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PROPOSITION D’AVANT PROJET DE LOI PORTANT CADRE

GENERAL DE CREATION, D’ORGANISATION ET DE


FONCTIONNEMENT DES MUTUELLES SOCIALES
AU CAMEROUN

L’Assemblée Nationale a délibéré et adopté ;

Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

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CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES

Article 1 : La présente loi fixe le cadre général de création, d’organisation et de


fonctionnement des mutuelles sociales au Cameroun.

Article 2 : (1) Pour l’application de la présente loi et de ses textes subséquents, les
définitions suivantes sont admises :

a) Mutuelle : organisation (personne morale de droit privé) à but non lucratif qui a
pour vocation d’organiser pour et avec ses adhérents, les réponses aux besoins
sociaux qu’ils expriment.

b) Mutuelle sociale : organisation ayant la capacité civile, soumise au régime de


l’agrément, qui relève du principe de l’autogestion et qui poursuit un but non
lucratif dans l’intérêt de ses membres moyennant le versement d’une cotisation,
à des fins de prévoyance, de solidarité et d’entraide.

c) Union de mutuelles : agrégat de deux ou plusieurs mutuelles sociales qui, sans


perdre leur personnalité juridique propre et leur autonomie, forment une autre
personnalité juridique pour fédérer leurs intérêts.

d) Fédération de mutuelles : agrégat de deux ou plusieurs unions de mutuelles


sociales qui, sans perdre leur personnalité juridique propre et leur autonomie,
forment une autre personnalité juridique pour fédérer leurs intérêts.

e) Confédération des mutuelles : agrégat de deux ou plusieurs fédérations de


mutuelles sociales qui, sans perdre leur personnalité juridique et leur
autonomie, forment une autre personnalité juridique pour fédérer leurs
intérêts.

f) Fusions de mutuelles : absorption d’une ou plusieurs mutuelles qui perdent leur


personnalité juridique et leur autonomie en faveur d’une nouvelle mutuelle qui
se substituent à elles.

Article 3 : «1» Les mutuelles sociales traitent de la protection sociale.

«2» Les mutuelles sociales se créent librement et exercent leurs activités


dans le cadre de la législation en matière de sécurité sociale et de la présente
loi.

«3» Les mutuelles sociales, à l’exception des cas où elles participent, en


qualité d’organisation sociale, à la gestion d’un régime obligatoire de sécurité sociale,
sont régies par le droit de la sécurité sociale complémentaire.

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«4» La mutuelle sociale défend les valeurs (solidarité, liberté, démocratie,
responsabilité) qui l’amène à proposer des prestations de nature sensiblement
différente aux personnes qui sont de fait des adhérents.
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Article 4 : Les mutuelles mènent au moyen de leurs diverses ressources et dans l’intérêt
de leurs membres des actions de prévoyance, de solidarité et d’entraide, dans les
conditions prévues par les statuts afin de contribuer au développement culturel, moral,
intellectuel et physique de leurs membres et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Article 5 : Les mutuelles sociales sont constituées et gérées selon les principes
suivants:
- La solidarité entre les adhérents ;

- Le fonctionnement démocratique et participatif,

- L’autonomie de la volonté ;

- L’épanouissement de la personne ;

- Le but non lucratif ;

- La responsabilité ;

- La dynamique d’un mouvement social.

Article 6 : « 1 » Les mutuelles sociales régies par la présente loi peuvent couvrir toute
personne résidant au Cameroun ainsi que l’un ou plusieurs des risques couverts par les
mutuelles définies à l’article 7 ci-dessous.

« 2 » Les dispositions de la présente loi s’appliquent aux mutuelles, unions,


fédérations, confédération, fusion des mutuelles sociales.

« 3 » Sont exclus du champ d’application de la présente loi, les Entreprises et

Organismes régis par la législation des assurances à but lucratif et les organismes
publics ou privés de sécurité sociale.

Article 7 : Les mutuelles sociales organisées par la présente loi peuvent servir les
prestations suivantes :

 Maladie ;

 Maternité ;

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 Charges familiales ;

 Accidents du travail ;

 Maladies professionnelles ;

 Vieillesse ;

 Invalidité ;
 Décès ;
 Chômage ;
 Logement.

Article 8 : « 1 » Une mutuelle sociale peut servir une ou plusieurs prestations à la fois.

« 2 » Les prestations énumérées à l’article 7 ci-dessus peuvent être servies en


complément d’un régime de sécurité sociale obligatoire.

CHAPITRE II – DE LA CONSTITUTION DE LA MUTUELLE SOCIALE

Article 9 : « 1 » Les mutuelles sociales se créent librement.

Toutefois, la mutuelle sociale n’a d’existence légale qu’après l’obtention de


l’agrément suivi de son immatriculation au registre national des mutuelles sociales.

« 2 » Il est créé auprès du Ministère chargé de la sécurité sociale une


commission technique chargée de l’étude des demandes d’agrément et du suivi des
activités des mutuelles sociales.

« 3 » L’organisation et le fonctionnement de la commission technique ci-


dessus sont fixés par voie réglementaire.

Article 10 : « 1 » La demande d’agrément adressée au Ministre chargé de la sécurité


sociale, timbrée au tarif en vigueur, mentionne la dénomination de la mutuelle, l’objet, le
siège social, l’adresse complète ainsi que les noms, profession et domicile des membres
fondateurs ou, le cas échéant du, ou des mandataire/s dument habileté/s.
« 2 » A la demande visée à l’alinéa « 1 » ci-dessus sont annexés :
- En quatre exemplaires, les statuts des mutuelles ;

- Le Plan Directeur de la Mutuelle à réaliser pour une durée de quatre « 04 » ans ;

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- Le procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire tenant lieu d’assemblée
constituante faisant ressortir les noms, profession et domicile des personnes qui, à
un titre quelconque, seront en charge de l’administration ou de la direction de la
mutuelle ;
- Fournir les photocopies de CNI et extraits du casier judiciaires du Directoire.

Article 11 : « 1 » Le dossier de demande d’agrément est déposé auprès du service


déconcentré du Ministère en charge de la sécurité sociale du ressort contre une
décharge mentionnant le numéro et la date d’enregistrement.

« 2 » Le responsable du service déconcentré visé à l’alinéa « 1 » ci-dessus


dispose d’un délai maximum de trente jours à compter de la date du dépôt pour
transmettre, assorti de ses observations et de son avis, le dossier au Président de la
commission prévue à l’article 9 ci-dessus.

« 3 » Dès réception du dossier, la commission dispose d’un délai de soixante


jours pour donner suite à la demande d’agrément. Passé ce délai, l’agrément est réputé
avoir été accordé.

Article 12 : il est institué auprès du Ministre chargé de la sécurité sociale un registre


national des agréments où sont inscrites, par ordre chronologique, les mutuelles
sociales.

Article 13 : « 1 » Les statuts de chaque mutuelle sociale doivent préciser :

- Le siège social qui ne peut être fixé ailleurs qu’au Cameroun ;

- La durée de la mutuelle ;

- L’objet social ;

- Les conditions, les modes d’admission, de radiation et d’exclusion des adhérents et


des membres d’honneur ;

- La composition du bureau exécutif, de la commission de contrôle et du conseil


d’administration, le mode de désignation de leurs différents membres, la durée de
leur mandat, les modalités de vote à l’assemblée générale et le droit pour les
adhérents de s’y faire représenter ;

- Les obligations et les avantages des membres ou de leurs familles ;

- Le mode de déplacement et de retrait de fonds ;

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- L’organisation, le fonctionnement, la gestion et le contrôle de la mutuelle.

- La possibilité d’attribution d’un vote plural dans le cadre des unions, des
fédérations et des confédérations des mutuelles de sécurité sociale.

« 2 » le règlement intérieur de chaque mutuelle est établi par acte sous seing
privé. Il doit contenir cependant les indications suivantes :

- Les conditions et les modalités de paiement des indemnités aux dirigeants et aux
gestionnaires ;

- Les souscriptions des parts sociales supplémentaires ;

- Les procédures disciplinaires.

Article 14 : Chaque mutuelle sociale tient à son siège social un registre répertoriant,
par catégorie, les membres dont les modalités sont fixées par un texte règlementaire.

CHAPITRE III : DES DROITS ET DES OBLIGATIONS DE LA MUTUELLE ET DES


MEMBRES

Article 15 : « 1 » Est membre d’une mutuelle sociale, toute personne physique ou


morale.

« 2 » Les mutuelles sociales admettent deux qualités de membres : les


membres d’honneur et les membres adhérents.

Sont membres adhérents, les personnes physiques ou groupe de personnes qui, en


contrepartie de leurs cotisations, acquièrent les droits aux prestations sociales.

Sont membres d’honneur les personnes physiques ou morales qui font des dons ou
des legs à la mutuelle ou qui lui rendent des services, le tout sans en attendre en retour
une contrepartie.

Article 16 : « 1 » Les mutuelles sociales sont tenues de fournir les prestations de qualité,
de produire et de communiquer à l’autorité de tutelle un rapport annuel des activités
faisant ressortir notamment le bilan financier et un compte analytique de gestion.

« 2 » Le rapport d’activité visé à l’alinéa 1 ci-dessus est communiqué aux


membres et peut faire l’objet d’annonce dans un journal d’annonces légales.

« 3 » Le rapport d’activité visé à l’alinéa 1 ci-dessus est communiqué aux


membres et fait l’objet de transmission à l’autorité de tutelle à titre de compte rendu.

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Article 17 : « 1 » Les membres de la mutuelle sociale sont tenus de remplir leurs
obligations financières découlant des statuts et notamment les droits d’adhésion, les
cotisations, les souscriptions et autres contributions diverses.

Ils sont astreints au respect des statuts et du règlement intérieur et à se soumettre


aux décisions prises par les organes dirigeants. Ils sont en outre soumis à l’obligation de
loyauté vis-à-vis de la mutuelle.

« 2 » les membres de la mutuelle sociale ont un droit de regard sur la gestion


et le fonctionnement de la mutuelle.
A ce titre, ils ont accès à toute information concernant la mutuelle. Ils ont un
droit de vote dans les conditions fixées par les statuts et peuvent être électeurs ou
éligibles sans discrimination aucune.

Article 18 : Les membres adhérents ont droit équitablement tant pour eux-mêmes que
pour leurs ayants droit aux prestations servies par la mutuelle.

CHAPITRE IV : DE L’ORGANISATION ET DU FONCTIONNEMENT DE LA MUTUELLE


SOCIALE

Article 19 : « 1 » L’Assemblée Générale constitutive est présidée par le doyen d’âge des
membres fondateurs, et les deux plus jeunes membres assurant le secrétariat.

« 2 » Les fonctions de Président et de secrétaire de l’Assemblée Générale


constitutive sont gratuites.

Article 20 : « 1 » Chaque mutuelle sociale est dirigée par les organes délibérants et les
organes exécutifs.

« 2 » Les organes délibérants sont l’Assemblée Générale et le conseil


d’administration.

« 3 » Le bureau exécutif et la commission de contrôle constituent les organes


d’exécution.
Toutefois, il existe au sein de chaque mutuelle un organe chargé du contentieux.

Article 21 : « 1 » L’Assemblée Générale de chaque mutuelle sociale est composée d’au


moins trente « 30 » membres.

« 2 » L’Assemblée Générale est chargée de :

- La définition de la politique générale de la mutuelle en conformité avec les


statuts ;

- L’élection des administrateurs ;

- L’élection des membres des comités de contrôle et du contentieux ;

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- L’approbation des statuts et du règlement intérieur ;

- L’examen des cas de scission ou de dissolution ;

- La fixation du montant des cotisations des adhérents ;

- La détermination de la possibilité de faire fusion avec une autre mutuelle ;

- L’autorisation de contracter des emprunts ;

- L’autorisation de recevoir des dons et legs ;


- L’examen des comptes annuels et le budget ;

- L’autorisation d’affiliation à un regroupement ;

- La fixation du nombre des membres du Conseil d’Administration.

Article 22 : « 1 » L’Assemblée Générale se réunit une fois tous les deux ans en session
ordinaire. Elle peut se réunir en session extraordinaire à la demande du président ou
des 2/3 de ses membres.

« 2 » En fonction de l’importance de leurs effectifs ou de l’étendue de leur


circonscription, les mutuelles peuvent organiser des sections locales de vote. Dans ce
cas, l’Assemblée Générale est composée des délégués élus par les sections.

« 3 » L’Assemblée Générale peut déléguer une partie de ses pouvoirs au


Conseil d’Administration.

Article 23 : « 1 » le Conseil d’Administration est chargé de la mise en application de la


politique générale définie par l’Assemblée Générale. A ce titre, il est notamment
chargé de :
- veiller au respect des statuts et du règlement intérieur ;

- proposer l’admission ou l’exclusion des adhérents ;

- prononcer les sanctions aux adhérents défaillants ;

- nommer les responsables du Bureau Exécutif ;

- évaluer annuellement le taux de performance de la mutuelle ;

- représenter la mutuelle dans tous les actes de la vie civile ;

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- ester en justice ;

- signer les accords et conventions avec les prestataires de services ;

- fixer la rémunération du personnel ;


- assurer le rayonnement de la Mutuelle ;
« 2 » Le Conseil d’Administration peut déléguer certains de ses pouvoirs au Bureau

Exécutif.
« 3 » Le conseil d’Administration est responsable et comptable devant l’Assemblée
Générale.

Article 24 : Les fonctions de membre du Conseil d’Administration sont gratuites.


Toutefois les facilités de travail peuvent être accordées aux administrateurs ; ceux-ci
peuvent également prétendre au remboursement des charges inhérentes aux missions
qui leur sont confiées.

Article 25 : le Bureau Exécutif est composé de :

« 1 »
- 1 Président ;

- 2 Secrétaires ;

- 1 Trésorier ;
- 2 Commissaires aux comptes.

« 2 » Toutefois certains postes de responsabilité peuvent être créés en temps que de
besoin. Ces postes de responsabilités sont soumis au Conseil d’Administration pour
validation.

Article 26 : le Bureau Exécutif est chargé de l’exécution des décisions du conseil


d’Administration et de la gestion quotidienne. A ce titre, il est notamment chargé de :
- L’administration quotidienne de la mutuelle ;

- La préparation et de l’exécution du budget ;

- La présentation des comptes annuels ;

- La négociation des conventions et accords ;


- la gestion sécurisée des fonds et des biens de la mutuelle

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Article 27 : l’organe de Contrôle veille sur la gestion de la mutuelle et s’assure du
respect des procédures comptables et administratives.

A cet effet, il est notamment chargé de :

- S’assurer de la conformité des actes des organes de la mutuelle aux


statuts et au règlement intérieur ;

- Contrôler l’exactitude des comptes financiers ;

- Recueillir les plaintes des adhérents et en référer à l’organe compétent ;


- Examiner les conditions d’éligibilité des adhérents participant à
l’Assemblée Générale.

Article 28 : « 1 » les statuts fixent le mode de désignation des membres de l’organe de
contrôle, leur nombre et les modalités d’exécution de leurs missions.
Toutefois, les membres de l’organe de contrôle ne peuvent appartenir ni au Bureau
Exécutif ni au Conseil Administration.

« 2 » Les membres de l’organe de contrôle sont désignés par l’Assemblée Générale.

Article 29 : « 1 » l’organe chargé du contentieux relève du bureau exécutif.

« 2 » les membres du comité des contentieux ne peuvent appartenir ni au


Conseil d’Administration, ni à l’organe de Contrôle.

CHAPITRE V : DES RESSOURCES ET DE LA GESTION FINANCIERE DE LA


MUTUELLE SOCIALE
Article 30 : (1) les ressources des mutuelles proviennent :

- Des droits d’adhésion ;

- Des cotisations des membres ;

- Des produits des activités ;

- Des dons et legs ;

- Des emprunts ;

- Des subventions.

(2) les mutuelles tiennent une comptabilité conforme au plan comptable de la


Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale, aux ratios prudentiels du Conseil des
Ministres et, le cas échéant, aux principes et règles du droit comptable OHADA.

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Article 31 : (1) les fonds des mutuelles sociales sont assimilés aux derniers publics.

(2) les statuts précisent le mode de gestion desdits fonds.

Articles 32 : (1) les excédents annuels dégagés par les mutuelles sociales sont soumis à un
prélèvement obligatoire pour la constitution d’un fond de réserve. Celui-ci doit être égal
à au moins 30% des excédents nets dégagés.

(2) le fonds des réserves est une marge financière constituée en vue
d’assurer la sécurité financière de la mutuelle.

Article 33 : les dispositions relatives à la tutelle et au contrôle des organismes de sécurité


sociale sont applicables mutatis mutandis aux mutuelles de sécurité sociale.

CHAPITRE VI : DU REGROUPEMENT DES MUTUELLES SOCIALES

Article34 : (1) Les mutuelles sociales peuvent se regrouper en union ; fédération ou


confédération.

(2) L’Assemblée Générale des unions des mutuelles est composées des
délégués des mutuelles adhérentes, élus dans les conditions fixés par les Statuts des
mutuelles concernées.

(3) L’Assemblée Générale de la fédération des unions de mutuelle est


composée des délégués des unions de mutuelles, élus dans les conditions déterminées
par les statuts des unions concernées.

(4) L’Assemblée Générale de la confédération des fédérations des

mutuelles est composée des délégués des fédérations de mutuelles, élus dans les

conditions fixées par les statuts des fédérations concernées.

(5) Les unions, fédérations et confédérations de mutuelles sociales sont


tenues lors de leur création, d’observer les mêmes formalités que les mutuelles sociales.

(6) Les unions, fédérations et confédérations de mutuelles de sécurité


sociale ne peuvent s’immiscer dans le fonctionnement interne des mutuelles.

Articles 35 : (1) La fusion de deux ou de plusieurs mutuelles, unions ou fédérations des


mutuelles de sécurité sociale est prononcée par des délibérations concordantes de
l’Assemblée Générale des mutuelles à fusionner et de la mutuelles absorbante.
(2) La fusion ne devient définitive qu’après l’agrément la consacrant.

La demande d’agrément dans ce cas est appuyée par les agréments des structures
ayant fusionné.

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Article 36 : (1) L’union, la fédération ou la confédération des mutuelles sociales cesse
d’exister par la demande de scission introduite par les mutuelles, les unions et les
fédérations ayant fusionné pour en donner existence ou par la dissolution de l’union, de
la fédération ou de la confédération des mutuelles.

(2) La scission et la dissolution obéissent aux mêmes formalités que la

fusion.

CHAPITRE VII : DES DISPOSITIONS DISCIPLINAIRES ET PENALES

ARTICLE 37 : (1) Nonobstant les poursuites pénales pouvant être engagées à leur
encontre, le Ministre chargé de la sécurité sociale peut prendre toutes les mesures
conservatoires nécessaires à l’encontre des dirigeants des mutuelles contre lesquelles
des indices tendant à prouver des cas d’abus de confiance, d’escroquerie, de
manquement à l’honneur, d’usage abusif de la dénomination des mutuelles, de la
publication et de la communication des faux documents et états financiers, de l’abus de
biens sociaux, du refus de se soumettre à un contrôle financier, du défaut
d’établissement des documents comptables ont été relevés par une commission de
contrôle.

(2) Les mesures conservatoires peuvent également être prises par le

Conseil d’Administration lorsque des manquements ont été relevés à l’encontre des
membres du Bureau Exécutif.

(3) Durant la période d’effet des mesures conservatoires qui ne peut être
supérieure à trois (03) mois, des organes intérimaires sont mis en place soit par le

Ministre chargé de la sécurité sociale, soit par le conseil d’Administration.

(4) Si à l’issue de la période mentionnée à l’alinéa 37 ci-dessus, les faits ayant


donné lieu aux mesures conservatoires sont avérés, le Ministre chargé de la sécurité
sociale ou le cas échéant, le Conseil d’Administration, constate la cessation de fonction
de l’organe concerné.

Dans ce dernier cas, il est procédé dans un délai de trente (30) jours, à compter
de la date de constatation, à la mise en place des nouvelles structures.

Article 38 : Lorsque les faits énumérés à l’article 37 alinéa 1 ci-dessus menacent


l’existence de la mutuelles, le Ministre chargé de la sécurité sociale suspend l’agrément
pour une période maximum de trois mois.

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La suspension de l’agrément donne lieu à l’ouverture d’une enquête
administrative.

Article 39 : Lorsque les faits ayant motivé la suspension de l’agrément s’avèrent fondés,
le Ministre chargé de la sécurité sociale prononce le retrait de l’agrément.

Article 40 : (1) Tout membre d’une mutuelle peut saisir les juridictions compétentes pour
dénoncer les agissements des dirigeants de la mutuelle si ces faits sont de nature

à menacer l’existence de celle-ci.

(2) L’action intentée dans le cas prévu à l’alinéa 1 ci-dessus est précédée
d’une dénonciation faite au Ministre chargé de la sécurité sociale demeurée vaine trente
jours de suite.

Articles 41 : Les procès-verbaux constatant les faits ayant entrainé la suspension de


l’agrément ou son retrait sont soumis au Ministère Public territorialement compétent
pour valoir plainte au nom de la mutuelle.

Article 42 : (1) Les peines prévues par le code pénale pour les infractions relatives à
l’atteinte à la propriété, à l’honorabilité et au patrimoine d’autrui sont doublées lorsque
la victime se trouve être une mutuelle sociale.

(2) Lorsque les infractions relevées à l’endroit des dirigeants des mutuelles ne
sont pas prévues par le code pénal, les peines encourues sont celles applicables en
matière d’abus de confiance ou d’escroquerie aggravée.

(3) Lorsque les infractions sont relatives aux fonds des mutuelles, les peines
sont celles prévues en matière de détournement des derniers publics.

(4) Les textes particuliers relatifs à chaque mutuelle fixent les incriminations

propres.

CHAPITRE VIII : DE LA DISSOLUTION ET LA LIQUIDATION

Article 43 : La dissolution d’une mutuelle peut intervenir dans les cas suivants :

- Dissolution volontaire à la fin de la période fixée par les statuts ;

- Dissolution volontaire prononcée en Assemblée Générale extraordinaire


consécutivement à un dysfonctionnement menaçant l’existence de la mutuelle ;

- Dissolution administrative proposée par l’autorité de tutelle à titre de sanction


pour manquement aux obligations légales et statutaires ;

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- Dissolution judiciaire en application des dispositions de l’Acte Uniforme OHADA
portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif.

Article 44 : (1) La mutuelle sociale est mise en liquidation dès le prononcé de la décision
de dissolution.

Les opérations de liquidation sont accomplies sous la surveillance de l’autorité


judiciaire. Il est prélevé sur l’actif social et dans l’ordre social et dans l’ordre suivant, sous
réserve des créances privilégiées :
- Le montant des engagements contractés vis-à-vis des tiers ;

- Les sommes nécessaires à la couverture des droits acquis par les membres ;

- Les sommes nécessaires pour couvrir, dans la limite de l’actif restant, les droits
d’admission des membres de la mutuelle dissoute à la nouvelle mutuelle au titre des
frais d’adhésion.

(2) Le surplus éventuel de l’actif social est distribué conformément aux

statuts.

(3) La mutuelle cesse d’exister dès la fin de la période de liquidation.

CHAPITRE IX : DIPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES

Article 45 : Sans intervenir dans leur activité normale, la tutelle exercée par l’Etat :

- Assure les missions de conseil et d’orientation, de contrôle, de régulation et


d’arbitrage ;

- Garantit la qualité de l’offre des services ;


- Veille au renfoncement des capacités du personnel spécialisé, des promoteurs et
des gestionnaires des mutuelles de sécurité sociale ;

- Définit une fiscalité spécifique aux mutuelles sociale ;

- Octroie, le cas échéant, des subventions aux mutuelles sociales en création ou en


développement.

Article 46 : (1) Pour appuyer le développement des mutuelles, il est créé auprès du
Ministre chargé des mutuelles, un Centre National de Promotion des Mutuelles Sociale

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(CNPMS) chargé de la mise en œuvre et du suivi permanent, ainsi que de la promotion
des mutuelles en matières de sécurité sociale.

(2) Le CNPMS dispose sur l’ensemble du territoire national des structures


déconcentrées.

(3) Les modalités d’organisation et de fonctionnement du CNPMS sont


déterminées par voies règlementaire.

Article 47 : Les mutuelles sociales ou les sociétés de secours mutuel existantes au jour de
l’entrée en vigueur de la présente loi et désireuses d’être régies par la présente loi
disposent d’un délai d’un AN pour s’y conformer. Passé ce délai, elles sont réputées ne
pas être des mutuelles sociales.

Article 48 : La présente loi qui abroge toutes dispositions antérieures contraires sera
enregistrée, publiée puis insérée au journal Officiel en français et en anglais. /-

Yaoundé, le

Le Président de la République

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