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Cpge Coubertin

Tocqueville
Synthèse des chapitres au programme

Chapitre Ier : L’égalité donne naturellement aux hommes le goût des institutions libres

Thèse : Les hommes habitués à être à égalité ne suivent que leurs volontés.
Conséquence : Ils aiment naturellement les institutions libres.
Ex : De tels individus préfèrent le régime dont ils choisissent le chef.

Ce goût de l’indépendance est frappant.


Csqce : Les « esprits timides » craignent l’anarchie.
Concession : Certes, dans une démocratie, l’anarchie est effrayante parce que les gens sont
peu liés et que l’on croit que la société pourrait s’effondrer.

Réfutation : Pourtant, il y a plus dangereux.


Explication : La démocratisation peut engendrer de l’anarchie. Mais le risque d’une
servitude est plus certain.

C’est pourquoi, j’aime que les gens soient indociles : ils combattront la servitude.
*

Chapitre 2 : Que les idées des peuples démocratiques en matière de gouvernement sont
naturellement favorables à la concentration des pouvoirs

Thèse : Jadis, les gens trouvaient naturel qu’un roi ne soit pas le seul à pouvoir commander.
Avec la démocratisation, ils trouvent anormal d’être commandés par leurs semblables et ne tolèrent
que le pouvoir du gouvernement qu’ils ont choisi.

Explication : C’est facile d’imaginer un pouvoir unique pour tout le monde. Rendre le droit
uniforme paraît logique.

Csqce : Avec le temps, les gens sont incapables de penser autrement.

Thèse 2 : La démocratisation rend le peuple puissant au détriment de l’individu

Csqce : Les gens croient que la société à tous les droits et qu’elle doit prendre en main
chaque citoyen.

Paradoxe : Les gens se querellent sur divers sujets mais tous sont d’accord sur ce point.

Ex : Les Américains donnent un pouvoir illimité à leurs élus.

Ex : C’est pareil en Europe où le pouvoir se centralise même dans les monarchies – c’est
toutefois plus flagrant en France où la démocratisation est plus avancée – : les partis qui s’opposent
idéalisent tous le pouvoir central.

Thèse 3 : Les princes sont du même avis que le peuple, ils croient qu’ils doivent tout prendre
en charge.
Paradoxe : Les gens sont donc moins divisés qu’ils ne l’imaginent : ils se querellent pour
choisir un chef, pas sur l’étendue de ses pouvoirs. Leurs idées politiques changent toutes exceptée
celle-là qui « semble innée ».

La centralisation du pouvoir n’a donc rien de surprenant : c’est une conséquence de


la démocratisation.
*

Chapitre 3 : Que les sentiments des peuples démocratiques sont d’accord avec leurs idées
pour les porter à concentrer le pouvoir

Thèse : Les habitudes et les émotions poussent aussi les gens à centraliser le pouvoir.

Explication : Les gens deviennent individualistes. Ils préfèrent que l’état s’occupe de
tout car c’est plus simple et moins fatigant. Cependant, j’écris ce livre parce que le problème
n’est pas inéluctable.

Explication 2 : Les gens veulent seulement réussir, être bien et mener une vie tranquille.
Ils veulent donc un pouvoir fort pour éviter tout désordre.

Explication 3 : Les gens veulent être soutenus par l’état en cas de problème car rien n’oblige
leurs semblables à le faire.

Paradoxe : Ils supportent mal d’avoir un chef mais ils acceptent de servir un maître, à savoir
l’état.

Thèse 2 : Plus les gens sont à égalité, plus ils aiment l’égalité. Moins il y a de privilèges, plus
ces privilèges détonnent et plus on les hait.

Paradoxe : La chasse aux privilèges renforce l’état : par jalousie, on donne tout pouvoir à
l’état pour que nos semblables ne soient pas au-dessus de nous. On préfère donc que tout le monde
lui soit soumis.

Thèse 3 : Le pouvoir central favorise l’amour de l’égalité parce qu’il en sort renforcé.
L’uniformité lui simplifie la tâche car il n’a pas besoin d’adapter les lois aux cas particuliers.

Csqce : Les gens sont indulgents avec les gouvernements parce qu’ils aiment ce système et
veulent secrètement la même chose : un pouvoir fort qui les prend en charge.

Il est donc dans la nature des peuples démocratiques d’aimer l’état centralisé. Il faudra
fournir des efforts pour corriger artificiellement cette nature.
*

Chapitre 4 : De quelques causes particulières et accidentelles qui achèvent de porter un


peuple démocratique à centraliser le pouvoir ou qui l’en détournent.

Thèse : La centralisation du pouvoir est typique des sociétés démocratiques. Mais les gens
habitués à la liberté en conserve toujours un peu. Sans cette habitude, ils centralisent plus le
pouvoir.
Ex : Les Anglais venus coloniser l’Amérique étaient habitués à la liberté : chez les
Américains, la liberté est donc ancienne et la liberté nouvelle.

Ex : À l’inverse, quand les gens sont peu habitués à l’indépendance et que la


démocratisation révolutionne la société, ils centralisent le pouvoir pour rétablir l’ordre. Napoléon
n’est donc pas devenu puissant tout seul. L’état était déjà très centralisé quand il a pris le pouvoir.

Thèse 2 : La façon dont la société se démocratise renforce plus ou moins le pouvoir central.

Ex : Au début d’une révolution, le peuple donne du pouvoir à l’état pour affaiblir


l’aristocratie. À la fin d’une révolution, l’aristocratie renforce l’état pour se protéger du peuple. Ce
ne sont donc pas toujours les mêmes citoyens qui centralisent l’état. En Angleterre actuellement,
ce sont les « classes inférieures » qui centralisent le pouvoir. Les Américains n’ont pas eu à
combattre d’aristocratie, ils ont donc moins centralisé le pouvoir.

Thèse 3 : Intelligence, savoir et réflexion sont particulièrement nécessaires pour


rester libres dans les sociétés qui se démocratisent.

Réciproque : Plus les gens seront ignorants, plus ils seront dépendants d’un état fort.

Concession : Cela signifie que le despote est lui aussi ignorant, mais jamais totalement parce
qu’il va chercher l’intelligence ailleurs. Il devient alors le seul assez habile pour administrer l’état.

Ex 5 : En Égypte actuellement, le Pacha s’est approprié le savoir des Européens pour


gouverner un peuple très ignorant. Il a facilement transformé le pays en usine et le peuple en
ouvriers.

Concession : Un état central qui ramollit la société et s’affaiblit peut quand même être très
efficace comme lors des guerres.

Csqce : plus un état est exposé à la guerre, plus les gens centralisent le pouvoir pour faire
face car ils craignent la guerre autant que l’anarchie. Ils aiment aussi l’ordre d’une manière
déraisonnable après une révolution « longue et sanglante ».

Thèse 4 : Le pouvoir est plus ou moins centralisé selon l’origine du chef. Plus le pouvoir
semble servir leurs intérêts, plus les gens lui vouent une confiance aveugle.

Csqce : Plus le chef est semblable au peuple, plus il a de pouvoir.

Explication : Dans une monarchie, le roi et les aristocrates pensent de la même façon, le
mal est sans remède. Au contraire, quand la société se démocratise, le roi s’attache à des privilèges
que peuple veut abolir. Les citoyens limitent donc son pouvoir : ils résistent à la centralisation.
Ainsi, une révolution affaiblit momentanément l’état, mais bientôt elle le renforce.

Une seule condition suffit désormais pour devenir tout-puissant, vouloir l’égalité. Être
un despote est donc devenu plus simple.
*

Chapitre 5 : Que parmi les nations européennes de nos jours le pouvoir souverain
s’accroît quoique les souverains soient moins stables
Thèse : En se démocratisant, les nations européennes deviennent despotiques.

Explication : Elles centralisent le pouvoir plus fortement qu’en Amérique.

Rappel historique : Dans le passé, le pouvoir des rois était limité et des individus pouvaient
administrer la justice ou lever une armée. À présent, l’état a récupéré le pouvoir au détriment des
intérêts locaux. En fait, depuis cinquante ans, les révolutions et les contre-révolutions
détruisent les pouvoirs secondaires au lieu de les démocratiser.

Ex : Désormais, c’est l’état, et non des indépendants, qui prend en charge les pauvres,
éduque les enfants et essaie de transformer les religieux en fonctionnaires.

Thèse 2 : Les souverains empiètent aussi sur la liberté des individus.

Comparaison : Les monarchies délaissaient la vie privée, les sociétés démocratiques s’en
mêlent trop.

Paradoxe : Les princes veulent rendre les gens heureux malgré eux ! Les gens veulent
des chefs qui soient des professeurs ou des guides. Résultat : il n’y a pas plus inquisitrice que
l’administration française.

Explication : L’état a plus de besoin, il doit donc centraliser les capitaux, ce qu’il fait en
empruntant aux riches et en gérant l’épargne des pauvres. Il devient l’« intendant » et le « caissier »
de chaque individu.

Thèse 3 : L’état devient aussi plus agile.

Explication : L’administration s’est perfectionnée, elle « se resserre » dans un même lieu et


« se concentre dans moins de mains ».

Ex : L’état a crée des tribunaux administratifs. Ainsi, il échappe à une justice indépendante
qui pourrait le sanctionner.

Ex : L’état se renforce encore en encadrant l’industrie en plein essor. Très tôt, quand seul
le sol avait de la valeur, on a laissé les princes prendre l’industrie en charge. Elle ne devient pas plus
indépendante en se développant car l’état a besoin d’infrastructures et devient le premier des
industriels. Les souverains dirigent même les associations d’industriels. « L’industrie nous mène,
et ils la mènent. »

Ex : Si le lecteur pense que j’exagère, qu’il regarde comment depuis cinquante ans les
guerres, révolutions et conquêtes ont renforcé le pouvoir central. Les anciennes dynasties tombent
ou sont menacées certes, mais l’administration publique devient plus puissante.

Paradoxe : Le pouvoir s’affaiblit et se renforce, il n’a jamais paru « ni si faible ni si fort ».


Ces mouvements contraires contribuent tous deux à la centralisation du pouvoir.

Explication : On ne le comprend pas car on confond l’égalité avec la révolution qui rend
les hommes égaux. Certes, les gens sont devenus farouchement indépendants pour renverser
l’ancien régime et en Europe, toutes les révolutions de ce genre ont été anarchiques. Les
révolutionnaires ont d’abord agi librement, mais ils ont commencé à trouver cette liberté
encombrante. On se focalise donc sur le désordre que la révolution engendre et on ne voit pas le
plus effrayant. Les gens sont turbulents, mais cela ne signifie pas qu’ils sont vraiment
indépendants et je crains que les souverains soient plus puissants après ces révolutions.
*

Chapitre 6 : Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre

Thèse : Cinq années de réflexion m’ont fait changer d’avis : la démocratisation favorise un
despotisme très différent de celui de l’Antiquité.

Explication : Dans le passé, aucun roi n’a imaginé étendre son pouvoir sur tout. Les
empereurs romains ne contrôlaient pas chaque individu de leur empire. Leurs abus de pouvoir
frappaient quelques personnes, pas tout le monde.

Paradoxe : Le despotisme démocratique pourrait être doux et dégradant sans tourmenter


les gens.

Explication : Il serait doux car les occasions sanguinaires manquent dans une démocratie.

Csqce : Je crains que les gens se trouvent des « tuteurs », pas des tyrans.

Csqce : L’oppression démocratique ne ressemblera à celles du passé. Les mots


« despotisme » et « tyrannie » ne conviennent pas en réalité.

Spéculation : Le peuple s’agitera pour se procurer de « petits et vulgaires plaisirs »


sans se soucier de son voisin. Un pouvoir « immense et tutélaire » les maintiendra
irrévocablement dans l’enfance, leur ôtant la peine de vivre s’il le pouvait.

Csqce : Les gens n’ont plus aucune décision à prendre et le souverain étend son
pouvoir en rendant chacun stupide, mou, éteint. Il devient le berger d’un « troupeau
d’animaux timides et industrieux ». Je pense que cette servitude peut se combiner avec des
formes extérieures de la liberté.

Paradoxe : Les gens veulent être dirigés et rester libres. Ils trouvent un compromis :
l’état central est tout-puissant mais les élections sont libres.

Explication : Beaucoup pensent à tort que les libertés sont assez protégées quand les
élections sont libres. Certes, avec un fou au pouvoir serait pire. Et puis c’est moins dégradant
d’avoir peu de marge de manœuvre mais de voter que d’être totalement opprimé. Mais l’élection
adoucit seulement l’oppression. Les gens décident en apparence du plus important, mais ils sont
trop dociles pour faire le bon choix. Curieusement, ils renoncent à l’essentiel, c.à.d à la possibilité
de gérer les détails qui les concernent le plus. Surtout, ils ne voient pas que le problème n’est pas
le représentant mais la centralisation du pouvoir.

Un tel « peuple de serviteurs » ne peut donc pas choisir un « gouvernement libéral,


énergique et sage ». Il ne peut que créer un régime monstrueux et éphémère jusqu’à ce qu’il se
reprenne ou qu’il aille se coucher au pied de son maître.
*

Chapitre 7 : Suite des chapitres précédents


Thèse : C’est surtout à l’heure de la démocratisation qu’il faut craindre le despotisme.

Csqce : Il faut donc « faire sortir la liberté du sein de la société démocratique ».

Proposition : On peut démocratiser les pouvoirs secondaires en confiant le pouvoir détenu


autrefois par les nobles à des citoyens.

Ex : En Amérique, il y a des assemblées provinciales.

Proposition 2 : On peut élire des fonctionnaires qui ne dépendraient pas directement du


pouvoir central.

Propositions 3 : Les associations pourraient exercer de l’influence comme les aristocrates


dans le passé. Ainsi, on aurait les avantages de l’aristocratie sans « ses injustices ni ses dangers. »

Proposition 4 : La presse doit être libre pour aider les individus que la démocratie isole et
affaiblit. Cette condition garantit plus de liberté que les parlements et la souveraineté du peuple.

Proposition 5 : Le législateur doit garder l’œil ouvert pour protéger les individus.

Proposition 6 : Les gens doivent respecter les formes, elles ralentissent leurs démarches
mais elles les protègent contre plus forts qu’eux.

Proposition 7 : Il ne faut pas sacrifier les droits individuels au nom de la collectivité car tout
le monde en pâtit, en définitive.

Ex 2 : On le voit durant les périodes révolutionnaires où l’on prend l’habitude de sacrifier


les droits de particuliers au nom du général. Il faut donc hésiter longtemps avant de faire une
révolution.

Thèse 3 : « Le monde politique change ; il faut désormais chercher de nouveaux


remèdes à des maux nouveaux. »

Csqce : Il faut limiter le pouvoir du groupe et soutenir l’individu en face de lui.

Explication : Une nation ne peut pas accomplir de grandes choses avec des citoyens faibles
et mous.

Paradoxe : Nos contemporains renoncent à la liberté pour des raisons contraires : les
uns par peur de l’anarchie, les autres parce qu’ils la croient inaccessibles.

Or j’écris ce livre car je ne suis pas d’accord : le péril n’est pas insurmontable. La
démocratisation produira toujours des rebelles. Ces derniers empêcheront le despotisme de
perdurer et cultiveront l’esprit de liberté chez les générations nouvelles. Soyons vigilants et non pas
terrifiés par l’avenir.
*

Chapitre 8 : Vue générale du sujet

Thèse : La révolution démocratique n’a pas d’équivalent dans le passé. Comprendre le


phénomène, c’est marcher dans les ténèbres, mais j’en perçois quelques traits.
Explication : La condition des hommes s’égalise, l’individu est isolé et faible, la société est
forte, l’état fait d’immenses choses. La vie est plus paisible, le savoir plus commun, en somme les
extrêmes s’érodent.

Csqce : Cette uniformité me fait presque regretter l’ancien monde, mais c’est par faiblesse.
En réalité, l’égalité entre les hommes est juste et providentielle.

Thèse 2 : Personne ne peut encore affirmer que ce monde est meilleur que l’ancien,
mais il donne naissance à un tout nouveau type d’homme car il change profondément sa
nature.

Csqce : Juger ce monde en le comparant à l’ancien serait injuste et vouloir


ressembler à nos pères serait absurde. Efforçons-nous « d’atteindre l’espèce de grandeur
et de bonheur qui nous est propre. »

Certes, les périls de la démocratie sont grands mais je crois de plus en plus que nous
pouvons les surmonter si nous le voulons. Ne nous trompons pas sur l’humanité, ses limites ne
l’empêchent pas d’être forte et libre. Les nations ne peuvent pas arrêter le profond
changement en cours, la démocratisation. Mais elles peuvent rendre la démocratie libre ou
despotique, misérable ou prospère.

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