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Chapitre 2 :

Le transport au Maroc
Introduction

le Maroc accorde un intérêt particulier au secteur des transports et œuvre tant


au développement des infrastructures qu’à la mise à niveau des services de
transport.

Le Maroc a besoin d’un secteur de transport concurrentiel, dynamique en


mesure d’accompagner les chantiers structurants engagés dans le Royaume.

Durant les deux dernières décennies, l’effort consenti dans le secteur a en


permis un développement appréciable qui se mesure par l'extension des
routes, des autoroutes, des voies ferrées et l’expansion des transports
maritimes et aériens.
Introduction

Des investissements structurants


en infrastructures de transport

Au cours des deux dernières décennies, le développement des


infrastructures de transports :une priorité nationale de premier ordre.

Une mobilisation soutenue des investissements publics pour le


financement des infrastructures (66,6 milliards de dhs en 2018 contre 32
milliards de dhs en 2005)

Un investissement massif qui a permis la réalisation de plusieurs projets


structurants couvrant des secteurs aussi névralgiques que ceux des routes,
des autoroutes, des ports et des aéroports.
Introduction

Des investissements structurants


en infrastructures de transport

Répartition des investissements en infrastructures de transport


entre 2012 et 2016 (Source: METL)
I. Transport routier

Infrastructure et poids économique


Le transport routier joue un rôle central et prépondérant dans l’économie du Royaume:
il assure 90 % du transport de personnes et 75% du transport de marchandises.

6% 9% 40%

10%
15%
I. Transport routier
I. Transport routier

Infrastructure et poids économique

Un secteur budgétivore : 62 Milliards de dirhams investis entre 2008 et 2018.


L’investissement public dans le secteur routier a connu une nette
évolution, en passant de 20,2 Milliards Dhs pendant la période 2008-2011 à
33,3 Milliards Dhs durant la période 2012-2016.
I. Transport routier

Infrastructure et poids économique


Le réseau routier marocain, géré par le Ministère de l’Equipement, du Transport, de la
Logistique et de l’Eau, est classé en quatre catégories : autoroutes, routes nationales
(R.N), routes régionales (R.R) et routes provinciales (R.P)
ROUTES
Le réseau routier classé totalise un linéaire approximatif de 57 334 km dont:
 15 782 km de R.N.,
 11.157 km de R.R., et
 30.395 km de R.P..
Ces efforts en matière d’aménagement des routes s’inscrivent dans le cadre de deux
grands programmes nationaux pour le développement des routes rurales (PNRR I et
PNRR II) lancés sur les deux périodes consécutives 1995-2005 et 2005-2015.
Les PNRR se sont fixés pour principal objectif de réduire le désenclavement du
monde rural et d’améliorer les conditions socioéconomiques de la population
rurale. Le taux d’accessibilité de la population rurale est passé de 54% en 2005 à 80 %
en 2015.
I. Transport routier

Infrastructure et poids économique


AUTOROUTES
 Chantier hautement stratégique et vecteur de progrès pour le pays.
 le réseau autoroutier national a connu une extension importante pendant
les vingt dernières années : le linéaire des autoroutes en service est
passé de 403 Km en 1999 à environ 1800 km actuellement.
 Toutes les villes de plus de 300.000 habitants sont rattachées au réseau
autoroutier.
 Les autoroutes au Maroc font gagner, en moyenne, 30 minutes par 100
km. Des gains estimés à environ 7 milliards de dirhams par an, soit près
de 0,8 point du PIB.
I. Transport routier

Infrastructure et poids économique

VOIES EXPRESS
 L’aménagement des voies express intervient pour répondre à un besoin
pressant d’augmentation de trafic sur des axes structurants.
 Le Maroc dispose actuellement d’un réseau de 1.340 km de voies express
gratuites en service. Elles totalisent un investissement global d’environ
3,5 Milliards de Dirhams.
I. Transport routier

Parc et mobilité
Au lendemain de l’indépendance, le nombre de véhicules au Maroc était de
l’ordre de 200.000. Un peu plus de cinquante ans plus tard, ce parc est passé
à plus de 4.000.000 de véhicules.
I. Transport routier

Parc et mobilité
La mobilité des marocains au cours de la même période a augmenté à un
rythme important. La circulation routière sur l’ensemble du réseau routier et
autoroutier totalise 99,35 millions véh.km/jour au titre de l’année 2016.
I. Transport routier

Parc et mobilité
I. Transport routier

Mobilité urbaine

Les enjeux liés à la mobilité urbaine et à la gestion du transport public sont au


centre des défis des villes marocaines caractérisées entre autres, par un
étalement croissant.
Les villes marocaines ont connu ces dernières années un processus
d’urbanisation accéléré et surtout non maîtrisé. Cette expansion des zones
urbaines exerce d’immenses pressions sur les systèmes de transports
urbains.

Le transport public désigne au Maroc le transport dont la gestion revient aux


Communes. Il s’agit donc du transport assuré par autobus, auquel le tram vient
de s’ajouter à Casablanca et à Rabat-Salé.
Néanmoins, en ce qui concerne la gestion du tram, elle relève de sociétés
anonymes et non directement des Communes qui sont uniquement associées
dans le Conseil d’administration desdites sociétés.
I. Transport routier

Mobilité urbaine
Quel service rend le transport public?
Jarrett Walker, un consultant américain en politique de transport public affirme
qu’un service utile est celui qui m’amène où je veux aller, quand je veux aller,
dans de bonnes conditions, pour un prix raisonnable et qui me laisse la liberté
de changer de plans.

Le transport public est une composante déterminante de l’attractivité


économique d’une agglomération (accès aux études, à l’emploi, aux hôpitaux,
aux commerces, aux loisirs).

Le transport public est le transporteur majeur de personnes à faible revenu.


I. Transport routier

Mobilité urbaine

Comment les villes gèrent-elles le transport public?


C’est le Conseil communal qui a la compétence de créer et de gérer le
transport public urbain.

Historiquement, le Maroc est passé par plusieurs étapes :


 La création des régies publiques dans les années 1970,
 L’ouverture au privé afin de pallier aux défaillances que connaissaient les
régies de Rabat et de Casablanca au milieu des années 1980.
 En 2006 la loi 54 - 04 relative à la gestion déléguée des services publics
fixe le cadre pour le domaine.
I. Transport routier

Mobilité urbaine

Qu’est-ce que la gestion déléguée?


La gestion déléguée est une forme de partenariat public-privé qui prévoit des
contrats entre une autorité publique et une société privée. L’autorité publique
est généralement composée de Communes mais parfois aussi de Préfectures
et Provinces.
Les sociétés privées signataires peuvent être:
 Des groupes internationaux comme l’espagnol Alsa présent à Marrakech,
Agadir, Tanger et récemment Rabat.
 Des sociétés marocaines comme City Bus Transport (Fès, Tétouan).
 Des groupements maroco-internationaux comme à Casablanca avec la
société française RATP Dev.
I. Transport routier

Mobilité urbaine

Qu’est-ce que la gestion déléguée?


Dans le cadre de la gestion déléguée, l’opérateur se trouve au centre des flux
financiers :
 Gère le service public assumant les frais d’exploitation, la marge de profit et
le financement des investissements.
 Il perçoit directement des usagers ses recettes liées aux tarifs.
 Il reçoit du Ministère de l’Intérieur des subventions pour les populations
concernées (étudiants par exemple).
 Il doit verser à l’autorité délégante une redevance annuelle.
I. Transport routier

Mobilité urbaine

Qu’est-ce que la gestion déléguée?


L’opérateur s’engage à :
 Réaliser des investissements tout au long de la durée du contrat (bus,
notamment).
 Assurer l’équilibre économique à la fin du contrat (avec les coûts
d’exploitation et les coûts d’investissements).

Les contrats durent en moyenne 10-15 ans de façon à donner la possibilité à


l’opérateur de renouveler 2 fois le parc des bus, la durée de vie moyenne d’un
bus étant de 7 ans.
I. Transport routier

Mobilité urbaine

Le tramway: une gestion particulière


Le cadre organisationnel du tramway est spécifique : l’État a créé des sociétés
anonymes en charge de la réalisation des études, de la construction et de
l’équipement des infrastructures (Casa-Transport à Casablanca et la
Société du Tramway de Rabat-Salé à Rabat-Salé-Témara).
Elles sont en charge de la gestion du contrat avec l’opérateur qui lui s’occupe
de l’exploitation du service.
L’infrastructure et le matériel est leur propriété. Elles ont aussi la capacité de
planifier les infrastructures et les grands projets d’équipement liés aux
transports de masse et de suivre la réalisation des travaux.
II. Transport ferroviaire

Evolution du réseau ferroviaire


 La construction du réseau des chemins de fer du Maroc remonte au début du
20e siècle; c’est à partir de 1911 que le premier réseau ferroviaire commence à
se dessiner. Il comptera en 1921 des lignes totalisant près de 1 200 km.
 En 1963, le gouvernement crée l’Office National des Chemins de fer (ONCF),
une entreprise publique, unique opérateur ferroviaire au Maroc.
 L’ONCF est en charge de l’étude, de la construction et de l’exploitation du
réseau ferroviaire national.
 Depuis sa création, l’office a procédé à l’adaptation du réseau ferroviaire
(dédoublement, électrification), la mise à niveau des gares et au développement
du matériel roulant en vue d’améliorer les services offerts.
 Jusqu’en 2004, le développement du réseau ferroviaire marocain est lié au
développement du trafic du phosphate. Mise à part l’action de doublement de la
voie Casa-Rabat inaugurée en 1984 et dédiée essentiellement au trafic de
passagers (train navette rapide (TNR).
 Depuis 2004 et avec le plan de restructuration, le chemin de fer au Maroc
connaît une accélération très notable des investissements touchant la quasi-
totalité des domaines ferroviaires (la ligne grande vitesse reliant Tanger à
Casablanca).
II. Transport ferroviaire

Un réseau en développement
 Le réseau ferroviaire du Maroc est le plus étendu du Maghreb et le
deuxième d’Afrique après celui de l’Afrique du Sud.
 Le réseau national des lignes de chemins de fer a atteint 2 109 kilomètres,
dont 61 sont électrifiées, et 200 kilomètres de Lignes à Grande Vitesse
(LGV).
 Il est constitué de deux axes:
o Le 1er relie la ville de Marrakech au sud à la ville de Tanger au nord via
Casablanca et Rabat.
o Le 2ème relie la ville de Sidi Kacem à Oujda à l’est via la ville de Fès.
 S’ajoutent à ces deux axes, des bifurcations desservant les villes de Safi,
Oued Zem, El Jadida, Jorf Lasfar et Bouarfa.
 Le réseau relie les grandes villes aux principaux ports du Royaume.
II. Transport ferroviaire

Flotte et trafic global


II. Transport ferroviaire

La LGV, un projet structurant


du secteur ferroviaire

 la LGV marocaine, 1ère du genre sur le continent africain, s’inscrit dans le


cadre d’une stratégie volontariste visant à accompagner la dynamique de
développement du Royaume et bâtir les bases d’un moyen de transport
ferroviaire efficace et efficient (le rythme d’investissement a été multiplié par
7, en l’espace de 15).
 Coût : environ 23 milliards de dirhams (environ deux milliards d'euros).
 Financement: le chantier a été financé à 51 % par la France via différents
prêts, à 28 % par l'État marocain et à 21 % par différents fonds arabes
(Arabie saoudite, Koweït, Émirats arabes unis, etc.)
II. Transport ferroviaire

La LGV, un projet structurant


du secteur ferroviaire

 La nouvelle ligne à grande vitesse relie deux grands pôles économiques


Tanger et Casablanca, en apportant une solution convenable et durable à
une demande de mobilité en croissance continue.
 Des temps de parcours considérablement réduits:
o Tanger – Kenitra en 50mn seulement (au lieu de3h15mn),
o Tanger – Rabat en 1h20mn (au lieu de 3h45mn)
o Tanger – Casablanca en seulement 2h10mn (au lieu de 4h45mn).
II. Transport ferroviaire

La LGV, un projet structurant


du secteur ferroviaire

 Depuis sa conception jusqu’à son exploitation, il s’est traduit par des effets
d’entraînements multiples:
o Nouvelles opportunités d’emplois: tant dans la phase d’installation
que dans la phase d’exploitation (2500 emplois directs et indirects
pendant la phase de l’exploitation.
o Accroissement de l’attractivité des régions dans lesquelles
s’installent les gares LGV.
o Un déterminant du choix d’implantation d’entreprises dans la région.
o Une opportunité pour le développement des compétences nationales :
nouvelles technologies, nouvelles compétences: création à Rabat de
l’Institut de Formation Ferroviaire (IFF) au profit des cheminots du
Maroc et création d’une joint-venture pour la maintenance des trains à
grande vitesse, capitalisant sur l’expertise SNCF
III. Transport aérien

Acteurs et capacité
III. Transport aérien

Acteurs et capacité

 Sur le plan organisationnel, le domaine aérien est du ressort du Ministère


de l’équipement et du transport, à travers la Direction Générale de
l’Aviation civile (DGAC) qui a la charge de l’administration du sous-secteur
des transports aériens.
 Ses missions:

o Elle est responsable du fonctionnement général du secteur aérien dont


elle établit la réglementation.

o Elle mène les négociations internationales et veille à l’exécution des


accords internationaux dans le domaine aérien auxquels le Maroc a
adhéré.
III. Transport aérien

Acteurs et capacité

 L’Office National Des Aéroports (ONDA) est un établissement public créé


en janvier 1990 par transformation de l’Office des Aéroports de Casablanca,
premier établissement autonome de gestion aéroportuaire au Maroc.
 Société publique dont le capital est détenu majoritairement par l’Etat
marocain.
 Ses missions:
o Garantir la sécurité de la navigation aérienne au niveau des aéroports
et de l’espace aérien.
o Aménager, exploiter, entretenir et développer des aéroports civils de
l’Etat.
o Former des ingénieurs de l’aéronautique civile, des contrôleurs et des
électroniciens de la sécurité aérienne.
III. Transport aérien

Acteurs et capacité

 La Royal Air Maroc, Compagnie nationale des transports aériens créée


en juin 1957.
 Société publique d’économie mixte dont le capital est détenu
majoritairement par l’Etat marocain.
 La flotte de Royal Air Maroc est jeune avec une moyenne d’âge de 8 ans et
comprend 53 avions.
 Elle dessert 90 destinations (Europe, Amérique, Afrique, Maghreb et MO)
 46% du fret aérien au Maroc.
III. Transport aérien

Acteurs et capacité

 Air Arabia Maroc, une deuxième compagnie privée marocaine a vu le jour


en 2009.
 Une flotte de 5 avions Airbus A320 d’une capacité moyenne de 170 sièges
chacun.
 Elle dessert 90 destinations.
III. Transport aérien

Acteurs et capacité

 Le réseau aéroportuaire du Maroc est constitué de 18 plateformes ouvertes


à la circulation internationale.
 Capacité globale actuelle: 23 millions de passagers.
III. Transport aérien

Trafic de passagers
III. Transport aérien

Connectivité

 Aujourd’hui, le Maroc est le pays africain le plus connecté en termes de


liaisons aériennes. Le Maroc est connecté à 51 pays et 113 aéroports
étrangers via des lignes régulières contre 29 pays et 43 aéroports en 2003.
IV. Transport maritime

Acteurs et infrastructures

 La situation géographique privilégiée du Maroc fait du transport maritime un


mode de transport clé pour le commerce extérieur marocain.
 Le transport maritime représente plus de 95% du tonnage du commerce
extérieur.

 En terme d’infrastructures, le Maroc dispose de 39 ports dont 13 assurent


98% des échanges externes du pays:
IV. Transport maritime

Acteurs et infrastructures

 Les principales entreprises du secteur maritime sont les autorités


portuaires comme Marsa Maroc, qui est la première entreprise du secteur
au niveau national, ou encore l'Agence National des Ports (ANP) et
L’Autorité portuaire de Tanger Med (TMPA).

 Elles sont spécialisées dans l'exploitation de terminaux et quais portuaires.

 9 compagnies maritimes dont 3 marocaines assurent le trafic de


passagers entre les rives marocaines et européennes.

 7 compagnies maritimes marocaines assurent le transport de fret. La


flotte marocaine de transport de fret est constituée de 8 navires actifs.
IV. Transport maritime

Trafic de fret

 L’activité portuaire est concentrée dans le hub portuaire Tanger Med (38%), suivi
du port de Jorf Lasfar (23%) et du port de Casablanca (21%).
 Le flux de marchandises destinées au marché national représente 73% du trafic
transitant par les ports nationaux contre 27% destinées au transbordement.
IV. Transport maritime

Trafic de passagers

 5 millions de passagers ont transités durant l’année 2017 sur les 10 lignes
maritimes reliant le Nord du Maroc et le sud de l’Europe, soit une
augmentation de 8,7% par rapport à 2016 et 22% par rapport 2013 année
de l’ouverture de Tanger Med.
 60 % du trafic de passagers est concentrée sur la période estivale allant du
5 juin au 15 septembre.
IV. Transport maritime

Connectivité

 En terme de connectivité, le Maroc est passé en 2014 du 84ème au 16ème


rang mondial. Actuellement, il est dans le top 20 mondial :
o Tanger Med est connecté à 161 ports et 63 pays des 5 continents.
o Un hub portuaire à la croisée des grandes lignes maritimes.

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