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CULTURE DU MACABO

A- Généralités

A-1- Description

Le macabo ou Xanthosoma sagittifolium est une plante monocotylédone


appartenant à la famille des Araceae. Aisément reconnaissables à ses immenses
feuilles subcordiformes et longuement pétiolées, cette plante rhizomateuse (à tige
souterraine) peut atteindre une hauteur de 2m. La partie aérienne de la plante se
meurt au bout d’un an. Ce sont les cormes (tubercules) qui assurent le caractère
pérenne de la plante.Le tubercule de macabo a une longueur d’environ 15 à 25 cm,
est plus large vers l’apex (côté tourné vers le sol). Les tubercules latéraux sont
produits par quantités de 10 ou plus (d’après ONWUEME, 1978 et
PURSEGLOVE, 1985).
Généralement, chez le macabo, on a un tubercule dominant appelé « corme »
entouré de quelques petits tubercules ou « cormel ».

On retrouvera deux variétés de macabo dans le champ divisé en deux parcelles


: le macabo rouge et le macabo blanc

A-2- Exigences écologiques

Le macabo exige un climat chaud et relativement humide. Il préfère des


températures moyennes supérieures à 21°C et des températures minimales ne
descendant pas en dessous de 10°C. La photosynthèse est optimale entre 25 et
29°C. Une pluviométrie annuelle d’environ 1500 à 2000 mm est nécessaire pour
une bonne croissance.

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Une culture de macabo a besoin d’un sol léger, sablo-argileux, riche,
profond, bien ameubli, avec une nappe phréatiques peu profonde et un pH se situant
de préférence entre 5,5 et 6,5. Le macabo se plait à l’ombre et est souvent cultivé
sous bananiers.

B- Techniques et systèmes de production

B-1- Techniques de production

B-1-1- Mode de reproduction

Le macabo se propage par voie végétative à partir des bourgeons latéraux


formés au bas de la tige, plus ou moins développée en plantules ou par des
bourgeons terminaux de la partie supérieure du tubercule, par des fragments des
rhizomes et également par des tubercules entiers. La multiplication se fait le plus
généralement à partir des petits tubercules ou, mieux, de portions apicales de gros
tubercules récoltés à maturité. La segmentation des plançons comme pour l’igname
est possible. Dans les situations où la saison de culture n’est guère interrompue par
une période de sécheresse, la plantation de Xanthosoma peut également se faire au
moyen de rejets. A cet effet, on peut établir une parcelle de multiplication en zone
humide permanente.

Il existe une corrélation positive directe entre le poids de la propagule et le


rendement final (CABURET et al. 2007). Il faut utiliser des tubercules pesant au
moins 150 g chacun comme boutures.

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B-1-2- Préparation des semenceaux

Avant la mise en place, dans le but de protéger les semenceaux contre la


maladie de pourriture molle (Phytophthora spp.) et d’autres maladies fongiques,
les semences seront traitées comme suit:

 sécher pendant 24 heures au soleil ;


 tremper dans une solution insecticide-fongicide puis en séché 1 heure avant
d’être semer : Les semenceaux seront immergés, pendant 2 à 3 minutes dans
une suspension d’Aliette à 3 g/L d’eau ou dans un mélange de Ridomil Gold
MZ 68 (2 g/L) et de Benlate 50% (1 g/L d’eau). Laisser sécher à l’air avant
de planter.

La densité pour un hectare étant de 10.000 pieds et prévoir en moyenne 1500 kg


soit 15 sacs de 100 kg de semence.

B-1-3- Préparation du sol et semis

La préparation du sol sera faite par le défrichage de la bananeraie. Il est


recommandé de planter en début de saison des pluies (février, mars) mais
l’absence de dormance permet en fait un semi à tout moment. Le semi sera fait
dans des trous de 10 cm à 30 cm de profondeur, la partie supérieure du semenceau
portant des bourgeons sera orientée vers la surface.

La densité de semi sera 1m x 1m (soit environ 10 000 pieds/ha).

B-2- Systèmes de production

Le macabo sera cultivé en association avec le bananier plantain qui est déjà sur
place et en production. Cette association a toujours produits de bon rendement.

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C- Cycle de développement

Le cycle de développement complet du macabo est généralement de 5 à


12 mois. Le cycle de développement de Xanthosoma sagittifolium peut être
découpé en trois phases:

La phase d’installation

Elle correspond à la période allant de la plantation à l’apparition des


premières feuilles. C’est la période zéro du cycle.

Phase de développement végétatif

Elle est caractérisée par la formation et le développement des racines et des cormes.
Elle est aussi marquée par un renouvellement des feuilles et une possible floraison.
En effet, la formation et le développement des racines commencent quelques jours
après la phase d’installation suivie du rapide développement des jeunes pousses.
Jusqu’à la maturité, pendant que les premières feuilles jaunissent et tombent,
apparaissent de nouvelles feuilles. Le rythme de renouvellement des feuilles
dépend des facteurs climatiques et du stade de développement de la plante.
Il est très ralenti à l’approche de la maturité. La formation de la corme principale
commence environ trois mois après l’installation et la formation des cormels suit
immédiatement celle de la corme principale

Phase de maturation

Au cours de cette phase, il y a réduction du nombre total de feuilles par


plante, diminution de la longueur des pétioles, ralentissement du développement
des jeunes pousses et le grossissement des cormes. Ainsi, le développement de
l’appareil aérien ralentit au profit de celui des cormes. Lorsque les conditions du

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milieu deviennent difficiles, le développement des jeunes pousses diminue et les
cormes permettent à la plante de résister. La récolte peu commencé à avoir lieu au
moment où les feuilles commencent à flétrir et à se dessécher.

D- Approches et méthodologies de gestion

D-1- Entretien du macabo

Il se limite à un désherbage, chimique ou manuel, pendant les trois premiers


mois du cycle. Un ou deux sarclages constituent, jusqu’à la récolte, les seules soins
que réclament cette culture qui couvrent rapidement et totalement le sol de par ses
larges canopées

Il est nécessaire d’éviter de blesser les jeunes tubercules pendant le sarclage.

D-2- Protection de la culture

D-2-1- Ravageurs et leurs contrôles

Le macabo est peu sujet à l’attaque des ravageurs. Les espèces qui peuvent
causer des dégâts importants sont les suivantes : Pucerons (Aphis gossypii),
Chenilles (Spodoptera littoralis), Cochenilles (Planoc coccuscitri). On obtient un
contrôle efficace de ces ravageurs en ayant recours à des pulvérisations
d’insecticides tels que Decis 2.5 EC à une dose de 0.5 mL/L d’eau. Délai d’emploi:
3 jours

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D-2-2- Maladies et leurs contrôles

Les maladies les plus importantes qui affectent le macabo sont:

- Divers Pythium spp. peuvent provoquer des pourritures des tubercules.


L’emploi de fongicides systémiques telles que le metaxyl permet de
contrôler le tannia decline causé par le champignon du sol Pythium
myriotylum répandu surtout sur les sols hydromorphes. Pour réduire leur
gravité, il est conseillé d’effectuer des plantations sur billons et d’appliquer
des quantités importantes de matières organiques. (Cependant le risque
d’avoir une attaque de ce champignon est négligeable, car nos sols ne sont pas
hydromorphe.)
- La pourriture racinaire : c’est la maladie la plus importante qui affecte le
macabo, est On la prévient en évitant de cultiver le macabo plusieurs fois
successivement dans la même parcelle, et en utilisant les semences saines
traitées au préalable avec une solution fongicide/insecticide avant de semer.
- Le Dasheen Mosaic Virus (DMV) transmis par les pucerons déprime les
rendements. Il convient d’assainir les cultures dès l’apparition des premiers
symptômes par l’arrachage des plants infectés.

D-3- Récolte et arrachage

La récolte s’effectue de préférence en saison sèche ou par temps sec A ce


moment-là, la plupart des racines sont mortes et il est très facile d’arracher les
tubercules. En cas de pluie après maturité, ou si l’on retarde trop la récolte, de
nouvelles racines se développent au détriment des tubercules (phénomène accentué
chez le macabo blanc), et parfois il y’ a des repousses, ce qui complique la récolte,
le risque de pourritures est là encore élevé.

Cette récolte doit avoir lieu à la maturité complète, lorsque les feuilles les
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plus âgées dépérissent (dès que les canopées commencent à flétrir et à sécher). Des
récoltes tardives donnent des cormes plus développées (CABURET et al. 2007).
Elle se fait en ouvrant le sol auprès de la plante et en prospectant les cormes bien
développées, que l’on détache de la plante-mère par arrachage à la main de
préférence car l’utilisation des outils augmente le risque de blessure. La plante sera
totalement arrachée et la semence conservée. On laisse les jeunes tubercules se
développer avant nouvelle récolte, elle peut se dérouler de façon échelonnée, à
intervalles de trois semaines au moins. En fait, l’élément principal qui a servi de
plante-mère et qui a durci, est rarement récolté. Les nombreuses variétés cultivées
nécessitent une période de végétation de 6 à 12 mois.

Les blessures sont à éviter au maximum, car ces dégâts constituent des pertes
résultant de l’accentuation de phénomènes physiologiques ou de l’infection par des
agents pathogènes.

Sur 1 hectare de macabo, on peut récolter plus de 15 tonnes (150 sacs) de


gros macabo destinés à la consommation, et environ 3 tonnes (30 sacs) de petits
tubercules utilisés ou vendus comme semenceaux.

D-4- Stockage
La conservation des tubercules de macabo est plus aisée avec précautions
spéciales, néanmoins la moitié de la récolte peut déjà être perdue au bout d’une
semaine à un mois si elle est négligée. Les tubercules brisés, blessés, rongés ou
pourris sont identifiés et éliminés, ceux qui sont trop petits ou immatures sont
remis en terre pour préparer les semences. Il faut également éliminer tous les
débris étrangers (cailloux, morceaux de tiges, boue ou terre sur tubercule etc.).
Les tubercules de macabo récoltés pour la commercialisation seront
entassés sous des arbres à l’abri du soleil, attendant leur conditionnement dans
des sacs. Le conditionnement dans des sacs ne doit se faire qu’à l’approche de

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l’évacuation, car le processus de désagrégation du macabo s’accélère rapidement
dans des sacs.
Le moment d’évacuation venu, les tubercules sont transportés dans des
sacs. Il va de soi qu’une délicatesse s’impose pendant le chargement, le transport
et le déchargement afin de réduire les blessures des tubercules au minimum
absolu.
En cas de retard prolongé de l’acheteur, on utilisera la méthode de conservation
suivante : Etaler les tubercules en couches minces dans un local bien aéré, bien
ventilé, sec, sans chaleur, en faisant attention aux rongeurs

ESSO AUBIN T.
Cameroun
Email : aubin864@yahoo.fr
Tél: +237693311677

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