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ARCHITECTURE
PRÉFABRIQUÉE
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Arch
Class. déc. :
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ARCHITECTURE
PRÉFABRIQUÉE
PAR

POL ABRAHAM
ARCHITECTE EN CHEF DES BATIMENTS CIVILS

ET PALAIS NATIONAUX
ARCHITECTE DES P. T. T.

DEUXIÈME ÉDITION

PARIS

92, RUE BONAPARTE (VI)


1952
1007
ABRAHAM, POL
t
ARCHITECTURE PREFABRIQUEE

69.057.1
A159A
2. ED. ARQ
1995/218333-0
1995/03/08
La préfabrication est un des
moyens les plus efficaces de
l'action des intern-
combattre l'actif
péries, principall obstacle à la
rapidité et à l~ la qualité de la
construction.
J'ajoute qu'il n'y a pas de
préfabrication sans ordre, et
l'ordre est une des conditions; pre-
pre­
mières de T ARCHITECTURE. rn p

Acgcste Perret
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“s droits réservés
ght 1946 by Dunod ♦
rimé en France.
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L'ARCHITECTURE PRÉFABRIQUÉE

INTRODUCTION

Les Editions Dunod ont bien voulu me demander un texte de


présentation de cette réédition de V Architecture Préfabriquée
rédigée en 1944.
J’ai longtemps différé de répondre ayant espéré profiter de
nombreux déplacements en France, en Italie, en Allemagne, pour
présenter une vue d’ensemble. Ayant dû reculer devant ce travail
trop ambitieux dont mon activité professionnelle ne me laisse pas
le loisir, je pense être plus utile en exposant, aussi objectivement
que possible, les résultats très modestes mais concrets de l’expé­
rience orléanaise dont la préparation faisait, précisément, une
bonne partie de la matière de V Architecture Préfabriquée.
On trouvera, plus loin, l’exposé parfaitement mesuré, objectif
et lumineux que M. l’ingénieur en Chef Brünot, Délégué Dépar­
temental de la Reconstruction pour le Loiret, a p blié, sur la
question, dans les Annales des Ponts et Chaussées.
La préfabrication n’est entrée dans l’expérience orléanaise qu’à
dose assez faible, comme un moyen de substituer, dans une cer­
taine mesure, aux multiples opérations dispersées d’uv chantier
purement traditionnel, un nombre plus restreint d’opérc lions plus
complètes, de façon à faciliter leur mise en ordre et à tendre vers
un meilleur rendement.
Les parties de la construction qui ont fait l’objet de'-ces tenta­
tions de synthèse sont, essentiellement, les murs, les p’anchers,
les légers ouvrages, les menuiseries et les installations sanitaires.
De plus, la standardisation des éléments étant la condition
nécessaire de cette mise en ordre, on a voulu s’assurer que leur
nombre restreint, notamment pour les façades, n’excluait pas toute
possibilité de composition architecturale.

Les murs. — Les murs porteurs, et non à ossature, réalisés,


sont du système Croizat et Angéli. Ce sont des murs en béton
l’architecture préfabriquée

banché traditionnel pour lesquels les hanches mobiles ont été


remplacées par des hanches perdues, c’est-à-dire restant en place,
constituées par des matériaux fournissant les parois définitives à
l’extérieur comme à l’intérieur, pierre reconstituée et plâtre. Les
percements pour les croisées sont ménagés, au coulage, au moyen
d’encadrements également moulés d’avance. Particularité du sys­
tème : ce sont, précisément, ces encadrements mis en place préa­
lablement qui servent de guidage aux dispositifs provisoires
d’arrimage des hanches perdues, la construction s’élevant sans le
secours d’aucun échafaudage de pied.
On espérait, parce moyen, obtenir des murs extérieurs porteurs,
entièrement terminés, en une seule opération et non plus en trois
phases distinctes : construction de mur porteur, ravalement exté­
rieur et enduit intérieur, sans compter les multiples façons corres­
pondant à l’organisation des ouvertures, etc.
Dans quelle mesure y est-on parvenu?
L’évolution présente du procédé constitue la seule indication
valable.
Le banchage perdu des parements extérieurs et intérieurs a
réalisé des progrès très notables en ce qui concerne le matériel de
mise en œuvre proprement dit. Les figures 1 et 2 sont relatives à
des immeubles construits en 1948 et 1951, pour l’Association Syn­
dicale de Rertf .struction d’Orléans, alors que l’expérience a débuté,
; aux îlots d’fc' t, en 1945. La légèreté du matériel, la régularité
du fonctionnement des opérations quasi simultanées de banchage
et de bétonnage, leur rapidité, leur précision, ont permis la réali­
sation du gros œuvre de ces immeubles, mais du gros œuvre
habillé, ras "dé, enduit, plafonné, au rythme de 80 m2 par jour.
La figure ;3 montre l’école prototype deGigouzac (Lot) construite
par les m(r *es procédés mais dans laquelle les blocs-tableaux,
éléments es ntielsdans les réalisations précédemment reproduites
et dans celtes des Ilots d’Etat à Orléans (fig. 3, 4, 5 et 6), ont
disparu pour faire place à des éléments de meneaux également
standardisés.
Voici maintenant la technique employée pour la construction en
A
cours des bâtiments d’enseignement du Groupe National d’Ensei-
gnement Technique de Montluçon :
Les blocs-tableaux sont toujours en usage, mais réduits à deux
types et ne faisant plus saillie sur le nu extérieur des murs dont
le parement est toujours en pierre reconstituée. Par contre, si le
LES MURS vu

parement intérieur décos murs est toujours obtenu par hanches


perdues cl béton de pouzzolane, l’enduit plâtre « préfabriqué » a
été écarté pour être remplacé par un enduit de faible épaisseur
exécuté manuellement. On a reconnu, en effet, que la fragilité
des éléments pouzzolane et plâtre entraînait des retouches manuel­
les équivalentes au prix de l’enduit. La nature des joints et lits
des dalles de revêtement extérieur a complètement changé. Aux
îlots d’Etat d’Orléans, ils étaient constitués par des bourrelets en
matière plastique destinés à permettre au béton porteur de se
contracter et de Huer sans entraîner de rupture et de décollement
des dalles. Ces bourrelets se sont révélés difficiles à employer par
temps froid, d’une pose quasi impossible à contrôler et les inquié­
tudes sur l’adhérence des dalles et leur tenue en œuvre paraissent,
maintenant, peu justifiées. Déplus, le nettoyage des façades s’est
révélé comme une nécessité, les projections de béton, au coulage,
étant inévitables. En conséquence, on en est revenu au jointoiement
traditionnel à l’échafaudage volant.
Cette évolution rapproche donc nettement ce procédé de cons­
truction des murs des méthodes classiques de la maçonnerie. Il
permet, néanmoins, de suivre un planning de pose absolument
méthodique, expérimenté avec succès par des entreprises diverses
(fig. 7, Relais hertzien de Grand Ballon) etsusceptible, par consé­
quent, de s'inclure dans le planning général d’avancement des
travaux et pour un ouvrage pratiquement complet.
L’utilisation d’une main-d’œuvre moins spécialisée et la réduc­
tion du nombre d'heure unitaire de travail, comparativement à la
maçonnerie traditionnelle, sont des facteurs d’économie dont la
valeur s'est affirmée au fur et à mesure que se développait l’uti­
lisation du procédé.
Le prix de revient, seul, peut le démontrer dira-t-on et voici la
réponse objective basée sur un assez grand nombred’adjudications :
le mur en béton banché à double parement préfabriqué est un peu
moins cher que le mur en moellon de pays ravalé soigneusement
au ciment-pierre et enduit intérieurement au plâtre sur crépi au
mortier. On ne dit pas moins cher que le mur en moellon de pays
enduit extérieurement d’un simple enduit au mortier, bien que la
différence de prix, dans cette hypothèse, soit peu sensible.
Quels avantages en résulte-t-il?
— L’avantage, déjà signalé, d’une réalisation plus méthodique,
1
VIII l’architecture préfabriquée

plus industrielle, se prêtant bien mieux à une planification rigou­


reuse que la maçonnerie traditionnelle.
— La qualité du parement sous le triple aspect de la beauté,
de la durée et de l’économie d’entretien. La qualité des fabrications
actuelles les apparente aux plus belles pierres naturelles au point
qu’elle a fait adopter la pierre reconstituée en revêtement pour la
très importante Cité Technique de Cachan.
— La qualité du mur au point de vue thermique. En effet, tout
en conservant une lenteur thermique appréciable, condition essen­
tielle de confort, il est remarquablement isolant du fait de l’utili­
sation du béton caverneux (sans éléments fins) comme partie
portante et du béton de pouzzolane comme banchage perdu inté­
rieur.
— La résistance à la pénétration de l’humidité, la paroi exté­
rieure jointoyée étant peu perméable sans être rigoureusement
étanche et sans supprimer les échanges atmosphériques et le béton
caverneux n'étant pas capillaire du fait de la grande dimension
des vides.
— Adaptation économique, dans le sens général du mot, du
coût du muraux efforts qui lui sont imposés. En effet, le béton
banché porteur peut varier, comme granulométrie et dosage,
depuis le béton armé à 350 kg,m3, jusqu’au béton caverneux à
150 kg/m3, voire même jusqu'au béton de mâchefer. Il y a donc
bien proportionnalité, dans chaque région du mur. entre la
contrainte unitaire et le prix unitaire du béton. Le renforcement
du béton caverneux par une ossature incorporée en béton armé
permet, dans les conditions les plus économiques, la constitution
d’éléments fléchis ou fortement comprimés pour répondre à toutes
les exigences du programme.
— Possibilité de réaliser une modénature économique, sans
protection métallique, du fait de la qualité de la pierre reconstituée
fabriquée industriellement. La sculpture elle-même est possible,
le « creux » étant fourni par l’artiste qui n’a plus que quelques
retouches à faire, ainsi que le font voir les figures 4, 10 et 12.
En conclusion, le procédé Croizat-Angéli, expérimenté à partir
de 1945 à Orléans, par l’Entreprise Dumont et Besson avec un
succès très honorable du fait des difficultés inhérentes, non seule­
ment à toute innovation en matière de bâtiment, mais aux diffi­
cultés du moment, a donc progressé grâce aux efforts de quelques
entreprises et, plus particulièrement, de l’Entreprise Lamelle etCie

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expérimentés en 1945 aux îlots îlots* d’I-'tat.
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eliitecte en Chef: 1*. Abraham. Architecte <lc groupe: M. Brun.

Orléans : ilôt 7 : évolution en 19-18 des procédés Croizal et Angeli


expérimentés en 1915 aux ilôts d’Ctat.
Architecte en Chef : 1*. Al>rahaui. — /Xrchltecie (le groupe : Brun.
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Orléans ; îlot 5 ; procédés Croizat cl Angcli.


Architecte en Chef : P. Abraham.
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: P. Abraham.
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Architectes de groupes: P. Abraham et I. Boite).
Arehitecles d’opération: P. Abraham. M. Brun et B. Dupecher.
Entreprises Dumont et Besson.
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LES LÉGERS OUVRAGES IX

pour aboutir à un moyen économique (à qualités égales d’aspect,


de portance et d’isolement) de réalisation des murs porteurs ou à
ossature noyée ; moyen susceptible de rapprocher les méthodes du
bâtiment de celles des industries mécaniques et par suite facteur
appréciable de l’organisation rationnelle des chantiers.
Il y a lieu, toutefois, d’ajouter que la fabrication d’éléments
préalablement moulés à base de liant, donc relativement pondé­
raux, ne se conçoit sur le plan économique, que par le moyen de
l’usine de chantier, ce qui suppose des chantiers suffisamment
importants (fig. 8).
La photographie publiée (fig. 4) fait apparaître que la monoto­
nie excessive que l’on pouvait redouter de l’emploi exclusif d’un
très petit nombre d éléments standardisés pour constituer les faça­
des, n’est pas tellement à craindre. La composition architecturale
est affaire du talent de L'Architecte et il n’est pas exclu qu’une
certaine discipline modulaire soit un obstacleàses réussites, si ce
n’est pas l’inverse qui est vrai.

Planchers. — La préfabrication des éléments usinés de plan­


chers remonte au Second Empire qui vit l’avènement des profilés
laminés. La fabrication à Orléans, dès 1944 de profilés en béton
précontraint, du système Freyssinet par l’Entreprise Campenon
Bernard ne constitue donc pas une innovation capitale au strict
point de vue préfabi ication. Elle a été, néanmoins, une remarqua­
ble réussite technique, et même économique dans la période de
pénurie d’acier du début de la reconstruction. Celte pénurie se
manifestant, hélas, à nouveau, la précontrainte appliquée aux
planchers standardisés pourrait bien connaître un regain d’actua­
lité.

Les légers ouvrages. — Le plâtre gâché et appliqué manuel­


lement sur le chantier avait été rigoureusement proscrit de l’expé­
rience des îlots d’Etat. On a vu que, pour la Cité Technique de
Montluçon, dont les procédés de construction dérivent directement
de ceux d’Orléans, le plâtre manuel reparaissait pour les enduits
intérieurs des murs de façade ; par contre, les cloisons et plafonds
à parements définitifs moulés d’avance, fabriqués et posés par
Samiex à Orléans, semblent devoir présenter ici tous leurs avan­
tages et ont été conservés. Les mesures d’isolement phonique
l’architecture préfabriquée

effectuées à Orléans par le physicien Brillouin du Centre d'Acous-


tique Technique ont montré l’efficacité, au point de vue phonique,
des plafonds suspendus à crochets souples et même à crochets
rigides. L’emploi de ces éléments finis de cloison et plancher se
posant presque à sec (et même tout à fait à sec dans un proche
avenir) facilite, comme les murs à parements finis ou semi-finis,
l’organisation méthodique du développement des opérations de
chantier.

Les menuiseries. — Les murs à parements préfabriqués, les


distributions à deux parements finis, entraînent, comme complé­
ment indispensable, la fourniture et la pose de blocs préalablement
finis, de façon à éviter les opérations manuelles discontinues qui
rendent si difficile la coordination de l’ensemble. Si cette pratique
était, dans une certaine mesure, usuelle avant-guerre pour l'acier,
il subsistait de sérieuses inquiétudes en ce qui concerne le bois et.
notamment, les portes de communication La pratique a démontré
qu’avec le soin minimum que requiert une planification même
sommaire, il n’y avait pas d’inconvénients valables à pousser à
fond la préparation de toutes les menuiseries et à supprimer, sur
le tas, la majeure partie des façons manuelles y afférentes.
L'expérimentation des ensembles préfabriqués Bloco n’a peut-
être pas été aussi concluante qu’on l’avait espéré Cela tient pour
partie à ce que les immeubles des îlots d’Etat d’Orléans sont de
petits immeubles juxtaposés, de largeurs de façades arbitraires
résultant d’un remembrement préalable ; la rigidité des éléments
standardisés de cuisines et de salles de bains a quelque peu entravé
la liberté de composition des plans et conduit à une utilisation
peut-être insuffisamment serrée des surfaces disponibles. Cet
inconvénient n’existe pas, évidemment, dans des immeubles collec­
tifs conçus sur terrain libre.
Ce qui demeure, en tous cas. valable, c’est que des montages
de plomberie sanitaire standardisés sont à rechercher dans toutes
les constructions qui s’y prêtent, dans le but de réduire au mini­
mum les façonnages sur le tas et de promouvoir cette planification
génératrice d’un rendement amélioré.
Le domaine pratique de la préfabrication, en France et dans la
plupart des pays étrangers, n’a pas dépassé, et encore exception­
nellement, celui des solutions semi-traditionnelles. <:
Ce sont, en effet, les conditions économiques qui sont maîtresses
I ES MENLISEKIES XI

et l’évolution ne saurait se précipiter que devant l’évidence des


résultats économiques. Il y a long-temps que l’on a fait remarquer
que, du jour où les machines à scier, à raboter, à mortaiser, etc.,
sont devenues d’un usage courant parce qu’elles économisent de
la main-d’œuvre, l’établi et la varlope de nos pères ont progres­
sivement disparu du chantier; on ne les a plus vus sur le tas; la
préfabrication des portes et des croisées s’était imposée d’elle-
même, ipso facto.
Le stade du bâtiment semi-traditionnel peut donc apparaître
comme une étape nécessaire et même comme le seul mode valable
d évolution progressive vers une amélioration du rendement.
Si, d une part, ce rendement est fonction de la simplicité des
opérations de chantier et postule en conséquence, la préfabrication
d’éléments plus complets, de blocs, comme on s’est plu à dire en
généralisant un peu hâtivement, faut-il encore que ces éléments,
que ces blocs, ne soient pas d’un prix de revient tel que le bénéfice
du rendement à la mise en œuvre en soit absorbé et au delà. C’est
donc le problème des vastes débouchés et, par suite, des grandes
séries qui est ainsi posé, ce qui ne veut pas dire résolu, dans un
genre de production aussi divers que le bâtiment, tributaire de la
multiplicité des programmes, de la variété des sites, de l’ambiance
sociale ou esthétique, etc...
Si les résultats présents ne comblent peut-être pas les espérances
des préfabricateurs de la première heure c’est, en grande partie,
parce que l’on a commis l’erreur de vouloir faire des méthodes de
préfabrication, un moyen immédiat d’économie par rapport aux
méthodes traditionnelles. En laissant même de côté l’aspect fiscal
I
de la question, qui n’est cependant pas négligeable, il était utopi­
que de penser que l’ère d’élaboration de fabrications polyvalentes
pouvait aboutir à un abaissement immédiat des prix.
Si, au contraire, on prétendait justifier la préfabrication sous
l’angle de la qualité d’usage, de fonctionnement et d’aspect et non
sous celui du prix de revient, peut-être s’ouvrirait-elle des débou­
chés assez vastes pour lui permettre d’abaisser ce prix de revient
et d’opérer des substitutions pratiques hautement désirables dans
une industrie, non pas retardataire comme on le dit à tort, mais
dont l’évolution semble bien être trop lente comparée à des indus­
tries plus récentes.
XII l’architecture préfabriquée

En conclusion, si paradoxal que cela puisse paraître, il faudrait


avoir les moyens de construire sans trop se soucier des prix miniina
pour aboutir à des méthodes susceptibles de faire, précisément,
fléchir ces prix moyens sur le plan général.

1
EXPOSÉ de M. l’ingénieur en Chef BRUNO!
Délégué Départemental de la Reconstruction pour le Loiret (1).

Le Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme a décidé,


en 1945, la reconstruction par l’Etat de 4 îlols détruits situés dans
le centre d’Orléans.
Les travaux, dirigés par M. Pol Abraham, Architecte en Chef,
ont donné lieu à l’expérimentation de procédés de construction
non traditionnels, dont les principaux sont les suivants :
Les murs ont été construits en employant les procédés Croizat-
Angéli. Le béton des murs est coulé entre dalles fabriquées à
l’avance en atelier, dalle extérieure en béton, dalle intérieure en
plâtre, la liaison entre le béton et les dalles étant assurée par la
forme donnée à celles-ci, le béton venant former tenon dans l’élar­
gissement ménagé sur le côté des dalles.
Le maintien en place des dalles au moment du bétonnage est
assuré par des cornières, prenant appui sur les blocs ébrasement
fabriqués en atelier et posés avant la mise en place des dalles ;
situées à leur niveau. Ces blocs ébrasement sont eux-mêmes main­
tenus en place par des béquilles s’appuyant sur les planchers.
Les planchers ont été réalisés à l’aide de poutrelles en béton
précontraint solidarisées par des entretoises et sur lesquelles
s’appuient des hourdis creux en béton.
Les cloisons et plafonds ont été exécutés à l’aide de dalles en
plâtre expansé fabriquées à l’avance en atelier, les dalles de plafond
étant suspendues élastiquementaux hourdis du plancher supérieur.
On évite de la sorte sur le chantier la période de séchage du plâtre.
Pour la plomberie, le système bloc groupant toutes les canali­
sations dans une même gaine a été utilisé.
Le chauffage est assuré à partir d’une centrale de chauffe
construite en vue de la desserte de 8 îlots.

(1) Cet exposé a paru dans le Bulletin, du P. C. M. (septembre 1951).


XIV L AKGHH ECTUIIE PHÉl- XBHIQUEE

Les travaux de 3 des 4 îlots ont été confiés à l’Entreprise Dumont


et Besson, chargée de l’exécution du gros œuvre ainsi que de la
coordination des différents corps d’état.
Pour permettre de suivre les résultats financiers de l’expérimen­
ta lion. il a été établi :
4° un décompte des ouvrages assimilés à des ouvrages tradi­
tionnels, les prix étant calculés à partir de la série,
2° un décompte des dépenses réelles basées sur les dépenses de
main-d’œuvre, de matériel et de fourniture.
Les travaux commencés en 1945 sont aujourd'hui achevés.
Les procédés employés se sont révélés 1res satisfaisants quant à
la qualité de la construction. Mais, tout au moins en ce qui concerne
le gros œuvre, les dépenses réelles se trouvent supérieures au
décompte des ouvrages traditionnels correspondants évalués à la
série.
Devons-nous en conclure à l’échec des procédés employés? Nous
ne le pensons pas.
Certes, les procédés employés ont pu être améliorés ultérieure­
ment et les constructions commencées à partir de 1948, tout en

r, gardant les mêmes principes de construction, font appel à des


éléments plus simples et moins coûteux. Les blocs-croisées sont
constitués en 4 éléments. Les dalles sont parallélipipédiques,
l’adhérence au béton provenant seulement de la rugosité des faces
internes. Le matériel de pose a été simplifié. Les planchers ont été
remplacés par des planchers moins coûteux mais comportant une
plus grande quantité d’acier.
Un des buts de l’expérience était, d’ailleurs, de rechercher à
améliorer les procédés employés.
L’examen sommaire des décomptes des dépenses réelles entraîne
une autre constatation non moins importante, à savoir, qu’il s’est
produit une amélioration considérable de l’efficience du personnel
ouvrier employé sur le chantier.
Le premier îlot construit — îlot 4 — a été exécuté à raison
d’environ 40 0/0 en 4946, 400/0 en 4947, 20 0/0 en 4948. Le nom­
bre d’heures de travail sur le chantier, par mètre carré de plancher,
ressort à 44 h, en chiffre rond. Pour l’îlot n° 4 exécuté ensuite, à
raison de 40 0/0 en 4947, 50 0/0 en 4948, 40 0/0 en 1949, le nom­
bre d’heures par mètre carré de plancher s’abaisse à 28. Enfin,
pour l’îlot 5, le dernier construit, à raison de 45 0/0 en 4948 et
EXPOSÉ UE M. L I.XGÉXIEUR EX CHEF BRUXOT XV

55 0/0 en 1949, le nombre d’heures de travail par mètre carré de


plancher s’abaisse à 26 h 1/2.
Ce résultat s’explique, à la fois par l’adaptation du personnel à
de nouveaux procédés de construction et aussi par l’augmentation
générale du rendement. 11 est donc probable que, si les travaux
avaient été entrepris à une époque où le rendement général de la
main-d’œuvre eût été plus élevé, la comparaison du coût de la
construction avec le coût de la construction traditionnelle se pié-
senleraild'une façon plus satisfaisante. Mais, d’une façon générale,
nous pensons devoir également en déduire que l’augmentation des
salaires n’influe en totalité sur les prix que dans la mesure où le
rendement reste le même.
Cette conclusion a déjà été donnée souvent; elle est évidente.
Nous ne pensons pas qu’il soit tout à fait inutile de la rappeler.
Nous tenons à rappeler le rôle considérable qu’a joué pour la
reconstruction d’Orléans en général, et pour la préparation des
projets et la poursuite des travaux des îlots 1, 2,4 et 5 d’Orléans,
notre camarade Kerisel.
CHAPITRE PREMIER

Terminologie. — On construit un bâtiment.


On fabrique un camion.
Le langage usuel traduit ainsi deux activités bien différentes :
i le Chantier et ['Usine. Le bâtiment n'ignore pas du tout l'usine.
Presque tous les matériaux et tous les appareils d’équipement
sont, en effet, fournis par des industries souvent très évoluées :
métallurgie, liants, produits céramiques, etc... Mais le rassem­
blement de ces productions industrielles ne se fait pas dans des
locaux couverts, clos, chauffés, où des machines transforment
successivement et progressivement les produits semi-finis pro­
venant d’autres usines, pour aboutir au « montage » d’une
« série » d’objets identiques ou très voisins, qui seront ensuite
« distribués » à des distances souvent considérables.
Le bâtiment est, en effet, caractérisé par l’exécution unitaire
au lieu d’emploi, sans protection contre les intempéries, les
« façons sur le tas » ayant le pas sur les transformations, avec
prédominance très marquée du facteur manuel sur le facteur
mécanique.
Les bâtiments se présentent comme des « prototypes » figés
et durables, qui n’engendrent jamais, ou bien rarement, des
séries appréciables.
Parmi les différences qui séparent les bâtiments des ensem­
bles manufacturés, certaines sont foncières, et il n’est ni pro­
bable, ni désirable, qu’elles disparaissent ou s’atténuent sensi­
blement. C’est ainsi que l'adaptation au site : terrain, orientation.,
climat, convenance du voisinage, etc... ne peut cesser de
demeurer une qualité maîtresse des bâtiments sous le triple
rapport de l’économie, de l’hygiène et de l’esthétique. La per­
manence dans le temps, bien que facilement et légèrement
Abraham. — Architecture. 1
4 l’architecture préfabriquée

ment dans des proportions bien supérieures à ce que l’on croit


généralement.
Il n’en demeure pas moins que le coût des bâtiments publics
et privés, comparativement au coût des autres produits néces­
saires à la vie, est demeuré un obstacle difficilement surmon­
table à la réalisation des programmes d’équipement immobi­
liers en France. Il est exact que la proportion de leurs revenus
consacrée par les Français à leur logement est. inférieure à ce
qu’elle est dans d’autres pays, mais cela n’est certainement
qu’un des aspects du problème. Le bâtiment en soi est cher,
cher de façon permanente et ses périodes de prospérité ont tou­
jours coïncidé avec l’avilissement de la monnaie et non avec
l’abaissement des prix consentis par les entrepreneurs. Ce mal
n’est d’ailleurs pas spécifiquement français, si l’on en croit le
Housing Manual que viennent de publier les Ministères de la
Santé et du Travail britanniques.
Cette tare permanente du bâtiment s’est singulièrement
aggravée du fait de la guerre.
On laissera de côté la prétendue loi de l’offre et de la
demande qui, du fait des destructions de guerre et de la ruine
de l’équipement immobilier par défaut d’entretien, justifiera
pour trop de Français la floraison d’un marché noir où triom­
pheront les spécialistes qui se sont fait la main dans l'alimen­
tation de guerre. Ce sont là questions de gouvernement, ou plus
exactement de changements profonds dans la structure écono­
mique et sociale. Elles n’ont pas leur place dans un ouvrage
technique.
On envisagera, par contre, deux aspects de la question :
celui du coût d’exploitation et d’entretien des immeubles, et
celui de l’amélioration du niveau de vie des hommes. Les res­
trictions de gaz et d’électricité, la pénurie quasi absolue des
J moyens de chauffage, ont rendu sensible à tous les Français
l’interdépendance des besoins individuels et des ressources
collectives.
On a compris — les techniciens eux-mêmes ont senti l’im­
■-
portance de ce qu’ils savaient, mais négligeaient — les consé­
quences pour l’équilibre économique du pays des économies de
combustible.
Tous les pays nordiques touchés par la guerre ont élaboré
LE PROBLÈME ÉCONOMIQUE 5

des normes de conditions d’isolation calorifique minimum


pour les parois extérieures des habitations.
On verra plus loin que le problème n’est pas toujours posé
sous un angle suffisamment général et humain. Il ne l’est pas
moins et il serait vain de se dissimuler que, toutes choses res­
tant égales d’ailleurs, les maisons permettant le maintien le
plus économique du climat artificiel, qui rend le séjour agréa­
ble et sain, sont plus coûteuses que celles pour lesquelles cette
condition n’est pas imposée.
L’entretien des immeubles, leur vieillissement prématuré, le
remplacement périodique des couvertures, le remplacement
des appareils d’équipement, des immeubles eux-mêmes, sont
autant de charges qui doivent entrer en ligne de compte pour
le choix du mode de construction et d’équipement. Le problème
du provisoire entre dans le même ordre d’idées. Il n’est pas
douteux que l’on ne peut s’en passer, mais qu’il constituera
pour la collectivité une charge à peu près sans contre-partie sur
le plan immobilier.
Sans prendre aucune position doctrinale, il est honnête de
constater que la notion de « service public » s’incorpore un peu
plus chaque jour à celle d’habitation et qu’il ne semble pas
téméraire de tabler sur une évolution dans ce sens.
En conséquence, la collectivité ne doit pas commettre la
faute de faire choix du procédé de construction le moins oné­
reux, alors que le maintien de l’immeuble en état de bonne
conservation exigera des ressources financières permanentes et
croissantes.
Celte notion du logement « service public » conduit égale­
ment à l’amélioration du niveau de vie des individus, amélio­
ration que les privations et les souffrances de la guerre font
apparaître comme une sorte de faible revanche que l’on ne con­
cevrait pas qu’elle fût refusée aux survivants du cataclysme
qui secoua le monde. La reconstruction du pays daus le sens
large interdit de lésiner sur les surfaces minima à mettre à la
disposition des familles.
La réaction inévitable contre les désagréments physiques
endurés du fait de la vie dans les baraquements se traduira par
certaines exigences de confort de caractère général et non
réservé à une classe sociale privilégiée. C’est ainsi que, à côté
du climat artificiel ou de l’équipement sanitaire, l’affaiblisse-
6 l’architecture préfabriquée

ment phonique apparaît comme une nécessité impérieuse, ne


serait-ce que pour la radio. Or, le bâtiment amélioré phonique-
ment est plus cher, toutes choses restant égales d’ailleurs, que
celui pour lequel aucune précaution d'affaiblissement du son
n’a été prise.
On pourrait multiplier les exemples et citer notamment les
dispositifs de sécurité des ouvriers fumistes et couvreurs qui
sont coûteux, mais dont on ne saurait concevoir qu’ils fussent
négligés.
11 est évident que si le spéculateur immobilier, dont le profit
était l’unique objectif, pouvait négliger certaines conditions
minima d’habitabilité, l’Etat qui prend sa large part de la
reconstruction de l’outillage immobilier français ne peut plus
en faire abstraction, car elles sont les conditions mêmes de la
santé physique et morale du pays. Ainsi donc, la notion de
« service public > en matière de logement conduit à une aug­
mentation certaine du coût des bâtiments.
Que l’on ne voie pas là une critique, ou même une réticence
à l'encontre de cette évolution. Rien nesaiurait être plus éloigné
de la pensée de l’auteur qui n’y insiste que pour bien poser les
données du problème.

Les remèdes. — Ainsi donc, le bâtiment, industrie relati­


vement défaillante avant guerre parce qu’elle n’avait pas su
aligner ses méthodes sur celles d’industries plus évoluées, va
repartir avec un très lourd handicap, puisque l’accroissement
légitime des exigences de l’usager moyen et la nécessité natio­
nale de l’exploitation économique des immeubles vont accroître
leur coût de premier établissement.
Subsidiairement, la réparation des bâtiments partiellement
détruits et l’entretien des immeubles négligés vont nécessiter
une telle quantité d’ouvriers spécialistes, et pendant si long­
temps, qu’il deviendra indispensable de faire appel, soit à
d’autres industries s’il en est de disponibles, soit, plus généra­
lement, à une main-d’œuvre non spécialisée, en adaptant les
procédés de réalisation des bâtiments à cette éventualité.
On peut d’ailleurs affirmer que les techniciens de tous les
pays admettent la nécessité d’industrialiser le bâtiment, 1
En France, le Commissariat à la Reconstruction a pris posi­
tion, dès le début de ig43, en organisant les « Concours en
LES REMÈDES 7

vue d'améliorer les procédés de construction des bâtiments ».


Le « Programme de concours pour la fabrication et la pose
du bloc « croisée » par exemple, nous définit son objet de la
façon suivante :

« Objet du concours :
« Propi
z'noser des blocs typifiés susceptibles :
d’être
a i o (TJ fabriqués eu grande série,
« d’être posés sans ;ajustage ni retouches, sans désemparer, com-
« plctement terminés,, en ordre de fonctionnement, avec le minimun
« de main-d’œuvre, etc...
« Le Commissariat à la Reconstruction escompte l’abaissement des
« prix de revient :
« io (|u fait de ja fabrication en grande série,
a 2° du fait de la suppression quasi complète des façons sur le tas
« comprenant notamment...., etc., les interventions successives et
a mal coordonnées de corps de métier différents...., etc... »

En conclusion, l’esprit général du Concours est ainsi


défini :
« Le Commissariat, en instituant le présent concours, se
« préoccupe moins de faire surgir des solutions entièrement
« nouvelles que d’adapter les très nombreuses et bonnes solu-
« tions connues à un rythme plus industrialisé du bâtiment.
« Fabriquer à moindre prix, telles sont les préoccupations
< essentielles qui doivent guider les concurrents ».
Essayons de préciser ce que signifie l’industrialisation du
bâtiment, pour supputer ce qu’on en peut attendre. Supposons
que T représente le nombre total d’heures de main-d’œuvre
nécessaires pour construire, par les moyens traditionnels, un
bâtiment unité.
Nous admettons, pour simplifier, que T ne comprend pas le
temps nécessaire à la fabrication des matériaux proprement
dits : briques, liants, profilés, vitres, etc...
Admettons également momentanément que T est constant.
Sous cette réserve, soit te la part de T employée au chantier :
terrassiers, maçons, couvreurs, etc..., et ta la part de T
employée en usine, ou plutôt en atelier : préparation des char­
pentes et menuiseries, taille mécanique de pierre dure, mou­
lage du staff, etc...
8 l'architecture préfabriquée

La pratique du bâtiment d’avant-guerre nous apprend que ta


est toujours très inférieur à te, le rapport oscillant entre 1/20
et i/5, à ne considérer que les bâtiments d’habitation.
La prédominance du chantier y était donc écrasante. Or, indé­
pendamment de ses infériorités multiples par rapport à l’usine :
utilisation moins généralisée de la machine, perturbations dues
aux intempéries, dispersion des efforts, etc... le chantier intègre
essentiellement des « façons » soit totalement manuelles, soit
partiellement mécaniques, mais en règle générale « succes­
sives ». Or, quelles que soient les possibilités de la taylorisation,
rien ne fera que le plus habile ouvrier qui fabrique sur place
5 m2 de mur en briques de 0,22 m en 10 h, puisse faire égale­
ment en 10 h, 10, 20, æm2 du même mur en briques. On conçoit
. parfaitement, au contraire, qu’une machine puisse fabriquer
en 10 h et simultanément un nombre quelconque de parois de
10 m2, puisque ce n’est qu’une question de puissance de la
machine. Si l’on admet de plus que le temps de montage de
telles parois est négligeable, on aura résolu, du moins théori­
quement, le problème de l’abaissement du coût de la construc­
tion des bâtiments par ce qu’on est convenu d’appeler la « pré­
fabrication ». Bien que l’on soit sincèrement convaincu des
avantages de la préfabrication sur le plan économique, encore
faudrait-il déceler les limites de son efficacité.
La solution la meilleure est théoriquement celle conduisant à
la valeur minima ta 4- te = T, à la condition de s’assurer que
le coût des matériaux ne vient pas annuler les avantages écono­
miques de la réduction du temps de main-d’œuvre (1).
En fait, la liberté de choix n’est pas absolue, les conditions
d'habitabilité des bâtiments présentant des exigences devant
lesquelles la technique doit s’incliner. Il n’y a, en réalité, que
des cas d’espèce, dont le chapitre III fournira quelques
exemples.
On peut, cependant, indiquer, comme règle générale, que la
préfabrication centralisée suppose la distribution qui est oné-
(1) On fera cependant remarquer que, dans les conditions de l’après-
guerre où l’insufüsance de la main-d’œuvre est certaine, entre deux
solutions conduisant à la même dépense, il faudra toujours choisir celle
qui conduit au minimun de main-d’œuvre. Toutefois la chose n’est pas
si simple, car il faudrait intégrer dans le calcul la main-d’œuvres néces­
saire à la fabrication des matériaux eux-mêmes.
l’esthétique 9

reuse'-et vient souvent en annuler les avantages. Il en résulte


que la solution mixte de « l’usine de chantier » apparaît comme
une possibilité d’avenir sur laquelle on peut fonder, semble-t-il,
les espoirs les mieux assurés.

L’esthétique. — Ainsi donc, sous l’impérieuse nécessité de


la reconstruction des maisons des hommes détruites à une
échelle jamais égalée et avec des ressources en main-d’œuvre
spécialisée en tout état de cause gravement insuffisantes, le
bâtiment va s’engager inéluctablement dans la voie d’une indus­
trialisation dont le terme est présentement inconnu.
L’Architecture, honneur des âges révolus, et dont la guerre
vient de détruire — détruit chaque jour — tant de merveilles,
va-t-elle subir un recul du fait de la machine produisant en
série des formes stéréotypées ? L’Art sera-t-il la dernière victime
de la fièvre de destruction qui bouleverse le monde?
Il n’y a pas à se dissimuler que le péril est d’autant plus
grave qu’après avoir échappé à tant de causes de destruction les
survivants crieront vers l’abri, indifférents aux valeurs spiri­
tuelles dont l’avilissement de l’Architecture impliquerait
l’abandon.
Mais ce danger n’est pas aggravé par la nécessité où se trouve
le bâtiment de recourir à d’autres méthodes. Mieux vaut pour
l’Architecture l’obligation de se renouveler ou de périr que la
permission de se survivre.
Que redoute-t-on dans la standardisation? Essentiellement la
monotonie.
Le passé doit nous rassurer, et plus particulièrement le passé
de la maison relativement modeste. De nombreux travaux nous
ont amené à pénétrer les raisons profondes de sa qualité
humaine et plastique, et parmi ceux-ci le livre si bien pensé de
MM. Doyon et Hubrechl. Nous avons mieux compris ce que
nous savions confusément : que le charme des groupements de
foyers était fait de simplicité et d’unité ; on pourrait dire d’uni­
formité : les pentes des toits sont très sensiblement égales, le
matériau couvrant étant unique ; les proportions des vides des
croisées par rapport aux pleins des murs pourraient s'exprimer
par des rapports arithmétiques singulièrement homogènes ; les
épaisseurs des bâtiments, les hauteurs des corniches varient
io l’architecture préfabriquée

dans des limites très rapprochées; les percements ont la même


proportion, les mêmes encadrements, les mêmes menuiseries ;

-q--------- > fi' — 1 I

Fig. 1. — Un village dans le pays rie Cauv. Le touriste qui te


des éléments que faite

la matière, la couleur des murs sont les mêmes. Bien plus, ces
architectures modestes du passé sont remarquablement fonc­
tionnelles ; le trou ovale au-dessus de l’évier est percé à la
hauteur qui convient et à l’emplacement motivé par les besoins
de l'éclairage, sans recherche apparente de composition ; la
symétrie y exprime une commodité et non un souci de décor, de
même que l’irrégularité ne résulte d’aucune préoccupation de
pittoresque (fig. i).
On dira que cette unité ne tourne pas en monotonie parce que
l’exécution manuelle et le matériau naturel ou fabriqué par des
moyens rudimentaires, comme la tuile, enlèvent toute sécheresse
à l’exécution, y répandant comme une sorte de vie.
C’est bien exact, mais par contre l’homme contemporain
n’a-t-il pas découvert la beauté mécanique rejoignant par cer­
tains côtés la beauté géométrique, qui est à la base des archi­
tectures classiques ? Certaines industries, comme l’automobile,
n’ont-elles pas, très volontairement et consciemment d’ailleurs,
mis en circulation des productions auxquelles on ne peut
sérieusement reprocher que le style ait manqué ?
La précision est un moyen de l’art et le recours à la nature
végétale est générateur des contrastes qui sont une des mille
ressources de l’architecture (fig. 2).
Cependant, il ne faudrait pas s’y tromper, il n’y a pas
seulement du hasard dans les formes heureuses : leur con­
stance même, à certaines époques, prouve leur caractère volon­
taire. Si le style, chez l’ouvrier modeste, était naturel, il n’en
l’esthétique

reflétait pas moins l’invention plastique de l'artiste créateur


inconnu ou célèbre.

e ces villages pittoresques i perçoit pas le caractère standardisé


lir le géométial ci-dessous.

J*

Eig. 2. — Cité américaine.


.Maisons standard en bois, dans la nature, aux Etats-Unis.
C'est tout de même moins laid que la banlieue parisienne.
I
12 L’aRCUITECTURE PRÉFABRIQl ÉE

Le style traditionnel et spontané est mort peu après i83o. H


faut maintenant l’attention volontaire de l’artiste pour y attein­
dre. Il faudrait l’esprit d’équipe et l’humilité des équipiers pour
le répandre. Il faudrait que l’individualisme fit place «à la
notion de la beauté richesse commune, répudiant cette abomi­
nable notion de « propriété » artistique, bien digne d’une épo­
que dont trop d’hommes représentatifs, paraphrasant Descartes,
auraient pu prendre comme devise : « je paie, donc je suis ».
Or, le moyen pour l'architecture d’atteindre au caractère, à
l’allure, au style, à la beauté, c’est avant tout et presque exclu­
sivement, la proportion.
Comment la proportion, condition nécessaire de la persistance
de l’art tout court dans celui de bâtir, va-t-elle s’accommoder du
standard ?
Normalisation et typification modulaire. — Ce sera
l’honneur de la Société des Architectes Diplômés par le Gou­
vernement d’avoir, dès 1962, en étroite collaboration avec
l'Association Française de Normalisation, abouti, après de
longues et patientes études, à la notion de normalisation,
modulaire, notion que les anglo-saxons paraissent avoir pres­
sentie sans l’avoir, semble-t-il, élaborée.
La modulation consiste à choisir pour toutes les dimensions
du bâtiment lui-même et de ses parties, et dans les trois direc­
tions de l’espace, des communes mesures dont elles sont un
nombre entier; communes mesures constituant elles-mêmes
une progression géométrique de raison 2. Plus simplement, la
normalisation consiste à diviser l’espace en cubes de côtés égaux
à 2,5 cm, 5 cm, 10 cm ou 20 cm, ou 4o cm. etc., et à faire coïn­
cider les faces extérieures des solides constituant le bâtiment
avec les plans préparatifs des cubes.
Plus simplement encore : elle consiste à dessiner les plans,
coupe et .élévation sur des grâticulages de mailles 2,5, 5, 10,
20 cm, etc...
Le choix du « module », c’est-à-dire de la commune mesure,
dépend des dimensions intrinsèques de la portion de bâtiment
envisagée. C’est ainsi que les carreaux' céramiques qui sont
normalisés à 10 et 12,5 ont pour module 2,5 alors que 10 est
celui de la croisée normalisée à n X 10 en largeur et à n X io 4- 5
en hauteur et que 20 n’est pas excessif pour les cages d’escalier
NORMALISATION ET TYPIFICATION MODULAIRE i3

normalisées à 2 m, 2,20, 2,4o, que 4o convient pour les portées


de toitures des bâtiments agricoles, etc...
La modulation limite les contraintes de la composition archi­
tecturale à s’accommoder d’un quadrillage dont la maille, s’il
s’agit de croisée par exemple, représente à l’échelle de i cm par
mètre l’épaisseur d’un trait de crayon. Par définition, les tru­
meaux entre les croisées vont être des multiples de io au mini­
mum, ou de 20, éventuellement de 4o, et les encadrements de
baies, s’ils existent, diminueront ces trumeaux de bandes lar­
ges de 5, io, 20\ etc... laissant entre elles un intervalle multi­
ple de io, 20, 4o, etc...
" On comprend que, sous réserve de jeux de tolérance, dépen­
dant de la nature des matériaux, on puisse préfabriquer des
croisées, des encadrements, des dalles de revêtement, qui trou­
veront automatiquement leur place par superposition à un cer­
tain nombre de carrés du graticulage. Il est bien entendu qu’il
en sera de même verticalement pour les appuis, les linteaux, les
allèges, les bandeaux, etc... le « jeu de construction » permet­
tant d’ailleurs de multiples combinaisons avec un petit nombre
d éléments.

Fig. 3. — Cellules-type délinissant les proportions normales


des croisées.

Gardons l'exemple de la croisée modulée et suivons l’archi­


tecte qui, compte tenu des nécessités de l’aération et de l’éclai­
rage, de la hauteur d’étage, du mode de fermeture et de protec­
tion, de l’encombrementdu radiateur qu’il veut mettre en allège,
va faire plusieurs essais sur son graticulage et arrêter la pro­
i4 l’architecture préfabriquée

portion qui lui paraîtra la plus harmonieuse. Etant donué les


limites bien restreintes de variations des hauteurs d’étage (3 m,
3,2 m ou 3,4 m), le petit nombre de combinaisons d'ouvrants,
s'il s’agit de croisées à la française (2, 3 ou 4 vantaux parexem-
ple), les quelques hauteurs de radiateurs normalisées, etc... des
architectes différents seront amenés à faire des choix suffisam­
ment rapprochés pour constituer des groupements certainement
très homogènes : une autorité coordinatrice pourra choisir parmi
ces groupements une ou plusieurs croisées typifiées qui seront
alors susceptibles d’être fabriquées en grande série.
Ce qui est vrai pour les croisées l’est également pour toils les
éléments des murs, les portées des planchers, des charpentes,
les dimensions des cages d’escalier, celles des blocs sanitaires,
culinaires, etc...
On comprend que de telles pratiques généralisées puissent
conduire à des choix tenant compte des lois de la composition

^7
architecturale et à des fabrications de série libres et variées puis­
qu’il suffit qu’elles répondent à la loi modulaire pour trouver
leur place dans les ensembles ; la liberté d’expression peut ainsi
rester très étendue, la multitude des combinaisons qui permet­
tent le graticulage étant pratiquement illimitée.
Ainsi apparaît la possibilité de coordonner la composition
architecturale, la préfabrication industrielle et le montage au
chantier, sans que la recherche du rendement économique soit
un obstacle rédhibitoire à des réalisations harmonieuses.

L’autorité coordinatrice. — Tout cela est d’ailleurs moins


simple qu’il n’y paraît, et suppose de patientes recherches, dont
. le chapitre III fournira quelques exemples. Ces recherches ne
sauraient rester individuelles et leur aboutissementsuppose une
évolution de la profession d’Architecte dans un sens en quel­
que sorte hiérarchisé sous l’autorité d’un organisme d’Etat. Elles
supposent également une évolution delà profession d’Entrepre-
neur, dans laquelle le Technicien serait moins subordonné à
l’homme d’affaires et conjuguerait mieux ses efforts avec ceux
de l’Architecte.
J’ai pu dire, en présence de M. Muffang, Commissaire à la
Reconstruction, au cours d’une conférence prononcée le 28 mai
1944 à l’institut Supérieur du Bâtiment etdesTravaux Publics,
que son Administration s’était résolument engagée dans la voie
NORMALISATION ET TYPIFICATION MODULAIRE i5

de la planification des activités du Bâtiment. Le Ministre réali­


sateur qui préside désormais à la Reconstruction etdont le moins
qu’on puisse dire est qu’il est « du bâtiment », fera, sans nul
doute, passer dans les faits, une évolution si nécessaire au renou­
vellement des méthodes condamnées de cette industrie quelque
peu routinière.
CHAPITRE III

LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA

Préfabrication et niveau de qualité. — La présente étude


n’est pas un cours de construction. Toutefois, puisque l’on va
présenter, au Chapitre III, quelques exemples de « montages »
préfabriqués, substitués aux « façonnages sur le tas » qui per­
mettent traditionnellement de construire des murs, des plan­
chers, d'installer des appareils sanitaires, etc..., il est utile de
définir, dans la mesure du possible, les qualités techniques
minima auxquelles doivent satisfaire ces diverses parties de la
construction. Il importe avant tout, en effet, d’être assuré que la
préfabrication ne va pas entraîner une diminution du niveau
de qualité des bâtiments. Encore vaudrait-il mieux parler de
probabilités que de certitudes, l’expérience — et une expérience
étendue et durable — pouvant seule permettre d’affirmer que
tel ou tel procédé peut être employé sans mécomptes, et, par
suite, être intégré dans l’art de bâtir.

a) LE MUR
Le problème général. — C’est une très vieille histoire. Les
murs, avec le toit, élément essentiel de l’habitation, ont été si
universellement expérimentés depuis des millénaires qu’il sem­
ble que l’on devrait tout de même savoir ce qu’on en peutatten-
dre et ce qu’on veut en obtenir. Or, il n’en est rien et la
matière est fort controversée. Heureusement, on construit plutôt
par tradition que par théorie, ce qui conduit, en général, à des
résultats acceptables.
Pour l’homme de la rue, le mur porte la maison. Quelle héré­
sie ! Quelle marque d’obscurantisme! Un mur ne peut être
que « porté » par une ossature < fonctionnelle»; les temps du
mur porteur sont révolus.
Pour les uns, le mur protège l’homme contre les rigueurs de
la température, lui permettant de réaliser ce climat artificiel,
LES CONDITIONS TECHNIQUES MIMMA >7
condition du bien-être physique et de la détente intellectuelle.
Quelle aberration ! disent les autres ; vous dépensez un combus­
tible rare pour réchauffer de lourdes maçonneries — alors que
la paroi légère peut, non seulement être beaucoup plus isolante,
mais peut encore <i s'effacer », si vous appuyez sur un bouton
électrique pour mettre votre lit, pour ainsi dire, dans la nature !
Essayons cependant de nous entendre, et d’abord sur le sens
des mots :
Appelons « mur » ce qui sépare, ce qui isole l’ambiance inté­
rieure de l’ambiance extérieure, le climat artificiel du climat
naturel. Il s’agit donc de la paroi verticale proprement dite,
abstraction faite de l’ossature, si elle existe. Nous ne voulons
pas dire que l’ossature est superfétatoire, et il n’y a pas à sous-
estimer son intérêt ; néanmoins, ce n’est pas la cage de ferraille
qui met l’homme à l’abri : ce sont les « remplissages » qui en
réunissent les barreaux et ces remplissages par convention ce
sont les « murs ». De plus, on limitera encore la signification
du mot au plein, et non au vide. Ce n’est donc pas le complexe
paroi pleine — paroi vitrée que l’on appellera « mur », mais
exclusivement les parois verticales fixes et opaques.
En effet, le mur ne se conçoit pas et n’existe pas sans croisées
dispensant la lumière diurne, permettant le renouvellement de
l’air, l'ensoleillement et la vue de l’extérieur. Or, tous les rai­
sonnements que l’on pourra faire sur le mur seront viciés à la
base si l’on ne convient pas tout d’abord de la proportion appro­
ximative des vides par rapport aux pleins. Il est bien évident
que si l’architecture veut imposer aux usagers le supplice de la
cage de verre intégrale, le problème du mur est résolu puisqu’il
n’y en a plus.
La proportion des vides par rapport aux pleins dépend essen­
tiellement du genre d’occupation des locaux. Elle n’a pas à être
la même pour un atelier d’horlogerie que pour une chambre à
coucher. On se placera dans le cas de l’habitation, qui est le plus
.fréquent, en même temps que le cas moyen, les bons locaux
d’habitation se révélant généralement propres à bien d’autres
usages — et l’on admettra que la surface du mur oscille entre
une fois et demie et deux fois et demie celle de la partie vitrée.
La cellule-type définie par le croquis de la figure 3 montre que
la croisée correspondant à la proportion minimum d’une foiset
i8 l’architecture préfabriquée

demie, c’est déjà une belle croisée susceptible d’éclairer et d’aérer


abondamment le local.

La portance. — Il faut toujours qu'un mur soit porteur ou


porté. En fait, il n’en est pas toujours ainsi. L’ossature se
déforme élastiquement et plastiquement (fluage et retrait du
béton) et les remplissages prennent charge ; les moments prévus
s’inversent. Il en résulte des efforts intempestifs dont les consé­
quences sont multiples : écrasements locaux, décollement, des
enduits, fissuration plus ou moins grave, mauvaise tenue des
revêtements, claquement du béton entraînant la rupture de
l’étanchéité avec toute la séquelle des infiltrations, etc... Ceci ne
constitue pas une critique du principe même de l’ossature : il
faut savoir construire. Toutefois, les méthodes de préfabrication
ayant pour objectif le montage rapide, il faudra se méfier tout
spécialement du travail plus ou moins retardé des matériaux —
retardé par exemple parce que les saisons n’auront pas eu le
temps de se succéder et de soumettre la construction à ces épreu­
ves de température, d’hygrométrie, de retrait, de déformations
élastiques et plastiques plus ou moins différées, de vieillisse­
ment en général, que les laboratoires ne sauraient exactement
reproduire.
Mais doit-on donner la préférence au mur porteur, qui se
suffit à lui-même, ou au mur porté, qui nécessite une ossature
dont les facultés de déformation devront être adroitement conju­
guées avec les siennes propres, sous peine de désordres cer­
tains? Bien que, en matière d’architecture, il n’y ait que des
cas d’espèce, le problème posé ci-dessus comporte, en principe,
une solution arithmétique qui devrait exclure toute position
doctrinale. Il s’agit, en effet, de choisir le procédé le moins oné­
reux. Examinons les données du problème :
Soit Pm le prix d’un mètre courant de mur porteur de hau-
teur égale à celle de l’étage moyen.
Soit Po le prix d’un mètre courant du mur porté — ou rem-
plissage — dans les mêmes conditions.
On connaît d’autre part le prix moyen au mètre courant d’une
ossature en béton armé ou en acier de mur de façade, ce prix
variant en fonction — non linéaire — du nombre d’étages. Soit
po, pi, pa, etc... les prix correspondant à l’immeuble d’un rez-
de-chaussée, d’un étage, de deux étages, etc...
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 19

Les prix corniparalifs des murs, le porteur et le porté, s'établi-


ront comme suit :
portés porteurs
Immeuble à 1 rez-de chaussée po 4- Po Pm
— 1 étage pi 4~ 2 Po 2 Pm
— 2 étages . p2 -j— 3 Po 3 Pm
— 3 étages p3-|-4 Po 4 Pm
etc , etc.

7500 r

7000

?
«n
6500

6000

■Çj 5500
Q

5000
■8 4500
S 4 000
■8
3500
g

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3000
s
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£
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Fig. 4. — Comparaison des prix de revient des murs à ossature
et des murs porteurs.

Le graphique, figure 4. permet, théoriquement, de détermi­


ner le nombre d’étages à partir duquel le mur porté est plus
économique que le mur porteur; il a été établi en comparant
ao l’architecture préfabriquée

un mur en briques pleines, de 35 cm, porteur, à un mur porté


composé d’une paroi en briques pleines de 11 cm et d’une paroi
en matériau calorifuge (agglomérés de bois) avec vide d’air. On
pourrait imaginer qu’il existe des ossatures et des parois si
économiques que la droite serait toujours au-dessus de la
courbe : pourtant on ne risque rien en affirmant qu’actuelle-
ment on ne les connaît pas encore. En fait, le problème est assez
complexe, car le coût de l’ossature est, dans une certaine
mesure, influencé par le poids du remplissage, et l’augmenta­
tion de hauteur du mur porteur est limitée par l’accroissement
de la charge unitaire entraînant l’augmentation de son épaisseur
aux étages inférieurs. D’autre part, l’obligation fréquente d’avoir
au rez-de-chaussée, pour des raisons d’utilisation commerciale
par exemple, des points d’appui éloignés, et par suite des lin­
teaux qui devraient alors porler le mur porteur, peut conduire
à l’abandonner. Du point de vue de la préfabrication, il n’était

P
pas inutile de faire ressortir que, les murs préfabriqués postu­
lant l’ossature, à ce que l’on croit généralement tout au moins,
il y a toujours lieu de se demander à partir de quel nombre
d’étages tel mur porté présente un avantage économique sur un
mur porteur.

Les problèmes thermiques. — Les problèmes thermiques


font naître des prises de position contradictoires beaucoup plus
nettes encore que les problèmes de portance. Il faut d’ailleurs
convenir qu’ils sont moins simples. Les travaux théoriques sont
assez récents et supposent la pratique de l’analyse mathématique
! la plus déliée, alors que l’expérience est purement empirique
et intuitive, le laboratoire n’étant pas encore organisé à l’échelle
du mur réel. Cependant, les temps cruels que nous vivons,
l’insuffisance ou l’absence de moyens de chauffage, auraient dû i.
conduire à discriminer la bonne construction de la mauvaise
par l’évidence et l'universalité des constatations que chacun
est à même de faire.
On objectera à cela que l’on compare généralement entre eux
des immeubles en maçonnerie — car il n’y en a guère d’autres;
leurs murs sont plus ou moins épais et l’on est bien d’accord sur
ceci que de deux murs en même matériau, le plus isolant c’est
lê plus épais. Mais si nous disposions des murs futurs que l’on
nous promet aussi légers qu’isolants, nous abandonnerions
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINI.MA 21

immédiatement tous ces préjugés rétrogrades. Malheureuse­


ment, le baraquement est là — et il en est de très bien faits —
pour nous donner un avant-goût de la paroi mince, et tant de
Français en ont déjà tâté qu’ils ont quelques notions pratiques
sur sou fonctionnement thermique.
Les bâtiments du xixe siècle, où le chauffage central était
l’exception, demeuraient habitables, par les hivers les plus
rigoureux avec un ou plusieurs foyers très relativement continus
et l'eau n’y ruisselait pas sur les murs. Entre les deux dernières
guerres, on a construit des immeubles, non plus en pierre de
taille ou moellons calcaires hourdés au plâtre, de 4o à 5o cm
d’épaisseur, mais en briques creuses de o,a5 cm d’épaisseur,
par exemple, hourdées et enduites en ciment et portées par une
ossature en béton armé. Ces immeubles ont, par contre, le
chauffage central. Mais quand ce dernier a dû s'arrêter faute de
combustible, et être remplacé per des foyers individuels plus
ou moins déficients, on a vu apparaître des condensations
imprévues, et les locataires ont appris que l’arrêt du radiateur
électrique était suivi presque immédiatement de la douche gla­
cée, aucune trace sensiblede chaleur ne subsistant le matin dans
la chambre qu'on avait tant bien que mal chauffée la veille au soir. ■
On dira, sans doute, qu’aucun mode de construction ne sau­
rait dispenser du chauffage et que si la. pénurie de combustible
devient quasi totale, il n’y a pas de différence entre l’immeuble
traditionnel le mieux construit et le baraquement le plus léger.
On dirait de la même façon que, lorsqu’il n’y a rigoureusement
rien à manger, le rutabaga vaut la langouste. Eh bien, précisé­
ment, cela n’est point du tout exact. En réalité, lorsque l’occu­
pation continue de jour et de nuit nécessite le maintien d’une
ambiance variable dans des limites assez faibles pour assurer le
bien être permanent, les constructions à parois minces, sont
beaucoup moins agréables à habiter que les constructions à
parois épaisses, et tout particulièrement en été.
Cette constatation expérimentale, que confirme d’ailleurs
l’étude théorique, est très combattue par les promoteurs de la
paroi légère, et l’on voudrait être sûr qu’il ne s’y glisse aucun
i souci commercial — non pas certes de la part de techniciens
parfaitement sincères — mais de leurs « supporters » à gros
budgets de publicité.
;
Abraham. — Architecture. 2
22 l’architecture préfabriquée

Quelques comparaisons à effet sont à la mode, notamment


celle de la bopteille thermos et du mortier de pharmacien de
nos pères. Versons un liquide chaud dans la première, dont les
parois sont minces et légères; le lendemain, il n’aura perdu que
quelques degrés. Mettons le même liquide dans le mortier,
auquel on voudra bien, nous l’espérons, accorder un bon cou­
vercle bien hermétique : le liquide ne tardera pas à se refroidir,
cédant sa chaleur aux parois de pierre du mortier, qui sont
épaisses et lourdes. Vous voyez donc, nous dit-on, que vos vieux
murs, c’est l’antique mortier, et qu’ils ne servent qu’à dévorer
I inutilement la chaleur que vous produisez à grands frais. Je le
veux bien admettre pour le moment, mais continuons l’expé­
rience. Emplissons à nouveau bouteille et mortier d’une eau
très chaude et, quelques heures après, vidons cette eau et rem-
plaçons-la par de l’eau froide. L’eau froide mise dans la bou­
teille thermos ne s’échauffera pas d’un degré alors que celle du
mortier deviendra tiède, empruntant aux parois épaisses la cha­
leur cédée par l’eau chaude.
Les murs de nos maisons, ce sont les parois du mortier;
quand le poêle s’éteint, il y fait bon encore, car les murs resti­
tuent la chaleur qu’ils ont accumulée. Ces comparaisons valent
ce qu’elles valent, et plutôt moins que plus. On ne les cite que
pour montrer qu’elles peuvent conduire à prouver tout autre
chose que ce pour quoi elles ont été faites.
En fait, il y a le wagon et la cave, dont les qualités thermi­
ques sont, les unes et les autres, bien connues La maison n’est
ni une cave ni un wagon, et c'est précisément ce juste milieu
qu’elle doit réaliser.
Le problème thermique a deux aspects contradictoires : l’éco­
nomie et le confort. 11 faut savoir dans quelles limites ils sont l.
conciliables et. le cas échéant, choisir celui qui doit primer
l’autre. En effet, le problème de l’économie peut être résolu par
l’absurde en ne chauffant pas et il l’est en fait par les temps qui
1 courent. C’est donc le degré minimum de confort raisonnable­
ment exigible qui conditionne et limite le degré d’économie. Il
y a, certes, le plus grand intérêt à déterminer le mode de
construction qui, à confort égal et suffisant, conduira à la
moindre dépense de calories. Mais il n’est pas humainement
défendable de fixer a priori une dépense minima de combus­
tible pour en déduire les conditions d’habitabilité.

I
-
LES CO.XIHTIONS TEGlIXIQl ES Ml.XI.MA 23

Une autre distinction, non moins importante, concerne les


expressions : chauffage continu et chauffage intermittent. On
admettait naguère, en général, que le premier constituait le
régime normal de l’habitation, le second étant celui des écoles,
des bureaux, des salles de spectacle, etc... où la température
intérieure doit être maintenue, et encore, fréquemment avec
une courbe décroissante, pendant les heures d'occupation, mais
peut s’abaisser fortement dans leur intervalle. En examinant de
plus près le régime normal du chauffage central dans les habi­
tations, on a fait ressortir que sa continuité était contestable.
En effet, en temps normal, on tendait à maintenir une tempéra­
ture sensiblement constante de l’heure du lever à celle du cou­
cher, de 7 h à 22 h par exemple, tout en admettant des fléchis­
sements, notamment au début de l’après-midi ; mais, la nuit,
on réglait la chaudière de façon à réduire la consommation; la
fermeture complète des robinets de radiateurs dans les cham­
bres à coucher était même habituelle dans la plupart des foyers.
On en a bien vile tiré cette conclusion hâtive que le régime
continu était un mythe, qu’il n’y avait, en fait de chauffage, que
des régimes intermittents, et qu’en conséquence, les parois les
plus économiques au point de vue déperdition, qui sont, nous
le verrons, les parois minces dans le cas du discontinu, étaient
celles qui conviennent à l’habitation. Cette opinion est nette-
ment abusive et quelque peu tendancieuse. En fait, l’abaisse­
ment périodique de la température de nuit n’excède pas le
quart de la température de régime, de 160 à 120 par exemple.
On connaît, en effet, par expérience — tout au moins depuis
quelques années — l’agrément de s’habiller le matin dans une
chambre où la température s’est abaissée au-dessous de io°. Il
faut convenir de bonne foi que le bien-être daiïs l’habitation ne
s’accommode que d’un régime sensiblement continu — que
l’émission proprement dite des corps de chauffe soit elle-même
continue ou non — à température variable il est vrai, mais dans
des limites extrêmement resserrées.
Il n’y a aucune analogie possible entre le régime de nos
appartements et celui du cinéma de chef-lieu de canton dans
lequel tous les dimanches d’hiver, c’est-à-dire une vingtaine de
fois par an, il est nécessaire de chauffer la salle, alors que la
température habituelle peuty descendre au-dessous de zéro sans
autre inconvénient que de faire éclater les canalisations des
24 l’architecture préfabriquée

lavabos s’ils existent ou si l’on a omis de les vidanger.


Cette nouvelle distinction faite, reportons-nous toujours à
l’expérience la plus commune en ce qui concerne les conditions
du bien-être. Le monsieur chauve qui entre, par un jour froid,
dans un café chauffé, évite d’instinct la banquette qui tourne le
dos à la devanture, même si celle-ci est fixe et ne laisse donc
passer aucun vent coulis et même si elle est protégée par ces
rideaux — grenat — dont le cafetier connaît toute l’utilité. C'est
que le corps humain, et bien entendu ses parties que l’âge a
découvertes, réagit avec une extrême sensibilité au rayonne­
ment calorifique des parois. On doit à M. Missenard d’avoir
acclimaté en France la notion de température résultante
qu’illustre remarquablement un très grand nombre de faits
d’expérience. L’impression de chaleur ressentie dans un local
dépend notamment, de la température de l’air mesurée au ther-
momètre sec ordinaire, du degré hygrométrique de cet air, de
sa vitesse et de la température des parois : murs, sol, plafond.
La température des parois jouerait même un rôle prépondérant
parce que le corps humain perdrait beaucoup plus de chaleur
par rayonnement que par convection ou conductibilité (contact
avec le sol). Il en résulte que la température de l’air peut être
abaissée si la température des parois est augmentée, et c’est le
principe du chauffage par rayonnement (sol chauffant). Par
contre, la surabondance des parois vitrées nécessite une éléva­
tion de la température de l’air intérieur par rapport à celle qui
serait suffisante dans des locaux à croisées de dimensions nor­
males, et c’est un effet que connaissent bien tous les architectes
qui, comme moi-même, ont donné dans la vitrerie abusive
d’entre les deux guerres.
Cette notion de température résultante éclaire d’un jour nou­
veau les considérations un peu simplistes relatives aux avanta­
ges des parois à forte inertie thermique.
Il y a lieu de préciser cette notion en utilisant les remarqua­
bles rapports établis sous l’autorité de M. le Pr Véron par
MM. Nessi et Nisolle, et par M. Dupuy pour la Commission
Consultative Supérieure du Chauffage, réunie sous la présidence
de M. Surleau, Délégué Général à l’Equipement National. Nous
leur empruntons nombre des renseignements qui suivent et
notamment la signification des expressions « mur lourd » et
a mur léger ».

1
4
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 25

« L'expression « mur lourd » est employée couramment pour


« désigner une paroi de construction qui met un temps relative­
« ment considérable à se réchauffer ou à se refroidir sous
« l’effet d’une élévation ou d'un abaissement de la température
« qui l’environne. On emploie naturellement l’expression « mur
« léger » dans le cas contraire.
« On emploie également les expressions de « paroi inerte »
« ou de « paroi sans inertie ». On devrait plutôt parler de paroi
« lente ou rapide à modifier sa température, au lieu de paroi
« lourde ou légère, car le poids de cette paroi n’est pas l’unique
« facteur qui intervient dans la vitesse de réchauffage et de
« refroidissement ».
L'inertie thermique varie, en effet, en sens inverse de la
conductibilité et dans le même sens que le poids spécifique,
l’épaisseur et la chaleur spécifique.

J
On sait que l’un des avantages des bâtiments lourds est le
suivant : en l’absence de production intérieure de chaleur
(radiateurs fermés, poêle éteint, chauffage par trains, etc...) on
peut ouvrir les croisées par temps froid et refroidir l’air sans
que cette opération influe sensiblement sur les conditions du
bien-être que l’on retrouvera aussitôt que les croisées seront
refermées. L’ambiance intérieure se réchauffera du fait de la
chaleur accumulée dans les parois épaisses (murs et planchers) ;
le caractère quasi immédiat de la sensation du bien-être retrouvé
tient à ce que les parois internes de ces murs et planchers rayon­
nent immédiatement la chaleur qu’ils ont conservée.
Par contre, et l’on ne saurait trop y insister, quelles que
soient les qualités d’isolation thermique d’une paroi mince, elle
s’avérera toujours incapable de restituer l’ambiance de confort
par simple fermeture de la croisée et sans apport de calories
nouvelles. Nous retrouvons ici le cas de la bouteille thermos
dans laquelle on a remplacé l’eau chaude par de l’eau froide :
cette eau ne s’échauffera pas plus que l’air du local à parois
minces, mais, en outre, ces parois, en rayonnant du froid,
aggraveront la sensation d’inconfort.
Au cours d’une enquête faite auprès des usagers des maisons
métalliques édifiées par un grand Service Public, les réponses
recueillies ont été remarquablement concordantes : a On y est
u très bien l’hiver tant que le poêle marche et l’été quand toutes
« les fenêtres sont ouvertes ».

i
2Ô l'architecture PRÉFABRIQUÉE

Avant de passer de l’aspect « confort p considéré comme pri­


mant les autres, à l’aspect économique des problèmes thermi­
ques, remarquons que le mur ne saurait être défini par la seule
valeur de son coefficient de déperdition calorifique K, ainsi que
le proposent certains règlements étrangers (en Angleterre, en
Allemagne, etc...). On rappellera que ce coefficient exprimé en
calories-mètre carré-heures représente le flux de chaleur trans-
mist en régime établi, pour une différence de i°, entre l’air
intérieur et l’air extérieur (i). Les valeurs de K résultent pour
chaque paroi à la fois du laboratoire et de l’analyse, mais aussi,
pourrait-on dire, de l’accord des intéressés, en l’espèce les ins­
tallateurs de chauffage. Elles ont donc une valeur, dans une
certaine mesure, conventionnelle et il est hautement désirable
que des essais de laboratoire sur murs réels viennent apporter
des précisions expérimentales qui rendraient compte, sans doute,
de certaines anomalies que les praticiens du bâtiment connais­
sent bien.

P
Pour montrer que le coefficient K ne saurait permettre de
caractériser thermiquement une paroi sous l’angle des condi­
tions d’habitabilité, comparons les deux murs usuels suivants :
i° un mur en moellons tendres, de 5o cm d’épaisseur, enduit
intérieurement au plâtre, extérieurement au mortier, c’est-
à-dire un très bon mur traditionnel ; 2° un mur en briques
creuses de i5 cm fini, y compris les deux mêmes enduits que
ci-dessus, c’est-à-dire un très mauvais mur, caractérisant les
plus misérables pavillons de banlieue. Ces deux murs ont
cependant sensiblement le même coefficient de déperdition
K = 1,7 environ. Or, aucun praticien du bâtiment, aucun usa­
ger même, ne peut sérieusement prétendre que le mur en bri­
ques creuses de o,i5 équivaut— humainement — au mur en
moellons de o,5o. Il faut donc convenir du danger qu’il y aurait
à apprécier l’équivalence des parois nouvelles proposées sur le
seul critère du coefficient global de transmission de la chaleur K.
De toute évidence, il en faut un autre qui rende compte du
comportement des différents murs du fait de leur plus ou moins
grande « promptitude thermique », Selon l’expression du Pro­
fesseur Véron. Ce critérium est fourni, dans une certaine
(1) Ce coefficient serait désormais désigné (Travaux de la Commission
Consultative supérieure) par l’expression : « Coefficient global de trans­
mission de la chaleur ».
CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 27

mesure, car il ne va pas sans certaines difficultés pratiques


d’application, par les indices d’amortissement Rz et Re de
MM. Nessi et Nisolle, dont il est indispensable de dire au moins
quelques mots.
Si l’on substitue, par hypothèse, à la variation de la tempéra­
ture extérieure pendant 2?» heures une variation sinusoïdale de
même amplitude, les variations des températures de surface
interne des murs seront également sinusoïdales, mais leur
amplitude sera moindre. Le calcul permet d’établir le rapport
entre la première et la seconde amplitude. Re représente le rap-
portentre l’amplitude des variations de la température extérieure
et l'amplitude des variations de la température de la face interne
de la paroi. Rz représente le rapport entre l’amplitude des varia­
tions de la température intérieure et l’amplitude des variations
de la température de la face interne du mur.
Soit r)e l’écart maximum entre les températures extérieures
pendant 24 heures, et Zz l’écart maximum des températures de
la face interne de ces parois pendant la môme période. On aura :
Oe . 5z
Rz? = — . Réciproquement on aura : Rz' = -yy .
Si l’on désire choisir.entre deux parois ayant môme coefficient
de déperdition K, celle dont les variations de température de
la face intérieure auront la plus faible amplitude, et cela pour
assurer une température résultante aussi continue que possible
en vue du maximum de confort — on ne dit pas d’économie —
on choisira celle qui aura les plus faibles indices Rz’ et Re.
C’est ainsi que, dans l’exempte ci-dessus, le mur en moellons
tendres est caractérisé par .»/= o,4i6 et Re = 0,019 al°rs que,
au mur de briques creuses, correspondent Rz = o,658 et
Re = 0,26. Ces chiffres semblent donc bien illustrer la réalité
des faits et l’on paraît donc tenir un moyen d’opérer un choix,
judicieux, au point de vue du confort, entre deux parois d’égal
coefficient global de transmission de chaleur K.
Quel que soit d’ailleurs le précieux secours de ces indices en
vue du choix d’une paroi nouvelle devant remplacer un mur
connu, seule la méthode expérimentale, portant sur des parois
réelles de dimensions suffisantes, comparées à un mur de réfé­
rence, permettrait de donner aux constructeurs les apaisements
qu’ils sont en droit d’attendre. Il faut donc souhaiter que la
Station d’Essais du Centre d’Etudes et de Recherches du chauf-
28 l’architecture préfabriquée

fage par Rayonnement de Saint-Ouen, à laquelle le Ministère de


la Reconstruction s'est intéressé, soit rapidement mise en ser­
vice, le < mur de référence » étant, par exemple, le mur de o,35
en briques pleines, mur traditionnel dans le nord delà France,
et dont le comportement lhermiquecorrespond à une expérience
aussi large et continueque possible.
Nous venons de voir que les indices RZ et Re les plus faibles
caractérisent le mur le meilleur, à coefficient K égal, mais au
point de vue du confort seulement. Par contre, s’il s’agissait de
faire choix, entre deux murs d’égal coefficient global de trans­
mission de chaleur K, du plus économique au point de vue
exclusif de la dépensedu combustible, il faudrait prendre celui
dont les coefficients RZ et Re sont les plus élevés. Ainsi, donc le
mur léger — à coefficient K égal, il faut le répéter — est plus
économique du point de vue de l’exploitation de chauffage que
le mur lourd. Mais cela n’est exact que « dans le cas d’un chau f-
fage d’hiver, destiné à des locaux d’occupation discontinue»,
et les conclusions à l’analyse rejoignent parfaitement ici les sup­
putations du bon sens.
Reprenons, en effet, l’exemple de notre salle des fêtes de bour­
gade utilisée pour une séance de cinéma hebdomadaire. Sup-
posons-la construite en maçonnerie épaisse, supposons-la même
voûtée de briques et dallée de pierres sur caves voûtées. Sans
aucun doute, en une semaine, l’ambiance intérieure et les tem­
pératures des parois et des murs eux-mêmes dans leur épais­
seur tenderont à s’approcher de la température extérieure
moyenne, que l’on peut supposer exceptionnellement voisine de
zéro. Il va nous falloir produire avant la séance des calories
en quantité suffisante, non seulement pour réchauffer l’air
intérieur, mais pour réchauffer également les maçonneries et le
sol, faute de quoi, bien que la température sèche ait atteint
le degré voulu, la température résultante demeurera insuffi­
sante; les faces internes des parois, murs et voûtes, rayonne­
ront du froid sur les épaules des dames et sur les crânes des
messieurs et le dallage provoquera la plus désagréable sensa­
tion de froid aux pieds.
Par contre, si notre salle des têtes est construite en parois
légères dépourvues d’inertie thermique, de coefficient K égal à
celui des murs et voûtes, le sol étant bien isolé de la terre, l’am­
biance sera acceptable dès que l’air intérieur aura atteint la

’ L $
LES COXDITIO.XS TECHNIQUES M1NI.MA ^9

température sèche suffisante. On aura donc pu se contenter de


chauffer moins fort ou moins longtemps à puissance égale du
générateur et l’économie de combustible pourra, de ce fait, être’
considérable.
Il n’en est plus du tout de même dans le cas où a la tempéra­
ture extérieure n’est pas constamment plus basse que la tem­
pérature intérieure et où la durée d’occupation peut être relati­
vement grande ou même continue », ce qui est le cas des locaux
d’habitation. <
H y a lieu « dans le cas où l’on désire une température inté­
rieure constante ou légèrement variable, en dépit des variations
de la température extérieure » de distinguer deux cas ( i ) :
i° La température intérieure à maintenir est plus élevée que
les maxima de la température extérieure, pendant une période
déterminée. Pendant cette période, l’économie de combustible
ne dépend que du coefficient de déperdition des parois et il im­
porte peu pourcette économie qu’elles soient légères ou lourdes.
2° « La température intérieure est chevauchée par la courbe
de température extérieure. Pour un mur très a léger », il fau­
dra tantôt chauffer, tantôt rafraîchir, donc fournir des quantités ■
de chaleur tantôt positives, tantôt négatives, toujours onéreuses.
Pour un bâtiment « lourd »... la quantité de chaleur à fournir,
positive ou négative, sera égale à la somme algébrique des p;ré-
cédentes, et par conséquent demeurera bien inférieure à■’* ia
somme des dépenses de chauffage et de rafraîchissement ». En
fait, les murs « lourds » excluent la nécessité de rafraîchir et
en pratique, on peut indiquer que lorsque le minimum exté­
rieur de la température journalière est supérieure à 4- 5°, ce qui
est le cas le plus fréquent en France, le mur « lourd » présente
des avantages d’économie qui viennent rejoindre ses avantages
de confort. C’est particulièrement vrai au début et à la fin de
l’hiver, et plus particulièrement encore à l’automne. M. Dupuy
ajoute: < on peut encore rattacher à ce cas celui du rafraîchis­
sement d’été. Même en pays tropical, la température moyenne
quotidienne est assez modérée, et le séjour dans un bâtiment
lourd pendant l’ensemble des vingt-quatre heures est beaucoup
plus supportable que dans un bâtiment léger ; les populations
de ces pays s’en sont rendu compte. »
(1) Rapport de M. Dupuy à la Commission Consultative Supérieure de
Chauffage.
-
3o l’arcuitecture préfabriquée

Mais on pourra dire que les raisonnements ci-dessus ne valent


que si l’on admet que les parois lourdes et légères ont le même
coefficient K. Or, les parois légères s’offrent généralement en
annonçant des coefficients de déperdition beaucoup plus faibles
que ceux des murs usuels. Dans cette hypothèse, l’économie de
combustible ne serait vraiment sensible que dans les périodes
où les maxima journaliers de la température extérieure sont
inférieurs à + 5°, c’est-à-dire pendant un nombre de jours
assez réduit. Mais surtout, la a promptitude thermique » et
par suite la « légèreté » tolérable pour les parois des habita­
tions est limitée par deux autres considérations: l’absence de
condensation pendant la période de fléchissement nocturne de
la température intérieure et la suppression du risque de gel
pendant les périodes d’absence normale, correspondant par
exemple au week-end (i).
D’ailleurs,le dilemme: parois lourdes ou parois légères, sui­
vant que le point de vue « confort » ou le point de vue « écono­
mie » prédomine ne se pose pas avec cette rigueur.
En effetj, plaçons-nous dans le cas du discontinu le plus évi­
dent, celui de notre salle des fêtes, qu’il est de bonne politiq ue
•d’exploitation municipale de prévoir à parois minces très iso­
lantes. Mais mettons-la (fig. 5) dans une boîte en maçonnerie.
Pourra-t-on prétendre que ses avantages thermiques vont en
être diminués? Certainement pas.Or, ce n’est pas une gageure.
Des murs en maçonnerie, aussi lourds que l’on voudra, auront
toutes les propriétés économiques des parois légères quant au
chauffage intermittent, si on les revêt intérieurement de maté­
riaux isolants.
Mais, dira-t-on, c’est payer à l’origine deux constructions. Pas
(lu tout, car les matériaux isolants de la paroi mince ne se pas­
du
seront ni des protections extérieures contre les intempéries, les
chocs, etc... ni d’une ossature, etil n’est pas du tout sûr que le
coût de la protection plus celui de l’ossature soient inférieurs à
celui de la maçonnerie d’accrochage du revêtement intérieur
calorifuge.
En conclusion, et MM. Nessi et Nisolle l’ont très bien fait
ressortir, si nous nous trouvons dans un cas avéré de chauffage
(1) On trouvera en annexe un extrait des R. E. E. F. (Références des
éléments préfabriqués du Bâtiment) sur l'influence des Caractéristiques
Thermiques des parois, sur l’Ambiance intérieure des locaux et sur r Ex­
ploitation du Chauffage.

i
Lh
I

LES CONDITIONS TECHNIQUES MIN'IMA 3x


intermittent — car il faut penser aux changements de destina­
tion des locaux — employons des murs dont le parement inté­
rieur soit bien isolant, pour ne pas être obligé de réchauffer ces
murs quand on ne voudra que réchauffer l’air intérieur.
Par contre, si nous nous trouvons dans le cas pour ainsi dire
normal, du chauffage sensiblement continu à température

_ i -

I 1
Fig. 5. — Schéma relatii aux conditions de parois.

variable dans de faibles limites, comme dans celui de l’habita­


tion, utilisons des murs dont le parement extérieur soit aussi
isolant que possible. Nous allierons ainsi l'économie de combus­
tible à l'inertie thermique génératrice de bien-être.
Une telle conception a bien des avantages, même pour notre
salle des fêtes, aussi bien au point de vue du confort des spec­
tateurs qu’à celui des finances municipales, car, en demi-saison,
on pourra se dispenser de tout chauffage ; en plein été, il y fera
relativement frais et les condensations n’altéreront pas les déco­
rations.
Elle laisse cependant encore à la préfabrication un très large
champ d’activité, peut-être même d’activité totale, car le mur
32 l'architecture préfabriquée

< optimum », dont on parlera plus loin, est encore à réaliser.


La préfabrication peut être à la base, dans le domaine ther­
mique, d’un progrès considérable. Ne perdons pas de vue, en
effet, que si nous considérons notre cellule-type de la figure 3
et si nous admettons que les ambiances qui baignent ses cinq
parois non percées de croisées sont identiques à son ambiance
intérieure, cas normal de l’habitation, nous voyons que les
déperditions calorifiques prédominantes sont précisément dues
à cette croisée. En effet, si nous prenons l’exemple du mur en
briques de 35 cm. nous trouvons que la croisée, dont la surface
oscille entre la moitié et les deux tiers du mur, correspond à
i fois 1/2 à 2 fois la déperdition de ce mur. Il est donc byzantin
de subtiliser sur des nuances de qualité thermique du mur en
laissant de côté l'amélioration thermique des croisées. Or, le
remède est traditionnel et bien connu, c’est celui de la double
croisée. On sait cependant que l’amélioration apportée par la
double croisée peut être illusoire si les deux surfaces vitrées
sont trop écartées. En effet, les courants de convection qui nais­
sent entre la vitre chaude et la vitre froide peuvent entraîner
un brassage d’air si énergique que les déperditions peuvent en
être accentuées. 11 existe un écartement optimum qui dépend
des frottements et correspond aux moindres déperditions calo­
rifiques. 11 est de l’ordre de quelques centimètres et postule en
conséquence non pas la double croisée, mais la croisée à double
vitre. Par contre, les croisées doubles présentent l’avantage de
former chambre de détente, atténuantou supprimant les entrées
intempestives d’air extérieur froid par les joints des ouvrants.
L’afnor étudie la normalisation d’une croisée à doubles vitres
améliorée par des rainures de décompression. 11 est certain que
cette croisée réalise à la fois une meilleure étanchéité à l’air et
une protection plus efficace contre les déperditions que ne le
font les croisées usuelles. Néanmoins ce type est lourd et
peu économique. Voilà un problème sur lequel les industriels
: de la préfabrication pourraient se pencher avec fruit. En effet,
actuellement, le coût de la croisée à double vitre ne double
peut-être pas celui de la croisée à simple vitre, mais peu s’en
faut : on fait, en somme, deux croisées différentes, par des
procédés identiques, et on les rapproche après coup. Des
méthodes d’usinage, encore à découvrir, devraient permettre la
fabrication mécanique des croisées de série à double vitre com-
*
t

h
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 33

portant même des perfectionnements insoupçonnés quant aux


dispositifs d'effacement, de réglage de la ventilation, d’étan­
chéité è l’air et au son, etc... A cet égard, les châssis ouvrants
ou fixes des véhicules terrestres, maritimes ou aériens, bien que
répondant à un tout autre programme et à des besoins essentiel­
lement différents, préfigurent sans doute quelques améliora­
tions qui se manifesteront un jour probablementassez prochain.
Nous verrons plus loin que le « bloc-croisée » est un moyen
d’améliorer le rendement de l’art du maçon et il ne semble pas
faire de doute qu’il ne soit une des premières et des plus effi­
caces innovations de l’art de bâtir de demain.

L’affaiblissement du son. — Après le climat artificiel, le


calme est peut-être la condition d’habitabilité qu’il est le plus
nécessaire de réaliser. L’atténuation des bruits de l’extérieur et
du voisinage est la condition essentielle du repos ; en outre, la
mécanisation de la musique et le journal parlé font une néces­
sité absolue de l’affaiblissement du son.
Dans ce domaine et en ce qui concerne le mur, les diver­
gences d’opinion ne sont pas fondamentales. Peut-être aussi le
problème est-il trop souvent traité par prétérition.
Quoi qu’il en soit, on semble d’accord pour convenir de ce
que l’affaiblissement du son à travers un mur est fonction de la
masse de ce mur et nécessite son absolue continuité. Sur ce
point, le mur lourd présente des avantages incontestables, car,
non seulement il entre difficilement en vibration, mais il ne
comporte pas de fentes par lesquelles le son peut passer; et l’on
sait que le son passe, sans diminution d’intensité, par les ori­
fices les plus étroits.
A cet égard, la préfabrication ne paraît pas présenter des
avantages; elle se trouve même singulièrement infériorisée, si
elle procède par panneaux libres entre les mailles d’une ossa­
ture. D’une part, en effet, ces panneaux entreront d’autant plus
facilement en résonnançe qu’ils seront plus légers — et il n’est
pas dit que l’ossature ne travaillera pas comme amplificateur
— d’autre part, la grande difficulté technique des panneaux de
façade résidant dans l’étanchéité des joints, il n’est pas douteux*
qu’ils pourront présenter des fissures par lesquelles les bruits
entreront dans les intérieurs sans atténuation.
34 l’architecture préfabriquée

De même qu’elle fournissait la solution la meilleure pour


l’économie de combustible, la croisée à doubles vitres et à
joints améliorés est la meilleure protection contre les bruits
.ppes de verre
extérieurs, à la condition toutefois que les deux nappes
soient d’épaisseur différentes et n’entrent pas en vibration sous
les mêmes fréquences, ce qui conduirait à une exagération
des bruits.
Ces croisées étanches au froid, au bruit, à l’air, à l’eau, aux
poussières, avec des dispositifs d’aération automatiques assu­
rant l’apport d’air jusqu'ici demandé au défaut d’herméticité
des joints, nous pouvons espérer que la grande industrie nous
en présentera bientôt les modèles.

L’étanchéité à Pair et à Peau. — Mon excellent ami


Marcel Lods se réjouit beaucoup d’entendre parler des murs
« qui respirent » parce que, dit-il, les murs « n’ont pas de
poumon ». J’avoue que l’expression est impropre; mais le phé­
nomène qui la motive est, lui, bien réel.
Il est bien certain qu’il n’y a pas d’échanges atmosphériques
à travers les murs en tôle — si ce n’est accidentellement par les
joints — mais ces échanges existent dans les murs en maçon­
nerie'et leur utilité est illustrée par les constatations suivantes,
faites au cours d’une expertise. Des altérations de peintures,
papiers et plâtres se manifestent aux étages supérieurs d’un
immeuble parisien. Ils sont localisés sur les murs sur cour,
qui ont, bien entendu, différentes orientations. Les murs sur
I rue en sont indemnes, l’un aspeetant le nord-ouest, l’autre le
sud-est. Ces murs sont en pierre de taille tendre, fichée au
plâtre, exactement en Méry banc-royal de qualité assez mau­
vaise, d’assez nombreuses « veines grasses » s’étant altérées.
Leur parement intérieur est traité « en tapisserie », c’est-à-dire

I: que le papier est collé directement sur la pierre sans aucun


enduit en plâtre interposé. Leur épaisseur est inférieure à
3o cm. Les murs sur cour sont en briques pleines hourdées au
ciment de 22 cm auxquelles s’ajoutent un enduit plâtre inté­
rieur et, à l’extérieur, un revêtement en carreaux de faïence
blanche, jointifs, posés au mortier de ciment. Leur épaisseur
totale ne diffère donc pas beaucoup de celle des murs de
façade.
LES CONDITIONS TECHNIQUES MIMMA 35

Les altérations sont telles au droit de ces murs revêtus de


faïence que l’on enfonce facilement le doigt dans l’enduit plâtre,
qui d’ailleurs est cloqué et tombe par plaques. On remarque
bien qu’elles sont plus accentuées au voisinage des cuisines et
dans les cuisines elles-mêmes (celles-ci sont dépourvues de
hottes) et il semble qu’elles se soient aggravées au cours des
années de guerre, les appartements ayant été peu ou mal chauf­
fés. Néanmoins, une pièce sur rue où il a été fait usage — très
imprudemment d’ailleurs — d’un radiateur à gaz produisant
beaucoup de vapeur d'eau, a des papiers de tenture absolument
intacts sur le mur de façade.
On sait, le fait est d’expérience courante et confirmé par le
laboratoire, que le Méry banc-royal est une pierre à forte capil­
larité, ne supportant pas toujours très bien l’essai de gélivité.
On a constaté, en outre, que le Méry dont il s’agissait n’était
pas très bien choisi ; par contre, il est bien protégé par une cor­
niche habillée de zinc. Il ne peut faire de doute que l’humidité
atmosphérique pénètre profondément cette pierre qui reçoit les
pluies fouettantes du nord-ouest. Cependant, cette humidité
s’évacue avec une automaticité certaine et uniquement par la
surface externe puisque les papiers de tenture ne sont pas
altérés.
Par contre, il semble certain que la faïence posée au ciment,
et dont l’état de conservation n’est pas mauvais, est un obstacle
efficace à la pénétration de l’humidité atmosphérique. Mais
l’humidité qui imprègne ce mur et qu’il ne peut donc récolter
que par sa face interne en condensant les buées, y séjourne et y
entretient une véritable pourriture. Ce phénomène ne peut s’ex­
pliquer que par le défaut d’aération interne du mur, du fait de
l’absence de perméabilité à l’air de son parement extérieur.
Inutile de dire que le mal est à peu près sans remède.
Les parois totalement imperméables à l’air ne sauraient donc
être employées sans précautions spéciales. L’adhérence et la
tenue de certains revêtements intérieurs, et notamment de la
faïence, y restent un problème en général mal résolu. D’ailleurs
les procédés de ventilation permanente, du genre aération diffé­
rentielle Knappen, se révèlent indispensables pour réduire les
condensations dans les maisons à parois étanches, alors qu’o/i
s’en passe très bien dans les immeubles en maçonnerie. Les
murs, en effet, fixent et évacuent partiellement la vapeur d’eau
36 l’architecture préfabriquée

contenue dans l’air des locaux. Il est bien évident que les pro­
cédés de la préfabrication ne s’opposent nullement à l’aération
proprement dite des parois. Ils pourraient même permettre de
la rendre plus précise, et surtout réglable, susceptible d’assurer,
par exemple, dans une certaine mesure, la réfrigération d’été.
En tout état de cause, il est indispensable que le problème ne
soit pas,éludé : nos connaissances sur ces questions ont encore
beaucoup à progresser.

L'étanchéité à l’eau. — L’ennemi n° i de la conservation


des bâtiments et des objets mobiliers qu’ils abritent, de
l’hygiène, de la simple propreté et môme de l’esthétique, c’est
l'eau. Elle a aussi des inconvénients thermiques, car l’impré­
gnation des matériaux accroît beaucoup leur conductivité.
L’étude relativement complète des méfaits de l’eau demanderait
un ouvrage spécial ; on se. bornera, bien entendu, à quelques
aperçus intéressant directement la préfabrication.
Ecartons tout d’abord l’humidité en provenance du sol et
montant par capillarité, car elle est plutôt un défaut — d’ail­
leurs facilement évitable — des murs traditionnels. Les pénétra­
tions d’eau à travers les murs, provenant du ruissellement ou
des pluies fouettantes sous la pression du vent, semblent égale­
ment le fait des maçonneries, qu’il est parfois difficile d’en
prémunir sous certains climats. Mais, en admettant que la paroi
préfabriquée soit composée d’éléments rigoureusement étan­
ches, le problème des joints reste toujours particulièrement
difficile à résoudre, car les effets de capillarité et de siphonage
peuvent parfaitement conduire l’eau de l’extérieur vers l’inté­
rieur aussi bien que le ferait un tuyau. Le doublage des parois,
qui a pour résultat de renfermer l’humidité à l’intérieur du
mur, avec toutes les conséquences de pourriture et de corrosion
qui peuvent en résulter, n’atténue pas, par conséquent, l’imper­
fection des joints des plaques de revêtement. Il ne faut pas
oublier qu’il n’y a pas de matériaux inertes, surtout employés
en plaques minces. Ils se dilatent, se contractent, se rétractent,
gonflent, se voilent, se tassent, se déforment de mille et une
manières, et tout joint qui manque de souplesse est destiné à
s’ouvrir tôt ou tard, à moins que la plaque elle-même ne se
rompe. Le remède le plus fréquemment proposé est le recours
aux produits plastiques bitumineux. Cependant ces produits
3

LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 37

vieillissent et leurs qualités, qui s’atténuent à la longue, ne


sauraient, en tout état de cause, résister à de trop rudes et trop
constantes épreuves. C’est ainsi que réchauffement des tôles au
soleil et la périodicité de leurs mouvements rendent précaires
des joints qu’il sera, par la suite, à peu près impossible de
réparer, à moins de procéder au démontage complet de la paroi.
Il faut signaler un autre effet très facilement observable— et
d’ailleurs facilement évitable — des eaux pluviales : le rejaillis­
sement. Les règles de l’art de la construction en pierre de taille
tendre veulent que chaque saillie : bandeau, corniche, etc., elle-
même indispensable pour la bonne conservation de la pierre,
soit surmontée d’une assise, dite de rejaillissement, en pierre
de dureté appropriée. Les gouttes d’eau, qui rebondissent sur
le bandeau saillant et viennent choquer la paroi verticale, exer­
cent en effet une action destructive relativement rapide. La pierre
s’exfolie, se creuse, tombe, en poussière, et présente le plus
fâcheux aspect; son épaisseur la préserve toutefois d’unedestruc-
tion plus complète. On observe que cette action du rejaillisse­
ment est encore bien plus néfaste sur les parois extérieures en
tôle reposant sur un soubassement en maçonnerie. L’eau projetée
ronge la peinture, l’oxydation survient et les parties basses des
tôles sont attaquées sur une hauteur de i5 à 20 cm ; alors que
tout le reste paraît encore en bon état.
On peut facilement éviter les socles saillants mais on ne peut
pas se passer des appuis de croisées et la partie inférieure des
tableaux constitue un point vulnérable des constructions entiè­
rement métalliques. Le remède, partiel, peut être d’employer des
appuis très inclinés.
La tôle n’est pas seule à souffrir des méfaits du rejaillisse­
ment. Les plaques moulées à base de liant n’y résistent pas
toujours mieux, pour peu qu’elles soient minces — cas général
— et que leur capillarité soit notable. Lorsqu’elles sont suffi­
samment désagrégées et imprégnées, le gel fait son œuvre et la
paroi présente, en des points particulièrement dangereux, de
véritables solutions de continuité.
Dira-t-on qu’il suffit d’éviter toute saillie? Le vieillissement
lépreux et sordide de tant de façades rigoureusement planes,
sans corniches, ni bandeaux, nées entre les deux guerres,
répond par avance. En réalité, on n’ignore jamais impunément

Abraham. — Architecture. 3
38 l’architecture préfabriquée

les règles traditionnelles de l’art de bâtir, même si l’on emploie


des matériaux nouveaux ; c’est au contraire dans la mise au
point des techniques les plus évoluées qu’il faut avoir présents
à l’esprit les enseignements de l’expérience.
Une autre action plus sournoise et tout aussi pernicieuse de
I
I
l’humidité est la condensation. En matière de préfabrication
elle est d’autant plus grave qu’elle peut très bien s’exercer hors
de la vue, à l’intérieur des vides entre parois doubles ou triples
et y causer des ravages pouvant aller jusqu’au périssement de
l’immeuble.
La suppression de la condensation sur les parois intérieures
des habitations suppose qu’elles sont douées de qualités ther­
miques déterminées. La température de la surface interne de la
paroi, compte tenu du degré hygrométrique de l’air intérieur,
tributaire du mode d’utilisation des locaux, ne doit pas
descendre au-dessous du point de rosée. Nous avons vu que le
* régime normal de l’habitation correspond à un fléchissement
nocturne de la température résultante de l’ordre de 5°. Pendant
la même période, il y a émission de vapeur d’eau du fait de la
respiration des occupants. La température de la surface interne
de la paroi est fonction de sa promptitude thermique, les murs
légers favorisant la condensation.
Il est à remarquer qu’elle se produit normalement sur les
vitres où elle n’est pas nuisible, car les croisées sont de vérita­
bles condensateurs évacuant automatiquement les eaux conden­
sées.
Suivant une subtile remarque de M. Dupuy l’usage des dou­
bles vitres, en diminuant le débit de cet appareil, expose les
murs à des risques accrus de condensation. Une semblable
: s observation fait apparaître toute la complexité du problème du
mur.
i i Mais l’atmosphère chargée de vapeur d’eau de certains
locaux : cuisine, salle.de bains, buanderie, notamment, peut

H très bien pénétrer, par des joints plus ou moins étanches, entre
les plaques de parement préfabriquées intérieures, dans un
vide qui n’est isolé de l’extérieur que par une paroi mince.
L’humidité de condensation, d’autant plus dangereuse qu’elle
agira en espace confiné, amènera la destruction, lente mais
I! sûre, des matériaux hygroscopiques et des métaux ferreux.
11 est inutile de parler des méfaits de l’introduction des eaux

i<
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 39

pluviales par les couvertures, notamment en terrasses, car ils


ne sont nullement spéciaux aux murs préfabriqués.
Parmi les qualités du mur traditionnel que les parois pré­
fabriquées ne parviennent pas toujours à’égaler, il faut signaler
la facilité d'application et la bonne tenue de nombreux revête­
ments usuels : papiers, peintures, faïences, etc... On peut certes
concevoir un autre décor, et les panneaux, séparés ou non par
des couvre-joinls, peuvent parfaitement convenir à des intérieurs
aimables. Les cuisines et salles d’eau s’accommodent, en
général, moins bien de la suppression des revêtements en
faïence, voire même du simple enduit en plâtre ripoliné parfai­
tement propre, lavable et durable. Le raccordement des sols
carrelés à des panneaux usinés, si désirable et si pratique,
avec la plinthe cérame droite ou à gorge, pose également
un certain nombre de problèmes, secondaires, mais assez mal
résolus.
Enfin, si les méthodes de préfabrication qui supposent des
dessins d’exécution sans omission, permettent de prévoir tous
les dispositifs de fixation des appareils sanitaires, d'éclairage,
d’équipement ménager, etc .. les panneaux préfabriqués ont
quelquefois le défaut de ne pas permettre les clouages, tampon­
nements ou scellements nécessaires à la pose des objets mobi­
liers. C’est un aspect secondaire, mais non négligeable, des
questions d’habitabilité.

b) LES CLOISONS

Les qualités exigibles des cloisons se rapportent surtout à


trois ordres de préoccupation : l’affaiblissement du son, le trai­
tement des parements et la fixation des objets mobiliers.

Affaiblissement du son. — L’affaiblissement du son est


conditionné par la masse, l’isolement par rapport aux autres
parties de la construction susceptibles d’être mises en vibration
et par l’absence de fissures et de perforations.
Sur le premier point, les cloisons à doubles parements finis
— ce qui constitue le critérium de la préfabrication, les enduits
n’étant plus exécutés sur le tas — ne sont pas forcément plus
4o l’architecture préfabriquée

légères que les cloisons traditionnelles. C’est, au contraire, le


cas normal des cloisons à double panneau sur ossature.
.La précaution d’isolement par rapport aux poutrelles du plan­
cher par exemple, aux parquets, etc..., est, en règle générale,
plus facile à réaliser avec les cloisons préfabriquées qu’avec les
cloisons traditionnelles.
Par contre, le troisième point : absence de fissures — on sait
que le son passe, sans affaiblissement, à travers le plus petit
I orifice — n’est pas toujours facile à obtenir avec les panneaux
juxtaposés, même munis de couvre-j oints. A cet égard, le vieil
enduit en plâtre offre, par sa continuité, des avantages iné­
galés.
I Toutefois, un moyen certain d’améliorer les conditions pho­
niques des locaux est certainement la préfabrication des blocs-
portes. Elle devrait permettre d’obtenir industriellement, à des
prix de plus en plus serrés, des ensembles réalisant une étan­
chéité des joints très améliorée par rapport à celle que l’on
obtient au moyen des portes en bois battant en feuillure, les
calfeutrements en caoutchouc faciles à obtenir par usinage ayant
de plus l’avantage de supprimer les bruits de chocs à l’origine.

Traitement des parements. — La suppression des


enduits plâtre continus exécutés sur le tas nous ramène aux
problèmes de planéité et de joints invisibles sous les papiers et
peintures, qui se posent pour le parement intérieur des murs.
Les joints accusés, à couvre-joints ou non, sont certes une solu­
tion. Elle imprime aux intérieurs un cachet particulier qui
suppose un mobilier ad hoc : ceci n’est certes pas une cri­
tique, mais on ne saurait se dissimuler que c’est une diffi­
culté.
Le problème des revêtements étanches à l’eau des salles de
bains et cuisines est encore beaucoup plus délicat.
Si pour traiter convenablement le bloc-eau, il faut faire inter­
venir le maçon au lieu d’où on l'avait exclu, on perd une partie,
sinon la totalité, désavantagés de la préfabrication. On verra au
chapitre III que certaines solutions paraissent possibles.
Les cloisons dans lesquelles les joints ressortiraient sous la
peinture ne seraient certainement pas satisfaisantes ; c’est une
des grosses difficultés des cloisons à parements faits à l’avance.

te
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINIMA 4i

1 Fixation des objets mobiliers. — On ne peut que redire


ce que l’on a fait observer à propos du mur, avec cette aggrava­
tion que le développement des cloisons est bien plus considé
considé-­
rable.

c) LES PLANCHERS

Affaiblissement sonore. — Il est ceitain que la qualité


la plus souhaitable pour les planchers, abstraction faite de la
stabilité et de l’indéformabilité, c’est l’affaiblissement du son.
Les planchers séparent des locaux dans lesquels vivent, le
plus souvent/des familles différentes. Chacune d’elles a droit au
calme, c’est-à-dire à un minimum de protection contre les bruits
du dessus et du dessous. Elle doit être cependant libre de pro­
duire les bruits normaux manifestant l'activité familiale : jeux
des enfants et T. S. F. notamment, sans être contrainte à des
restrictions trop sévères du fait de la présence des voisins.
Si l’on admet que le moyen le plus efficace d’assurer l’isolation
phonique des planchers est le « plafond flottant » des Améri­
cains, dont le protagoniste, en France, est le physicien J. Bril­
louin, on se dira que les méthodes de préfabrication ne peuvent
que favoriser un des progrès les plus souhaitables qui soient
dans l’art de bâtir.

Inertie thermique. —Par contre, la tendance à la légèreté


qui caractérise, pas de façon absolue d’ailleurs, les méthodes de
préfabrication, va à l’encontre de l’avantage des planchers lourds
qui constituent d’excellents régulateurs de la température résul­
tante.
En effet, sols et plafonds rayonnent de la chaleur, et celle qui
est accumulée dans les planchers est intégralement restituée aux
occupants. Alors que les murs, séparant des ambiances diffé­
rentes, sont le lieu d’échanges thermiques qui se traduisent par
une perte sèche de calories, les planchers, séparant, en règle
générale, des ambiances identiques, constituent les meilleurs
et les plus économiques amortisseurs des oscillations thermi­
ques. On connaît le rôle joué par les voûtes pour maintenir la
fraîcheur en été.
s=

■|2 l'architecture préfabriquée

Planéité des sols et plafonds, traitement des surfaces


de plafonds. — La préfabrication des ossatures est vieille
comme le métier de bûcheron. A cet égard, le béton armé a
marqué une sorte de régression, en détrônant partiellement les
poutrelles en acier usinées, coupées, percées, assemblées à blanc
à l’atelier; cette constatation doitconduireà se montrer prudent
en ce qui concerne les avantages économiques des montages
substitués aux façons sur le tas. En effet : coffrage, ferraillage,
coulage sont bien des opérations de chantier, en majeure partie
manuelles, et cependant, le plancher B. A. coûtait normalement
moins cher que le plancher acier où préfabrication et montage
jouaient cependant un rôle prépondérant. Rôle incomplet,
d’ailleurs, car les sols et les plafonds correspondent à des opé­
rations différentes de la construction de l’ossature portante et
de ses remplissages.
Les unsetles autres doivent présenter ces qualités de planéité
que l’on exige des murs et des cloisons, et les mêmes problèmes
de joints présentent pour tous les mêmes difficultés.
La planéité et la continuité des surfaces des plafonds sont
d’autant plus nécessaires que les éclairages modernes en décè­
lent les moindres défauts.

d) LES ESCALIERS

L’escalier de service ne constituera certainement pas une pré-


vision normale dans nos habitations futures.
Par contre, elles seront abondamment canalisées : gaz, élec­
tricité, téléphone, télévision, etc... dont les colonnes montantes
emprunteront les cages d’escaliers.
Il y a donc nécessité de les organiser de telle sorte que les
passages de colonnes et conduites, et l’installation des comp­
teurs (visitables hors des appartements) soient aussi esthétiques
que possible et permettent sans dégâts tous les accroissements,
changements et contrôles.
La cage d’escalier devient donc un faisceau de gaines spécia­
lisées accessibles, comportant de nombreuses parties ouvrantes.
! La préfabrication, rendue possible ici par la typification des
cages, trouvera, sans aucun doute, dans les escaliers, un champ
d'application tout particulièrement fécond.
I
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINTMA 43

e) LES TOITURES

Les figures 6, 7, et 8 indiquent trois manières de construire


le dernier étage d’un immeuble: comble aménagé, étage carré
surmonté d’un comble perdu ou à usage de grenier, et étage
carré couvert en terrasse.

Fig. 6. — Immeuble avec comble utilisé.

Si l’on chiffre par i le coût de construction de l’étage carré


courant (l’avant-dernier par exemple), le comble de la figure 6
I
vaudra i,5, celui de la figure 7 i,3o et celui de la figure 8
i,io. La simplicité des moyens est la condition essentielle de
l’économie ; on a donc le choix entre le comble perdu ou la *
terrasse.
L’un et l’autre favorisent la préfabrication : fermes standard
dans le premier cas, planchers typifiés dans le second.
Mise à part l’étanchéité, qui constitue une évidence, combles
perdus et terrasses doivent présenter des qualités d’isolation et
1
44 l’architecture préfabriquée


d’inertie thermique laissant au dernier étage des conditions
d’habitabilité sensiblement comparables à celles des étages infé­
i rieurs.
Il n’est pas jusqu'à l’isolation phonique qui ne soit à consi­
dérer : on ne doit pas, de son lit, entendre le choc des gouttes
de pluie sur la toiture.

Fig. 7. — Immeuble avec grenier.


I

-
f) L’ÉQUIPEMENT

Les habitations du xvme siècle, voire même des trois pre­


miers quarts du xix®, ignoraient à peu près ce que nous appe­
lons aujourd’hui a l’équipement » : eau, gaz, électricité, chauf­
fage, sanitaire, eau chaude, agencements ménagers, etc... Les
installations relatives au chauffage consistaient en cheminées

h
I:
LES CONDITIONS TECHNIQUES MINTMA 45
f d’appartement, œuvre de maçonnerie, et les installations ména­
gères comprenaient presque exclusivement les placards pris
dans l’épaisseur des gros murs.
L’avènement du « confort » a conduit à adapter tant bien que
mal les réseaux de tuyauterie et les appareils aux immeubles
existants, à grand renfort de percements, saignées, objets et
parcours disgracieux et encombrants. Mais, chose plus grave

;
:

Fig. 8. — Immeuble avec terrasse.

les immeubles neufs n'ont guère été conçus en fonction de leur


équipement, les méthodes de pose de la plomberie et du chauf­
fage étant à peu près, dans l’immeuble en cours de construc­
tion, ce qu’elles sont dans l’immeuble déjà construit. D’ailleurs,
en fait, on attend trop souvent l'achèvement du gros œuvre pour
procéder à l’équipement de façon empirique, l’édifice conçu
« autour de ses tuyaux » restant encore une exception véritable­
ment trop rare.
I

46 l’architecture préfabriquée

D’autre part, l’équipement, bien que surajouté, tient au gros


œuvre par trop de percements, de tranchées, de trous et de
scellements pour que les modifications qu’entraîne nécessai­
rement l’évolution des techniques ne soient pas une cause de
dégradations et de perturbations graves dans les immeubles
qui doivent les subir.
Ainsi donc, l’équipement, sujet à l’usure et surtout à la cadu­
cité du fait des progrès incessants des industries mécaniques,
est à la fois mal adapté et cependant trop intimement marié à
I l’immeuble.
En conséquence, l’équipement moderne doit être interchan­
geable sans dégradation de l’immeuble, l’échange standard
pouvant au besoin remplacer les réparations sur le tas, toujours
qnéreuses et le plus souvent défectueuses.
De là l’idée de a blocs » reliés aux tuyauteries par un petit
nombre de raccords standard en des points dont les coordon­
nées seraient polyvalentes quelles que soient les particularités
du bloc. Les réseaux de canalisation eux-mêmes seraient, dans
une large mesure, incorporés aux blocs usinés, comme, par
exemple, l’élément chauffant et ses alimentations au bloc-croi­
sée, ou, en tout état de cause, réduits à des parcours rigoureu­
sement normalisés, apparents ou non ; dans ce dernier cas, ils
impliqueraient des gaines accessibles intégrées aux blocs typi-
fiés, notamment au bloc-escalier.
Il est bien évident que la préfabrication trouve dans l’équipe­
ment un domaine de choix et, probablement, sa principale et
sa plus efficace application.
Elle a déjà, du reste, suscité des initiatives extrêmement inté­
ressantes, dont le Chapitre III exposera quelques exemples.

!
CHAPITRE III

QUELQUES EXEMPLES D’APPLICATION

Il n’est pas question de dresser un catalogue des procédés de


construction préfabriqués actuellement à l’étude. Les Concours
du Commissariat à la Reconstruction ont, en effet, suscité detrès
nombreuses initiatives de chercheurs qui, sans y prendre part,
ont travaillé parallèlement, apportant dans certains cas des solu­
tions meilleures que celles des concurrents primés. Quelques
inventeurs, quelques firmes surtout, gardent d’ailleurs jalou­
sement le secret de leurs études et il est possible que les exem­
ple-- donnés ci-après paraissent bien timides et soient dépassés
lorsque ces pages paraîtront. Ces exemples ont été choisis,
exclusivement dans l’activité française, en vue de faire ressortir,
par comparaisons avec les procédés traditionnels, la réduction
massive des « façons sur le tas », c’est-à-dire l’économie de
main-d’œuvre de chantier et, par suite, de main-d'œuvre spécia­
lisée, que représenterait la généralisation dans le bâtiment du
recours aux « blocs » préfabriqués.

Les précurseurs. — Les figures 9 et io sont empruntées


au Garde'-Meuble du Maître Auguste Perret. Elles montrent
qu’une architecture basée sur l’emploi d’éléments ly.pifiés peut
atteindre à la pureté antique.
Si l’architecture de M. Perret comprend essentiellement une
ossature de béton armé coulé sur place, on conçoit que les élé­
ments de coffrage des poteaux et des longrines, les encadre­
ments des baies, les remplissages enserrés dans des feuillures,
les corniches si sobres, puissent être éminemment propres à la
préfabrication et au montage.
Une telle réussite supprime véritablement toute objection à
la mise en œuvre de moyens aussi simples.
48 l’architecture préfabriquée

i
I

H X

ffi 5 Double -►
vitrage
:

a
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© © © ©

© ©
FM iir ÏFFF
-Bâti chine 40m/m
—Bâti aapin -COUPE
r-Bâti dormant chine tOmfm
60n'/m Doubla r Contre -plaqué vinée
Double *" -Taquet chine 3h/t0»
fm/m \rChûte déauxpluvialet
gj / N. Il en fonte de 135m/m

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Fio. 9. — Mobilier National. Détail d'une travée
- (Dessin de M. Perret)

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EXEMPLES D’APPLICATION 49

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Fig. 10. — Vue d’ensemble de la façade du Mobilier National


de M. Perret.
I ! 1

t;
5o l’architecture préfabriquée

LES MURS

H Les façades traditionnelles. — On sait que l’avantage


spécifique de la maçonnerie c’est la propriété de passer de la
nature à l’immeuble, à peu près sans transformation, de façon
absolument directe et pour ainsi dire immédiate. Lorsque, par
exemple, le moellon est à pied d’œuvre et facile à extraire, un
carrier, deux maçons et un manœuvre font leurs 4 à 5 m2 de
mur continu par jour. Il n’est pas du tout certain que les
Elévation. Coupe A-B

pr
K \ ' / / LL. ist
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A
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Fig. H. — Croisée traditionnelle à encadrement de pierre de taille.

! ? méthodes les plus évoluées et les plus mécaniques puissent


jamais conduire — à qualités mécaniques, thermiques et phoni­
ques égales —. à un meilleur rendement de la main-d’œuvre.
Ce qui est vrai du moellon l'est également de la brique quand
; la briquetterie n’est pas loin, et même de la pierre de taille ten­
B dre dans les régions de carrières, sous réserve de leur équi­
pement mécanique.
Mais le mur, au moins dans l’habitation, n’est qu’exception-
nellement continu ; il comporte des « accidents » : angles ren­
; ; trants et sortants, arases sous planchers, dosserets, et surtoutdes
a percements » qui ralentissent énormément le rythme de » son

J
i i
exécution. L’action, pourtant « négative », de « réserver » le
EXEMPLES D ’APPLICATION 5i

trou des croisées et des portes correspond, en fait, à toute une


gamme d’opérations « successives » entraînant le recours à une
main-d’œuvre spécialisée, qui apparaît, disparaît et reparaît, à
la manière des figurants dans Guillaume Tell.

Fig. 12. — Croisée de la figure H vue de l’intérieur


et en cours de construction (montage des piédroits).

Les fig-u res ii à i4 représentent une croisée traditionnelle


constituée par un encadrement en pierre de taille demi-
ferme, insérée dans un mur en moellon de pays et insérant lui-
même des châssis en chêne,. Le mur est « ravalé » au mortier
F '

5a l’architecture préfabriquée

de chaux et enduit intérieurement au plâtre. Ln croisée est


munie d’un balconnet en fonte et d’un volet roulant en bois
manœuvrable par treuil.
Le tableau À page 126 fait apparaître que les opérations de

T tlIM
Fie. 13. — Croisés de la figure 11 vue de l’intérieur et en cours
! I de construction (clavage du linteau, pose de l’arrière-linteau).
i

chantier seules exigent l’intervention d’ouvriers de 7 corps de


métier; que certains corps de métier réapparaissent 8 fois et que
le nombre des opérations successives est de 3o. Ces opérations
nécessitent 5o h 4° mQ de compagnons, 18 h o5 mn d’aides, soit
68 h 45 mn d’ouvriers au total. Les temps successifs correspon­
dent à 5o h de présence d’ouvriers, que ces derniers intervien-

!\

IL..
EXEMPLES DAPPLICATION 53

nent isolément ou en groupe. Autrement dit, la durée d’exé­


cution minimum du travail dépasserait celle de la semaine si le
travail était réellement continu.
Mais il s’agit de temps « successifs », en réalité séparé* par

Fig. 14. — Même croisée que celle de la figure 11


mais terminée et vue de l’intérieur.

des intervalles d’heures, de jours, et même de mois, qui expli­


quent la durée anormale de nos chantiers. Il est bien entendu
que la coordination des corps de métier et la synchronisation
américaine de leurs interventions successives peuvent permettre
Abhaiiam. — Architecture. 4
54 l’architecture préfabriquée

-- 3

ngr
□igBi

Fig. 15. — Façade de petit immeuble provincial, d’esprit traditionnel


à murs en moellons enduits avec encadrements de croisées de pierre
s
i de taille.

- I
EX E M P LES D A P PLI CATION 55

de tendre vers la limite inférieure : 5o h ; celle limite, d'ailleurs,


ne saurait être atteinte quelle que soit la précision du calen­
drier de chantier, de sorte que toute opération de bâtiments
comporte un pourcentage de temps mort toujours appréciable,
et le plus souvent supérieur à 100.
Cet état de choses est illustré par la comparaison suivante :
Considérons la façade de tradition classique représentée par
la ligure i5. Elle est constituée, comme dans notre exemple pré­
cédent, par un mur en moellons, à deux parements enduits,
percé de croisées à encadrement de pierre de taille du type
représenté par les figures 11 à iZ|.
Le coût 193g, région parisienne, d’une telle façade, tout
compris, est de gG 000 fr. soit au mètre carré : 800 fr.
Le coût du mur plein correspondant,«non percé de croisées et
de portes, serait de 28800 fr, soit 240 fr au mètre carré.
Ainsi les percements représentent près de deux fois le prix
du mur plein, du mur sans « accidents ».
Une telle constatation fait ressortir que l’effort d’économie
doit porter sur le vide plutôt que sur le plein et c’est préci­
sément l’objet que se proposent les promoteurs du <r bloc-
croisée »>.

Le procédé Croizat-Angeli. — Le procédé décrit ci-après


conjugue l'utilisation de « blocs-croisées » préfabriqués avec la
construction d’un mur en béton hanche dont les deux parements
sont également préfabriqués.
Le « bloc-croisée » s’accommode cependant de toute espèce
de maçonnerie. 11 peut être inséré dans la brique, dans le
moellon ou dans la pierre « prétaillée » avec les mêmes avan­
tages.
Les figures iG et 17 montrent l’adaptation du bloc-croisée
Croizat-Ângeli à la construction en moellon ou en brique.
Le bloc-tableau en pierre reconstituée armée a, arrimé au
pied du bâtiment, est levé au moyen de la grue adaptée au
châssis c. Son levage, sa pose automatique en place, son
réglage dans le plan de la façade et dans le plan perpendicu­
laire, son calage et son fichage au mortier demandent moins
de io' mn à 3 hommes. La fixation, puis la dépose du coffrage
d’ébrasement (hanche métallique amovible) et l’adaptation du
Abraham. — Architecture. i*
I i . ;
56 L’aRCDITECTURE PRÉFABRIQUÉE

bloc-ébrasement (menuiserie bois ou acier) quand la maçon­


nerie sera montée sont des opérations qui totalisent, chauffage
compris, 4 à 5 h d’ouvriers et d’aides. On arrive donc à un
: total de io à 12 h, qui s’oppose aux 5o h correspondant aux

ri I
i

I I
i
Fie. 16. — Emploi du bloc-croisée C. A. dans un mur en moellon
(Vue de l’extérieur).

i
moyennes traditionnelles. Il reste donc une marge impression­
nante pour équilibrer les temps de fabrication du bloc-
tableau en pierre reconstituée et son transport au chantier.
; Il n’est pas douteux que ce procédé, en usage d’ailleurs en
Angleterre depuis fort longtemps dans la construction des cot­
tages à croisées à encadrement bois, ne soit générateur d’éco­
! ' nomies considérables.

-
EXEMPLES D'APPLICATION 57

Il convient aussi parfaitement, avec des variantes d’accro­


chage, pour la construction à ossature acier ou béton armé avec
remplissages maçonnés revêtus ou non de dalles de pierre ou
avec panneaux préfabriqués agrafés.

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Fig. 17. — Emploi du bloc croisée C. A. dans un mur en moellon


et dans un mur en briques (Vue de l'intérieur).

Cette méthode de construction du mur à partir du vide est


particulièrement indiquée si ce mur est eh béton banché à
double parement préfabriqué. Il y a lieu de décrire, simultané­
ment, les opérations de pose du bloc-croisée, avec un peu plus
de détails que ci-dessus et celle de construction du mur propre­
ment dit. Il faut remarquer toutefois — et nous y reviendrons —
que le synchronisme des opérations conjuguées de pose du
bloc-croisée et de construction de mur suppose résolu un pro-
58 l’architecture préfabriquée

blême décomposition architecturale reposant sur le principe de


la normalisation modulaire.

Consistance du mur et du bloc-croisée Croizat- 1


Angeli. — Il s’agit d’un mur en béton hanche; les hanches
(ou coffrages) sont constituées par un parement extérieur et un
parement intérieur préfabriqués définitifs, entre lesquels on
vient couler et pilonner du béton.
DETAIL GRANDEUR
; I VUE EXTÉRIEURE PROFIL COUPE A A'

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COUPE B B'

Fig. 18. — Dalles C. A. extérieur.

Les opérations de montage et de coulage se fout à partir des


« blocs-croisées » préalablement mis en place, le mur étant
ainsi construit à partir des vides matérialisés par les encadre­
! ments des croisées.
Le parement extérieur est constitué par des dalles en pierre
1 ’
reconstituée hétérogène, dont la figure 18 donne le détail. Leur

: ;
EXEMPLES D'APPLICATION 59

épaisseur est de 7 cm, soit 2 cm de pierre reconstituée qualité


B et 5 cm de béton de pouzzolane sans sable.
La pierre reconstituée qualité B correspond aux caractéristi­
ques physiques définies au D. T. — 071 — o du B. E. E. F.,
soit : résistance 3oo kg-cm2 ; porosité <Z 10 0/0 ; usure 5 mm ;
gélévité 20 gels sans dégradation.
Elle est dosée à 35o kg de ciment superblanc 160-200, le gra­
villon et le sable étant exclusivement des produits de concas­
sage de pierre dure dont la granulométrie est étudiée en vue
d’obtenir la compacité maximum.
Le béton de pouzzolane ne comprenant que des gros agré­
ga supérieurs à 5 mm comporte une forte proportion de vides
gats
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d’air. 11 e^t dosé à 200 kg de ciment Portland 160-200 choisi et
traité pour ne pas tacher la pierre reconstituée. Les plaques
sont obtenues par vibration en moules métalliques, les rives
étant dressées et équarries éventuellement par passage entre
des disques de carborandum en vue d’un degré de précision de
l’ordre du demi-millimètre. Le parement vu est grésé mécani­
quement, et. éventuellement, bouchardé et ciselé sur les rives,
traité par lavage, etc. Le corps du mur, qui est porteur, est
constitué par du béton de cailloux, de sable et de ciment. La
nature des agrégats, leur granulométrie, le choix du ciment et
son dosage varient — en fonction de la charge unitaire sollici­
tant le mur réduit, dans la hauteur des croisées, à des trumeaux
de largeurs variables — depuis le béton armé à 35o kg-m3
pour Rb supérieur à 60 kg-cm2, au béton creux sans sable et
agrégat léger pour Rb de l’ordre de i5 kg-cm2 en passant par
tous les bétons intermédiaires non armés. Son épaisseur peut
également varier, mais correspond dans le cas concret décrit
ci-après à o.36 donnant une épaisseur totale de o,5o pour le
mur fini.
Le parement intérieur consiste, en effet, en plaques de béton
de scorie et plâtre de 7 cm d’épaisseur, avec parement vu rigou­
reusement plan et lisse obtenu dans des moules métalliques,
(Kg. i9).
On voit qu’un te[ mur péalise le mur optimum tant au point
r\..
de vue des qualités d’habitabilité que de la résistance méca­
nique.
En effet :
Le parement extérieur est fortement isolant du fait des 5 cm !
6o l’architecture préfabriquée

(le béton de pouzzolane sans sable. En conséquence, le mur


peut non seulement accumuler, mais conserver la chaleur
fournie par les corps de chauffe et assurer dans les meilleures
conditions possibles la constance de la température résultante
sèche. L’imperméabilité relative de la pierre reconstituée et la

vue INTÉRIEURE prohl COUPE AA' DÉTAIL GRANDEUR


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COUPE B B’

Fig. 19. — Dalles C A. intérieur.

texture du béton creux non capillaire interdisent l’humidifica-


tion des dalles de parement dans leurmasse,ce qui aurait pour
effet de les rendre plus conductrices.
Néanmoins, l’imperméabilité à l’air n’est pas telle que
les échanges atmosphériques soient totalement supprimés.
i D’ailleurs, un ingénieux dispositif breveté permet l’aération
permanente du béton de pouzzolane, assurant de plus l’élimi­
nation rapide de l’eau de construction.
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î 1
ht
EXEMPLES DAPPL1CATION 6l

Le corps du mur peut être réalisé avec le béton strictement


nécessaire pour satisfaire, avec les coefficients de sécurité habi­
tuels, aux efforts de compression, sa composition et sa granu­
lométrie pouvant contribuer, dans le cas où ces efforts sont
faibles, à améliorer encore ses qualités d’isolation thermique.
D’autre part, il est toujours possible,avec des armatures appro­
priées, de réaliser sans coffrage tous les linteaux, arrière-lin­
teaux, filets, poutres-échelles, arcs et dispositifs divers per­
mettant de franchir des portées quelconques en raréfiant les
points d'appui des étages inférieurs.
Le parement intérieur à base de plâtre et de scorie constitue
un doublage intérieur isolant, éminemment favorable aux mises
en régime rapides succédant le matin à l’arrêt nocturne du
chauffage. 11 pourrait être intéressant d’ailleurs de ne pas
exagérer les qualités isolantes du parement intérieur si l’on
désire faire travailler le mur dans les conditions les plus favo­
rables à l amortissement des oscillations de la température
intérieure.
Le coefficient de déperdition totale K du mur pris comme
exemple est de l’ordre de 0,9 alors que celui du mur en moellon
de même épaisseur est de 2 et celui du mur en briques de 35
est de 1,7.
La technique des joints de parement extérieur des procédés
Croizat-Angeli est particulièrement intéressante, ce problème
étant un des plus délicats à résoudre en matière de hanches
préfabriquées destinées à rester en place et à constituer des
parements définitifs.
En effet, les méthodes de préfabrication ont pour but de
construire rapidement. Or, les effets de retrait et ceux de fl nage
du béton porteur, armé ou non, vont agir simultanément et
dans le même sens suivant la verticale. Des dalles jointives ne
manqueraient pas de se rompre sous ces efforts, ce qui arrive
quelquefois aux dalles de revêtement en pierre, cependant
posée après coup, lorsque le gros œuvre a déjà tassé et
avec des procédés d’agrafage permettant une certaine mobilité
du fait de l'indépendance des dalles et du mur ou de l’ossa-
tu re.
D'autre part, il ne saurait être question de laisser des joints ?
vides sur cales provisoires, car ce procédé nécessiterait un join-
toiement a posteriori sur échafaudage fixe ou volant, opération
i
62 l’architecture préfabriquée

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Fig. 20% — Bloc-croisée C. A. complet pour pièce habitable.

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EXEMPLES D’APPLICATION 63

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Fie. 20 bis. — Bloc-croisées G. A. complet pour pièce habitable.
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B'i l’arcuitecture préfabriquée

qui supprimeraitt une bonne partie des avantages du parement


préfabriqué obtenu par simple montage.
Le joint Croizat-Angeli comprend, du côté de l’intérieur, une
forte rainure en queue d’aronde assurant l’adhérence des dalles
avec le béton banché, adhérence égalementobtenue par la rugo­
sité du béton de pouzzolane. Il comprend, du côté de l’exté­
rieur, une sorte de a refend » de tailleur de pierre abritant
quelque peu le joint étanche du ruissellement et du soleil et
améliorant son aspect. Le joint proprement dit est constitué par
deux gorges et un bourrelet à profil spécial (fig. 18) en tissus de
verre et bitume. Ce bourrelet, dont les parties plates latérales
sont écrasées par le serrage des dalles opéré au montage avec
un appareil spécial, assure l’étanchéité à l’eau, tout en compen­
sant les mouvements dus au tassement, au fiuage et au retrait

II du béton, dus aussi aux contractions et dilatations du parement


de pierre reconstituée résultant des effets de la température
extérieure.
•Quelques lits (horizontaux) au niveau de la corniche et du
bandeau sont constitués par des boudins plastiques plus épais,
de façon à offrir des possibilités de déformation plus considé­
rables, de même que, dans le sens longitudinal, les têtes de
murs mitoyens sont traitées en pinces avec joints (verticaux) de
dalles spéciaux, dissimulés par des tuyaux de descente spé­
ciaux, s’appliquant sur le mur au moyen d’un dispositif de
serrage par écrou.
Le « bloc-croisée » comprend trois parties : le tableau ; l’ébra­
sement provisoire; le bloc-ébrasement.
Le tableau comprend l’encadrement extérieur de la croisée;
appui, piédroit, linteau. Il est en pierre reconstituée qualité A.
Résistance supérieure à 5oo kg-cm2; porosité inférieure à
5 o/o; usure inférieure à i mm; gélévilé : z5 gels sans dégra­
dation.
Les parois sont minces et renforcées par des nervures de façon
à obtenir à la fois la légèreté relative et la rigidité nécessaires
aux manutentions (fig. 20).
Les agrégats proviennent exclusivement du broyage de cal­
caires durs agglomérés avec les meilleurs ciments superblancs
de Lafarge et du Teil. Les meilleures techniques de granulo­
métrie, teneur en eau, dosage, vibrage, réchauffage, etc... sont

i i
EXEMPLES D'APPLICATION 65

prévues dans le but d’obtenir la plus grande compacité et d’atlé-


nuer les effets de retrait.
Les parements sontgréscs mécaniquement.
Le tableau comprend des manchons filetés,scellés au coulage,
qui permettront la fixation de l’ébrasement provisoire, puis du
« bloc-ébrasement » définitif (fig. 20).
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Fiü. 21. — Bloc-croisée C. A. complet pour cuisine.

L’ébrasement provisoire ou tôie de coffrage fixé au tableau


immobilisé comme il sera indiqué à « Fonctionnement du pro­
cédé Croizat-Angeli » permet, soit le blocage de maçonneries,
soit le coulage du béton. Déposé, il libère les larges feuillures
d’ébrasement qui recevront le « bloc-ébrasement ».
Ce dernier comprend :
1
Auuaiiam. — Architecture. 5
66 l’architecture préfabriquée

La croisée proprement dite avec les tapées portant les glissières


du volet roulant.
L’ébrasement proprement dit, et l’encadrement intérieur de
la baie, constitué par un lambris démontable à double parement
contreplaqué contenant de la laine de verre.
Le coffre à volet roulant, à paroi également calorifuge, ce
volet et ses organes de commande par chaîne gall et treuil dis­
simulés dans l’ébrasement de droite.
i Les tuyauteries de chauffage à eau chaude calorifugées dissi­
I
mulées dans l'ébrasement de
gauche avec le radiateur ou
le convecteur d'allège.
La fixation du « bloc-ébra­
sement » est obtenue par sim­
ple boulonnage d'étriers de
: I raidissement sur les tiges
filetées qui ont déjà servi à la
fixation de l'ébrasement pro­
visoire (fig. 21 et 2 i bis).
L’étanchéité à l’air du joint
entre le tableau et la tapée
bois est demandée à un ruban
plastique en tissus de verre
bitumé automatiquement
II! comprimé à la pose par le ser­
Fig. Vue d’ensemble rage des écrous.
intérieur du bloc-croisée pour Des précautions sont prises
cuisine. pour empêcher l'introduction
de l’air extérieur, passant par
Ii la fente du passage du volet roulant dans la gaine d’ébrasement
à gauche contenait les colonnes de chauffage.
Ainsi qu’il a été dit, les lambris d’ébrasement et le coffre à
volet sont calorifuges avec soin, lesjoints étant rendus étanches
par serrage sur rubans plastiques.
Le « bloc-ébrasement » peut être complété par des dispositifs
de boîte à rideau, d’habillage de radiateur, de coffre à convec­
teur, etc...
EXEMPLES d’aPPI.U: VTION 67

SUPPORT ÉBRASEMENT D'ALLEGE


POUR BAIE DE IM 65
J Gauche _ 1 Droite r SUPPORT EBRASEMENT
DALLEGE POUR BAIE DE
Trou pour fixation 1M95 - 1 Droite 1 Gauche
du tasseau g
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Fig. 2i b. — Bloc-croisée C. A. Détail de jonction


du « bloc ébrasement ».
68 l’ahciih egture préfabriquée

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Fig. 22. — Façades d’immeubles urbains composées avec 4 «
Ces façades se raccordent sur la gaucho <1

Le problème d’architecture. — Le groupe immobilier


dont la figure 22 représente une des façades comprend une
série d’immeubles redistribués individuellement. Ie> entre-axes
des mitoyens étant quelconques, en fonction des possibilités
financières de chaque propriétaire. La distribution intérieure
conduit à des entre-axes de croisées oscillant entre 3 et 4 m.
Les hauteurs d'étage sont fixées a priori à 4,20 m pour le rez-
de-chaussée et à 3,20 m pour les étages (fig. 23 et 24).
Les emprises minima des bandeaux et corniches et de leur
assise de rejaillissement sont indiquées d’abord provisoirement
et pourront subir de légers décalages de façon à faciliter la
modulation des hauteurs de dalles.
La gamme de croisées typifiées est limitée à :
2 croisées à 2 vantaux. ... 1,4o X 1.90 et 1,4o X 1,65
2 croisées à 3 vantaux. . . 1,90 X i,g5 et 1,90 x i,65
Les dimensions ci-dessus sont les cotes normalisées, c’est-à-
dire en tableau pour la largeur, du dessus du rejîngot au-dessous
du linteau pour la hauteur. Mais les vides à ménager horizon­
talement entre dalles doivent tenir compte des épaisseurs des
montants. En conséquence, les dalles de revêtement doivent
avoir comme largeur une commune mesure des vides destinés
à recevoir les blocs-croisées. Le module 02,5 cm répond à cette
exigence. En effet :

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EXEMPLES D'APPLICATION <<9

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HAUTEURS
HAUTEURS ARASES SOUS LITS OU NIVEAU D’ARASE­
D’ÉTAGES APPUIS DES CROISEES MENT DES BANCHES PRÉ­
FABRIQUÉES

Fig. 23. — Modulation d’une façade en hauteur.


70 I.’\H( JH 1ECTI HE PKÉF WRIQVÉE

3 x 0,525 — 1,575 ou i ,4° 4- 2 fois 0,0875


4 X o,525 = 2,10 ou i ,go 2 fois o, 1 o
et l’épaisseur des montants est de l’ordre de 7,5 cm ; la diffé­
rence entre 10 cm et 8,75 cm, soit 1,25 étantcompensée par une

II

TTT n n n m
TTT n n n m

210 1.17» t 10

LARGEURS
RÉSERVE DES BLOCS CROISÉES.

Fig. 24. — Modulation d’une façade en largeur.

tolérance de jeu de l’ordre de 2,5 cm, dissimulé par l’encadre­


ment formant recouvrement des dalles (fig. a5 et 26).
EXEMPLES D’APPLICATION 71

La figure 25 indique la modulation en largeur des dalles de


trumeau et desdalles d’allège qui sont les mêmes. Les trumeaux
sont donc obligatoirement des multiples de 5a,5 cm.

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I

1.40

' rï B
ENSEMBLE i
BLOCS CROISÉES MIS EN PLACE.
Fig. 25. — Façade modulée composée de 2 types de blocs-croisées
et d’un type de dalle et coupe correspondante.

La figure 26 représente les « blocs-croisées > en place dans les


vides des dalles. En largeur, la coïncidence est évidente, le
module des dalles ayant été choisi en conséquence. Vertica­
lement, au contraire, il subsiste un vide de l’ordre de 20 cm,
I.’aRCIIITECTVRE PRÉFABRIQUÉE
73
81
entre le dessus des blocs-croisées et le joint immédiatement au-
dessus. Cet intervalle sera comblé par une bande de pierre dure
de même épaisseur que les dalles préfabriquées et formant
assise de rejaillissement.

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n COUPE SUR AB M
; Fjo. 26. — Façade modulée composée de 2 types de blocs-croisées
et d'un type de dalle et coupe correspondantes.

En conséquence, les façades de la maquette représentée


fig. 27, sont réalisées avec une seule dalle de 0,520 X 0,80 et
4 blocs-croisées de i,4o X i,65— 1,90 X i,65 — i,4o X 1,90
et 1,90 X 1,90; deux bandeaux et une corniche, également
!•' préfabriqués.
il

I
EXEMPLES d’aPPLICATIOX 73

Cette façade qui fait partie d’un ensemble (fig. 22) se raccor­
dant à une architecture ordonnancée (vue à gauche de la figure)
accompagnant elle-même un monument historique de style
Louis XVI, devait nécessairement conserver une certaine allure
néo-classique. Il semble que sa composition, au moyen d’élé­
ments préfabriqués aussi peu nombreux, a permis cependant

Fig. 27. — Fonctionnement du procédé C. A. : La façade terminée.

d’atteindre ce résultat sans que le spectateur non prévenu


éprouve le sentiment qu’une contrainte par trop limitative, va
entraver la liberté de l’architecte.
Dans une façade sur cour appartenantau même groupe immo­
bilier, les « blocs-croisées » typifiés pour tout cet ensemble sont
au nombre.de 6, les dalles au nombre de 2, les corniches et ban­
deaux au nombre de 5 de même hauteur d’assise. Néanmoins,
Abraham. — Architecture. C

I
74 l’architecture préfabriquée

toutes les façades présentent une variété d’expression certaine


et l'on conçoit parfaitement que d’autres architectes plus habiles
eussent pu fort bien en tirer des effets différents et meilleurs.
Remarquons toutefois que les distributions intérieures, parti­
culièrement serrées par suite de l’étroitesse des immeubles et de

■ïï- L-o
Hr
Fig. £8 — Fonctionnement du procédé C. A. : En bas, plan de pose des
,!

« châssis » dont les axes correspondent a ceux des croisées. Ces châssis
sont assujettis au plancher de façon invariable par des étriers spéciaux.
Ils portent des « sabots» a obligeant le bloc-croisée à prendre automati­
quement sa place.

locaux de service standardisés s’accommodent parfaitement

r bien cependant d’une composition de façade basée elle-même


sur le module assezpeu souple de 02,5cm. Ën réalité, les locaux
de service eux-mêmes étant rigoureusement typifiés, la coïnci­
dence d’entre-axes des croisées correctement placées avec la
modulation extérieure s’en trouve, au contraire, facilitée.
r En résumé, l’application de tels procédés suppose la recherche


EX E M PI.ES ü’a PPLICATIOX ?5

positioi en plan et
de communes mesures applicables à la composition
en façade, c’est-à-dire dan* les trois dimensions de l’espace,
sans que cette contrainte soit un obstacle réel à la liberté de
composition architecturale.
Voyons-en maintenant les avantages économiques.
Fonctionnement des procédés Croizat-Angeli. — Les
légendes des figures 28 à 33 font comprendre le processus de

Fig. 29. — Fonctionnement du procédé C. A. : La petite gruo de pose des


dalles de revêtement est en place sur le « châssis ». On procède à la
construction d’une assise arasée sous l'appui de blocs croisées. ■

montage du « bloc-croisée » et des parements extérieurs et inté­ !


rieurs du mur, le coulage du béton venant solidariser ensuite !
tous ces éléments.
Le tableau B permet de discriminer, avec une petite nuance

:
76 iArciiitecture préfabriquée

fi
1

Fig. 31. — Fonctionnement du procédé C A.. L’assise précédente étant ara­


sée. on procède au moyen de la grue de chantier, à la pose « bloc-croi­
sée ». Son emplacement est réglé en plan au moyen des « sabots » (fig. 18).
Sa verticalité sera assurée au moyen de bras obliques à réglage micro­
métrique reliant le châssis À un « étau » serré sur le couteau.

□081
Mil
B9E9H1I

JZ.3R1 a
Fig. 30. — Façade de bâlin
EXEM 1»LES I)’aPPLICATION 77

d’arbitraire, les opérations étant connexes et s’interférant, le


temps de main-d’œuvre se rapportant au « bloc-croisée » par
rapport au temps de main-d'œuvre particulier au mur propre­
ment dit, le tout appliqué ù un mur de façade de 3,20 m de large
X 3,20 m de haut et 0,00 m d’épaisseur.
Cette discrimination fait apparaître l’avantage économique
d’un procédé dont l'achèvement mur, croisée comprise, ne
demande que 24 h de main-d’œuvre de chantier alors que celui
de la croisée traditionnelle seule nécessite, nous l'avons vu
(tableau A, page 12G), G8 h 45 mn d’ouvrier.
Mais l’avantage de rapidité est encore bien plus évident si
l’on considère que le bloc-croisée peut se poser presque sans
désemparer (abstraction faite du bloc-ébrasement dans le cas
où l’on préfère attendre que l’édifice soit couvert) alors que le
procédé traditionnel comporte 3o opérations successives impos­
sibles à synchroniser et pratiquement séparées par des inter­
valles considérables. En fait, la durée des opérations de chantier
relatives aux croisées estde 2 à 3 fois plus courte par la méthode
bloc que par la méthode traditionnelle.

S;

ISEniSBBIIESEIBIBIBBQilBQBIBB
iBBGBGEBGEGMJEBBMIiBEBEnBEBB s •f
; r?riEi nnEiEEiiRFicin A
lii! U
it industriel, procédé C. A.

-
78 l’architecture préfabriquée
H i
En outre, la seconde méthode suppose de la main-d’œuvre de

I
b&timent spécialisée, alors que la première peut faire appel à
une main-d’œuvre non professionnelle dont l’apprentissage sera
effectué très rapidement.
Il ne faut pas, bien entendu, en conclure que les prix sont

;mr

J
1 Fie. 32. — Fonctionnement du procédé C. A. : Des « étaux » spéciaux
serrés sur les piédroits du « bloc-croisée » permettent d’assujettir un
ensemble de « sommiers » et « régies » en métal léger constituant un
plan vertical sur lequel s’appuieront les dalles de revêtement extérieures
manœuvrées par la petite grue sur • châssis ». Toutes ces opérations
se font de l'intérieur sans échafaudages.

réduits dans la même proportion que les temps de chantier. Il


pourrait même se faire qu’ils ne le fussent pas si la fabrication
et la distribution des blocs étaient trop onéreuses. Toutefois,
l’étude appliquée au cas concret de 90 locations représentant
.463 « blocs-croisées » suivant 6 types, chiffre qui ne permet pas

.
EXEMPLES D'APPLICATION 79
de sortir de l’ère des prototypes, fait cependant ressortir une éco­
nomie certaine bien qu’encore légère. La < série » permettrait
d’abaisser les prix de revient à l’usine de façon massive, tout en
permettant des fabrications de qualité très supérieure à la pra­
tique usuelle du bâtiment. II ne paraît donc pas douteux que la
généralisation du « bloc-croisée » ne soit susceptible de faire

Z7

=.f

li!

Fig. 33. — Fonctionnement du procédé C. A. : Le parement intérieur


en dalles préfabriquées est monté en s'appuyant sur un système de
règle, également fixé aux tableaux des « blocs-croisées ». Le béton est
ensuite coulé entre les deux pavements finis.

fléchir dans une proportion considérable le prix des parois ver­


ticales des bâtiments qui, d’ailleurs, ne représentent guère plus
de 20 o/o de leur coût total.
La figure 3o donne un exemple de l’application des « blocs-
croisées » Croizat-Angeli à des bâtiments industriels.


1
I

80 l’architecture préfabriquée

!
:
O

; JJ

sn U
Fig. 34. — Fonctionnement du procédé C. A. : Le « bloc-ébrasement > en
couis de pose. On voit indiqués sur le « bloc tableau » déjà en place,
les trous de fixation des crapeaux qui ont déjà, servi à assujettir une
branche mobile d’ébrasement avant de permettre la fixation définitive
du « bloc-ébrasement ■.

h
i,
EXEMPLES D’APPLICATION 8i

Le bloc-fenêtre S. E. C. I. P. — Les légendes des figu­


res 36 et 87 décrivent sommairement les caractéristiques d’un
bloc-croisée susceptible d’être fabriqué en grande série et dont
la légèreté relative faciliterait la distribution.

Fig. 35. — Fonctionnement du procédé C. A. :


Le « bloc-ébrasement » en place compris radiateur.
1

Il ne peut, bien entendu, se concevoir comme moyen de


construction définitive que si le tableau, saillant, et par suite
!Èi
exposé aux intempéries, est constitué par un métal inoxy­
dable.

Abraham. — Architecture. 1 i

ri

8a l’aBUIIITBCTI'RE PRÉFABRIQUÉE

Plancher - Remplissage
au pourtour
Volet roulant- du châssis

li Linteau

Châssis métallique 2 vant.


ouvrant à la française
I
■Paroi extér.

Encadrement
Appui métallique métallique

Cache radiateur ~ >S

Parquet
Prise d'air

Niche à radiateur^'

Fto. 36. — Bloc-croisée S. E. C. I. 1’. vu de l’extérieur.

Boite à rideaux-'

^—Manoeuvre du
Réglage du volet roulant
radiateur

Fjc. 37. — Bloc-croisée S. E. C. I. P. vu de l’intérieur.

:
EXEMPLES d’aPPI.ICAT ION 83
■■

Elément claveteur

Guides supports
du cla veto ur
Poutre chaînage- -Flasque
en béton armé 'fy/
extérieure
coffrage

Elément -
Sa chaînage

Bloc-mur

<ï ■Panneau de
revêtement

Bloc -
soubas­
sement
i
? Clavetage
du panneau
de revêtement

Fig. 37 bis. — Mur C. I. M. C. A. P. (Société d’Enlreprises DelolTre).


Éléments « bloc-mur » en plâtre de toute la hauteur de l’étage el.'revé-
tement en panneaux divers, le tout assemblé par < clavetage »

d
86 l’architecture préfabriquée

Çlj
COUPE : EF coup;

( 6r,7
.^2
I-.............
—I
I

- 1 Obturte

Lumière à percer pour S> corpsp


introduction du fourreau amitt
Aiguille fixée par 3 vis .
et sur 0.40 sur le et‘.oté de * C S
l’huisserie
Plaque------- =

il
1
arm an te - cirr>ent~
Formant coffrage—

I
:

I
I

i.
VUE SUIVANT : AB
PIÈCE (Î)SUPPOSÉE ENLEVÉE Aiguille fo
fourreau p»
F-
41
2
-4-- électriques

M H
' ...» -t-
1. -<?-
Les ailes sont
_22
~v ■
31
I / / supprimées à la i/"' 1 ?.3 “
— //I ' naissance de
‘z la courbure.

4
COUPE DANS LA HAUTEUR COUPE CD
DE L'AIGUILLE


T~

J—i®-
ï,
Aiguille formant— -4
fourreau pour fils rw
électriques. ! J

!» is
+- 10*
I

Fig. 38. — Cloisons Ilot n* 4 Orléans (Entreprise Dumont et

I
EXEMPLES D’APPLICATION 85
|pN DE lSc/m DANS UN REFEND
CLOISON OE 26S4n DANS UN REFEND
(ERTICALE AU DROIT D'UNE HUISSERIE COUPE VERTICALE AU DROIT D’UNE HUISSERIE

© li , Il Sol ho, -, . Noi' |


Sol fini

zzzzzzzzz. SBIi
ZW/ZZ/ZZZZ wzzzzzzzz/zzz
ümi
■ zzzzzzzzzzzzzzz
:
Corps creux * Blocage
t-ciment , ° en
" béton ",
f/W/W/MZ béton ';//////////////

i) F A

jd
i iï-
mant
r fils ^i8|
Cl M-
=ï^-
-Aiguille formant
fourreau pour fils
S
,i
électriques.
^-Broche
? de liaison

JS 74
26

[y *'-X

fi
Note

5, Lesi numéros dans /


un O( indiquent !br-
dre» rhrnnnlnaiaue
chronologique ' ** 1
des opérations O

_Ç_ _H_ J— à _J_


11
CLOISON DE 15c/m SUR
COUPE■GH POUTRELLES JUMELEES coupe:i j

Plafond

.orniche

ssson) par éléments préfabriqués en plâtre expansé (Supérisol).


JT

86 LARClUTECTl RE PRÉFABHIQl ÉE

LES CLOISONS

L’usage des cloisons à base de carreaux de plâtre à 2 pare­


ments finis, n’est pas une nouveauté dans le bâtiment. 11 ne

COUPE IQRÇlTuOINAtE

rotu A PÇTlT crore PORTE CE II Ul AIRE

Si
I 1 COUPE TRANSVEASAIE

I I

[ =1
I
É,
LB1
{] F *11 IBI
:
" 3

CTRNCatiTr rtuuiuRt

| \x- Bourrelet caoutchouc


Semelle .

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____ : xv|J U
| Se/ne
en c
m 1
en chine ;
O

l.ï

y
w
----

j tnlerruphur
i encastre
L__________ aes C: -------- 1
coupe sur Ricuan er pauheih coupe sur serrure coupe AB

Fig. 39. — Bloc-porte Ilot n* 4 Orléans (C. I. B.) a à la suisse ». Les figu­
res 39 et 40 montrent les dispositifs de passage des canalisations électri­
ques ?ans trous, tranchées, moulures, etc.
J

I
EXEMPLES D'APPLICATION 87

s’est pas généralisé malgré ses avantages de rapidité, de pro­


preté et de séchage immédiat, parce que les murs et les plafonds
continuant à être enduits au
plâtre manuellement, son inté­ COUPE SUR PLINTHE
rêt dans les bâtiments neufs
était négligeable. Il reprenait 1] II
par contre, ses droits dans les
bâtiments à transformer. ii

I iI
Au contraire, si l’on fait
usage d’un procédé permet­
tant la construction de murs à
parement intérieur définitif,
les cloisons à 2 parements finis
deviennent une nécessité, sur­
tout si le plafond, plafond y
flottant par exemple, est lui-
même obtenu par accrochage VUE AXONOMÉTRIOUE
DE LA SEMELLE
de plaques fabriquées à
l’avance à la manière du
s ta fl’.
Il n’y a pas là préfabrica­ O
tion proprement dite, mais
assemblage sur le tas, avec un
minimum de mortier d’élé­
ments épargnant la main-d’œu­
vre des enduits traditionnels
et débarrassant le chantier des
gravois (fig. 38).
Cependant, pour la cloison Fig. 40. — Détail des plinthes
amovibles pour ceinturage
comme pour le mur, l’inser­ électrique et de la pièce de
tion de blocs-portes préfabri­ raccordement du passage sous
qués permet d’économiser une seuils à ces plinthes.
main-d’œuvre considérable et
successive : maçons pour les scellements, menuisiers pour la
pose et l’ajustage, serrurier pour le ferrage, électriciens, pein­
tres, etc., apparaissant et réapparaissant les uns et les autres à
différentes reprises, perçant, scellant, entaillant, ajustant, retou­
chant, tamponnant, calfeutrant et n’en finissant jamais.
Les légendes des figures 3g et 4o décrivent un type de porte
88 l’architecture préfabriquée

de communication à la Suisse étudiée pa;, ir la C. I. B., offrant


des qualités certaines d’étanchéité au son, pouvant être posé
i- Elément
/ dessus de porte

-Elément
corniche
1

; ^-Clavetage
de l'élément
cloison

•— —Elément
cloison

31

! Plinthe-
plâtre
iir
I Elément cloison
■Taquet chêne
‘—Poutrelle
agte-Jrü» porteuse
^Elément
h’ '■ spécial d'angle
^Huisserie ' Porte plâtre
métallique
Fig. 40 bis. — Cloison préfabriquée, clavelée, par élément d’un étage
en hauteur. Procédé C. I. M. C. A. P.
en un temps minimum sans nécessiter de retouches et per­
mettant le travail de l’électricien sans percements, entailles,
tranchées, etc...

;
=1

EXEMPLES I)'\PPI.rC VIIOX s9


I

LES PLANCHERS

Parmi les matériaux nouveaux apparaissant sur le marché, on


peut citer le béton précontraint avec lequel on réalise des pou­
trelles pas beaucoup plus lourdes que les poutrelles métalliques,
mais consommant, à moment d’inertie égal, i5 fois moins
d’acier (fig. 4 1 )•

- Parquet Noël —Æor/ne legerement - Carrelage — Bam de mortier

\
Sable

V
i
1r
t,
? l
■ï

| Support en bois [ I I ' -I '

’ ’l

----- 1--------------------- .62-- 2-- ;--------- :----------- -i--


I >- Plaque de staff '-fntreroise L M-30*3 pour
suspension d appareils d'éclairage

Fig. 41. — Flancher S. T. (J. P. (poutrelles en béton précontraint)


avec indication d’un dispositif de plafond flottant.
•I
Il n’y a pas là préfabrication à proprement parler, puisque H
hourdi, sols et plafonds devront être exécutés, à très peu de
■I
chose près, comme s’il s'agissait de profilés en acier. Néan­
moins, il y avait lieu de signaler le béton précontraint comme
un matériau convenant à la préfabrication puisqu’il est, à effi­
cacité égale, beaucoup plus léger que le béton armé, et tout
aussi facile à mouler.
Les légendes accompagnant les figures 42 et 43 décrivent som­
mairement des dispositifs de planchers, l’un dû à M. Sainsau-
Aith.uiAM. — Architecture. 3
i
t
90 l’architecture préfabriquée

lieu, Architecte (Hg. 42), l’autre à M. Delolfre, Entrepreneur


(fig. 43). On voit que l’un et l’autre inventeur se sont préoccu­
pés de l’affaiblissement du son.

0"50
Larg. constante

Elément supérieur u
formant sol fini.
Carrelage. parquet
lino, etc Tapis isolant
déroulé entre
les éléments

\ 1

Elément inférieur
formant piafont apparent

0.50 _
Epaisr
totale
0.25 .

COUPE


Variante élément Détail dun couvre-joint
supérieur formant emboîté à ressort
terrasse étanche

Fig. 42. — Plancher préfabriqué, le revêtement du sol et le plafond


étant obtenus, sur le tas (M. Stainsaulieu, architecte).

Les figures 4i et 44 représentent un dispositif de plafond sus­


pendu composé de plaques de plâtre expansé, jointoyées

:■
E X fe M P LES D*A PPLICATIOX 9«
( au plâtre à modeler, et suspendu par des ressorts destinés à
désolidariser complètement le plafond du plancher en ce qui
concerne la transmission des bruits.

B'oc hourO'S sols


Carrelage(5} Parquet

Plafonnage

Fig. 43 — Plancher complet réalisable par simple montage,


sans façonnage (C. I. M. C. A P.)

VUE^yn/ANT2AB

«5ÊS25ÊK2'
SB
wS7^7S77j 7,77„777777ït

£
I
Fig. 44. — Détail des ressorts de suspension de la fig. 41.
Am. mi vu. — J rrhilecture. 8*
-=

i
5

!)2 l’architecture préfabriquée

LES TOITURES

C’est encore un domaine dans lequel la préfabrication a déjà

i fait ses preuves, car les fermes métalliques, notamment, sont


bien des blocs fabriqués en usine, mis au levage et posés au
chantier.
Il ne semble pas que l’on se trouve dans ce domaine, en pré­
sence de révélations sensationnelles. Certains constructeurs
préconisent la ferme chevron du moyen Age qui supprime les
pannes. D’autres préfèrent au contraire les fermes espacées
reliées par des pannes métalliques légères. C’est le poids du
métal au mètre carré, compte tenu des facilités de main-d’œuvre,
r- qui peut, seul, les départager.
Le problème de la préfabrication de grands éléments com­
prenant à la fois la protection étanche, son support franchis­
sant les portées usuelles entre égouts et la protection ther­
mique, ne paraît pas avoir été pratiquement résolu, les
comparaisons de prix de revient tournant toujours en faveur des
procédés traditionnels.
Il semble même que la terrasse, dont la technique a fait, ces
dernières années, d’incontestables progrès se soit plutôt éloi­
gnée de la préfabrication.
En effet, les conceptions même des « formes flottantes » et,
en général, les précautions techniques particulières qu’il faut
prendre pour assurer l’indépendance relative du support et de
la protection étanche sopt, dans une large mesure, affaire de
façonnage sur le tas.

LES ESCALIERS

Là non plus les Concours du Commissariat à la Reconstruc­


tion n’ont rien révélé. Cela tient sans doute à ce que la préfa­
brication des escaliers n’est pas du tout une nouveauté. On
peut dire que, dès i84o, l’escalier à l’anglaise des maisons de
rapport parisiennes était standardisé. Traduit en fer et appli­
qué à des cages de dimensions normalisées et à des hauteurs
d’étages constantes il est essentiellement matière à préfabrica­
tion.

k
EXEMPLES DAPPLIC VTIOX 93

Ceci ne veut pas dire qu’il n’y ait rien à tenter, bien au
contraire, ne serait-ce que dans les compléments à apporter au
bloc-escalier pour que les canalisations d’adduction qui le
î. déshonorent y trouvent la place qu’il faut, dissimulée et acces­
sible.

æ
D
Q
Cuisine Salle de bains W.C.

®—.
■O
-© !
Cz>—

®-—'
©-------------
©-------------
i
Fig. 45. — Groupement sanitaire et culinaire traditionnel :
(i) colonne de chute, (2) ventilation secondaire, etc.

Il est peu probable que l’escalier de service soit la règle dans


les habitations à reconstruire. Il importe donc que l’escalier
unique soit non seulement clair mais élégant. 11 n'est pas
moins désirable que les compteurs de gaz et d’électricité soient
yisilables depuis la cage d’escalier, sans nécessiter de pénétrer
o'« l’architecture préfabriquée

dans les locations. Les gaines à conduites montantes et comp­


teurs sont déjà l’objet de fabrications standards destinées à
rendre les plus grands services.

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rs
i
EXEMPLES d’aPPLIC VI ÏOX 95

0 L’ÉQUIPEMENT
Afin de faire ressortir les avantages d’économie de main-
d’œuvre de montage par rapport à la main-d’œuvre de façon­
I nage sur le tas, comparons entre elles une installation de plom­
berie traditionnelle, représentée par la figure 45 et une
installation Bloc® des Etablissements Chafîoteaux et Maury
représentée par les figures 46 et 47-

id :

Fig. 47. — Croquis perspectif. Salle de bains. Cuisine Ilot n° 4 Orléans.


Les études ont conduit à incorporer l'armoire frigorifique au meuble
destiné au logement du matériel de cuisine.

Le tableau B (page 128) nous fournit tous les éléments de cette


comparaison : 153 h pour la première, 3o h pour la seconde, de
cinq à un par conséquent.

il
Encore une fois, n’allons pas conclure que si l’expérience

y
t,6 l’architecture préfabriquée

©
©
i

1B ■À.


fl -©

H
it
Fig. 49, 50.51, 52. — Montage du « Bloco
97

°assage des colonnes


montantes avec 1/2 ^-Passage du tuyau
colliers pour fixation de chute avec 1/2 col­
liers de fixation

^Fixation et centrage
du Bloco

Evidement
pour scellement
aux poutres

Nota : L a piece permet la disposition symétrique


droite et gauche.

l'n;. 53. — «< Bloco ».


I) l.ïil île- a r|r plancher » en fonte.
J
i !
9$ L ARCHITECTURE PREFABRIQUEE

généralisée — et on le croit sincèrement — confirme ces éva­


luations, le groupe sanitaire Bloco coûtera 5 fois moins cher
que le groupe sanitaire traditionnel, puisque ce qui n’est pas
(

W!
H Vf
J
Colonnes -
nr

il
montantes
7/2 colher
Tuyauterie —
de retour
d'eau chaude — Tuyau de chute
fonte centrifugée
Raccord de —
ventilation
secondaire

Raccord de y
branchement^
d'eau froide ■

Support à collier
du raccord
Raccord de-/ Raccord*.
branchement
d'eau chaude

4
: |
Après pose des canalisations
garnissage à l'aide d'un
matériau insonore.
Fie. 54. — « Bloco ». Jeux de tuyauteries préfabriquées
reliant les « traversées du plancher ».

l: fait au chantier a dû l’être en usine et sous une forme plus


lecanique et plus compliquée. Il est extrêmement difficile de
I

j
I
I
EXEMPLES D’APPLICATION 99

Tuyau— —
Colonnes —
montantes de chute H
/7
! I

Cadré pour— —
mise en place
de l'armoire
américaine '.'/-Panneau d'emballage
■f protégeant le Bloco

::
LBL. •I pendant les travaux.


Bloco +< u
I!
I
B 0 ES

S
A
-Traversée de plancher

Fig. 55. — « Bloco >. Le « Bloco » présenté dans son emballage.


!
r ■

1<»O L’aKCIHTECTI UE PBÉFABHIQI ÉE

pronostiquer en ces matières, mais il ne semble pas exagéré de


dire que l’économie totale pourra oscillerenire le tiers et la moitié
du coût dès installations traditionnelles de plomberie. Donc,
l’hypothèse la plus optimiste ne représenterait encore qu’une
économie de 3 o/o environ sur le coût total du bâtiment. Il faut
?

IIh
Colonnes ——~ - - •
montantes
Eau froide—— ' ; Alimentation- ;
Eau chaude------- lavabo-, : : rB°c°
t:... T"/'1'
îi :: Alimentation eau
mitigee baignoire
ï
Raccordement-
::
eau froide Robinets de
sectionnement
Raccordement
eau chaude Compteurs
divisionnaires

Alimentation
i' sÆî évier

Alimentation
bidet

Fig. 5G. — « Bloco ». Détail des connections préfabriquées.

toujours se demander, en efïet, quel est le coefficient d’impor­


tance d’un ouvrage par rapport à l’ensemble du bâtiment pour
se garder des illusions que tendent à faire naître les placards
publicitaires. Nous eu reproduisons cependant un relatif au

sa
r

EXEMPLES D ’a P PL IC AT 10 N IOI

Bloco (pages 136 et 187) parce qu’il résume assez clairement les
avantages que l’on peut escompter de la préfabrication.

■I

Panneau -»
latéral
fonte Panneau
émaillée avant démontable

Plinthe

Fig. 57. — « Bloco ». Dispositif de pose de la baignoire.

Le principe et les particularités du Bloco sont suffisamment


Abraham. — Architecture. »
F-
f

102 l’architecture préfabriquée

explicités par les légendes accompagnant les nombreuses figures (


qui s’y rapportent.

-Aspirateur

1
~Aérodyne~

1
I

I
tu::-." --- y--
i
i
I

I £
Bis:
I
T

il p;

Fig. 58. — Coupe sur les salles de bains Ilot n° 4 Orléans : « Bloco »
Chaffoteau et Maury et Chauffage Tunzini. Air chaud amené dans l’allège
de la croisée, en arrière de la baignoire. Évacuation de buée ou de gaz
brûlé du chauffe*bains à l’opposé.

■(

3l
EXEMPLES D’APPLICATION io3

Les figures G5 et 66 sont relatives au « Bloc d’eau » S. E. C. I. P.


etles figures 67 et 68 aux blocs sanitaires de la Société P.A.R.l.S.
ces dernières présentant la particularité de faire appel à un

Aspirateur SS
'Aérodyne"

L_ 22
2222:
I ® 0

I.
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i
-I
r
i
i

K
EL
(p)
Fie. 59. — Coupe sur les cuisines Ilot n’ i Orléans avec détail
des gaines d’amenée d’air chaud et d’évacuation des buées.

matériau dont on peut admettre qu’il est de grand avenir : la


matière plastique.
Les figures 46, 47, 58 et 5g font voir que l’équipement chauf­
fage a pu être intégré au Bloco par le moyen d’une distribution

i
• ■
ï

io4 l’architecture préfabriquée

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2

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Fig. 60. — « Bloco » W. C. Fig. 61. — « Bloco W. C. installé.


h Traverses de plancher en fonte
brute permettant la fixation
de la cuvette par joint américain.

F
EXEMPLES D’APPLICATION io5

Prise de raccordement
\ de la cuvette

Raccord

Chevitre

Traversée—■
de plancher

Collier de serrage
Montage de la cuvette
joint Américain
----------Tuyau de chute
tt ! TTx^- Cuvette
fonte centrifugée

La traversée de plancher
de spéciale pour W, C. est mise
Joint amiante I raccordement en place au moment de la
graphitée construction du plancher.

Montage rapide Après pose des canalisations


Démontage facile sans risque garnissage par matériau
de casse de la cuvette insonore et carrelage.

Fig. 62. — < Bloco ». Détaird'organisation de W. C.

A
’ :

in(» I.AKUIIITECTI HE PBÉEAniUQlÉE

d’air chaud sur batterie en cave assurant une meilleure évacuation


des buées et des odeurs que le chauffage par radiation directe.
Les figures 34 et 20 ont montré que le bloc-croisée pouvait

______ 2™. _
1 72 ______ 2_04 1

®
°.®o I
•SSSSSSSSSSS.fSSfSSSS//SS/./.

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J 2

rssssssss/'. w/////i vsss/sssfAf/sssss/zs/,&s./\

Fig. 63. — « Bloco ». Groupe culinaire et sanitaire pour pavillon isolé.


1. Bloco, II. Receveurde douche, 111. Lavabo, IV. Bac à laver. V. Évier
avec meuble, VI. Cuisinière à charbon avec bouilleur, VII. Ballon eau
chaude avec pose d’expansion.

comprendre l’élément chauffant, radiateur ou convecteur, et les


! tuyauteries de distribution du fluide chauffant dont la norma­
lisation des hauteurs d’étage permet la standardisation.
Ces deux solutions permettent d’assurer l’installation du
chauffage d’un appartement par le montage des blocs usinés
r

EXEMPLES D’APPLICATIO.N IO7

Trop-plein du vase d’expansion-

I
et ventilation secondaire.
Circuits eau chaude et eau—^
froide vers ballon.

/~1
I
Ceintures eau chaude s.
et eau froide.
r Muret de séparation
Robinets du-i

2
1 de douche.
bac à laver /
| Robinets d'évier-.

L
Robinet mélangeur-^
(Douche) —— j ^Robinet
-'ÿ'" de section-
I
Receveur - ' nement
de douche I /-Vidange
r- Vidange bac à
Cloison"BLOCO" I douche laver
■Alimentation
d'eau

Traversée
de plancher

Evacuation des eaux


usées vers fosse
septique ou égout Ç

Fig. 64. — « Bloco >. Détail de « montage » préfabriqué


de la figure 63.
t

10B L* \ R CH ITECTl RE PR É F \ BRIQU É E

sans que le monteur de chauffage central ait à <couper, tarauder


et cintrer des tubes sur le tas, à percer murs5 et planchers, à

à
■V

i
!

Fig. 65. — Bloc d’eau S. E. C. I. P. Ensemble standard comprenant cui­


sine et salle de douche de chaque côté d’un cabinet de W. C. formant
gaine à tuyauterie contenant le générateur d’eau chaude (Vue côté
cuisine).
i
!
sceller, etc... La synchronisation des opérations de chantier,

J
EXEMPLES D’APPLICATION lût)
ÎL
I condition primordiale de l’économie, s’en trouve grandement
facilitée.

Fig. 66. — Bloc d'eau S. E. C. I. P. (Vue côté salle de douche).

De même, les figures 38 et 3g montrent des portes de com­


munication prévues pour recevoir presque sans façon sur Jetas
l’équipement électrique.
IIO l’architecture préfabriquée
£
Il est bien entendu que les quelques exemples donnés
ci-dessus sont bien loin d’épuiser l’inventaire qui aurait été

PLAN :A

I
Cuisine pièce d'eau Salle
(ta
bains
3- -3
2—

T\\Vx'

PLAN : B

y ■ - • 1

<1 Cuisine pièce d’eau


Bloc douche 3 Bloc cuisine

2- Bloc canalisations 4 Bloc bain

ECHELLE
M 100 1W ?00

Fie. 67. Cuisine. Pièce d'eau P. A. R. I. S. Deux solutions en plan.

souhaitable des tentatives de l’industrie française en matière de


préfabrication du bâtiment. On pourra regretter notamment

t
Bloc bain
Bloc douche

-^2)

Bloc canalisations Bloc cuisine

\
LÉGENDE

SCHÉMA 1 Bloc douche


D'ENSEMBLE TU z> 2. Bloc canalisations

2
O 3. Bloc cuisine
_o.o_o_
O

1
3

ECHELLE
0 0.5 WO
Fig. 68. — Vue perspective et détail en plan de la cuisine.
Pièce d’eau P. A. R. I. S.
T"
:
l 13 L ARCHITECTURE PRÉFABRIQUÉE

que les constructions entièrement métalliques n’y figurent pas.


C’est que ces constructions sont, la plupart du temps, orientées

on n §

B
■3 É-

JÏÛCÛ
O

q
7 m
_________ 100______

CTI t°l I I
Coupe:CD A
S
O

S
Coupe : A B
iP
=! Fig. 69. — Meuble standard pour le logement
du matériel de cuisine (C. 1- B.).

1J vers la préfabrication totale qui constitue un aspect limite de la


question, volontairement négligé dans cette élude.

-i; i
CONCLUSION i ï3

CONCLUSION

Le titre même de ce petit ouvrage « L’Architecture préfabri-


quée » marque une position nette et irréductible. Le-bâtiment,
de la plus simple maison ------
au palais
[ le plus somptueux, est tou-
jours objet d’Architecture. Oni ne conçoit pas que les âges futurs
puissent dédaigner, ainsi que ledit le poète « le meilleur témoi­
gnage que nous puissions donner de notre dignité », le témoi­
gnage de l’Art. L’histoire est faite de boue et de sang : l’un sèche
et l’autre s’efface, mais la beauté reste, ou tout au moins son
souvenir car, périodiquement, les pauvres hommes s’acharnent ;
à en effacer les traces. I
Les architectes qui vont bâtir doivent, d’une part, accepter
sans réticences et sans hypocrisie, les contraintes industrielles,
condition d’une production massive et accélérée; ils doivent,
d’autre part, les discipliner et les organiser, en vue de sauve­
garder celte liberté d’agencer les volumes, les pleins et les vides,
de faire prédominer' les horizontales ou < les verticales, sans
laquelle il n’y a plus de « composition » possible, donc plus
d’Architecture. !
Il est certain aussi que, de plus en plus, l’architecte doit
composer à quatre dimensions. Le facteur « temps » intervient,
en effet, au premier chef, dans le coût de l’opération ; bien
mieux : dans son économie foncière, dans sa valeur intrinsèque
d’outil collectif. Il intervient dans la réalisation comme dans
l’exploitation. L’allégement des sujétions de chantier, aussi bien
que des charges de service et d’entretien sont des éléments pri­
mordiaux de la conception architecturale.
Nous avons vu que la préfabrication des blocs est un moyen
de réduire les temps au chantier, et aussi un moyen de réduire
les temps de réparation et d’entretien par l’échange standard.
Peut-on, dans l’état actuel des expériences faites ou projetées, .
tenter de prévoir l’avenir de la préfabrication ?
La question est complexe, parce que les circonstances qui
militent en faveur de l’industrialisation intensive du bâtiment
ont des aspects multiples qui peuvent conduire à proposer des
solutions diamétralement opposées. C’est ainsi que la reconstruc­
tion des immeubles détruits est, par son ampleur et par son
l’architecture préf IBRIQUÉE

t
urgence, un problème de masse, impliquant un équipement
industriel puissant. Par contre, la désorganisation économique,
la destruction ou l’usure de l’outillage, la raréfaction des trans­
ports peuvent tout aussi bien postuler, au moins pour les opéra­
tions de démarrage, le recours aux procédés manuels les plus
primitifs lorsque, par exemple, le matériau est à pied d’œuvre
tout « usiné » par la nature.
Comment passera-t-on d’une méthode à une autre ? Comment,
plutôt, les procédés traditionnels et les procédés industrialisés
subsisteront-ils côte à côte dans une œuvre d’ensemble, coor­
donnée et harmonisée ?
Ce qui est certain, c’est qu'il faudra bien faire flèche de tout
bois, et qu’aucune position doctrinale ne pourra tenir contre la
réalité des faits.
P
I
Ces constatations militent en faveur d’une évolution du bâti­
ment qui passerait, en quelque sorte progressivement, de la
phase d’avant-guerre : matériau fabriqué et posé, à la phase
d’après-guerre : bloc préfabriqué et monté.
Qu’on ne suppose pas que le « bloc » est tenu ici pour une
sorte de moindre mal, de paratonnerre contre l’avènement de
la maison usinée au complet.
La maison usinée en bloc a ses applications limitées et elle
n’exclut nullement la recherche architecturale. Elle ne saurait
toutefois, sur le plan des constructions définitives (donc diffé­
I
renciées en fonction du climat, du site, de l’orientation, des
convenances, des mœurs, de l’ambiance, etc...), fournir la
matière de séries « à la chaîne » à la manière des véhicules.
Les « blocs », au contraire, qui conviennent à de multiples
bâtiments dans lesquels ils sont eux-mêmes multipliés, peuvent
conduire à l’abaissement massif des prix de revient tant à la
production qu’au montage. D’autre part, certaines catégories de
blocs, et notamment les blocs sanitaires, ne posent pas de pro­
blèmes de composition architecturale. Ces blocs seront plus ou
moins élégants mais, en règle générale, ils n’entraveront guère
plus la liberté de composition en plan que ne le faisaient les
appareils sanitaires dispersés qu’il fallait bien grouper dans
des encombrements limités et pas tellement variables. 11 n’est
donc pas douteux qu’il y ait là la possibilité d’un développe­
ment industriel, à la fois souhaitable et souhaité même par les I
installateurs eux-mêmes.

I
CONCLUSION 115

Il en est de même pour les blocs-porles, les blocs-escaliers-


colonnes montantes, les agencements et équipements ménagers,
et, en général, pour toutes les parties du bâtiment qui ne
concourent pas de façon déterminante à l’expression plastique,
et dont la normalisation dimensionnelle a pu, par suite, être
maintenue dans des limites très étroites.
Le problème change lorsqu’il s’agit des percements dans les
murs extérieurs. Il est évident que nous touchons ici à l’un des
moyens d’expression essentiels de K Architecture, le problème
étant encore plus délicat lorsque les murs eux-mêmes sont réa­
lisés par panneaux ou plaques préfabriquées. La trame modu­
laire devient alors l’unique moyen de la composition architec­
turale, et la question qui se pose est de savoir qui va la choisir.
L’architecte qui anime une équipe étudiant de grands
ensembles architecturaux, peut évidemment décider des rythmes
et des rapports qui permettront de lancer des fabrications sur
une certaine échelle ; mais celle-ci, pour être vaste, sera encore
trop limitée pour conduire à des séries suffisantes.
Comme, d’autre part, on ne saurait douter que l’échelle
humaine et la permanence des conditions minima d’habitabilité
ne postulent des communes mesures, on se rend compte que,
seule, une autorité coordinatrice peut fournir à la grande indus­
trie une matière assez vaste pour influencer l’économie future
du bâtiment.
Le Commissariat à la Reconstruction a tenté, en ig43, et
ig44, en procédant par voie de statistique, de dégager les
dimensions préférentielles des blocs : croisée, portes, cages
d’escaliers ; des portées de planchers, des fermes de combles,
des pentes des toitures, etc. Les résultats acquis constituent
déjà une base extrêmement précieuse. Néanmoins, les statisti­
ques ont porté sur des études encore trop éloignées de l’exécu­
tion, et de caractère un peu trop traditionnel peut-être du fait
de conceptions fort raisonnables, mais correspondant à une
époque où les 60.000 immeubles français détruits ne posaient
guère que des problèmes de « raccords » dans le paysage urbain
ou rural.
Il ne s’agit plus, hélas, de « retouches », e.t le Commissariat
est devenu un Ministère d’une importance primordiale. Les
études théoriques vont faire place aux problèmes concrets. Des
prototypes sont en fabrication Des chantiers d’expérience sont
-

u6 l’arciiitectire préfabriqi ée

prévus. La période de réalisation va s’ouvrir, et elle s’ouvrira,


on n’en saurait douter, sous le signe de la préfabrication.
Deux hypothèses se présentent :
La préfabrication se limitant aux « blocs » s’intégrera à l’in­
dustrie du bâtiment, dont on oublie trop qu’elle était déjà
remarquablement évoluée ; elle en changera progressivement
l'esprit et les méthodes, et la régénérera dans toutes ses parties.
Elle se créera ainsi des possibilités illimitées apportant au pro­
blème de la reconstruction des solutions d'ensemble.
Ou bien la préfabrication se manifestera comme une activité
extérieure au bâtiment traditionnel, tendant vers la production
de maisons standard; elle limitera ainsi énormément ses pos­
sibilités, n’apportant au problème de la reconstruction qu’une
solution très partielle et peu cohérente. 11 est à craindre, en
outre, que, dans cette seconde hypothèse, elle ne conduise sur­
tout à l’enlaidissement des villes et des campagnes, sans
compensation véritable sur le plan économique.
Dans la première au contraire, la préfabrication peut être à
la base d’une architecture caractérisant son époque à l’égal du
classicisme ou du gothique, capable peut-être de rendre moins
cruel le souvenir de tant de choses de qualité à jamais dispa­
rues. En effet, l’obligation de composer suivant une loi modu­
laire est une discipline salutaire obligeant l’architecte à cher­
cher l’expression dans le rythme et la proportion au détriment
du pittoresque arbitraire.
On ne saurait avoir l’outrecuidance de suggérer des méthodes
sur le plan de la direction générale, alors que le meilleur
homme est, précisément, à la place qu’il faut.
On dira seulement que c’est aux architectes de sauver
l'Architecture, en lui trouvant son expression de demain.
Or. nous l’avons vu. les recherches de base ne peuvent pas
être individuelles. Mais l’étude de la réorganisation de la pro­
fession en vue de ce travail collectif sortirait tout à fait du
cadre de ce petit ouvrage.

ANNEXE

ÉQUIPEMENT

H E. E. F. (i). Tome II. H. U. M.-D. T.-i4-i.

CHAUFFAGE

Influence des caractéristiques thermiques des parois


sur l'ambiance intérieure des locaux
et l’exploitation du chauffage.

L'évolution des procédés de construction, l’industrialisation


du bâtiment, l'apparition sur le marché de nouveaux matériaux
préfabriqués, posent, pour l'architecte, le problème de l’adop­
tion éventuelle de nouvelles parois extérieures de bâtiments
d'habitation, non sanctionnées par l’expérience séculaire.
Les qualités thermiques d’un matériau doivent influer consi­
dérablement sur le choix qui en est fait en vue de résoudre un
programme de construction bien déterminé.
Quelles qualités doivent donc être celles d’une bonne paroi
extérieure d’habitation ?
11 faut, en premier lieu, que les conditions physiologiques
exigées pour l’habitat humain soient remplies, c’est-à-dire que
1 la température résultante sèche varie entre des limites bien
déterminées.
Cette température résultante sèche, en l’absence de mouve-

(1) Répertoire des éléments et ensembles préfabriqués du Bâtiment


élaboré par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisnic.

Abiiuiam. — Architecture. 10
118 l'architecture préf\briql ée
ments d’air sensibles, esl déterminée par la température de
l'air du local et par les températures des faces internes des
parois. Elle dépend donc en particulier de la température de la
face interne des parois extérieures. On ressent une impression
désagréable, au moins sur une partie du corps, si la tempéra­
ture de ces parois descend au-dessous d’une certaine limite
(ex. : cas d’une surface vitrée à proximité immédiate de la zone
dans laquelle on se tient).
D’autre part, les basses températures des faces internes des
parois risquent de provoquer des condensations et une dégra­
dation-plus ou moins rapide de la construction et des objets en
contact avec les murs.
Enfin, une bonne paroi extérieure doit permettre une exploi­
tation économique de l'installation, en réduisant au minimum
la quantité de chalèur à fournir pour maintenir le cjimat inté­
rieur désiré, ce qui implique avant tout la réduction des perles
de chaleur par les parois.
Comment dégager les caractéristiques thermiques à imposer
aux matériaux pour répondre aux conditions ainsi fixées?
En régime permanent, c’est-à-dire dans le cas où, de part et
d’autre d’une paroi, régnent des températures constantes dans
le temps, la quantité de chaleur qui traverse celte paroi esl
elle-même constante et déterminée iniquement par la résis­
tance que la paroi oppose à son passage.
Chaque paroi est caractérisée par un coefficient k, dit coej-
Jicient global de transmission de la chaleur qui permet de
calculer la perte de chaleur en régime permanent sous un écart
donné et dont l’inverse est la résistance au passage de la cha­
leur par mètre carré de paroi. La résistance thermique globale
d’une paroi est égale à la somme des résistances thermiques
des matériaux qui la composent et des résistances thermiques
des surfaces interne et externe.
Quant à la température de la face interne de la paroi, toujours
en régime permanent, elle demeure également constante, et ne
dépend, pour un écart donné, que du rapport entre la résistance
thermique de la surface interne et de la résistance globale de la
paroi. La résistance thermique de surface interne pouvant être
considérée comme égale pour les diverses parois usuelles, c’est
encore la résistance globale ou le coefficient global k qui déter­
mine seul cette température.

I!

H
AN.XE.XE ”9

En résumé, en régime permanent, seul le coefficient global


de transmission k influe aussi bien sur l’ambiance intérieure
que sur la dépense nécessaire à son maintien.
Mais le régime permanent ne correspond pas à la réalité.
En fait, la température extérieure est soumise à des variations
à allure périodique : elle passe généralement par un maximum
et un minimum toutes les 24 heures, et cette variation diurne
se superpose à la variation de la moyenne au cours de l’année;
cette variation de la moyenne oscille elle-même plus ou moins
autour d’une courbe annuelle simple qui a son minimum en
janvier et son maximum en juillet-août sous nos climats.
La température intérieure, subissant l’influence des varia­
tions extérieures, ne demeure constante que si l’on agit conti­
nuellement sur elle, dans un sens ou dans l’autre (chauffage ou
rafraîchissement avec une régulation parfaite). En période de
chauffage, dans le cas des habitations, elle peut être considérée
comme sensiblement constante pendant la journée (sous
réserve d’une légère variation due aux influences extérieures
insuffisamment compensées et éventuellement à l’intermittence
du générateur de chaleur; par exemple : brûleurs automati­
ques (à réglage par tout ou rien) ; la nuit, il est à la fois
commode et économique d’admettre un certain abaissement
correspondant à la mise au ralenti ou plus rarement à l’arrêt de
l’installation. Cet abaissement peut être, par exemple, de 4° ou
de G°. 11 peut être plus considérable pour une habitation dont
le chauffage individuel sera abandonné pendant une absence de
fin de semaine.
Dans tous les cas où les températures varient, le passage de
la chaleur à travers les parois est influencé par leur capacité
calorifique qui leur fait emmagasiner de la chaleur lorsque la
température s’élève et leur en fait céder lorsqu’elle s’abaisse. 11
en résulte que les variations périodiques sont transmises avec
un certain retard et une certaine diminution d’amplitude.
A défaut d’une action compensatrice de l’installation, les
variations de la température extérieure entraînent donc des
variations de la température intérieure, retardées et atténuées
par rapport aux variations génératrices.
Quant à la température de la face interne de la paroi froide,
qui se trouve sur le trajet de la variation, elle varie même si
l’installation de chauffage parvient à maintenir constante la

3
flr

130 l’architecture préfabriqi ée

température de la pièce, mais cette variation.est plus ou moins


retardée et atténuée par rapport à la variation extérieure.
Par contre, les parois intérieures ne subissent qu’avec un
retard supplémentaire l’action des fluctuations extérieures.
Mais leur températur e de face interne est elle aussi un des élé­
ments de la température résultante. En régime permanent,
nous la considérions comme égale à la température de l’air, en
régime variable, sous l’influence d’oscillations extérieures, elle
sera l’élément le plus lent à obéir à ces oscillations.
En résumé, sous l’influence des variations extérieures, la
température résultante est affectée successivement par les
variations de la température de face interne des parois exté­
rieures, de la température de l’air et de la face interne des
parois intérieures.
Les variations d’allure du chauffage, au contraire, se font sen­
tir d’abord sur la température de l’air intérieur, puis concur­
remment sur celles des faces internes de parois extérieures et
intérieures. Aux allures réduites la température moyenne
des faces internes de parois et celle de l’air intérieur se rappro­
chent assez vite et l'on peut se contenter de fixer une limite au
refroidissement de l’air intérieur. Or, la courbe de refroidisse­
ment de celui-ci dépend de la plus ou moins grande « promp­
titude » ou de la plus ou moins grande5 « lenteur «thermiques
»
des parois extérieures et intérieures.
L'effet de retardement et d’amortissement produit par une
paroi croit dans le même sens que son épaisseur, que le poids
spécifique des matériaux qui la constituent et en sens inverse de
leur conductivité thermique. Il apparaît donc que deux parois
tout en ayant deux coefficients de transmission égaux, peuvent
se comporter différemment en présence de variations de tempé­
ratures extérieures ou intérieures, qu'elles peuvent avoir deux
« lenteurs thermiques » différentes.
C’est en vertu de cela, et pour répondre à un besoin de clas­
sement que l’on a été amené à distinguer les bâtiments « lourds »
et les bâtiments « légers ».
Quelle est l’influence de la lenteur thermique sur l’ambiance
intérieure et sur la dépense de combustible ?
En appliquant des méthodes d’analyses créées pour l’étude
des problèmes relatifs aux régimes variables, on peut formuler
ces conclusions générales :
AXNEXE I 2!

i° Ambiance intérieure, considérée du point de vue


du bien-être et de la santé des habitants. — a) Si l’on
désire limiter les variations de la température résultante sous
l'influence des variations extérieures, dans un local non chauffé
ou pourvu d’un chauffage à allure constante, il faut que le bâti­
ment soit suffisamment « lourd ».
6) Si l’on désire limiter l’abaissement de la température
résultante et des températures de parois en cas d’arrêt du chauf­
fage, il faut aussi que le bâtiment soit assez « lourd ».
L’alinéa a s’applique non seulement à l’hiver mais aussi à
l’été (limitation de la température vers le haut) ; nous précise­
rons môme qu’il s'applique surtout à l'été., car la plupart des
habitations sont dépourvues d’installations de rafraîchissement.

2° Protection contre le gel et les condensations. —


«) Pour que les récipients et conduites contenant de l’eau ou
des liquides aqueux ne soient pas exposés aux effets du gel, il
faut que la température intérieure demeure supérieure à o°,
môme après une interruption de chauffage considérée comme
admissible, et dont on définira les conditions.
b) Pour qu’il ne se produise pas de condensations sur la face
interne des parois (autres que les vitrages verticaux), il faut
également que la température intérieure ne s’abaisse pas
au-dessous d’une certaine limite même après une interruption
de chauffage considérée comme admissible.
Il faut d’autre part qu’en régime la température de la face
interne de ces parois soit supérieure au point de rosée de l’air,
ce qui, sous nos climats, impose une limite supérieure au coef­
ficient global de transmission k de chacune d’elles.

3° Consommation de combustible. — a) Pour une courbe


donnée de température intérieure, si la température extérieure
demeure toujours sensiblement au-dessous de cette courbe, la
consommation considérée pendant une période suffisamment
longue ne dépend que du coefficient k et du taux de renouvelle­
ment de l’air.
b) Par contre lorsque la température extérieure oscille autour
de la courbe de température intérieure désirée, il est possible
de se passer de chauffage dans un bâtiment suffisamment

?
I 2'1 l.’.XKC.ItlTECTl HE PHÉEAHHIOI Éll

« lourd », alors qu’il peut être nécessaire de chauffer pendant


une partie du temps dans un bâtiment très « léger ». Il en
résulte que pendant certaines périodes du printemps et de
l’automne, un bâtiment assez « lourd » peut être plus économi­
que qu’un bâtiment trop « léger » ; il faut cependant noter que
si l’on admet, comme il est rationnel, une température intérieure
plus basse pendant la nuit, les chances de chevauchement des
courbes du fait de la variation diurne sont assez réduites, et
dans ce cas l’observation ci-dessus ne vaut qu’à l’égard de
constructions extrêmement légères.
c) 11 n’y a d’ailleurs pas intérêt à exagérer la lenteur thermi­
que, car elle limiterait l’économie permise par la marche
réduite, en freinant par trop l’abaissement de température pen­
dant la nuit, et augmenterait la consommation pendant les
périodes où de toute manière on est obligé de chauffer.
De ce qui précède, concernant les trois aspects du problème
il résulte que l’on a besoin, pour caractériser une construction :

— des coefficients k des parois extérieures;


— de la courbe de refroidissement du local-type ;
— d’une caractéristique de l’effet d’une oscillation extérieure com­
parable à celles qui peuvent se produire réellement,
— et, en principe, du taux de renouvellement naturel de l’air
intérieur.

<
La première de ces caractéristiques est imposée surtout par
les considérations économiques,
-------- ’ et
■* seulement
* 1-------- 1 en second lieu
par la nécessité d’éviter les condensations.
La seconde est imposée surtout par la considération des ris­
ques de gel et de condensations.
La troisième est imposée avant tout par les considérations
d’ambiance intérieure en élé.
Quant au renouvellement naturel de l’air, il doit être suffi­
sant pour permettre dans le cas courant d’assurer la ventilation
nécessaire sans faire appel à des dispositifs spéciaux ; mais il
doit être limité afin de ne pas accroître inutilement la consom­
mation, et de ne pas accélérer dangereusement le refroidisse­
ment en période d’arrêt du chauffage.
En conséquence on demandera à la construction et en parti­
culier aux baies de n'être ni plus ni moins étanches à l’air dans

i
\x\i:.\e i u3

les nouvelles constructions que dans les bonnes constructions


actuelles en pierres ou briques avec baies à châssis en bois et
simples vitrages. On admettra que le taux de renouvellement
dans ces conditions est en moyenne de une fois le cube à
l’heure.
Nous remarquerons que la courbe de refroidissement dépend
de toutes les parois, tant intérieures qu’extérieures. Mais on n’a
pas intérêt à alourdir les parois intérieures; la matière est
mieux utilisée dans les murs, où elle concourt à l’isolement
thermique. Considérant donc les planchers et cloisons comme
déterminés uniquement en fonction des besoins de résistance
mécanique et d'isolement phonique, c’est sur la construction
des parois extérieures que porteront les comparaisons et choix.
Pour celte même raison, on prendra comme troisième carac­
téristique un indice propre à la paroi extérieure, l'indice re défini
ci-dessous :
Considérons un mur extérieur. La température intérieure est
maintenue constante; la température extérieure varie suivant
une sinusoïde dont la période est de 24 heures et l’amplitude i°.
Il en résulte pour la température de la face interne une oscilla­
tion également sinusoïde, plus ou moins décalée dans le temps
et d’amplitude re <Z 1.
Pour une oscillation sinusoïdale extérieure d’amplitude quel­
conque a l’oscillation sur la face interne sera a X r'e (par exem­
ple, si re = o,oo et a = to la température sur la face interne
oscille de 1/2 degré).
Enfin si l’on considère une oscillation d’une période supé­
rieure à 24 heures, 10 jours par exemple, l’amortissement sera
bien moindre et l’on pourrait définir un indice (r^jo- Mais il est
évident que tous les indices semblables varieront d’un mur à
l'autre, dans le même sens que re relatif à 24 heures et il sem­
ble que celui-ci caractérise suffisamment la capacité du mur à
amortir les variations d’origine extérieure, quelle qu’en soit la
période.
En fait, les oscillations à amortir sont les suivantes :
a) Oscillation quotidienne d’hiver, de période 24 heures
d'amplitude dépassant rarement 10 degrés. Elle ne peut donner
d’effets gênants, à elle seule, que si le mur est très léger et si
le chauffage ne possède pas une régulation automatique effi­
cace.
I 24 l’aKCIIITEGTI RK PRKFABRIQl LE

6) Oscillation quotidienne d’été, de période 24 heures d’am­


plitude beaucoup plus grande (3o ou 4o°) si l’on considère la
température extérieure fictive tenant compte de l'insolation sur
les murs. En général rien ne la compense à l’intérieur et il est F
par conséquent nécessaire d’en limiter les effets par une lenteur
thermique suffisante des murs.
c) Oscillation de la moyenne quotidienne autour de la courbe
de variation annuelle. Elles semblent avoir des périodes de
l’ordre de 8 à io jours et une amplitude de 8 à io°. Il est très
intéressant de pouvoir les amortir (en tenant compte de ce
qu'elles peuvent être amplifiées suivant la saison, par les précé­
dentes).
d) Notons, pour mémoire, l’oscillation annuelle qu’il ne peut
être question d’amortir sensiblement dans une construction
courante.
En conclusion, l'attention des Architectes est attirée tout
spécialement :
i° Sur la surface et la composition des surfaces vitrées.
Les parois vitrées, par leur moindre résistance au passage de
la chaleur, représentent une part importante des dépenses en
combustibles. Par leur faible lenteur thermique, elles tendent a
rendre le bâtiment très sensible à l’action des variations exté­
rieures, à moins que les murs et planchers ne soient alourdis en
conséquence.
Les Architectes, sans rien sacrifier d’un éclairage qui doit
être parfait, ni de l’insolation désirée, veilleront cependant à ce
que les matériaux transparents minces ne soient pas choisis
comme parois extérieures sans autres considérations.
Par ailleurs, dans toutes les régions où la température mini-
mum de base descend au-dessous de — 70, il est recommandé
de prévoir des doubles vitrages.
Sur les façades où la pénétration directe du rayonnement
solaire expose à un échauffement excessif des locaux en été, il
y a lieu de prévoir les moyens de modérer cette pénétration.
Dans les régions où l’ensoleillement joue un rôle important, il
peut être nécessaire d’étudier des solutions particulières.
20 Sur le choix des matériaux qui composent les parois
extérieures autres que les surfaces vitrées.
Dans les habitations, dans toutes les régions où la tempéra-
ANNEXE 123

turc extérieure de base est supérieure ou égale à — 70, il est


logique d’imposer que le coefficient global de transmission de
la chaleur des murs extérieurs soit toujours inférieur à un
chiffre que nous fixerons jusqu’à nouvel ordre à i,5 cal/m*,
degré et heure.
Ce coefficient correspond, pour fixer les idées, à un mur de
moellons de 45 cm, avec enduit intérieur de 2 cm en plâtre.
Pour les températures de base inférieures à — 70 G, le coef­
ficient maximum devrait être ramené à 1,2 cal/m’-degré-heure.
Dans les bâtiments dont le chauffage pourra être interrompu
pendant un ou plusieurs jours du fait de l’absence des habi­
tants (fin de semaine), la courbe de refroidissement devra être
telle que l’écart entre les températures intérieures et extérieures
re>te au bout de 48 heures au moins égal à 3o 0/0 de l’écart en
régime d’occupation.
Enfin, pour limiter l’effet des variations de température exté­
rieure, on évitera que l’indice re descende au-dessous d’un
minimum à fixer suivant la catégorie d’immeuble et le climat
régional. A défaut d’autre indication, on peut prendre comme
base de comparaison le mur de briques pleines de o,35 compris
enduit de 1 cm.
Les architectes devront donc considérer attentivement les
valeurs du coefficient k et de l’indice re et se faire communiquer
les calculs justificatifs, ainsi que les courbes de refroidissement
des locaux-types.
Ï2Ô l’architecture préfabriquée

TABLEAU A

Croisée traditionnelle.
(«g- à i/,).

N’ Main-d’œuvre
des Corps Désignation Total
opéra­ de métiers Compa.
tions Aides
gnons

.V. II. /. — On suppose Val­


iène arasée sous appui.
V. À. e. — On délimite arbi­
trairement la zone de ma­
çonnerie faisant partie de
l’opération « croisée » par
la largeur x correspondant
au développement total
des harpes et par la hau­
teur x de l’arase du mur
«l’allège au-dessus de l’ar-
rière-lintcau sous plan­
cher haut.
Maçon Taille de jambages, chandel-
Tailleur les et *•——; taille du
•* harpes
de pierre linteau, sommkier et cla-
vaux : les uns ek les au-
1res en pierre 1/2 (en ferme.
Taille de l’appui en pierre
ferme ................................... 20 h 3o h
Maçon Construction de jambages
limousinant en pierre de taille, liai­
son avec la maçonnerie
de moellon ; façon de
l’ébrasement ; peso des
sommiers ; cintrage de la
plate-bande appareillée ;
pose et fichage des cln-
vaux ............................... 8 h 8h 16 h
Serrurier Pose et calage des arrière-
linteaux, pose des brides
et serrage des boulons ;
fixation des chaînages, etc. 3o' 3u' ih
4 Maçon Scellement et hourdage en
limousinant béton de ciment des ar­
rière-linteaux avec cof­
frage, etc.......................... 3h 3h 6h
5 Maçon Taille de feuillure dans le
limousinant moellon .................. _____ 4uz ____ 4o' ___ 8o'
à reporter 3a h io' 12 h io' 44hao'
................
:
!

Main-d'œuvre
N*
des Corps Désignation Total
opéra­ 1er
de métit
Campa Aides
tions
gnons

Reports .'3a h 10' h 10' 44 h 20'


G Maçon plate-|
Décintrage de lu
limousinant bande .......... 20'
7 Maçon Pose de l'appui sur cales ,
limousinant et ultérieurement fichage. 35' 35' 70'
8 Serrurier Ferrage de la croisée croisée .......... I 2 h 3o' 2 h 3o'
9 Peintre Impression .................................. ’ 35' 35'
10 Menuisier Présentation et pose de la
croisée avec ses taixîe®, I
calage provisoire ............ | 45' 45'
Maçon Trous dans le moellon ou.
limousinant In pierre, scellement des!
pattes .............................. 35'
35' 7®'
Maçon Enduit des ébrasements et
plâtrier retours .................................. 3o'
3o' 60'
Spécialiste Présentation du volet rou­
du lant ........................................ 20' 20'
volet roulant
>4 Maçon Trous et saignées pour le *
limousinant volet roulant , scellement
du roiiuleau, du treuil, etc. 4o' 4o'
i5 Serrurier Ferrages de coffre à volet
roulant .................................. 1 h 1 h
iG Peintre Impression de coffre à volet
10' 10'
roulant ........
«7 Menuisier Présentation de coffre à
volet roulant 15' 15'
18 Maçoi>n Trous et scellement de pat-
limousii inanl tes do fixation de cof-
20' 20' 4o'
frago ----------------------------
«9 Menuisier Mise en place et ajustage de
coffre à volet roulant, ha­
billage, etc........................... 1 h 3o' 1 h 3o'
20 Maçon Calfeutrements et raccords. 15' 15' 3o'
plâtrier
21 Spécialiste Réglage, ajustage, pose des
du 3o'
verrous, etc.............................. 3o'
volet roulant
22 Peintre Une couche huile sur croi­
sée, coffre et habillage,
vernis sur volet, minium
aux ferrures, etc............... 1 h 3u' 1 h 3o'
23 Serrurier Présentation de balconnet
fonte ; traçage des trous
do scellement .......... i5' 5'
a4 Maçon Trous de scellement du
limousinant balconnet ................... 20* 20' 20'

à reporter .... 44 h 55' 15 h 55'|59 h 3o'

5
128 l’architecture préfabriquée

Main-d’œuvre
N*
des Corps Désignation Total
opéra­ de métier
tions Compa­ Aides
gnons

Reports 44 h 55' i4 h 55' 5g h 3o'


........................
a5 Serrurier Réglage et pose de balcon­
net ........................................... i5' 15' i5'
36 Maçon Sceller.ient de balconnet .. io' io' 30'
limousinant
37 Maçon Échafaudage, enduit au
ravaleur mortier de chaux sur
moellons, chemin de fer
sur pierre tendre ; grésage
sur appui, etc..., dépose
de l’échafaudage ... 3h 3 h 6 h
□8 Vitrier Vitrerie de la croisée . 5o' 5o'
39 Peintre Une dernière couche sur
ébrasement et menuise-
ries ................... 45' 45'
3o Menuisier Jeux .......................... io' I«'
io'
Totaux 5o h 4o' :8 h oj- 68 h

TABLEAU B
CHRONOMÉTRAGE
DES TEMPS DE MONTAGE
Construction système CA
d’un mur en béton banché et d’un bloc-croisée
de 3,20 X 3,20.
(fig1. 16 à 2ib)

I. Transport et approvisionnement à l’étage du matériel et des dalles.


>proi
i° Approvisionnement aux étages du matériel de pose
rr‘!_*~.ncc de 3o m environ) :
(Distanct
Transportt de la table de service et petit outillage .. 5 mn
»
grue ............................. »
5

» châssis (démonté) ensemble »


5
4 mâts de 3,20 m 5
» 5 règles pour intérieur »
5
» a branches métalliques complètes »
5
» 4 règles verticales ................................................. »
5
» 3 sommiers »
4
U
n
2 règles d’allège »
a
4 étaux . ;.................................................................... 8 n
» et manutentions du châssis, porte-mâts,
réglée et sommiers io»
Total 6a mn
Soit pour 3 ouvriers un temps total de : 3 h 12 mn.
ANNEXE 129
I
a0 Approvisionnement aux étages des dalles extérieu­
res et intérieures :
i5 dalles extérieures > ig minutes
i5 dalles intérieures J
Total Si minutes
1 Soit pour une équipe de 3 ouvriers : 4 h 3 mn.
II Montage complet comprenant toutes les opérations.
Montage du châssis, accrochage au plancher, mise en
place des règles d'allèges inférieures et des goussets. 18 minutes
Montug'e de la grue 4
Mise pla< et réglage du bloc-croisée :
se en place
Levage à' 11 m. de haut à raison de 2 m./minutes :
5 mi)i nu les ; pose réglage, dalage . 5 minutes. io
Montage) de 2 mats verticaux-étaux, 3 sommiers
horizoïmtaux, 4 règles extérieures et réglage i5
Pose de- baimehes métalliques avec raccords du bas. 12
Pose à Pinte. .... verticaux
.. de 2. mâts
térieur . . . et 5 règles.
horizontales io
Montage de 12 dalles extérieures avec leurs joints
et serrage
Montage de 3 dalles extérieuiires d’allèj^ge
Montage de 12 dalles en plâtre à l1 ’intérieur avec
enduisage de mastic ... 20
Montage de 2 dalles en plâtre à l’intérieur (dalles
d’allège intérieures avec mise en place des pattes
Tunzini) . 8
Mise en place entretoises ou dispositif spécial pour
équilibrer poussée du béton sur les règles i5 »
Total.. i4ï minutes
Soit pour 3 ouvriers un temps total de ; - I> rt mn.
III. Coulage du béton.
a) Fabrication du béton (évaluation au m3) :
Fabrication de gros béton à la bétonnière y compris
chargement sur vagonnet, le m3 ....... a h
transport au wagonnet poussé à la main à une distance
de 100 m, le m3 o h 24
Montage à la sapim1e à une hauteur de 8 m y compris
accrochage et déci•.rochage des bennes, le m3 o h 36
Total au m3 3~h
Soit pour un trumeau complet de 2,oüt m3 x 3 h = 6 h 09.
6) Coulage du mur en o,36 m d’épaisseur (dispositif si>écial).
iG coups de grue pour un trumeau de 2 o5r 1 à raison-
de 4 mn pur opération, il faut au total .......................... 64 mn
ri du Bloc-Croisée pour ral­
c) Fichage du béton sous l’appui
liement
feutremjnt intérieur et scell 10 mn
Total 7.4 mn
Soit pour 3 ouvriers un temps total de 3 h 42 mn
Temps total pour fabrication et coulage du béton h 5i mn
Il

i3o l’aR(.HITECH Ht PRÉFABRIQUÉE

IV. Démontage et rangement du matériel.

Dépose des 5 règles horizontales intérieures h minutes


Dépose des 2 mâts verticaux intérieurs 4
Dépose de 4 étaux-serre-joint 3
Dépose du châssis et de son ensemble, démontage de
lu grue, démontage des 2 règles d’allègc inférieures,
démontage des goussets, démontage de la bigue,
démontage ancrages et châssis 20
Dépose des 2 hanches métalliques
Dépose des règles verticales extérieures A
Dépose des règles verticales extérieures iS
Dépose des 3 sommiers, mâts verticaux extérieurs
et étaux-serre-joint 9 »
Total f»i minutes
Soit pour 3 ouvriers un temps total de : 3 41 12 mn

Récapitulation.
i° Transport et approvisionnement à l’étage du maté­
riel et des dalles .................. -.................................... 4 h o3 mn
20 Montage complet du matériel 7 h ofi mn
3° Préparation, transport et coulage du béton 0 h 5i mn î
4° Démontage et rangement matériel 3 h 12 mn
23 h 72 mn
Soit 25 h 12 mn de main-d'œuvre pour
— Pose du Bloc-croisée de i,4o x i,65 ;
— Édification d’un mur de o,5o m avec parements extérieurs et inté-
rieurs fin
anis ;
— Trumeau de trois dalles de 52,5 x So correspondant à un
entr’axice de 3,20 m de Bloc-croisée ;
- — Hauteur d’étage : -3,20 m
Afin qu’elle soit aussi complète que possible, cette évaluation com
prend :
— La préparation et le transport du béton ;
— L’approvisionnement aux ét■tagcs du’ béton,
• - dalles et divers ;
— Manutention par grues, sapines, etc...
Bien que ces opérations ne concernent pas le procédé proprement dit
et relèvent plutôt de l’organisation générale du chantier.

i.i
ANNEXE 131

TABLEAU C

ÉTUDE COMPARATIVE
DES TEMPS DE MONTAGE SUR CHANTIER
d’une installation sanitaire
réalisée en plomberie traditionnelle
et d’une installation « Bloco ».

L’installation comprend en tout :


Cuisine : évier.
Salle de bains : baignoire encastrée sur 3 faces, lavabo, bidet,
cas d’une distribution centrale d’eau chaude.
W.-C. : cuvette à chasse directe, réservoir.

i° Installation en plomberie traditionnelle (selon fig. 45)

Duree
des des opérations
opéra­ Désignation pour une équipe :
tions i compagnon
et i aiae

a) Cuisine. — Salle de bains.


Canalisations -
Percement du plancher pour tuyau de
chute 8i, colonnes montantes et ventilation
secondaire .................... i48 minutes
Pose du tuyau de chute Si 136 »
Exécution d’une colonne montante d’eau
froide en fer galvanisé 26/34............ 353
4 Exécution d’une colonne montante d’eau
chaude en fer galvanisé 26/34. 355
5 Exécution d’une colonne de ventilation
secondaire, 26/35 ...................... 356
COLLECTEUR DE VIDANGE :
6 Exécution d’un collecteur de vidange de
2.25 m plomb 4o en 4, et 0,75 plomb 35
en 4, y compris pose de colliers sur caiir-
reaux et percement de 1 mur ................ 346
Branchement d’évacuation :
7 Branchement d’évacuation du lavabo, pose
de 0,63 m plomb de 3o en 4....................... iog
8 Branchement d’évacuation de baignoire, pose
•le 1 m plomb de 4o en 4' .....’........................
Branchement d’évacuation du bidet, pose de
j go »
9
o,i5 ni de plomb de .3o en 4.......................... «34
Total en minutes .......................... a i <7 minutes
i3a LARCIIITECTVRE PRÉFVBRIQI (e

N* Duree
des des opérations
Désignation pour une équipe :
opéra­
tions 1 compagnon
cl 1 aide

•rt
Repor .............................................. minutes
10 .■acuation
Branchement d évi . de l'évier : pose de
* <en 4.............................................
i m de plomb 4o 85
...... de vent
Branchement itilation secondaire, pose
de 1,25 m de plomb de 27 en 2,5, y com-
pris i percement de niur 170
Biiangiiement d’alimentation d’eau froide :
12 Pose d'un compteur d’eau froide, pose de
1 m tube fer galvanisé 10/21, pose de
1 robinet d'arrêt 15/21 302 -n
13 Ceinture, salle de bain, posije de 5 m tube fer
galvanisé 15/21 ; y com].pris 1 percement
de mur .................................
Tubulure baignoire pose de Oj7° m en
553 »
«4 15;17 ................................................. «99
i5 Tubulure bidet, pose de o,3o en 12/14.--- i53
16 Tuhulure lavabo, pose de 0,70 en 12/14.. 168
Tubulure évier, pose de 1,25 in tube fer
«7
galvanisé 12/17 ........................................... 182
Branchement alimentation eau chaude

18 Pose d'un compteur eau chaude,liaudc, pose de


1 m tube fer galvanisé 15/21,, pose de
i robinet d’arrêt tô/ai 302
«‘J Ceinture, salle de bain, pose de 5 ro tube fer
galvanisé 10/21, y compris 1 percement de
mur ............ 553
20 Tubulure baign.mire, pose de 0,70 m en x5/17. «99 »
21 1 ui.'uiuit; bidet.
Tubulure mun, pose de o,3o en 12/14............ .48 »
22 Tubulure lavabo, pose 0,70 m en 12/14............
Tubulure évier, pose de i,25 m tube fer
168 »
23
galvanisé 12/17 ••• 182
PO'T. DES APPAREILS :
24 Baignoire : pose compris monta, ige 2 étages,
montage du vidage, bonde5 et siphon, pose
, ique de robinetterie
de la pla< inetterie, 2 taquets scel-
i/.j ...... r
lés sur faïence ......... 314
25 Bidet, pose : montage de, vidi . .dage, bonde et
siphon, montage de deux "X robin inets, 4 ta-
quels scellés sur carrclag. âge .... 333
26 Lavabo pose dune Pî taire de consoles,
i taquets scellés sur fait ïence, pose lavabo,
montage du vidage,. bonde et siphon, mon-
loge de deux robine tels .... 361 »
Total en minutes 4 3ÿ2 minutes
ANNEXE i33

Durée

des opérations
des
Désigation pour une équipe :
opéra- 1 compagnon
t ions
et 1 atdc

27 Accessoires de lavabo, pose glace, pose ta-


blette, pose deux porte-serviettes, pose
deux porte-savon, pose 1 porte-verre,
22 tamponnages sur faïence ........................... 357 minutes
28 Évier pose de deux consoles, 4 trous
et scellement, i,5o
1 m de tranchée d’ongra-
vurc 12 x 4, posep bonde et siphon, pose
robinetterie, 2 taquets
. scellés sur faïence. 43o

b) W.-C.

: Canalisations .
29 dancher pour pas-
Percement du plancher issage d’un
tuyau de chute3 do 108 et raccon
irds.. 62
3o Pose du tuyau de chute de 108.... 148

Branchement :
31 Branchement d'évacuation, pose de 0,60 m
plomb 100 en 5 y compiiris percement de
plancher en B A de 3o . 756 »
Branchement d’alimentation :
3a Branchement eau froide du1 réservoir 1 de
chasse, pose de 4 m fer gulvai }nisé 10/17, y
compris 1 percement de dois (oison, pose de
o,5o cuivre 12/14 ...................... 766

Pose des appareils :


33 ivette, pose abattement, 4 taquets
Pose cuvette,
carrelagi ....
scellés en carrelage 160 »
34 c
Pose réservoir de chasse, 2 taquets scellés
p
au mur, pose robinet d’'arrêt
i . 100
35 Chasse, posee de 2 m de plomb 33 en 4............ »
243________
Total en minutes ............................... 2 748 minutes
Total général en minutes : 9219.
Total général en heures : i53 heures 39 mi-
nv Les.

Abraham. — Architecture. Il
I

i34 l’architecture préfabriquée

2° Solation Bloco.

Durée
N* des opérations
des pour une équipe :
Désignation
opéra­ 1 compagnon
tions et 1 aide

a) Cuisine, salle de bain.

Ca.xai.isatio.xs :
Pose de la traversée de plancher (fig. 2), gar­
niture en matériaux isolants 4o minutes
Pose d'un tuyau de chute de 8i en fonte
centrifugée, de 3,70 m et d'un raccord 5a
spécial 3 joints emboîtement (fig. 3)........ 24
3 Pose d'une colonne montante d'eau froide de
3 m en tube fer galvanisé 26/34, 4 joints 57
de vis 36/34 (fig. 3) ............................. 07
4 Pose d’une colonne montante d’eau ch chaude
de 3 m en tube fer galvanisé 26/34, 4 j< joints 07
de vis 27/34 (fig. 3) ....................................... 67
5 Pose d'une colonne de ventilation secondaire
de 3 m en tube fer galvanisé 26/34, 4 joints 57 »
de vis 26/34 (fig. 3) ........................................... 07

Collecteur de vidange :
6 Pose d’un collecteur de vidange (fig. 4) .... i3

Bloco :

7 Pose dn bloco (fig. 5) 6o

Bra.xchf.me.xt d’évacuation •
8 Pose du branchement d’évacuation de
lavabo 7
9 Pose du branchement d’évacuation de
baisignoire 7
xo Pose du branchement d’évacuation du
bid<Ici ... 13
Pose du branchement d’évacuation de
l* ’év
évier ............................................... .... ... 7
12 ose du braschement de ventilation secon­
Pose
daire ..................................................................................

Branchement d’alimentation d’eau froide :


13 Pose du branchement ............... 7 B
Total en minutes 5g3 minutes

!
ANNEXE i35

Durée
N» des opérations
des ■nur une équipe
iquipe :
Désignation pou
opéra­ 1 compagnon
gnon
tions
et 1 aide

Branchement d’aume.ytation d’eau chaude :


<4 Pose du branchement ........................................ 7 minutes

Pose des appareils (fig. 6) :


i5 Baignoire :
— pose coi_ r_l_ montage
>mpris ------ ----------------------------
2 étages, 126
— montage e du vidage : bonde et si] siphons.. » 90
— pose du. raccordement eau mitigée entre
Bloco et bec déverseur........................................
i3
16 Bidet
Pose .......................................................................................... 67
Montage du vidage, bonde ............... 58
Montage de deux robinets ...................................... 107
Raccordement vidange
Raccordement aliment! tation .3
2G Lavabo .
Pose ........................ » 7«
Montage vidage, 1 bonde. » 58
Montage de deux robinets » 108
27 Armoire américaine :
Pose ... » 10
28 Evier :
Pose ... 60 n
’e bonde et siphon ........................................
Montage 5o n
des têtes de robinets des différents
Pose de»
appaiv.
ireils ......................................................................... 33

6) W.-C.
39 Posc de la traversée de plancher (fig. 7), par­
r jure en matériel
niture matériaux isolants ........................... 4o
3o Pose d’un tuyau de chute de :o8 (fig. 8) en
fonte centrifugée de 2,70 m et d’un rac-
cord spécial ...... 70
Deux joints emboîteme ient .......................... 2$
3i Pose d’une
me pipe en ploi >mb .......................... 12
? 3s canalisation d’alimentation1 d’ean
Pose d'une■ canal
en cuivre de t .
8/10 avec: racct cord Mor irisscau
depuis le Bloco ;jusqu’au •1 rése servoir, y com-
rsée d’une dois
pris traversée ison lde. 7 , ....... 75
33 Pose de la cuvette rés(
Pose de l’abattant ...
>ir (fig. 9)
réservoi 35 »
34 8__________
Total en minutes ................... 1)754 minutes
Total général eu minutes • 1 754.
Total général en heures : 29 heures i4 mi­
nutes.

*
INSTALLATION
SALLE DE BAIN.
SOLUTION ANCIENNE
BUREAU
■ L’ARCHITECTE ÉTABLIT UN PLAN D’ENSEMBLE DE
L’INSTALLATION. LES DÉTAILS NE PEUVENT ÊTRE PRÉ- —
VUS ET EXÉCUTÉS QUE SUR CHANTIER.
MISE EN
ESTIMATION D’APPROVISIONNEMENT PEU PRÉCISE.
MULTITUDE DES FOURNISSEURS. NOMBREUSES MANU­
TENTIONS.
MON
— LA PLOMBERIE COMMENCE APRES TERMINAISON DE
LA MAÇONNERIE. L’INSTALLATION ENTRAINE DE NOM­
BREUSES DÉMOLITIONS.
— TRACÉ DU PASSAGE DES CANALISATIONS.
— PERCEMENT DE PLANCHERS ET CLOISONS.
— PREPARATION ET POSE DES TUYAUX DE VIDANGE ET
COLONNES MONTANTES.
— POSE ET SCELLEMENT DES COLLIERS DE FIXATION.
— PRÉSENTATION DES APPAREILS SANITAIRES.
— TAMPONNEMENT ET SCELLEMENT POUR POSE DES
APPAREILS.
— CONFECTION DES PAILLASSES.
— PRÉPARATION DES GABARITS.
— COUPE. FAÇONNAGE. SOUDURE DES RACCORDEMENTS
D’ALIMENTATION ET DE VIDANGE.
— PRÉSENTATION ET. ÉVENTUELLEMENT, RECTIFICATION
DES RACCORDEMENTS.
— TAMPONNEMENT POUR POSE DE GACHES ET COI I.IERS.
— POSE DE LA ROBINETTERIE.
— BOUCHAGE ET RACCORD D’ENDUIT. *
MAIN-D’
- SPÉCIALISÉE (FAÇONNAGE, SOUDURE, etc.).

OUTIL
- NOMBREUX ET ENCOMBRANT (OUTILLAGE POUR FILE- I
TAGE. SOUDURE. COUPE, CINTRAGE, etc ). |
RÉSU1
■ INSTALLATION CONDITIONNÉE PAR LA DISPOSITION
DES LIEUX ET EN PARTIE TRIBUTAIRE DE L’INITIA­
TIVE DES OUVRIERS.
SANITAIRE
CUISINE. W.-C.
SOLUTION « BLOCO -
D’ÉTUDES
— L’ARCHITECTE DISPOSE D'ÉLÉMENTS PRÉFABRIQUÉS
AUX COTES PRECISES. IL PEUT ÉTABLIR DES PLANS
D’EXÉCUTION DÉFINITIFS.
CHANTIER
- ÉLÉMENTS EN NOMBRE RESTREINT ET BIEN CONNU.
FOURNISSEUR UNIQUE. MANUTENTION RÉDUITE.

PAGE
— L'INSTALLATION S'INCORPORE SANS AUCUNE GÈNE
DANS LA suite: LOGIQUE DES DIFFÉRENTS STADES
D’AVANCEMENT DES TRAVAUX.
APRÈS LE GROS-ŒUVRE ET LES PLANCHERS :
— POSE DES TRAVERSÉES DE PLANCHERS POUR « BLOCO »
ET W.-C.
— POSE DES COLONNES DE CHUTE ET COLONNES MON­
TANTES.
— POSE DU « BLOCO » ET DU BERCEAU DE BAIGNOIRE.
— ESSAIS.
— LE GROS DE LA PLOMBERIE EST AINSI RÉALISÉ SANS
PERCEMENT NI SCE.LLEMENT.
APRÈS MONTAGE DES CLOISONS :
— POSE DE LA BAIGNOIRE ET DU MEUBLE SOUS ÉVIER.
APRÈS FINITION DES CLOISONS ET CARRELAGE.
— POSE DES AUTRES APPAREILS SANITAIRES. SANS PER­
CEMENT NI TAMPONNEMENT.

ZEUVRE
— NON SPÉCIALISÉE (ASSEMBLAGE PAR VIS ET BOU-
LONS).
-AGE
— RÉDUIT ET FACILEMENT TRANSPORTABLE (JEUX DE
CLEFS DE SERRAGE).
ZTAT
— INSTALLATION RATIONNELLE, PRÉVUE DANS TOUS
SES DÉTAILS. FONCTIONNEMENT CERTAIN.
■/
TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION
Pages
L’expérience du chantier de reconstruction d’Orléans
Les murs ..............................
Planchers ...........................
Les légers ouvrages .... IX
Les menuiseries .............. X
Exposé de M. l’Lngénieur en Chef Bhunot (délégué départemen-
tal de la reconstruction pour le Loiret) XIII

CHAPITRE PREMIER

Terminologie 4
Le problème économique 3
Les remèdes 6
L’esthétique . 9
Normalisation et typification modulaire 12
L’autorité coordinatrice 44

CHAPITRE II
Les conditionnements techniques minima
Préfabrication et niveau de qualité 46
a) Le mur ......................................................................... 16
Le problème général .................................... ;.......................... 46
La portance 48
Les problèmes thermiques 20
L’affaiblissement du son 33
L’étanchéité à l’air et à l’eau 34
L’étanchéité à l’eau 36
b) Les cloisons 39
Affaiblissement du son 39
Traitement des parements 40
Fixation des objets mobiliers 44
c) Les planchers 44
Affaiblissement sonore 44
Inertie thermique 44
Planéité des sols et plafonds, traitement des surfaces de
plafonds . 42
d) Les escaliers 42
e) Les toitures 43
/) L’équipement 44
I

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|

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CHAPITRE III

Quelques exemples d’application


Pages
Les précurseurs
Les murs 50
Les façades traditionnelles 50
Le procédé Croizat-Angeli 55
Consistance du mur et du bloc-croisée Croizal-Angeli. 58
Le problème d’architecture ............................................... ■ • 68
Fonctionnement des procédés Croizat-Angeli .................... 75
Le bloc-fenêtre S. E. C. T. P 81
Les cloisons 86
Les planchers 89
Les toitures ............................................................................................. 92
Les escaliers........................................................................................ • 92
L’équipement .......................................................... 95
Conclusion • 113

ANNEXE

Equipement 117
Tableau A. — Temps de montage d’une croisée traditionnelle. 126
Tableau B. — Chronométrage des temps de montage .... 128
Tableau C. — Etude comparative des temps de montage sur
chantiers 131
Tableau publicitaire d’une installation sanitaire 136
Inventaire des procédés agréés 138

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Offset Jean Grou-Radenez, 27-29 Rue de ta Sablière, Paris
Dépôt légal:2.408 2* trimestre 1952 N° d'imprimeur 1.400

a SABi

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UFRGS 05217797
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1007
ABRAHAM, POL

ARCHITECTURE PREFABRIQUEE

69.057.1
A159A
2. ED. ARQ
1995/218333- 0 .
1995/03/08
DATA
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ABRAHAM, POU
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