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ETHIQUE PROFESSIONNELLE (supplément)

Trop souvent nous entendons parlez autour de nous de perte de valeurs, de


mœurs en déliquescence, d’absence de repères moraux etc. Pour certains, il s’agit
de phénomène sociaux, où la morale à perdu sa raison d’être. Pour d’autres, il reste
toujours un noyau qui puisse questionner les faits, qui puisse chercher à les
comprendre et dégager un vivre ensemble sur la base de valeurs coconstruites et
partagées. Cette quête de savoir être, cette réflexion identitaire nous plongent
dans l’incertitude, car les valeurs morales suscitent de nombreuses
questionnement.

L’éthique, donc, est la branche de la philosophie qui étudie la morale et les


phénomènes moraux.

Le champ de l’Ethique.

De tous les domaines de la philosophie l’éthique est celui qui se présente sous le
jour le plus concret et le plus accessible. Pourquoi donc ? Parce que l’éthique traite
essentiellement de l’action. L’éthique est une réflexion portant sur un aspect
fondamental de l’action humaine que nous désignons habituellement par le terme
morale. La morale concerne notre souci de faire la bonne action, la bonne décision.
Elle fait appel à cette distinction essentielle que font les humains entre le bien et
le mal.

La morale peut être considérée comme une des dimensions constitutives de notre
humanité. D’un être qui semble n’avoir aucune préoccupation morale, qui ne fait
donc aucune distinction entre le bien et le mal, ne disons-nous pas qu’il est
inhumain ?

Il n’existe pas de critère absolu pour déterminer lesquelles de nos actions ou de


nos décisions ont une dimension morale. Si les problèmes soulevés par nos actions
concernent la justice, les responsabilités parentales, la loyauté, nous y verront
indéniablement des problèmes moraux. Mais il peut y avoir des désaccords sur
d’autres sujets. Par exemple, la malpropreté corporelle, la chasse sportive, la
démolition d’une vieille maison historique soulèveront l’indignation de certaines
personnes, alors que d’autres n’y verront rien d’important..
En règle générale, pour qu’un problème soit de l’ordre de la morale, il doit mettre
notre action avec des exigences supérieures, par exemple une norme, un idéal dont
nous connaissons la valeur et auquel nous nous sentons tous obligés de répondre.
La morale introduit dans notre agir, des idées d’élévation et de dignité et à l’opposé
de bassesse et d’indignité. Dans l’optique morale, on reconnait qu’il y a des actions
et des façons de vivre indigne de l’être humain, et que l’être humain doit s’élever
au dessus de certains de ses penchants, Cela signifie que nous soumettons notre
action à des critères d’élévation plus exigeants que les critères immédiats et
élémentaires que sont l’efficacité, la satisfaction ou la commodité. Pas exemple,
nous pourrions rejeter même le principe de la chasse sportive au nom du droit à la
vie des animaux, ou voir dans la malpropreté corporelle un manque de respect
envers soi-même et autrui.

Affirmer la dignité et la supériorité de certaines exigences morale c’est également


leur reconnaitre une valeur générale, qui va au delà de mes seules préférences
subjectives. Par exemple : il n’y a pas d’enjeux important dans le fait que les autres
ne partagent pas ma passion pour la cuisine cubaine, mais je ne pourrai pas
célébrer la fidélité, le courage sans penser que ces qualités devraient avoir une
valeur pour autrui, je serai prêt à défendre mes convictions sur ce point.

L’idée d’un ordre supérieur d’exigences explique les sentiments consécutifs à une
faute morale. Il ne s’agit plus de frustration ou de déception, mais de remords, de
culpabilité et de honte. C’est finalement le respect de soi, le respect que l’on
s’accorde à titre d’être humain qui est en cause. Nous baissons la tète devant un
juge qui nous condamne, parce que nous n’avons pas été à la hauteur de ses
exigences. Ce juge peut s’incarner dans le regard accusateur d’autrui, mais ce peut
être aussi la voix de notre propre conscience.

Qu’est ce que la morale ?

La morale est une dimension fondamentale de l’être humain. Elle se caractérise


par :

1. Un souci de faire le bien et d’éviter le mal.


2. Une tendance à soumettre nos actions à des exigences élevées ou
supérieures auxquelles nous nous sentons obligés de répondre parce
qu’elles mettent en cause notre dignité d’être humain ;
3. Une tendance à ressentir des sentiments de remords, de culpabilité ou de
honte. Lorsque nous faisons le mal ou que nous ne sommes pas à la hauteur
des exigences supérieures.

Par le terme « morale », on entend aussi une conception particulière de ce qui est
bien et mal, un ensemble d’exigences de valeurs, de règles ou d’idéaux qui
caractérisent une société, une culture, un groupe ou une personne. En ce sens, on
parlera de la morale chrétienne, de la morale bourgeoise ou de la morale de nos
ancêtres.

Quelques exemples de problèmes moraux :

1- Devrais-je dire à ma partenaire que je l’ai trompée ?


2- Faut-il légaliser l’euthanasie ?
3- Devrais-je dénoncer mon camarade de classe qui fait du plagiat pour passer
ses examens ?
4- Devrais-je me taire ou dire franchement à mes amis ce que je pense de leurs
blagues sexistes ?
5- Les couples homosexuels devraient-ils avoir le droit d’adopter des enfants ?
6- Suis-je égoïste an voulant divorcer de mon conjoint victime d’un accident
cérébral qui l’a laissé impotent ?

Ethique ou morale ?

Les auteurs tout comme les philosophes ne s’accordent pas sur ce problème
terminologique. Certains disent que les deux termes sont synonymes, d’autres y
trouvent un sens précis à chacun. Ces deux termes n’appartiennent pas
exclusivement à la philosophie. Ils sont utilisés dans d’autres domaines.

Nous disons de l’Ethique qu’elle est une réflexion philosophique sur la morale. Elle
est l’étude de la morale d’un point de vue philosophique et donne lieu à la
production de théories sur la morale. Cette réflexion philosophique se veut
englobant et critique. Elle questionne les raisons qui sous-tendent nos tendances
morales, leurs origines et leurs fondements. Elle passe au crible les diverses façons
de résoudre les problèmes et propose des principes généraux qui lui paraisse les
plus solides et les plus fructueux. L’éthique est donc l’étude philosophique de la
morale. Elle se veut une théorie critique de la morale.

Le champ éthique est complexe, car les exigences morales sont multiples et variés.
Une distinction fondamentale est à la faire entre deux grands types d’exigences
morales : les normes et les valeurs.

Deux types d’exigences morales : les normes et les valeurs

Selon M. METAYER, les exigences morales de présentent à nous sous l’aspect


négatifs de normes contraignantes que nous avons l’obligation de respecter et qui
viennent limiter notre liberté d’action. Ce sont des règles, des commandements,
des interdits, des devoirs, des obligations, que la morale nous impose. Les normes
définissent une manière juste et correcte de faire les choses. Elles comptent parmi
les règles morales les plus anciennes et les plus fondamentales : tu ne tueras point,
tu me commettras pas d’adultère, tu ne feras pas de faux témoignage, tu ne
commettras pas l’inceste, tu tiendras tes promesses.

Les normes morales concernent plutôt les règles que nous devons respecter dans
la poursuite de nos fins. Elles viennent enserrer notre volonté dans un réseau de
contraintes. Même quand elles émanent de la voix intérieure de notre conscience
morale, elles nous intimident par leur autorité et leur rigueur.

Les valeurs morales quand à elles s’imposent plutôt par l’attrait qu’elles exercent
sur nous. Nous les trouvons admirables et désirables. Elles nous inspirent, elles
suscitent une adhésion, un attachement et un engagement affectif ou émotionnel
de notre part. Les valeurs définissent en partie ce que nous aspirons à devenir, ce
que nous aimerions réaliser et atteindre par-dessus tout dans notre vie. Elles font
partie de nous même de notre identité. Elles manifestent une volonté de
perfectionnement et d’accomplissement. Les valeurs nous motivent donc de façon
plus positive que les normes qui sont d’ailleurs formulées sur le mode négatif de
l’interdiction. En revanche, leurs exigences sont généralement plus floues que celle
des normes. Les valeurs sont plus difficiles à traduire en règles précises. Elles nous
indiquent un idéal à atteindre sans nécessairement en fixer les limites. Par
exemple, il est difficile de déterminer le critère précis qui m’indiquera si je me suis
montré assez généreux ou courageux dans une situation donnée ou si j’ai été aussi
attentionné avec mes enfants que je devrais l’être idéalement.

Principes et règles

Les normes se divisent en principes et en règles sur la base d’un critère de


généralité. Nous dirons que les principes sont des normes morales très générales,
alors que les règles sont des normes spécifiques qui viennent préciser la manière
dont un principe doit s’appliquer dans une situation donnée. Par exemple : les
règles telles « tu ne tueras point ou ne vole pas » relève d’un principe moral plus
général « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudras pas qu’on te fasse ». Un autre
exemple : l’interdiction de pirater les logiciels est un exemple de règle d’application
particulière de l’interdiction générale du vol.

Principes Liberté

Liberté d’expression

Règles Liberté d’expression commerciale

Liberté de faire de la publicité

Liberté de faire des commandites
Le principe général du droit à la liberté englobe, pour sa part, des principes
spécifiques comme la liberté d’expression, qui peut à son tour être déclinée en
règles toujours plus particulières comme la liberté d’expression commerciale, la
liberté de la publicité, la liberté de commanditer des événements culturels ou
sportifs.

Les valeurs La morale possède un versant positif où ses exigences prennent la


forme de grands buts, d’idéaux à atteindre, de modèle de bonne conduite à imiter.
La morale met aussi en avant des biens supérieurs qui ont une grande valeur pour
nous, auxquelles nous sommes attachés et que nous voulons réaliser, promouvoir
ou protéger.
Quand nous disons que quelque chose a de la valeur, nous voulons dire qu’elle a
de l’importance pour nous ou qu’elle est supérieure en quelque point à d’autres
qui lui son comparables. Il y a toutes sortes de valeurs en dehors des valeurs
morales. Par exemple si je dis d’une chose qu’elle est belle, je lui accorde de la
valeur. Je la juge supérieure à une autre que je trouve laide ou moins belle. Il s’agit
de valeurs esthétiques. On peut aussi utiliser l’argent comme critère d’évaluation.
Une chose a plus de valeur économique qu’une autre. Parce qu’elle vaut plus cher
sur le plan pécuniaire. La morale quant à elle se rapporte essentiellement à la
conduite humaine, non aux objets. Les valeurs morales concernent essentiellement
les fins, au sens de buts, que nous poursuivons, à travers nos actions, dans nos vies.
Le bonheur, l’épanouissement personnel, la recherche de l’excellence, la paix,
l’amour, la santé, la vie familiale, l’entraide, la solidarité, le courage, l’harmonie
avec la nature sont des exemples de valeurs positives.

La notion de faute et de sanction joue un rôle moins important dans le monde des
valeurs que dans celui des normes. Ne pas être à la hauteur d’un idéal moral est
considéré comme un échec plutôt que comme une faute, et les sentiments
qu’inspire cet échec sont le mépris et la honte plutôt que la colère et la
culpabilité. Prenons l’exemple de quelqu’un qui a triché. Il peut se sentir coupable
d’avoir trompé autrui, d’avoir violé ses droits et de craindre son indignation et sa
colère s’il venait à s’en apercevoir. Il peut aussi se sentir honteux dans la mesure
où il n’a pas été à la hauteur de l’idéal d’excellence qu’il s’était fixé à lui-même et
que les autres s’attendaient à trouver en lui. Il n’a pas fait preuve de ces qualités
morales de maitrise de soi et d’intégrité qui caractérisent à ses yeux une bonne
personne. Dans ce cas il ne craindra pas tant la colère de ses victimes que leur
mépris : « il a peur que celle-ci le rejettent et le trouve méprisable, ridicule. Sa
conduite a révélé une absence des excellences morales qu’il estime et auxquelles il
aspire » il a peur de perdre le respect d’autrui. C’est sa valeur en tant que personne
humaine et son estime de soi qui sont mises en cause.

Des types de valeurs

Le domaine des valeurs est à la fois vaste et mal délimité. Beaucoup d’idéaux
peuvent y figurer que l’on peut rattacher aux trois grandes questions suivantes :
1- Quelle sorte de personne voudrais-je être ? nous parlerons ici de qualités
morales qui font partie du caractère d’une personne et donc de trait de
caractères moraux ou vertus. Par exemple, je voudrais être honnête,
généreux, responsable, intègre, loyal, courageux. Il est possible que je
possède certaines de ses qualités à un certain degré et que je veuille les
renforcer en moi. Il est également possible que j’en soi largement dépourvu
et que je veuille travailler à les développer, ce qui me demandera effort et
persévérance.
2- Quelle sorte de vie voudrais-je vivre ? nous parlerons ici d’idéaux de vie. Par
exemple, une vie axée sur l’amour, la famille, le dépassement de soi, l’amitié,
la création. Tous ces choix impliquent des efforts, des difficultés, des
exigences à rencontrer, des défis à surmonter.
3- Dans quelle sorte de société et de monde voudrais-je vivre ? nous parlerons
ici d’idéaux de société ou de vie collective. Par exemple, je pourrais vouloir
que la société ou le monde dans lequel je vis soit axé sur la solidarité, la
justice, la paix et la sécurité, le respect de la nature. Cet attachement à des
idéaux collectifs devrait se traduire dans des engagements des batailles, des
combats difficiles au sein de mouvements politiques, de groupes
communautaires.

Valeurs

↙ ↓ ↘
Vertus idéaux de vie idéaux de société

Vertus et vices

Les philosophes de l’antiquité grecque et romaine appelaient vertus et vices nos


dispositions morales et immorales. Chaque vertu a son vice : au courage s’oppose
la lâcheté, à la gratitude l’ingratitude, à la fidélité l’infidélité, etc. cers termes sont
étudiés dans la philosophie éthique sous le vocable « éthique des valeurs ».

Normes Valeurs
• Exigences négatives, contraignantes • Exigences positives, attrayantes
qui limite notre liberté d’actions : et motivantes : grands buts,
règles obligations, devoirs,
idéaux.
interdictions, etc.
• Exigences qui peuvent être précisées • Exigences imprécises.
dans des codes, des chartes, des règles
de procédure etc. • Sentiments suscités par un
• Sentiments suscités par un manquement : mépris, honte.
manquement : colère, culpabilité. • Types de valeurs : idéaux de vie,
• Types de normes : principes et règles.
idéaux de société, vertus.

Au niveau de la philosophie éthique contemporaine, ces distinctions entre normes


et valeurs suscitent d’important débat. Il ne faut pas croire que chaque exigence
ou chaque critère moral puisse être rangé de façon automatique dans les
catégories que nous venons de définir. Devant un problème moral concret et
particulier, le fait d’interpréter les exigences morales en cause comme des normes
ou des valeurs, dépend souvent plus du point de vue que nous adoptons que de la
nature objective du problème lui-même.

L’idéologie féminisme par exemple, fait appel à la fois à des valeurs et à des
normes. L’égalité entre homme et femme y est présente à la fois en tant que
normes à respecter et en tant qu’idéal d’un monde meilleur à bâtir. Considérons
encore les responsabilités parentales. On peut les rattacher à un idéal de vie
familiale épanouissante et enrichissante où règnent les valeurs de partage, de
solidarité et d’amour. Mais on peut aussi considérer que les parents étant donné
leur rôle, doivent respecter des normes strictes de sécurité et de santé physique et
psychologique pour la protection de l’enfant (sous peine d’une sanction sévère
allant jusqu’au retrait de la garde de l’enfant). On peut encore insister sur les vertus
de patience et de dévouement qui sont essentielles à l’accomplissement de la tache
de parent.

Tous les philosophes n’envisagent pas de la même manière les rapports entre
normes et valeurs pour certains, la morale est avant tout une affaire de normes,
pour d’autres une affaire de valeurs. Pour les tenant d’une éthique de valeurs, les
valeurs ont une priorité sur les normes, parce qu’une norme n’a de sens que si elle
vise à protéger une valeur. Par exemple, c’est parce que la vie est un bien que nous
avons instauré les normes de l’interdit du meurtre ou du droit à la vie. C’est parce
que la religion est importante dans la vie des gens que nous défendons la norme
de la liberté de la religion. Ou c’est parce que nous valorisons la solidarité et le
partage que nous instituons les normes de justice sociale et de redistribution des
revenus.

Les tenants des éthiques de normes voient les choses tout autrement. Ils croient
que les normes ont une priorité sur les valeurs parce qu’il y a toujours des principes
que nous devons toujours respecter, quelque soient nos buts et nos valeurs. Par
exemple, les normes de la démocratie confèrent aux décisions qui sont prises une
légitimité entièrement indépendante de leur valeur intrinsèque. Que le peuple ait
élu un mauvais dirigeant ou que l’assemblée ait voté une loi déplorable, ces
décisions restent valides si elles ont été prises dans le respect des règles
démocratiques.

Ordre de priorité entre normes et valeurs

Ethique de normes Ethique de valeurs


Norme Valeurs
↓ ↓
La norme s’impose La norme sert à protéger ou à
Préalablement à toute valeur Promouvoir une valeur
Préalablement posée
Valeur Norme
Il sexiste un débat fondamental entre éthique de normes et éthique de valeurs dans
plusieurs problématiques que nous etudirons en classe. Voici un exemple typique :
le respect des promesses est une norme et le bien-etre d’autrui est ue valeur. Dès
lors, faut-il respecter une promesse dont la réalisation est susceptible de causer à
quelqu’un un tord important ?

Conflits et dilemmes moraux

Le mal peut être attrayant et y renoncer peut exiger un effort de volonté, notre vie
morale serait tout de même relativement simple si elle se résumait à des choix
entre le bien et le mal. Mais elle est souvent plus complexe et plus difficile que cela.
Les situations les plus déchirantes sont celles qui nous obligent à choisir entre les
exigences conflictuelles et à en sacrifier ou à en négliger une au profit de l’autre.
Les situations de ce genre, dans lesquelles toutes les possibilités envisageables
présentent des inconvénients importants, sont appelées des dilemmes moraux.

Les dilemmes moraux résultent souvent d’un conflit entre une norme et une valeur.
Ainsi, un policier qui porte un faux témoignage dans le but de faire condamner un
criminel dangereux viole une norme pour le bien de la population. Une analyse
sommaire du problème de l’avortement met en opposition la valeur de la vie du
fœtus et la norme qui garantit à la femme la liberté de disposer de son corps. Mais
les dilemmes moraux peuvent aussi opposer des valeurs entre elles (vie de famille
contre l’épanouissement personnel, la prospérité économique contre la
préservation de beautés naturelles ou de trésor patrimoniaux) ou des normes entre
elles (lorsque les règles de la démocratie permettent, par exemple, à une majorité
ethnique de prendre des décisions qui violent les droits de minorités ethniques).

Exercice

Normes et valeurs désignent toujours des idées très générales qu’il est important
de pouvoir nommer correctement. Voici un petit exercice à cet effet. Nommez
l’idée générale qui correspond à chacune des expressions suivantes, ainsi que son
contraire :

• Le fait de prendre soi-même des décisions pour les choses qui nous
concernent ;
• Le fait de se mettre à la place de l’autre et de ressentir ce qu’il ressent ;
• Le fait de ne tolérer aucun passe-droit.
• Le fait de ne pas avoir de parti pris
• Le fait de ne pas laisser tomber les autres ;
• Le fait d’assumer les conséquences de ses actions ou décisions ;
• Le fait de bien réfléchir et de prendre la meilleure décision dans un contexte
donné ;
• Le fait de donner à chacun ce qui lui est du ;
• Le fait de rendre la pareille.
Les sphères de vie morale

Il s’agit de distinguer les diverses contextes dans lequel émergent les exigences
morales. Ces contextes ou sphère de vie ne sont pas ne sont pas imperméables les
uns par rapport aux autres, cependant chacun met en jeu un certain nombre de
valeurs ou de normes caractéristiques

La sphère privée

Ce sont des situations où nous sommes en relation avec nous-mêmes ou celles où


nous sommes en relations avec nos proches.

La morale intra-personnelle.

Dans la vie privée les exigences morales interviennent d’abord dans les rapports
que nous avons avec nous-mêmes. Il s’agit de la morale intra-personnelle qui
relève de notre capacité à être exigeant avec nous-mêmes. Ce sont les exigences
d’authenticité, d’intégrité, de respect de soi-même, de sincérité avec soi-même
ainsi que les vertus de ténacité, de courage et une volonté de se dépasser. Elle
s’exprime dans des formules que nous connaissons bien : avoir le courage de ses
convictions au risque de déplaire ou de choquer, être vrai dans ses rapports avec
les autres, agir de manière à être fier de soi ou à être capable de se regarder dans
le miroir, être fidèle a ses idéaux, chercher a se dépasser, et surmonter la
tentation de la facilité, exploiter a fond les talents que la nature ou notre
entourage nous a légués, donner le meilleur de soi-même , avoir le souci du travail
bien fait , avoir de l’ambition , faire preuve de force morale, de patience ou de
persévérance face aux épreuves que la vie nous inflige.

La morale des relations interpersonnelles

La sphère de la vie privée comprend aussi tout ce pan de notre vie sociale qui
concerne nos relations particulières avec des personnes que nous connaissons
personnellement, avec lesquels nous entretenons des rapports durables et qui ont
une importance tout a fait spéciale dans notre vie. Nous parlons ici des relations de
proximité avec le partenaire amoureux, la famille, les amis, les voisins, les collègues
de travail et toute personne avec laquelle nous entretenons véritablement des liens
personnels et non seulement professionnels ou fonctionnels. Ces rapports ont une
caractéristique importante : ils reposent sur une confiance mutuelle et sur des
attentes mutuelles qui résultent d’une site continue d’interactions. Ils génèrent
naturellement des responsabilités et des engagements plus forts que ceux que
nous pouvons ressentir pour des purs étrangers. Ils sont propices a l’émergence de
valeurs comme la solidarité, la fidélité, la générosité, l’entraide et la gratitude. Les
normes et les règles formelles ont habituellement moins d’importance que les
idéaux et les vertus dans ce type de relations fondées sur la confiance. Cependant,
les obligations morales peuvent y être très puissantes. Trahir ou laisser tomber un
ami, négliger ses enfants, être ingrat envers ses parents, tromper son partenaire
amoureux sont des fautes morales très lourdes.

La sphère publique

La sphère publique comprend, quant a elle, toutes les situations de la vie sociale
qui impliquent des relations avec des individus que nous ne connaissons pas sur le
plan personnel et avec des groupes, des organisations ou des institutions.

La morale de la vie communautaire

Des exigences morales peuvent découler de notre appartenance a un groupe en


tant que tel ( au- delà des rapports personnels que nous pourrions entretenir avec
certains individus appartenant a ce groupe). Ce lien d’appartenance peut concerner
une communauté locale, ethnique, culturelle ou religieuse, un groupe d’intérêt
défendant une grande cause ou un idéal, un quartier, une ville, une région ou a la
limite, toute une nation. Les valeurs qui sont ici en cause s’apparentent pour une
part a celles que nous avons associées a la vie relationnelle privée : solidarité,
entraide, loyauté. Mais il faut y ajouter la fierté d’appartenir a un groupe,
l’aspiration a voir ce dernier s’épanouir et surtout l’attachement a un certain
nombre de valeurs communes qui définissent l’identité même de la communauté
d’appartenance : une culture, une langue, une religion ou une cause communes,
des racines communes dans un quartier, une région, un pays, etc.

La morale des organisations et des institutions


Au- delà des cadres de la vie communautaire, la vie publique nous met en relation
avec un ensemble d’organisations et d’institutions sociales, économiques et
politiques. Des obligations morales s’imposent alors, sans qu’entrent
nécessairement en jeu un sentiment d’appartenance communautaire , une identité
commune ou le partage d’idéaux communs. Dans ces structures neutres, anonymes
et impersonnelles que sont ces organisations et institutions, des prérogatives
morales sont reconnues de façon égale a chaque individu y occupant un rôle ou
une fonction donnée, ceux de citoyen, de client, de consommateur, de
professionnel, de travailleur syndiqué etc. On peut inclure dans cette catégorie de
structures de grandes institutions économiques comme les entreprises et les
syndicats, les medias de communication, les organismes se consacrant a la
recherche scientifique, les corporations professionnelles, etc. Toutes ces
organisations sont généralement soumises a des normes qui ont une incidence
morale : normes assurant la protection de la sante et de la sécurité des
consommateurs, normes régissant la recherche scientifique sur des sujets humains,
codes de déontologie professionnelle, statuts et règlements d’un organisme
syndical, etc.

La partie la plus importante de la morale publique concerne toutefois les


institutions politiques qui définissent les droits et responsabilités respectifs de
l’Etat et de l’ensemble des citoyens. L’Etat impose lui-même une grande partie des
normes aux quelles sont soumises les organisations que nous venons de
mentionner. Mais il est lui-même soumis a un certain nombre d’exigences
fondamentales. Le respect des règles de la démocratie est une norme de base de
nos institutions politiques, de même que la reconnaissance a tous les citoyens d’un
certain nombre de droits fondamentaux : le droit a la liberté, le droit a la sécurité,
le droit a la vie privée, le droit a un procès juste et équitable, etc. L’action de l’Etat
ne manque pas de soulever, au-delà des aspects techniques, pratiques ou
juridiques de la gestion des affaires publiques, des controverses d’ordre moral.
Pensons, par exemple, aux controverses suscitées dans le secteur judiciaire, par le
système des libérations conditionnelles que certains jugent trop laxiste, dans le
secteur de la fiscalité, par les nombreux abris fiscaux qui permettent aux plus riches
de ne pas payer d’impôts, dans le secteur de la sante, par l’attente excessive a
laquelle sont soumis les patients qui fréquentent les urgences des hôpitaux ou qui
doivent subir une chirurgie cardiaque.

La morale universelle

Il existe enfin un contexte encore plus large, dans lequel les exigences morales
valent pour tous les êtres humains sans exception. Nous parlons ici d’une morale
universelle qui nous impose des obligations a l’égard de chaque individu de la terre,
du seul fait qu’il est un être humain comme nous. Cette dimension est
généralement reléguée a l’arrière - plan lorsque celui avec lequel nous entrons en
relation est un proche, un ami ou un compatriote. Mais il existe deux grands
contextes dans lesquels ce respect fondamental de l’autre en tant qu’être humain
est prédominant. Le premier rassemble les situations de la vie courante ou nous
nous trouvons en relation directe avec des étrangers. Il s’agit de personnes que
nous ne connaissons pas personnellement, avec lesquelles nous ne partageons
aucune communauté d’appartenance, nationale, religieuse, culturelle ou autre.
Malgré cela, nous leur reconnaissons certaines prérogatives morales
fondamentales, notamment n respect et une bienveillance auxquels a droit tout
humain en sa simple qualité d’être humain. C’est l’inconnu que nous croisons dans
la rue, le visiteur de passage, qui a besoin de notre aide ou qui a simplement droit
a notre courtoisie. Mais il s’agit aussi de l’étranger qui habite un pays lointain,
auquel je peux me sentir le devoir de venir en aide. Cette aide peut être apportée
a titre individuel, mais elle peut également emprunter le canal des organismes
publics, ce qui nous amène au deuxième contexte d’application de la morale
universelle, celui des relations internationales entre pays et populations de toutes
les régions du globe.

Ce niveau international comprend une importante dimension institutionnelle et


organisationnelle, dont l’acteur principal est l’Organisation des Nations Unies. La
Déclaration universelle des droits de l’homme établit les grands paramètres
éthiques de la morale universelle : le droit au respect, le droit a la liberté, le droit a
l’égalité, le droit a la vie, le droit a la dignité, etc. Concrètement, les problématiques
a l’honneur sont ici celles de l’aide aux pays pauvres, de l’accueil des refugiés
politiques, des opérations de maintien de la paix, de droit de la guerre régie par les
Conventions de Genève, des opérations de secours d’urgence auprès de
populations frappées par des catastrophes naturelles, etc. En plus de l’action des
gouvernements, ces problématiques mobilisent celle des ONG en faveur de divers
causes humanitaires comme la santé ( Médecins sans frontières), la pauvreté (
Oxfam), le respect des droits humains ( Amnistie internationale), etc.

Ethique administrative
Les valeurs fondamentales de l’administration publique et privée
A vous de jouer.
Trouvez des définitions aux valeurs suivantes :
• Compétence
• Intégrité
• Loyauté
• Impartialité
• Légalité
• Transparence
• Efficience
• Egalite
• Responsabilité
• justice
• honnêteté

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