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Le Liseur un thriller passionnant…

Une œuvre qui oppose la passion d’un homme pour une femme plus
âgée à la manière dont cette femme s’attache à la raison.

Bernhard Schlink, écrivain de langue allemande, fut récompensé à


plusieurs reprises : tout d’abord en 1997 où il obtient le prix Hans Fallada ainsi
que le prix Laure Bataillon. Puis en 1999, il obtient le prix de littérature du journal
« die Welt ».
Le Liseur, un roman publié en 1995, est un véritable succès pour l’auteur. Ce
roman partiellement autobiographique, est traduit en 37 langues. Il est le premier
roman allemand à arriver en première position sur la liste de best-sellers de New
York. De plus, il est inscrit dans le programme scolaire littéraire de la Shoah. Une
adaptation cinématographique du roman est prévue dans les salles pour 2009.

Un adolescent, Michael Berg, et une femme mystérieuse plus âgée, Hanna


Schmitz, ont une liaison amoureuse, dans laquelle la lecture tient une part
importante, jusqu'à ce que Hanna disparaisse brutalement. Après quelques
années, Michael, étudiant en droit et stagiaire, retrouve Hanna sur les bancs du
tribunal, où elle est accusée d’un crime de guerre durant la Shoah. Puis il
découvre son secret, le secret qui lui fait honte depuis tant d’années. Michael
décide alors de faire comme lors de leurs nombreuses après-midi passées
ensemble : il lui envoie des cassettes où il lui lit les romans qu’il apprécie. Il
recevra par la suite une convocation de la directrice de la prison lui annonçant la
libération proche d’Hanna. Lorsqu’il entre chez elle, la jeune femme est sans vie :
elle s’est pendue.

Dans son œuvre, Bernhard Schlink narre des faits et des actions
historiques et s’interroge sur le passé de son pays mais il n’essaie pas de justifier
ce passé ; de justifier l’holocauste. Bien au contraire, il sait que ce passé pèse sur
les générations concernées mais aussi sur celles qui suivent et suivront cet
épisode raconté fait partie de l’histoire de l’Allemagne pour encore les siècles à
venir.
La responsabilité, la culpabilité et la liberté rendent l’intrigue captivante. C’est un
roman court qui raconte l’évolution de Michael, le personnage principal.
La psychanalyse prend une place importante dans le roman : le narrateur se
questionne quant à l’amour qu’il ressent pour Hanna. Le narrateur réfléchit
longuement à sa situation, raconte son état d’esprit au moment des faits et
analyse les divers événements de sa vie avec et sans Hanna. Il se remet en
cause.
Puis il invite le lecteur à s’interroger. Jusqu’où peut-on aller pour dissimuler
son identité, son passé, et son plus grand secret ? Comment vivre en affrontant
ses peurs et ses hontes ?
Certains lecteurs sont touchés par cette œuvre passionnante tandis que d’autres
restent indifférents au charme qui se dégage du récit. Il est surprenant
d’apprécier l’atmosphère envoûtante du roman sans pour autant ressentir de
l’affection pour les protagonistes. Ces deux personnages ne sont pas attachants ;
surtout Hanna. Au début de l’histoire, on ne connait ni son passé, ni ce qu’elle
devient par la suite. Bernhard Schlink met une distance entre les personnages et
le lecteur. Peut-être est-ce dans le but de détacher le lecteur du côté dramatique
du récit en insistant sur le versant historique? De plus, l’auteur utilise beaucoup
de synonymes et fait des répétitions. En réalité, il accentue certains événements.
Le lecteur est ainsi marqué par l’action et donne vie l’histoire.
La fin de l’intrigue est inattendue, et survient comme un coup d’éclat. La
difficulté à passer outre sa plus grande honte s’amplifie alors vivement.
C’est un livre agréable et souvent apprécié. C’est un roman qui parle de l’amour
qui perdure malgré le temps et malgré les gens.
L’entrecroisement de thèmes forts comme le poids du passé et la liberté
individuelle font de ce roman une œuvre à l’aspect dramatique qui cache un réel
questionnement sur la vie. Pertinent !