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SOMMAIRE

INTRODUCTION ............................................................................................... Erreur ! Signet non défini.


I. DEFINITION DES TERMES ..................................................................... Erreur ! Signet non défini.
II. LA GEOPOLITIQUE DU FOOTBALL ........................................................ Erreur ! Signet non défini.
A. ROLE DE LA GEOPOLITIQUE DU SPORT .......................................... Erreur ! Signet non défini.
B. HIERARCHISATION POLITIQUE DANS LE SPORT .................................. Erreur ! Signet non défini.
III. GEOPOLITIQUE ................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
IV. L’IMPACT DE LA GEOPOLITIQUE DU SPORT .................................... Erreur ! Signet non défini.
V. IMPORTANCE DE LA GEOPOLITIQUE DU FOOTBALL ........................... Erreur ! Signet non défini.
CONCLUSION ................................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
INTRODUCTION

L’histoire du football rend compte de la naissance et de l’évolution du football ‘ un sport


collectif né au 20e siècle en grande Bretagne et devenu au siècle suivant le plus populaire au
monde ‘ les racines que partagent ce sport avec d’autres jeux de football remonte au moyen
âge.

Inventé par CHARLES MACINTOSH AND COMPANY vers 1860, elle met au point un
ballon fait d’une vessie de caoutchouc que recouvrent huit panneaux de cuir, cette enveloppe
est fermée par un lacet. Ce sont donc les anglais qui ont donc fixés les dimensions du terrain
et des buts le nombre de joueurs.

Le jeu de balle au pieds existe depuis l’antiquité, le football trouve ses racines réelles dans la
soule médiévale. Ce jeu sportif est pratiqué dans les écoles et universités mais aussi par le
peuple des deux côtés de la manche.

Alors les britanniques codifient et organisent le football en s’inspirent des exemples du cricket
et du basketball ces deux sports collectifs étant déjà structurés avant l’émergence du football

I. DEFINITION DES TERMES

1. La Géopolitique
La géopolitique est l’étude des effets de géographie sur la politique internationale et les
relations internationales c’est une des méthodes d’étude de la politique étrangère pour
comprendre, expliqué et prédire le comportement politique international a travers les variables
géographiques.

2. Le sport
Activité physique visant à améliorer sa condition physique ; ensemble des exercices
physiques se présentant sous forme de jeux individuels ou collectifs, donnant généralement
lieu à compétition, pratiqués en observant certaines règles précises

3. Le Football
Le football est un sport collectif joué entre deux équipes de onze joueurs avec un ballon
sphérique appelé soccer en Amérique du nord, il est pratiqué par 250 millions de joueurs dans
le monde dans plus de 200 pays ce qui en fait le sport le plus populaire du monde.
4. Les différents types de football

Le succès mondial du football, appelé aussi SOOCCER, a donné naissance à différents types
de jeux de football. Beaucoup ont eu du mal à sortir du terrain d’entrainement mais certains
styles de football ont atteint un niveau de succès surprenant menant à la formation
d’association officielles et à leur propre compétition de la coupe du monde alors quels sont les
différents types de football.

*LE JORKYBALL n’est pas très diffèrent du football standard dans la façon dont il est joué.
Les joueurs doivent utiliser leurs pieds pour marquer des buts à leurs adversaires et l’équipe
qui marque plus de but gagne.

*LE CYCLE BALL ce sport a été développé pour la première fois en 1893 Edward
Kaufmann, ce sport implique deux équipes de deux joueurs qui doivent rouler sur un vélo a
pignon fixe,

*LE FOOTBALL A ROULETTES ce sport a été pratiqué dès le 20e siècle, le premier match
enregistré a eu lieu entre DERBY et BURTON ALBION le 30 janvier 1882 c’est un football
d’intérieur joué par deux équipes de 5 sur des patins a roulette

*LE FOOTBALL DES MARAIS deux mi-temps deux équipes deux buts et un ballon, ce type
de football se joue sur un marécage plutôt que sur un terrain en herbe …

La liste des différents types de football n’est pas exhaustive nous en avons en quantité
pléthorique nous pouvons donc citer entre autre le FOOTBALL AMERICAIN , LE
FOOTBALL GAELIQUE , LE FUTSAL , LE FOOTBALL COOPERATIF , LE CECIFOOT

Nous ne prendrons que ceux-ci pour ne pas être très long dans le listing.
II. LA GEOPOLITIQUE DU FOOTBALL

A. ROLE DE LA GEOPOLITIQUE DU SPORT

La géopolitique du sport est une branche de la science politique qui étudie les implications
géopolitiques du sport.

Le sport étant un important marqueur de hiérarchie sociale et politique il a ainsi dans histoire
permis de visualiser la hiérarchie et les conflits entre la grande puissance. Les jeux
olympiques en sont certainement le plus important exemple. En football la géopolitique
concerne des relations internationales induites par la pratique de ce sport et notamment la
désignation des villes et pays accueillant des compétitions de ce sport collectif.

B. HIERARCHISATION POLITIQUE DANS LE SPORT

1. L’ère coloniale

Avant 1945 moins d’une dizaine de pays se partagent les médailles des jeux olympiques ce
sont entre autre les pays de l’union européenne …

L’organisation est aussi importante ainsi le choix de Berlin pour les jeux olympiques de 1936
illustrera son retour sur la scène mondiale sportive

2. pendant la guerre froide

Ensuite, dès 1952 un duopole américano soviétique se met en place : les deux pays vont
jusqu’à remporter plus de 50% des médailles.

Ainsi dès sa deuxième participation en 1956 l’URSS passe devant les états unis avec 37
médailles d’or contre 32.

3. Les boycotts
La période est aussi marquée par de nombreux boycotts qui illustrent des tensions
interétatiques : en 1956 l’Egypte, l’Irak et le Liban ont boycotté les jeux de Melbourne pour
protester contre l’occupation franco-anglo-israelienne du canal de suez tandis que l’Espagne
de Franco et la suisse faisaient de même pour dénoncer l’intervention soviétique en Hongrie.

L’Edition de 1976 se fit sans la participation des nations africaines, mécontentes de n’avoir pu
obtenir l’exclusion de la Nouvelle-Zélande, qui s’était rendue coupable d’avoir envoyé une
équipe de rugby dans l’Afrique du sud de l’apartheid. On se souviens aussi de la mobilisation
organisé par les USA contre les jeux de MOSCOU en 1980 pour protester contre l’invasion de
l’Afghanistan et qui a privé l’union soviétique de la reconnaissance internationale à laquelle
elle aspirait. En revanche en organisant le boycottage des jeux de los Angeles en 1984, ne sera
suivi que par douze pays communistes ce qui constitua un échec

4. Actuellement

À l’heure actuelle, le sport voit l’émergence de nombreux pays en développement tel que la
chine à l’image de la victoire de LIU XIANG zen 110 m haies en 2004.

Ainsi aux jeux olympiques d’Athènes en 2004, la chine a totalisé 63 médailles dont 3 en or, ce
qui l’a placée en deuxième position dans le bateau des médailles.

Il a fallu attendre 1964 pour voir un pays non occidental organiser les JO : le japon, ce qui
incarne d’ailleurs une vitrine du « miracle japonais », puis la Corée du sud en 1988 et la
chine en 2008.

III. GEOPOLITIQUE
1. vecteur d’influence extérieure

Le fait que le baseball soit devenu un sport très populaire au japon dans les 1950 est peut être
un des plus forts exemples de l’importance américaine sur le pays.

De même l’importance du cricket ou du rugby dans les anciens pays anglo-saxons est
marquante notamment dans les pays du golfe.

C’est aussi l’exemple du football en Afrique importée par le colonisateur, cette influence se
faisant toujours sentir par les célébrissimes entraineurs de football tels que FEU HENRI
MICHEL (entraineur de la CIV) ROGER LEMERRE (TUNISIE) CLAUDE LEROY
(GHANA)…

2. vecteur de nationalisme
Des nationalismes « doux » tout d’abord : ainsi lors du tournoi des six nations, le royaume uni
devient l’Ecosse, l’Angleterre le pays de galles et l’Irlande du sud et du nord se réunifient.

Au football aussi les clubs basques ne font jouer que des joueurs basques ; d’ailleurs en
Espagne, certains joueurs refusent de représenter l’équipe du fait de leur attachement a leur
nation.

C’est ainsi que le défenseur catalan du FC Barcelone OLEGUER PRESAS refuse


systématiquement la sélection en équipe nationale.
Les évènements sportifs sont aussi ceux les plus suivi médiatiquement, ainsi une finale de
coupe du monde rassemble plus de 20 millions de téléspectateurs en France et lorsque c’est la
victoire elle montre une véritable unité patriotique.

Les sociologues NORBERT ELIAS et ERIC DUNNUNG l’ont remarqué « au niveau


international, des manifestations sportives comme les jeux olympiques ou la coupe du monde
de football constituent de manière visible et régulière la seule occasion d’union pour les Etats
en temps de paix ».

Mais outre ce constat évident, il y a de magnifiques symboles : ainsi l’Irlande du nord et du


sud ne forment qu’une équipe en Rugby ; en 2000 aux JO de Sydney, Corée du sud et du nord
défilent sous le même drapeau ; un sport qui devient emblème de paix et de réconciliation.

Enfin pour un exemple plus récent, on peut évoquer le footballeur Ivoirien DIDIER
DROGBA qui vint en côte d’ivoire pour célébrer la réconciliation nationale et rendit visite
aux deux factions rivales tout en présentant à la foule son trophée de meilleur joueur africain.

Le sport peut aussi être catalyseur de tension plus forte : ainsi en 2004 à la suite de la finale
chine japon de la coupe d’Asie, des émeutes antijaponaises ont éclaté de manière violente ne
faisant qu’ajouter de l’incompréhension au malaise ambiant entre les deux états.

3. vecteur de division interne

Les tensions intra étatiques ont pu être mises en valeur lors de grands évènements sportifs :

Aux jeux de 1968 à la finale du 200 mètres les deux américains Tommie Smith et John Carlos
respectivement 1er et 3e, sur le podium, lèvent le poing et détournent leur regard du drapeau
américain en contestation du sort réservé aux noirs aux États-Unis

IV. L’IMPACT DE LA GEOPOLITIQUE DU SPORT

1. Le sport comme un outil géopolitique au service des puissances


contemporaines (Vincent Gaubert)

De la guerre froide et ses boycotts olympiques au lobbying pour obtenir l’attribution des
mega-evenements, il arrive régulièrement que les agendas politiques et sportifs se confondent.

De ce point de vue les contributions de pascal boniface ont permis de mettre en évidence cette
collusion d’intérêts et d’envisager le sport comme contributeur de puissance, façonneur d’un
ordre mondial particulier.
En dépit de cette filiation théorique directe, perspectible jusqu’à son titre, l’ouvrage de JEAN
BAPTISTE GUEGAN renvoi plus spontanément à l’atlas du sport mondial de Loic ravenel ,
pascal gillon et frederic grosjean, qui constituent les véritables prémices illustrées,
cartographiées de la présente contribution.

La complémentarité entre les deux travaux est manifeste, quant à leur volonté d’exposer les
raccordements du sport aux autres branches de la société : l’économie la culture la politique
ou encore la religion.

Les propos introductifs de même que le premier chapitre de géopolitique du sport font
d’ailleurs écho au titre secondaire de cet atlas – business et spectacle : l’idéal sportif en jeu
puisque l’historien et journaliste investit le sport a travers sa démesuré économique et
médiatique à la fois perçue positivement comme négativement.

Ce premier chapitre attendu dans les sciences qui traitent du sport, ne fournit pas d’apports
majeurs et se présente comme une synthèse des principaux sports en matière de pratiquants,
d’audience et de recettes.

A l’issu de ce catalogue de pratiques ou rares sont les paragraphes sans chiffres, guegan
produit une liste d’organisation de gouvernance, de prise e position de politiques de
développement, des stratégies d’innovation, permettant une autre explication du monde

Apres avoir retracé la naissance des sports, le second chapitre marque un véritable
changement de cap avec une approche qui devient nettement plus géographique par l’analyse
de leur diffusion.

De fait, les principaux travaux et apports des géographes du sport sont reformulés et
réactualisés.

Enfin le 3e chapitre constitue à l’évidence le cœur du travail.

Deux axes le structure : le sport est une compétition entre états, sur le terrain, mais également
en dehors, pour s’approprier ce marché, par l’image, ou le role des puissances extranationales
(entreprise medias et sponsoring) se fait de plus en plus sentir sous la forme d’une large revue
de presse, guegan entreprend un tour du monde des faits marquants de l’histoire sportive
comme de son actualité qui peut parfois dérouter mais qui définit bien in fine une véritable
géopolitique du sport.

Dans sa conclusion, entamée par une référence à une citation de Malraux, où le sport
remplacerait désormais la religion, Guégan multiplie les renvois aux principaux théoriciens
(Mauss, Elias et Dunning) de ce « phénomène social total », véritable « clé de compréhension
du monde » (p. 288).

De ce bilan, on retiendra le segment original sur les « trois travers » (p. 294) qui nuisent au
sport contemporain, preuve supplémentaire, s’il en fallait, de la capacité de Guégan à
examiner le sujet avec minutie et passion y compris en éclairant avec justesse ses faces
sombres.
6 À l’issue de l’ouvrage, on regrettera que certains éléments évoqués le soient à la vitesse
d’un sprint quand on aurait aimé qu’ils le soient à l’allure d’une course de demi-fond. Ainsi,
la quête de modernité ne s’engouffre pas entièrement dans l’exercice de prédiction du « sport
de demain », en particulier sur l’e-sport, bien que mentionné à plusieurs reprises, ou sur les
nouveaux acteurs d’internet, communément rassemblés sous l’acronyme GAFA. L’auteur
ayant parfaitement saisi les contours du sport d’aujourd’hui, nous aurions aimé lire sa
réflexion sur ces enjeux.

Cependant, l’objectif premier de Guégan étant de « […] montrer tout ce que la géopolitique
peut apporter à la compréhension du sport contemporain et de ses rapports de force » (p. 70),
difficile de lui attribuer un quelconque reproche sur ce plan. 7 Sur la forme, on pourra
déplorer la cartographie limitée (six figures), et par moments la présence de passages plus
anecdotiques, où la sportophilie de l’auteur l’entraîne dans un Name doping qui « ronge »
quelque peu l’argumentaire, deux bémols qui ne dévalorisent en rien la qualité globale de
l’ouvrage.

À cet égard, on mettra en exergue de ce minutieux travail de synthèse et de recensement,


l’actualisation des sources et des données (perceptible à travers la bibliographie) de même que
les réflexions personnelles de l’auteur accompagnant l’ensemble, avec des apports
intéressants, notamment sur le sport power.

La centaine d’encadrés valorisant des citations d’universitaires, d’entraîneurs, de sportifs, de


politiques, de journalistes ou d’écrivains, ainsi que ceux définissant les principales notions et
concepts géopolitiques, apportent des éléments de contextualisation utiles pour des non-initiés
et placent clairement cet ouvrage dans une perspective de vulgarisation scientifique.

8 Expliquer le sport, faire comprendre son poids économique, décrypter le monde par le sport
: voilà l’exercice redoutable dans lequel s’est engagé l’auteur. Une sorte de triathlon où il
convient d’être bon partout, comme l’exige ce type d’épreuves combinées. Et par la
polyvalence affichée dans son travail équilibré, Guégan s’y adonne avec succès.

Si cet ouvrage ne se destine pas particulièrement aux spécialistes d’une de ces thématiques,
celles et ceux qui souhaitent s’initier à l’une d’elles y trouveront matière à élargir leurs
connaissances.

2. Le Sport, critère de « PUISSANCE »

Platini, le meilleur joueur de football du monde dans les années 1980 raconte l’anecdote
suivante : « à mon époque quand on te demandait un autographe dans l’avion, tu étais gêné
parce que 97 % des gens demandaient: “c’est qui?” On leur disait “un footballeur” ils faisaient
“Ah”, déçus.

Ils s’attendaient toujours à ce que ce soit un artiste, un acteur de cinéma. À mon époque, le
sportif était de la merde.» Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Kylian Mbappé ou Neymar ne
pourraient pas en dire autant. D’ailleurs, ils ne peuvent pas se montrer en public sans
déclencher une émeute.

Car le sport a pris dans l’espace public du xxi e siècle une place inégalée. On pourrait objecter
que l’instrumentalisation des compétitions sportives pour servir le prestige ou la propagande
d’un pays n’est pas un phénomène nouveau. L’Allemagne nazie n’avait-elle pas utilisé le
pouvoir du sport à l’occasion des J.O. de Berlin de 1936 ? Ou les États-Unis et l’URSS qui
comptaient sur leurs médailles pour prouver la supériorité de leur modèle ? Ou Nelson
Mandela qui, tout juste après la fin de l’apartheid, s’est servi de la Coupe du monde de rugby
pour promouvoir l’unité du pays? 12 Géopolitique du sport Certes, mais la globalisation et
l’importance donnée au sport par les médias ont fait du sport un élément de puissance.

La télévision par satellite a créé un stade dont les capacités d’accueil sont illimitées. Le sport
n’est plus comme à la fin du xix e ou au début du xxe siècle un simple outil dans la
préparation à la fonction combattante. Aujourd’hui, plus encore que les grands écrivains, les
cinéastes ou les acteurs, le champion ou une équipe de sport collectif contribue au prestige
national, au rayonnement d’un pays et à sa notoriété positive. Dans un monde où
l’information est de plus en plus répandue, où les gouvernements ont perdu le monopole
qu’ils exerçaient sur elle, où, à l’exception de la Corée du Nord, toutes les populations ont la
capacité de s’informer, l’exploit sportif est devenu la manière la plus efficace pour susciter
popularité et attractivité.

C’est une démonstration de force, mais perçue comme positive, permettant de conquérir le
cœur et les esprits, d’impressionner l’opinion publique mondiale. C’est l’un des rares
domaines où la suprématie d’un pays ne suscite pas le rejet mais l’admiration. Un nouvel
instrument de puissance Les relations internationales sont avant tout des rapports de
puissance. La puissance représente la capacité d’action des acteurs sur la scène internationale.
Dans les théories classiques, elle est souvent définie comme le moyen d’imposer sa volonté à
un autre acteur.

L’État A plus puissant que l’État B peut contraindre ce dernier à faire ce qu’il n’aurait pas
fait volontairement. le sport, critère de puissance 13 Raymond Aron définit la puissance
comme la capacité de faire, produire ou détruire, ou la capacité d’imposer sa volonté aux
autres1 . L’américain Hans Morgenthau, autre grand auteur classique des relations
internationales, considère que « la politique internationale est, comme toute politique, une
lutte pour le pouvoir.

Quelles que soient ses finalités ultimes, le but immédiat est toujours la puissance. 2 » Ces
critères de puissance sont nombreux et variés. Historiquement, le premier était militaire. Dans
un monde où la guerre était non seulement légale, mais considérée comme un moyen légitime
de relations entre États et où la loi ne l’empêchait pas, la puissance militaire était dès lors la
condition même de la survie. La guerre est aujourd’hui illégale, mais en l’absence d’un réel
système de sécurité collective, les États assurent leur défense par eux-mêmes et/ou avec l’aide
d’un protecteur.

La force armée compte toujours. La fin de la guerre froide n’a pas apporté les «dividendes de
la paix» espérés. Si le risque d’un affrontement global bipolaire n’existe plus, les conflits
restent nombreux. La définition de la puissance militaire a néanmoins changé: ce n’est plus le
nombre de soldats qui fait la force des armées, mais la qualité de leur équipement. Des contre-
exemples existent bien sûr, comme les «guerres de contre insurrection» où la supériorité
militaire ne peut pas grand-chose. Malgré leurs immenses capacités militaires, les États-Unis
n’ont gagné ni la guerre d’Afghanistan ni celle d’Irak parce qu’ils ont fait l’objet d’un rejet
massif des populations. L’hyperpuissance militaire ne peut pas compenser
l’hyperimpopularité.

14 Géopolitique du sport Le critère démographique, autrefois premier atout de la puissance


militaire, n’a plus la même signification qu’auparavant, tout en restant un marqueur de la
puissance. L’Europe s’inquiète de voir sa part relative dans la population mondiale passer de
10 à 6 %. Le Japon et la Russie ont un problème de déclin démographique qui à terme
pourrait remettre en cause leur puissance.

Les États-Unis sont, quant à eux, le seul pays occidental pour lequel on prévoit une forte
croissance démographique dans les années à venir. La Chine, qui du temps de Mao, misait sur
son poids démographique pour affirmer pouvoir subir sans problème le choc d’une guerre
nucléaire avec les États-Unis a réellement décollé économiquement lorsque Deng Xioping a
mis en place la politique de l’enfant unique. En outre, la puissance économique a toujours été
un facteur capital.

Ce critère conditionne les autres les aspects de la puissance. Sans une économie performante
par exemple, la démographie importante devient un drame, une fragilité si l’État ne permet
pas de donner à chacun éducation, santé et travail. Sans une bonne économie, la puissance
militaire n’est pas soutenable à long terme, comme l’a montré l’exemple (ou le contre-
exemple) soviétique. Les matières premières étaient un atout essentiel de la puissance jusqu’à
la première moitié du xxe siècle.

Puis, ce critère a eu moins d’importance car on pointait l’abaissement des prix, la gabegie et
la corruption qui accompagnaient souvent leur exploitation. La mondialisation et la soif des
pays émergents sont venues le sport, critère de puissance 15 en faire, de nouveau, un facteur
important de richesse. L’Afrique en profite pleinement aujourd’hui après en avoir pâti hier.
Désormais, on retient aussi comme critère la maîtrise technologique. Celle-ci a l’avantage de
ne pas être localisée à l’avance et de pouvoir s’établir là où on sait organiser compétences et
richesses. Le moral d’une nation ou d’une société constitue un autre critère de puissance.
Machiavel en soulignait déjà l’importance dans Le Prince, publié en 1513. Car à côté des
éléments matériels et quantifiables, les éléments subjectifs, immatériels sont également
déterminants.

À côté de ces critères anciens, Joe Nye a établi, au début des années 1990, une distinction
devenue classique entre hard et soft power. Cet universitaire américain spécialiste des
questions internationales avait exercé des fonctions officielles dans les administrations Carter
et Clinton.

Le hard power désigne l’utilisation des moyens économiques et militaires par un pays en vue
de conduire les autres à faire ce qu’il veut. Le soft power consiste à parvenir au même résultat
par un effet d’attraction, d’influence, de persuasion. Nye a établi qu’il était plus facile et
moins coûteux pour un pays de diriger les autres lorsqu’ils avaient le sentiment de vouloir la
même chose que lui ou d’avoir des intérêts partagés.

Le soft power c’est l’attractivité, l’image positive, la popularité. CNN et Hollywood offrent
aux États-Unis une influence soft mais réelle sur les affaires mondiales. Sur 2 millions et demi
de jeunes qui étudient en dehors de leur pays, 750 000 le font aux États-Unis. Ils apportent
non seulement directement 21 milliards 16 Géopolitique du sport de dollars par an à
l’économie américaine mais lorsqu’ils repartent chez eux, ils deviennent des ambassadeurs,
non officiels mais efficaces, des États-Unis.

Le cinéma hollywoodien est aussi un outil efficace.

Il a par exemple largement contribué à occulter le génocide des Amérindiens au xix e siècle
en les présentant comme des sauvages. Puis, il fut très utile dans la mobilisation contre Hitler
au moment où les États-Unis étaient encore réticents à entrer en guerre, et à jouer leur rôle de
mobilisation antisoviétique, ou pendant la guerre froide. Après 2003, de nombreux films
produits par Hollywood avaient pour types du mauvais, du lâche ou du traître un Français.
C’était là le prix à payer pour avoir refusé la guerre d’Irak. La puissance est donc devenue
multiforme. Elle dépend de nombreux facteurs mais surtout de leur combinaison. Une forte
puissance militaire reposant sur une économie faible sera en danger, comme on l’a souligné à
propos de l’Union soviétique qui effrayait tout le monde mais qui a implosé.

Un pays riche mais fragile sera la victime de la convoitise de ses voisins comme le Koweït il
y a 20 ans, ou la République démocratique du Congo aujourd’hui. Un territoire étendu est un
avantage mais à la condition expresse que l’État et ses autorités y exercent un plein contrôle.
Les formes, les critères, les conditions d’exercice de la puissance ont évolué au fil du temps
mais ils restent profondément au cœur des relations internationales.

Que vient faire le sport dans tout ça ? Est-ce vraiment un nouveau critère de puissance ? Il est
vrai que le sport, critère de puissance 17 le sport n’est pas sans relations historiques avec la
puissance militaire, le baron de Coubertin a créé les J.O. de l’ère moderne en partie pour que
la jeunesse française soigne sa culture physique afin d’être plus apte aux fonctions
combattantes. Les athlètes participants aux Jeux devaient être prêts physiquement et
mentalement à défendre le pays.
Les aptitudes physiques des Prussiens avaient été considérées comme déterminantes dans
leur victoire en 1870. À titre d’exemple, l’épreuve de pentathlon moderne exige de savoir se
servir d’un fusil et d’une épée, monter à cheval, courir et nager – des fonctions utiles à un
combattant.

Le terme «moderne » a d’ailleurs été ajouté car l’épreuve n’a jamais existé dans les Jeux
antiques et sortait tout droit de l’imagination de Pierre de Coubertin.

Les « arts martiaux » sont bien des sports, mais leur fonction combattante est incontestable.
Après la Première Guerre mondiale, le vol à voile et l’escrime ont été interdits à l’Allemagne.
Celle-ci a contourné la difficulté en multipliant les sociétés de gymnastiques.

On a finalement toujours exigé des soldats la meilleure des conditions physiques. Plus haut,
plus vite pour être plus fort Aujourd’hui, le lien entre sport et puissance n’est plus dans la
préparation à la suprématie militaire mais dans celle du rayonnement d’un pays. Nous ne
sommes plus à l’époque où le ministère des Affaires étrangères choisissait les adversaires de
l’équipe nationale de football, comme en France dans les années 1920.

18 Géopolitique du sport Les élites politiques intellectuelles françaises n’ont pas un appétit
marqué pour le sport en général, ce qui est fort dommage tant il contribue à l’image d’un
pays. La popularité des sportifs bénéficie indirectement, individuellement ou collectivement, à
leur pays.

C’est à juste titre que Laurent Fabius a innové en parlant de diplomatie sportive dans son
discours devant les ambassadeurs en août 2013 et en créant, à l’automne de la même année, le
poste d’ambassadeur du « rayonnement sportif de la France ».

Sur l’ensemble du globe, les individus et les peuples prennent de plus en plus le pouvoir. La
montée en puissance des opinions constitue bien une évolution majeure sur le plan
stratégique. La distinction entre démocratie et système autoritaire existe encore sans recouvrir
le même sens qu’autrefois.

Il n’y a plus aujourd’hui à la surface de la planète qu’un seul État totalitaire, c’est la Corée du
Nord. Partout ailleurs, les gouvernements ont perdu le monopole de l’information.

Il n’y a peutêtre pas d’élections démocratiques en Chine, mais il y a près de 800 millions
d’internautes qui, malgré la censure, parviennent à s’exprimer sous réserve de ne pas mettre
en cause le rôle du Parti Communiste.

Comme l’a écrit Brzezinski en 2008, « à l’âge de la globalisation, l’ensemble de l’humanité


est politiquement active 3 ». Cela est dû à la montée de l’alphabétisation, l’élévation du
niveau de vie et les nouveaux moyens offerts par les technologies de l’information et de la
communication qui permettent une communication horizontale.
Le monopole de l’information verticale a vécu. le sport, critère de puissance 19 Dans son livre
Gorbatchev, le pari perdu ? 4 Andreï Gratchev, qui fut le porte-parole de Gorbatchev explique
que lorsque ce dernier est arrivé au pouvoir (1985), l’information internationale des membres
du politburo du Parti communiste soviétique était sous la responsabilité d’une poignée de
fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères qui triait les dépêches et articles et
décidait de leur publication ou non. Un tel verrouillage ne serait plus matériellement possible
aujourd’hui. Le défi n’est plus la recherche de l’information, mais sa sélection, sa mise en
perspective, tant l’information est devenue omniprésente.

Le poids de l’opinion est trop fort pour l’ignorer.

Cette évolution technologique, politique et géostratégique a pour conséquence que l’image, la


popularité, le prestige, l’attractivité, etc., tout ce qui tourne autour du soft power, devient une
partie de plus en plus importante de la définition de la puissance.

Une fois encore, l’échec américain en Irak et en Afghanistan, malgré l’écart abyssal de force
sur le plan économique et militaire, montre que la force par le hard power est impuissante si
elle n’est pas couplée avec une certaine dose de soft power.

Même les pays qui officiellement se disent rétifs à cette idée s’y mettent. Invitations de
personnalités, organisation de conférences, multiplication des activités culturelles, campagnes
de communication, lancement de médias à destination du public étranger, chaque nation
essaie de se rendre populaire. Et dans le soft power, le sport occupe une place importante.

V. IMPORTANCE DE LA GEOPOLITIQUE DU
FOOTBALL

1. Sport et mondialisation

La mondialisation du sport n’est pas un phénomène récent. Sans remonter aux Jeux
panhelléniques, rappelons que les Jeux olympiques modernes datent de 1896 et que la
première Coupe du monde de football a eu lieu en 1930. Toutefois, comme dans bien des
domaines, cette mondialisation s’est accélérée depuis vingt ans et s’est accompagnée d’une
expansion rapide des activités marchandes liées au sport, au point d'impliquer des masses
financières suscitant l’apparition de corruption et de fraude internationale. En outre, si les
événements sportifs mondiaux transcendent les frontières culturelles, ils exaltent en même
temps un fort sentiment d’appartenance nationale, les sportifs apparaissant comme des porte-
drapeaux. Les Jeux olympiques qui viennent de se dérouler à Pékin en apportent un nouveau
témoignage.
Pour mieux comprendre les ressorts de ce mouvement aux multiples facettes, il convient de
l’examiner sous différents angles, dont ceux des relations internationales, de l’économie et du
droit.

2. LA MONDIALISATION DU SPORT À TRAVERS L’OLYMPISME

Au IXe siècle avant Jésus-Christ, dans la Grèce antique, la signature d’un traité «
international » a reconnu l’immunité permanente du sanctuaire d’Olympie et a établi une trêve
qui permettait aux athlètes, aux artistes et à leur famille de voyager en toute sécurité pour
participer ou assister aux Jeux olympiques. Ainsi est née, selon Fékrou Kidane, la coexistence
du sport et de la politique.

À l’encontre de l’idée selon laquelle sport et politique ne doivent pas être mélangés, force est
de constater que pratiquement tous les gouvernements actuels ont un ministre chargé des
sports. Mais l’exploitation du sport à des fins politiques aggrave la confusion.

Fondateur du Comité international olympique (CIO) et rénovateur des Jeux olympiques,


Pierre de Coubertin, savait que sans les pouvoirs politiques, son projet n’était pas réalisable. II
avait donc invité en 1894, à Paris, des académiciens, des universitaires, des parlementaires,
des ambassadeurs et d’autres personnalités. Ainsi, la mondialisation du sport à travers
l’Olympisme venait de prendre racine.

L’histoire est jalonnée d’exemples d’interférence entre sport et politique. Fékrou Kidane
expose deux cas qui montrent l’imbrication de la politique internationale et du sport. Le
problème de l’apartheid en Afrique du Sud a été abordé pour la première fois par la
Commission exécutive du CIO en 1955 à Paris.

Les Noirs sud-africains créèrent dans les années 1960 un Comité national olympique non
racial (SANROC). Une coalition des mouvements anti-apartheid dénommée « Campagne
internationale contre l’apartheid dans le sport » se constitua aussi à Paris au début des années
1980. Pour le président du CIO de l’époque, Juan Antonio Samaranch, le problème sud-
africain ne pouvait pas être réglé sans les Africains.

C’est pourquoi il mit en place une commission Apartheid et Olympisme puis fut à l'origine de
la création d’un Comité national olympique multiracial, intégré au mouvement olympique en
1991.

L’éclatement de la République fédérale de Yougoslavie a par ailleurs nécessité une gestion


délicate sur le plan sportif. Ce pays était l’objet d’une sanction décrétée par le Conseil de
sécurité des Nations unies, qui, pour la première fois, retenait le « sport » comme champ
d’application de sanctions. Le CIO, en désaccord avec cette politique, a entamé une
négociation avec le Comité de sanction et est parvenu à un compromis permettant aux athlètes
yougoslaves de participer individuellement aux Jeux de la XXVe Olympiade à Barcelone en
1992.
Les actions entreprises par le CIO sont menées avec le consentement des pouvoirs politiques.
En 1993, une résolution relative au respect de la trêve olympique durant les Jeux a été votée à
l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies à l’initiative du CIO. Depuis lors,
l’Assemblée générale adopte une résolution sur la trêve olympique, une année avant la
célébration des Jeux olympiques.

C’est ainsi que les États membres ont parrainé en 2007 une résolution intitulée « Pour
l’édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique » relative
aux Jeux de la XXIXe Olympiade en Chine.

Mais cette déclaration en faveur de la paix, adoptée à l’unanimité, n’a aucun caractère
contraignant. Pour son président, Jacques Rogge, « le CIO n’est pas une organisation
politique », et « les Jeux olympiques ne sont pas des remèdes pour tous les maux ». Il précise
toutefois que « le CIO est respectueux des droits de l’Homme » et que « la violence, quelle
qu’en soit la raison, est contraire à l’esprit et aux valeurs olympiques ».

Il mène une diplomatie discrète pour favoriser le dialogue entre Chinois et Tibétains. Quant à
la présence des chefs d’État et de gouvernement à la cérémonie d’ouverture des Jeux à Pékin,
Fékrou Kidane estime que cela n’a que peu d’importance. Seule la présence du chef d’État du
pays hôte et du président du CIO est, sur le plan protocolaire, indispensable. Et d’ajouter que
le seul endroit où les chefs d’État et de gouvernement passent inaperçus, c’est dans la cité
olympique.

3. LA MONDIALISATION ÉCONOMIQUE DU SPORT

Au risque de s’éloigner de l’idéal olympique, le sport mondialisé a un poids économique de


plus en plus important. Le marché mondial de tous les biens et services sportifs se chiffre à
environ 600 milliards d’euros, estime Wladimir Andreff, dont 250 milliards pour le football,
150 milliards pour les articles de sport et 60 milliards pour les droits de retransmission
télévisée d’événements sportifs. En France, le poids de l’économie du sport en 2005 est
évalué à 30,4 milliards d’euros, soit 1,77 % du PIB, et dans la plupart des pays développés il
s’établit entre 1,5 % et 2 % du PIB.

Le coût d’investissement des Jeux olympiques de Pékin est d’environ 36 milliards d’euros,
celui de la Coupe du Monde de football 2006 de 6 milliards d’euros. La mondialisation
économique du sport passe d’abord par le développement de la diffusion télévisuelle. Le
nombre des spectacles sportifs mondiaux passe de 20 en 1912 à 315 en 1977 et 1 000 en 2005

Les grands prix de Formule 1 en 2000 atteignent une audience cumulée de 53,3 milliards de
téléspectateurs, la Coupe du Monde de football en 2002 de 30 milliards. La mondialisation se
polarise ainsi sur certains sports. Cependant, la croissance de l’audience (la demande) est
moins rapide que celle des temps d’antenne consacrés au sport (l’offre) à la télévision.
À terme, ce différentiel risque de conduire à un excès d’offre, déjà visible aux États-Unis. Les
retombées économiques des grands événements sportifs mondiaux (Jeux olympiques, Coupe
du Monde) sont souvent surestimées, en raison de doubles comptages, d’effets de substitution
(les spectateurs de la Coupe du monde auraient occupé différemment leurs loisirs), d’effets
d’éviction (l’investissement dans des stades s’est fait au détriment d’autres projets) mais aussi
en raison des intérêts de la ville ou du pays d’accueil qui peuvent orienter les résultats des
études qu’ils commanditent. Wladimir Andreff examine ensuite le commerce international des
articles de sport. Les plus grandes zones exportatrices sont l’Asie puis l’Union européenne ;
les régions importatrices sont l’Union européenne puis l’ALENA. L’Asie est exportatrice
nette, à l’inverse de l’UE. Les avantages comparatifs sont différents selon le niveau de
développement des pays. Les pays développés se spécialisent dans les articles de sport dont la
pratique exige des instruments techniques (ski, voile, surf, etc.). Les pays émergents ont des
avantages comparatifs dans des produits banalisés, ou qui peuvent servir à la pratique de plus
d’un sport (vêtements, chaussures, raquettes, ballons, etc.). La mondialisation affecte aussi la
géographie de la production des articles de sport, qui est délocalisée massivement dans des
pays en développement qui les exportent ensuite vers les pays développés. Cette
délocalisation se fait soit par des investissements directs dans des pays à bas salaires, c’est le
modèle « Adidas », soit par des liens de sous-traitance avec les entreprises de ces pays, c’est
le modèle « Nike ». Les transferts internationaux de joueurs créent par ailleurs des flux
financiers importants. Depuis un règlement instauré par la Fédération internationale de
football (FIFA) en 2001, le commerce de joueurs de moins de 18 ans est illégal, mais il existe
toujours. Wladimir Andreff propose ainsi une taxe « Coubertobin » pour freiner le trafic
d’enfants dans le sport. Par ailleurs, si certains sports sont très tôt mondiaux comme le
football, d’autres se propagent vers des régions où ils n’étaient pas présents, où l’économie du
sport trouve de nouveaux marchés. C’est le cas du baseball au Japon et en Corée, du cricket
en Inde, du soccer aux États-Unis, etc. Le développement de l’économie du sport est inégal.
Les pays pauvres ont relativement peu de moyens de favoriser la pratique et l’éducation
sportive, peu de professeurs et d’équipements. Les athlètes de ces pays ont donc beaucoup
moins de chances de remporter des médailles aux Jeux olympiques. Ils ont tendance à vouloir
s’expatrier dès qu’ils atteignent un certain niveau, ce que Wladimir Andreff nomme le «
muscle drain », ou « fuite des athlètes ». Dans les pays de l’ancien bloc soviétique,
l’effondrement du sport d’État n’a pas cependant empêché le maintien de performances
sportives supérieures à ce que laisseraient présumer leur PIB et la taille de leur population, qui
sont en général de bons indicateurs. On l’explique par les réformes institutionnelles depuis la
fin des années 1990, qui les rapprochent des canons du sport mondialisé : sponsors privés,
retransmissions télévisées, transferts de joueurs et d’entraîneurs étrangers, etc.

4. MONDIALISATION DU SPORT ET PROTECTION DES


ÉQUIPES NATIONALES

La liberté de circulation des joueurs suscite dans le milieu sportif international une polémique
qui fait écho aux controverses plus générales sur la mondialisation des échanges ou le
patriotisme économique. Plusieurs fédérations sportives internationales (football et volleyball)
viennent en effet de limiter la présence des joueurs étrangers dans les clubs, au mépris des
règles de l’Union européenne, souligne Michel Pautot.

Ces fédérations internationales, soucieuses de leur souveraineté au point d’édicter leur propre
« législation », n’en sont pas moins tenues de respecter celle des États où elles exercent leurs
activités. Elles sont ainsi soumises au droit de l’Union européenne et notamment à la règle de
libre circulation des travailleurs communautaires.

Cette règle avait déjà été dégagée par l’arrêt Dona du 14 juillet 1976, qui contredisait un
règlement de la Fédération italienne de football interdisant les étrangers dans les clubs du
Calcio. Elle s’applique à tous les sportifs professionnels depuis le célèbre arrêt Bosman du 15
décembre 1995.

Cette jurisprudence a été amplifiée par l’arrêt Malaja du 30 décembre 2002, qui permet à un
club de football, basket ou volley de recruter une équipe composée de joueurs polonais,
russes, tchèques, marocains… sans aucun joueur national.

Une véritable révolution dans le sport. À l’encontre de cette jurisprudence, le président de la


Fédération internationale de football, Sepp Blatter, vient de faire adopter, lors du congrès de
la FIFA à Sydney le 29 mai 2008, une résolution progressive sur le « 6 + 5 », règle qui vise à
imposer un minimum de six joueurs nationaux dans une équipe de club. Cette décision risque
de rencontrer l’opposition des footballeurs africains et sud-américains, qui cherchent souvent
à s’expatrier, mais aussi des clubs anglais, friands de joueurs étrangers.

N’est-ce pas grâce à des étrangers − joueurs, entraîneurs et actionnaires − que l’Angleterre a
hissé deux de ses clubs, Chelsea et Manchester United, en finale de la Champions League ?
De même, lorsque Liverpool FC a remporté l’édition 2005 de cette Ligue des champions face
au Milan AC, le club victorieux ne comptait que deux joueurs anglais sur les 14 engagés. Son
équipe ressemblait à une mini-Assemblée des Nations unies, avec 11 pays représentés sur les
14 héros. Le cas anglais est au cœur de la polémique, car les succès en club sont cruellement
contrebalancés par l’absence de la sélection nationale lors de l’Euro 2008.

Pour certains, le cosmopolitisme des clubs anglais serait à l’origine de cette non-qualification
− les « champions nationaux », concurrencés par des étrangers, évoluant dorénavant dans des
structures moins performantes. D’autres expliquent l’échec de manière plus conjoncturelle :
gardien de but maladroit, joueurs clefs blessés, etc.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’Angleterre manque une compétition majeure
(Coupes du monde 1974, 1978 et 1994, et Euros 1972, 1976 et 1984). À l’instar de la FIFA,
les dirigeants de la Fédération internationale de volley ont décidé de limiter progressivement
le nombre d’étrangers, malgré la fronde de joueurs arborant en France et en Italie des tee-
shirts « Let us play » (« Laissez-nous jouer »).

Les gains du libre-échange pour les championnats européens sont-ils dès lors remis en
question au profit du nationalisme sportif ? Il faudrait un accord des chefs d’État et de
gouvernement des 27 États membres de l’Union européenne pour décider de la réintroduction
des quotas de joueurs étrangers.
Si le Conseil européen voulait inscrire cette question à son ordre du jour, il se heurterait sans
doute à un problème d’unanimité ou de majorité qualifiée, car le principe de libre circulation
des travailleurs communautaires est aujourd’hui sacro-saint. On ne peut y déroger que pour
des motifs d’intérêt public (sécurité, santé publique, etc.).

La validité de ces décisions protectionnistes sembles d’autant plus incertaine que le parlement
européen et la commission viennent de manifester leur opposition.

5. LA FACE SOMBRE DE LA MONDIALISATION DU SPORT :


CORRUPTION ET CRIMINALITÉ FINANCIÈRE
INTERNATIONALE

La mondialisation du sport a aussi une face sombre. Selon Noël Pons, le premier rapport du
Service central français de prévention de la corruption (créé en 1993) portait sur la corruption
dans le milieu sportif. Fraude, corruption et blanchiment constituent les principales dérives de
la mondialisation du sport passibles de sanctions pénales.

La fraude est un flux sortant, elle consiste à détourner de l’argent légal pour se l’approprier ;
le blanchiment est un flux d’argent illégal qu’on fait entrer dans une structure légale (Pablo
Escobar, célèbre baron de la drogue du cartel de Medellin, possédait plusieurs clubs de
football et de basket-ball, ainsi que les meilleurs chevaux de course de l’époque) ; enfin, la
corruption implique le paiement de joueurs ou d’arbitres pour s’assurer de l’issue d’un match
et faciliter ainsi le blanchiment.

La mondialisation économique offre aux criminels la possibilité de diversifier les réseaux qui
sous-tendent ces dérives. Ainsi, lorsque le Service central français de prévention de la
corruption passe des accords avec les ligues françaises de football ou de rugby, les criminels
utilisent de nouveaux circuits dans des pays où le contrôle est plus lâche. Les flux financiers
internationaux liés à la mondialisation du sport décrits précédemment étant de plus en plus
importants, la criminalité vient alors naturellement se greffer sur eux.

L’exemple type est celui de la surfacturation. Le criminel détenteur d’un club achète un
joueur brésilien à un prix bien supérieur à celui du marché et la différence lui revient ensuite,
moyennant commission au club brésilien.

Il peut aussi facturer un joueur beaucoup plus cher que le prix de vente réel ce qui lui permet
de blanchir d’autres revenus.

Les intermédiaires jouent un rôle très important dans ces affaires. Les paris truqués sont par
ailleurs fréquents : la Coupe d’Afrique des nations est régulièrement victime de tentatives de
corruption. Paradoxalement, la criminalité financière ne porte pas tant sur les grands clubs,
trop soumis à examen en cas de contestation ou de corruption présumée. L’achat d’un grand
club peut constituer simplement de la protection immobilière de revenus précédemment
blanchis, pour les mettre hors de portée de personnes qui voudraient les dérober.
La prévention de la corruption s’intéresse avant tout aux pays en développement et aux petits
clubs, comme récemment en Serbie, où se mêlent drogue et contrefaçons.

L’achat de clubs permet de bénéficier de tout le réseau de soutien du club, qui assure la
revente de drogue et d’armes essentiellement. De plus, les sommes sont moins importantes
mais les gains sont plus assurés. Ainsi, l’examen de paris sur Internet a révélé la corruption
d’un petit match de troisième division en Belgique par des parieurs asiatiques
(vraisemblablement de Hong-Kong, même si l’origine reste incertaine) qui souhaitaient
blanchir de l’argent (le montant « blanchi » correspond aux gains obtenus moins la somme
pariée).

La mondialisation du sport, par le nombre croissant de spectateurs et les masses financières


en jeu, peut nous éloigner de l’idéal olympique au profit d’intérêts politiques, et parfois
criminels. Elle remet en cause parallèlement les instances nationales de régulation du monde
sportif et invite à davantage de coopération à une échelle supérieure, plus difficile cependant à
mettre en œuvre.

Le processus de mondialisation nourrit donc, dans le domaine du sport aussi, tensions et


contradictions. Des exploits purement individuels sont le fruit de puissants engagements
nationaux, mis en scène par des médias et engageant des marchés commerciaux
internationaux et des régulations juridiques mondiales. Cela ne doit pas pour autant
condamner les pratiques sportives locales.

CONCLUSION
Table des matières
INTRODUCTION ............................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
I. DEFINITION DES TERMES ..................................................................... Erreur ! Signet non défini.
1. La Géopolitique ............................................................................... Erreur ! Signet non défini.
2. Le sport ........................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
3. Le Football ....................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4. Les différents types de football ....................................................... Erreur ! Signet non défini.
II. LA GEOPOLITIQUE DU FOOTBALL ........................................................ Erreur ! Signet non défini.
A. ROLE DE LA GEOPOLITIQUE DU SPORT .......................................... Erreur ! Signet non défini.
B. HIERARCHISATION POLITIQUE DANS LE SPORT .................................. Erreur ! Signet non défini.
1. L’ère coloniale ................................................................................. Erreur ! Signet non défini.
2. pendant la guerre froide ................................................................ Erreur ! Signet non défini.
3. Les boycotts ..................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4. Actuellement ................................................................................... Erreur ! Signet non défini.
III. GEOPOLITIQUE ................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
1. vecteur d’influence extérieure ........................................................ Erreur ! Signet non défini.
2. vecteur de nationalisme .................................................................. Erreur ! Signet non défini.
3. vecteur de division interne .............................................................. Erreur ! Signet non défini.
IV. L’IMPACT DE LA GEOPOLITIQUE DU SPORT .................................... Erreur ! Signet non défini.
1.Le sport comme un outil géopolitique au service des puissances contemporaines (Vincent
Gaubert) .................................................................................................. Erreur ! Signet non défini.
2. Le Sport, critère de « PUISSANCE » ................................................ Erreur ! Signet non défini.
V. IMPORTANCE DE LA GEOPOLITIQUE DU FOOTBALL ........................... Erreur ! Signet non défini.
1. Sport et mondialisation ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
2. LA MONDIALISATION DU SPORT À TRAVERS L’OLYMPISME ........... Erreur ! Signet non défini.
3. LA MONDIALISATION ÉCONOMIQUE DU SPORT ............................. Erreur ! Signet non défini.
4. MONDIALISATION DU SPORT ET PROTECTION DES ÉQUIPES NATIONALESErreur ! Signet non
défini.
5. LA FACE SOMBRE DE LA MONDIALISATION DU SPORT : CORRUPTION ET CRIMINALITÉ
FINANCIÈRE INTERNATIONALE ................................................................ Erreur ! Signet non défini.
CONCLUSION ................................................................................................... Erreur ! Signet non défini.