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RÉSUMÉ LÉGISLATION SCOLAIRE

Chapitre II : Historique de l’enseignement au Mali


Un peuple ne peut connaitre que le destin que lui a forgé son système éducatif le choix n’est
pas entre le changement ou l’absence de changement ; le choix est entre changer ou être
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changé, changer notre existence sous notre direction, ou être changé par le choix des forces
extérieures.
I. Éducation traditionnelle africaine 
I.1. Définition des concepts 
I.1.1. L’éducation traditionnelle 
Elle est une formation caractérielle, civique et morale de l’individu dans la société. C’est
l’ensemble des influences des grandes personnes sur les plus jeunes.
I.1.2. L’éducation traditionnelle malienne 
Les formes d’éducations traditionnelles sont extrêmement variées en ce qui concerne le Mali.
Il est donc tout à fait normal d’éviter une quelconque généralisation. Certaines formes sont
permissives tandis que d’autres sont dures avec les enfants.
I.2. Objectifs et moyens de l’éducation traditionnelle 
I.2.1. Les objectifs 
L’objectif principal de l’éducation traditionnelle demeure l’intégration sociale de l’enfant.
Pour cela, l’enfant doit acquérir des valeurs morales, physiques et intellectuelles, c'est-à-dire
intérioriser les normes et les lois de la société afin d’avoir des comportements acceptables
par les autres. L’éducation traditionnelle n’a pas besoin de former des érudits ni même des
auxiliaires d’administration.
I.2.2. Les moyens 
Ils sont les contes, les proverbes, les maximes entre autres. Aussi, faut-il signaler que
l’apprentissage se fait de façon pratique et naturelle. En effet on apprend à cultiver au champ
la houe à la main. La démonstration, la persuasion et le châtiment sont de rigueur.
L’éducation traditionnelle vise à adapter rapidement l’individu à sa destinée d’homme, de
travailleur, de chef de famille. C’est en vivant dans le groupe que l’enfant s’éduque. Cette
éducation est orale sans écriture.
C’est avec l’Islam et l’écriture Arabe que nous voyons les premières écoles coraniques, puis
l’Université de Tombouctou qui formaient de grands savants, des littéraires, et d’autres
intellectuels.
I.3. L’analyse critique de l’éducation traditionnelle 
I.3.1. Les forces 
L’éducation traditionnelle présente un intérêt pratique indéniable. En effet, c’est une
éducation concrète dans laquelle toute connaissance théorique est d’abord abordée pour son
utilité pratique en d’autres termes « L’école par la vie et pour la vie ». C’est aussi une
éducation qui se repose sur la tradition et une très forte imprégnation par le milieu. Tout le
monde y accède et il y a rarement de déchets, c'est-à-dire d’exclus. Chacun trouve sa place
dans le groupe.
I.3.2. Les faiblesses 
Cependant, il faut signaler que l’éducation traditionnelle donne un enseignement à circuit
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fermé. Chaque génération se contente de transmettre à la génération montante les sommes de
connaissances acquises de la génération antérieure sans changement. Le progrès est difficile
dans cette condition et l’absence d’écriture a fait que beaucoup de vérités, de connaissances
ont été détériorées par le temps.
II. Éducation coloniale française 
La première école coloniale française s’est installée à Kayes en 1886 par Gallieni sous le
nom de « L’école des Otages » qui devient «  L’école des fils de chef et des interprètes ». Il
y’aura beaucoup d’autres écoles telles que celle de Bafoulabe et Kita animées par les mêmes
objectifs, c’est-à-dire façonner des hommes soumis à l’autorité d’occupation, des fervents
défenseurs de la politique coloniale.
II.1. Objectifs et moyens de l’école coloniale française 
Cette école avait pour objectif de former :
- Des auxiliaires d’administration (interprètes, commis, ouvriers, etc.).
- Des sujets assimilés, dévoués pour la cause de la France.
Cette école utilise les moyens comme toute école, c'est-à-dire un enseignement donné dans
un lieu spécialisé (école). Cet enseignement est oral et écrit avec une tendance à privilégier
l’écrit. Il est beaucoup plus théorique que pratique.
II.2. L’analyse critique de l’école coloniale 
II.2.1. Les faiblesses 
À l’école coloniale française, le nombre d’élèves et la qualité de l’enseignement étaient tout
juste nécessaire aux besoins de l’administration coloniale. En 1960, le taux de scolarisation
était très bas ; 7% seulement de la population malienne avaient été scolarisés par l’école
coloniale française. Les programmes d’enseignement n’étaient pas du tout adaptés aux
réalités du pays. Par exemple, l’enseignement était donné en langue française dans le mépris
total des langues maliennes. L’école coloniale était discriminatoire et sélective.
II.2.2. Les forces 
Toutefois, il faut reconnaître à l’école coloniale française son ouverture du savoir, sa
rationalisation des connaissances et sa laïcité. Il faut lui reconnaître aussi l’importance de
l’écriture. C’est aussi cette école qui a fourni au Mali ses premiers cadres et c’est elle qui a
permis l’éveil des consciences. C’est aussi à cette école que les réformateurs de notre
système éducatif ont été formés.
III. Étude comparative entre école traditionnelle et école coloniale 
- Contrairement à l’école traditionnelle où tous les enfants y accèdent, l’école coloniale
était sélective et discriminatoire.
- Du fait de son caractère sélectif, le renvoi à l’école coloniale française y était fréquent
et massif. Seuls quelques enfants doués y restaient.
- Dans l’éducation traditionnelle, la formation était non formelle, orale, sans écriture,
tandis qu’à l’école coloniale française elle était donnée non seulement oralement mais
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aussi et surtout par écrit et dans un lieu spécialisé (école).
- L’enseignement se transmet de façon ésotérique alors que celui de l’école coloniale
était rationnel.
Conclusion : L’histoire de l’enseignement colonial au Soudan permet de comprendre les
motivations des congressistes de 1962 qui ont compris que le système éducatif colonial fondé
sur l’assimilation, la dépersonnalisation, l’aliénation de l’africain colonisé était en
contradiction flagrante avec les valeurs maliennes, africaines. C’est ainsi que, conformément
aux nouvelles orientations politiques du jeune État, la Reforme de 1962 a vu le jour.
Chapitre III : Historique de l’enseignement au Mali : La Réforme de 1962
L’initiative de réorganiser les systèmes éducatifs africains est née lors de la conférence
d’Addis-Abeba (Éthiopie) sur l’éducation en 1961. La première réforme de l’enseignement
au Mali verra ainsi le jour en octobre 1962. Elle avait pour but fondamental de s’attaquer aux
aspects qualitatifs et quantitatifs de l’enseignement afin de fournir, avec une économie
maximum de temps et d’argent, tous les cadres nécessaires au développement du pays.
1. Les raisons 
À l’indépendance, le Mali a hérité d’un système de formation essentiellement tourné vers la
satisfaction des besoins de la métropole. Ce système visait à former des cadres subalternes
jouant surtout le rôle d’intermédiaire entre l’administration coloniale et la population
indigène. Il se caractérisait par la sous scolarisation. Seulement 7% de la population
malienne étaient passés par l’école française. Ainsi, le Mali comptait à l’indépendance trois
docteurs vétérinaires, une dizaine de professeurs, huit à dix docteurs en médicine, trois
pharmaciens pour une masse de 4 300 000 habitants.
La Reforme de 1962 se donne alors l’ambition dans un délai, relativement court et à couts
réduits l’enseignement universel afin de faire sortir le pays de l’obscurantisme.
2. Les motivations
- La première motivation de la Reforme de 1962 était d’assurer l’indépendance culturelle
par une réelle « maliennisation » du système éducatif.
- La seconde motivation était d’ordre économique : tout en comptant avec les possibilités
très réduites de l’économie malienne, le pays avait besoin et rapidement des cadres
moyens et supérieurs pour les divers plans de développement.
- La troisième motivation était d’ordre social : vaincre l’analphabétisme.
Pour y parvenir, la Reforme s’est fixée cinq (5) objectifs ou principes
3. Les principes :
3.1. Un enseignement tout à la fois de masse et de qualité 
Au lendemain des Indépendances, le Mali était à 93% de sa population non scolarisée. En
premier lieu, le but de la Réforme était de scolariser tous les enfants d’âge scolaire sans
discrimination et leur permettre de continuer leurs études aussi longtemps que possible, d’où
la création des Instituts de Formation des Enseignants pour ainsi assurer une éducation de
qualité. Cependant, ce principe se trouve être l’un des plus controverses de par son caractère
antinomique.
3.2. Un enseignement qui puisse fournir avec une économie maximum de temps et
d’argent, tous les cadres dont le pays a besoin pour ses divers plans de
développement 
En 1962, le Mali était un État assez jeune avec des ressources très limitées. Il s’agissait donc
d’assurer une éducation à coût réduit, une éducation permettant à l’apprenant d’être sur
place, de rapprocher l’école des communautés et de former des cadres dont l’État a besoin
pour son développement.
3.3. Un enseignement qui puisse garantir un niveau culturel permettant
l’équivalence des diplômes avec les autres États modernes 
Les programmes d’enseignement en plus de leur contenu qui visent à lier le citoyen à son
milieu doivent respecter les normes définies par l’UNESCO et les autres organismes inter-
régionaux ou internationaux.
3.4. Un enseignement dont le contenu sera basé non seulement sur les valeurs
spécifiquement africaines et maliennes, mais aussi sur les valeurs universelles :
Il s’agit à ce niveau d’adapter les contenus de nos programmes de formation à nos
besoins, c’est-à-dire à nos réalités socioculturelles et économiques.
3.5. Un enseignement qui décolonise les esprits 
Il s’agit dans ce principe de renouer le colonisé avec ses valeurs d’antan, tout ce dont à
travers lequel il s’identifie et se reconnait. Il s’agit de former un cadre nanti des valeurs
africaines et en particulier maliennes bien qu’ayant été formé dans une langue qui n’est pas
la sienne.
4. L’introduction de la ruralisation à l’école 
Dans l’esprit de la Reforme de 1962, il s’agissait de donner à l’enfant l’amour du travail en
particulier du travail manuel (enseignement agricole, ménager, en atelier…). La ruralisation
apparaissait comme moyen de lier l’école à la vie.
5. Les insuffisances de la Réforme
L’esprit de la Reforme était certes louable, mais dans sa conception et dans son application,
elle a connu des insuffisances.
a- Au plan de la conception : La Reforme a connu un moment d’euphorie et de
précipitation. Les initiateurs avaient pris trop à la hâte à sa réalisation. Le français est
maintenu comme langue d’enseignement au détriment des langues nationales.
b- Au plan de l’application  : Selon la Reforme, l’État doit mettre l’accent sur la
formation technique et professionnelle. Or, il ressort que bon nombre d’élèves qui
terminent le second cycle de l’enseignement fondamental, poursuivent leurs études au
niveau de l’enseignement secondaire général.
Exemple : La distribution suivante donne pour l’année 1975-1976 : 2,9 %
enseignement secondaire technique ; 33,9% formation professionnelle courte ;
63,2% enseignement secondaire général.
c- Au plan du cout  : En 1978, le Mali investissait 30% de son budget en éducation :
4% pour l’équipement ; 43% pour les bourses (secondaire et supérieur) ; 53%
salaires enseignants, personnel administratif.
d- Au plan de la ruralisation : La ruralisation qui était une exigence de la Reforme a été
un échec : pas d’objectifs cohérent, pas d’articulation entre enseignement classique et
travaux champêtres, surcharge pour les élèves et les maitres, absence de participation
effective des agents techniques.
Conclusion :
Tout système éducatif cohérent fixe un objectif de ce qui sera le citoyen qu’il a en charge
d’éduquer. Dans ce processus d’éducation, tout n’est pas parfait. Il y a des remises en cause,
des amendements, des innovations. Le système éducatif malien n’échappe pas à cette vérité.
La Reforme de 1962 qui définit les objectifs de l’école malienne, a certes des insuffisances
mais elle a eu le mérite de jeter les bases d’une réflexion constructive et permanente.
RÉSUMÉ MORALE PROFESSIONNELLE
Chapitre II : Métier d’éducateur
L’éducateur doit être convaincu de la lourdeur de son rôle dans la société. Son métier, il doit
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le savoir, n’est pas seulement une fonction et encore moins un gagne - pain ; c’est encore et
surtout un service social, dominé par le souci constant de promouvoir une culture humaine.
C’est un beau métier d’éveilleur d’intelligence, un métier de serviteur d’idéal et même un
sacerdoce. Le sacerdoce nous conduit ainsi à la vocation

1. La vocation 
La vocation signifie étymologiquement « l’appel  », ce terme désigna à l’origine « la voix de
Dieu  » qui prédestine à toute fonction ecclésiastique.
Du domaine religieux, « vocation » passe dans le domaine laïc, se définissant alors comme
l’irrésistible attirance exercée par une carrière à caractère artistique ou social. Comme
précédemment dit, on ne devient pas éducateur uniquement pour gagner sa vie. Un éducateur
est celui qui a fait don de sa personne. Il est un éveilleur d’intelligence parce qu’il travaille
sur l’intelligence de l’élève. L’éducateur est aussi un serviteur d’idéal, parce que son
enseignement est avant tout tourné vers l’avenir du pays, en ce sens que sa mission est de
former l’homme, le citoyen, le producteur de demain.

Ainsi, d’après A. Ferré ce qui caractérise la vocation dans son acception propre «  C’est le
don de soi, l’engagement de l’être entier avec toutes les ressources de son intelligence et de
son cœur, toutes ses forces spirituelles et même physiques, de tout son temps dans sa tâche
professionnelle. Avoir la vocation d’un métier c’est dans l’absolu de vouloir ne vivre que
pour lui. »

Pour P. Bernard : «  Quiconque aime les enfants ; c’est une véritable vocation, possède, par
surcroît, le goût de l’action réfléchie, ne manquera pas de plaire dans l’enseignement ».

Quant à l’idéal, il consiste à se dévouer pour les enfants. Selon André Ferré : « les meilleurs
enseignants ne sont pas forcément les plus instruits, les plus habiles bien que ces qualités
soient importantes. Il trouve que les meilleurs enseignants sont parmi ceux qui se montrent
dévoués à leur métier, ceux qui ont la vocation enseignante  ».

Le salaire que le maître perçoit est légitime, nécessaire pour lui de vivre honnêtement, de
tenir son rang dans la société, mais jamais l’amour d’argent ne doit passer en premier lieu. À
ce titre Poitrinal affirmait : «  votre premier souci est-il l’argent et votre règle, le moindre
effort  ? Cherchez une autre profession. Mais avez-vous l’amour des enfants et des études,
votre opinion est telle que le but essentiel de la vie n’est pas la richesse et ses vanités et que
le bonheur tient avant tout à des occupations qu’on aime à une œuvre qui vous prend tout
entier et dont on sent la grandeur, n’hésitez pas, faites-vous instituteurs  ? »
Ainsi, les signes les plus déterminants de la vocation enseignante sont : l’amour de l’enfance
et de la jeunesse, le goût des études, le besoin de s’extérioriser, le besoin de communiquer, le
besoin de faire profiter autrui à son expérience.
2. Le choix du métier d’éducateur 
Le choix du métier est extrêmement important dans la vie d’un homme et surtout quand il
s’agit du métier d’éducateur.
Nous devons être à mesure d’exercer la profession librement choisie car, si elle est exercée à
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contre cœur ou simplement supportée comme une dure nécessité, c’est tout le bonheur de
notre vie qui est compromis.
Pour ce qui est du métier d’éducateur, il suppose un certain nombre de conditions parmi
lesquelles nous avons la vocation (amour de la profession), des aptitudes, physiques,
intellectuelles nécessaires, morales et un amour pour les enfants.

3. L’importance et la place de la vocation dans le choix du métier


d’éducateur 
L’enseignement est une branche assez délicate qui exige beaucoup de tacts, d’habilités, de
conscience et don de soi. Il est vraiment embarrassant de s’y engager sans vocation préalable.
Bien sûr, on trouve dans l’enseignement ceux qui enseignent sans vocation mais cette
vocation peut s’éveiller en eux, au cour de leur carrière.
Chapitre III : Les exigences du métier d’éducateur
Un des buts de l’école consiste à donner à l’enfant le goût des études. S’instruire et méditer
pour accéder à la culture constituent l’un des devoirs de l’éducateur. Il faut être un
intellectuel au vrai sens du terme. La qualité de son travail est à ce prix.
1. Les qualités d’un bon maitre :
Tous les maitres ont les mêmes responsabilités c’est-à-dire éduquer et instruire les élèves
d’une classe. Il leur faut donc les mêmes qualités. Roger Coussinet, pédagogue français du
XIXe siècle, dans son livre « La formation de l’éducateur » exige de l’instituteur dix
qualités : la vocation, l’amour de l’enfance, la compréhension, la résistance physique,
l’attrait personnel, l’autorité personnelle, la culture générale, des dons artistiques, l’habileté
manuelle et la morale personnelle et professionnelle.
1.1. La vocation 
Elle se définit comme un mouvement intérieur par lequel on se sent appeler par Dieu. Toute
vocation est un appel. C’est aussi une inclination, un penchant qu’on a pour une profession,
un état. Avoir la vocation pédagogique, c’est avoir une passion manifeste pour le métier
d’éducateur. Elle implique une constante recherche de l’âme enfantine à la lumière de sa
propre curiosité intellectuelle. Le maître qui aime son métier s’y consacre de toute son âme
et sa propre éducation est le premier de ses soucis.
1.2. L’amour et la compréhension des enfants
Les enfants ne sont pas des hommes en réduction (sous hommes). Ils pensent, veulent,
éprouvent des émotions et des sentiments à leur manière. L’éducateur qui ne chercherait pas
à pénétrer les mécanismes de cette nature enfantine pourrait-il être en mesure de la modeler
efficacement. Seul l’amour des enfants peut étayer l’inépuisable patience dont il faut faire
preuve pour agir sur le cœur, l’esprit et le corps d’une cinquantaine d’êtres.
1.3. Les aptitudes physiques
Si tu veux devenir athlète, disait Épictète : « examine tes épaules, tes cuisses, tes reins car tel
homme est fait pour une chose et tel homme pour une autre ». En effet, au regard de la
complexité de sa tâche, l’enseignant, en plus de ses aptitudes mentales, doit tenir
physiquement pour mieux l’exécuter. Sa propre formation ne se limite pas aux seules
capacités intellectuelles.
1.4. La culture générale et formation continue
Le maître doit savoir plus que ce qu’il enseigne. Toutes les notions enseignées aux
apprenants doivent correspondre chez lui à des connaissances parfaitement assimilées et
enrichies par la réflexion personnelle. Dans l’accomplissement de sa mission, il doit
fournir aux enfants les instruments intellectuels indispensables, fortifier, affiner leur
intelligence et les préparer à une assimilation vivante et personnelle des idées. Mais
comment parviendra-t-il à communiquer aux apprenants cette flamme qu’est le désir de
comprendre, faire toujours mieux si lui-même il n’en possède pas ? C’est pourquoi le
maître doit toujours réserver en marge des obligations scolaires et postscolaires, si
envahissantes soient-elles quelques moments de contact avec les livres, d’échanges
d’idées et d’expériences signe essentiel de l’intellectualité et fondement de toute culture
générale.
Ainsi la culture générale permet au maître d’échapper à la routine et la formation
continue lui ouvre la voie d’un dépassement constant de soi-même et d’éviter la paresse
intellectuelle.
1.5. L’autorité personnelle
Le maître sera juste envers tous ses élèves et n’aura de préférence pour aucun d’eux et les
traitera selon leur mérite. Il ne punira que les fautes certaines, son esprit de justice doit être
au-dessus de tout soupçon. Les élèves acceptent une discipline même sévère, un travail
excessif mais se révoltent contre l’injustice.
1.6. Les dons artistiques
Il n’est pas exagéré de parler d’œuvre créatrice lorsqu’il s’agit d’éducation. On ne crée pas
l’enfant ni ses potentialités latentes, mais on modèle un être capable de remplir son rôle
d’homme dans une société évoluée. Le sculpteur qui, sans créer le bois, l’argile ou le marbre
en utilise les propriétés pour dégager l’œuvre, création véritable. Celui ce qui n’est pas attirés
par cet art qui consiste a transformé, pour les rendre meilleurs à la vie sociale, le cœur et
l’esprit d’autrui, ne doit pas chercher sa voie dans l’enseignement. Le talent se constate à
l’action. Les maitres se différencient des uns des autres par leur manière d’enseigner.
1.7. La maîtrise de soi
Pour réussir dans la classe, le maître aura besoin d’une grande égalité d’humeur, d’une pleine
et constante possession de soi-même. Le règlement interdit les châtiments corporels. Il est
évident que le maître ne se grandit pas en se livrant à des excès de colère qui se traduisent
par des gestes violents. L’enseignement est une longue patience. « Vous ne serez jamais un
bon éducateur si vous n’avez pas fait d’abord l’éducation de vos nerfs. »
1.8. La morale personnelle et professionnelle
L’éducateur doit avoir un jugement droit, d’être capable d’apprécier une situation donnée
avec le maximum d’objectivité en tenant compte de tous les aspects.
Chapitre IV : Les tâches scolaires de l’enseignant
Au sein d’une école, le maître a des rapports avec le directeur, avec ses collègues et avec les
élèves.
1. Les rapports du maître avec le directeur 
Le directeur d’école a sous ses ordres plusieurs maîtres. C’est lui qui a la responsabilité de la
bonne organisation pédagogique de l’enseignement. Il a devoir et par conséquent le droit de
guider les maîtres et surtout ceux qui débutent, de coordonner leurs efforts vers un but
commun, c'est-à-dire la bonne marche de l’école. Ce qui fait de lui une autorité scolaire. À ce
titre, les autres maîtres de l’école lui doivent :
- respect dans le langage et dans le comportement ;
- esprit de bonne coopération ;
- obéissance dans le cadre des institutions et textes officiels.
2. Les rapports du maître avec ses collègues
Les maîtres d’une école, quel que soit leur nombre, constituent un corps professionnel
solidaire. Ils sont liés les uns aux autres par des intérêts et des sentiments communs. Leurs
rapports portent sur le respect mutuel, la solidarité et l’entraide dans les actes, la
bienveillance, l’esprit du groupe, la collaboration, la coopération dans le métier d’enseignant,
les échanges d’expériences et de documents.
Cependant, la vie relationnelle est souvent difficile car il est question d’équilibre entre les
élans égocentriques et les exigences professionnelles. Pour l’image de l’école, le maître doit
éviter d’étaler sur la place publique les désaccords nés au sein de l’école, car il apporterait de
l’eau au moulin de l’opinion publique. Critiquer un collègue, c’est le diminuer dans l’esprit
public et par conséquent diminuer le corps tout entier. Payot, à l’adresse des instituteurs dit
ceci : «  Parmi les règles de conduite supérieures à tous les cas particuliers, comptez celle de
toujours soutenir vos collègues même s’ils ne vous soutenaient pas et de ne jamais vous
répandre en récriminations contre eux ».
3. Les rapports du maître avec ses élèves 
Les élèves doivent respect et obéissance au maître. À son tour, il doit aux élèves :
- L’amour, le respect de leur personnalité : l’éducation du maître ne doit pas tourner au
dressage. Il ne doit non plus humilier ses élèves ;
- l’honnêteté dans le travail ;
- l’esprit de justice, d’équité et d’égalité ;
- l’esprit de loyauté, de liberté, de fraternité et discipline ;
- la maîtrise totale de soi.
Ce sont des qualités qui peuvent mettre les élèves en confiance. Il ne doit exister aucun
rapport de doute entre l’élève et son maître car il est sensible à cet âge.
4. L’école et familles
Par-delà des murs de sa classe, il appartient au maître d’être le guide intellectuel, moral et
social des collectivités qui l’entourent. Cela confère une dignité, une autorité et le devoir
qu’il ne saurait méconnaitre. L’isolement du maitre dans sa classe et dans sa société est la
première faute à éviter. Le maître entretient un rapport d’étroite collaboration avec les
familles des élèves. La société confie ses enfants aux maîtres d’école. Ceux-ci doivent rendre
compte de leur mission, non seulement à l’État mais aux parents d’élèves qui leur ont fait
confiance. Un parent a le droit de savoir ce que son enfant fait à l’école et un enseignant a le
devoir de compléter son autorité par celle de la famille de celle des enfants qui lui sont
confiés.
Au Mali, pour renforcer la collaboration entre enseignant et parents d’élèves, il est créé dans
chaque établissement scolaire un Comité de Gestion Scolaire (CGS). Ce comité est conçu
pour ménager de façon rationnelle les intérêts matériels et moraux de chaque établissement et
améliorer des conditions de travail des maîtres et des élèves. Le maître doit s’évertuer à
associer les familles à la vie de l’école. Les fêtes de fin d’année et la remise solennelle des
bulletins de notes mensuels et trimestriels constituent des occasions rêvées pour réaliser une
telle ambition.
4.1. Les domaines de coopération entre l’école et les familles 
Cette coopération doit porter sur le travail scolaire, sur la conduite des élèves, sur les
rapports sociaux et la santé des enfants.
Dans chacun de ces domaines, l’école dispose de moyens dont certains lui sont recommandés
par les institutions officielles et d’autres laissés à sa propre initiative.
4.1.1. Les moyens recommandés 
L’envoi aux parents d’élèves des bulletins et cahiers de notes, la rencontre avec les APE ou
les CGS, la convocation du parent de l’élève en cas d’indiscipline grave ou d’absence répétée
non justifiée sont autant de voies de rapprochement de l’école aux familles.
4.1.2. L’initiative de l’école ou du maître 
Les visites aux élèves malades ou aux parents d’élèves sont laissées à la propre initiative du
maître. Pour cela, le maître ne doit se subordonner aux familles.
Il est d’ailleurs très sage que le règlement scolaire interdit aux maîtres d’école de recevoir de
leurs élèves ou des parents de ceux-ci des cadeaux.
4.2. Nécessité de la coopération entre l’école et les familles 
La coopération permettra :
- Sur le plan de l’éducation, de faire une harmonisation entre l’œuvre éducative de
l’école et celle des familles ;
- Sur le plan social, de mieux connaître et comprendre les conditions de vie de chaque
enfant dans sa famille, la situation sociale et la valeur morale de ses parents ;
- Sur le plan travail, de conjuguer les efforts, pour une surveillance plus stricte des
élèves dans leur devoir de tous les jours.

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