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Séquence 1

Suites numériques
Objectifs de la séquence

E Reconnaître des situations faisant intervenir des suites géométriques ou des suites
arithmético-géométriques.
E Modéliser ces situations par des suites géométriques ou arithmético-géométriques.
E Utiliser de telles suites pour prévoir des évolutions (intérêts composés, population, etc.).

E Se méfier de la limite intuitive de certaines suites (voir les deux paradoxes).

Sommaire

1. Pré-requis
2. Somme de termes consécutifs d’une suite géométrique
3. Limite d’une suite géométrique de raison strictement positive
4. Suites arithmético-géométriques
5. Synthèse de la séquence
6. Exercices de synthèse

Séquence 1 – MA01 1

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1 Pré-requis
A Définition - Modes de construction
1. Définition
Une suite de nombres réels est une fonction définie sur  (ou une partie de  ) et
à valeurs dans .
Notations
E Une suite peut se noter u ou (u ).
n
E Le terme de rang n, noté u ou u (n ), est l’image de l’entier naturel n par la
n
fonction u.
E Le terme u se lit " u " indice " n " ou " u «ène»". Le terme u (n ) se lit " u de
n
n ".
E Le premier terme de la suite (le plus souvent il s’agit de u ou de u ) est
0 1
appelé terme initial.
E Attention : (u ) désigne une suite alors que u désigne un réel.
n n

2. Modes de construction
Une suite peut être définie de manière explicite : le terme un est exprimé
en fonction de n.
Une suite peut être définie par récurrence : on donne un terme (le plus sou-
vent le terme initial) et une relation définissant chaque terme en fonction du
terme précédent.

E Exercice Soit (un ) la suite définie par son terme général un = n 2 − 2n + 2 (pour n ≥ 0).
1 Quelle est la fonction f associée à la suite (u ) ?
n
2 La suite (u ) est-elle définie explicitement ou par récurrence ?
n
3 Calculer les termes u , u , u , u .
0 1 23 2 012

E Solution 1 La fonction f associée à la suite (u ) est la fonction f définie sur [0 ; + ∞ [ par
n
f ( x ) = x 2 − 2x + 2.
2 La suite (u ) est définie de manière explicite car u = f (n ) = n 2 − 2n + 2.
n n
3 On a : u = 2; u = 12 − 2 + 2 = 1; u = 232 − 2 × 23 + 2 = 485 ;
0 1 23
u2 012 = 2 0122 − 2 × 2 012 + 2 = 4 044 122.

Séquence 1 – MA01 3

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E Exercice Soit u la suite définie par u1 = 2 et, pour tout n ≥ 1, un +1 = 0, 5 × un + 2.
1 Quelle est la fonction f associée à la suite u ?
2 La suite u est-elle définie explicitement ou par récurrence ?
3 Calculer les termes u , u , u . Peut-on calculer immédiatement u
2 3 4 2 012 ?

E Solution 1 La fonction f associée à la suite u est la fonction f définie sur  par
f ( x ) = 0, 5x + 2.

n +1 = f (un ) = 0, 5 × un + 2.
2 La suite u est définie par récurrence car u
3 On a : u = 0, 5 × u + 2 = 0, 5 × 2 + 2 = 3.
2 1
u 3 = 0, 5 × u2 + 2 = 0, 5 × 3 + 2 = 3, 5.
u 4 = 0, 5 × u 3 + 2 = 0, 5 × 3, 5 + 2 = 3, 75.

On ne peut pas immédiatement calculer u 2 012 : pour le faire il faudrait, soit


connaître u 2 011, soit connaître une formule exprimant un +1 en fonction de n.

E On montrera (voir chapitre 4, exercice ) qu’il est possible d’exprimer un +1


en fonction de n.

B Sens de variation
Soit u une suite définie sur .
La suite u est croissante (resp. strictement croissante) sur  si, pour tout
n ∈, un ≤ un +1(resp. un < un +1).
La suite u est décroissante (resp. strictement décroissante) sur  si, pour tout
n ∈, un ≥ un +1(resp.  un > un +1).
La suite u est constante sur  si, pour tout n ∈, un +1 = un .
Si la suite u est croissante ou décroissante sur  on dit qu’elle est monotone
sur .
E Méthodes pour étudier le sens de variation d’une suite u :

• dans tous les cas on peut étudier le signe de la différence de deux termes
consécutifs, par exemple un +1 − un .
• dans le cas où u est définie de manière explicite par un = f (n ), la suite u
varie comme la fonction f sur [0 ; + ∞ [.

E Exercice Soit (un ) la suite définie par son terme général un = f (n ) = n 2 + n − 1 (pour n ≥ 0).
Déterminer, de deux méthodes, le sens de variation de la suite (un ).

4 Séquence 1 – MA01

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E Solution ➟ Méthode 1
un +1 − un = (n + 1)2 + (n + 1) − 1− (n 2 + n − 1) = 2(n + 1). On a n + 1 > 0, d’où
un +1 − un > 0.

➟ Méthode 2
Sur [0 ; + ∞ [ la fonction f a pour fonction dérivée la fonction f ' définie par
f '( x ) = 2x + 1.
On a, pour tout x ≥ 0, 2x+1 > 0 ce qui implique que la fonction f est croissante
sur [0 ; + ∞ [.
On trouve, par les deux méthodes, que la suite (un ) est croissante sur .

E Exercice Soit u la suite définie par u 0 = 1 et, pour tout n ≥ 1, un = −(un −1)2 + 3un −1 − 2.
Déterminer le sens de variation de la suite u.

E Solution On a, pour tout n ≥ 1,

( )
un − un −1 = −(un −1)2 + 2un −1 − 2 = − (un −1)2 − 2un −1 + 2 = − (un −1 − 1)2 + 1 .
 

D’où, pour tout n ≥ 1, un − un −1 ≤ 0.


La suite u est décroissante sur .

Remarque

E  ans cet exemple on a donné un en fonction de un −1 (et non un +1


D
en fonction de un ).
E Ce n’est pas souvent aussi facile d’étudier le sens de variation
d’une suite définie par récurrence.

C Suites arithmétiques
1. Définition (formule de récurrence)
Une suite u est arithmétique s’il existe un réel r tel que, pour tout entier naturel n,
un + 1 = un + r .

Comme un +1 − un = r , la variation absolue entre deux termes consécutifs est


constante et égale à la raison r.

Séquence 1 – MA01 5

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2. Formules explicites
Soit u une suite arithmétique de raison r définie sur .
On a alors • un = u 0 + n × r ; un = u1 + (n − 1) × r .
• p lus généralement, pour tout n ∈ et pour tout p ∈,
u n = u p + (n − p ) × r .

3. Sens de variation
Soit u une suite arithmétique de raison r définie sur .
E Si r > 0 alors la suite arithmétique u est strictement croissante sur .
E Si r < 0 alors la suite arithmétique u est strictement décroissante sur .
E Si r = 0 alors la suite arithmétique u est constante sur .

E Exercice Soit (un ) la suite définie, pour n ≥ 0, par son terme général un = 2n − 1.
1 Montrer que la suite (u ) est arithmétique ; donner son premier terme et sa
n
raison.
2 Déterminer le sens de variation de la suite (u ).
n

E Solution
n +1 − un = 2(n + 1) − 1− ( 2n − 1) = 2.
1 On peut écrire, pour tout entier n, u

La suite (un ) est arithmétique, de premier terme u 0 = −1 et de raison r = 2.

n +1 − un = 2. D’où un +1 − un > 0.
2 On a montré que u

La suite (un ) est (strictement) croissante sur .

D Suites géométriques
1. Définition (formule de récurrence)

Une suite u est géométrique s’il existe un réel q tel que, pour tout entier natu-
rel n, un +1 = un × q .

En supposant que, pour tout n ∈, un est non nul on obtient


un + 1 − un un + 1
= − 1 = q − 1. Ainsi la variation relative entre deux termes
un un
consécutifs est constante et égale à q – 1.

6 Séquence 1 – MA01

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2. Formules explicites
Soit u une suite géométrique définie sur  et de raison q.
On a alors • un = u 0 × q n ; un = u1 × q n −1.

• plus généralement, pour tout n ∈ et pour tout p ∈,


un = u p × q n − p .

3. Sens de variation
E On considère le cas particulier où, pour tout entier naturel n, v n = q n avec q > 0.
•  Si 0 < q < 1 alors la suite géométrique définie par v n = q n est strictement
décroissante sur .
• Si 1 < q alors la suite géométrique définie par v n = q n est strictement crois-
sante sur .
• Si q = 1 alors la suite géométrique définie par v n = q n est constante sur .

3n +1
E Exercice Soit (un ) la suite définie, pour n ≥ 1, par son terme général un = .
2n
1 Montrer que la suite (u ) est géométrique ; donner son premier terme et sa
n
raison.
2 Déterminer le sens de variation de la suite (u ).
n

E Solution
u
1 On peut écrire, pour tout entier n ≥ 1, n +1 =
3n + 2 2n 3
× = .
un n +1 n +1 2
2 3
9 3
La suite (un ) est géométrique, de premier terme u1 = et de raison q = .
2 2
n +1
9 7 7 3n +1  3
2 On a u − u =
n +1 n 2 n u − u = u
n 2 n 2= × = 7 ×  2  .
2n

D’où un +1 − un > 0.

La suite (un ) est (strictement) croissante sur .

Séquence 1 – MA01 7

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2 Somme de termes consécutifs
d’une suite géométrique

A Objectifs du chapitre
Calculer les sommes 1+ q + q 2 + ...... + q n et a + aq + aq 2 + ...... + aq n .

B Pour débuter
Activité 1 Le jeu télévisé
Vincent a été sélectionné pour participer à un jeu télévisé. Chaque mois on lui
verse, pendant une durée maximale de douze mois, une somme d’argent dont le
montant initial est de 1 000 euros le premier mois.
Le versement augmente, sur le modèle des intérêts composés, de 3 % chaque
mois. Ainsi le 2e mois Vincent touchera 1 030 euros, etc.
On désigne par v n le montant, exprimé en euros, versé à Vincent le n-ième mois
(ainsi v 1 = 1 000).
Pour les questions 1 et 3 on arrondira, éventuellement, au centime d’euro.
1 Calculer la somme exacte que Vincent touchera le 3e mois.

2 Quelle est la nature de la suite v ? Exprimer v en fonction de n.


n
3 Calculer la somme que Vincent touchera le dernier mois.

4 Vincent veut calculer la somme totale qu’il a gagnée durant ces 12 mois.

On pose S = v 1 + v 2 + ...... + v 12. Déterminer la somme S par l’une des deux mé-
thodes suivantes :

➟M
 éthode 1 : Déterminer, à la calculatrice, les termes v 4 ,v 5 ,......,v 12. Calculer
la somme S, arrondie à l’euro près.
➟ Méthode 2 : Utiliser un tableur pour effectuer le calcul de S.

Activité 2 Filon de minerai


L’entreprise Iron SA exploite un filon de minerai de fer depuis 1950. La première
année d’extraction l’entreprise a récupéré 20 000 tonnes de fer. Cependant de-
puis 1950, en raison des difficultés croissantes d’extraction et de l’appauvrisse-
ment du filon, les quantités extraites diminuent de 1 % par an.

8 Séquence 1 – MA01

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On appelle Tn le nombre de tonnes extraites l’année (1950 + n). On a donc
T0 = 20 000.
Les résultats seront arrondis à la tonne.
1 Justifier que T = 19 800 puis calculer T et T .
1 2 3
2 Exprimer T
n +1 en fonction de Tn .
3 Quelle est la nature de la suite ( T )? En déduire l’expression de T en fonction
n n
de n.
4 Quelle est la quantité extraite en 2012 ?

5 En 1950, les géologues estimaient que ce filon recelait 1 000 000 de tonnes
de métal. Déterminer à l’aide d’un tableur en quelle année le filon serait, théo-
riquement, épuisé.

C Cours
Dans tout ce qui suit on ne considère que les suites géométriques dont le pre-
mier terme est non nul. En effet, si le premier terme était nul, tous les termes
suivants seraient nuls et ceci quelle que soit la raison q.

1. Formule donnant 1+ q + q 2 + ...... + q n

Soit v la suite géométrique de 1er terme v 0 = 1 et de raison q.


Le terme général v n est défini par v n = v 0 × q n = q n .
Exprimons la somme des (n+1) premiers termes de cette suite en fonction de q et n.
Posons Sn = 1+ q + q 2 + ...... + q n −1 + q n .
On a alors qSn = q + q 2 + ...... + q n −1 + q n + q n +1 .

On en déduit Sn − qSn = 1− q n +1 d’où (1− q )Sn = 1− q n +1 .


1− q n +1
Si q ≠ 1 on obtient Sn = .
1− q
Si q = 1 on obtient Sn = 1
+1+
......
 + 1 = n + 1.
(n +1) fois

Formule à retenir

1− q n +1
Si q ≠ 1 alors 1+ q + q 2 + ...... + q n = .
1− q

Séquence 1 – MA01 9

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1− 211 11
E Exemple 1 E 1+ 2 + 4 + ...... + 210 = = 2 − 1 = 2 047.
1− 2
11
 1
1−      11 
1 1 1 1  2 1
E 1+ + + + ...... + = = 2 1−    = 1, 999 023...
2 4 8 210 1   2 
1−  
2

2. S
 omme de termes consécutifs d’une suite
géométrique
Soit u la suite géométrique de 1er terme u 0 et de raison q.
Le terme général un est défini par un = u 0 × q n .
Posons Sn = u 0 + u1 + u 2 + ...... + un −1 + un . (Cette somme comprend n+1
termes).
D’où Sn = u 0 + u 0q + u 0q 2 + ...... + u 0q n −1 + u 0q n .

Sn = u0 (1+ q + q 2 + ...... + q n ).
1− qn +1
Si q ≠ 1 alors Sn = u 0 × .
1− q
Si q = 1 alors Sn = (n + 1)u 0 .

Formule à retenir
+1
1− q n
Si q ≠ 1 alors u 0 + u 0q + u 0q + ...... + u 0q n = u 0 ×
2
.
1− q

Remarque
Soit
Sn = u1 + u 2 + u 3 +…+ un = u1 + u1q + u1q 2 +…+ u1q n −1.
Que devient cette formule si le
premier terme n’est pas u 0 ,
mais u1 ? (
Sn = u1 1+ q + q 2 + ...... + q n −1 = u1 × )
1− q n
1− q
.

Il vaut mieux retenir la formule suivante qui est valable que le premier terme soit
u0 , u1, u2 , etc.

Formule à retenir
S représente la somme de termes consécutifs d’une suite géométrique.
nombre de termes
er 1− q
Si q ≠ 1 alors S = 1 terme × .
1− q

10 Séquence 1 – MA01

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E Exemple 2 Soit (v n ) une suite géométrique de 1er terme v 1 et de raison q > 0. On donne
1 1
v 1 = et v 3 = .
4 9
Calculer la raison de la suite ainsi que la somme des 10 premiers termes.

v 1 4 4 2 2
E Solution On a v 3 = v 1 × q 2 d’où q 2 = 3 = × = . Ainsi q = − ou q = .
v1 9 1 9 3 3
2
Comme q > 0 on trouve q = .
3 10
Calculons  2
10 1−    10 
1− q 1  3 3   2 
S = v 1 + v 2 + v 3 + ...... + v 10 = v 1 × = × = × 1−   .
1− q 4 2 4   3 
1−  
3
 10 
3   2 
D’où S = × 1−   , soit S = 0, 736 99...
4   3 
 

E Exemple 3 Soit (un ) la suite définie, pour n ≥ 0, par un = 1+ 2n.


u
 1 n
On définit alors, pour n ≥ 0, la suite (v n ) par v n =   .
 2
1 Montrer que la suite (u ) est arithmétique. Donner son premier terme et sa
n
raison r.
2 Montrer que la suite (v ) est géométrique. Donner son premier terme et sa
n
raison q.
3 Calculer la somme des 10 premiers termes de la suite (v ).
n

E Solution
n +1 − un = [1+ 2(n + 1)] − (1+ 2n ) = 2.
1 On a u

La suite (un ) est arithmétique de 1er terme u 0 = 1 et de raison r = 2 .


u0
 1 1
2 D’après la définition on a v = = .
0  2  2
n
 1
1+ 2n 2n  2 n
1  1 1  1 1  1
On peut écrire v n =   = ×  = ×    = ×   .
 2 2  2 2  2  2  4
 

1
En posant q = on obtient v n = v 0q n ce qui prouve que la suite (v n ) est une
4
1 1
suite géométrique de 1er terme v 0 = et de raison q = .
2 4

Séquence 1 – MA01 11

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3 Calculons
10
 1
1−      10 
1− q 10 1  4 2 1
S = v 0 + v 1 + v 2 + ...... + v 9 = v 0 × = × = × 1−    .
1− q 2 1 3   4 
1−  
4
   10 
2 1
D’où S = × 1−    , soit S = 0, 666 66...
3   4 
 

D Exercices d’apprentissage

Exercice 1 Une balle élastique est lâchée d’une hauteur de 1 m au-dessus du sol.
9
À chaque rebond, la balle remonte aux de la hauteur atteinte précédemment.
10

Pour n entier supérieur ou égal à 1, on désigne par hn la hauteur, en centimètres,


atteinte à l’issue du n-ième rebond. On pose h0 = 100.
1 Calculer h et h .
1 2

2 Exprimer h
n +1  en fonction de hn et en déduire la nature de la suite h. En
déduire l’expression de hn en fonction de n.
3 Déterminer le sens de variation de la suite h.
En déduire à partir de combien de rebonds la balle demeurera-t-elle à moins
de 20 centimètres du sol.
4 La balle rebondit 10 fois sur le sol. Calculer la distance totale parcourue par la
balle depuis le lâcher jusqu’au moment où elle touche le sol pour la dixième
fois (arrondir au cm près).

Exercice 2 Le conseil municipal d’une station touristique de montagne a décidé de faire


équiper une falaise afin de créer un site d’escalade. L’équipement doit se faire
depuis le pied de la falaise. Une entreprise spécialisée dans ce genre de chantier
a été contactée et a envoyé un devis que l’on se propose d’étudier.

Devis de l’entreprise
Le premier mètre équipé coûte 50 €, puis chaque mètre supplémentaire équipé
coûte 5 % de plus que le mètre précédent (50 € pour équiper une falaise de un
mètre, 50 € + 52,50 € = 102,50 € pour équiper une falaise de deux mètres, 50 €
+ 52,5 € + 55,125 € = 157,625 € pour une falaise de trois mètres, etc.).

12 Séquence 1 – MA01

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On appelle un le prix du n-ième mètre équipé et Sn le prix de l’équipement
d’une falaise de n mètres de hauteur.
1 Exprimer u , puis S , en fonction de n.
n n
2 Calculer le prix à payer pour équiper une falaise de 50 mètres de hauteur. On
arrondira le prix à l’euro près.
3 Le conseil municipal a décidé d’accorder un budget de 120 000 € pour équi-
per ce site. Calculer la hauteur de la falaise qui peut être équipée avec cette
somme (arrondir au mètre près).

Exercice 3 Énora voudrait partir faire du ski durant le mois de mars, mais comme elle n’a pas
assez d’argent elle demande à son grand-père de l’aider. Pour une semaine de ski
il lui faudrait une somme de 1 000 euros.
Elle lui demande donc de verser, chaque jour du mois de février (non bissex-
tile), une certaine somme d’argent : 1 centime d’euro le 1er février, 2 centimes
d’euro le 2 février, 4 centimes d’euro le 3 février, etc. (la somme versée double
d’un jour au jour suivant). Le grand-père accepte volontiers.
1 Combien le grand-père devra-t-il verser le 10 février ? Calculer la somme
totale que possèdera Énora à cette date. Énora peut-elle partir au ski avec
cette somme ?
2 Déterminer à partir de quelle date la somme versée à Énora lui permettra de
partir au ski.
3 Calculer la somme totale que devrait verser le grand-père durant ce mois de
février. Qu’en pensez-vous ?

Exercice 4 Afin d’acquérir et d’aménager une boutique du centre ville, un investisseur décide
de contracter un emprunt d’un montant de 100 000 euros auprès de sa banque.
Sa banque lui propose de rembourser ce prêt en 7 versements répartis sur 7 ans.
Le premier remboursement annuel, noté b1 , serait d’un montant de 20 000 eu-
ros. Les remboursements suivants seraient en augmentation de 2 % par rapport
au remboursement précédent.
On note bn le remboursement fait l’année n (avec 1 ≤ n ≤ 7 ) et par Sn la somme
totale versée au bout de n années.
1 Calculer b et b . Préciser la nature de la suite ( b ).
2 3 n
2 Exprimer b , puis S , en fonction de n.
n n
3 Calculer le montant total, arrondi à l’euro, remboursé par l’acquéreur.

Séquence 1 – MA01 13

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3 Limite d’une suite géométrique
de raison strictement positive

A Objectifs du chapitre
E  éterminer, suivant les valeurs de q, le comportement de q n lorsque n devient
D
" aussi grand" que l’on veut.
E  éterminer, suivant les valeurs de v 0 et de q, le comportement de v n = v 0q n
D
lorsque n devient " aussi grand" que l’on veut.
E Connaître les limites à l’infini des suites un = q n et v n = v 0q n .
E Calculer la limite de la somme de termes consécutifs d’une suite géométrique.

B Pour débuter

Activité 3 Marché des télécommunications


Dans un pays, deux sociétés A et B se partagent le marché des télécommunications.
Le 1er janvier 2010 les clients ont souscrit, soit auprès de A, soit auprès de B, un
contrat d’un an au terme duquel ils étaient libres à nouveau de choisir A ou B.
En 2010, la société A détenait 90 % du marché et la société B, qui venait de se
lancer, 10 %. On estime que, chaque année, 20 % de la clientèle de A change
pour B alors que 30 % de la clientèle de B change pour A.
On considère une population de 1 000 clients de l’année 2010. Ainsi, 900 étaient
clients de la société A et 100 clients de la société B. On veut étudier l’évolution
de cette population les années suivantes.
On note an le nombre de clients de A l’année (2010 + n) et bn le nombre de
clients de B l’année (2010 + n).
1 Vérifier que a = 750 et calculer a . La suite (a ) est-elle géométrique ?
1 2 n

n +1 = 0, 8 an + 0, 3(1 000 − an )..


2 Etablir que a

En déduire que an +1 = 0, 5an + 300.


3 Conjecturer, à l’aide de la calculatrice, le sens de variation de la suite (a ).
n
Lorsque l’entier n devient de plus en plus grand le terme an semble se rap-
procher d’une valeur, notée . Conjecturer la valeur de . Que peut-on pen-
ser des parts de marché des deux sociétés à moyen terme ?
E On peut facilement obtenir les termes a , a , a , a , a , etc. sur une calculatrice.
1 2 3 4 5

14 Séquence 1 – MA01

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• À l’aide de la touche rép sur une TI – 82 Stats.fr
Faire : 900 entrer puis 0,5 × rép + 300 entrer entrer … … entrer
↑ ↑ ↑
a0 a1 a2 ……

• À l’aide de la touche Ans sur une Casio Graph25+


Faire : 900 EXE puis 0,5 × Ans + 300 EXE EXE … … EXE

C Cours

 imite de q n , avec q > 0, lorsque n tend


1. L
vers plus l’infini
Le tableau suivant indique les valeurs de q n pour dix valeurs de q et pour
0 ≤ n ≤ 20.

E Le cas q = 1 est évident car, pour tout n ≥ 0, 1n = 1.


E  n conjecture que, pour 0 < q < 1, les valeurs de q n se rapprochent de 0
O
lorsque n augmente indéfiniment.
n
 n dit dans ce cas que la limite de la suite (q ) est égale à 0 et on note
O
n
lim q = 0.
n →+ ∞
E  n conjecture que, pour 1 < q, les valeurs de q n deviennent de plus en plus
O
grandes lorsque n augmente indéfiniment. On dit dans ce cas que la limite de
la suite (q n ) est égale à + ∞ et on note lim  q n = + ∞ .
n →+ ∞

Séquence 1 – MA01 15

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Si pour q = 1,1 on n’est pas convaincu du résultat on peut, sur sa calculatrice, donner
à n de grandes valeurs. Ainsi 1,1100 = 13 780, 612...; 1,1200 = 189 905 276, 5..., etc.
On admet les conjectures précédentes ce qui nous donne les résultats suivants :

Raison q Limite Convergence


Remarque
n
0<q<1 lim q = 0.
n →+ ∞ La suite (q n ) est convergente. Quand on demande de calculer
une limite de suite c’est TOU-
lim q n = 1. JOURS dans le cas où n → + ∞ .
q=1
n →+ ∞ La suite (q n ) est convergente.

lim q n = +  ∞ .
q >1 n →+ ∞ La suite (q n ) est divergente.

Définition 1
Une suite est dite convergente si elle admet une limite finie lorsque
n → +∞ .
Une suite qui n’est pas convergente est dite divergente.

E Exemple 4 Calculer les limites des suites géométriques (q n ) pour les valeurs suivantes de q :
q = 1,01 ; q = 0,99 ; q = 1,001 ; q = 0,999.

E Solution Comme 1 < 1,01 on a lim 1, 01 n = + ∞ .


n →+  ∞

De même 1 < 1,001 d’où lim 1, 001n = + ∞ .


n →+ ∞

Comme 0,99 < 1 on a lim 0, 99n = 0.


n →+ ∞
De même 0,999 < 1 d’où lim 0, 999n = 0.
n →+ ∞

Remarque

n
La suite (un ) définie par son terme général un = ( −1) est une suite géométrique
de raison négative q = – 1.
On obtient u 0 = 1, u1 = −1, u 2 = 1, u 3 − 1, u 4 = 1 et u 5 = −1. Pour n pair on a
un = 1 et pour n impair on a un = −1.
Cette suite, dite " alternée ", n’admet aucune limite lorsque n → +∞ . Elle est
divergente.

16 Séquence 1 – MA01

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2. Limite de la somme Sn = 1+ q + q 2 + ...... + q n

1− q n +1
On sait, pour q ≠ 1, que Sn = 1+ q + q 2 + ...... + q n = .
1− q
1
Si 0 < q < 1 alors lim q n +1 = 0 d’où lim Sn = .
n→+∞ n→+∞ 1− q

Si 1 < q alors lim q n +1 = + ∞ d’où lim Sn = + ∞ .


n→+∞ n→+∞

Propriété 1
Si 0 < q < 1 alors
n→+∞
lim (1+ q + q 2
)
+ ...... + q n =
1
1− q
.

Si q > 1 alors lim


n→+∞
(1+ q + q 2
)
+ ...... + q n = + ∞ .

 1 1 1 1 1
E Exemple 5 lim   1+ + + + ...... +  = =2
n
n → + ∞ 2 4 8 2  1− 1
2
et lim (1+ 1,1+ 1,12 + 1,13 + ...... + 1,1n ) = + ∞ .
n→+∞

Remarque

1 1 1 1
E L a suite de terme général 1+ + + + ...... + est une suite croissante
ayant une limite finie. 2 4 8 2n
2 3 n
E La suite de terme général 1+ 1,1+ 1,1 + 1,1 + ...... + 1,1 est une suite crois-
sante ayant une limite infinie.

3. L
 imite d’une suite géométrique de raison
q>0
E Exemple 6 Déterminer, en utilisant une calculatrice, les limites des quatre suites géomé-
triques suivantes définies, pour n ≥ 0, par leur terme général :

an = 56 × 0,79n ; bn = −29 × 1,23n ; un = −123 × 0,91n ; v n = 0,123 × 1,32n .

Séquence 1 – MA01 17

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E Solution Voici des copies d’écran de TI-82 :

On obtient les mêmes résultats sur une Casio Graph 25+


On peut encore prendre des exposants plus grands si l’on a quelques doutes. On
obtient :

lim 56 × 0,79n = 0 ; lim − 29 × 1,23n = −   ∞  ; lim − 123 × 0,91n = 0 ;


n→+∞ n→+∞ n→+∞

lim 0,123 × 1,32n = +  ∞ .


n→+∞

Soit (un ) une suite géométrique définie par un = u 0 × q n avec u 0 ≠ 0 et q > 0.


Les limites de la suite (un ) sont données dans le tableau suivant :

Limites de u 0q n

0<q<1 lim u 0q n = 0.
n→+∞

q=1 lim u 0q n = u 0 .
n→+∞

u0 > 0 lim u 0q n = + ∞ .


n→+∞

q >1
u0 < 0 lim u 0q n = − ∞ .
n→+∞

4. Limite de la somme
Sn = u0 +u0q +u0q 2 + ... +u0q n (pour q ≠1 )

Soit Sn la somme définie par Sn = u 0 + u 0q + u 0q 2 + ...... + u 0q n .

On peut écrire Sn = u 0 (1+ q + q 2 + ...... + q n ). Connaissant la limite de la somme


1+ q + q 2 + ...... + q n on en déduit celle de Sn .

18 Séquence 1 – MA01

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Propriété 2
u
E Si 0 < q < 1alors lim (u 0 + u 0q + u 0q 2 + ...... + u 0q n ) = 0 .
n→+∞ 1− q

E Si q > 1 alors lim (u 0 + u 0q + u 0q 2 + ...... + u 0q n ) =   ∞ (le signe de-


n→+∞
vant l’infini est celui de u 0 ).
Le cas le plus important à retenir est celui où 0 < q < 1. De manière plus
générale on peut retenir le résultat suivant :

E Si 0 < q < 1 alors la limite  d’une somme de termes consécutifs d’une


1er terme
suite géométrique est  = .
1− raison

E Exemple 7 On reprend les quatre suites géométriques de l’exemple 6 définies, pour n ≥ 0,


par leur terme général :

an = 560,79n ; bn = −29 × 1,23n ; un = −123 × 0,91n ; v n = 0,123 × 1,32n .

Déterminer, pour chacune de ces suites, la limite de la somme des n premiers


termes lorsque n → +∞ .

E Solution Suite 1er terme Raison Limite

56 56 800
(an ) a0 = 56 q = 0,79 et 0 < 0,79 < 1 = =
1− 0, 79 0, 21 3

( bn ) b0 = – 29 q = 1,23 et 1 < 1,23 −∞

−123 −123 4 100


(un ) u 0 = – 123 q = 0,91 et 0 < 0,91 < 1 = =−
1− 0, 91 0, 09 3

(v n ) v 0 = 0,123 q = 1,32 et 1 < 1,32 +∞

5. Paradoxes
E Préliminaire
1 1
Posons un = (pour n > 0) et v n = (pour n ≥ 0 ). Considérons les sommes
n 2n
Sn et Rn définies par :

Séquence 1 – MA01 19

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1 1 1 1
Sn = u1 + u 2 + u 3 + u 4 + ...... + un = 1+ + + + ..... + ;
2 3 4 n
1 1 1 1
Rn = v 0 + v 1 + v 2 + v 3 + ...... + v n = 1+ + + + ...... + .
2 4 8 2n
On a vu, dans l’exemple 5 de ce chapitre, que lim Rn = 2.
n→+∞
Un tableur nous permet d’obtenir S50 = 4,499… ; S100 = 5,187… ;
S1 000 = 7,485… ; S5 000 = 9, 094 …

La suite (Sn ) est une suite (non géométrique) croissante. Que peut-on penser de
la limite de la suite (Sn ) ?
A priori ce n’est pas évident et ce ne sont pas les résultats précédents qui peuvent
nous permettre de conclure.
On peut se dire que la suite va admettre une limite finie (laquelle ?) ou se dire
que la suite va tendre vers + ∞ .
On admet que la réponse est + ∞ .

E Un paradoxe de Zénon d’Élée (environ – 490 ; – 430) tendant à prouver


que " tout mouvement est impossible".
Achille et une tortue font la course ; Achille va 10 fois plus vite que la tortue.
Au temps t = 0 la tortue a 1 000 mètres d’avance. On suppose que pendant une
unité de temps Achille parcourt 1 000 mètres et la tortue 100 mètres.

Au temps t = … Achille a parcouru La tortue a parcouru


t=1 1 000 m 100 m
1
t=1+ (1 000 + 100) m (100 + 10) m
10

1 1
t=1+ + (1 000 + 100 + 10) m (100 + 10 + 1) m
10 100

1 1 1 (1 000 + 100 + 10 + 1) m (100 + 10 + 1 + 0,1) m


t=1+ + +
10 100 1 000

… … …

Le nombre d’unités de temps qu’il faut à Achille pour rattraper la tortue est égal à
1 1 1
1+ + + + ...
10 100 1000

Les distances à parcourir deviennent de plus en plus petites mais chacune d’elles
demande un temps fini pour être parcourue.
Zénon d’Élée affirmait que la somme d’un nombre infini d’intervalles
de temps finis ne pouvait être qu’infinie : ainsi Achille ne rattraperait
jamais la tortue!

20 Séquence 1 – MA01

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Pourtant, en toute logique (???), Achille doit pouvoir rattraper la tortue. En effet,
au temps t = 2, Achille a parcouru 2 000 m alors que la tortue n’a parcouru que
200 m. Comme elle n’avait que 1 000 m d’avance elle aurait donc 800 m de
retard sur Achille : ceci nous montre qu’entre les temps t = 1 et t = 2 Achille a
doublé la tortue.

Calculons le moment où Achille rattrape la tortue.

1 1 1 1
Posons Sn = 1+ + + + ...... + . Ainsi Sn est la somme de (n+1)
10 100 1000 10n
termes consécutifs d’une suite géométrique dont le 1er terme est 1 et la raison
1
q= .
10

1 10 10
D’après ce qui précède on a lim Sn = = . Au temps t = Achille
n→+∞ 1 9 9
1−
a rattrapé la tortue. 10

10 1
Calculons les distances parcourues pendant ce temps t = = 1+ .
9 9

 1000  100 1000


Achille a parcouru  1000 + m et la tortue a parcouru 100 + = m.
 9  9 9

Comme la tortue avait 1 000 m d’avance au début de la course, Achille et la tor-


10
tue se retrouvent bien au même point après un temps t = .
9

On peut visualiser sur un schéma les positions d’Achille et de la tortue pour


quelques valeurs de t.

A Achille T Tortue
t=0

A T
t=1

1 A T
t=1+
10
1 A
t=1+
9
T
T A
t=2

1 000 m

Séquence 1 – MA01 21

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Paradoxe en géométrie

ABC est isocèle et rectangle en B ;


2 1
on donne AB = BC = 1 ;
on en déduit que AC = 2.

C 1 B

A A A

F G

D E

C B C B C B
Étape 1 Étape 2 Étape 3

[AC] est
Nombre de Longueur de la
Étape partagé en
gradins ligne brisée CA
segments

1 2 4 L1 L1 est la somme des longueurs de 5 segments


L1 = CD + DE + EF + FG + GA

2 4 8 L2 L2 est la somme des longueurs de 9 segments

3 8 16 L3 L3 est la somme des longueurs de 17 segments

    

Ln est la somme des longueurs de 1+ 2n +1


n 2n 2n +1 Ln
segments

On continue indéfiniment à doubler le nombre de gradins (ou tout du moins on


peut l’imaginer) pour obtenir une suite de longueurs L1, L2 , L3 ,......, Ln ,...

22 Séquence 1 – MA01

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La suite (Ln ) semble avoir, intuitivement, pour limite la longueur AC qui est celle
de l’hypoténuse.

E Question A-t-on raison de penser que lim Ln = AC = 2 ? Si non, quelle serait la limite
de la suite (Ln )? n→+∞

1 1 1 1 1
E Réponse Calculons L1 = + + + + = 2.
4 2 2 2 4
On peut observer qu’à chaque étape
Remarque • la somme des longueurs des segments horizontaux est
égale à 1 ;
À chaque étape la ligne brisée a pour
longueur la somme des longueurs des • la somme des longueurs des segments verticaux est égale à 1.
2 côtés de l’angle droit.
Ainsi, pour tout n ≥ 1 , on a Ln = 2 ce qui nous donne
Pour tout n ≥ 1 on a Ln = CB + BA. lim Ln = 2.
n→+∞

D Exercices d’apprentissage

Exercice 5 Calculer les limites des suites (un ), (v n ), (w n ) définies pour tout entier naturel
n par :
n n
2n +1 22n  2  3
un = ; v n = ; w = −  .
n +1 n  3   2
3n 3

Exercice 6 Calculer la raison positive q d’une suite géométrique (un ) sachant que : u1 = 8
et lim u1 + u 2 + ...... + un = 10.
n→+∞

2n +1
Exercice 7 Soit (un ) la suite définie, pour n ≥ 0, par un = et (Sn ) la suite définie par
n
Sn = u0 + u1 + ...... + un . 3

Calculer S1 et S2 puis la limite de la suite (Sn ).


3
Exercice 8 Soit (un ) la suite définie, pour n ≥ 0, par un = .
n +1
2
1 Montrer que la suite (u ) est géométrique : on donnera son 1er terme et sa
n
raison q.
2 Déterminer lim u . Calculer la somme R = u + u + ...... + u .
n 5 6 36
n→+∞
3 Déterminer la limite de la suite (S ) définie par S = u + u + ...... + u .
n n 5 6 n

Séquence 1 – MA01 23

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4 Suites arithmético-
géométriques

A Objectifs du chapitre
E É tude de suites définies par une relation de récurrence de la forme
un +1 = aun + b.

E Utiliser des suites géométriques auxiliaires permettant d’étudier ces suites.

B Pour débuter
Activité 4 Abonnement à un magazine
Soit (un ) la suite définie par u 0 = 8 et, pour tout entier naturel n,
un +1 = 0, 85un + 1, 8.

1 Sur une feuille de papier millimétré construire un repère orthonormé (unité 1


cm), où l’axe des ordonnées est placé à gauche de la feuille.
a) Dans ce repère, tracer les droites d’équations respectives y = 0,85x +1,8 et y = x.
 ans ce repère, placer u 0 sur l’axe des abscisses puis, en utilisant les droites
b) D
précédemment tracées, construire sur le même axe u1, u 2 et u 3 . (On laissera
apparents les traits de construction).

c) À l’aide du graphique, conjecturer la limite de la suite (un ).

2 Soit (v ) la suite définie, pour tout entier naturel n, par v = u − 12.


n n n
a) Démontrer que (v n ) est une suite géométrique dont on précisera le premier
terme et la raison.
b) Exprimer, pour tout entier naturel n , v n en fonction de n.
En déduire que, pour tout entier naturel n, un = 12− 4 × 0, 85n .
c) Donner le sens de variation de la suite (v n ). En déduire celui de la suite (un ).
d) Déterminer la limite de la suite (un ).

3 Un magazine, vendu uniquement par abonnement, avait 8 000 abonnés en


2010.

24 Séquence 1 – MA01

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On a constaté que
• il y a 1 800 nouveaux abonnés chaque année ;
• d’une année sur l’autre, 15 % des abonnés ne se réabonnent pas.
a) Montrer que cette situation peut être modélisée par la suite (un ) où un dé-
signe le nombre de milliers d’abonnés en (2010 + n).
b) En utilisant la question 2) b., donner une estimation du nombre d’abonnés en 2016.

Activité 5 Évolution de population


Au 1er janvier 2005, une ville en pleine expansion avait une population de
100 000 habitants.
Un bureau d’étude fait l’hypothèse qu’à partir du 1er janvier 2005 :
• le nombre d’habitants de la ville augmente chaque année de 5 % du fait des
naissances et des décès ;
• du fait des mouvements migratoires, 4 000 personnes supplémentaires vien-
nent s’installer chaque année dans cette ville.
Pour tout entier naturel n, on note un le nombre d’habitants de cette ville au 1er
janvier de l’année 2005 + n.
On a donc u 0 = 100 000.
1 Calculer u et u . La suite u est-elle arithmétique ? géométrique ?
1 2

n +1 = 1, 05un + 4 000.
2 Justifier que, pour tout entier naturel n, u
3 Pour tout entier naturel n on pose v = u + 80 000.
n n
a) Calculer v 0 .
b) Montrer que (v n )n ∈ est une suite géométrique dont on précisera le premier
terme et la raison.
c) Exprimer v n en fonction de n. En déduire que un = 180 000 × (1, 05)n − 80 000.
4 On utilise le modèle théorique que l’on vient d’étudier.
a) Quel sera le nombre d’habitants de cette ville au 1er janvier 2020 ?
b) Déterminer le sens de variation de la suite u.
c) À
 partir de quelle année la population de cette ville dépassera-t-elle 200 000
habitants ?

C Cours
1. D
 éfinition d’une suite arithmético-
géométrique
On connaît, depuis la classe de 1re ES, les suites arithmétiques et les suites géo-
métriques. La plupart des suites ne sont ni arithmétiques, ni géométriques. Parmi
ces suites il en existe qui, pour passer d’un terme au terme suivant, associent la

Séquence 1 – MA01 25

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multiplication par une constante (comme pour une suite géométrique) à l’addi-
tion d’un nombre (comme pour une suite arithmétique) : ce sont les suites arith-
mético-géométriques.
De telles suites servent, entre autres, à modéliser des flux de population (voir
activité 5) ou à modéliser certains placements.
La relation de récurrence des suites (un ) définies dans les activités 4 et 5 est
de la forme un +1 = aun + b.

Définition 2

Une suite (un ) définie par un terme et une relation de récurrence de la


forme un + 1 = aun + b est une suite arithmético-géométrique.

Cas particuliers
• pour a = 0 la suite est constante ; Remarque
• pour a = 1 la suite est arithmé-
tique de raison r = b ; Dans la pratique on aura le plus sou-
vent a > 0.
• pour b = 0 la suite est géométrique
de raison q = a.

E Exemple 8 Les suites suivantes sont définies par une relation de récurrence. Dire si elles sont
arithmético-géométriques ou pas.
un = −2 + 0, 5un −1 ; v n +1 = 3v n + n ; w n +1 = nw n − 1, 5 ; t n +1 + 2, 2t n = 22.

E Solution La suite (un ) est arithmético-géométrique (a = 0,5 et b = – 2).


La suite (v n ) n’est pas arithmético-géométrique.
La suite (w n ) n’est pas arithmético-géométrique.
La suite (t n ) est arithmético-géométrique (a = – 2,2 et b = 22).

2. étude d’une suite arithmético-géométrique


Soit (un ) une suite arithmético-géométrique définie par la donnée de u 0 (ou
d’un autre terme) et par la relation un +1 = aun + b.
On suppose de plus que : a ≠ 0, a ≠ 1 et b ≠ 0.
• On définit une suite auxiliaire (v n ) par v n = un – α de telle manière que la
suite (v n ) soit géométrique.
• On démontre que la suite (v n ) est géométrique en prouvant que v n +1 = q v n .
• On exprime le terme v n en fonction de n.
• On en déduit l’expression de un en fonction de n.

26 Séquence 1 – MA01

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Remarque
Si le 1er terme est v 0 on obtient
v n = v 0 q n d’où un = α + v 0 q n . Le nombre α peut être négatif
(voir exercice ).
Si 0 < q < 1 alors lim un = α .
n→+∞

E Exemple 9 Dans l’activité 4, a = 0,85 d’où lim un = 12.


n→+∞

Dans l’activité 5, a = 1,05 d’où lim un = + ∞ .


n→+∞

D Exercices d’apprentissage
u = 4
Exercice 9 On considère la suite (un ) définie par  0 .
un +1 = 1, 5un − 1
1 Calculer les termes u et u . La suite (u ) est-elle arithmétique ? géométrique ?
1 2 n
2 On définit la suite (v ) par v = u – 2.
n n n
a) Exprimer v n +1 en fonction de v n et en déduire que la suite (v n ) est une suite
géométrique de raison q = 1,5.
b) Exprimer v n , puis un , en fonction de n.
c) Déterminer la limite de la suite (un ).

1
Exercice 10 Soit (un ) la suite définie par u1 = 2 et, pour tout n ≥ 1, un +1 = un + 2.
2
1 Déterminer, à la calculatrice, les valeurs u , u et u
2 3 4.
2U ne représentation graphique des termes de la suite est donnée sur la figure
suivante :

Les deux droites représentées ont


pour équations respectives
1
y = x et y = x + 2.
2
La calculatrice indique la rela-
tion de récurrence sous la forme
u (n) = 0,5u (n – 1) + 2. Cette relation
est vraie si n ≥ 2.
Conjecturer le sens de variation de la suite (un ) ainsi que sa limite.
3 On considère la suite (v ) définie, pour n ≥ 1, par v = 4 − u .
n n n
a) Montrer que la suite (v n ) est une suite géométrique dont on donnera la raison
et le premier terme.

Séquence 1 – MA01 27

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b) Exprimer v n en fonction de n et en déduire un en fonction de n.
 uelle est la limite de la suite (un ) ?
c) Q

Exercice 11 Disposant d’un capital de 10 000 euros un investisseur étudie les offres de deux
banques différentes. La banque A propose un placement à intérêts composés au
taux annuel de 3,5 %. La banque B propose un placement à intérêts composés
au taux annuel de 2 % du capital. Les intérêts obtenus sont augmentés d’une
prime annuelle de 170 euros intégrée au capital. Ainsi, les intérêts et la prime
produisent des intérêts pour l’année suivante.
Partie A – Étude de l’offre de la banque A
On note, pour n entier naturel, an le capital en euros de l’investisseur au début
de l’année n. Ainsi, a0 = 10 000 et a1 = 10 350.
1 Quelle est la nature de la suite a ? Exprimer a en fonction de n.
n
2 Calculer le capital disponible au début de l’année 10.

Partie B – Étude de l’offre de la banque B


On note, pour n entier naturel, bn le capital en euros de l’investisseur au début
de l’année n. Ainsi, b0 = 10 000 et b1 = 10 370.
1 La suite b est-elle arithmétique ? géométrique ?
2 Justifier que, pour tout entier naturel n, b
n +1 = 1,02 bn +170.
3 Pour tout entier naturel n on pose u = b + 8 500.
n n
a) Calculer u 0 .
b) D émontrer que la suite u est géométrique et préciser sa raison.
c) Exprimer un en fonction de n et en déduire que bn = 18 500 × 1,02n – 8 500.
4 Calculer le capital disponible au début de l’année 10.
5 L’investisseur décide de placer son capital jusqu’au début de l’année 10.
Déterminer, parmi les deux banques A et B, celle qui propose l’offre la plus intéressante.

Exercice 12 Un magasin de logiciels de jeux décide de lancer la commercialisation d’un nou-


veau produit. Pour cela, il planifie sur trois ans ses objectifs trimestriels de prix de
vente en se basant sur la loi de l’offre et de la demande.
Le nombre n étant un entier naturel, on désigne par v n l’indice du prix de vente lors du
4
n-ième trimestre. L’indice de départ est noté v 0 . On a v 0 = 100 et v n +1 = v n + 28.
5
1 On pose, pour n ≥ 0, u = v − α .
n n
a) Déterminer la valeur de α pour que la suite u soit géométrique de raison
4
q = . Calculer u0 .
5
b) Exprimer un en fonction de n, puis v n en fonction de n.
2 On désigne par d l’indice de la demande lors du n-ième trimestre.
n
750 5
Sachant que d n = − v , calculer d 0 et exprimer d n en fonction de n.
7 7 n
3 Calculer les valeurs des deux indices au bout des trois ans (arrondir à l’unité).

28 Séquence 1 – MA01

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5 Synthèse
de la séquence
Somme de termes consécutifs d’une suite géométrique

+
1− q n 1
1+ q + q 2 + ...... + q n = .
1− q
+
1− q n 1
u 0 + u 0q + u 0q 2 + ...... + u 0q n = u 0 .
1− q
Si q ≠ 1
S est la somme de termes consécutifs d’une suite géométrique.
nombre de termes
1− q
S = 1er terme × .
1− q

1+ q + q 2 + ...... + q n = n + 1.
Si q = 1 u 0 + u 0q + u 0q 2 + ...... + u 0q n = (n + 1)u 0 .

Limite d’une suite géométrique de raison q > 0.


n
lim q = 0.
n→+ ∞
lim
n→+∞
(1 + q + q 2
)
+ ...... + q n =
1
1− q
.

0<q<1
lim aq = 0.
n→+∞
n

n→+∞
lim (a + aq + aq 2
+ ...... + aq n =) 1− q
a
.

1er terme
La limite  d’une somme de termes consécutifs d’une suite géométrique est  = .
1− raison

n
lim q = + ∞ .
n→+ ∞
lim
n→+∞
(1+ q + q +…+ q ) = +  ∞ .
2 n

q >1 lim (a + aq + aq + ...... + aq ) = ∞ . n


n 2
lim a q = ∞ .
n→+ ∞ n→+∞
Le signe devant ∞ est celui de a. Le signe devant ∞ est celui de a.

Suite arithmético-géométrique
Si un +1 = aun + b la suite (un ) est dite arithmético-géométrique.
On définit une suite auxiliaire géométrique (v n ) en posant v n = un − α .
On exprime v n , puis un , en fonction de n.

Séquence 1 – MA01 29

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6 Exercices
de synthèse
Exercice I Le nombre d’arbres d’une forêt, en milliers d’unités, est modélisé par la suite u
où un désigne le nombre d’arbres, en milliers, au cours de l’année (2010 + n).
En 2010, la forêt possède 50 000 arbres. Afin d’entretenir cette forêt vieillissante,
un organisme régional d’entretien des forêts décide d’abattre chaque année 5 %
des arbres existants et de replanter 3 000 arbres.
1 Montrer que la situation peut être modélisée par u = 50 et, pour tout entier
0
naturel n, par la relation : un +1 = 0,95 un + 3.
2 On considère la suite v définie pour tout entier naturel n par v = 60 − u .
n n
a) Montrer que la suite v est une suite géométrique de raison 0,95.
b) Calculer v 0 . Déterminer l’expression de v n en fonction de n.
c) Démontrer que, pour tout entier naturel n, un = 60 −10 × (0,95)n.
3 Déterminer le nombre d’arbres de la forêt en 2015. On donnera une valeur
approchée arrondie à l’unité.
4 a) Vérifier que, pour tout entier naturel n, on a l’égalité
un +1 − un = 0, 5 × (0, 95)n .
b) En déduire la monotonie de la suite.
5 Déterminer l’année à partir de laquelle le nombre d’arbres de la forêt aura
dépassé de 10 % le nombre d’arbres de la forêt en 2010.
6 Déterminer la limite de la suite u. Donner une interprétation du résultat.

Exercice II Monsieur Magot a placé 2 000 € le 31 décembre 2012 sur son livret bancaire, à
intérêts composés au taux annuel de 3,5 % (ce qui signifie que, chaque année,
les intérêts sont ajoutés au capital et produisent à leur tour des intérêts). À partir
de l’année suivante, il prévoit de placer, chaque 31 décembre, 700 € supplémen-
taires sur ce livret.
On désigne par C n le capital, exprimé en euros, disponible le 1er janvier de l’an-
née (2013 + n), où n est un entier naturel. Ainsi, on a : C 0 = 2 000.
1 a) Calculer le capital disponible le 1er janvier 2014.
b) Établir, pour tout entier naturel n, une relation entre C n +1 et C n .
2 Pour tout entier naturel n on pose : u = C + 20 000.
n n
a) Démontrer que la suite (u ) est une suite géométrique dont on déterminera
n
la raison.

30 Séquence 1 – MA01

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b) Exprimer un en fonction de n.
c) E n déduire que, pour tout entier naturel n, on a :
C n = 22 000 × (1, 035)n − 20 000.
d) Calculer le capital disponible le 1er janvier 2018 (on arrondira le résultat à
l’euro près).
3 Le premier janvier 2018, Monsieur Magot retirera alors le capital disponible
de la banque pour financer un voyage dont le coût (supposé fixe) est de
6 000 €. Il paiera cette somme en 4 mensualités qui seront 4 termes consécu-
tifs d’une suite arithmétique de raison 800 €.
Calculer le montant de chacune de ces 4 mensualités.

Exercice III Un salarié remarque qu’il lui reste, chaque mois, 500 euros de son salaire mensuel.
Il décide donc, en 2012, de réaliser une épargne " prudente" de la façon sui-
vante :
E Le 28 de chaque mois, il verse 50 % du solde de son compte courant sur un
plan d’épargne.
E Le solde du compte courant est nul le 28 décembre 2011.

E Le 28 janvier 2012, le solde de son compte courant est : S = 500 € ; il verse
1
donc la somme e1 = 250 € sur son plan d’épargne et laisse 250 € sur son
compte courant.
E Le 28 février 2012, le solde S est égal à 750 € : c’est-à-dire 250 € restant,
2
plus 500 € d’économies mensuelles. Il verse donc e2 = 375€ sur son plan
d’épargne.
1 Calculer e et e , versements respectifs de son compte courant à son plan
3 4
d’épargne le 28 mars et le 28 avril.
2 On désigne par e le montant théorique du versement du compte courant
n
au plan d’épargne le 28 du n-ième mois qui suit le mois de décembre 2011.
On a donc en +1 = 0, 5 × (en +500 ).
Pour tout nombre entier naturel n non nul, on définit la suite v par v n = 500 − en .
 émontrer que la suite v est géométrique de raison 0,5 et de premier terme
a) D
v 1 = 250.
b) En déduire l’expression de v n en fonction de n.
 alculer S = v 1 + v 2 + ...... + v 12.
c) C

3 a) Exprimer e en fonction de n.


n
b) Trouver le montant C de la somme capitalisée sur le plan d’épargne au 29
décembre 2012.

Exercice IV Un carré de côté 1 est divisé en 9 carrés égaux comme indiqué sur les figures. On
colorie le carré central (étape 1). Les huit carrés restants sont ensuite divisés en
9 carrés égaux et coloriés selon le même procédé (étape 2).

Séquence 1 – MA01 31

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À l’étape 3 chacun des 72 petits carrés non coloriés est à son tour divisé en 9
carrés égaux et on colorie le carré central de chacun des 72 carrés.
On désigne par c n le nombre de nouveaux carrés coloriés à l’étape n. Ainsi c1 = 1.
1 Calculer c et c .
2 3
2 On admet que la suite c est géométrique. Donner son 1er terme et sa raison.
Exprimer c n en fonction de n.
3 On désigne par S le nombre total de carrés coloriés à l’issue de l’étape n.
n
a) Donner les valeurs de S1,S2 et S 3 . La suite S est-elle géométrique ?
b) Exprimer Sn en fonction de n.
c) À partir de quelle étape a-t-on Sn ≥ 1 000 ? Sn ≥ 1 000 000 ?
d) Quelle est la limite de la suite S ?

4 On voudrait savoir, en continuant le procédé indéfiniment, quelle serait la


limite éventuelle de l’aire du domaine colorié.

En désignant par an l’aire de tout le domaine colorié à l’issue de l’étape n on a


1 1 8 17
a1 = et a2 = + = .
9 9 81 81
Donner une idée intuitive de la limite de la suite a.

C1 = 1

Étape 1 Étape 2
n

32 Séquence 1 – MA01

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