Vous êtes sur la page 1sur 1

écrit ne puisse être lu par une personne à laquelle il n'est pas destiné, sans que soit utilisé des

moyens déloyaux ... »579.


La Cour d’appel de Rouen quant à elle tient un raisonnement plus nuancé et précise que la
solution diffère en fonction du paramétrage du compte du salarié, à savoir compte privé ou
public :
« Il ne peut être affirmé de manière absolue que la jurisprudence actuelle nie à Facebook le
caractère d'espace privé, alors que ce réseau peut constituer soit un espace privé, soit un
espace public, en fonction des paramétrages effectués par son utilisateur »580.
Citons en outre le fameux arrêt de la société ALTEN, où trois salariés ont été licenciés pour
« incitation à rébellion contre la hiérarchie et dénigrement envers la société » sur le « mur »
facebook d’un autre salarié581.
Cet arrêt va établir une distinction importante entre « compte public », c'est-à-dire paramétré
comme étant accessible au public et « compte privé » c'est-à-dire formant une « communauté
d’intérêt » permettant dans un cas de sanctionner le salarié (compte public) et pas dans
l’autre.
En effet, le juge a essayé d’établir si les propos litigieux relevaient de la « sphère privée » ou
de la « sphère public ».
La preuve de l’employeur a pu être acceptée car le compte du salarié était paramétré comme
étant accessible aux « amis » et aux « amis des amis ».
La Conseil des prud’hommes se range du côté de l’employeur en précisant qu’
« En premier lieu, il est fait observer que Mme. C. a choisi, dans le paramètre de son compte,
de partager sa page Facebook avec « ses amis et leurs amis », permettant ainsi un accès
ouvert, notamment par les salariés ou anciens salariés de la société A. ; il en résulte que ce
mode d'accès à Facebook dépasse la sphère privée et qu'ainsi la production aux débats de la
page mentionnant les propos incriminés constitue un moyen de preuve licite du caractère
bien-fondé du licenciement. Dès lors, l'employeur n'a pas violé le droit au respect de la vie
privée de la salariée. [...] En participant à cet échange, Madame S. a abusé de son droit
d'expression visé à l'article L. 1121-1 du Code du travail et a nui à l'image de la société A.,
en raison des fonctions qu'elle exerçait en sa qualité de chargée de recrutement, la
conduisant à être en contact avec des candidats et de futurs salariés ».

579
CA Reims, 9 juin 2010, no 09/03205
580
CA Rouen, 15 nov. 2011, no 11/01830
581
Cons. prud'h Boulogne-Billancourt, 19 nov. 2010, no 10/00850

303