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Comité européen

de normalisation (CEN)

par Thierry CRIGNOU


Responsable du pôle Relations institutionnelles internationales à l’Association française
de normalisation (AFNOR)

1. Membres du CEN...................................................................................... R 84 - 2
1.1 Membres nationaux .................................................................................... — 2
1.2 Membres associés ....................................................................................... — 2
1.3 Affiliés........................................................................................................... — 3
1.4 Conseillers.................................................................................................... — 3
2. Structures du CEN ................................................................................... — 3
2.1 Structures politiques ................................................................................... — 3
2.2 Structures de gestion technique ................................................................ — 3
2.3 Centre de management du CEN (CMC) ..................................................... — 5
3. Activités du CEN ...................................................................................... — 5
3.1 Établissement des normes européennes (EN) .......................................... — 5
3.2 Établissement d’autres documents............................................................ — 6
3.3 Autres activités du CEN............................................................................... — 6
4. Relations avec l’ISO ................................................................................ — 6
Références bibliographiques ......................................................................... — 7

L a mission du Comité européen de normalisation (CEN) est d’œuvrer en


faveur de l’économie européenne dans les échanges commerciaux interna-
tionaux, du bien-être des citoyens européens et de l’environnement en offrant
aux parties intéressées :
— une structure efficace pour l’élaboration, la mise à jour et la diffusion
d’ensembles cohérents de normes et spécifications ;
— des produits et des services directement ou indirectement apparentés aux
normes et à leur utilisation.
La directive européenne 98/34/CE [1] prévoyant une procédure d’information
mutuelle dans le domaine des normes et des réglementations techniques,
reconnaît dans son annexe I, trois organismes européens de normalisation. Le
Comité Européen de Normalisation constitue donc avec le Comité Européen de
Normalisation Électrotechnique (CENELEC) [2] [3] [4] et l’European Telecom-
munications Standards Institute (ETSI) le système européen de normalisation.
Alors que le CENELEC et l’ETSI sont des organismes spécialisés respective-
ment dans les domaines électrotechnique et des télécommunications, le CEN
ne voit son domaine d’activité formellement borné que par celui des deux
autres organismes européens. Créé en 1961, il a été constitué en 1975 en asso-
ciation internationale privée de droit belge sans but lucratif. À cette occasion,
le siège a été transféré de Paris à Bruxelles.
Les coordonnées du site internet du CEN sont : http://www.cenorm.be

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1. Membres du CEN Le tableau 1 donne la liste des membres nationaux du CEN,


fin 1999.

1.1 Membres nationaux 1.2 Membres associés


Cette catégorie a été créée en 1992 afin de fédérer autour du
Ils sont constitués par les organismes nationaux de norma- CEN, les organisations représentatives au niveau européen des
lisation des pays d’Europe, à raison d’un par pays. Ils sont à acteurs économiques et sociaux ayant un intérêt légitime dans la
l’origine de la création du CEN et en constituent toujours normalisation européenne. Ils sont associés de façon croissante à
l’épine dorsale. la définition de la stratégie du CEN ainsi qu’à son fonctionnement.
Ils sont aujourd’hui au nombre de 19 parmi lesquels l’AFNOR, La liste des sept membres associés (début 2001) est donnée
Association Française de Normalisation. dans le tableau 2.

Tableau 1 – Membres nationaux du CEN


Pays Organisme national de normalisation Sigle Adresse Internet
Allemagne Deutsches Institut für Normung DIN http://www.din.de
Autriche Österreichisches Normungs institut ÖN http://www.on-norm.at
Belgique Institut belge de normalisation IBN http://www.ibn.be
Danemark Dansk Standard DS http://www.ds.dk
Espagne Asociación Española de Normalización AENOR http://www.aerones.es
Finlande Suomen Standardisoimisliitto r. y. SFS http://www.sfs.fi
France Association Française de Normalisation AFNOR http://www.afnor.fr
Grèce Organisation grecque de normalisation ELOT http://www.elot.gr
Irlande National Standards Authority of Ireland NSAI http://www.nsai.ie
Islande Conseil islandais de Normalisation STRI http://www.stri.is
Italie Ente Nazionale Italiano di Unificazione UNI http://www.unicei.it
Luxembourg Service de l’Énergie de l’État SEE http://www.etat.lu/SEE
Norvège Norges Standardiseringsforbund NSF http://www.standard.no
Pays-Bas Nederlands Normalisatie-instituut NEN http://www.nen.nl
Portugal Instituto Português da Qualidade IPQ http://www.ipq.pt
Royaume-Uni British Standards Institution BSI http://www.bsi-global.com
Suède Standardiseringen i Sverige SIS http://www.sis.se
Suisse Schweizerische Normen-Vereinigung SNV http://www.snv.ch
République Tchèque Institut des normes tchèque CSNI http://www.csni.cz

(0)

Tableau 2 – Membres associés du CEN (début 2001)


Organisation Sigle Adresse Internet
European Association for the co-ordination of consumer representation in
standardisation ANEC http://www.anec.org

Bureau Technique Syndical Européen pour la Santé et la Sécurité BTS http://www.etuc.org/tutb


Bureau européen de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises pour la
normalisation NORMAPME http://www.wk.or.at/sme-web/normapme

Fédération de l’Industrie Européenne de la Construction FIEC http://www.fiec.be


Conseil Européen de l’Industrie Chimique CEFIC http://www.cefic.be
European Confederation of Medical Devices Associations EUCOMED http://www.eucomed.be
Comité Européen de Coopération des Industries de la Machine Outil CECIMO http://www.cecimo.be

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1.3 Affiliés Vice-Présidents et du Secrétaire Général, assure la préparation des


décisions et leur exécution.
La normalisation européenne joue un rôle central dans la poli- Le Conseil d’Administration est assisté dans ses fonctions par
tique communautaire notamment en ce qui concerne la libre circu- plusieurs comités centrés sur des aspects particuliers de la poli-
lation des marchandises. L’écroulement des régimes communistes tique du CEN : travaux techniques (§ 2.2), politique commerciale,
en Europe centrale et orientale ainsi que l’élargissement envisagé relations extérieures, qualité...
de l’Union européenne imposaient d’associer ces pays au système
européen de normalisation. Aussi, en 1990, a été offert aux orga-
nismes nationaux de normalisation des pays susceptibles d’adhé- 2.2 Structures de gestion technique
rer à l’Union européenne, le statut d’affilié correspondant à un
statut classique d’observateur. Fin 1999, ils sont au nombre de 14,
comprenant la totalité des pays d’Europe centrale et orientale y Trois niveaux d’instances se répartissent la conduite de l’activité
compris la Slovénie et la Croatie mais pas les autres États issus de de production des normes et autres documents normatifs
l’ancienne Yougoslavie, les pays Baltes, la Turquie, Chypre, Malte. (cf. figure 1).
Ces affiliés ont vocation à devenir membres nationaux du CEN, dès
■ Bureau technique (BT)
lors qu’ils satisfont à neuf critères permettant de s’assurer qu’ils
rempliront correctement leurs obligations de membres. Ainsi, par Sous l’autorité du Conseil d’Administration, le bureau technique
exemple, ils doivent avoir repris 80 % des normes européennes. a en charge la définition de la politique technique du CEN. Il pré-
Fin 1999, seul l’institut tchèque a réuni ces conditions pour devenir pare, pour décision par le Conseil d’Administration, les règles pré-
membre national mais les trois prochaines années devraient voir sidant à l’élaboration et la présentation des normes, contenues
ce mouvement s’amplifier. dans le règlement intérieur du CEN (commun avec le CENELEC),
et fixe leurs modalités de mise en œuvre. Il décide de la création
de nouveaux comités techniques, de leur domaine d’activité et
attribue les secrétariats. Il veille également à ce que les règles
1.4 Conseillers fixées soient respectées par l’ensemble des comités techniques et
groupes de travail et prend éventuellement les sanctions néces-
En 1999, les statuts du CEN ont reconnu la place éminente de saires. Il mène toute étude qu’il juge utile pour l’orientation des
certaines institutions politiques pour l’activité du CEN en leur travaux.
offrant le statut de Conseiller. Celui-ci permet de les associer for-
mellement et de manière permanente aux orientations politiques Le bureau technique se réunit normalement deux fois par an
et stratégiques du système. Fin 1999, la Commission européenne sous l’autorité du Vice-Président Technique. Il est composé d’un
et le Secrétariat de l’AELE (Association Européenne de Libre représentant de chaque membre national, de chaque membre
Échange) bénéficient de ce statut. associé et des Conseillers ainsi que des rapporteurs sectoriels
(cf. ci-dessous). Seuls les membres nationaux possèdent le droit
de vote et les décisions sont prises à la majorité simple.

■ Comités techniques (TC)


2. Structures du CEN Les comités techniques (Technical Committees ) forment l’unité
de base d’organisation des travaux normatifs. Ils constituent
l’échelon de programmation et de pilotage de ceux-ci.
2.1 Structures politiques Depuis quelques années, dans un souci d’accroître l’efficacité du
CEN, de nombreuses décisions qui relevaient autrefois du bureau
■ Président et Vice-Présidents technique leur ont été déléguées. Chacun d’entre eux établit désor-
mais un « business plan », plan d’actions, qui identifie les enjeux
L’Association est représentée par un Président élu par l’Assem- majeurs ainsi que les partenaires pour son domaine d’activité et
blée Générale pour une période de deux à trois ans. Citoyen d’un qui formalise la programmation des travaux dont il a la charge. Ce
des pays membres du CEN, reconnu pour son expérience dans le business plan est soumis à l’approbation du bureau technique. Le
domaine de la normalisation, il est normalement choisi en dehors comité technique dispose ensuite de l’autorité nécessaire pour
des organismes membres nationaux. Il préside l’Assemblée Géné- veiller à sa bonne application et procéder aux adaptations néces-
rale et le Conseil d’Administration. saires. Il crée et désigne ainsi les groupes de travail chargés de
Le Président est assisté par trois Vice-Présidents en charge res- mettre au point les projets de normes et leur donne des orienta-
pectivement de la politique, de la technique et des finances, nor- tions afin d’assurer une bonne coordination des travaux dont il a
malement choisis, parmi les directeurs généraux des membres la charge. Il peut également, dans certaines limites, modifier le pro-
nationaux pour des mandats de deux à trois ans. gramme de travail contenu dans le business plan. Il est responsa-
ble des réponses apportées aux commentaires formulés lors de
■ Assemblée Générale l’enquête et de la mise à jour des normes adoptées.
Pouvoir suprême de l’Association, elle réunit normalement une Les comités techniques sont composés de délégations natio-
fois par an tous les membres en présence des Affiliés et des nales de trois membres maximum, nommées par les comités
Conseillers. membres nationaux. Elles seules possèdent un droit de vote, les
■ Conseil d’Administration décisions étant prises à la majorité simple. La participation aux
comités techniques est cependant élargie aux représentants des
Il réunit tous les membres nationaux du CEN sous la présidence membres associés, à des délégations nommées par les membres
du Président. Les décisions sont prises par consensus, ou à défaut, affiliés et à des personnes d’organisations et fédérations euro-
par une majorité simple (un membre national, une voix). Le Secré- péennes à caractère professionnel qui bénéficient d’un statut de
taire Général assure le secrétariat du Conseil d’Administration qui liaison (aujourd’hui plus de 310 d’entre elles bénéficient de ce
se réunit normalement quatre fois par an. Depuis 2000, une partie statut). La gestion administrative du comité technique est assurée
de ses sessions est ouverte aux Associés et aux Conseillers pour par un secrétaire désigné par le comité membre national, ou,
débattre des questions de politique générale. depuis 2000, par le membre associé, retenu par le bureau tech-
Entre les sessions du Conseil d’Administration, le Comité de nique. Les comités techniques sont numérotés dans l’ordre de leur
gestion (Management Committee) constitué du Président, des trois création.

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Bureau technique
(BT)

N N N
N
Comité technique Comité technique Comité technique
N AF
(TC) N (TC) (TC)
AF
N N L
AS L

N AS
Sous comité Sous comité Sous comité
N AF
(SC) (SC) (SC)
N AF
L L

E E
Groupe de travail Groupe de travail
E E
(WG) (WG)
E E
E

N : délégations nationales désignées par les membres nationaux


AS : membres associés
AF : affiliés
L : organisations en liaison (associations européenes ou internationales)
E : experts

président secrétaire animateur


Figure 1 – Structures de gestion technique
du CEN

Les travaux sont conduits par un président dont la nomination se réservant l’approbation des documents en tant que normes
est proposée par le secrétariat du comité technique et entérinée européennes.
par le bureau technique. Ce président, élu pour une durée maxi- Fin 1999, il existe deux organismes associés : l’AECMA (Associa-
male de six ans, n’est pas nécessairement de la même nationalité tion Européenne des Constructeurs de Matériel Aérospatial) pour
que le secrétaire. Un comité technique se réunit normalement une le secteur aéronautique et l’ECISS (European Committee for Iron
à quatre fois par an. and Steel Standardisation ) pour le secteur sidérurgique.
Il existe, fin 1999, 270 comités techniques actifs au CEN. Cette Par ailleurs, le CEN a mis en place des structures sectorielles qui
structure constituée principalement entre 1985 et 1991, est visent à assurer une meilleure coordination des comités tech-
aujourd’hui stabilisée : en effet, entre 1985 et 1991, le nombre de niques œuvrant dans un domaine et à dégager le caractère priori-
comités techniques est passé de 49 à 247 et a peu progressé taire de certains travaux. Elles ont pour ambition de faire dialoguer
depuis. Plus des deux tiers des secrétariats de comités techniques les acteurs du système normatif avec les responsables des parties
sont assurés par les trois grands instituts nationaux DIN (28 %), BSI intéressées. Les modalités de fonctionnement sont flexibles et
(21 %) et AFNOR (20 %) (cf. tableau 1). Certains comités techniques adaptées aux besoins de chaque domaine. Néanmoins, le plus sou-
comprennent des sous-comités (Subcommittees ) à qui sont délé- vent, les secteurs sont organisés autour d’un rapporteur sectoriel
gués tout ou partie des tâches attribuées au TC : fin 1999, le CEN qui a vocation à être l’ambassadeur de son domaine tant au sein
comptait 120 sous-comités actifs. Une évaluation de ces sous- du système CEN qu’à l’extérieur, assisté d’un petit nombre de per-
comités est en cours fin 1999, visant à supprimer cet échelon dans sonnes (nucleus ) qui s’appuie sur un forum (généralement annuel)
son principe. et des ateliers ad hoc.
■ Groupes de travail (WG) Fin 1999, il existe 13 secteurs :
Les groupes de travail (Working Groups ) constituent l’échelon — construction et génie civil ;
chargé de préparer les projets de norme. Créés par un comité tech- — gaz ;
nique, ils sont constitués d’experts dans le domaine, nommés à — technologies de l’information et de la communication ;
titre individuel et chargés d’établir un consensus technique. Un — équipements de protection individuelle ;
groupe de travail n’a pas de secrétariat mais un animateur désigné — machines ;
à titre personnel par le comité technique responsable. Lorsqu’ils le — santé ;
jugent approprié et en accord avec le président du comité tech- — chauffage, ventilation et air conditionné ;
nique concerné, les groupes de travail décident de l’envoi du projet — sécurité et santé sur les lieux de travail ;
à l’enquête. — équipements sous pression ;
— normalisation et recherche ;
■ Autres structures techniques — bureau consultatif stratégique sur l’environnement (SABE) ;
Dans certains secteurs, les travaux de préparation des normes — transport et emballage ;
sont confiés à des organismes associés extérieurs au CEN, le CEN — cycle de l’eau.

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2.3 Centre de management du CEN (CMC) naux ne peuvent ni publier ni adopter une norme nationale, afin de
ne pas rendre plus difficile la recherche d’un consensus européen.
L’assemblée générale du CEN de 1999 a transformé le secrétariat ■ Élaboration du projet de norme
central du CEN en centre de management du CEN (CMC) indiquant
clairement le passage d’une activité administrative à un rôle actif La mise au point d’un projet de norme est confiée par le comité
dans la gestion de plus en plus complexe du CEN tant par technique à un groupe de travail qui base généralement ses tra-
l’ampleur des travaux que par l’élargissement progressif de ses vaux sur les documents existants. Dans certains cas, il peut être
membres (membres associés et bientôt intégration des membres décidé de sauter cette étape et de procéder directement à l’adop-
affiliés). tion d’un document existant.

Le centre de management du CEN assure le secrétariat des ■ Adoption d’un projet de norme
instances politiques et stratégiques, la représentation du CEN Elle se fait en deux temps sur des projets disponibles en fran-
auprès des instances européennes ainsi que le suivi de la progres- çais, anglais et allemand. Lorsqu’un groupe de travail (WG), après
sion des travaux et la gestion administrative de la procédure accord du président du comité technique concerné, estime son
d’adoption des normes. projet susceptible de recevoir un large soutien, il l’adresse au cen-
Le centre de management du CEN situé à BRUXELLES, com- tre de management du CEN (CMC) par l’intermédiaire du secréta-
prend environ 110 personnes et est dirigé par le secrétaire général riat du comité technique. Le CMC lance la procédure d’enquête de
du CEN. En 2000, comme pour les trois années précédentes son 6 mois pendant laquelle chaque membre national procède à une
budget provient pour moitié de la cotisation de ses membres enquête publique et adresse les commentaires nationaux au
(essentiellement nationaux) et pour 45 % d’une subvention de la comité technique. Les observations recueillies sont alors exami-
Commission européenne dans le cadre de son soutien à la norma- nées par le comité technique qui amende le projet ou le renvoie
lisation européenne. vers le groupe de travail (en l’absence de commentaires, le projet
est réputé adopté). Le projet révisé est soumis au vote formel des
membres nationaux qui, à ce stade, approuvent, désapprouvent ou
s’abstiennent. L’approbation résulte d’une majorité renforcée après
pondération des votes (tableau 3).
3. Activités du CEN (0)

Tableau 3 – Pondération des votes


3.1 Établissement des normes Pays Pondération
européennes (EN)
Allemagne 10
La préparation, l’adoption et la publication des normes euro- France 10
péennes (EN) constituent le cœur de l’activité du CEN. Les normes
Italie 10
européennes ont pour vocation de proposer des pratiques et
solutions techniques à l’industrie européenne et à la société dans Royaume-Uni 10
son ensemble. Elles contribuent ainsi à la réalisation du marché
Espagne 8
unique. Elles résultent de la recherche, tout au long du processus
d’élaboration, d’un vaste consensus qui suppose : une large parti- Belgique 5
cipation, une étape formelle d’enquête publique, un vote final
Grèce 5
démocratique et une application uniforme dans toute l’Europe. Ces
normes reposent sur une discipline commune à tous les membres Pays-Bas 5
nationaux du CEN. Portugal 5
Les caractéristiques de la norme européenne ont conduit l’Union
Suisse 5
européenne à l’utiliser comme outil de sa politique en faveur de la
libre circulation des marchandises. En particulier, une large part de Autriche 4
l’harmonisation des réglementations nationales régissant la mise
Suède 4
sur le marché de certains produits industriels a été réalisée par des
directives conformes aux principes posés par la résolution du Danemark 3
Conseil du 7 mai 1985 concernant « une nouvelle approche en
Finlande 3
matière d’harmonisation technique et de normalisation ». Dans le
cadre de celles-ci, la conformité à certaines normes européennes Irlande 3
dites « harmonisées », et dont les références, dans ce cas, sont Norvège 3
publiées au JOCE (Journal officiel des communautés euro-
péennes), confère au produit une présomption de conformité aux République Tchèque 3
directives et permet au fabricant d’apposer le marquage CE. Fin Luxembourg 2
1999, les activités du CEN s’inscrivent dans le cadre de dix-sept de
ces directives, notamment dans les domaines des jouets, disposi- Islande 1
tifs médicaux, appareils à pression, machines, équipements de TOTAL 99
protection individuelle... Pour connaître les normes harmonisées
adoptées ou en cours d’élaboration par directive, le site web
suivant (uniquement en anglais) peut être consulté :
Pour être adopté, un projet de norme doit recueillir 71 % de
http://www.newapproach.org.
votes positifs (les abstentions n’étant pas comptées). Dans le cas
où ce taux ne serait pas atteint, les voix des pays membres de
■ Inscription au programme de travail et statu quo
l’Espace économique européen (EEE) sont décomptées à part (ce
L’inscription d’un sujet d’étude au programme de travail du CEN qui revient à écarter la Suisse et la République Tchèque — dans le
est décidée par le bureau technique ou par délégation par le cas d’un décompte positif, seuls les pays de l’EEE sont tenus de
comité technique. À compter de l’inscription, les membres natio- reprendre les normes européennes.

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vie de trois ans, renouvelable de deux ans en deux ans. La pré-


6 000 norme a vocation à être transformée en norme européenne (EN).

Nombre de documents CEN


Les instituts nationaux doivent annoncer et rendre disponible la
5 000 pré-norme mais ne sont pas obligés de la reprendre comme norme
4 000
nationale et de retirer les normes nationales divergentes. En
France, les pré-normes sont souvent mises en application sous
3 000 forme de normes expérimentales (XP).
Fin 1999, le CEN avait publié 327 pré-normes.
2 000
■ Rapport CEN (CR)
1 000
Le rapport CEN (CEN Report ) est un document de nature infor-
0 mative qui n’emporte aucune obligation de reprise de la part des
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 organismes nationaux. On en compte 74 fin 1999.
■ Accord technique européen ou CEN Workshop Agreement
Figure 2 – Évolution du nombre de documents CEN
(CWA)
Créé en 1998, c’est le dernier-né des publications du CEN. Conçu
pour répondre à la rapidité croissante des évolutions technolo-
Dans le cas d’approbation d’un document existant (notamment giques, notamment dans les technologies de l’information, il dif-
de normes internationales) ou lorsque le projet est susceptible fère fondamentalement des autres publications du CEN. En effet, il
de ne pas rencontrer d’opposition, les deux étapes peuvent est élaboré en dehors des structures techniques usuelles du CEN
être combinées en une seule selon la procédure de l’acceptation par des « ateliers », groupes de travail qui réunissent de manière
unique (UAP). ouverte les personnes intéressées par l’élaboration d’un référentiel
■ Publication donné. Le consensus dégagé au sein de ces ateliers n’est pas élargi
à d’autres parties. Les organismes nationaux n’ont d’autre obliga-
Une fois la norme européenne adoptée dans ses trois versions tion que l’annonce de leur parution. Fin 1999, il existait 27 accords
linguistiques (anglais, français, allemand), les instituts nationaux techniques européens (CWA).
de normalisation, quel qu’ait été leur vote, ont l’obligation de la
reprendre à l’identique comme norme nationale et de retirer toutes
les normes nationales préexistantes en contradiction. La numéro-
tation assure la traçabilité du processus puisque la norme EN XXX 3.3 Autres activités du CEN
est mise en application en France sous la référence NF-EN XXX, au
Royaume-Uni BS-EN XXX, en Allemagne DIN-EN XXX, en Espagne Elles sont marginales par rapport à l’activité d’établissement de
UNE-EN XXX, ..., chacune de ces normes étant rigoureusement normes européennes mais méritent d’être citées dans la mesure
identique. La norme européenne n’est donc disponible pour les où elles peuvent être appelées à se développer.
utilisateurs que sous la forme des reprises en normes nationales ■ Certification
dans les instituts nationaux. Le catalogue des normes AFNOR
reprend donc l’intégralité des Normes du CEN. Le Bureau de Certification du CEN (CEN Certification Board
CCB), comité du conseil d’administration, définit la politique du
Nota : le catalogue des normes AFNOR est disponible sur le site internet de l’AFNOR
(tableau 1). CEN dans ce domaine. Le CEN, conjointement avec le CENELEC,
possède une marque de certification de produits, la Keymark, qui
peut être apposée sur les produits fabriqués conformément aux
Cette discipline propre au système européen assure réelle- normes européennes. Toutefois, aucune application n’a été déve-
ment l’objectif d’harmonisation : les normes européennes ne loppée à ce jour dans le domaine d’activité du CEN.
représentent pas une strate supplémentaire de documents de
■ Assistance technique
référence mais se substituent aux normes nationales préexis-
tantes de façon identique dans toute l’Europe. Le centre de management du CEN (CMC) comporte une unité de
coopération technique (Technical Cooperation Unit TCU) chargée
de promouvoir la normalisation européenne en dehors de l’Europe
Fin 1999, il existe 5 131 normes européennes (EN) du CEN. et de contribuer à la fourniture d’une assistance technique dans les
Depuis 1996, chaque année, le CEN adopte de 800 à 1 000 normes. domaines de la normalisation, de la métrologie et de la qualité.
L’émergence d’une véritable collection significative d’EN au CEN Son activité est essentiellement tournée vers les pays candidats à
est cependant très récente comme l’illustre la figure 2. Malgré les l’adhésion à l’Union européenne, vers ceux de la Communauté
efforts entrepris depuis plusieurs années, la durée d’élaboration d’États indépendants (CEI) ainsi que vers les pays de la région
des normes européennes reste encore relativement longue, de méditerranéenne.
l’ordre de quatre ans. L’utilisation des technologies de l’informa-
tion avec, par exemple, la mise en place de comités électroniques
dès la fin de l’année, devrait contribuer à raccourcir ces délais.
4. Relations avec l’ISO
3.2 Établissement d’autres documents
Le CEN n’a pas été conçu comme une organisation concurrente
de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) [5] mais
À côté de la norme européenne, le CEN propose d’autres bien plutôt comme un organisme complémentaire répondant aux
documents faisant l’objet de consensus à géométrie variable. besoins spécifiques des industriels et de la société européenne. Le
poids de l’économie européenne peut cependant donner à cer-
■ Pré-norme (ENV)
taines normes européennes une audience mondiale. Aussi, la
Elle fournit une solution provisoire sur des sujets où il est diffi- nécessité de formaliser les relations entre le CEN et l’ISO s’est très
cile de mesurer a priori l’impact ou la pertinence d’une norme. tôt fait sentir à la fin des années 1980. Elle résulte à la fois de la
Approuvée au niveau du seul comité technique, elle a une durée de pression des autres pays inquiets de l’émergence de la normalisa-

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tion européenne et des industriels européens peu disposés à par- normes européennes du CEN sont identiques à des normes ISO.
ticiper à des travaux similaires au plan européen et international. Ce taux résulte à la fois de l’application des accords de Vienne et
L’ISO et le CEN ont donc signé en 1991 un accord à Vienne. de l’adoption de normes internationales déjà existantes.
Cet accord met en place des mécanismes d’échange d’infor- Cet accord de Vienne et la pratique du CEN s’insèrent parfaite-
mations et de coopération entre ces deux organismes mais surtout ment dans le respect du « code de pratique pour la préparation,
établit une procédure visant à éviter une duplication des travaux. l’adoption et la mise en application des normes » de l’Organisation
Ainsi, il permet de confier à l’une d’entre elles la conduite des tra- Mondiale du Commerce (OMC) [6] que le CEN a accepté.
vaux et organise une approbation parallèle du projet de norme Le tableau 4 récapitule les différences essentielles dans les
dans les deux institutions. Environ 1 000 sujets d’études bénéfi- processus d’adoption des normes européennes et internationales
cient de ces dispositions (pour lesquels trois quarts de ceux-ci sont et permet de mieux mesurer ce que signifie la mise en œuvre de
pilotés par l’ISO et le quart restant par le CEN). Au total, 35 % des l’accord de Vienne pour les Européens.

Tableau 4 – Comparaison des processus d’adoption des normes européennes et internationales


Processus Normes européennes : CEN/CENELEC Normes internationales : ISO/CEI

Statu quo OUI NON

Programmation des travaux


Élaboration Comités techniques et groupes de travail basés sur des délégations nationales
Enquête
1 pays = 1 voix
Vote pondéré
Adoption Majorité des 2/3 des membres participants
Majorité de 71 %
Moins de 25 % de votes négatifs

Reprise nationale Obligatoire et systématique Aucune obligation

Délai moyen 2 à 4 ans 4 à 6 ans

Références bibliographiques
[1] Directive européenne 98/34/CE, Journal offi-
ciel L 204, p. 37, 21 juillet 1998.
[2] BANSSE (M.-C.). – Organisations interna-
tionales de normalisation électrique. Tech-
niques de l’ingénieur, D 1 130. Traité Génie
électrique, vol. D2I, juin 1995.
[3] THUÉ (M.). – Organisations internationales en
télécommunications. Techniques de l’ingé-
nieur, E 7 020. Traité Télécoms vol. TE3, mars
1996.
[4] HERNANDEZ (J.-M.). – Normalisation et stan-
dardisation dans les nouvelles technologies,
Techniques de l’ingénieur, H 5 018. Traité
Informatique vol. H4, mai 2000.
[5] CRIGNOU (T.). – Organisation internationale
de normalisation ISO, Techniques de l’ingé-
nieur, R 83. Traité Mesures et Contrôle,
vol. R1I, juin 2001.
[6] Code de pratique pour la préparation, l’adop-
tion et la mise en application des normes.
Annexé à l’accord sur les obstacles techniques
au commerce (OTC) de l’organisation mon-
diale du commerce (OMC). Journal officiel des
communautés européennes. L 336, p. 98-99,
23 décembre 1994.

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 84 − 7