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TABLE DE MATIÈRES

I. Introduction ...............................................................................................................3
II. Généralités ................................................................................................................4
III. La formation des adverbes ......................................................................................5
1. Les adverbes non pourvus d’une marque caractéristique....................................5
1. 1 Adverbes de l’origine latine........................................................................... .....5
1. 2 La composition.............................................................................................. ......5
1. 3 La dérivation impropre.........................................................................................6
1. 4 Les adverbes en – ons (on)...................................................................................7
2. Les adverbes pourvus d’une marque caractéristique ..........................................7
IV. Traits sémantiques des adverbes ...............................................................................10
1. Les adverbes de manière.....................................................................................10
2. Les adverbes de quantitè ...................................................................................10
3. Les adverbes de temps .......................................................................................11
4. Les adverbes de lieu ..........................................................................................11
5. Les adverbes d’affirmation ................................................................................11
6. Les adverbes de négation.....................................................................................12
7. Les adverbes de doute ..........................................................................................12
V. Place des adverbes ......................................................................................................13
1. Place des adverbes du point de vue de la fonction des membres de phrase .......13

1. 1 Place de l’adverbe par rapport au verbe ...............................................................13


1. 1. 1. Les adverbes podtposés.......................................................................................13
1. 1. 2. Les adverbes antéposés .....................................................................................15
1. 1. 2. 1 Les pronoms adverbiales en, y ......................................................................15
1. 2 Place de l’adverbe par rapport à l’adjectif et l’adverbe ..................................16
2. Place de l’adverbe du point de vue de la perspective fonctionnelle de phrase .....16
2. 1 L’adverbe en tête de phrase ............................................................................17
2. 2 L’adverbe situé au milieu d’une phrase ..........................................................18
2. 3 L’adverbe en fin de phrase ..............................................................................19
2. 3. 1 Les ambiguïtés de l’adverbe en fin de phrase .................................................20
VI. L’emploi et les fonctions des adverbes .........................................................................20
1. La fonction de l’élément de phrase ..........................................................................21
2. La fonction de l’espèce de mots .............................................................................. 21

1
3. La fonction des représentants .............................................................................22
VII Cas particuliers de l’emploi et de la formation des adverbes ......................................23
Marguerite Duras, L’Amant ....................................................................................23
Albert Camus, L’étranger...........................................................................................24
Janine Boissard, Rendez-vous avec mon fils ...........................................................24
Statistique .................................................................................................................25
VIII Possibilités de la traduction des adverbes en tchèque .................................................26
1. Les adverbes de manière .....................................................................................27
2. Les adverbes de quantité et d’intensité ...............................................................29
3. Les adverbes de temps .........................................................................................29
4. Les adverbes de lieu ..............................................................................................30
5. Les adverbes de doute ..........................................................................................31
IX Conclusion ......................................................................................................................32
Bibliographie ............................................................................................................ 44

2
I Introduction

Dans le présent mémoire, nous nous sommes concentrée à l’étude d’une importante
espèce de mots qu’on appele « adverbes ». Nous avons prêté notre attention aux traits
spécifiques, aux différentes manières de la formation des adverbes, ainsi qu’aux foncions et la
place des adverbes du point de vue de la fonction des éléments de phrase et de la perspective
fonctionnelle de phrase. En français, l’adverbe se forme le plus souvent à l’aide du suffixe –
ment. Mais il y a d’autre façons possible pour la formation des adverbes, ce que nous avons
observé dans plusieurs travaux grammaticaux des auteurs différents, tels que : Hervé-D.
Béchade, J. Šabršula, O. Ducháček, O. Radina, H. Weinrich, M. Grevisse etc. et dans les trois
livres des auteurs contemporains. Nous avons étudié les formes et emplois spécifiques des
adverbes dans les trois romans, L’Amour de Marguerite Duras, L’étranger d’Alber Camus et
Rendez-vous avec mon fils de Janine Boissard. Notre étude s’oriente à la fréquence de l’usage
de diverses formes et valeurs des adverbes en général et aussi à la comparaison des exemples
tirés de trois livres choisis. Nous avons voulu signaler les manières de la formation des
adverbes et leurs fonctions différentes dans la phrase française. Pour conclure, notre travail sera
achevé par deuxs statistiques : l’une portant sur la fréquence des différentes formes des
adverbes, l’autre concernant les différentes fonctions des adverbes dans la phrase. Dans la
dernière chapitre, nous avons étudié aussi les différentes possibilités de la traduction des
adverbes en tchèque tout en cherchant des méthodes les plus convenables.

3
II Généralités

Les adverbes sont les mots invariables qui précisent et modifient le sens des verbes, des
adjectifs, des adverbes, des substantifs et aussi des phrases toutes entières. Du point de vue
morphologique, on distingue des adverbes simples et des locutions adverbiales1. En français, il
existe trois d’autres groupes des mots invariables : les conjonctions, les prépositions et les
interjections. Les adverbes s’en distinguent par leur aptitude d’assumer une fonction dans la
phrase.
Elle ne sait pas précisément. (Duras p.27) Ici, l’adverbe précisément se rapport au
verbe conjugué sait dont le sens il précise.
J’ai senti son regard sur moi, comme s’il me demandait d’être particulièrement
attentive. (Boissard, p.38) Dans ce cas, l’adverbe particulièrement se réfère à l’adjectif
attentive dont la signification il modifie.
Il s’assied, il se tait, son regard bleu inspecte a’son tour l’espace, puis il parle, il les
informe très précisément. (Duras, p.29) Dans cette phrase l’adverbe très se rapport à l’adverbe
précisément. Il en renforce l’importance.
J’avais si peur, dans ces allées, le premier jour ; et maintenant, comme cela me
paraissait loin ! (Boissard, p. 75) Ici, l’adverbe si se ratache au substantif peur. Il intesifie son
sens.
Finalement j’avais espéré qu’une maison de retraite donnerait à la vieille femme le
confort que mes moyens ne me permettaient pas de lui procurer. (Camus, p. 160) L’adverbe
finalement modifie le sens de toute cette phrase.
Parfois les adverbes peuvent modifier aussi des conjonctions (ou locutions
conjonctives) : Bien qu’elle fît partie de notre cercle d’amis, je la connaissait mal. (Boissard,
p. 181) et certaines prépositions (ou locutions prépositives) : Mais elle est partie peu après et
nous n’avons pas eu le temps. (Camus, p. 34)

Du point de vue sémantique, les adverbes expriment le lieu, le temps, la manière, le


degrès, la quantité, le doute, l’interrogation, l’affirmation, la négation. Les adverbes négatifs et
interrogatifs formulent en même temps la manière, le lieu ou le temps.

Quant aux locutions adverbiales, ils se composent de différents segments de texte et

1
Une locution adverbiale est une réunion de mots équivalant à un adverbe. Grevisse, Maurice : Le bon usage,
Gembloux 1969, p.759

4
peuvent être formées de façon relativement libre.2 Ils expriment ainsi que les adverbes la
quantité et l’intensité, la manière, le temps, la nature de l’action, l’accord, la négation.
Elle regarde avec la même attention les habitants de S. Thala, et leurs demeures, lui qui
est près d’elle, et la mer qui est au loin, ici, - sur le fronton d’un immeuble sur lequel ils sont
en train de passer, - mêlé aux termes « GOUVERNEMENT DE », le mot de S. Thala, et là-bas,
très loin, les blancs éclatments des mouettes de la mer et les sables , distincts. (Duras, p. 108)
Il m’a dit alors, très vite et avec un air gêné, qu’il savait que dans le quartier on
m’avait mal jugé parce que j’avais mis ma mère à l’asile, mais il me connaissait et il savait
que j’aimais beaucoup maman. (Camus, p. 75)3

2
Weinrich, Harald, Grammaire textuelle du français, Paris 1989, p.319.
3
D’autres exemples se trouve

5
III La formation des adverbes

En ce qui concerne la manière de la formation, les adverbes peuvent être divisés en deux
groupes principals : les adverbes non pourvus d’une marque caractéristique et ceux pourvus
d’une marque caractéristique4.

III. 1 Les adverbes non pourvus d’une marque caractéristique


Parmi ces adverbes on distingue ceux, qui sont venus du latin, qui ont été créés par la
composition ou par la dérivation impropre et les adverbes avec le suffixe – ons (- on).

III. 1. 1 Les adverbes de l’origine latine


En français on se rencontre avec un certain nombre d’adverbes venant du latin. Ces
adverbes ont la forme originale, invariable. Ex. : ailleurs, assez, bien, mal, où, tard, très, y etc.
Le voyageur attend ailleurs. (Duras, p.64)
Sont à mentionner aussi les adverbes provenant de mots latins auquels le français a attribué la
valeur adverbiale. Ex. : peu, soudain, tôt.5
En redescendant vers l’hôtel, j’ai eu soudain envie de partir, tout laisser derrière moi,
recommencer. (Boissard, p. 161)

III. 1. 2 La composition
En ce qui concerne la composition, on a combiné : un adverbe et un adverbe, une
préposition et un adverbe, une préposition et un nom, une préposition et un adjectif, un adjectif
et un nom, des éléments variés.
Ils vont bientôt tourner. (Boissard, p. 94) Ici, l’adverbe bientôt se compose de deux
adverbes : bien + tôt.
Elle tend le visage en avant : c’est autour du visage. (Duras, p.77) L’adverbe en avant
se compose de la préposition en et de l’adverbe avant.
Elle marche légèrement courbée, presque lourdement : on dirait en effet qu’approche
la naissance d’un enfant. (Duras, p. 64) Dans ce cas, l’adverbe en effet comprend la
préposition en et le substantif effet.
Elle montre dedans les vitres, derrière, partout, l’enchaînement de chair. (Duras, p. 36)
Dans ce cas, l’adverbe partout comprend la préposition par et l’adjectif tout.

4
Wagner, R. L. / Pinchon, J. : Grammaire du français classique et moderne, Paris 1962, p. 374
5
Grevisse, Maurice : Le bon usage, Gembloux 1969, p. 760

6
Il vous aimait beaucoup. (Boissard, p. 155) Ici, l’adverbe beaucoup est composé de l’
adjectif beau et du nom coup.
La peur était montée en moi, sourde d’abord, un malaise, pour devenir au fur et
a’mesure des paroles de cet homme une angoisse précise : cette part d’esprit qui criait famine
en notre fils, nous avions échoué, Gilles et moi, à l’alimenteur. (Boissard, p. 187) Quant à
l’adverbe au fur et à mesure, il se compose des éléments variés, c’est-à-dire de la préposition
au, du nom fur, de l’interjection et, de la préposition à et du nom mesure.

III. 1. 3 La dérivation impropre


La dérivation impropre se fait à l’aide des adjectifs adverbialisés s’employant comme
adverbes pour modifier le verbe. Ils ne varient ni en genre ni en nombre.
Une petite fille sage en robe de chambre fleurie, sentant bon le savon, est assise sur le
canapé du salon. (Boissard, p.18)
Il arrive qu’à un adjectif adverbialisé correspond un adverbe en – ment avec un sens
différent. Il y a par exemple des oppositions telles que : sens propre – sens figuré, sens
physique – sens moral : parler net (mluvit přímo, bez obalu) – parler nettement (mluvit
zřetelně), parler bas (mluvit potichu) – parler bassement (mluvit sprostě), parler haut (mluvit
nahlas) – parler hautement (mluvit nadutě), chanter juste (zpívat čistě) – chanter justement
(právě zpívat), chanter faux (falešně zpívat) – accuser faussement (neprávem obvinit), marcher
droit (jít rovně) – agir droitement (jednat čestně), frapper sec (prudce udeřit) – répondre
sèchement (stroze odpovědět), filer doux (zvolna příst) – se glisser doucement (potichu se
vkrást), tenir ferme (zvládnout) – tenir fermement (pevně držet), payer cher (platit penězi) –
payer chèrement (draze zaplati).6
En français, il y a aussi des cas, où l’adverbe peut être exprimé par deux façons
possibles, sans que sa signification soit différente, par exemple : travailler dur – travailler
durement, regarder curieux – regarder curieusement.7

Ce sont aussi les adjectifs marquant la qualité des participes passés qui ont la fonction
d’adverbes. 8

6
Ducháčk, Otto / Bartoš, Jozef : Grammaire du français contemporain, Bratislava 1976, p. 201
7
Radina, Otomar : Francouzština a čeština – systémové srovnání dvou jazyků, Praha 1977, p. 107
8
Les adjectifs marquant la qualité des participes passés ont gardé de la sytaxe de l’ancien français, la possibilité
d’être variables ou invariables : ces bouches grand ouvertes (Claudel) – les fenêtres grandes ouvertes (Loti). Sont
toujours invariables les composés nouveau-né et mort-né et les adjectifs court et haut. Ducháček, Otto / Bartoš

7
Leur communauté, comme bien d’autres semblables, ne devait pas être un refuge, une
cache, mais un véritable choix, au bout d’un chemin parcouru les yeux grands ouverts.
(Boissard, p. 188)

III. 1. 4 Formation des adverbes en –ons (-on)


Il s’agit d’une formation ancienne qui est déjà morte, donc il n’y a que peu d’adverbes
en –on(s). Ce suffiexe est précédé de la préposition – à. Quelques-uns marquent un mouvement
(ex. : à tâtons, à reculons); d’autres, une position du corps (ex. : à croupeton, à califourchon, à
chevauchons).
Mais brusquement, les Arabes, à reculons, se sont coulés derrière le rocher. (Camus, p.
91)

III. 2 Les adverbes pourvus d’une marque caractéristique


Daprès le règle générale, ces adverbes se forment par l’adjonction du suffixe – ment9 au
féminin de l’adjectif.
Enfin, il m’a regardé attentivement et avec un peu de tristesse. (Camus, p. 109)
On trouve certaines exceptions dans ce type de formation des adverbes dûes à
l’évolution phonétique.
Si le masculin d’adjectif finit par une voyelle non-meutte, l’e du féminin ne s’ajoute
plus devant le suffixe adverbial – ment.
Avec lui, on pouvait parler vraiment : de choses qui se trouvent dans le fond. (Boissard,
p. 153)
Ouelques adverbes emploient cet « e » féminin sous forme d’accent cironflexe, par
exemple : Elle marche lentement, continûment vers la digue. (Duras, p. 68)
Il faut mentionner une exception concernant l’adverbe gaîment qui apparaît aussi sous
la forme gaiement. Littré, le Dictionnaire général, le Larousse XXe s. donnent les deux
ortographes gaiement et gaîment. L’Académie ne donne que la forme gaiement.10
La suppression de « e » muet se réalise aussi en cas des adverbes correspondants à des
adjectifs ou à des participes en – é. On utilise donc – ément au lieu de – ement.

Josef : Grammaire du français contemporain, Bratislava 1976, p. 202


9
Le suffixe – ment a pour étymon l’ablatif d’un substantif latin, « mente », dont le nominatif était « mens ». Ce
mot, qui signifiait esprit, disposition d’esprit, de coeur, prit peu à peu le sens de « manière d’être ». Déterminé par
un adjectif, il servit à former de nombreux compléments circonstanciels qui se lexicalisèrent. Wagner, R. L. /
Pinchon, J., Grammaire française classique et moderne, Paris 1962, p. 376
10
Grevisse, Maurice : Le bon usage, Gembloux 1969, p. 762

8
Alors, pourquoi était-il armé et pourquoi revenir vers cet endroit précisément ?
(Camus, p.136)
Aux adjectifs en – ant et – ent répondent des adverbes avec les terminaisons – amment
et – emment.
Ex. : Laffond, je n’avais qu’une hâte : rentrer, maintenat, très violemment, dans ce décor
cassé, j’éprouvais le besoin de revoir cet homme, d’entendre sa voix rude : « Ecoutez-moi ! »
« Regardez-moi ! » (Boissard, p. 106)
Il existe trois exceptions : présentement, véhentement, lentement)11.
Certains adverbes sont formés des adjectifs ou des adverbes disparus. Ils s’expliquent
par des faits de langue anciens, par exemple : brièvement, grièvement, journellement,
traîtreusement, gentiment, nuitamment, sciemment, impunément.
Ex. : Mon avocat est venu vers moi, m’a serré la main et m’a conseillé de répondre brièvement
aux questions qu’on me poserait, de ne pas prendre d’initiatives et de me reposr sur lui pour le
rete. (Camus, p. 131)

Un certain nombre d’adverbes en – ment sont tirés de noms pris


adjectivement ,d’adjectifs indéfinis ou d’adverbes.
Ex. : Tout bêtement. (Boissard, p. 153) Dans ce cas l’adverbe bêtement est tiré du nom pris
adjectivement bête.
Ex. : Je n’ai jamais eu tellement de courage. (Boissad, p. 89). L’adverbe tellement provient du
pronom telle.
Ex. : Lorsqu’il était gamin, on ne lui avait pas demandé son avis pour le mettre aux fourneaux
et depuis l’âge de quinze ans il ne les avait quasiment pas quittés ; (Boissard, p. 170) L’advrbe
quasiment est tiré de l’adverbe de l’origine latine quasi.

En français, plusieurs adverbes en – ment sont remplacé par une périphrase, par une
locution adverbiales. Elle se compose le plus souvent d’une préposition et du nom, soit sans
l’article ou avec l’article.
Ex. : Mais le procureur s’est élévé avec violence contre cette question : « Quel est le criminel
ici et quelles sont ses méthodes qui consistent à salir les témoins de l’accusation pour
minimiser des témoignages qui n’en démeurent pas moins écrasants ! » (Boissard, p. 139)
(sans article). Cette locution adverbiale manque de l’article.

Šabršula, Jan, Vědecká mluvnice francouzštiny, Praha 1986, p. 112.


11

9
Ex. : J’ai vu d’un coup que les vis de la bière étaient enfoncées et qu’il y avait quatre hommes
noirs dans la pièce. (Camus, p. 25) Cette locution adverbiale comprend l’article indéfini un.

Les locutions adverbiales peuvent être composées de plusieurs mots, par exemple :
Tandis qu’il s’habille, je bois mon café a’petites gorgées ; il m’a expliqué d’un air un peu
gêné qu’il va devoir passer a’son bureau. (Boissard, p. 22)

10
IV. TRAITS SÉMANTIQUES DES ADVERBES

Du point de vue sémantique, on peut distinguer les d’adverbes marquant :


1. la manière
2. la quantité ou l’intensité
3. le temps
4. le lieu
5. l’affirmation
6. la négation
7. le doute12

IV. 1. Les adverbes de manières


Ces adverbes caractérisent un état (une manière d’être), une situation ou une manière
d’agir.
Ex. : Je ne me sens pas bien. (Boissard, p. 100) Ici l’adverbe de manière bien caractérise un
état de l’homme.
Ex. : On ne leur a pas appris à se tenir debout, on leur a plutôt tapé sur la tête ; et dans ce
monde dont vous parlez, tous ne trouvent pas leur place. (Boissard, p. 66) Dans cette phrase,
l’adverbe de manière debout caractérise une situation.
Ex. : Le voyageur s’est levé, il arrive lentement du fond du hall. (Duras, p. 67) Dans ce cas,
l’adverbe lentement décrit une manière d’agir.
Dans le groupe des adverbes de manière appartiennent les adverbes interrogatifs : comment ,
comme.
Ex. : Il y a des moments où je ne sens plus rien : je perds Jean-Daniel, il devient flou, c’est
comme une mort. (Boissard, p. 111) L’adverbe comme pose ici une compairaison
approximative.

IV. 2. Les adverbes de quantité


Ces adverbes marquent une quantité indeterminée, une quantité qu’on évalue
globalement, par exemple : Alors, je lui ai crié : « Une vie où je pourrais me souvenir de celle-
ci », et aussitôt je lui a dit que j’en avais assez. (Camus, p. 181 - 182)

12
Les adverbes d’affirmation, de négation, de doute, sont parfois rangé sous une rubrique sommune, celle des
adverbes d’opinion. D’autre part, certains grammairiens placent dans une cathégorie spéciale les adverbes qui
marquent la compairaison. Grevisse, Maurice :Le bon usage, Gembloux 1969, p. 770

11
IV. 3. Les adverbes de temps
Les adverbes circonstenciels de temps évoquent une date, une époque (un moment), la
durée d’un procès ou la fréquence.
Ex. : Elle n’arrivera pas à atteindre S. Thala aujourd’hui. (Duras, p. 97) (l’évocation de la
date)
Ex. : Mon avocat a haussé les épaules et tout de suite après, on lui a donné la parole. (Camus,
p. 158) (un moment)
Ex. : Longtemps ils observent l’événement, là-bas, au bord de la mer. (Duras, p. 124) (la durée
d’un procès)
Ex. : Je me sens souvent dans une sorte de vague ;peut-être les comprimésque je prends
chaque nuit pour dormir ? (Boissard, p. 88) (la fréquence)

IV. 4 Les adverbes de lieu


Les adverbes circonstenciels de temps servent à localiser le déterminé soit par rapport à
un point de l’espace, soit par rapport à un repère.
Ex. : J’aurais attendu des passages d’oiseaux ou des rencontres de nuages comme j’attendais
ici les curieuses cravates de mon avocat et comme, dans un autre monde, je patientais jusqu’au
samedi pour étreindre le corps de Marie. (Camus, p. 120) Dans cette phrase, l’adverbe de lieu
ici sert à localiser le déterminé par rapport à un point de l’espace.
Ex. : Il s’est alors renversé en arrière et s’est adossé au mur, les mains à plat sur les cuisses.
(Camus, p. 176) Dans ce cas, l’adverbe de lieu en arrière localise le déterminé par rapport à un
repère.
Quant aux adverbes de lieu, il faut mentionner l’adverbe interrogatif où qui appartient aussi
dans ce groupe.
Ex. : Où est-il maintenant, lui ? (Duras, p. 105)

IV. 5 Les adverbes d’affirmation


Les adverbes d’affirmatin expriment l’accord ou l’affirmation. C’est surtout l’adverbe
oui qui forme ce groupe. Il constitue une proposition en réponse à la question, par exemple :
Oui mais plus loin. (Duras, p. 81)
On peut substituer à oui des adverbes qui précisent des nuances, par exemple: Tu te
souviens de La Maison ? Bien sûr. (Boissard, p. 70
IV. 6 Les adverbes de négation
La négation pure s’exprime par non, forme tonique, et par ne, forme atone. Il y a deux

12
contructions négatives : l’une avec la négation isolée du verbe (non – pas), l’autre avec la
négation soudée au verbe (ne ; ne....pas).
Ex. : Non – elle ajoute – je ne vais jamais par là. (Duras, p. 55) (la négation isolé du verbe)
Ne est généralement accompagné d’un des mots pas, jamais, aucun, nul, personne, plus,
rien, etc.
Ex. : Alors, je n’ai pas pu voir Monsieur. (Camus, p. 140) (la négation soudée au verbe)

IV. 7. Les adverbes de doute


Ces adverbes expriment le doute ou l’incertitude, par exemple : C’était peut-être moins
graveque ce que j’avais imaginé. (Boissard, p. 135)
On peut ranger aussi dans cette cathégorie les adverbes servant à interroger sur le
temps, la manière, la cause, le lieu, la quantité.
Ex. : Pourquoi ne nous as-tu pas demandé ? (Boissard, p. 129) Dans ce cas, l’adverbe
pourquoi sert à interroger sur la cause

13
V. PLACE DES ADVERBES
Il est difficile de donner des règles à ce sujet, vu la variété des adverbes. Leur place des
adverbes est asssez varialble. Ce sont soit des raison des usages, soit des raison de style –
équilibre, rythme harmonie, mise en relief – qui déterminent a’ces mots leur place dans la
phrase. C’est par exemple la longueur qui entre en ligne de compte : les adverbs courts sont
moins mobiles. Il reste aussi beaucoup de lattitude pour les intentions des locuteurs ou pour les
choix des écrivains.13 Généralement ils se placent avant l’adjectif, l’adverbe ou l’infinitif,
quelque fois après le verbe ou entre l’auxiliaire et le participe passé.

V. 1 Place des adverbes du point de vue de la foncion des membres de phrase

V. 1. 1 Place de l’adverbe par rapport au verbe


La place de l’adverbe par rapport au verbe est relativement libre et plusieurs positions
sont possibles. Nous distinguons pour les adverbes la postposition et antéposition par rapport
au verbe.14

V. 1. 1. 1 Les adverbes postposés


La postposition de l’adverbe localisé directement après le verbe, apprécie pleinement le
sens de l’adverbe en tant que qualificatif de la base verbale.
Si le verbe est a’un temps simple, l’adverbe qui le détermine se place généralement après lui.
Ex. : Les cris repartent encore mais ils sont sans force, la colère est brisée. (Duras, p. 86)
Il existe une exception concernant l’adverbe presque qui se met soit avant, soit après l’infinitif :
Avouer qu’on n’aime pas son mari, c’est presque avouer qu’on en aime un autre (Marmontel,
dans Littré). – J’entends Granier pleurer presque (J. Renard, Journal, 15 mars 1897).15
Mais le verbe conjugé inclure souvent, à part de l’adverbe, une série d’autres
déterminants qui lui sont d’une part antéposés, d’une part postposés. Quand deux (ou plusieurs)
syntagmes suivent le verbe, c’est a’la dernière position étant la plus expressive du point de vue
sémantique qu’on place notamment l’information nouvelle. On peut ainsi distiguer la
détermination adverbiale faible et la détermination adverbiale forte.
Ex. : A’midi, j’aime bien ce moment. (Camus, p. 43) (détermination adverbiale faible).
L’adverbe bien est suivi du complément d’objet direct ce moment qui se trouve a’la dernière

13
Grevisse, Maurice / Goose, André : Nouvelle grammaire française, 3e édition revue 1995, p. 318
14
Weinrich, Harald : Gramaire textuelle du français, Paris 1989, p. 320
15
Grevisse, Maurice : Le bon usage, Gembloux 1969, p. 767

14
position et la fonction la nouuvelle information lui est donc attribuée.
Ex. : Ils marchaient très lentement. (Duras, p. 98) (détermination adverbiale forte). Dans cette
phrase ce sont les adverbes très et lentement occupant la dernière position qui prennent une
valeur epressif.

La position de l’adverbe dépend également de l’importance phonique ou graphique.


Un adverbe plus court se place habituellement plus près du verbe, tandis qu’un adverbe plus
long, avant tout une locution adverbiale, en est plus éloign
Ex. : « Personne a’ prevenir en cas d’accident ? », j’éprouvais toujours un pincement au
coeur. (Boissard, p. 7) Dans ce cas, l’adverbe toujours étant plus bref que l’objet un pincement
au coeur, se tient tout auprès du verbe.
Ex. : Elle lève la main, touche le visage qu’elle regarde, la main reste posée tandis qu’elle
regarde, elle est tiède, elle touche la peau avec douceur tandis que la voix éclate sans écho
aucun. (Duras, p. 35). Ici, la locution adverbiale avec douceur étant plus longue que l’objet la
peau, elle en est postposé et ne se tient donc immédiatement après le verbe.

Si le verbe est a’un temps composé, l’adverbe dispose en principe de deux positions
possibles, soit après le forme conjuguée du verbe, soit après la forme non-conjuguée (la forme
adjective). De point de vue sémantique, la position plus expressive est celle après la forme non
conjuguée, c’est a’ dire après le verbe dans son ensemble. Par contre la position après la forme
conjuguée16 est plus faible et donc elle est réservée aux adverbes moins expressifs.
Ex. : Mon avocat a triomphé bruyamment et a déclaré que les jurés apprécieraient. (Camus, p.
139 – 140). Danc cette phrase l’adverbe bruyamment n’apparaisse qu’après la partie non-
conjuguée du verbe. Il en retire une grande force expressive qui est reservée habituellement a’la
nouvelle information.
Ex. : La grande pièce avec sa vaste cheminée, les poutres au plafond, le vieil escalier aux
marches craquantes, tout cela lui a beaucoup plu. (Boissard, p. 210) Dans cet exemple,
l’adverbe beaucoup étant placé après la forme conjuguée du verbe n’apport aucune information
nouvelle. C’est pourquoi il est relativement peu expressif.
En ce qui concerne le verbe a’une forme composée, il existe des cas particuliers où
l’adverbe lui sera toujours postposé. Ce sont les adverbes de position, de temps et de séquence.

16
Nous apellerons cette position une interposition par égard au fait qu’elle allie des caractéristiques de la
postposition (après le verbe conjugué) a’des caracteristiques de l’antéposition (avant la prtie non-conjuguée du
verbe). Weinrich, Harald : Grammaire textuelle du français, Paris 1989, p. 321

15
Ex. : Après avoir entendu mon message, il avait couru là-bas. (Boissard, p. 145) Ici, l’adverbe
là-bas étant l’adverbe de position se trouve après dans la postposition au verbe.
Ex. : Oui, c’est ça – il ajoute – je suis arrivé ce matin. (Duras, p. 18) Dans ce cas c’est
l’adverbe de temps ce matin qui se trouve dans la postposition au verbe.
Ex. : Il s’était marié assez tard. (Camus, p. 73 – 74) Dans cette phrase c’es l’adverbe de
séquence tard qui est placé après le verbe.
L’adverbe modifiant un infinitif se place tantôt avant lui, tantôt après lui ; en général,
c’est l’euphonie et le rhytme qui décident.17
Ex. : Ah, il peut bien crever ! (Camus, p, 65) (l’antéposition)
Ex. : Mais le cri la fait se redresser, s’écarter légèrement de lui. (Duras, p. 58) (la
postposition).
L’adverbe peut être séparé de l’infinitf par le pronom personnel ayant une fonction du
complément d’objet : pour trop le fatiguer.18
En ce qui concerne le participe présent, quand il est pris comme verbe, on met l’adverbe
à sa postposition: Au-dessus de celui-ci, en médaillon, deux visages rapprochés : lui, rude,
portant fièrement moustache aux coins relevés ; elle, douce, à l’expression candide. (Boissard,
p. 198) Ici le participe présent portant assume la fonction du verbe (qui porte) et c’est pourqoi
on met l’adverbe fièrement à sa postposition.

V. 1. 1. 2 Les adverbes antéposés


L’antéposition de l’adverbe se réalise le plus souvent par la position initiale, c’est-à- ire
avant le sujet lui-même, qui est habituellement placé avant le verbe. De cette manière, le sujet
n’est pas séparé par un adverbe du verbe avec lequel il y a accord.
Ex. : Pour la première fois, j’ai senti de la rancune dans sa voix. (Boissard, p. 104)
Quant au participe présent, quand il a une fonction de l’adjectif, on met l’adverbe à son
antéposition : Daniel a été un garçon très confiant. (Boissard, p. 28)

V. 1. 1. 2. 1 Les pronoms adverbiales en, y


Les pronoms adverbiales en, y assument la fonction soit des pronoms substituant le
substantif dans la phrase, soit ils les adverbes exprimant le lieu. Ils se placent obligatoirment
avant le verbe. Si le verbe est à un temps composé, ils se trouvent devant l’auxiliaire avoir ou
être.

17
Grevisse, Maurice : Le bon usage, Gembloux 1969, p. 768
18
Šabršula Jan : Vědecká mluvnice francouzštiny, Praha 1986, p. 123

16
Il s’arrête, regarde de nouveau la mer, longuement, puis il s’en retourne dans l’île,
auprès d’elle. (Duras,p. 52)
Le marcheur ne revient pas sur ses pas : il remonte vers S. Thala, il n’y pénètre pas, il
repart derière la digue. (Duras, p. 41)

V. 1. 2 Place de l’adverbe par rapport a’l’adjectif et l’adverbe


L’adverbe se place généralement avant l’adjectif ou l’adverbe qu’il modifie.
Ex. : Je le trouvais très gentil avec moi et jäi pensé que c’était un bon moment. (Camus, p. 63)
Ici, l’adverbe très est antéposé a’l’adjecti gentil dont le sens il détermine.
Ex. : Contre le mur, il y avait un bureau d’écolier, le pupitre d’un enfant qui reevait pour ses
bonnes notes un soldat de l’Empire ;celui, plus tard, où une petite fille destinée a’ mourir très
vite devait enfermer ses trésors. (Boissard, p. 199) Dans cette phrase l’adverbe très est
antéposé a’l’adverbe vite dont le sens il précise.

L’adverbe déterminant le participe passé se place tantôt avant lui, tantôt après lui. En
général, c’est l’harmonie et le rythme de la phrase qui lui assignent sa place.
Ex. : Des vraiment accrochés, elle en a connu. (Boissard, p. 157) L’adverbe vraiment est
antéposé au participe passé accrochés.
Ex. : La phrase reste suspendue un instant, puis il se termine : J’ai oublié. (Duras, p. 99) Ici
l’adverbe un instant est postposé au participe passé suspendue.

Il y a des écrivains contemporains qui aiment a’insérer certains adverbes entre l’article
ou un déterminatif d’une part, et d’autre part, l’adjectif suivi d’un nom : La lumière d’un
toujours chaud soleil. (P. Loti, La Mort de Philae, p. 36) Une particulièrement belle injure. (P.
Mille, Barnavaux, p. 132)19

V. 2 Place de l’adverbe du point de vue de la perspective fonctionnelle de phrase


L’adverbe peut se trouver en tête, rn fin ou dans le corps de la proposition. Les
adverbes se trouvant en tête de dans le corps de la phrase représentent le thème de la phrase.
Par contre, la position finale est réservée habituellement à la nouvelle information. Les

Grevisse, Maurice : Le bon usage, Gembloux, 1969, p. 769

17
adverbes occupant cette position représent donc le rhème.

V. 2. 1 L’adverbe en tête de phrase


Les adverbes qui déterminent l’ensemble d’une phrase se place généralement en tête de
phrase. La position initiale des adverbes leur attribue la fonction des circonstants initiaux20 qui
assument la signification de la phrase entière. De par sa position, l’adverbe est en rapport avec
le reste de la phrase dans son ensemble sur un pied d’égalité. Il ouvre un champ, créee un
monde qui constitue le cadre de validité de la phrase, le domaine où elle vient se placer. Il
contribue à créer un type particulier de relief textuel, qui est le schéma cadre-contenu.21
Ex . : Finalement j’avais espéré qu’une maison de retraite donnerait a’la vieille femme le
confort que mes moyens ne me permettaient pas de lui procurer. (Camus, p. 160)
Certains adverbes placés au début d’une phrase marquent une appréciaton de
l’énonciateur sur le contenu propositionnel de l’énoncé : Naturellement, l’espoir, c’était d’être
abattuu au coin d’une rue, en pleine course, et d’une balle a’la volée. (Camus, p. 166)
Comme le circonstant initial, l’adverbe peut constituer un véritable thème : Demain,
dimanche, nous avons rendez-vous avec Martin. (Boissard, p. 111)
Ce sont typiqument les adverbes de temps qui s’emploient dans la position initiale. Ils
servent de repère, permettant de localiser ou de dater un événement ou une situation dans son
ensemble.22
Ex. : Maintenant, il vise une maison sans confort dans un village isolé du Midi : la partie de
boules du soir, le verre avec les amis, un vibrant damier vert et bleu sous un fuguier.
(Boissard, p. 113)
Une phrase peut également commencer par un circonstant de manière ou même adverbe
en - ment.
Ex. : Avec beaucoup de soin, elle a coché une à une presque toutes les émissions. (Camus, p.
72) (circonstant de manière)
Ex. : Brusquement, il voit les halls. (Duras, p. 65). (l’adverbe en – ment)

On trouve très souvent en position initiale les locutions adverbiales d’une certaine
longueur qui sont dans la plupart des cas séparées graphiquement par une virgule. Il s’agit
principalement de locutions indiquant le lieu, le temps ou les circonstances qui fournissent le

20
Les circonstants initiaux sont des circonstants de phrase, extra-prédicatifs, - noèèèènobstant la grande variété de
détail de leurs portées. ??????????????Gram.de la.phra.317
21
Weinrich, Harald : Grammaire textuelle du français, Paris 1989, p. 323
22
Grammaire de la prase française??????????????320

18
cadre dans lequel s’inscrit une action.
Ex. : De temps à autre elle prononce le mot, elle l’appelle : - S. Thala, mon S. Thala. (Duras,
p. 102) Dans ce cas, la locution adverbiale de temps à autre fournit le cadre temporel de toute
la phrase.
Ce sont aussi des adverbes exclamatifs et interrogatifs qui se place dans la plupart des
cas en tête de la phrase.
Ex. : Comme Paris était émouvant, caressé de soleil déclinant, sous un ciel qui, très longtemps
encore, refuserait de se livrer à la nuit ! (Boissard, p. 45) Dans cette phrase, c’est l’adverbe
exclamatif comme qui se trouve en tête de la phrase.
Ex. : Où est-il maintenant, lui ? (Duras, p. 105) Ici, c’est l’adverbe interrogatif où qui se trouve
à la position initiale.
Les deux adverbes sont mis en relief pour exprimer le sens de la phrase entière.
Il est fréquent que deux ou plusieurs adverbes se trouvent côte à côte dans la position
initiale, par exemple : Presque aussitôt, les cinémas du quartie ont déversé dans la rue un flot
de spectateurs. (Camus, p. 39)
Dans certains cas, la position de l’adverbe en tête de phrase produit une inversion du
sujet et du verbe, principalement si le sujet peut être représenté par un pronom. Mais ce n’est
que dans la langue soignée et en particulier avec l’adverbe peut-être que cette inversion est
courante.
Ex. : Peut-être personne ne lui avait-t-il jamais parlé ainsi. (Boissard, p. 101)
Dans le discours oral, on évite l’inversion. On accroche par exemple a’l’adverbe en
position initiale la suite de texte avec la conjonction que, par exemple : Vivement que les
garçons et les filles soient éduqués ensemble.23 On peut voir que ce règle n’est valide que dans
le discours oral ce que nous pouvons prouver par le fait qu’aucun exemple n’était pas trouvé
dans les livres choisis.
L’adverbe mis en position inititale peut en principe être souligné par l’extraction
c’est....que qui le met en rhème.
Ex. : C’est a’ ce moment que j’ai aperçu une rangée de visages devant moi. (Camus, p. 128 –
129)

V. 2. 2 L’adverbe situé au milieu d’une phrase

23
Weinrich, Harald : Grammaire textuelle du français, Paris 1989, p. 324

19
L’adverbe modifiant la phrase entière peut être placé ausii au milieu de la phrase
a’condition qu’il soit suffisamment marqué par les pauses et l’intonation. Il est souvent répéré
graphiquement par des virgules. Cette place de l’adverbe a aussi pour effet de désigner le sujet
comme « thème » en le séparant du verbe. Le verbe arrivant à la suite est ainsi caractérisé
comme une information nouvelle (« rhème »).24
Ex. : Il s’est passé, avant-hier, quelque chose que j’appelle « l’épisode de la petite cuiller ».
(Boissard, p. 88) Ici, l’adverbe avant-hier représente dans la phrase une information nouvelle –
rhème.

V. 2. 3 L’adverbe en fin de phrase


La position finale n’a pas de spécificité évidente : bien souvent (en particulier si la
phrase est courte) l’adverbe placé dans la position finale est un circonstant post-verbal lié
ordinaire, appartnant au groupe prédicatif.25
Ex. : Vous êtes arrivé ce matin. (Camus, p. 16)
L’adverbe final a une valeur rhématique marquée, essentiellement quand il est court ou
isolé.
Ex. : Je ne pensais jamais à Marie particulièrement. (Camus, p. 121)
Dans plusieurs cas, l’adverbe final est détaché. Dans ce cas il porte retrospectivement
sur toute la phrase, par ememple : Ce qui est arrivé, ce n’était pas grand-chose finalement.
(Boissard, p. 222)
La spécificité de la position finale consiste en vérité dans ses ambiguïtés et aussi dans
leur neutralisation. L’adverbe final détaché désigne une post-phrase, cela veut dire qu’il se
place après la fin de la phrase marquée par son intonation conclusive. C’est une réponse
affaiblie de la position initiale. On discerne les même champs sémantiques qu’en position
initiale. Les adverbes portent sur l’énonciation, jugment de l’énonciateur sur l’énoncé avec le
caractère d’un jugement après-coup.
Ex. : Certains ! Pas tous, évidemment. (Boissard, p. 9)
Ce sont surtout les adverbes de temps ou de lieu post finals qui ont une valeur de rappel
d’un élément thématique, de cadrage, par exemple : Elle n’arrivera pas à atteindre S. Thala
aujourd’hui. (Duras, p. 97) Danc ce cas, l’adverbe aujourd’hui représente un cadre logique de
la phrase.

24
Weinrich, Harald : Grammaire textuelle du français, Paris 1989, p. 324
25
Le Gogffc, Pierre : Grammaire de la phrase française, Paris 1993, p. ????

20
En français, on toruve souvent deux ou plusieursadverbes placés côte à côte dans la
position finale.
Ex. : Nous nous sommes restés silencieux assez longtemps. (Camus, p. 24)
En ce qui concerne la position finale, deux manières de construction s’opposent : la
construction de caractère intégrant et celle qui marque une rupture. Il est donc possible
d’associer soit la construction liée et la portée interne au prédicat, soit la construction détachée
et la portée externe au prédicat.
Ex. : Tout est explicable naturellemt.26 Ici l’adverbe naturellement est lié à la portée interne au
prédicat.
Ex. : J’aurais voulu le retenir, lui expliquer que je désirais sa sympthie, non pour être mieux
défendu, mais, si je puis dire, naturellement. (Camus, p. 103) Dans cette phrase, l’adverbe
naturellement est lié a la portée externe au prédicat.

V. 2. 3. 1 Les ambiguïtés de l’adverbe en fin de phrase


En français, on trouve quelquefois des ambiguïtés cocernant la position finale des
adverbes. Ces ambiguïtés résident en rattachement et portée de l’adverbe final, derrière un ou
plusieurs compléments. Il deux alternatives. L’adverbe peu se rattacher au verbe, dont il est
séparé ; il a dans ce cas, du fait de cette séparation, une portée généralement extra-prédicative,
sur la phrase ; ou bien l’adverbe se rattache à un complèment du verbe, derrière lequel il se
situe ; il a dans ce cas une portée intra-prédicative, ou même, presque toujours, une portée
directe sur le complément.
Ex. : On le savait malade depuis longtemps.27 Dans cette phrase, l’adverbe depuis longtemps
peut être rattaché soit au verbe savait soit à l’attribut de l’objet malade. Dans ce cas il y a deux
possibilités de traduction : 1. Víme, že je už dlouho nemocný. 2. Víme už dlouho, že je
nemocný.
Les problèmes redoublent en cas d’enchassement de phrase. À l’oral, la prosodie est
facilement ambigüe. C’est une pause légère qui margue une simple démarcation, de
constituants, surtout quand la phrase est longue. À l’écrit, la ponctuation n’est pas non plus
toujours un moyen de discrimination efficace. Elle ne joue qu’un role de démarcation, de
structuration.

26
Le Goffic, Pierre : Grammaire de la phrase française, Paris 1993, p. ???????????
27
ibidem, p. ????

21
VI. L’EMPLOI ET LES FONCTIONS DES ADVERBES
En français l’adverbe peut assumer différentes fonctions. En général, c’est une raison de
sens qui rend compte du champ d’emploi des adverbes.

VI. 1. La fonction de l’élément de phrase


Dans la plupart des cas, l’adverbe fonctionne comme un complément circonstanciel. Il
s’agit surtout des adverbes exprimant le lieu, le temps, la manière.
Ex. : Elle le voit, lui, elle entend les sirènes, elle voit le ciel rouge, elle ne sait pas où elle se
trouve. (Duras, p. 128) Ici, c’est l’adverbe de lieu où qui charge une fonction de complément
circonstanciel.
Ex. : Je nous vois comme si c’était maintenatnt revenir sans hâte vers la maison. (Boissard, p.
173) Danc ce cas, c’est l’adverbe de temps maintenant qui a une fonction de complément
circonstanciel.
Ex. : Je me mettais quelquefois à penser à ma chambre et, en imagination, je partais d’un coin
pour y revenir en dénombrant mentalement tout ce qui se trouvait sur mon chemin. (Camus, p.
122) Dans cette phrase, c’est l’adverbe de manière mentalement qui assume la fonction de
complément circonstanciel.
Dans certains cas, l’adverbe assume la fonction de l’attribut, par exemple : Mais en
même temps, on avait l’impression que ça lui faisait mal. (Boissard, p. 155)

VI. 2. La fonction de l’espèce de mot


L’adverbe peut accomplir la fonction du subsantif. En la circonstance, il est souvent
accompagné de l’article défini.
Ex. : Mais un moment après, le soir est tombée. (Camus, p. 114) ici l’adverbe le soir a une
fonction du substantif. Mais cet adverbe peut assumer aussi la fonction du complément
circonstenciel par exemple: Le soir, Marie est venue me chercher et m’a demandé si je voulais
me marier avec elle. (Camus, p 69)
En français, il y a des cas, où l’adverbe employant comme substntif n’est pas
accompagné de l’article défini, par exemple : Beaucoup estiment que c’est un tort.28
L’adverbe peut parfois devenir un adjectif : J’ai eu de la peine à me lever parce que
j’étais fatigué de ma journée d’hier. (Camus, p. 33)
L’adverbe peut relier la phrase à une phrase précédente et être très proche d’une

28
Wagner, R. L / Pinchon, J : Grammaire française classique et moderne, Paris 1962, p. 382

22
conjonction de coordination. Au simple lien logique de la coordination, il apporte une
détermination supplémentaire.29
Ex. : La sonnerie a retenti deux fois puis j’ai entendu la voix de Martin : il était absent
momentanément. (Boissard, p. 130)

VI. 3. La fonction des représentants


Les pronoms adverbiales en et y fonctionnent comme des représentants.
Ex. : Quand je l’ai vu,j’ai eu un petit tremblement. Il s’en est aperçu et m’a dit de ne pas avoir
peur. (Camus, p. 175) Dans ce cas l’adverbe en représente l’expression un petit tremblement de
la phrase précedente.
Ex. : Je voudrais une explication....j’y ai droit il me semble....(Duras, p. 86) ici l’advrbe y
remplace le mot explication.

29
Par leur pasage à cette fonction, certains adverbes ont perdu leur sens ancien : cependant, qui signifiait pendant
ce temps, a aujourd’hui valeur adversative ; en effet, qui signifiait en réalité, a valeur causale. Chevalier, J. C.
Arrive. M., Benveniste, C. B., Peytard, J :Grammaire Larousse du français contemporain, Paris 1964, p. 418

23
VII. CAS PARTICULIERS DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION DES ADVERBES

Nous avons étudié l’emploi et la formation des adverbes dans trois livres des auteurs
différents : L’Amour de Marguerite Duras, L’étranger d’Albert Camus et Rendez-vous avec
mon fils de Janine Boissard. Nous avons observé les différentes types des adverbes, ainsi que
les diverses possibilités de leur formation et leur place dans la phrase non seulement du point
de vue de la fonction des éléments de phrase, mais aussi du point de vue de la perspective
fonctionnelle de phrase.
Dans ces livres, nous avons remarqué quelques variétés concernant l’utilisation et
formation des adverbes ce qui résulte du caractère divergent de ces oeuvres notamment pour
qui est le point de vue stylistique. Notre but ne sera pas de faire une analyse stylistique
exhaustive, nous nous concentrons seulement à certaines observations par rapport á la
formation des adverbes.

Marguerite Duras, L’Amour

C’est un roman d’un extrême concision et d’une gravité intense. Il décrit la plage de
sable eclairée par S. Thala, une ville en flammes. Trois personnages, deux hommes et une
femme enceinte, se rencontrent ici pour passer un mystère qu’on ne comprend pas. Le temps
principal du livre est le présent. Quant aux adverbes, nous sommes aperçue que dans la
narration l’auteur emploie le plus souvent les adverbes exprimant la manière, tandis que dans
les dialogues ce sont les adverbes de temps et de lieu qui sont fréquents. Cela signifie aussi que
dans ce roman les adverbes assument principalement la fonction du complément circonstenciel.
Ex : Insensiblement un changement du visage se produit. (Duras, p. 76) (la narration)
Ex. : On dansait là. (Duras, p. 118) (une partie du dialogue)
En ce qui concerne la formation, Duras applique le plus souvent les adverbe simples,
venant du latin et qui ont gardé la forme originale. Les autres formes apparaissent plus
rarement. Il est évident, que Duras cherche à éviter l’utilisation des adverbes se formant par la
dérivation impropre, parce que leur nombre par rapport aux autres adverbes est insignifiant.
Quan à la fonction des adverbes, c’est celle du complément circonstanciel qui domine,
les autres fonctions des adverbes sont très rares.

24
Alber Camus, L’étranger

Ce roman existencialiste raconte à lère personne l’histoire d’un jeune homme qui se sent
solitaire et incompris de tout le monde. Le temps principal de cet oeuvre est le passé composé.
Pour qui est de la formation des adverbes, Camus préfère les adverbes venus du latin et puis
ceux qui se forment par la composition. Parmi les trois livres étudiés, l’étranger est le seul, où
se trouve l’adverbe d’une forme très ancienne à tatôns.
Au sujet de la fonction, c’est celle du complément circonstanciel qui est dominante. Les
adverbes assumant les autres fonctions sont employées sporadiquement

Janine Boissard, Rendez-vous avec mon fils

Ce roman décrit le grave problème de l’époque actuelle – le problème concernant les


expériences des jeunes avec les drogues. Ce sont les adverbes venus du latin que l’auteur utilise
le plus fréquemment. Ce qui est indéniable, c’est qu’elle cherche à éviter l’emploi des adverbes
provenant de la dérivation impropre.
En ce qui concerne la fonction de l’adverbe la plus dominante, c’est celle du
complément circonstaciel. Dans ce roman, les adverbes expriment dans la plupart des cas la
manière. Ce qui est typique, c’est que deux ou plusiers adverbes se tiennent tous juste à côté,
par exemple : Au bout de très peu de tenps, juste assez pour me rendre compte que j’étais
fatigué, on est revenu me chercher ; tout a recommencé et je me suis trouvé dans la même
salle, devant les mêmes visages. (Camus, p. 136)

25
Statistique

Le tableau suivant nous montre les différentes possibilités de la formation des adverbes
en français. Les chifres marquent le nombre des formes particulières dans les livres étudiés.

origine latine composition dérivation impropre - ons - ment locutions adverbiales


Duras 351 168 6 0 47 45
Camus 647 360 10 1 110 128
Boissard 890 621 25 0 267 218

Il en résulte que les adverbes utilisés le plus souvent dans le français actuel sont ceux de
l’origine latine. La formation des adverbes par composition est aussi fréquente. Le nombre des
adverbes se formant à l’aide de suffixe – ment et des locutions adverbiales est toujours presque
égal. Les autres manières de formation sont très rares.

L’adverbe peut assumer différentes fonctions dans la phrase. Mais nous pouvons voir,
selon le tableau suivant, que l’adverbe fonctionne le plus souvent comme le complément
circonstanciel.

complément attribut substantif conjonction adjectif


circonstanciel
Duras 547 8 4 11 2

Camus 1090 6 12 6 3

Boissard 1725 28 12 29 9

Les chiffres données ne comportent pas les locutions adverbiales.

26
VIII. POSSIBILITÉS DE LA TRADUCTION DU GÉRONDIF EN TCHÈQUE
La gamme de significations des adverbes étant très vaste, il existe également beaucoup
de possibilités pour la traduction en tchèque. Le choix du méthode le plus convenable dépend
notamment du contexte et des intentions stylistiques du texte. Mais généralement, plusieurs
variantes sont possibles. L’adverbe se traduit en tchèque le plus souvent par une epression d’un
mot. Mais il y a des cas concernant surtout les locutions verbales oú il n’existe pas une
expression d’un mot et on doit utiliser une expression de plusieurs mots .
Ex. : Il passe devant elle, il s’approche, il voit qu’elle dort profondément. (Duras, p. 42)
Prochází kolem ní, přibližuje se, vidí, že hluboce spí. Ici l’adverbe profondément est traduit par
une expression d’un mot hluboce.
Ex. : Il m’a entourée de son bras avec un long soupir : « Je ne te reconnaissais plus ; tu
n’étais plus Nadine.. » (Boissard, p. 105) S dlouhým povzdechem mě objal : « Už tě
nepoznávám ; už nejsi Nadine.. » Dans cette phrase, la locution adverbiale avec un long soupir
se traduit par une expression de plusieurs mots.
Le plus souvent c’est l’espèce de l’adverbe et sa fonction qui déterminent le choix de
l’expression favorable. Nous étudierons ces différentes constructions par rapport aux valeurs
des significations exprimés.

VIII. 1. Les adverbes de manière


Selon le contexte, l’intonation et la position dans la phrase, les adverbes de manière
peuvent avoir des valeurs très variées. C’est l’adverbe bien qui en est l’exemple typique. Il peut
exprimer simplement la manière, faire partie de l’infinitif, s’utuliser comme adjectif, revêtir le
sens de renforcement, d’assurément ou jouer un rôle d’un indéfini.
Ces amis qui t’ont avertie, Anne-Marie, Jean-Daniel les connaissait bien ? (Boissard,
p. 53) Anne-Marie, zná Daniel dobře ty kamarády, kteří tě upozornili ? L’adverbe bien a ici la
fonction de l’adverbe exprimant la manière.
C’était au coeur de ce bien-être que commençaient les vacances pour nous. (Boissard,
p. 79) Prázdniny pro nás začaly uprostřed blahobytu. Dans ce cas, l’adverbe bien est formé
avec l’infinitif être et assume la fonction du substantif.
Un homme bien, qui avait souffert mais se tenait debout en s’efforçant d’aider les
autres. Boissard, p. 222) Ušlechtilý muž, který trpěl, ale byl soudržný a snažil se pomáhat
ostatním. Dans cette phrase, bien est employé domme un adjectif

27
Il y a eu un moment de silence et le président lui a demandé si c’était bien de moi qu’il
avait parlé. (Camus, p. 138) Nastal okamžik ticha a prezident se ho zeptal, jestli mluvil určitě o
mně. Ici, l’adverbe bien sert à renforcer, à assurer.
Puis le président a demandé a l’avocat général s’il n’avait pas de question à poser au
témoin et le procureur s’est écrié : « OH ! non, cela suffit », avec un tel éclat et un tel regard
triomphant dans ma direction que, pour la première fois depuis bien des années, j’ai eu une
envie stupide de pleurer parce que j’ai senti combien j’étais détesté par tous ces gens-là.
(Camus, p. 138) Poté se prezident zeptal generálního advokáta, jestli má pro svědka nějakou
otázku a prokurátor vykřikl směrem ke mně: « Oh ! ne, to stačí. » s takovým pobouřením a
vítězným pohledem, že jsem měl poprvé po mnoha letech hloupou chuť plakat, protože jsem
cítil, jak mě všichni ti lidé nenávidí. Dans cette phrase l’adverbe bien joue le rôle d’un indéfini.
En ce qui concerne les adverbes de manière il y a aussi un grand nombre de ceux qui se
forment avec le suffixe – ment dont les possibilités de traduction sont différentes. On rencontre
souvent l’adverbe de construction différente, mais avec la même signification. On peut
mentionner l’adverbe avec l’équivalent tchèque marně. Celui-ci apparaît en français comme
vainement, soit comme en vain, mais leur sens ne distingue pas.
Ex. : Elle en a vingt ; elle a coupé sa natte ; ses yeux sont cernés et son teint pâle ; elle essaie
vainement de sourire. (Boissard, p. 51) Je jí dvacet ; ustřihla si cop ; má kruhy pod očima a
bledou pleť ; marně se snaží usmát.
Ex. : Je l’avais cherché en vain. (Camus, p. 180) Marně jsem ho hledal.
On peut mentionner aussi l’adverbe avec l’équivalent tchèque klidně qui se traduit en
français soit comme calmement, soit comme avec calme.
Je m’efforçait de respirer à fond, calmement, comme on m’avait appris à le faire pour
l’accouchement sans douleur. (Boissard, p. 10) Snažila jsem se dýchat zhluboka, klidně, jak mě
to naučili dělat, abych měla bezbolestný porod.
Loisel parlait avec calme, comme d’une histoire ordinaire. (Boissard, p. 9) Loisel
mluvil klidně, jako by to byl obyčejný příběh.
En revanche, il existe des adverbes de construction différente dont la signification est
distincte. C’est le cas d’adverbe forcément qui se présente aussi sous la forme avec force.
Ex. : Elle arrive, elle les bouscule avec force. (Duras, p. 92) Přichází, silou do nich strká.
Ex. : Ce sera aussi, forcément, le père de famille qui pense à ses enfants et s’est dit : « J’ai de
la chance », et a eu envie de toucher du bois. (Boissard, p. 114) Bude to nevyhnutelně i otec
rodiny, který myslí na své děti a řekl si « Mám štěstí », a měl chuť zaklepat na dřevo.

28
Il faut mentionner aussi l’adverbe particulièrement qui apparaît aussi comme en
particulier et dont le sens est différente.
Elle en rit encore (Gilles n’est pas particulièrement bon joueur. (Boissard, p. 70) Ještě
se tomu směje (Gilles není zrovna dobrý hráč)
Quand je suis entré en prison, on m’ pris ma ceinture, mes cordons de souliers, ma
cravate et tout ce que je portais dans mes poches, mes cigarettes en particulier. (Camus, p.
122) Když jsem vstoupil do vězení, vzali mi opasek, tkaničky z bot, kravatu a všechno co jsem
měl v kapsách, především cigarety.
En français, on rencontre fréquemment un adverbe ayant des significations différentes.
Dans ce cas on peut citer l’adverbe doucement qui peut être traduit en tchèque comme :
pomalu, tiše.
Ex. : Elle m’a dit : « Si on va doucement, on risque une insolation. (Camus, p. 30) Když
půjdeme pomalu, riskujeme, že chytneme úžeh.
Ex. : Alors nous sommes rentrés doucement et il me disait combien il était content d’avoir
réussi à punir sa maîtresse. (Camus, p. 63) Potichu jsme se tedy vrátili a on mi řekl, jak je rád,
že se mu podařilo potrestat svou milenku.
VIII. 2. Les adverbes de quantité ou d’intensité
Quant aux adverbes de quantité et d’intensité, il y en a quelques-uns dont la traduction
est problématique. Citons l’adverbe trop. On l’emploi tantôt quand on veut accentuer que
certaine limite a été dépassée, tantôt en exprimant une grande intensité.
Après le déjeuner, il fait trop chaud pour travailler et nous nous reposons ensemble.
(Boissard, p. 121) Po obědě je příliš teplo na to, abychom pracovali, tak společně odpočíváme.
Ici, on souligne a l’aide de l’adverbe trop que certaine limite est dépassée.
J’ai acquiescé, mais mon compliment n’était pas sincère, parce que j’étais trop fatigué.
(Camus, p. 161) Souhlasil jsem, ale můj kompliment nebyl upřímný, protože jsem byl hrozně
unavený. Dans ce cas, l’adverbe trop énonce une grande intensité.
En traduisant de l’adverbe trop , il faut faire attention que ce mot signifiant en tchèque
příliš ne commémore pas l’original français.
L’adverbe davantage représente autre exemple des adverbes de manière ayant plusieurs
possibilités de traduction. Il marque la supériorié par comparaison et signifie víc ou déle.
Notre but est-il de produire davantage pour consommer plus ? (Boissard, p. 179) Je
naším cílem vyrábět víc, abychom mohli více spotřebovat ?

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Obéissez sans tarder davantage.30 Poslechněte, aniž byste déle váhala.

VIII. 3 Les adverbes de temps


Les advberbes de temps accompagnent généralement le verbe, dont ils soulignent les
valeurs temporelles ou aspectuelles. Il y en a certains qui provoquent des confusions pendant la
traduction. En ce qui concerne l’adverbe jamais, il a un sens négatif et signifie en tchèque
nikdy quand il se trouve dans la phrase ayant valeur négative. Mais quand il est employé dans
les interrogations, l’adverbe jamais a un sens positif et signifie en tchèque někdy.
Il ne l’a jamais vue dans une lumière aussi intense. (Duras, p. 113) Nikdy ji neviděl v
tak prudkém světle. Cette phrase a valeur négative, donc l’adverbe jamais a valeur négative.
Avait-il jamais existé, ce voyage à Londres ? (Boissard, p. 131) Existovala někdy ta
cesta do Londýna? Dans ce cas, il s’agit d’une interrogation, c’est pourquoi l’adverbe jamais a
valeur positive.
L’adverbe jamais peut former les locutions à jamais, pour jamais, qui signifient en
tchèque navždy, par exemple : Parmi les joueurs, il y en avait un qu’elle préférait : un ancien
marin-pêcheur qui assurait que sa peau était à jamais impregnée de sel de marin ; elle prenait
sa main par surprise et la léchait pour vérifier. (Boissard, p. 109) Mezi těmi hráči byl jeden,
kterému dávala přednost : bývalý námořník-rybář, který ujišťoval, že jeho kůže je navždy
nasáklá mořskou solí ; znenadání vzala jeho ruku a olízla ji, aby to ověřila.
Citons encore l’adverbe de temps toujours dont la signification peut être différente.
Mes hommes vous ont répérée au début de la semaine : « Une dame qui se
plaçait toujours le plus près possible de leur table. (Boissard, p. 96) » Moji muži vás objevili
začátkem týdne : « Dáma, ktérá vždy seděla co nejblíže k jejich stolu.
Ils étaient toujours à la même place et il regardaient avec la même indifférence
l’endroit que nous venions de quitter. (Camus, p. 79) Byli stále na stejném místě a se stejnou
lhostejností se dívali na místo, které jsme právě opouštěli.
En français, il y a certains adverbes de temps ayant les différentes constructions
possibles, mais dont le sens est égal. C’est le cas d’adverbe avec l’équivalent tchèque
najednou.
Soudain, j’ai envie de poser mon assiette et de partir, je ne sais où. (Boissard, p. 147)
Najednou mám chuť položit svůj talíř a odejít nevímkam.

30
Grevisse Maurice, Le bon usage, Gembloux 1969, p. 788)

30
Tout à coup, entre le bruit des moteurs et le bruit de la mer, s’insère une plainte
d’enfant. (Camus, p. 43) Najednou se mezi hluk motorů a hluk moře vmísil dětský nářek.
Marie nous a dit tout d’un coup : « Vous savez quelle heure il est ? Il est onze heures et
demie. (Camus, p. 84) Najednou nám Marie řekla : « Víte kolik je hodin ? Je půl dvanácté. »

VIII. 4 Les adverbes de lieu


Quant à l’adverbe de lieu où, il y en a différentes possibilités de traduction. Dans la
plupart des cas il exprime le lieu.
Où étiez-vous ? (Camus, p. 123) Kde jste byli ?
Et tu penses que cela va te mener où ? (Boissard, p. 104) A kam myslíš, že tě tohle
dovede ?
En français, il y a des cas, où l’adverbe où assume la fonction d’adverbe de temps, par
exemple : Elle m’a demandé d’une voix timide si, d’une façon ou d’une autre, elle pouvait
m’aider ; elle en serait heureuse ; peut-être tout simplement venir parler avec moi un jour où
je me sentirais seule. (Boissard, p. 181) Nesměle se mě zeptala, jestli mi může nějakým
způsobem pomoci ; bude mít radost ; snad jednoduše z toho, že jednoho dne, až se budu cítit
sama, si přijde se mnou popovídat.
À l’époque oú Jean-Daniel habitait encore ici, Anne-Marie venait très souvent et, ce
soir, il me semblait que j’allais les retrouver tous les deux dans le salon. (Boissard, p. 109) V
době, kdy Jean-Daniel bydlel ještě tady, Anne-Marie chodila velmi často a dnes večer se mi
zdálo, že je oba najdu v salónu.
L’exemple similaire represente l’adverbe ici. Celui-ci marque soit le lieu où l’on se
trouve, soit le temps.
Elle le regarde, elle dit : « On m’a dit que vous étiez ici, un homme que je ne
connaissais pas. (Duras, p. 82) Dívá se na něj, říká : « Řekli mi, že jste tady, nějaký muž,
kterého jsem neznala. Dans ce cas, l’adverbe ici marque le lieu.
« As-tu l’intention de l’inviter ici ? » a-t-il demandé. (Boissard, p. 211) « Máš v
úmyslu ho sem pozvat ? » zeptal se. Dans cette phrase, l’adverbe ici exprime le lieu.
J’ai répondu, je ne sais pas encore pourquoi , que j’ignorais jusqu’ici qu’on me jugeât
mal à cet égard, mais que l’asile m’avait paru une chose naturelle puisque je n’avais pas assez
d’argent pour faire garder maman. (Camus, p. 75) Nevím proč jsem odpověděl, že až dosud
jsem nevěděl, že mě v tomto ohledu špatně odsoudili, ale že azyl se mi jevil jako přirozená věc,
protože nemám dost peněz na to, abych nechal maminku opatrovat. Danc cette phrase,
l’adverbe ici marque le temps.

31
VIII. 5. Les adverbes de doute
Parmi les adverbes de doute, il y en a certains qui ont la construction un peu différente
et leur sens et aussi différent. L’exemple typique est l’adverbe apparemment qui apparaît en
français aussi sous la forme en apparence.
Après le drame, les moments intenses, soudain c’est l’accalmie ; restent dans cette
voiture, par une belle journée d’été, un homme et une femme qu’apparemment rien ne estinait
a se rencontrer et que la vie a mystérieusement réunis. (Boissard, p. 193) Po té dramatické
události, silných okamžicích nastal náhle klid ; jednoho krásného letního dne zůstávají v tom
autě muž a žena, které nejspíš nic nepředurčilo k tomu, aby se potkali a jež život záhadně
spojil.
C’est toujours une phrase, un geste, un moment en apparence peu importants qui vous
rappellent quelqu’un qu’on a perdu. (Boissard, p. 200) Je to vždy nějaká zdánlivě nedůležiá
věta, gesto nebo okamžik, které vám připomenou někoho, koho jsme ztratili.

32
IX CONCLUSION

Dans le présent mémoire, nous avons voulu démontrer, à l’aide des trois oeuvres
littéraires et de plusieurs travaux grammaticaux, quelles sont les manières possibles de la
formation des adverbes et quelles fonctions assument les adverbes en français contemporain.
Nous avons prêté notre attention aussi à la possition des adverbes, tantôt du point de vue des
éléments de phrase, tantôt du point de vue de la perspective fonctionnelle de phrase.
L’adverbe, étant un mot invariable, il exprime le lieu, le temps, la manière, le doute,
l’affirmation ou la négation. En français, l’adverbe peut être formé par la composition, la
dérivation impropre, à l’aide des suffixes – ment ou celui très ancien qu’on n’emploie que très
rarement –on(s). Mais les adverbes employés le plus fréquemment en français actuel sont ceux
qui sont venus du latin. Dans certains cas, un adverbe du même sens a été construit par deux
manières, tantôt par la composition, tantôt avec le suffixe – ment.
En ce qui concerne l’emploi des adverbes, il est assez varié. Dans la phrase, l’adverbe
modifiant le verbe, l’adjectif, le substantif, l’adverbe ou la phrase toute entière assume dans la
majorité des cas la fonction du complèment circonstanciel. En ajoutant l’article défini ou
l’infinitif, l’adverbe devient le substantif. Dans certains cas, pour s’accomoder au contexte,
l’adverbe joue un rôle de l’adjectif, de l’attribut ou de la conjonction de coordination reliant
une phrase à l’autre.
Grâce à la quantité et la variété des adverbes, leur position dans la phrase, tout en
respectant les règles des usages et de style, est assez changeante. Par conséquent, c’est souvent
l’auteur lui-même qui décide de la place convenable des adverbes. La place de l’adverbe
abusive peut déranger une valeur sémantique de toute la phrase ou parfois provoquer des
ambiguïtés.
En comparant les adverbes tchèque et français, on trouve qu’en français, généralement,
il existe la plus grande variété concernant la formation et l’emploie des adverbes qu’en tchèque.
Ce qui est caractéristique pour les adverbes français, c’est qu’un adverbe de la même
signification apparaît sous plusieurs constructions différentes et au contraire, l’adverbe d’une
construction unique peut avoir différentes significations. Les adverbes français, à l’exceptions
des locutions adverbiales se traduisent en tchèque le plus souvent par l’expression d’un mot.
Les adverbes sont un espèce de mots très important parce qu’ils assument la fonction
dans la phrase, il précisent la signification soit de différents éléments de phrase, soit de la
phrase entière et non en dernier lieu ils émaillent et enrichissent les textes, la langue écrite, de
même que la langue parlée.

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Bibliographie

Béchade, Hervé-D. : Phonétique et morphologie du français moderne et contemporaine, Paris


1992.
Chevalier, Jean-Claude / Blanche Benveniste, Claire / Arrivé, Michel / Peytard, Jean :
Grammaire Larousse du français contemporain, Paris 1964.
Ducháček, Ott / Bartoš, Josef : Grammaire du français contemporain, Bratislava 1976
Le Goffic, Pierre : Grammaire de la phrase française, Paris 1993
Grevisse, Maurice : Le bon usage, Gembloux 1969.
Grevisse, Maurice : Précis grammaire française, Paris 1990
Radina, Otomar : Francouzština a čeština : sysémové srovnávání dvou jazyků, Praha 1977
Šabršula, Jan : Vědecká mluvnice francouzštiny, Praha 1986
Šabršula, Jan : Základy francouzské skladby, Praha 1976
Wagner, R. L. / Pinchon, J. : Grammaire du français classique et moderne, Paris 1962
Weinrich, Harald : Grammaire textuelle du français, Paris, 1989

Oeuvres dépouillées :
Duras, Marguerite : L’Amant,, Gallimard, 1971
Camus, Albert : L’étranger, Praha 1997
Janine Boissard : Rendez-vous avec mon fils Paris, 1981

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