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Identification et classification des risques selon la typologie des entreprises

Conference Paper · April 2012

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Congrès International en Génie Industriel et Management des Systèmes, FST Fès, 18‐19 avril 2012 

Identification et classification des risques


selon la typologie des entreprises
Mephtaha GUENNOUN* - Abdennebi TALBI**

*Doctorante, Laboratoire de Productique, Energétique et Développement Durable,


Ecole Supérieure de Technologie, Route d’Imouzzer – BP : 2427 – Fès
guennounmephtaha@yahoo.fr
** Professeur à l’Ecole Supérieure de Technologie, Route d’Imouzzer –BP2427–Fès
abdennebi_talbi@yahoo.fr

RÉSUMÉ. Dans les différents domaines et essentiellement le secteur industriel, les accidents
et les imprévues sont de plus en plus inacceptables. Les décideurs trouvent des difficultés
pour juger l’acceptabilité des risques présents dans leurs systèmes. Ils sont à la recherche
d’outils et de méthodes objectives de gestion et d’évaluation des risques. Ce qui les amène à
dresser et à mettre en œuvre une politique destinée à prévenir les accidents et sinistres ou à
réduire leur impact. Dans cette étude, nous nous intéressons à l’identification des risques
probables. En effet, un risque non identifié ne pourra jamais être géré ou/et maîtrisé.
Dans cet article, nous proposons une démarche de gestion et de prévention des risques
industriels. Pour parvenir à cette fin, nous commençons par l’identification et la
classification des risques et dangers probables selon leurs typologies. Ensuite, et en fonction
du cadre de travail des entreprises, nous les analysons en utilisant les outils d'identification
des risques: l'analyse du passé, les évaluations de l'actuel et les techniques de créativité.
Dans un dernier lieu, nous élaborons une matrice d’occurrence binaire des risques
industriels probables par type de secteurs d’activités (en fonction de la typologie de
l’entreprise). Enfin, une étude de cas est envisagée pour valider la matrice proposée.
ABSTRACT.  In different domains and especially the industrial sector, accidents become
more and more unacceptable. Indeed, the acceptability of risks is very difficult to be judged.
Thus, managers look for objective methods in other to evaluate them, prevent disasters and
reduce their impact. In this study, we will put light on the identification of existing risks. In
fact, each non-identified risk can’t be mastered or/ and controlled.
In this article, we focus on an approach of managing and preventing industrial risks. In other
words, we start this analysis by an identification and classification of hazardous dangers that
probably exist likely based on their type. We analyze them by using identification’s tools
(analysis of the past, actual evaluations and creativity’s techniques). Finally, we develop a
binary matrix which reflects all of those risks according to the company’s province. In the
end, so as to validate this matrix, we propose a case study.
Mots-clés: Risques industriels, danger, Identification, prévention, classification.
Kewords: Industrial risks, danger, identification, prevention, classification.
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1. Introduction

De nos jours, les accidents et les maladies ayant pour origine le milieu
professionnel deviennent de plus en plus graves et leurs fréquences connaissent une
augmentation remarquable. Malgré que certains d’entre eux soient bénins et sans
conséquences mais il existe une partie, qui ne doit certainement pas être négligeable
(grave voire mortelle). Ils peuvent influencer non seulement les ressources
financières, mais aussi sociales et morales.

Les risques professionnels comprennent aussi bien les risques industriels que
ceux dus aux activités professionnelles non industrielles comme les activités de
bureau, des services, des laboratoires, etc.

Chaque activité économique est porteuse de risques qui peuvent menacer


l’entreprise, son fonctionnement, sa rentabilité et/ou son développement. Devant
cette présence continue de risques, les gestionnaires des entreprises qui ont pour but
de satisfaire le public en lui assurant un produit plus sûr, un environnement plus
propre et un niveau de vie plus élevé, doivent identifier les risques encourus par
leurs entreprises, évaluer leurs conséquences ainsi que leurs gravités, et mettre en
œuvre des actions visant à les maitriser et à réduire leurs impacts économique,
humain et physique. Ces trois étapes s’inscrivent dans ce qu’on appelle le processus
de gestion des risques.

2. Présentation de la problématique

Afin de rester compétitives et de pérenniser leurs activités, les entreprises


développent une démarche d’innovation qui vise une intégration de leurs systèmes
de management « Qualité, Sécurité et Environnement » comme voie de
développement durable, sous prétexte que chacun de ces systèmes s’apparente de
près ou de loin à chacun des piliers économique, environnemental et social.
L’utilisation de façon plus ou moins intégrée de référentiels du type ISO 9001 ou
9004 (qualité), OHSAS 18001 (hygiène sécurité), ISO 14001 (environnement), peut
être utile à la mise en œuvre d’une stratégie de développement durable [2]. Pour
certifier la conformité de leurs produits et la satisfaction de leurs clients, plusieurs
entreprises ont mis en place des systèmes de management de qualité totale en
réduisant les coûts de non-conformité pour produire bien d’un premier coup,
certaines d’entre-elles ont appliqué un système de management environnemental en
diminuant l’impact de leurs activités sur l’environnement mais par contre les autres
se sont dotées d’un système de gestion des risques en minimisant les accidents du
travail et les maladies professionnelles et améliorer ainsi les conditions de travail du
personnel.

La gestion des risques est un processus matriciel itératif de prise de décision et


mise en œuvre des instruments qui permettent de réduire à un niveau acceptable
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l’impact des vulnérabilités pesant sur toute entité, en trois étapes principales
suivantes :

1. Identification et classification des risques,

2. Evaluation des risques,

3. Traitement et réduction des risques majeurs.

Il faut se demander alors, comment les entreprises peuvent identifier, classer,


mesurer et appréhender les risques ?

Cet article traite la première étape de la gestion des risques rencontrés et


probables en milieu de travail. Il présente les classifications existantes des risques
professionnels. Ensuite, il décrit les différentes méthodes et techniques
d’identification des risques. Et enfin, il propose une matrice d’occurrence qui intègre
les différents types de risques probables par secteur d’activité d’entreprise.

3. Classification des risques

Un risque est une action entreprise par une personne en espérant d’avoir un gain
mais aussi possibilité de perte.

Les risques spéculatifs et les risques purs ont des effets opposés. En d’autres
termes, les premiers, appelés gain, sont les plus demandés par les entreprises, vus
leurs bienfaits, pourtant, les entreprises craignent les autres, nommés perte, vus leurs
méfaits.

Il existe plusieurs types ou familles de risques qui diffèrent les uns des autres par
leur nature, leur origine, leurs caractéristiques et leurs conséquences, ainsi que leurs
phases de réalisation de projet.

3.1. Classification des risques par nature

Tous les risques, quels que soient leur taille ou leur complexité leur secteur
économique ou industriel, peuvent être classés par nature et origine comme suit :

‐ Risques économiques englobent les risques qui menacent les flux liés au titre
financier et relèvent du monde économique ou réel [9] :
- Changement du niveau de compétition,
- Changement des forces du marché, de l’économie,…
‐ Risques de marché (risques systématiques) sont dû à l'évolution de
l'ensemble de l'économie, de la fiscalité, des taux d'intérêt, de l'inflation... Ils
affectent plus ou moins tous les titres financiers [9] :
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- Risques de change,
- Risques de taux d’intérêt,…
‐ Risques politiques et réglementaires sont les risques liés à une situation
politique ou une décision du pouvoir politique puisqu’ils peuvent influer directement
sur la rentabilité de l’entreprise :
- Changement de gouvernement,
- Changement de législation,…
‐ Risques naturels désignent les risques liés aux phénomènes naturels :
‐ Catastrophes naturelles,
‐ Mouvement de terrain,
‐ Tremblement de terre,
‐ Inondations,…
‐ Risques environnementaux désignent la possibilité de survenance d'incidents
ou accidents générés par l’activité d’une entreprise pouvant avoir des répercussions
nuisibles et significatives sur l’environnement :
- Pollution de l’environnement,…
‐ Risques humains et psychosociaux recouvrent les risques professionnels qui
portent atteinte à l'intégrité physique et à la santé mentale des salariés:
‐ Risques de maladies,
‐ Risques d’accident accru,
‐ Absences répétées du personnel et arrêts de travail.
‐ Risques technologiques :
‐ Apparition de nouvelles techniques et de nouveaux produits,…
‐ Risques logistiques : En fonction du lieu de déplacement :
‐ Risques dus aux déplacements dans l’entreprise,
‐ Risques dus aux déplacements à l’extérieur de l’entreprise.
Au cours de leurs déplacements :
‐ Risques dus aux déplacements piétons,
‐ Risques dus aux déplacements avec véhicules,
‐ Risques dus aux déplacements par des moyens collectifs,
‐ Risques dus aux déplacements des marchandises.
‐ Risques dus à la manutention :
‐ Manuelles (demandant l’effort physique d’un ou plusieurs
salariés),
‐ Mécaniques (des manutentions qui font appel à des équipements
de travail et des installations mécaniques, motorisés ou non).
‐ Risques biologiques et les infections ayant pour origine les micro-organismes
pathogènes rencontrés en milieu industriel.
‐ Risques chimiques sont les dangers que représentent un produit par ses
propriétés chimiques, par ses conditions d’utilisation ou par sa valeur limite
d’exposition professionnelle.
‐ Risques d’intoxication accidentelle ou chronique,
‐ Risques d’incendies ou explosions.
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‐ Risques physiques :
‐ Risques dus aux vibrations mécaniques transmises par les solides et
les liquides,
‐ Risques de surdité : des vibrations mécaniques transmises par l’air,
‐ Risques électriques,…
‐ Risques mécaniques sont la conséquence logistique des principes de base de
la mécanique (dynamique et énergétique) :
‐ Risques de chocs,
‐ Risques d’écrasement,
‐ Risques d’entraînement, de coupure, piqûre, sectionnement,
‐ Risques de projection de solides et de liquides. [7]

3.2. Classification des risques par phases de projet

Tout projet de réalisation d'un système est soumis à des aléas susceptibles ayant
un impact négatif sur le succès global du projet, des résultats spécifiques, ou des
événements pouvant créer des dommages imprévisibles. Ce sont les "risques projet"
[4] qui sont :

‐ Risques des moyens : budget serré…


‐ Risques des ressources humaines :
‐ Compétences de l’équipe,
‐ Absence de motivation de l’équipe.
‐ Risques de la démarche :
‐ Perfectionnisme,
‐ Modifications pendant le développement du projet.
‐ Risques de la planification :
‐ Ressources humaines incapables,
‐ Budgets insuffisants,
‐ Délais sous estimés.
- Risques du management : Le suivi est insuffisant et ne permet pas de détecter
des dérives.

4. Identification des risques

La phase la plus importante dans la gestion des risques est l’identification des
risques qui a pour but de chercher les risques à traiter, en effet un risque non
identifié ne pourra jamais être géré ou/et maîtrisé.
Lors de cette étape, les gestionnaires doivent disposer d’une bonne connaissance
de l’entreprise, son fonctionnement et son environnement pour porter l'attention sur
les causes, les objets de risque, ainsi que sur ses ressources.
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4.1. Questions d’identification des risques

Identifier des risques, c’est donc répondre à ces quatre types d’interrogations en
s'appuyant, en particulier, sur des questionnaires généraux, divers documents
comptables, techniques, juridiques, la visite des sites, le retour d'expérience d'autres
chefs de projet et l'avis d'experts.

4.1.1. Quels sont nos objectifs vitaux?

Les objectifs vitaux ou fondamentaux sont les activités qui justifient l'existence
même de l’entreprise :
‐ Ils peuvent être un produit dans une gamme, un client particulier, la
possession d’un certain savoir-faire, le maintien sur un marché particulier…
‐ Ils peuvent être aussi, un ensemble de considérations éthiques ou sociales.

4.1.2. Quelles sont les ressources qui nous permettent aujourd'hui d'atteindre ces
objectifs ?

Par ressources (figure1) on entend, bien sûr, les matériels, équipements,


systèmes d’informations, mais aussi les hommes et leur compétence, les moyens
financiers, ainsi que l’organisation de l’entreprise. En effet, une entreprise est une
combinaison dynamique de [1]:

‐ Ressources humaines,
‐ Ressources financières,
‐ Ressources techniques.
L'ensemble de ces ressources doit être réuni et surtout disponible pour définir
correctement les objectifs de l'organisation.

Figure 1. Ressources de l’entreprise pour atteindre ses objectifs fondamentaux 


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4.1.3. Quelles seraient les conséquences de l’indisponibilité de chacune de ces


ressources?

Les risques à traiter, en priorité, sont ceux qui affectent les ressources
névralgiques critiques (gravité élevée) dont l’indisponibilité est temporaire ou
définitive, partielle ou totale car elles affectent gravement les objectifs de
l’entreprise.

Généralement, on réalise l'analyse sur l'ensemble des ressources, afin de prendre


le maximum d'informations et d'essayer d'identifier les gravités élevées.

4.1.4. Quelles sont les sources de risques pouvant affecter nos ressources
perceptibles?

Une ressource critique est à la fois perceptible « névralgique » et sensible


« vulnérable » (figure 2). Identifier une ressource perceptible repose surtout sur la
connaissance de l'entreprise. Une ressource sensible requiert une méthode et une
habitude que seul un professionnel de la gestion des risques peut apporter.

Figure 2. Sources de risques affectant les ressources de l’entreprise 

4.2. Techniques d’identification de risque

L’analyse du passé, l’évaluation de l’actuel et les techniques de créativités


(l’avenir) sont autant de techniques qui peuvent aider à répondre aux questions
précédentes (IV.1).
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4.2.1. L’analyse du passé

L’analyse du passé implique de prendre en compte ce qui est arrivé auparavant


dans la même situation ou dans une situation comparable. Pour ce faire, il faut se
baser sur des points de référence bien définis pour s’assurer que les situations sont
vraiment semblables ainsi qu’utiliser son discernement pour filtrer l’information et
retenir seulement les risques qui s’appliquent.
Pour chaque cas, il faut se demander si les risques passés identifiés pourraient
advenir à nouveau, cette fois-ci.

4.2.2. Les évaluations de l’actuel

Ces outils impliquent une analyse détaillée de la situation présente et son


évaluation par rapport à des schémas, des modèles et des référentiels connus
permettant de révéler les domaines d’incertitude. Contrairement à l’analyse du
passé, les évaluations de l’actuel ne se servent pas de références antérieures, elles se
basent uniquement sur les données de la situation telle qu’elle existe.

4.2.3. Les techniques de créativité

Il existe plusieurs méthodes qui incitent les participants à se servir de leurs


imaginations pour découvrir des risques qui pourraient influer sur la réussite de leurs
objectifs. Ces techniques dépendent de leurs capacités à la réflexion créative,
individuellement ou en groupe, leur succès dépend souvent de la qualité de
l’animateur. [3]

Mais, chaque outil d’identification des risques a ses forces et ses faiblesses, et
aucune technique ne peut à elle seule servir à révéler tous les risques identifiables.
Parce que l’analyse du passé ne peut être valable que si la situation antérieure est
bien comparable, la même chose pour les évaluations de l’actuel qui dépendent
étroitement de la qualité du processus d’analyse et de la capacité des participants à
comprendre ce qui se passe réellement et finalement les techniques de créativité qui
ne peuvent réussir que si les participants sont capables d’imaginer l’avenir.

La meilleure solution, alors, pour identifier les risques est de se servir d’un
mélange de techniques, une de chaque catégorie, le passé, le présent et le futur. Il
peut s’avérer utile d’utiliser une liste de contrôle des risques (analyse du passé), avec
une analyse des hypothèses (évaluation de l’actuel) suivi d’un remue-méninge
(créativité) [3].

Les sources d’informations qui peuvent être utiles dans cette démarche sont
multiples. Nous en retiendrons trois principales.

‐ Contrôle, visite, inspection et observation « l’importance de


l’observation ».
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‐ Entretiens, sondages et enquêtes « l’importance du recensement ».


‐ L’analyse de l’historique, le retour d’expériences et la traçabilité
« l’importance de capitalisation et de réutilisation ». [8]

Une bonne pratique est d’impliquer dans chaque technique des parties prenantes
différentes, de préférence par groupes, pour obtenir des points de vue différents.

Toute organisation qui se fierait à un seul point de vue ou qui n’utiliserait qu’une
seule technique d’identification aurait de fortes chances d’ignorer des risques
importants et de s’exposer ainsi à des menaces qui auraient pu être évitées
d’opportunités potentielles qui pourraient être saisies. Des points de vue multiples
donnent une plus large perspective des événements qui pourraient agir sur les
objectifs, ce qui permet de mieux identifier les risques.

5. Hiérarchisation des risques

Tous les risques identifiés et repérés peuvent être mesurés par deux
caractéristiques :
‐ La fréquence d'apparition (Probabilité d’occurrence),
‐ La gravité de leurs conséquences.

Nous pouvons alors déterminer les combinaisons (risque / gravité / fréquence)


acceptables.

Figure 3. Matrice probabilité-gravité [5]


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Avec :
A : risque se produisant plusieurs fois dans un atelier.
B : risque pouvant se produire dans un atelier.
C : risque déjà arrivé dans une entreprise similaire.
D : risque déjà arrivé dans l’industrie.
E : risque jamais arrivé dans l’industrie.

Chaque entreprise doit focaliser son attention sur les risques de catégorie2
(figure3). Il est possible d’anticiper ici sur la présentation des instruments de
traitement des risques. Les gestionnaires s’efforcent de réduire les risques de
catégorie2 par la prévention, la protection et autres modes de contrôle alors que la
suspension et la suppression s’appliquera surtout à la catégorie3.

6. Matrice d’occurrence binaire des risques probables par type de


secteur d’activités

Tous ces risques n’ont évidemment pas la même acuité, Certains sont
négligeables pour une entreprise, majeurs pour une autre.
Alors, l’objectif de cette partie est d’élaborer une matrice d’occurrence binaire
rassemblant les différents risques et les secteurs d’activités (typologie de chaque
entreprise). Les colonnes représentent les risques et les lignes représentent les
secteurs d’activités.

L’exploitation de cette matrice s’effectue en positionnant les éléments de la


matrice à « 0 » ou « 1 » :
1 : Le risque probable existe dans le secteur d’activité.
0 : Le risque probable n’existe pas dans le secteur d’activité.
Congrès International en Génie Industriel et Management des Systèmes, FST Fès, 18‐19 avril 2012 
Risques

Risque économique

Risque mécanique
Risque biologique
Risque logistique

Risque électrique
Risque chimique
environnemental

Risque physique
Risque naturel

technologique
psychosocial

manutention
Risque de
Secteur

Risque

Risque

Risque
d’activité

Secteur 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
agroalimentaire

Agriculture 1 1 1 1 1 1 1 0 0 0 1 1

Secteur industries 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1
d’extraction

Manufacturière : 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
(automobile,
métallurgie,
machines)

Textile 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1

Chimique, 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
pharmacie,
pastique,
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pétrochimique

Bâtiment et génie 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
civil

Electronique, 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1
Electrique

Aéronautique 1 1 1 1 1 1 0 0 1 1 1 1

Maritime 1 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1

Informatique 1 1 0 1 1 0 0 0 0 0 0 1

Service (bureau) 1 1 0 1 0 0 0 0 1 0 0 1

Secteur logistique 1 1 1 1 0 1 1 0 0 0 0 0

Nucléaire 1 1 1 1 1 1 0 0 1 1 1 1

Laboratoire 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1
chimique,
biologique, ou des
essais mécaniques

Matrice d’occurrence binaire des risques probables par type de secteur d’activités
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Les risques professionnels, comme cités dans les paragraphes précédents, sont
nombreux et variés, et leur détection reste difficile d’une entreprise à une autre. Les
techniques d’identification des risques sont incertaines pour quelques entreprises vu
la difficulté de déceler l’existence des risques présents, le manque des sources
d’informations et la longue étude par rapport au temps que nous sommes censés de
faire (voir paragraphe 4.2).

Pour faire face à cette situation, il convient d’élaborer cette matrice d’occurrence
binaire permettant d’identifier les risques probables de chaque secteur d’activité
d’entreprises sans faire appel aux techniques précédentes.

7. Etude de cas

Afin de valider l’étude proposée, nous prenons comme étude de cas


l’identification des risques industriels dans le service logistique au sein d'une
multinationale.

7.1. L’analyse du passé

Les risques passés identifiés dans le service logistique sont ceux dus à la
manutention, tel (figure 4) :
- Décrochage de la charge : ce type d’accident est dû essentiellement à un
mauvais élingage et une mauvaise maitrise des règles.
- Rupture d’élingage: Ce type d'accident arrive malheureusement très souvent
et provoque de graves conséquences humaines et matérielles.
La cause est souvent la rupture de l'attache qui est due soit à une mauvaise
connaissance sur l'utilisation du matériel d'élingage, soit une défaillance de l'anneau
de levage de la pièce à soulever.
‐ Ecrasement de la victime : l’écrasement ou le choc de la victime entre une
charge ou l’obstacle est une cause très fréquente d’accidents. Elle concerne le
conducteur, l’élingueur, la personne qui guide la charge ou une personne non
impliquée dans l’opération de levage.
Ce risque est dû au déplacement de la charge dans un environnement encombré.
- Blessure des élingueurs (coincement, écrasement, électrisation, etc.) : le
matériel de manutention installé à proximité d'une ligne à haute tension doit
respecter des règles de sécurité strictes. Une distance minimale doit être laissée entre
les éléments mobiles du matériel de manutention (câble, charge, structure de la grue)
et la ligne électrique. Cette distance est plus ou moins importante en fonction de la
puissance. Le contact direct ou une approche de cette ligne peut présenter un danger
mortel pour les personnes se trouvant à proximité.
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- Chute de charge : la chute de la charge est la cause la plus fréquente


d’accidents. Elle est due à un mauvais élingage de la charge, à une conduite
inappropriée ou à une rupture mécanique.

Type d'accidents
Décrocharge de charge

13% Rupture 
d'élingue, crochet, accessoires 
5% ou anneau
Ecrasement de la victime
40%
6%

Coincement main ou vras 
entre charge et élingue
14%
Chute d'une partie d'une 
charge fractionnée
22% Autre

Figure 4. Historique des Accidents produits au service logistique jusqu’au 2009[6]

7.2. Les évaluations de l’actuel (existant)

Dans la situation actuelle, les risques identifiés sont dus, aussi, à la manutention,
mais dans ce cas nous trouvons (figure 5):
- Rupture de la flèche ou de la tourelle : ce genre d’accident est fortement lié
à l’état mécanique inadéquat du matériel de manutention, ainsi qu’à une mauvaise
maitrise des règles d’élingage (surcharge) ;
- Heurt de personnes : ce type d’accident est fortement lié au non respect de
la distance entre la charge et un obstacle (balancement).
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Type d'accidents
décrochage de la charge

14% Rupture de la flèche ou de la 
29% tourelle
14% Chute de la charge

14% Ecrasement de la victime
29%
Heurt des installations par 
flèche

Figure 5. Historique des Accidents produits au service logistique au cours de 2010-2011 [6]  

7.3. Les techniques de créativité

Il existe cependant de fortes possibilités pour que ce secteur soit menacé par
d’autres risques, comme :

‐ Risques économiques :
- Changement des forces du marché.
‐ Risques naturels :
‐ Catastrophes naturelles,
‐ Affaissement du sol,
‐ Vent fort,
‐ Inondation.
‐ Risques environnementaux :
- Pollution de l’environnement.
‐ Risques logistiques :
- Accidents des véhicules (camions, voiture, matériel de manutention)
dus à une erreur de conduite par exemple.
‐ Risques dus à la manutention :
- Renversement des engins de manutention, qui peut être du à une
surcharge.
‐ Risques humains et psychosociaux :
‐ Risques d’accident accru,
‐ Absences répétées du personnel et arrêts de travail.
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8. Conclusion

Nous avons présenté une classification des différents types de risques rencontrés
par les travailleurs et les gestionnaires dans le cadre de l’exercice de leurs activités
professionnelles. D’une part, nous les avons identifié par ordre chronologique
(passé, présent et futur) d’autre part, nous les avons hiérarchisé et mesuré par les
deux caractéristiques (probabilité d’occurrence et gravité des conséquences).
Ensuite, nous avons élaboré une matrice d’occurrence binaire contenant chaque
risque avec sa possibilité d’existence dans les différents secteurs d’activités.

La matrice binaire proposée renseigne sur l’existence ou non des risques. Afin
d’enrichir d’avantage cette matrice, nous envisageons de faire appel à d’autres
méthodes qui permettent de définir l’acuité exacte de chaque risque.

Bibliographie

[1] B. BARTHELEMY, J. QUIBEL, Gestion des risques de l’entreprise, AG1 100,


2000.

[2] C. BRODHAG, N. GONDRAN, K. DELCHET : Du concept à la mise en œuvre


du développement durable : théorie et pratique autour de guide SD21000. Revue
VERTIGO, Novembre 2004.

[3] D. HILLSON, Les Trois Temps de l’Identification des Risques: le Passé, le


Présent et le Futur, 2006.

[4] F. MASROURI, A. PANTET, Classification des risques, éditeur : Université de


Bordeaux I, UNIT 2009.

[5] J. BOISNARD, M. PETIT, R. BARTHE, Risques Industriels Technologiques,


2010.

[6] M. GUENNOUN, S. AMEQRANE, 2011. Projet de fin d’Etudes. Etude


technico-économique comparative entre l’utilisation des grues et l’utilisation des
palans électromécaniques, pour les interventions de manutention aux ateliers
phosphoriques et engrais, ENSA de Fès.

[7] N. MARGOSSIAN, Risques professionnels, 2ème éditions, Dunod, 2006.

[8] O. HASSID, La gestion des risques, 2ème éditions, Dunod, 2008.

[9] P. VIRNEMEN, Lexique de finance « Risque économique », VIRNEMEN 2012.

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