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Analyse des performances des référentiels de planning du développement au Burundi

Vicomte Nkunda
Analyse des performances du développement sur les périodes de mise en œuvre des
référentiels de planning du développement au Burundi
Par :
Vicomte Nkunda

Résumé
C’est depuis le début de la décennie 50 que la planification du développement a commencé d’être
une réalité au Burundi. Elle a été matérialisée par quatre principaux référentiels qui ont été
appliqués pour impulser une dynamique de développement économique et social depuis 1952. Une
analyse quantitative est faite dans le présent article pour apprécier les performances de chacun de
ces référentiels pour la période 1969-2015.

L’analyse concerne les indicateurs constitutifs de l’IDH pour chacune des phases d’application des
référentiels retenus. L’étude permet constater que les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté
– CSLP ont été les plus performants, au regard des résultats obtenus sur la croissance du PIB.
Cependant, ces référentiels perdent leur place de primauté pour le PIB réel par habitant, malgré le
caractère plus stable de cet indicateur au fur du temps, comparativement aux autres référentiels. En
plus de cela, les CSLP s’avèrent être le référentiel le plus performant sur les indicateurs d’accès à
l’éducation. Ce qui n’est pas le cas pour les indicateurs en rapport avec la qualité. Pour la santé, les
analyses révèlent que les CSLP constituent le meilleur référentiel. De façon globale, l’étude a
montré qu’aucun des référentiels analysés n’a une place de primauté sur tous les indicateurs
analysés. Pour cela, il s’avère important de prendre en compte les facteurs à l’origine de la primauté
de l’un ou l’autre référentiel sur un indicateur identifié pour une considération conséquente dans la
planification du développement ultérieure. Cela est d’autant plus impérieux que le Burundi reste en
arrière, considération faite des autres pays de la Communauté Est Africaine.
Mots clés : Planification du développement, croissance économique, indicateur du développement,
IDH, PIB
Abstract
It was since the early 1950s that development planning began to be a reality in Burundi. This
planning was materialized by four main models which have been applied with the purpose to boost
economic and social development since 1952. A quantitative analysis is made in this article to
assess the performance of each of these models since 1969.

The analysis concerns the constituent indicators of the HDI for each phase of application of the
selected models. The study shows that the Poverty Reduction Strategy Papers - PRSPs have been
the most efficient, in terms of the results obtained on GDP growth. However, these models lose
their place of primacy for real GDP per capita, despite the more stable nature of this indicator over
time, compared to other models. In addition to this, the PRSPs are the best planning model on
indicators of access to education. This is not the case for indicators related to quality education. For
health, analyzes have shown that PRSPs constitute the best model. Overall, the study has shown
that none of the models analyzed takes precedence over all the indicators analyzed. For that reason,
it is important to take into account the factors behind the primacy of one or the other model over the
indicators identified for future consideration in development planning. This is necessary given that
Burundi remains behind, considering the other countries of the East African Community
particularly.
Keywords: Development planning, economic growth, development indicator, HDI, GDP

Introduction
L’une des fonctions de la gestion du développement à l’échelle des nations étant la
planification, c’est depuis la seconde moitié du 20ième siècle que des référentiels de planning
du développement ont commencé à être appliqués au Burundi. Il s’agit notamment du plan
décennal de développement du Ruanda-Urundi qui a été suivi par les plans quinquennaux de
développement économique et social du Burundi après une période d’intermède entre 1962 et
1968. Les programmes d’ajustement structurel ont suivi, dans un premier temps pour
cohabiter avec les plans quinquennaux. Il a fallu attendre une décennie pour connaitre ensuite
les cadres stratégiques de croissance et de lutte contre la pauvreté (2007-2016). Une esquisse
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de l’historique de ces approches de planification s’avère nécessaire pour quiconque s’intéresse
à l’évolution du développement du Burundi.

Le Plan décennal de développement du Ruanda-Urundi (1952-1961)


Ellen K. Eggers signale qu’au début de la décennie 50 du vingtième siècle, en 1951 la
Belgique sous tutorat de laquelle le Burundi avait été placé1 a institué une série de réformes
économiques et administratives au Burundi. En 1952, la Belgique a ainsi établi un plan de dix
ans pour le développement du Ruanda-Urundi. Ce plan a été appelé ‘’Plan Décennal de
développement du Ruanda-Urundi (1952-1961)2’’. Ce plan marque une étape significative
prise pour le progrès économique du pays.
Juste après le plan décennal de développement du Burundi en 1961, le pays a accédé à son
indépendance en juillet 1962. Le genre de document de planification du développement qui a
suivi a été les plans quinquennaux de développement économiques et social du Burundi. Le
premier de ces documents a vu le jour en 1968.

Les Plans quinquennaux de développement économique et social (1968-1992)


Les plans quinquennaux constituent effectivement le deuxième type de planification du
développement que le Burundi a connu après le plan décennal. Le premier plan quinquennal
fait mention du plan décennal du Ruanda-Urundi. Dans les premières pages, entre autres
diagnostiques, il est signalé : ‘’… il ne peut être inutile de rappeler que, de 1952 à 1961, c’est-
à-dire pendant la période qui a coïncidé avec l’exécution du Plan Décennal du Burundi et du
Rwanda, le Burundi a bénéficié, pour ses investissements publics de développement
économique et social, de financements ayant totalisé l’équivalent de 3 milliards et demi de
francs Burundi actuels, soit une moyenne annuelle de 350 millions de francs Burundi, alors
que les aides financières dont a bénéficié le Pays depuis son accession à l’indépendance sont
loin d’avoir atteint ce niveau, en dépit de la lente progression qui a eu tendance à se
manifester à cet égard au cours de ces toutes dernières années’’3.
De façon plus particulière, la phase 1968-1992 correspond plus ou moins pour le Burundi à la
période des plans quinquennaux (PQ). En effet, ‘’le Burundi indépendant a réellement
démarré le processus de planification du développement en 1968 sous forme de stratégies et
projets sectoriels rassemblés dans un « Plan quinquennal de développement économique et
social »4. Le dernier et le sixième plan quinquennal 1993-1997 qui était en préparation n’a
jamais été finalisé, ni rendu officiel à cause de la conjoncture politique qui a prévalu dans la
première moitié de la décennie 1990. Il en a été de même de la politique sectorielle du
Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage relative à cette période.

Les Programmes d’ajustement structurel (1986-1996)


Alors que la mise en œuvre du troisième PQ a été achevée avec 1982 pour laisser place au
quatrième, le Burundi s’est retrouvé obligé d’adopter les PAS à partir du milieu de la
décennie 80-90. De façon globale, un total de 27 des 37 pays en développment avaient déjà
commencé à expérimenter ces programmes avant la fin de la décennie 19805. Le premier PAS
a été plus précisément initié au Burundi en juillet 1986.

1
De même que le Rwanda, avec qui il formait un seul territoire : le Ruanda-Urundi, d’où l’appellation de ‘’Plan
décennal du Ruanda-Urundi’’
2
Ellen K. Eggers (2006), Historical Dictionary of Burundi, The Scarecrow Press, Inc. Lanham, Maryland,
Toronto, Plymouth, UK, 2006, Third Edition, p.25
3
Plan Quinquennal de développement économique du Burundi 1968-1972, p.26
4
Stratégie agricole nationale pour le Burundi 2008-2015 ; p.8
5
JACQUEMOT, Pierre et RAFFINOT, Marc (1992), La nouvelle politique économique en Afrique, EDICEF,
Universités francophones, p.37
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Quatre ans après l’initiation des PAS, s’est tenu à Bujumbura du 23 au 25 mai 1990 un
colloque sur l’ajustement structurel. Le discours d’ouverture a été prononcé par le ministre
des finances et vice-président du PAS, Gérard Niyibigira. Après avoir mentionné les
réalisations faites dans le cadre des PAS, il a esquissé les résultats de ces programmes pour
embrayer sur les obstacles rencontrés dans la mise en œuvre. Ces obstacles avaient
essentiellement trait à l’impopularité des mesures y relatives, aux facteurs exogènes comme la
chute des cours du café, à la faible part du secteur formel dans le PIB qui ne permet pas la
stabilisation des finances publiques que via l’augmentation de la fiscalité6.

Dans la suite, lors de la troisième conférence des Nations Unies sur les pays les moins
avancés tenue à Bruxelles du 14 au 20 mai 2001, le gouvernement du Burundi a présenté un
mémoire. La situation telle que présentée n’était pas encourageant 7. En résumé, ‘’pour le
Burundi, la situation de la dette extérieure a considérablement empiré dans la période de 1993
à 1999, en même temps que la réduction des dépenses sociales’’8. Selon le même document,
la dette extérieure représentait 125% du PIB en moyenne entre 1994 et 1998, le niveau
d’endettement supportable étant à 80% ou moins.

Gérard Niyungeko a lui aussi produit en 1999 un article à propos de l’impact du PAS sur le
respect des droits économiques et sociaux. Il arrive aux conclusions que les droits
économiques et sociaux des populations en ont été affectés. Entre autres faits, il relève des
licenciements et des limitations dans le recrutement qui ‘’ont provoqué une perte importante
d’emplois et accru considérablement le taux de chômage dans le secteur structuré’’9, du
moment qu’au Burundi il y a absence d’un système d’assistance ou de sécurité sociale pour
ceux qui vont au chômage.

Le PNUD aussi a fait une ‘’Contribution thématique au rapport sur le développement humain
durable au Burundi avec comme thématique la croissance économique et l’emploi de 1990 à
1996’’. Ce qui ressort de cette contribution vient étayer les trouvailles de Gérard Niyungeko.
En faisant le point sur les mesures de correction des effets pervers du PAS sur l’emploi, il est
précisé dans la contribution que ‘’au Burundi, les licenciements à la Fonction Publique ont
commencé dès la veille du PAS lorsque les mesures de sa mise en place étaient encore en
gestation. Les années 1983-1984 ont connu 4.447 licenciements de travailleurs sous-statuts et
sous-contrat et l’année 1991 a enregistré 909 mises en retraite anticipée parmi le personnel
sous-contrat10. Le même document indique que ‘’les restructurations des entreprises publiques
ont provoqué 2.355 licenciements enregistrés au 31 décembre 1994 et environ 2.427 qui
étaient attendus si le programme avait continué’’11.

Les Programmes d’Ajustement Structurels n’ayant pas pu produire les résultats attendus en
tant que référentiels de planning du développement, le recourt a été fait à d’autres remèdes. Le

6
Burundi, Rapport du colloque à Bujumbura du 23 au 25 mai 1990, Préparé et publié par le Centre de recherche
sur le développement économique de l’Université du Michigan pour l’USAID, Septembre 1990, p.25-26
7
Burundi, Mémoire présenté par le Gouvernement du Burundi lors de la 3ième conférence des Nations Unies sur
les pays les moins avancés, Bruxelles, 14-20 mai 2001, p.6
8
Burundi, Mémoire présenté par le Gouvernement du Burundi lors de la 3ième conférence des Nations Unies sur
les pays les moins avancés, Bruxelle, 14-20 mai 2001, p.21
9
NIYUNGEKO, Gérard (1999), L’Impact des programmes d’ajustement structurel sur le respect des droits
économiques et sociaux au Burundi, Revue belge de droit international 1999/1 – Editions BRUYANT,
Bruxelles, p.10
10
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction, Contribution thématique au
rapport sur le développement humain durable au Burundi. Thème : La croissance économique et l’emploi de
1990 à 1996, p.58
11
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction, Contribution thématique au
rapport sur le développement humain durable au Burundi. Thème : La croissance économique et l’emploi de
1990 à 1996, p.58
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processus qui a été suivi est celui ci-après esquissé. Il s’agit des cadres stratégiques de
croissance et de lutte contre la pauvreté. Ils ont été effectifs une dizaine d’années après les
PAS. Leur impulsion a été faite par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International
principalement, tout comme cela avait été le cas pour les plans d’ajustement au tout début de
la décennie 80.

Les cadres stratégiques de croissance et de lutte contre la pauvreté (2007-2016)

Dans les conditions telles que ci-haut décrites, la situation s’est continuellement dégradée,
avec un poids de la dette insupportable, si bien que le service de la dette est passé de 17% en
1980 à 30% en 198612, dans un espace de six ans seulement au niveau des pays d’application
des PAS ! Pour le Burundi en particulier, ‘’l’encours de la dette exprimée en % du PIB est
passés de 46.4% en 1986 à 102.2% en 1992. Cette augmentation spectaculaire a résulté d’une
part de l’impact des ajustements monétaires, et d’autre part, de l’augmentation continuelle des
emprunts à des conditions de faveur’’13. Pour la même période par conséquent, ‘’le service de
la dette, exprimé en % des exportations, est passé de 24% en 1986 à 47.8% en 1992’’14,
presque le double.

L’initiative PPTE est alors venue faire partie intégrante du processus. Cette initiative
‘’favorise le désendettement avec conditionnalité concernant la réduction de la pauvreté.
Vingt-deux pays africains sont concernés en 2003 … l’étalement et la faiblesse des réductions
ne rendront pas la dette soutenable’’15.

Au niveau du Burundi, ‘’le programme de lutte contre la pauvreté a été explicitement mis en
œuvre dans le cadre de la Dimension Sociale de l’Ajustement. C’est à cet effet que Gérard
Niyungeko quand il écrit en 1999 rappelle que ‘’dans le programme de lutte contre la pauvreté
générée par le PAS, seul le projet TWITEZIMBERE16 semble donner quelque résultat
significatif spécialement en ce qui concerne le développement des infrastructures sociales de
base (écoles primaires, centres de santé, voies de communication etc)’’17.

Dans la même foulée, les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement) ont été
lancés à l’échelle internationale dans la décennie 1990 pour concerner la période 2000-2015.
L’élaboration des stratégies de réduction de la pauvreté s’est avérée être une conditionnalité
pour les pays demandant l’allégement de la dette, et les négociations ont abouti en 1996 pour
les premiers pays bénéficiaires. Il est à rappeler que l’une des conditionnalités pour accéder à
l’initiative PPTE est la préparation d’un programme de réduction de la pauvreté, matérialisé
par un document de stratégie et réduction de la pauvreté18.

Le Burundi en particulier a entamé le processus des négociations pour être admis à l’initiative
PPTE en 2009. Le pays a ainsi élaboré son premier cadre stratégique de croissance et de lutte
contre la pauvreté (CSLP) à cet effet en 2006 dont la mise en œuvre a commencé avec 2007.
Après le CSLP de 2007-2011, un deuxième CSLP a été élaboré pour concerner la période
2012-2016, c’est le CSLP de deuxième génération.

12
UNESCO, Rapport de la conférence générale, Effet des PAS sur l’éducation et la formation, Paris, 1995, p.3
13
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction ; Rapport national sur le
développement humain au Burundi 1997, p.8
14
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction ; Rapport national sur le
développement humain au Burundi 1997, p.8
15
HUGON, Philippe Hugon (2003), Economie de l’Afrique, Editions La Découverte, p.22-23
16
C’est ici un mot kirundi dont la traduction littéraire donne ‘’Œuvrons pour notre progrès’’
17
NIYUNGEKO, Gérard, (1999), L’Impact des programmes d’ajustement structurel sur le respect des droits
économiques et sociaux au Burundi, Revue belge de droit international – Editions BRUYANT, Bruxelles, p.17
18
MANAS, Arnaud (2005), Pays pauvres très endettés, Mécanismes et éléments d’évaluation, Bulletin de la
banque de France, N°140, p.25
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De même que les CSLP ont particularisé les OMD au niveau national, les plans communaux
de développement communautaire (PCDC) particularisent à leur tour les CSLP au niveau
communal, dans le contexte burundais. En plus de cela, des documents de stratégie sectorielle
sont de temps à autre rédigés pour des interventions spécifiques. Pour bien cadrer l’ensemble
de tous ces documents, un document de vision pour le long terme a été élaboré pour l’horizon
2025 : c’est la ‘’Vision 2025’’. Ce document constitue en effet un ‘’instrument de
planification du développement à l’horizon d’une génération, afin d’élaborer des politiques et
stratégies pour un développement durable’’19. Il était prévu que les CSLP soient dès lors
rédigés dans la perspective de la vision conçue. Pour cette raison, ‘’le CSLP-2 vise à créer un
environnement favorable au développement durable au Burundi dans une perspective de
réalisation des OMD et de la Vision 2025’’20.

Dans la mise en œuvre de toutes ces approches de planification du développement, les


performances ont varié d’une période à une autre. C’est pourquoi il est important de se poser
la question de savoir sous quelle période de laquelle de ces approches le développement
économique et social du Burundi a été le plus performant, comparativement aux autres.
L’analyse à faire dans cette direction permet en définitive de fournir des éclairages quant au
choix à faire dans l’avenir. Tel est en effet l’objectif principal de cet article. Dans une
démarche méthodologique d’analyse quantitative, l’étude vise ainsi à faire une comparaison
en considération de quelques indicateurs ayant trait à la croissance économique. Des
indicateurs qui relèvent du domaine social sont aussi analysés. Cette approche a été utilisée,
en prenant la période 1960-2014 qui est subdivisée suivant les phases de prédominance des
référentiels de planning du développement qui ont été retenus. En récapitulation, compte tenu
de la disponibilité des données et de la coupure des différentes phases, nous avons ainsi la
périodicitation suivante dans l’analyse :

1°) La tranche 1960-1968 correspond à une période avant l’exécution des plans quinquennaux
- PQ de développement économique et social du Burundi. Il n’y avait pas de modèle de
planification bien spécifique pour cette période.
2°) La phase 1969-1986 correspond à la période des plans quinquennaux, avant les
programmes d’ajustement structurel.
3°) La période 1987-1996 correspond à la phase des politiques ou programmes d’ajustement
structurel (PAS).
4°) La tranche 1997-2005 correspond à une période après les PAS. Elle été caractérisée par
une crise sociopolitique sans précédent au Burundi.
5°) La dernière phase sous-analyse de 2006-2014 correspond enfin à une période marquée par
le retour de la stabilité politique, avec la mise en place des institutions démocratiquement
élues dans la deuxième moitié de 2005. C’est aussi une période dans laquelle les cadres
stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) ont commencé à être conçus et mis en
exécution.

Pour ces phases qui, de temps en temps se recoupent, l’analyse porte essentiellement sur
l’évolution de la croissance économique de façon globale et les grands secteurs économiques
qui génèrent cette croissance à savoir le secteur primaire, secondaire et tertiaire. Les
indicateurs sociaux qui entrent dans la constitution de l’IDH sont aussi analysés. Il s’agit
notamment de ceux en rapport avec l’éducation et la santé. L’évolution de ces indicateurs est
chaque fois analysée dans les phases ci-dessus retenues, pour autant que les données soient
disponibles21.

19
Vision Burundi 2025
20
Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté II, Bujumbura, Janvier 2012, p.10
21
Pour tout l’article, les données ont été essentiellement tirées de la base des données de la Banque mondiale
dont la dernière mise à jour date du 17/2/2016
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I. Analyse quantitative sur les périodes des référentiels de planning du développement

I.1. Croissance économique

I.1.1. Croissance du PIB (% annuel)


La Banque mondiale définit le ‘’taux de pourcentage annuel de croissance du PIB aux prix du
marché basé sur les devises locales constantes. Les données agrégées sont basées sur les
dollars américains constants de 2005. Le PIB est la somme de la valeur ajoutée brute de tous
les producteurs résidents d'une économie plus toutes taxes sur les produits et moins les
subventions non incluses dans la valeur des produits. Elle est calculée sans effectuer de
déductions pour la dépréciation des biens fabriqués ou la perte de valeur ou la dégradation des
ressources naturelles’’22. Les données pour cet indicateur sont disponibles pour la période
1961-2014. L’évolution de cette croissance est donnée par la courbe du graphique ci-dessous :
Graphique 1. Croissance du PIB (% annuel 1961-2014)

Source : Construit à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

Depuis 1961 jusqu’en 2014, la croissance du PIB connaît une instabilité, avec des pics qui
atteignent -13,8% au début en 1961 et +21,3% en 1970. Le taux moyen pour toute cette
période de plus d’un demi-siècle est de +2,8%. L’évolution du PIB pour chacune des cinq
phases considérées est donnée par les courbes du graphique comme suit :

Graphiques 2. Croissance du PIB (% annuel 1961-2014) - Répartition périodique de la croissance


1961-1968 1969-1986

1987-1996 1997-2005

22
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2006-2014

Source : Construits à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

La phase de 1961-1968 avant l’adoption du premier PQ est marquée par une instabilité de la
croissance du PIB, avec au début une croissance négative de -13,7% en 1961 du PIB et une
croissance positive de +13,8% en 1967 juste avant l’adoption des PQ.
La période des PQ de 1969-1986 avant les PAS connaît aussi une instabilité du PIB, avec à
cinq reprises une croissance négative. Celle de -6,4% correspond à une année de crise
sociopolitique de 1972.
L’instabilité de la croissance continue avec la période 1987-1996 des PAS. Alors que cette
phase commence par une croissance à deux chiffres de +11,8% ; en 1985, elle évolue en dents
de scie pour atteindre +1% en 1992. A partir de 1993, année d’éclatement de la grande crise
sociopolitique au Burundi, le PIB est toujours en décroissance jusqu’à atteindre -8% en 1996.

Pour la période 1997-2005, c’est une instabilité de la croissance qui persiste. Sur un total de
neuf ans, cette croissance est négative à quatre reprises. C’est aussi une période dans laquelle
la crise continue, renforcée par l’embargo économique de 1996 qui a été imposé au Burundi.
C’est une période pour laquelle il est difficile d’identifier quel modèle de planification du
développement était en vigueur au Burundi.

La phase 2006-2014 est la seule période dans laquelle le PIB connaît une croissance moyenne
de +4,4% sur les neuf ans. Elle correspond aux cadres stratégiques de croissance et de lutte
contre la pauvreté qui ont commencé avec 2007. Les négociations en rapport avec l’initiative
PPTE ont abouti en 2009 alors qu’elles avaient commencé dans la seconde moitié de la
décennie 1990, après les PAS.

En plus de la croissance du PIB au niveau national, il est nécessaire de faire une analyse
sommaire du PIB par habitant. C’est ce que traite la section qui suit.

I.1.2. PIB par habitant ($ US constants de 2005)

La définition retenue par la Banque mondiale du PIB par habitant fait entrer en ligne de
compte la démographie. D’après la base des données déjà mentionnée, ‘’le PIB par habitant
est le produit intérieur brut divisé par la population en milieu d'année. Le PIB est la somme de
la valeur ajoutée brute de tous les producteurs résidents d'une économie plus toutes taxes sur
les produits et moins les subventions non incluses dans la valeur des produits. Elle est
calculée sans effectuer de déductions pour la dépréciation des biens fabriqués ou la perte de
valeur ou la dégradation des ressources naturelles. Les données sont en dollars américains
courants’’23.

Le tableau suivant nous donne une vue synthétique de l’indicateur identifié, en considérant
toujours les phases d’analyses retenues.

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Tableau 1. PIB par habitant ($ US constants de 2005)
Avant les Pendant les Pendant les Après les Pendant les
PQ (1960-1968) PQ (1969-1986) PAS (1987-1996) PAS (1997-2005) CSLP (2006-2014)
Année PIB Année PIB Année PIB Année PIB Année PIB
1960 $ 147 1969 $ 153 1987 $ 217 1997 $ 152 2006 $ 143
1961 $ 124 1970 $ 182 1988 $ 221 1998 $ 157 2007 $ 145
1962 $ 133 1971 $ 184 1989 $ 217 1999 $ 153 2008 $ 147
1963 $ 136 1972 $ 171 1990 $ 218 2000 $ 148 2009 $ 147
1964 $ 142 1973 $ 181 1991 $ 223 2001 $ 147 2010 $ 147
1965 $ 144 1974 $ 177 1992 $ 220 2002 $ 149 2011 $ 148
1966 $ 147 1975 $ 176 1993 $ 202 2003 $ 143 2012 $ 149
1967 $ 163 1976 $ 186 1994 $ 191 2004 $ 145 2013 $ 151
1968 $ 159 1977 $ 203 1995 $ 173 2005 $ 141
1978 $ 197 1996 $ 157
1979 $ 195
1980 $ 192
1981 $ 209
1982 $ 201
1983 $ 203
1984 $ 197
1985 $ 214
1986 $ 213
Moyenne $ 143.9 $ 190.8 $ 203.9 $ 148.3 $ 147.7
Classement 5ième 2ième 1ier 3ième 4ième
Ecart-type 12.1 16.1 23.2 5.1 2.8
Classement 3ième 4ième 5ième 2ième 1ier
par écart-type
Source : Etabli à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

De l’analyse de ce tableau, il ressort que le Burundais de la période des PAS était plus riche
avec en moyenne 203.9 $ US constants de 2005, que celui de toutes les autres phases
retenues. Celui de la période avant les PQ était plus pauvre, avec 143.9 $ US constants de
2005 en moyenne. Le Burundais de la phase des PQ vient en deuxième position avec en
moyenne 190.8 $, tandis que celui de la période les PAS et celui des CSLP viennent
respectivement en troisième et en quatrième positions avec en moyenne 148.3 $ et 147.7 $
US.

Par ailleurs, il ressort de cette analyse que seul le Burundais de la période des CSLP a
globalement vécu avec des revenus plus stables d’année en année, au regard des valeurs de
l’écart-type24. Ainsi, le PIB le plus petit se remarque en 2006 et il est de 143 $ et le plus élevé
est de 151 $ en 2013. Par contre, une instabilité notoire sur les revenus du Burundais de la
période des PAS (écart-type de 23.2) se remarque alors que la moyenne est la plus élevée.
Ainsi, le PIB le plus petit est de 157 $ en 1996 et le plus élevé est de 223 $ en 1991, du
moment que l’écart-type de la période des CSLP est de 2.8 alors que le PIB par habitat est le
quatrième qui est égal à 147.4 $ US.

L’analyse étant faite sur le PIB par habitant ($ US constants de 2005), il est utile de faire une
courte analyse en considérant le PIB par habitant courant $ US. C’est cela qui est esquissé
sous la section qui suit.

I.1.3. PIB par habitant ($ US courants)

En faisant l’analyse de l’évolution du PIB par habitant $ US courant, le constant est que celui
du Burundi qui est de 150.8 $ US en moyenne reste très faible en comparaison avec celui de
l’Afrique subsaharienne dont la moyenne est estimée à 610$ US par an pour la période de
1960 à 2014. Cette faiblesse du PIB par habitant est en partie due à une forte démographie du
24
L’écart-type en effet permet de voir la dispersion des valeurs. Plus il est petit, plus les valeurs sont concentrées
autour de la moyenne, et plus il est élevé, plus il y a une dispersion importante par rapport à la moyenne
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pays, l’indicateur sous analyse faisant intervenir le poids démographique. La densité de la
population au Burundi est en effet en moyenne de 218.4 habitants par kilomètre carrée pour la
période 1961-2014 alors qu’elle est de 21.8 en Afrique subsaharienne, soit dix fois plus
importante25.

Il y a moyen de visualiser le PIB par habitant ($ US courant). Le graphique suivant le montre


bien :
Graphique 3. PIB par habitant ($ US courant pour le Burundi)

Source : Construit à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

L’évolution du PIB par habitant $ US courant connaît globalement une croissance de 70.3$ en
1960 jusqu’à 243.4$ en 1986 pour décroitre jusqu’à 106$ en 2003 avant de connaître une
autre croissance, cette fois-ci continue qui monte jusqu’à 286$ en 2014. Avec la dynamique
des ensembles régionaux sur le continent africain, il est aussi important de faire une analyse
du PIB par habitant courant au niveau de la communauté est africaine (CEA) dont fait partie
le Burundi, avec le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Uganda. Le tableau ci-dessous donne
la synthèse du PIB moyen de 1960 à 2014 en retenant les phases indiquées précédemment
pour tous les pays de la CEA.

Tableau 2. PIB moyen par habitant ($ US courant)


Périodes De 1969-1986 De 1997-2005
1960-2014
1960-1968 1969-1986 1987-1996 1997-2005 2006-2014 Classement à 1987-1996 à 2006-2014

Burundi 66,2 155,5 182,3 127,5 214,6 5ième 150,8 17,2% 68,3%
Kenya 108,8 284,5 340,4 446,4 1028,5 1ier 414,2 19,6% 130,4%
Rwanda 42,6 172,2 280 239,6 551 4ième 243,6 62,6% 130,0%
Tanzanie 184,2 321,6 719,3 2ième 123,7%
Uganda 87,1 182,2 264 271,6 557,2 3ième 257,5 44,9% 105,2%
Moyennes 76,2 198,6 250,2 281,3 614,1 266,5 26,0% 118,3%
Source : Etabli à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

De l’analyse de ce tableau, il ressort que dans la CEA, le citoyen burundais est globalement le
moins riche pour la période toute 1960-2014. Il a en effet eu en moyenne 150.8 $ US par an
alors que cette moyenne est de 266.5 $ US au sein de la communauté, la Tanzanie étant
exclue à cause de l’absence des données de 1960 à 1984.

Par ailleurs, en considérant particulièrement la période 2006-2014 qui correspond avec la


planification du développement avec les CSLP, trois constants majeurs sont à signaler :

- Le Burundi vient en dernière position dans le classement. Cette position est restée la
même depuis bien des années. Seule la période 1960-1968 après l’indépendance classe
le Burundi en avant dernière position devant le Rwanda, avec un PIB par habitant de
66.2 $, supérieur à 42.6 $ du Rwanda.
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- Il est évident que pour le Burundi le PIB par habitant en $ US courant a connu un
accroissement remarquable de la période 1997-2005 à celle 2006-2014, de 127.5 à
214.6 $ US. Cependant, il ne l’a pas été autant que pour les quatre autres pays de la
CEA. Pour le Burundi en effet, cet accroissement est de 68.3% alors qu’au niveau de
toute la communauté il est de 118.3% en moyenne. Pour tous les quatre pays, le PIB
par habitant a plus que doublé. Cela étant, le rythme d’évolution du citoyen burundais
en termes de PIB reste très inférieur à celui de son homologue du reste de la CEA, soit
1.7 fois.

- D’autre part, en considérant le niveau des revenus des citoyens de la CEA pour la
période 2006-2014 prise à part, le Burundais apparaît aussi avoir eu des revenus bas. Il
a été en effet plus de 2.4 fois moins riche que les citoyens Rwandais et Ougandais, 3.4
fois moins riche que son homologue Tanzanien et plus de 4.5 fois moins riche que le
citoyen Kenyan de la même période. Il en est de même que pour le passage de la
période 1969-1986 à 1987-1996, le taux moyen d’accroissement des revenus est de
17.2% pour le Burundais alors qu’il est en moyenne de 26% pour l’ensemble de la
Communauté Est Africaine.

De façon globale, le PIB par habitant courant reste faible, comparativement aux autres pays
de la communauté est africaine. La croissance du PIB ayant été analysée, il importe à présent
de considérer les secteurs économiques qui contribuent à la production de cette richesse donc.
Il s’agit notamment de l’agriculture, de l’industrie et des services.

I.1.4. Agriculture, valeur ajoutée (% de croissance annuelle)

Dans pratiquement tous les référentiels de planning du développement, l’agriculture est prise
en compte au Burundi. Etant donné sa part dans la création de la richesse nationale, elle
influence dans une large mesure l’évolution du PIB. La définition de la Banque mondiale est
‘’le taux annuel de croissance de la valeur ajoutée de l'agriculture basé sur les devises locales
constantes. Les données agrégées sont basées sur les dollars américains constants de 2005.
L'agriculture englobe la foresterie, la chasse, la pêche ainsi que les cultures et la production
animale. La valeur ajoutée est la production nette d'un secteur après avoir additionné tous les
sortants et soustrait tous les entrants intermédiaires. Elle est calculée sans effectuer de
déductions pour la dépréciation des biens fabriqués ou la perte de valeur ou la dégradation des
ressources naturelles’’26.
Pour le cas du Burundi, la courbe ci-dessous montre l’évolution de la valeur ajoutée de
l’agriculture de 1966 à 2014.
Graphique 4. Agriculture, valeur ajoutée (% de croissance annuelle)

Source : Construit à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

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Pour toute la période sous analyse, la valeur ajoutée de l’agriculture connaît des variations
brusques d’année en année qu’il convient d’analyser par période retenue. Pour cela, il est
nécessaire de donner la présentation de ces variations par phases.

Les courbes représentatives sont matérialisées par le graphique suivant :

Graphiques 5. Agriculture, valeur ajoutée (% de croissance annuelle) - Répartition périodique de la croissance


1966-1968 1969-1986

1987-1996 1997-2005

2006-2014

Source : Construits à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

Pour la période de 1960-1968, la croissance est toujours négative pour cette courte phase. Les
données sont disponibles pour les années 1966-1968 uniquement.
La période des PQ avant les PAS est caractérisée par des fluctuations instables, avec des taux
allant jusqu’à +39,7% de croissance annuelle en 1970. L’instabilité de la croissance est
tellement grande que l’année suivante la croissance descend à +19,2% pour tomber à -9,95%.
Par cinq fois, la croissance du secteur est négative sur une période de 18 ans.
La période des PAS pour 1987-1996 correspond à une phase d’instabilité de la croissance
également. Les variations sont fortes, avec un pic positif de +5,2% de croissance au début de
la période, et une décroissance allant jusqu’à -9,73% vers la fin. Par quatre fois, la croissance
est négative.
La période de 1997-2005 est la plus critique, avec une tendance globalement décroissante.
Elle correspond au prolongement de la crise de 1993 qui a été aggravée par l’embargo
économique de 1996, à la suite d’un coup d’état militaire.

La phase 2006-2014 des CSLP semble être la meilleure de toutes les cinq sur l’évolution de
l’indicateur. Alors que la courbe de tendance de la courbe est ascendante, toutes les quatre
autres phases connaissent des courbes de tendance en décroissance, globalement.

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I.1.5. Industrie, valeur ajoutée (% de croissance annuelle)
En plus de l’agriculture, le secteur secondaire mérite d’être analysé aussi pour voir la
croissance annuelle de la valeur ajoutée. A cet effet, la Banque mondiale propose une
définition d’un ‘’taux annuel de croissance de la valeur ajoutée des activités industrielles basé
sur les devises locales constantes. Les données agrégées sont basées sur les dollars américains
constants de 2005. Les activités industrielles comprennent la valeur ajoutée dans les mines, la
fabrication, la construction, l'électricité, l'eau et le gaz. La valeur ajoutée est la production
nette d'un secteur après avoir additionné tous les sortants et soustrait tous les entrants
intermédiaires. Elle est calculée sans effectuer de déductions pour la dépréciation des biens
fabriqués ou la perte de valeur ou la dégradation des ressources naturelles’’27.
Le graphique suivant présente l’allure générale de la courbe de croissance pour toute la
période de 1971-2014.
Graphique 6. Industrie, valeur ajoutée (% de croissance annuelle 1971-2014)

Source : Construit à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

A analyser cette courbe, de façon générale pour le cas du Burundi, la croissance annuelle de la
valeur ajoutée pour le secteur de l’industrie s’avère être instable d’année en année. A douze
reprises sur 43 ans, cette croissance est négative. Les graphiques suivants montrent les
tendances pour chacune des périodes retenues.

Graphiques 7. Industrie, valeur ajoutée (% de croissance annuelle) - Répartition périodique de la croissance


1971-1986 1987-1996

1997-2005 2006-2014

Source : Construits à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

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La première phase de 1971-1986 se caractérise par une tendance légèrement ascendante de la
valeur ajoutée du secteur industriel. C’est une phase qui enregistre la croissance la plus élevée
sur toute la période 1971-2014, avec trois taux à deux chiffres, le pic le plus élevé étant de
24.4% en 1977. Le taux moyen de croissance qui est de 6.3% est le plus élevé de toute la
période 1971-2014.

A part l’année 1992 dans laquelle la croissance est négative (-2,33%), l’allure générale est
celle d’une évolution positive, avec un pic le plus élevé pour toute la période 1971-1986 qui
atteint +24,4% de croissance en 1977. C’est dire donc que la période des PQ a été favorable
au secteur industriel, malgré les fluctuations qui dénotent une instabilité de la croissance.

La période des PAS de 1987-1996 est caractérisée quant à elle par des taux de croissance trop
instables, avec des chutes parfois brusques, profondes et continues. L’épisode bien particulier
de 1993-1995 connaît une croissance négative, avec les taux les plus bas de toute la période
1971-2014. Les taux de croissance pour cette période sont en effet de -14 ; -18,5% et -16,6%
respectivement et se situent dans le contexte de la grande crise sociopolitique qui a éclaté fin
1993. Ce qui ramène à -1.1% le taux moyen de croissance du secteur sur cette période.

La période 1997-2005 qui correspond avec le prolongement de la crise de 1993 apparait être
la plus mauvaise pour le secteur de l’industrie, avec un taux moyen de -3.1% qui est le plus
bas de toute la période 1971-2014. Elle enregistre des taux de croissance négatifs de façon
continue. Pour une période de 1997 à 2004 en effet, la croissance est toujours négative sauf
pour les années 1999 et 2005 au cours desquelles les taux sont respectivement de 4.6 et 1.6%.

La courbe de tendance pour la période 2006-2014 est nettement ascendante. Le secteur


industriel connaît une croissance presque toujours positive et continue, sauf pour l’année 2008
au cours de laquelle le taux de croissance est de -1,4%. Le taux moyen pour cette période est
de +5,7%. Ce taux qui correspond à la période des CSLP est certes inférieur à celui de la
période des PQ qui est de +6,4% pour 1971-1986. Cependant, c’est une phase dans laquelle
l’instabilité n’est pas aussi prononcée que celle de la période des PQ, à comparer l’allure de
ces deux courbes.

I.1.6. Services, valeur ajoutée (% de croissance annuelle)

Le secteur des services contribue également dans la constitution de la croissance du PIB.


Comme pour les cas précédents des secteurs, la base des données de la Banque mondiale
retient la définition d’un ‘’taux annuel de croissance de la valeur ajoutée des services basé sur
les devises locales constantes. Les données agrégées sont basées sur les dollars américains
constants de 2005. Les services comprennent la valeur ajoutée dans le commerce de gros et au
détail (y compris les hôtels et restaurants), les transports, les services gouvernementaux, les
services financiers, professionnels et personnels tels que l'éducation, les soins de santé et les
services immobiliers. Les services comprennent également les frais de services bancaires à
payer, les droits sur les importations et les écarts statistiques notés par les compilateurs
nationaux ainsi que les écarts découlant du ré-échelonnage. La valeur ajoutée est la
production nette d'un secteur après avoir additionné tous les sortants et soustrait tous les
entrants intermédiaires. Elle est calculée sans effectuer de déductions pour la dépréciation des
biens fabriqués ou la perte de valeur ou la dégradation des ressources naturelles’’28.

Pour le cas du Burundi, les données disponibles concernent la période 1971-2014. Le


graphique suivant montre l’allure générale de la croissance annuelle en % du secteur des
services.

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Graphique 8. Services, valeur ajoutée (% de croissance annuelle) 1971-2014

Source : Construit à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

La courbe connaît une croissance en dents de scie, avec des taux de décroissance et de
croissance qui dépassent parfois 20%. L’analyse de la courbe dans les quatre phases retenues
nous donne davantage d’éclairages quant à l’évolution de cette courbe. Les graphiques ci-
dessous matérialisent la répartition périodique de la croissance du secteur en pourcentage.

Graphique 9. Services, valeur ajoutée (% de croissance annuelle) - Répartition périodique de la croissance


1971-1986 1987-1996

1997-2005 2006-2014

Source : Construit à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

La courbe pour la période des PQ évolue en dents de scie. C’est la période qui enregistre un
taux de croissance négatif le plus bas qui est de -21,2% au début. L’instabilité de la croissance
est grande pour cette période à telle enseigne qu’il se remarque trois taux négatifs et trois taux
positifs, à deux chiffres. Pour les 12 ans de la période, le taux moyen du secteur est de +3.2%.

La courbe pour la période des PAS de 1987 à 1996 connaît une allure globalement
décroissante, avec quatre taux négatifs de croissance. Malgré un taux à deux chiffres qui est
enregistré en 1990, le taux moyen de croissance du secteur des services pour la période est
proche de zéro, soit -0.02%.

La période après les PAS connaît curieusement des taux de croissance toujours positifs sauf
pour l’année 1999 pour laquelle la croissance du secteur est de -0.03%. Cette période
enregistre à quatre reprises des croissances à deux chiffres. Malgré qu’il n’y eût formellement
pas de modèle de planification du développement spécifique qui était en application et que
l’instabilité politique de la décennie 1990 persistait, le taux moyen de croissance sur cette
période est de +7,1%.
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La dernière période sous analyse de 2006-2014 enregistre quant à elle un taux moyen de
croissance de +7,05% qui avoisine celui de la période précédente. C’est la période qui
enregistre le taux le plus élevé depuis 1971, de plus de +20% et après 2008, la croissance
connaît une stabilité évidente, avec jamais un taux négatif de croissance, contrairement à
toutes les autres phases.

En plus de la croissance de chacun des trois secteurs économiques, il est nécessaire d’analyser
cette croissance par rapport à la contribution du secteur dans l’évolution du PIB (% du PIB).
Le tableau ci-dessous synthétise les données qu’il devient aisé d’analyser.

Tableau 3.3. Synthèse de l’évolution des taux de croissance du PIB et les valeurs ajoutées (% du PIB)
Période sous-analyse
PQ PAS Phase CSLP
Indicateur
1970-1986 1987-1996 1997-2005 2006-2014
Croissance du PIB 4,5% -0,5% 1,4% 4,4%
Valeur ajoutée (% du PIB) 63,1% 53,2% 46,7% 40,4%
Agriculture
% de croissance annuelle 3,4% -0,4% -1,2% 1,5%
Valeur ajoutée (% du PIB) 13,4% 19,0% 16,8% 17,1%
Industrie
% de croissance annuelle 6,3% -1,1% -3,1% 5,7%
Valeur ajoutée (% du PIB) 23,5% 27,8% 36,5% 42,5%
Services
% de croissance annuelle 3,2% -0,02% 7,1% 7,1%
Source : Etabli à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

De l’analyse des données de ce tableau, cinq constants majeurs sont à faire par rapport à la
croissance du PIB et des pourcentages de croissance annuelle occasionnée par la valeur
ajoutée de chacun des trois secteurs économiques :

- Le secteur de l’agriculture est celui qui est prédominant dans l’économie burundaise.
Pour toutes les quatre phases en effet, il occupe respectivement 63.1% ; 53.2% ;
46.7% et 40.4% du PIB. Ce secteur est suivi par celui des services qui occupe quant à
lui 23.5% ; 27.8% ; 36.5% et 42.5% respectivement au cours des quatre phases. Le
secteur des services à son tour contribue au PIB à concurrence de 13.4% ; 19% ;
16.8% et 17.1% respectivement aux quatre périodes sous-analyse, dépendamment de
la disponibilité des données.

- Alors que d’une phase à une autre la contribution du secteur de l’agriculture va en


diminuant, celle des services va en augmentant, du moment que la part des services
dans le PIB connaît des croissances et décroissances. Ce qui produit de l’impact dans
la croissance du PIB, conséquemment à la croissance de ces trois secteurs,
respectivement.

- En considérant la croissance du PIB, pour le passage des PQ (1970-1986) aux PAS


(1987-1996), il y a eu décroissance de 4.5% à -0.5%. Cette décroissance est due aux
décroissances de tous les trois secteurs.

- Pour le passage de 1987-1996 à 1997-2005, le PIB enregistre une croissance de -0.5%


à 1.4% en moyenne. Cette croissance est occasionnée par la croissance du seul secteur
des services de -0.02% à 7.1%, du moment que les deux autres secteurs ont été tous
décroissants, de -0.4% à -1.2% et de -1.1% à -3.1% respectivement pour l’agriculture
et l’industrie.

- Pour le passage 1997-2005 à 2006-2014, le PIB connaît une croissance de 1.4% à


4.4%. Cela est rendu possible par la croissance des secteurs de l’agriculture et de
l’industrie, du moment qu’il y a stagnation au niveau du secteur des services qui reste
à 7.1%.
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Après l’analyse de la croissance du PIB et celle des secteurs économiques en considérant


quatre ou cinq périodes qui correspondent aux référentiels de planning du développement
retenus dans les phases qui ont été précisées, il importe de procéder à l’analyse du domaine
social. Les mêmes phases d’analyse sont retenues, toujours dans une approche
méthodologique descriptive. Les secteurs de l’éducation et de la santé sont ainsi considérés,
en prenant en compte juste quelques indicateurs clé.

I.2. Education

Les indicateurs du secteur de l’éducation entrent en ligne de compte lorsqu’il s’agit


d’apprécier le niveau du développement d’un pays. En effet, l’IDH lui-même constitue un
indice composite qui combine le PIB, l’éducation et la santé, donc un indice économique et
deux autres sociaux. Pour cette raison, la présente section analyse successivement quatre
indicateurs de l’éducation à savoir l’alphabétisation des adultes, le taux d’inscription à l’école
primaire, le taux de redoublement ainsi que le pourcentage qui montre la poursuite des études
jusqu’à la fin du cycle primaire.

I.2.1. Taux d’alphabétisation, total des adultes (% des personnes âgées de 15 ans et plus)

Le taux d'alphabétisation des adultes (15 ans et +) (%) est définit comme le ‘’pourcentage de
la population âgée de 15 ans et plus qui peut comprendre, lire et écrire de courts énoncés au
sujet de sa vie quotidienne. Généralement, l'alphabétisation inclut aussi les notions de calcul,
c'est-à-dire la capacité de réaliser des opérations arithmétiques simples. Cet indicateur est
calculé en divisant le nombre d'alphabètes âgées de 15 ans et plus par la population du groupe
d'âge correspondant et en multipliant le résultat par 100’’29.

Pour le cas du Burundi, d’après les données disponibles, ce taux était de 22,5% en 1979 ; de
37,4% en 1990 ; de 59,3% en 2000 et de 86,9% en 2008. Bien évidemment, le taux
d’alphabétisation a progressivement augmenté d’une phase d’analyse à une autre, la période
des CSLP ayant enregistré le taux le plus important.

I.2.2. Total des inscriptions à l’école, primaire (% net)

Cet indicateur ‘’correspond au nombre total des enfants du groupe d’âge scolaire inscrits au
primaire officiel qui sont inscrits à des niveaux d'enseignement primaire ou secondaire
exprimés en tant que pourcentage de la population correspondante. Le taux d'inscription nette
représente seulement la couverture des élèves du groupe d'âge scolarisés dans le primaire
officiel alors que le taux d'inscription net ajusté s'étend à ceux de la tranche d'âge dans le
primaire officiel ayant atteint le niveau d'éducation secondaire parce qu'ils ont pu accéder à
une éducation primaire avant l'âge officiel ou qu'ils ont sauté des classes en raison de leurs
performances’’30.

Avec les données disponibles pour le cas du Burundi, le taux d’inscription net au primaire est
en moyenne de 27.7% pour la période 1978-1986 ; de 47.8% pour 1987-1996 ; 50.6% pour la
période 1997-2005 et 87.2% pour la période des CSLP. Il est clair que l’accès à l’éducation
pour cette dernière période affiche des performances plus remarquables, comparativement aux
autres phases sous analyse.

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I.2.3. Redoublants, primaire, total (% des inscriptions totales)

En plus des indicateurs d’accès à l’éducation, il est important de relever quelques indicateurs
de qualité de l’éducation. Pour cela, le taux de redoublement tout comme le pourcentage des
élèves qui parviennent à poursuivre leur scolarité jusqu’à la fin constituent des indicateurs de
la qualité de l’éducation. Ainsi, par définition de la base des données de la Banque mondiale,
‘’le pourcentage de redoublants dans le primaire correspond au nombre d'élèves inscrits au
même niveau que l'année précédente en tant que pourcentage de tous les élèves inscrits dans
les établissements du primaire. Il est calculé en divisant la somme des redoublements à tous
les niveaux de l'enseignement primaire par la scolarisation totale de l'enseignement primaire
et en multipliant le résultat par 100’’31.

Pour une partie de la période des PQ allant de 1971 à 1986, le pourcentage de redoublement
est en moyenne de 23.3%. Cette moyenne diminue jusqu’à 21.7% pour la phase qui suit
(1987-1996). Cependant, elle augmente jusqu’à 27% pour 1997-2005 et grimpe à 32,4% pour
la période des CSLP. Cela étant, au regard de l’indicateur sous-analyse, le constant est que
malgré un fort accès à la scolarisation pour la période (2006-2014), la qualité de l’éducation
s’est détériorée.

I.2.4. Poursuite des études jusqu’à la fin du cycle primaire, total (% de cohorte)

C’est ici un autre indicateur qui donne une appréciation sur la qualité de l’éducation. Par
définition, le ‘’taux de poursuite des études jusqu'au niveau le plus élevé du primaire
correspond au nombre d'enfants inscrits au premier niveau de l'école primaire qui atteindront
vraisemblablement le niveau le plus élevé du primaire. L'estimation est calculée en se fondant
sur la méthode des cohortes reconstruites qui utilise les données sur la scolarisation et le
redoublement sur deux années consécutives’’32.

D’après toujours les données disponibles, la période 1971-1986 des PQ avant PAS enregistre
une moyenne de 38.3% des élèves qui parviennent à poursuivre leur scolarité jusqu’à la fin du
cycle. Pour la phase de 1987-1996 cette moyenne augmente jusqu’à 46.6%. Elle monte encore
à 59.4% pour la période 1997-2005 pour tomber jusqu’à 55,9% avec la dernière phase des
CSLP. Encore une fois, c’est un indicateur qui montre que la qualité de l’éducation s’est
détériorée avec la période des CSLP, comparativement à la phase précédente, malgré une
amélioration sensible de l’accès.

Un autre secteur social à traiter pour voir les performances des différentes approches de
planification du développement est celui de la santé. C’est ce que le point suivant analyse.

I.3. Santé

I.3.1. Taux de mortalité infantile, moins de 5 ans (pour 1 000)

D’après toujours la définition de la Banque mondiale, le taux de mortalité des enfants de


moins de cinq ans est la probabilité qu'un nouveau-né sur 1000 meure avant d'atteindre l'âge
de cinq ans s'il est assujetti aux taux de mortalité par âge pour l'année déterminée. Les
graphiques ci-dessous montrent l’évolution du taux de mortalité infantile pour les cinq
périodes sous analyse.

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Analyse des performances des référentiels de planning du développement au Burundi
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Graphiques 10. Taux de mortalité infantile, moins de 5 ans (pour 1 000)

1964-2014 1964-1968

1969-1986 1987-1996

1997-2005 2006-2014

Source : Construits à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

La courte période avant les PQ de 1964-1968 enregistre une légère augmentation de la


mortalité infantile, de 241,6‰ en 1964 à 246,7‰ en 1968.

La première moitié de la période de 1969-1976 des PQ avant les PAS connaît une légère mais
continuelle diminution de la mortalité infantile d’un taux de 247,3‰ en 1969 à 245‰ en
1976. Pour la deuxième moitié, la chute de la mortalité est forte avec un taux de 242‰ en
1977 à 184,2‰ en 1986.

La période des PAS (1986-1996) affiche un taux de mortalité en légère augmentation à partir
de 1988 avec un taux de 170,1‰ qui monte jusqu’à 173,5‰ en 1993 pour descendre très
légèrement jusqu’à 167,5‰ en 1996.

Pour la période de 1997 jusqu’à 2005, la chute de la mortalité infantile est sensible avec une
décroissance de 164.4‰ en 1997 à 127,1‰ pour 2005. Cette chute se continue avec la phase
des CSLP qui commence par un taux de 120,9‰ en 2006 pour tomber jusqu’à 81,7‰ en
2015. C’est cette phase qui enregistre une plus forte chute du taux de mortalité infantile,
comparée aux périodes précédentes. Sur toute la période de 1964 à 2015 cependant, les taux
de mortalité infantile sont presque continuellement en diminution, excepté quelques rares cas
ci-haut évoqués avant les PQ et pendant les PAS.

L’analyse des taux de mortalité bruts est aussi à faire dans le domaine de la santé. C’est ce
que traite la section qui suit :

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I.3.2. Taux de mortalité, brut (pour 1 000 personnes)
Selon toujours la base des données de la Banque mondiale, le taux brut de mortalité indique le
nombre de décès au cours de l'année pour 1000 personnes et est estimé en milieu d'année. En
soustrayant le taux brut de mortalité du taux brut de natalité, on obtient le taux d'augmentation
naturelle, qui est égal à l'évolution de la population en l'absence de migration.
Graphiques 11. Taux de mortalité, brut (pour 1 000 personnes)

1964-2014 1964-1968

1969-1986 1987-1996

1997-2005 2006-2014

Source : Construits à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale.

Pour toutes les périodes sous-analyse, le taux de mortalité brut est en légère diminution de
façon continue, sauf pour la période des PAS dans laquelle il connaît de légères
augmentations qui se succèdent par des stagnations par moments, de 1987 à 1993. Ainsi, ce
taux qui est de 17,6‰ en 1987 monte légèrement à 17,9‰ en 1989 et 18‰ en 1990 et 1991.
Il redescend encore à 17,9‰ en 1992 pour revenir à 17,7‰ l’année suivante et descend
encore jusqu’à 16.7‰ et 16‰ en 1995 et 1996.
De façon globale, alors qu’en 1960 avant les PQ le taux de mortalité est de 23,2‰, il est de
11,6‰ en 2013, pendant la période des CSLP. L’analyse des indicateurs de mortalité nous
conduit à l’analyse de l’espérance de vie.

I.3.3. Espérance de vie à la naissance, total (années)


En retenant la définition de la Banque mondiale, ‘’l’espérance de vie à la naissance indique le
nombre d'années qu'un nouveau-né devrait vivre si les règles générales de mortalité au
moment de sa naissance devaient rester les mêmes tout au long de sa vie’’33.

33
www.banquemondiale.org
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Tableau 4. Espérance de vie à la naissance, total (années)
Avant les Pendant les PQ Pendant les PAS Après les Pendant les
PQ avant les PAS PAS CSLP
Année EV Année EV Année EV Année EV Année EV
1960 41,2 1969 43,6 1987 48,8 1997 50,1 2006 53,1
1961 41,5 1970 43,8 1988 48,6 1998 50,7 2007 53,5
1962 41,9 1971 44,0 1989 48,3 1999 51,1 2008 53,9
1963 42,2 1972 44,2 1990 48,0 2000 51,5 2009 54,4
1964 42,5 1973 44,5 1991 47,8 2001 51,7 2010 54,8
1965 42,8 1974 44,8 1992 47,7 2002 51,9 2011 55,3
1966 43,1 1975 45,2 1993 47,9 2003 52,1 2012 55,8
1967 43,3 1976 45,7 1994 48,2 2004 52,4 2013 56,3
1968 43,5 1977 46,1 1995 48,8 2005 52,7
1978 46,5 1996 49,5
1979 46,9
1980 47,3
1981 47,6
1982 47,9
1983 48,3
1984 48,6
1985 48,8
1986 48,9
Moyenne 42,4 46,3 48,4 51,6 54,6
Classement 5 ième 4 ième 3ième 2ième 1ier
Source : Etabli à l’aide de la Base des données de la Banque mondiale. (EV : Espérance de vie)

De l’analyse de l’évolution de l’espérance de vie au Burundi, il ressort que cette évolution est
continuellement positive, de 1960 à 2013. Ainsi, l’espérance de vie qui est estimée à 41,2 ans
en 1960 a augmenté sans jamais s’arrêter, ni stagner jusqu’à 56,3 ans en 2013. La phase des
CSLP connaît ainsi une grande espérance de vie estimée à 54,6 ans en moyenne, par rapport
aux autres phases qui ont précédé.

II. Synthèse sur les référentiels de planning du développement au Burundi

A la fin de l’analyse qui a été faite, il convient de faire la synthèse par rapport à ce qui a été
relevé. Les périodes de 1960-1968 et 1997-2005 étant des phases au cours desquelles il n’y
avait pas de référentiel de planning du développement bien spécifique au Burundi. Les
périodes de 1969-1986, 1987-1996 et 2006-2014 attirent ainsi une attention particulière pour
faire la comparaison. Elles correspondent en effet aux PQ avant les PAS, aux PAS et aux
CSLP respectivement. La synthèse de la comparaison est ainsi la suivante :

i) En considérant les performances en matière de croissance économique, les CSLP


apparaissent comme le modèle de planification le plus performant. Avec une moyenne de
+4,44% de croissance annuelle du PIB par an pour la période 2006-2014, les CSLP viennent
avant les plans quinquennaux de développement économique et social qui eux enregistrent
une croissance moyenne de +3,7% pour la période 1969-1986. Les PAS sont clairement un
modèle loin d’être recommandable. Avec en effet une moyenne de +0,87%, ils viennent en
dernière position, la moyenne sur toute la période de 1961-2014 étant de +2,877%.

Cependant, tout en saluant cette croissance de la période des CSLP, il convient de noter
qu’elle reste faible, surtout en comparant le PIB par habitant courant avec celui des pays de la
communauté Est Africaine - CEA. Les analyses faites montrent que le Burundi vient en
dernière position et que l’écart entre le PIB par habitant du Burundi (216.6 $ US) est très
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grand par rapport à la moyenne de la sous-région (586.9 $ US), soit près de 2.8 fois plus petit
pour la période 2006-2014. Par ailleurs, alors que le CSLP-1 avait prévu un taux de
croissance du PIB de 6.7%34, ce taux a été de 4% de 2006 à 2009. L’évaluation signale à cet
effet que ce taux ‘’est encore insuffisant pour réduire sensiblement le taux de pauvreté qui
atteignait déjà 67% en 2006’’35. C’est pourquoi le document du CSLP-2, en commençant par
un récapitulatif des résultats du CSLP-1 rappelle que ‘’c’est sur le plan de la croissance que
les résultats obtenus sont nettement inférieurs aux attentes’’36.

En considérant le PIB par habitant ($ US constants 2005), la période de planification du


développement avec les CSLP vient en quatrième position, après la période de la crise, des
PQ et des PAS. Les CSLP apparaissent cependant comme une période au cours de laquelle il
y a stabilité des revenus pour le citoyen burundais, plus que pour toutes les autres périodes.

ii) Avec la prise en compte du domaine social, les CSLP apparaissent globalement comme le
modèle ayant donné de bons résultats, comparativement aux autres référentiels. En effet,
- Les indicateurs d’accès à l’éducation montrent que c’est la période des CSLP qui vient
en avant. Elle correspond en effet à la gratuité des frais de scolarité au primaire et de
la construction de nombreuses infrastructures scolaires à travers les travaux
communautaires dès l’accession au pouvoir des nouvelles institutions de 2005 après
une longue période de crise socio-politique. Les indicateurs de la qualité cependant
révèlent que les CSLP perdent leur place de primauté et montrent par là qu’il est
possible de travailler pour l’accès à la scolarisation sans que la qualité suive.
- Pour la santé, le taux de la mortalité infantile (moins de 5 ans) est en effet le plus bas
pour la période des CSLP depuis 1964 car il est tombé jusqu’à 81,7‰ en 2015 alors
qu’il était de 242‰ en 1964, soit près de 3 fois moins élevé.
De même, le taux de mortalité brut a connu une chute jusqu’à 11,6‰ en 2013 alors
qu’il était de 23.2‰ en 1960, soit deux fois moins élevé.
- Concernant l’espérance de vie, c’est cette même période des CSLP qui se classe
première, avec une espérance de vie de 54,6 ans en moyenne.

Avec ces observations, nous aboutissons ainsi à la conclusion que globalement, la


planification du développement avec les cadres stratégiques de croissance et de lutte contre la
pauvreté aboutit aux meilleurs résultats en matière de développement économique
comparativement aux modèles de planification antérieurs au Burundi, exception faite sur
quelques indicateurs. Ces CSLP n’ont pas encore cependant jusqu’à présent résolu le
problème du niveau du développement qui reste bas au Burundi, au regard des indicateurs
habituellement d’usage, en comparaison avec le reste du monde.

III. Type de modèle de référentiel de planning du développement recommandable pour


le Burundi

Nonobstant le fait que certains pays ont réussi à impulser un développement économique
qu’ils recherchaient, nul ne peut prétendre détenir un modèle de planification du
développement qui soit parfait et infaillible. Au regard des analyses qui ont précédé
cependant, il y a moyen de faire une synthèse par rapport à cette préoccupation pour le cas du
Burundi. Quelques points saillants sont ainsi ici à relever et à retenir :

34
Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté I, Bujumbura, Janvier 2007
35
Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté II, Bujumbura, Janvier 2012, p.14
36
Idem, p.13
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- Au Burundi, l’économie devrait se focaliser prioritairement sur le secteur primaire,
notamment l’agriculture, l’élevage et la pêche37. Or, les analyses qui ont été faites ont
montré que le secteur de l’agriculture est en décroissance depuis 1961, alors qu’il
occupe le gros de l’économie burundaise, soit en moyenne 50.8% pour la période
1970-2014. Pour cela, une attention particulière devrait être focalisée sur
l’accroissement de la productivité, la modernisation agricole, les infrastructures
agricoles nécessaires, la mise en place d’une industrie de transformation sur place des
produits primaires, le développement des services qui favorisent l’accès au
financement agricole ainsi que la commercialisation des productions reçues. Ce qui
renforcerait les capacités de la population à produire et à avoir un pouvoir d’achat
élevé. Ce pouvoir reste faible au Burundi, comparativement aux pays de la
communauté Est Africaine comme l’ont relevé les analyses sur la croissance du PIB
par habitant.
Dans son article sur l’évolution de la vulnérabilité économique du Burundi, Ephrem
Niyongabo aboutit à la conclusion que la vulnérabilité économique du Burundi est
élevée. De plus, cette vulnérabilité a continuellement augmenté depuis 1980,
contrairement aux autres pays de la CEA38. Pour arriver à améliorer cette situation,
l’auteur propose des recommandations en plus de l’accroissement de la productivité
agricole. Il s’agit entre autres de faire la diversification des exportations en travaillant
pour l’amélioration de la qualité des produits traditionnels d’exportation (café, thé) et
en élargissant la gamme des produits d’exportation.
La forte dépendance à l’agriculture uniquement devrait cependant être une
préoccupation des pouvoirs publics. Ce qui pourrait être fait en mettant en place des
politiques d’emploi efficaces et appropriées, par le développement des secteurs de
l’industrie et des services (32.6% du PIB pour 1970-2014). Le secteur secondaire est
en effet le dernier dans la contribution au PIB avec 16.6% pour 1970-2014en plus
d’être instable. Il est donc impératif de développer une industrie agro-alimentaire pour
booster l’économie burundaise.
- Que ce soit le domaine économique ou social, tout devrait être basé sur un système
éducatif39 approprié aux réalités locales, à l’instar des nouveaux pays industrialisés de
l’Asie40. En effet, comme le souligne bien l’UNESCO, ‘’aujourd'hui plus que jamais,
il faut voir dans l'éducation une dimension fondamentale de tout projet social, culturel
et économique’’41. Par ailleurs, il a été évident qu’au Burundi l’accès à l’éducation
n’évolue pas avec la qualité de l’enseignement.

Cela étant, ‘’il est indispensable, pour assurer pleinement l'éducation fondamentale et
son utilisation efficace aux fins du développement individuel et social, de prévoir des

37
Stratégie agricole nationale 2008-2015 ainsi que Programme National de sécurité alimentaire 2009-2015
constituent des documents sectoriels de référence qui ont été élaborés pour le domaine de l’agriculture au
Burundi
38
NIYONGABO, Ephrem, ‘’Evolution de la vulnérabilité économique du Burundi’’, pp.13-14 ; Article
téléchargeable sur le site www.idec.org.bi ; IDEC
39
La conviction de l’UNESCO est en effet que l’éducation constitue ‘’un facteur clé du développement durable;
elle conditionne de fait l’exercice de tous les autres droits car elle permet à l’individu d’accéder à la
connaissance, condition aujourd’hui indispensable pour pouvoir faire face au monde de plus en plus complexe’’
(Rapport de la conférence générale sur les effets des programmes d’ajustement structurel sur l’éducation et la
formation, Paris, 1995, p.5)
40
Les Dragons (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taiwan) et Tigres (Thaïlande, Malaisie, Indonésie,
Philippines et Viet Nam)
41
UNESCO, Déclaration sur l’éducation pour tous et cadre d’action pour répondre aux besoins éducatifs
fondamentaux ; Conférence mondiale sur l’éducation pour tous – Répondre aux besoins fondamentaux ; Jomtien,
Thaïlande, 5-9 mars 1990 ; p.10
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politiques d'accompagnement dans les secteurs social, culturel et économique.
L'éducation fondamentale pour tous suppose un engagement et une volonté politiques
étayés par des mesures budgétaires et allant de pair avec une réforme de
l'enseignement et un renforcement des institutions. Une politique économique et
commerciale et une politique du travail, de l'emploi et de la santé judicieuses
amélioreront la motivation des apprenants et leur permettront d'apporter une
contribution plus positive au développement de la société42.

Conclusion générale et perspectives

L’objectif du présent article était une contribution à l’analyse des référentiels de planning du
développement qui ont été appliqués au Burundi depuis le lendemain de l’indépendance. La
question au centre de la réflexion était de savoir lequel de ces référentiels a été le plus
performant au regard des résultats obtenus. Il a été évident que globalement, les cadres
stratégiques de croissance et de lutte contre la pauvreté occupent une place de primauté sur la
croissance annuelle du PIB, depuis 1969. Ces CSLP perdent cependant cette place lorsqu’il
s’agit de considérer le PIB par habitant ($ US constants 2005) qui fait intervenir le poids
démographique. Ils viennent en avant-dernière position. Leur avantage est néanmoins le
caractère stable de cet indicateur, comparativement aux autres phases analysées. En
considérant l’indicateur du PIB par habitant courant, un fait remarquable est que de façon
globale, il évolue positivement dans le temps au Burundi. Il ne l’est pourtant pas autant que
dans les pays de la communauté est africaine. Sur cet indicateur, le Burundi occupe en effet la
dernière place depuis la décennie 60 du siècle écoulé, comparativement aux quatre autres pays
de la région.

Avec la prise en compte des indicateurs sociaux qui entrent dans la constitution de l’indice du
développement humain – IDH, le Burundi affiche de meilleures performances pendant la
période des CSLP en considérant le taux d’alphabétisation des adultes et le taux net
d’inscription au primaire. Cependant, pour le taux de redoublement, la période des CSLP
viennent en dernière position. La poursuite des études jusqu’à la fin du cycle primaire étant
également un indice qui renseigne sur la qualité de l’éducation, sur les référentiels analysés, la
phase des CSLP occupe la deuxième place.

Le domaine de la santé étant également pris en compte dans l’IDH, trois indicateurs ont été
analysés. La période des CSLP affiche de meilleures performances sur le taux de mortalité
infantile pour les moins de cinq ans. C’est aussi le cas pour le taux brut de mortalité, et
l’espérance de vie. Celant étant, les améliorations au niveau de la santé ont évolué dans le
temps, depuis la période des plans quinquennaux aux CSLP, en passant par les programmes
d’ajustement structurel.

Malgré des performances qui s’observent dans un référentiel comparativement aux autres, le
constant est que le Burundi reste en arrière, considération faite des autres pays de la
Communauté Est Africaine. En prenant le PIB par habitant courant en effet, le constant est
qu’il y a évolution dans le temps au Burundi, mais pas autant que pour les pays de la région,
du moment que ces derniers figurent encore aussi sur la liste des pays à IDH faible. Il apparaît
ainsi que beaucoup d’efforts sont à fournir au Burundi pour rattraper les autres pays, voire les
dépasser. Les analyses faites sur la croissance des secteurs économiques montrent que la part
l’agriculture qui occupe le gros de l’économie burundaise va continuellement en diminuant,

42
UNESCO, Déclaration sur l’éducation pour tous et cadre d’action pour répondre aux besoins éducatifs
fondamentaux ; Conférence mondiale sur l’éducation pour tous – Répondre aux besoins fondamentaux ; Jomtien,
Thaïlande, 5-9 mars 1990 ; p.2
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d’une phase de planification à une autre dans le temps. Par contre, le secteur des services qui
est le deuxième contributeur dans la constitution du PIB connaît une croissance continue
d’une phase à une autre. Cela est ainsi du moment que le secteur de l’industrie qui est le
contributeur le moins important des trois pour la valeur ajoutée en % sur le PIB est instable
dans la croissance. Le développement d’une industrie agro-alimentaire en complément à
l’amélioration de la diversification et productivité agricoles apparaît ainsi comme une solution
pour booster l’économie burundaise.

À l’issue du présent article et au regard des analyses faites, deux principales perspectives
seraient à envisager :

- L’étude ayant concerné les référentiels de planning du développement, il serait


important de considérer d’autres fonctions de la gestion du développement. À titre
d’exemple, un travail consacré sur le pilotage du développement par les pouvoirs
publics au Burundi serait d’une importance capitale. Ce qui pourrait permettre de tirer
des conclusions sur les facteurs déterminants dans la réussite de la coordination du
développement, pour l’avenir. En plus de cela, une étude sur le financement des plans
de développement dans une perspective de la coopération au développement serait
d’une importance capitale.

- L’analyse ayant retenu un nombre limité d’indicateurs, d’autres indicateurs devraient


être considérés pour une analyse beaucoup plus large. De plus, une étude approfondie
devrait être menée pour déceler les facteurs explicatifs des performances observées à
l’un ou l’autre référentiel sur chacun des indicateurs analysés. Cela est ainsi du
moment qu’il a été évident qu’aucun des référentiels analysés n’est le meilleur sur
tous les indicateurs analysés.

Le constant global étant un niveau de développement encore bas au Burundi, il est autant
impérieux qu’urgent d’aborder dans la recherche de ce problème. Le fait que certains pays
jadis sous-développés à l’instar des Dragons et des Tigres de l’Asie, de même que les Jaguars
de l’Amérique du Sud ont atteint un niveau appréciable du développement constitue un
encouragement pour un pays comme le Burundi. Cela étant, c’est ici une preuve qu’il est
possible pour le pays de quitter le groupe des nations à IDH faible, pour rejoindre celles qui
ont réussi à impulser une dynamique de développement qui a changé leur situation. La
question de savoir comment y arriver garder sa pertinence et devrait faire la préoccupation des
chercheurs et décideurs politiques pour le bien-être de leurs populations.

FIN

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Québec à Montréal, Collection Cahiers du Gretsé, N°8
REMUGA, Devi-Voisset (2008), ‘’Quel(s) modèle(s) pour quelle(s) lutte(s) contre quelle(s) drogue(s) ? Le cas
de la Caraibe du Commonwealth’’ ; dans ‘’Quels modèles pour la Caraïbe, Université des Antilles et de la
Guyane’’ ; Actes du Colloque International de Schoelcher (Martinique) 11 et 12 avril 2006, L’Harmattan, sous
la direction de DAVIDAS, Lionel et LERAT, Christian et REVAUGE, Cécile
RUTAZIBWA, G., Article : ‘’La pauvreté comme cause seconde des conflits’’ ; dans le chapitre
‘’Développement et paix durable de l’ouvrage Démocratie, Bonne gouvernance et développement dans la région
des grands lacs’’ sous la direction de Joseph Gahama

Rapports et publications des organisations et institutions


BANQUE MONDIALE (2007-2015), Doing Business, Rapports annuels
BURUNDI : La politique d’Ajustement structurel, Rapport du colloque à Bujumbura, du 23 au 25 mai 1990,
Centre de recherche sur le développement économique de l’université du Michigan
BURUNDI, Mémoire présenté par le Gouvernement du Burundi lors de la 3ième conférence des Nations Unies
sur les pays les moins avancés, Bruxelle, 14-20 mai 2001
BURUNDI, Rapport du colloque à Bujumbura du 23 au 25 mai 1990, Préparé et publié par le Centre de
recherche sur le développement économique de l’Université du Michigan pour l’USAID, Septembre 1990
FIDA, Rapport 2001 sur la pauvreté rurale
FOND AFRICAIN DE DEVELOPPEMENT, Rapport d’achèvement du PAS (1991-1993), Département pays,
Région Centre, Juin 1996
GTZ, Guide pour une lutte efficace contre la pauvreté dans l'activité de la GTZ, Mai 2007
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Article scientifique
Analyse des performances des référentiels de planning du développement au Burundi
Vicomte Nkunda
MAHMOOD Hasan Khan ; La pauvreté rurale dans les pays en développement - Orientation pour l’action
publique ; Fonds monétaire international, Washington ; 2001
OCDE, Les lignes directrices du CAD Stratégies de développement durable, 2001
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction, Contribution thématique au
rapport sur le développement humain durable au Burundi. Thème : La croissance économique et l’emploi de
1990 à 1996
PNUD, Rapport 2007, Pour une mondialisation au bénéfice de tous
PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2000
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction ; Rapport national sur le
développement humain au Burundi, 1997
PNUD/Ministère de la planification du développement et de la reconstruction ; Rapport national sur le
développement humain au Burundi, 2003
BURUNDI, Cinquième Plan Quinquennal de développement économique et social 1988-1992
BURUNDI, Quatrième Plan Quinquennal de développement économique et social 1983-1987

Rapport OMD 2012, Evaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des OMD

UNESCO, Déclaration sur l’éducation pour tous et cadre d’action pour répondre aux besoins éducatifs
fondamentaux ; Conférence mondiale sur l’éducation pour tous – Répondre aux besoins fondamentaux ; Jomtien,
Thaïlande, 5-9 mars 1990

UNESCO, Rapport de la conférence générale sur les effets des programmes d’ajustement structurel sur
l’éducation et la formation, Paris, 1995

Textes de loi, documents de stratégies et données statistiques

Annuaire statistique du Burundi 2006, Décembre 2007


Base de données pour les indicateurs du DHD-2005, Avril 2008
Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté I, Bujumbura, Janvier 2007
Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté II, Bujumbura, Janvier 2012
Enquête démographique et de santé Burundi 2010, ISTEEBU, INSP, Mai 2012

Plan Quinquennal de développement économique du Burundi 1968-1972, p.26


Stratégie Agricole Nationale, Bujumbura, Juillet 2008
Vision Burundi 2025, Bujumbura, Juin 2011

Dictionnaires et encyclopédies

CAPUL, Jean-Yves et GARNIER, Olivier (2008), Dictionnaire d’économie et des sciences sociales, Nouvelle
édition
Ellen K. Eggers (2006), Historical Dictionary of Burundi, The Scarecrow Press, Inc. Lanham, Maryland,
Toronto, Plymouth, UK, 2006, Third Edition

Webographie

www.banquemondiale.org
www.undp.org/french/
www.idec.org.bi

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