Vous êtes sur la page 1sur 21

La valeur et le temps :

Duration et sensibilité d’une obligation


I. Généralités ................................................................................................................................................................ 4

1. Definition :............................................................................................................................................................. 4

2. Caractéristiques d’une obligation : ....................................................................................................................... 4

3. Classement des obligations : ................................................................................................................................. 7

4. Risques liés à une obligation. ................................................................................................................................ 8

II. Evaluation des obligations ...................................................................................................................................... 10

1. valeur fondamentale d’une obligation.................................................................................................................... 10

2. Cotation boursière d’une obligation ................................................................................................................... 10

3. Rendement d’une obligation .............................................................................................................................. 12

III. Mesures et gestion de risque des obligations..................................................................................................... 14

1. La sensibilité ........................................................................................................................................................ 14

2. La duration .......................................................................................................................................................... 16

3. La relation entre sensibilité et duration .............................................................................................................. 18

4. La stratégie des investisseurs.............................................................................................................................. 19

IV. Conclusion : ......................................................................................................................................................... 20


INTRODUCTION

L’obligation est un titre représentatif d’une fraction d’un emprunt émis par une société, une
entité publique ou l’État. L’émetteur d’un emprunt obligataire s’engage à rembourser les
détenteurs à une échéance déterminée et à leur verser un intérêt. L’emprunt est coté et les
titres peuvent être échangés sur le marché secondaire. L’émission de titres obligataires
s’accompagne d’une notice au BALO (bulletin des annonces légales obligatoires). Tout nouvel
émetteur doit faire procéder à la notation de son programme d’émission déterminant : Sa
situation, ses perspectives d’activité, son équilibre financier et son aptitude à assurer le service
et l’amortissement de la dette.

L’investissement en obligations a longtemps été considéré comme l’un des plus sûrs, surtout
si l’on conserve les titres jusqu’à l’échéance. Il comporte néanmoins un certain nombre de
risques qui naitraient, généralement, si l’obligataire déciderait de les céder. La sensibilité d’une
obligation au risque du taux d’intérêt du marché augmente au fur et à mesure que l’échéance
augmente et avec une corrélation négative avec le taux d’intérêt, lorsque le taux d’intérêt
augmente, le cours (si l’obligation est cotée) / le prix (sinon) de l’obligation baisse et vice versa,
et donc les obligations sont trop sensibles aux variations des taux. A ce niveau, l’investisseur a
besoin donc des instruments d’aide à la décision pour gérer le risque du taux
I. Généralités

1. Definition :

Selon l’AMMC, Les obligations sont des titres négociables permettant à l'entreprise d'obtenir des
fonds pendant une durée déterminée et entraînant l'obligation de payer un intérêt (coupon) et de
rembourser le principal selon des modalités de l’émission (à l’échéance ou par amortissement).

Les obligations peuvent être souscrites au moment du lancement de l’émission lors d’un appel
public à l’épargne, pendant une période appelée « période de souscription ». On parle de «
marché primaire ». Après leur émission, les obligations peuvent être cotées en bourse. Lorsque
les obligations sont revendues avant leur échéance ou achetées pendant leur durée de vie, on
parle de « marché secondaire ».

Selon la loi 17-95 relative aux SA :

Article 292 : la valeur nominale de l’obligation ne peut être inférieure à 50 DH. Toutefois, pour les
sociétés dont les titres sont inscrits à la cote de la Bourse des valeurs, le minimum du montant nominal
est fixé à dix (10) dirhams.

Article 293 :

L'émission d'obligations n'est permise qu'aux sociétés anonymes :

- ayant deux années d'existence et qui ont clôturé deux exercices successifs dont les états de synthèse ont
été approuvés par les actionnaires ;

- dont le capital social a été intégralement libéré.

Ces dispositions ne sont pas applicables :

- à l'émission d'obligations bénéficiant de la garantie de l'Etat, ou des autres personnes morales autorisées
par l'Etat à donner cette garantie ;

- à l'émission d'obligations gagées par des titres de créances sur l'Etat ou sur les autres personnes morales
sous réserve de garantie par l'Etat de leurs créances.

2. Caractéristiques d’une obligation :

La valeur nominale

La valeur nominale ou faciale est la valeur unitaire de chaque obligation. C’est sur ce montant que sont
calculés les coupons versés par l’émetteur. En d’autres termes, c’est la part de l’emprunt qu’un
investisseur détient s’il achète une obligation.
Le prix d’émission

Le prix d’émission c’est le prix payé par les souscripteurs. Il est généralement exprimé en pourcentage. Il
peut représenter une valeur différente de la valeur nominale. Par exemple, si une émission est
commercialisée à 99% de la valeur nominale, c’est que le prix d’émission est inférieur à la valeur
nominale, l’émetteur accorde ce que l’on appelle une « prime d’émission (la différence entre la VN et le
prix d’émission) ». A l’inverse, il peut proposer un prix de 101%. Lorsque le prix d’émission correspond à
100% de la valeur nominale, on dit que l’emprunt est émis « au pair ».

Le prix de remboursement :

Montant que l’investisseur perçoit pour chaque obligation conservée jusqu’à sa maturité. Il peut être
prévu que ce remboursement soit supérieur à la valeur nominale, et ce afin d’accroître l’intérêt pour les
investisseurs. La différence entre le prix de remboursement et le nominal est appelée « prime de
remboursement ».

La durée de vie de l'emprunt obligataire

C’est le temps compris entre la date de jouissance, date à laquelle les intérêts commencent à courir, et
le dernier flux en capital ;

la date d’échéance :

Ça peut être la date à laquelle l’emprunt est totalement remboursé ou celle de versement du coupon.

La date de règlement

C’est le jour où les souscripteurs versent à l’émetteur le prix de l’obligation (prix d’émission).

La date de jouissance

C’est la date à partir de laquelle les intérêts commencent à courir. Les dates de jouissance et de
règlement pourraient ne pas être simultanées mais, généralement, elles se coïncident.
La maturité :

La maturité d’une obligation correspond à sa durée de vie résiduelle (ce qui reste de la vie de l’emprunt
obligataire). Plus sa durée de vie est longue, plus le risque attaché à l’obligation est élevé.

Taux nominal (facial ou le taux du coupon) :

C’est taux appliqué à la valeur nominale, il peut être fixe ou variable qui sert au calcul des
coupons.

Le coupon :

Le coupon correspond à l’intérêt, calculé à un taux sur la valeur nominale, perçu par le porteur de
l’obligation. Lorsque l’intérêt est versé, on parle de « détachement » du coupon. Le coupon « couru »
est la part du coupon qui se forme entre la date de détachement du dernier coupon et une date
donnée.

Le taux de rendement actuariel : (TRAB)

Le taux de rendement actuariel est le taux de rendement réel de l’obligation si, et seulement si, elle est
achetée lors de son émission et conservée jusqu’à son échéance. Le taux actuariel à l’émission de
l’emprunt obligataire est le taux annuel qui permet d’égaler le prix versé par l’investisseur et les valeurs
actuelles des flux qui lui reviendront (méthode de calcul de TIR). Le taux de rendement actuariel doit
obligatoirement figurer dans la note d’information relative à l’émission et permet la comparaison des
obligations entre elles.

Le spread ou prime de risque

Le spread correspond à l’écart entre le taux de rendement actuariel d’une obligation et celui d’un
emprunt « sans risque » de même durée. Il représente la prime de risque que l’émetteur doit offrir à
l’investisseur pour rémunérer le risque qu’il prend en investissant dans son titre. Plus l’investissement
est risqué, plus la prime de risque offerte doit être élevée.

Modalité de remboursement :

Il existe trois méthodes de remboursement des obligations émises pour l'émetteur :


➢ Remboursement par annuités constantes : A chaque période, l'obligataire percevra outre son
coupon, une partie du principal (prix de remboursement de l'obligation). Le total de ces deux
éléments, coupon + remboursement, sera identique tout au long de la période. Les annuités sont
dites constantes.

➢ Remboursement par séries égales : A chaque période, l'obligataire percevra une fraction identique
du principal. En supposant une durée de vie de 5 ans, chaque année, il se verra rembourser 20 % du
principal. De fait, le montant des intérêts versés ira en diminuant.

➢ Remboursement in fine : La modalité permettant à l'obligataire de se garantir de la régularité des


intérêts versés tout au long de la durée de vie de l'obligation. En effet, la totalité du principal est
remboursée In Fine, c'est à dire en intégralité le dernier jour.

3. Classement des obligations :

Par type d'émetteur

Les obligations d’Etat :

Ce sont des titres de créance émis par l’état pour financer ses dépenses en empruntant des fonds sur les
marchés financiers.

Les obligations « corporate » (émises par des entreprises privées).

Ces obligations offrent généralement des taux d’intérêt plus attrayants que les obligations d’Etat, car
elles présentent un risque plus élevé.

Par modalités de versements des intérêts

Les obligations à taux fixe :

Versent un intérêt ou coupon définitivement fixé lors de leur émission, selon une périodicité
prédéfinie, jusqu’à leur échéance.
Les obligations à taux variable :

Génèrent un coupon variable. Pendant toute la durée de vie de l’obligation, le coupon est adapté au
taux en vigueur sur le marché. Pour l’investisseur, cela constitue à la fois une opportunité et un risque.
Elles ont été introduites pour prémunir l'émetteur et le porteur des risques que font courir les
obligations à taux fixe :

Le nominal de ces obligations reste inchangé pendant toute la durée de l'emprunt. Par contre, le taux
d'intérêt varie en fonction des taux des marchés financiers.
Les obligations à coupon zéro :

qui ne donne aucune rémunération pendant la vie entière de titre sauf le principal, donc le rendement
est déterminé par l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente.

Par des modalités particulières.

Les obligations subordonnées

Une obligation subordonnée est une obligation remboursée en dernier lieu en cas de liquidation de la
société et ce, après remboursement des tous les créanciers privilégiés et chirographaires (ne détenant
aucun privilège) mais aussi les détenteurs des obligations ordinaires.

Les obligations convertibles en actions :

Il s’agit d’obligations qui donnent à son détenteur la possibilité, mais non l'obligation, de convertir sa
ou ses créances en un ou plusieurs titres de propriété représentés par une ou plusieurs actions.
Les obligations remboursables en actions :

Il s’agit d’obligations qui, à leur échéance, seront obligatoirement (ou facultativement suivant les
conditions du contrat d'émission) remboursées en actions de la société émettrice selon une parité
définie dans le contrat d’émission.

Les obligations indexées

Les obligations indexées sont des obligations dont le coupon et/ou le remboursement du capital sont
complètement ou partiellement indexés sur une valeur de référence (généralement sur l’inflation).

4. Risques liés à une obligation.

Le placement obligataire est un investissement relativement stable mais il n’est pas dénué de risque.
On distingue trois types de risques : Le risque de taux, le risque de liquidité et le risque de défaut

• Le risque de taux :

Les obligations sont des titres financiers sensibles aux variations des taux d’intérêt. La valeur d’une
obligation à taux fixe évolue en sens inverse des taux d’intérêt, ainsi : En cas de hausse des taux, le prix
des obligations à taux fixe baisse. En effet, les obligations anciennes qui versent donc un intérêt moins
élevé par rapport à de nouvelles obligations émises (de même maturité) deviennent moins
intéressantes et ne trouvent preneurs sur le marché qu’à condition que leur prix baisse (décote).
Lorsque les taux d’intérêt baissent, la valeur des obligations anciennement émises augmente car
elles offrent une rémunération plus attractive que les nouvelles et peuvent ainsi être revendues au-
dessus de la valeur nominale. Cette sensibilité aux évolutions de taux est d’autant plus grande que la
durée résiduelle de l’obligation est longue.
• Le risque de liquidité

La valeur d’une obligation varie en fonction de l’offre et de la demande. Le marché obligataire est un
marché beaucoup moins liquide que le marché réglementé des actions, c’est-à-dire qu’il y a moins
d’échanges. L’investisseur qui souhaite revendre son obligation avant l’échéance peut rencontrer des
difficultés à trouver une contrepartie prête à racheter son titre.

• Le risque de défaut

Le remboursement de l’obligation dépend de la capacité de l’émetteur à faire face à ses engagements.


Le risque de défaut est le risque lié à la solvabilité de l’entité qui a émis les titres. Il est quasi nul dans le
cas des obligations émises par les principaux Etats. Le risque de défaut est suivi, notamment, par des
sociétés spécialisées appelées « agences de notation » qui évaluent la qualité financière des sociétés ou
de leurs produits et les classent selon leur niveau de risque. Les obligations émises par des entités
susceptibles d’avoir plus de difficultés à rembourser leurs dettes sont plus risquées et doivent, pour
attirer les investisseurs, offrir en contrepartie un rendement supérieur pourrémunérer ce risque.
II. Evaluation des obligations

1. valeur fondamentale d’une obligation

Comme tout actif financier, la valeur d’une obligation correspond à la valeur actualisée de ses flux futurs
(coupons et prix de remboursement, PR) au taux du marché (taux de rendement du marché r).

Elle s’appelle aussi la valeur théorique ou le prix théorique d’une obligation, et elle se détermine en
actualisant au taux du marché tous les flux futurs relatifs à cette obligation, y compris les coupons et la
valeur de remboursement à l’échéance.

En cas des coupons constants :

Exemple : Considérons une obligation ALPHA remboursée au pair et in fine, de maturité de 4 ans avec
une valeur nominale de 1200 MAD et un taux d’intérêt nominal de 6%. Le taux d’intérêt du marché est
de 8%.

La valeur de l’obligation =

Donc 1120,5 représente la valeur des obligations à la date d’émission.

2. Cotation boursière d’une obligation

Si l’obligataire envisage de céder son titre avant sa date d’échéance, nous serions amenés à déterminer
la valeur boursière de l’obligation qui va etre certainement différente de sa valeur théorique.

La valeur d’une obligation n’est pas liée aux aléas de performance économique de l’émetteur
(emprunteur), étant donné que cette obligation assure des coupons, généralement, à intérêt fixe,
cependant,

De même, les obligations émises par les entreprises sont hétérogènes, du fait qu’elles diffèrent selon
leur valeur nominale, la valeur de leur taux d’intérêt et leur maturité. Ainsi, pour rendre homogène la
cotation des obligations échangées sur le marché financier et assurer une comparaison pertinente, on
effectue des opérations de standardisation (rendre la valeur en pourcentage).

A. Définition

La cotation boursière d’une obligation est exprimée en pourcentage, par le rapport entre sa valeur
nominale et sa valeur de marché.

Avec :

• 𝐶𝑡 : le cours de l’obligation à l’instant t


• 𝑉𝑡 : la valeur du marché de l’obligation à l’instant t
• 𝑉𝑛 : la valeur nominale.

Exemple : soit une obligation β de valeur nominale de 500 MAD, avec un taux d’intérêt de 5%, et
une maturité de 3 ans, le taux d’intérêt du marché est de 7%.Le cours de l’obligation β est :

Donc la valeur s’est dépréciée parceque le taux de marché est important que le taux d’intérêt
nominal.

B. Valeur du coupon et de l’obligation

Sur le marché secondaire, les obligations sont cotées en pourcentage de leur valeur nominale au pied du
coupon, c’est-à-dire sans tenir compte des intérêts courus non échus entre le dernier versement du
coupon et la date de cotation. Ainsi, la valeur de l’obligation est égale à celle de l’obligation au pied du
coupon car cette dernière constitue les futurs flux actualisés générés par l’obligations à cette date.
Néanmoins, la valeur globale de l’obligations inclut la valeur de l’obligation au pied du coupon et la
valeur des intérêts courus.

Les intérêts sont calculés au prorata temporis en retenant le nombre de jours exacts séparant la date
de négociation (date de cotation) et la date du versementdu dernier coupon.

Exemple : on reprend le cas de l’obligation β, et supposons qu’elle est émise le 20/03/2012, et


remboursée in fine le 20/03/2017 (durée de vie de 5 ans).
➢ Calculons la valeur du coupon couru au 06/10/2014 :

Coupon couru=
En plus, la valeur du coupon couru doit être exprimée en pourcentage du nominal pour que
l’obligation puisse être cotée.

Le coupon couru en pourcentage du nominal est=


➢ Calculons maintenant le cours de l’obligation β (cotation au pied du coupon) toujours à la
même date :

Cours au pied du coupon=

Le cours de l’obligation en pourcentage est=


Ainsi, la valeur totale de l’obligation est = (98,33% + 2,74%) x 500 = 505,35 MAD

Pour récapituler, la valeur totale d’une obligation s’écrit comme suit :

(Valeur de cotation en % + coupon couru en %) x valeur nominale

3. Rendement d’une obligation

La mesure du rendement de l’obligation peut être effectuée par deux taux, soit le taux de rendement
actuariel (Yield to maturity), ou le taux de rendement courant (Current yield).

le taux de rendement courant :

Il s’agit de mesurer le rendement réalisé sur le coupon d’une obligation en tenant en compte son
cours boursier :

Rendement courant =
Le taux de rendement actuariel

Le taux actuariel brut (yield to maturity-YTM) représente le taux de rendement de l’obligation pour celui
qui l’achète aujourd’hui et la conserve jusqu’à sa date d’échéance. Ce taux peut se calculer à l’émission
mais également à tout moment après. À l’émission, le taux actuariel est différent du taux nominal si
l’émission et/ou le remboursement ne se font pas au pair. Ce taux actuariel (y) se calcule comme étant
le taux qui égalise le prix à payer (donc intérêts courus inclus) et la valeur actualisée des coupons et du
prix de remboursement (PR),

Prix de marché de l’obligation :


III. Mesures et gestion de risque des obligations

L’investissement en obligations a longtemps été considéré comme l’un des plus sûrs, surtout si l’on
conserve les titres jusqu’à l’échéance. Il comporte néanmoins un certain nombre de risques.

On a vu que le prix de marché d'un titre obligataire réagissait en sens inverse à l'évolution des taux.
Les obligations sont des titres financiers sensibles aux variations des taux d’intérêt. La valeur d’une
obligation à taux fixe évolue en sens inverse des taux d’intérêt, ainsi :
 En cas de hausse des taux, le prix des obligations à taux fixe baisse. En effet, les obligations
anciennes qui versent donc un intérêt moins élevé par rapport à de nouvelles obligations émises (de
même maturité) deviennent moins intéressantes et ne trouvent preneurs sur le marché qu’à condition
que leur prix baisse (décote);

 Lorsque les taux d’intérêt baissent, la valeur des obligations anciennement émises augmente car
elles offrent une rémunération plus attractive que les nouvelles et peuvent ainsi être revendues au-
dessus de la valeur nominale.

Toutefois ce risque est limité ; si le détenteur de l’obligation a décidé de la garder jusqu’à son
expiration, il est absolument certain de percevoir la valeur de remboursement. C’est seulement si la
durée de détention n’est pas égale à la durée de vie de l’obligation qu’existe un risque sur la valeurde
l’obligation.

Ensuite, la volatilité de la valeur de l’obligation est autant plus forte que la durée restante à courir est
plus élevée, de ce point de vue, les placements obligataires à long terme sont intrinsèquement plus
risqués que les placements à court terme. Il est nécessaire donc de mettre en place des indicateurs
permettant de mesurer à quel niveau une obligation sera sensible à la variation du taux d’intérêt du
marché (sensibilité et duration).

1. La sensibilité

La sensibilité d’un titre peut être définie comme la variation de son cours induite par un variation
donnée du taux d’intérêt sur le marché. En d’autres termes, c’est le degré d’exposition d’une obligation
aux conséquences d’une fluctuation des taux.

La sensibilité représente la variation instantanée du cours de l’obligation provoquée par la variation, à la


hausse comme à la baisse, de 1% du taux du marché. Une sensibilité de –3 signifie qu’une variation de
taux de 1% induira une variation du cours de l’obligation de 3% en sens inverse (baisse du cours de
l’obligation de 3% pour une hausse de taux de 1% ou hausse du cours de 3% pour une baisse de taux de
1%).
On appelle :

• V : la valeur de l’obligation
• n : année
• 𝐹𝑡 : Flux de l’obligation à l’année t
• T : l’échéance de l’obligation (maturité)
• V=∑(1 + 𝑟)-n : la valeur de l’obligation à la date d’évaluation.

Pour calculer la sensibilité nous avons se servis de la méthode de dérivée. Ainsi, nous allons faire la
dérivée de la valeur de l’obligation à la variation du taux d’intérêt :

Pour mettre en évidence le vrai sens de variation de la valeur de l’obligation, il faut tenir compte la
convexité de la fonction de la valeur d’obligation.

V
La courbe dont la
décroissance est irrégulière

R
La sensibilité est un paramètre non négligeable dans la gestion d’un portefeuille d’obligations à taux fixe :

- si l’investisseur anticipe une baisse des taux d’intérêt, le cours des obligations va augmenter. Il lui est
conseillé de choisir des obligations à forte sensibilité pour maximiser les gains en capital sur son
portefeuille ;

- si l’investisseur anticipe une hausse des taux d’intérêt, le cours des obligations va diminuer. Il lui est
conseillé de choisir des obligations à faible sensibilité pour limiter la perte en capital sur son
portefeuille.
• Exemple : Soit une obligation VN=1000, taux d’intérêt facial= 5%, n=3ans, r=6%.
La valeur de l’obligation est : 973,27

On remarque que lorsque le taux d’intérêt augmente de 100 points de base passant de 5% à 6 %, la
valeur de l’obligation diminue de 2,69%.

2. La duration

L'analyse de la duration permet de quantifier le risque des taux des obligations, à savoir, dans quelle
mesure une obligation sera touchée par une variation du taux d’intérêt.

Donc, si les taux de marché augmentent, la valeur des obligations que l'investisseur détient en
portefeuille diminue. S'il les revend, il génère une perte en capital.

Cependant, ces obligations lui paient des coupons, qu'il va pouvoir réinvestir à un taux plus avantageux
que l'investissement initial. Au bout d'un moment, le gain sur le réinvestissement des coupons va
compenser la perte en capital. Réciproquement, si les taux de marché diminuent, le réinvestissement
des coupons ne pourra être fait qu'à un taux moins avantageux que les obligations déjà détenues en
portefeuille.

Néanmoins, la valeur de marché de ces dernières augmente, générant un gain en capital. De la même
manière, ce gain va au bout d'un certain temps compenser la perte sur le réinvestissement des
coupons.

On voit que quand les taux varient, il y a un jeu de balancier entre le gain ou la perte en capital et la
perte ou le gain sur le réinvestissement de coupons, et qu'il existe une durée de détention "idéale" au
terme de laquelle les deux effets se compensent. Cette durée de détention s'appelle la duration.

Chaque date est pondérée par la valeur actuelle de l’annuité correspondante. En d’autres termes, Elle
se calcule en pondérant les différentes périodes de versement des coupons (1 an, 2 ans, etc.) par le
montant actualisé des coupons et du prix de remboursement. Plus la duration est élevée, plus l’impact
sur les titres sera fort.
Si on appelle :

• V : valeur de l’obligation
• n : année
• F : Flux de l’obligation à l’année t
• T : l’échéance de l’obligation (maturité)

σ𝑡=1𝑛 ∗ 𝐹𝑇(1 + 𝑟ሻ−𝑛 −𝑛


1
𝐃= = ෍𝑛 ∗ 𝐹𝑇(1 + 𝑟 ሻ ∗
σ𝑡=1𝐹𝑇(1 + 𝑟ሻ−𝑛 𝑉
𝑡=1

Si l’investisseur souhaite minimiser le risque de taux, il choisira des obligations à duration faible.

• Exemple :

On reprend l’exemple précédent, VN=1000, taux d’intérêt facial= 5%, n=3ans, r=6%.

Donc il faut attendre 2 ans et 10 mois pour annuler le risque et céder le titre sans subir une perte sur la
valeur de l’obligation
En gros, il y a deux facteurs déterminants : la durée de vie résiduelle ou maturité de l'obligation, et le
montant du coupon ou taux facial :

• Plus la maturité est élevée, plus le prix de marché de l'obligation réagit fortement à une variation du
taux actuariel.

• Plus le coupon est faible, plus le prix de marché de l'obligation réagit fortement à une variation du taux
actuariel.

Une maturité et un coupon faible constituent des indices à une forte réaction inverse du prix de marché
de l’obligation par rapport au taux actuariel car puisque l’obligataire va attendre trop long pour être
remboursé avec l’encaissement des coupons faibles au fur et à mesure donc logiquement la demande
sur ces obligations va être certainement faible et donc une baisse considérable de la valeur de ces
dernières.

3. La relation entre sensibilité et duration

C’est à Fisher, en 1966, que l’on doit la relation liant la duration à la sensibilité d’une obligation. Plus la
duration est importante plus que la sensibilité devient importante.

On peut aussi écrire la formule de la manière suivante :

𝐷 = −𝑠 (1 + 𝑟)
4. La stratégie des investisseurs

La stratégie de l’investisseur dépend de son objectif :

- soit l’investisseur ne souhaite pas courir de risque et choisira de conserver ses obligations jusqu’à
leur échéance;

- soit il souhaite dégager des plus-values et cédera ses obligations avant l’échéance en anticipant sur
l’évolution des taux qui influe sur le cours des obligations :

• s’il anticipe une baisse des taux, il achètera des obligations aux échéances éloignées,

• s’il anticipe une hausse des taux, il cédera des obligations à échéances lointaines et réinvestira en
obligations à échéances courtes.
IV. Conclusion :

L'investisseur en obligations ne doit jamais se satisfaire de savoir la nature de son obligation, la


méthode de placement de celle-ci ou encore les risques auxquels il se trouve confronté, mais il doit
toujours avoir une idée précise sur les outils de mesure de ces risques et la maîtrise de l'évaluation de
ses obligations permettant de maximiser le plus possible son rendement et ainsi réduire le risque.

En effet, la gestion obligataire a évolué avec le temps ; il ne s'agit plus, pour les investisseurs, de
choisir la dimension de leur portefeuille et de maîtriser les outils actuariels classiques tels que la
duration ou la sensibilité d'une obligation au taux d'intérêt, mais bien plus encore, l'appréhension d'une
modélisation efficace de la courbe des taux d'intérêt s'avère incontournable pour le gérant de
portefeuille obligataire.

Toutefois, le processus de gestion obligataire repose sur des stratégies bien spécifiques qui doivent
être appréhendées par l'investisseur dans un raisonnement hiérarchique bien organisé et suffisamment
structuré. Souvent, la pertinence des choix des investisseurs dépend fortement des stratégies
entreprises, il s'agit de cibler la stratégie la plus adéquate en fonction des situations pendant un horizon
d'investissement déterminé.

Vous aimerez peut-être aussi