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Le Palmier-Dattier

au Maroc
Symbole de fertilité et de prospérité, le palmier-dattier est l’arbre providence des zones
sahariennes et présahariennes.
Implanté principalement le long des vallées du Ziz et du Drâa, il est considéré comme l'une
des plus vieilles espèces fruitières du pays.

Les palmeraies, exploitées en général en culture mixte, permettent la subsistance de


nombreuses familles dont les moyens d'existence reposent sur l'exploitation du dattier, des
cultures sous-jacentes et des sous-produits que cet arbre prodigue dans un milieu aux
ressources particulièrement limitées.

En outre, la datte, que beaucoup considèrent comme un fruit-dessert, est l'aliment de base
de plus d’1 million d'habitants et peut servir à l'élaboration
de produits alimentaires de grande valeur énergétique et diététique.

Le Maroc est le 8ème producteur mondial de dattes avec environ 3%


de la production moyenne mondiale de dattes.

La phoeniculture assure le revenu d’une population estimée à


plus d’un million d’habitants. d’une

On compte environ 5 millions de palmiers-dattiers au Maroc.

L’économie des oasis du sud-est marocain repose


essentiellement sur l’exploitation des
palmeraies dattières. 20 à 60% du
revenu agricole dans cette région
revenu
provient de cette activité.

Le patrimoine national est caractérisé


par une grande diversité génétique
avec 453 variétés.
Un palmier-dattier donne généralement des dattes à partir de la 4ème année
et peut vivre jusqu’à 200 ans.

La production nationale s’élève à 120 000 tonnes de dattes par an. Le


Maroc a cependant besoin d’en importer 30 000 tonnes par an.

Un arbre peut produire entre 10kg et 100kg de dattes (environ 20kg/an


pour les cultures traditionnelles & 80kg/an pour les cultures intensives).

La consommation nationale s'élève à 3 kg/habitant au niveau national


contre 15 kg/habitant au niveau des zones de production.

Le palmier-dattier, comme le précise son nom, appartient à une grande famille d’arbres à
palmes et produit des dattes. Il se dit nakhil ou tamr en arabe.
Mais, dans tous les pays, il porte le même nom latin, Phoenix dactylifera. Phoenix est le
nom donné par les Grecs à cet arbre qu’ils considéraient comme l’arbre des phéniciens. Quant
à dactylifera, cet adjectif décrit les fruits du palmier-dattier, en forme de doigts.

Coeur
▪ La couronne ou frondaison (feuillage
Couronne
de l’arbre) contient :
centrale
• Les palmes : couronne basale
(formée des palmes les plus âgées)
et couronne centrale (palmes en
pleine activité et palmes du cœur)
Couronne • Les inflorescences et les
basale régimes
Gourmand
Rachis et lif Régime ▪ Le tronc, ou stipe, contient les rachis, le
Bulbe fibrillum (lif) et les gourmands et rejets.
Rejet
Bulbe
▪ Les racines, ou système radiculaire,
contiennent le bulbe et les racines.
Racines respiratoires
de 0 à -20cm, et
jusqu’à 150cm au-
dessus du sol

Racines de nutrition,
de -20 à -100cm

Racines d’absorption
de -1 à -2m
Racines formant un
faisceau pivotant de -
1m à -15m

▪ Les racines respiratoires


Elles servent aux échanges gazeux. Elles se développent quelquefois très
hautà la base du tronc, ou stipe, en poussant sous les bases pétiolaires des
haut
palmes kornafs ou cornafs. Ce sont alors des racines aériennes.
palmes,

Les racines respiratoires souterraines ont peu de radicelles. Ce système joue


ununrôle important, et nécessaire au palmier, dans les échanges gazeux avec
l’air de l’atmosphère du sol. On comprend mieux l’importance que revêt la
l’air
texture
texture du sol dans lequel sont plantés les palmiers : une texture grossière, non
asphyxiante, comme les sols sableux, est préférable.

▪ Les racines de nutrition


Elles constituent la plus forte proportion de racines du système. Elles sont
très longues, obliques ou horizontales. Elles sont pourvues de nombreuses
radicelles et peuvent se développer bien au-delà de la zone de plantation.

▪ Les racines d’absorption


Elles ont pour fonction de chercher l’eau. La zone de ces racines est plus ou
moins développée selon le mode de culture et la profondeur de la nappe
phréatique.

▪ Les racines du faisceau pivotant


Le pivot de racines d’absorption est quasi inexistant si la conduite de culture permet
une absorption suffisante au niveau des racines de nutrition et d’absorption. Il est
réduit si la nappe phréatique se trouve à faible profondeur. Mais si nécessaire, ce
véritable pivot de racines peut atteindre l’eau jusqu’à une profondeur de 17 mètres.

Le développement des racines se fait en fonction :


• De la nature du sol
• Du mode de culture
• De la profondeur de la nappe
• Du cultivar, ou de variété
▪ Racines et plantation d’un rejet
Les palmiers-dattiers plantés par les équipages pendant la Green Day sont des rejets de
palmiers.
Cela permet de ne pas déraciner l’arbre-mère et le développement complet du rejet, qui aura
plus de place une fois isolé.

Les racines qui se développent en premier lorsque l’on plante un rejet sont les racines de
nutrition, puis les racines d’absorption.
Elles atteignent normalement 1 mètre à la fin de la première année qui suit la plantation et 3
mètres à la fin de la deuxième année.

Le tronc, qu’on appelle plus justement « stipe », est cylindrique, c’est-à-dire d’un même
diamètre de bas en haut, sauf à la base, où l’on trouve les racines respiratoires. Le tronc
pousse au fur et à mesure de la croissance du bourgeon terminal, et de l’émission des
palmes.

Lorsque le bourgeon terminal est endommagé, par blessure, par maladie, ou par dégâts de
ravageurs, le palmier réagit en développant un ou plusieurs bourgeons axillaires. Ce ou ces
bourgeons axillaires remplacent alors la « tête » du pied mère en produisant de nouvelles
palmes et nouveaux régimes.

A la base, on trouve des racines respiratoires, qui poussent en faisant éclater les kornafs. On y
trouve également les rejets.
Dans la partie médiane, on trouve les kornafs. Les kornafs, sont les bases pétiolaires du
palmier qui restent collées au stipe après la mort de la palme. Ils se dessèchent à leur
extrémité et assurent une protection du tronc. Leur présence permet de grimper sur le
palmier.

Entre les kornafs, le tronc est recouvert d’un fibrillum, qui est une bourre fibreuse, sorte
de tissage végétal que l’on appelle le lif.

Dans la partie terminale du tronc, on trouve les palmes en activité, c’est-à-dire les palmes
vertes qui sont insérées en hélices très rapprochées.
L’ensemble des palmes vertes
forme la couronne du palmier. On
dénombre de 50 à 200 palmes chez un
arbre adulte. Les palmes vivent de trois à
sept
sept ans, selon la variété et le mode de culture.

On distingue :
• La couronne basale, avec les palmes les plus âgées
• La couronne centrale, avec les palmes adultes
• Les palmes du cœur, avec les palmes non ouvertes, dites « en
pinceau », et les palmes n’ayant pas encore atteint leur taille définitive.

Les palmes sont émises par le bourgeon terminal, ou « phyllophore ». Les


premières palmes, celle du cœur, non ouvertes, en pinceau, peuvent être dénombrées
à l’oeil. Il y en a jusqu’à sept.

Une palme, ou djerid, est une feuille composée pennée (se dit des feuilles composées de
folioles disposées de part et d'autre d'un axe médian). La base pétiolaire, ou kornaf, engaine
partiellement le tronc et est en partie recouverte par le fibrillum, ou lif.

Le rachis, ou pétiole, est semi-cylindrique, plus ou moins ailé, et porte les épines,
choucks, et les folioles. Le pétiole est dur et relativement rigides.
Les épines sont plus ou moins nombreuses et plus ou moins longues. On constate un gradient
entre les premières épines et les épines du haut, qui se transforment progressivement en
folioles. Epines et folioles sont plus ou moins régulièrement disposées en position
généralement oblique le long du rachis, seules ou en groupe de trois au maximum.

Rachis ou pétiole
Épine ou chouk Foliole

Partie
Partie pétiolaire épineuse Partie Partie foliolée
intermédiaire
Le palmier-dattier est une plante dioïque, c’est-à-dire que les organes mâles et
les organes femelles sont sur des individus différents : on parle de palmiers mâles
ou de palmiers femelles.

Les inflorescences du dattier naissent du


développement de bourgeons axillaires
situés à l’aisselle des palmes dans la région
coronaire du tronc.
L’inflorescence est caractéristique : c’est
une grappe d’épis.

Un seul ovule par fleur est fécondé. La période de fécondation a lieu durant le
printemps.

Les dattes sont généralement de forme allongée ou ovoïde (de la forme d’un œuf),
mais on rencontre également des dattes sphériques :
• Longueur : très variable (de 1 à 8 centimètres)
• Poids : de quelques grammes à + de 50 grammes
• Couleur : de jaune clair à brun plus ou moins foncé en passant par toutes les
teintes de jaune, jaune ambré, orangé, rouge vif, rouge brun, mais également
vert, violet, noir.
• Consistance : molle ou dure.

Depuis la pollinisation jusqu'à la maturation complète de la datte et la récolte, on


observe 3 types d'évolution physiologique de la datte :
• Une évolution de taille
• Une évolution pondérale
• Une évolution de la couleur

A partir de cette évolution, on peut classer physiologiquement toutes ces périodes


en cinq grands stades :

▪ Loulou ou Hababouk : c'est le stade "nouaison" qui vient juste après la


pollinisation. Les dattes ont une croissance lente (grosseur d’un petit pois),
une couleur verte jaunâtre et une forme sphérique. Il dure 4 à 5 semaines après
fécondation.

▪ Khalal ou Kimri : ce stade dure sept semaines environ, il se caractérise par


une croissance rapide en poids et en volume des dattes. Les fruits ont une
couleur verte vive et un goût âpre à cause de la présence des tanins.

▪ Bser ou Bsir : les sucres totaux atteignant un maximum en fin du stade. La


couleur vire au jaune, au rouge et au brun, suivant les clones. La datte atteint
son poids maximum, au début de ce stade. Il dure en moyenne quatre
semaines.
▪ Martouba ou Routab : c'est le stade de la datte mure pour certains cultivars. Le poids et
la teneur en eau vont diminuer à la fin. La durée de ce stade, pendant lequel le fruit prend
une couleur brune, est de 2 à 4 semaines. Les tanins émigrent vers les cellules situées à la
périphérie du mésocarpe et sont fixés sous forme insoluble.

▪ Tamar ou Tmar : c'est la phase ultime de la maturation au cours de laquelle, l'amidon


de la pulpe se transforme complètement en sucres réducteurs (glucose et fructose), et en
sucres non réducteurs (saccharose).

Les dattes sont récoltées en octobre-novembre (en août pour certaines variétés précoces).
Les agriculteurs coupent les grappes de dattes à l’aide d’une sorte de couteau-faucille pourvu
de dents, puis ils déposent les régimes de dattes sur des bâches pour les trier.

Les dattes sont réparties en trois catégories :


• Les meilleures dattes partiront pour l’exportation
• Les dattes de qualité moyenne sont réservées à la consommation locale
• Les dattes de mauvaise qualité ou non fécondées (jaunes à la récolte) servent à nourrir les
animaux.
La datte est composée d’un noyau entouré de chair, dont voici les constituants :
• Eau
• Sucre (glucose, saccharose, fructose)
• Cellulose
• Éléments minéraux
• Autres (tanins, vitamines…)

La datte est riche en éléments minéraux et en vitamines. C’est un fruit doté d’un bon
équilibre entre les vitamines du groupe B, PP et A.

La valeur énergétique de la datte est inégalée. Pour 100 grammes :


- Datte : 300 calories
- Banane : 100 calories
- Raisin : 80 calories
- Orange et citron : 60 calories
- Pêche, poire, abricot : 60 calories
- Tomate : 20 calories

Sa valeur énergétique, son apport en éléments minéraux et en vitamines font de la datte un


aliment d’un grand intérêt nutritif.

• Le vinaigre, l’alcool et les levures, par fermentation microbiologique des dattes


communes
• La farine de dattes utilisées dans la panification
• Le jus de dattes, par extraction, utilisé comme sucrerie
• Le tronc d’arbre, utilisé dans l’ébénisterie traditionnelle, comme bois de
chauffage et charpentes de bâtiments
• Les palmes sèches, utilisées comme clôtures, brises vent ou dans la
confection de couffins, de chapeaux, de paniers...
• Les régimes de dattes, comme balais traditionnels, et comme
combustibles
• Le lif pour la confection des semelles de sandales, des cordes,
des filets...
• Les déchets des dattes dans l’alimentation du bétail