Vous êtes sur la page 1sur 4

Un corps d’élite est formé, celui des Kapikullari

ou esclaves de la Porte qui sont à l’origine des


janissaires (troupes nouvelles). Sous Mehmet II,
le corps s’institutionnalise et acquiert plusieurs
caractères essentiels : Il devient l’élite de
l’armée reléguant la cavalerie des timariotes au
rang de force d’appoint ; Il constitue un corps
régulier, salarié et fidèle ; Et il se singularise
complètement par son recrutement, composé
de jeunes garçons chrétiens kidnappés qui ont
été forcés de se convertir à l'islam.

Gravure du XVIIe siècle représentant la Mosquée de Mehmet


II, véritable centre culturel musulman associant lieu de prière
et université de droit et de théologie ouverte à tous les
étudiants de l’Empire.
Extrait d’une lettre du
souverain d’Aceh en
Indonésie (une terre
musulmane) apportée
par un ambassadeur à
Soliman le Magnifique
en 1564. Il accepta de
fournir l’aide militaire
demandée face à
l’expansion des
Le souverain est omnipotent, maître et Portugais dans l’Océan
propriétaire de tout et de tous, biens comme indien.
individus. Aucun bien ni aucune terre n’est
propriété définitive, aucune charge
transmissible, pas de seigneurs qui dominent
des régions, pas de noblesse héréditaire qui
puisse contester l’autorité des sultans, une
puissance absolue. Devenu Calife depuis
Selim 1er, il reprend l’héritage des souverains
arabes du Moyen-âge, il est l’ombre de Dieu
sur terre, il est comme son représentant,
regarder le calife c’est accéder à Allah, obéir
au sultan, c’est obéir à Dieu !
Son gouvernement (le divan) est composé de
Vizirs (la plupart seront des chrétiens
convertis ou non aux XVe et XVIe siècle)
chargés des questions de droit, de finance,
de gestion du territoire (divisé en provinces
confiées à un fonctionnaire nommé par le
sultan : le Beylerbey). Ce système assure la
fidélité des provinces « Pax Ottamanica ».
Le palais de TopKapi centre du pouvoir et foyer culturel, la construction
a été initiée par Mehmet II et achevée par Soliman.
Des centaines de sociétés artistiques impériales (appelées Ehl-i Hiref,
« communauté des Talentueux ») étaient administrées depuis le palais
impérial de Topkapı. Après un apprentissage, les artistes et les artisans
pouvaient monter en grade au sein de leur confrérie et recevaient des
salaires très élevés. Les registres de salaires qui nous sont parvenus
témoignent de l'étendue du mécénat artistique de Soliman, le plus
ancien de ces documents date de 1526 et recense 40 sociétés avec plus
de 600 membres. Le Ehl-i Hiref attirait les artistes les plus talentueux de
tout l'Empire, à la fois du monde islamique et des territoires conquis
d'Europe. Le résultat est un mélange des cultures européennes,
turques et islamiques
Soliman s'intéressa également à l'éducation. Les écoles attachées aux mosquées et financées par des fondations
religieuses offraient un système d'éducation largement gratuite aux garçons musulmans très en avance sur les états chrétiens
de l'époque. Dans sa capitale, Soliman accrut à 14 le nombre de mektebs (écoles primaires) qui apprenaient aux enfants à
écrire et à lire. Le nombre de médersas (lycées) enseignant la philosophie, l'astronomie et l'astrologie passa à 8. Il existait
également des universités dont les étudiants pouvaient devenir enseignants ou imams. Les lieux d'éducation étaient souvent
à proximité des mosquées et certains abritaient des dispensaires, des fontaines et des réfectoires ouverts au public.

Extraits assemblés de l’ouvrage de l’historien Patrick Balfour, The Rise and Fall of the Turkish Empire, 1980.

Source :
http://guides
.library.illinoi
s.edu/

Vous aimerez peut-être aussi