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Université Paris 13 M1 : de l’arithmétique à la théorie des nombres

Exercices d’arithmétique
Exercice 1. — Existe-t-il des couples (a, b) ∈ N2 tels que :
– ab(a + b) n’est pas divisible par 7 et
– (a + b)7 − a7 − b7 est divisible par 77 ?
Exercice 2. — Dans l’émission Fort-Boyard, les candidats jouent au jeu suivant : sont dis-
posés alignées n craies et les deux joueurs en retirent chacun à leur tour 1, 2 ou 3, le perdant
étant celui qui retire la dernière craie. Trouver une stratégie gagnante.
Exercice 3. — Montrer la formule de Legendre
X n
vp (n!) = ⌊ k ⌋ = a1 + a2 p + · · · + ak pk−1 ) + (a2 + · · · + ak pk−2 ) + · · · + (ak−1 + ak p) + ak
p
k≥1

où n = a0 + a1 p + · · · + ak pk est l’écriture de n en base p.


b
Déduire que la valuation 2-adique du coefficient binomial ( a+b ) est égale à la somme
P+∞ P+∞ k et b =
P +∞ k sont les écritures en base 2 de a et b ;
a b
k=0 k k ou a = a
k=0 k 2 b
k=0 k 2
en particulier noter que pour 0 < k < n, ( nk ) est pair.
Exercice 4. — ( Un argument de descente infinie à la Fermat) Soient a, b > 0 tels
que ab + 1|a2 + b2 ; montrer que le quotient est un carré parfait.
Exercice 5. — Soit E un ensemble de 2008 entiers distincts strictement positifs dont tous
les diviseurs premiers sont ≤ 23. Montrer que l’on peut trouver 4 éléments distincts de E dont
le produit est la puissance quatrième d’un entier.
Exercice 6. — Donner en fonction de n, le pgcd (n3 + n2 + 1, n2 + 2n − 1).
Exercice 7. — Donner en fonction de n, le pgcd (n3 + n2 − 6n + 2, 2n2 + 5n − 3).
Exercice 8. — Montrer la relation
Fn+m = Fn+1 Fm + Fn Fm−1
et déduiser-en que Fn ∧ Fm = Fn∧m .
Exercice 9. — Variations sur le théorème de Bezout :
(1) En utilisant l’algorithme d’Euclide, trouver les relations de Bezout entre 650 et 66.
(2) On suppose que l’on ne dispose que de pieces de valeurs a et b entières avec (a, b) = 1.
(i) Quelles sommes peut-on payer si on nous rend la monnaie ?
(ii) Même question si on ne peut pas nous rendre la monnaie ? (Indication : montrer
que si m + n = ab − a − b alors exactement une somme parmi m et n est payable).
(3) Etudier le cas de 3 pièces de valeur 15, 20 et 48 en montrant que 217 est la plus grande
somme que l’on ne peut pas payer.
(4) Généraliser la question précédente en montrant que pour a, b, c > 0 premiers entre eux
deux à deux, 2abc − ab − bc − ac est le plus grand entier qui ne peut pas s’écrire sous la
forme xbc + yca + zab avec x, y, z ≥ 0.

1
2

(5) Montrer par récurrence sur n que si a1 , · · · , an sont n entiers strictement positifs premiers
entre eux deux à deux alors
n
 X 1
a1 · · · an n − 1 −
a
i=1 i
est le plus grand entier qui ne peut pas s’écrire sous la forme ni=1 xi j6=i aj avec xi ≥ 0
P Q
pour tout i = 1, · · · , n.
Exercice 10. — Montrer que 7 divise 3105 + 4105 .
Exercice 11. — Montrer l’équivalence 3|a et 3|b ⇐⇒ 3|a2 + b2 .
Exercice 12. — Proposer à vos amis doués en calcul mental le jeu suivant : multiplier par
13 leur jour de naissance, multiplier par 14 leur mois de naissance, additionner ces deux
résultats pour former un nombre n qu’il vous communique. Comment retrouver les données
cachées ?
Exercice 13. — Un nouveau jeu pour des amis coopératifs : choisir un nombre k entre 1 et
8, puis communiquer le résultat n = 10A − 9k où A est l’âge du candidat. Expliquer comment
vous retrouvez A.
Exercice 14. — Donner les morphismes de groupe Z/3Z −→ Z/4Z puis ceux de Z/12Z −→
Z/15Z. Trouver une condition nécessaire et suffisante sur m et n pour que tout morphisme
Z/nZ −→ Z/nZ soit nul.
Exercice 15. — Montrer l’équivalence 6|a + b + c ⇐⇒ 6|a3 + b3 + c3 .
Exercice 16. — Montrer que 429 est inversible dans Z/700Z et donner son inverse.
Exercice 17. — Résoudre dans Z les congruences suivantes :
1) 3x ≡ 4 mod 7 ;
2) 9x ≡ 12 mod 21 ;
3) 103x ≡ 612 mod 676.
Exercice 18. — Donner la congruence modulo 17 de (1035125)5642 .
Exercice 19. — Donner la congruence modulo 18 de 1823242 puis celle de 2222321 modulo
20.
Exercice 20. — Montrer que n7 ≡ n mod 42.
3

1 Essayons de factoriser P (x) = (x + 1)7 − x7 − 1 en regardant ses racines : on remarque


qu’outre 0 et 1, le nombre complexe j = e2iπ/3 est aussi racine car j + 1 = −j 2 de sorte que
P (x) est divisible par x(x + 1)(x2 + x + 1) le quotient étant égal à x2 + x + 1 et donc
(a + b)7 − a7 − b7 = 7ab(a + b)(a2 + ab + b2 )2 .
On est ainsi amené à résoudre a2 + ab + b2 ≡ 0 mod 73 qui s’écrit encore
b b
(a + )2 ≡ −3( )2 mod 73
2 2
laquelle possède des solutions si et seulement si le symbole de Legendre ( −3 73
) = 1 ce que l’on
vérifie aisément en utilisant la loi de réciprocité quadratique.
2 Analysons les dernières positions : l’unique ultime position perdante est celle où le joueur
a devant lui une unique craie. Ainsi s’il reste entre 2 et 4 craies, la position est gagnante
puisqu’il suffit de retirer toutes les craies sauf une.
Formulons alors la stratégie gagnante : une position est perdante (resp. gagnante) si le
nombre de craies restantes est (resp. n’est pas) congrue à 1 modulo 4. La preuve de cette
affirmation repose sur les points suivants :
– si le nombre de craies n’est pas congru à 1 modulo 4 alors le joueur peut, en enlevant
1, 2 ou 3 craies, la ramener à 1 modulo 4 ;
– en revanche dans le cas contraire, où le nombre de craies est congru à 1 modulo 4, le
joueur en retirant 1, 2 ou 3 craies ramène la position à un nombre de craies non congru
à 1 modulo 4.
– S’il ne reste qu’une craie alors le joueur a perdu.
3 Pour tout k > 0, l’ensemble [1, n] contient ⌊n/pk ⌋ multiples de pk de sorte qu’il y a exacte-
ment ⌊n/pk ⌋ − ⌊n/pk+1 ⌋ éléments i tels que vp (i) = k ce qui donne le résultat.
b
En ce qui concerne la valuation 2-adique de ( a+b elle découle directement de la formule de
Legendre en remarquant que
a+b a b
⌊ k ⌋−⌊ k⌋−⌊ k⌋
2 2 2
est non nulle si et seulement si ak = bk = 1.
2 +b2
4 On raisonne par l’absurde ; on prend (a, b) tel que max{a, b} soit minimal avec aab+1 =k
qui n’est pas un carré parfait. Remarquons déjà que si a = b alors a = b = k = 1 ne convient
pas. Supposons donc 0 < a < b et écrivons l’égalité précédente sous la forme
b2 − (ka)b + a2 − k = 0
de sorte que b est une racine du polynôme X 2 − (ka)X + a2 − k, lequel possède une deuxième
racine b′ telle que b + b′ = ka et donc b′ ∈ Z. Par ailleurs on a :
– bb′ = a2 − k et donc b′ = (a2 − k)/b < a ;
– b′ > 0 : en effet si b′ < 0 alors k = (a2 + (b′ )2 )/(ab′ + 1) < 0 ce qui n’est pas et si b′ = 0
alors k = a2 ce qui n’est pas non plus.
En résumé le couple (a, b′ ) avec 0 < b′ < a est plus petit que (a, b) vérifie les mêmes hypothèses
ce qui contredit la minimalité de (a, b).
5 A tout élément n de E, on associe bijectivement un vecteur (n1 , · · · , n9 ) ∈ Z9 tel que
n = 2n1 3n2 · · · 23n9 ; il s’agit alors de démontrer que l’on peut trouver 4 vecteurs de Z9 dont
la somme appartient à 4Z9 . Remarquons déjà que d’après le principe des tiroirs, étant donnés
29 + 1 vecteurs de Z9 , il en existe 2 dont la somme est dans 2Z9 . L’idée est alors la suivante :
construire des ak , bk deux à deux distincts pour 1 ≤ k ≤ 29 + 1 tels que sk = ak + bk ∈ 2Z9 de
4

sorte que l’on pourra trouver i 6= j avec (si /2) et (sj /2) de somme appartenant à Z9 . Pour
cela il suffit d’avoir au départ (29 + 1) + 2.29 = 1537 < 2008 éléments distincts : on commence
par prendre a1 + b1 ∈ 2Z9 , puis ainsi de suite. S’il existe i 6= j tels que si = sj c’est gagné,
sinon on réapplique ce qui précède à l’ensemble de 29 + 1 éléments distincts constitués des
si /2.
6 Le but est de faire des combinaisons pour faire descendre le degré ; concrètement appelons
δ(n) ce pgcd. On a n3 + n2 + 1 = (n2 + 2n − 1)(n − 1) − (n + 1) de sorte que δ(n) =
(n2 + 2n − 1, n + 1). De même n2 + 2n − 1 = (n + 1)2 − 2 et donc δ(n) = (n + 1, 2) soit δ(n) = 2
si n ≡ 1 mod 2 et δ(n) = 1 si n ≡ 0 mod 2.
7 On procède comme dans l’exercice précédent au détail près que l’on ne divise plus par un
polynôme unitaire ; appelons δ(n) le pgcd cherché et δ1 (n) = (2n3 +2n2 −12n+4, 2n2 +5n−3) ;
de manière générale on a δ1 (n) = δ(n) si la multiplicité de 2 (1) dans n3 + n2 − 6n + 2 est
supérieure ou égale à celle dans 2n2 + 5n − 3, sinon δ1 (n) = 2δ(n) : en particulier si n ≡ 0
mod 2 alors 2n2 + 5n − 3 est impair et donc δ(n) = δ1 (n). De l’égalité 2n3 + 2n2 − 12n + 4 =
n(2n2 + 5n − 1) − (3n2 + 9n − 4) on en déduit δ1 (n) = (2n2 + 5n − 3, 3n2 + 9n − 4) =
(2n2 + 5n − 3, n2 + 4n − 1) = (n2 + 4n − 1, 3n + 1) par simples soustractions. On introduit
à nouveau δ2 (n) = (3n2 + 12n − 3, 3n + 1) et comme 3n + 1 n’est pas divisible par 3, on
a δ1 (n) = δ2 (n) et de l’égalité 3n2 + 12n − 3 = (3n + 1)(n + 3) + 2n − 6, on en déduit
δ2 (n) = (2n − 6, 3n + 1). On introduit δ3 (n) = (n − 3, 3n + 1) avec δ3 (n) = δ2 (n) si la
multiplicité de 2 dans n − 3 est supérieure ou égale à celle dans 3n + 1 et sinon δ2 (n) = 2δ3 (n).
On a δ3 (n) = (n − 3, 10) de sorte que


 10 si n ≡ 3 mod 10
5 si n ≡ 3 mod 5 et n ≡ 0 mod 2

δ3 (n) =

 2 si n ≡ 1 mod 2 et n 6≡ 3 mod 5
1 si n ≡ 0 mod 2 et n 6≡ 3 mod 5

On traite alors les cas un par un :


(a) Si δ3 (n) = 1 ou 5 soit n ≡ 0 mod 2, soit 3n + 1 ≡ 1 mod 2 et donc δ3 (n) = δ2 (n) =
δ1 (n) ; on a de même 2n2 + 5n − 3 ≡ 1 mod 2 soit δ(n) = δ1 (n) ;
(b) si δ3 (n) = 2 ou 10 soit n ≡ 1 mod 2 et n 6≡ 3 mod 5, alors si n ≡ 3 mod 4 on
a 3n + 1 ≡ 2 mod 4 et δ2 (n) = δ3 (n) = δ1 (n) ; en outre 2n2 + 5n − 3 ≡ 2 mod 4 et
n3 + n2 − 6n + 2 ≡ 0 mod 4 et donc δ(n) = δ1 (n). Si on a n ≡ 1 mod 4 alors de même
3n + 1 ≡ 0 mod 4 et n − 3 ≡ 2 mod 4 soit δ1 (n) = δ2 (n) = 2δ3 (n) ; 2n2 + 5n − 3 ≡ 0 mod 4
et n3 + n2 − 6n + 2 ≡ 2 mod 4 de sorte que δ1 (n) = 2δ(n) ;
Ainsi on a toujours δ(n) = δ3 (n).
8 Une façon agréable de faire des calculs est d’écrire matriciellement
 n  
1 1 Fn+1 Fn
=
1 0 Fn Fn−1
Le résultat découle alors directement de la multiplication de cette égalité pour n et m. On en
déduit alors que Fn+m ∧ Fm = Fn Fm−1 ∧ Fm = Fn ∧ Fm car par une récurrence immédiate
Fm ∧ Fm−1 = 1. En appliquant l’algorithme d’Euclide (soustractif, i.e. on ne fait pas de
division euclidienne mais on soustrait simplement), on obtient le résultat.

1. i.e. le plus grand entier r tel que 2r divise le nombre en question


5

9 1) On remarque tout d’abord que 650 = 2.325 et 66 = 2.33. On va appliquer l’algorithme


d’Euclide à 325 et 33 puis on multipliera par deux, ce qui nous permet de gagner quelques
lignes de calculs (on n’est pas un ordinateur...)
325 = 33.9 + 28 33 = 28 + 5 28 = 5.5 + 3
5 =3+2 3=2+1
On remonte alors les calculs :
1 =3−2
1 = 3 − (5 − 3) = 2.3 − 5
1 = 2.(28 − 5.5) − 5 = 2.28 − 11.5
1 = 2.28 − 11.(33 − 28) = 13.28 − 11.33
1 = 13.(325 − 9.33) − 11.33 = 13.325 − 128.33
Finalement la relation de Bezout est 2 = 13.650 − 128.66, c’est la plus “simple” ; on rappelle
que les autres sont données par
2 = (13 + k.66)650 − (128 − k.650)66
pour k ∈ Z. (2-i) D’après la relation de Bezout, il existe u, v ∈ Z tels que 1 = ua + vb, i.e. si
on nous rend la monnaie (u ou v est forcément négatif), pouvant payer la somme 1, on peut
payer n’importe quelle somme entière.
(2-ii) On écrit m = ax + by et n = au + bv de la façon la plus simple possible, i.e. 0 ≤ x, u ≤
b − 1, de sorte que l’écriture est unique ; en effet on rappelle que m = a(x − bt) + b(y + at),
de sorte qu’il existe un unique t tel que 0 ≤ x − bt < b. L’égalité m + n = ab − a − b donne
alors ab = a(x + u + 1) + b(v + y + 1) : a et b étant premier entre eux, “le” théorème de Gauss
nous dit que b divise x + u + 1. Or on a 1 ≤ x + u + 1 ≤ 2b − 1, le seul multiple de b dans
cet intervalle est b lui-même, soit x + u + 1 = b et donc v + y + 1 = 0. Les nombres y et v
étant des entiers, exactement un parmi eux deux est positif ou nul, l’autre étant strictement
négatif. En language clair exactement une somme parmi m et n est payable sans rendu de
monnaie. En remarquant que 0 est payable, alors ab − a − b n’est pas payable. De même une
somme négative n’est pas payable de sorte que si m > ab − a − b, la somme m est payable. 3)
On écrit 48x + 20y + 15z = 3(16x + 5z) + 20y. D’après ce qui précède tout nombre de la forme
60 + t avec t ≥ 0 peut s’écrire sous la forme 16x + 5Z. De même tout nombre de la forme
38 + s avec s ≥ 0, peut s’écrire sous la forme 3t + 20y. Finalement toute somme supérieure
ou égale à 218 est payable. Étudions le cas de 217 : 217 = 20y + 3u, 217 ≡ −3 mod 20, on
en déduit que −3(u + 1) doit être divisible par 20, soit u = 20k − 1 et 220 = 20(y + 3k) soit
11 = y + 3k ce qui donne u = 19, 39, 59 et on vérifie aisément qu’aucune de ses possibilités ne
s’écrit sous la forme 16x + 5z avec x, y positifs.
4) Soit n > 2abc − bc − ac − ab. D’après le théorème de Bezout, il existe 0 ≤ x < a avec
n ≡ x mod xbc mod a ; soit y ′ ∈ Z tel que n = xbc + y ′ a de sorte que
y ′ a = n − xbc > 2abc − bc − ac − ab − (a − 1)bc = (bc − b − c)a
et donc y ′ > bc − b − c. D’après (b), il existe y, z ≥ 0 tel que y ′ = zb + yc et donc n =
xbc + yac + zab.
Supposons par l’absurde que 2abc − bc − ac − ab = xbc + yac + zab avec x, y, z ≥ 0 ; on
aurait alors a|(x + 1)bc et donc a|x + 1 d’après le lemme de Gauss, soit x ≥ a − 1. De même
6

on aurait y ≥ b − 1 et z ≥ c − 1 si bien que


xbc + yac + zbc ≥ 3abc − bc − ac − ab > 2abc − bc − ac − ab
ce qui n’est pas.
5) D’après ce qui précède la propriété est vraie pour n = 2,  3 ; on la suppose vraie jusqu’au
Pn 1 
rang n − 1 et prouvons la au rang n. Soit k > M = a1 · · · an n − 1 − i=1 ai ; comme an
est premier avec a1 · · · an−1 , d’après le théorème de Bezout, il existe 0 ≤ xn < an tel que
k ≡ xn a1 · · · an−1 mod an ; notons qn = (k − xn a1 · · · an−1 )/an de sorte que
 
a1 · · · an n − 1 − ni=1 a1i − (an − 1)a1 · · · an−1
P
 n−1
X 1
N> = a1 · · · an−1 n − 2 − .
an a
i=1 i
Pn−1 Q
D’après l’hypothèse de récurrence N = i=1 j6=i aj avec xi ≥ 0 pour tout i = 1, · · · , n − 1
Pn Q
et donc k = i=1 xi j6=i aj .
Supposons désormais que M = ni=1 xi j6=i aj avec xi ≥ 0 pour tout i = 1, · · · , n. Alors
P Q

comme dans (d), le lemme de Gauss donne que ai |(xi + 1) et donc xi ≥ ai − 1 et finalement
que
n n
X Y  X 1
M≥ (ai − 1) a j > a1 · · · a n n − 1 =M
ai
i=1 j6=i i=1
d’où la contradiction.
10 Comme 4 ≡ −3 mod 7 et que 105 est impair, on a 4105 ≡ −3105 d’où le résultat.
11 Le sens ⇒ est évident ; en ce qui concerne l’autre sens, il suffit de faire un petit tableau
des sommes a2 + b2 avec a, b ∈ Z/3Z pour s’apercevoir que a2 + b2 ≡ 0 mod 3 ⇒ a, b ≡ 0
mod 3.
12 L’entier n est congru au mois M de naissance modulo 13 ce qui le détermine parfaitement ;
il suffit alors de calculer le jour directement à partir de n − 14M .
13 On a n ≡ A mod 9 ; il reste alors à déterminer A exactement ce qui est aisé puisque k < 9
de sorte que l’ordre de grandeur de n fixe A.
14 On rappelle qu’un morphisme d’un groupe cyclique de cardinal n dans un groupe G est
complètement déterminé par l’image g d’un générateur quelconque telle g n = 1G , soit g
d’ordre divisant n. Dans le premier cas comme 3 et 4 sont premiers entre eux, les seuls
éléments d’ordre divisant 3 dans Z/4Z sont le seul d’ordre 1 à savoir 0 de sorte que tout
morphisme Z/3Z −→ Z/4Z est nul.
Dans Z/15Z les éléments d’ordre divisant 12 sont donc d’ordre divisant 12 ∧ 15 = 3 et sont
donc 0, 5, 10, ce qui donne 3 morphismes distincts.
D’après les raisonnements ci-dessus, on en déduit donc qu’une CNS pour qu’il n’y ait pas
de morphisme non nul Z/nZ −→ Z/mZ est donc n ∧ m = 1.
15 Il suffit de remarquer que a3 − a est divisible par 2 et 3 et donc 6 divise (a3 − a) + (b3 −
b) + (c3 − c) et donc a3 + b3 + c3 ≡ a + b + b mod 6.
16 On rappelle que 700 n’étant pas premier, 429 est inversible dans Z/700Z si et seulement si il
est premier avec 700 et son inverse est donné par la relation de Bezout, i.e. si 1 = 700a + 429b
alors l’inverse cherché est b. Il suffit alors d’appliquer l’algorithme d’Euclide :
700 = 429 + 271 429 = 271 + 158 271 = 158 + 113 158 = 113 + 45
113 = 2.45 + 23 45 = 23 + 22 23 = 22 + 1
7

On remonte alors les calculs et on obtient la relation de Bezout : 1 = 19.700 − 31.429 de sorte
que l’inverse de 429 dans Z/700Z est −31.
17 1) Comme 3 est premier avec 7, il est inversible dans Z/7Z ; on calcule rapidement que
3.5 ≡ 1 mod 7, i.e. 5 = 1/3 dans Z/7Z de sorte que l’équation s’écrit x ≡ 20 mod 7 soit
x ≡ −1 mod 7.
2) D’après le théorème chinois, il suffit de vérifier l’équation modulo 3 et 7. Modulo 3
l’équation s’écrit 0.x ≡ 0 mod 3 et est donc toujours vérifiée. Modulo 7, on obtient 2x ≡ −2
mod 7 ; l’inverse de 2 dans Z/7Z est −3, soit donc x ≡ −1 mod 7. Le résultat final est donc
x ≡ −1 mod 7 ;
3) On calcule rapidement 676 = 22 .132 ; par le théorème chinois, on est donc ramené à
résoudre −x ≡ 0 mod 4 et 103x ≡ 105 mod 169. L’algorithme d’euclide fournit 64.103 −
39.169 = 1 soit donc x ≡ 64.105 mod 69 soit x ≡ −40 mod 169 et donc x ≡ −40 mod 676.
On peut aussi résoudre la congruence 103x ≡ 105 mod 132 de proche en proche, de la
façon suivante. On la résoud tout d’abord modulo 13 soit 2x ≡ 4 mod 13 soit x ≡ 2 mod 13.
On écrit alors x = 2 + 13k et on est donc ramené à résoudre 206 + 13.103k ≡ 105 mod 132
soit 13.103k ≡ −13.8 mod 132 soit en simplifiant par 13, 103k ≡ −8 mod 13, soit 2k ≡ −8
mod 4 et donc k ≡ −4 mod 13 et donc finalement x ≡ 2 − 4.13 mod 132 .
18 On a 1035125 ≡ 12 mod 17. On pourrait maintenant calculer l’ordre de 12 dans Z/17Z.
D’après le petit théorème de Fermat on a 121 6 ≡ 1 mod 17. Or 5642 ≡ 10 mod 16 ; la
réponse est alors 121 0 modulo 17. Or 12 ≡ −5 mod 17 et 122 ≡ 8 mod 17 soit 124 ≡ −4
soit 128 ≡ −1 de sorte que l’ordre de 12 est 16. Finalement 121 0 = 128 122 = −122 = −8 = 9
mod 17.
19 On a 1823 ≡ 5 mod 18 ; or 5 ∈ (Z/18Z)× on peut donc utiliser le petit théorème de
Fermat avec ϕ(18) = ϕ(2)ϕ(9) = 1.6 = 4 soit 56 ≡ 1 mod 18. Or on a 242 ≡ 2 mod 6
soit 1823242 ≡ 52 = 7 mod 18. De même 2222 ≡ 2 mod 20 avec 2 6∈ (Z/20Z)× ; on ne peut
donc pas utiliser le petit théorème de Fermat (28 est pair et ne peut donc pas être congru
à 1 modulo 20). On étudie alors la suite un = 2n modulo 20 pour n ∈ Z : u0 = 1, u1 = 2,
u2 = 4, u3 = 8, u4 = −4, u5 = −8, u6 = 4. On remarque qu’à partir de n ≥ 2 la suite est
périodique de période 4 : un+4 = un . Or 321 ≡ 1 mod 4 de sorte que u321 = u5 = −8 et donc
2222321 ≡ −8 mod 20.
La bonne façon de comprendre le phénomène est d’utiliser le lemme chinois. On a 2222 ≡ 2
mod 4 de sorte que 2222n ≡ 0 mod 4 dès que n ≥ 2. On a aussi 2222 ≡ 2 mod 5 et 321 ≡ 1
mod 4 et donc d’après le petit théorème de Fermat 2222321 ≡ 2 mod 5 et donc 2222321 ≡ 12
mod 20.
Remarque : On comprend ainsi que de manière générale la suite un = an mod m pour a non
premier avec m est périodique à partir d’un certain rang (le temps que pour les premiers p
divisant a ∧ m, ak ≡ 0 mod m soit kαa (p) ≥ αm (p) où αa (p) (resp. αm (p)) est la multiplicité
de p dans a (resp. dans m)). Une autre façon de le remarquer et de dire qu’elle ne prend qu’un
nombre fini de valeurs de sorte qu’il existe n0 et n0 + r tels que un0 = un0 +r ce qui implique
que un0 +r+k = un0 +k et donc la périodicité de un à partir d’un certain rang.
20 On a 42 = 2.3.7, il suffit alors de vérifier la congruence modulo 2, 3 et 7. Pour 2 et 3, on a
clairement n7 ≡ n et pour 7 le résultat découle du petit théorème de Fermat.
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Exercices sur les nombres premiers


Exercice 1. — Déterminer les nombres premiers p tels que p + 2 et p + 4 soient premiers.
Exercice 2. — Déterminer les nombres premiers p tels que p divise 2p + 1.
Exercice 3. — Soit p un nombre premier impair. Montrer qu’il existe une infinité d’entiers
n tels que p divise n2n + 1.
Exercice 4. — Pour tout n ≥ 2, construire un intervalle [N, N + n] ne contenant aucun
nombre premier.
Exercice 5. — En utilisant l’écriture de ζ(s) en produit Eulérien, montrer que la série
−1 diverge ; en particulier P est infini.
P
p∈P p

Exercice 6. — Soit p ≥ 3 premier et soit Mp = 2p − 1 le nombre de Mersenne associé.


(a) Montrer que si q est un diviseur de Mp alors q ≡ 1 mod 2p et q ≡ ±1 mod 8.
(b) Montrer que 3 est un résidu quadratique modulo p 6= 2, 3 si et seulement si p ≡ ±1
mod 12.
(c) Montrer que pour p > 3 √ premier non congru à ±1 modulo 12, on a le petit théorème
de Fermat suivant dans Z[ 3] :
√ √
(x + y 3)p ≡ x − y 3 mod p.
(d) Montrer que Mp est premier si et seulement si
√ p−1
(2 + 3)2 ≡ −1 mod Mp .
(e) Soit (Li )i≥0 la suite de Lucas-Lehmer définie par
L0 = 4 et Li+1 = L2i − 2 mod Mp .
Montrer que Mp est premier si et seulement si Lp−2 ≡ 0 mod Mp .
Exercice 7. — Soient n ≥ 2 et a ∈ Z tels que a ∧ n = 1. Montrer que n est premier si et
seulement si
(X + a)n ≡ X n + a mod n.

1
2

1 Le seul nombre premier vérifiant la condition de l’énoncé est 3. En effet, soit p un nombre
premier tel que p + 2 et p + 4 soient premiers. Si l’on a p ≡ 1 mod 3, (resp. p ≡ 2 mod 3),
alors p + 2 (resp. p + 4) est divisible par 3. Les entiers p + 2 et p + 4 étant distincts de 3, on
a donc p ≡ 0 mod 3, puis p = 3. Par ailleurs, 5 et 7 sont premiers.
2 Il n’y a que p = 3. En effet, soit p un nombre premier divisant 2p + 1. D’après le petit
théorème de Fermat, p divise 2p − 2, d’où p = 3.
3 Les entiers n de la forme (p − 1)(1 + kp), où k est un entier naturel, conviennent. En effet,
pour un tel entier n, on a n ≡ −1 mod p. Par ailleurs, p − 1 divise n et l’on a 2p−1 ≡ 1
mod p, donc on a 2n ≡ 1 mod p. Il en résulte que n2n + 1 ≡ 0 mod p, d’où le résultat.
4 Pour N = n! + 2, l’intervalle [N, N + (n − 2)] ne contient aucun nombre premier.
5 Si la série p∈P p1 converge alors la série des log(1 − 1/p) converge aussi et donc le produit
P

(1 − 1/p)−1 converge. On en déduit alors que la série n 1/n converge, ce qui est faux.
Q P

6 (a) Si q est un diviseur de Mp alors l’ordre de la classe de 2 dans Z/qZ est égale à p qui doit
diviser q − 1 et donc q ≡ 1 mod p. Comme q est impair, on a aussi q ≡ 1 mod 2p et donc 2
est un carré modulo q soit q ≡ ±1 mod 8.
(b) D’après la loi de réciprocité quadratique, ( 3p )( p3 ) = (−1)(p−1)/2 et donc 3 est résidu
quadratique modulo p si et seulement si ( p3 ) = (−1)(p−1)/2 . Le seul carré modulo 3 autre que
0 est 1, soit p ≡ 1 mod 3 et p ≡ 1 mod 4 ou bien p ≡ 2 mod 3 et p ≡ 3 mod 4, soit en
définitive p ≡ ±1 mod 12. √ p √ √
(c) Par hypothèse 3√n’est pas un carré modulo p et par conséquent 3 = 3(p−1)/2 3 ≡ − 3

mod p et donc (x + y 3)p ≡ x − y 3 mod p.
(d) Supposons alors Mq √ premier : en remarquant que 2 est un carré modulo Mq , on définit
√ 1+ 3 1−

3

dans Z[ 3]/(Mq ) : τ = √2 et τ̄ = √2 . À partir des relations τ 2 = 2 + 3 et τ τ̄ = −1 :
τ p = τ̄ soit
√ τ p+1 = −1 ce qui donne la congruence de l’énoncé (τ 2 )(p+1)/2 ≡ −1 mod p car
τ 2 = 2 + 3. √ √
(e) Soit α = 2 + 3 et ᾱ = 2 − 3, en remarquant que αᾱ = 1, on montre aisément par
i i i+1
récurrence que Li = α2 + ᾱ2 ; la congruence Li ≡ 0 mod n est ainsi équivalente à α2 ≡ −1
mod n, d’où le résultat.
7 On a déjà vu que pour p premier et pour tout 1 ≤ k < p, le coefficient binomial kp

est divisible par p. Il reste donc à étudier la réciproque. Supposons donc que pour tout
1 ≤ i ≤ n − 1, on ait i ≡ 0 mod n. Regardons alors les congruences modulo n des n−1
n 
i .
Pour i = 1, on a n−1

1 = n − 1 ≡ −1 mod n. De la formule de Pascal
     
n−1 n−1 n
+ =
i i+1 i+1
et de l’hypothèse ni ≡ 0 mod n pour tout 1 ≤ i ≤ n − 1, on en déduit par une récurrence


simple que pour tout 1 ≤ i ≤ n − 1


 
n−1
≡ (−1)i mod n.
i
Soit alors d un diviseur strict de n. Rappelons la relation d nd = n n−1
 
d−1 que l’on interprète
combinatoirement comme le nombre de choisir d personnes parmi n et de nommer un chef
parmi eux : pour ce faire on peut soit commencer par choisir le groupe puis le chef, ou
3

inversement choisir le chef puis le reste du groupe. D’après ce qui précède on doit donc avoir
   
n n d−1 n
≡ 0 mod n et = (−1)d−1 ,
d d n−1 d
soit nd (−1)d−1 ≡ 0 mod n ce qui n’est possible que pour d = 1, i.e. n ne possède qu’un unique
diviseur strict et est donc premier.
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Exercices de théorie des corps finis


Exercice 1. — 1) Donner tous les polynômes irréductibles de degré inférieur à 4 sur F2 .
2) Quelle est la factorisation sur F4 d’un polynôme de F2 [X] irréductible de degré 4 ?
3) Déduire des questions précédentes, le nombre de polynômes irréductibles de degré 2 sur
F4 .
4) Expliciter les polynômes irréductibles de degré 2 sur F4 .

Exercice 2. — 1) Le nombre 2 est-il un carré dans F5 ? Montrer que X 2 + X + 1 est


irréductible sur F5 .
2) Soit P (X) ∈ F5 [X] un polynôme unitaire irréductible de degré deux . Montrer que le
quotient
F5 [X]
(P (X))
est isomorphe au corps F25 et que P a deux racines dans F25 .
3) On note α une racine de X 2 + X + 1 dans F25 . Montrer que tout β ∈ F25 peut s’écrire
aα + b avec a et b dans F5 .
4) Soit P = X 5 − X + 1. Montrer que pour tout β ∈ F25 , on a P (β) 6= 0. En déduire que P
est irréductible sur F5 . P est-il irréductible sur Q ?

Exercice 3. — On considère le polynôme Q(X) = X 9 − X + 1 sur F3 .


1) Montrer que le polynôme Q n’a pas de racines dans F3 , F9 .
F3 [X]
2) Montrer que F27 ' (X 3 −X−1)
.
3) Montrer que toute racine α ∈ F27 du polynôme X 3 − X − 1 est une racine du polynôme Q.
4) Déterminer toutes le racines de Q dans F27 .
5) Factoriser le polynôme Q sur le corps F3 .

Exercice 4. — A quelle condition un polynôme P à coefficients dans Fp de degré n est-il


irréductible sur Fpm ? Dans le cas où P est irréductible sur Fp , on donnera des précisions
sur les degrés des facteurs irréductibles de P sur Fpm . En particulier pour n = 5, donner m
minimal tel que tout polynôme de degré 5 à coefficients dans Fp soit totalement décomposé
(resp. possède une racine) sur Fpm .

Exercice 5. — Théorie de Galois des corps finis et version faible du théorème de Dirichlet
Soit p un nombre premier et n un entier premier avec p. On pose q = pr .
1) Décrire le groupe de Galois de l’extension Fqn : Fq et expliciter la théorie de Galois, i.e.
montrer que l’application qui à un sous-groupe H de gal(Fqn /Fq ) associe le sous-corps de
Fqn des éléments fixés par tous les éléments de H, est une bijection entre les sous-groupes
du groupe de Galois et les extensions intermédiaires Fq ⊂ K ⊂ Fqn .

1
2

2) Soit L = DecFp (X n − 1). Montrer que Gal(L/Fp ) est isomorphe au sous-groupe de


Z/nZ engendré par l’image de p. Montrer que le n-ième polynôme cyclotomique Φn (X)
se décompose sur Fp en un produit de φ(n)/k facteurs irréductibles distincts, tous de
degré k. Quel est cet entier k ? En déduire une version faible du théorème de progression
arithmétique, i.e. :
pour tout entier n il existe une infinité de nombres premiers p congrus à 1 modulo n.
Exercice 6. — 1) Montrer que X 4 +1 est irréductible sur Z et réductible modulo tout nombre
premier p. (Indication : montrer que pour tout nombre premier impair p, le polynôme
X 4 + 1 a une racine dans le corps Fp2 .
2) Soit n un entier ne s’écrivant pas sous la forme pα ou 2pα avec p premier impair. On sait
que le n-ième polynôme cyclotomique Φn est irréductible sur Z. Montrer en utilisant la
question (ii) de l’exercice sur la théorie de Galois des corps finis, que Φn est réductible
modulo tout nombre premier.
Exercice 7. — Soit P (X) = X 4 − 10X 3 + 21X 2 − 10X + 11
1) Décomposer P en facteurs irréductibles modulo 2,3,5.
2) Montrer que P est irréductible sur Q.
Exercice 8. — Soit K = F3 [X]/(X 3 + 2X + 1) ; montrez que K est un corps de cardinal 27
et que X est un générateur du groupe multiplicatif. Trouvez i tel que X 2 + X = X i .
3

1 1) Les polynômes irréductibles de degré 1 sont X et X − 1 ; ceux de degré 2 sont tels que
X 4 − X = X(X − 1)P ce qui donne X 2 + X + 1. Pour ceux de degré 3, on a X 8 − X =
X(X − 1)P1 P2 et on trouve X 3 + X + 1 et X 3 + X 2 + 1. Enfin pour ceux de degré 4, on a
X 1 6 − X = (X 4 − X)Q1 Q2 Q3 et on trouve X 4 + X + 1, X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 et X 4 + X 3 + 1.
En effet ceux-ci sont irréductibles car un élément j de F4 qui n’est pas dans F2 vérifie j 3 = 1
de sorte qu’il ne peut être racine des polynômes en question.
2) Tout polynôme de F2 [X] de degré 4, irréductible sur F2 , possède une racine dans F24
qui est une extension de degré 2 de F4 ; on en déduit donc que sur F4 il se factorise en un
produit de 2 polynômes irréductibles de degré 2.
3) Les 3 polynômes de degré 4, irréductibles dans F2 [X] fournissent 6 polynômes de F4 [X]
irréductibles de degré 2 ; ceux-ci sont distincts deux à deux car les 3 polynômes de degré 4 du
départ sont premiers deux à deux dans F2 et donc dans F4 .
Par ailleurs étant donné un polynôme de F4 [X] irréductible de degré 2, en le multipliant
par son conjugué par l’unique élément non trivial du groupe de Galois de F4 : F2 , qui échange
j et j 2 avec les notations précédentes, on obtient un polynôme de degré 4 à coefficient dans
F2 , car les coefficients sont invariants par le groupe de Galois, et irréductible.
4) On note 0, 1, j, j 2 les éléments de F4 avec 1 + j + j 2 = 0. Les polynômes de degré 1
sont X, X − 1, X − j, X − j 2 de produit X 4 − X. En ce qui concerne le degré 2, X 4 + X + 1,
X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 et X 4 + X 3 + 1 doivent s’écrire comme le produit de 2 polynôme
irréductible de degré sur F4 . On trouve alors X 4 + X + 1 = (X 2 + X + j)(X 2 + X + j 2 ),
X 4 + X 3 + 1 = (X 2 + jX + j)(X 2 + j 2 X + j 2 ) et X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 = (X 2 + jX +
1)(X 2 + j 2 X + 1).
2 1) On écrit la table des carrés de F5 , soit

x 0 1 2 −2 −1

x2 0 1 −1 −1 1

et on remarque que 2 n’est pas un carré dans F5 . On vérifie rapidement que pour P (x) :=
X 2 + X + 1, P (0), P (±1) et P (±2) ne sont pas nuls de sorte que P n’a pas de racine dans
F5 , étant de degré 2 il y est donc irréductible.
2) Le corps F5 [X]/(P (X)) est de cardinal 25 et donc isomorphe à F25 qui est un corps de
décomposition de X 25 − X. Par ailleurs la classe x de X dans F5 [X]/(P (X)) vérifie P (x) = 0
de sorte que x est une racine de P qui étant de degré 2, y est alors totalement décomposé.
On en déduit alors que P admet deux racines dans F25 .
3) Un isomorphisme f : F5 [X]/(X 2 + X + 1) ' F25 étant fixée, l’image α ∈ F25 de X par
f vérifie alors α2 + α + 1 = 0 et est donc une racine de X 2 + X + 1. Le sous-espace vectoriel
sur F5 de F25 engendré par 1 et α est de dimension 2 car α 6∈ F5 et est donc égal à F25 de
sorte que tout élément β ∈ F25 s’écrit sous la forme aα + b avec a, b ∈ F5 .
4) On vérifie rapidement que P n’a pas de racine dans F5 . Soit alors β = aα + b ∈ F25 ;
on a β 5 = a5 α5 + b5 = aα5 + b. Or on a α2 = −α − 1 soit α4 = α2 + 2α + 1 = α et donc
α5 = α2 = −α − 1. Ainsi β 5 − β + 1 = α(−a − a) + (b − b − a + 1) 6= 0 car α 6∈ F5 soit P n’a
pas de racine dans F25 de sorte qu’il est irréductible sur F5 .
Par ailleurs, P en tant que polynôme de Z[X] unitaire, y est irréductible. En effet une
factorisation P = QR dans Z[X] induit par réduction modulo 5 une factorisation P̄ = Q̄R̄
dans F5 [X]. Comme P est unitaire, Q et R le sont aussi, de sorte que deg Q = deg Q̄ et
deg R = deg R̄ ; P̄ étant irréductible, on en déduit que Q̄, ou R̄, est un polynôme constant
4

donc, étant unitaire, égal à 1̄ et donc Q, ou R, est le polynôme constant égal à 1. Ainsi P est
irréductible sur Z et donc irréductible sur Q d’après le lemme de Gauss.
3 1) On vérifie rapidement que Q n’a pas de racine dans F3 . On cherche alors ses racines dans
F9 . Pour a ∈ F9 , on a a9 = a de sorte que a9 − a + 1 = 1 et donc Q n’a pas de racine dans F9 .
2) Afin de calculer dans F27 , on commence par le décrire concrètement : on vérifie aisément
que X 3 −X −1 n’a pas de racines dans F3 et est donc irréductible sur F3 et F27 ' F3 [X]/(X 3 −
X − 1).
3) Soit alors α ∈ F27 tel que α3 = α + 1. On a alors α9 = α3 + 1 = α + 2 = α − 1 et donc
finalement α est une racine de Q dans F27 de sorte que Q possède un facteur irréductible de
degré 3 sur F3 , à savoir X 3 −X −1, soit X 9 −X +1 = (X 3 −X −1)(X 6 +X 4 +X 3 +X 2 −X −1).
4) Cherchons de manière générale toutes les racines dans F27 ; un élément quelconque s’écrit
sous la forme x = aα2 + bα + c avec a, b, c ∈ F3 . On a alors x9 = aα18 + bα9 + c avec α9 = α − 1
et donc α18 = α2 + α + 1 de sorte que x9 − x + 1 = aα + a − b + 1 ce qui impose a = 0 et
b = 1 soit x = α, α + 1, α − 1.
5) On en déduit alors que X 6 + X 4 + X 3 + X 2 − X − 1 n’a pas de racines dans F27 comme
il n’en avait pas non plus dans F9 , il est donc irréductible.
4 Si P est réductible sur Fp , il l’est sur toute extension Fpm . Supposons donc P irréductible sur
Fp de sorte que toutes les racines de P , vues dans F̄p , sont dans Fpn et aucune n’appartient
à un sous-corps strict. On regarde alors P comme un polynôme dans Fpm [X] dont on se
demande s’il est encore irréductible. Il faut regarder s’il possède ou non des racines dans Fpmr
pour r ≤ n/2 et donc si Fpn ⊂ Fpmr , soit n divise mr ce qui est possible si et seulement si n
et m ne sont pas premiers entre eux. En outre en notant d = n ∧ m, les facteurs irréductibles
sont alors de degré r un multiple de n/d.
Pour n = 5, la décomposition en facteur irréductible donne en prenant les degrés les
décompositions suivantes de 5 : 5 = 4 + 1 = 3 + 2 = 3 + 1 + 1 = 2 + 2 + 1 = 2 + 1 + 1 + 1 =
1 + 1 + 1 + 1 + 1. Si on veut être sur d’avoir toutes les racines (resp. au moins une racine) il
faut donc se placer dans Fp60 (resp. Fp10 ) avec 60 = 5.4.3 (resp. 10 + 5.2).
5 1) On considère le morphisme de Frobenius
Frq : x ∈ Fqn 7−→ xq ∈ Fqn
dont on vérifie aisément que c’est un morphisme de corps car Frq (x + y) = (x + y)q = xq + y q
et Frq (xy) = xq y q , qui laisse le corps Fq invariant car pour tout x ∈ Fq on a xq = x. En outre
il est immédiat que le groupe engendré par Frq est d’ordre n de sorte que Gal(Fqn /Fq ) est
de cardinal supérieur ou égal à n. Pour montrer l’inégalité inverse, soit χ un générateur de
F× q n et soit µχ son polynôme minimal unitaire sur Fq ; on a alors Fq n ' Fq [X]/(µχ (X)) de
sorte que µχ est irréductible de degré n. Ainsi tout élément σ ∈ Gal(Fqn /Fq ) est déterminée
par σ(χ) qui doit être une racine de µχ ce qui donne au plus n choix. On en déduit ainsi
Gal(Fqn /Fq ) =< Frq >' Z/nZ.
Un sous-groupe H de Z/nZ est de la forme Z/rZ pour r un diviseur de n, un générateur
n/r
étant n/r. On considère alors le sous-groupe de Gal(Fqn /Fq ) engendré par Frq ; le sous-corps
n/r
fixé est alors l’ensemble des éléments x de Fqn tels que xq = x ce qui correspond au corps
Fqn/r ⊂ Fqn . D’après l’exercice précédent, l’application de la théorie de Galois est bien une
bijection.
2) Le corps L est isomorphe à Fpr pour un certain r et Gal(L/Fp ) ' Z/rZ engendré par
Frp . En outre on a L = Fp [χ] pour χ ∈ L une racine primitive n-ième de l’unité. Ainsi un
élément σ ∈ Gal(L/Fp ) est déterminé par σ(χ) qui doit être une racine primitive n-ième de
5

l’unité et donc de la forme χk pour k ∈ (Z/nZ)× . On obtient ainsi une application injective
naturelle
σ ∈ Gal(L/Fp ) 7−→ k ∈ (Z/nZ)×
l’image étant le groupe engendré par la classe de p. Ainsi r est l’ordre de p dans (Z/nZ)× .
Soit Φ̄n (X) = P1 · · · Ps la décomposition en irréductibles de la réduction modulo p de Φn .
Soit χ une racine de P1 de sorte que L = Fp [χ] et donc P1 est le polynôme minimal de χ sur
Fp et donc deg P1 = [L : Fp ]. En conclusion tous les Pi sont de même degré [L : Fp ] et donc
ψ(n)
s = [L:F p]
où l’on rappelle que [L : Fp ] est l’ordre de p dans (Z/nZ)× .
Ainsi p ≡ 1 mod n est équivalent à demander que Φ̄n est totalement décomposé sur Fp ce
qui on vient de le voir, est équivalent à demander que Φ̄n a une racine dans Fp . Soit donc p
premier divisant Φn (N !) ≡ 1 mod N ! soit p > N et p ≡ 1 mod n car Φ̄n a pour racine N̄ !.
On vient donc de montrer une version faible du théorème de progression arithmétique dont
l’énoncé fort est que pour tout a premier avec n, il existe une infinité de premiers congrus à
a modulo n, ceux-ci se répartissant de manière uniforme en un sens que l’on ne précise pas
ici, sur les a ∈ (Z/nZ)× .
6 1) Le polynôme X 4 + 1 est le huitième polynôme cyclotomique Φ8 qui est irréductible. On
peut aussi le voir directement en considérant Φ8 (X + 1) qui est un polynôme d’Eisenstein
pour 2.
Modulo 2, on a X 4 + 1 = (X + 1)4 et pour p 6= 2, F× p2
est cyclique d’ordre p2 − 1 qui est
divisible par 8. Soit alors x ∈ F× p2
d’ordre 8, on a x8 = (x4 )2 = 1 et x4 6= 1 soit x4 = −1 de
sorte que Φ8 a une racine dans Fp2 et donc Φ8 est réductible modulo p.
2) Avec les hypothèses de l’énoncé (Z/nZ)× n’est pas cyclique. D’après loc. cit., la réduction
modulo p de ψn est un produit de polynômes irréductibles qui ont tous le même degré à savoir
l’ordre de p dans (Z/nZ)× . Ainsi ψn est irréductible modulo p si et seulement si p engendre
(Z/nZ)× ce qui ne se peut pas si ce dernier groupe n’est pas cyclique.
Remarque : On a ainsi une famille d’exemples de polynômes irréductibles sur Z et réductible
modulo tout premier p.
7 1) modulo 2, on a P̄ = X 4 + X 2 + 1 = (X 2 + X + 1)2 , modulo 3, P̄ = X 4 + 2X 3 + 2X + 2 =
(X 2 +1)(X 2 +2X +2) et modulo 5, P̄ = X 4 +X 2 +1 qui n’a pas de racine dans F5 ; regardons
dans F25 . Comme F× 6 2 3
25 ' Z/24Z, soit x un élément d’ordre 6 : x = 1 avec x 6= 1 et x 6= 1.
2 3 2 2
Soit y = x de sorte que y − 1 = (y − 1)(y + y + 1) = 0 et y 6= 1 soit y + y + 1 = 0 et donc
x est une racine de P̄ = (X 2 + X + 1)(X 2 + 4X + 1).
2) Sur Z, P n’a pas de racine car sinon il en aurait modulo 2 ce qui n’est pas. Si P était
réductible, on aurait alors P (X) = (X 2 + aX + b)(X 2 + cX + d) et donc


 a + c = 10
b + d + ac = 21


 ad + bc = −10
bd = 11

Ainsi on obtient soit {b, d} = {1, 11} et donc ac = 9 et {a, c} = {−1, −9} car a + c = −10, et
ad + bc 6= −10 ; soit {b, d} = {−1, −11} et ac = 33 et a + c 6= −10. Ainsi P est irréductible
sur Z.
8 Le polynôme X 3 + 2X + 1 n’a pas de racines dans F3 , il y est donc irréductible. L’ordre de X
est soit 1, 2, 13, 26 ; les cas 1 et 2 sont clairement exclus calculons alors X 13 = X 9 .X 3 .X. On a
6

X 3 = X − 1 puis X 9 = X 3 − 1 = X + 1 et donc X 13 = −1. On vérifie aussi que X 10 = X 2 + X


et donc i = 10
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Exercices de théorie de Galois


Exercice 1. — Montrer que si√a et b sont deux √ éléments non nuls d’un corps K de ca-
ractéristique différente de 2, K( a) est égal à K( b) si et seulement si b/a est un carré dans
K.

Exercice 2. — Soit K = Q(i + 2). Montrer que K est galoisien sur Q. Calculer le degré
de K sur Q et le groupe de Galois de K/Q. Donner la liste des sous-corps de K.
√ p √
Exercice 3. — Soit L = Q( 5) et M = Q( 2 + 5). Déterminer les degrés des extensions
L/Q, M/Q et M/L. Indiquer lesquelles de ces extensions sont galoisiennes. Déterminer les
p √
polynômes minimaux de 2 + 5 sur Q et sur L.

Exercice 4. — Soit a et b deux rationnels, donnez une condition suffisante pour que le po-
lynôme X 4 + aX 2 + b soit irréductible sur Q. Donnez une CNS pour qu’alors son corps de
rupture soit galoisien sur Q. En particulier que se passe-t-il si on suppose que a2 − 4b est
positif mais pas un carré rationnel, et b négatif.

Exercice 5. — Soit K = Q( 3 2), L la clôture galoisienne de K sur Q. Calculer le degré de
L sur Q, le groupe de Galois de L/K. Donner la liste des sous-corps de L.

Exercice 6. — Soit G le groupe de Galois de X 5 − 2. Quel est le cardinal de G ? Est-il


abélien, résoluble ?

Exercice 7. — Quel est le degré du corps de décomposition du polynôme (X 3 − 5)(X 3 − 7)


sur Q ?

Exercice 8. — Déterminez le groupe de Galois de X 6 − 5 sur Q, R.


√ √
Exercice 9. — Trouvez un élément primitif de Q[ 3, 7].

Exercice 10. — Soit G le groupe de Galois de (X 3 − 5)(X 4 − 2) sur Q.


1) Donner un ensemble de générateurs de G ainsi que l’ensemble de relations entre eux.
2) G est-il un groupe cyclique, diédral, symétrique ?

Exercice 11. — Trouvez un élément primitif du corps de décomposition de (X 2 − 2)(X 2 −


5)(X 2 − 7).

Exercice 12. — Soit ζ un racine primitive 12-ième de l’unité. Combien y a-t-il d’extension
comprises entre Q[ζ 3 ] et Q[ζ].

Exercice 13. — Soit ζ une racine primitive 5-ième de l’unité.


(1) Décrivez le groupe de Galois de K = Q[ζ]/Q et montrez que K contient un unique
sous-corps de degré 2 sur Q à savoir Q[ζ + ζ 4 ].
(2) Donnez le polynôme minimal de ζ + ζ 4 sur Q.
(3) Donnez le groupe de Galois de (X 2 − 5)(X 5 − 1).
(4) Donnez le groupe de Galois de (X 2 + 3)(X 5 − 1).

1
2


Exercice 14. — Notons K le corps Q( −15), f son automorphisme non trivial, et α un
élément de K tel que le polynôme X 3 − α soit irréductible sur K. Pourquoi existe-t-il de tels
α ? On note L le corps de décomposition de ce polynôme, et {θ, jθ, j 2 θ} ses différentes racines
dans L.
1) Pourquoi sont-elles de cette forme ? √
2) Montrer que L est une extension galoisienne de K de degré 6, et que L contient 5.
3) Montrer qu’il existe deux K−automorphismes σ et τ de L tels que
√ √ √ √
σ( 5) = 5, σ(θ) = jθ, τ ( 5) = − 5, τ (θ) = θ.
4) Déterminer l’ordre des éléments σ et τ du groupe Gal(L/K) et calculer τ στ −1 . Etablir
la liste des extensions de K contenues dans L.
5) On suppose désormais que NK/Q (α) est le cube d’un nombre rationnel b (on admettra que
c’est possible). Déterminer les différents conjugués de θ sur Q. Montrer que l’extension
L/Q est galoisienne de degré 12. Prouver qu’il est√possible √ de prolonger l’automorphisme
f de K en un automorphisme φ de √ L tel que φ( 5) = 5 et φ(θ) = b/θ. Calculer φ2 ,
φσφ−1 et φτ φ−1 . Montrer que Q( 5) admet une extension de degré 3 contenue dans L
et galoisienne sur Q.
Exercice 15. — On note L le corps de décomposition dans C du polynôme P = T 4 − 3T − 3.
a) Montrer que le polynôme P est irréductible sur Q, et qu’il admet dans C deux racines
réelles x et y, et un couple (z, z) de racines complexes conjuguées l’une de l’autre.
b) Notons T 2 + aT + b et T 2 − aT + b′ les polynômes unitaires de degré 2 qui divisent P
dans R[X]. Montrer que a est une racine du polynôme X 6 + 12X 2 − 9, et calculer le degré
de a2 sur Q.
c) Montrer que [L : Q] est un multiple de 12.
d) Montrer que le groupe alterné A4 est le seul sous-groupe d’indice 2 du groupe symétrique
S4 .
e) Montrer qu’il existe un automorphisme de L qui échange z et z et qui laisse x fixe.
Déterminer le groupe de Galois de L/Q. Combien L a-t’il de sous-corps ?
Exercice 16. — Montrez en réduisant modulo 2 et 3, que le groupe de Galois de X 5 − X − 1
est S5 .
3

√ √ √ √
1 Il est clair que, si b/a = x2 est un carré dans K, on a b = ±x a et K( a) = K( b).
Réciproquement,
√ √ si ces deux corps sont égaux et différents de K, on peut écrire par exemple
b = x + y a avec x et y dans K. On en déduit (b − x2 − ay 2 )2 = 4x2 y 2 a. Comme a n’est
pas un carré dans K, cela implique 2xy = 0 et b = x2 + ay 2 . Comme b n’est pas un carré et la
caractéristique n’est pas 2,√2y 6= 0. On en déduit que x = 0 et b/a = y 2 est un carré dans K.

Reste le cas K( a) = K( b) = K pour lequel b et a sont des carrés, et leur quotient aussi.

2 Comme −1/2 n’est pas un carré dans Q, l’exercice précédent montre √ que Q(i) et Q( 2) sont
deux extensions quadratiques distinctes de Q. Le composé L = Q(i, 2) est donc une extension
galoisienne de degré 4√de Q. On peut décrire l’action du groupe de Galois Gal(L/Q) =
{Id, τ1 , τ2 , τ3 } sur i et 2 :
√ √ √ √ √ √
τ1 (i) = −i, τ1 ( 2) = 2, τ2 (i) = i, τ2 ( 2) = − 2, τ3 (i) = −i, τ3 ( 2) = − 2.

Seul Id laisse fixe l’élément α = i + 2 de L. On en déduit que le corps engendré par α est
L tout entier, c’est-à-dire L = K.
3 Comme
√ 5 n’est pas un carré dans Q, L/Q est une extension
√ 2 quadratique.
√ Montrons que
2 + 5√n’est pas un
√ carré dans L : en effet, si (x + y 5) = 2 + 5, son conjugué vérifie
(x − y 5)2 = 2 − 5 et en faisant le produit, on obtient
(x2 − 5y 2 )2 = 4 − 5 = −1
mais −1 n’est pas un carré dans Q, une contradiction.
pL’extension M/L est donc quadratique,

et [M : Q] = [M : L][L : Q] = 4.. Le générateur α = 2 + 5 de M sur Q vérifie (α2 −2)2 = 5,
son polynôme minimal sur Q est donc (X 2 − 2)2 − 5 = X 4 − 4X 2 − 1. Les deux racines
imaginaires de ce polynôme ne peuvent appartenir à M qui est inclus dans R. On en déduit que
l’extension M/Q n’est pas galoisienne. D’autre part, une extension quadratique est toujours
galoisienne,
√ c’est donc le cas de M/L et L/Q. Le polynôme minimal de α sur L est simplement
X 2 − 2 − 5.
4 (i) Le discriminant ∆ =√ a2 −4b ne doit pas être un √
carré, sinon le polynôme
√ serait réductible.
Le corps quadratique Q( ∆) contient alors (−a + ∆)/2 et (−a − ∆)/2, dont les racines
carrées√sont les racines de X 4 + aX 2 + b. Ces racines engendrent des extensions quadratiques
de Q( ∆) qui coı̈ncident si et seulement si le quotient
√ 2
a2 − ∆

−a − ∆ 2
√ = √ =b √
−a + ∆ (−a + ∆)2 −a + ∆
√ √
est un carré dans Q( √∆), ce qui équivaut à dire que b lui-même est un carré dans Q( ∆).
L’équation b = (x + y ∆)2 implique que x ou y est nul, et b est un carré ou ∆ fois un carré
dans Q. √ √
Ainsi X 4 + aX 2 + b est réductible si et seulement si (−a + ∆)/2 est un carré dans Q( ∆).
Dans le cas contraire le corps de rupture associé est galoisien si et seulement si b eou ∆b est
un carré dans Q.
(ii) Ainsi si δ est positif sans être un carré dans Q et si b est négatif alors ni b ni ∆b ne
sont des carrés dans Q de sorte que X 4 + aX 2 + b est irréductible mais son corps de rupture
n’est pas galoisien.
(iii) Par exemple, pour b = 1 et a = −1 : le polynôme X 4 − X 2 + 1 est irréductible et son
corps de rupture est galoisien sur Q.
4

5 Le corps L est le corps de décomposition de X 3 − 2. Comme X 3 − 2 est √ irréductible,


√ K est
2 3
de degré 3. Les autres racines ne sont pas réelles : le polynôme X + 2X + 4 est donc 3

irréductible sur K et ses racines engendrent une extension quadratique L = K(j) de K, et


[L : Q] = 6. Le groupe de Galois est un sous-groupe du groupe des permutations des trois
racines : c’est S3 tout entier. Ce groupe a 6 sous-groupes : les deux sous-groupes triviaux,
correspondant aux√corps Q et L, les √ trois sous-groupes√d’ordre 2 correspondant aux trois corps
cubiques K = Q( 3 2), K ′ = Q(ρ 3 2) et K ′′√= Q(ρ2 3 2), enfin le groupe alterné, d’ordre 3,
correspond au corps quadratique Q(ρ) = Q( −3).
2iπ √
6 On note ζ = e 5 et α = 5 2 dont les polynômes minimaux sont respectivement Φ5 (X) =
X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 et X 5 − 2. Le corps de décomposition de X 5 − 2 est L = Q[ζ, α] qui
contient entr’autre les corps Q[ζ] et Q[α] qui sont respectivement de degré 4 et 5 sur Q. On
en déduit alors que [L : Q] est divisible par 5 et 4 et donc par 20. Par ailleurs ζ est au plus
de degré 4 sur Q[α] de sorte que [L : Q] ≤ 20. Ainsi d’après le théorème de Galois, G est de
cardinal 20.
Pour tout σ ∈ G, on a σ(α) ∈ {α, ζα, ζ 2 α, ζ 3 α, ζ 4 α} et σ(ζ) ∈ {ζ, ζ 2 , ζ 3 , ζ 4 }. Comme G est
de cardinal 20, alors pour tout 0 ≤ k ≤ 4 et 1 ≤ l ≤ 4, il existe σ ∈ G tel que σ(α) = αζ k ,
σ(ζ) = ζ l .
Soit alors σ (resp. τ ) tel que σ(α) = αζ (resp. τ (α) = α) et σ(ζ) = ζ (resp. τ (ζ) = ζ 2 ) de
sorte que σ est d’ordre 5 (resp. d’ordre 4) et que tout élément de G s’écrit de manière unique
sous la forme σ k τ l avec 0 ≤ k ≤ 4 et 0 ≤ l ≤ 3.
Clairement G n’est pas abélien car Q[α]/Q n’est pas galoisien. Par contre il est résoluble
car tout groupe de cardinal 20 l’est (le plus petit groupe non résoluble est A5 ).
Remarque : En fait G ≃ Z/5Z⋉ψ Z/4Z où ψ : Z/4Z → (Z/5Z)× avec ψ(1) est la multiplication
par 2. On peut déterminer tous les sous-groupes de G et donc toutes les sous-extensions de
L, on obtient alors

sous-groupe corps intermédiaires degré sur Q

{1} Q[ζ, α] 20
2
{1, τ } Q[α, ζ 2 + ζ 3 ] 10
{1, στ σ } Q[ζα, ζ 2 + ζ 3 ]
2 −1 10
{1, σ 2 τ 2 σ −2 } Q[ζ 2 α, ζ 2 + ζ 3 ] 10
{1, σ 3 τ 2 σ −3 } Q[ζ 3 α, ζ 2 + ζ 3 ] 10
{1, σ 4 τ 2 σ −4 } Q[ζ 4 α, ζ 2 + ζ 3 ] 10
<τ > Q[α] 5
< στ σ −1 > Q[ζα] 5
< σ 2 τ σ −2 > Q[ζ 2 α] 5
< σ 3 τ σ −3 > Q[ζ 3 α] 5
< σ 4 τ σ −4 > Q[ζ 4 α] 5
<σ> Q[ζ] 4
< σ, τ 2 > Q[ζ 2 + ζ 3 ] 2
G Q 1
7 Si E1 et E2 sont deux extensions galoisiennes de F alors E1 E2 et E1 ∩ E2 sont galoisiennes
sur F et on a la suite exacte suivante
Gal(E1 E2 /F ) ֒→ Gal(E1 /F ) × Gal(E2 /F ) ։ Gal(E1 ∩ E2 /F )
5

où la dernière flèche n’est un morphisme que si Gal(E1 ∩ E2 /F ) est abélien et où l’image de la
première est exactement les éléments du groupe produit qui s’envoie sur l’élément neutre de
Gal(E1 ∩ E2 /F ). Ici on a E1 ∩ E2 = Q[j] où j est une racine cubique primitive de l’unité de
sorte que le degré cherché est 18. On vérifie alors que Gal(E1 E2 /F ) s’identifie aux éléments
d(σ1 , σ2 ) ∈ S3 × S3 tels que ǫ(σ1 ) = ǫ(σ2 ) où ǫ désigne la signature.
8 Soit L le corps de décomposition de X 6 − 5 : L = Q[ζ, α] avec α6 = 5, α ∈ R et ζ est une
racine primitive 3-ième de l’unité de sorte que −ζ est une racine primitive 6-ième de l’unité.
Le degré [L : Q] est donc égal à 12 et G ≃ D6 engendré par (26)(35) et (123456). Sur R le
groupe de galois est Z/2Z.
√ √
9 Comme
√ √ 3/7 n’est pas un carré dans Q, √ on √ en√déduit Q[ 3] ∩ Q[ 7] = Q et donc que
[Q[ 3, 7] : Q] = 4 avec √ pour base √1, 3, 7, √ 21. Le groupe √ de Galois est isomorphe à
Z/2Z × Z/2Z avec (i, j)( 3) = (−1)i 3 et (i, j)( 7) = (−1)j 7. En particulier on remarque
√ √ √ √
que x = 3 + 7 possède 4 conjugués distincts deux à deux (utilisez que la famille 3 et 7
est libre sur Q). On peut par ailleurs trouver son polynôme minimal en procédant selon le
principe général suivant : soit A et B deux polynômes irréductibles unitaires sur Q. Le système
en d’équations A(X) = B(Y − X) = 0 possède comme solutions les couples (xa , xb + xa ) où xa
(resp. xb ) décrit les solutions de A(X) = 0 (resp. B(X) = 0). On considère alors les polynômes
A(X) et B(Y − X) comme des polynômes à valeurs dans K[Y ] et on introduit leur résultant
qui est un polynôme en Y dont les zéros sont d’après ce qui précède, exactement les sommes
des zéros de A avec ceux de B.
Dans notre cas on a A(X) = X 2 − 3 et B(X) = X 2 − 7. Le résultant en question est donné
par le déterminant
1 0 −3 0

0 1 0 −3
1 −2Y Y 2 − 7

0
2

0 1 −2Y Y −7
soit après calcul Y 4 − 20y 2 + 16
10 Le corps de décomposition de X 4 − 2 est E1 = Q[i, α] avec α4 = 2 qui est de degré 8 sur
Q et de groupe de Galois D4 . Le corps de décomposition de X 3 − 5 est E2 = Q[j, β] qui est
de degré 6 et de groupe de Galois S3 sur Q. Comme les extensions Ei /Q sont galoisiennes
le degré de [E1 E2 : Q] = [E1 : Q].[E2 : Q]/[E1 ∩ E2 : Q] et on est donc ramené à étudier
E1 ∩ E2 qui est donc de degré sur Q un diviseur de 6 et 8 et donc égal à 1 ou 2. Il faut
donc étudier les extensions de degré 2 contenues dans E1 et E2 ce qui revient à étudier les
sous-groupes d’indice 2 dans les groupes de Galois respectifs. En ce qui concerne E2 , le seul
sous-groupe d’indice 2 de S3 est A3 (utilisez que la signature est le seul morphisme non trivial
de S3 ։ Z/2Z) et donc Q[j] est la seule extension quadratique contenue dans E2 . En ce qui
concerne E1 , les sous-groupes H d’indice 2 de D4 sont soit D4+ ≃ Z/4Z correspondant aux
rotations ; sinon H ∩ D4+ ne peut pas être réduit à l’identité c’est donc le sous-groupe d’indice
2 de D4+ égal à ±Id et H est alors égal à {±Id, σD , σD⊥ } ≃ Z/2Z×Z/2Z où σD est la réflexion
par rapport à√la droite D √ (diagonale ou médiatrice du carré). Les corps correspondant sont
alors Q[i], Q[ 2] et Q[i 2]. Comme 2/ − 3, 2/3 et −1/ − 3 ne sont pas dans (Q× )2 , les
extensions précédentes sont distinctes deux à deux et E1 ∩ E2 = Q. Ainsi le groupe de Galois
est le groupe produit D4 × D3 .
√ √
11 Comme 2/5 n’est pas un carré de Q, Q[ 2, 5]/Q√est√de degré 4√de groupe √ de Galois

Z/2Z/2 : les extensions quadratiques contenue dans Q[ 2, 5] sont Q[ 2], Q[ 5] et Q[ 10]
6

correspondant √ aux trois sous-groupes d’indices 2 de Z/2Z × Z/2Z. Celles-ci sont toutes dis-
tinctes de Q[ 7] de sorte 3
√ que le groupe
√ de Galois
√ est (Z/2Z) donné par σǫ1 ,ǫ2 ,ǫ3 (αi ) = ǫi αi
où ǫ√
i = ±1
√ et α
√1 = 2, α2 = 5 et α 3 = 7. On remarque ainsi que les images de
x = 2 + 5 + 7 par les éléments du groupe de Galois sont toutes distinctes, ce qui prouve
que x est générateur.
12 On a Q[ζ] = Q[ζ ′ , i] où ζ ′ est une racine primitive 3-ième de l’unité et ±i = ζ 3 ...
13 (1) Le groupe de galois est (Z/5Z)× , cyclique de cardinal 4 engendré par σ0 := 2 ; il possède
donc un unique sous-groupe H d’indice P 2 à savoir le groupe engendré par 22 . Le sous-corps
correspondant est donc engendré par σ∈H σ(ζ) = ζ + ζ . 4

(2) On a σ0 (ζ + ζ 4 ) = ζ 2 + ζ 3 et

(ζ + ζ 4 )(ζ 2 + ζ 3 ) = −1 (ζ + ζ 4 ) + (ζ 2 + ζ 3 ) = −1

de sorte que le polynôme minimal de ζ + ζ 4 est X 2 + X − 1. Par ailleurs les racines de ce


√ √
polynôme sont −1±2 5 de sorte que Q[ζ + ζ 4 ] = Q[ 5].

(3) On a d’après
√ (2), Q[√ 5, ζ] = Q[ζ]. √
(4) On a Q[ 5] ∩ Q[i 3] = Q de sorte que d’après (1), on a Q[ζ] ∩ Q[i 3] = Q de sorte
que le groupe de Galois est le produit direct de ceux de X 2 + 3 et X 5 − 1, soit Z/2Z × Z/4Z.
14 (1) Un polynôme de degré 3 est irréductible √
si et seulement s’il n’a pas de racine. Il s’agit
donc √
de montrer que tous les√ éléments de Q( −15) ne sont pas des cubes. Mais si α =
x + y −15 = θ 3 avec θ ∈ Q( −15, alors f (α) = f (θ)3 et la quantité

x2 + 15y 2 = N (α) = αf (α) = N (θ)3

est le cube d’un rationnel. Il suffit de prendre par exemple y = 0 et x non cube pour trouver
un α qui convient. Si θ ′ est une autre racine, on a (θ ′ /θ)3 = 1. Alors θ et θ ′ différent par une
racine cubique de l’unité, j ou j 2 .
(2) Comme L est défini comme corps de décomposition en caractéristique nulle, L/K est
forcément galoisienne, et son degré √ est un multiple√de 3 = [K(θ)/K] et de [K(j) : K] = 2
car j 6∈ K : en effet si K = Q( −15) et Q(j) = Q( −3) sont deux extensions quadratiques
distinctes de Q car −15 −3 = 5 n’est pas un carré dans Q. Donc j est quadratique sur K, donc
pas dans K(θ), donc quadratique sur K(θ), et L = K(θ)(ρ) est de degré 6 sur K. Au passage,

−15

on a vu que L contenait √−3 = 5.
(3) Le groupe de Galois du corps de décomposition est un sous-groupe du groupe des
permutations des racines du polynôme. Ici le groupe est d’ordre 6, et il y a trois racines :
Gal(L/K) s’identifie au groupe des permutations de {θ, jθ, j 2 θ}. Il existe en particulier σ qui
2 √
envoie θ sur jθ et jθ sur j 2 θ. On en déduit σ(j) = σ( jθ θ ) = jθθ = j, donc aussi σ( −3) =
√ √ √
σ(1 + 2j) =√1 + 2σ(j) = −3. Comme on a par définition σ( −15) = −15, on en déduit
√ √
σ( 5) = σ( √
−15)
σ( −3)
= 5. De même, la permutation τ qui échange jθ et j 2 θ en laissant fixe θ
√ √ √ √ √
vérifie τ (j) = ττ(jθ)
(θ) = j −1 = j 2 , donc τ ( −3) = − −3 et τ ( 5) = τ ( √−15) = − 5.
τ ( −3)
(4) La permutation σ est circulaire, elle est d’ordre 3. De même, τ est une transposition,
d’ordre 2. On voit que τ στ −1 permute les trois racines circulairement, dans l’autre sens :
τ στ −1 = σ −1 = σ 2 . On peut écrire

Gal(L/K) = {Id, σ, σ 2 , τ, στ, σ 2 τ }.


7


Ce groupe a 4 sous-groupes non triviaux, {Id, σ, σ 2 } est d’ordre 3 et a pour corps fixe K( 5),
et les trois groupes d’ordre 2 {Id, τ }, {Id, στ } et {Id, σ 2 τ } ont pour corps fixes respectifs
K(θ), K(ρ2 θ) et K(ρθ), ce qui complète, avec K et L, la liste des corps intermédiaires entre
K et L.
(5) On a t = α + f (α) ∈ Q et NK/Q (α) = αα = b3 ∈ Q. On en déduit que θ est racine du
polynôme à coefficients rationnels
P (X) = (X 3 − α)(X 3 − f (α)) = X 6 − tX 3 + b3 .
Sur K, ce polynôme se décompose en deux facteurs dont on sait qu’ils sont irréductibles (b3 /α
n’est pas plus un cube que α dans K). Toute factorisation de P sur Q serait encore valable
sur K, or les facteurs ont des coefficients qui ne sont pas dans Q (en effet, si α appartenait
à Q, α2 serait un cube et donc α aussi (dans le groupe Q× /(Q× )3 ) tous les éléments non
triviaux sont d’ordre 3), ce qui contredit le fait que X 3 − α est irréductible sur K) ; on en
déduit que P est irréductible sur Q.
Les racines du polynôme P sont
{θ, jθ, j 2 θ, b/θ, jb/θ, j 2 b/θ}
et appartiennent toutes à L. D’autre part, le corps de décomposition de P sur Q contient
θ, donc α, donc K, donc L = K(θ, jθ). On vient de prouver que c’est L, qui est donc une
extension galoisienne de degré 12 de Q. Gal(L/K) est un sous-groupe (distingué) d’indice 2
de Gal(L/Q).
Soit ψ un élément quelconque de Gal(L/Q) qui n’est pas dans Gal(L/K). Par construction,
la restriction de ψ à K n’est pas l’identité, c’est donc f . On en déduit que ψ échange les deux
facteurs de P sur K, et donc l’image γ = ψ(b/θ) de b/θ par√ψ est θ, jθ ou j 2√ θ. Choisissons
un élément κ de Gal(L/K) tel que κ(θ) = γ. Si l’image de 5 par ψ −1 κ est 5, φ = ψ −1 κ
présente les propriétés requises. Sinon, φ = τ ψ −1 κ convient. √
On a φ2 (θ) = φ(b/θ) = b/φ(θ) = θ. Donc φ2 est un élément de Gal(L/K) qui laisse√fixe 5
√ √ √ √
et θ : c’est l’identité. On a encore φ( −15) = f ( −15) = − −15, donc φ( −3) = φ(φ(√−15) 5)
=
√ 2
− −3, d’où φ(j) = j . On en déduit que
b b θ
φσφ−1 (θ) = φσ( ) = φ( ) = 2 = jθ,
θ jθ j
√ √
donc φσφ−1 est un élément de Gal(L/K) qui envoie 5 sur 5 et θ sur jθ, donc φσφ−1 = σ.
De même, on montre que φτ φ−1 = τ , et φ commute à tous les éléments de Gal(L/K), et à
lui-même, donc φ est dans le centre de Gal(L/Q) : le sous-groupe {Id, φ} est distingué, et le
corps fixe de φ est un
√sous-corps
√ M de L√galoisien sur Q. Comme [L : M ] = 2, M est de degré
6 sur Q. Comme φ( 5) = 5, R = Q( 5) est inclus dans M qui est donc une extension de
degré 3 de R.
15 (a) Le critère d’Eisenstein s’applique à P pour le nombre premier p = 3, donc P est
irréductible
q sur Q. La dérivée P ′ (t) = 4t3 − 3 s’annule exactement une fois sur R, au point
ϑ = 3 34 . Comme P (ϑ) = −9ϑ/4 − 3 < 0, et limt→±∞ P (t) = +∞, la fonction P (t) s’annule
exactement deux fois sur R. Les deux autres racines de P dans C sont conjuguées (au sens
habituel...) l’une de l’autre.
(b) La décomposition de P en éléments irréductibles de R[T ], s’écrit
(T − x)(T − y)(T 2 + aT + b).
8

Le coefficient de T 2 est nul, donc (T − x)(T − y) = T 2 − aT + b′ . L’identification donne


a 2 = b + b′ a(b − b′ ) = 3 bb′ = −3
on tire a6 = a2 (b2 + 2bb′ + b′2 ) de la première équation et 9 = a2 (b2 − 2bb′ + b′2 ) de la seconde.
On a donc a6 − 9 = a2 (4bb′ ) = −12a2 , d’où le résultat. Comme a2 est racine d’un polynôme
de degré 3, il est de degré au plus 3. Pour montrer que a2 est de degré 3, on peut montrer que
le polynôme X 3 + 12X 2 − 9 est irréductible sur Q, ce qui résulte du fait qu’aucun des entiers
±1, ±3 ou ±9 qui divisent son coefficient constant n’en est une racine.
(c) Le degré de L est un multiple de celui de chacun de ses éléments. Or x est de degré 4
et a2 est de degré 3, d’où le résultat.
(d) Les classes de conjugaison de Sn sont en bijection avec les partitions de l’entier n.
Pour n = 4, la permutation identique forme la seule classe de conjugaison de cardinal 1,
les permutations (12), (123), (1234) et (12)(34) sont des représentants des autres classes, de
cardinal respectif 6, 8, 6 et 3. Un sous-groupe d’indice 2 est forcément distingué, et formé de
certaines de ces classes. La seule somme qui donne 12 est 1 + 8 + 3, qui donne le groupe
alterné A4 .
(e) Comme L est une extension normale de Q, il est laissé stable par tout automorphisme
de C, en particulier la conjugaison complexe, qui laisse x et y et échange z et z. Cette
permutation est une transposition, c’est-à-dire que considéré comme sous-groupe du groupe
des permutations des racines de P , le groupe de Galois de L/Q n’est pas inclus dans A4 ;
Or, on a vu au c), que son cardinal [L : Q] vaut 12 ou 24. la question précédente permet
donc de conclure Gal(L/Q) = S4 . Reste à compter le nombre de sous-groupes de S4 . Il y en
a 1 d’ordre 24, un d’ordre 12, 3 d’ordre 8 (les 2-Sylow sont conjugués entre eux). Il y a 4
sous-groupes d’ordre 6, conjugués à S3 . Les groupes d’ordre ’ sont de 3 sortes : les cycliques,
au nombre de 3, les conjugués de {Id, (12), (34), (12)(34)}, au nombre de 3, et le groupe de
Klein {Id, (12)(34), (13)(24), (14)(23). Enfin, il y a 4 groupes d’ordre 3, 9 groupes d’ordre 2
et 1 groupe d’ordre 1, soit un total de 1 + 1 + 3 + 4 + (3 + 3 + 1) + 4 + 9 + 1 = 30
sous-corps.
16 X 5 − X − 1 n’a pas de racines dans F2 mais il en a dans F4 comme on peut par exemple
le voir calculant le pgcd de X 5 − X − 1 avec X 4 − X. Ainsi X 5 − X − 1 se factorise en un
produit de deux facteurs irréductibles de degré 2 et 3. On en déduit alors que G contient une
permutation de type (12)(345) et donc en passant au cube, une transposition.
Modulo 3, X 5 − X − 1 reste irréductible, de sorte que G contient un 5-cycle.
Par ailleurs comme 5 est premier quitte à prendre une puissance du 5-cycle trouvé, on peut
supposer le 5-cycle et la transposition respectivement égale à (12) et (12345). On conclut en
remarquant que Sn est engendré par (12) et (12 · · · n).
Université Paris 13 M1 : de l’arithmétique à la théorie des nombres

Exercices de théorie de Galois 2


Exercice 1. — Quel est le groupe de Galois du polynôme (X 4 + 1)(X 4 − 2) ?
Exercice 2. — Montrez en réduisant modulo 2 et 3, que le groupe de Galois de X 5 − X − 1
est S5 .
Exercice 3. — Donner le groupe du Galois du polynôme
1) X 3 − 3X + 1 ;
2) X 3 + 3X + 1.
Exercice 4. — Soit P (X) = X 4 − X − 1 ∈ Q[X].
1) Montrer que P est irréductible sur Q.
2) Montrer que le groupe de Galois G de P n’est pas contenu dans A4 .
3) Factoriser P sur F7 et en déduire que G ≃ S4 .
Exercice 5. — Soit P (X) = X 4 + 8X + 12 sur Q.
1) Factoriser P sur F5 et F17 et en déduire que P est irréductible sur Q.
2) Montrer que le groupe de Galois G de P est isomorphe à A4 .
Exercice 6. — Soit P (X) = X 5 − X − 1 sur Q.
1) Montrer que P est irréductible.
2) En étudiant la factorisation de P modulo 2, montrer que le groupe de Galois G de P est
isomorphe à S5 .
Exercice 7. — Montrer que X 5 − 4X − 1 a toutes ses racines, sauf 2, dans F19 et en déduire
que son groupe de Galois est S5 .
Remarque : dans l’exercice précédent, on peut aussi vérifier, par ordinateur, que X 5 − X − 1
a toutes ses racines, sauf 2, dans F163 .
Exercice 8. — Soit P (X) ∈ k[X] unitaire de degré 4 et irréductible sur k. On note E son
corps de décomposition et x1 , · · · , x4 ses racines dans E. On considère son groupe de Galois
G comme un sous-groupe de S4 .
1) On pose 
 α = x1 x2 + x3 x4
β = x1 x3 + x2 x4
γ = x1 x4 + x2 x3 .

Montrer que V4 le sous-groupe de S4 engendré par les doubles transpositions est égal au
stabilisateur de α, β, γ.
2) Quel est le groupe de Galois de k[α, β, γ]/k.
3) On pose g(X) = (X − α)(X − β)(X − γ) ∈ M [X] avec M = k[α, β, γ]. Montrer que si
P (X) = X 4 + bX 3 + cX 2 + dX + e alors
g(X) = X 3 − cX 2 + (bd − 4e)X − b2 e + 4ce − d2 ,
et que g et P ont le même discriminant.

1
2

4) Soit P (X) = X 4 + 4X 2 + 2 ∈ Q[X] de sorte que g(X) = (X − 4)(X 2 − 8). Montrer que
G ≃ Z/4Z.
5) Soit P (X) = X 4 − 10X 2 + 4 ∈ Q[X] ; montrer que g(X) = (X + 10)(X + 4)(X − 4) et en
déduire que G = V4 .
6) Soit P (X) = X 4 − 2 ; montrer que g(X) = X 3 + 8X et en déduire que G = D4 .
3

1 Noter que ζ9 = 1+i√ et donc le corps de décomposition est celui de X 4 + 1 avec pour groupe
2
de Galois D4 .
2 X 5 − X − 1 n’a pas de racines dans F2 mais il en a dans F4 comme on peut par exemple
le voir calculant le pgcd de X 5 − X − 1 avec X 4 − X. Ainsi X 5 − X − 1 se factorise en un
produit de deux facteurs irréductibles de degré 2 et 3. On en déduit alors que G contient une
permutation de type (12)(345) et donc en passant au cube, une transposition.
Modulo 3, X 5 − X − 1 reste irréductible, de sorte que G contient un 5-cycle.
Par ailleurs comme 5 est premier quitte à prendre une puissance du 5-cycle trouvé, on peut
supposer le 5-cycle et la transposition respectivement égale à (12) et (12345). On conclut en
remarquant que Sn est engendré par (12) et (12 · · · n).
3 Notons tout d’abord que les deux polynômes proposés n’ont pas de solution dans Z et sont
donc irréductibles sur Z. On calcule le discriminant de P ce qui donne
1) ∆(P ) = −4(−3)3 − 27 = 81 = 92 et donc Gal(P ) = A3
2) ∆(P ) = −4.33 − 27 = −135 et donc Gal(P ) n’est pas contenu dans A3 ; comme son
cardinal est un multiple de 3 on a donc Gal(P ) = S3 .
4 1) Comme P est irréductible modulo 2, il est irréductible.
2) On calcule le discriminant de P ce qui donne −283.
3) Modulo 7, on a la factorisation en irréductible
X 4 − X − 1 = (X + 4)(X 3 + 3X 2 + 2X + 5)
de sorte que G contient un 3-cycle et donc son cardinal est divisible par 3 ∨ 4 = 12 et comme
il n’est pas contenu dans A4 , il est égal à S4 .
5 1) Modulo 5, on a la factorisation en irréductible
X 4 + 8X + 12 = (X + 1)(X 3 + 4X 2 + X + 2)
alors que modulo 17
X 4 + 8X + 12 = (X 2 + 4X + 7)(X 2 + 13X + 9).
Les factorisations étant incompatibles on en déduit que P est irréductible.
2) Le discriminant de P est 5762 de sorte que le cardinal de G est soit 4 soit 12. Or la
factorisation dans F5 nous fournit l’existence d’un 3-cycle et donc G = A4 .
6 1) On vérifie que P est irréductible sur F3 et donc P est irréductible sur Q.
2) Modulo 2, on a
X 5 − X − 1 = (X 2 + X + 1)(X 3 + X 2 + 1)
et donc G contient une permutation de typer (2, 3), i.e. un élément d’ordre 6. Ainsi le cardinal
de G est divisible par 30 et donc égal soit à 30, 60 ou 120. Comme il n’y a pas de sous-groupe
d’ordre 30 dans S5 il suffit de calculer le discriminant de P qui est égal à 19.151 qui n’est pas
un carré et donc G ≃ S5 .
7 Comme P est irréductible et que 5 est premier, G contient un 5-cycle. Sa factorisation
modulo 19 nous fournit une transposition et donc G ≃ S5 .
8 1) L’action de G est transitive sur {α, β, γ} de sorte que le stabilisateur de α est alors un
sous-groupe de cardinal 8 soit un 2-Sylow et le stabilisateur cherché est l’intersection des trois
2-Sylow de S4 qui est V4 (car V4 est de cardinal 4 et distingué dans S4 et que les 2-Sylow
sont distingués dans S4 ).
2) Le groupe de Galois est alors G/(G ∩ V4 ).
4

3) √
4) En tant que polynôme d’Eisentein P est irréductible. On a M = Q[ 2] et donc G/(V4 ∩G)
est de cardinal 2. Considérant la liste des sous-groupes de S4 on en déduit que G ≃ D4 ou
G ≃ Z/4Z. Or comme P est réductible sur M alors G ≃ Z/4Z.