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Revue du rhumatisme 77 (2010) 55–58

Article original

Prévalence et distribution des arthrites juvéniles idiopathiques dans une région


de l’Ouest de la France夽
Elisabeth Solau-Gervais a,∗ , Caroline Robin b , Catherine Gambert b , Sophie Troller c ,
Stéphanie Danner d , Bruno Gombert e , Françoise Debiais a , Régis Hankard b
a
Service de rhumatologie, CHU de Poitiers, rue de la Milétrie, 86021 Poitiers, France
b
Service de pédiatrie, CHU de Poitiers, rue de la Milétrie, 86021 Poitiers, France
c
Service de pédiatrie, centre hospitalier de La Rochelle, 17000 La Rochelle, France
d
Service de pédiatrie, CHU Hautepierre, 67098 Strasbourg, France
e
Service de rhumatologie, centre hospitalier de La Rochelle, 17000 La Rochelle, France

i n f o a r t i c l e r é s u m é

Historique de l’article : Objectif. – Déterminer la prévalence et la distribution des différentes formes d’arthrites juvéniles idiopa-
Accepté le 23 avril 2009 thiques (AJI) dans la région Poitou-Charentes.
Méthodes. – Il s’agit d’une étude rétrospective sur une période d’un an allant de janvier à décembre 2006. La
Mots clés : population de l’étude a concerné les enfants de moins de 16 ans résidant en Poitou-Charentes (n = 305 198)
Pédiatrie avec un diagnostic d’AJI selon les critères de l’International League of Association for Rheumatology. Un
Arthrite juvénile idiopathique questionnaire a été envoyé à l’ensemble des rhumatologues et pédiatres de la région, suivi d’un contact
Épidémiologie
téléphonique.
Résultats. – Quarante-huit enfants suivis pour AJI ont été inclus avec une prévalence évaluée à
15,7/100 000. La moyenne d’âge des enfants au moment du diagnostic est de 6,6 ans. Les formes oli-
goarticulaires sont les plus fréquentes avec 20 cas sur 48, soit 41,6 % de la population. La moyenne d’âge
au moment du diagnostic est de 4,9 ans avec 80 % de filles. Cette forme constitue la forme la plus bénigne
avec seulement deux patients (10 %) qui ont eu recours à un traitement de fond. Les enthésites avec
arthrites représentent 16,6 % des enfants avec une moyenne d’âge au moment du diagnostic de 10,7 ans
et 75 % de garçons. Neuf et sept enfants présentent respectivement une forme polyarticulaire et sys-
témique d’AJI et représentent les formes les plus sévères avec seulement deux enfants sur 16 qui ne
reçoivent ni corticoïdes ni traitement de fond.
Conclusion. – Notre étude permet de retrouver une prévalence de l’AJI en Poitou-Charentes proche des
prévalences retrouvées dans d’autres régions françaises.
© 2009 Société Française de Rhumatologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

1. Introduction Une meilleure connaissance de l’épidémiologie des AJI est


nécessaire, surtout depuis le développement des biothérapies avec
L’arthrite juvénile idiopathique (AJI) est le rhumatisme inflam- l’arrivée successive des anti-TNF, des anti-IL-1, de l’anti-CD20 et de
matoire le plus fréquent chez l’enfant. Elle comprend l’ensemble l’immunoglobuline CTLA-4.
des arthrites, sans cause reconnue, survenant avant l’âge de 16 ans Cependant, les études épidémiologiques sont peu nombreuses,
et d’une durée supérieure à six semaines. Suite à une révision surtout en Europe. De plus, elles révèlent des variations impor-
de la classification des ces AJI par l’ILAR (International League of tantes avec un facteur pouvant aller de 1 à 50 [2]. Cette
Association for Rheumatology) [1], six affections différentes sont caractéristique est particulière à l’enfant car au cours de la poly-
actuellement démembrées : oligoarticulaire, enthésites en rapport arthrite rhumatoïde, même s’il existe des variations de prévalence
avec une arthrite (ERA), polyarticulaire avec facteur rhumatoïde, au sein des différentes populations mondiales, celles-ci se situent,
polyarticulaire sans facteur rhumatoïde, systémique et rhumatisme au moins au sein de l’Europe, dans un facteur de 1 à 5 [3].
psoriasique. Ces différences de prévalence correspondent le plus souvent soit
à une surestimation secondaire à l’inclusion d’enfants ne répon-
dant pas aux critères de l’ILAR, soit à une sous-estimation liée à
夽 Ne pas utiliser, pour citation, la référence française de cet article, l’inclusion d’enfants suivis dans un centre hospitalier, ne prenant
mais sa référence anglaise dans le même volume de Joint Bone Spine (doi: pas en compte les formes bénignes vues par les médecins libéraux.
10.1016/j.jbspin.2009.11.002). En France, des études épidémiologiques ont déjà été réalisées
∗ Auteur correspondant.
dans trois régions (parisienne, Bretagne et Alsace) [4,5]. L’objectif
Adresse e-mail : e.solau@chu-poitiers.fr (E. Solau-Gervais).

1169-8330/$ – see front matter © 2009 Société Française de Rhumatologie. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.rhum.2009.04.009
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Tableau 1
Caractéristiques des patients atteints d’arthrite juvénile idiopathique (AJI). N’ont pas été pris en compte dans ce tableau l’arthrite psoriasique et le Sapho.

Forme de l’AJI Fréquence (%) Âge de début (années) F/G AAN (%) HLAB27 (%) Uvéite (%)

Systémique (n = 7) 14,5 3,8 2/5 33 0 0


Oligoarticulaire (n = 20) 41,6 4,9 16/4 80 7 26
Polyarticulaire (n = 9) 18,7 9,4 9/0 66 0 0
ERA (n = 8) 16,6 10,7 2/6 0 100 28
Indifférenciée (n = 2) 4,1 7,3 0/2 0 50 0

Total (n = 46) 29/17

ERA : enthésite avec arthrite.

de l’étude était d’estimer la prévalence des AJI et d’étudier leur dis- phonique. Le questionnaire a été établi à partir de celui utilisé pour
tribution dans une autre région française en réalisant une enquête l’étude épidémiologique de la région Alsace [4].
auprès des pédiatres et des rhumatologues de l’ensemble de la Les informations recueillies ont été l’âge, le sexe, le début de
région Poitou-Charentes. la maladie, la positivité du facteur rhumatoïde, des anticorps anti-
nucléaires, la présence de l’HLA-B27, l’existence d’une uvéite, les
2. Méthodes traitements reçus comprenant les anti-inflammatoires non stéroï-
diens, les corticoïdes, les traitements de fond, les infiltrations et la
2.1. Type d’étude kinésithérapie.

Il s’agit d’une étude rétrospective sur une période d’un an allant 3. Résultats
de janvier à décembre 2006 dans la région Poitou-Charentes.
Sur les 111 médecins interrogés, 109 ont répondu à l’enquête
(40 des 41 rhumatologues et 69 des 70 pédiatres), soit un pourcen-
2.2. Population tage de réponse de 99 %.
Un total de 48 enfants suivis pour une AJI a été inclus dans
Pour l’étude de prévalence, le dénominateur est représenté l’étude. Cela fait une prévalence de 15,7/100 000 enfants. L’âge
par les enfants de moins de 16 ans vivant dans la région Poitou- moyen des enfants au moment du diagnostic n’a été retrouvé que
Charentes. La population totale en Poitou-Charentes en 2006 selon pour 38 d’entre eux et était de 6,6 ans avec un écart allant de un
l’Insee (http://www.insee.fr/, accès le 20 janvier 2009) est de à 15 ans. Les formes oligoarticulaires sont les plus fréquentes avec
1 724 123 habitants dont 305 198 enfants de moins de 16 ans. 41,6 % (20/48) de la population. Les formes polyarticulaires repré-
sentent 18,7 % (9/48) de la population ; les formes systémiques,
2.3. Identification des cas 14,5 % (7/48) ; les enthésites avec arthrites (ERA), 16,6 % (8/48) ;
les rhumatismes indifférenciés, 4,1 % (2/48) ; le rhumatisme pso-
La population de l’étude concerne les enfants de moins de 16 ans riasique, 2 % (1/48) et le Sapho, 2 % (1/48) (Tableau 1).
résidant en Poitou-Charentes avec un diagnostic d’AJI selon les cri- Les ERA se déclarent dans la majorité des cas chez des garçons
tères de l’ILAR [1] qui ont été vus en consultation durant l’année (75 % des cas, 6/8) avec un âge moyen de 10,7 ans (± 1,7) au moment
2006. Les enfants habitant dans la région et suivis en dehors (soit du diagnostic. L’atteinte oculaire est retrouvée dans 28 % des cas
dans un centre parisien, soit dans une autre région) ont aussi été (Tableau 1). Tous les enfants ont reçu des AINS, trois enfants sur
inclus. A contrario, les enfants vus dans la région mais n’habitant pas les huit ont reçu des corticoïdes. Pour deux d’entre eux (25 %), un
en Poitou-Charentes ont été exclus. Ont été interrogés, l’ensemble traitement de fond a été instauré, l’un étant traité par sulfasalazine,
des rhumatologues et pédiatres de la région Poitou-Charentes, soit l’autre par étanercept.
41 rhumatologues et 70 pédiatres. Ces médecins avaient une acti- À l’inverse, les formes oligoarticulaires surviennent principa-
vité libérale, hospitalière ou mixte. Les médecins ont d’abord été lement chez des petites filles dans 80 % des cas et débutent
contactés par courrier comprenant un questionnaire à remplir, puis plus précocement, en moyenne à 4,9 ans (± 4,11). Les anticorps
les informations manquantes ont été complétées par contact télé- antinucléaires sont présents dans 80 % des cas. Les uvéites sont

Tableau 2
Incidence et prévalence de l’AJI dans la littérature.

Auteurs Année Pays Critères diagnostiques Incidence/100 000 Prévalence/100 000

Notre étude 2007 France (Poitou-Charentes) ILAR 15,7


Pruunsild, et al. [7] 2007 Estonie ILAR 83,7
Hanova et al. [8] 2006 Tchéquie ILAR 13 140
Danner, et al. [4] 2006 France (Alsace) ILAR 3,2 19,8
Von Koskull, et al. [11] 2001 Allemagne EULAR 6,6 14,8
Kiessling, et al. [12] 1998 Allemagne (Berlin) EULAR 3,5 20,3
Moe et Rygg [13] 1998 Norvège EULAR 22,6 148,1
Peterson, et al. [14] 1996 États-Unis (Minessota) ARA 11,7 86,1
Oen, et al. [15] 1995 Canada (Manitoba) 5,5
Gare et Fasth [16] 1995 Suède (sud-Ouest) EULAR 10,9 64
Kuffash, et al. [17] 1990 Koweit EULAR 2,84 10,7
Prieur, et al. [5] 1987 France (Paris) EULAR 1,9 7,7
France (Bretagne) 1,3 10
Towner, et al. [18] 1983 États-Unis (Rochester) EULAR 10,5 85,6

Une prévalence inférieure ou égale à 20/100 000 figurant en italique et une prévalence supérieure à 60/100 000 figurant en gras. ILAR : International League of Association
for Rheumatology ; AJI : arthrite juvénile idiopathique ; EULAR : Europeen League against Rheumatism ; ARA : American rheumatism association.
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retrouvées chez 26 % des patients (Tableau 1). Des infiltrations très disparates au sein de ce groupe comprenant les quatre der-
intra-articulaires sont réalisées chez 60 % des patients, la kinési- nières études (Tableau 2), y compris la nôtre puisqu’elles varient
thérapie chez 46 %. Cette forme constitue la forme la plus bénigne de 15,7/100 000 à 140/100 000 [4,7–8] soit d’un facteur de 1 à 8.
avec seulement deux patients (10 %) qui ont eu recours à un traite- Pour tenter d’expliquer la variabilité des résultats sur la pré-
ment de fond (le méthotrexate) et il n’y a pas eu de retard statural valence de l’AJI dans le monde, Manners et al. [2] proposaient
ni scolaire. le facteur temps. En effet, la prévalence de la maladie pourrait
Dans les formes polyarticulaires, le facteur rhumatoïde est avoir une évolution dans le temps comme cela a été décrit avec
retrouvé une seule fois positif chez une fille de 15 ans. La moyenne la polyarthrite rhumatoïde [9]. Cependant, lorsqu’on regarde les
d’âge des enfants avec une AJI polyarticulaire est de 9,4 ans (± 4,8) différentes prévalences retrouvées au cours des principales études
avec des anticorps antinucléaires présents dans 66 % des cas entre 1983 et 2007 (Tableau 2), celles-ci varient au cours des années
(Tableau 1). La corticothérapie a été prescrite dans 33 % des cas. et des études sans que le facteur temps ne semble intervenir.
L’utilisation d’un traitement de fond a été nécessaire chez tous, à Une autre hypothèse pour cette disparité pourrait être une diffé-
l’exception d’un enfant, et trois ont eu recours à l’étanercept. Un rence géographique ou une origine ethnique. Or on peut distinguer,
retard staturopondéral était noté chez seulement un enfant. dans les différentes études publiées, un premier groupe d’études
Enfin les formes systémiques représentent 14,5 % des AJI. Il n’y retrouvant une prévalence inférieure ou égale à 20/100 000 figurant
a pas d’uvéite chez ces enfants et il est retrouvé 33 % d’anticorps en italique sur le Tableau 2 et un deuxième groupe d’études retrou-
antinucléaires. Dans ces formes d’AJI, l’âge de début est le plus pré- vant une prévalence supérieure à 60/100 000 figurant en gras sur
coce avec une moyenne de 3,8 ans (± 1,5), tous ayant un âge de le Tableau 2. En ce qui concerne les pays d’Europe, seules la France
début inférieur à cinq ans. Le sex-ratio montre une prédominance et l’Allemagne appartiennent au premier groupe à plus faible pré-
masculine, cinq garçons pour deux filles (Tableau 1). L’utilisation valence. En l’absence d’étude en Angleterre, Espagne ou Italie, il
des corticoïdes est plus fréquente que dans les autres formes avec est difficile de conclure à une réelle implication géographique. Sur-
80 % des enfants qui ont été traités par cortisone. De même, quatre tout qu’en ce qui concerne l’origine ethnique, une étude récente
enfants sur sept (66 %) ont eu un traitement de fond dont trois (50 %) canadienne au sein d’une communauté multiethnique a montré
une biothérapie. une augmentation de la prévalence des AJI quand les ascendants
étaient d’origine européenne [10].
4. Discussion Dans notre étude, seules les formes certaines d’AJI avec les cri-
tères de l’ILAR pour des enfants ayant moins de 16 ans en 2006 ont
L’incidence et la prévalence des AJI sont très variables d’une été retenues. Il est probable que les études rapportant une pré-
étude à l’autre. Dans cette étude, nous retrouvons des chiffres valence nettement supérieure aient été moins rigoureuses sur le
de prévalence comparable à ceux décrits dans une popula- diagnostic. Néanmoins, une sous-estimation de la population d’AJI
tion française avec 15,7/100 000 cas. En effet, trois populations en Poitou-Charentes est possible et pourrait être liée au fait que
françaises issues de régions différentes ont été étudiées avec une seuls les rhumatologues et les pédiatres ont été interrogés. La pos-
prévalence de 7,7 en région parisienne et de 10 pour 100 000 en sibilité d’enfants ayant été adressés directement par un médecin
Bretagne [5]. Dix ans plus tard, Danner et al. [4] décrivaient une généraliste à un confrère d’une autre région ne peut être exclue.
prévalence de 19,8 sur 100 000 en Alsace. Un autre biais possible, tout comme avec les autres études basées
Parmi les AJI, la fréquence des différentes formes est là aussi sur un questionnaire aux médecins, est l’omission de cas par les
comparable à l’étude de Danner et al. [4] avec, par ordre de fré- médecins interrogés.
quence, les formes oligoarticulaires puis les formes polyarticulaires Néanmoins, notre étude permet de retrouver une prévalence de
FR négatives (moins fréquentes dans notre population : 16,6 % ver- l’AJI en Poitou-Charentes proche des prévalences retrouvées dans
sus 22 %), suivies de très près par les ERA puis par les formes d’autres régions françaises. Une étude européenne permettrait de
systémiques. Les deux formes les moins fréquentes étant l’arthrite mieux comprendre les différences de prévalence dans les autres
psoriasique, le Sapho et les formes indifférenciées. pays.
De même, en ce qui concerne les caractéristiques de la popu-
lation, l’âge de début et le sex-ratio sont comparables pour les Conflit d’intérêt
différentes formes d’AJI. En revanche, les uvéites sont moins impor-
tantes dans les formes oligoarticulaires (26 % contre 40 % dans Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêt.
l’étude de Danner et al. [4]) et absentes dans les formes polyar-
ticulaires. Un article récent sur la prévalence des uvéites au cours Remerciements
des AJI retrouve néanmoins des chiffres comparables à notre étude
avec 29 % d’uvéites dans les AJI oligoarticulaires et 4 % dans les AJI Nous remercions l’ensemble des rhumatologues et pédiatres de
polyarticulaires [6]. la région Poitou-Charentes pour leur participation à cette étude
Une revue de 34 études épidémiologiques concernant les AJI ainsi que le Pr Francis Guillemin pour la relecture de l’article.
dans le monde [2] faisait déjà le constat d’une extrême variabi-
Références
lité de la prévalence et de l’incidence de l’AJI. Les raisons de cette
variabilité sont la possibilité d’une sous-estimation de la préva- [1] Petty RE, Southwood TR, Baum J, et al. Revision of the proposed classifi-
lence dans des études rétrospectives, notamment celles faisant cation criteria for juvenile idiopathic arthritis: Durban, 1997. J Rheumatol
appel au remplissage d’un questionnaire ; les médecins interro- 1998;25(10):1991–4.
[2] Manners PJ, Bower C. Worldwide prevalence of juvenile arthritis; why does it
gés pouvant omettre de signaler un ou plusieurs cas. Un autre
vary so much? J Rheumatol 2002;29(7):1520–30.
biais peut être, à l’inverse, une surestimation par inclusion de [3] Alamanos Y, Drosos AA. Epidemiology of adult rheumatoid arthritis. Autoim-
patients ayant une pathologie différente de l’AJI et ce, essentiel- mun Rev 2005;4(3):130–6.
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lement dans des études où les interrogatoires téléphoniques sont
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réalisés par des non-médecins auprès des patients eux-mêmes. Une [5] Prieur AM, Le Gall E, Karman F, et al. Epidemiologic survey of juvenile chronic
autre explication à cette variabilité d’incidence et de prévalence est arthritis in France. Comparison of data obtained from two different regions.
le changement de critères de classification des AJI dans le temps. Clin Exp Rheumatol 1987;5(3):217–23.
[6] Grassi A, Corona F, Casellato A, et al. Prevalence and outcome of juvenile idio-
Seules les études les plus récentes ont utilisé la nouvelle classifica- pathic arthritis-associated uveitis and relation to articular disease. J Rheumatol
tion de l’ILAR [1]. Néanmoins, les prévalences restent quand même 2007;34(5):1139–45.
58 E. Solau-Gervais et al. / Revue du rhumatisme 77 (2010) 55–58

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