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Chapitre 1 : La concurrence.

Concurrence : situation permettant, sur un marché déterminé, la libre formation des prix par le
jeu de l’offre et de la demande. Au sens courant, la concurrence correspond à une
compétition, une opposition entre plusieurs entreprises.
C’est le principe de la libre-concurrence.

Principe de la liberté du commerce et de l’industrie.


Décret d’Allarde (1791) : « il sera libre à toute personne de faire négoce ou d’exercer tel
activité, art ou métier qu’elle trouvera bon. »
La liberté d’accès au marché est de l’essence même de la liberté d’entreprendre. Mais le libre-
jeu de la concurrence doit être assuré par l’intervention des autorités administratives et
judiciaires. Le droit français de la concurrence est régi par l’ordonnance du 01/12/86 modifiée
par la loi du 01/07/96.

Repose sur trois principes.

I- La concurrence doit être loyale, libre et équilibrée.


Loyauté de la concurrence : c’est par référence aux principes généraux de la responsabilité
civile que les tribunaux ont élaboré une théorie de la concurrence déloyale, c'est-à-dire d’actes
contraires aux usages pratiqués dans les milieux commerciaux honnêtes.
Concurrence déloyale : procédé irrégulier :
- faute
- préjudice
- lien de causalité entre les deux

La concurrence est sanctionnée par une condamnation à verser des dommages et intérêts à
l’entreprise victime du procédé déloyal. La concurrence peut être interdite par une loi ou une
convention : tabac, alcool, pharmacie, jeux…

Liberté de la concurrence : c’est une application du principe de la liberté du commerce et de


l’industrie qui a une valeur constitutionnelle. Tout procédé qui n’est pas interdit est permis.
La concurrence loyale et licite n’ouvre pas droit à réparation. La liberté d’établissement
postule que tout commerçant puisse être concurrencé par un autre commerçant qui s’installe à
proximité.

La liberté de la concurrence présente de nombreux avantages :


- baisse des prix
- amélioration de la qualité
- diversité des produits
- apparition de nouveaux produits

Il existe des procédés réglementés ou interdits :


- comportements anticoncurrentiels par nature : clauses de non concurrence, le refus de
vente (sanctions pénales), les conditions discriminatoires
- comportements anticoncurrentiels en raison de leur résultat sur le marché : les ententes
(téléphonie mobile, dépassements d’honoraires). C’est l’autorité de la concurrence qui
intervient.
L’équilibre de la concurrence :

1/ L’équilibre juridique de la concurrence : les pouvoirs publics interviennent pour éviter


que les plus forts n’éliminent définitivement les plus faibles, ce qui supprimerait toute
concurrence.
Le paradoxe est le suivant : la liberté de la concurrence conduit à un désengagement de l’Etat
et la recherche d’un équilibre nécessite une certaine intervention de l’Etat.
Par respect du principe constitutionnel d’égalité devant la loi, il faut éviter qu’une entreprise
ne se trouve en raison de son statut dans une situation préférentielle par rapport à une autre.

2/ L’équilibre économique de la concurrence. Le législateur intervient pour fixer des


mesures qui permettent d’assurer l’égalité économique des concurrents. Exemples : obligation
de délivrer une facture, interdiction de vendre à perte (sauf pour les soldes), lutter contre les
abus de puissances économiques : les abus de position dominante

II- Le contrôle de la concurrence et les sanctions.

A/ Le ministre chargé de l’économie.

Chargé des concentrations économiques.

B/ L’autorité de la concurrence.

Autorité administrative indépendante spécialisée dans la répression des pratiques


anticoncurrentielles et l’expertise du fonctionnement des marchés en vue d’assurer le respect
de l’ordre public économique.
(Le conseil comprend 17 membres nommés pour une durée de six ans, par décret pris
sur le rapport du ministre de l’économie. Ils ne sont pas révocables sauf dans des cas
strictement définis par le code de commerce.)

C/ La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des


fraudes (DGCCRF).

- Contrôle de la qualité et de la sécurité des produits vendus en France : produits


alimentaires par exemple.
- Contrôle les prix à partir des factures.
- Contrôle les méthodes de vente
- Contrôle de la publicité (publicité mensongère)
- Contrôle les rapports concurrentiels entre les différents acteurs économiques

D/ Les tribunaux.

Sanctions :
- contravention de 5ème classe en cas de défaut d’affichage : tribunal de simple police
- délit : exemple : refus de vente : tribunal correctionnel

Le concurrent peut demander des dommages et intérêts. Le tribunal d’instance, de grande


instance, le tribunal de commerce, le conseil des prud’hommes (clauses de non-concurrence),
le tribunal administratif (sur marchés publics : appels d’offre) peuvent intervenir.