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Interaction Sol-Structure

(+TD)
Dr. Jad Wakim

Département Civil
Automne 2018
Sem IX – Structure
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Interaction Sol Structure – Terre Armée- Sem IX GC ULFGII

Stabilité statique d’un ouvrage en terre armée


Méthodologie de calcul basée sur les coefficients globaux de sécurité

mur végétalisable

Cours établi par :


Dr. Jad WAKIM

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Interaction Sol Structure – Terre Armée- Sem IX GC ULFGII

SOMMAIRE
1. INTRODUCTION ............................................................................................................... 3
2. MONTAGE ......................................................................................................................... 4
3. GEOMETRIE DU PAREMENT .......................................................................................... 5
4. CAS DES CULEES DES PONTS ......................................................................................... 6
5. ELEMENTS DE LA TERRE ARMEE ................................................................................. 7
5.1 PAREMENT EN ECAILLES DE BETON................................................................................... 7
5.2 ARMATURES .................................................................................................................. 8
5.3 REMBLAI ....................................................................................................................... 8
6. DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES ................................................................................... 9
6.1 LONGUEUR DES ARMATURES (PRE-DIMENSIONNEMENT) ..................................................... 9
6.2 FICHE DE L’OUVRAGE ....................................................................................................10
6.3 ESPACEMENT DES LITS DE RENFORCEMENT.......................................................................11
7. VERIFICATION DE LA STABILITE.................................................................................12
7.1 STABILITE INTERNE DE L’OUVRAGE .................................................................................12
7.1.1 LIGNE DE TRACTION MAXIMALE ..................................................................................12
7.1.2 CONTRAINTE VERTICALE ............................................................................................14
7.1.3 COEFFICIENT DE POUSSEE ...........................................................................................16
7.1.4 POUSSEE SUR LE PAREMENT ........................................................................................16
7.1.5 FORCE D’ARRACHEMENT ET RESISTANCE A LA TRACTION ...............................................17
7.2 STABILITE EXTERNE DE L’OUVRAGE ................................................................................18
7.2.1 GLISSEMENT ET RENVERSEMENT .................................................................................18
7.2.2 POINÇONNEMENT .......................................................................................................20

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1. Introduction

La terre armée (ouvrage en remblai) a été inventée en 1963 par Henri Vidal (ingénieur Français). Le
premier ouvrage date de 1965.
Le développement de la terre armée a été tout à fait spectaculaire, elle s’est développée dans le monde
entier ( ≈11 millions de m² ont été construits).

La terre armée est un matériau composite :


• Remblai + armatures métalliques qui résistent à la traction. Ce sont les deux constituants
essentiels de la terre armée,
• Parement formé d’écailles en béton. Les éléments de parement permettent de réaliser des faces
d’ouvrages verticales et inclinées.
En termes d’esthétisme, le parement en écailles de béton offre de grandes qualités architecturales.

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2. Montage

La mise en œuvre de la terre armée s’effectue


par couches successives (37.5 cm d’épaisseur
max environ). Elle comprend les étapes
suivantes :
• Montage d’un niveau d’éléments de
parement,
• Remblaiement d’une couche de sol et
éventuellement avec compactage,
• Pose d’un lit d’armatures et fixation
des armatures sur le parement par
boulonnage.

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3. Géometrie du parement
On distingue :
• Ouvrage de soutènement avec parement à fruit ou un parement vertical sans talus amont,
• Ouvrage de soutènement à parement vertical avec talus amont,
• Ouvrage de soutènement à parement incliné supportant un talus,
• Ouvrage de soutènement à double parement vertical,
Les murs à double parement peuvent avoir des longueurs d’armatures supérieures à leur demi-épaisseur.
Au même niveau, les armatures des deux parements sont, dans la mesure du possible, décalées les unes
par rapport aux autres pour éviter un recouvrement préjudiciable au bon fonctionnement de la terre armée.

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4. Cas des culées des ponts

Les ouvrages en terre armée peuvent être utilisés comme culées d’ouvrages d’Art. Ils sont à la fois
soutènement du remblai d’accès et ouvrages porteurs du tablier.
Dans certains cas, le tablier repose directement sur une pile-culée indépendante du mur en terre armée qui
soutient le remblai d’accès. Ce type d’ouvrage est appelé « culée mixte ».

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5. Eléments de la terre armée

5.1 Parement en écailles de béton

L’écaille standard présente les dimensions schématisées sur la figure ci-dessous.


L’épaisseur actuelle varie de 18 à 26 cm correspondants à un poids total de 1T à 1.5T. Elle est en principe
en béton non armé et peut comporter quatre ou six amorces d’armatures.
Les goujons verticaux assurent la liaison entre les écailles. Des joints horizontaux compressibles sont
placés entre les écailles et donnent au parement une certaine déformabilité.
Il existe des demi-écailles de 75cm de hauteur, utilisées à la base et au sommet du parement. Il existe
également des écailles dont la hauteur varie par marche de 20cm afin de donner à la ligne supérieure du
parement une forme quelconque.
AMORCES

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5.2 Armatures
Ce sont des armatures à haute adhérence qui doivent posséder une bonne résistance à la traction avec une
rupture de type non fragile. Elles doivent avoir un bon coefficient de frottement avec le matériau de
remblai.
Les armatures ont une surface crénelée pour améliorer le frottement sol-armature.
Elles doivent être souples pour permettre une mise en œuvre aisée et doivent limiter la déformabilité du
matériau « terre armée.
Elles doivent avoir une bonne durabilité (acier galvanisé).
Les armatures sont en général des plots de quelques millimètres d’épaisseur et de quelques centimètres de
largeur. (40 x 5 mm ou 60 x 5 mm).
La limite élastique est de 235 MPa à 500 MPa.

5.3 Remblai

Pour les ouvrages courants qui ne sont jamais immergés en eau douce ou en eau saumâtre (eau douce
mélangée d’eau de mer), les caractéristiques mécaniques essentielles sont résumées sur le graphique.
La dimension des plus gros grains ne doit pas excéder 250mm, compte tenu de la faible épaisseur des
couches (0,33 ou 0,375m).
Il convient en outre de limiter la teneur en eau des matériaux sensibles à l’eau, afin d’éviter des difficultés
lors du compactage.
Le coefficient d’uniformité Cu=D60/D10 est supérieur à 2.
L’angle du frottement est souvent pris égal à 360

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6. Dispositions constructives

6.1 Longueur des armatures (Pré-dimensionnement)

Les massifs en terre armée ayant un rôle de soutènement et pour les culées de ponts ont des longueurs
d’armatures supérieures ou égales à 0.7H (H: hauteur mécanique).

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6.2 Fiche de l’ouvrage


A la base du parement, les écailles sont posées sur une simple semelle de réglage en béton ayant en
général une largeur de 0.35m et une hauteur de 0.15m qui vient en supplément de la fiche.
Dans le cas des ouvrages implantés sur des sols en pente, la fiche est comptée à partir d’une banquette
horizontale réalisée en tête de talus et dont la largeur est de l’ordre de 1m.

La fiche doit être déterminée pour éviter le poinçonnement du sol sous le parement et l’effet de gel. En
principe, la fiche (D) est supérieure à 0.4m.
Pour éviter le dépassement de la capacité portante du sol, on utilise la règle suivante :

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6.3 Espacement des lits de renforcement

Le tableau suivant précise l’espacement relatif vertical maximal Sv/Hm des lits en fonction de la longueur
du lit inférieur et de la hauteur mécanique Hm

Lorsque la technologie du procédé impose l'espacement entre lits de renforcements, cette disposition peut
conduire à adopter des longueurs d'armatures bien supérieures aux valeurs habituelles

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7. Vérification de la stabilité

Il s’agit de vérifier simultanément la stabilité interne et la stabilité externe de l’ouvrage.


Les vérifications à réaliser sont :
- Justifications vis-à-vis de la stabilité externe (Glissement sur la base, renversement et
poinçonnement),
- Justification vis-à-vis de la stabilité interne (Résistance des lits de renforcement, interaction sol-lit
de renforcement, justification au parement),
- Justification vis-à-vis de la stabilité globale.

7.1 Stabilité interne de l’ouvrage

7.1.1 Ligne de traction maximale

La ligne de traction maximale est définie de façon unique pour chaque géométrie d’ouvrage.
Elle est représentée sur les figures suivantes.

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Remblai
H=Hm

LB

Sol de fondation

Dans le cas d’un terrain horizontal à l’amont de l’ouvrage, La longueur de chacune des bandes
horizontales dans la zone active « La » est définie de la manière suivante :

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La 
H  Z  ; 0.6 H  Z  H
2
Z
La   0.3H ; Z  0.6 H
6

La longueur dans la zone résistante « Ls » est égale à LB-La. En supposant que toutes les bandes
possèdent la même longueur « LB ».

7.1.2 Contrainte verticale

Terrain horizontal- Surcharge de largeur « a’ »

La contrainte verticale est déterminée de la manière


suivante :
 v z    R .z   v surcharg e
Avec,

 v surch arg e  
q.a'
; Z  2b'
a' z
 v surch arg e  
q.a'
; Z  2b'
z
a'  b'
2
γR : poids volumique du remblai
L’effet de la surcharge est présenté sur la figure
suivante :

Terrain horizontal- Surcharge semi-infinie


Dans le cas d’une surcharge uniforme semi-infinie adjacente au parement, la contrainte verticale à une
profondeur « Z » est la suivante pour la vérification à la traction dans l’acier:
 v  z    R .z  q
Pour l’arrachement :
 v  z    R .z

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Terrain incliné

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7.1.3 Coefficient de poussée

Pour le calcul de l’effort de traction maximal dans les bandes, le coefficient de poussée est déterminé en
fonction de la profondeur « Z » :
K ( z )  K a 1.61  z / 6  z / 6 ; Z  6m
K ( z)  Ka ; z  6m
- Pour un terrain horizontal à l’amont :
K a  tan 2 45   R / 2 

- Pour un terrain incline de “β” à l’amont:

cos   cos2   cos2  R


K a , f  cos 
cos   cos2   cos2  R
φR: angle de frottement du remblai.

7.1.4 Poussée sur le parement


La poussée s’exprime de la façon suivante:
 H z   K ( z ). V Re mblai z    H surch arg e
L’effet de la surcharge est exprimé de la façon suivante:

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 2q
 H surch arg e   M    sin  . cos 2 
 
0.4.b'
M  1.4  1
0.14H
 : angle en radians

7.1.5 Force d’arrachement et résistance à la traction

La force d’arrachement dans chaque bande à une profondeur « z » est :

FR z   2.Ls z .w. v z . * z 


Avec,
w : largeur d’une bande
 *0 6  z  z
 * ( z)    *1 . ; z  6m
6 6
 * ( z )   *1 ; z  6m

φ1,k=φR

L’effort de traction « T » au niveau de chaque bande est :


T z    H z .Sv .S H
Sv et SH sont respectivement les espacements vertical et horizontal des bandes.

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- La justification vis-à-vis de l’arrachement, au niveau de chaque bande, est la suivante :


FR
 1.5
T
- La justification vis-à-vis de la traction dans l’acier au niveau de chaque bande est la
suivante :

0,55. f y .w. t
 1.0
T
7.2 Stabilité externe de l’ouvrage

7.2.1 Glissement et renversement


Cette vérification concerne des bandes de longueur uniforme avec un terrain horizontal à l’amont de
l’ouvrage.

V1.LB / 2
FR  2
F1.H / 3  F2 .( H / 2)

 2. 
V1. tan s   Cs .LB
FG   3   1.5
F1  F2
φf : angle du frottement du sol derrière l’ouvrage
γf : poids volumique du sol derrière l’ouvrage

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K a , f  tan 2 45   f / 2

1
F1  .K a , f . f .H 2
2
F2  K a , f .q.H

Pour le cas d’un terrain incliné d’un angle « β »:

2 
V1.LB / 2  V2 . .LB   FV .LB
FR  3  2
FH .H / 3

V1  V2  Fv . tan 2.s   Cs .LB


FG   3   1.5
FH
V1   R .H .LB
H h
V2   R .LB
2

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cos   cos2   cos2  f


K a , f  cos 
cos   cos2   cos2  f

1
Pa  .K a , f . .h 2  FH  Pa . cos  , Fv  Pa . sin 
2

L=LB : longueur de la bande (largeur de l’ouvrage),

7.2.2 Poinçonnement
La capacité portante limite pour une semelle filante soumise à une charge excentrée et inclinée, d’un
angle δ par rapport à la verticale, est la suivante :
2
     
2 2
1  
q u   ' B ' N  1    c'.N C 1    q ' 0 N q 1  
2    90   90 

Avec,

RH LB M s  M R
B'  LB  2e tan   e 
RV 2 Rv

Pour un sol purement cohérent :

   
2 2
 
qu  5.14Cu 1    q' 0 1  
 90   90 

Pour vérifier le non-poinçonnement, il faut avoir :

RV q  q' 0
q ref   u  q' 0
B  2e 3

Les coefficients de portance sont les suivants :

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Exemple de calcul

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