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Enseignant : Dr. NOAH Pierre Marcel A.

CHAPITRE IV :
COMPORTEMENT ELASTIQUE DES PLAQUES
COMPOSITE STRATIFIEES

Il faut bien noter que le comportement mécanique des structures composites stratifiées
n’est pas toujours linéaire jusqu’à la phase ultime de la rupture. En particulier, les
empilements constitués de couches désorientées présentent généralement un comportement
non linéaire dès que le chargement dépasse une valeur critique à partir de laquelle les
dégradations s’accentuent. Néanmoins, dans une première phase de la conception, la théorie
élastique linéaire des plaques fibrées permet d’effectuer le dimensionnement des structures
composites. De nombreux travaux ont été consacrés à la mise au point de théories de plaques
composites multicouches.Ces différentes théories vont d’une théorie quasi-tridimensionnelle,
à la théorie de Love-Kirchhoff. Ce dernier modèle convient lorsque les plaques sont minces.
En revanche, pour des plaques épaisses ou sandwiches, les effets du cisaillement transverse
deviennent importants et la théorie de Reissner-Mindlin est plus appropriée. Dans cette partie
du mémoire, on développe, sous l’hypothèse des petites perturbations (HPP), les équations de
comportement élastiques linéaires de la théorie des plaques composites fibrées de Love-
Kirchhoff. En théorie HPP, les déplacements et les déformations restent petits.

IV.1. RELATION DE COMPORTEMENT EN CONTRAINTES PLANES

Le tenseur des contraintes et celui des déformations sont des tenseurs d’ordre deux
symétriques. En contraintes planes, le nombre de composantes nécessaire pour représenter
chacun des deux tenseurs dans une base est donc de trois. On rappelle la représentation
matricielle classique des tenseurs des contraintes et des déformations dans une base
orthonormée directe :
  11   C11 C12 C13 C14 C15 C16   11   11   S11 S12 S13 S14 S15 S16    11 
         
  22   C21 C22 C23 C24 C25 C26    22    22   S21 S22 S23 S24 S25 S26    22 
  33   C31 C32 C33 C34 C35 C36    33  et   33   S31 S32 S33 S34 S35 S36    33 
       
  32   C41 C42 C43 C44 C45 C46   2 32   2 32   S41 S42 S43 S44 S45 S46    32 
   C C52 C53 C54 C55 C56   213   2   S S52 S53 S54 S55 S56    13 
 13   51     13   51  
  C
 12   61 C62 C63 C64 C65 C66   212   2 
 12   S61 S62 S63 S64 S65 S66    12 

Dans le cas où les plaques composites fibrées sont minces, le comportement de


chacune des couches peut être supposé dans un état de contraintes planes. En conséquence, les

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équations de comportement de matériaux élastiques orthotropes en contraintes planes sont


présentées.

Si la normale à la surface est N1 on a :

  22   S22 S23 0    22 
    
  33    S32 S33 0    33  ( II .177)
 2   0 S44    23 
 23   0

Si la normale à la surface est N 2 on a :

 11   S11 S13 0    11 


    
  33    S31 S33 0    33  ( II .178)
 2   0 S55    13 
 13   0

Si la normale à la surface est N 3 on a :

 11   S11 S12 0    11 


    
  22    S21 S22 0    22  ( II .179)
 2   0 S66    12 
 12   0

Dans cette partie, les relations de comportement en contraintes planes de matériaux

orthotropes sont exprimées dans la base d’orthotropie de la couche ( N1 , N2 , N3 ) et dans la

base globale de la structure fibrée ( x, y, z ) .

De nombreuses structures stratifiées présentent des couches décalées les unes par
rapport aux autres par rotation autour de la normale au plan de la structure. En conséquence,

les composantes du comportement dans la base ( x, y, z ) sont exprimées en fonction des

composantes dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) dans le cas d’une rotation d’axe

Ni , i  1, 2,3 . La forme de l’expression du comportement dans la base ( x, y, z ) en fonction

de ses composantes dans la base ( N1 , N2 , N3 ) est identique que la loi de comportement soit

exprimée en rigidité Q ou en souplesse S .

IV.2. BASE D’ORTHOTROPIE

Dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) , la relation de comportement élastique linéaire


en contrainte plane de la couche k s’écrit formellement en notation vectorielle sous les formes
suivantes :

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k k k
  Q  ( II .180)
k k k
  S  ( II .181)
1
Avec S  Q . Les matrices sont symétriques.

IV.2.1. EXPRESSION EN SOUPLESSE

Si les contraintes sont planes dans le plan ( Ni , N j ); i, j  1, 2,3, i  j . La loi de

comportement en contraintes planes s’obtient facilement à partir de la loi de comportement


élastique orthotrope tridimensionnelle exprimée en souplesse en tenant compte de l’hypothèse
des contraintes planes  kk   ik   jk  0 . La relation de comportement exprimée en

souplesse est l’inverse de la relation de comportement exprimée en rigidité. Le comportement


exprimé en souplesse s’écrit sous la forme suivante : i, j  1, 2,3 et l en relation avec la

couple  i, j  .

 k  Sk 0   iik 
  ii   ii
k
S ij
 
 k  k   k 

  jj   S ji
0  jj
k
S jj  
 k  0 k  k 
 2 ij   S ll   ij 
0 

avec :
1 1  ji 1  ji ij Ei
 ; S jj  ; S ij   ; S ij  S ji; S ll  ;   ; Gij 
k k k k k k
S ii
Ei Ej Ej Gij E j Ei 2(1  ij )
( II .182)

NB : Silk = Sjlk= Slik= Sljk = 0 car une déformation suivant un axe de la base d’orthotopie n’est
jamais la conséquence d’une contrainte de cisaillement appliquée au matériaux mais d’une
contrainte normale sivant cet axe. Les autres composants sont déterminés par la loi de Hooke
classique pour une traction exercée suivant un seul axe de la base d’orthotropie. D’autre part
E1, E2 et ν12 sont les constantes d’élasticité de la couche k.
 1  ji 
  0 
 k   Ei   ii 

Ej k

 ii     
 k     ij 1  k 

  jj   Ei
0   jj ( II .183)
Ej   
 k
  k
 2 ij   1   ij 

0 0
 Gij 
 k

IV.2.2. EXPRESSION EN RIGIDITE

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La relation de comportement exprimée en rigidité est l’inverse de la relation de


comportement exprimée en souplesse. Le comportement exprimé en rigidité s’écrit dans la

base d’orthotropie5 ( N1 , N2 , N3 ) :

  Q ii 0  k 
k k
 Q
  ii      ii 
k
ij

 k   k
 0    jj 
k k
 Q Q
 jj   ji jj
  k 
 k k 
 2 ij   0 0 Q ll    ij 
Avec
1
 1  ji 
  0 
 k k
0   Ei
 Q ii Q Ej 
ij 
 k   ij 
  Sk 
k 1 1
Qk   Q Q 0  0
   Ei Ej 
ji jj

 0 Q ll   0 
k
0 1 
 0
 Gij k
 
1
Qk  k
T
Com( S k )
det( S )
1  ji
 0
Ei Ej 1 ij
0  0
ij 1 1 Ej   ji  Ei 1  jiij
  det( S )  
k
0     
Ei Ej Ei 1  E j  0 1 Ei E j Gij E j Ei Gij
0
1 Gij Gij
0 0
Gij
1
 (1   jiij )
Ei E j Gij

 1 ij 
 0  0 ij 1 
 E j Ei  
  Ei Ej 
 1 1
0 0 0 0 
 Gij Gij   1 ij 
   0 
  ji 1   E j Gij Ei Gij 
 E 0 0 
 ji  
1 

Ei  ji 1
com( S )    Ei Ej    
j
0
 1 1   E j Gij Ei Gij 
 0 0 0 0   
 Gij Gij   1
 0 0 (1  ij ji ) 
   ji 1 1  ji   Ei Ei 

0 0 
 Ej Ei Ei Ej 
  
 1 ij ij 1 
 E 0  0 
 j Ei Ei E j 

5
La base d’orthotropie est encore appelée « sens des fibres » spécialement dans le cas des stratifiés.

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 1  ji 
 0 
 E j Gij E j Gij 
 ij 1 
T
com( S )   0 
 Ei Gij Ei Gij 
 
 1
0 0 (1  ij ji ) 
 Ei Ei 
 

 1 Ei E j Gij  ji Ei E j Gij 
 0   k
0 
k
 E j Gij (1   jiij ) E j Gij (1   jiij )   Q ii Q ij 
 ij Ei E j Gij   k 
1 Ei E j Gij
Q    Q
k
k

 Ei Gij (1   jiij ) Ei Gij (1   jiij )


0
  ji
Q 0 

jj

 
(1  ij ji ) Ei E j Gij   0 Q ll 
k
 
0
 0 0
 Ei Ei (1   jiij ) 
k
d’où
k Ei k Ej k  ji Ei k ij E j k
Q  ;Q  ;Q  Q  ; Q  Gij ( II .184)
ii (1   jiij ) jj (1   jiij ) ij (1   jiij ) ji (1   jiij ) ll

En particulier si i=L et j=T, on a :


k EL k ET k TL EL k LT ET k
Q  ;Q  ;Q  Q  ; Q  GLT ( II .185)
L (1  TLLT ) T (1  TLLT ) LT (1  TLLT ) TL (1  TLLT ) ll

 L est la direction des fibres.


 T est la direction perpendiculaire à la direction des fibres.

IV.3. BASE GLOBALE

Dans la base globale ( x, y, z ) , la relation de comportement élastique linéaire en


contrainteplane de la couche k s’écrit formellement en notation vectorielle sous les formes
k k k 1
suivantes :   Q  et   S  avec S  Q . Dans cette base globale, les composantes
k k k

des matrices de rigidités et des souplesses sont surlignées S ij , Qij . L’expression des  
composantes dans la base globale S ij 
, Qij en fonction des composantes dans la base

d’orthotropie  Sij , Qij  fait apparaître de nouveaux couplages.

IV.3.1. EXPRESSION EN SOUPLESSE

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1
L’expression du comportement en souplesse S  Q dans la base globale ( x, y, z ) fait
intervenir dans le cas général de nouveaux couplages : pour i, j   x, y, z et l en relation avec

la couple  i, j  .

 k   S ii  k 
k k k

  ii    ii 
S ij S il

 k  k k 
 k
  jj   S ji S jl   jj 
k

 k
S jj
 k k  k 
 2 ij   S li   ij 
k

S lj S ll 
À partir d’un essai de traction unidirectionnel dans la direction Ni
 ii  0,  jj  0,  ij  0, i  j on obtient :

Ei
1
 ii  S  ii   ii  S
k k k k
S 
k k k
ii ii ii ii Ei

  ; 2 
k k
S S
k k k k
jj ji ii ij li ii

On en déduit alors les rapports suivants :

2 
k k k k
ij ,i S  ij
S
k k
ij ,i li

ij
S  ;  ij 
ji

jj
S  ;
 
k k k k
li Ei ji Ei
S ii ii S ii ii

À partir d’un essai de cisaillement dans le plan ( Ni , N j ); i, j   x, y, z, i  j

 ii  0,  jj  0,  ij  0, i  j , on définit :

2Gij 1
k

2 ij  S  ij  2 ij  S
k k k
S 
k k k
ll ll ij ll Gij

  ; 
k k
S S
k k k k
ii il ij jj jl ij

On en déduit alors le rapport suivant :

 
k
i ,ij
k

S
k
i ,ij il ii
S 
2
k k il Gij
S ll ij

1
En conclusion, on peut identifier les éléments de la matrice de souplesse S  Q en
fonction des modules apparents de l’ingénieur. Dans la base globale, on constate qu’il existe
des coefficients de couplages non classiques appelés coefficients d’influences mutuelles ηij,i ;
ηi,ij . Par analogie avec les relations dans les axes principaux, on note, dans la base globale

( x, y, z ) , la matrice de souplesse en fonction des modules apparents de l’ingénieur sous la


forme suivante :

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 1  ji i ,ij 
 
 Ei Ej Gij 
   j ,ij 
1
S   ( II .186)
k ij

 Ei Ej Gij 
 
 ij ,i ij , j 1 
 E Ej Gij 
 i k

IV.3.2. EXPRESSION DES RELATIONS D’ELASTICITE HORS AXES


PRINCIPAUX

Dans cette partie, les relations entre les composantes de la matrice de rigidité ou de
souplesse hors axes et les composantes exprimées dans les axes principaux de la couche k
sont développées.

 Cas d’une rotation autour de l’axe z  N3 (cas des stratifiés de normale z  N3 ). On

note θ l’angle de rotation autour de l’axe z  N3 tel que   x, N1 . La matrice de  


rigidité s’exprime alors en fonction des composantes dans la base d’orthotropie sous
la forme suivante :
k
Q  T1Q kT

avec T    T    . En notation vectorielle, le changement de base s’écrit pour les


1

contraintes et les déformations sous la forme suivante :


 C2 S2 2CS 
1  
T   S 2
C 2
2CS  ( II .187)
 CS CS C 2  S 2 

 C2 S2 CS 
 
T   S 2 C 2
CS  ( II .188)
 2CS 2CS C 2  S 2 

k
avec C = cos (θ) et S = sin(θ). La relation entre les composantes Q ij dans la base globale
k
( x, y, z ) et les composantes Q ij dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) s’écrit formellement

sous laforme suivante :


k
Q  T 1QkT ( II .189)

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Pour simplifier l’écriture, l’indice k est omis dans la suite. Les composantes dans la
base globale s’écrivent en fonction des composantes dans la base d’orthotropie sous la
formesuivante :
 k k k
  k 0 
k
 Q ii Q Q  Q Q
 k
ij
  C
il 2
S2 2CS   ii ij  C2 S2 CS 
k k     

Q jl    S
k k
2 2
2CS   Q Q 0  S2 2
CS 
 Q ji Q C C
C 2  S 2     2CS
ji jj
 CS C 2  S 2 
jj
 k k   CS 2CS
 0 Q ll  
k k
Q Q Q ll  
0
 li lj

   2 k 2 k
Q  Q  CS 
k k k k k k k

 Q ii Q Q il   C Q ii S Q ij S 2Q  C 2Q 
  C 2CS  
ij 2 2 ii ij ii ij
 k S 
 
2CS   C 2Q  S 2Q Q  Q  CS 
k k k k k k
 Q Q jl    S
k k
S 2 Q  C 2Q
2
Q C2
 ji  ji jj 
 CS C 2  S 2  
jj ji jj ji jj
 k k   CS 
 2CSQ ll Q C  S2 
k k k k
Q Q ll  2CSQ 
2

 li
Q lj  ll ll

Q 2Q 
k k k k k
Q  C 4Q  S 4Q  2C 2 S 2
ii ii jj ij ll

Q  S 4Q  C 4Q  2S C Q 2Q 
k k k k k
2 2
jj ii jj ij ll

Q  C S Q  Q  2Q  2Q   Q  C  S 
k k k k k k
2 2 4 4
ll ii jj ij ll ll

Q  Q  C  S   Q  Q  4Q  C S
k k k k k
4 4 2 2
ij ij ii jj ll

Q  C S Q  Q  2Q   S C  Q Q  2Q 
k k k k k k k
3 3
il ii ij ll jj ji ll

Q  S C Q  Q  2Q   C S Q  Q  2Q  ( II .190)
k k k k k k k
3 3
jl ii ij ll ji jj ll

Pour la rotations autour des autres axes, le calcul ci-dessus reste identique, mais il faut
k k
juste faire une permutation des indices des Q et Q .

La notation vectorielle retenue permet d’obtenir à partir des relations précédentes les
k
composantes de la matrice de souplesse S dans la base globale ( x, y, z ) en fonction des

k
composantes S dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) . Pour obtenir l’expression de la

k k
relation entre les composantes de S dans la base globale noté S ij
et celles dans la base

k
, il suffit d’utiliser l’expression S  T1S kT .
k
d’orthotropie noté S ij

IV.3.3. RELATIONS HORS AXES PRINCIPAUX EN FONCTION DES MODULES


D’ELASTICITE

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On peut exprimer les caractéristiques mécaniques des modules d’élasticité, les

coefficients de Poisson et les coefficients de mutuelle influence dans la base globale ( x, y, z )

en fonction des composantes dans la base d’orthotropie ( N1 , N2 , N3 ) .

S
k

ii
k
 C 4 S  S 4 S  2C 2 S 2
ii
 S 2S  k

jj
k
ij
k
ll

 S 4 S  C 4 S  2S C  S 2S 
k k k k k
2 2
S jj ii jj ij ll

 C S  S  S  2S  2 S   S  C  S 
k 2 2 k k k k k 4 4
S ll ii jj ij ll ll

 S  C  S    S  S  4S  C S
k k 4 4 k k k 2 2
S ij ij ii jj ll

 C S   S  S  2 S   S C  S S  2S 
k 3 k k k 3 k k k
S il ii ij ll jj ji ll

 S C  S  S  2S   C S  S  S  2S  ( II .191)
k 3 k k k 3 k k k
S jl ii ij ll ji jj ll

avec :
 1  ji i ,ij 
 k k
  E
k 
 S ii S ij S il   i Ej Gij 
 k k   ij 1  j ,ij 
S jl    Ei  ( II .192)
k k
S S S
 k
ji jj Ej Gij 
  
S ll   ij ,i
k k
ij , j 1 
 S li S lj
 E Ej Gij 
 i k

En injectant les définitions des modules d’élasticité, des coefficients de Poisson et le


module de cisaillement plan dans l’expression des souplesses et si i=1, j=2, on obtient les
relations suivantes :
k 1 1   2  1
S  C4  S4  2C 2 S 2  21  
E1 E2  E2 G12  Ex
ii

E1
 Ex  ( II .193)
E   2 
C  S 1  2C 2 S 2 E1   21 
4 4

E2  E2 G12 
k 1 1   2  1
S  S4  C4  2S 2C 2  21  
E1 E2  E2 G12  E y
jj

E1
 Ey  ( II .194)
E   2 
S  C 1  2S 2C 2 E1   21 
4 4

E2  E2 G12 

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 1 1 221 2  1
 C4  S 4  
1
k

S  C 2S 2     
 E1 E2 E2 G12  G12 Gxy
ll

E1
 Gxy  ( II .195)
2 2 E1 221 E1 2 E1  E1
C S 1     C  S 
4 4

 E2 E2 G12  G 12

 21 4  1 4  2 2  yx
 C  S4    
1
k

S   C S 
E2  E1 E2 G12  Ey
ij

  12 4  E1 4 E1  2 2 
  C  S   1   C S 
4

 E1  E2 G12   ( II .196)
  yx 
 4 4 E1   2 
S C  2S 2C 2 E1   21  
 E2  E2 G12  

k 3  1  21 2  3  1  12 2   x , xy
S il  C S       S C    
 E1 E2 G12   E2 E1 G12  Gxy
  E 2E  E 2E 
C 3 S  1  21 1  1   S 3C  1  12  1 
  x , xy   E2 G12   E2 G12 
( II .197)
 2 2 E1 221 E1 2 E1  E1 
 C S 1     C 4  S 4  
  E2 E2 G12  G 12 

Toutes les autres constantes sont obtenues par permutation circulaire des constantes ci-dessus.

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CHAPITRE V :
CALCULS D'HOMOGENEISATIONS DES
MATERIAUX COMPOSITES

La première étape dans le calcul mécanique des matériaux composites consiste à


déterminer les caractéristiques mécaniques du matériau en fonction de celles de ses
composants. Dans la plupart des cas, ces calculs se réduisent uniquement au calcul du module
d'Young. Il existe divers modèles d'homogénéisations pour l'obtenir. Nous présenterons dans
ce mémoire, les plus classiques seront présentées ici.

Fractions volumiques

Considérons un volume vc de matériau composite, composé d'un volume vf de fibres et d'un


volume vm de matrice. La fraction volumique de fibres et de la matrice sont :

vf vm
Xf  et Xm 
vc vm
Soit un volume élémentaire représentatif de fraction volumique X c  1 constituée de
fibres et de matrice. Nous adopterons les conventions de notation suivantes :

 X m : Fraction volumique de la matrice ;

 X f : Fraction volumique de la fibre ;

On a ;
vc  v f  vm
 Xc  Xm  X f  1 ( II .149)
La réaction du composite à une contrainte dépend :
o Du comportement et de la fraction volumique de chacune des deux phases (matrice et
fibres) ;
o De la direction d’application de la contrainte ;
o De l’anisotropie du composite.
Il y a défaillance du composite lorsque les fibres se rompent. La rupture est non brutale car
:
La résistance à la rupture des fibres est différente donc on n’a pas de rupture
simultanée ;
La matrice conserve ses propriétés si sa déformation est supérieure à celle des fibres.

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Les fibres rompues, plus courtes, sont noyées dans la matrice et sont intactes et supportent
toujours la charge.
A l'échelle locale, on a les hypothèses suivantes :
 Les Fibres: ont un comportement élastique linéaire fragile isotrope de coefficients Ef
et νf.
 La Matrice: possède un comportement élastique non-linéaire, isotrope de
coefficients Em et νm.

Fractions massiques
Les fractions massiques sont définies de la même manière à partir des masses mc , m f et mm ,

respectives de matériau composite, de fibres, de matrice. Les fractions massiques ou fractions


en masse de fibres et de matrice s'écrivent respectivement :

mf mm
Pf  et Pm 
mc mc
Où :
 Pm : Fraction massique de la matrice ;

 Pf : Fraction massique de la fibre ;

mc  m f  mm
 Pc  Pm  Pf  1 ( II .150)
Relations entre fractions volumiques et massiques
Les relations entre les fractions volumiques et massiques font intervenir les masses
volumiques  c ,  f ,  m respectives du matériau composite, des fibres, de la matrice. Les
masses mc , m f , mm et volumes vc , v f et vm , sont liés par les relations :
mc  c vc mf   f v f mm  mvm

en partant de la masse total du composite :


mc  m f  mm
 c vc   f v f   m vm
vf vm
 c   f  m
vc vc
La masse volumique du matériau composite s'écrit donc en fonction des fractions volumiques
suivant :
c   f X f   m X m
De même, en partant du volume total du composite :

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vc  v f  vm
mc mf mm
  
c f m
D'où l'expression de la masse volumique en fonction des fractions massiques :
mc mc Pf mc Pm
  
c f m
1 Pf Pm
  
c f m
1
 c 
Pf Pm

f m
Les relations entre fractions massiques et fractions volumiques peuvent maintenant être
établies, en partant des relations de définition :
mf  f vf  f mm m vm m
Pf    X et Pm    X
mc c vc c f mc c vc c m

Les expressions précédentes entre fractions volumiques et fractions massiques peuvent être
étendues au cas d'un nombre quelconque de constituants. Les expressions générales s'écrivent
pour n constituants :
mi i vi i
Pi    Xi
mc c vc c
Avec
n
 c   i X i
i 1

Et
c
Xi  P
i i
Avec
1
c  n
Pi

i 1 i

Présence de porosités
Il peut arriver que la masse volumique mesurée expérimentalement ne coïncide pas avec la
valeur calculée à partir des masses des constituants introduites. Dans le cas où ce désaccord
dépasse les précisions expérimentales, il peut être attribué à la présence de porosités. La
différence entre la masse volumique ct calculée et la masse volumique ce mesurée
expérimentalement permettra d'estimer la fraction volumique X p de porosités par
l'expression :

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ct  ce
Xp 
ct
La présence de porosités dans un composite peut entraîner une diminution significative de ses
caractéristiques mécaniques, en augmentant la dispersion de ses valeurs. La présence de
porosités augmente également la sensibilité du matériau composite à l'environnement
extérieur : augmentation de l'absorption de l'humidité, diminution de la résistance aux
produits chimiques, etc. Il sera donc important d'avoir une estimation de la proportion de
porosités, de manière à évaluer la qualité d'un composite. Un matériau composite de qualité
contiendra moins de 1 % en volume de porosités, alors qu'un composite de médiocre qualité
pourra atteindre 5 %.

V.1. HOMOGENEISATION SIMPLIFIEE : LES MODELES A «BORNES »

 
Soit un matériau composite de repère d’orthotropie L, T , constitué de fibres noyées dans une

matrice.

Composites à deux phases : Calcul du module d’élasticité longitudinal.

Avec :
 Ec : Module d’élasticité longitudinal de composite.
 Em : Module d’élasticité longitudinal de la matrice.
 Ep : Module d’élasticité longitudinal des particules.
 Vm : Fraction volumique de la matrice.
 Vf : Fraction volumique de la matrice.

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FigureII.2. Exemple de calcul des modules d’élasticité longitudinal d’un composite


renforcé par dispersion des particules de tungstène.

B. COMPORTEMENT ELASTIQUE – CHARGE LONGITUDINALE

Lorsque le composite, la matrice et le renfort ont la même longueur :

(fractions volumiques).

Avec l’hypothèse d’isodéformation on peut diviser chaque terme par sa déformation


respective :

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 Or si les déformations sont élastiques :

Ecl : Module d’élasticité longitudinal du composite.

On a seulement deux phases (matrice et renfort)


Par conséquent :

C. COMPORTEMENT ELASTIQUE – CHARGE TRANSVERSALE

 Charge est perpendiculaire à la direction d’alignement des fibres

→ Hypothèse d’isocontrainte :

 Déformation du composite :

 Or

En divisant par σ on obtient : soit :

Ect : Module d’élasticité transversal du composite.

D. RESISTANCE A LA TRACTION LONGITUDINALE


 On admet que la résistance en traction du composite est égal à la contrainte max.
 La contrainte maximum correspond à la rupture des fibres et au début de la défaillance
composite.

TableauII.2. Résistance à la traction longitudinale de 3 composites courants

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E. RESISTANCE A LA TRACTION LONGITUDINALE


 Le mécanisme de ruptures est complexe; plusieurs modes existent :
 Mode déterminé par :
o Les propriétés fibres et matrice.
o Nature et résistance liaison fibres-matrice.

 Si pas de rupture des fibres avant la matrice.


 Quand les fibres sont rompues, la charge est totalement transférée à la matrice.

F. RESISTANCE A LA TRACTION TRANSVERSALE :


 Matériaux conçus pour supporter les charges dans le sens des fibres → s’il est soumis
à une contrainte transversale, il y a risque de rupture.
 Si la résistance est très faible, voire inférieure à la résistance en traction de la matrice,
alors le renforcement par les fibres est négatif.

TableauII.3. Résistance à la traction transversale de 3 composites courants.

 Les facteurs influençant la résistance à la traction transversale :


o Les propriétés des fibres et de la matrice
o La qualité d’adhérence fibre-matrice.
o La présence de bulles d’air, …
 On peut améliorer la résistance à la traction transversale par modification propriétés
matrice.

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II.6. COMPOSITES A FIBRES DISCONTINUES ET ALIGNEES :


A. RESISTANCE A LA RUPTURE EN TRACTION LONGITUDINALE :

 Le renforcement par les fibres discontinues est inférieur au renforcement par les fibres
continues.
 MAIS il y a un intérêt commercial des fibres de verres, de C et d’aramide courtes

= résistance rupture fibre (MPa) = déformation fibres (sans dimension)


= résistance rupture matrice (MPa) = déformation matrice (sans dimension).

= fraction volumique des fibres = diamètre des fibres courtes (en mm)
= longueur des fibres courtes (en mm) = Contrainte de cisaillement (MPa)

, = résistance à la rupture du composite suivant les directions d et d’.

II.7. COMPOSITES A FIBRES DISCONTINUES ET ORIENTEES


ALEATOIREMENT :
 Caractéristiques :
 Module d’élasticité :

 K = coefficient d’efficacité des fibres, dépend de Vf et de , compris entre 0,1 et


0,6.
 E augmente avec Vf MAIS quand on a une orientation aléatoire des fibres, E
augmente proportionnellement à K.

TableauII.4. Propriétés polycarbonates sans et avec fibres de verre orientées aléatoirement

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II.7. RESUME :

 Composites à fibres alignées :

o Essentiellement anisotropes.
o Propriétés optimales dans le sens des fibres.
o Dans la direction transversale, le renforcement est presque nul et la contrainte
de rupture est assez faible.
o Si la contrainte est orientée différemment, la résistance à la traction est située
entre ces deux extrêmes.

V.2. DETERMINATION LES RELATIONS EXISTANT ENTRE EL, ET, Ef, Em, Xm et
Xf

V.2.1. HYPOTHESES

 On travaille en élasticité linéaire.


 On suppose que la liaison fibres/matrices est parfaite.
 Localement, on a :  f  E f  f et  m  Em m ( II .150)

V.2.2. MODULES LONGITUDINALE ET TRANSVERSE D'UN MATERIAU


COMPOSITE PAR LA LOI DES MELANGES

On associe deux matériaux de caractéristiques distinctes dans le but d'estimer les


caractéristiques élastiques du matériau équivalent, c'est à dire du composite.

V.2.2.1. COMPORTEMENT ELASTIQUE – MODULE LONGITUDINALE

V.2.2.1.1. HYPOTHESES

 On a une forte adhérence des fibres à la matrice : Fc  Fm  Ff ( II .151)

 On a une isodéformation :  c   m   f ( II .152)

V.2.2.1.2. DETERMINATION DE EL

Fi   i Si , (IV.151) devient  c Sc   m Sm   f S f ( II .153)

En divisant (IV.153) par SC (la section transversale) on a :


Sm Sf
c  m  f ( II .154)
Sc Sc

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On détermine les fractions volumiques lorsque les fibres et la matrice ont la même longueur.
S Sf
Xm  m ; X f  ( II .155)
Sc Sc
La relation (IV.154) devient :
 c   m X m  f X f ( II .155)
Avec l’hypothèse d’isodéformation on peut diviser chaque terme de la relation
(IV.154) par sa déformation respective, on a:
c m f
 Xm  X ( II .156)
c m f f
 EL  Em X m  E f X f ( II .157)

EL est le module longitudinal du matériau composite.

Compte tenu de la relation (IV.149), on a :

EL  Em (1  X f )  E f X f ( II .158)

V.2.2.2. COMPORTEMENT ELASTIQUE – MODULE TRANSVERSALE

V.2.2.2.1. HYPOTHESES

 La charge est perpendiculaire à la direction d’alignement des fibres ;


 On fait une hypothèse d’iso contrainte :  c   m   f ( II .159)

 La déformation du composite obéi à la loi des mélanges :  c   m X m  f X f ( II .160) ;

V.2.2.2.2. DETERMINSATION DE ET
i
i  ( II .161) ; La relation (IV.160) devient :
Ei

c m f
 X m X f ( II .161)
Ec Em Ef

L’hypothèse d’iso contrainte relation (IV.159), conduit à :

1 1 1
 X m X f ( II .162)
ET Em Ef

1 Em E f Em E f
On obtient ainsi : ET    ( II .163)
X m Xf E f X m  Em X E f (1  X f )  Em X
 f f
Em E f

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ET : est la Module d’élasticité transversal du composite.

V.2.2.2. MODULE DE CISAILLEMENT ET COEFFICIENT DE POISSON D'UN


COMPOSITE PAR LA LOI DES MELANGES

De façon analogue, on détermine ces deux coefficients et on trouve que :

Xf
 LT = f Xf + m Xm ( II .164) et
1 X
 m ( II .165)
GLT Gm G f

  LT est le coefficient de poisson du matériau composite dans le plan ( L, T )


 GLT est le module de coulomb du matériau composite dans le plan ( L, T )

Rappelons que du fait de l’hypothèse d’isotropie des fibres et des matrices, on a les
égalités (IV.166) suivantes:  LT = LT' et GLT =GLT'

  LT' est le coefficient de poisson du matériau composite dans le plan ( L, T ')


 GLT' est le module de coulomb du matériau composite dans le plan ( L, T ')

 T ' est la deuxième direction transversale au composite de sorte que le repère


( L, T , T ') soit orthonormé direct.

Rappelons que les modèles à bornes donnent un encadrement du comportement


mécanique du matériau composite par des comportements mécaniques limites (bornes). Les
modèles que nous allons voir maintenant sont applicables à des mélanges de polymères
(matériaux composés) et à des composites chargés par des particules diverses. Nous
remplacerons donc les termes fibres et matrices par des phases. Les bornes correspondent aux
associations série des deux phases (REUSS, équivalent au modèle du module transverse
équivalent de la loi des mélanges) et parallèle (VOIGT, équivalent au modèle du module
longitudinal équivalent de la loi des mélanges). Aucune hypothèse n'est faite sur la
morphologie du matériau. Il est simplement admis que pour le modèle de REUSS, la
contrainte est homogène dans les deux phases (continuité de la contrainte) et, pour le modèle
de VOIGT, la déformation est constante (continuité de la déformation) dans tout le composite.
L'intérêt est limité dès que l'écart des caractéristiques des deux phases est important.

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FIG V.10. Modélisation du comportement mécanique des matériaux composite par les
modèles à bornes de Voigt et Reuss [2]

V.2. HASHIN ET SHTRIKMAN (1963)

L’expression des bornes est plus resserrée que Voigt et Reuss. Ils rajoutent une
hypothèse supplémentaire sur la géométrie : il existe une phase continue et une discontinue.
Ce modèle utilise le principe variationnel : les différents constituants sont noyés dans un
matériau de comparaison. Si le matériau de comparaison est "plus souple" Lmin ou "plus raide"
Lmax que toutes les phases du matériau composite, on obtiendra une borne inférieure LHS- et
supérieure LHS+ pour les modules du matériau composite.

1G1  (1  2 )G2 2G2  ( 2  1 )G1


G1 G G2 ( II .167)
(1  12 )G1  11G2 (1   21 )G2   22G1
2(4  5 i )
Avec  i  ( II .168)
7  5 i
Les limites supérieure et inférieure sont équivalentes aux relations obtenues par
KERNER, basées aussi sur le principe variationel de la méthode auto-cohérente mais Kerner
n'a pas émis d'hypothèses sur la morphologie du mélange. Ses seules hypothèses sont :

 Les propriétés du mélange : isotrope.


 Le comportement des constituants dans le composite est le même que dans le produit
en masse.
 L’adhésion parfaite entre les constituants.

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FIG V.11. Représentation du module de coulomb d’un composite par la méthode à borne de
Voigt et Reuss puis par la modélisation de Hashin et Shtrikman [2]

V.3. LES APPROCHES PHENOMENOLOGIQUES

Dans le modèle à bornes de Voigt et Reuss, les phases sont en état de contrainte ou
déformation constante. Mais dans la réalité, la répartition des contraintes et déformations
entre les particules n'est pas aussi simple. La prise en compte de ceci va se faire par
combinaison des modèles de bases de Voigt et Reuss. Différents modèles ont donc été
développés, mais la description la plus utilisée est celle de TAKAYANAGI. Il fait
l’hypothèse selon laquelle existe un paramètre de forme ajustable.

FIG V.12. Modélisation du comportement mécanique des matériaux composite par les
modèles de TAKAYANAGI [2]

Ce modèle donne une bonne description phénoménologique du système mais pas sur sa
morphologie (arrangement entre phase).

  (1   )(1   )G1G2   (1   )G12


G ( II .169)
G2 (1   )  G1

  V  Fraction volumique de la phase 2


 ou  sont des paramètres ajustables.

V.4. LES APPROCHES BASEES SUR LES EQUATIONS D'HALPIN-TSAI

Elles permettent de prédire le module longitudinal d'un composite renforcé par des
fibres courtes alignées. Les auteurs ont généralisé l'équation de KERNER (1956) issue d'un
schéma auto cohérent et écrite pour le cas de renforts sphériques au cas des renforts allongés.

 Par la loi des mélanges on détermine le module ELC et le coefficient υLTC :

ELC  Em (1  X f )  E f X f et LTC  m (1  X f )   f X f

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NB : quelques notations :   nu   êta  = zêta

 Et par l’expression générale suivante pour les autres modules :

M 1   X f
 ( II .170)
M m 1  X f

Avec
Mf
1
M
 m ( II .171)
Mf

Mm
2L
 : est la mesure du facteur de forme de la fibre  où L : est la longueur et d diamètre de la
d
fibre.

   2 pour déterminer le module ETC ;


   1 pour déterminer le module GLTC ;

 M est le module considéré : ETC, GLTC ou TT ' c ;


 Mf est le module correspondant des fibres : Ef, Gf, ou υf ;
 Mm est le module de la matrice : Em, Gm, ou υm ;

A partir des équations d'Halpin-Tsai, on peut estimer le module d'un composite renforcé
par des fibres courtes orientées aléatoirement dans un plan ou dans un volume.

V.5. L'APPROCHE DE TSAI-PAGANO

Elle est basée sur la théorie de l'élasticité orthotrope. Elle donne un module E d'un
composite à fibres courtes, isotrope dans le plan.
3 5
E  EL  ET ( II .172)
8 8

V.6. L'APPROCHE D'HALPIN-KARDOS

Elle est similaire à la précédente mais le composite isotrope dans le plan est traité
comme un composite stratifié composé de plis unidirectionnel, chaque pli étant tourné d'un

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angle donné par rapport au précédent. Le calcul analytique d'HALPIN-KARDOS a été réalisé
sur un assemblage de 4 plis orientés à (0°, -45°, +45°, 90°).

FIG V.13. Modélisation du comportement mécanique des matériaux composite par les
modèles d'HALPIN-KARDOS [2]

On a donc un composite quasi-isotrope. Les modules de chaque pli sont estimés à


partir des équations d'HALPIN-TSAI.
Eii 2 Eiif (1  m )(1  ii X f )  4ii (1  m )
2

 ( II .173)
Em Eiif (1  X f )  2(ii  X f )(1  m )Gm
G12 G f (1  12 X f )  12 (1  X f )Gm
 ( II .174)
Gm G f (1  X f )  (12  X f ) X f

On fait l’hypothèse suivante : E11 f E22 f


3
L l l
Avec 11  2 ; 22  2 ; 12    ( II .175)
e e e
L : est la longueur des fibres, l : largeur des fibres, e : épaisseur des fibres.
ξ: facteurs de forme.
Le module G du composite est :
E  E22 (1  12 ) G12
G  11  ( II .176)
8(1  12 21 ) 2
E
Avec 12  X f f  (1  X f ) m et  21   12 22
E11

V.7. CONCLUSION

Les approches basées sur les équations d'HALPIN-TSAI sont semi-empiriques mais
simples à utiliser.

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