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Chapitre III : Circuits et puissances électriques

Circuits et puissances électriques


I- Introduction
En physique, une puissance représente une quantité d’énergie par unité de temps.
Son unité est le Watt (1 W = 1 J/s). En règle générale, la puissance qui motive les
systèmes de conversion d’énergie est la puissance moyenne des systèmes, on
l’appelle aussi puissance active.

Un dipôle électrique placé sous une tension de valeur


efficace V et parcouru par un courant de valeur efficace I
consomme une puissance : P = k ⋅V ⋅ I
k : facteur de puissance compris entre 0 et 1

II- Puissance électrique en régime continu


Le régime continu représente le cas le plus simple de calcul de puissance électrique
puisque k = 1. Le seul récepteur passif étant la résistance, on peut résumer ce calcul
sur le schéma ci-dessous:

III- Puissance électrique en régime alternatif sinusoïdal


En régime alternatif sinusoïdal, on s’intéresse toujours à la puissance moyenne
consommée par les récepteurs électriques.
On s’intéresse au cas général d'un dipôle inductif soumis à une tension sinusoïdale
v(t ) = V . 2.sin(ω t) , et parcouru par un courant i(t ) = I . 2 . sin(ωt - ϕ ) .

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On distingue alors les puissances suivantes :

Puissance instantanée :
C’est le produit courant tension à chaque instant :
p(t ) = v(t ) . i(t ) =V 2 sin(ω t). I 2 sin(ωt - ϕ )

Rappel : cos( a + b) = cos a cos b − sin a sin b et cos( a − b) = cos a cos b + sin a sin b

Après simplification du produit, on trouve : p (t ) = VI cos(ϕ ) - VIc os(2ωt - ϕ )


• La puissance fluctuante.
C’est la partie variable de la puissance instantanée : p f (t ) = VI cos(2ωt - ϕ )
• La puissance active.
C’est la valeur moyenne de la puissance instantanée : P =< p >= VI cos(ϕ )
C’est la puissance qui correspond à un travail physique effectif, son unité est le Watt
(W).
• La puissance apparente.
C’est le produit des valeurs efficaces : S = VI
Cette puissance est souvent appelée « puissance de dimensionnement », elle est la
grandeur caractéristique de l’isolation et de la section des conducteurs, c’est-à-dire
des dimensions des appareillages. Son unité est le Volt-Ampère (VA).
Remarque :
En alternatif sinusoïdal (uniquement), le facteur de puissance est défini comme étant la
P
grandeur (sans unité) : k = FP = = cos(ϕ )
S
• La puissance réactive.
C’est la puissance sans effet physique en terme de travail qui correspond à la
partie « réactive » du courant. Elle n’est définie qu’en régime sinusoïdal et s’écrit :
Q = VI sin(ϕ ) .
Son unité est le Volt-Ampère-Réactif (VAR).

Relations entre P, Q est S

Notons que : P = VI cos(ϕ ) , Q = VI sin(ϕ ) et S = VI d'où : S 2 = P 2 + Q 2 .


Cette formulation fait apparaître une relation également graphique entre les
différentes grandeurs. On parle alors de triangle des puissances :

S
Q
ϕ
SP

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Q
D'autre part, on fait également apparaître la grandeur caractéristique : tg (ϕ ) =
P
Résumé :
Une fois ces puissances définies, il est impératif de savoir par cœur les définitions et
les relations récapitulées ci-dessous :

Puissance active : P = VI cos(ϕ ) (W)


Puissance réactive : Q = VI sin(ϕ ) (VAR)
Puissance apparente : S = VI (VA)
V I
V = Veff = max , I = I eff = max
2 2
Relation : S = P + Q
2 2 2

P
Facteur de puissance : k = FP = = cos(ϕ )
S
Q
tg (ϕ ) =
P

Puissance apparente complexe

Pour déterminer analytiquement les diverses puissances, on forme la puissance


apparente complexe : S = V . I * (où I * est le complexe conjugué de I ).
Sachant que I = Ie − jϕ = I cos ϕ − jI sin ϕ ⇒ I * = Ie + jϕ = I cos ϕ + jI sin ϕ

Alors : S = V . I * = V .Ie + jϕ = VI cos ϕ + jVI sin ϕ = P + jQ

Donc on a : S = P + jQ ⇒ S = S = P2 + Q2

Le tableau suivant récapitule les puissances actives et réactives des dipôles les plus
rencontrés en électrotechnique, en régime alternatif sinusoïdal :

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IV- Théorème de Boucherot et triangle des puissances

Théorème de Boucherot. La puissance active d’un système est la somme des puissances
actives des éléments le constituant, de même pour la puissance réactive et la puissance
apparente complexe. En revanche, c’est faux en ce qui concerne la puissance apparente.

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V- Systèmes triphasés

1- Introduction
Le transport d’énergie électrique s’effectue en triphasé car une ligne triphasée
dissipe moins d’énergie électrique qu’une ligne monophasée.
La production d’énergie s’effectue en triphasé car à puissances égales, une
machine triphasée sera moins couteuse qu’une machine monophasée (le prix des
machines est directement lié à leur masse et à puissance égale, une machine
monophasé est une fois et demie plus lourde qu’une machine triphasée).
La distribution se fait à partir de quatre bornes :
• Trois bornes de phase repérées par 1, 2, 3 ou A, B, C ou R, S, T ;
• Une borne neutre N.

2- Etudes des tensions simples


On appelle tensions [ou courants] triphasées équilibrées, trois tensions [ou
courants] sinusoïdales alternatives, de même fréquence, de même valeur efficace et
régulièrement déphasées de 120°.

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Les tensions v1, v2 et v3 sont appelées tensions simples (tensions entre phase et
neutre).

Représentation temporelle

On choisit v1 (t ) comme tension de référence :

v1 (t ) = V 2 sin(ω t )

2π 2π
v2 (t ) = V 2 sin(ω t − ) avec = 120°
3 3

4π 4π
v2 (t ) = V 2 sin(ω t − ) avec - = −240°
3 3

Représentation de Fresnel

On déduit à partir des équations horaires précédentes les


vecteurs suivants :

V 
V1   = V 0 ;
0
 V 
−2π
V2  −2π  = V ;
  3
 3 
 V 
−4π
V3  −4π  = V
  3
 3 

Le système est équilibré direct.


• Équilibré car la construction de Fresnel montre que

V1 + V2 + V3 = 0 ⇒ v1 + v2 + v3 = 0

• Direct car un observateur immobile verrait les vecteurs défiler devant lui dans
l’ordre 1, 2, 3.

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3- Étude des tensions composées


Les tensions uij sont appelées tensions composées (ou tensions entre phases).
On note U la valeur efficace des tensions entre phases.

Source de 2
tensions 3
triphasées
N

Les tensions composées ont la même fréquence que les tensions simples

u12 = v1 − v 2 ⇒ U12 = V1 − V2

u23 = v 2 − v3 ⇒ U23 = V2 − V3

u31 = v3 − v1 ⇒ U31 = V3 − V1

• Vecteurs de Fresnel associés

π
U 1 = (U , )
6
− 3π
U 2 = (U , )
6
− 7π
U 3 = (U , )
6

Si le réseau est équilibré : U12 + U 23 + U 31 = 0 ⇔ u12 + u23 + u31 = 0 .

Le système des trois tensions composés est équilibré direct.

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• Équations horaires et oscillogrammes

π
u12 (t) = U 2 sin(ωt + )
6
π
u23 (t) = U 2 sin(ωt − )
2

u31(t) = U 2 sin(ωt − )
6

• Relation entre U et V :
π 3
U = 2V cos soit U = 2V
6 2

Finalement : U = V 3

Cette relation est toujours vraie quelque soit la


charge.

Remarque :
En Algérie, SONELGAZ distribue un réseau triphasé
• 380 V (valeur efficace entre phases)
• 50 Hz
U 380
Valeur efficace des tensions simples : V = = ≈ 220V
3 3
Chez vous, la tension monophasée (le “secteur”) provient d'un réseau triphasé où
l'on utilise le neutre avec une des trois phases.
4- Récepteurs triphasés équilibrés
En monophasé, le récepteur est un dipôle. Une des bornes est reliée au neutre et
l'autre à la phase :

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En triphasé, le récepteur possède trois bornes (une par phase) et éventuellement une
quatrième pour le neutre :

Les courants i1, i2 et i3 sont appelés courants de ligne.

4-1- Couplage étoile (Y) d'un récepteur triphasé

Un récepteur triphasé est équilibré s'il est constitué de trois dipôles identiques.
Autrement, on parle de récepteur triphasé déséquilibré.
Par conséquent, dans un récepteur linéaire et équilibré, les courants de ligne forment
un système de courants triphasés (mêmes valeurs efficaces I et déphasages de 120°).

Chaque phase du récepteur est soumise à une tension simple et est parcouru par un
courant de ligne i = j.

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On a donc: I1 = I2 = I3 = I et I = J = V / Z
Le récepteur est triphasé équilibré et le système de tensions simples aussi
donc : : I1 = I2 = I3 = 0 (car V1 / Z + V2 / Z + V3 / Z = 0 )
Et donc IN = 0
Conclusion : lorsque l’installation est équilibrée, l’intensité dans le fil de neutre est
nulle.

• Représentation de Fresnel

Remarque : En pratique : non linéarité, déséquilibre ⇒ iN ≠ 0 .

4-2- Couplage triangle (D ou D) d'un récepteur triphasé

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Pour ce couplage, il n’y a pas de neutre.


Les courants j1, j2 et j3 sont appelés courants de phase.
Si le récepteur est linéaire et équilibré, les courants de phase forment un système de
courants triphasés, de valeurs efficaces J.
Chaque phase du récepteur est soumise à une tension composée et i ≠ j

U12 U U
On a donc : J12 = ; J 23 = 23 ; J 31 = 31
Z Z Z
U
Donc en valeur efficace : J12 = J 23 = J 31 = =J
Z

On a donc I = 3 J

• Représentation de Fresnel

i1 = j1 − j3
i2 = j2 − j1
i3 = j3 − j2

5- Puissances en triphasé
5-1- Rappel en monophasé
Puissance active : P = UI.cosϕ [U(V) ; I (A) ; P(W)]
Puissance réactive : Q = UI.sinϕ ϕ [U(V) ; I (A) ; Q en Voltampères réactifs (VAR )]
Puissance apparente : S = UI [U(V) ; I (A) ;S en Voltampères (VA )]
Relation entre les puissances : S² = P² + Q²

5-2- Puissance pour un récepteur en étoile

chaque phase du récepteur est traversée par i et a v à ses


bornes

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Donc P1 = P 2 = P3 = VI .cosϕ (pour une phase).

Pour tout le récepteur : P = 3VIcosϕ or V = U/√3


Donc P = √3.U.I.cosϕ
• De même Q1 = Q2 = Q3 = VI.sinϕ
Donc Q = 3VIsinϕ = √3.U.I.sinϕ
• Et on a S = √(P² + Q²) =√3 UI

5-3- puissance pour un récepteur en triangle

chaque phase du récepteur est traversée par j et a u à ses


bornes

Chaque phase du récepteur est traversée par j et a u à ses bornes.


• Donc P1 = P2 = P3 = UJcosϕ (pour une phase)
Pour tout le récepteur : P = 3UJcosϕ or J=I/√3
Donc P = √3.U.I.cosϕ
• De même Q1 = Q2 = Q3 = UJ.sinϕ
Donc Q = 3UJsinϕ = √3.U.I.sinϕ
• Et on a S = √(P² + Q²) =√3 UI

6- Conclusion

Quelque soit le couplage (étoile ou triangle) les puissances s’expriment de la même


façon : P = √3.U.I.cosϕ ; Q = √3.U.I.sinϕ ; S = √3 UI

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