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L’INSERTION DES DEPLACES INTERNES DANS LA VILLE DE

YAOUNDE : DE LA VULNERABILITE A LA RESILIENCE

Par
Dr Fati HOUSSAÏNA, Enseignante/Chercheuse,
Histoire économiques et sociales
Université de Maroua (Cameroun)
Contrôleur adjoint au Ministère des Marchés Publics
Professeur des lycées d’enseignement général
Tél. : (237) 6 76511897/ 698881370, E-mail : housfatoumar@yahoo.fr
B.P. : 755 FALSH/Département d’Histoire

Axe n°2 : Les nouveaux visages de la précarité et de l’exclusion sociale

Résumé : ce travail étudie les mécanismes d’insertion des personnes déplacées dans la
ville de Yaoundé. Quand manger devient un défi quotidien, les déplacés sont prêts à pratiquer
n’importe quelle activité pouvant leur permettre de survivre face à la rigidité de la terre
d’accueil. Ces déplacés qui exerçaient aussi bien dans le secteur formel qu’informel, ont fait
face à des difficultés d’insertion qui ont favorisé la pratique des activités parfois illégales de
ces nouveaux venus dans la ville. On va assister d’office à une mutation d’activités en terre
d’accueil. Nous nous intéressons ici aux personnes les plus vulnérables parmi ces déplacés
c’est-à-dire ceux qui ont d’abord fait face à une crise de logement avant d’affronter la crise
alimentaire quotidienne dont la majorité est victime. C’est donc par une méthode
d’observation et de collectes de données recueillies auprès des déplacés vulnérables que ce
travail a bien pu être mené. Il est question de voir comment ils ont réussi à s’insérer dans la
société et quel type d’activités ils ont effectué pour survivre à Yaoundé. Les résultats obtenus
montrent que malgré les mesures prises par les pouvoirs étatiques, certaines couches sociales
sont restées en marge des différentes aides et appuis institutionnels. Ceux d’entre eux qui en
ont perçu les trouvent insuffisants. Au-delà d’une analyse du problème de la survie en
contexte de crise, nous proposons des solutions pouvant être capitalisées non-seulement au
Cameroun, mais aussi dans certains pays du monde. Les résultats de ce travail proviennent de
l’observation, des sources orales et écrites

Mots clés : insertion, déplacés internes, vulnérabilité, résilience.


INTRODUCTION

L'exode rural dans les pays en développement et le fort taux de croissance urbaine du
monde en développement constituent les représentations les plus notables des mobilités
internes (Mbida Emile, 2011, p. 1). Les migrations semblent avoir eu des causes relativement
complexes. Qu’il soit politique, religieux, socio-culturel ou encore économique, l’impact de
ces mouvements n’est pas anodin (Barou, 2007, p. 5). De nombreuses migrations dans le
monde sont dues à des catastrophes naturelles, des guerres internes, des crises politiques, etc.,
qui amènent des habitants à fuir leurs localités d’origine et à trouver refuge ailleurs. Parfois,
ce sont des conditions de vie dans les villes d’origine qui incitent les populations à se déplacer
afin de trouver une vie meilleure. Ces mouvements peuvent être internes c’est-à-dire allant
d’une région à une autre. Les mobilités internes sont dynamiques et variées. Le Secrétaire
Général des Nations Unies en 1998 définit les personnes déplacées à l’intérieur de leur
propre pays comme «des personnes ou groupes de personnes forcés ou contraints de
fuir ou de quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison
d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violations des droits de
l’homme ou de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ou pour en éviter
les effets, et n’ayant pas franchi les frontières internationalement reconnues d’un Etat 1».
Au Cameroun, les mobilités internes peuvent être dues aux problèmes climatiques (sécheresse
dans la région septentrionale) ou aux crises sociopolitiques (Boko Haram au Nord ou le
problème sécessionniste dans les régions anglophones). Ces facteurs poussent les populations
à se déplacer et à trouver refuge dans des grandes villes où ils ont espoir d’améliorer leurs
conditions de vie. Devenus des personnes vulnérables dans la ville de Yaoundé, les déplacés
vont mettre sur pied de nouveaux mécanismes afin de pallier à certains problèmes dont ils
font désormais face. Dans le cadre de ce travail, nous allons nous intéresser aux déplacés
internes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Tandis que la vulnérabilité désigne la
propension d’une entité à souffrir de changements, la résilience se rapporte à sa capacité à se
réorganiser face à ces changements (Folke et al., 2007 ; Turner et al., 2003). C’est dans cette
logique de vulnérabilité et de résilience que s’inscrit ce travail qui étudie l’insertion des
déplacés internes dans la ville de Yaoundé. Il va donc se poser le problème de la prise en
charge des déplacés dans la ville d’accueil. Autrement dit, comment les déplacés sont-ils
insérés et pris en charge lorsqu’ils arrivent dans la zone d’arrivée ? De cette problématique,
découlent plusieurs hypothèses de recherche : le recours à la délinquance est une alternative à
1
Draft sur la politique nationale sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes en
Centrafrique de juillet 2015.
l’insertion des déplacés ; la mise sur pied de nouvelles activités est un palliatif ; la prostitution
est un tremplin pour les nouvelles qui n’ont ni logements, ni un fonds de commerce pour
débuter. Il s’agit en première partie de faire une analyse de la vulnérabilité des déplacés
internes. En deuxième partie, nous décrypterons les stratégies de résilience à travers des
activités informelles et les activités illégales et enfin, nous présenterons une esquisse de
solution à la situation des déplacés internes. C’est par une méthodologie de collecte des
données recueillies auprès de certains informateurs que nous avons pu mener à bien cette
étude. Une étude empirique et exploratoire a permis de mieux appréhender le niveau de
vulnérabilité de ces activités et de constater par-là que la vulnérabilité diffère d’une activité à
une autre. Une rencontre permanente avec les déplacés internes nous a servie dans la
réalisation de ces travaux et a permis d’aboutir au résultat selon lequel la mise sur pied de
nouvelles stratégies, notamment dans l’accueil, l’identification et la catégorisation des
déplacés s’avère nécessaire.

I- DECRYPTAGE DE LA VULNERABILITE DES DEPLACES


INETRNES DANS LA VILLE DE YAOUNDE

Du latin vulnus, vulneris (la blessure) et vulnerare (blesser), le vulnérable est, selon le
dictionnaire Larousse, celui « qui peut être blessé, frappé », « qui peut être facilement atteint,
qui se défend mal ». Le terme a pour synonymes « fragile » et « sensible ». La vulnérabilité
convoque, comme l’a montré Hélène Thomas, deux notions : la fêlure d’une part (la zone
sensible, fragile, par où arrivera l’atteinte) et la blessure d’autre part (qui matérialisera
l’atteinte) (Thomas, 2010 : 43). La vulnérabilité désigne ainsi « une potentialité à être blessé »
(Soulet, 2005 : 24). Cette vulnérabilité, pour le cas de ce travail est due à des failles qui
émanent en grande partie des pouvoirs publics.

A- Echec des pouvoirs publics dans la prise en charge des déplacés internes au
Cameroun

La vulnérabilité longtemps appréhendée en rapport avec les catastrophes


naturelles mérite aujourd’hui d’être analysée sous le prisme des crises sociopolitiques et
ethniques plus dommageables que les catastrophes naturelles ponctuelles et spatialement
circonscrites (Joséphine Lémouogué et al., 2019, p. 4). Depuis 2016, une crise sociopolitique
est en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun dans lesquelles
vivent environ16% de la population totale du Cameroun (soit plus de 3 188 981
d'habitants) selon les données du BUCREP de 20102. En fin 2017, cette crise a dégénéré en
conflit armé entre les groupes armés non étatiques et les forces de défense et de sécurité de
l'État, provoquant d'importants déplacements internes et besoins humanitaires dans les deux
régions. En novembre 2018, le nombre de personnes déplacées dans les régions du Sud-Ouest
et du Nord-Ouest est estimé à 437500 personnes. Plus de 26000 autres personnes ont fui à
travers la frontière pour se réfugier au Nigéria. Des milliers d'autres se sont déplacées de
ces régions pour les régions francophones du Cameroun, notamment l’Ouest, le Littoral et le
Centre (APDEVEL, 2018, p.4)3. Dans la ville de Yaoundé, de nombreux déplacés sont arrivés
abandonnant tous leurs biens derrière eux et parfois, sans savoir avec exactitude où ils allaient
loger. Face à cette situation, tous les regards sont tournés vers l’action gouvernementale.

Malgré toute sa volonté gouvernementale, le Cameroun a du mal à respecter et à


mettre en œuvre les engagements souscrits dans les instances internationales, consistant à
mettre en place un cadre juridique qui vise à éliminer les causes fondamentales, à prévenir
les déplacements des personnes à l’intérieur de leur propre pays, à leur fournir
assistance, protection pendant les déplacements quelle que soit la cause. Elle vise
également à leur proposer une solution viable et durable au cas où elles décident de
rester sur les sites d’accueil, dans les familles d’accueil, dans les établissements ou dans
d’autres lieux4. La politique mise sur pied par les pouvoirs publics camerounais se trouve
inefficace pour ce qui est de la gestion des déplacés internes. Ceci est parfois dû soit à
l’immaturation des projets, soit au non suivi de la mise en œuvre des projets planifiés, soit
encore à une mauvaise planification. Cette situation rend davantage vulnérable ces déplacés
plus qu’ils n’en étaient déjà.

Le Cameroun n’a pas un service spécial qui s’occupe des mouvements internes de la
population. C’est la raison pour laquelle il est difficile de définir avec exactitude le nombre de
personnes allant d’une région à une autre, d’un département à un autre, ou même d’un
arrondissement à un autre. Il a du mal à mettre en place une politique solide et efficace qui
prendra en charge les déplacés internes. Cette Politique qui s’inspire des Principes
Directeurs proposés par le Secrétariat Général des Nations Unies, s’inscrit dans le
cadre de la mise en application de la Convention de l’Union Africaine dite Convention
2
L’effectif de la population du Cameroun au 1er janvier 2010 s’élève à 19 406 100 habitants. Ce chiffre s’appuie
sur l’analyse des tendances démographiques observées à partir des recensements de 1976, 1987 et 2005.
3
APDEL, « Evaluation des besoins des déplacés internes dans le Département de la Menoua », rapport
d’évaluation, décembre 2018.
4
https://www.refworld.org/pdfid/5a2559174.pdf « Politique Nationale sur la protection et l’assistance aux
personnes déplacées internes en Centrafrique », juillet 2015. Consulté le 28 juin 2021.
de KAMPALA du 22 Octobre 2009, sur la protection et l’assistance aux personnes
déplacées en Afrique ainsi que le Protocole de la Conférence Internationale sur la
Région des Grands Lacs relatif à la protection et à l’assistance à apporter aux
personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (article 2 de la convention de l’Union
Africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (convention de
Kampala)). La vulnérabilité de ces déplacés est matérialisée par la perte de leurs maisons, des
membres de leurs familles, de leur emploi, les moyens de subsistance, etc.

B- Entre mobilité et vulnérabilité

La protection et l’assistance de ces personnes déplacées ont du mal à être appliquées à


cause du non contrôle des flux des mouvements intra régionaux internes au Cameroun.
L’identité des déplacés est en grande partie méconnue des pouvoirs publics. On assiste alors à
un désordre urbain étant donné que des milliers parmi eux n’ont nulle part où loger. Si des
camps sont construits ou aménagés pour ce qui est des réfugiés, il n’en n’est pas le cas pour
ce qui est dans déplacés internes. Ces personnes vulnérables font face à un problème de
logement assez sérieux. Ceux ayant des liens ont pu, à travers des réseaux familiaux ou
amicaux, se trouver des familles d’accueil dans des quartiers comme Etoug-Ebe, Melen,
Nsimeyong, Biyem-assi ou Obili où ils sont massivement représentés. Ceci nous permet
d’évoquer la théorie de la migration avec l’approche des réseaux de Massey.

La notion de réseau constitue un élément de la structure sociale à partir duquel


Massey établit un lien entre le réseau et l’effet de rétroaction sur la migration. En faisant
référence à la notion de minimisation des risques à travers les stratégies familiales, il justifie
l’approche de causalité cumulative en affirmant : « Chaque nouveau migrant élargit le réseau
et réduit les risques liés à la migration pour toutes les personnes auxquelles il est lié ; il n’est
alors presque plus risqué et coûteux de diversifier la répartition de la main-d’œuvre du
ménage » (Massey, 1998, p. 68). Allant dans le même sens, De Jong (2000) stipule que
l’individu confronté à la décision de migrer est désormais considéré comme relié à la structure
sociale. Cette dernière est constituée de la famille proche et élargie, des personnes originaires
de la même région ou du même groupe culturel, des amis et connaissances. Ces réseaux sont à
la fois des sources d’informations et des fournisseurs d’aide et d’appui pour le voyage. Elles
sont également source d’installation dans le pays ou dans la ville de destination. On peut donc
considérer que la migration est facilitée par l’existence des réseaux (De Jong, 2000, p. 312).
C’est de cette manière que de nombreux ressortissants des Régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest qui avaient un lien dans la ville de Yaoundé ont pu s’installer.

Pourtant, tout à côté, on a ceux-là qui ont élit domicile à la belle étoile en faisant de la
rue leur dortoir. C’est alors à ce moment que les institutions religieuses apportent un soutien
aux personnes vulnérables. Les églises ont joué un rôle capital dans l’accueil en ce sens que
de nombreux déplacés se dirigeaient vers ces lieux sans même requérir l’avis des
responsables5. Les lieux de culte sont alors considérés comme un refuge pour ceux venus
d’ailleurs. En 2019, l’Eglise Baptiste d’Etoug-Ebe a accueilli plus de 300 déplacés parmi
lesquels les fonctionnaires, les travailleurs du secteur formel et informel, les femmes et les
enfants. Sister Ruth avec qui nous avons eu un échange le dit en ces termes : «  On ne sait qui
leur a dit de venir ici mais ils sont venus et on les a accueilli. On n’avait pas de matelas mais
on leur a dit de trouver des nattes ou des pagnes et de se coucher à l’intérieur de l’église ou
dans des salles de classe qui sont dans l’enceinte de cette église. Ils étaient plus de 300
déplacés c’était trop dur pour nous.6 ». Cette situation marque un autre échec des pouvoirs
publics dans l’accueil et le logement des déplacés internes au Cameroun. Certains des
déplacés font donc face aux problèmes non seulement de logement, mais aussi d’emploi car
ayant laissés tout derrière eux. La personne vivant en situation de vulnérabilité sociale risque
autrement dit de se retirer de la vie collective afin de se centrer sur sa survie individuelle
ou familiale. Ce faisant, elle risque l’enclenchement d’un cercle vicieux où la
responsabilité de sa situation est de plus en plus pointée vers elle et où ses incapacités
croissent et ses ressources diminuent. La vulnérabilité sociale hausse donc les
difficultés d’agir individuellement et collectivement sa vie tout en diminuant par le fait
même les capacités d’avoir du pouvoir et de donner sens et direction à sa vie (Charrette,
2017 : 10). Pour remédier à cette situation, les personnes vulnérables vont se lancer dans des
activités informelles et parfois même illégales, pour subvenir à leurs besoins élémentaires.

II- STRATEGIE DE RESILIENCE DES DEPLACES INTERNES AU


CAMEROUN ET ESQUISSE DE SOLUTION

Lorsque le terme résilience fut employé la première fois, ce fut en 1626 en anglais par
le philosophe Francis Bacon. Le sens de ce mot en anglais est «rebondir», «se ressaisir» ou
«se redresser». En anglais cela désigne des situations qui font l’objet des préoccupations

5
SONA Ruth, 59 ans, vice-présidente du comité de bénévolat à l’Eglise Baptiste d’Etoug-Ebe, entretien du 24
juin 2021.
6
Ibid.
actuelles dans le champ de la psychologie. Pour Anaut, La résilience peut se définir comme la
capacité de sortir vainqueur d’une épreuve qui aurait pu être traumatique, avec une force
renouvelée. La résilience impliquant l’adaptation face au danger, le développement normal
en dépit des risques et le ressaisissement de soi après un traumatisme (Anaut, 2003 : 7). La
résilience est un processus dynamique qui désigne la reprise de développement d’une
personne confrontée à un traumatisme, ayant nécessité dans un premier temps une
résistance à ce trauma initial impliquant alors l’inexistence d’un effondrement durable
et dans un deuxième temps l’inscription dans l’élaboration de ce trauma. La résilience
doit être comprise comme la résultante de l’interaction des ressources du sujet tant internes
(capacités, fonctionnement intrapsychique relevant de la personnalité sous-jacente)
qu’externes (environnement familial, social), cette construction débutant dès la naissance
et se poursuivant tout au long de la vie. La résilience des déplacés internes du Nord-Ouest et
du Sud-Ouest s’est faite tant bien par les activités informelles que celles illégales.

A- L’insertion par la pratique des activités informelles

Les déplacés internes ont usé de plusieurs stratégies variant non seulement d’un
individu à un autre, mais aussi en fonction du degré de vulnérabilité. C’est ainsi que nos
échanges avec certaines personnes vulnérables nous ont permis de comprendre que certains
parmi eux ont réussi à se déplacer avec des petites économies. Cette catégorie va donc
développer des activités informelles pour survivre dans la ville. On a ainsi des agricultrices se
transformer en vendeuses de nourriture, notamment le « Eru »7, qui s’est davantage développé
vu qu’une étude de faisabilité menée par ces femmes a révélé que la population en est friande.
D’aucunes s’arrangent à le commercialiser au sein de leur domicile d’accueil parce que
disent-elles, ne connaissent pas la ville8. D’autres par contre qui se sont familiarisées à la
ville, se faufilent de bureau en bureau pour offrir leurs repas. C’était pour elles un des moyens
pour sortir de la situation dans laquelle elles se trouvent afin de subvenir aux besoins de leurs
progénitures.

D’autres parmi elles ont opté pour des activités qui ne nécessitaient pas forcément une
source de revenus pour s’y lancer. Elles offrent donc leurs prestations dans des tâches
domestiques parce que non seulement elles n’ont rien pu emporter comme biens dans leur
fuite, mais aussi, n’ont plus la possibilité d’acquérir de vastes espaces pour cultiver, comme

7
Mets traditionnel originaires des zones anglophones du pays
8
Mildred plus connue sous le nom de mami Eru, 43 ans, commerçante, entretien du 28 mai 2021 à Biyem-Assi
(Yaoundé).
elles savaient si bien le faire9. On assiste alors à un transfert du travail de reproduction sociale,
voyant des femmes des pays nantis exercer une activité professionnelle en se déchargeant des
tâches domestiques sur d’autres femmes (Catarino et Morokvasic, 2005, p. 9). Les activités
domestiques sont pour certaines d’entre elles un tremplin leur permettant d’accumuler des
revenus afin de lancer leurs propres affaires. C’est le cas de Lydia qui a travaillé pendant deux
ans (de novembre 2017 à septembre 2019) dans un domicile privé et où le salaire net perçu
était de 40 000 frs le mois. De ce revenu, elle réussissait à épargner 20 000 frs et utilisait les
autres 20 000 frs pour les charges de la maison. Au bout de deux ans, elle avait plus de
400 000 frs épargnés, ce qui lui a permis de mettre fin à ses activités domestiques qui
devenaient de plus en plus pénibles et contraignants. Ayant eu le temps de prospecter d’autres
horizons, Lydia a su se lancer dans le commerce de la friperie qui aujourd’hui est sa
principale source de revenus10.

Les enfants ont également joué un rôle non négligeable dans les stratégies de
résilience. N’ayant pas des moyens pour les inscrire à l’école, les parents ont préféré les
occuper à d’autres fins. On va alors voir un accroissement des petits commerçants dans les
rues et les marchés non loin de leur lieu d’accueil c’est-à-dire dans les quartiers comme
Etoug-Ebe, Obili et Biyem-Assi où nos enquêtes ont été menées. Le fonds de commerce est
issu pour les cas précis, des parents qui voient dans l’activité de leurs enfants, un déploiement
des sources de revenus. Arborant leurs sacs à dos, ils vont porter des plateaux d’arachides et
faire le tour de la ville. Lorsque ce n’est pas la saison, ils ont des plateaux de friandises
(bonbons, chewingum, chocolats, etc.). Leurs activités sont très souvent motivées par la
poursuite de leurs études. Ils sont obligés d’effectuer des recettes considérables pour espérer
reprendre l’école l’année à venir.

Les déplacés ont des préoccupations et besoins relatifs au manque de revenus,


aux difficultés de nutrition, à la vulnérabilité sanitaire, etc. Pour y remédier, ils sont
souvent obligés de changer d’activités parce que la ville d’accueil ne leur offre toujours pas
l’opportunité de continuer dans la même activité que celle de la ville d’origine. C’est ainsi
qu’on voit les anciens chauffeurs se transformer en maçons de circonstance. Ce changement
d’activités est dû au fait qu’en réalité, ils n’étaient pas propriétaires des voitures qu’ils
conduisaient. Ils travaillaient soit pour une agence, soit pour des particuliers. D’autres étaient
même des commerçants qui exerçaient dans les petits métiers du secteur informel. La réalité

9
Ntah Lovelyne, 38 ans, travailleuse domestique, entretien du 13 juin 2021.
10
Lydia, 51 ans, commerçante, entretien du 20 juin 2021.
de la ville d’accueil conditionne les activités de ces déplacés en terre d’accueil. Les
immeubles en chantier dans la ville sont une aubaine pour ces chercheurs d’emplois qui
n’hésitent pas à se faire embaucher malgré le revenu quotidien qui est quasi insignifiant 11.
L’Eglise Baptiste d’Etoug-Ebe a joué un rôle important dans l’insertion des déplacés internes
car, par des canaux informels de bouche à oreille, elle a passé l’information d’une nécessité
urgente de trouver une activité aux déplacés. C’est ainsi que des fidèles de l’église sont
parvenus à recruter quelques-uns dans leurs domiciles comme gardiens, baby-sitter ou comme
femme de ménage12. L’objectif est de subvenir aux besoins de la famille dont ils ont la charge
et pour cela, ils sont contraints de vaquer aux tâches même les plus pénibles et souvent
illégales.

A côté de ces déplacés qui s’activent dans le secteur informel pour pallier à leur
situation de personnes vulnérables, on a une catégorie qui se résilie par des actes de
délinquances. Très souvent, celle-ci a d’abord fait face aux problèmes de logement parce que
n’étant pas liée à un réseau qui a facilité son accueil dans la ville d’accueil. Elle est d’autant
plus vulnérable qu’elle doit en même temps trouver où loger et comment se nourrir. Le
recours à la délinquance et à la prostitution est donc une mesure palliative.

B- La délinquance comme mesure palliative à l’insertion des déplacés internes

De jeunes femmes dont l’âge varie entre 19 et 42 ans ont constitué notre échantillon
d’études et ont préféré rester dans l’anonymat. Celles-ci ont fait de la prostitution leur
principale source de revenus dans la ville de Yaoundé. La pratique de l’activité est fortuite
étant donné qu’elles ne l’avaient pas planifié lorsqu’elles partaient des régions d’origine.
C’est la rigidité de la vie qui les a poussées à se lancer dans ce secteur et c’est en ces termes
qu’elles le disent : « Est-ce que quand on est quitté de Bamenda on venait vendre notre corps,
mais il n’y a pas l’argent ici la vie est dure on va manger comment ? 13».

Très souvent, ces femmes sont soit non logées, soit encore, elles vivent dans la
promiscuité (elles peuvent être 8 ou 9 dans une pièce de 12 m 2) qu’un bienfaiteur leur a
offert14. Cette précarité est l’un des facteurs de cette activité sexuelle. La méthode employée
varie d’une vendeuse à une autre. Certaines font communément ce qu’on appelle le « poteau »

11
Walters, 48 ans, ouvrier, entretien du 20 juin 2021.
12
SONA Ruth, 59 ans, vice-présidente du comité de bénévolat à l’Eglise Baptiste d’Etoug-Ebe, entretien du 24
juin 2021
13
Anonyme, 32 ans, vendeuse de sexe, entretien du 13 juin 2021 à Yaoundé.
14
Observation de terrain
c’est-à-dire qu’elles vont se poster sur une ruelle près d’un poteau en attendant la venue d’un
client quelconque. La recette quotidienne est fonction du nombre de clients voire, de la
générosité de ces derniers qui, lorsqu’ils sont satisfaits, peuvent offrir des montants au-delà de
ce qui avait été négocié au départ. D’autres quant à elles sont passées à une étape supérieure
dans la dite activité. En fait, ayant passé plus de douze mois dans le secteur, elles se sont
faites un carnet d’adresse où elles ont rencontré des hommes d’affaires de renom. Celles-là ne
font plus du « poteau » parce qu’elles se disent être prostituées de luxe. Elles attendent le
coup de fil d’un éventuel client qui peut les prendre toute une nuitée dans un hôtel assez
luxueux et payer des sommes considérables 15. En multipliant ce genre d’activités, cette
deuxième catégorie a réussi à sortir de la situation de précarité et sont devenues des « femmes
d’affaires » puisqu’elles effectuent en parallèle l’activité commerciale inter-régionale 16.
Malgré les risques17 dont elles ont fait face dans cette activité, elles ont fini par s’y habituer au
point où même si elles ont désormais une activité parallèle, il leur est difficile d’abandonner le
commerce du sexe. Elles ne voient d’ailleurs aucune illégalité dans la pratique de ces activités
contrairement aux bandits de grands chemins qui selon elles font dans l’illégalité.

La délinquance juvénile s’est matérialisée de plusieurs façons chez les originaires du


Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans des quartiers où leur présence était assez représentative, de
nombreuses plaintes ne cessaient d’inculper les jeunes déplacés internes. Autrefois
débrouillards, ils vont se lancer dans du pick pocket dans des marchés et les rues en
dépouillant les passants. Ils vont également se spécialiser dans le vol à l’arraché sur la moto.
Ils sont communément appelés les « localiseurs 18». A côté de ceux-là, on a des passeurs qui
opèrent beaucoup plus dans des établissements scolaires. Ils sont massivement impliqués dans
le trafic des stupéfiants qui intéressent de plus en plus les élèves. Ils vont donc se procurer ces
stupéfiants auprès des semi-grossistes afin de venir les revendre au sein des établissements
scolaires. C’est pour eux le moyen le plus facile pour sortir de la précarité 19. Il faut rappeler
que plusieurs parmi ces délinquants pratiquaient une activité décente dans les régions du
Nord-Ouest et du Sud-Ouest, c’est le contexte de déplacement et surtout, la recherche de quoi
15
Rita (nom d’emprunt), 26 ans, vendeuse de sexe, entretien du 6 juin 2021 à Yaoundé.
16
La vente du sexe a permis à certaines femmes d’accumuler de l’argent qui leur permet de faire du commerce
entre le Cameroun et certains pays d’Afrique (Togo, Benin, Nigéria). Après deux ans dans la prostitution de
luxe, il est facile d’accumuler de l’argent pour monter son entreprise.
17
La vente du sexe est une activité à risque parce que certaines parmi elles sont utilisées sans être payées.
D’autres encore sont utilisées et tuées par la suite.
18
Leur rôle consiste à localiser une proie et à venir s’entendre avec le chauffeur de la moto. Le but consiste à
arracher un sac (peu importe pour hommes ou pour femmes) à une vitesse très rapide et s’en aller sans être
reconnu.
19
Mballa, 22 ans, étudiant en première année dans une Université de la place à Yaoundé, entretien du samedi, 26
juin 2021.
manger qui les amènent à se comporter autrement. L’Etat doit pour cela prendre des mesures
afin de mieux encadrer ces déplacés.

C- Esquisse de mise en œuvre de la gestion des déplacés internes au Cameroun

La précarité et la délinquance dans laquelle se trouvent certains déplacés sont parfois


dues à la non prise en compte de leurs besoins. Nos multiples descentes sur le terrain laissent
constater que c’est depuis fin 2017 que la ville de Yaoundé est témoin de vagues massives de
mobilités. Face à cette situation, une nouvelle stratégie gouvernementale et des Fonds
spéciaux devraient être mis en place pour l’accueil et l’insertion des déplacés internes dans la
ville.

Afin de mieux gérer le problème des déplacés internes, le Cameroun devrait mettre en
place un service spécial chargé de gérer les mobilités internes. Pour y parvenir, il importe
d’instaurer des outils de contrôle au niveau des différentes gares routières dans les dix
régions.

Le renforcement des contrôles doit se faire avec la collaboration des différentes parties
prenantes à savoir les maires des communes, les maires de ville, les présidents des conseils
régionaux qui, chacun à son niveau mettra un dispositif de contrôle efficace permettant
d’avoir une vue panoramique sur les entrées et les sorties de sa circonscription. Face aux flux
des mouvements actuels, le Cameroun devrait mettre de nouvelles techniques de régulation de
plus en plus sophistiquées et complexes destinées non pas à restreindre la mobilité, mais
plutôt à pouvoir identifier les déplacés.

Pour ce qui est des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par exemple, les portes
d’entrée et de sortie doivent connaitre des renforcements solides avec la mise sur pied d’une
« Brigade Des Frontières Internes » dont le principal rôle serait l’identification des déplacés
aux frontières des grandes villes du pays. Depuis la crise sociopolitique qui sévit dans ces
régions anglophones, on assiste à une circulation accrue de personnes mobiles qui fuient les
localités dangereuses. Il est jusque-là difficile d’identifier parmi les déplacés qui est terroriste
ou qui ne l’est pas. Dans le même temps, il faut organiser l’accueil de ces déplacés dans les
villes d’accueil.

En fait, si les mobilités de certaines personnes sont enregistrées au niveau des agences
de voyage20 dans les villes de départ, aucune mesure n’est prise pour les identifier dans la ville
20
L’enregistrement au niveau des agences est fait pour les passagers qui empruntent le transport en commun.
d’arrivée. Par conséquent, une fois arrivés, les déplacés sont fondus dans la nature et il n’est
plus aisé pour les pouvoirs publics de pouvoir regrouper ou quantifier le nombre de déplacés,
en tenant compte du fait que d’aucuns peuvent faire une escale définitive au cours du voyage.
Par ailleurs, ceux des déplacés qui n’ont pas emprunté le transport en commun ne sont
enregistrés nulle part. Il est donc quasi impossible de contrôler leurs mouvements à travers
des registres des agences de voyage. Ces registres doivent désormais être informatisés pour
une meilleure préservation.

Pour une meilleure gestion des déplacés notamment pour ce qui est des cas du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest, l’enregistrement et l’identification de ces personnes vulnérables
faciliteraient leurs prises en charge. Le nombre exact des personnes vulnérables n’est pas
connu et il est donc difficile d’entamer des mesures efficaces et équitables pour leur suivi.
Toutefois, les pouvoirs publics devraient mener des enquêtes et se rapprocher des quartiers
qui ont accueilli des vagues massives des déplacés, ils devraient aussi se rapprocher des
institutions religieuses qui ont été un refuge de ces sans abri. Un recensement plus ou moins
approximatif pourrait être un début dans la gestion des déplacés internes du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest. Une fois le recensement effectué, il importe de catégoriser ces personnes
vulnérables afin de mieux les loger et les insérer dans le milieu socioprofessionnel.

Le but de la catégorisation est de faire une distinction entre les travailleurs du secteur
informel et formel, les fonctionnaires, les jeunes en âge de travailler, les commerçants, les
élèves, les femmes et les enfants. Ce travail effectué servira dans une meilleure planification
et une meilleure budgétisation dans la prise en charge. Ainsi, il sera plus facile par exemple de
regrouper les élèves et les inscrire chacun dans un établissement scolaire sans que les parents
ou tuteurs aient à dépenser une somme quelconque. Pourtant ce n’est pas ce qu’on a observé
sur le terrain. Plusieurs enfants ont passé des années blanches parce qu’ils étaient abandonné à
eux-mêmes. D’autres ont dû se sacrifier et pratiquer quelques activités avant de pouvoir payer
leurs frais de scolarité et retourner à l’école. Il en était de même pour les étudiants qui en
principe devraient pris en charge par l’Etat vu leur situation de déplacés.

Pour ceux exerçant dans le secteur informel, une aide financière serait l’idéal afin
qu’ils puissent relancer leurs activités d’antan. Mais, des dons en nature pourraient également
servir dans la mesure où certains faisaient du commerce des produits alimentaires comme du
riz, sucre, huile, sel, etc. Pour cette catégorie, des dons seraient considérés comme un fonds de
commerce. Par contre, ceux opérant dans le commerce de la friperie gagneraient à obtenir un
moyen financier.

L’Etat pourrait également octroyer des terres à ces déplacés afin qu’ils puissent
renouer avec leurs activités d’agriculteurs. Nombreux étaient obligés de changer d’activités en
terre d’accueil parce que n’ayant pas d’espaces pour exercer leurs travaux champêtres. Il
pourrait aussi les insérer dans des secteurs tels que les gardiennages, les travaux domestiques,
comme l’a d’ailleurs fait l’Eglise Baptiste d’Etoug-Ebe ou l’Eglise Protestante de Nsimeyong,
pour ne citer que ces deux cas. Ceux d’entre eux qui n’avaient aucun repère pourraient être
réorientés vers des centres de formation afin de leur donner une chance. Cette insertion initiée
par l’Etat pourrait limiter le taux de criminalité ou de délinquance de ces déplacés en terre
d’accueil.

Un autre fait positif de l’identification et de la catégorisation des déplacés résiderait


dans la meilleure gestion des logements. Tout comme des camps des « refugiés » sont
construits pour des circonstances, l’Etat aurait dû prendre des mesures appropriées pour loger
tous les déplacés internes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en les mettant à l’abri. La crise de
logement est un problème majeur pour ceux qui n’ont aucun réseau familial dans la ville
d’accueil. Abandonnés à eux-mêmes et sans aucun repère, ils sont exposés à toutes sorte de
dérive dans la ville. Pour y remédier, la construction des camps des déplacés internes est une
mesure palliative à ces crises de logements. Ceci pourrait résoudre en même temps le
problème du désordre urbain et des occupations anarchiques dans certains quartiers.

CONCLUSION

Au terme de ce travail, il était question de voir l’insertion et de la prise en charge des


déplacés internes dans la ville de Yaoundé. Il est important de relever que les crises
sociopolitiques débutées depuis 2016 ont été à l’origine de nombreuses vagues de mobilités.
Les déplacés venus des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont fait face à plusieurs
problèmes en terre d’accueil. Le manque de logement, la promiscuité, le manque d’emplois,
etc., sont autant de besoins de ces personnes vulnérables qui ont fui les crises. Pour y
remédier, ils se sont lancés dans des activités informelles telles que le petit commerce, les
travaux domestiques, le gardiennage. Une catégorie a opté pour la pratique des activités
illégales à l’instar du vol à l’arraché, de la vente des stupéfiants, de la prostitution. Certains se
sont servis de ces activités comme un tremplin car quelques mois après, ils ont monté leurs
propres affaires. D’autres par contre ont trouvé en ces activités une véritable source de
revenus. Les résultats des enquêtes ont révélé que la pratique de toutes ces activités
(informelles et illégales) est due à l’échec des pouvoirs politiques dans la politique d’insertion
des déplacés internes. L’Etat aurait pu mettre sur pied un dispositif d’identification des
déplacés dans les villes de départ et celles d’arrivée, en collaboration avec tous les acteurs de
la chaine. Pour y parvenir, il faut réguler les mobilités internes en mettant en place un service
spécial pour le contrôle des flux des populations. Ceci permettrait une meilleure visibilité
dans la prise en charge. Ainsi, il serait plus aisé en les identifiant, de les catégoriser et de les
insérer chacun dans un secteur en fonction de sa formation, de sa qualité, de son activité dans
la ville de départ. En jouant le rôle de facilitateur dans l’insertion des déplacés internes, l’Etat
aura marqué un coup dans la gestion des déplacés au Cameroun.

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