11existe différentes maníeres de qualifier les etres :
Je lui ai, demandé de sortir.
j'ai demandé qu'íl sorteo 1. Par leur interdépendance naturelle, sociale ou constitutive, avec un autre
etre (le complément du nom, NI de N2) :
6. Une volonté ou un désir exprimé pour soi-mérne :
Regardez, voici le fils de Pierre !
j'ai demandé a voir le directeur.
Vous connaissez les enfants du pharmacien ?
7. Une volonté ou un dé sir exprimé sur un autre etre : '\ La porte de la pharrnacie est encore cassée !
I j'ai demandé a ce que le directeur soit présent.
I j'ai demandé que le directeur soit présent. 2. Par leurs caractéristiques natureIles, sociales, constitutives, physiques ou
morales (l'adjectif qualificatif) :
EIle est anglaise. EIle est grande et blonde.
EIle est sympathique et tres attachante.
EIle a les yeux verts,
C'est une nouveIle étudiante ?

3. Par leur dépendance a un autre etre quí les particularise ou les caractérise
(la construction NI de n2, 00 " de n2 " a une valeur qualificative) :
Il travailIe dans une raffinerie de pétrole.
EIle a acheté un magasin de véternents.
Icí, 00 ne vend que des véternents de coton.
Nous voulons des meubles de salan.

4. Par une détermination spécifiante (la subordonnée relative) :


C'est un pharmacien qui n'est pas tres prudent !
j'ai rencontré une jeune fiIle qui vient de Glasgow.
EIle travailIe dans une entreprise que tu connais bien.
CeIle 00 j'ai travailIé ?
L'Opération de qualification se manifeste en syntaxe par des expansions qui
déterminent le nom de facon plus ou moins spécifique.
Observez la manífestatíon en syntaxe de l'opération de qualification :
Un enfant.
Le fils du pharmacien.
Le petit enfant blond et dégourdi dont le pere est pharmacien.
L'enfant qui a cassé la porte d'entrée de la pharmacie.
Une superbe porte en verre dépoli.

98 99
2. La détermination du nom Les passeports des étudiants de ]'université de Caen : leurs
passeports.
par le complément .du nom Le complément de nom est une expansion complete, déterminant ,un nom. Les
déterminants possessifs en sont des substituts utilisés pour une econorrue de
CE QU'IL FAUT SAVOIl?
• En syntaxe, un nom actualisé peut avoir une expansion et ainsi forme---:-- moyens.
groupe nominal. r Un
Cette expansion permet de caractériser, de qualifier l'étre représenté par I A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
et de le spécifier parmi tous ceux de sa classe. -- e norn ~ La relation d'interdépendance s'étudie en début d'apprentissage et pose sur-
L'expansion du nom peut étre un autre nom : c'est le complément du nOlll tout le probleme de I'emploi correct des contractions du et des.
. . Mais, pour certains apprenants, la syntaxe du groupe nominal NI de N2 est
• Le complément du nom est un nom propre : d'autant plus difficile a maitriser que, dans leur langue maternelle, l'ordre des
C'est la voiture de Pierre. mots de cette relation d'interdépendance est N2 + NI (my mother's [N2] sister
Voilá le laboratoire de Marie Boli. [NI] = la sceur [ 1] de ma mere [N2]).
Ce sont les enfants de Monsieur Riviere. D'ou, parfois, de réelles difficultés de communication, lors de l'apprentissage.
OU est le passeport d' Anne Riviere ? Cela concerne plusieurs groupes linguistiques dont les Anglo-saxons, les
Hongrois, les Turcs (cocukun [N2] kitabi [NI] = le livre [NI] de l'enfant [N2]),
La préposition de permet d'établir une relation entre deux noms. Ici
ci, iI s'agit
d 'une re 1ation d'interdépendallce : etc. :
'Ce ne sont Thierry meubles.
Pierre a un<; voiture -> la voiture de Pierre '-> sa voiture.
"Oü est étudiant passeport ?
• Notez que le e de la préposition de s'efface devant une voyelle ou un- h » muet. En revanche, pour les apprenants de langues latines, notre relation d'interdé-
pendance, marquée par le complément du nom, possede une construction
• Le complément du nom est un nom commun. syntactique équivalente a celle de leur langue maternelle (la madre del estu-
La forme de la relation d'interdépendance est plus cornplexe,' car les noms diante = la me re de l'étudiant).
cornmuns dOi~ent étre actualisés dans le discours (cf. dossier 3,
pp. 43-44). Bien sür, on remarquera la difficulté qu'ont presque tous les apprenants a pro-
Observez les enoncés suivants, il y a un article déflní apres la préposítíon de: ' noncer le u de duo Il faudra montrer a l'apprenant que le u francaís est aussi
Quel est le nom de la me re ? . aigu que le i et presqu'aussi antérieur.
Quel est l'áge de l'enfant ? Pour aider l'apprenant a articuler correctement ce u, certains enseignants pas-
Quelle est l'adresse des parents ? sent par le i (antérieur, aigu et délabialisé), puis amenent l'apprenant a labiali-
Quel est le prénom du pere ? ser (levres arrondies) ce i qui devient des lors un U.
Cela est une méthode pratique, mais il ne faudra pas, pour autant, oublier de
Si le complément du ~om .~st au masculin ou au pluríel, il se produit une
faire faire aux apprenants des exercices de discrimination auditive opposant
contraction entre la preposition de et I'article défini le ou les ;
de + le -> du , de + les -> des. le ou de « doux ", au u de « dur ". Il faut avant tout que l'apprenant étranger
Le prénom du pere. entende le son u et le distingue nettement de i et de ou, avant qu'il ne puis-
L'adresse des étudiantes. se le prononcer correctement.
Les parents des étudiants.

• Gráce a la préposition de, on peut établir toute une série d'expansions du /


nom (effet « tables gigognes ,,) :
C'est la fille du frere du pharmacien du quartier.
3. La détermination du nom
Voici la voiture de la rnere de l'amie de Pierre.
Ce sont les passeports des étudiants de l'université de Caen.
par l'adjectif qualificatif
CE QU'IL FAUT SAVOIR
• La relatio~ d'interdépendance dénote souvent une notion d'appartenance ou
de FossesslOn. Par transposition, on peut done aboutir a un déterminant de • Si l'expansion du nom peut étre un autre nom (cf. supra 2, p. 100), elle peut
« dependance " marqué par le possessif (cf. dossier 3, 5, p. 56) : aussí étre un adjectif qualificatif qui caractérise le nom commun et participe
L'université de Caen : son université. a la détermination du nom par une opération de qualification :
Les étudiants de l'université de Caen: ses étudiants. Vous avez une amie francaíse tres sympatWque.
je connais un étudiant anglais tres intelligent.
100
101
Les adjectifs « francaíse, anglais, sympathique, intelligent », qualifient et carac- il est francaís elle est francaíse
térisent les noms « amie » et « étudiant ". il est normand elle est normande
il est intelligent elle est intelligente
• Les adjectifs qualificatifs recoívent le genre et le nombre du nom auquel ils elle est danoise
il est danois
se rapportent :
Vous avez des amies francaíses tres sympathiques. • Phonétiquement, le masculin a une terminaison vocalique Con ne prononce
je connais une étudiante anglaise tres intelligente.
pas la consonn~ graphique finale). Le. féminin est consonantíque. La présen-
Il y a beaucoup d'étudiants intelligents et travailleurs. ce du e final declenche la prononciation de la consonne graphique finale :
Masculin : Féminin :
• Le genre des adjectifs qualificatifs. grand [a] grande [ad]
petit [i] petite ürl
On distingue plusieurs catégories d'adjectifs selon leur accord en genre avec
un nom au féminin : . etc. etc.

1. Les adjectifs épícenes (ayant une forme uniqué pour les deux genres). ~ Si la consonne graphique finale de l'adjectif au masculin est un s, la présen-
Ils ne changent pas. Ils présentent la mérne forme au masculin et au féminin. ce du e au féminin déclenche la prononciation [z] :
Masculin : Féminin :
Ils se terminent toujours par un e :
aimable, agréable, adorable, magnifique, unique, pratique, logique, danois lwal danoise lwazl
confortable, désagréable, politique, dynamique, diabolique,
francais [E] francaíse [EZ]
brave, jeune, pauvre, riche, difficile, sensible, facile, économique, anglais [E] anglaise [EZ]
etc. etc.
timide, maigre, propre, etc. sympathique, précaire, etc.
Il est agréable 'et serviable. '\ • Si l'adjectif masculin se termine par une voyelle nasale, cette voyelle nasa-
Elle est agréable et serviable. le sera dénasalisée au féminin et on entendra la finale consonantique [n] :
Masculin : Féminin :
• Notez les terminaisons épicenes ique, ile, ble, pre, able, aire, etc. plein [E] pleine [En]
2. Les adjectifs dont le féminin se distingue du masculin par la présence d'un américain américaine
e final: '" '" africain africaine
a. Sans changement de prononciation entre les deux genres : n. marocain marocaine
Masculin : Féminin : .t. certain certaine
il est sur elle est súre coquin [E] coquine [in]
il est poli elle est polie argentin argentine
il est joti elle est jolie mesquin mesquine
il est ágé elle est ágée etc. etc.
il est divorcé elle est divorcée
il est marié elle est mariée 3. Les adjectifs dont le féminin demande un redoublement de la consonne
il est génial elle est géniale graphique finale avant le « e " :
Masculin : Féminin :
il est espagnol elle est espagnole
moyen moyenne
• Notez le cas particulier suivant, OU la prononciation est ¡ érne aux deux italien italienne
genres, mais OU apparaít un accent grave au féminin : européen européenne
Masculin : Féminin : e bon bonne
il est fier elle est fiere mignon mignonne
il est cher elle est chere gr~s grosse
il est amer elle est arnere gra~ grasse
b. Avec changement de prononciation entre les deux genres : etc. etc.
Masculin : Féminin : • Phonétiquement, les voyelles nasales finales du masculin, [El, [5], se dénasa-
il est petit elle est petite lisent au féminin :
il est grand elle est grande Masculin : Féminin :
il est fort elle est forte européen [E] européenne [En]
il est anglais elle est anglaise bon [5] bonne [:.m]
102 103
4. Les adjectífs dont les terminaisons phonétiques et graphiques changent plus • Les adjectifs qualificatifs s'accordent en nombre avec le nom qu'ils quali-
radícalement devant le e du féminin : fient, c'est-a-dire qu'ils prennent soit la marque du singulier, soit celle du plu-
Masculin : Féntinin : riel selon le norn auquel ils se rapportent :
léger légere Ce jeune garcon est mala de.
particulier particuliere Ces jeunes garcons sont malades.
heureux heureuse Cette gentille petite fille est fatiguée.
travailleur travailleuse Ces gentilles petites filles sont fatiguées.
moqueur moqueuse Comme les noms communs, les adjectifs qualificatifs prennent un s au pluriel,
doux •í douce sauf s'ils se terminent déja par un s 01.1 un x au singulier :
frais fraiche Ces enfants sont heureux.
nouveau nouvelle Ce petit garcon, lui, n'est pas heureux.
vieux vieille Si I'adjectif qualificatif se termine par eau, il prend un x au pluriel :
long longue Ils sont beaux ces tableaux modernes.
vif vive
Certains adjectifs qualificatifs se terminant en al font leur masculin pluriel en
agressif agressive
négatif aux :
négative Au Centre national de recherches, nous avons beaucoup d'étu-
mou molle diants orientaux et quelques professeurs occidentaux.
fou folle Le féminin singulier des adjectifs en al prend un e. Le féminin pluriel se ter-
beau belle mine en es:
• Notez, malgré tout, qu'il existe une certaine régularité dans les changements Demain, ce sera la féte nationale.
de terminaison : \ Il y a des élections nationales, régionales et départementales.
Masculin : Féminin : Le féminin singulier des adjectifs en el redouble le 1 devant le e :
...eur ...euse Une féte traditionriel1e. .
...eux ...euse
...er • Cas OU l'adjectif doit rester au neutre .
...ere
.. .if ...ive Cette forme est identique a celle de l'adjectif au masculin singulier :
...eau elle 1. L'adjectif qualifie un pronom indéfini :
...au elle ]'ai mangé quelque chose de tres bono
...0U olle Ils n'ont rien trouvé de beau dans ce magasin .
Il n'y a rien d'intéressant au cinéma.
• ,Phonétique:nen~ on constate que, si au masculin, la voyelle finale pronon-
Elle voudrait voir quelque chose d'amusant.
cee est fermee (léger), elle a tendance a s'ouvrir au féminin (légere) :
Connaissez-vous quelqu'un de sérieux pour ce travail ?
Masculin : Féminin :
Il a rencontré quelqu'un de' tres intelligent .
...[e] ... [E]
C'est quelque chose de vieux 01.1 de neuf?
particulier particulíére
léger légere Les adjectifs qualifiant ces pronoms indéfinis restent au neutre, rnérne si le
locuteur a en pensée une référence au férninin,
Au c,ontraire, si la voyelle finale du masculin est ouverte, elle pourra se fermer
au fem111111 : -, On notera la présence de la préposition de entre le pronom índéfiní et l'ad-
jectíf qualificatif :
Masculin : Féminin :
quelqu'un bon
...lcerl ... [0Z]
quelque chose de mauvais
tricheur tricheuse
rien beau
moqueur moqueuse
2. L'adjectif qualifie un nom inanimé et/ou ·toute une idée précédemment
Cependant, si, la voyelle finale du masculin est un son [0] fermé, la voyelle du
exprimés, repris par un pronom démonstratif neutre :
fem111111
sera egalement fermée, sous l'influence de la consonne finale [z] :
Masculin : Féminin : - ]'ai acheté une encyclopédie.
- Une encyclopédie ? Ah, c'est intéressant .
... ~ ... ~~
heureux heureuse - Mes employées sont excessivement fatiguées.
délicieux délicieuse - Ce n'est pas étonnant !

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3. L'adjectif qualifie un nom a valeur générique, repris par un pronom démons, Ce s'emploie devant une consonne (au registre de langue soutenu) :
tratíf neutre. Observez le fonctionnement de ces pronoms de reprise et leurs b- Ce fut fatigant. Ce n'était pas amusant.
constructions : Ce peut étre dangereux. Ce doit étre interdit.
(1) - Les enfants, c'est bruyant, en général. e e ce n'apparaít pas devant les verbes d'état « sembler, paraitre, deve-
(2) - Écoutez, un enfant, ea ne peut pas toujours rester tranquille ! La ¡orro . devoi
. is elle s'utilise devant les verbes modaux « pouvoir " et « evoir ".
(3) - Ca, c'est évident ! Cela dit, ils sont tres calmes, vos enfants. nlf', roa ..
r: forme réduite de • cela ", s'emploíe en langage ordinaire :
(4) - Ce n'est pas vrai ! Ca dépend des jours ... c. ya,
_ devant une consonne : .,
En (1), le nom a valeur générique, « les enfants ", est repris par c'. L'adjectif c;;:ásera íntéressant. Ca paran plutot amusant.
qualificatif reste neutre. Ca semble facile. Ca peut étre dróle,
En (2), ea reprend un nom a valeur générique, « un enfant ,,- en langage sou-
_ devant une voyelle (sauf devant est et était) :
tenu, on aurait plutót cela. L'adjectif reste neutre.
Ca a été tres difficile. Ca a semblé impossible.
En (3), ea et e' reprennent toute l'idée précédente : un enfant ne peut pas tou-
Ca a l'air incompréhensible.
jours rester tranquille. L'adjectif qualificatif reste neutre.
Il en est de me me pour « cela dit " qui reprend • c'est évident '. d. Ceci et cela, de registre soutenu, peuvent se trouver devant une voyelle ou
En (4), ce reprend I'assertion précédente : vos enfants sont tres calmes. une consonne :
L'adjectif reste neutre. Ceci est tres beau, cela serait fort laid.
On remarquera enfin, en (3), que si le nom est employé dans son sens spéci- Ceci devient impossible, cela parait indécent.
fique (vos enfants), le pronom de reprise est nécessairement le pronom per-
sonnel de 3e personne (ils) et l'adjectif (calmes) s'accorde alors en genre et en A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
nombre.
~ Les apprenants étrangers, quand ils ont saisi le systeme du genre en francaís,
4. L'adjectif reste également au neutre, si le pronom démonstratif neutre sert de commettent les erreurs suivantes :
sujet grammatical apparent a l'énoncé dont le sujet réel est un infinitif : 'La tour Eiffel, c'est quelque chose grande.
- C'est amusant de voyager. 'La grippe, c'est quelque chose mauvaise.
- Oui, mais c'est fatigant de porter vos bagages. * otre-Dame, c'est belle.
La construction c'est + adjectif neutre + de + ínfínítíf est tres fréquernment Comme ces indéfinis et le morpherne « c'est • sont tres pratiques pour donner
employée dans le langage quotidien. des définitions, les apprenants en ont souvent besoin. Il faut done leur mon-
En langue plus soutenue, et a l'écrit notamment, on aura de préférence : trer le plus rapidement possible comment fonctionnent ces structures.
Voyager est amusant. On profitera d'une activité oü les apprenants doivent donner leur sentiment ou
Il est amusant de voyager. \. leur opinion, pour mettre au point le fonctionnement de ces deux structures
Le il est ici un impersonnel. L'adjectif qui le qualifie reste done au neutre. syntactiques :
- Comment trouvez-vous l'ile Saint-Louis ?
5. L'adjectif qualifie une situation désignée par un pronom démonstratif neutre
- C'est charmant ! C'est petit, c'est beau ...
a valeur déictique .
Des touristes en train d'admirer les chutes du Niagara : - Vous savez ce que c'est la mousse au chocolat?
- Cornme c'est beau ! Comme c'est imposant ! - C'est quelque chose de tres bono
- Oui, c'est effectivement grandiose. Les jeux de définitions (. trouvez le mot qui correspond a la définition .) sont
Deux personnes devant la tour Eiffel : utiles pour la fixation de ces structures particulieres oü l'adjectif ne doit pas
- Vous avez vu comme la tour Eiffel est belle ? s'accorder .avec le nom qu'íl qualifie, mais ave e le pronom démonstratif neutre
- Oui. C'est beau, c'est merveilleux. de reprise (pour la différenciation des emplois de c'est et il est, se reporter au
dossier 1, 1, pp. 14-15 et au dossier 2, 1, pp. 24-25).
• Concernant l'emploí de c'est + adjectif neutre, on veillera a ne pas
confondre cette structure avec le présentateur c'est + nom actualisé (cf. dos-
sier 1, 1, pp. 14-15). CE QU'IL FAUT SAVOIR

• Dans une opération de qualification, le pronom démonstratif neutre de repri- .• La place des 'adjectifs qualificatifs et leurs fonctions grammaticales :
se peut se présenter sous les formes e', ce, ea ou ceci, cela: l. L'adjectif qualificatif peut étre placé directement a caté du nom qu'il quali-
a. C' s'emploie devant les formes est et était du verbe étre (a tous les registres) : fíe. Il a alors la fonction grammaticale d'építhete : .
C'était merveilleux. Une tres gentille petite étudiante suédoise.

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2. L'~djeC:if qualificatif peut aussi avoir la fonction d'attribut du sujet, s'i! en Une découverte scientifique (relevant de la scíence).
est separe par le verbe étre ou un de ses équivalents sémantiques : Un passeport étranger (classé comme non francais).
Ce garcon devient sérieux. , oint de vue objectif, il ne peut y avoir de contestation sur le sens spé-
Cette étudiante est suédoise.
~ un P de ces adjectifs. Ils forment, avec le nom qu'ils qualifient, une classe
Elle a l'air fáchée. (Dans l'acception : « Elle est fáchée süreme t
C~~~s: : dans la classe " décision », je peux extraire un type de décision dite
Ces problemes semblent difficiles. ' n .•)
pr / . 'on aouvernementale " qui ne sera pas confondue avec, par exemple,
ClSI
3. L'adjectif qualificatif peut étre mis en apposition. Il est alors sé - • de " décision
'"
départementale ".
"1 lT . . "" pare du
nom qu l qua l le, par une vírgule a 1ecnt, par une marque prosodi u ' ~ne ne peut pas, habi~ellen:ent, utiliser le modali~ateu~' d'appréciation absolue
l'oral : q e a ~s devant ces adjectifs spécifiques en fonction építhete :
Fatigué, énervé et malheureux, l'enfant ne voulait pas se couch
u-e "Il a un passeport tres étranger. (?)
Les parents, habítués a ces scenes quotidiennes, ne remarqUaie~~
'C'est une ressortissante de nationalité tres francaise. (?)
pas la gene de leurs invités.

• Notez que l'adjectif, mis en apposition, peut précéder ou suivre le nom q "1 • • Les adjectifs désignant la nationalité, les formes géométriques et les cou-
qualifie. ul leurs sont toujours placés apres le nom :
Une décision gouvernementale alIemande.
~ On c~nstate que l'~ppositi~? est le. plu~ souvent une réduction de rnoyens Des élections législatives italiennes.
lmgdu,lstlques, puisqu elle fait l econonue d une proposition relative explicative Une découverte scientifique francaise.
ou une proposition subordonnée causale :
Ce deuxieme adjectif, marquant ici la nationalité, dé termine le groupe nominal
Paree qu'il était fatigué, énervé et malheureux, l'enfant ne dor-
spécifique (composé d'un nom et d'un adjectif relationnel). C'est la découver-
mait paso •
Les parents, qui étaient habitués a ces scenes quotidiennes ...
le scientifique qui est francaise, et non pas n'importe quelle autre découverte.
De mérne pour :
• La place de I'adjectif épitbéte dans le groupe nominal. Un colis postal rectangulaire.
On peut distinguer différentes catégories d'adjectifs, selon qu'ils se placent Un tissu indien jaune et bleu.
avant ou apres le nom commun qu'ils qualifient :
• Les participes passés employés comme adjectifs sont placés en derniere posi-
1. Les adjectifs habituellement placés devant le nom. Ils sont peu nombreux . tion apres le nom ou le groupe nominal qu'ils qualifient :
mais leur emploi est tres fréquent : Chronique d'une mort annoncée.
petit - grand - jeune - vieux - gros - gentil - beau - joli - bon - Une grande décision économique européenne attendue.
101lg- mauvais - etc.
• Ainsi, parmi les adjectifs toujours placés apres le nom, il existe une híérar-
• Certains de ces adjectífs donnent lieu a des" lexies -, c'est-á-dire a es noms
chíe de plaees.
composés ayant une signification spécifique définie dans les dictionnaires :
Le plus spécifique (c'est-a-dire l'adjectif relationnel, issu d'un substantiD occu-
Une jeune fílle ne devient pas toujours une vieille fille !
pe la premiere place et l'ensemble peut alors recevoir une détermination plus
Un grand-pere et une grand-mére ont des petíts-enfants.
fine venant d'adjectifs classifiants (marquant la nationalité, la forme ou la cou-
Un bonhomme, une bonne femme et une sage-fernme.
leur). C'est, encore, l'effet « tables gigognes " du groupe nominal.
• Le fait de déplacer ces adjectifs apres le nom peut produire un change-
ment de sens : 3. Les adjectifs qualificatifs de type appréciatif, done subjectif, qui peuvent
Un grand homme - un homme grand. se placer avant ou apres le nom ou le groupe nominal spécifique :
Une brave femme - une femme brave. Une incompréhensible décision.
On constate que la postposition de ces adjectifs leur donne un sens líttéral. Une décision incompréhensible.
alors que leur antéposition entraine une signification plutót figurée. D'ou des Une décision gouvernementale incompréhensible.
Jeux de mots du type : « un grand homme peut étre de petite taille " et « touS Une incompréhensible décision gouvernementale.
les braves gens ne sont pas des personnes tres braves devant le danger."
• Placés devant le nom ou le groupe nominal, ces adjectifs appréciatifs
2. Les adjectifs toujours placés aprés le nom sont appelés adjectifs « spéci- aUraient une charge affective plus forte. Quoi qu'il en soit, l'adjectif apprécia-
fiques ", " relationnels " ou « classifiants ». Ils ont en commun le fait d'attribuer tif, s'il est postposé au nom, se trouvera toujours placé apres les adjectifs spé-
une earactéristique objective au nom qu'ils qualifient : Cifiques:
Une décision gouvernementale (relevant du gouvernernent). Des peintures cubistes impressionnantes.
Des élections législatives (relevant de la législation). Une découverte scientifique étonnante.

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• L'antéposition des adjectifs au pluriel provoque une transformation de ['al'.
et emplois des degrés d'intensité :
-V91eUCS _
ticle indéf1ni plurie1 : des devient de ou d', pour des raisons d'euphonie . / d'intensité dite « absolue " : tres et peu. )
D'inlpressionnantes peintures cubistes. . 1- Vegre arquent des degrés d'intensité extremes : l'intensité forte (tres
et peu m
De remarquables chefs-d'ceuvre flamands. 1~ osité faible Cpeu).. ..
De tres beaux objets artistiques. et 1 lote Ce travail est : peu fatigant O / tres fatlgant O
Mais, on dira et on écrira : la différence entre peu et un peu, voir dossier 3, p. 63.
l'aoalyse d e
Des chefs-d'ceuvre flamands remarquables. poor •
/ d"otensit~lative : assez, trop, tellement, S1. .
2. nesr= I l"ntensité moyenne ou adéquate a une sítuatíon, selon les en-
A PROPOS DU SAVOIR-FAIR..e ~sez marque I
~ Les activités de caractérisation et de description sont tres nombreuses~ ~ s du locuteur :
tere _ Ta maison est grande ?
les manuels d'apprentissage. C'est en les pratiquant que l'apprenant fixera peu _ Oui, assez grande.
a peu en mémoire les mécanismes morphosyntaxiques concernant l'adjectif. _ La mienne est assez grande pour loger dix personnes.
L'étude du genre et du nombre des adjectifs se faitprogressivementau niveau 1
une intensité excessive la limite que le locuteur a fixée est
de l'apprentissage, au moment oü doivent se mettre en place toutes les regles b, Trop marque '
Corales et écrites) de la morphologie du groupe nominal. dépas sée : d
Cette maison est trop grande pour nous eux.
L'étude systématique de la place des adjectifs concerne la syntaxe et se fait plus
tardivement, en fin de niveau 1 et au niveau 2. c. Tellement et si marquent une .intensité telle, pour le locuteur, qu'elle
Pour les étudiants n'ayant pas de genre dans leur langue maternelle, on ne sera . lique une conséquence Ccf. dossier 9,2, pp. 216-217) :
pas surpris de la difficulté qu'ils ont a s'approprier ce systeme, irnp _ Cette propriété normande est si belle ! On devrait I'achete~.
Ceux, dont la langue n'applíque pas la catégorie du nombre aux adjectifs, '\ _ Oui, mais elle est tellement chere Ce ne serait pas raison-
í

feront longtemps des erreurs a l'écrit me me s'ils connaissent bien les regles du nable.
francaís.
On aura intérét, en début d'apprentissage, a exploiter la différence mas-
culin/féminin des adjectifs dans des activités d'opposition phonétíque : il est • Combinaisons de modalisateurs dans l'appréciation d'une qualité expri-
francais/elle est francaíse ; il est anglais/elle est anglaise, etc. Ces oppositions mée par l'adjectif :
peuvent donner lieu a un exercice de phonétique « question/réponse " du '1. Le degré excessif trop peut étre encore augmenté par un adverbe qui ren-
type : Pierre est anglais ? Non, c'est sa femme qui est anglaise. Marie est fran-
force l'appréciation :
caise ? Non, c'est son mari qui est francaís, etc. - C'est une personne beaucoup trop gentille.
Ces exercices ont pour avantage de fixer les oppositions en mémoire et de
- Oui elle est bien trop gentille.
favoriser, de fa~oñ ludique, la mise en place de ces automatismes rnorpholo- _ Alors, elle est peut-étre un peu trop gentille, pour étre honnéte !
giques.
Au niveau 2, c'est par la lecture, l'observation et le repérage que les apprenants
commenceront a comprendre, d'abord la postposition des adjectifs relationnels,
2. Le degré minimum peu peut étre encore diminué par un adverbe ~ui
nue et qui peut me me minimiser l'apprécíatíon jusqu'a l'exces dans I'íntensité
=:
classifiants ou spécifiants, et ensuite la place plus souple des adjectifs appré- faible:
ciatifs. - Vous avez tort ! En fait, elle est assez peu gentille.
On trouvera dans les Exercices de grammaire-perjectionnement C©Hatier- _ Oui, elle est bien peu gentille et tres peu serviable.
Didier, 1988) des activités utiles pour l'apprentissage de ce point de grammaire _ Pour ma part, je la trouve trop peu sincere pour lui faire
confiance.
CE QUJIL FA~AVo0 _ je dirais me me plus, elle est beaucoup trop peu sincere pour
• L'adjectif qualificatif et le degré d'intensité de l'appréciation. que quiconque lui fasse confiance .
Le locuteur peut apprécier, en plus ou en moins, la qualité attribuée au norn : 3. Assez est modalisable par I'adverbe bien:
- Marie Boli est sympathique. Cette maison est bien assez grande pour deux personnes !
- Elle est me me tres sympathique.
- Pourtant, il y a des gens qui la trouvent peu sympathique I 4. Tres n'est m~dalisable que par luí-méme, il peut se doubler et méme se tri-
Ces degrés d'intensité sont toujours étroitement liés au point de vue ou a la pler pour augmenter I'intensité :
vision subjective du locuteur. Elle est tres tres sympathique !
Les degrés d'intensité sont placés devant l'adjectif qu'ils déterminent. C'était tres tres tres amusant !
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5.Tellement et si ne sont pas modalisables, quoique « tellement " puisse par- • pour les adjectifs bon et mauvais, le comparatif de supériorité a une forme
fois se redoubler sous l'effet d'une tres forte émotion, comme cela est attesté '
l'oral: a thétique : « metlleur(e) " et « plre ».
sYO Cette soupe est meilleure que celle d'hier.
Il est tellement mais tellement idiot !
Le thé est meilleur que la tisane.
(
Les poires sont meilleures que les pommes.
• Certains mots a valeur adverbiale peuvent aussi modifier le degré d'int . La soupe d'hier était pire que celle d'aujourd'hui.
sité de l'appréciation : en-
. que « pire " soit exigé par la norme, on peut entendre :
Marie Boli est un petit peu fatiguée en ce moment. Bleo 'Cette -soupe est pus
I mauvaise. que ce IIe d'híter,
D'habitude, elle est tout a fait charmante.
Vous ne seriez pas un tout petit peu envieux de son succes ? • ApreS la particule que (ou qu') de la c~mparaisor:' on peut en:ployer:
En ce moment, elle est toute triste, tout ame re ! . nom commun ou un nom propre qui peuvent etre remplaces par un pro-
-u n
001 personnel de forme tonique :
• Petit, dans « un petit peu " et « un tout petit peu ", est invariable. Tout devient
toute devant un adjectif férninín cornmencant par une consonne. • n Marie est moins sympathique que son cousin.
Elle est plus intelligente que Jean.
• La négation inverse le sens de l'apprécíation : Il est plus fort qu'elle ou moi.
Ces enfants ne sont pas tres gentils. _ des indicateurs de lieu, de temps et des constructions prépositionnelles de
Je ne les trouve pas trop méchants.
sens variés :
Ils ne sont pas assez polis. C'est plus joli ici qu'ailleurs.
Pourtant, ils ne sont pas si mal élevés. Pierre est moins a l'aise que l'an dernier.
Ces légumes ne sont pas tout a fait assez cuits. '\ Je trouve le thé meilleur avec du citron qu'avec du lait.
• Les adverbes en -ment permettent de nuancer l'appréciation a volonté : - un adjectif, lorsque ce sont deux qualités du me me etre qui sont comparées :
Elle est excessivement fatiguée en ce moment. Jean est aussi beau qu'intelligent.
Il se trouve terriblement intelligent. - une phrase complete :
Je suis horriblement bavarde ! Marie est aussi généreuse que l'étaient ses parents.
C'est affreusement ennuyeux! Marie est plus intelligente qu'elle n'est sympathique.
C'est absolument génial! Jean est moins beau que ne l'était son pere a cet áge.
• En langage ordinaire -rnoderne », super et extra indiquent un degré fort Les Boli sont plus mondains que ne le sont les Durand.
d'intensité : Ces tournures font apparaitre, dans la seconde partie de la comparaison, soit
C'est superbon ! C'est extra-fin. ne, soit le, soit ne le. De plus, on note que l'inversion sujet/verbe est possible
et me me recommandée en registre de langue soutenu, lorsque la compa-
• L'adjectif qualificatif et la comparaison. raíson concerne deux etres différents .
Il est possible d'établir des différences ou des ressemblances entre les caracté- Le ne, dit -explétíf », apparait devant le second verbe d'une comparaison de
ristiques physiques et morales de deux étres, ou d'un meme étre, a deux supériorité ou d'infériorité :
époques ou dans deux lieux différents. Jean est plus travailleur qu'il n'est intelligent.
La comparaison permet de signaler : Toutefois, l'e~plétif peut s'effacer si le verbe de la principale est a la forme
l'égalité: négative ou interrogative :
Jean est aussi jeune que Marie Boli. Ils ont 30 ans tous les deux. Marie n'est pas plus travailleuse qu'elle est intelligente.
la supériorité : Le pronom neutre le s'emploie comme substitut de la qualité sur laquelle porte
Pour ce travail, je trouve Marie plus intelligente que jean, Les la comparaison :
résultats de Maríe sont plus brillants icí qu'a l'université. Marie est aussi généreuse que l'étaient ses parents.
l'infériorité . (Marie est aussi généreuse que ses parents étaient généreux.)
Mais Marie est moins sympathique que lui. En effet, ell~ est moíns Les deux morphemes ne le peuvent étre combiné s devant le second verbe
chaleureuse qu'autrefois. d'une comparaison de supériorité ou d'infériorité :
Jean est plus travailleur qu'il ne l'était dans sa jeunesse.
• Les deux marqueurs de la comparaison encadrent l'adjectif :
Marie est moins fougueuse que ne l'est son frere jumeau.
Marie est plus intelligente que lui.
Marie est plus généreuse que ne l'étaient ses parents.
112 /'
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• En contexte ou en situation de communication, les étres comparés peuv., n existe aussi une forme synthétique concurrente pour le plus p~tit :
eAt re ega
' lement representes
ésentés par
oar d es pronoms d érnonstratif
-- ou possessif : Qt C'est le moindre mal.
L'appartement de draite est plus grand que ce1ui de gauche. C'est la moindre des choses !
Vraiment ? Celuí-cí est plus grand que celuí-Iá ? .00 se référera au dossier 8, 6, p. 191 pour ce qui est de l'emploi du sub-
En tout cas, celuí-cí est moins grand que le mien. . ctif avec un superlatif :
Le vótre est plus grand que ea ? Ion C'est le plus beau film que j'aie jamais vu !
C'est la plus gentille fille qui soit.
• En contexte ou en situation de communication, deux étres compares peuv
etre dési
A
eSlgnes par ...l' un » et.. I 'autre » : - eQt
• Il existe ~i'un superlatif relatif. Il signifie que la personne ou la cr..q$e dont
Devant deux voítures : 00 parle n'est pas la seule a étre qualifiée au degré d'intensité rpa:¡¡.:irpumou
Elles sont aussi puissantes l'une que l'autre.
minimum:
Devant deux comédiens a la télévision : C'est une de fP-es meilleures amies.
- Ils ne sont pas moins beaux I'un que l'autre. je vous ernmene voir un des plus beaux films de l'année.
- En tout cas, l'un et l'autre sont aussi bons comédiens. • C'est l'une des pires aventures de ma vie.
Devant deux jumeaux :
- L'un est légerement plus petit que l'autre. A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
• En situation de communication, on a aussi tres souvent une comparaison ~ En général, les apprenants confondent tres et trop, mais aussi tres et beau-
tranquée : coup .
- Marie n'a que 30 ans. * Paris, c'est trop beau.
- jean est moíns jeune ou plus jeune ? '\ * La tour Eiffel, c'est trop haut.
- Ils sont presque aussi jeunes, je crois. * Vous avez les yeux trop noirs et la pequ trop brune.
* Il est beaucoup content pour son studio.
• La comparaison se combine avec la négation :
* Elle est beaucoup nerveuse.·'
- Marie n'est pas aussi sympathique que Jean.
- Elle n'est pas plus intelligente que lui. Pour éviter la prerniere confusion, on peut parler d'appréciation absolue (tres)
- je pense que Jean n'est pas moins jeune qu'elle. et d'appréciation relative (trop).
Mais le plus simple est peut-étre d'expliquer que « trop » est toujours fonction
• La comparaison se combine avec les modalisateurs « un peu, beaucoup, de la personne qui donne son appréciation et que pour cette personne, le
bien ... » : résultat est toujours négatif :
- Vous étes beaucoup plus grand que votre frere ?
Ce café est trop fort pour moi.
cm,
il est peut-étre un peu moins grand que moi.
Elle habite trop loin pour que j'aille la voir.
- En effet, vous étes un tout petit peu plus grand que lui.
Cette musique est trop bruyante pour les voisins.
- En tout cas, nous sommes bien plus grands que notre pere.
Elle est trop belle pour lui.
• Le superlatif et les adjectifs, _ Quant a l'emploi 'de « beaucoup ", on sígnalera aux apprenants que « beau-
Il équivaut au degré d'intensité maximum ou minimum dans un ensemble pris coup » ne s'utilise pas devant un adjectif.
comme référence : Les apprenants ont aussi de la difficulté a comprendre le sens inversé de l'in-
C'est la meilleure étudiante de la classe. tensité dans une phrase négative :
C'est la plus jolie et la plus intelligente de nos éleves. Elle n'est pas tellement jolie.
C'est la moins bruyante de tous. Il n'est pas assez généreux .
Ce sont les meilleures années de notre vie. . Tu n'es pas peu fiero
ÉVidemment, la tendance culturelle qu'ont les Francais a employer des euphé-
• Le superlatif comporte un article qui spécifie la qualité unique :
rnismes pour apprécier les qualités, peut dérauter les apprenants (d. dossier 4,
C'est la fille la plus intelligente du lycée.
1, p. 73) : .
C'est le film le moins intéressant de l'année. , Elle n'est pas si mal. .. Elle n'est pas laide du tout ...
otez que l'ensemble de référence est précédé de la préposition de. Il ne fait pas si mauvais, aujourd'hui ...
• L'adjectif bon a un superlatif synthétique : le/la meilleur(e). Il ne fait pas tellement chaud.
L'adjectif mauvais fait le/la pire au superlatif. Cette derniere forme est SOU-
Aussi l'enseignant devra-t-il paraphraser ces tournures, pour s'assurer que
vent concurrencée par « le/la plus mauvais(e) ". les apprenants ne font pas de contresens.

114 115
Des vins de France.
~ Voici un corpus d'erreurs relevées dans des copies et concernant le degré, la
Des bouteilles de Bourgogne ou de Bordeaux.
comparaison et le superlatif de l'adjectif :
·Jacques est plus grand de moi. Des produits d'Alsace.
Un jambon de Parme ou de Bayonne.
"Un jeune homme plus jeune de moi de sept ans.
"Le plus bien danseur. Une ville de province.
"Ils sont plus beaux qu'elles moches. (?) Un clair de lune.
'La peinture italienne, c'est trop beau. síble d'employer un adjectif équivalent a la place du n2, quand cet
Il est pos.
'Je suis le plus content avec moi que tous. (?) dJ'ectif existe : .
"La température est beaucoup froid en hiver. a ~ Des vins francais et des fromages hollandaís.
"Je suis intelligent aussi que elle. Des chansons et des danses grecques.
"Il est autant grand comme moi. Une ville provinciale.
Ces erreurs montrent que les difficultés d'apprentis age concernent le choix Un rayon lunaire.
des modalisateurs de l'adjectif ainsi que la syntaxe de la comparaison. , ansion nominal e dé terminante et qualifiante peut marquer la spécifi-
2 Lexp ) I di . d t s
cité de NI (. spécial pour un certain emploi :' , pour a istinguer es au re
classes possibles auxquelles pourrait appartemr NI :
Une photo d'identité.
4. La qualification par un deuxieme nom Une photo de mariage.
Une carte de parti politiqueo
CE Q u 'IL FA UT SAVQ/R Une carte de séjour.
• Un nom commun actualisé (NI) peut aussi recevoir une qualification gráce Un numéro de Sécurité sociale .
a une expansion nominal e qui vient le caractériser (n2). Un numéro de téléphone.
C'est une construction NI de n2, oü 1 représente un premier nom commun Une photo de groupe et une photo de famille.
auquel n2, deuxieme nom commun, apporte une détermination de type adjec- Une salle de bain.
tival: Une salle de classe.
Une tasse de café. Un habit de soirée. Un dictionnaire d'allemand et une grammaire de turco
Un paquet de cigarettes. Une photo d'identité. Une voiture de livraison ou une voiture de tourisme.

• Il faut tout de suite constater que le deuxierne nom (n2) n'est actualisé ni 3. L'expansion nominale déterminante et qualifiante peut marquer le contenu
par un article, ni par un déterminant démonstratif ou possessif. Ce phé- -actuel de NI (" rempli de ,,) :
nomene lui óte en quelque sorte son pouvoir de substantif et le range panni {Jne tasse de café. Une boite de cirage.
les qualifiants. C'est un apport qualificatif au premier nom. ~n verre de biere. Un pot de cosmétique ..

• Il faut bien se garder de confondre cette structure de type qualificatif avec la 4. L'expansion nominale déterminante et qualifiante peut indiquer une occa-
construction marquant l'interdépendance ou la dépendance, et pour laquelle síon spéciale (" a l'occasion de ,,) : .
les deux noms sont toujours tous les deux actualisés
..•.. (d. supra 2, p. 100). Des ceufs de Páques .
Des cadeaux de Nod.
• D'une facon générale, dans un groupe nominal, on considérera avec beau-
La féte de Páques.
coup de circonspection les noms qui ne sont pas actualisés. Ce ne sont alors
La féte de oel,
que virtuellement des substantifs.
Des chaussures et des vétements de féte.
Un air de féte pour un jour de féte .
• Emplois et valeurs du n2 qualiflant. ....."", Une creme de jour ou une creme de nuit.
Les emplois et valeurs de l'expansion nominale dépendent de la préposítíon
5. L'expansion nominale déterminante et qualifiante peut désigner la matíere
employée devant n2.
donr est fait l'étre que désigne . 1 (. construit ou fait de ,,) :
• La préposition est de + n2 : Des bottes de cuir.
1. L'expansion nominale déterminante et qualifiante peut marquer la prove- Uó collier de pierres précieuses.
nance ("le lieu d'origine ,,) : Des lunettes d'écaille.
Des chansons et des danses de Grece. Des gants de peau.
Des fromages de Hollande. Un manteau de pure laine vierge.
117
116
Une maison de pierre et une grílle de fer forgé.
Un revéternenr de plátre. • La préposition est en + n 2 :
Une confiture de fraises. L'expansion nominale déterminante et qualifiante décrit la matier~ qui a servi
_ la fabrication d'un objet (" fait avec. .. ,,). Cette expanslon nornínale est en
6. L'expansion nominal e déterminante et q ua lifi a .
iriante peut in d iquer le Iíeu corrcurrence avec la constructíon NI de n2 :
d'u~~~~ prévu pour NI (" utilisé dan s ,,) : Un tailleur en laine Une grille en fer forgé
Des ustensiles de cuisine. Des lunettes de soleíl. Un verre en cristal Des couverts en argent
Une table de restaurant. Une serviette de table. Un verre de cristal Des couverts d'argent.
Des meubles de salon. Une lampe de bureau.
Des véternenrs de travail.
, Une musique de chambre
• La préposition est a + n2 :
. " .él PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
~ Les apprenants étrangers ont du mal a distinguer la construction adjectivale
1. :'expansion nominale déterrninante et qualifiante p~ut marquer la fonction I de n2 du complément de nom NI de N2. Ils peuvent dire indifféremment :
prevue pour I (" qui sert a mettre .) :
Une tasse a café. Une tasse a thé. • 'Une tasse du thé .
'Un salon du thé.
Un verre a vino Un verre a eau. "Il a cassé la tasse du thé. (?)
Une assiette a soupe. Un couteau a pain. *La préfecture de la Police.
Une armoire a linge. Un couvert a poisson. 'Le drapeau de République turque.
Un plateau a fromages. Une coupe a champagne. 'Son pere maison.
(Dans, une t:sse a café, o~ peut éventuellement servir du thé ... et cette tasse "Vétements femme ou vétements de la femme.
q~the peut etre aussi servié dans une vraie tasse a thé ... ) *Illustration de les livres.
*La physiologie d'humaín.
2. L'expansion n~minale déterminante et qualifiante peut aussi indiquer le
moyen de fonctíonnemenr de NI.(" qui fonctionne avec .) : • Entre ces deux constructions qui déterminent un nom, on pourra aider les
. Un mouli? a vent. Une machine a vapeur. apprenants a faire la différence en soulignant, pour chaque cas rencontré, soit
Un stylo a encre. Une lampe a pétrole. la valeur d'appartenance de NI, et done la valeur de possesseur de N2 (ElIe
Des patins a roulettes. Une scie a main. regarde les véternents de la belle femme. --> ses véternents), soit la valeur qua-
Un moteur a essence. Un moulin a eau. lifiante de n2 (Dans ce magasin, il y a des véternents de femme. --> des vete-
ments férninins).
3., ~'ex~ansion no~inale peut également nornmer le support prévu pour l'étre Évidemment, ce double systerne met du temps a se mettre en place, et il n'est
désigné par NI (, a mettre sur ,,) : -
- pas toujours facile pour I'enseignant d'expliquer clairement la différence.
Un sac a main.
Observez c~ deux énoncés :
Du vernis a ongles. Il travaille dans l'índustríe du pétrole.
Un sac a dos. Il dirige les raffíneríes de pétrole de Dallas.
4. L'expansion nominal e déterminante et qualifiante peut décrire la forme les Pour expliquer la différence entre ces deux constructions, il faut pouvoir faire
dessins d'un objet (" qui présente telle ou telle forme .) : ' comprendre : d'une part que le pétrole possede une industrie - son industrie -
Un pantalon a pinces. Un pull a col roulé. et, d'autre part, qu'il existe toutes sortes de raffineries, dont les raffineries
Des chaussures a talon. Un tissu a fleurs, pétrolíeres,
Une jupe a carreaux. Une robe a pois. En d'autres termes, cela signifie que dans le cas du complément de nom, N2
est, au plan sémantique, le substantif possesseur, alors que dans la construc-
5. Cas particulier ou I'expansion nominale déterminante et qualifiante est tion adjectivale, n2 n'est plus que le qualifiant de NI, qui lui est le substantif
actualisée et signale : essentiel du groupe nominal.
- un ingrédient indispensable.a la fabrication de I'objet (" fait avec ~ ... ,,) : ,
Une tarte aux poires. Un lapin a I~utarde. ~ Il peut arriver que des apprenants confondent la relation d' appartenance NI
Une soupe a l'oignon. Une escalope a la creme. de N2 avec une relation de provenance du type :
Des crépes au citron. Un gáteau au chocolat. La reine d'Angleterre.
- la maníere dont est concu un plat (, a la maniere de ... ,,) : Le roi d'Espagne.
Le président du Portugal.
~oisson a la provencale. Escalope a la normande.
Le roi du Maroc.
Etouffée a la parisienne. Sauce a la bordelaise.
Les rois de France et de Navarre.
118
119
Dans ces exemples, la différence de constructíon du/de peut se rapprocher de • Les propositions relatives, qu'elles soient déterrninatives ou appositives, sont
celle que l'on rencontre dans : 'otroduites par des pronoms relatifs qui représentent et reprennent un nom
Elle vient d'Anglererre. 1 récédent, appelé l'antécédent : dans l'exemple préeédent, le pronom relatif
Il vient d'Espagne. p uí reprend le nom médeein. Les pronoms relatifs ont done une valeur ana-
Il vient du Portugal. qhorique : ils participent a la eohésion textuelle,
Il vient du Maroe ou de Franee. ~sSi faut-il éviter des constructions arnbigués du type : .
Le gars;:on de la femme de ménage qui vient tous les matins est
Construetion pour laquelle il n'y a pas d'article devant les noms de pays férnj,
malade,
nins ni devant eeux cornmencant par une voyelle ou un « h » muet.
Si I'on voulait réellement marqué!' la relation d'appartenanee, on devrait avoir flors eon1~, si l'on sait bien qui est malade, on ne peut pas savoir a coup
Le président de la Franee. (Signifiant que la France a son sur si e'est le garcon qui vient tous les matins ou si e'est sa mere ...
président.) .
Le gouvernernent de la Turquie, (Signifiant 'que la Turquie a son • Le pronom relatif a un antéeédent qu'il a pour róle de représenter.
gouvernement.) Cet antécédent peut étre un nom, un pronom démonstratif, un indéfini dési-
gnant des etres animés ou inanimés.
Les pronoms personnels toniques ou les pronoms possessifs peuvent étre éga-
lement antéeédents, dans le eas des relatives non déterrninatives.
Ce n'estque dans de rares eas qu'un pronom relatif n'a pas d'antéeédent. Dans
5. La détermination par les relatives les proverbes, par exemple :
Qui dort dine.
CE QU)IL FAUT SAVOIR Qui veut voyager loin ménage sa monture .
• Les propositions relatives ont une valeur adjeetivale et déterminent done Mais habituellement, on aura un antéeédent :
le nom. .Comme l'adjeetif, elles permettent d'intégrer a l'intérieur de la phrase Celui qui veut voyager loin doit ménager sa monture.
des informations eomplémentaires, a propos d'un etre : Une personne qui veut voyager loin doit ménager sa monture.
Le laboratoire oü travaille Marie Boli se trouve en banlieue. L'appareil qui fonetionne mal sera réparé immédiatement.
Quelque ehose qui ne coüte pas eher et qui marche bien .

• Les grammaires parlent de relatives déterminatives et les différeneient des


• Le pronom relatif simple (quí/que/ou/dont) est invariable en genre et en
relatives appositives a valeur explieative ou a valeur de eommentaire :
-nombre. Le pronom relatif eomplexe s'aeeorde en genre et en nombre avee
Le médecin qui était en vaeanees a dú rentrer de toute urgenee.
Son antécédent :
Dans eet exemple, la relative est une déterminative paree qu'elle donne une
'L'employé sur qui je comptais a quitté le pays.
sorte de qualification au nom : il s'agit d'un médeein vaeancier et non pas de
L'employé sur lequel je eomptais a quitté le pays.
n'importe quel autre médecin,
La secrétaire sur qui je comptais a quitté le pays.
Le médeein, qui était en vaeanees, refusa de répondre au télé- La seerétaire sur laquelle je eomptais a quitté le pays.
phone. .. Les maehines avee lesquelles je travaille sont en panne .
Dans ee deuxíerne exemple, la relative appositive explique la raison pour L'appareil sur lequel je eomptais est tombé en panne.
laquelle le médeein ne voulait pas répondre au téléphone : e'est paree qu'ü Si l'antécédent est un inanimé (appareil), on emploie obligatoirement un rela-
était en vaeanees.
tíf eomplexe apres une préposition.
Ce médeein, que j'aime bien par ailleurs, me semble parfois Avee les animés, le choix du relatif simple ou eomplexe apres une préposition
imprudent. est plus libre, bien que le relatif simple soit plus habituellement utilisé.
\.Dans ee troisierne exemple, la relative appositive équivaut a un commentaire
supplémentaire sur le médecín. ./ • Les pronoms relatifs oeeupent toutes les fonetions grammaticales du nom,
La relative appositive est séparée de son antéeédent, a l'éerit par une virgule,
a l'oral par une différenee de hauteur musieale, et elle peut étre souvent trans- • La forme du .pronom relatif simple dépend uniquement de sa fonetion gram-
formée en proposition eausale : . maticale.
Paree qu'il était en vaeanees, le médeein refusa de répondre au • La forme du pronom relatif eomplexe dépend du genre et du nombre de son
téléphone. antécédent.

120 121
• voici qllelques exemples des fonctions grammaticales du pronom relatif :
Antécédent For-mes du re1atif Fonctions gramrnaticales Tu as mis une robe qui te va tres bien.
Jacques a rencontré une femme qui te ressemblait.
qui sujet du verbe
Quelqu'un qui me ressemble ? Est-ce possible ?
que complérnent d'objet direct et attribuj La robe que tu as mise te va tres bien !
nom/pronom
~. La femme que j'ai rencontrée te ressemblait.
animé/inanimé
1. complément du nom Jacques a revu les gens dont la maison est a vendre.
masculin/féminin
2. complément prépositionnel d'un Tu sais, celle dont tu admires tant le jardin est a vendre.
singulier/pluriel
dont verbe régi par de ~ Les gens dont Jacques m'a parlé vendent leur maison.
3. complément d'un adjectíf régi par Un [our, tu auras la maison dont tu as révé cette nuit !
de L'employé dont elle était si contente quitte le pays.
Ils vendent la maison dont ils étaient si fiers.
nom inanimé
oü/d'oü/par oü complément de lieu La Grece, c'est la oü j'ai passé toutes mes vacances.
adverbes : Ia/la-bas
j'ai cassé la boite OU tu mettais tes souvenirs de vacances.
Voici Marie Boli a qui j'ai vendu mon appartement.
1. complément indirect/destinataire
a qui 2. complément prépositionnel d'un L'employé a qui je tenais tant qui.tte le pays.
nom/pronom animé verbe régi par a Tiens ! Ce sont des gens avec qui Jacques travaille.
masculin/féminin La télématique est une invention a laquelle il doit la vie.
singulier/pluriel complément prépositionnel d'un Il a cassé le vas e étrusque auquel je tenais tant.
sur qui/avec qui/
verbe régi par les prépositions sur, Voici la liste des amis auxquels j'ai pensé pour la féte.
pour <Jui/de qui, etc.
avec, pour, de, etc. Enfin des machines sur lesquelles on peut compter !
'v Le jeune homme pres de qui tu étais assise est norvégien.
6 masculin singulier auquel Celui pres duquel se trouve Annie est suédois.
'2 1. complément indirect/destinataire
e'" féminin singulier a laquelle
2. complément prépositionnel d'un
La maison en face de laquelle habite Pierre est a vendre.

"
'v
'2
masculin pluriel
6 féminin pluriel
auxquels
auxquelles
verbe régi par a Le type avec la fernme duquel tu travailles a encare écrit.
De longues vacances, c'est ce a quoi je pense !
'" Attention ! C'est vraiment quelque chose a quoi elle tient !
6 masculin singulier
o
c::
pour lequel
complément prépositionnel d'un Il n'y a rien a quoi je tienne vrairnent.
o... féminin singulier avec laquelle
e, verbe régi par les prépositions pour,
masculin pluriel dans lesquels
Eo féminin pluriel ~ par lesquelles
avec, dans, par, sur, etc. .A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
e " ~ L'ensembíe des erreurs que l'on rencontre montre que les apprenants ont du
- 1. complérnent d'une locution prépo- mal a maitriser les trois roles indissociables du pronom relatif francais :
sitionnelle (en face de ... ) 1. sa fonction syntactique (sujet ou complément dans la proposition relative) ;
duquel 2. complément d'un nom introduit
nom/pronom 2. son rol e de reprise (valeur anaphorique) de l'antécédent ;
de laquelle par les prépositíons avec, par, etc.
anirné/inanírné desquels «Le type avec la fernme duque! tu 3. son' rol e de subordonnant (enchássernent d'une phrase subordonnée dans
desquelles travailles a encore écrit. « ! une phrase principale).
forme
• L'erreur la plus fréquente consiste a confondre la fonction syntactique « que"
obligatoire
et « qui » :
'Les étudiants qui j'écoute sont francaís.
pronom démonstratif 'J'achete les livres que sont bon marché.
avec quoi
neutre : ce/cela complément indirectlprépositionnel
a quoi d'un verbe régi par les prépositions
"C'est un film que se passe dans les années 50.
indéfinis inanimés :
rien, quelque chose
sur quoí
par quoi
avec, a, sur, par, etc. ...." 'Ce qu'est la dífférence entre mon avis et ton avis est le sens du
mot la vie .
.'Cette anxiété est l'unique chose que permettait a moi de agir.
"Nous allons chez la nourrice qui mon fils adore.
"Ce que donne le plus plaisir dans la vie, c'est apprendre une pro-
fession qu'on intéresse.
123
122
"Ce que me plait cette semaine est a aller au musée. En revanche, on s'efforcera de présenter des phrases completes :
'Le plaisir est un nrot qu'il présente beaucoup de difficultés. L'homme que j'aíme est un génie.
"Qu'est-ce que m'offre le plus plaisir ? La femme qui est la s'appelle Marie Boli.
'Je vais voir un film qu'il me plait. L'enfant dont je parle fait du violon.
'Je sors avec les amis qui j'aime beaucoup.
Les apprenants étrangers se construisent souvent un systerne grammatical fau. ~ Si l'enseignant insiste plutót sur la valeur sémantique (dé terminante et quali-
tif du type : on utilise qui avec les noms humains, on utilise que avec les noms fiante) de la relative et sur ses emplois en contexte, 11 est probable que les
inanimés. apprenants saisiront mieux a quoi sert cette structure. lis trouveront alors plus
Il se pourrait que cette regle intermédiaire provienne de l'explication recue en facilemen~me qui convient au sens a véhiculer.
classe. En effet, pour faire la disti~ction « qui/que », l'enseignant se sert des Il faut éviter de ne s'en tenir qu'aux formes et se garder d'oublier, qu'en langue
termes « sujet " et « objet " - termes auxquels l'apprenant n'attribue pas le étrangere, la démarche d'apprentissage est essentiellement onomasiologique
sens métalinguistique, mais le sens lexical premier (sujet = une personne ; (du sens vers la forme).
objet = une chose). Ajoutons que les exercices lacunaíres (exercices a trous) hors contexte n'en-
Pour éviter cette interprétation, qui ne manque pas d'originalité mais qui n'en couragent ni a rechercher du « sens ", ni a réfléchir sur la structure.
est pas moins fausse, l'enseignant devrait bien préciser qu'il s'agit du sujet • Sémantisme et contexte concernent, dans le cas de la proposition relative, la
grammatical du verbe et du complément d'objet direct, ou COD, du verbe. caractérisation d'un etre. .
Certains enseignants donnent parfois le systerne suivant pour distinguer les La petite annonce, par exemple, est un lieu discursif propice a la caractérisa-
deux fonctions « qui/que » : tion, done a une premiere approche des relatives déterminatives :
- qui est suivi d'un verbe conjugué (la femme qui chante s'appelle Barbara) ;. 75 : J.H. 25 ans, aim. voy., ép. J.F. aim. enf. et vie domo
- que est suivi d'un nom dll' d'un pronom personnel sujet (la chambre que Certes, pour déchiffrer cette petite annonce, l'apprenant n'aura pas besoin de
Marie a louée est tres petite - la chambre que- j'ai trouvée est tres grande). relatives, mais s'il veut faire part du sens véhiculé, alors il utilisera en contex-
Cette explication fonctionne en syntaxe élémentaire, mais elle peut étre tres
te les relatives nécessaires :
rapidement cause d'erreurs, C'est un jeune homme qui habite a Paris, qui a 25 ans et qui aime
Dans un énoncé d'exercice comme : « La bíere ... boit Paul n'est pas assez voyager. Il voudrait épouser une jeune fille qui aime les enfants
fraiche », l'apprenant inscrira le pronom relatif « qui-, paree qu'il applique la et que la vie domestique intéresse.
regle proposée par le professeur. . Des extraits de l' Cfficiel des spectacles ou de Télérama sont aussi susceptibles
Et dans l'énoncé suivant : « Prétez-rnoi le livre ... vous a faít rire ,,; confondant
d'étre de bons canevas pour l'emploi des pronoms relatifs.
les fonctions du pronom personnel « vous", il complétera par « que ". L'histoire « dróle " est un type de discours 00 les pronoms relatifs ont aussi une
forte récurrence .
• Une autre erreur consiste a ignorer le róle de reprise du pronom relatif, róle
qui sera donné a un pronom personnel. Par exemple : • D'une mapiere générale, l'enseignant doit rechercher, avant de proposer un
'Tu ne peux pas choisir l'homme que tu veux te marier avec lui. exercice de ~n invention, les types de discours 00 se manifestent « naturelle-
"Il y a une piscine au milieu du jardin qui on trouve des rosiers ment " les éléments grammaticaux qu'il veut faire acquérir aux apprenants.
au bord d'elle. C'est un effort qui va dans le sens de I'approche communicative et qui tiendra
*J'ai fini par demander des informations sur elle d'1,J.,phornme compte de « ce que parler veut dire ".
qu'elle travaille avec lui. l'

• Autre erreur rencontrée, celle qui consiste a ne donner au prono m relatif que
CE QU'IL FAUT SAVOIR
son róle de reprise, équivalent a -Il/elle ». L'apprenant ne semble pas savoir • Les relatives et le mode indicatif ou subjonctif (cf. dossier 8, 6, p. 191).
que le pronom relatif a aussi un rol e de subordonnant : Lorsqu'une relative est de type explicatif (valeur causale), elle est suivie d'un
'Cette personne qui est allée a l'opéra pour écouter la Traviata. verbe a l'indicatif :
Puis elle est entrée au drugstore pour acheter le disque. Les apprenants, qui n'avaient pas compris la consigne, se deman-
"Il s'étend sur le bord de la riviere ensuite qui s'expose au soleil. daient comment il fallait réaliser l'exercice.
Il faut done éviter d'enseigner les relatives dans des phrases tron~ du (Paree qu'ils n'avaient pas compris, ils ne pouvaient pas réaliser
rype : l'exercice.)
L'homme que.j'aíme. Dans les relatives déterminatives, il peut y avoir un doute quant a I'existence
La femme qui est la. meme du référent. Celui-ci peut étre uniquement virtuel. Des lors, ce sera le
L'enfant dont je parte. mode subjonctif qui rendra compte de ce doute existentiel.

124 ~/ 125
Observez et comparez la différence de sens entre les deux énoncés : DOSSIER 7
(1) Cet étudiant cherche un enseignant qui connaisse et parle le
turco La situation dans I'espace
(2) Cet étudiant cherche un enseignant qui connait et parle l
'tuOC. e
En (1), l'existence d'un tel enseignant est virtuelle. Peut-étre que, dans te .
'1 . A. tte
eco e, aucun enseignant ne connait ni ne parle la langue turque ?
En (2), I'étudiant sait qu'il y a un enseignant qui connait et parle le turc da
cette école. Mais i! a, malheureusement, oublié son nom. Sa seule maniere ~s
1. La ~lisation dans l'espace
caractériser I'enseignant qu'i! cherche consiste a dire qu'il s'agit d'une perSa ~ CE QU'IL FAUT SAVOIR
ne qUl connait Ia Iangue turque.
• A
. n
Dans une proposition relative, on peut done trouver le mode subjonctif si • C'est toujours de son point de vue que le locuteur indique la place des etres
I'existence du référent est aléatoire. . ou des proces dans I'espace.. A .' " , • A

C'est une manifestation tres concrete de la fonction du subjonctif : la créatian Le locuteur peut décider de situer etres et proces, soít par rapport a lui-méme,
d'un univers virtuel, possible mais peut-étre irréel (cf. dossier 8, 6, p. 187). soit par rapport a une autre référence.
\

• La proposition relative et son équivalent le participe présent.


• Les adverbes et locutions adverbiales de lieu qui répondent a la question
Le participe présent peut jouer le róle d'une relative déterminative : oo? :
je cherche un étudiant désirant louer ma chambre pendanr les 1. Icí, la, la-has et lá-haut :
vacances. a. Sur le Iieu de l'énonciation:
j'aimerais rencontrer un ltalien acceptant de m'enseigner sa _ ici indique le lieu al! se trouve le locuteur et fait toujours partie des ins-
langue. tances de I'énonciation. Il a une valeur déictique :
Je cherche désespérément un étudiant ayant une chambre a par- je me trouve bien id.
tager. _ la indique aussi le lieu oü se trouve le locuteur (la 1) et fonctionne cornme
j'aimerais trouver un chauffeur désirant partir avec moi en
id:
Grece. .
Pose le courrier la, sur ma table.
j'ai trouvé un partenaire ne craignant pas 'de jouer avec une Qu'est-ce que tu fais la (ici).
débutante. Viens la (ici),
Ces participes présents peuvent étre paraphrasés par une relative déterminative :
Quand ici et la sont utilisés pour marquer deux points de la sphere du locu-
Un étudiant qui désire louer une chambre.
teur, ici indique le point le plus proche de lui :
Un ltalien quí accepte de m'enseigner sa langue.
. Ne mets pas le courrier la, mets-le ici, pres de moi.
Un étudiant qui ait une chambre a partager.
Un partenaire de tennis qui ne craint pas de jouer avec une Pour indiquer la présence ou I'absence d'un etre dans le lieu al! se trouve le
débutante. locuteur ou son interlocuteur, on utilise plutót la :
- Paul, tu es la ?
r1
- out, je suis dans la salle de bains.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIR}i - Alló, Marie est la, s'il vous plait ?
~ Au cours de l'apprentissage des relatives, i! sera judicieux de faire corn- - Non, elle n'est pas la, elle est sortie.
prendre aux étudiants cette équivalence entre déterminative relative et partici- . - la-has désigne un lieu plus ou moins éloigné du locuteur :
pe présent. On pourra, par exemple, proposer un exercice de transforma- . Regarde la-has, tu vais Montmartre ?
tion : des énoncés au participe présent devront étre récrits en employant une - lá-haut ajoute a I'éloignement la notion d'élévation :
relative. Ou inversement, des relatives seront récrites en utilisant le participe _ Regarde lá-haut, tu vais ce petit point brillant ?
présent. - Oui, c'est un avion. .
Seu les les relatives en qui sont susceptibles d'avoir pour équivalent artici-
pe présent. • Dans la conversation ordinaire, ces adverbes de lieu sont souvent accornpa-
Le participe présent apparait comme un moyen économique pour éviter une gnés d'un geste précis :
déterminative relative. On le rencontre notamment dans les types de .discours - ici + index pointé vers le sol :
administratifs, dans la presse ou dans la correspondance. ) j'habite id.
127
126
la 1 + geste du menton indiquant le lieu tres proche dont on parle + gest La porte était ferrnée. Ils ont bien regardé et ils ont apercu une
de la main pointant vers cet endroít : e petite ouverture au-dessus. Alors ils ont approché une table et
Mets le courrier la. sont montés dessus pour atteindre l'ouverture.
la-has + geste du bras étendu désignant une direction éloignée et/ou vis 00 voit, par ces exemples, la dífférence entre au-de~sus, qui exprime une sur-
et regard indiquant dans cette direction : age
élévation par rapport a la référence et dessus qui indique une superposinon
La tour Eiffel est Iá-bas.
ar rapport a la référence.
- Iá-haut + geste du bras étendu désígnanr un
~
regard tournés dans cette direction :
. t '1 ' /
porn e eve et ou visage er 60 ne percoit pas toujours la me me distio:tion de sen~ entre en ?essous, au-
desSous et dessous qui peuveot souveot etre employes de la merne fa~on, :
japercois une toile d'araignée Iá-haut. Ils ont soulevé une grosse dalle et ont decouvert les bijoux et 1ar-
Il existe aussi un geste de l'index retourné, pointant par de petits mouvem genterie qui avaient été cachés dessous (ou : en dessous/au-
' . '. ents
sacca d es vers SOl, pour lllC!ter'quelqu'un a se rapprocher : dessous).
Viens id ! 4. Par terre signifie -au niveau du sol". Cette locution adverbiale exprime
b. En dehors du lieu de l'énondation : dooc en soi la référence de la position : le sol.
<?uand ils ne fo~t pas partie des instances de l'énonciation, la (la 2), la-bas et Ne jetez pas vos papiers de boobons par terre !
la-haut servent a reprendre un nom de lieu mentionné dans le contexte. Ils 5. Au milieu, au centre indiquent, de facon plus ou moins imagée, une place
jouent alors un róle anaphorique :
ceotrale par rapport a une surface, a une circonférence, a un volume, exprimés
Marie travaille dans un nouveau bureau, beaucoup plus' grand. La daos le contexte :
au moins, elle a de la place. ' Sur cette photo de famille, le pere est au milieu.
Mes enfants v,ivent en Birmanie. La vie n'est pas facile, Iá-bas Dans une montre, les aiguilles sont fixées au centre.
-Mon enfant, rña sceur,
6. Dehors, dedans marquent l'extériorité et l'intériorité :
Songe a la douceur
a. Par rapport au lieu 00 se trouvent les interlocuteurs :
D'aller lá-bas vivre ensemble!
Ne restez pas jouer dedans, allez jouer dehors.
[. . .1 La, tout n'est qu'ordre et beauté ... "
Ch. Baudelaire, l'Invitation au voyage. Dans cet ernploi, ces adverbes sont en opposition sémantique et signifient
" dans les murs » et « a l'air libre ».
Ce sont la 2 et Iá-bas qui sont utilisés pour la transposition de id dans le dis-
cours rapporté, lorsque la référence duolieu d'énonciation change : b. Par rapport a une autre référence du contexte :
Marie écrit a Pierre de Rome : "Je me plais beaucoup id -. Dans cet emploi, on trouvera plutót les formes en dehors et dedans :
Pierre raconte ases arnis parisiens : «Marie est a Rome. Elle dit - Vous habitez Lyon me me ?
qu'elle e plait beaucoup Iá-bas -. on, j'habite en dehors, a Écully.
- 00 sont les papiers? Sur la cornmode ?
2. Ailleurs réfere a un lieu autre que celui ou 'se trouvent le locuteur et ses
interlocuteurs : - ~n, dedans. (dans un des tiroirs)

Si vous n'étes pas bien ici, vous pouvez aller ailleurs ! 7. Les indéfinis représentant un lieu quelconque ou une absence de lieu,
partout, quelque part, n'importe oü et nulle part (d. dossier 4, 3, p. 78),
3. A droite, a gauche, tout droit, en face, devant, derríere, en haut, en sonr des circonstants du verbe :
bas, au-dessus, dessus, au-dessous, en dessous, dessous indiquent des Avec leur camping-car, ils peuvent aller partout.
directions et des positions :
Ma voiture est stationnée quelque part, dans la rue.
a. Par rapport au lieu de l'énondation :
Dans cette petite ville, on peut stationoer n'importe OU.
Regardez en face. I
Je cherche mon permis de conduire partout, mais je ne le
Tournez a droite. Ne tournez pas a gauche ! 'trouve nulle parto
Montez derríere, je reste devant.
lei, vous étes au quatrieme étage. Le cinquieme est en haut, le • Les préposítíons de Iieu,
troisiéme est en baso ElIes indiquent des positions ou mouvements d'un etre par rapport a une. réfé-
Au-dessus vit un jeune couple ; en dessous, l'appartement n'est rtl<_ . Syntaxiquement, elles précédent le nom marquant cette référence :
pas encore occupé.
l. Chez et a indiquent la position dans un lieu ou le mouvement vers un lieu :
b. Par rapport a un élément fíxe du contexte : . a. Chez est suivi d'un nompropre, d'un nom commun ou d'un pronom
Montez l'escalier. En haut vous trouverez un couloir. Au bout du tanique désignant une personne :
couloir, il faut tourner a droite, vous trouverez une porte. Ici, vous étes chez Marie Boli.
128 129
Passez chez le boulanger.
Venez chez moi. Dans ma classe, les eleves ne s'ennuient pas.
Dans la prison de la Santé, il n'y a que des hommes.
b. A est suivi d:un non: de ,ville ou d'un norn cornmun désignant un lieu :
Ici, vous etes a Paris.
Je vais a la banque. 4. vans signifie « a l'intérieur de " ét s'emploie pour localiser ~ti. bb!e~ dan: un
Passez a la boulangerie. espace circonscrit. Dans s'utilise pour marquer un líeu déterrníné spécifi-
Venez a la maíson, samedi soir. úernent (avec ou sans mouvernent) :
Ils partent a la campagne. q Ils travaillent dans la région.
]'habite dans le pays depuis cinq ans.
Ils ont un chalet dans les Pyrénées.
2. Au et aux:
Ils descendent dans la vallée tous les jours.
Si le ,no~ ~ommun désignanr un lieu est au masculin, il y a contraction e Beaucoup de touristes viennent dans cette ville.
la preposition de lieu a et I'artícle défini masculin le . a + le -> au Il ntre ]'ai beaucoup d'amís dans la banlieue parisienne.
mérne entre a et les : a + les -> aux. . . en est de
11n'y a pas d'électricité dans la maison.
Montez au premier étage. 11n'y a rien dans cette píece.
Entrez au salon.
Venez au Gymnase-club. • Vans la roe marque aussi bien la position spécifique que la position géné-
Partez aux Antilles ou aux États-Unis. rique:
C'est un clochard, il a toujours vécu dans la roe. (valeur générique)
Passez aux renseignements.
Regarde dans la roe, il y a un clochard. (valeur spécifique)
Au et aux sont placés devant les noms de pays qui sont au masculin ou
plunel: au
Au Togo, au Brésil, au Maroe. 5. A. cóté de, prés de, loin de, au fond de, en face de, a gauche de, a
Aux Acotes, aux Philippines, aux BaÚ~ares. droite de, en haut de, en has de, autour de, le long de, au-dessus de, en
dessous de ... sont des locutions prépositives marquant l'emplacement ou le
déplacement d'un etre par rapport a un autre :
3.En:
Le salon est au fond du couloir.
Quand les noms de pays sont au féminín ou qu'ils commencent par une voyel- _ Assieds-toi a cóté de moi.
le ou un « h » muet, la préposition de lieu (avec ou sans mouvernent) est alors La poste est pres de l'église.
en: .
Paris est tres loin des Seychelles.
Je travaílle en France. . La mairie est en has du village.
Ils sont en Allemagne. Le bureau est en haut de l'escalier B.
Elles partent en Grande-Bretagne. ~a station de taxi est en face de la gare.
Il est né en Iran mais il vit en Irlande. 11se promene autour de la maison.
Cet été, je vais en Italie. ]'aime marcher le long de la riviere.
Marie Boli est partie en Argentine. "
• Devant et derríere ne sont pas suivis de la préposition de :
Si la référen~e loc,ati;re est prise au sens générique, c'est-á-dire qu'elle indique Il y a un jardin derríere la maison. /
un type de lieu general, on utilise en (et non pasdans) :
Mets cette chaise devant la fenétre.
Elle habite en ville.
L'air est plussaín en montagne. I • Toute locution prépositive construite avec la préposition de su bit la contrae-
La vie en banlieue n'est pas simple. tion du devant un nom masculin, et des devant un nom au pluriel :
Les eleves s'ennuient souvent en classe. Ils habitent en face du cinéma.
Ici, on se croirait en prison. Attends-rnoi acoté du supermarché.
je travaille prés des Champs-Élysées.
Comparez :na~ntenant avec des emplois de dans marC¡uant un lieu de référen-
ce bien spécifíque : . .! .. L'Europe est loin des États-Unis.

Elle habite dans une ville surpeuplée. • Apres toute préposition ou locution prépositive, c'est le pronom tonique qui
~ans la montagne oü j'habite, l'air n'est pas pollué. sera utilisé :
Installe-t~ a cóté de lui et en face d'elle,
J habite dans la banlieue nord de Paris.
11re~p~p de toi. Nous ne serons pas loin d'eux,
130
131
6. Sur et sous, au-dessus de, en dessous de marquent la position d'un objej l.Z. Entre ... et ... localisent un objet situé, plus ou moins a égale distance, entre
par rapport a un plan. Position de supériorité, avec superposition pour sur et deux points :
surélévation pour au-dessus de ; position d'infériorité pour sous et en des, Ils habitent entre París et Le Mans.
sous de: Entre ici et la-bas, il y la un petit village.
Le journal est sur la table.
Il n'y a rien sous la table.
·]Usqu'a signale le point d'arrivée :
Le bateau vogue sur l'océan. 1.3• Vous marc hez i
ez jusqu ,-l
a a gare.
Il y a des embouteillages sur I'autoroute. Ils vont a pied jusqu'au jardin du Luxembourg.
Un aéroglisseur vogue au-dessus de l'eau. Il y a cent kílometres jusqu'á Chartres.
Un sous-marin navigue en dessous de la surface de l'eau. Elle est allée jusqu'aux Seychelles.
Un hélicoptere vol e au-dessus de la ville.

7. Par indique un lieu que l'on doit traverser pour se rendre a destination : A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
Pour aller a Nice, passez par Lyon.
Montez par la. ~ Des difficultés d'apprentissage, fréquentes, surgissent. dans l'emploi des pré-
positions et de l'artide devant les noms de pays et de villes .
• Parfois-les apprenants n'emploient ni préposition ni artide :
8. De marque la provenance, l'orígíne ou le point de départ :
Ils arrivent du Chili ou du Venezuela. *Elle origine Turquié.
*Cet été, je vais Pologne.
Elle vient de la campagne.
Tu reviens·du Japon ou des États-Unis ? • 11Y a souvent confusion entre a et en, au, dans :
D'ici a la-bas, il y a bien deux kilornetres. -ns habitent en Paris.
Vous n'étes pas d'ici ? °Je vais en New York.
Nous partirons de Lorient. *On va au Lyon.
"Ils sont au Montpellier.
• Pour marquer la provenance, l'article défini s'efface devant les noms de pays
"[e vais a la Suede.
du genre féminin ou devant les noms de pays de genre masculin commencant
"Il étude dans Grande-Bretagne.
par une voyelle ou un « h » muet :
*Elle est née a Canada au Toronto.
Ils arrivent d' Argentine ou de Turquie.
_• Les apprenants -utilísent régulierement l'artide défini apres la préposition de
Vous revenez d'ltalie ou d' Allemagne ?
marquant la provenance, pour indiquer un pays de genre féminin ou corn-
J'arrlYe de Grande-Bretagne.
Il est originaire d'Allemagne ou.de Pologne. mencant par une voyelle :
Ils viennent d'Iran. *Je viens de la Turquie.
~ arrive de l'ltalie .
• On trouve souvent en pour dans.devant des noms qui ne sont pas des lieux
9. De ... a ... marquent la distance comprise entre deux villes :
De Paris a Brest, il y a environ 500 kilornetres. matériels: * { .
*J'ai des satisfactions en mon travail, en mes recherches.
*J'ai fait quelques tentatives en le champ de l'illustration.
10. Vers, du cóté de, aux environs de ... donnent la direction ou la localisa- *J'ai quelques problemes en ma famille.
tion, sans précision exacte : • On constatera également que les apprenants ont tendance a ajouter la pré-
Elle descend vers les Pyrénées. position de apres devant/derriere, par analogie avec en face de et acoté
Ils habitent vers Dijon. de·' .
Tu vas vers Montparnasse ? I . *Je suis derriere de toi et devant de lui.
Ils ont une villa du cóté de Saint-Malo, *Hier, j'étais derriere de lui.
je pars du cóté du Mont-Saint-Michel, •..::;."in, on note, de la part des apprenants grecs, une difficulté de prononcia-
tion pour chez qui peut provoquer une confusion entre c'est et chez. Il est
11. Pour indique une destination et ne s'utilise qu'avec quelques verbes de alors utile d'insister sur la forte labialisation du [j1 et sur la position légerement
départ comme « partir, se mettre en route " : rétroflexe de la pointe de la langue au cours de l'émission de cette consonne
. Ils partent pour Londres ou pour Glasgow. .• chuintante ".
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132
• Les pronoms adverbiaux en et y.
CE QU'IL FAUT SAVOIl?
--..:.:. z. Que1ques verbes
Les pronoms en et y (d. dossier 2, 4, p. 37) permettent de reprendre Un . de dép1acement dans l'espace
constant de lieu : d'oü l'on vient, oü I'on va, oü l'on se trouve. Clr,
- Vous partez aux Seychelles ?
CE QU'IL FAUT SAVOIR
- Oui, nous y allons avec toute la famille.
Le verbe aller. . - -
•• aller 1 dans son sens « se déplacer vers un líeu ", est generalement
- Les Durand reviennent de la Réunion ? b
Le ver e, . da
- tvi des prépositions a, chez. Il peut aUSSletre SU1Vldes prepOSlt10nS
A • • _. •

- Non, ils n'en reviennent pas, ils y vont. ns,


SUI - ..
- Ils habitent a París ? ou de toute autre preposltlon :
- Ils y travaíllent, mais ils n'y habitent pas. par Il va a la boulangerie.
En permet la reprise du nom d'un lieu d'oü l'on vient, la provenance. Ils vont chez le boulanger.
y permet la reprise du nom d'un lieu oü l'on va, la destination, et indique aus . Nous allons au marché.
le lieu oü l'on se situe, la localisation sans mouvement. SI
je vais chez le coiffeur.
Cet hiver, les Boli sont alié s dans les Vosges .
• Les pronoms relatifs oü, dans lequel, sur laquelle .. indiquent une pos¡
« Ils sont allés par la.
tion ou un mouvement : _ Le verbe aller 2, impliquant un mouvement finalisé par une action spéci-
- oü est le pronom relatif simple (cf. dossier 6, 5, p. 122) : fique, est suivi d'un ínfinitif et n'a pas de préposition :
La région oü je suis né est située a l'ouest de la France. Va chercher du pain.
Vous connaissez l'endroit oü est né Chateaubriand ? Allez prendre l'autobus sur la place de la gare.
« La chamb~e oü ma mere m'infligea la vie ", écrivait-il. je vais me coucher, il est tardo
La oü je vais, vous ne pouvez pas venir. Allez lui demander conseil.
On trouve aussi « d'oü » et « par ou .. : _ Le verbe aller 3 entre dans la composition du futur analytique ou « futur
Le pays d'oü il vient est en pleine révolution. proche », Il a une valeur de « semi-auxiliaire »et est directement suivi d'un
Nous n'avons pas pu visiter les villes par oü nous sommes passés.
infinitif :
- dans lequel, dans laquelle, dans lesquels et dans lesquelles, pronoms Ils vont sortir a 20 heures.
relatifs complexes, peuvent étre utilisés a la place de oü pour indiquer un lieu Cesoir, elles vont préparer un diner en leur honneur.
circonscrit :
je cherche le laboratoire dans lequel travaille Marie Boli. (Se référer au dossier 8, 4, p. 167 et 5, p. 181.)
Ell~ a cassé la tasse dans laquelle tu prenais ton thé.
La poche dans laquelle je mets mes clés est percée. A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
Je t'expédie un paquet dans lequel tu trouveras trois romans.
~ Au cours de,}'apprentissage, on constate que beaucoup d'étrangers confon-
Les pronoms relatifs se combinent avec toutes les prépositions de lieu :
dent ces divers emplois du verbe « aller », '
Vous avez pris le bateau sur lequel j'étais partí moi aussi.
C'est-a-dire que le plus souvent, ils mettront une préposition « a " entre « aller "
La ville par laquelle je suis passé était en féte.
et l'infinitif :
'Je vais a travailler.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIE 'J e vais a partir.
~ Pour les apprenants, la difficulté consiste a choisir la bonne prépositiO!1 On rencontre aussi des erreurs de prépositions, apres le verbe « aller " :
par/sur/dans et a faire l'accord correct en genre et en nombre du relatif com- 'Je vais au chez mes amis.
plexe avec son antécédent : ·'Je vais dans université.
'La table dans laquel j'étudie ... Au cours du niveau 1, les apprenants devront done mettre en place ce double
'Le lit sur laquel je couche ... I systeme syntactique :
'Le jardin sur quoi on joue du foot ... aller + préposition + lieu *- aller + simple infinitif.

• Le francaís utilise « ou " au lieu de « quand " dans des expressions cornme les exercíces systématiques en situation peuvent aider a la mise en place de
«au moment ou, a I'heure oü, le jour oü, etc. " Ce double systeme, mais on pourra aussi faire avec profit des « analyses d'er-
Les apprenants étrangers auront du mal a s'habituer a cet emploi de « oü " daOS reUrs ", a partir d'un corpus recueilli dans les productions orales ou écrites des
des expressions temporelles (cf. dossier 8, 3, p. 162). apprenants.
135
134
_ Le verbe retourner peut étre employé par une personne qui se trouve
CE QU'IL FAUT SAVOIl?
-- ~eurs que dans le lieu auquel elle fait référenee :
J'ai beaueoup aimé Belle-Ile-en mer, j'y retournerai un jour .
• Le verbe venir. En ce mornent, nous passons nos vacances a Crozon, nous retour-
~l fait partie du " iei/maintenant .. du loeuteur. Venir est done inserit dans 1 nerons a Paris (chez nous) a la fin du mois.
mstanees de l'énoneiation. es J'ai fini mes études a Paris, je retourne/rentre dans mon pays.
Seul le territoire oeeupé par le loeuteur (je) est eoneerné dans une phr Les Durand sont retournés au Canada, d'ou ils sont originaires.
eomme: ,aSe
Venez me voir. • Les verbes entrer et rentrer.
l'extérieur vers l'inté-
Ceu: qui ont l'intention d'allér vers ee territoire (sans invitation) devraient di _ Le verbe entrer s'emploie pour tout mouvement de
ou ecrire : . ire
rieur : Entrez done, je suis contente de vous revoir.
Nous irons V0US voir bientót,
je suis entrée dans un magas in et j'ai acheté ea.
Une phrase eornme : _ Le verbe rentrer implique une réitération, un mouvement vers le point de
*Nous venons ehez vous demain.
départ concu comme 1'" intérieur .. :
~erait done ineorreete, puisque le loeuteur ne se trouve pas, au moment de SOn Alló ? Non, Marie n'est pas la, elle rentrera tard ce soir.
enonciatron, dans le territoire de la personne a qui il parle. Mes études a Paris sont finies, je rentre dans mon pays.
Cependant, a l'oeeasion d'une invitation ou d'une prise de rendez-vous n t Les Durand, mes amis canadiens, sont rentrés au Canada.
ment télé h '1 ' o arn,
par e ep one, 1 est possible pour la personne invité e de dire :
D'aeeord, je viendrai ee soir chez vous a 20 heures.
En ce cas, cet invité se pr~je.tte mentalement chez son invitant et se représen- A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
te mentalement sur le terntoire de ce dernier.
~ Si ces verbes sont mentionnés, c'est que les étudiants étrangers les confon-
Les deux i~terlocuteurs se donnent done mentalement le me me point de réfé-
rence spatíale. e dent tres souvent.
En effet, la différence de sens entre" revenir -, " retourner .. et « rentrer » est tres
En revanche, le locuteur qui invite chez lui ne doit pas dire :
*Allez chez moi. díffícile a saisir.
Il est done indispensable que l'enseignant éclaircisse ces significations, en
Au morr:ent ou on entre physiquement dans le territoire d'autrui on peut utili-
employant si possible des graphiques.
s:r,verur, 'pU1~que les ínterlocuteurs ont, a ce moment-lá, le rnérne point de Attention : l'emploi de ces verbes exige de savoir clairement oü se situent dans
reference spatiale, c'est-a-díre le me me " ici .. : -l'espace les locuteurs, au moment de l'énonciation.
Je viens chez vous pour vous demander un conseil. Il s'agit de savoir aussi si la communication entre les interlocuteurs se fait face
Je venais vous rapporter ce que vous m'aviez prété, a face (donc dans le mérne " ici "), par téléphone (ce qui peut autoriser un « ici "
Demain, je viendrai te retrouver ici a 17 heures. mentalement commun) ou par écrit (les interlocuteurs ont nécessairement deux
• ici .. distincts) .
• Les ver be s revenir et retourner. 1. 11 est chez lui, oü il veut faire venir des amis :
Le verbe .revenir peut étre utilisé par une personne qui est sur le point de
== ~n lieu et qui s'y réfere, alors qu' elle s'y trouve encore (c'est encare
enez chez moi. (son" ici ..)
2. 11 accepte par téléphone une invitation chez quelqu'un :
son" ICI ») :
Attends-moi, je reviens tout de suite. je víendrai vers, 20 heures. (projection mentale dans le « ici » de
Aujourd'hui, je pars de Paris, mais j'y reviendrai bientót, l'invitant)
Je me trouve bien chez vous, je reviendrai vous voir bient6t. ]'irai vous voir et j'arriverai vers 20 heures. (distinction est faite
Nous reviendrons, ici, l'été prochain. entre le " ici » du locuteur et le " ici .. de l'invitant)
Tout locuteur p~ut, de chez lui, renouveler une invitation a des personnes pré- 3. 11 se 'propose de rendre visite a des amis et cela sans invitation préalable :
sentes ou physiquernent absentes (par communication téléphonique ou par j'irai vous voir chez vous lundi. ]'arriverai vers 20 heures.
lettre) en leur disant : 4.11 e t chez lui ou n'importe oü, mais s'appréte a partir:
Revenez nous voir bientót, nous vous attendons.
Je reviendrai.
L'i~vité pe~t,répondre oralement, paree qu'il se proj·tte mentalement au mérJ1e 5. I1 e ntre de nouveau chez lui ou chez quelqu'un d'autre, apres une absence :
point de reference spatiale :
je suis revenu.
D'accord je reviendrai bientót.
137
136
6: n est ailleurs (n 'importe oü) et considere un départ en direction
dongme:
de SOn l'
le\¡
OS les grammaires, on les appelle habituellernent « verbes de déplacemeq.t "
Je retourne ou je rentre dans mon pays. llis cette appellation n'est pas assez précise pour l'enseignement du francaís
tr1 ' ,
gue etrangere. .. ..
7: ~l est chez lui ou n'importe oü, sa~f dans le lieu auquel il fait maint
reference : enant
)lltl effet, « marcher, courir, nager, voyager » sont aUSSl des verbes intransitifs 8~
~ 1 cement cependant ils se conjuguent avec l'auxiliaire avoir et, de plus, i1s
Je retoumerai avec plaisir dans ce charmant village. déra ,.. ,
ont imperfectlfs. ., A, ,..

• Le verbe arriver.
CE QU'IL FAUT SAVOll?
---....:.:.
e9Ssage d'un ªe~~
5 e qui caractérise les verbes conjugues avec etre, e est qu lis signalent un
un autre avec transformation du sujet-agent :
P_110 aitre » consiste a", " passer • d'un état a un autre, avec changement pour le
Il exprime l'aboutissement.d'un
A~ssi ce verbe pourrait-íl étre
déplacement vers un lieu.
considéré comme le résultatif des verbes de

ujet-agent ;
rnourir. est le " p'~ssage • d'un état de vie a un état de mort ;
_« sortir, partir, aller, venir, rentrer, retourner, revenir » sont des preces qui
déplacernent dans l'espace : on se déplace dans l'intention d'atteindre un bu dénotent une transformation du sujet-agent qui était la et qui ne l'est plus, ou
" Arn~er • marquerait le résultat de tour déplacernent (aller, venir, etc.). t. ui n'étair pas la mais qui est maintenant présent.
Cette mterprétation est suggérée
se par des apprenants étrangers :
par une certaine erreur fréquemment co .
rnm],
in outre,au passé composé, ces verbes intransitifs et perfectifs indiquent clai-
rernent un résultat :
*Je suis venu en France depuis trois jours. je suis descendue. ---> C'est que je ne suis plus en hauf, mais en
Ce qui est attendu, normalement, serait : bas.
Je suis arrivéCe) en France depuis trois jours. je suis tombée. ---> C'est que je suis passée de la position vertica-
« Venir. n'exprime pas-un état résultatif de type continu comme le fait le a une position plutót horizontale.
exem lb' ,par Il est alIé au marché. ---> C'est qu'il n'est pas ici p'pur le moment :
p e, un ver e comme « se rnarier », dont I'état résultatif est « étre marié »
L'état résultatif de « venir. serait tout simplement « étre arrivé ». . il est absent.
~e verbe « venir. est pourtant bien perfectif puisqu'il rentre dans une construc- ElIe est revenue. ---> C'est qu'elIe est maintenant ici.
non comme :
Au passé composé, les autres verbes de déplacement ne signalent aucun résul-
Je suis venu chez vous en dix minutes.
tat, ni aucun changement, ni aucune transformation de I'agent-~ljjet :
M:is une fois l'aboutissement exprimé par ce verbe, l'état qui s'ensuit ou en j'ai couru. ---> Signale que I'action est accomplie (sans résultat par-
decoule seraít « étre arrivé -. .
ticulier).
D'oü la r~ison pour laquelle la forme accomplie de '. venir. ne supporte pas la Il a voyagé. ---> Indique une action accomplie (sans résultat partí-
constructíon av~c " depuis " exprirnant un état résultatif continuo culier).
« Arriver » s'emploie habituellement avec des circonstants de temps ou de lieu :
Venez me voir. Je vous attends .. • II est vrai que" res ter » et " demeurer » sont des verbes intransitifs et imperfec-
Vous pouvez arriver samedi vers 17 heures. tifs, mais qu'i1s se conjuguent avec l'auxiliaire étrealors qu'i1s ne signalent aucun
Il est arrivé a Amsterdam jeudi dernier. passage d'un lieu a un autre, ni aucun résultat.
Si I'expression " "arrivez chez moi » est peu probable en franpis correct il est Cette particularité s'explique, comme cela a été mentionné plus haut, par le fait
pourtant possible d'avoir : ' que ces deux verbes constituent les contraires sémantiques des verbes de pas-
Venez chez moi et si possible arrivez avant la nuit. .•
sage d'un Iieu a un autre.

• Les verbes intransitifs exprimant le passage d'un lieu a un autre. • L'aspect résultatif de ces preces, marquant le passage d'un lieu a un autre, fait
~n ~ombre limité de verbes intransitifs et perfectifs indiquent le passage d'un que l'on peut trouver parfois un groupe nominal directement issu de leur par-
.. ('
lieu a un autre, avec transformation d'état de l'agent qui est également le sujet (¡C¡pe passé : .
grammatical du verbe : Un nouveau-né.
naitre devenir monter entrer Un mort.
venir sortir descendre retourner Un de parti, dix de retrouvés.
apparaítre partir tornber rentrer Les nouveaux venus.
arriver aller revenir mourir Les nouveaux arrivés.
Ces verbes (et souvent leurs dérivés et leur contrait(e sémantique comrne De rnéme que l'on peut trouver un substantif a partir du résultat de la passi-
"A rester» et " derneurer s) se conjuguent, aux temps composés, avec l'auxiliaire Vation des verbes transitifs : .
etre (cf. dossier 8, 8, p. 204).
Un pendu, un mordu, un tondu ...
138
139
A PROPOS DU SAVOIR-FA1R12 DOSSIER 8
~ Le~appr:nants étrlangers s'habituent tres difficilement a utiliser correcte~
ii
auxi raire etre pour es temps composés des verbes indiquant le passage d'
'e Un
La sttuatiorr dans le temps
leu a un autre, avec trans,ormation ou changement pour l'agent-sujet d
verbe. U et la vision du proces
L'enseignant trouvera tres souvent dans de tres bonnes copies:
*Nous avons venu vous dire ...
*]'ai allé aux États-Unis.
"Ils ont partí aux sports d'hiver en février.
*]'ai sorti avec~es amis au théátre. 1. Les indicateurs de temps
liés a l'énonciation
Cette erreur proviendrait pe t-étre du fait que les apprenants n'ont pas re
1,exp Iircatron necessaire
'. concernant
1es verbes exprimant le passage d'un li s::u
' un autre.
a I
eu
Quand on leur parle de verfues de mouvement ou de verbes de déplacement
cela ne suffit pas a leur informatíon grammaticale pour différencier les emploi~ CE QU'IL FAUT SAVOIR
des auxiliaires étreet avoiravec des verbes comrne . partir" ou -aller . et" COU- • Parmi les nombreuses marques linguistiques se référant au temps, il faut
rir » ou " marcher ".
d'abord distinguer celIes qui sont en rapport étroit avec le moment de l'énon-
dation.
Ces « instances temporelIes de l'énonciation » dépendent du locuteur et de sa
situation dans le temps.
Quand le narrateur de L 'Étranger de Camus, écrit : « Hier, maman est morte ",
le marqueur tempore! hier ne coincide pas avec le " hier " du lecteur, ni avec
le mien au moment oü j'écris ces lignes.
Tout énonciateur, au moment de son énonciation, possede son aujourd'buí,
son maintenant, son hier et son demain. Ce sont les « instances du dis-
cours », Roman ]akobson les appelIe les" embrayeurs du discours " :
- Qu'avez-vous fait hier soir ?
- Hier soir ? ]'ai re<,;:udes amis .

• La liste des embrayeurs temporels est relativement longue :


maintenant en ce moment cette semaine cette année
aujourd'hui a la minute ce matin l'année derniere
hier a l'instant ce soir l'année prochaine
demain tout a l'heure cette nuit ce mois-ci
lundí lundi dernier lundi prochain mardi, etc.

• Tout embrayeur nécessite une transformation, des lors qu'il est rapporté dans
Une situation temporelIe a laquelIe il ne coincide plus:
maintenant -> a ce moment-la
I .
aUjourd'hui -> ce jour-la
hier -> la veille

demai~ ¿ le lendemain
Ce soir -> ce soir-lá.

le mois prochain -> le mois suívant.


le mois dernier -> le mois précédent ~
l'année prochaine -> l'année suivante
l'année derníere -> l'année précédente
lUndi -> ce lundi-lá

140 141
Observez et comparez : os 8 jours 8 [ours plus tardo (apres)
---> .
Instance du díscours : samedi 13 janvier 1996, 11 heures du matín. Da j'ai vendu ma voiture, il y a 8 jours. . . A _

Qu'est-ce que vous avez fait Wer soir ? Il a expliqué qu'il avait vendu sa voiture huit jours plus tot (aupa
Discours rapporté quelques jours plus tard : ravant),
Je lui ai demandé ce qu?il avait fait la veille au soir. Je pars dans dix [ours. .. .
Il a annoncé qu'il partait dIX jours plus tard .
• D'autres indicateurs temporels expriment également un lien temporel
bien réel entre le locuteur-énonciateur et les états ou actions dont il parle : e uís, il Y a... que et ea fait ... que. ,. , .
Il y a huit jqurs, mq!l frere s'est marié. • D. Pd'cateurs temporels se construisent avec une duree chiffree .
Ces iO I • ..
Il est marié depuís huit jours. Il est parti depuís trois jours.
Ca fait huit jours qu'íl est marié. n y a trois [ours qu'il est parti.
Il y a huit jours qu'íl est marié. <;;:afait trois [ours qu'il est parti.
Il reviendra de voyage de noces dans p~e semaine. lis se construisent aussi ave:: les adverbes de temps « longtemps, peu de temps,
etc • qui dénotent une dure e : .
• nya et dans indiquent deux points, l'un dans le passé et l'autre dans le . nya longtemps qu'elle attend une promotlon .
futur du locuteur. Ils ont une valeur ponctuelle : .
• Depuis peut étre également suivi d'une date fíxe ou d'un nom exprimant un
locuteur
--+ + +. événement : .
Il est parti depuis dimanche dernier,
il Y a ici et maintenant dans
j'aiune bourse d'étudesdepuis 1995.
ny a et dans sont suivis :. Elle ne travaille plus depuis son mariage.
- de I'expression d'une duré e chiffrée : Ils sont au chómage depuis leur accident.
Il y a douze mois.
Deux visions peuvent étre obtenues gráce a « depuis • : le point de départ et la
Dans trois mois.
j,>

durée.
- d'une expression de duré e moins précise : Point de départ :
Il y a longtemps. locuteur
Dans quelque temps. ---- + ------------- + ---- ••
depuis ici et maintenant
Dans une phrase avec « il ya" le verbe est au passé :
1994
Elle s'est mariée il y a trois mois.
Il y a !rois mois exactement, elle s.e mariait. Durée:
depuis trois ans locuteur
Dans le 2e exemple, I'imparfait a une valeur « dramatique • : on revoit la per- ---- + -------------- + ---- ••
sonne " en train de se marier », trois mois plus tót, 1994 1997
Dans une phrase avec « dans • le verbe est soit au futur, soit au présent :
• D'une maniere générale, un énoncé contenant « depuis ", " il Y a ... qu:. » et " .c;;a
Il reviendra dans huit jours.
fait que. indique qu'un état ou une action continue au moment de 1 ~no~C1a-
Dans huit jours, il revient. ... . l' dicatíf
tion. Ces indicateurs ont une valeur durative. C'est pourquoi on trouve in
Dans le 2e exemple, le présent a une valeur d'actualité imminente : on se pro-
présent dans ces constructions :
jette dans l'avenir et l'on voit la personne « en train de revenir ".
Il travaille depuis cinq ans.
• Il y a ne peut pas étre suivi d'un passé simple car ce temps appartient a l'his- ¿a fait cinq ans qu'il travaille.
toire et non au discours. Il y a cinq ans qu'il travaille. ,
En d'autres termes, cela signifie que le passé simple est incompatible avec les Cependant, l'état O'Ur l'action peut étre a l'aspect " résultatif » -: c'est-a-dire étre
instances de I'énonciation. la conséquence logique d'une action accomplie dans le passe :
Comme l'expliquait Émile Benveniste, il ne peut y avoir le moindre lien te m- Il y a trois [ours qu'il est arrivé. .
porel entre celui qui parte" ici et maintenant » (discours) et le temps de l'his- Ca fait trois jours que j'ai vendu ma maison.
toire (époque révolue et mis e a distance par rapport au locuteur), Elle est mariée depuis une semaine.
•nya et dans subissent la transformation suivante au discours rapporté au Les actions " arriver ", " vendre » et « se marier » ont eu lieL~dans le ~~ssé. Elle:
ont un résultat qui dure actuellement : le fait d'étre arrive, le fait d etre mane
~~: . ~
Il Y a 8 jours ---> 8 jours plus tót. (auparavant/avant) et le fait d'étre vendu.
143
142
Dans ces cas, on peut trouver avec les indicateurs de temps « d .
que .. et " ea
'" faít ... que » d es ver b es au passé corn ' ( epuis , '1
"
pose aspeet resultan)
"1 Y
a -,
A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE

Remarque : il est a no ter que dans la lu art di. . r dans le temps est indispensable a tout loeuteur, mérne s'i! est cr -bu-
résultatif ont exaetement la m~me form~ p. cas, les aspeets aeeorn . sltue l'apprentissage de la langue. Des lors, i! semble étonnant que les
pronominaux comme « se marier s'endo;~.~lan~als .. Pourtanr, eertains v~]¡ et ~ns tS de langues étrangeres soient si souvent réticents a un enseígne-
légerement différente a l'aspect n~sultatif ( fll,. ifise e~lffer, ete ... ont une fo bes Ign~n oce des trois époques (pass'ée/présente/future). Certes, un enseigne-
1 e . m ra » p. 175) rQ¡e
tneOt r~~ire de la grammaire peut, par exemple, avoir des avantages quarn a
1 s se sont mariés en 1994. (aspeet ae~ompli _. asse
fIlent I~ du temps présent, avant que ne soient abordés les temps comp<:>sés.
Il Y a troís ans qu'ils sont mariés. (aspeet résulta~f _ e elornpOSé) lA ¡¡,cauon . ,.. h
tivale [?]) va eu- act' IP • ce ehoiX pédagoglque s'oppose necessairement a une approc e comrnu-
lec.
~íS 've de l'enseignement/apprentlssage des langues. Le sujet parlant doit
• Dans les eonstruetions ave e « depuis .. "il Y a . J1l~u acces aux moyens linguistiques qui lui permettent d'exprimer son vécu.
b ,¡; , que ..et « <;:afaír qu
Oo.

ver es perfectifs (c'est-a-dire ceux dont le sémann e » , seuls le


.Oo. a"Olfécu est nécessalrement
írement mscnt
inscrit d ans les trois., epoques.
d l' . ) isrne expnme l'aboun s
. e action sont employés au passé composé (as ect résulta' Outlsselllent ce, vt en s'exer<;:ant a. se diire et a se raconter que l' apprenant mettra peu a- peu
zmperfectifS sont au présent de I'indicatif. p tíf). Les verbes ces lace le systeme des temps et des indicateurs temporels de la langue qu'il
Observez le fonctionnement de ces deux types de verbes avec les' . en ~end. Les enseignants estiment parfois que l'apprentissage doit se faíre de
temporels « depuís ", " il Y a ... que » et " <;:afait... que » : tndleateurs app cloisonnee:ée i d'. a b or,.di' e systeme di"
fa~on e m dil:atl if prese~t,
nré . le sY~~eme
ensUlte, •
Perfectifs : Imperfectifs : du futur, puis celui de l'imparfait et du passe compose, avant d aboutir au
trouver chercher mode subjonctif. Ce découpage pédagogique ne se justifie pas si l'on se donne
mourir souffrir pour objectif d'aider les apprenants a comprendre et a prendre la parole en
naitre vivre langue étrangere. Une exposition simultanée aux trois époques est donc néces-
tomber courir saire des le début de l'apprentissage. La progression se fera « en tache d'huile ",
partir marcher ou • en spirale » , pour éviter un cloisonnement réducteur qui rend ímpossíble
arriver habiter toute communication quotidienne.
sortír travailler
s'endormir, etc. dormir, etc. ~ Parfois, les regle s données sont trop généralisantes. Par exemple, celle quí
Il y a trois heures qu'elles ont trouvé la solution. consiste a dire que" depuis ", " il ya ... que » et « ea fait... que » se construisent
Maís . avee le présent.
Il Y a trois heures qu'ils cherchent la solutíon. Pour évíter des généralisations hátives, il faut étre bien conscient des nuance
Toutefois, les verbes imperfectifs p " , nécessaires a apporter entre " ternps-époque .. (passé-composé/pré ent)
~t lové ' au asse compose de forme négaiiue peuvent • aspects » (aceompli/résultatif) et surtout valeur perfective ou irnperfective de'
e re emp oyes avec ces trois indicateurs temporels : '
verbes:
(1) Il y a trois jours qu'ils n'ont pas dormi.
Ca fait deux jours que j'étudie le francais ici. (verbe imperfectif)
(2) Ils n'ont pas travaillé depuis 1994.
Il y a huit jours que je suis arrivée en France. (verbe perfectif)
(3) Ca fait dix ans qu'elle n'a pas vu ses parents.
]'ai trouvé un appartement depuis trois jours. (verbe perfe tif)
Comme ?n peut le consta ter, au passé composé de forme négative, ces ]'ai f'mi mon travail depuis trois jours. (verbe perfectif)
constructlons présupposent une continuité dans le présent .
(1) Ils ne dorment paso . an- suite des regle s trop générales données en début d'apprentissage le
pprenant . '
(2) Ils ne travailIent paso s produíront des phrases du type :
(3) ElIe ne les voit paso "Il y a huit jours que j'arrive en France.
*Je trouve un appartement depuis trois jours.
• Lorsqu"1 dé l "Il y a huit jours que je finis mon travail.
d 1 1 Ya ~p acement de la référence temporelle dans le passé ou le futor Ce •I
u ocuteur, les índicateurs temporels « il y a que et f . t urili- reg?pe d'erreurs peut provenir d'un enseignement qui s'appuie trop Sur l
sés a I'imparfaír fu Oo. ea ait.. que » son
""

1" '. (1 fOU au tur et ne sont done plus en rapport avec le mornent de Sérn:~/Ormelles (grammaire traditionnelle), sans tenir compte des regl
enonciatíon C. infra 4, p. 169) :
. lques (valeur d'emploi des temps).
Quand je l'ai rencontré ce jour-la, il ~ avait troi jours qu'iJ n'avait
pas dormi. ~
D y aura seulernenr trois jours qu'íl sera instalI?a' Paris quand il rne~~lvei~lera tout particulierement a ce que les apprenants distinguent clair ~
commencera a travailler. ' durat' es tndicateurs « il ya .. (a valeur ponctuelle) et « il y a ... que» (a valeu
lVe). .
144
14
Ils sont restés deux mois au Japon.
~ Parfoís, les apprenants confondent en ce rnornent ., et « a ce moment-l'
«
Il a été absent une dizaine de jours.
« dernain ., et « le Iendemaín » « hier • et « la veille », « le mois dernier » et "a"
dernier mOlS » : l~ " dicateur temporel en ne s'emploie qu'avec des verbes perfectifs puisqu'il
*]'habite a París depuis le dernier mois. -, L~;le exclusivement le temps nécessaire a l'aboutissement d'une action :
"Il est difficile de travailler a ce moment. slg IIs ont fait ce voyage en trois jours.
'Je viendrai a ce temps-Ia. ]'ai repeint la maison en dix jours.
;1,. ce moment, il prend plusieurs médicaments. Elle a accouché en vingt minutes.
*On part aujourd'huí, on doit quitter ceux qui partent le le d _ L'indicateur pendant signa1e les bornes ,extremes, e~tre lesquelles une actio~ a
main. ,.' n e.
, u sans índiquer pour autant le temps necessaire a l aboutissernent du proces :
*Demain, j'allais au Mont-Saint-Michel. (Le lendemain je . he , ]'ai repeint laa maison
mai pen da nt diIX jours. (M ars.. )e n ,.al toujours
. pas
alié ...) . ' SUlS
terminé.)
.:S~ je ~e me couch~is pas trop tard la nuit derniere. (la veille) ElIe a accouché pendant les vacances. (Mais je ne sais pas si cet
C est a cause du fete qu'elle est allée le soir dernier. (hier so' ) accouchement a été rapide ou long.)
'J' arnve
. 1e diirnanche prochain. Ir

Ce genre d'erreurs prouve qu'i1 est indispensable de travailler les différe • L'indicateur temporel a valeur durative pour exprime les deux bornes de la
d' loi d l nces
emp 01 et e va eur des embrayeurs du discours et des autres indicateurs d durée prévue pour I'aboutissement d'une action, qui peut commencer a une
temps. e
des trois époques.
Pour systématiser ces emplois spécifiques, I'enseignant peut, par exemple, pro- L'aboutissement du preces étant attendu, pour ne s'emploie pas avec des
poser une bande dessinée datée ou les personnages parlent de leur « ici et verbes irnperfectifs :
maintenant ", • . Les Boli sont absents pour tout l'été.
L~s apprenants doivent rapporter les paroles des personnages - ce qui demande Marie est partie pour trois mois aux Érats-Unis.
necessairemenr une transforrnation des instances de l'énonciation Cette cure sera longue. Vous en avez au moins pour six mois.
Évidemmenr, I'enseignant évitera de demander aux apprenants de rapporter La station de métro n'est pas loin : vous en avez pour cinq
ses propres paroles du jour, étant donné que le groupe vit les mérnes instances minutes a pied.
temporelles ! Les Durand ont loué un apparternent pour un an seulement.
IIs étaient partis pour cinq ans. IIs revinrent dix ans plus tardo

2. Les indicateurs tempore1s • Pour saisir la différence de valeur entre en, pendant et pour, on pourra com-
parer les énoncés suivants :
non liés a l'énonciation (1) Pierre est parti en cinq minutes.
(2) Pierre est parti pendant dix jours.
CE QU'IL FAUT SAVOIR (3) Pierre est parti pour dix jours .
• En et pendant. (1) Signifie que le départ de Pierre n'a pris que cinq minutes (un départ pré-
Ces ~eux indicateurs temporels ont une valeur durative, ils s'emploient auX cipité).
trois epoques et ne sont pas Iiés aux instances de I'énonciation : (2) Signifie que Pierre est parti et qu'il a été absent pendant dix jours, mais il
]'ai terminé ce travail en dix minutes. est maintenant revenu .
Nous repeindrons la maison pendant les vacances. . (3) Signifie que Pierre est parti et qu'il est actuellement absent. Son retour est
IIs font un aller Paris-Rome en deux heures et demie. attendu prachainement.
]'ai vécu pendant dix ans au Maroc.
Ils vécurent tres heureux pendant des années. A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
• En er pendant indiquent les deux bornes du déroulement d'une action a10rS ~ Les apprenants 'étrangers ont tendance a confondre les indicateurs tempo-
que « iI ya", « depuis " et « dans » n'en marquent qu'une seule. ' rels :
*]'ai voyagé en trois heures. (pendant)
• En et pendant sont suivis d'une expression de duré e chiffrée (dixminutes,
*]'ai guéri dans trois jours. (en)
d:ux heures, trois ans, etc.). Pendant peut étre suivi d'un norn représentat''
']'ai travaillé pour deux mois. (pendant)
semantlquement une durée (les vacances, la scolarité, l'année, le travail, le sor!1'
meíl, etc.) et peut s'effacer devant une express ion de duré e chiffrée : 'Je ne I'ai pas vu pour trois jours. (pendant ou depuis)
J'ai vécu dix ans au Maroc *Je m'endors dans cinq minutes. (en)
.~
146 147
*C;:afait octobre que je cherche une chambre. (depuis) d vant les années : . 11 ' . . 7
e _ En quelle année vous etes-vous insta es ICI .
"J'arrive ici depuis trais jours. (je suis arrivé(e))
"]e suis ici cinq semaines. - En 1994.
*]'étudiais le francais en deux ans. (j'ai étudié pendant). _ Quand étes-vous né ?

Ce corpus d'erreurs laisse entendre que la grammaire intermédiaire se const'


- En 1978.
tue soit a partir de calques de la grammaire de la langue maternelle, soit a
tir d'un apprentissage insuffisant.
pa~: t;. de
vant trois saisons :
Les cours commenceront en automne ..
Le second semestre commencera en hiver.
Parfois, ce serait peut-étre mérne I'enseignement/apprentissage lui-meme qU¡
Il n'y aura pas de cours en été. (cet été)
conduirait a l'erreur (j'arrive ici depuis trois jours, j'ai voyagé en trois heure
etc.). C'est au cours de conversations informelles, concernant le vécu de~ A s'emploie : ~
apprenants, que pourrait ~e mettre en place l'ernploi correct des indicatellrs Z. . l devant certains jours de fete :
sans artlC e
temporels. L'enseignant se contenterait de corriger « en écho » l'énoncé falltif •. A oél, a raques ...
sans pour autant interrompre la prise de parole de I'apprenant : ' b. avec l'article devant~:
- Ce week-end, je suis alié a Rome. utres jours de fete : - .. , - 1 ~
- Alors, raconte-nous ton voyage. - 1eS a A la Saint- icolas, a la Saint-Valentin, a la Trinité, a a pentecote.~.
- *J'ai voyagé en trois heures. oms communs féminins exprimant une époque de l'année ou un éve-
_ d es n
- Le voyage Paris-Rome a duré trois heures ?
nement:
- Oui. A la fin de l'année, a la mí-aoüt, a la saison des. pommes ...
- Alors, « j'ai fait le voyage Paris-Rorne en trois heures ». (sotto A la mort de grand-pere, a la naissance de Sylvie.
voce)
- Oui, la-bás, "j'ai visité en deux jours.
A la cornmunion des jumeaux.
- Tu as tout visité? c. avec I'article contracté devant :
- Non. .- « le printemps " : .
- Alors, « j'ai visité Rome pendant deux jours -. Les examens ont lieu au pnntemps.
- Mais, si j'ai tout visité? - le mois de ... " :
«
- Alors, « j'ai visité tout Rome en deux jours ». Je partirai au mois de mars. " ,
- Mais ce n'est pas vrai ! j'ai visité Rome pendant deux jours ! . ' que de l'année ou un eve-
_ des noms communs masculins expnmant une epo
- Et quelles sont tes impressions ?
nement:
C'est a l'occasion d'échanges de ce type que les apprenants se forgent leurs Au début de l'année.
regles d'emploi. Ils n'ont pas besoin de démonstrations plus. explícites pour Au mariage de Stéphane.
devenir perforrnants. Cette correction « en écho " et en cornmunication peut éclaí- Au revoir.
rer les différences d'emploi entre" en " et « pendant » plus efficacement que toute récédents en et a ont une valeur temporelle spécif~q~e,
• D ans les exemp les P , . d .. 1994) maís ils
une séance de grammaire sur les indicateurs tempore!s. Il sera utile, cependant, concernant une date ou une époque précise (au mois e Jum 'n¿ri ue .
de faire expliciter ces différences d'emploi plus tard dans I'apprentissage. peuvent, dans d'autres contextes, prendre une valeur temporelle ge q .
Pour que ce travail soit réellement efficace, encore faut-il que I'enseignant On ramasse les pornmes en automne.
sache immédiatement en quoi consiste l'erreur de I'apprenant. C'est-a-dire que Le houx fleurit a oél.
l'enseignant doit connaitre l'ensemble des contraintes d'emploi de « en » et On fait les foins au mois de juin,
« pendant ", par exemple. Les oissons ont lieu en aoüt.
II ". e manifeste
CE QU'IL FAUT SAVOI.E • Pour les [ours de la semaine, cette ualeur tempore e genenque s
• Les indicateurs temporels a valeur ponctuelle en et a. par la simple présence de l'artic1e défini : .
Le samedi et le dimanche, nous ne rravaillons pas.
Pour indiquer une date précise, pouvant se situer aux trois époques (passée,
présente, future) , on emploie les prépositions « en » et « a ». • Les jours de la serr:aine employés sans art~~le font partíe des instances ~~l~i~-
Le groupe prépositionnel, ainsi constitué, a une fonction de complément dr- COurs ils sont liés au « ici/maintenant" de l enonClateur (cf. supra 1, p.
constanciel de temps : , _ Que! jour est-ce, aujourd'hui ?
1. En s'emploie : - Samedi.
_ Qu'est-ce que tu as fait mercre dil. ?
a. devant le nom des mois :
_ Mercredi ? je suis alié e a La Villette avec les enfants.
En octobre, en décembre, en janvier, en avril 1994.

148
*<;a fait octobre que je cherche une chambre. (depuis) devant les années :
°J'arrive ici depuis trois jours. (je suis arrivé(e)) ¡,. _ En quelle année vous étes-vous installés ici ?
°Je suis ici cinq semaines. - En 1994.
*J'étudiais le francaís en deux ans. (j'ai étudié pendant). - Quand etes-vous né ?
Ce corpus d'erreurs laisse entendre q\le la grammaire intermédiaire se consti_ - En 1978.
tue soit a partir de calques de la grammaire de la langue maternelle, soit a par- devant trois saisons :
tir d'un apprentissage insuffisant.
c. Les cours commenceront en automne.
Le second semestre commencera en hiver.
Parfois, ce serait peut-étre me me l'enseignement/apprentissage lui-mérne qu¡
Il n'y aura pas de cours en été. (cet été)
conduirait a l'erreur (j'arrive ici depuis trois jours, j'ai voyagé en trois heures
etc.). C'est au cours de conversatíons informelles, concernant le vécu de~ 2. A s'emploie : .. A

apprenants, que pourrait se mettre en place l'emploi correct des indicateurs sans article devant certains jours de fete :
a. '1 Noé ,a' Páaques ...
A
temporels. L'enseignant se contenterait de corriger « en écho " l'énoncé fautif
sans pour autant interrompre la prise de parole de l'apprenant : ' b. avec l'article devant :
- Ce week-end, je suis allé a Rome. _ les autres jours de féte : A

- Alors, raconte-nous ton voyage. A la Saint- icolas, a la Saint-Valentin, a la Trinité, a la Pentecote ...
- "['ai voyagé en trois heures.
_ des noms communs féminins exprimant une époque de l'année ou un évé-
- Le voyage París-Reme a duré trois heures ?
- Oui. nement:
- Alors, « j'ai fait le voyage Paris-Rome en trois heures ». (sotto
A la fin de l'année, a la mi-aoüt, a la saison des pommes ...
voce)
A la mort de grand-pere, a la naissance de Sylvie.
- Oui, la-bas, *j'ai visité en deux jours. A la communion des jumeaux.
- Tu as tout visité? c. avec l'article contracté devant :
- Non. ••••. « le printemps ":
- Alors, « j'ai visité Rome pendant deux jours ". Les examens ont lieu au printemps.
- Mais, si j'ai tout visité?
- « le mois de ... " :
- Alors, « j'ai visité tout Rome en deux jours ».
Je partirai au mois de mars.
- Mais ce n'est pas vrai ! j'ai visité Rome pendant deux jours !
_ des noms communs masculins exprimant une époque de l'année ou un évé-
- Et quelles sont tes impressions ?
nement:
C'est a l'occasion d'échanges de ce type que les apprenants se forgent leurs Au début de l'année.
regles d'emploi. Jls n'ont pas besoin de démonstrations plus explicites pour Au mariage de Stéphane.
devenir performants. Cette correction « en écho » et en communication peut éclai- Au revoir.
rer les différences d'emploi entre « en » er- pendant- plus efficacement que toute
• Dans les exemples précédents, en et a ont une valeur temporelle spécif~q~e,
une séance de grammaire sur les indicateurs temporels. Il sera utile, cependant,
concernant une date ou une époque précise (au mois de juin 1994), mais lis
de faíre expliciter ces différences d'emploi plus tard dans l'apprentissage.
peuvent, dans d'autres contextes, prendre une valeur temporelle générique :
Pour que ce travail soit réellement efficace, encore faut-il que l'enseignant
On ramas se les pommes en automne.
sache immédiatement en quoi consiste l'erreur de l'apprenant. C'est-a-dire que
Le houx fleurit a Noel.
l'enseignant doit connaitre l'ensemble des contraintes d'emploi de « en " et
On fait les foins au moís de juin.
« pendant », par exemple.
Les moissons ont lieu en aoüt,
CE QU'IL FAUT SAVOIR • Pour les jours de la semaine, cette valeur temporelle générique se manífeste
• Les indicateurs temporels a valeur ponctuelle en et a. par la simple présence de I'article défini :
Pour indiquer une date précise, pouvant se situer aux trois époques (passée, Le sarnedí et le dimanche, nous ne travaillons paso
présente, future) , on emploie les prépositions « en » et « a ". • Les jours de la semaine employés sans article font partie des instances du dis-
Le groupe prépositionnel, ainsi constitué, a une fonction de complément cir- cours ils sont liés au « ici/maintenant » de l'énonciateur (d. supra 1, p. 141) :
constanciel de temps : , - Quel jour est-ce, aujourd'huí ?
1. En s'emploie : ••••••... - Samedi.
a. devant le nom des mois : - Qu'est-ce que tu as fait mercredi ?
En octobre, en décembre, en janvier, entvril 1994. _ Mercredi ? je suis allée a La ViIlette avec les enfants.
149
148
s erreurs morphologiques sans ambiguité sémantique peuvent étre eorrigées
• Devant un jour de la sem.aine, on peut trouver l'article défini a valeur sPéCi.
fique: • en éeho ".
La semaine derníere, je suis allée en vaeanees dans les Ardenne CE QU'IL FAUT SAVOIR
je suis arrivée a Sedan le dimane he soir, le lundi et le mardi je n¡s
suis reposée. Le mereredi et les jours suivants, j'ai fait des ra e ~ partir de, des, jusqu'... .. ,. ,
••
données, Je suis rentrée a Paris dimanehe, c'est-a-dire hier, da~' ces mal -queurs de temps sont 1-" rronctuels c'est-á-dire qu lis ne representent
la matinée. . s , point de départ ou un point d'arrivée sur l'axe du temps.
•quA un
partir de ", " des" et " jusqu' ... " sont emp 1oyes
- aux trois. epoques
- Cpassee,
-
La présenee de l'article signifie qu'il s'agit bien d'un dimanehe spécifique CeelUi
ésente et future) : . .
de la semaine derniere) et non pas, par exemple, celui de cette semaine, 'ici pr A partir du mois de septembre, Je travaille.
et maintenant " de la narratríce.
Des la semaine prochaine, je vous regle mon loyer.
• Pour donner une date chíffrée précise, aux trois époques (présente, passée En France, a partir de 1944, les femmes ont eu le droit de vote.
future), on utilise l'araicle défini : ' Elles ont voté des le mois d'avril 1945.
- Quelle est votre date de naissance ? Vous avez jusqu'á lundi matin pour payer vos impóts,
- Je suis né le 26 février 1978. Les cours ont lieu jusqu'au 20 rnai.
- Quand vous mariez-vous ? Les Boli seront absents jusqu'en septernbre.
- Nous nóus marions le 21 décembre, dans trois mois,
• A partir de et des indiquent le point de départ d'un état ou d'une action.
• Une lettre fait apparaitre, en haut et a droite de la feuille de papier, le lieu et jusqu' .,. signale la derníere limite pour leur déroulement.
la date de sa rédaction : Ces indicateurs de temps peuvent erre suivis d'une date chiffrée :
Paris, le 15 octobre 1996. A partir du 1er janvier 1996.
Des le 31 décembre 1995.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE }usqu'au 20 mai 1997.
~ Les apprenants étrangers ont de la difficulté a utiliser les expressions de Ils peuvent étre suivis d'un nom exprimant une époque ou un événement :
temps: A partir de cet hiver,
*Dans le mois de décernbre.
Des le printernps.
*Dans décembre.
jusqu'á I'été.
'Sur lundi.
"[e suis né sur le 15 d'octobre 1978.
A partir de sa naissance.
"Dans 1994. Dans l'été. jusqu'a son 18e anniversaire.
'Je viendrai le prochain mardi. Des son arrivée dans le quartier.
'Je suis allé a l'Italie dans l'été. • A partir de indique, de facon tout a fait neutre (objective), le début d'un état
"[e me repose au dimanche. ou d'une action. Des indique, de facon plus subjective, que le début d'un évé-
'Le dimanche je pars a Rome, (Pour : Dimanche je pars a Rome.) nement est estimé comme étant " précoce " :
Ce phénornene est le plus souvent lié a des calques sur leur langue mater- A partir du mois de mai 1968, les étudiants se mobílíserent.
nelle. Ce n'est que par des échanges interactifs, a propos de la situation dans Des le mois de mai 1968, les étudiants se mobiliserent.
le temps, qu'ils rnaitriseront peu a peu le systerne des indications temporelles • A partir de et jusqu'á imposent, quand cela est nécessaire, l'ernploi d'un
du francaís, ~ .
anicle contracté :
Le premier systerne temporel a mettre en place est celui qui concerne le "iCl
A partir du mois de .septembre.
et maintenant " des apprenants.
jusqu'au mois de mai.
Concernant la préposition « a ", on rencontrera au cours de l'apprentissage deS
A partir des grandes vacances.
erreurs lié es a la eontraction de l'article : « *a le ", « "á les" pour « au » et « auJ{'.
Jusqu'aux vacances d'hiver,
A la place de la préposition de temps « en ", ils utilisent régulíerement « dans
le » ou « dans la ». '
". A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
D'une maníere générale, si le systerne linguistique maternel de l'apprenant ne
~ Les apprenants de francaís langue étrangere peuvent confondre les emplois
comporte qu'un seul item temporel « dans " pour recouvrir le systerne franr;:aiS
de " a partir de » et " des », de mérne qu'ils ont tendance a eonfondre « depuis "
" en, dans, a", il est logique qu'il y ait des difficultés de mise en place du sys'
et" . ".
teme plus complexe.
Aussi, les erreurs qui frisent le eontresens seront explicitées, pour que l'appee'
A partir de demain, vous pouvez vous inscrire,
C= Les inscriptions commeneent demain, c'est offieiel.)
nant puisse lever toute équivoque sur la portée de sor¡ message.
151
150 l
Vous pouvez vous inscrire des demain.
C. Vision de l'action, non plus dans sa valeur d'antériorité, mais tout simp ement
(= Les mscriptions sont ouvertes, n'attendez donc pas lu
q~e demaín pour vous inscrire, c'est aussi simple!) p s tard Qlios sa valeur accomplie. Les deux actions sont alors vues dans un simple rap-
ort de successiuité, toutes deux par rapport au temps de l'énonciation .
Des leur rencontre, ils se sont aimés.
C= Leur arnour a été immédiat.)
P ]'ai étudié les lettres et avant j'ai étudié les maths.

Depuis leur rencontre, ils s'aiment. 3. Le point de référence est le futur :


En 2010, il travaillera.
(= Leur amour continue toujours.) J

La paraphrase en situation et le réem 1 . Vision de I'action antérieure comme accomplie dans lefutur :
l
renciation a faire entre ces ernploís des ~ dO en contexte faciliteront la diffé, s- En 2010, il travaillera probablement pour la BNP. Mais avant cette
,,t-' m icateurs temporels. date, il aura été stagiaire au Crédit Agricole.
b. Vision des deux actions dans un simple rapport de successivité :
..

-
'

Vous travaillerez probablement pour la BNP. Mais avant vous


CE Q U 'IL 'FA UT SA VOl]?
• Avant et apreso serez stagiaire au Crédit Agricole .
A partir d'un poim t d e rererence,
'C'
concernanr une de .troi , Cette analyse laisse entendre que les problernes d'antériorité sont non seule-
présente ou future), ces indicateurs de temps ex ri s IOIS ep~q.ues ,(passée, rneot liés aux temps verbaux marquant la chronologie, mais aussi a I'aspect de
ou une postériorité (apres) : p ment une antenonte (avant) ces ternps, c'est-a-díre a la vision. Celle-ci peut varier en fonction du point de
Il s'~s,t installé en France en 1994. Avant, il habitait (a hab't' . vue que veut exprimer le locuteur. Nous reviendrons plus en détail sur cette
habité) au Québec. I e, avaIt question délicate, dans lapartíe du dossier consacrée aux valeurs et emplois
Il restera en France jusqu'en 2001 des temps (cf. infra 4, p. 170 et 5, pp. 173-177).
Montréal. • . Apres, il retournera a
• Apres et les temps des verbes :
• Avant et les ternps du verbe. 1. L'indicateur de postériorité peut introduire des actions successives :
Si le preces du verbe de référence est au ' . . je suis descendue a Paris, apres je suis allée a Nice.
sera a un temps du passé . I ' pre~ent, le verbe qui lui est antérieur
. " e passe compose ou l'imparfaít. Fais (tu feras) d'abord tes devoirs, apres tu sortiras.
JMe travlallUe a Paris depuis 1989. Avant je travaíllaís Cai travaillé) a Ils ont diné ensemble, aprés ils l'ont accompagnée a la gare.
arsel e. .. D'abord je dique sur « fichier », aprés je choisis dans le menu.
Si le preces du verbe de référence est au a ' . . Les actions successives passées, reliées par" apres ", sont au mérne temps.
sera soit a l'imparfait soit a ' P, sse,. le verbe qut lui est antérieur
, . ' u passe compose, SOlt au plus-que-parfait . 2. L'indicateur de temps « apres " peut évidemment souligner le rapport « anté-
A partir de 1990 l" . 't d" 1 I .
. .> ., ,al e u le es ettres modernes. Avant .,'t d' . , riorité/postériorité » entre deux actions :
Cal étudié, avais étudié) le droit. 1 e u rais
Si tu as terminé tes devoirs, tu pourras sortir apreso
• Le choix du temps pass' I' . Tu finis ton travail et aprés on ira au cinéma.
e marquant action antérieure est lié a la "
veut en donner le locuteur : VZSlOn que On avait fíní de déjeuner. Apres, les enfants sont sortis.
1. Le poínr de référence est le présent : Maís, comme le montrent ces exemples, l'indicateur " apres » n'est pas indis-
Maintenant je travaille a París. pensable pour établir ce rapport "antériorité/postériorité" qui peut exister
entre deux actions.
a. Vision de l'actíon antériellre en accomPliss~ent aup ,.
J e t 'U' P asse .
. . ravai e a aris , avant je travaillais a Marseille. • Les emplois isolés de « avant » et « apres » sont fortement concurrencés par
b. Visíon de l'action .ant~rieure comme accómplie au passé : les constructions :
Je trava¡]le a Paris ; avant j'ai travaillé a Marseille. - avant + nominalisation, avant de + infinitif, avant que + subjonctif;
- apres + nominalisation, apres + infinitif passé, apres que + indicatif (cf. infra
2. Le moment de référence est le passé :
3, pp. 161-162).
]'ai étudié les lettres.
a. Vision de I',acti~n a~térieure en accomplissement au passé : A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
J al étudié les lettres a partir de 1990 . avant j'étudi . 1 h ~ En général, on enseígne aux apprenants que « avant " se construit avec l'irn-
b V" d 1'" ,JaIS es mat s. parfaít, lorsque le temps du verbe de référence est au présent.
. ision e action antérieure comme accomoite au p ,.
]'ai étudíe I I y asse. Cela e~ct si le présent du verbe de référence est un présent générique :
rnaths. le es ettres a partir de 1990; avant j'avais étudié les
Maintenant, les gens regardent la télévision. (présent générique)
Avant, ils passaient leurs soirées a discuter. Cimparfait générique)
152 1 153
Mais si le temps du verbe de référence est au présent spécifique (étre en tra: lis marquent l'éloignement dans le temps : autrefois, auparavant, jadis, en ce
de), il faut savoir expliquer aux apprenants que l'on peut trouver tout au 11) t;ll1ps-la, etc.
bien un passé composé qu'un imparfait. sS¡
arqueurs peuvent étre employés seuls, dans une réponse par exemple :
Cela dépend non seulement de l'antériorité temporelle, mais également de l'
. . 1 1 as_ •
C~ m .,
_ Est-ce que vous faltes du sport.
pect, ou visión, que e ocuteur veut donner de cette action antérieure (
comme accomplie ou vue en accomplissement au passé) : \TUe _ Rarement. -
- Qu'est-ce que tu fais en ce moment ? _ Elle fume encore '
- Je prépare le dessert Cje suis en train de préparer. ..), juste av _ Toujours!
j'ai préparé Cje préparais) les hors-d'ceuvre. al)t - Il est parti.
L'enseignant de francaís langue étrangere doit se méfier de donner des re I - Déja?
trrop genera
". 1es concernant l'.emp loi
01 d es temps des verbes. g es u'adverbes ils sont souvent postposés au verbe qu'i1s modifient.
• En rant q, "1 1 - l' xi
de verbes conjugués a un temps compose, l s se p acent apres au 1-
~ Des apprenants confondent « avant » et « i1 ya", « avant » et " auparavant » • En cas
*Avant deux jours, elle est allée patiner. (Il y a ... ) . ¡¡aire: '11
]'ai longtemps vécu dans sa fami e.
'~vant que1ques jours, j'avais arrivé a Paris. (Quelques jours plus Il a toujours évité les explications.
tot...)
Nous avons rarement cherché a le comprendre.
Je me souviendrai toujours de lui.
~ Parfois, l'étudiant traduit en suivant les regles syntaxiques de sa 1angue
maternelle : • Il est possib1e de mettre un adverbe de tem~s en pos~tion détachée (en téte
•Apres séjournant a Paris, j'ai allé de nouveau a New York. en fin de phrase) pour créer un effet de rmse en relief.
ou , d' . 1
Il faudra 1ui apprendre que c'est l'infinitif passé qui suit « apres ». A l'écrit, ces adverbes se signalent par la presence une virgu e. .
Cet infinitif passé exprime la relation " antériorité/postériarité » entre les deux A l'oral, ils sont suivis d'une pause et d'une différence de hauteur musícale
verbes : i1 faut d'abord que l'action de « séjourner » soit accomplie (d'ou l'infi- dans la voix :
nitif passé) avant que la personne ne puisse retourner a New York. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »
" Longtemps, j'ai confondu l'exotisme et les timbres-poste. »

« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage ... »


Nous nous sommes compris, enfin .

• Certains marqueurs ont des affinités avec certains temps du ver~e.: .


Tout a coup, 1'individu a refermé son journal, et pU1Sti est sorti.
3. Les autres marqueurs temporels Alors, [e l'ai suivi sans le perdre de vue.
CE QU'IL FAUT SAVOIR Il s'est immédiatement dirigé vers le métro .
• Les adverbes de temps sont des marqueurs investis de p1usieurs fonctions : Tout de suite, je l'ai perdu de vue.
Dans un récit au passé, on attend un proces accompli apres les marqueurs a
1. Ils attribuent un ordre chronologíque a des actions en série : d'abord, ensuite,
et puis, alors, enfin. valeur ponctuelle. ., .
Mais les marqueurs de temps a valeur durative ou a valeur íterauve ne sont pas
Ils ont alors une va1eur ponctuelle.
nécessairement suivis d'un imparfait.
2. Ils signa1ent la continuité d'une action : longtemps, toujours, continuelIement, Observez et comparez les temps du passé :
encore, etc. Dehors le vent soufflait toujours.
Ils ont alors une va1eur durative. ¿ Dans n~es filatures, le vent m'a toujoUrs été nuisible.
je luttais constamment contre les éléments.. .
3. Ils précisent la fréquence (itération et réitération) d'une action : une fois, par-
Mais j'ai constamment pensé que je retrouverals ce bandit,
fois, souvent, de temps en temps, rarement, de nouveau, encare, une fois de
]'ai t~jours fini par gagner.
plus, etc.
Ils ont alors une valeur sémelfactive (une seule fois) ou une valeur itérative Commé ces exemples le montrent, le choix du temps ne dépend pas du mar-
(plusieurs fois). queur duratif ou itératif.

4. Ils soulignent la promptitude de réalisation d'une action : déja, tout de suite, • Pour les emplois et valeurs de « toujours/jamais », « déjá/pas encore ", " tou-
immédiatement, sans dé1ai, a l'instant, sur le coup, etc. jours -, " encore/ne ... plus ", etc. se reporter au dossier 4, 2, pp. 72-75.
155
154
sont la des erreurs qui proviennent probablement d'un enseignement trop
A PROPOS DU S
énéfal sur les valeurs de l'imparfait.
~ Dans l'apprentissage des tem s d' A V O IR FA I l? 12
sont ,une balise pédagogique tr~s e~fi~~se, les ma~queurs a valeur ponc~ 8 LeS deux temps du passé Cimparfait/passé composé) seraient peut-etre plus
passe composé (ou du passé simple) e pour guíder et faciliter l'emploi ~~
~aifernent compris si on explíquai', qu'il y a, en francais, deux moyens d'évo-
En revanche, les marqueurs a valeur durati .,. e oe le pro du verbe, de mérne qu'il existe parfois deux termes pour expri-
prenant. En effet, celui-ci se fait la éfl . ve et iteratrve peuvent troubler l' ces
q erf un rneme concept : an et année, matín et matinée, soir et soirée.
l'imparfait, paree que l'imparfait i~~' exion suivante : « Si ea dure, il faut me~P-
~n adrnettra, sans trop de difficulté, que la réalité a laquelle renvoie le premier
regles que l'on rencontre dans de nbre une durée. " C'est encore une de re de ces termes ne dure pas moins longtemps que l'autre ! Ce qui les différencie
ad ' nom reuses gramm .. ces
a es etrangers apprenant notre 1 aires qUI ne s'adressent l'on de l'autre ce n'est pas la durée, c'est la vision tensive (an) ou extensive
, d angue. Cette question d d ,. pas
quee ans une explication conce 1 . e uree, SI souvenr pl
m t mal í rnant es ernplois de l'i f . a- (a ) d'une mérne réalité.
en ma interprétée et donne lieu a d ,. b mpar ait, est constarn nnéeprésenter de facon imagée la différence entre imparfait et passé com-
pOOf
A partir de cette regle les ap e venta les malentendus culturels. -
' ' prenants mettront al" f . posé, l'enseignant pourrait aussi évoquer gestuellement la forme d'un accor-
e semantisme présuppose une . d Impar ait toute action do
1 déo : déplié = extensif = imparfait / plíé = tensif = passé composé.
toute action modalisée pal- un certame urée (Par exemple : dormir, vivre) nt
, marqueur de c ti ., ( er Da n les activités de classe concernant les temps du passé, la prise en compte
plupart du temps etc.) Or 1 . on muite toujours, souvent 1 ns
d ' ,.. , es enseignants et les' ' a do contexte iroIDédiatest de toute fas;:on indispensable.
uree de l'imparfait, le font pour simplifie (b . grammalres qui parlent de la
lement de l'action. Celle-ci pe t A r a usivernent) les notions de dérou-
éali ) u etre vue en accomplí (
rea iser .ou comme accomplie (terrninée). issement en train de Se
Une a~t~on peut étre envisagée comme accom lie
CE QU'IL FAUT SAVOIR
modalísée par des adverbes de durée. p , tout en étant également
• Le gérondif est un marqueur de simultanéité entre deux actions.
Observez la différence . Cette forme verbale, tout en + participe présent, peut s'utiliser quand les
. (1) ]'étudiais longuement mes leco sujets grammaticaux des deux verbes mis en relation sont coréférentiels.
(2) J' ., di 1 ~ ns.
,~l et~ .le onguement mes lecons.
(3) J,e~dla.ls toujours mes lecons.
• Ces actions sont simultanées, comme le montre l'exemple suivant :
(4) J al toujours étudié mes lecons. Il se promenait et en mérne temps il récitait des poemes.
E? (1) et (3), le preces du verbe « étudier " est vu e . Il se promenait tout en récitant des poemes.
C est un accomplissement a val " . n accomplissernent au passé.
eur genenque au pass' L
r d '
A

etre : -Tavaís l'habitude en ce te e. a paraphrase pourrait


dier. " , mps- a, e passer beaucoup de temps a étu- • Le gérondif a valeur temporelle est en concurrence avec des subordonnées
temporelles introduites par « quand, pendant que, tandis que, etc. " (cf. infra 3,
En, (2) et (4), le preces du verbe « étudier » est vu .
present, soit comme accompli du oassé ' soit comme accompli du pp. 161-164). .
1 u passe Que 1 es d Observez l'alternance et la complémentarité des deux constructions :
ment considéré comme terminé' A h • ~ proces u verbe soit actuelle-
coup de temps pour s'accom li n empec e en nen le fait qu'illui ait fallu beau- pendant qu'ils lisent, [e dine.
p Ir. Moi, je ne lis pas en mangeant.
La différence
, entre ces deux groupes d"enonces, est une díffé Tandis que les enfants se prornenent, [e fais mes comptes.
proces, et non une simple noti d d ' I erence de vis ion du Certains peuvent faire leurs comptes tout en se promenant.
lon
cohabiter avec les deux types d . ~ ur~e. Celle-ci peut d'ailleurs fort bien
e VlSlon L'imparfait ' Quand je fais mes comptes, je ne peux rien faire d'autre.
servez les erreurs suivantes . I n en a pas le monopole !
Ob . ' vous constaterez que le 't di Vous pouvez toujours réfléchir en vous promenant.
commises se sont constitué une re le de .. s e u iants qui les ont
Ils se disent que si l'action d 1g grammaire intermédiaire (fausse). Si les verbes ont des sujets grammaticaux différents, la simultanéité des actions
tion est breve il faut mettre lure on,gtemps, u faut mettre l'imparfait et si l'ac- doit se marquer par une conjonction de subordination temporelle et la
.'. , e passe composé : construction au gérondif est impossible.
Ce jour-lá, souvent, je me disais e I . Toutefois, on remalJlue quelques exceptions a cette regle, notamment dans les
"Ce jour-lá souvent je p . ourage . (Pour «¡e me suis dit ",)
« j'ai pensé' ".) , ensais : «Je dois sortir du pays. " (Pour proverbes :
L'appétit vient en mangj;.J.llt
"Alors, j'ai fait un peu de s ort· a ' . . La fortune vient en dórmant.
et j'ai réveillé a mon fil p , pres ¡e me douchais longternps
I s.
Si les verbes ont le méme sujet gram~atical, la construction au g~ondif ou la
"Ce jour-lá, on marchait longtem s d ' ..
cident est arrivé soudain. .p ans la campagne, a midi l'ac- subordonnée temporelle sont l'une et l'autre possibles.
157
156
• Le géroridíf peut avoir des compléments. Quand ces compléments sont des
pr~~oms de, reprise Cpronoms c1itiques), ils se placent entre en et la forme du En revanche, quand iI s'agit de préciser la manfere dont se déroule une action
par tícipe present : principale, seul le verbe qualificateur est mis au gérondif :
Tu ~vais emP:unt~ des livres a ta tante, n'est-ce pas ? Elle s'est brülée en préparant le café.
AlOIS, tu aurais du la remercier en les lui rendant ! Il s'est coupé en taillant son crayon.
Il s'est tué en tornbant dans un ravin.
• ~ la forme négative, les particules négatives encadrent la forme du particí Cette contrainte répond aux exigences de la logique. En effet, sur la relation
present : ¡Pe
de simultanéité indispensable a l'emploi du gérondif, se greffe aussi une rela-
II les a quittés en n'oublíant pas de les remercier. tion de cause a effet. Dans ce cas, seule la « cause" peut se mettre alors au
gérondif:
• L'adverQe tou~~~est pas absolumenr nécessaire devant un gérondif pour mar-
quer la simultanéíte des deux actions : C'est parce qu'elle préparait du café qu'elle s'est brúlée.
C'est paree qu'il taillait son crayon qu'il s'est coupé.
II est parti tout en la remerciant.
C'est parce qu'il est tombé dans un ravin qu'il s'est tué.
II est partí en la remerciant.
Mais la présence de tout devant un gérondíf souligne essentiellement sa valeu • pour la formation du gérondif, se reporter infra 8, p. 206.
temporelle. r

A PROPOS DU SAVOIR-PAIRE

• Le,s dif~éren~es valeurs du gérondíf et leurs particularités distinctives ~ Les emplois du gérondif posent quelques problernes d'apprentissage,
Le gérondíf peut avoir une valeur autre que temporelle : . notamment aux anglophones :
-. II peut qualifíer la maníere dont une action principal e se déroule. Le géron- 'Une voiture m'a fait peur en traversant la route. ( ... quand je tra-
díf prend alors une valeur adverbiale et répond a la question comment . versais ...)
II marche en boitant. . 'I1s peignaient un mur. Je les regardais en peignant.
II s'est coupé en taillant son crayon. .- *I1est tombé dans le ravin en se tuant.
II s'est tué en tombant dans un ravin. (Comment s'est-il tué ? En La prerniere regle a respecter pour I'emploi du gérondif est celle des sujets
tombant dans un ravin.) grammaticaux coréférentiels (les deux verbes doivent avoir le me me sujet).
On notera également la valeur causale sous-jacente de certains gérondifs de Pour aider les apprenants a I'appliquer, iI est utile de leur faire réaliser des exer-
maniere . cices de transformation du type « Utilisez le gérondif, quand cela est possible » :
Tu l'as vexée en ne la remerciant pas. (1) lls peignaient un mur et en mérne temps ils sifflaient.

0r:. peut choquer une comédienne en lui offrant des ceillets ! (2) Je les regardais et en mérne temps je leursouriais,
(3) Tu peux étudier et gagner ta vie en rnéme temps .
. Ces exemples peuvent se paraphraser en utilisant des équivalents de « paree
que" : (4) Je les regardais et pendant ce temps-la ils peignaient.
(5) lls sifflaient et moi, pendant ce temps, je leur souriais.
Tu 'I'as vexée paree qué tu ne I'as pas remerciée.
(6) Moi j'étudiais et lui, pendant ce temps, il travaillait a l'usine.
On pe.ut choquer une comédienne par le simple fait de lui offrir
des ceiilets. La paraphrase d'énoncés au gérondif permettra aussi aux apprenants de com-
II peut marquer la condition nécessaire a la réalisation d'une action : prendre que seuls les verbes ayant un me me sujet grammatical acceptent cette
En appuyant sur ce bouton, vous pourrez ouvrir la porte. (Si Construction :
vous appuyez sur ce bouton, la porte s'ouvríra.) (1) Ils sifflaient tout en peignant.
En réservant a I'avance, vous aurez des places. (Si vous ne réser- (2) Je souriais tout en les regardant.
vez pas a ·I'avance, vous n'aurez pas de place.) (3) Tu peux étudier tout en gagnant ta vie.
Enfin, il sera indispensable de leur proposer des phrases comportant des subor-
• Quand deux actic1s, ayant le me me sujet grammatical sont en relation tern- dOnnées temporelles pour qu'ils puissent discriminer, de la me me maníere,
porelle de simultah -. - l' ,
. eíté, une ou l'autre peutse mettre au gérondif selon le celles qui sont susceptibles de se transformer au gérondif de celles qui ne le peu-
pomt de vue du locuteur : '
venr strictement pas :
II marche en sifflant.
(1) Pendant qu'ils peignaient leur mur, je les regardais.
II siffle en marchant.
(2) Quand ils travaillaient, ils sifflaient gaiment.
Vous pouvez vous prornerier en réfléchissant. (3) Pendant que tu étudies, tu peux aussi travailler quelques
Vous pouvez réfléchir en vous promenant. heures!
(4) Quand Pierre étudie, Marie va se promener.
158
1')9
(5) Pendant qu'elle se prornene, elle réfléchit ases problerm-, La date limite une foís passée, vous ne pourrez plus vous ínscríre.
(6) Pierre s'est endormi sur ses livres pendant que Marie se pr Sitot inscrits a l'université, choisissez vos enseignements.
menait. ro. Ayant faít l'appel, l'enseignant cornmenca son cours.
(7) Il s'estendormi pendant qu'il écoutait une symphonie á L'enseignant ayant distribué les épreuves, les étudiants corn-
Beethoven ! e mencerent a travailler dans le plus grand silence.
Observations et réflexions sur des mini-corpus
peuvent que faciliter la saisie de la regle.
Les exercices de transformation
proposés

serviront essentiellement
par l'enseigna

d'autovérífícarj
nr ne ~l~:
E
articipiales a valeur temporelle ont nécessairement un aspect accompli.
établissent, en outre, une relation " antériorité/postériorité
'ugué de la proposition principale.
• avec le verbe

.
f onctronnement de cette regle. ~d\l cOO)

• En observant les exemples proposés, on constatera qw~da~s unénoncé co~t:-


~ ~o~~ c~ qui est des gérondífs de maníere, si, les sujets doivent bien etre t une participiale, les sujets grammaticaux peuvent etre identiques ou diffé-
coreferentJels pour les deux v~rbe~, la slmultanelte des actions n'est plus suf[¡, naots Ce qui n'est pas 1-'-
t:: cas pour
1a construction. au geron
érondífl.
sante pour chal sir de facon aléatoire celle qui sera mis e au gérondif. ~; pius, on notera que les participiales s~ construise~t av~~ ~n ~articipe p~ssé
I1 faudra done que I'enseignant fasse reconnaitre l' action prtncipate et p
. r ~~
a forme complete, sauf s~ le verbe se conjugue avec 1auxiliaire etre ou est a la
question « comment :' o~ « pour~uoi " de facon a ce que les apprenants Corn, .forme passive (cf. injra 8, p. 208).
prennent que seule I acnon expnmant la rnaniere (ou la cause) pourra de I
'd'f I :
etre rruse au geron
A • s ors • Les participiales ne sont pas nécessairement temporelles. Elles peuvent avoir,
notamment, une valeur causale (cf. dossier 9,2, p. 214) et dans ce cas, l'aspect du
(1) ElIe a préparé le café et e1le s'est brúlée.
verbe n'est pas nécessairement accompli :
(2) I1 a taillé son crayon et il s'est coupé.
.
(3) I1 est tornbé dans un ravin et iJ s'est tué .
Sortant a midi, je ne pourrai pas étre lá-bas a mi di et quart.
La poste fermant a· 19 heures, vous devez vous dépécher,
On .aura aussi .intéret a réfléchir aux types de relations qui peuvent s'imbriquer N'ayant pas complété mon diplórne cette année, je ne peux pas
entre deux actions. Sous le couvert de la simultanéité (et en mérne temps) peut me présenter aux concours de l'Administration.
se cacher une relation de conséquence (et done) ou une relation de but (et Vos résultats n'ayant pas obtenu la moyenne attendue, il vous
pou~ cela). Ces relations, autres que temporelles ou causales, n'admettent pas est conseillé de changer d'orientation.
le gerondif :
*Maintenant, tu peux profiter de tes vacances en trouvant du A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
repos, que1que chose qui ne serait pas faciJe si ...
(profiter de quelque chose pour faire quelque chose) ~ Pour accoutumer les apprenants au registre de langue de l'écrit, il serait bon
de leur faire paraphraser des extraits d'articles journalistiques OU se manifestent
*C'est rare que quelqu'un utilise tant d'énergie en enseignant a des participiales, que celles-ci soient temporelles OU causales.
des adolescents.
Inversement, on pourra demander aux étudiants de transformer des énoncés
(utiliser son énergie pour faire quelque chose)
Contenant des subordonnées temporelles ou causales, en employant les parti-
Ces erreurs proviendraient de la confusion entre relation de simultanéité rern- cipiales correspondantes.
porelle et relation téléologique (le but recherché). n est indispensable que ces exercices se fassent en tenant compte des
I1 est tre~ probable aUSSi, comme le montrent les erreurs suivantes, que la COntextes OU ce type de discours et de registre de langue sont normalement
constructíon gérondive soit ernpéchée du fait que les deux verbes appartien- attendus.
nent a des catégories sémantiques différentes (verbes de I'étre, du faire, du
causer, cf. dossier 10, 1, p. 231) :
CE QU)IL FAUT SAVOIR
*Je passe trop de temps en choisissant de la nourriture.
*I1est assis en regardant la mero

\
e-
• :omme marqueurs de temps, les conjonctions temporelIes mettent deux

Iement.
en relation et la valeur de cette mise en re1ation peut varier considéra-

CE QU)IL FAUT SA~ J>arm' 1


_ I es conjoncjíons temporelles :
• La proposition participiale, comme marqueur temporel d'antériorité. q certaines sont diffuses ou continues : quand, depuis que, pendant que, tant
Ue;
Tres fréquente a l'écrit, cette construction permet de faire l'éconorníe d'une
prop~sition subordonnée circonstancielle de temps introduite par des coojOIlC' -, d:autres sont ponctuelles ou discontinues : des que, aussitót que;
tions a valeur ponca:elle : ~uand, 10rs<1.ue~aussitót que, des que, apres qU:~1( ~~. autres encare sont de type ítératíf discontinu : chaque fois que.
ln
Une f01S vos etudes termínées, vous pourrez vous présenter _ d elIes marquent, entre deux actions :
concours de l'Administration. es rappOrts de simultanéité : comme, tandis que / alors que;
160 161
- une relation d'antériorité : avant que; "Au mérne mpment quand j'ai ouvert la porte.
- une relation de postériorité : apres que. "Depuís le moment qu'elle t'a vu.
Il est aussi des conjonctions de subordination temporelles qui peuvent av .
toutes ces caractéristiques, selon le contexte OU elles apparaissent (qua Olr
Iorsque). nct, CE QU'IL FAUT SAVQIR
• pendat~Jqp'~, tant que, ~ndis que, depuis qll~, aussi Iongtempsgue
• D'u.n pOi~t de vue syntaxique, les conjonctions temporelles introduisent d t une valeúr durative (continuité).
subordonnées circonsrancíefjes de temps. es
~~S marqueurs 'envis'a&ent la símultanéité .de deux actions ou de deux ét~ts,
• Si plusieurs subordonnées temporelles sont coordonnées la conjonction t tout en spécifiant soit les deux bornes soit la borne finale, R!t la borne mi-
porelle n'est pas nécessairemenr répétée. ' e111_ tiale des proceso
On utilise de préférence « et que" popr éviter la répétition : • pendant que, tandís que marquent la simultanéité temparelle entre deux
Tandis qu'íls dínaíent et que je lisais, le feu a pris dans la e . action,s ou états, a une des trois ~p.pq~es" tour en laissant envisager les deux
sine. UI_
bOrn,~ Cjnifiale et finale) de leur déroulernent :
Quand j'ai fini mon travail et que je veux me reposer, je vais , Pendant que je dormais, le téléphone a sonné trois fois.
promener. . 111e
On a téléphoné trois fois, pendant que je prenais mon bain.
• Quand et Iorsque évoquent : Tu feras I'omelette, tandis que je préparerai la salade .
- toute une époque : du temps 00 ; • Tant que (aussi longtemps que) marque la simultanéité, aux trois époques,
- un point dans cette époque : le jour 00, au moment 00 . tout en envisageant la borne fina/e, limite des deux proces qui sont étroitement
- une fréquence ou itération des actions : chaque fois que. dépendants l'un de l'autre :
Observez les énoncés suivants et la valeur temporelle véhiculée : ]'ai vécu chez mes parents, tant que je n'ai pas eu fini mes études.
O) Lorsque les animaux parlaient... Pierre habitera chez nous, tant qu'il ne se sera pas marié.
(2) Lorsque les poules auront des dents. Les parents sont responsables de leurs enfants, tant que ceux-ci
(3) Quand j'aí eu fini mon travail, le téléphone a sonné. n'ont pas atteint l'áge de la majorité.
(4) Quand j'aí fini mon travail, je m'amuse encare a travailler. Tant qu'elle dort, elle ne nous dérange pas.
(5) Tu sortiras quand tu auras fini tes devoirs. Tant qu'il a travaillé, sa famille a été a l'aise.
(6) Larsque j'étais enfant, il n'y avait pas encore d'ardinateurs. Tant qu'il travaillait, sa famille a été/était a I'aise.
(7) Quand nous jouions a la marelle ... ]e resterai dans cette ville tant que je travaillerai.
(8) Quand dire, c'est faire.
• Depuis que marque la simultanéité de deux actions, tout en insistant sur
(9) Lorsque la pluie viendrz ...
la borne initiale, début des preces qui continuent encare au moment de
Dan~ ces énoncés, quand et Iorsque peuvent se paraphraser: référence:
- soit par . du.temp~ 00, a l'époque 00 " (vision continue : 1,2,6,7);
- SOIL par « le jour ou, au moment oü » (vis ion ponctuelle ou discontinue : 3, Personne ne téléphone plus depuis
5,9) ; qu'il est partí.
- soit par « chaque fois que" (vision itérative : 4,7, 8). Depuis qu'on lui a interdit la cigarette,
il fume en cachette. Et cet état de choses
Quand et lorsque ont une valeur « ornnibus -.
La vie, ici, est infernale depuis dure actuellement.
Ces conjonctions de .~emps peuve1jy avoir, selon le contexte, toutes les valeurs
qu'elle fait du saxophone.
temporelles recensées plus haut. r"'" '.
Depuis qu'il travaille ici, il n'a jamais
encare manqué une seule fois.
. A PROPOS DU SAVOIR-FAJj!J
Elle portait le voile depuis qu'elle était } E - d h
~ O~ notera I'ernplo¡ du pronom relatif oü dans certaines locutions conjonC- t cet etat e coses
trves detemps. devenue musulmane. duraí 1"
. . urait encore a epo-
Depuis qu'elle travaillait, elle n'avait . >
Ce phénomens est propre au francaís. Dans les autres langues on aurait a 1~ '. , I f .
jamais manque une seu e OIS.
que visee.
place un équivalent de « quand -. '
D'oü les erreurs fréquemment renconrrées dans les productions écriteS otJ tinJu~u'a ce que, des que, aussítót que ont une valeur ponctuelle (discon-
orales des apprenants étrangers : lte) .

"Le jour quand je suis arrivé en France. ~n CO~jOnctions de temps marquent, aux trois époques, le point déclencbeur
"Le temps quand j'étais enfant. e angement, soit en amont (des que), soit en aval (jusqu'a ce que).
162
163
Des que indique le déc1enchement du proces qui en entraine un autr\:
Jusqu'a ce que indique le déc1enchement du preces qui doit mettre fin a lt .
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE
m~. Q A un niveau 2 de l'apprentissage, les éleves doívent apprendre les différents
O) Des qu'il est rentré, nous nous sornmes mis a table. ~ plois des subordonnées ternporelles. ,
(2) Nous attendrons jusqu'a ce qu'il soít arrivé pour passer ' ern t étre d'abord utile de concrétiser sur des axes, au tableau, la represen-
table ! . a 11 uon
~eu fictive des borne s initiale et fínale du déroulement des preces et les
ra
(3) Aussitót qu'il arrivera, ils passeront a table, 1'01
'nts déclencheurs de changement :
(4) Des que j'aurai recu mon argent, nous partirons en vacanc ---- +========== + ---- ••
pendant que :
(5) Des qu'elle ~ eu recu san argent, ils sont partis en vacance:s rantque: ----------=============================+
(6) Ils sont partís aussitót qu'ils ont eu recu leur argent.
depuIs. qu e : -------+=================================================--.
(7) Ils ont attendu jusqu'a ce qu'on leur ait versé leur argent.
(S) Des que j'~li recu mon argent, je suis partí. des que: ----/====================._---- ••
,-(9) j'ai attendu jusqu'a ce qu'on me verse mon argent. jUSqu'a ce que: ----~---=====================/?--------~ ••
Dans ces, exemples, les preces sont nécessairement successífs. Mais la rela_ Mais les apprenant~ auront surtout des difficultés a saisir l'emploi des modes
tion «antériorité/postériorité" peut étre formellement marquée par le temps appropriés achaque conjonction de subordination temporelle.
des verbes. Observez (2), (4), (5), (6), (7) par opposition a (1), (3), En effet, si l'on considere, par exemple, deux marqueurs comme « tant que" et
(8), (9). • jusqu'a ce que ", on constate qu'ils véhiculent exactement le me me contenu
d'information.
Cependant il s'agit bien, selon le choix du marqueur, de signaler deux visions
• Chaque foís que a upe valeur itérative et exprime la simultanéité de deux différentes d'une mérne réalité : « tant que" entraine une vis ion de continuité,
actions aux trois époques : par rapport au moment de référence, et par conséquent se construit avec l'in- _
Chaque fois qu'on lui offre un travail, il tombe malade. dicatiE. «]usqu'a ce que" envisage une vis ion de discontinuité, par rapport au
Cpaque fois qu'on lui offrait un travail, il tombait malade. moment de référence. Comme cette discontinuité ne peut étre que virtuelle
Chaque fois qu'on lui a offert un travail, il est tombé malade. dans l'esprit du locuteur, il a obligatoirement recours au mode subjonctíf.
Cette valeur itérative se retrouve dans la conditionnelle a valeur temporelle si, Voici quelques erreurs qui i!lustrent ce problerne d'apprentissage :
suivie du présent ou de l'imparfait : 'Si on attend jusqu'á tout le monde comprend ...
Si on lui offre un travaíl, il tombe malade, "[usqu'a le baladeur est utilisé avec limitation, c'est une bonne
S'il était en vacances, il partait sur la cate. chose.
En outre, on rencontre bien souvent des problemes d'antériorité/postériorité
dans l'emploi des conjonctions temporelles. Il faut un certain temps d'apprentis-
• Les conjonctíons temporelles et les modes du verbe (cf infra 6, p. 189) sage pour que les apprenants saisissent les formes qui expriment cette relation,
D'une .facon générale, c'est le mode indicatif qui est employé dans les ternpo- En général, l'apprenant étranger n'a, au prime abord, que les moyens linguis-
relles, sauf si la réalisation du preces du verbe de la subordonnée n'est envi- tiques d'exprimer la simultanéité de deux actions.
sagée que comme virtuelle, ;1 Cela signifie que des exercices appropriés sont indispensables, pour que les
Ce cas concerne les verbes dépéndant des locutions et conjonctions su bor- éleves apprennent a marquer aussi la relation -antériorité/postériorité • entre
données temporelles suivantes :
deux actions présentes, passées ou futures.
Ces exercices n'ont pas besoin d'étre obligatoirement systématiques.
avant que ) La réalisation du preces est envisagée I1 suffn de trouver une situation de communication convenable et de deman-
jusqu'á ce que comme virtuelle.
en attendant que der aux étudiants d'inventer les circonstances temporelles simultanées, anté-
rieures ou postérieures a cette situation.
Nous ne dinerons pas avant qu'il ne fasse nuit ! Par exemple :
Nous attendrons pour diner jusqu'a ce qu'il fasse nuit. Situatiqn de communication : Pierre raconte ases amis une anec-
]ouons aux cartes en attendant qu'il fasse nuit. dote : il est resté coincé dans un ascenseur.
Inventez les actions ou états simultanés, antérieurs et postérieurs.
Si la réalisation du preces est envisagée comme effective, on aura:
Ce type ~cice permet a l'apprenant :
Des qu'il fera nuit, nous dinerons.
- de prendre des décisions (il est libre d'inventer les événements) ;
Nous dinerons aussitótqu'íl fera nuit.
- de vérifier ses connaissances grammaticales (les relations temporelles entre
Nous ne dinerons pas tant qu'il ne fera pas nuit, les actions) ;
164 165
:-. d'étre motivé par les corrections éventuelles (ces corrections concernant s
mventlOns personnelles). es •• Les temps du verbe ont pour prerníere fonction de préciser I'époque :
_ J'époque présente : ._
Dans I'apprentissage de la grammaire, comme dans toutes les aun-es actl . _
En ce moment, nous écoutons de la musique. (ternps présent)
de::~Iasse, l:enseignant doít savoir stimuler chez se apprenants les faCulté:I~S
_ I'époque passée : __
décision, d action, de motlvatlOn, d'mvention, de réflexion et d'évaluar¡ e
Hier, nous avons fait du sport. (passé compose)
Seu les les activités de c1asse faisant appel a ces aptitudes auront des en l~n: _
lement positifs. e s reel_ Hier, j'étais absente ; j'étais malade. (ímparfaít)
Hier, j'étais malade ; j'avais pris froid la veille. (plus-que-parfait)
_ J'époque future :
Plus tard, il sera technicien. (futur)
Oui, quand il aura fini ses études. (futur antérieur)
4. Les modes etJes temps du verbe
• Aux trois époques, une seconde fonction des temps consiste a signaler les
CE QU'IL FAUT SAVOIR étapes du déroulement de I'action envisagée. C'est également le róle des
• Pour situer une action, dans le temps ou hors du temps le locuteur? périphrases verbales.
pose de diff~rentes formes verbales: les modes et les ternps. 15- Une action peut étre présentée comme :
1. Sur le point d'avoir lieu (vision prospective) :
• Les formes verbales ont pour prerniere fonction de différencier d Paul va bientót déjeuner, il déjeunera dans un quart d'heure,
d a- d' _. (ou d eux
om mes expenence ou eux univers) : I'univers du réel et l'univers du i r., A cette heure-la, Paul était sur le point d'aller déjeuner.
tuel et .de l'irréel. VII
Il allait juste se mettre a table, quand il recut une visite.
Pour cela, il existe des modes verbaux :
Dans un mois, a cette mérne heure, il sera sur le point de déjeuner.
- le mode indicatif qui régit le réel ;
Le futur analytique (alter + infinitif et étresur lepoint de + infinitif) exprime
- les modes subjonctif, conditionnel, infinitif et impératif qui expriment le
monde du possible, de l'incertain, du nécessaire, etc. cette vis ion prospective, par rapport a un moment de référence donné : pré-
sent, passé, futur.
Remarque: dan~ qu.elquesconte::tes, l'indicatif Cimparfait, par exemple) peut
aUSSl donner un éclairage virtuel a I'action (cf. infra 5, p. 177). 2. En train d'avoir lieu (vision progressive) :
Paul déjeune. Ne le dérangez pas, il est en train de déjeuner.
1. Le proces du verbe se réalise ou s'est réalisé effectivement Créalisation effec- Paul déjeunait. Il était en train de déjeuner quand le téléphone
tive),
sonna.
C'e.st le mode indicatif qui confirme la réalisation effective ou attendue des Quand vous arriverez, il sera certainement en train de déjeuner !
actions :
Je sai's que Pierre dort. Le rnorpheme étreen train de + infinitif, le présent et l'imparfait expriment une
Il se réveillera a 16 heures comme d'habitude. action en progression, c'est-a-díre que l'action est en accomplissement, par rap-
On dit que Marie est gravernent malade. port a un moment de référence : présent, passé ou futuro
. ~_Elle a montré qu'elle ét~patiente. 3. Ayant eu lieu (vision rétrospective) :
Aujourd'hui, Paul a déjeuné a 13 heures.
• Cf. infra s., les valeurs et emplois des temps de I'indicatif, pp. 173-185.
Il est 14 heures? Alors, il vient de déjeuner.
2. La réalisation du preces du verbe est considérée comme virtuelle : Ce jour-la, Paul venait de déjeuner, il était 14 heures.
- soit l'action est de l'ordre du possible ou de l'hypothese (1) . Ce jour-la, il était 14 heures, Paul avait fíní de déjeuner.
- soit I'action est envisagée a travers la subjectivité du locut~ur et n'est pas
assertée pour elle-meme (2). La vision rétrospective s'exprime soit par un temps composé, soit par un temps
périphrastique de type venir de + infinitif (passé récent), par rapport au
Ce sont les modes. ~ubjonctif, conditionnel, infinitif et impératif qui mar-
moment de référence.
quent cette virtualíté ou cette possibilité latente (réalisation vírtuelle) :
(1) Je souhaite qu'il vienne me voir. Dites-Iui de venir! • Aux trois époques, les temps des verbes marquent le rapport temporel qui
(2) je suis désolée qu'il ne soit pas venu plus tót. existe entre dífférentes actions : simultanéité, antériorité, postériorité.
(1) ]'aurais su, je ne me serais pas dérangé pour aller la voir. En parlant ou en écrivant, tout locuteur se donne un point de référence. Ce
E2) Il était malheureux qu'elle ait découvert la supercherie. Elle moment ~ « TO » de son discours (" le temps de la prise de parole ", écrit
était génée de l'avoir humilié. . P. Charaudeau dans sa Grammaire du sens et de l'expression).
• Cf. infra 6, les valeurs et emplois des autres modes, pp. 185-194.
A partir de ce TO, seront racontées ou commentées des actions simultanées a
ce moment ou des actions qui lui sont antérieures ou postérieures.
166
167
Si le TO est bien celui de l'énonciation, c'est-á-dire l'époque présente, le 10ClJ_ _ AU discours indirect, la référence choisie est le passé :
teur peut avoir recours également, dans ses narrations, ses histdires, a un poin (1) Paul lui a proposé de déjeuner. ..
de référence passé ou futur, le T' : le point de référence de I'événement pa ~ Pierre a répondu qu'il avait déja déjeuné, qu'íl y avait un bon
ou a venir. C'est le point de référence, a l'époque passée ou future dont sse déjeuner dans I'avion.
Íid . ' SOnt (2) Paul lui a demandé ce qu'il avait pris.
so I aires temporellement toutes les actions subordonnées. .
Pierre a répondu qu'il avait pris tout ce que l'hótesse lui avait
1. Le locuteur raeonte « id et maíntenant » (TO) des événements de
servi.
pa~sé proche ou plus lointain. Il s'agit de l'instance que Benveniste appell:~: (3) Il a ajouté qu'il s'était senti malade des qu'il avait eu fini.
« discours ».
(6) Paul a dit qu'ils dineraient ensemble.
,
Pierre a répondu qu'ils díneraíent, quand il se serait installé,
• Observez l'emploi des ternps a partir de la référence (TO) :
s'il s'était bien reposé et s'il se sentait mieux.
(1) - Il est midi. On déjeune ?
- j'ai déjá déjeuné. Il y avait un bon déjeuner dans l'avion. 2 Le narrateur situe son récit a l'époque passée : T'.
(2) - Qu'est-ce que tu as pris? 'fhéoriquement, n
n'y a plus aucune référence au TO..Il s'a~it, sel~n la distinc-
- j'ai mangé tout ce que l'hótesse m'avait servi ! rion faite par Benveniste, non plus du «discours » rnais de 1«hístoire ».
(3) Mais des que j'ai eu fini, je me suis senti un peu malade.
• observez l'emploi des temps a partir d'un point événementiel passé (1) :
(4) - Tu prendras bien quelque chose avec moi, quand me me !
(1) Tout avait commencé le matin rnérne par un mystérieux coup
- Non.
de téléphone. C'était une fernme qui appelait au secours : elle
(5) - Pourquoi?
venait de trouver un homme pendu dans une cabane en bois,
- Je viens de te dire que j'avais trop mangé dans l'avion.
(6) - Bon, f.lors on dinera ensemble ce soir! derriere chez elle ...
(2) Philippe Marchand regarda sa montre : il était 10 heures exac-
- D'accord, on ira diner quand je me serai installé, si je me
suis bien reposé de mon voyage et si je me sens mieux. tement.
Encore sous l'effet de l'étrange coup de téléphone qu'il venait
(1) L'instance de l'énonciation (P) : la référence est le présent. de recevoir, il fit appeler son assistant Brisedoux ...
Le passé composé marque une antériorité temporelle. (3) Sur une chaise en paille fort peu confortable, le suspect n? 1,
(2) Le passé composé, signalant un événement passé par rapport T", est en
á
Pierre Maussin, réfléchissait. Il n'avait pas l'air disposé a
corrélation avec le plus-que-parfait qui marque l'antériorité par rapport au répondre a la question que lui avait posée quelques instants
passé composé. auparavant le juge marchand; mais celui-ci était patient: il
(3) Le passé surcomposé indique une antériorité par rapport au passé composé. attendrait le temps qu'il faudrait !
(4) Le futur signale une époque a venir par rapport au moment de référence TO (4) Des que le juge eut échangé quelques mots avec Pierre
(5) Le passé récent signale l'antériorité par rapport au temps de référence TO. Maussin, il sut que celui-ci ne serait pas bavard.
Le plus-que-parfait est antérieur g¡tr rapport a ce passé récent.
Le point de référence (1) se situe en (2) : «il était 10 heures exactement ».
(6) Le futur, signalant une époqlie a venir par rapport au moment de référen-
En (1), le plus-que-parfait marque l'antériorité par rapport a ce moment. Les
. ce TO, est en corrélation avec le futur antérieur, le passé composé, le présent,
imparfaits sont en corrélation de simultanéité avec le plus-que-parfait. Le der-
qui tous trois indiquent une antériorité par rapport a ce futuro
nier imparfait, «venait », est aussi une transposition du discours direct (Je viens
• S'il s'agissait maintenant de rapporter ce dialogue au discours indirect, on de trouver ...) au passé (concordance des temps au discours indirect libre au
pourrait se donner comme point de référence soit le présent (comme si on y passé).
était encere), soit le passé. Observez les transformations : En (2), la référence événementielle a l'époque passée (T') est signalée par le
- Au discours indirect, la référence choisie est le présent : passé simple en corrélation de simultanéité avec l'imparfait.
(1) Paul lui propose de déjeuner. En (3), les imparfaits coincident avec le point de référence (T'). Le plus-que-
Pierre répond qu'il a déjá déjeuné, qu'il y avait un bon déjeu- parfait marque l'antériorité par rapport a l'imparfait. Les formes conditionnelles
ner dans l'avion. sont des futurs au passé, elles marquent une corrélation de postériorité par rap-
(2) Paul lui demande ce qu'il a pris. port au point de référence (T'). Ce sont des transpositions au passé du discours
Pierre répond qu'il a pris tout ce que l'hótesse lui avait servi. dírect du ~Marchand (J'attendrai le temps qu'il faudra). , .
(3) Mais qu'il s'est senti malade des qu'il a eu fini. En (4), le passé antérieur indique une antériorité par rapport au passe Simple.
(6) Paul dit qu'il dineront ensemble.
Pierre répond qu'ils dineront quand il se sera installé, s'il s'est Le point de référence est une sorte de dé donnant acces a des tirO~s
bien reposé et s'il se sent mieux. ternporels (historiquement, en grammaire, l'expression «tiroir » a été invente e
169
168
par Damourette et Pichon, pour distinguer formes et sens en matiere d • Ces deux fonctions des temps, rapport ternpor-el et aspect-vision, sont
temps). Sa pr~sence entraine nécessairement l'emploi de temps spééifiques e remplies en francais par les mémes formes verbales, d'oü les difficultés d'ana-
JUl sont affílíés pour mdlquer l'antériorité, la postériorité ou la simultanéité qu¡
Iyse. ._
~u discours mdlre.ct au passé (discours rapporté), on observe cet emplo¡ ~ ¡\insi, il existe pour chaque époque un ternps simple et un temps compose.
tematique des tiroírs temporels spécifiques au temps de référence : Y!'- celui-ci indique avant tout que l'action est accomplie, par rapport au temps
Temps employés simple correspondant :
Temps employés
en référence au présent : Temps simples : Temps composés :
en référence au passé :
présent Le présent Le passé composé
, --> imparfait
passé composé L'imparfait Le plus-que-parfait
í --> plus-que-parfaír a pour accompli
imparfait Le futur Le futur antérieur
--> imparfait
pl us-q ue- parfaít Le passé simple Le passé antérieur
--> plus-que-parfait
passé surcomposé --> plus-que-parfair surcomposé De plus, le présent et I'imparfait signalent le plus souvent une vision du pro-
futur --> futur du passé ces en accomplissement.
(forme du conditionnel présent) Mais entre les temps simples et les temps composés se tissent également tout
futur antérieur --> futur antérieur du passé un réseau temporel d'antériorité/postériorité, dont le plus large est le suivant :
(forme du conditionnel passé) Le plus-que-parfait peut étre antérieur au passé composé
au passé surcomposé
• Pour une étude plus spécifique du discours indirect au passé se reporte.
. o,
d ossier ~ 2 , pp. 92-94. ' 1 au au passé simple
au passé antérieur
a l'imparfait
En outre, des rapports de simultanéité peuvent exister, a l'époque passée, entre
• Aux trois époques,.I~s ~emps des verbes marquent l'aspect (ou vision) a par-
tir duque: sont. considérées les actions : elles sont vues cornme accomplies, les temps simples ou composés :
comme résultatives ou en accomplissement a une époque donnée (cf. supra L'imparfait peut étre símultané au passé composé
1, pp. 143-144 et 2, pp. 152-153), passé surcomposé
passé simple
• Observez les formes verbales et la maníére dont elles véhiculent la vision du
passé antérieur
proces :
(1) L'interrogatoire du juge Marchand commencaír : plus-que-parfait
(2) - Qu'avez-vous fait ce matin entre 7 heures et 10 heures? Ces tableaux montrent la complexité des combinaisons possibles entre les
OU étiez-vous ? temps du passé et soulignent notamment l' " élasticité » de l'imparfait.
- Ce matin j'ai travaillé dans mon bureau. ]'étais tres occupé.
(3) ]'avais promi~a mon éditeur de lui remettre un manuscrit • En résumé, les modes et les temps verbaux permettent donc au locuteur
en fin de mat~ée. de faire savoir cinq choses bien distinctes ases interlocuteurs :
(4) Eh bien, je l'aí terminé, le voici. 1. L'action envisagée est de l'ordre du réel ou de l'ordre du virtuel (modes indi-
(5) Tout avait commencé le matin mérne par un étrange coup catíf I subjonctif I infinitif I impératif).
de téléphone.
2. L'action envisagée se situe a une des trois époques (présente, passée, future).
(6) C'était une femme qui appelait au secours : elle venait de
3. Gráce aux temps, on distingue deux systernes de référence : celui du
trouver un pendu dans une cabane derriere chez elle.
« discours., TO, et celui de l' « histoire ", T'.
En (1), l'acti?n passée est vue en accomplissement (étre en train de).
En (2), il existe un rapport de simultanéité entre les preces, dont les uns sont 4. A l'intérieur d'une époque, certaines actions peuvent étre antérieures, pos-
vus :n accomplissement (imparfaít) et les autres comme accomplis (passé com- térieures ou simultanées a d'autres actions ore
relation entre temps compo-
pose). sés/temps simples).
En (3), il existe un rapport d'antériorité avec les verbes de (2), mais le plus- 5. A l'intérieur d'une époque, le déroulement d'une action peut étre envisagé
que-parfaít donne aussi une vis ion accomplie de l'action considérée. comme accompli, résultatif ou en accomplissement (2e relation entre temps
En (4), la vision du preces au passé composé est résultative. simples/tempS'" composés).
En (5), le pl;ls-que-~arfait signale que l'action est vue comme accomplie. Elle ltem ~ : on peut cornparer ce systerne complexe a celui d'une partition de
est aUSSI~nteneure a ~1), mais simultanée aux deux imparfaits soulignés en (6) mUsique. Si l'action est comparée a une note, elle peut se jouer en grave, en
qUI montrent les proces en accomplissement. médium ou en aigu (époques). Cette note peut étre breve ou tenue (déroule-
170
171
8. La sztuatzon ans le temps et la VTSW· "(lU proces

mme ces exemples le prouvent, la corrélation pas:,é composé/im?arfa!t ;:~


ment : accompli/accomplissernent). Cette note peut étre jouée soit en majeUr
(mode du réel) soit en mineur (mode du virtuel).
ea lus difficile a acquérir. La relation antérieure/posteneure a1.~passe PloSf t
la P _ _ l' mploi des formes. La postériorité s'expnme par e u ur,
roble mes quant a e , ,
~ue1 que soit le point de reference.
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRe

~ Voici des exemples qui pourront servir a distinguer les fonctions des temps
dans le " discours » et dans l' "qistoire » :
- auXque
osera aux apprenants des situations qui les impliquent et gráce
~ plus lOlenS~~~Ppeuventexprimer leurs expériences passées, plus facilement se
rnettront en place les tiroirs temporels.
(1) Ce matin, j'ai jeté a la Seine la bague qu'il m'avait donnée il y
a une dizaine d'années. Il avait acheté cette bague qui coGtait
tres cher.
En fait, c'était du toc !
(2) Marie pleurait de rage. Tout a coup, elle jeta dans la Seine la
bague que Pierre lui avait offerte dix ans auparavant.
;. Les valeurs et emplois
(3) Quand elle eut découvert que Pierre avait osé lui offrir une des temps de l'indicatif
bague en toc, elle l'óta aussitót de son doigt et la jeta dans la
Seine. CE QU'IL FAUT SAVOIR
(4) Assise au bord de l'eau, elle regardait fixement l'endroit oü
était tombée la bague que Pierre lui avait donnée dix ans plus
• Le présent. ·1fait rtie
tót, n marque une action en cours a l'époque présente et, en ce sens, 1 al pa
(5) Elle avait aimé cette bague qu'elle portait au doigt nuit et jour des instances de l'énonciation.
depuis plus de dix ans. D'ailleurs, ne continuait-elle pas a l'aí-
• Si cette action est en train de se dérouler, on a affaire a un présent en accorn-
mer?
plissement spécifique :
_ Qu'est-ce que tu fais ?
~ Quelques erreurs pourront illustrer les tres nombreuses difficultés que repré- - Je prépare l'apéritif.
sente pour un apprenant étranger la corrélation des temps, en fonction du
Ce présent en accomplissement spécifique p~u.t .se paraphraser :
point de référence :
Je suis en train de préparer l'apéritif.
*~elle-toi, pendant deux ans Annie ne cessait pas de parler.
Le morpherne (forme) étre en train de signale que l'act,ion. est vue en ac~om:
*Le 24 octobre, toute la nuit, j'avais du mal a m'endormir, puisque
plissement spécifique en chronologie, c'est-a~dire que 1action donnera lieu a
le lendemain, 25 octobre, je devais sortir du pays.
*Alors, je demandais l'heure a lui mais il ne savait rien. un résultat (d. dossier 10, les verbes du causer, pp. 232-233) .
*Ce matin-la, tout de suite je m'habillais et a mérne temps je Accomplissement spécifique: \ Rés~m.t: , '
préparais le petite déjeuner. je prépare l'apéritif. L'apéritif est prepare.
*D'abord, ce matin-la, j'ai pris le petit déjeuner. Apres on allait a Si l'état ou l'action représente un sentiment, une attitude, une capacité, un com-
l'aéroport et j'ai voulu ne pas pleurer. portement caractérisant l'étre, on emploie un présent qui ne peut p~s se para-
*Si je ne me couchais pas trop tard la nuit derniere, je me leve p hr aser par" eetr e en train de ». (cf dossier 10 , les verbes de l'etre et dufmre, p. 231) :
vers 8 H 30. Il habite a Paris.
"C'était pourquoi, a la fin de ces vacances-la, quand je rentrais Il aime la vie dans cette ville.
chez moi, je grossissais. Il trouve les Francais aimables.
"Tres tót, le matin de mon départ, je m'éveillais et je mangeais Il étudie a la Sorbonne.
un peu du pain en écoutant ces qu'a racontés ma famille. Il parle plusieurs langues.
'Le jour suivant, j'ai allé a la tour Eiffel. Le troísíerne étage a été Il ne sait pas conduire et ne veut .pas apprendre.
fermé. On faisait la connaissance des Italiens la. 11 ne fait rien de spécial dans la vie.
Mon amie et moi avons porté les mini-jupes, alors les gens nous ' - 'que bors cbro-
• Le prése t d'habitude est un présent en accomp 1issemen t genen.
ont regardées.
nologie .
, Il roulait normalement et il avait la priorité. Il voyait bien la R5 Tous les matins, elle se leve a 6 heures. . .
qui arrivait sur sa gauche, mais il pensait qu'elle arrétera, Grace Elle travaille huit heures par [our, elle se couche vers rninuít.
a la ceinture de sécurité, cela se passait bien pour lui.
.. . ., d'un présent ou d'un accompli du
• 11 existe aussi un autre présent, en accomplissement générique, hors chronolo, Ves lors que la condltlon en Si, e~t suivie des plus probables, selon l'expé-
'sent son résultat est considere comme
gie, qui exprime des états ou des actions vraies de tout temps : . pre ,
La terre tourne autour du soleil. 'ence collective.
fI , bordonnée temporelle du
Les rayons du soleil brülent la peau. ondition en si peut étre équivalente a une su
L'eau gele a zéro degré. • La e 3 164)
tYpe chaque fois ~ue (cf, :upra ~Pci. atif' présent a valeur générique qui rend
Le présent générique est employé pour énoncer des regles, des dictons ou des 'époque presente, c est un 10 1C
pour l . 11
formules généralisantes : te de ces actions habuue es : ?

Une hirondelle ne fait pas le printemps. corop _ Que faites-vous pendant vos vacances .
Pierre qui roule n'amasse pas mousse. _ S'il fait beau, je vais au bord de la rner.
Tout passe, tout lasse. _ Et s'il fait mauvais ? .
_ S'il fait mauvais, je m'occupe chez rnoi.
• Le présent peut aussi avoir une valeur stylistique, qui consiste a rendre une . . tion de subordination conditionnelle, peut se répéter
action passée ou future immédiatement présente a l'imagination. ReOlarque : Si: .con)ondc .. Mais l'usage veut qu'on évite cette répétition en
cas de condltlonS a ditrves,
Cette valeur du présent a un effet perlocutoire saisissant : l'auditeur devient en d .
bon gré mal gré, le témoin historique de ces actíons passées. ' eroployant que'lenlsecoln et1OmstpaSncqe~e
[e ne peux rien faire dehors, et que je
S'I p eut ong e , ..'
On appelle cette valeur du présent le présent historique : n'ai pas assez de lumiere pour líre, )e fais du pianO.
Le 3 aoút 1492, Christophe Colomb quitte Palos et met les voiles
Ce que peut étre suivi ~'u~ verbe au subjonctif. Le proces du verbe n'est plus
vers l'ouest.
C'est a peu pres le me me phénornene qui se produit lorsque l'on emploie le considéré co~~ef~~ ~~~~e~t :qu'il y ait trop de soleil, je reste sous mon
présent pour une action future :
parasol.
Dans dix ans, je prends ma retraite et je m'installe a la campagne.
Dans un autre contexte, chez une voyante par exemple, l'effet perlocutoire
• Le passé cornposé- '1 f . rtí des insta~ces
peut étre dramatique : C'est, avant tout, l' accompli du présent et, en ce sens, I aít pa le _;1'" '\ '
Dans Un an, vous rencontrez un hornme. Malheureusement, il
de l'énonciation :
vous veut du mal. Quelque temps plus tard, vous mourez de mort _ Vous venez déjeuner ?
violente ... _ Non merci, j'ai déjeuné. ,
Le présent est aussi employé pour une action irnminente : Dans sa valeur accompli du présent, le passé composé peut étre paraphrase par
- Pierre, téléphone !
Une formule au présent : , f .
- ]'~e! . dé , ~ Je n'ai pas aim.
]'al e)eu~e, ~ Il est absent.
••.• Le présent s'emploie dans les propositions conditionnelles avec si évoquant un Il est partí. 't
, t ~ J'ai un :appartemen .
]'ai trouve un appartemen .
preces dont le résultat futur est pour ainsi dire assuré. . ' , ~ Il est la. '
L'acte de parole ainsi réalisé est : Pierre est arnve. ~ (h bi ble)
. . . ~ La maison est prete a íta e.
I1s ont fíni leur maison.
- sS~un constat : -----.
, ' ne peut pas étre l'équivalent d'un passé simple :
Si vous ~~le train de 22 heures, vous rriverez demain matin Ce passe compose , .
a Nice. passé composé 1 ;f. passe simple

- soit une mise en garde : Observez la différence :. ,. T k o il est done absent. Caccompli du
Si vous mangez trop de gáteaux, vous serez malades. Hier, ti a pns 1avion pour o y ,
-présent) li é)
- soit un conseil ou une requéte : Ce [our-lá, il prit l'avion pour Tokyo. (accornp l au pass
Si vous buvez de l'aleool, ne prenez pas le volant.
Si vous étes malade, prévenez-moi. , 't done avoir une valeur résultative, conséquence
• Le passe compose peu .
Remarque : dans ces actes de paroles, la condition est nécessairement anté- logique d'une action accomphe.
rieure a la conséquence. C'est pourquoi le temps de la subordonnée avec si Comparez : ,.n , , li)
Il est 18 h 20, l'avion a atterri a 18 he~res. C.accomp I
peut se trouver a l'accompli du présent.
L'avion a atterri depuis 20 minutes. Cresu!tatif) .
Si vous avez mangé trop de gáteaux, vous serez malades.
Il Y a 20 minutes que !'avion a attern. (résultatif)
Si vous avez bu un peu trop, ne prenez pasIe volant !
175
174
Quand les ve;-bes sont des pronominaux réfléchis (cf. supra 1, pp. 143-144 • A. la différence du passé composé ou du passé simple, l'imparfait ne précise
cette valeu~ ~esultatlve prend une forme spéciale (verbe étre au présent + ),
s les limites (le début/Ia fin) d'une action passée. L'action est tout sírnplement
tIclpe passe a valeur adjectivale) : Par_
~a ée au passé et présentée dans son accomplissement (en train de se réaliser).
IIs se sont installés a Rome en 1994. (a compli)
~~a explique que l'on ne puisse pas trouver I'imparfait avec un indicateur de
IIs sont installés a Rome depuis 1994. Crésultatif)
mps qui signale le début et la fin d'une action : ~
II y a quelques années qu'ils sont installés a Rome. Crésultatif) te *Hier, je m'occupais des enfants pendant deux heures. ce 'ia
• Le passé composé est aussi le temps du récit. eule une forme ayant une valeur d'accompli peut étre utilisée dans ce c s :
Dans cette valeur d' accompü au passé, il devient l'équivalent du pas _ . S Ce jour-la, je me suis occupé des enfants pendant deux heures.
le t d I'hí . se sImple La veille, je m'étais occupé des enfants pendant deux heures.
emps e istorre qLII est coupé des instances de l'énonciation. '
En langage ordinaire, cette valeur du passé composé remplace systérn ti Avant de partir, il s'occupa de ses enfants pendant deux heures. /
ment un passé simple : . a Ique_
• L'élasticité temporelle de I'imparfait le rend tres utile pour décrire des actions
passé composé 2 = passé simple ou des états passés. Il crée une sorte de panorama, une toile de fond oü se dérou-
Observez l'équivalence :
lent des actions passées.
Christophe Colomb atteignit l'Amérique en 1492. (accompli au En réalité, il donne une vision continue (extensive), la ou le passé composé et
passé) .
le passé simple ordonneraient une vision discontinue (tensive).
Christophe Colomb a atteint l'Amérique en 1492. (accompli au observez et comparez les énoncés suivants qui pourraient servir de mis e en
passé)
scene a un cameraman :
(1) le descendais l'escalier, lui montait.
(2) le suis descendue, lui montait.
0'. L'imparfait. -, (3) Il est monté, moi je descendais.
Comm~ son ~om ~'indique, ce temps du passé n'est pas « parfaít ». Il ne signale (4) Il est monté, moi je suis descendue.
ni le debut, ni la fln d'une action, mais tout simplement le fait qu'elle se situe a Ces quatre énoncés racontent quatre " scénarios » tres différents.
l'époque passée.
Selon la vision du narrateur, on aura :
On peut ~tablir un certain parallélisme entre ce temps du passé et le présent.. (1) une vis ion panoramique de deux actions simultanées au passé ;
E.n effet, llmp~rfalt marque une action en cours ou en accomplissement spéci- (2) une focalisation sur « je " tandis que" lui » sert de toile de fond ;
fique au passé et le présent marque une action en cours ou en accornplisse- (3) une focalisation sur ' il .; tandis que" je " sert de toiJe de fond ;
ment spécifique au présent : (4) deux actionssimultanées mis es en focalisation.
Accomplissement au présent : Accomplissement au passé : • L'imparfait, par contraste avec le passé simple ou le passé composé, peut avoir
- Il est 18 heures. CJle faites-vous ? - Que faísíez-vous, hier a 18 heures I un effet de « ralenti » : une action, qui normalement aurait pu étre a un temps de
- le m'occupe de me§; enfants. - le m'occupais de mes enfants. l'accompli du passé, est mis e a l'imparfait comme pour donner un film en ralen-
/ . ti de ce qui s'est effectivement passé.
D'autre part, l'imparfait peut montrer une action en accomplissement géné- Pris en flagrant dé lit d'espionnage, il avala une capsule de cyanure.
rique, hors chronologie a l'époque passée, comme le fait le présent pour Cinq minutes plus tard, il mourait (a comparer avec « il mourut .).
l'époque présente : "A 8 heures, une bonne heure d'avance sur l'horaire prévu, ils
culbutaient leurs sacs cate a cate au sommet. " (Samivel, © Arthaud-
Présent d'habitude : Imparfait d'habitude : Flammarion)
Tous les matins, elle se leve a 6 heures. A cette époque-lá, tous les matins elle Cet imparfait de ralenti attribue un certain pathos a l'action qui est donnée a
se levait a 6 heures. '
A notre époque, les gens ne travaillent voir en accomplissement, alors qu'elle est déjá accomplie.
Autrefois, les gens travaillaient parfois
que huit heures par jour .. jusqu'a quatorze heures par jour. • L'imparfait peut également transposer une action dans l'univers duvirtuel ou
de l'irréel. Cet imparfait a valeur modale signale que l'action aurait bien pu avoir
Enfin, au discours r~?porté au passé (cf. supra 4, p. 170 et dossier 5, 2, pp. 92- líeu, mais que, par miracle, elle ne s'est pas produite :
94), on _a vu .que l'ímparfaít est la transposition attendue du temps présent Le conducteur bondit hors de sa voiture au dernier moment. Une
employe au discours direct : seconde de plus et il brúlait au fond d'un ravin !

Discours direct : Pour paraphraser cet énoncé, on doit employer le mode de l'irréel au passé :
Discours rapporté au passé : Il serait resté une seconde de plus dans ss, voiture, i1 aurait brúlé
le m'occupe des enfants,
I Il a expliqué qu'il s'óccupait des enfants. au fond du ravin. "
176
h hé . s avec si .
• Enfin, l'imparfait peut avoir une valeur d'atténuation - sorte de mini misa tia lus-que-parfait entre dans les constrLl:tions lypot ettqu;a't (l'acco~pli de
Le P " 'e est posee au P us-que-par 1
d'un acte social susceptible de heurter la face d'autrui. 1) l'bypothese sur 1epoque ?asdse h these est au conditionnel passé :
Cette tournure est tres fréquemment employée dans les interactions admini ~, arfait) et le résultat írréel e cette .ypo 'aurais as eu ce rhume.
tratives et commerciales : s, 1 ifílP Si tu avais pris de la vítamme C, tu n P .
,' 'e peut étre au condi-
- Qu'est-ce que vous vouliez ? , ltat irréel d'une hypothese sur l epoque passe
le resu
- Je voulais un róti de veau dans l'épaule.
-: nnel présent : . . la vi . C tu n'aurais pas ce mauvais rhume.
- Je voulais savoir si vous aviez des civettes... "- tl° Si tu avais pns de a Vltamme ,
Une minimisation, a caractere affectueux, s'entend aussi dans les paroles des
meres a leur bébé. L'imparfait est dit alors « imparfait hypocoristique » :
Comme il était mignon le bébé a sa maman ! • Le surcomposé. . d' déja accompli. Le surcomposé le plus
s accomph un temps , d
Cet imparfait hypocoristique peut aussi étre utilisé dans une conversation affee, C'est un ternp , ' Mais il existe aussi un surcompose u
é est celui du passe compose.
tueusement intime entre adultes : l
e¡UP o Y .
1 que-parfalt. , t
Elle était vraiment tres fatiguée, ma pauvre petite chérie ? Po~:~rvez les formes du surcomposé p~r rapport a~ presen : Surcomposé
" Passe compose
Remarque : l'imparfait hypocoristique s'emploie tres souvent a la troisieme Present , . Quand j'ai eu lu ...
personne (d. dossier 2, 1, p. 25). Je lis. J al lu.

Observez les formes du surcomposé par rapp~:r.: ,l'imparfait ;urcomposé


• L'imparfait entre dans les constructions hypothétiques avec un si marquant la
1 -oartau ' Plus-que-parJax
condition: mp J' , . 1 Quand j'avais eu lu ...
Je lisais. J avais u. .
- l'hypothese irréelle concernant l'époque présente est posée a l'imparfait et
son résultat, également irréel, est au conditionnel présent : Ces formes du surcomposé sont fréquemment utilisées, sans que le locuteur ait
Si tu prenais de la vitamine C, tu n'aurais pas de rhumes.
conscience de cet emploi. ,' t quand on leur parle du surcomposé,
- le résultat irréel d'une hypothese concernant l'époque présente peut étre au En général, les francophones s etonne~ t uand ils en ont besoin :
conditionnel passé : ternps qu'ils utilisent P?urtant :utomatlquem ~; m~ suis précipité chez Colette.
Si tu prenais régulíerement de la vitamine C, tu n'aurais pas eu ce Quand j'aí eu fini mon travail , ¡
Quand i'ai été partie, il s'est précipité chez Colette. .
mauvais rhume.
· ¡la' de's qu'il avait eu touché sa pension, il avait couru au
Ce ¡our- , _ '
• Un imparfait a valeur irréelle est employé par les enfants de la nouvelle géné- cabaret.
ration dans leurs jeux d'imagination, alors que naguere, les enfants utilísaíént de
On rencontre principalement les surcomposés dans les subordonnées circons-
préférence le conditionnel. ~~st une des évolutions dans le rituel des jeux :
Alors, tu étais Bitman et moi' j'étais le joker. (en 1995) tancie11es de temps. di . l'équivalent du passé antérieur
Alors, les parents seraient partís et on vivrait comme on voudrait. Le passé surcomposé est, en langage or inaire, .
(en 1960) propre au code écrit.

• Le plus-que-parfaít, /

Accompli de l'imparfait, il signale qu'une actíon s'est réalisée a l'époque • Le passé s~ple. 11 il s'est acquis un statut pal1iculier. En effet, ~e
passée, antérieurement a un autre preces : Temps du passe par exce ence, b t d code oral alors qu'il est extre-
temps est actuellement pratlquement a sen u ,
En 1994, elle était en pleine santé. L'année précédente, elle avait
pourtant été gravement malade. mement vivace dans les écrits. 1 de l'énoncia-
, , "que entre e temps
Voila : je ne savais plus conduire. ]'avais pourtant conduit pet:l Le passé simple mar~ue u~e IL'up~ure"c;~e~~~onciatiOn est absent d'un énoncé
dant toute ma jeunesse. tion et le temps de 1histoire. e ¡e
au passé simple. '
Ce temps marque aussi une antériorité par rapport a l'accompli du présent :
Pierre est retourné vivre a ice ou il avait passé toute son enfance. Comparez : " F ce
(1) Apres 1970, je fis ma carner~ en ran .
j'ai enfin trouvé le livre dont on m'avait tant parlé. (2) Apres 1970, j'ai fait ma carne re en France.
Cette valeur d'accompli fait que le plus-que-parfait sert de « tiroir » d'antério- d b' aphie i « Je est un autre »,
rité temporelle au passé composé, lorsque celui-ci se trouve utilisé dans un En (1), l'énonciateur se coupe e sa IOg~. .hi qui sémble avoir encere
En (2), l'énonciateur est présent dans sa rograp le,
énoncé ayant pour temps de référence le passé :
Il a dit qu'il avait enfin trouvé un livre dont on lui avait parlé. des effets sur lui.
179
178
Aussi, le passé simple est-il le temps de la distance objective et de l'histoire e jus tard, l'apprenant pourra percevoir les ef~ets produits par la présence du
général. Conséquemment, de nos jours, il n'est guere plus utilisé qu'a la trol) nassé cornposé et du passé, simple dans les me~es textles. de gram-
1-
sierne personne du singulier 01..1 du pluriel. Les petits Francais ne I'apprenne r r l'emploi des temps a un nrveau avance, voir es Exercices
plus qu'a l'école et ont du mal a en maitriser les formes relativement co~~ f'o:ire_ perfectionnementC© Hatier/Didier, 1988).
trI .
~Iexes. Cepe~dant: ~ l'écrit, ce tem~s ;tu pass~ est tres vivant et indique qUe
l action est bien définitivernent terrrunee. La visión produite par ce temps es
CE QU'IL FAUT SAVOIR
une vis ion tensive, en focalisation, alors que l'imparfait qui l'escorte souve t
. . '.
donne une visión extensrve, en panorama.
m
• Dans un récit au passé, on peut trouver des passés composés et des passés
••.' Lefutur simple.
_ I' oque future
.,
ce temps marque un proces dont la réalísatíon
' . .
est pros-
simples, mais cela indique que le récit est présenté sur deux plans différents : uectlve
~ epCproJ'etée da~s l'avenir du locuteur). De ce fait, la probabilité de réali-
- un lien étroit avec les instances de l'énonciation (passé composé) ; Pe . du preces est plus ou moins grande selon les contextes. Selon 1e d egre'
- une distance éloignée vis-a-vis du présent (passé simple). satlon . .' d d t de
de probabilité envisagé, le futur simple peut mterverur ans es ac es
je suis sorti avec Monsieur Blanchet, apres le tournoi de domi_ arole tres variés (cf. infra 8, p. 182). ., ..
nos. Le jour déclinait. l...l Monsieur Blanchet marchait avec diffi- P futur simple peut avoir un aspect d'accornpli spécifique :
culté. je rapetissais mes pas, pour rester a sa hauteur. Il s'arreta Le Selon les prévisions, l'avion atterríra ce soir a 22 heures.
et dit [,..1 (Ioseph Périgot, © Bayard Presse jeune) un aspect en accomplissement générique, hors chronologie :
Ou .
Bíentót, i1 y aura des villages sous-manns.
• Le passé antérieur. On vivra sous l'eau .
Accompli du passé simple, le passé antérieur marque un rapport d'antério- Les gens porteront des palmes pour aller faire leurs courses.
rité/postériorité entre deux actions au passé, dont l'une est au passé simple: • Selon le moment de référence CToou T') on découvre deux valeurs au futur
Quand ils eurent réussi a se détacher de l'affreux spectacle, ils
simple:
entrerent ~ns Surinam.
Lorsqu'il eu(-compris qu'il était traqué, il se fauf...•
la habilement 1. Par rapport au moment de l'énonciation (re) :
dans la foule et se tapit entre les marchands. Le futur simple, selon son aspect, entretient une relation diamétralement oppo-
Le passé antérieur se rencontre le plus souvent a l'écrit dans les subordonnées sée aux temps du passé :
temporelles introduites par « quand, lorsque, des que, apres que -, etc. Dans le pe -----Ici-----FS ---- ..••
discours ordinaire, il est régulíerement remplacé par un passé surcomposé. PS Maintenant
Imparfait
A. PROPOS DU SAVOIR-FAIRE Dans ce cas, le futur simple est en concurrence avec :
-a. Le futur proche ou futur analytique (aller + infinitif) :
~ Dans l'apprentissage de la fonction langagíere « raconter des événements pas-
I Selon les prévisions, l'avion va atterrir, ce soir a 22 heures.
sés », il est utile que l'apprenant puisse dégager, vers la fin du niveau 1, l'exis-
Cependant, certaines situations, ici et maintenant, imposent l'emploi du futur
tence de deux systernes clairement différenciés :
- le systerne du « discours » Coral et écrit ordinaires) dont l'apprenant a a se ser-
proche .
Attention ! Tu vas te pincer !
vir et qui est caractérisé par l'usage de l'imparfait, du plus-que-parfait ainsi que Regarde ! Il va se faire renverser !
du passé composé et de son accompli le surcomposé. Par contre , dans certaines subordonnées temporelles, la fréquence du futur
- le systerne de l' « histoire » (a l'écrit seulement et en registre soutenu) que l'ap- simple l'emporte sur celle du futur proche : /
prenant rencontre dans ses lectures et qui est caractérisé par l'emploi de l'im- Quand je serai riche, je ferai repeindre la maison.
parfait, du plus-que-parfait ainsi que du passé simple et de son accompli le Quand on aura le temps, on fera le ménage.
passé antérieur. C,es cas expriment bien le deWé, plus o~ moi~s important, de la probabilité de
Le schéma suivant pourrait aider a la saisie de ces deux systemes temporels realisation du preces, selon le 10cllteur-enonClateur.
ayant une partie commune : l'imparfait et le plus-que-parfaít. Plus la probabilité est forte et plus se manifeste le futur analytique.
Díscours : Histoire: Plus la probabilité est faible et plus on a recours au futur simple.
b. Le présent qui, p~n effet dramatique, envisage la réalisation du preces
« comme si on y était :
/'
Son avion rterrít a Tokyo ce soir a 22 heures.
je prends ma retraite exactement dans 15 ans.
180 181
c. Le verbe modal « devoir » au présenr :
Je vous rappellerai que vous n'avez prévenu personne.
Il doit arriver d'un moment a l'autre.
Je vous répondrai que ce n'est pas mon problerne, mais le vótre !
• On note aussi que le futur simple est employé al! discours indirect au p ;. pour formuler des prévisions, prédictions ou prophéties : ,
pour é o ' d aSsé
, v quer un proces ont on est sur qu'il se réalisera a une date précise (d ' Météo: Il fera beau sur tout le pays. Le vent soufflera d ouest
Iavenir). aos
en est.
Comparez:
Voyante : Vous n'aurez pas beaucoup d'argent, mais vous aurez
(1) ]'ai entendu dire que l'avion arrivera a 20 heures. beaucoup d'enfants,
(2) On rn'a dit que l'avion arriverait a 20 heures. Bible : Ils seront précipités dans la Géhenne. Ils s'assoiront a la
En O), l'information est considérée comme certaine et venant de source ' droite de Dieu.
1" , SUre
evene~ent est ~rogrammé. (lecture d'une affiche, par exemple). : 6. pour formuler une supposition dans une situation « ici et maíntenant» :
En (2), 1inforrnatíon est une transposition : discours indirect au passé d Qui peut bien téléphoner a cette heure-ci ?
e t d . , if e paroles
n en ues, mais non ven lees par le locuteur (seules ces paroles font foi). - Ce sera encare ton frere, a coup sur!
2. Par rapport a un moment du passé (T') :
• Le futur antérieur.
Lié a un point de référence a l'époque passée, le futur simple peut se re Forme accomplie du futur simple, le futur antérieur a d'abord une valeur d'an-
t . l' neon_
rer pour expnmer es conséquences d'événements déja accomplis. tériorité concernant l'époque future et, a ce titre, il se rencontre fréquemment
Il a, alors, une v:leur dramatique et donne une perspective d'anticipation : dans les subordonnées circonstancielles de temps :
Apres l'appel du 18 juin 1940, les habitants de l'ile de Seír, Quand tu auras fíní ton travail, tu viendras m'aider.
prendront la mer et rejoindront de Gaulle en Angleterre. Lorsqu'ils seront partis, nous occuperons l'appartement.
• Le futur simple intervient dans d~ nombreux actes de parole : • Le futur antérieur entre également dans la formulation d'un acte de parole pré-
1: Pour : donner
sition)
un ordre, une consigne
.
ou une directive Cinjonction ou impo-
.
cis : la supposition (c'est-a-dire des hypotheses) concernant l'époque passée.
Observez l'emploi du futur antérieur dans les circonstances suivantes :
Vous prendrez 3 cachets par jJur. - dans un roman policier :
Vous ferez cet exercice pourjñernaín matin. - Regardez, je vais des traces, la.
Vous irez chercher le courrier. - Ils auront certainement tramé le cadavre vers ce petit lac. ..
Tu te tairas, enfin !
- a la gare :
La force perlocutoire du futur simple est aussi évidente dans les commande- - Pierre n'étaít pas au rendez-vous au train de 11 heures.
rnents . - Il aura manqué son train et n'aura pas pu nous prévenir.
Tu honoreras ton pere et ta rnere. - lors d'une soirée :
De mérne, le futur analytique permet de réaliser, ici et maintenant, certaines Les Boli ne sont pas arrivés ?
menaces ou mis es en garde : Ils auront oublié l'invitation ou se seront perdus en chemin.
Tu vas finir par comprendre, oui ou non ;>
Tu ne vas pas recommencer, non ? A PROPOS DU SAVOIR-PAIRE
Tu ne vas pas continuer a te plaindre, tout de mérne ! ~ Les méthodes de langue et les praticiens dans les classes de -íangue attri-
Tu ne vas pas me faire croire que tu n'étais pas au courant I buent une importance considérable a l'apprentissage des temps et des modes
2. Pour faire une promesse : du verbe.
Je téléphonerai a 15 heures. Une grande partie de cet apprentissage est réservée aux temps de l'indicatif
je passerai lundi prochain. présent.
]'irai chercher les enfants a l'école. Si on ouvre une méthode de niveau 1, par exemple, on constatera que sur les
3. Pour demander un service (registre familier) : douze ou quinze unités du manuel, dix au moins soulevent des problernes de
Tu pourras faire la vaisselle ;> morphologie du présent, puis du futur, ensuite de l'imparfait et du passé com-
Tu pourras arroser les plantes ? posé.
Tu me laisseras la voiture demain rnatin ;> C'est une preuve, s'il en falla:it une, que la situation dans le temps intéresse tout
le monde.
4. Pour atténuer la force perlocutoired'une énoncíatíon :
Mais peut-étre pourrait-il y avoir d'autres maníeres d'acquérir la maitrise lin-
Je vous demanderai de cesser de faire du bruit.
guistique de cette opération conceptuelle indispensable pour comprendre et
je vous ferai remarquer que je suis chez moi, ici.
parler une langue.
182
183
Il est vrai que la forme des ternps est un automatisme a maitríser si l'on uisqu'i1 faut s'attendre a des erreurs, celles-ci se corrigeront d'autant plus
libé l' . ,
se 1 erer espnt pour des taches plus complexes (pour I'apprentissage de e t
vel.l efacilement
t P
que I'apprenant est exposé a suffisam~ent d e mauere
., l'inguis
. t'ique,
automatIsmes, se reporter aux proposjtions d'exercices ludiques . ,¡:, es r se construire ses regles concernant la situanon dans le temps.
pp. 201-202). "', l17yra 8,
PI1est
oLI done conseillé d'exposer I'apprenant a tout ce d ont 1'1 a besoí
eso 10 pour d eve- e
M,ais faut-il en faire le " plat principal" de I'apprentissage ?
ir un sujet-parlant. , ., ,.
D allleurs, ce « plat principal " devient vite monotone et lassant des 1 n tre on réfléchira au fait que les temps du passe, conjugues avec 1 auxi-
1'on veut· , Ors ql.l En. ou ¿tre, ou avoir. ne sont guere plus di ffici 1es a' assirru
"1 er que b'ten d' au t res
, ' en un premier temps, faire découvrir et apprendre toutes les f e
du present, par exemple. .orIlles [ialre ,
expressions linguistiques :
Ce dont a beso~n un apprenant étranger, c'est avant tout des formes quí 1 . ]'ai vingt ans.
mettent de se situer aux trois époques. 'est-íl pas un étre de l'univers CUI per- je suis étudiant.
tout un chacun ? , 0Illrne
je suis venu ici pour apprendre le francaís.
Or, il est encare des enseignants qui estiment qu'il est hors de question d' b ]'ai trouvé une chambre pres de la faculté.
der un temps du futur ou du passé, tant que le présent n'a pas été maitr:é o-, Je vais aller en France l'année prochaine.
Cela peut prendre un temps si considérable que les étudiants Ont depuis 1 . Ces formes du verbe sont suffisantes pour que l'apprenant se crée sa person-
~e~ps abandonné toute motivation pour parler, quand enfin on décide d~~g- nalité de sujet-parlant.
uutier aux autres temps de l'indicatif. es
De rnéme, pourquoi craindre une introduction précoce du subjonctif ou du
D'autre part, il est établi depuis longtemps que les modes subjonctíf et c di conditionnel ?
faI nne 1 appartienn-n¡
. a, un niveau 2 d'apprentissage. Ott 1-
Ces modes ne sont-ils pas indispensables pour modaliser sa pensée ?
On peut s'interroger sur cette progression rigoureusement linéaire. Si I'on désire que les apprenants prennent la parole en classe de langue, encore
Pou~quoi le passé cornposé est-il considéré comme plus difficile que le prése t faut-illeur en donner les moyehs (larges et généreux).
de l'indicatíf ? n
Peut-étre que si l'on accordait moins d'importance a la forme correcte des
Pourquoi le subjonctif ne devraít-íl étre abordé qu'en deuxierne année d'ét d temps, ceux-ci se mettraient d'eux-mémes en place, avec le temps !
du frans;:ais ? u e
Mais le róle de I'enseignant n'est-il pas aussi d'évaluer les connaissances ? Cette
La réponse est toujours pédagogique : il faut aller du plus simple au plus com- évaluation, le plus souvent formelle, peut devenir, dans certains cas, un obs-
plexe.
tacle au processus naturel de I'apprentissage ...
La progression est done liée aux formes. En conclusion, il apparait que plus I'appro.che de la langue sera communi-
L'indicatif présent serait-il le ternps le plus fac~ ? Les temps du passé sont-ils cative et interactive et plus les apprenants auront de facilité et de liberté pour
beaucoup plus difficiles? '\' apprendre a leur rythme (mérne si c'est long ... ).
Certes u,ne forme .simple est, par définition, moins complexe qu'une forme
composee.
~ais, s~yons séri~ux ! Toute progression d'apprentissage
etre stnctement liée aux besoins langagiers des apprenants.
de la grammaire doit
6. Les valeurs et emplois des autres modes
~r, tout apprenant, pour pouvoir comprendre et s'exprimer en langue étran- CE Q u 'IL FA UT SA VOIR
gere, a besoín avant tout de se situer dans le temps.
• Les valeurs et emplois du conditionnel.
Par conséquent, il est urgent qu'on introduise, des les prernieres lecons, les Les formes du conditionnel présent et du conditionnel passé sont tres
trOIS epoques : présente, passée, future.
ernployées dans le langage quotidien :
Mais comment faire pour que les apprenants ne mélangent pas tout, pourraít- je voudrais un carnet de timbres, s'il vous plait,
on se demander.
Auriez-vous des lilas?
Pourquoi mélangeraient-ils tout ? Une langue n'est pas une science occulte ! Auriez-vous vu mes lunettes, par hasard ?
I?~ns tout enseignement/apprentissage d'une langue, il faut compter sur la faci- ]'aurais aimé partir le 24 décernbre, si c'est possible.
lité naturelle de tout humain a produire du langage. ]'aimerais vous demander un servíce.
Ne lui ,d~nner qu'au goutte a goutte I'information indispensable pourrait erre Pourrtez-vous me rendre un service ?
consideré, dans certains cas, comme une forme de sectarisme GIs ne sont pas Tu n'aurais pas la monnaie de cent francs ?
assez forts pour pouvoir parler cette langue).
Cette valeur du conditionnel, mode du virtuel, perrnet.de minimiser ou d'atté-
C'est une attitude pédagogique heureusement dépassée.
nuer la force illocutoire d'une demande de service, par exemple.
Puisque l'erreur est attendue et qu'elle est un cheminement vers la vérité il faLlt C'est done la manifestation d'un acte rituel, caractéristique de la culture fran-
certes s'attendre a des erreurs au cours de l'apprentissage. ' caise. Son emploi fait savoir a autrui qu'on le considere avec respect, comme
184
185
~
s'il était social.
un « objet sacré », selon la déf .. •• LeS valeurs et ernptoís du subjonctif.
l'acreur e rrution que donn É. Durkheim de 11 perrnet d'envisager le preces du verbe dans une perspective ou une dimeri-
Ce " conditíonnel de poliresse " doit erre a ris tres t A

,.
Sion autre que celle de la réalité.
apprentissage du FLE. Il s'emploie essenti~fement ot da~s I enselgne~ent/
cianon : je, tu, vous. aux personnes de l'enoD_ • Le subjonctif est le mode du possible, du potentiel ou du virtuel :
je veux que mes enfants fassent de bonnes études.
• Le conditionnel Mes enfants aimeraient que je fasse du sport.
. . . entre dans d'autres actes
- de paro l·e .
- Une írrvítatíon : Tout apprentissage exige qu'on soit au moins motivé.
Seriez-vous libre, ce so ir ? Que l'on soit motivé ou non, il faut bien que l'on fasse des
Accepteriez-vous de m'accompagner a l'opéra ? études.
Que diriez-vous d'un week-end en Touraine ? L'ernploi du subjonctif signifie que le locuteur considere la réalisation d'un
- Une suggestion ou une proposition :
proces comme :
On pourrait partir ce week-end ? Qu'en dites-vous ? _ nécessaire, souhaitable, possible ;
On pourrait prendre le train de nuit ? .
_ incertaine, douteuse, peu probable ;
- Un conseil : _ éventuelle ou réalisable, pourvu que certaines conditions nécessaires soíent
Tu devrais téléphoner ates parents. respectées.
Il faudrait prendre de leurs nouvelles régulierernent. otre enseignant veut qu'on vienne régulierement aux cours.
Vous pourriez peut-étre leur téléphoner tout de suite. n doute que nous soyons réellement motivés.
- Un regret : - C'est possible qu'il ait raison.
J:aurais dü les.appeler quand vous me l'avez conseillé. Pour qu'il soit satisfait, íl faut que nous manifestions constam-
J aurais bien voulu les revoir. ment un intérét réel pendant les cours,
Il aurait fallu que je suive vos conseils.
- Un reproche: • Le mode subjonctif exprime la subjectivité du sujet-parlant :
Tu aurais dü téléphoner ates pauvres parents. je doute qu'il ait totalement raison .
Je ne suis pas sur qu'il faille toujours manifester de l'intérét.
f• Le conditionnel
, sert aussi au locuteur a transmettre des' mrormations
c' non ven-
, . je ne crois pas qu'on puisse étre constarnment motivé.
lees aupres de sources sures: Je ne suis pas persuadé que tout le monde doive faire des études.
.. Un avion s'est écrasé en for~, il y aurait peu de rescapés. j'ai bien peur qu'en cours nous ne soyons que de pauvres captifs !
(Ce cdo.ndltlOnnel, tres fréquemment employé dans la presse, est parfois appelé
"con itionnel journalistique ".) • En langage ordinaire, on utilise deux temps du subjonctif : le subjonctif présent
et le subjonctif passé.
• Le conditionnel est le mode de I'irréel. Le subjonctif présent signale que le proces du verbe est considéré comme
En tant que t~l, il envisage des actions qui n'ont pas eu lieu dans la réalité : simultané ou postérieur a celui du verbe introducteur.
J aurais gardé mes lunettes sur le nez, je saurais oü elles sont ! Le subjonctif passé indique que le preces du verbe est envisagé comme antérieur

• Cet usage est fo~tement concurrencé par des propositions subordonnées a celui du verbe introducteur.
Il a voulu que sa fille apprenne I'anglais tres tót. ksimultanéité/
condítíonnelles ~n Sl (d. ImFarfait et hypotheses, pp. 178-179) :
SI 1 aV~ls garde mes lunettes sur le nez, je saurais oü elles sont ! postériorité)
Aujourd'hui, il est content que sa fille ait appris I'anglais. (anté-
SI Je n oubliais pas toujours mes lunettes, ma vie serait plus facile !
SI un jour on pouvait se passel . d e '1unettes, le
. serals. bien contente. ríoríté)
..
Le
he conditionnel est le modee requis
r .
pour expnmer le résultat irréel d'une hypO- En langue écrite de registre soutenu et dans les textes littéraires, on rencontre deux
t ese posee, concernant soit l'époque présente ou fu ture , soit l'époque passée. autres ternps du subjonctif : le subjonctiflmparfait et le subjonctif plus-que-parfait.
Le subjonctif imparfait marque que le preces du verbe est envisagé comme
• e En
f langue ecnte soutenue et en Iittérature , le conditionnel passé prend la
é • '
simultané ou postérieur a celui du verbe íntroducteur exprimé a I'indicatif
2 orme: G

~[...] j: n'ai,jamaiS, imaginé de faire une collection de timbres-poste. passé ou au conditionnel :


.r- Il voulait que son fils füt polytechnicien.
lle eut decoupe le globe [...]. Surtout, elle eüt colmaré les vides
Il exigea que son fils sortit premier de sa promotion.
dans les pays, démarche contraire, pensais-je alors a la jouissance
Accepteriez-vous que vos enfants se físsent la guerre?
exotique [...] " (Gilles Lapouge, © Édition Cornplexe).
187
186
Le s=lbjonct~f plus~que-parfait indique que le preces du verbe est envisagé corn On a besoin de discuter longuement.
anterleur a celuí du verbe íntroducteur exprimé a l'índícatíf passé ou au l1le Vous avez beso in que le syndicat vous défende.
tíonnel : condl_
Je n'ai pas peur de me retrouver sans travail.
Elle regretta amerernent que les troupes eussent envahi
domaine. sOn Mais mon patron a peur que je ne lui fasse un proceso
Elle eüt préféré que le capitaine ea: • La mérne regle syntactique (faisant alterner infinitif et subjonctif en fonction
ne se .ut pas üusúUUédans la
charnbre bleue. d'un mérne sujet grammatical OU de deux sujets grammaticaux différents) s'ap-
plique avec certaines conjonctions de subordination dont les plus communes
• Les emplois du subjonctif.
sont:
1. Le subjonctif s,e rencontre, rnais rarement, dans des propositions indépe _ avant de / avant que (ternps) ;
dantes, formules a valeur exclamative exprimanr un souhait un dé . n- _ pour / pour que (but) ;
etc. : • ' , esir, un ordre ,
Vive la liberté ! _ afin de / afin que (but) ;
Advienne que pourra ! _ sans / sans que (rnaniere) ;
Sauve qui peut ! _ a rnoins de / a moins que (maniere) ,
Ainsi soit-il... Laisse-moi ton adresse avant de partir.
Qu'on se-le dise ! ]'ai pris son adresse avant qu'íl ne parte.
Qu'il vienne done ! Pour étre courtois, j'ai bien sur salué mon patron avant de partir,
Qu'á cela ne tienne ! je l'ai salué pour qu'il ait quelques remords de m'avoir licencié,

2. Le subj~nctif est utilisé en alternance et en complémentarité avec l'infinitif ]'aurais peut-étre dü partir sans lui parler.
dans certaíns cas syntactiques. Mais je n'ai pas pu partir sans qu'il me recoive officiellement.
Observez l'alternance et la complémentarité des deux modes : A. moíns de faire appel, vous n'aurez aucune indernnité.
le ne désire pas partir le plus vite possible. Votre patron ne sera pas inquiété, a moíns que vous ne fassiez
le veux que vous partiez le plus vi te possible. appel.
Mon ernployeur désire que je parte le plus vite possible. • On notera, a partir des exemples cí-dessus, que les conjonctions de subordina-
MOI, Je souhaite travailler jusqu'á 65 ans. tion avant que et a moins que se construisent non seulement avec le subjonctif
otre employeur souhaj,te que nous partions avant cet áge. mais avec un ne explétif (c'est-á-dire un ne qui n'a pas de valeur négative, mais
Nous, nous aímeríons q\(il puisse changer d'avís. qui demeure comme trace d'un ancien état de la langue).
S~ les sujets des deux verbes sont coréférentiels, on utilise l'infinitif. ' Le ne explétif se retrouve aussi dans les constructions « avoir peur que » et
51 les sujets grammaticaux sont non coréférentiels, il faut une que phrase et le « craindre que » :
subjonctif pour en rendre compte. Votre employeur craint que vous ne fassiez appel.
II a peur que vous n'adressiez une plainte aux Prud'hommes.
• Cette regle s'appliq~e aux verbes de souhait, de volonté, de désir, de crainte
ou d? pe~r, rnars aUSSIaux constructions adjectivales exprimant un sentiment ou • Ce ne est souvent omis dans le langage ordinaire mais 'doit étre utilisé en
une ernotion : registre de langue soutenu, et notamment a I'écrit.
le suis satisfait de quitter mon travail. • En revanche, la conjonction de subordination sans que ne doit pas faire appa-
Mon employeur est aussi tres content que je m'en aille. raitre de ne explétif.
ous sommes désolés que vous partiez.
D'autres seront heureux de prendre ma place ! • Enfin, on notera que apres / apres que ne se construit pas avec le subjonctif,
Moi, je ne serai pas taché qu'ils la prennent. quoique l'en'semble de la communauté Iinguistique francaíse ne s'en rende
presque jamais compte. La tendance, de nos jours, est en effet d'utiliser le sub-
• On constatera que les adjectifs sont construits avec la préposition de devant ionctíf, par analogie avec la construction « avant que ", Ce comportement lan-
l'infinítíf. '
gagier, bien que tres fréquent, n'en e~as pour autant correct.
., ~ertains verbes (ou locutions verbales) sont aussi construits avec cette prépo- • Dans le cas précis de apres / apres que, I'alternance de construction s'établit
sitron, devant l'infinitíf : .
entre l'infinitif passé et un temps accompli de I'indicatif :
Je n'accepte pas de partir sans indemnisations. Apres avoir signé sa lettre de démission, I'employé a salué et
Mon syndicat n'acceptera pas que je parte sans indemnisations. s'est retiré,
IIs ont envie de s'opposer a mon départ. Apres que I'employeur a eu relu la lettre de démission, l'employé
Mais je n'ai pas envie qu'ils s'y opposent ! l'a signée, a salué poliment et s'est retiré du bureau,
188
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Apres que l'employeur eut relu la lettre de dérnission, l'~mployé
la signa. . Il n'est pas certain qu'i! perde ce proceso
Il est certain qu'i! gagnera ou qu'il perdra !
3., Le sU~jonctif et l'infinitif sont en concurrence pour exprimer I'obligation, la Imaginez qu'i! perde ...
necessite ou un jugernent de va!eur dans les tournures impersonnelles du type
« 11 faut, il est essentíel, 11 est utile, 11 est inadmíssíble, etc, " : • A la forme affirmative, les verbes d'opinion (croire, penser, imaginer, etc.) et
Il faut partir. les expressions indiquant la certitude (étre sür, étre certain) sont suivis de l'indi-
Il faut que vous partíez carif.
Il faut que je parte. Ces me mes verbes et expressions a la forme négative ou a la forme interroga-
Il vous faudra bien 'Partir. tive peuvent étre suivis du subjonctif, selon le degré de doute que veut expri-
Me faudra-t-i! vraiment quitter l'entreprise ? mer le locuteur.
Il est scandaleux.qu'on ait licencié notre camarade ! Quand l'indicatif est employé apres ces verbes et expressions a la forme néga-
Il est scandaleux de licencier quiconque ! tive, l'opinion du locuteur est catégorique :
Je ne crois pas qu'il perdra. (Il gagnera, j'en suis súr.)
• Dans ce cas, c'est le sens que l'on veut véhiculer (et non pas la question d'un je ne pense pas qu'il gagnera. (Il perdra, telle est mon opinion.)
seul ou de deux sujets grammaticaux) quí dé termine l'alternance des deux
modes : C'est surtout dan s ce cas que se manifeste le point de vue subjectif du locu-
teur. Il peut choisir le subjonctif s'il opte pour le doute et l'indícatíf si, ases
a. Il faut est suivi de l'infinitif : l'infinitif a une valeur générale, concernant tour
yeux, la certitude I'emporte.
le monde, n'importe qui, mais personne en particulier. ., 1<.

b. Il faut est suivi d'une que phrase au subjonctif : seul le sujet grammati~al • Al'impératif et a la forme négative, le verbe " espérer " équivaut a un souhait et
du verbe au subjonctif est ~isé par l'oblígatíon. peut étre suivi du subjonctif, alors qu'il est toujours suivi de l'indicatif (futur) dans
c. Une construction moyenne existe, ou il faut est suivi de l'infinitif, quoique une phrase déclarative a la forme affirmative.
I'obiigatíon ne concerne qu'une seu le ou des personnes bien précises. A I'impératif, d'autres verbes comme « supposer, imaginer, admettre, etc. " sont
Mais dans ce cas, on voit souvent apparaitre un pronom ersonnel de type .cOI, suivis du subjonctif car I'irnpératif équivaut alors a la formulation d'une hypo-
qui vient spécifier et préciser qui est le patient oula victime de l'obligation : these :
Il me faudra bien m'habituer a cette situation nouvelle. Je suppose qu'il sera en retardo
Il te faut accepter ~léas de la vie. Supposons qu'il ne soit pas en retard ...
Il lui a fallu, bon gré mal gré, s'habituer a cette nouvelle vie.
5. L'alternance subjonctiflindicatif se rencontre aussi dans les prapositions rela-
• Cependant, si l'on doit nommer par son nom la personne ou la chose concer- tives, selon que l'existence de l'antécédent est envisagée comme virtuelle ou
née, c'est obligatoi1:ement la que phrase au subjonctif qui en rendra compte :
comme bien réelle (d. dossier 6, 4, pp. 125-126) :
Il faut que Marie Boli accepte les aléas de la vie,
Je ne connais pas l'employeur qui a voulu vous licencier.
. Il a fallu que cet ingénieur fasse appel aux syndicats. (Mais j'ai entendu parler de lui.)
Il faudra bien que ces problernes soient un jour résolus.
Vous connaissez un employeur qui soit prét a m'embaucher ?
• C'est la mérne regle (différenciant le cas général du cas particulier) qui gou- (Un tel employeur existe-t-il ?)
verne les emplois de tournures comme : " le fait de " et « le fait que" : je cherche une entreprise oü on ne puisse licencier personne.
I
Le fait d'avoír un bon ~voca jest toujours un avantage. (Y a-t-íl une telle entreprise ?)
Le fait que vous n'ayez pas d'avocat rn'inquíete sérieusement. Je cherche une entreprise OU on ne peut licencier personne.
0e sais qu'il existe effectivement des entreprises comme ca.)
4. Le subjonctif est employé en alternance avec l'indicatif, pour distinguer une
opinion plutót incertaine d'une opinion catégorique.
• Le subjonctif s'emploie aussi dans les prapositions relatives dont l'antécédent
Observez le fonctionnement de l'alternance des deux modes : est caractérisé par une superlative ou par un mot qui le rend unique.
j'espere qu'il gagnera son proceso Le subjonctif implique que le leeuteur n'a pas connaissance d'autres cas sem-
Espérons qu'il puisse s'en sortir ! blables, mais qu'une telle possibilité n'est pas a exclure.
Je crois qu'il s'en sortíra,
Observez :
Moi, 'je ne crois pas qu'i! s'en sorte si faci!ement. C'est la meilleure entreprise que je connaisse.
Quant a moi, je pense qu'il perdra ce proceso (Mais il y en a peut-étre d'autres encore meilleures.)
Pensez-vous qu'il doive réellement perdre ce preces ?
C'est l'employeur le plus exigeant qu'on puisse avoir.
Du rnoins, je ne pense pas qu'il puisse le gagner.
(Mais qui sait, peut-étre y en a-t-il d'encore plus exigeants ?)
190
191
C'est l'employé le plus c 1 ., .
~
(P eut-etre rupu eux que J ale jamais rencontré
en renco tr , .. d' . luation de leurs connaissances, mais il donne nécessairement lieu a des erreurs
rait.) n rerai-je autres un jour, mais cela m'étonne_
du type :
'Je suis heureuse que tu as envoyé a moi ton nouveau adresse.
C'est le seul employé qu'il ait licencié. "Nous sommes tres contents que vous étes la.
CJe ne connais pas d'autres cas mais '1 ' " 'Vous voulez que je faire les courses ?
L" di . ' 1 Y en a peut-etre eu )
m ícatíf, dans ces relatives, signifierait ue le 1 _ ... "Il a parti avant que j'arriverai a la gare.
qu'aucun autre cas semblable n'est possíble : ocuteur est absolument certain
"On ne vient pas en France, jusqu'a ce que notre pays n'avait plus
L'ern 1 - 1 1 . resté fidele ases idées. (On n'a pas pu venir en France ... soit rede-
P oye e p us scmpuleux que je connais s'appelle C
Lbeseul, employ~ que j'ai licencié est deve~u par la su~:eaux. venu fidele ases idées.)
eau-pere ! mOn "Ils avaient peur qu'ils n'auraient pas assez de temps.
6. Le subjonctif n'alterne avec aucun autre d " " . "Il faut attendre pour que les effets de la guerre de Sécession
et locutions indiquant la concession ou la estri e apres certaínes conJonctions serant sentís,
bi res ncnon .
- len que, quoique ; . 'Je crois que son architecture soit tres mauvaise.
oü que, quoi que, quel(le) que, qui que.
Bien que les syndicats aíent pris sa défense l'ernpl _ , , ~ Comment aborder en classe les valeurs et les emplois des temps et des
licencié. ' oye a ete modes?
Ll'employeur a été inquiété, quoique l'employé n'ait pas dépo ' L'acquisition des valeurs et des emplois devraient se faire en contexte.
p alnte. se Dans l'écoute des dialogues ou la lecture des textes, l'enseignant pensera a
OU qu'il ai!le, quoi qu'il fasse, quels que soient ses probiemes . faire repérer les formes des temps et des modes apprapriés aux types d'actes
ne veux plus jamais entendre parler de lui. ' Je de parale ou aux types de discours étudiés.
L'essentiel, c'est que les apprenants se rendent compte que les formes verbales
• En registre familier, et a I'oral notamment ,. . .
" bien que" et <quoí C . ,on peut trouver I indicatif apres ont une fonction et une valeur fonda mentales dan s chaque type de discours.
uoique ". ette constructíon n'es as admise en regl'st En effet, chaque catégorie de discours, selon sa fonction de communication, se
tenu. re sou-
caractérise par la présence d'un type de temps et de modes :
• On veillera a distinguer <quoique ( I
mots) car le sens véhiculé ~ f ". en un seu mor) de" quoi que" (en deux - Les slogans ?
. ,. OnctlOns syntaxlques sont dífférents . Ils appellent l'impératif, l'indicatif présent.
QUOlqU 11 fasse scrupuleusement son travail il a été l" ., - Les notes et messages rapides ?
(En d - . d ' L'- lCenoe
. ep,.t e so~ travail scmpuleusement fait, il a été licen~ié.) Ils demandent l'impératif, le subjonctif marquant le souhait ou l'obligation, les
~lu~l qu 11 fasse, u ne sera jarnais repris dans cette entreprise. verbes modaux a l'indicatif ou au conditionnel.
, peut tout essayer pour revenir, cela ne servira a rien.) - Les annonces ?
• D ~utres tournures concessives sont suivies : Elles exigent l'indicatif présent ou futur, l'expression du souhait suivie de l'in-
- sort de l'indicatif : mérne si . finitif ou du subjonctif.
- soít de l'infinitif : avoir beau. - L'emploi du temps, le calendrier des activités ?
Mérne si les syndicats t' d Ils appellent l'indicatif présent, imparfait, futur (selon l'époque visée).
licencié. on pns sa éfense, l'employé est bien
- La description ? I
Les syndicats Ont eu b d Elle exige le présent ou l'imparfait (selon l'époque visée).
eau pren re sa défense, il est bel et bien
licencié. - La lettre d'invitation, d'acceptation ou de refus ?
Elle fait appel a des verbes de sentiments au conditionnel suivis de construc-
tions infinitives ou subjonctives.
, .APROPOS DU SAVOIR FAIRE - Le récit d'événements passés ?
~ Apres une centaine d'heures d'ap rentissa d fr . '. Il nécessite l'indicatif (présent, passé composé, imparfait, plus-que-parfait).
gers passent habituellement ~ ge u lanpls, les étudíants étran-
- L'expression des sentiments ?
appris beaucoup de formes :e~~~~: etape ~e ~onnaissances tres labiles : ils ont Elle demande les modes indicatif, conditionnel ou subjonctif et les temps
des rnorphemes temporels leu d ,malS a p upart des valeurs et des emplois
, r emeurent mcertams apprapriés a I'époque visée.
Ils s exercent done a emplo er d f . L'enseignant doit étre tres conscient de la potentialité linguistique des discours
les possedenr bien mais paree es ormes grammaticales, non pas paree qu'ils
C .' que justernenr lis n'en sont pas súrs qu'il présente ases apprenants, car ces discours ont leurs marques temporelles
et apprentlssage heuristique est une preuve de 1" I . . et modales spécifiques : c'est-á-dire qu'ils offrent, par exemple, une occur-
evo uuon et de l'auto-éva-
192 rence prévisible (plus ou moins forte) de tel ou tel type de temps et modes ver-

193
baux. En somme, dans ~~n choix de documents oraux ou écrits pour la classe Ces marqueurs " énonciatifs » qui modalisent le preces, selon le choix des locu-
de langue, l'enseignant est arnené a faire de l'analyse de discours. teurs, seront appelés ici des" modificateurs du verbe ».
D'une facon générale, les valeurs et emplois des temps et des modes seront Parmi les multiples modificateurs du verbe, nous retiendrons :
présentés en contexte, relevés et analysés dans leur contexte. - les verbes modaux et les constructions impersonnelles ;
Une fois ces valeurs et emplois appréhendéset reconnus, ils seront réemployés - les adverbes et leurs équivalents d'origine adjectivale ;
dans des situations adéquates d'abord suggérées par l'enseignant, mais ensuite - la comparaison et le superlatif.
proposées Rar les apprenants.
• Les verbes modaux: pouvoir/devoir/vouloir/savoir + int1nitif.
Ces modaux expriment une intention portant sur le preces exprimé par le
7. Le verbe et 'ses modificateurs verbe a I'infinitif qui les suit. Celui-ci n'est done pas envisagé dan s sa réalisa-
tion :
Pierre veut partir mais il doit absolument rester ici.
CE QU'IL FAUT SAVOIR
Marie pourra-t-elle finir son travail avant la fin du mois ? .
• Il existe ~\s manieres tres variées de modifier le sens d'un verbe. Je sais nager, mais je ne veux pas aller a la piscine.
De nombreux modificateurs permettent au locuteur d'exprimer tout un éven- Ils ne peuvent pas entrer dans le pays, ils n'ont pas de visa.
tail de jugernents, allant de la simple négation du preces jusqu'á son degré Cet enfant ne doit pas sortir le soir.
superlatif de réalisation, en passant par la possibilité, la probabilité, la. volition Les parents veulent tous éduquer correctement leurs enfants.
ou l'obligation de cette réalisation,
• Le pronom neutre de troísíerne personne " le " ou le morpherne « le faire ",
Des nuances de jugement appréciat\f'ildes degrés quantitatifs ou qualitatifs
reprises d'un preces déjá exprimé, peuvent se substituer a l'infinitif attendu apres
viennent également marquer le sentiment du locuteur quant a la réalisation du
proceso un verbe modal :
Ce domaine grammatical est tres vaste puisqu'il implique la présence de tout Pierre veut partir mais il ne le peut pas.
Ses parents ont déja quitté la ville, mais, lui, il ne le veut pas.
locuteur dans ses paroles.
Pierre partira un jour, mais en ce moment, il ne peut pas le faire.
Certaines grarnmaires (les grarnmaires de I'énonciation et les analyses du dis-
Marie pourrait changer de travail, mais elle ne veut pas le faire.
cours, en particulier) en ont fait l'objet principal de leurs recherches sous le
terme de " modalísatígg,». Ces enfants désirent gagner leur vie, mais ils ne doivent pas le
faire.
Il ne sera pas question ici d'entreprendre un tel travai!. '"-
Cependant, le terme " modalisation » et ses dérivés pourront étre employés, • Les emplois modaux de «savoir, vouloir, devoir " ne doivent pas étre confondus
dans la mesure oü tout ce qui peut modifier un preces en « modalise » néces- avec les verbes a part entiere correspondants :
sairement le sens et peut étre empreint de subjectivité. Marie sait que Pierre veut une maison.
Comparez les énoncés suivants : Pierre doit de l'argent a Marie. Tout le monde le sait.
Elle chante.
Dans ces exemples, il n'y a pas de modaux.
Elle ne chante pas, elle hurle.
Observez la différence de fonctionnement :
Elle chante faux.
(1) - je sais attacher mes chaussures.
Elle chante mieux que jean,
(2) - Ca, je le sais depuis longtemps.
Elle ne sait pas chanter juste.
(1) - Mais toi, tu ne sais pas encore le faire.
Elle peut vraiment chanter correctement, si elle le veut.
(2) - Comment le sais-tu ?
Elle ne veut plus chanter n'importe comment.
Elle ne devrait pas chanter, il faudrait qu'elle se taise défínitive- Dans les exemples (1), " savoir » est un moda!. Le substitut du preces a l'infi-
ment. nitif sera le morpheme « le faire ».
Il est parfois possible de chanter admirablement et sans efforts. Dans les exemples (2), on constate que le pronom neutre « le » reprend l'en-
Il est peu probable qu'on puisse chanter correctement et sans tra- semble de l'énoncé précédent (savoir que ... ). Dans ce cas, « savoir » n'est pas
vai!. un moda!'
Il est indéniable qu'elle chante le mieux du monde.
• En francaís contemporain, les pronoms clitiques, satellites du verbe a l'infinitif,
Il est remarquable que ses admirateurs la défendent passionné-
se placent entre le verbe modal et cet infinitif :
mento
je ne veux pas les recevoir chez moi.
S'il s'agit d'énoncés provenant de locuteurs différents, chacun a su marquer son Ils ne doivent pas en manger.
propos d'une maniere caractéristique. Nous ne pourrons pas leur en donner beaucoup.
194
~ Le ver~~ mo~al • pouvoir • signifíe soit la capacité-aptitude, soit la possibilité- ir est inadmissible de chanter aussi faux.
éventualité, sort la possibilité-permission : n est incroyable de chanter aussi mal en publico
Ils sont trop petits. Ils ne peuvent pas atteindre la poignée de 1 Il est évident qu'elle ne s'était pas excessivement préparée.
~~. a
Il est indéniable qu'elle a chanté de son mieux.
Il pouvait étre aux alentours de 10 heures quand elle est entrée Il est peu probable qu'elle ait réellement suivi la partition.
Vous ne pouvez pas passer par la, c'est un sens unique. Il est vraisemblable qu'elle ait totalement oublié son public.
Est-ce que ¡e peux stationner ici ? Il est dommage qu'elle ait tellement marqué son désarroi.
• Le modal « savoir » indique la m alit nse
. d' une ,
competence physique ou Il est souhaitable qu'elle se reprenne sérieusement.
rnentale : Il est certain qu'elle a chanté sans enthousiasme.
Elle ne sait pas encore écrire, mais elle sait déja lire. Il est indéniable qu'elle a été parfaite en début de concert.
11s ne savent pas prononcer ce mot francaís.
Ces quelques exemples de constructions impersonnelles démontrent qu'elles
Est-ce que tu sais grimper aux arbres ?
recouvrent un éventail de jugements, allant du possible jusqu'au certain, en
• L~ verb~ m?dal " ~evoir. peut signifier soit la nécessité-obligation, soít I'in- passant par toutes les nuances de sentiments.
tention-prévision soit la probabilité : Elles ont pour avantage de servir au locuteur de bouclier quant a la porté e cri-
En France, vous devez rouler a droite. (obligation) tique de son propre discours.
Nos amis étrangers doivent arriver d'un jour a l'autre. (intention- Ces constructions impersonnelles sont aussi des constructions adjectivales et,
prévision) comme telles, elles sont suivies soit de la préposition de + infinitif, soit d'une
Va chercher Pierre, il ne doit pas étre loin. (probabilité) que phrase suivie de I'indicatif ou du subjonctif (d. supra 6, p. 188 et dossier 6,
11doit étre midi. (probabilité). 3, pp. 106-107).
Ils ont dü mahquer leur train. (probabilité)
• Le verbe peut étre modifié par des adverbes de temps, de rnaníere, de
• Lorsque « devoir • exprime un degré élevé de probabilité, il est en concur-
qualité ou de quantité :
rence avec I~ur (Cf. supra 5, p. 182).
Elle danse rarement mais elle danse tres bien .
.• Les :erbes modaux servent a e rimer de nombreux actes de parole : ordre, Il court vite parce qu'il s'exerce souvent.
interdiction, demande, invitatíon, conseil, recommandation, etc. Nous travaillons beaucoup.
Voulez-vous vous taire ! Elles chantent faux, elles chantent tres mal.
Vous ne devez pas fumer ici. Elles chantent trop haut ou trop bas, mais elles chantent juste !
Vous pouvez vous pousser un psu ? Vous mangez trop pour votre áge.
Vous voulez venir diner demain ? je t'aime un peu, beaucoup, passionnément, a la folie, pas du tout.
Vous devez vous reposer. Elle parle trop pour mon goút.
La forme conditionnelle réalise une sur-modalisation de ces actes par souci • Certains adjectifs sont utilisés comme adverbes quand ils modalisent un verbe.
du respect dú a I'interlocuteur : ' En ce cas, ils restent invariables en genre et en nombre et doivent étre consi-
Pourriez-vous vous taire, s'il vous plait. dérés comme de véritables adverbes :
Est-ce que vous pourriez vous pousser un peu ? Elles montent trop haut dans les aigus.
Nous voudrions vous recevoir a la campagne. Elles chantent trop bas, pour des sopranes.
Vous devriez prendre des vacances. Chante-t-elle juste ?
Il est certain qu'elle chante faux .
• Les constructions impersonnelles.
De. tres nombreuses constructions impersonnelles permettent de nuancer le • Les adverbes se placent généralement apres le verbe conjugué. Si le verbe est
point de vue du locuteur sur le preces du verbe considéré. a un temps composé, l'adverbe qui le modalise se place apres l'auxiliaire :
C:s, constructions jouent un double róle du point de vue de I'énonciateur : d'un Tu dépenses généralement beaucoup tropo
cote, elles lui permettent une distanciation (la valeur impersonnelle de • il .) et j'ai beaucoup trop dépensé cette semaine.
~'un a~tre, e.lles favorisent une implication non négligeable gráce au sens de Tu n'as pas assez travaillé aujourd'hui.
l adjectif Ch01Sl (admissible/inadmissible) : Vous n'auriez pas un tout petit peu exagéré ?
Il se peut qu'il vienne au concert. Il est totalement injustifié qu'elle se soit approprié ce roleo
Il est possible de rencontrer la cantatrice apres le concert. • Les" adverbes d'énonciation » comme « franchement, honnéternent, sérieuse-
I~ est possible que la cantatrice ait chanté sans aucune prepara- ment » sont en position détachée, en début ou en fin d'énoncé :
tion,
- Honnéternent, je ne partage pas votre opinion.
196 107
La, tu exageres, franchement !
Non rnaís, sérieusement, je ne plaisante paso 8~Que1ques pistes utiles pour I'explication
Les" adverbes d'énonciation .. traduisent l'attitude
situation, du contexte ou de l'acte d'énonciation.
du ·locuteur vis-a-vis de la de la morphologie des temps
et des modes du verbe
• Tellement et tant modalisent le verbe : CE QU'IL FAUT SAVOIR
Il a tellement gran di depuis l'année derniere ! • Toutes les grammaires scolaires donnent un descriptif complet de la mor-
Merci ! Vous avez déjá tant fait pour nous ! phologie des temps et modes des verbes et de leurs désinences.
« Tellement .. et " tant • peuvent ,:nnoncer une proposition consécutive (cf. dos- Il ne s'agira pas ici de reproduire ce travail, mais de signaler quelques pistes
sier 9, 2, p. 217) : utiles pour l'enseignement/apprentissage du FLE.
Il a tellement grandi que tous ses véternents sont trop courts.
• Les temps se construisent sur le radical du présent de l'indicatif auquel
Nous travaillons tant que nous n'avons plus le temps de nous
voir. s'ajoutent des désinences ou terminaisons. En général, pour l'indicatif présent,
le radical apparait des que s'efface la terminaison de l'infinitif :
Vous jouez tellement que vous allez ruiner votre famille !
manger -> mang -> je mange, tu manges, il mange ...
Il avait tant marché que ses chaussures étaient trouées.
finir -> fin -> je finis, tu finis, il finit ...

répondre -> répond -> je réponds, tu réponds, il répond .


• Le verbe et la comparaison. conduire -> condui -> je conduis, tu conduis, il conduit .
Les deux éléments de la comparaison se placent généralement apres le verbe : • Parfois, le verbe présente des radicaux variables a l'intérieur d'un mérne
Son jumeau doit manger moins que lui. paradigme temporel. C'est notamment le cas au présent de l'indicatif :
/ Non, pas du tout, ils mangent autant l'un que l'autre, 1. Une forme de radical pour les trois prerníeres personnes, une autre pour les
Cette année, il a grandi plus que son jumeau. personnes du pluriel :
Il a joué autant que toi.
sortir -> sor -> je sors, tu sors, il sort ;
]'ai perdu plus que lui.
sort -> nous sortons, vous sortez, ils sortent ;
Mais, a un temps composé, il est possible de trouver.le premier élément de la partir -> par -> je pars, tu pars, il part ;
comparaison apres l'auxiliaire : ~ part -> nous partons, vous partez, ils partent ;
Elles ont autant travaillé l'une que I'autre, dormir -> dor -> je dors, tu dors, il dort ;
Vous avez beaucoup plus étudié que vos camarades. dorm -> nous dormons, vous dormez, ils dorment ;
Tu as plus dépensé que nous. suivre -> sui -> je suis, tu suis, il suit ;
suiv -> nous suivons, vous suivez, ils suivent ;
Le s du mot comparatif "plus .., modifiant le verbe, se prononce ; ce n'est pas -> ->
mettre met je mets, tu mets, il met ;
le cas du s de « plus. de la négatíon relative (cf. dossier 4, 2, p. 74). ->
mett nous mettons, vous mettez, ils mettent ;
écrire -> écri -> j'écris, tu écris, il écrit ;
écriv -> nous écrivons, vous écrivez, ils écrivent ;
• Le verbe et le superlatif : le plus et le moins.
savoir -> sai -> je sais, tu sais, il sait ;
C'est elle qui gagne le plus.
sav -> nous savons, vous savez, ils savent.
. C'est lui qui travaille le moins de la classe.
La personne qu'il aime le plus s'appelle Marie. 2. Une forme de radical pour les trois prernieres personnes du singulier et la
Ce qui me manque le plus, c'est la patience. troisierne personne du pluriel, une autre pour « nous » et " vous » :
Celui qui dort le moins, c'est tres certainement Benjamin.
/ acheter -> achete -> j'achete, tu achetes, il achete, elles achetent ;
On notera qu'au superlatif, on ne trouve que les deux formes le plus et le achet -> nous achetons, vous achetez ;
moíns apres le verbe. lever -> leve -> je leve, tu leves, il leve, elles levent ;
A l'oral, on prononce le s final de « le plus », modalisant le verbe. ley nous levons, vous levez ;
peser -> pese -> je pese, tu peses, il pese, ils pesent ;
• Concernant la. modalisation, la comparaison et le superlatif de l'adjectif, se pes -> nous pesons, vous pesez ;
reporter au dossier 6, 3, pp. 112-113 et pour le degré de quantification et de corn- jeter -> jette -> je jette, tu jettes, il jette, ils jettent ;
paraíson du nom, au dossier 3,5, pp. 64-65. jet -> nous jetons, vous jetez ;
198 lqq
n faudra également se préoccuper de faire strictement respecter la pr~n0n..cia-
appeler -» appelle -> j'appelle, tu appelles, il appelle, ils appellent ; tíon (muerte), pour les trois premie res personnes du síngulier et la troisierne
appel -> nous appelons, vous appelez.
personne du pluriel. d .'
Ce phénornene concerne tous les verbes dont l'infinitif fait apparaitre un « e " Cette différenciation tres nette entre code écrit et code oral est une es pnori-
muet ou instable. tés de l'enseignement/apprentissage au niveau débutant.
Ce « e ", comme on peut le constater, se prononce [E) a l'indicatif présent Csoit On peut constater que dans le domaine du FLE, il n'es.t guere ,besoin de parler
par la présence d'un accent grave, soit par le redoublement de la consonne). des trois groupes « canoniques " (le 3e ne comporte-t-il pas .d aílleurs d: norn-
3. Une forme de radical pour les trois prernieres personnes, une autre forme breux sous-groupes ?). L'essentiel, c'est que les app:e.nants aient les, reperes les
pour « nous • et « vous " une troísíerne pour « ils/elles " : plus simples possibles pour l'emploi correct des désinences du present.
boire -> boi .'--+ je bois, tu bois, il boit ;

buv -> nous buvons, vous buvez ;


~ Concernant les automatismes, c'est-a-dire l'apprentissage des désinences, il
boiv' -> ils boivent ;
est utile d'en faciliter la mémorisation en mettant d'abord l'accent sur leur
recevoir -> recoi -> je recois, tu recois, il recoit ; aspect phonétique. ,
recev -> nous recevons, vous recevez ; Des exercices d'opposition phonétique peuvent erre prevus pour la plupart des
recoív -> ils recoivent ; difficultés que comportent les formes des temps et des modes du v~rbe. ,.
prendre -> prend -> je prends, tu prends, il prend ; Par exemple, en début d'apprentissage, lorsqu'il s'agit d'apP:'endre a carac~en-
pren -> nous prenons, vous prenez ; ser, a qualifier, a décrire ou a apprécier un etre, on pOl~rralt AlOslster sur 1 op-
prenn -> ils prennent ; position vocalique lal/lel, pour distinguer les verbes aiotr et etre :
venir -> vien -> je yiens, tu viens, il vient ; [il al [il El
ven -> nous venons, vous venez ; il a vingt ans il est francais
vienn -> ils viennent. il a faim il est prét
4. Pouf'"iertains verbes, les formes du présent de l'indicatif sontrelativement il a peur il est effrayé
éloignées de l~ forme infinitive. Etre, avoir, alter sont les plus « irréguliers " : il a raison il est d'accord
je suis j'ai je vais il a tort il est pressé
tu es tu as tu vas il a pris il est parti
il est il a il va il a vu il est passé
nous sommes nous avons nous allons il a mangé il est fatigué
vous étes vous avez vous allez Au pluriel, l'opposition se focalisera sur la différence significative entre [zl
ils sont -ils ont ils vont et lsl :
Les formes du radical représentent une évolution de la langue en diachronie. elles ont vingt ans elles sont frans;:aises
Les désinences, comme nous allons le voir, sont plus stables. elles ont faim elles sont prétes
elles ont peur elles sont effrayées
• Les désinences du présent de l'indicatif.
(Pour une présentation plus détaillée, cf. Premiers exercices de grammaire ou Pour l'apprentissage des désinences du présent de l'indicatif,. autre. txercice de
Premiers exercices de grammaire= Junior [© Hatier/Didierj). phonétique, cette fois fondé sur les oppositions finale vocalique/finale conso-
Pour les verbes en er : e / es / e / ons / ez / ent (rype : aimer). nantique:
Pour les verbes en dre : s / s / d / ons / ez / ent (type : répondre et prendre). [a]/[51 [adl/[5dl
Pour les autres verbes : s / s / t / ons / ez / ent (rype : finir, dormir, connaítre, elle vend elles vendent
boire, se plaindre, peindre, etc.)' elle répond elles répondent
• Si « ez " est bien la terminaison attendue de la 2e personne du pluriel, trois elle confond elles confondent
verbes, étre, dire et faire, font exception a cette regle: Ou encore ces oppositions singulier/pluriel qui sont marquées a l'oral :
- Faítes-vous toujours ce que vous dites I /
il part ils partent
- Vous étes bien curieux !
il S01't ils sortent
il dort ils dorment
A PROPOS DU SAVOIR-FAIRE il boit ils boivent
il dit ils disent
•. Au début de l'apprentissage, on veillera a ce que les étudiants appliquent
il choisit ils choisissent
systématiquement ces désinences écrites.
201
200
.. d .' 1'. parfait· ais / ais / ait /
A ce radical, s'ajoutent les terrninaisons e aV01r a irn .
Cornme l'exercice de prononciation met l'accent sur des opposiuons phoné- ions / iez / aient.
tiques (done audibles), cela peut subconsciernment faciliter leur mémorisation
et créer des automatismes chez l'apprenant.
• La seule exception a ce radical de l'imparfait concerne le verbe étre : étais /
L'accent sera également mis sur la phonétique "pour les oppositions étais / était / étaient.
présent/imparfait : . . 1 1 ttre .. g" prononcée [3], un e
• Si le radical de l'imparfait se terrrune par a e .' . t " de l'impar-
Tu sors ? Oui, je sortais . . 1 di I et les désinences en « ais ", « ait " et ..aien
s'mtercale entre e ra ICa
Tu lis? Oui, je lisais .
fait, pour garder la prononciation [3] : . mangeais, il mangeait, ils
Dans ce type d'exercice, on veillera non seulement a la prononciation, mais a manger -> mang .....• je mangeals, tu
l'intonation qui exprime le plus souvent l'intention communicative. mangeaient.
lei, par exemple, le ton des répon es a l'imparfait peut laisser passer une cer- Si le radical de l'imparfait se termine par un e, celui-ci prendra une cédille
taine ironie ou mérne le sarcasm.e d'une personne mécontente d'étre dérangée
devant les mérnes rerminaisons : . . ·1
en pleine activité ... commencer .....•tommene -> je commen~alS, tu commen~als, 1
Pour la mise en place du passé composé, les oppositions phonétiques donne- cornmencait ...
ront lieu au mérne type d'exercices avec intonation expressive :
Mais cela ne pose aucun probleme aux apprenants, .si ~n a~cepte d: partir d~
Ou est done Éric ? Mais tu sais bien, il est sorti. radical de la premie re personne du pluriel de l'indicatif present, ou ces phé-
Et Patrick, ou est-il ? Mais tu sais bien, il est parti.
nomenes graphiques se manifestent :
Appelle Manuelle ! Mais tu sais bien, elle ést descendue. nous mangeons, nous commencons ...
Pour la différenciation du passé composé et de l'imparfait, un exercice de dis-
crimination auditive sera utile :

~
Il a été charrnanr
.Il a chanté.
Il était charmant.
Il chantait.
• Le radical et les désinenees du futur..
C'est généralement l'infinitif complet qui sert de radical ac: futur :
ehoisir... A. ces infinitifs, on ajoute les terminaisons du present d e m ICa
~~:.r,
~~:'
..

u
j'ai regardé. Ie regardais.
verbe avoir : ai / as / a / ons / ez / ont.
Pour l'apprentissage des formes du subjonctif présent, on peut proposer des
exercices d'intonation exprimant l'exaspération marquée ou feinte du locuteur. • Les verbes qui, a l'infinitif, perdent leur e.f~na.lpour former le radical du futur :
Bien entendu, on choisira,. de préférence, des verbes dont la forme du sub- écrire -> écrír -> j'écrirai :

jonctif est distincte de celle de l'indicatif (done, pas de verbe du 1er groupe) : lire -> lir -> tu liras ;

Prends tes médicaments ! Il faut eneore que je prenne 'mes connaitre -> eonnaitr -> il connaitra.
médicaments ! • Certains verbes (en ..eter, eler, ever, ener, eser ,,) ont po~r ra?ical du futur un
Fais tes devoirs ! Il faut eneore que je fasse mes mélange d'infinitif et de troisierne pers0.nn: du présent de 1 mdICatlf :
devoirs! lever -> il leve -> il leyera ;
Tous les amusements sonores faciliteront la mise en place des désinences du appeler...... il appelle -> tu appell~ras ;
verbe. Les chansons et les poernes, pédagogiquement choisis, sont les acheter .....•il achete .....•nous acheterons ;
meilleurs stimulus discursifs pour la mise en place de ces automatismes lin- amener -> il arnene -> ils arneneront ;
guistiques. peser .....•il pese -> je peserai.
Tout enseignant en début de carríere pourra se demander s'il ne serait pas plus
simple de faire carrément réciter des paradigmes verbaux (présent, imparfait, • Certains futurs ont un radical tres différent de celui de leur i~finitif.. ourra
futur, etc.) , comme dan s l'ancien temps. Ce sont les futurs irréguliers : sera, aura, fera, saura, verra, Ira, devra, p ,
A. la différence de cette récitation totalement hors contexte, les amusements voudra, vaudra, viendra, faudra, etc.
Sonores et les exercices de phonétique respectent la fonction essentielle du lan-
gage : l'échange, l'interaction et done, au moins, un semblant de communication.
• Le subjonetif présent. .. 1 troi-
11 se forme, pour les trois premieres personnes du s.m?uher et pour:u lu-
ne
síeme personne du pluriel, a partir du radical de la troisieme person p
CE Q U 'IL FA UT SA VOIR
• Le radical et les désinenees de l'imparfait. ~~~~~e!';~~c;~~!r:~~~ts :i~~.:vous", le radical d~.su~jo~ctif ~rése~t est 1; me me
Le radical de l'imparfait s'obtient en partant de la prerniere personne du plu- ui de la -premiere personne du pluriel de 1 mdICatif present nous .
que ce l / /. / z / ent
riel du présent de l'indicatif : Les terminaisons sont les suivantes : e / es e ions le .
nous éerivons, nous prenons, nous buvons ... 203
202 •. '
Exemples: Les autres verbes utilisent ]'auxiliaire avoir mérne s'ils expriment un rnouve-
prendre -+ i1s prennent -+ que je prenne, que tu prennes, qu'il ment:
prenne, qu'ils prennent ; j'ai couru, j'ai marché, etc.
prendre -+ nous prenons -+ que nous preníons, que vous pre- • Les autres temps composés de l'indicatif, le plus-que-parfait (PQP), le passé
níez , antérieur (PA) et le futur antérieur (FA) se différencient du passé composé par le
boire ils boivent
-+
-+ que je boive, que tu boives, qu'il fait que leur auxiliaire se met respectivement a I'imparfait CPQP), au passé simple
boíve, qu'ils boivent ; (PA) , au futur (FA).
boire -+ nous buvons -+ que nous buvions, que vous buviez.
• Certains verbes ont un su.bjonctif présent completernenr irrégulier pour ce qu¡ • Le passé simple. .
est du radical : fasse, soit, art, sache, aille, veuille, puisse, faille, etc. Il ne s'emploie qu'á I'écrit et surtout a la troísíerne personne du singulier et du
pluriel.
• Le subjonctif. se ,conjugue aussi aux temps du passé. Si le subjonctif imparfait A la troisieme personne du singulier, les formes varient phonétiquement :
eS,trarement utilisé en langage quotidien, les formes du subjonctif passé sont tres - Les verbes en er font leur passé simple en a :
fregu:ntes pour marquer l'antériorité et l'accomplí dans une proposition subor. Il ferma la porte' a dé en sortant.
donnee:
- D'autres verbes le forment en i ou en u :
]e ne crois pas qu'il ait pris ses congés payés.
Il perdit sa fortune en une soirée, il en mourut.
Il e,st parti avant que je ne sois prévenue.
Certaines formes sont moins régulieres :
Ce sont les auxiliaires étre et avoir au subjonctif présent qui aident a la for-
mation du subjonctif passé. Ce [cur