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O RAISON SVR LE TRESPAS
du Roy Francoísfaicte par Monſieur Gallandſi
ſon lecteur en lettres Latines,& par luy Pronó
cée en Funíucrſité de París,le VlLiour de May
M. D. X I.. VI I.
Traduítte de Latin en Francois Par Ian
Martin Secretaire de Monſeigneur
le Cardinal de Lcnoncourt .

Imprímêe a París par Michel de Vaſcozan


a la Fonraín e en la rue ſizinct Iaques ,l
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E vouldroyc -bien, Mcſsicuxs, -quclDicLt,
_ tout* uíflän-t&ztouc-bqxæjçuflñpctníis»
“ - -, que pſuſtoſt nous -Peuſsionlsçſiouyf d':
la conualcſccnce duRQy Francoys Pere_
due-pays'- éçï--zdçs b-ÇÎÙIIÇS' lcttmë ,cque--maiatêpanç
pourſon treſpas àuoit càuſe defaite caſte Ofaiſonz
funèbre-, ſüyuant ;la couſtume des-lccôméccmfib'
Qbíèmâëärcfxüc -ÏQÜXÊSËÃÊŸÎHÊIÃQIÏSÎ dela term-Mais
Póuraufätz que cO-n-tsrc- Loxzdónnaîèezdu -Cxçatcqtfâ
il nc ſauroitpar:aûcunds çcuurcs humaines -èſtrc
rquqquê zaç:laç -Ÿcçſcntq -vic, na-eſrx'u-e-s_:Ã (cçtnmc ndus
QſPcrOnSzNu'i -; -eſt dèceflehcuræ; au” DËÇUEÏOÆJYÊ!
ſant dc largloircïeïternellc, dôt il nouS deſire en' cc _
nxonde; parcicjpâs_,'compagnon_s; dç ſa bcatítudc,
Pxiuçz dé:tQH'tc xzrjſtzçflíîcaieíxrausërcquihrzfajſhns
- par cênxeîzlorafion ,deÏvertu-,ſîuïlzfious- ayâcîeſtô
rauïymc flair 'niis 'cn-ſioub-l'y-rie ſilcîn_cc ;aîné:que ce,
Lsëdimilaucí--ehſë,omeuh ËIYÈÏÎUËSÏÏÏÀÜÎÇIË-Êflmèíconz-æ'
@Quelpar ſkinziccsäsóçîiyärítz WÆiE-jäíæwjguillonncſſí
ëùceznousætvæíæ' leïs-auërcîs Ïmdrtélz-' a faire(ſtzyäuzilntj
&IJECËEÏHÀÎËLÊNIÏOIÊS-JLIUBEEÊS _ôc:dignes 51e zncmoiæ-'
11chIoutëesfçxiszíldmſcmblæ:djffiqälfizqæíc:íéffluiaí
grand? cincpuiszrçſiſtcrauäî algofflës dont-mon:
WEI-e ïmçurdrzyjſachëapporter 'aux autres' alle
geànçe &conſolation;
conſidſicré èdcztanx-- éxccfiiqc friſteflèÎ;
que-pom'- cffrérÿaffizpcnitentédcmôc
' A ii --
-z oR AISoN _
r 8c peu Ïfauoriſê deloquèſince , mes Forces ne' ſont
ſuffiſítes a fouſtenir le pois des choſesdôt ie veuil
traicier-'Neanunoins puis que ce bon prince me
eôſtiëqaen ſon viuât lieu tel entre ſes profeſſeurs
de lettregquepluſieurs ieunes hommes deſirans
bien'parler!vi'enent ordinairement ouyr mes les
ëonsïonsnïea Ÿn auditoire dloquenceæï 8c qüeiſa'
mäieſtëla touſiours monſtréſia mo &mes cone-
&eresimebiëhueuillancc merueil euſe accompa'
giîëé de' iiberalité royale, mon aduis eſt que ier-nef
doÿpiusïëoſt-eflbrcerſóommenr que ce fait) a 1e'
louer dc'telle ſorte que les hômes puiſſent en*
têdre q'u'il'y-a plus coſt _en moy' 'faulte de bon-ſti#
le çonueriént af !ſi grande çhoffl; que 'de gratitude'
8è bonne affect-ion. Si eſt ce que douleur exeçffia;
ue couſtum-ierede fermer la bouche a_u'x_hc'>ni‘e*s'',l '
&ÎäèIî-raääçtæ-'eelæir-häu-ltcs :entrepriſes dîe-ïleurs?
cduräîgeszqnät- îlzsom perdu 'queîî ueehoſe trop:
preeienſc&Îſingniieregâincité 6c uie-ité- enfer-ç
canadienfflëÿſënſitlrèpbiíè? &bonivëlítoíïſï-Îaïietlëdrî
larmeslbtïforfiïer plaínctes-,qtie f1 !Si-enfonc
puisî-perſeâemêt -cleſcrire_ lesëgeſtes_ heroiq:uesdÿ
cerRxoy- z ſi pour-ray :ie- aucunemèntdſatisffiireëaîuxï
lrónífflès 'ele gehrillésôzd óerttretſſe-?narure tou' dut
moins leur donner-eſperaîce en- faite certain to,-j
lerable-pouxrtraíct. Mais- fidîazuantqre-maz liarägue
:nai gaz-SEM' deſirtegde-ríeheis 'facons de parlez;
!ouseóntenteïnoins-qdelle ne doit: la meinocilreë
' cs
FVNEBRE: 3
des grans biens que ce Roy nous a faictz en extre
me largeſſe, pourra(có1ne il me ſemble) ſeruir de
remede propice a la playe que nous auons receûc
par ſa dolête mort. Sans point de doute c'eſt vne
grande playe , voire bien la plus griéue que ce
royaume ayt point ſoufferte depuis ſon Premier
eſtabliſſement. Et pource qu'elle eſt encores tou
te fraiche,ne ſe pouant ſi treſioſt refermer, ôc crai
gnätla main du Chyrurgien, entretät que ie pen
ſeray quel appareil eſt bon y appliquer ,ie ne me
ſauroye contenir, que ſuyuant ce qu’on lit auoir
'eſté faict par Metellus Macedonique en la pompe
funebre de Scipion l’African,ie ne cryezAccourez,
accourezicy meſsieurs les 'Francois, car eſtant au
iourdhuy mortle Roy Francois, les rampars de
noſtre' royaume ſont ruynez. -Accourezÿ vous dy
ie, car iamaisîvous ne verrez les funeraílles d'un
plus gräd Roy,a raiſon ue toutes les bónes par
ties( dont chacune par rendent diuers princes
a-dmirablegôîc 'auſsi ſont? îce leurs principaleS mer
ques) eſtoyêt par vn don_ ſingulier de la grace di
uine reſplendiflantes a merueílles en luy. Helas il
auoir -fi gräde côgnoíſià-nce dels*' proprietëz natru
rellesôc des artzlamour tant incroyable des let
tres &lettrezl iuſtice, miſericorde , ſoy, liberali
tégmagnificeóusëîîäuoír -exquis en Farc militaire!
äcandeflîeäincbl-ia ſirehe-nſiblecle courage! adiou
- -ons y nobleſſe illuſtre de ſang , auec forme de
'z Aiij
O--RAISON'
'corps excellente,afin qu'il ne ſemble que contre
la couſtume nous facions peu de compte des cho
ſesqui Yienentzde Fortune. Car ſuppoſé que ces
deux dernieres ne ſoyent en noſtre puiſſance,&,
ne nous rendent perfectemêt ennobliz,puis quïil
ne fault que peu ou point eſtimer-que ſoyôs proñ,
prietaires de la gloire de-noſtre race ,ſôc 'des ver:
tuz de noz predeceſſeurs : toutesfois pource que
la vie eſt louable laquelle n’a contaminé la beau?
J

tede ſa forme ,- ny degeneré -ou faict- choſes indi-;


gnes de ceulx dont nous eſt venu le fondement
de nobleſſe, -il me ſemble qu'ilne ſera diſconueñ;
nable-dÏen toucher jcy en briefquelque mot, c613
me entre genS cógnoiflàns 6c' ententíſzaux cho-
fes plus louables .Puis donc_ que par la -loy Salië_
que sinſtitutécslde' -Pharamond premier Roy- -des
Frahcoi-s- ílyâ pluszclvnzo cens -ans, il fut dïiéóàt_ Que:
les hoirs mafies deſcendansfiçle 'Roys,lîeur_s ame
fines -cleuoyzemz-par -droict hcxcdicairc ſuccéder a'
la-cqucónnesóc que depuis_ ce têpszla tant de Prior
c'es 'nragnanimeszbelliqueux , iuſtes, prudentz,
grauesíainctznzoire ſurmontans en 'tout le natu
rel _deâbôſlíäo3,ont-a-d1nin_iſtré -le Royaume; _il me
ſen-able que '-tout perſonnage cuydant parlerga
'plein de la 'nobleſſe du ſang du Roy Fräcoysfflloit
eſtimerquîl- etat-reprend \me MÂLÏÏ-Êrflueócäëæ
ſiderê;q-u'ilùeſt.de~ _cètldu-d-eî ſ1 longuezlifgne:conz
tinuelle de prince- en autre,í'dontïla_ lncmoire :fe
e' -i - _ rend
FVNEBRE 4
rend eſmerueillablqpar eſtre non moins 'côgnue
des nations eſträges que de nous,que ceſtuy la ne
ſauroit dire en ceſt endroit choſe ſinon repetée,&
quaſi mal a proposzcar la grandeur de leurs geſtes
empeſche qu'on lespuiſſe traicter en peu de paro
les,quâd ores ayant obmis les antiqueSJentrepre-ñ
neur commenceroit ſeulement a Philippe de Va
lois,ou a ceulx qui depuis luy ont de plus pres ap
proché noſtre Roy Francois: 6c ſi ie vouloye en
parler am lementzil ne fauldroit que fentrepriſſe
vne orai on,maisvn grand liure,cótraire a 'ce que
\preſentement me fault deduyre. Car quid ores ie
le vouldroye louer de ce -coſté, que ceſt choſe
plus 'digne de gloire auoir engêdré enfâs: illuſtres
6c vertueux , que naiſtre ſoymeſme de t-reſnobles
parês,ie diroye qu’il n’a de rien merité plus de lou
engezque d’auoir 'laiſſé- ſucceſſeur a vn ſi grand
Royaume ſon filz Hêry ſurpaſſant par ſageſſe', iu-ſi
ſtice, force, &c temperance ſingulieres, toute opí—
nion humaineMais ſi encores quelque eſtime luy
doit eſtre donnée pour ſexcelleſſce de forme cor
porelle, il a eſté (Côme vous pouez auoir veu)de
tant ſinguliere proportion de membres, &c ſi fort
repreſentät-certaines dignité, doulceuigôc :libcrañ
lité louableszque quiconques les vouloir attenti
uementeſté côſiderer, eſtoit forcé de dire
iam-ſiaís faict 8c aſſemblé 'ſinon pourcela
vnen'auoir
maje
ſté Royalle.Il n'eſtoit(a la verité)de petite ſtature
ORAISON
&c ſimple,choſe tant deſplaiſante iadis aux' I_ acc..)
demoniens,qu'ilz condzïnerét en bonne 8'c groſ
ſe amende pecuniaire Archidamus le_ur rince,-
pource qu’il print en mariage vne petite emme.
Auſſi n’auoit noſtre bon Roy grandeur trop eX_--_
ceffiue,laquelle faictſſuyuant le cómun dire)con_~_
iecturer puſillanimitê,& faulte de bon ſènsïouñ,
tesfois a raiſon que nous ne formons noz perſon-ï
nes aque
peu noſtre
i’engré,aíns
ay dict,que celaenvient
ſuffiſe ſiceſt de Fortunegle
endroit, a ce;
que puiſſiôs de bône heure pafler aux choſes pour'
leſquelles deûemêt les hommes doyucnt eſtre ho
noreLEt afin de cômêcer parles Lettres, que les
ignorís ínconſiderez iugét pàrauæïture diminuer
la lou Ege desRoys: 6c moy au cótraire ie dy auec
les,ía es,que c'eſt ce qui les _magnifie &exaulce en
ÉIíÛPÏCS : noſtre bon prince congnoiflant-que la
fertile ſemêce de tous biens 8c verruz conſiſte en'
elleszmeſmes ſentant que (comme dit Platonfles
ſeules:Republiques ſont heurcuſcsdont les admi;
niſtrateurs ſuyuét la bonne 6c vraye philpſophie:
' _ il appliqua tout ſon eſperit (quÏl auoitu on par'
excellence)aux a-rtz &c ſciences liberaleswoulant
aquerírcongnoiflanccde -l-a nature 8c propriete
de pluſieurschoſeslE:ſtant_ donc ainſi enfiímêz_de'
'raffectiondes lettres, iamais il ne paſſa íour de ſa
vie; onques ne ſetrouua en lace, 8c nemploya
-ne-temps' ny heure, ſans 'ene _re honorablemenit
' ---
v4Àa- accompagne.
F V N E B K E) g / _
\
I
adcôp eſilamaisr-(íeÏvóws affeureme-luydſuruint
té -pour 'grande?qu'elle ſeuil; concernant- i
l'adminiſtration d'un ſi puiſſant royaume,& ne ſe
trouua: coques' -etr-negocequîilſi'
portance,quenonobſtant cleÎtant neceſſaire-
èmployaſt au im
de-ſi
tioii-,celaipenſtïreuoquer-ſim courage de la cu
lieuſe-inquiſrtion de maintespropríetez naturel
les , &- ne-_le pouoit - aucun 'accident garderíque
- ëſtlyuant lſiexemlple de Solon) il ne vieilliſt en ap
preninlonr de; a-vie ne paſſa ou :diſner ou ſoup
peiziamais ne s'aſsit'ou ptomenazquîl' nïecommw
niquaſt ourdiſpuüaſtdes lettres -auec les gens de'
ſiuointellement_ ue ceulx-qui- aſsiſtoient a ſes
oepas rſdlimoiçnt: ;equenrer la table s d'un rin
ce prenant
tes,ains' plaiſir azviandesPhiloſophe
-a- Pauditoiredîzn ſauoureuſes 8c' elica'
treſſagſie , -60
pourueu de mîerucilleuitîſauoir-Et combiê que la
- chaſſe ſeuſt l'exercice' &ÿpaſſe temps que 'plus il a.
uoit en recommandation-afin quelle a luy
8c_ aux' ſiens de preparation- a la gucrre-,ïſuyuano
ceiquien dict:Xenophon, ſi eſt ce que' iaiñaisÎil n'y
fut qtſi-l; \fenrap ortaſt' vn -fruict de' \auoir - in
croyablegeareen a ant a ſaiſemblêe, ilzne voſiuloit
moins :eſtre.- accompagné- d'hommes doctes en
bônes lettresiôc toutes diſci lines,que de chiens
ruſezs, \teneurs ihſabiles ,ôc auconniers bien ex
perilæíentei. íAdbni: enqueroit: ſii m-aieſté de tout
ce que_ Nature peult produire en diuerſes par
c J4 B
a z o: REA r_ SiO-'Nr :i
ties' -,- ôëitcllkmcînterïhleuiiſoiti par- rraiſohiÿc-?Ëafis
que cela Ïexcitôitirïaciälëmenh Toeulx:derſaä ia
n'eſtre' pareſſeux den'- engineriiila -\r-éñÏ1:it<’:.: Asceſtë
cauſemeſmcs: qifilzhepqgminſouffrip Îteopi ;long
ieióur- ënauóun' -liëdi, ſadviczèfloit-'œmmcympcrî
petuel voyage-,que ſontplaiſar deſtoitèooqtinueizſitîe
pourla-fiinteñdrlemîrcivatimm deſarpeiïſopne-ÿ un
pour-viſiter -rouîs Z60 chacuns lesquartz-few defoní
royaume,afin de Îcongnoiſtre,siil-y auoitÎplane -
les_ frontiercs:qiri ne dcuomentäreulparéeuôq
muniepoiarí 'rlarrendreriimprnnable a liomimygiôq
principalement aſinqueî s’il ieÊtrouuoîi-t 'choTc -mer-Î
morablciäri digne? dÎ-eſtro congneíre, -il eníeuſt:per-Z
fajctecongmiiiîandei-Nroylirpburqiaoyiilzprenoio
'ce- 'trauail defiâcbezôſid agreablearbloht&Les'phia -
loſophes -admonnoſtenn qu'en' ce; quinſeztloëitfaiñ
rendre
rd Ëraiſon
on zla:vib zappaneiitezMàis noſtre;Rîcäyn'aÊſed:
;anîeriiirepnet'iiôunlloſeidôt nb

lemét Ïobfiîruê îleup procepte endroit', ains


en touthsſlrsmatgod caufosqanopdqtab &l effeflm de
nätiiirodCari ianyaisfl: niaieſtéiqopemſmlqrſónſlup
Ëeſenrafflchbſentant- dé'cellesrquiſe*iugſient par*'
~ "zieizie/queiparïllz' ' 'eilnénſmn He Fouyev, riaeſmes
qui sîzppliquenn Wrèle- cbrpsqwdſejrecdyu entrain
dedans-z; quiil >n7en àvouluſt: ſauoisrſoreeî 6c les;
proprietèzoccultesgparjén cóuiuniqueriauec; dieu
órm eéu CÏUÔEÏÆSÆÏÀ' encores de reſterait/q_
_thoritél ſur les ſiens ,' que iamais Roy ne-ſeutipañ)
ſi reille,
ŒVNEBRE; 6'
'rÊille-ſbäuoitzilgtaut dçsnffldçfii? ŒÃD-YMHUËPOIJK
tzircrólzafurrité dä'lI;Îi1':‘ílzO-LllÏéJi--ll #ne \Wulçjt-_qurpſanz
opiníqn -feu-fl -prefetécÏaux autres : ain-lé leyfible a
Ghaçunsie- diiíputcr au -cqntrairentouchanrce qui
cÿiÿisliuírsÏî-Ôiäräerrnes- :-SSC ſe Îfiauóloit íouucutcsfoisf
moquer …dds-Pÿthagoriflesxn cc -que _ſi l’îv'n- dÏculx-Ê
affÊrMíELqÊeIqUE _choſe _laquelle nz-:feu-ſt en diſ--
plutänkapprofluêeipan -ſa Fantic aduatſozzilzffans-z
ondemcufidiautrpesrjäiiäifi)alltguniét:quePiyrhaz-
goraäs_ lïauoit airaſiíîzsiyit-çlſſgleſmesncr iè--ſatisfaiſoitzdu
íkígñrnétiiîÿſóntéfiäiäegÿnulra rqllïlaêdmflëÿltjflnî-
ſervi-propózsſaçliann ' xîlqiiaistnseâflaaenuſtunih
de' jdire'toufioursau-X-graus-ÉignçurS-lañverité des;
chaſnsainszſtultœäç :leur(arabic bond-Faut-
dämiazq--uenr (Wa &E; licilîzficirgxälflflîzÿí]
Ëourtaza-tſuyunit zle…c9-u1_~-eil_Îq-uc'd9nna Den--Îetriui
mlalçrèisrſſgplêmfzäædcazril ſerrtírpiE-laplugPart:
duztemlflszMzliurésaëëleaaufflitæſeëuïíiär ;entrnîſea:
mains” ou- 'colzamandoit lc--s- lirccn 'ſa preſence, ;a
raiſpuäquïila ubntiamÿiabangcó-ik- -quent zdiiëë
ſzmlllçfzaiflédiſcnrroÿlüflftnuïfÿikiMl äeflmæxälyy
deuoinÿou 'office -dïun- Prince: -Lim '_-Êic-rÎ-’t-:_-qu?A~fi'
lgdzëaaslrëilej -randÆpiunUË-urdç -tautilemondc,
Parzvueæſcz… -' ,la-Maconuoyniſiïäïapprendrçäcflpit:
affcctionué dc_cpniond-repl'a-lou'e-nge:deSLettrcS-
auecólaiglnireMilitaíLe; &-31 ctsÎfins-_nïeſpargnpirdz
:Lunettedçſpíçé;Pour Ytnxcairóaiïïbiutzdn murder?
ſit, -tellement--quilïfcit Pourvu -coup délíufièx ſii(
:æa: B 11
-O R À "I ÎS O N -
ce-ns talenszqui valet trois - cês ſoixjiteï niil-'eîſcuîz' i»
tes'
a ſoneſprecepteur
ces debeſtes'-bruttegaſin dŸzËncherché'
Arïiſtotqpourſaire pouoircon

gnoi -re- la merueiſlleuſe prouidéce de Nature',- S6


plaiſirſfilt auſſi que- 'ceſt excellentï-líhilôſophe-lliÿ?
feiſt des liures concernisla doctrine plus cachee
' en la 'ſecte Peripaſtetique,mais(ſi1yuant-la-couſtuä
mc _deslrzyians 8E Keys bh.tbärtsÿilfïíôuloitî
auoirli íouiiîâirce- de ce ſans quîil feuſt 'aucu
nement'
dir eômuniqué
Æiíſtoceilë
encores \les a peuple.qu'il
reprenâtídäuoirmiſesen'
ſe: voyêt quiilſi* ſoitï ainſi,,
minière;

diuul 'uêejs,& faictes eômunesa toutle môde legs


diſcipïineís eii-quoy il \l'audit prealdbiemée- inſti-'é)
tuêÆMäÎs 'noſtre-Roy'- Frieois èſtoitz -dîíncïaffectíóï
toute c6traire,ôc ſans cóparaiſon beaucoup meilîj
leurgpoureeque s'eſtítperſuadêquecſelole:
re- du Philoſophecdnuenit' a la &inde cſcritnreî):
a plus
vn biêde
eſtgesploirc que aleeſtimer
d'il-utac plus roy eſt 'q’u'il
crée pour
faict e
- Elf***
iê que'nóleslelettres(
PCüPltpour lC-ROH.'esméſmes
ans leſque ſachant-Î
la vie desſihu-l
deq-uoy
mainsdeeſtelles
citez ſeroiêtchercha
cevnemorüſont
môde,il eſpädues autant
desvne 'inuêtiô au6; lar
plus-ſouuetaiñes

ge que faire iepgurroit. C’eſt quäpres _auoirórdô


nêprouifions -~'ne'ſtes,il attirero-it 'pour lecteurs"
Ïicelleszdes_ hémes- doctes en tous artz 6c en tou-
tes-
F V N E B R' E -.- ' 7
tes líguëmpuís les aſiigneroit en diuerrli'euiumais
principalemîêt en labenne ville 'de Paris, metro
politaine de ſon Royaumcce qu'il meit en execu
tion,de ſorte que par la diligence de ces perſona
'ainſi éleuz,les ſciences ne furét ſeulement -di
uulgu ées en eu de iours ar toutes les prouin-
c'es dela Gaulämais (qui us eſt) ar les pays eſtrí
ges,ſi que 'au moyè' de te le indu rie,-il ſeit gran
demêt honorer ceſteAcademie par les peuples cit
conuoiſins: ôdqui-- eſtb-eaucoup-plus delectable a-
veoir &ouyr dire)î ſeit que natiôs nô pratiquâtes
enſéble a cauſe de la diuerſitê des habitz,ce_rimo~
nies,reîgions,la'ïgues, (Sc meurs de differêce grade,
fëtreuuent par ceſte 'voye ordinairement en vn
meſmeauditoireſixôme eſtrainctes l'une a l'autre
au ec le neu de _bône inſtitutió,tresſaincte alliaîce
- des-Muſesficcommune'amytié genre humain.
Dauätage pource qu'il auoir côgnoiilance que les
artz ſe nourriſſent dhonneunôc ue les hommes
ſont par 'gloire enflamme: a les yure, meſures' ~
que toutes les diſciplines demeurent cóme aſſo
pyes 6c languiſſantes en tous lieux ou l'on ne faict
côpte de leurs profeſſeurs ,' il euoqua de diuerſes
' côtrées de ſon royaume pluſieurs hómes eſtimez
de bon fauoir, tant par cómune renommée , que
par-lerapport de Certains autres a ce bien enten
duz, 8c cleſtina les aucuns en offices deiudicatu
- ou magiſtratz pour gouucrner la lïzepublique,
- in
d- - 0121A' leſs-MTN?
&ñdeszautrcsznrroulés-f-: ?ión-garnir Vagues. das;
aſfaireſrdtë- olice, enfait Eueſques, oufgraris Pre-z_
latz d'figliſeztoutesfois encores qu'ilz feuſſent ctîÎ
ſtiruéz ç-ndignitçz- &C-Pſé-ÊÆDËUËÇFÏS hOÛPXY-blÿs-.ſi-
deſirant
les touſiours
-appelloit auoir-quelque
il ſoutient -aupres dete moignagedç
ſalperſonne 5

leurs r-ſti-x-clrzëxrjtl'aſiœmnnzic--hriOxir'
ſa liberalité me vou-loitïpermesttre;rçjco-npçnſt
quîilz -niqyÿſz

ſiznt_ - en- pareile. i Or acc propos -Ci-cero en diucrs'


Paſſages-dc-ſçëmuursaditzs quïcſtälnt _la -RsPubli-éÏ
!JËR-Qlllÿ-ÏŒ-ztóllîælïſëc ſOUbZÎJ-ËÈÔLLBFFPCŒWÎ z
oingôc conſeil d'vn ſeul hôme,il_,cr'aígnít !qu'el
le-ne ſrnrouillaſt-_PHWÊSLí rncczfurincitêzdfcxpíliz
-ner ;la philoſq -hi-i auxbaâitanszdcl? YíllézzMaui
durant_ ue no -re _bon _Roy Francoi'sa maniéles
affaires ſon- Royaume, ;il E112? P-Êïmis :HY (Ouf-Y
fcrt a-aucun horaarrëcéau auieufl-ëfliïflcæéz
ſtre de boneiprionon _ſeulement demourçren
repogains , qui _moins eſt , dçiprcndre ſes excu
ſur lles-ocqirrcnscs--rlrëz affaiïræpuläïlíqucsi-ça
ſorte ue cela le peuſt_retarder de p iloſoplaerzau
cunesfois-. &ç eſtoir erropinion que 'perſonne Yi'
ualïtc ne íäumir- riz-riz faire fa: droit-Pour- îſeyuyî
pour autruy, s'il ne prend ſouuent conſeildflcÎne
tire des liures de pluſieurs 'bons autheurs quelque
prudence -qui luy- face congngíſtre-Ïcomrnle--ilzſe
ſault-gouuemer en ce mondesa maieſté donc c6
duiſiznt ainſi les affaires: feit qu'en peu de temps -
4 ï yeut


V5- N -îR--E. 8
yîgzue teHc mutrícuäe : dffiôme:s 'jdoótes:en-ſon roy-f
aûmCÎzÛd-“ÇPJ Êvmrdë:gætrs Êsädäonnerent:lesîï-Îvnsî
a-lÏËſindeg-fscîlës äutres a ïeſcri-rxezquîl n'y Îàu0i"t'nÎai.:-’à
ſoin' íae-heÎ-veu-iïl ſeulemél; dire noble &é riéhegrlïais'
bóeſiirgëóÿſèkj-u 'PoPd-làjílrtz z 'en :laque-Ïîlle- ne -ſe trou.; z:
uafséträucuns enfangſeïruireurszäc' Encres 'donied-a
ffiqge-squi' í-Zluoient Parler' Grec 8c Latírhmeſmcs
qui -ñeîïbuffintïbiê ſiLÎctit-'läezï a-uxſèiêcesſi Iluyffltuoízt' - '
a:uſsipeu &hommes en ſa court (nonobſtant que- -
le: nombre en ſoit emerueil-lable) qui ne ſceuſſent
telenäïêb' îæ Ebony artz' &Îles 'läguész quilz Pouoiêtï
traduire -lekſiſäeuüreä des ;intiqueÈ-:ou ſde 'Grec enÎ
Làſtín, ou de l-'vn_ 6c' de Fa-nrre en Francois', voire'
iuïquesiÿ îeln-faí-reÏ d e ïriouùeauxzaucçèfi :lÿonne gta-S
ce; qffíxzïîſæâäîëüÿlÿlëht" rſinÆrÏîtenâÊ-cbmpärer iceulzcz
äntiqüeszôcîen ädui-nteri moins de rieryque' com-- '
fire diçëzzs fledÿxësz tälieſórcans :X516 :laà mon-tais'
gÉIEÏAÎPŸDÃ-Ênñíñëïſævôt deíäE-äîrgérïenläzríior: ainſi*:
faillit' -il-des:cäſcolles- que ce bbnRoy ârzoit-Ïlrefſêes
&ioùîïerreè-,: Egÿñt-Çdïhommes ſiex'o;_ell'e=.~'1=1Ïs-Î[)'';xr'-123 conññ-
,6eÎ 'deſis-'artſzzïque-tzä-ëcorn-r-
eñfùcïhëóhtinent'pèupléefflù grandhonneur 8è
exà'lÿſcêäñent? -de- ſa '_Î couronne; Certes il: ne 'craí-l
gà:oîtŸäs-'ëeîàjíäèï' fb'nt' 'Çêfiîäffilrlfièêméfifî les' :Royſis
Bàrbaresgïſ-'ÿfäñâëèlïrelîaçî ſans doctrin'è,a‘ ſiruoir
quïſtant' leurs 'ſubiectj deuenuzplus hôſimes Par
I??eojfiîgnóäfläî-Ûîzè dés' lëètresäilïz_ _ne torſnbét-“en-t-rop
grande' plîeſurluÿcióñgrëfilſenf le ioug (Pobjèyfflnfi

»
-O R A
ce; machinêt quel'que I SON
mutinerie contre eubnôäſi
ſe retirent deuers leurs ennemYs., :ins comme al?
ſeuré de telles occurêcesæour a modeſtie ô( ver
tu dont il ſe ſenroit garny , n'en eut iamais ſeule#
ment le moindreceſoupſon
re 8c accomplir qui leentrepris
qu'il auoir retardaſtſiendeceſte
fai-

oeuure tant ſaincte 8c bône,ains au contraire eſti


moit que ſes hommes en ſeroient plus ſtraictables,
6c en obeyroient beaucoup plus voluntíers aux
loix 6c ordonnances de ſa maieſtezmeſmes qu'en
tous eſtatz ôc manieres de viure chacun d'eulx en-
feroit trop mieulx ſon deuoir: &c diſoit ouuerte
ment que s'il: eſtoient inſtruictz aux bonnes let-z
tres, leurs courages en ſeraient plus enclins afaí
re' toutes choſes dignes de l'homme 8c ala rejue
rence du createur. Finablement luy penſant 'par
entreprinſe magnanime ,- baſtir Pluſioſt que pour'
ſoy' vnc fortereſſe a Mineruezlaouelle feuſt de b6
ne deffence côtre les ennemis des ſcíences,& d'a
uantage a la bien garnir d'armes, ôc autres muni
tions neceſſaires,en ſorte qu'apres ſi mort l'es gês
de lettre y Peuſſent demourer en aſſeurancqdeli
bera faire vne Librarie qui effaceroit tant celles
des Romains,que des Roys de Pal-game &IE
gypte,iadis tenues en ſi gräde reputationEt Pour
Peruenir a ceſt effectfflſiembla en ſi maiſon de F6
tainebleau , des Liures infiniLen toutes langues
8c diſciplines. Meſmes commit gens expers Pour
les _
F V N E3 B iRîſſEſi' z
les éarder des artuyſons,tignes, 8e tellevenníne;
-moyſflſure, hafle, &autres injures du ciel, afin-de
tenir entierement toute ladicte~librarie en bon
ordreEncores our la rendre plus riche 8c abon
díte, il def eíciialÎann-ée paſſée certains hommes'
doctcsyôc 'eur fdit-'deliurer' vne_ grande ſomme
eſargentzpour aller en Aſie 8c en Grece chercher
tout ce qu'ilz pourraient recouurer de liures an
tiqueszóc:leurjdôna comniifiion que s’ilz ïen-rroud
noíentîolultreleur eſpérance, ilz priſſent argent a
la bancque, puis les enuoyaſſent încontínent en
Francezauec les -autres, Mais maintenít-pour-vous
fairccongnoiſtrequeiä bonté
tant dſie liures,ôc les reduire neen
'tous vouloir amaſſer
vn lieu pour
Ÿloireôc oſtentatíô friuole,ains au proffit de tout
e moncle,ilfeit-leuer- en ceſtc ville vne Im rime*
rie , 8c là deliberoit les' enuoyer l'vn apres Fautre,
ainſi qtſilz ſeroient tirez de ſa librarie,a ce que les
corru teurs ou larrôs des bonnes choſes, Heïpeuſ
ſent 'aguzer les hommes ſtudieux. Vous donques'
les plu s-apparens de ceſte vniuerſitè , &vous au
diteurs des bós artz qui -eſtÈs en nombre" preſs que'
i-nfinyzieï vous-appellepôt inuoque preſentemêten
teſmoignage de ſa bienueillance perpetuelleen
uersnbuszôc vous ietnôs a-dire clcquelle:affe'ction '
ílFâ nënsſeù-leinêe eonſſenïré V02- priuifilegzes en leur~
entîerzmaisquiïplusï eſt',at_i1plifié 6c 'augmenté de
franchiſes lnouuelles. Ie penſe ( a mon iugement )
T1-- a z - 'D - (3
'h
'I Oli-Ni' 'i'

r qu'il n'y â en ceſte -aſſemblée aucun ſpítlpripé og


cſhaflggxqui Puiſſe _ignoretïdc quelle -cloulceuril -
_à receu non ſeulement pluſieurs devoirs, mais qui
ne ſache le_ bon recueil qu'il m'a faict trois ou qua
tte fois depuis trois ans en ca quand falloyeauec
-voz orateurs par deuers ſa maieſiépourlebien
de voz flanchiſes 6c immunitez : 6c comment- il
- nous â enuoyez ſatiffaictz , en accordant -a toutes
noz rcquefles. Vous àuez auſsi tous ;veuzôc cops-z
neu que quand- il eſtoit queſtion de-leuer
Fubſidcs ſur les prouiſions,pour ſubuenir aux-flaiz
- extraordinaires-de ſes guerres ,meſmes -quecha-î
- cun -citoyen payoit Pourteſte degroſſesimpofii-Ï
tions, combien tous les fludieux &gés de lettres
(auſquelz jamais ia grade liberalité n'a eſté cloſe)
efloijent-fiancz 8ſt quittes# raiſon dequoy_ le cours
6c regne des bonnes lettres,lequel ſe conſerue fa
cilement par les moyens dont il fut premíerem-êt
eflably, ainſi que ſont toutes -autres -ſeigneuriesi
eſt auiourdhuy _non ſe-ulemêt en ſonî entier, maijsz-
tel &c ſi tresfloriſſant , qu'on ne le fauroit expri
mer -par parolle. Mais pource que-nous au.ons eſté
Patzles vcntz Poufiëz en ceflè mcr--deszlett-rcs Plus'
auant que ne penſionsdl ne fault paſſer en ſilence
que ce Roy voulant ſuyure -la facon d'vn bon
poete qui faictzla- fin ;de-ſacomcdic-heaucoup-
plus agreable que tout le diſcours PſÊCCdCBt-jaî
noir deſtiné vne place fort ſpacieuſe viz a viz ſon'-
I) - ' chaſteau
chaſteaurdu-;Lvuurezdéïſaut-re,coſté dellaïriuiere
de Seine, ou ſon plaiſir eſloit edifier vn College
le plus ſingulier de tous autres,au diremeſmes de
tousceu-lx qui- en auoiét ou-y tenir propossôc-Vorr
loir que ce feuſt- comme vne foyre ſianchepur-näy
auroit que trafique de lettres '. Pour donc vous
donner :bien a entêdre dequelle excellence, gris-î
dèurfäe ſumptuoſité il deuoit ella-e: ayſem ent le!
pourrez coniecturer par lagrande ſomme -de de
niersi quîilcfiropoſoít employer a le baſtir, douerg
&- fonder 'bonnes rentes. En premier jlieuril-yv - -
auoir pour Fedificſie deux- cens mil eſcus d'or 15-"
leilzôc trente mil pour la rente annuelle,dont de
uoient 'eſtrevnoûrriz -Îôcz entretenuz , 1e- principal;
les regens ,les pr'eſtres , 8e plus de ſix cens -enfans
eleuz ordinaires en Fexcercice des lettres: choſe
qu'il cuſt entiorem entaccomplie , ſi cëcuſt' eſté 1g
bonplaiſir de Dieu , 'ôeſi Yimportunité' des 'gu era-
res ne l'en cuſt par quelzques années retardé-,meſñ
mcsſi -a nes leursztumultessiílbpigmort trop-has
riue- neïlîeuſi' oſtéæiu 'monæleafi_noz' elperances
friuoles , 5 conceptions -abuſiuesî,“ô mali ité 'de
fortune, 8c enuieuſisconſiellarion du cieîſqui ar
rachaÆF cueillir] en? ſa fleuri-vn eſpoir figrand 8e
fructueuäçafinquelesÿchoſes humîainesÎ:ne:mbn
tent plus -hault
Oprinceſi dignedequ’il- ne conuientôaux
'l'immortalité,r mortelz
nous miſera .
bles qui ſuyuóns-: la voye des lettres . Helas nous
3 C ii
- - O R A -l S O N
ſonamesbien deſtituez- d'vn fizbon "pereBc-îäofia
ducteur. C ertainement cómecgens qui nauiguent
ont cauſe de lamêter 8c pren e fongneuſenaent
garde-a leur-ſalunquíd le gouuernail çſirô -u par
la t-ëpelle,ôc le gouuerneur emporté dan s iês vn?
- des,ainſi(ô infortuné malheur) deuôs nous a ceſt
heurepour la perte d'vn ſi grand Roy,emplir tou
tes-choſes de pleurs, complaintes, ô: emiſſemês',
ſisnous ne ſommes defnuez de touteâonne affe
âionôc auons iuſte cauſe de trauailler a toute for
celtant
cſiar par lapour la ſeureté-
rigueur des lettres
de la cruelle que ildem'.
deſtinée, Y âtrop
dequoy craindre ue les barbares exterminenn 8c-
aneantiílent- 'tant -efditíîaesd bónes lettresque leurs
fuyuannMais moy dëfpourueu de ſens,i'auoye au
commencemêt propo 'e de fortifier voz courages.
contre la douleur ,' 8c parcelle mienne: oraiſon' a
moindrirvoſtre laindre,mais iene faiz ſinô aug
menter l'vn 8c - 'autre-. -Toutesfoi-sla perte eſtſi
trefcxceſiiue , que deuez reietter ceſie faulte «ſur
elle,& ſur leregretdu Roy que mort nous a oflê.
car-cela ſubuettitentierement mon ſens &t ma
memoire . Ie voy' certes qu'il m'eſt au-iourdhuy
aducnu-_ceiqueiädis aduint a Rome a- vn qui' vou
loit iouerle perſonnagedu paoureinfortune Lau-F
reolus
la- , 6c &lt
fable-,ne queſidemembre
comme ceſiuy la ourszinct
par vn en r reſentant
ô: c6
trcfaict ,' ains -par vn vray ô( naturelzainſi 'm0 - ce
- pe t
FÂDN- EIBËRÆE; u
petielzintïqueſizparila-cóuſtuine' -antique ie faíz ceſte
declamation pîourînoſtre Roy Francois, ie me ſens
vlcerer 8e preſquen'on
vne treſaniereïôc arracher
ſimſiuléele doulèurzou
cueur du vétre par
pluſtoſt
deuroie dire qu'il men prend comme il feiten A
thenes a vn certain Pol hiſtrió, voulít auſſi iou er
vn ieu,quand il-receut abon eſcient le vaſe plein
' des'cendres-deſtinſilzz-Ïôë'croy que le deuil que ie
faiz ne ſera fainct , mais me fauldra tumber en vn
vray-,de ſiarte que ie ne ourray bien eſtancher les
larines''quiïçliſtillent ia- orsÎ-de- 'mes- yeulx. Mais
pour amoderer- ce pleuizimagínons de veoir laſſus
au_- cielnoſtre Roy auec'Dí_eu,- 6c- les ordres dese
ſprïitzë ängeliques',:o'u il ’ triüpheen deípriſantſles
moqueries_ de Fór-tunemieſmes recueil e les moyſ
ſons auec des fruictz en abondance prouenuz de
- 14-'graine'des lettreè qu'il nous à parîſi:grid labeur,
èouſt 8c vigilance'attentiuigheureuſemçnt ſemêe
ſur la terre. Dauantage'- Ÿoppoſons a' la triſteſſe 8e
auxgtroublels-qui! nous moleſizctít j rſon cleeeszla
beaeitude etſlaquelleſoffimes coïiſdquezzautnoye'
defi liberalitê ſinguliereNous eſtions a bien dire
(auant-le 'regnje cle ce Roy)comme-ſouches,tron
chesdäuiëeheszóu pierres nonpolyeszinais 'par fi ma
- gniſicëce 'cscbenígnité de naturegnaintenít ſom
mes aumoyen 'des lettregreduiàz a toute mode
ſtie,& honueſte-ciuilitêlxlous ſoülíbfls' ſoubz for
mehumaine-obfuſquêedes tenebresdïignoranſce '
Ciii
Ë Gi K ?Âï IÎÉSXO -N²j'
laide 8c abhominable eſtre lourdes &gi-elles bel
ſtes,ou a 'preſent par linſtitution en toutes -bônes
ſciences entendons quelque choſe,ôe ſommes ve
ritablement deuenuz hÔmes-Auant ce; Roy' nous
nous amuſions ſeulement-a ce qui ſe preſentoita
noz ſens imbeciles, comme ſi les organes de n0
' ſtre-taíſonsèulſent eſtezfermegnc plus ne nloins
qu'il'z ſont enî brutauligirtſenſezzôcê a-eeſt heure ne
preuoyons ſans pluS tout lc cours de noſtre vie,
ains penetronsiuſques JQLIŸETChQſCS Plus-cachécstôc-
tenues íëcreteszpaizlanatiite .- Encor'csî-znçnzçÿrki
par
tensauoirtire
_de cela-,-volonîs
maintesquaſi
?bonnes
par deſſus
-ſentences-
les; nues:
hors- les:

fontaines des lettres -ïſazínct-;SESSCË JÀGIÏCÊÎÏÏ Peu&ſi


fault que ne parlions auec Dieu. Siâdonques (touî.
-tc- enuie miſe îpartſhousvoulons cïonfeflèrlàpué
reYeeritézW era -ézelluyzlhqutlszetä diteuus çlqeî
uant leregne' duRoy-Eraficoigil auoir ſeulement
NixQili-aP1îis,ie-ne
ouy faire mention dispasŒMCIIFLÎICÔFÏFÏÏÏCzQ-l);para
de la langucHebraique

letÎGrequsais ſcjulcment-atlr-litsóou“tôgneiſirçrläâ
premiers -elemïens de -ſes_letjt'res.e W1 hommeſe
íäuoit ayderdc--diction, ie nc veuil pagzdircſilcl-. -uê
te &Îpureèqui-eſtoiradóç 11m5 dïtfagè-ïmails- axis
plugproprerînét latine?Mais qu'eſt -ce qui Ïeſtfoit
en toutcsles diſci lines -confuz,deſnoué,corrum--
pu, :ôsï, fmhfoliílſiî; …dozdauiælàtion-S- ſophiflíquesi?
W11: clíóſez nhgcsniſaçätn 'eauîlcàlnze- êc claire: a-
-' Wäeſt ce
FVNÆZR/*B-Îiîis- i2.
(Lſeſtce qui au coilËsvniuerſel detoutes Iesſciêñ-ÎË
ces retenoit tant. oit 'eu de bon portement ou"
ſanté? Certes- quand' Roy Francoisvint a res a
gner,la barbariefut dechaſſéedes:orduresd-Ïgno--Ï
rance det eſtable nectoyéenôc tous lesſiartz receuſi -
rét tit 'beau luſtre,voire furent éleuez en ſi haul- '
te digÎnitê,queÎlon- doit en craindrele rauallemêt -
oula cheute,auſsi bien que de toutes choſes quid f
_ elles ſont mótéez ſi hault qu'elles ne peuuet paſ--
ſer plus oultre.A- teſte cauſe-ſi Yantiquité à mis 8c
conſacré pluſieurs mortelz au reng des ' Dieux'-
our- auoir trou-ui: diuerſes inuentions vtiles 6c 'ſa
ſutaires a la viezipourq'uoy n"enferons ;nous autät
du Roy Francoinainſiíciue-gens naemoratifz 8c nôi
ingratz de tant de biens qu’il nousâ pourchaſſez?
Les poetes ont' bien fainct queDeucalion apreè le
delugel de Teffaïlie-Î-tepara le Ïtgenrehumainperyz
ſoubz les eaux,ſien gettant despierres derriere luy,
&- par cela veulent entendre qu'il ciuiliza les hoñ
mes encores ſauuages-ignoransddetoute_ humant-
té, 8c leur ſeitvſer de couſtumes' moins -rudes L-&j
plus equítables.
uietheſius Ces poetes
ayant deſtobé diſentduauſsi
alupiter que Pro
feu_ celeſte,en
anima des ſtatues? de terre :qui ne ſign-i-fieíautre
choſezſinon qu'il cnſeigna aux hommes ?Aſtrolo
ie,dont ilz n'auoient aucun viageñPareillement
ſes fables nous racom cent-que teintes: \inches &L
foreſtz fuyuoient Orp -cris 'alors quifl ſonnoit de
?ï O R A-'Î -S O N' V 'Ã
ſa harpe î, ôz-qiſau' moyen de ſemblable armdnie"
Arió fut preſerué par vn daqphin dŸeſtre englouz;
ty des vagues de la- mer; me mes qurëilleporeazfinît
ſon dos ſain 6c ſauf iuſquesab riuagele- vous prie_
cóſiderez- côbien le champ de telles inuêtions eſt
maintenir plus ample a noz poeteszíilz NÔUlOÎEEÀ
celebrer leRoyFraneoisAÏoyez auſsi combienla: '
foreſt des allegories leur -eſt plusdrue 6c peuplée-
s'ilz prenent a déduire les proffictz par luy faictz. _
a toutes les partieS de la vie_ humaîtſtnen -produí-ë
ſant les bons artz- 8c ſcienceslfon: dit commune
ment que toutes choſes qui naiſſent en la ten-uſe:
treuuent Ïpproehantes- -_ efprmerdans la' mer,, la-“ä
quelle en aict beaucoupëd'aut-res -quineièFpeuent
veoir ailleurs Lfemmy-ſes vindessTouteelatcer-l
_ tes ſe-peult facilemêt acôuioder Roy- Franeoissîj
car rant; e les ſuſdictz poetes ont caché ſoubz'-
leurs fab es, 6c cequbntclictles zHiſtoriographes;
ſuyuís la voyedelverirëpour exprimer- vne-gloi
re'excellenteztour cela dy iegôçz beaiicou- 'dëauíra
ge iè-peult tronuerenzlaperſonne dcc'e' on prin
ce : aumoínsſizlon' veulrzdefl er le trouſſeau des _
perfectiôsque
v-na ,-ſinous Îcommencons
nzituteâauoit -miſes
-par laen
medecine(dont-
lUYsÆËl ſoit-
il 'e ítíſtudieux lepoſsible, &grandement ind-
ſtruict -en routes ſes parties; )ie _ ne craindray le 'prezz
fel-eta' Mithridates, ' yſianachusyfiuainlubafläen-i -
dus, MarezEmpereur de Rome, ny a tous autres_
gran s
'd

P VNE B-''R'E-. x.:


'grafiz ffighcùrs a'- qui loulou- clónóe :louange: Si101i
CËÀQÏíCUJÊUÏEÀI acſté ;ant-expçmquïenucq
res ſè'crcuuèſht 'aucunes poeſiës qluül' en? abicnarti
ficíelËl:cmènÉ-Îcfîzritteglcníbrce 'que ièÏF-ózèrdy éôpa'
fer à ÃI-Iícëron; a Philomctol'zà AttalùSgæ-Archclaus;
-Gt aMa on dc Caljtagcçsïïl e'ſtſi qùcëſtíô' d'audit cx.;
èítéz &ſältfettnùvlesä homnïœä ide bon amende;
ment; meſmcs 'l'es auoir cxäixlcoz' cnhonnelurôc
&ichèſſe,npn Pouroſtétation
ſingulier--ptſirèffip royallcſains
tous -lëeïs :viuafis', pour lc
íic :maintien
qu'il à ſùrmohîté' Alcxañdre,a raiſon que? de prin
cc la n'a faict -bien -form a' ;vn _-Raul :bc noſtre Roy
Francois çn ſäuſ-æluqnçèf ſim nombre', aumoins
câtflquîl: en :ç-pcxifi-_ecóuqreízgdoht
_ bonne-eſperäcea -lónpoïuoit
Pa-duenirzkflóſice'ulx la Oultrèauoilè
ſa lié
beralitiz-a colloqucz-cnzeſtäcz :dignes 6c honora
bIes; SÏíI faultg dirë'îdo l-_ëiríſtimution:des Librairieszil
nëcnà faictſeulcment èn vn lieuzmàisſ en -di-uers,ôc-
luy âplèu
fäiſinp les communiquer
diuulguCr' a' tou_t
le-Ïsëxcñiplàires' 'le monde,eſté
qùi-äu-oíentſi en
ris ſur ſés Origin21l1lzc:'cr1qùó)x]-ilrâl'plainèmentbbſi
_Çurcy làRoys
-niéeèſizôz renommêeſdes' Varrós,Luculles,PtOlé-
dc PergamcnDauàtitàge a cès par#
ties tant'îexquiíès,'il auoit adíóuſté -vnefi grande
congnoiſíànce déla -Thcológie, -qu-il'parloir ſou..
ucntesſhis 'aux'gêtilz hommes'dc ſa court du dc
uoí-r_ déhóflre religion ,auec telle grace-quii] -n'y â
' pkcdicatèur au monde-qui euſŸ ſeu n1icux les en:
5-) -D
O RAI S ONE' '
doctriner, auſsïi auoir il -certes- Fnſon -cêmunçlanëſij
gager ſ1 merueilleuſe force d"eſloquêce', tzanediuine
memoire-de -ce - -u'il, auoir leu ou ſaictlircgír heu -
reuſe facilité Ïd-'c-:(i_~ rie-a comprendreleachoíîzsgàôc
vne Proprieté ſ1 aEondíte quand ſonplaifir eſtoit
les reciter,qu'il ſem bloit ainſi que Pericles, tonner, .
fouldroyerſäcî nrefler(tous- leseleínens- alors quÎil
ſe vouloir mettre 'aî bien dire. Etſau regard dela _
ryme fi-aneoiſe dont il ſetreuue quelzques Iiuresîr
deſa Facon,ilz donnent aflez a coëngtloiſtre-la -grané-Ô -
de' fertilité gde íonenterideanêt: car- il; y; à ie'- ne-ſay
quelle graceenroſêe d'vne,doulceur- dïïlegîce,
8c ïdïinuencion: tan t- gêrillgqueaquiconquce Viêt ſa l
les- lirgaflèure-hàrdymêtsquÎil neîſtoic pour' îceder
en celle maníere:deſcrire, a aucñ -de ſes -p'redeceſe
ſeurgaumoinsfiles grädes occupatiós du-gouuer a
ncmêt de ſonroyaumîe collent Pèrnnísde Çóéi ï
tenter ſon eſprit en ceſt enzdroitlontient quelc
monarque Auguſteeſtoit couſin-mier de dire quil_
auoir trouué:kome baffle de- brique, mais-qrſil'l'a
laiſſeroit de marbre.
nous voulons -E'nde
côfiderer comparaiſon 'de uoy
quelle barbariecle Roy

Fräcois
doctrineailretiré:
les a ſes
mishômesz ôc en quelle maieſtêde
8c colloquezmous pourrons ſi 11"
a- bon droict dire quîlalaiíſê ſon royaume tout
-d'or, lequel-a ſô-ældilenemêt- rſeſtoitquerde bour-Y
'beôc de fſiangeLon exaulcepareillernét iuſques' au
ciel le grand Pompêe eſtít- Conſul de Rome, de
' ce qu'il
ſi "F 'V NEëB RŸE. 14
&qu'il voulant entrer en ler-maiſon dŸvn Poſsido-î'
niusſrngûlicr -philbſoPlie,deffé-ciliudetheurter :auſi
orte 'ſelon la couſtume : :6: commanda laiſſer a
?hays-les \verges _ôc doloeres Ïqui repreſentoient
ſhnóautborité. Lon enfaíctauffi toutautât d'Ale
xandre de Macedone , a ' raiſon qu'apres la finallc
route de'Darius,il ayant trouué entre ſes emPeil
chemês :ôczdeſpouillesayn-petit eſcrin garny d'or,
de perlîegôc-autres pierres PrecieuſegmeſmesPer
filmé de-ſenteurs excellétegſon plaiſir fut le deſti
ner' a ſeruir dieſtuy auxïliures d'Honrere.MaiS ano'
flre- Roy- Francois äyaïnt Pour achetter des liures
ſouuentesfois enuoyé ſes ambaſſadeurs auec' dôs
' ôclpreſens ' &incomparable -eſtime deuers le grid
ſeigneur-qui:cômandea-toütela urquie,n’a ſens
lement donné vn Petit eiïcrin ,mais baillé plu
ſieursgriscoffres 'tous plains d'or:& n’a ſans plus
faict autä-t d’honneurï' aux -hômes doctes ſubiectz
de ſa' maieſté,que feit Pompée a Poffidoniugains
a bien daigné viſiter iuſques en leurs maiſons leS
TailleurgLibrairesJm rimeurs \ôc Fódeursdde ca:
racteres dontles liures ont faict-z-,xxcerceäs leurs
artifices, afin de leur faire croiſtre le courage , &c
augmêter l'occaſion de touſioUrs -c6tinuer de bien
cn mieuxPar ainſi donc en ne liſant ſeulemêt les
bons volumes, ou cſcoutant les hommes doctes,
Côme il faiſoit -ſouuentesfoigains en viſitant main
tes villes de pluſieurs contrées,dont il contêploit
- ' D ii
- O R "Al S O N
les couſtum es (clioſerqne le poete Homerel and;
bue a-Vlyſſeszle-Ëlus' pr-udenr de' -couté 13 Grec”
' apres auoir acquis non moindre vſage que ſciêce
de tout-ce qu'un Prince doitïcôgnoifirezgil-deuinb
excellêmentriage par deſſus' tous lesſiautres. keine*
doute point que' _celle mienne oraiſori ne ſoit cſtió:
!née trop -courte en: comparaiſon de la grandeur-'
des lettres que ce :bon Roy a tant- aÿméesMc-miä
ſes en ſi noble degre : 8c au cótraire--ne ièmbleſuſij
erfiue au- regard de- ce que i'ay preſentemen t deſi
ïibere de faire. Parquoy ie vous prie quÏ-lmeſoit:
' licite
uoy'-paſſer-
il n'entout le temſps
âmoins. e éſi -de _ſon adoleſcence-pri?
amoureux qu'en tout'
ſon'taire
ne -autrequecomme
aage plus perfect:
Hieronmais me foitottroyé
ſiôc Pauſanias -vſerenfii
farnilierement de Simo-nides , Perianderſi Corin -'
\bien de Tales de Milete, Pericles d'A…naxagorasl,f
Creſtisdesolon-,Minos de Polyídus, Again-xenon?
cſvlyſſes,
Rocy Neſtor;
v-ſioulut 8c Palamedeszainſi
eſtre accompagné toute ſanoſtre bon
vie d'une
bonne nro'ïupe dïhommesſauans &ffigeg choiſi:
en ſon Royaunaepu il ſen treuue tant que :la mule'
titudeen eſt preſque infinie: ôc me ſoit ſembla
blement permis 'de nommer en paſſant irlonſiegr
Longueuil; q-u'en ſa jeuneſſe 8c deuant qtſi-lfeuſt
Roy ,ſon excellence tenoit ordinaire aupres- de
'ia-perſonne : Faber d Eſlaples le docte &Sïrfiinct
vieillartnnoînſieur Theocrenus , leſquelz -ſa ma
ſi ieſtê
FVNEBRE. ſiq
iell-'é-auoit baillez pour precepteurs a meſſei -
gneurs ſes enfans: Paule Emyle, ôc monſieur La;
ſcarY , qu’il auoit faict venir ſvn de Verone, 8c
Fautre de Rome , en luy donnant chacune an-
née- eſtar grand ô: honorable :Erafine qui luy-
plaiſoite beaucoup a raiſon de ſon bon entendeñ'
menuôc pour ſa facilité d'eſcrire, en ſorte qu'il ta
ſcha ſouëu ëtde le recouurer par dons ôc par pre
ſens,meſines par luy offrir des conditions' dignes
d'vn tel Roy :monſieur Alciat ,qui S'il cuſt vn-
peu plus demeuré en ce Royaume,s'en alloit 1112i;
firedesrequeſtesunôſieur Budé la perlezôc princi
pal ornement delîrance,auquel ſaditte maieſté à
touſiours porté grand honneur: monſeigneur le
_Cardinal du Bell-ay , 8c monſieur de- Lange ſon'
ſrere, lequel ſur la fin de ſes iours ſut 'Lieuten ant
pour le Roy en Píemôt ô: Sauoye,ceS deux treſ
do&es,treſprudês,& treſmagnanimeszôc aufli nô
moins agreables a icelle ſa maielléäpoïur 'leur' ap
parête doctrine, que pour auoir en pluſieurs bóffl
nes charges móſtre ſingulier-e ſageſſe, conioincte
a bon 8c noble cueurzmonſieur de Bayſhóme de
grand ſauoir, 8c digne de lou enge, pour sîeſtre ſi
bien acquité - en beaucoup eſambaffades ou il a
eſté em loyézmôſieur Danes n'aguereS pour rai
ſon de a doctrine appellé a ſemblables affaires,
ôc Salmonius Macrinus, dót ie ne diray autre cho
ſe en' ceſt endroinſeulement pour
v cauſe
D de brie:
\
l

O RÎA ILS O N i
uetê , maisbien priray ie tous les autres gens do?
ctes de porter en bonne-patience, ſi(du nóbre in
ſiny que ſa nraieſté vouloit ſoubz le nô des lettres
tenir pour ſes familiers dom eſtiques,aſin de conſc
rer tousles iours auec eulx, 8c aſsiſter ſouuent a
leurs lectures ou interpretations) ie nomme ſans
plus monſieur Caſtellan Eueſque de Maſcon,au-—
quel par ſa’congnoiſſance :admirable en tous artz
6c ſciécesmreſines a raiſon de ſa bône vie,preudhó
mie , 8c ſinguliere chaſteté , il a tant longuement
monſtre amour 6c- familiarité plus qu'a tous au
tres: me pardonnent tous ceulx la , s’il leur- plaiſt;
ſi en ceſte maniere de louenge, ie ne pren quele
nom de ceſtuy la ſeulzcar ie le fail pourautant que
cóme ſaditte maieſté en ſonviuít auoit tit de fois
voulu prendre des vertueuſes inſtitutions a bien
viurezainſi a ſheure de la- mort ſa volûté ſut d'ap
prendre de luy 8c non d'autre, la voye pour aller
au ciel , iuſques a ce u'il rêdiſt le dernier ſouſpir
en ſes mains. Auſſi iioyêt côtés tous autres (prelÏ~
que innumerables) par eſpecialceulx que ſadícte
maieſté en faueur des lettres ô: de leursbós enté--
demens auoit eleuez en dignitez, que pour' ceſte
heure ie les paſſe en ſilence ,puis que pour le cle
uoir de ce quïl me fault faire, il n’eſt beſoing de
trop longues paroles , a ſoccaſion dequoy ne me
fault prédre garde tit a ce qui ſe doit dire, qu'aux
particularitez g ſe peuuent omettre de pluſieurs
- ' choſes
_F V N 'E B”R E'.
choſes reſtantes a dſiecidenôc ce pour donner lieu
1s
aux vertuz 'qui font magnifier vn princeTouteíÎ
ſois auaît qu'y entrer, ie deſireroye bien ?ue voluſ- -
fiez conſiderer quelle 8c combien pe ante eſt la
charge de l'adminiſtration d'vn Royaume , de -
quelles difficultez elle ſe treuue enueloppée , :Sc a '
quätes diuerſes calumnies vne authorité eſt ſub
gette.- Car(a dire le-vray)tous perſónages qpour- _
roient en vie particuliere paſſer leur aage ans re
ptehenſion,ne ſauroient en celle qui emporte c6
man dement ſur les autres, euiter- les detractions -
BC meſdiſances du peuple: qui n'eſt certes du
tout ſans cauſe, eu egard ace que comme nous
voyons pluſieurs-gouuerner' ayſement auec les
auirons quelque petit baſteau ſur vne' riuiere nó
imp_etueuſe,apres s'ilz eſſayent a conduire vn na
uire en la mer mal aſſeurée , ſouuentesfois tum-
bent en- naufrage: ainſi peuuent faillir les prin
ces en maniant des adminiſtrations ſi confuſes,
la ouï s'ilz eſtoient particuliers, lon n'en parleroie-
point, 8c n'auroit onſeulement le moindre ſou-e_
pſon de leur mauuais regime. Meſmes tout-ainſi
que quand les ventz,pluyes,& autres diſpoſitions
du ciel , ordonnées pour le proffit des hommes ,
viennent en force immoderéemous voyons les ar -
bres de pluſieurs en receuoir dommageJes bledz
verſer, lestroupeaux des belles en ſouffiir pluſi
eurs incommoditez bien grandes,voire iuſques a
ORAISON
deſcouurir ou ruyner les cabines chípeſtresrainſi
ne ſe ſauroit bónemêt faire que ſouſtenít vn ſeul
homme la charge d'vne ſi peſante - maſſe, _cliuers
accidentz Ïoffenſent aucuns ſubgectz,qui en- dô
nent la coulpe a celluy qui gouuerne.Mais adieu-
ſtons encores a cecy,qu'en ſi grande licence de tou-
tes choſes,entre tant de richeſſes, telle uiſianctzſi
fortes attractions de voluptez, 8c aig'ui lonnemës
de couuoytiſes,il eſt merveilleuſement difficile de
ne laſcher aucunesfois _la -bride a ſon courage, 6c
n'obeyr aux affections demeure- leſqut-:llers-incçeſ--
ſimment nous poignent 6c prouoquELEncores
porte la vie illuſtre ce mal ordinaire quít- ;Sc Ray, -
que iamais ne ſiauroit -cacher vn zmal, siíljaduícnt
qu'elle en commette
vertuz dont elle peult, eſtre
8c que les plus excellentes-
paréſie,-ſont_ obſcure-yes
par des petittes faultes legiües, ou(parauantur-_c)-
de nulle importance. Dauanraîgenôus-tault pen~'
ſer que comme quand la mer deſborde,ónquelz
que fleuue:regorge de ſon 'canal ,on -prend 8a_ oſte
a chacun ſans difference,ôc ſans rien eſpargneræxÏ-S
trepointes,loudiers,lictz,tapiſieriesweſtemens,&C7
tous autres meubles pour mettre au deuant dc-
Pimpetuoſité des vndeszpuis en pareil quad le feu
bruſie quelque maiſonmous tirons abas la couuer
ture,a ce que tout le demourít ſoit ſauuezne plus
ne moins quand la necesſité nous force, en gou
uernant vne grande ſeigneurie, afin que le corps
vniuerlel
F V N E B R E .' - 17
vniuerſel de Ia Republique ſe preſerue,les princes
ſont contrainctz de faire aſſez de choſes que lu
-ſicurs iugent deſraiſonnables. A ceſte cau e les
lus prudentz doyuent diſsimuler de non veoir
Beaucoup d'actes que ſont aucunesfois noz prin
ces,ôc en doyuent excuſer pluſieurs , ou les pren
dre en la meilleure partie,ou- de faict les attribuer
nô tit aleurs faultes,qu'a la groſſe charge des affai
res qu'ilz ontzOultre-cela ceulx en q apparoiiſent
certains ſignes de vertuzôcvne' inclination natu
relle a bien faire, nonobſtít qu'ilz n'ayent la perſe
ctiontít exquiſeïque nous -attribuons couſt-umic
rseniêtzaux 'plus ſa' es, ſi ſontilzdignes d'eſtre ay
mezzhonorez, 8c eruiz de tout noſtre pouoir.Or
voyôs donques maintenir, ſi les vertuz louables
qui eſtoiét en noſtre Roy,correſpondët ala loué
ge qu'il merite pour 'auoir tit aymé les lettres.&
oury cômé'cenvenôs premieremêt a la luſtice,q
Eict eſtimer les hómes eſtre garniz de -toute bó-L
téflcrtainemêt ceſte la S'eſtéd plus que nulle des
autrenôcauffi en ti're elle apres ſo vn grid nóbre
qui la faict eſtre dignedu premierlieu. Elle cóſiſte_
en deux parties prícipalles, a iauoir ne faire tort a_
autruïy,-& ne ſouffrir que l'ô en face. En chacune
de cesdeux la noſtre Roy Frícois a eſté excellêt:
car iamais prince ne voulut ſes iuges &magiſtrarz\
plus equitables,ny moins corrompuz qu'il'a faict.
auſsi pour les induire a bien exercerleurs offices,
E
_ - - ORALIS QN a
ſa
enmaieſté voyant que8clesleur
iour,augme'ntoiſit- vicesno'mbre,&
croiſſoientleurs
de iour
ga'
ges'. iamais grand ſeigneur comme' luy ne pugnit
plus aſprement-portzdarmes , guet apenglarre
cins , brigandages ', volleries , &ç falcifications de
monnoyesſionqueS
ny Royceulx
plus violent 'enuers ne ſequi
monſtra plus aygre
auoientſioultra 'é
les gês cle-luſticcztroublé la Republique,excitéſt
dition , ou' commis' quelque autre meſchancetê
enorme cótre Dieu,ôc le payscar nonobſtant qu'il
feuſt doulx,begnin, ôc miſericordieux de' ſa natu
re,ſi ne le peult on iamais faire condelcêdre- a ce
qu'il amoderaſt ia rigueur' conceûe pourle bien-
de ſon peuple',& feiſt naiſericorde a telles manie
res de mal viuís. plus eſt,aſin que par la cru
aulté des tourmens il les 'retitaſt de ſiperuers
oultragesda maieſté feit pluſieurs editz &c ſtatutz
nouueaux,'decernans contre aucuns ſorfaictz des
peines beaucoup lus griéues que ne portoient l'es
precedens. ſoit'ainſi, encores au iourdhuy
ſe continue le tourment de la roue , lequel ie
prie a Dieu maintenir a perpetuité,a raiſon que par
ſon moyen les perſonnes quivont 8c viennét ſur
les chips ſont en meilleure aſſeuríce qu'elles n'e
ſtoiêt encores n'y àgueres: c'eſt qu'on rompt aux
volleurs,bri
les ans, ôcdu
ííbes, le cîagnó telle pelleYeſpineſi
col,& de peupledes bras,
du dqs,auec
vne barre de fenpuis gette lô ces malheureux ſur
vne
FVNE BR-E. - r8
'vne-roueleuêe-ſur vn pieu','& la demeurent lan
uillans le viſage contrerriôniuſques a ce que l-'e
?prit leur deffaille. Maintenant la 'peine des _fa-Uhr
pteſmoingîz de perdre la teſte,ou par deuant
la puſillanimité de noz-predecelleurs eſtoit- ſi-gra'
de,qu'ilz n'en faiſoient Côme point de demonſtra
tion, pour ne congnoiſtre que] trouble-ôc dan
ger _eult mettre -faulx teſmoignage en vne Re
pub ique, veu meſmement que les meſchans pri
uez_'de toute vergongne, voire ayans baÎ-ny toute
crainte, ne ſont cas de depoſer contre les gens de_
bien,aſin de les ruiner ô; deſtruireJe aſie briéue
ment ce qui a eſté decerné contre les 'ſzlaſphema---r
teurs du _nom de Dieu,les maſquez, ôc portés ar
mes couuertes , meſmes enuers -ceulx qui ſont'
Ceſſon pour deceuoir leurs crediteurs , 6c autres
ſemblablesennemyz de la tranquillité publi-que.
Toutesfois ie ne penſe qu'il faille taire que ſadicte
maieſté voyant que par la fraulde malicieuſe des
:Ad uocatz ôc Procurcurs, les proces eſtoient em
b-rouillez,de ſorte qu'on n'en ſauoit venira bout,
6; que la plus 'grande part de ſes ſubiectz- ſe ruy
noit totalernet en cela, comme quaſi par vn nau
fragefaict au dangereux goulphe des Syrtëzs, il _
ayant _aſſemblé quelzques hómes ſages 8c -de- bon
côſeíldnſtitua certaines abbreuiatiôs ôc -voyes de
bien proceder', par leſquelles eſtant reiettées les-
cauilations de ces caîuteleuxdes diſſerés ſuruenuz

'MP1'
I
~_

-ORAISON
entrelespartiegſeroiét iuridiq-ucmét &bien -toii
_dec-idez,en quoy eut biê creué les yeulxfa ceulx q_
pèſent veoir bien clair.Pleuſt a Dieu que pour le_
-gran biê de laRÊPublíqLlQſCS edictz ſe gardaſſent
'encores aju iourdhuy,ou que les opiniaſtres enra
-gcz, 8c côbatans a yeulx cloz cóme les Andaba-L
tes,encouruſſent les peines que ſaditte maieſté a
uoit deccrnées _contr_e les inſracteurs d'icel_les.l'e
ſtimebienaneflietlrs les iuges,auſquelz il a cómis
le jugement des Treſories , Gouuerneurs de pro
uincegôcautres ſouuerains magiſtratz,que n'au_ez_
encores_ mis en oubly, combien apres auoir ouy'
les complaintes du peuple 8c de ſes deputez, il a
faict rigoreuſement, ſuyuant voz ſentences, exc
cuter aux années paſſées aucüs coulpables en ma
tiere de cócuſiionsdarcins &c pillerieszôc commét
ur ceslescauſes
hoanny autresil de
à priué les vns de8cleurjs
ſon royaume, offices,
faict mourir

au gibet publiq-ue vn grand nombre de telz pil


Iars;mais pource queles exêples ſont _de fraiche
memoirsnôcvouspaſſent encores deuât les' yeulx,
ie me tiédray de les nommer en ceſt endroinafin
de ne bleſſer ou offenſer la renommée des viuís.
Et pour monſtrer que telle ſeuerité conceûeçcó
menons auons dict) pourle bien de la choſe -pu
blique,n'eſtoit en luy propre ou naturelle,ains de
teſtoit rigueur 8c cruaulté, ie n'en produiray pour
exêple ſinon la perpetuelle 6c conſtante hum-aï
--'_ - - te
F v/N En R r9
té deſon--accuſez
d'autres courage#'la benigfiitémauuais
, n'on toſiutes'fois monſtréeenueris
par natu
re,mais ayant perpetré delict par accidét, fortune,
ou ſoudaine emotion de couragezcar ou_ il 'côgnoíſ
ſoit-quïil-y: euſten eulxreiperâce You apparËce-de ſe
pouoir cóuertir 6c reduire a meilleure vie,il pardó
noit bien cordialemênôc encores de cela fera ſoy
lincroyable attrépíee de' ſon courage_ enuers tous
cculx qui auoiét delinquqmeſmes_ côtrc ſa propre
perſonnccar iamais par ſuperabódíce _de cholere,
il- ne ſe môſtra cruel cótre aucü de ſonpriué mo_
tifiiamais il ne bleſſa perſonnezcar onqucs ne bat
tit ou ſi-appamy(qui plus eſt)iamais rievoulutperï
mettre qu'aucun des ſiens vſurpaſt ceſte -autho
rité,ains diſoit que les princes en-iugeät les crimes
des mauuais , deuoienteſtre- ſemblableS aux 'loiz
leſquelles- iamais neſe courrouſſentſi- C'eſt vne -ri
de gloire ô meſsiîeurs les Francois, a vn ſi puiflë'nt
prince côme- il eſtoit, mcſmes ayant ſur les ſiens ſi
gride-auchoríté laquelle naturellement far-deus?
- nirinſoléſſt: &î ſuperbequepouuätiſansrepreneu
ſion' ſe ' v-e-n er de ceulx qui auoientforlaict- contre
ſa maieſtéj ne ſon
ainsſi-'vainquoit vouloit tant -ſeulemét 'forming-fai
courageaefrenoit leur nuyre,

ſoit,miſericordqreleuoit:les abbami 'ôtïproſter


'nez -en-terrepuuroit
commiz ſa pitié a ceulx quileur
a-lalegiere recongnoiílſioient en crimes
faulte,
retournoientabfien, 8c demandoierit: pardon de
-z:'…ll - E iii
o-RA1'soN-'
leur n1effaict,voireï leur faiſoit rendre- leurs biens'
ia confiſquezdesreſtituoit en pareil degré d'hon
neurleurs
' -toit ou ilz eſtoient dignitez.
premieres- auant leur cheüte,& augmen
'Orſivenons a ceſte r
heure-
deûmenta la -reli ion ,- 8c
ob eruéc regardons
, elle- comment
qui , ſuyuant il l'a ſi-
l'opinion
_des -gransautheurs , eſt vne des parties de Iuſticeſ
@Le bon Roy congnoiſiant parla lecture des ſain
'fles-lettresen quoyi il eſtoit_grandement_ exercé,
_ que les -royaumes ſont Conſtituez de Dieu,qui les
peult ruyner-,ôc transferer de peu le en' autre, ia
MÂíSJIIC feit traictê-de paix- auec [lis ennemyz, ou
näntreprinclaguerre_ a z d'autres,atouteſis
-ment rſeuſt par lettresenuoyées -que preallable
ſes Egli
ſèspommandé que lon feiſt pricres &c roceſſlons
publi ueszî8c s'il'aduenoitzque les choſes_ luy ſuc'
Ïceda ennilnîauoit moins accouſtumé d'en faire
rêdre grâces a la bôté diuine, ue dcluy ordóner
ſacrifices quid elles alloiêt a re ours,_tít-aſin- d'ap
paiſeîr 'ſire du.Créa-teur, ;quepdur purgerles pe;
chez'- de ſonpeupledôczeela ſe peult veritàblemêt
Çôſirmenpar ce qu'il-n'a permiz trainer au lôg de
fonzro aume les -ſectes mauuaiſes 6c reprouuées
-deqnelzquesgésſtroublez d'eſprit, mal_ ſentis de
noſtre rcli iópinsïenuoyantza tous ſesEueſques
-óçcourtz ſouueraines ſes_ patétes expreſſegpour
les ſenlódíË-?ŸŸËÃUÊLËŒÉÛŸPÏËWÛ 37cc' - “l'œil”
Uiîlïrcurs peäufferitdde- -eſlaiîr'ëctes,
J… ;r ' '' ſi' ' ' "“ '' - ' ' 'î 'ilfaiſoit
E;VN ErRE- zo
il fàiſoit rigoreuſenaîét- pugnir'lesauthszuſs' deces
îinductions nouuelles. ~M ais' comme- en ceſt affaire -
il' eſtoit eſiôgné de toute 'mau uai-ſè_croyance,'ain--…
ſi la maieſté abhorrant toute -ſuperſtitiomgardoit
' vne- -mediocrité temperée ', afin que croyfia-nt''
_ de iour en iour le nombre' deces maladuiſez, les
'iuges ſelon ce qu'ilz auoient accouſtuméme priſ
ſent îndifferemnzent 'tous homes repugnans aux
meurs communes , 6c -cerimonies receues , 6c' les
. - -' l - ſi _
meiſſitnt en vn m eſme degre &nombre de ceulx
qui ſeroient attainctz 6c conuaincuz de'ſi grand
' crime d'hereſie. 8c côme il eſtoit inexorable a l'en
droit de- ceulx qui blaſphemoient trop malheu
reuſement contre le -ſainct Sacrement de-l'a'utel ,
ou qui excitoien t des mutincriesſoubz vmbre de
religion , ainſi-vouloit ſa bonté que ceul-X ui par
quelquefu reur inconſiderée de cerueau -eſtoient
tumbez en autres
ues choſes erreurspuauoient
legiereſis,s'ilz venoient a ſe dict quell
recongnoi
ſite, ſeuſſent deliurez de tauzteïqffenſg-çflc receuz
en la cômunauté de noſtre-nacre ſaincte Egliſgſe
lon que veult ſanciêne doctrine.- Carnonobſtít
qu'ilz euſſent cômis crime de leſe maieſté diuine,
pour autant que ce Ïeſtoitpar malice- pourpêſée,
aíns par -opinion -ſeduitte,en uoyrtout:homme
'i pour bon_ 6E' iuſte qu'il-ſoit peu EÏae-ilementtum
er,ſa- maieſté lesïiugeoitï'p uſtoſtdigſines :de mi
ſericorde '&- pardóna:qpc 'de :cpunition -ou blame :
-r- 4 "- AuL
…z -'!"
-d
O R A Il S O ÏN '
meſmes a ceſte cauſe propoſoit non ſeulement les
ſa-inctz canons contre les heretiques, ôc la miſeri
cordieuſe couſtume de la primitiue E liſe,ains qui
plus eſt l'e cômandement expres de ICŸUS Chriſt no
fireſſauucur , par'lon
l'Eu-angile,que lequel ſa bonté
reporte admonneſte
en plaiſir &ſi en ioyeen
la
breby eſ arêe iuſques aſon troupeau auec les au
tres-- 6E uyuât- ccla,meſpriſant la trop grande ſe
uerité -en c'eſt endroict , comme cruaulté deteſta-ï
bl'e,nîeſmes a ce quïly euſt lieu de penitéce pour
ceulx qui' _eſtoiêt confirmez en leur mauuaiſc per
ſuaſion , puis que la rigueur _accouſiumée n'eſt[
iluoit de- ordôné
ï'auoitſi rien enuers eulx,peu
de les deen
enuoycr moys auírſä
Gallſiere, 8c \nort
les \Y
tenir en captiuité iuſques a ce qu'ilz recongneu —
\ent leur erreur , ou que pan longuement Voguer
_ ilz portaſſent la peine conuenable a leur temen
têJEncores ſi vous deſirez vne plus grade preuue
de ſa conſtance a l'endroit de la protection de no
flre'-_ſozhQxielle plus certaine plus ferme vous
en pouſſoir* on ba1ller,que de dire quii] a eſté 'tant
8c -tant de fois ſollicité par diuerſes ambaſſades de
pluſieurs princes &republiques eſträges,a ce quſiil
receuſi -en ſes pays la 'doctrine de leur religion, &r
&tretiraſt hors :lëobe (ſance de Flîgliſe Romai
nei, luy promettans \Ïzubz ceſte condition toute
ayde 8c ſecours a rencontre de l’Empereur, qui
luy faiſait adôc pluſieursmoleſtes, toutesfois no*
ſire
F VN-E-BZR_E. 17
flre d-oulx- &bôptinccïatrop mieulx aymé auoir
Pinimytíé d'eulx tous auec celle dïcelluy Empe-' '
teur, u-: ſe deſmettrede
aban ôner Fobeyflänce
Yantiqſizue religion que nousduauons
Pape,ôc
tit?
dŸan-nées Y a rcceue de noz anceſtres.D'auantagcj"
our móſtrer quel-le 6c icóbié grade eſtoit ſoy 6c
foyautëfie ne
gnag-ezfors (vnveuil_
acte Produirc
dignedg pour ſuffiſant
memoire teſmoi
entre plu- ſi
ſieurs excelle-nan ſauoirle paſſage que ſeit par ce"
Royaume -le ſuſdict Empereunalors que ſonpeu'
ple de Gand conſ -ir-oit en Flídres quelzques' cho
ſes nouuelles, &c; c Ÿouloit' rebeller contre luy:
car noílrîeïbonſltioîæ.l ne le laiſſa ſeulement paſſer;
-ains luyſeit .tant d' onnzeurs; accôpagnez dc tant
' riches preſièns -cscſbij-:llesf offres; que cela' feit venir
telle crainte aux ſeditíeuxzquîlfz ſe rendirent ſims ' -
coup 'ferir obeyſſans- au' bon vouloir' de le'ur-ſei~-
gneur
oublyla-6cliberalitléinfinipſiede
maiſtre. - Afin doncnoſtre
que neRdyçl,aqp'ellèſ-
mettions'en “ _
'Prouiêt delameſmerſontairle de Iuflice,dôt nous
auons- cy _de'ſſusfflparlêaflſt \quètnousſtübions quel- ' '
que fois- en- proposzde ſa-rnagnifièencej'plus _reſplê '
diſſante_ -ne
-' homme quedonna
le Soleihcômecons a' dire'ſaſiictzppreſens
'lusſouſiueſt 'qu-'ila que iamals

de plus gräde confgquêcgpluſtoſtmy moins a cô


trecueunle dy 'ceçy touta propos, 'pource qu'il_ſe
treuue des -perſonnages leſcïuelz voulís faire du
biêa--çlïautregfôt lóguemêt íguír les' pourſuÿuís'
_~

o RË-A--l SON
par delaiz ô( attentes faſcheuſes ç aucuns ſaignans
auoir tout plein d’affaires,apres s'eſtre ſoubz viſa-d
ge couuert aſſez de temps moque: des gens_ , a la
comme courroucez 8c par côtraincte,laſchent
ce qu'ilz doyuent donner, ôc _ce 'faiſant offuſquêt
ou eſtaignent la grace de liberalité. Certains au
tres vſurpêt_ 8c gardêt poureulx meſmcs'ce quïlz
deutoient liberalemept bailler a ceulx qui lîont;
bien meritézmais noſtre Roy a touſiouts eſté con
traire a tous ceulx la,car iamais depuis le cômence
ment du môde n'y eût prince qui exaulceaſt, c115
richiſt,ou pourueuſt de_ ri-'cheſſegbeneficesma i-î
flratz,dignit_ez,& office'sſitant-ſes ſubgeâzqucÿes
:ſti-anges eſtans :ſa ſuytte, -ôcfllïy eût onques ſei?
gneur qui feiſt autät de biêsque luy,nô ſeulemêt ‘
aux perſonnages frequêtís lesar-tz liberaulx, ains
a tous índifferêmëtſieuſient Artiſanspugês _d'e-
ſprit ut biê adminiſtrer la Republiquepu vail-z
lans \Ïldatz
ty a la 8c capitaines
guerre,ôeen q euflent
cela ſouffert tenupſonï
uelque par -
doſimmai
ge,ny qui tit ſe monſttaſt_libera ſeló la códitíon
&merite d’vn chacun. Car ſuppoſé que parles
loix de France,il vienne au-pîreſor des c'as caſuelzi ‘
vn nombre d'ar_gêt infinygantgdespreſens ui ſe -
ſont aux entréegque parla confiſcation des iens
de ceulx qui ſont executez en Iuſtice, ou_ banniz,
ou meurêt ſans pouoir faireteſtam Et,ou qui durät_
lesguerres ſe retirét du _coſtédes ennemyspu qui
' - n'ont
’FVNEBRE. az
n'ont point de lettres de naturalitéfiamais- le Roy
Francois ne print rien de cela, ny voulut qu'on le
meiſt en ſon eipargnezpourcddiſoit il)que la ma
ieſté Ro ale ne s'en póûuoit enrichir ny orner.
ains pluiioſtcôtamirienô; amoindrirſa bône re-_
putationA ceſte cauſe ſi toſt que telz biês eſtoiét
:quis a ſa_ couróne,il les _donnoit debônevolonté-
a ceulx qui auoiét ſaict uel ue agreable ſeruice aſi
ſa- perſonnepu a la cho e pu lique d e_ ſon Royan. '
me,encores'qu'ilz ſeuſſent abſens,ôc ne les demi
daſſent ou feiſſent demídenAinfi donques ayant
ouuert 'atoutvrayemét
ce,'il eſtimoit le monde poſſeder
le treſor ce
de ſa magnificê
qu'il auoit li-i
beralementdonné aux autres. Mais dictes moy ie
'vous prie,qu'elle 8c côbien gríde s'eſt môſirée ſi
magniſicéce,laquelle à touſiours eſté louée &z ri
ſée _en ceulx qui auoiét ſadmíniſtration de la c o
ſe publique? Auec quel appareil de feſtins, 8c bí-J
- uetzſſumptuoſité en accouſtremês, parures_ de
äieuaulxnrîfiphe de ieux,tournoys,& autres ſpe
ctaclegail ordinairem ét receûles Roys 8c Prin-ó
ces eſtríges, ouAmbaſſadeurs de toutes nations,
6c pour le faire court FEmP-ereut- meſinez Welz
dós 6c preſens leur a il ſaid au deparci-ræcobíen a
il bally en peu de iours devilles nouuellespu fiict
reparer des anciénes ſu r les frôtieres_ deſon_ roy'
aume, les rendait imprenables par fortificatiôs de
foſſegcloſtutc de muraillegrípargplattçs formes
' - F ii
'ſſIÔRAÏSON
l' tours, 6c' autres deffenſes garnyes de tout ce qu'il
l - eſt -bcſoingDe quelle n1ar'que,'decor'at»iô>,beaulté,
' ' dignité , ô; artifice admirabledA rclritieëïure,(en
- Ëcäloyil â ſurinóté- les antiques) â il ediffiê- -desa-mai
cts,chaſteauiÿpalaigparcqgôc'autrèsſplaces bô i
a droíct ſe peuïuentaî peller Ro - allesynonſeu emit
aux 'villes,mſiais'ſ ami; biê_aux eliäpszen:lieux plaiſaí's'
-8c' delectablesîComrnêt-âil-enrichy &- Ôrné tous
-Jiceulx' baſtimés,d'eſtígz,fontainegflatuegmedal
les &Ÿin_iages antiques treſartifiemêtjfaictes de tou
tes matieres? Pluſieurs eſcriuains? ei'taul-'cent gran
- _ dementLuculle,Pe-mpéezC eſarz-'ôc telz-ſinguliers
__ ,perſóſinages,pour_auoirnioſtrêſ au peuple de Ieur -
: _ tem _ s,çertains maänifiques appareilíde ieuxſipe
&ac es, 8c triump es: niaisprincipalement de ce
quîlz on-ſitcdíffié queliques-belles laceS aux chips
- auſsi biéque desſiPorti-'queſiszôtîlz' _rentres -aux-v-i z
' fflleS'.D'aut-'res ſont gtarrdcasçlestMauſolécs, Pyra-z
midesEgyptienn-esgêples î'cYAiie-,8i't-:iuîtres -beaux
' rdclædu
o_uurages monde
quelÏon,' appelle communement
lleſquelz:îſienît'reſgeris- de les ini:
bonne:
congnoriſſancezont' eſte' -Roíÿ "Francois de
beaucoup ſutmontez ;en artiſiee-;m-agniſicence,
8c ſu-mptuoſitéz_ Ienveo"yceîme"ſemble-ée enten 'a
ceſte heure-quelzquesivnsîdefiaï-rnärmurer dec:
qui] a faict trop de- biês agés'- ſelon ''Peur iugemêt
- indignesſhc qui nelauoientlmerité :ËnCſEnCS da?
uätage penſe leur ouyrdire quë-íl- eaſt-mieulx faict
- &employer
' d'employer ſesdeniersza fairejdu bienauxipoures
- 'qffentellesſicíeſpenſes excefſ ues.l'enten- que c'eſt,
' - 6e eſtime des moncommencement 'auoir ſatiffaict
- a tel re roche,l'a ou i-Îay dict que tenir l'e 'lieu d’vn
Roy eſgvne choſe 'meru eilleuſemet difficile,dou
teuſe, 8c pleine- de ſort perilleuii: pourautant que
ſoubz couleur- de vertu , aucuns l erſonnages de
mauuaiſe -voluntè
- aguetzfisc leurtendent
auſsiquïlzſi pïuſieurs
ſont au däger las , ou
des abuzeurs
- ſaulic _en viſage, -ét des flatteurs de îtſioutes quali
tez. -Dëïauätageque leur bonne natureſeſt ptouo
'quée par diuerſes -tétations , _auſquelllesſffeſt poſ
- ſible a lëhommereſiſter erſſrgríde liberté de tout
- 'ſi - î- -fairegMais encorcscnccſtïendrqictïdyfflie plus, que
' ïïlesîïgransprineeſsneſont- -moins nez faire des
choſesinagnifiques-zôcz excellentes, ue 'des requi
- -des 8c -necletſlîii-res_.-en cellesla ie ne aybonnem Et
- - fizle bonrmeſnagezîeſcharíetízôcle'prêdre de trop'
' zpſes-gardeauſoy-,ſe -doyuent _appeller vertu. Vous
auezouy m-eſsie-urs 8c entêdu, quece Roy eflſoit
grand' en luſticez-,miſericorde_, foy,liberalité,8c _ma
gnificEcëazReſte- maintenir(pour mettre quelque
- _ -fois fin' 'a- mon diſcours)- que ie-rtraiâe en peu de
paroles,-
ſ' - F943( de-bonne
dedſa la -ſinguliere grandeur del'induſtrie
congnoiſſaniceen ſon 'Conrad
de
actguerre;Certainement ſon ſiaage long 8c [neur,
-" 'durant lequel depuisçſonadoleicence iuſques' au
boutzil a touſiours hanté -l-es armes,declaire
ſi ' 'F iii 'aſſez
o -R A PSëOŸÛN '
qu'il n'y auoit partie en toute laïicience militaire,
dont il ne ſeuſt ce-qu"il- en fault ſauoir-:-ôc encores
en render -meilleur teſinoignage tant de guerres
s par luy virilement côduittesgant de lacesfortes
priſes,tan-t' de villes gaignées' paraflau t,tan-t d'en
-nemys- 'tail-lez' 'en pieces ,- tant de lieux qu'il a fai-ct
fortiffier &-1 munir- de toutes choſes neceſſarires',
pour les rêdre- imprenables a la puiſſance des_ 116
mes,& les liures que-prudément 8C en bons terr
mes uerrcgôc-des
il co1npoia',de ce que doiuen-tfaire
de \manieresde les renſigertOutes-'gésl
en ordre
de Ëataille quand- auſexempledes Romains ſi mae-î_
ieſté mettoit ſus des -LegionaiïresuMais 'q uanda 1d
grandeur
par ce qu'il--ne
'deſon'
vouloit
courage,
v-ſer:de
elleiſez
vengeancezquand
manífeflcà-

on ſauoit en quelque' maniere' offenſé,car il ſauoit-:


reſrener ſa …cholere , en.-luy oppoſant' vne' dôuljël
ceur-gracieuſe- au poſsibleóplus par- cequ'il mon-ë?
flroik touſiours vn meſme viſage en toutes occur
rences -tant bónes que mauuaiſeS, de ſortequbn
-le peult-díre,auoir -maíntes-fois repreſent-é au vray
Socrates,& tout autre perſonnagezconſtítzdont l
eſt faicte mEtion aîuxfflhiſtoires_ ;anclenegpar eſpe- _
-Cial -en portant -auec bonne -p:.1-tier1_ç*._t': :la mort dejſa
-ſerving-de ſa mere,'ôc de ſes enſans, _qui -eſtoiét de -
ſouu-erain eſpoir; Encores ap reuuét_ ſavalleur 'di
-uerſes haultes entrepriſes p eines de l-abeurs- &j
-dangiers
- ' : meſmes,
ſi ennoblyesïdu-
- contemnement
i - de la
E B RE. 24
de la'mort,&- du peu.d'eſtime-de laperte des poſ--
ſeſsions temporelles: veu que iamais il nepreſen---
ta -Exprimez aucun de_ ſes en nemys,que ſa maieflé
pro' -rene 'rengeaſt- ſes ſoldatz,- &les admôneſtaſt_
de p ien :faire, ains -pour les en mettre -a la voye,
touſiours
Ie.rſiie ſe trouuoiten
déduiray tre les premiers
poít en -ceſt,enciroiót côbatís.-
par quelle vi;
gueur de robuſte couragrgôcauec quelle hardyeſ
e d'excelle'tcheſd'-armêe,il eſtít encores ſoubz le
regne du Roy Loys douzieme ſó beau fpere, chaſ
ſa d'Aquitaine le duc -d'Alb-e-, auec les OſCCS--dCS
Roys d'Eſpagne-JS: d'Angleterre: puis cóment il
taſſe-im &arreſla deuät Terouéne, es côpagnees
deîlpſaigêdarmerie de France,pour
ôetournées-enlfuyztte- lors -eſpouétecs,
parvne- ſurpriſe de Maxi- -
milií pour lors -Empereunôc du Roy (l'An -leter-H
' re ſon allyézmais bi_ê dirayie -qu'en la batai le qui-
futdónêe -côtreles -S uyſſes a Mari nan,en la-du--z
che de-Milan,il-dóna treíexpres' te- moignage d'a
uoir vn cueur hardytôc magnanime tout -oultre,
car il y fut que .deſccîfit,que-t-ué,que mis en route,
plus-de trêtemil de ſes ennemyzmonobſtâtaquïlz
côbatiilènto piniaſtremêgôc en-toute iſiureur-,a la
facon des beiîſieS: toutesfois- le b6 prince remy de
ſueur &de pouldre,meſmes tout en ſan lante du
ſangdes mors, apres que la victoire eutïong téps
brâlé en- grid doubte,a la ſin-gaigna la iournée. Il
ſe môſtra biê_ auſsi en la premiere-guerre q fut en
a ORAISON "
Haynaultnnefines au teneontre qui ſcfeit deuít
la ville de Valentianespu'l'Empereur'qui eſt apre-
ſent eut telles affres ,qu'il quitta 'la place de telle
ſorte qu'il ne ſe tenoit aſſeuré enl-ieu quífeuſt en -
tous ſes pays de Flandres'. ô: 'ſi en feit-aurait 'voire
auec non moindre
ne militaire , pour'prudence ôc 'artlërſivigueur
faire "apparoir- en la diſciplide
ſon cou-rageinuaincu , agueîrre- par':l'uyíe-n-' -
trepriſe, il y a maintenanthuict ans', chafier' -
l'Empereur hors' de Prouence , ouil- eſtoit entre
cóme eiinemy , incôtinet apresſon retîour-d'Afi‘i--
que, d'ou il-reuenoit eleuéen cour-a e, tant pour'
auoir vaincu les Barbaregque pouriëveoir accô
pagné des forces d'Italie',d'Allemagne,& efliſpa--
gne,deſquelles iläuoitdrefſé' la-pluîsî- uiſlätrtear-ſi…
mée qu'il eut onques au parauarïtpnlziayire-der ce: _ - - -
que les Piemontois \Sc Sauoyſiens eſioient n'ou
uellement aſſugettiz ala couronne-de France. '
Pour a quoy remedier, le bon R'oy',côme;v-rr-Fa-r -
bius' maximus -a _lencontre d'A nnibal- trop inſolét'
pour beaucoupde' 'victoireS , ſe 'meit au champ:
auec ſes troupes, en lieu 'choyſi 6e commode-Jel_- -
lement' que par poureté,îſamine,&'legiere's 'eſcar-_ - a -
mouchesfil meit Fêtrepreneur -enſièmauuais ' ar
ty,qu'il ne ſauoit plus que faire: en-ſorte que igrce
luy ſu ta la ſin deſeretirer en Italiqpar voyes-deë
ſtournees &non communesmon finsîau-oiriper-z
du la' plus part de ſes gengôefaict tres mal-ſes' be-_
- ſongnes.

~
FVNEBREÂ 2.5
ſongnes. Oultre ces choſes,il y a enuiron trois ans,
que le ſuſdict Empereur ayant mis le ſiege deuant
Landrecypccompagnê d'vne merueilleuſe puiſ
ſance d'AllemanS 6c Angloisnneſmes aptes la vi
ctoire par luy fraichement obtenue contre les
Cleuois 8c G ueldrois, dont il eſioit deuenu plus
haultain, le Roy monſtra ſa- valleur 6c prudence,
conſidere que ſes ſoldatz aſsiegez, euſſent en peu
de iours eſté contrainctz ſe rendre tant par faulte-
de viures,que pour les grans aſiaulx qu'on leur li~
utoit a toutes heures,ſi promptement ſa maieſiê
ne les cuſt ſecouruz :a l'occaſion dequoy , il auec
mefieigneurs ſes enfans, ôc toute ſa nobleſſe, che
mina par grandes iournées , nonobſtant la ſaiſon
de. Yyuer, ſi ?n'en peu detêps ſe logea pres de ſes
ennemyz,au quelz feit perdre placezôc puis quid
il eut raſraichy la ville des viures 6c nó re de ges
que bon luy ſembla, meſmes apres auoir preſente
par deux iours la bataille a ſon ennemy,il le con
traignit a leuer ſon ſiegezôc cela faict s'en retour
na en ſon Royaume auec bien petite perte des
ſiês.ll en a certes autit faict veoir en pluſieurs au
tres gris rencôtres aduenuz en diuers endroictz,
principalemët en la guerre qui ſe feit deuit Pauie,
dont ie me tairoye voluntiers, pour ne r'ouurir la
- playe que nous receumes lors,veu qu'elle eſt m'ai
tenant ſermée,ôc n'en reſte ſinon la-cicatrice,mais
la louenge de force ô( deptoeſie que le bon prin
G
ORAISON
ce en rapporta,me ſemble ſuffire pour effacer tous ' -
les maulx dont nous feumes lors affligeLCar en-' -'
cores que ſa perſonne y feuſt faicte priſonniere,a
pres auoir tue de ſa main grid nombre 'de ſes en; - "
ne1nis,& que ſes plus loyaulx ſoldatz ſurêt mortzï
en faiſant leur deuoir, nul ne doit eſtimer que ſa
gloire en ſoit aucunement appetiſſêe,'s'il ne veult - '
iuger par meſme moyé que Leonidas lequel mou
rut parmy ſes Lacedemoniens en con'1batant-'vi~
rilement aux Thermopiles,ne doit deſormais erre-I ſi
uers ceulx de la poſterité auoir nom,ny eſtime de'
vaillit Capitaine.Le bon R oy certes n'oublia en ' '
ce ſiege de Pauie ,rien de ce que doit faire vn val
lureux ôc magnanime chef d'armée,ains ayma
mieulx demourer en campagne, au vent-ôc a li'
pluyemieſmes porter ſa part de la famine auec les '
poures cópagnons,viuandiers,gens debagage,ôc
aduanturiers ſans ſoulde, qu'abandonner .e ſiege
de la ville dont il auoit eſperance d'eſtre ſeigneur
6c maiſtre en peu de iours : 8c luy vint plus -agrê
d'attendre ſon vaſſal ſugitiflqui s'eſtoit mis' enarï
mes contre ſa maieſtê,& lequel iamaiSn'auoit ſeu
attaindre en le pourſuyuant, que de tourner viſa-ï
ge,& s'enſuyr:pource qu'il eſtimoit ceſt acte lâ,nô'
noble 8c digne de reprocheza l'occaſion dequoy
il tint bon,entra au combandurant lequel feit plu
ſieurs vaillances merueilleuſement louables en ſi
grid perſonnage: abbatit 8c- tua maintz ennemyz-
deſ
FVNEBRE. 2.6
de ſa-main', ô: feit trembler les rengz en maniere
- de fould-rezmais quand la Fortune commencea de
-changer, 8c que ſon cheual ſut a force de playes
tumbé ſoubz luy(qui eſt la retribution dont Mars
pay ccouſtumierement les plus preux) ſa maieſté
_veint en la puiſiànce de ſes contraires. Or ſi en
cela
-pe- n'en
l'heur
doitneeſtre
luy imputée
ſut ſi bonaciau'il
perſône,pour
attêdoit, la autit
coul

!qu'il n'oubli-a,ny laiſſaôc


la vn rreſmſiagnanime rien a executer
puiſſant q apparteinſt
conducteur : ains
l'oze dire digne de' toute louenge, pour auoir de
friche
lité de -volunté
ſ6 pays-,ôſitfaict ceſteexpoſe
s'eſtre haulteaux
entrepriſe,a
perilz, en l'uti
meſ
priſant la mor-t , auec toutes les fe icitez humai
nes. Car il n'eſt en noſtre puiſſance de faire que les
-choſes a-duiennent comme nous deſirons, ny de
-commider- a Fortune qu'elle ſigne tous noz arti
- cles en la forme que les luyl vou drions bien pre
-ſentetzmais il eſt bien en nous de monſtrer vne ſi
-grande prudence, hardyeſſe,vigueur,& conſtance
de courage,que ſi ces bonnes parties deffaillent en
-vn prince,il ne ſauroit euiter que cella ne luy ſoit
perpetuelleme' t reprochableTant y a que s'i euſt
obtenu la victoire,ſa maieſté parauanture en euſt
peu deuenir plus illuſtre: mais nó pour cela plus
- vertueuſeC ar a dire la verité, iamais ne luy def~
faillirent magnanimité au combat, vigillance en
tousi ſes affaires , trauail requis, ny auGthorité-
ii bien
O- R A I- S O N ' - l
obeyezains ſeulement Fortune fut contraire- a -vjn '
ſi grand 'bien pour les Francois. ôc de la vient que
comme E-neas enVirgilqparle a ſon filz Aſcanius,
Fadmoneſtant de ſuyure es oeuures bônes 8c ho -
norables, ainſi pouoit ce bon Roy dire au ſien: A_- — '*— ~…—
Filz apprenez de moy que c'eſt que de vertu
Et vray trauail par qui Yhôme eſt Æhóneurveſtu:
-Mais ſachez par autruy quelle eſt bonne Fortune.
La uelle encores qu'en ſon en droict neſe ſeuſt
deÊlarée ennemye,ſi eſt ce qu’il ayit touſiours eu
a_ reſiſter c6trevn aduetſaire ſi puiſſit de ſoy,meſ
mes tant appuie de tous les autres Roys 8c natiôs
eſtriges,ce gêtil prince ne ſauroit auoir aquis deſ
hôneur par s'eſtre trouuê ſurmonté d'auiture, c6
ſideré qu'il reteint touſiours en ſoy vne gtandeſſe
de cueur tant eſmerueillableôc côme ceſte la eſt
- ſingulierem ét a priſer en tous les actes de la vie,
par eſpecial en la mort,elle merite vne cóſomma
tion de loué e,en ſorte que tout le cours naturel
en demeure läuuêt honnoríznonobſtit qu'il n'ait
eſte ſi bô côme il deuroitDiſonS dauitage qu'en
l'article d'icelle mort , la magnanimité ſe rend
touſiours plus glorieuſe en perſonnages puiſſisôc
riches comme-ſont Roys , qu'elle nefaict en_ tous
autres , ourautant qu'ilz ayans en abondice tou
'tes cholgs qui rendent la vie delectable,non ſeu-_
lernêt-ne craignent le paſſagede la mort,ains par
lai [moindre apprehêſion q leur en aduiéne,tout lei - i
corps leur heriſſe 5c fi‘emye.MaiS la magnanimitê -
laquelle
FVNEBRE. 2.7
laquelle auoit tresfermement armé le cueur' du
Roy Francois tout au long de ſa vie contre les aſ
ſaulx de Fortuneffeit qu'eſtant ſa maieſté tübée en
' tel acces dermalladie, 8c ſentitla fin de ſes iours,
monſtrîa vne extreme force de courage,coniointe
a auſsi grande ioye,cóme s'il euſt deu' aller a quel
que ſuinptueux bancquet , ou entrer en vn baing
delicieux. Car l'on euſt dict a le veoir,qu'il n'auoit
iamais ' eu affection au monde, ôc qu'il ne crai
'gnoit aucunement a le laiſſer. Choſe qui ſembla
de tantplus admirable aux aſsiſtis , qu'elle eſtant
bié accopagnée de l'honneſte troupe de maintes
autres vertuz,luy faiſoit alors dire p uſieurs beaux
'ôc notables enſeignemês pour inſtituer a bien 8c
chreſtiennement viure: de maniere que les hom
-mes pouuoient entendre que tant plus ce bon
prince ap rochoit de ſa mort,tant plus deuenoit il
diuin,& embloit qu'il deiſt ces derniers propoz
par l'inductió d'aucun eſprit angelique , ou pour
mieulx dire ,par vne ardeur celeſte . Helas mon
Dieu ,g auec quel remors 8c ſolicitude curieuſe
(apres
ilſi auoirlemeſpriſê
a peller medecin toutes choſes
'de l'Am'e terreſtres)ſeit
pouſſe confeſſei:
en bon Chreſtien de toutes ſes offenles commiſes?
- Àuec-quellesplainctes 6c genÿiiſſemens eut il repé
tance de ſa vie paflegenlaquelle il íaccuſoitn'a
uîoir faict ſi bon deuoir comme il eſtoit_- tenu .ë En
quelle reuerence' &c ſigne dedeuotion 're'ceut "il le -
-G iii
ORAISON - ‘:
ſalutaire ſacrement de l'AutelEAuec quelle grace
6c dignité de parolles conſeſſa il a haulte voix que
toute ſa fiice de iuſtificatiô Chreſtiéne eſtoit en la
ſacrée croix de I eſus Chriſt qu'il tenoit embraſ
' ſée, 8c au digne 6c precieux ſang que ſoninnocê
ce y auoit eſpandu pour nous deliurer des lyens
de lſiennemy? Puis en combien grande tranquilité
de cueur ôc de corps voyit l'heure rochaine que
-ſon A me s'en deuoit aller,receut il ' e ſainct ſacre -
ment de derniere vnction .ë Auec quelle certain e
eſperice ôc aſſeurice, ſuyuit ce bon rince les ſa
lutaires doctrines de inonſieurFE ue que de Maſ
boucclier
con de la foy,&
_ ui l'admon ſoppoſer
eſtoit aux ennemyz
a ſe couurir de no
ſans crainte du

ſtre ſalut,monſtra il incontinent apres que la pa


role luy ſut faillye , premieremêt par ſignes de ſes
yeulx,& apres quand il ſut contrainct de les arre
ſter fichez en un lieu, d'autant que les nerſz de la
veue eſtoyent retraictz, comme il aduiét ordinai—
rement a gens qui ſe meurent , en leuant les dois
_ contremôt,qu'il ſe fiant
batoit -fort &c ferme a vnles
contre ſeul Ieſus Chriſt,cój
mauſiuais adueríai
- res E Il ne' m'eſt pas certes aduis que ie doyue taire
- en ceſt endroict les propoz ſainctz &c graues u'il
- teint a' monſeigneur ſon filz pour la derniere Pois.
-I C'eſtoit qu'en mourir il ſe trouuoit bien ayſgôc
ien partoit grandemét ſatiffaict,de ce qu'il'laiſſoit
pour ſucceſſeur de ſa renómée ô: de ſon Royau
' me,
'd'
X

FVNE B REED 2.78'


me,vn tel filz,tant efloigné de toutes \'ranitez,fol'~-
lies,& legieretez de ieuneſſezineſmes ſi conſtant,ſi
ſage, tant bien moriginé 8c ſi Obeyſſant, qu'il_ l'e-'
ſtimoit digne non' ſeulem ét de gouuerner- la -mo
narchie de France',mais(qui plus eſt)_celle detout_
le monde. Helas apres luy auoir liberal-emeînt con'
feſſéîquelles faultes il pouoit auoir ſaictes en ad
miniſtrantſon Ro ſi aume,il 'ſe print a le prier qu'il
ne voulÿſt ſuyure l'es viceszmais œ s'il auoit veu
quelzques vertuz en luy ,il taſchaſt les adjoindre
aux ſiennes,'& ſur toutes choſes euſt ordinaire
ment comm e- il auoit bien cômence,la crainte de
Dieu deuant les yculxzluy preinſt pitié du_ peuple,
' lequel
trauail éarpour
forceſubuenir
8c contraincte il auoit lgupportaſt
'a ſes guerres: ridemêt

la poureté ou il eſtoit: deſtacinaſt toute fraude 8c


corru tion d'être ſes Iuges ôc magiïſtratz:& qu'en
ce failjinumeſm es s'il dônoit ordre' a 'ce qu'aucun
de quelque qualité qu'il feuſt, ayant meffaict, ne
demouraſt impuny , cela leferoit regner . ource
ue ce ſont choſes ſurquoy les' Royaumes ſgnt in
ituez,ôc par leſquelles ſont côfirniez ceulx qui
les régiſſent 8c gouuerner. Puis le pria d'auitage
qu'il feiſt office de pere enuers ſa ſeur vnique,vet
tueuſe princeſſe ôc de tresbône vie: meſmes qu'a
lêdroit de Faccroiflemét des lettres il pourſuyuiſt
ſa deliberatiompou-rueuſt a ſes Egliſes de paſteurs
-venerables par leur doctrine ôc bonne meurs , en
ORAISON
chaſſant les loups rauiſſans du tropeau. Toutes
ces choſes luy deit il en preſence de ſes domeſti
ques:mais(a ce que ie puis entêdrefil luy en recô
mida entre eulx deux 8c apart, pluſieurs autres,
qui teſmoignent allez ſa gtide ſageſſe 6c bonne
volonté, mais elles ne ſont pas encores declarées:
8c ce pêdit voyit ſondict filz preſquefondre en
douleur 8c en larmes , voire quaſi S eſuanouyr, i
ſe meit a le cóæer par remonſtrices do~ulces 8c
racieuſes q ſentoiét leur diuinité le poſſible,par
ſit de la volonté du Createur, de la neceſsité des
deſtinées ou ordónances du ciel, 8c de la fragilité
humaine, en ſorte que le deſcóforté reprit quel
que peu de courageÆela faict, le bon Royſere
tourna par deuers mondict ſieur de Maſcon,qu'il
diſoit vouloir ſuyure en allant a la mort côme vn
côducteur fidele,qui móſtre le chemin aux eſtri
gers eſgarez, 6c ſe rít a l'ouyr expliquer les my
ſtetes des choſes acrées,ôc la vertu de la diuine
miſericorde,par le ſang de Ieſu's Chriſt pour nous
eſpandu en l'arbre de la croix, côtinuant en celle
demonſtration de foy perfecte, iuſques a ce qu'il
rendit l'Ame a Dieu.Veritablement ie vous veoy
meſsieursîles auditeurs eſmouuoir 'au trement que
ie ne penſoye,par la rememoratió des beaux actes '
que ce vertueux-prince afaictz en ſon viuantzſiôc
appercoy que par ſales-mort Socratique , ou pour_
mieulx dire Ghreſtieune', veus ne pouez vous te
- nir
FVNEBRE…
nir 'de p1eurer,touteſſois i'auoyſie choyſi ces ' poinctz-
U
pour appaiſer aucunement voſtre douleur: mais
ie congnoeis qu'ilz ſeruent plus toſt de l'accroiſtre,
8c -ne font que redoubler voz pleurs , a l'occa
\i5 _de la memoire que vous aurez de luy a perpe
tuité. parquoíy ie nfaduiſe bien que l'exemple 8c -
imitatlonde es vertuz,vous ſont matiere de tri
ſteſſe &de larmes. Mais pourquoy eſt ce que cô
me doiueînt faire gens uiriles,conſhns,& magna
niſimeszou pluſtoſt Philoſophes reſoluz iuſques au
bougvous en redreſſez voz penſées, leuez voz g
yeulx droict 'au ciel,8c ententiuement conſiderez
la-felicité ſouueraine? ui plus eſt, rendez graces a '
Dieu de ce qu'il luy a ;leu rappeller a la loire re
ſeruée
citoyenpour ſes eleuzzmeſmes
8c cohetitier de ce u'ibelles
de Paradigaueccles l'a_faict
c6

pagnées des eſpritz bieheureuxe Dictes moy dôc


pourquoy pleureriez vous celluy qui apres auoir-
veſcu aage cô etit en ce môde, e en toute felici
té e-ruenu a E! fin,& qui eſtant eſchappé -des té
pe ' 'es 'de la Ïmer- tourmentéeï ,: eſt - arriuéÎau vray
port de filutzHa meilieurs,gardez vous'de ce faire, -
afin que par 'trop continuer voz larmes, ne ſoyez
veu: pertreublcz de ſ6 amyrÏieEuieuk-…detſabeam_
- titudefl voulais' Æeſiſter a- la \diſpoſition _du Crea-a
teunduquel- pourcplus facilement acquerir la gta- '
' celzquîe -ne regar ez vous a ce que noſtre Roy
- - r
Fricuiszâ-"mairutenit-gzaignéxle- H le
,HLG
O'RÏëA':'I-:S_LOîNÏ' -
&él-tea iamais-immortelê neœÏuerjtiiſÎZ-_sioue
'voz penſées 'au Roy Henry ;ſon 'ſilzgſi-xcellentïen
toutes eſpeces de louenge? non- caſſé_',-ny debilitë
par- vieilleſſemon voilage 'nypleins dp la leger-eté'
dezieuneflezpaîrquoy n'aue-z a- craindre [Cul luyziai
m euaſſe de Salon1onLD'autit quenoſtre-dict Roy
eſt en- aage de regnengarny de bône 'volôt-é,ſa'ge,
&a biédoué de toutes les bônespatticulatiteztlu
corps &de l'eſprit,pour adminiſtrer toutes choſes-
'ſelon le deuolrzineſmes cômeauez côgneuîdeuit-
qu'il entraſt en ſadminiſtration du Royaume,rê-z
ply de ſi grid'attrépice,moderatió,dcuotion 'en-
uersDierubóne affection a ſon pays,& a-Îſonpeu
ple, amoufcordiale _en uers la Royne ſafëmgſes
enlans,Îfreres,sſeu'rs', 6c madamela Douairierefi
belle mere: puis par la biê veuillicequïla porté a-
tous ceulx qui ſuyuét les bône-s lettresdàuili 'cer
tes l’au ez facilemét
fondemés peuarecógnoiſtre
qu'il a iettez parIjegriczſicaf
ſerrée de ſon les _bons

a ceſt heureux' aduenem'ent- iliamonſtré des actes


parzlelqueîlz touîtesgens 'de biêzpeuuét äuuir ttefi;
perfecteîeſperice- de ſa -perſoſinntät:-äïſideríé u'auit
toute oeuure -il a choyſi deshommes louab es pae
braint'esbelles- experiéces-fleu riſtans- en- prudent-ic,
auctorité-,äerb-ut-es' manieres de doctrinqpour
l s'en -ſeruir en ſon conſeil priué, 8c leur a-donpê- Ia
ſuperintendêce de toutes choſes,aux vos des Edzñ_r
'cleſiaſtiques,'&aux'autre_s des CiuilesHÆil-_ſoit
ainſi,
~~

-EVNJE"B-R El - 30
Sutil-Logs] hôme ignore - monſeigneur de ' Mont-
motency Cóneſtable de France, auoir des 'ſa pre
naiereieuneſſe eſté côtinuellement norry 6c en
tretenu 'aux affaires côcernis la paix 6c la guerre,
enquoy comme vn bon 8c ſage' Patron de nauire,
4 çombienque les choſes a ét eſté quelque fois en'
-gros trouble ôc têpeſte, il n'a iamais'failly a tenir
_droit le gouuernailzQii ne ſait que cóme tresbien
'il entêd tous les poinctz neceſläires a Yentretene
ment dela paix 8c bône triquilité publiquezainſi
quand il eſt beſoing-,con noiſt 8c met_ a execution
toutes les ruzes cóuenab es a la guette? W n'ap
percoit la gride conſtice de 'cueur iriuinciblej qu'il
_a gardeé, quand Fortune 'luy a-'cuydé 'chiger ſon
beau viſage? ne ëeſmerucille dela ſubtilité
de ſó eſprita preuoir: les choſes aduenir,de ſa fcli
citéa les executenôcde ſó auctoritéſinguliere en
uers' tous et&bonſiluoir
la doctrine en tous affairesëAljnevoit clairemêt
en toutes-haultſies ſciéces,
-Iegr-id vſælge- entoutesdoulceur
ſticc incorruptſiible,ôc'la occur-têtes, Fequité delu
incôparable(qui
n'eſt-pas;petit ornemétde -tit de biê's)qui ſont en
móſeigneurlîricois() liuierchicellier deFrice,tit
du -regne dufeu Rſoyſque duÏpreſentïÆel hôme
pourroit 'ignorer la louable inſtitutió'atlx' bós artz
16C ſtíêces, que-monſeigneur Charlesde 'lorraine
treſilluſtttſA
pluſieurs_ rcheueſque
perſónàges de Reingarapportée
docteseſit de
-bié moriginefz,q ont

l
HORMAlSON - p y
eſté ſes precepteurs',ſa -ſtudietuſe.' adoleſtîencefiSc-ſa -
ieuneſſe en 'tout bien confirmée par la cótinuelle 4
frequétatiô de maintz hômes vertueux 8c graues,
-tellement qu'il eſt capable de manier tous affaires
\ de quelque grande importance qkuîlzpuiſſe-ntie- l
ſtrez' dapperceoit le beau' lu re de ſes meurs Ÿ
' 'plus reſplêdi antrque la neige au Soleil,la: mode- l
ſtie de lon courage, l'heureuſe facilité de' ſon --enî
têdeménſon bô zele enuers noſtre religionChre
ſtienne,l'ardante amour qu'il porte auxrlettres,ôc
_la nobleſſe de ſon ſang dont il n'eſt beſhing que' ie
parle? Mais q n e veoit aumoins s'il n'eſt aueugle
ou' chargé de veue bié troublée,quelz _autres gra
ues
que 6c
dſietreſprudêtz
éôurtemoſſteerſonnages,tit
nouueau Royde robelôgue
a ſeu mettre
'en' ce nombre ſi? le ne veuil pas auſsi taire , meſ
-ſeigneurs les reueredilsimesCirdinaulxfinguliers
8c recômidables, tant a raiſon de leur abondante
… -doctrine, que pour pluſieurs beaux actes treslieu
Îreuſemêt mis afin, a Foccaſiô de quoy ilz ſont em
'ployez aux 'grans affairesnô en ce pays ieulîemêt,
ains en autres nations eſtranges 2 A la verité c'eſt _ i
!uerné
-ſigneſique
. mais
ce Royaume-doit
encores -les choſes
eſtre qui
biê re
engſtlyuent,
- 8c gou i

prouiénét de ceſte meſme fontaine. C'eſt qu'afin


'que par lamort du pere les lettres ne receuſſent
trop griéue perte , ou ne fleuriſſent moins quela
'Iuſtice 8c le 'gouuernement de la police , noſtre
Roy
EVNEDRH M
Roy Henry ~ſuyuant ;Fexéple-de- ſon- pere, lesa de
rechefmiſes enla protectió de môſieur l'Eue'ſq ue
deMaſcon,& luy a commandé -eſtre leur gardien
-84 côduótcurzn]cſmes_ deîprêdre la ſuperintédécfe
de ſes lecteulîszvoulant qu'il preſidc cômcfflvnau:
tre Apollon la côgregation des Muſes. t d'ani
tage a oſté de ſa_ court toutes les -choſes -que lon
_eſtime auoir Puiſſance- de cor-rompre ;les _bonnes
rneurs,ôc totallemêtamollir les couragesdes-hó-j
rncs.Il a retrenché- la tierce partie des tailles , im-
poſitiongôc crues,qui auoient aux années paſſées
eſtémiſes
res: ſus, our ſubuenir
aboly lescſtcinäes aux- fraiz--des
, dont_ pour gum,,
telle neceſsſiité
cſtoient chargez tous ceulxqui tiennent benefi
ceszremis'ôc reinteígré tousſesſubgectz aux- an
ciés vſages dont ilz- ouloient iouyrztant en; boys,
foreſtz, que paſtiz-: ô( auſsi deſia-donné a entêdre
qu'il veult qäe les petſonnagesayis par trop de di
gnitez 8c o ces , 8c ne pouuans -ſatiiïaire a tout,
e deſm ettent de celles que bon leur ſemblenaz;
ſans deſormais prendre plus de charge que tant
_qu'ilz en pourront cómodemêt porter. (Æiplus
eſt,encores eſt il auiourdhuy gridem-ent occupé
auec meſſeigneursde ſon cóſeihpour remettre 6C
_-;reſtit_u-er_ en leur entier _les trois prineipaulx nerfz
' Royaumes &Republiquesz aſauoir la Re.
ligiQm-la Iuſtice- ordinaire, 6c ;le faict dcla guett
- leſquelz par_
- la _lieeticzej effienée du 'temps
H iii
-:- ORAÎS“O’N

ſohta preſent' 'niis' hors de lieu, deprauez,& gran


demêt corrom uz,choſe aquoy par cy deuant ſon
feu 'pere auoit onne intention de 'tenir la main
debíen PreSLEn contéplant donques ce nouueau
Roy 'qui eſt la vraye 8c viue image de ſon proge
niteunappaiſez laFriéue amertume que vous a
uez* concîeue ar on treſpas : touteffois retenant
Our jamais a ſouuenice en voz cu eurs,obſeruez
ſcsiſainctes inſtitutiósxonioignez les lettres auec
bon zele 8c purité de foy,puis en vous eſiouyflant
de ce quïläeſtreceu entre les ordres des eſpritz
a-ngeliquesme prenez titgarde a la perte extreme
uevous auez faicte,qu'au grid bien ui vous eſt
demoureRepoſez vous au gyron de on ſilz, ay
mez le, honorez le,& le ſeruez loyallemënen pri
ant Dieu îtout-puiilänt tout -bon, qu'il-luy face
la grace 'de pouoir' accomplir toutes ſes louables
entrepriſesdeſquelles concernent ſinguliermét le
proſſit_ &_-vtilírré de _tous les eſtatzde ſon Rpyau
me.- ïdz:: ;. - - - _
31'-: ; “ Gif… EZIÏN, a a - -

Iî-Lmenciatíoti's--.k'e-uil_lezlcſi-4a.îi1' î né 'ió-.Etſiquít
v -.ng-ic
iàattendu queafçuíllet 7j.-b-.rſtg.1z_.-hôme_ _craígnít
qu'il neſe'- :i 38'.‘l_ig.ñt5z.-a-içeulxgfeuillet 1:o'.ſib.lig.2.-4__.
quiioua tlepfelgaijlig.rfflſonïbagagegkeuillet'zg.b.liñ
gn-arnneceſifsitéëôt-deſtínée dela n1ort-,&.' -
'HL ’
Z3'

Dizain ſurIan
ſi' par le treſpas
Martindu. Roy
'l')'î--i’- r* al:fjſî O … 7:1- - -(5 ' . -
Contentez vous Rqyggsjcîgrjans L ces antiques
De tous ſiecles,pays langages iuers,
D'auoir iuſqiſapreſent par autheurs autentiques
Eſté
Il perp_-e:tuez3cDP1Î9ſÇS'
fault &en vers. -r-_ l' - ;J. i
que -CIeſi-n1Ît)Ï_trjr'ezdÎcſdublian'_cetunnel-s;A
Ou que dbrenauanzt voſtre renom'ſecond'eſ j -ſi '- r
Celluy
Des du Roy,qui
ligues âtousles
ét_ d_ſies'ſart-t-zſi,dót treſors
noſtre ouuers
-Eîiiroſi' _-zz
eabódqä
C'eſt
Le Francois
premier des 'qui ſci-zi toſuſióui'S cu_
preſimiers,-&'l'vnique p
- -
i… -\_-I ': Zi' L1- i) -J-

-' 'TPI U'- if” "- -:-")'-l-


P. -Dat 1V. E.' D.: r
Laiſſez le deûiLoſtez ce veſtement
D e noir 0bſcur,Francois eſt en clarté,
De bas en hault,de terre au firmament:
De trouble en ioye 8c repos eſt monté.
Ses faictz,ſes dictz,ſon lauoir,ſa bonté,
Luy ont aquis loire perpétuelle.
En ſes enfans ſe?vie re-nouuelle;
La mort le rend mieulxïviuant 6c -plusfort.
Il a' receudeDieu viefimmorutelle: '
W vit ainſi pourrait il-eIh'e_-iÎXQrtIi
pff-À'-

_ l _Epitaphe du Roy Francois premier " î


*-' '_ de cenoinrpai" Iaques" ''
ſ !f jj-Peletierdu Métis)- j ë '

LeCe
Roy'i²1"aticois-cl-esſFrſancois'
marbreen peu d'eſpace ouuerneur,
ſerre "
' Premierr du _ nomenlirancç'äc
_ ſeulen' terre '
Demaieſtéſäc de Royalhonneur. '- - '
Yqÿamîqüſ PlusïñoſifèîliüñîañífêA
quiäſuît deſes races donneurſ"
ſiL-ſi
\

N'a-p'par'teno1tſigrancſfelicité,' ' " "'""’' ' *d'1


L a retiré,n'en laiſſànt -que l'exemple
Pourtraict au vif pit Blmniortalité,
Afin qu'en luy chacun; Roÿiíe contemple.
r- - - - fi
":73 \ - q -
d' l-'ÏL]_' -n -- dll'- d--- -

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(JMDÀJLS- -…-…---'----:--:'
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a-JIJU--Àſî\ſ---ſii-Ü)
"Uprr z ſ-:I -'…---'''»-s- HI”-
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de… zr'-,ſ(»‘4ll—--''- U--h--ui- J-.
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&m1 s vain-aduis 'f1 'Dci t'il-Î-: 3- x _LL-L) -


staaisbih-noshex
Mùncn -
I
1…*

Epitaphe du Roy Francois premier ' _


a 'À ' ' ffï -fflfPeletier--
de_ 'ce nomapai"
du Mäins.-
laques'-

LeCe riche marbreen


RóyſiFrancois peu d'eſpace
desj'lîrancois ſerre
ouu'e'_i_-ne_ur,'
- Prerrííer' du noinetrFrancegisc ſeul en terre' '
Demaieſtéſi & de oyalhonneur; '- '
Ie 'Cielfflquigyfut de ſes races dlonneur, " ' a ' 'ct-
qÿafifqll] plusano 're''l1"'t'ii11-;1in'ité'L' 'f
N' appartenoit ſi grand' felieitéffl ' ' "
L'a retiré,n'en laiflant -que l'exemple -.æ—— -_ .A_

Pourtraict au vif par lílrnniortalité,


Afin qu'en luy chacun; Roÿíſe contemple.
4- … I
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Sîaatsblb-iêothek
Mur-cv '
p i-- in

pitaphe du Roy Francois premier ſi l - _


-'-‘ - de cenomrparlaques"
ſ Ÿffljléeletierdu Mans… j ' -

Ce marbreen Peu d'eſpace ſerre ' '


Le RoyffaticoisdesſFrancois
- Premier du nointîſiri' FranceJiSc ouuerneur,
Demaieſté_
'
8c dedeſes
R oyalhonneur.
' _
-' - " ' --'
icuióùæcærc' -
Leíſiclflquíëſuſit 'races donneur,
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N'appar-teno1tplus;
L'a retiré,n'en 1h01?que
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Mur-cr '
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pitaphe du Roy Francois Premier - g-


\': "' ' ' de ce nom. par' Iaquesſ
_- r ‘ fPeletier du Mans.-

LeCe marbreen
Roy Francois peu d'eſpace
d'eslfrancois \etre -
ouueineur,
- Premier du' nomenſilitanceſôc_ jeul en terre' '
Demaieſté_ ë& de Rſioyalhonneur. ' a
Ï-ſiſiëCÈÊ1ŸäuífiſPÏdC-ſÊS Éccë dîon; cbr, -- a
plus
N'a'ppart-eno1tſi grand' félicité, 'ſi ë 'î ' " "' ’ - ' ''' -
L'a retiré,n'en laiſiänt que l'exemple '' '}
Pourtraict au vif par lilrnnîiortalité,
Afin qu'en luy chacunLRoÿde contemple.
à ſ- 1 p ' ' ''ï
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