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PRISE DE NOTES

COURS : INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT


PROFESSEUR : AHMED ALLALI
ÉTUDIANT : NASSER DEEN

SÉANCE PREMIERE
DATE : 12/ Février / 2019
DURÉE : 9h 00- 10h 30 (1h 30 minutes)
AMPHI : 4

Cette matière entre dans le cadre du droit commercial, plus exactement les activités financières des
entreprises. Les entreprises, pour financer leurs activités, utilisent les instruments de paiement et de
crédit qui est l’objet de notre cours. La matière est autrement appelé le Droit cambiaire
C’est une matière très technique, on sera donc obligé à chaque fois faire des schémas pour la décrire.
Surtout pour le chèque et la lettre de change.
Pour une raison d’efficacité, les règles qui s’en appliquent sont des règles qui sont en quelques sortes
un peu différent des règles du droit civil. Ces règles s’appellent le droit cambiaire. Elles sont des
techniques élaborées par la pratique des affaires et par les banquiers qui ont fait l’objet de cette
matière. Dans le cadre de cette matière, on étudiera uniquement les instruments qui servent à
l’opération de paiement et à l’opération de crédit. Ceci dit qu’on ne va pas nous pencher sur l’opération
de paiement et de crédit. Et L’examen de fin de semestre portera essentiellement sur un cas pratique.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

SECTION 1 : NOTION DES INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT

-DÉFINITION : Les instruments de paiement et de crédit sont des supports permettant le transfert de
la monnaie scripturale et le financement d’une opération commerciale à court terme (Ex : Lettre de
change, chèque, carte bancaire, virement bancaire, prélèvement automatique…)
Essayons de revoir de près cette définition :
-Ce sont des supports : Dans la mesure où ce sont des outils qui permettent à faire des opérations. Ils
peuvent être matériels (Le chèque, carte de paiement ) ou immatériel (Le virement ou le prélèvement)
-Monnaie scripturale : Désigne la monnaie qui se trouve dans un compte bancaire et qui circule par
un simple jeu d’écriture. Elle est représentée par un tableau où il y’a le débit et le crédit. Le contraire
de cette monnaie scripturale est la monnaie fiduciaire (billet de banque). Le but de la matière est
d’assurer la sécurité du paiement en évitant l’argent liquide pour mieux garder la traçabilité. On est
aujourd’hui dans la phase de la disparition de l’argent liquide.
-Court terme : C’est-à-dire sur une période brève (2 ans maximum). Il faut savoir que dans une
opération de crédit « une échéance ». C’est le temps que le créancier va laisser au débiteur pour
satisfaire son obligation de paiement. Cependant, cette échéance dans les opérations de crédit car
celles des paiements sont immédiates.
Toutes fois, il y’a entre l’instruments de paiement et l’instruments de crédit une nuance qu’il faut
discerner :
L’instrument de paiement ne sert qu’à payer (C’est le cas d’un chèque…) alors que l’instrument de
crédit sert à la fois à payer et à obtenir un crédit (Lettre de change, billet à ordre) . Il y’a un proverbe

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qui va dans ce sens « Celui qui peut le plus, peut le moins ». Si la lettre de change peut faire un crédit
il peut également faire un paiement.

SECTION 2 : LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT ET LES EFFETS DE COMMERCE

Un effet de commerce est appelé en arabe (‫)ورقة تجارية‬. C’est un titre (Bout de papier) négociable
représentant une créance de somme d’argent à court terme.
En examinant cette définition, on aperçoit les caractéristiques des effets de commerce qui sont les
suivants :
1-Un titre négociable : C’est un titre transmissible par des modalités simples et rapides entre
commerçant et permettant d’éviter les modalités lourdes de la cession des créances en droit civile.
Exemple : Monsieur A a une créance de 10.000 dirhams contre Monsieur B qui sera payé dans 6 mois.
Donc le créancier est Monsieur A et le débiteur Monsieur B. Monsieur A a une somme de 10.000
dirhams qui est un titre représentant une créance. Cette créance doit donc attendre 6 mois, mais A à
besoin d’argent pour acheter une autre marchandise ou supposons qu’il a aussi un autre fournisseur
Monsieur D. En droit civile, on peut donc entreprendre la technique de la cession de créance dans ce
cas. Monsieur A va donc renoncer à sa créance pour que Monsieur D soit le créancier de Monsieur B.
Sauf que cette technique de droit civile a des modalités lourdes. On doit avertir le débiteur par un
huissier de justice de la cession du créance et le constater ensuite par un acte authentique.
Pour éviter donc ces modalités lourdes, on a créé les effets de commerce qui sont des titres
représentant la créance et qui ont le caractéristique de négociabilité sans faire les modalités du droit
civil.
Cette négociabilité se fait par l’une des deux techniques suivantes :
➢ Soit par la tradition : C’est la remise de main à main lorsque le titre n’est pas à l’ordre, c’est-à-
dire lorsque le nom du bénéficiaire n’est pas marqué sur la lettre de change par exemple.
➢ Soit par l’endossement : C’est ce que l’on écrit au dos du chèque. Cela peut permettre de
transmettre un titre d’une personne à une autre d’une manière simple.
2-Le formalisme : La validité d’un effet de commerce dépend du respect des conditions de forme. Le
titre tire sa validité simplement de son formalisme.
3-L’abstraction : C’est le fait de crée une obligation détachée ou séparée de l’obligation à l’origine de
la créance.
Exemple : On achète un ordinateur portable par un chèque à 5.000 dirhams et qu’on est pas satisfait
de l’ordinateur. On vient chez notre banquier pour réclamer le remboursement du chèque, celui-ci
répondra que l’opération est abstraite, c’est-à-dire qu’elle est passée. On va donc être obligé de
chercher un autre moyen de remboursement chez le vendeur… Cette obligation de remboursement
qui incombe au vendeur n’est donc pas liée de l’obligation de paiement qui est à l’origine de la créance.
4-Un objet monétaire : Ce caractéristique fait allusion à l’argent. L’objet principal des effets du
commerce est l’argent.

L’INTÉRÊT DE LA DISTINCTION ENTRE UN EFFET DE COMMERCE ET UN INSTRUMENT DE PAIEMENT


ET DE CRÉDIT : La notion des effets de commerce est une notion restrictive, elle ne concerne que le
chèque, la lettre de change et le billet à ordre. C’est pour cette raison, avec le développement des
nouvelles techniques, on a jugé nécessaire de mettre en place une notion plus large qui est la notion
des instruments de paiement et de crédit. Cette dernière recouvre donc : le chèque, la carte de
paiement, le prélèvement bancaire, lettre de change, le billet à ordre…..etc.

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SECTION 3 : L’HISTOIRE ET LES SOURCES DES INSTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CRÉDIT AU
MAROC

1-Historique

Le point de départ des instruments de paiement et les effets de commerce est le fait d’éviter le
transport de l’or. Les commerçants pour éviter les risques de transporter leur patrimoines utilisaient
la traite (La lettre d’échange aujourd’hui).
En Droit Marocain on utilisait ce qu’on appel ‫( الحوالة‬Hawala) : Un commerçant qui quittait donc Tanger
pour chercher des marchandises à Marrakech va généralement contacté un autre commerçant qui
jouait le rôle d’un banquier et lui remettre son argent. Ce dernier va lui donner un papier sur lequel
est écrit le montant qui va lui permettre lorsqu’il va se déplacer à Marrakech d’aller chez un autre
commerçant qui est le correspondant de celui de Tanger pour récupérer son argent.
Cette technique a été notamment développé au Moyen Âge en Europe lorsqu’ils y’avaient des
commerçants entre les villes italiens et les autres villes de l’Europe. C’était donc un moyen de transfert
d’argent puis après cette pratique est devenue un moyen de paiement. Elle s’est encore développé
jusqu’à ce qu’elle donne naissance à la technique de la lettre de change.

2-Sources des instruments de paiement et de crédit

-Les sources internes : Le code du commerce de 1913 est la première consécration législative de
cette matière. Ensuite ce code a eu un changement total en 1996 qui est de nos jours la source de
base des instruments de paiement et de crédit (Entre l’article 159- 333)

-Les sources internationales : Les conventions de Genève de 1930-1931

NOTRE PLAN DE COURS VA DONC SUIVRE LE PROCESSUS SUIVANT

PREMIERE PARTIE : Les instruments de paiement


TITRE PREMIER : Le chèque
TITRE DEUXIÈME : Les autres instruments de paiement
DEUXIÈME PARTIE : Les instruments de crédit
TITRE PREMIER : La lettre de change
TITRE DEUXIÈME : Le billet à ordre

Bibliographie :

-Le Droit commercial instrumental


Auteur : Drissi Alami Machichi
-Le Droit Commercial et Bancaire Marocain
Auteur : Didier Martin

Nasser Deen
DEUXIÈME SEANCE

DATE : 19/02/2019

DURÉE : 1H 20

AMPHI : 4

PREMIERE PARTIE : LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT

Les instruments de paiement sont des modes opératoires permettant le paiement du créancier sans
manipulation de la monnaie fiduciaire.
Les caractéristiques principaux des instruments de paiement sont entre autre :
• Les instruments de paiement sont un produit de la monnaie scripturale car le but est d’éviter
l’utilisation de l’argent liquide
• Ce sont des instruments bancaires dans la mesure où leurs utilisations impliquent
l’intervention d’un établissement public.
L’instruments de paiement le plus connu et le plus répandu est le chèque. Toutefois, à côté du chèque,
on a d’autres instruments de paiement comme : Le virement, carte bancaire, virement bancaire…
TITRE 1 : LE CHÈQUE

A-DÉFINITION
Le chèque est un écrit par lequel une personne (le tireur), donne à une autre personne (le tiré) l’ordre
de payer une somme d’argent à une troisième personne (le bénéficiaire).
On constate à travers cette définition que le schéma du chèque fait intervenir trois personnes :
1ère personne :Le tireur : C’est le client d’une banque ou le titulaire d’un compte qui se trouve dans
une banque.
2ème personne : Le tiré : C’est essentiellement l’établissement de crédit ou la banque.
3èmepersonne : Le bénéficiaire ou le porteur : C’est le créancier du débiteur ou de la banque.
Donc le tireur va donner l’ordre au tiré de payer une somme d’argent au bénéficiaire. Cette opération
s’analyse juridiquement comme un contrat de dépôt entre le client et la banque : Le tireur dépose son
argent dans une banque qui est le tiré, et la banque a l’obligation de restituer cet argent à travers la
technique du chèque. Le chèque est donc un moyen de disposer ou d’utiliser son argent. Dans
l’expression bancaire on dit que le client a contre la banque une créance nommée « La provision ».
Cette provision est donc la créance du tireur contre le tiré qui doit représenté ou moins égale à la
somme d’argent figurant sur le chèque. En bref, le tireur est le créancier et la banque est débiteur.

B-L ’ORIGINE DU CHÈQUE

Les auteurs divergent sur les origines du chèque. Pour certains, le chèque remonte à l’antiquité.
Si on analyse le mot « chèque » à partir de son origine étymologique, on peut avoir deux origines :
-Premièrement : Le chèque vient du mot anglais « To check ». Pour les adeptes de cette version, le
chèque a une origine anglaise. Il y est apparu et s’est développée vers 1742 par des banquiers Anglais.
-Deuxièmement : Certains auteurs font remonter la terminologie du mot a un terme arabe « shak »
qui veut dire « Titre ». C’est un titre qui constate un droit au profit d’une personne.
Cette seconde version a été considérée comme étant la plus crédible.
Ensuite, la technique du chèque a été introduite progressivement en France pour être règlementer par
une loi de 1867..
Cette avancée anglaise sur la France s’explique par le fait que les anglais sont un peuple qui
pratiquaient essentiellement le commerce. Tandis que la France a été historiquement dominée par
l’agriculture.

Nasser Deen
Au Maroc, le chèque est réglementé par un Dahir de 1939. Il a fait l’objet de plusieurs modifications,
la dernière modification remonte au code du commerce de 1996.

C-LES AVANTAGES ET LES FONCTIONS DU CHÈQUE


Le chèque a plusieurs fonctions qui peuvent subdivisées en deux : Les fonctions positives et les
fonctions négatives.
1-Les fonctions positives sont les suivantes :
-Le chèque est principalement un instrument de paiement d’une somme d’argent à vue (Sur
présentation), c’est-à-dire qu’il va produire l’extinction à une obligation de paiement d’une somme
d’argent dès sa présentation.
-Le chèque est aussi un instrument de retrait de fond, et ce dans la mesure où le titulaire d’un compte
bancaire peut établir un chèque pour retirer de l’argent de son compte ou désigner un autre
bénéficiaire.
-Le chèque « peut être » utilisé comme un moyen de preuve grâce à sa traçabilité pour prouver
quelque chose. Cependant, il n’est pas essentiellement un mode de preuve. Autrement, il peut être un
début de preuve mais il reste une preuve imparfaite.
2-Les fonctions négatives sont :
-Le chèque n’est pas un instrument de crédit car il est payable à vue ou immédiatement même s’il
comporte une date d’échéance.
-Le chèque n’est pas un instrument de garantie. Au Maroc, il est pénalement interdit d’utiliser le
chèque pour garantir le paiement d’une obligation d’argent.

D-LES INCONVÉNIENTS OU DÉCLIN DU CHÈQUE

Le chèque est victime de son propre succès, parmi ses inconvénients nous avons :
-Le problème de la provision : Une personne peut émettre un chèque alors qu’il sait qu’il n’y a pas
d’improvisions suffisante dans son compte. Néanmoins, cette pratique est considérée comme un délit
pénal sous peine d’une sanction jusqu’à l’emprisonnement.
Dans d’autres pays comme la France, on parle aujourd’hui de la dépénalisation du délit de chèque
sans provision. La législation française a transférée cette responsabilité aux banques. Les
établissements de crédit doivent donc mettre en place des mesures visant à éradiquer ce problème.
Les banques peuvent donc sanctionnée une personne jusqu’à 10 ans d’interdictions d’émettre ou
d’utiliser les chèques.
-Le problème de la falsification : Le chèque est sujet à des falsifications par des techniques différentes
au Maroc comme :
• La falsification du nom du bénéficiaire.
• La falsification à l’aide d’un stylo effaceur….

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TROISIÈME SÉANCE
DATE : 26/02/2019
DURÉE : 1H 30
AMPHI : 4 Mais déplacé à l’amphi 14

CHAPITRE 1 : LA CRÉATION DU CHÈQUE

La créance ou l’élaboration d’un chèque doit respecter certaines conditions relatives au titre lui-même
(Section 1), d’autres conditions relatives aux parties (Section 2), et enfin des conditions relatives à la
provision (Section 3).
Section 1 : LES CONDITIONS RELATIVES AU TITRE (RÈGLES DE FORME )
PARAGRAPHE 1 : LE SUPPORT DU CHÈQUE
Le chèque est normalement établit à partir des formules pré-imprimé délivrée par la banque.
Une question se pose : Peut-on établir un chèque sur un papier libre ?
-En droit Français, un chèque sur papier libre est valable juridiquement s’il comporte toutes les
mentions obligatoires, car la loi ne précise pas qu’il doit être rédigé sur un formulaire.
-En droit Marocain, tout chèque non conforme aux formules délivrées par l’établissement bancaire
est réputé non valable comme chèque. (Art 240-2).

La banque avant la délivrance d’un chéquier a l’obligation de vérification. Cette vérification consiste
à vérifier le fichier central de la banque pour savoir si le bénéficiaire n’est pas frappée d’une
interdiction bancaire (Interdiction d’émettre de chèque).
L’ouverture d’un compte n’implique donc pas la délivrance obligatoire d’un chéquier. En vertu de
l’article 311- 1, la banque peut en principe refuser la délivrance d’un chéquier à son client. Mais ce
refus doit être motivé.
Par contre si elle décide de délivrer le chéquier, elle doit le faire à titre gratuit sans facturer le client
(Art 310)

PARAGRAPHE 2 : LES MENTIONS DU CHÈQUE


A-LES MENTIONS OBLIGATOIRES
La validité d’un chèque dépend du respect des règles de formes édictées par la loi.
a-Précision des mentions obligatoires
L’article 239 du code du commerce prévoit six (6) mentions obligatoires pour que le chèque soit
valable :
• La dénomination de chèque, insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la langue
employée pour la rédaction de ce titre.
• Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée, il est absolument interdit de prévoir
des conditions. Et la somme doit être à la fois en lettre et en en chiffre. Dans l’hypothèse où il
y’a une différence entre la somme en lettre et en chiffre, c’est alors la somme en lettre qui est
prise en compte.
• Le nom du tiré c’est-à-dire la banque qui devra payer
• L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer
• L’indication de la date et du lieu où le chèque est créé
• Le nom et la signature du tireur.

Nasser Deen
b-Les conséquences de l’absence d’une mention obligatoire
La solution du principe est que le chèque est nul lorsqu’une des mentions obligatoires fait défaut.
Toutefois, il convient à nuancer cette solution de principe, on peut se retrouver devant trois (3)
situations :
1ère situation : La sanction par la nullité dans le cas de défaut de signature et l’absence du montant du
chèque.
2ème situation : Il y’a des solutions de régularisations pour que le chèque soit valable dans les cas
suivants :
• En cas d’absence du lieu de paiement : On considère que le lieu de paiement est celui désigné
à côté du nom du tiré. Et si on a pas un lieu désigné à côté du nom du tiré, on prend en compte
du lieu où le tiré a son établissement principal.
• En cas d’absence du lieu de création du chèque : On prend en compte du lieu désigné à côté
du nom du tireur.
3 situation : Le titre non valable comme chèque mais peut avoir un autre sens juridique en cas
ème

l’absence des mentions 1.2 et 3 c’est-à-dire la dénomination de chèque, le mandat de paiement et le


nom du tiré, le titre pourra être considéré comme :
• Un acte sous sein privé
• Un commencement de preuve par écrit
• Une reconnaissance de dette ou un simple indice.

B-LES MENTIONS FACULTATIVES


Il existe certaines mentions qui peuvent être insérées dans le titre par les parties, mais qui ne sont pas
obligatoires, on a par exemple :
-La désignation du bénéficiaire : Il est possible de faire un chèque en blanc ou un chèque au porteur
car il n’est pas obligatoire d’inscrire le nom du bénéficiaire. Pour une raison de sécurité et de
traçabilité, il est conseillé de désigner le nom du bénéficiaire mais cette désignation reste facultative.
-La clause interdisant d’endosser : C’est la clause non à ordre, c’est-à-dire en l’absence du mot non à
ordre on pourrait endosser le texte. On peut donc interdire cet endossement. On a tendance à écrire
souvent ‘chèque non endossable sauf à une banque ou un établissement assigné.
-Le barrement : Il est constitué de deux barres parallèles portés au recto du chèque. Le chèque barré
ne peut être payé par le tiré qu’à un établissement de crédit ou à un de ses clients.
-L’aval : C’est une garantie personnelle qui consiste à apposer la signature du donneur d’aval au recto
du chèque. Elle est exprimée souvent par la mention ‘bon pour aval’
-Certification : C’est une attestation de l’existence de la provision apposée sur le chèque par le tiré à
la demande du tireur ou du porteur.

C-LES MENTIONS INTERDITES


Ce sont des mentions qui sont considérées inexistantes ou nulles, même si elles sont écrites sur le
chèque, parce qu’elles dénaturent le chèque en lui faisant perdre sa nature d’instruments de paiement
à vue, on a entre autre :
-L’indication d’une date d’échéance : Une des particularités du chèque est qu’il est payable à vue donc
immédiatement. Par conséquent, il est impossible de transformer le chèque d’un instrument de
paiement à vue à un instrument de crédit.
-La stipulation d’intérêt : Si l’on a une créance fondamentale qui comporte des intérêts et qu’on paie
par chèque, on ne prendra en compte que la somme définitive. On ne peut pas écrire par exemple sur
le chèque (200+5% d’intérêt).

Nasser Deen
-La clause exonérant le tireur de la garantie de paiement : Le chèque est considéré comme un chèque
ordinaire
-L’acceptation : Elle signifie que le tiré s’engage à payer. Cela est possible avec la lettre de change mais
pour le chèque cela ne joue aucun rôle puisque la banque paie à partir du compte du tireur et ne
s’engage pas à payer personnellement.

SECTION 2 : LES CONDITIONS RELATIVES AUX PARTIES (RÈGLES DE FOND)


Il s’agit des conditions tirées en fonction des personnes :

A-LE TIRÉ (ÉTABLISSEMENT DE CRÉDIT OU LA BANQUE )


Le tiré doit obligatoirement avoir la qualité de l’établissement de crédit ou assimilé habileté à tenir un
compte. C’est-à-dire qu’elle a un agrément bancaire au près de l’organe de régulation.
Parfois le tiré a un double qualité, outre le fait qu’il est tiré, il est en même temps tireur. La loi interdit
en principe cette double qualité sauf dans le cas où le tiré et le tireur sont deux établissements du
même banque. Il s’agit du « chèque de banque ».
C’est le cas par exemple d’un établissement central qui tire un chèque sur l’un de ses établissements
secondaires. Mais dans ce cas, il faut obligatoirement écrire le nom du bénéficiaire car il peut jamais
être au porteur.

B-LE TIREUR
On exige pour le tireur la capacité, ses pouvoirs et son consentement :
-La capacité tireur : Établir un chèque est un acte juridique. Le tireur doit avoir l’aptitude d’avoir des
droits et de pouvoir les exercer. Établir un chèque n’est pas un acte de commerce par la forme, donc
la capacité qu’on exige est celle du droit commun qui existe dans l’article 133 du CSP. Chaque personne
qui a l’âge de 18 ans qui dispose de ses qualités mentales peut établir un chèque. L’incapacité entraîne
la nullité relative de l’engagement.
-Le pouvoir du tireur : Pour le pouvoir d’émettre un chèque, le tireur ne doit pas être :
Frappée d’une interdiction d’émettre un chèque. Cette interdiction peut être prononcée soit :
Par la banque pour une durée de 10 ans ou par un jugement pour une durée de 1 à 5 ans
Toutefois la technique de représentation est valable pour le chèque. Il peut être effectué pour le
compte d’un tiers en vertu d’une représentation légale ou contractuelle.
Cette représentation nécessite une procuration déposé au près du tiré. La pratique se fait
essentiellement pour les personnes âgées qui peuvent mandater une autre personne pour tirer un
chèque par procuration.
-Le consentement : Il doit être exempt de vices de consentement. Deux points posent problème celui
de la fausse signature et celui du chèque falsifié.
La fausse signature : Entraîne une absence totale de consentement. Dans ce cas :
Soit la responsabilité du banquier peut être engagée si la signature était visiblement fausse.
Soit la banque bénéficie d’une exonération ou un partage de responsabilité lorsque la signature est
bien imitée et paraît valable.
Le chèque falsifié : Pose une situation plus difficile, car le chèque a été émis valablement signé par le
tireur et qui l’a donné au bénéficiaire, et à un moment quelconque de la transmission, le chèque a été
falsifié par le bénéficiaire lui-même ou par un tiers. Le plus souvent il s’agit d’une falsification du
montant du chèque ou du nom du bénéficiaire. Le chèque est valable puisque le tireur a donné son
consentement. C’est donc lui qui supporte la perte, sauf s’il prouve la faute du banquier tiré lorsque la
fraude était apparente.

Nasser Deen
QUATRIÈME SÉANCE
DATE : 5/03/2019
DURÉE : 1H 30
AMPHI : 14

SECTION 3 : LES RÈGLES RELATIVES À LA PROVISION


PARAGRAPHE 1 : NOTION DE LA PROVISION
a-Définition
La provision est une créance de somme d’argent du tireur sur le tiré. Cette somme d’argent correspond
au moins ou égal au montant qui figure sur le compte. Elle constitue une créance en vertu d’un contrat
de dépôt de fonds que le tireur a effectué.
b-Origine de la provision
La provision provient du solde créditeur de compte (dépôt d’espèces ou des effets que la banque
encaisse au profit de son client).
La question se pose si on a plusieurs comptes dans une même banque : Est-ce que la provision
s’apprécie par rapport à l’ensemble des comptes ou bien elle s’apprécie par rapport à chaque
compte ?
La provision du chèque ne s’apprécie en principe que par rapport au solde du compte sur lequel le
chèque est tiré. Elle ne s’apprécie donc pas par rapport à l’ensemble des comptes.
Parfois, la banque offre un crédit à son client, donc cela peut constituer une source de la provision. Ce
crédit peut résulter :
-D’une avance en compte : C’est-à-dire une avance d’argent versé sur le compte du client.
-De l’escompte d’un effet de commerce : Une personne qui a un titre payable à échéance peut faire
une opération d’escompte pour encaisser immédiatement le montant du titre moins la rémunération
de la banque.
-De l’octroi d’un découvert : c’est en quelque sorte un montant de dépannage de la banque à son
client à condition que l’établissement récupère le montant dans un délai ne dépassant 30 jours.

Il faut souligner que dans tout ces cas, tant que le montant de crédit n’est pas épuisé, la banque se
trouve dans l’obligation de payer les chèques tirés par son client.
Il y’a cependant un cas de jurisprudence où la banque a octroyée un crédit à son client. Ce crédit était
destiné à financer la construction d’une maison, et la banque devait le verser en trois (3) tranches en
fonction de l’avancement des travaux.
À la deuxième tranche, le client a tiré un chèque pour acheter une voiture. Et lorsque le bénéficiaire
du chèque s’est présenté à la banque pour le paiement, la banque a refusée en considérant que le
chèque est sans provision et que la provision qui existe dans le compte est destinée à la construction
d’une maison.
La question qui s’est posée : La banque à t-elle le droit de refuser le paiement du chèque sachant qu’il
y’a de la provision dans le compte, même si pour elle, cette provision est destinée à autre chose que
le paiement du chèque ?
En fin de compte, la jurisprudence a donnée raison au bénéficiaire du chèque. La banque s’est donc
retrouvée dans l’obligation de payer le chèque du moment qu’il y’a de l’argent dans le compte. On

Nasser Deen
considère qu’elle pouvait ouvrir un compte de crédit spécial d’affectation pour éviter le problème
d’encaissement de chèque.

PARAGRAPHE 2 : LES CARACTÈRES DE LA PROVISION


La provision présente certaines caractères obligatoires à savoir :
1-L’exigence d’une provision préalable : C’est-à-dire que le compte doit être approvisionné par le
montant figurant dans le chèque au moment de la création du chèque.
De ce fait, l’article 241-1 du code de commerce dispose « Le chèque ne peut être tiré que sur un
établissement bancaire ayant, au moment de la création du titre, des fonds à la disposition du tireur
conformément à une convention expresse ou tacite d’après laquelle le tireur a droit de disposer de ces
fonds par chèque ».
C’est une condition théorique en quelque sorte dans la mesure où on peut créer un chèque sans
provision au moment de sa création, et le temps que le bénéficiaire va se joindre à la banque pour
encaisser le chèque, on se dépêche pour y mettre de provision.

2-Le caractère disponible de la provision : Il s’agit d’une disponibilité immédiate afin que le chèque
puisse être encaissé.
Ce caractère de disponibilité a des éléments qui nous convient à élucider :
1er élément : Le tireur doit être autorisé à en disposer ou à utiliser son argent par chèque.
Cette autorisation est, soit expresse dans le contrat d’ouverture de compte ou implicite par le
fait que la banque délivre à son client des carnets de chèque.
2ème élément : La provision doit être certaine, liquide et exigible. À contrario, elle ne doit pas
être éventuelle.

3-Le caractère irrévocable de la provision : C’est l’interdiction de faire opposition de paiement sauf
dans les cas admis par la loi. Elle doit être maintenue par le tireur tant que le chèque n’a pas été
présenté pour le paiement. Il est donc impossible de demander à la banque de bloquer la provision ou
la retirer.
Toute fois, la loi autorise de faire opposition auprès de la banque dans les cas suivants : Perte, vol,
utilisation frauduleuse et en cas d’ouverture d’une procédure collective. En dehors de ces quatre (4),
la provision demeure irrévocable.

Dans la vie juridique d’un chèque, une fois qu’il est créé, il passe à l’émission. Il peut aussi être transmis
d’une personne à une autre. C’est l’objet de notre 2ème chapitre

CHAPITRE 2 : ÉMISSION ET TRANSMISSION DU CHÈQUE


SECTION 1 : ÉMISSION DU CHÈQUE
L’émission du chèque est l’acte par lequel le tireur se dessaisit du chèque en le remettant au
bénéficiaire.
Se dessaisir du chèque c’est de le remettre de sa propre volonté au bénéficiaire.
La date de l’émission d’un chèque revête une importance particulière. Et dans la majorité des cas, la
date de l’émission du chèque correspond avec la date de création du chèque. Mais cette date peut-
être contestée, dans ce cas on prend en compte la date de présentation du chèque à la banque pour
le paiement.

Nasser Deen
Intérêt de la date d’émission du chèque
1-La fixation du point de départ, de délai de présentation et de recours : La date de présentation au
Maroc est de 20 jours à partir de l’émission du chèque. En France elle est fixée à 8 jours…
Cette date de présentation est nécessaire pour bénéficier des recours cambiaires. C’est une manière
plus rapide de réclamer une créance.
Exemple : En cas d’une contestation par rapport à un chèque, on est pas obligé d’intenter une action
en justice et attendre la décision finale. Le titre vaut comme un titre exécutoire, on pourrait
directement demander au président du tribunal pour l’exécution du paiement.
2-La fixation du délai de prescription
3-La procédure collective : Autrement dit la procédure de faillite des entreprises. À l’ouverture de
cette procédure, l’argent que cette entreprise dispose dans ses comptes ne doit pas être touché. Mais
en émettant un chèque antérieure à la date de l’ouverture de cette procédure, on pourrait faire un
retrait de fond. C’est ce qu’on appel la détermination du moment du transfert de la propriété de la
provision. (On le verra plu tard dans le cadre du transfert de la provision).
Une fois que le chèque est émis, il donne des droits au bénéficiaire et engendre des obligations au
tireur.

PARAGRAPHE 1 : LES ENGAGEMENTS DU TIREUR


Une fois que le tireur établit un chèque au bénéficiaire, il doit supporter des engagements à savoir :
1-Obligation de présenter un justificatif d’identité : L’article 251 du code du commerce dispose
« Toute personne qui remet un chèque en paiement doit justifier, comme suit, de son identité au
moyen d’un document officiel portant sa photographie. En ce qui concerne les personnes physiques :
la carte d’identité nationale, la carte d’immatriculation pour les étrangers résidents, le passeport ou
tout autre pièce d’identité en tenant lieu pour les étrangers non-résidents. En ce qui concerne les
personnes morales : l’identité de la ou des personnes physiques habilitées à effectuer l’opération
précitée, ainsi que le numéro d’inscription à l’impôt sur les sociétés, au registre du commerce ou à
l’impôt des patentes.

2-La Remise de chèque n’est pas libératoire : Dans le sens où le tireur reste engagé jusqu’à
l’encaissement effective du chèque. L’article 305 du code de commerce dispose « La remise d’un
chèque en paiement, acceptée par un créancier, n’entraîne pas novation…. »
La novation signifie l’extinction d’une créance avec la naissance d’une autre créance.
Dans le cadre du chèque, le fait que le tireur transmet un chèque ne le libère pas de son obligation.
Son obligation reste jusqu’à ce que le bénéficiaire encaisse la somme.

3-L’engagement cambiaire du tireur : La remise du chèque engendre l’engagement cambiaire du


tireur.
Cet engagement cambiaire est un engagement d’une force particulière résultant de l’apposition de la
signature sur un chèque ou un autre effet de commerce et dépendant de la régularité formelle du titre.
À la suite de cette définition, on a deux éléments pour faire naître un engagement cambiaire :
La signature : Une fois qu’un chèque est signé, il engage cambiairement son signataire.
La régularité formelle du titre : Le titre est valable par rapport au fait que toutes les conditions de
formes sont respectées. Il est valable par sa forme moins que par le fond.
Parmi les conséquences de l’engagement cambiaire on peut citer :
• L’inopposabilité des exceptions : Ce principe est régit par l’article 261 du code du commerce
qui dispose « Les personnes actionnées en vertu du chèque ne peuvent pas opposer au porteur
les exceptions fondées sur leurs rapports personnels avec le tireur ou avec les porteurs
antérieurs….

Nasser Deen
Cela veut dire que le chèque, une fois transmis, devient abstrait par rapport aux rapports
antérieurs. Le banquier ne peut pas se voir opposer des arguments concernant un problème
de relation entre un bénéficieur et le tireur pour refuser le paiement. On parle d’une
inopposabilité de l’exception personnelle entre le tireur et le bénéficiaire.
• La solidarité des signataires : Toutes les personnes actionnées en vertu du chèque sont tenues
solidairement envers le porteur. Le bénéficiaire peut attaquer la personne de son choix.
• La garantie du tireur : Le tireur est le dernier garant du paiement à l’égard du bénéficiaire et
à l’égard de tout porteur ultérieure. C’est une garantie d’ordre public. Cette règle est régie par
l’article 250 du code de commerce.

PARAGRAPHE 2 : LES DROITS DU PORTEUR


L’émission d’un chèque donne droit au porteur du titre.
A-LE DROIT DE LA PROPRIÉTÉ DE LA PROVISION
L’émission du chèque conduit à un transfert immédiat de la propriété de la provision au profit du
bénéficiaire. Le transfert de cette provision veut dire que la créance quitte le patrimoine du tireur pour
entrer dans le patrimoine du bénéficiaire.
Ce transfert de propriété de la provision a des conséquences :
1-Le cas du décès du tireur ou de son incapacité après l’émission, en cas du décès du tireur, celui-ci
sera sans effet pour le bénéficiaire du chèque et il pourra être payé car la provision lui avait déjà été
transférée juste après l’émission du chèque. L’article 272 du code de commerce dispose que « Ni le
décès du tireur ni son incapacité survenant après l’émission ne touchent aux effets du chèque ».
Cela voudrait dire que même.
NB : L’examen de l’année dernière (2018) portait sur cette notion.
Cas pratique : Un commerçant qui a acheté une marchandise à travers un chèque a été victime d’un
accident mortel.
Le bénéficiaire a présenté le chèque à la banque, et cette dernière a refusée le paiement en raison
du décès du tireur alors que la date d’émission était antérieur.
Le bénéficiaire a appeler son avocat et celui-ci lui a assuré que la banque n’a pas le droit de refuser
le paiement.
Quel est le raisonnement de l’avocat pour donner cette solution ?
Solution : Le raisonnement que l’étudiant devra mettre dans ce cas est de dire que « L’émission d’un
chèque conduit automatiquement un transfert de la provision en vertu de l’article 272. Ainsi la
banque est dans l’obligation de payer le bénéficiaire.
2-Le cas de présentation au paiement de plusieurs chèques en même temps : Dans ce cas si le
montant de la provision est insuffisant pour payer tous les chèques, la banque devra prendre en
compte la date de l’émission.
3-Le cas d’ouverture d’une procédure collective : Une fois qu’elle est ouverte, le gérant de la société
ne peut rien faire. Mais si le chèque a être émis antérieurement de l’ouverture de la procédure
collective, le bénéficiaire pourra bénéficier du paiement.
4-Le cas de saisie et attribution : Si le chèque a été émis avant la saisie du compte du tireur, il sera
payé mais seulement s’il a été également remis à l’encaissement avant la saisie.

PS : Les Travaux dirigés du cours vont démarrer la semaine prochaine (12/03/2019). La première
séance sera consacrée à deux sujets de dissertations :
-Les fonctions du chèque
-La provision est-elle une condition de validité du chèque.
Les étudiants doivent travailler au minimum sur l’introduction et le plan des deux sujets avant la
séance.

Nasser Deen
CINQUIÈME SÉANCE
DATE : 12/03/2019
DURÉE : 1H 16
AMPHI : 14

B-LE DROIT DE RECEVOIR UN PAIEMENT PARTIEL


Le porteur a le droit de recevoir un paiement partiel en vertu de l’article 273-2 du code de commerce
qui dispose « Si la provision est inférieure au montant du chèque, l’établissement bancaire tiré est tenu
de proposer le paiement jusqu’à concurrence de la provision disponible. Le tiré ne peut refuser ce
paiement partiel »
En cas de paiement partiel, le tiré peut exiger que mention de ce paiement soit faite sur le chèque et
qu’une quittance lui en soit donnée.

SECTION 2 : LA TRANSMISSION DU CHÈQUE


La transmission du chèque est sa possibilité de circuler d’une personne à une autre. En principe, le
chèque est un instrument de paiement à vue, il n’est pas appelé à circuler en principe. Toutes fois, rien
n’interdit que le chèque, une fois créé, soit transmis à des porteurs successifs jusqu’à sa présentation
pour le paiement.
PARAGRAPHE 1 : RÈGLES GÉNÉRALES RELATIVES À LA TRANSMISSION DU CHÈQUE
Généralement, on a deux manières qui permettent la transmission du chèque à savoir :
1-LA TRADITION : C’est la transmission manuelle du chèque de main à main sans aucune formalité.
Cette tradition manuelle n’est possible que dans deux cas :
• Dans le cas du chèque au porteur.
• Dans le cas du chèque en blanc.
2-L’ENDOSSEMENT
L’endossement résulte de la signature de celui qui transmis le chèque (l’endosseur). Cette signature
est apposé au dos du titre.
On fait recours à l’endossement lorsque le chèque est nominatif. C’est-à-dire qu’il y’a le nom du
bénéficiaire désigné sur le chèque.
A-CONDITIONS DE L’ENDOSSEMENT
-Le chèque est susceptible d’être transmis par endossement lorsqu’il comporte la clause à ordre :
L’article 252 du code de commerce dispose « Le chèque stipulé payable au profit d’une personne
dénommée avec ou u sans clause expresse «à ordre» est transmissible par la voie de
L’endossement »
-Le chèque barré avec la clause non endossable : Un chèque barré est un chèque qui ne peut être
encaissé que par l’intermédiaire d’un établissement de crédit. Il comporte souvent une clause non
endossable.
B-FORMES DE L’ENDOSSEMENT
L’endossement résulte de la signature du bénéficiaire du chèque apposé au dos du titre avec
l’indication du nom du nouveau porteur. Cette indication peut être à :
• Une personne dénommée, c’est l’endossement à personne nominative
• Un endossement au porteur
• L’endossement en blanc, dans ce cas le porteur du chèque en blanc pourra le transmettre à un
autre.

Nasser Deen
Il faut savoir que l’endossement peut être écrit sur une allonge (Feuille attachée au chèque sur laquelle
figure l’indication de l’endossement). L’article 255 du code de commerce dispose « L’endossement doit
être inscrit sur le chèque ou sur une feuille qui y est attachée (allonge) ».
NB : L’ENDOSSEMENT DOIT ÊTRE PUR ET SIMPLE : Toute condition à la quelle il est subordonnée est
réputée non écrite.
L’ENDOSSEMENT NE PEUT ÊTRE PARTIEL : l’article 254-2 du code de commerce dispose
« L’endossement partiel est nul »

Les moyens par lesquels se réalisent l’endossement sont au nombre de deux : L’endossement translatif
et par procuration.
PARAGRAPHE 2 : L’ENDOSSEMENT TRANSLATIF
A-PRÉSENTATION ET FORMES DE L’ENDOSSEMENT TRANSLATIF
L’endossement translatif a pour objet de transmettre la propriété du chèque à une autre personne
qu’on appel « l’endossataire ».
Ce type d’endossement est généralement précisé par la notion « payer à l’ordre » ou « transmis à
l’ordre ».
En cas d’absence de mention, la jurisprudence considère que l’endossement est plutôt translatif.
B-LE EFFETS DE L’ENDOSSEMENT TRANSLATIF
1ère conséquence : La transmission à tous les porteurs de droit résultant du chèque, essentiellement
le transfert de la propriété de la provision.
2ème conséquence : Les autres droits résultant d’un engagement cambiaire à savoir :
• L’inopposabilité des exceptions : Les arguments de défenses qui ont un rapport personnel
entre les parties ne peuvent pas être opposé au porteur. Le chèque, une fois transmis, devient
abstrait par rapport aux rapports antérieurs.
• La Solidarité : Toutes les personnes qui ont signés sont solidaires pour le paiement du chèque.
• La Garantie : Le chèque, une fois signé, est garantie par le signataire jusqu’à preuve du
contraire.

Toutefois, pour que l’endossement translatif soit valable, deux (2) conditions sont exigées :
• L’endossement doit intervenir avant l’expiration du délai de présentation (Art 263)
• Il doit être fait par un porteur légitime. C’est-à-dire une personne désignée par une suite
ininterrompue d’endossements (Art 258)

NB : Le tiré c’est-à-dire la banque ne peut pas être endosseur. Le chèque voudrait quittance de la part
du tiré. Si le tiré endossait le chèque, il réunirait les qualités de débiteur et de créancier sur sa tête. Il
y’a cependant une exception, si la banque a plusieurs établissements, l’endossement peut-être d’une
banque au profit d’un autre établissement.

PARAGRAPHE 3 : L’ENDOSSEMENT PAR PROCURATION


A-PRÉSENTATION ET FORMES D’ENDOSSEMENT PAR PROCURATION
-Définition : L’endossement par procuration est le mandat par le porteur d’un chèque (endosseur) à
l’endossataire d’encaisser le chèque. Il s’agit de confier au banquier un mandat pour encaisser le
chèque, l’endosseur reste titulaire du chèque.
En ce qui concerne la Forme de l’endossement par procuration, le chèque endossé par procuration
contient sur son dos une mention qui indique un mandat d’encaisser découlant du chèque mais il ne
peut pas endosser celui-ci qu’à titre de procuration.
La procuration ici n’est pas un mandat au sens du droit commun. Il est généralement un endossement
d’un client pour sa banque.

Nasser Deen
B-LES EFFETS D’ENDOSSEMENTS PAR PROCURATION
1ÈRE conséquence : Le banquier encaisser n’est qu’un simple mandataire, il n’a pas la propriété de la
provision du chèque.
2ème conséquence : Le banquier, puisqu’il est mandataire assume des obligations d’un mandataire à
savoir :
• Présenter le chèque à l’encaissement dans le délai
• Il prévient le bénéficiaire du chèque à temps en cas de difficultés d’encaissement.

SIXIÈME SÉANCE
DATE : 19/03/2019
DURÉE : 01H 30
AMPHI : 14

CHAPITRE 3 : LE PAIEMENT ET RECOUVREMENT DU CHÈQUE


SECTION 1 : LE PAIEMENT

Le paiement est la dernière étape de la vie juridique d’un chèque. Pour qu’un chèque puisse être payé
il faut qu’il y été présenté en paiement.
PARAGRAPHE 1 : LA PRÉSENTATION AU PAIEMENT
Le paiement par chèque est un paiement quérable, c’est-à-dire que c’est la personne qui doit se
présenter pour se faire payer.
-L’AUTEUR DE LA PRÉSENTATION : On a deux hypothèses à savoir :
• 1ère hypothèse, Le chèque ordinaire non barré : C’est le porteur ou le bénéficiaire lui-même
qui détient le chèque non barré qui devra se présenter chez le tiré pour encaisser le montant
du chèque. Dans le cas où il ne veut pas se déplacer, il peut procéder à une procuration
bancaire. C’est-à-dire qu’il peut demander à sa banque d’encaisser le chèque chez le domicile
du tiré.
• 2ème hypothèse : Le chèque barré : Lorsqu’on a un chèque barré, normalement on ne peut
l’encaisser que par l’intermédiaire d’un établissement de crédit. C’est-à-dire par
l’intermédiaire d’une banque.
A-LE DÉLAI DE LA PRÉSENTATION
Le législateur prévoit des délais différents suivant que le chèque a été émis au Maroc ou ailleurs :
• Si le chèque a été émis et est payable au Maroc, le délai est de 20 jours à partir de la date
d’émission du chèque.
• S’il a été émis hors du Maroc et qu’il est payable au Maroc, le délai est de 60 jours.
Sanction : Si les délais ne sont pas respectés, le porteur du chèque perdrait ses recours contre les
endosseurs ou les signataires du chèque. C’est la seule sanction qui existe par rapport à ce délai de 20
jours.
En pratique, le délai dont il faut tenir compte est donc le délai de prescription du chèque, d’un (1) an
à partir de la date de création.
En cas de présentation d’un chèque comportant une date d’échéance, l’article 267 prévoit que « Le
chèque est payable à vue. Toute mention contraire est réputée non écrite ».
B-LIEU DE PRÉSENTATION
La présentation du chèque doit en principe se faire chez le domicile du tiré indiqué sur le chèque.

Nasser Deen
Le système bancaire prévoit également la présentation en chambre de compensation. Il s’agit d’un
système où il y’a des échanges opérés par l’intermédiaire du système informatique de compensation.

PARAGRAPHE 2 : LES MODALITÉS DE PAIEMENT


Avant le paiement du chèque, le tiré procède à des vérifications générales de la régularité du chèque.
Si le chèque est valable la banque se trouve dans l’obligation de payer..
A-VÉRIFICATION PRÉALABLES DU TIRÉ
• Vérification générale : La banque est dans l’obligation de vérifier la régularité formelle du
chèque. C’est-à-dire qu’elle doit vérifier si les conditions de formes ou les mentions
obligatoires sont respectées.
• Vérification de la qualité du porteur légitime : La banque doit vérifier que celui qui se présente
au paiement est le porteur légitime du chèque. Dans le cas où le chèque a été endossé, elle
vérifie s’il n’y a pas interruption dans la chaîne de transmission jusqu’au porteur.
• Vérification particulière : C’est la vérification du signature qui représente le consentement du
tireur. En pratique, la vérification pointue de la signature dépend du montant.
B-OBLIGATION DU TIRÉ DE PAYER LE CHÈQUE
La banque a l’obligation de payer le chèque dans les hypothèses suivantes :
• Hypothèse 1 : La banque est dans l’obligation de payer le chèque en présence de la provision.
Si elle ne paye pas, elle engage sa responsabilité devant le tireur en vertu de l’article 309 du
code de commerce.
• Hypothèse 2 : La banque est dans l’obligation de payer un chèque émis violation de l’injonction
bancaire ou l’interdiction judiciaire d’émettre le chèque (Art 271). La banque assume donc les
conséquences de sa propre faute.
• Hypothèse 3 : C’est une hypothèse où il n’y a pas de provision. La banque est dans l’obligation
de payer même en absence de provision si elle viole les devoirs concernant la délivrance ou la
restitution des chèques avec responsabilité limitée.
Autrement dit : Si la banque délivre un chéquier à une personne qui est frappée d’une
interdiction d’émettre le chèque sans interroger le fichier central, elle assumera la
conséquence. C’est une responsabilité limitée à 10.000 dirhams.
C-LE CAS D’INTERDICTION DE PAYER EN CAS D’OPPOSITION
L’opposition est l’ordre donné au tiré de ne payer un chèque.
1-Les formes de l’opposition : Elle peut être donnée par tous les moyens (Oralement, par téléphone)
mais elle doit être confirmée immédiatement par un écrit.
2-Les cas de l’opposition : L’opposition n’est admise que dans un certain nombre de cas prévu par
l’article 271-2 : En cas de perte, de vol, de l’utilisation frauduleuse, de falsification, de redressement
ou de liquidation judiciaire du porteur. En dehors de ces cas, l’opposition est interdite.
3-Les effets de l’opposition : L’opposition engendre des effets vis-à-vis du tiré :
• La banque doit vérifier la lettre qui lui a été envoyé par le client que l’opposition correspond à
un des cas légaux.
• Si le cas n’est pas légal, la banque devra l’informer par écrit des sanctions qu’il encourt en cas
d’opposition illégitime.
• Si l’opposition est légitime, la banque ne doit pas payer. Si elle paye, elle engage sa
responsabilité au mépris de l’opposition.

SECTION 2 : LE DÉFAUT DU PAIEMENT ET LE RECOUVREMENT

PARAGRAPHE 1 : LES CAS DE DÉFAUT DE PAIEMENT

Nasser Deen
Les cas où la banque peut refuser le paiement du chèque sont les suivants :
1-Le cas de la constatation des irrégularités formelles dans le chèque : Le chèque est un titre formel
qui tire sa validité au respect des conditions de formes. En cas de constatation des irrégularités de
formes insurmontables (Des ratures, surcharges, dégradation du chèque ou de déchirure), le banquier
peut refuser le paiement du chèque. Ces irrégularités insurmontables concernent la signature et la
somme.
2-Le cas d’absence ou d’insuffisance de la provision
Conséquence sur le tiré : La banque a le droit de ne pas payer en cas :
• D’insuffisance ou d’absence de provision en vertu de l’article 321. Mais il ne s’agit pas d’une
obligation, donc même en cas d’absence de provision, la banque peut payer le chèque sans
provision à titre de crédit pour éviter à son client les sanctions qui en découlent.
• La banque, en cas de défaut de paiement a l’obligation d’enregistrer l’incident du paiement
dans le fichier central et le déclarer à Banque Al Maghreb.
• La banque a l’obligation également d’adresser une injonction de restitution de chéquier et
une interdiction d’émettre de chèque en vertu de l’article 313 du code de commerce.
Conséquence sur le tireur : La loi offre au tireur :
• La possibilité de régulariser et d’éviter les sanctions de l’émission d’un chèque sans provision
en payant le chèque ou en constituant la provision. Mais il devra payer une amende fiscale de
5% du montant du chèque impayé.
Les sanctions pénales pour le chèque sans provision sont prévues par l’article 316 du code de
commerce : Est passible d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 2.000 à 10.000
dirhams sans que cette amende puisse être inférieure à vingt-cinq pour cent du montant du chèque
ou de l’insuffisance de provision. La même sanction est prévue en cas d’opposition illégitime.

PARAGRAPHE 2 : LES RECOURS FAUTE DE PAIEMENT


Pour que le porteur puisse exercer ses recours, il faut qu’il fasse constater le non paiement. Ces recours
doivent respecter certaines règles :
A-LA CONSTATATION DE DÉFAUT DE PAIEMENT
Il y’a deux (2) documents qui peuvent être établis en cas de rejet du chèque.
1-Le certificat de refus de paiement : C’est un document établit par la banque gratuitement à la
demande du porteur pour prouver la défaillance du tireur et faciliter les poursuites en paiement.
Le certificat de refus contient les informations relatifs aux chèque impayé comme l’identité du tireur,
le tiré, le compte bancaire. La banque atteste qu’elle a rejeté le paiement par chèque pour défaut de
provision.
2-L’établissement du protêt : C’est un acte extra judiciaire authentique établit ou dressé par un officier
public en vue de constater officiellement la présentation régulière d’un chèque ou d’un effet de
commerce et d’un refus de paiement.
Le protêt constitue la preuve légale et indiscutable du défaut de paiement d’un chèque sans provision.
Celui qui établit ce document est le greffier du tribunal.
Pour le contenu du protêt, on trouve : La transcription littérale du chèque ainsi que la sommation de
payer le montant du chèque. Ce document doit être établit dans un délai de 20 jours, faute de quoi,
on perd le recours cambiaire contre les signataires du chèque, sauf le tireur.
La dispense de protêt peut avoir lieu dans le cas où il y’a une clause de retour sans frais ou sans protêt.
En fin il faut signaler que l’action pénale est séparée de l’établissement d’un protêt. On parle de la
déconnexion entre l’action pénale et l’établissement du protêt.
B-LES RECOURS DU PORTEUR IMPAYÉ
Le porteur impayé à des :

Nasser Deen
• Recours cambiaires contre les signataires du chèque (tireur, endosseur). Donc il y’a une
opposabilité des exceptions et la solidarité des signataires.
L’objet du recours est d’obtenir le montant du chèque, les intérêts moratoires et les frais
d’établissement de protêt.
S’agissant la prescription de recours cambiaires, elle est de 6 mois contre les endosseurs et 1
an contre le tireur à compter de l’expiration du délai de présentation.

• Toutes fois, si le porteur perd le recours cambiaire à cause d’une prescription, il peut utiliser
le recours du droit commun. C’est-à-dire que le porteur a la possibilité de faire un recours sur
la base de la créance sous-jacente.

DEUXIÈME PARTIE : LES AUTRES INSTRUMENTS DE PAIEMENT


SEPTIÈME SÉANCE
DATE : 26/03/2019
DURÉE : 01H 30
AMPHI : 14

Cette partie concerne les autres instruments de paiement existant dans la pratique bancaire. On
pourrait les appeler « Les instruments de paiement dématérialisés » dans la mesure où on utilise pas
des supports matériels comme le cas du chèque, mais on utilise plutôt des supports électroniques.
-Définition : Selon l’article 329 du code de commerce, Il s’agit de tout support ou le procédé technique
utilisé permettant à toute personne des fonds.
Cet article donne une définition très large et ne précise pas exactement ces instruments de paiement
qu’on pourrait utiliser. Cette définition est élargie afin de suivre l’évolution de la pratique bancaire et
le progrès de la technologie de l’informatique.
-Fondement juridique des instruments de paiement dématérialisés
On a peu de règles qui règlementent le régime juridique des instruments de paiement dématérialisés :
-La loi 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés : L’article 16 sur les services
de paiement.
-Dans les autres texte du code de commerce :
• Chapitre 4 intitulé le virement « De l’article 519 à l’article 523 ».
• Le titre du code de commerce relatif aux autres instruments de paiement « de l’article 329 à
l’article 333 »
-La liberté contractuelle : Elle est également une autre source de droit. Ce sont les dispositions d’un
contrat qui lient les contractants.
Pour cette partie on verra deux sections : Le virement et la carte bancaire.

SECTION 1 : LE VIREMENT

-Définition : Dans un sens général, le virement est l’opération par laquelle un transfert de fonds ou de
toute autre valeur inscrite en compte. L’opération de virement implique le débit d’un compte et un
crédit de compte.
L’objet de ce virement est le transfert des fonds mais aussi des valeurs mobilières « Les actions, les
obligations et d’autres titres ».
Ces valeurs mobilières sont aussi des valeurs dématérialisés.

Nasser Deen
Exemple illustratif : Les sociétés en bourse sont composées de plusieurs actions. Chaque action
représente une partie du capital, cette partie est donc dématérialisée et a une une valeur mobilière
qui existe sur le compte de son titulaire.

PARAGRAPHE 1 : LE VIREMENT BANCAIRE


-Définition : L’article 519 définit le virement comme « l’opération bancaire par laquelle le compte d’un
déposant est, sur l’ordre écrit de celui-ci, débité pour un montant destiné à être porté au crédit d’un
autre compte »
Sur le plan juridique, l’opération s’analyse en un double jeu de mandat, c’est-à-dire on a deux mandat :
• Un mandat de payer donné par le client de la banque donneur de l’ordre. Il mandate sa banque
de faire un virement ou de transférer des fonds.
• Le second mandat est le mandat d’encaisser qui existe entre le bénéficiaire et la banque.
Sur le plan technique, le virement est un double jeu d’écriture.
Variétés de virements
La variété dépend du nombre des intervenants à l’opération :
Deux intervenants : Un client détient deux comptes dans une même banque.
Trois intervenants : Cette configuration se rencontre lorsque le donneur d’ordre et le bénéficiaire ont
le même banque.
Quatre intervenants : Les comptes du donneur d’ordre et du bénéfice ne sont pas tenus par le même
établissement bancaire. C’est l’opération la plus classique.
-Le caractère abstrait du virement bancaire
Ce caractère abstrait du virement voudrait dire qu’il y’a une déconnexion de l’opération de paiement
par virement et du rapport fondamental qu’en est la source de paiement.
La nature juridique du virement est qu’il s’agit d’un transfert de monnaie scripturale.
A-PHASE PRÉPARATOIRE : L’ORDRE DE VIREMENT
Cette phase est l’acte préparatoire par lequel le titulaire d’un compte donne instruction à sa banque
de procéder au transfert des fonds.
L’ordre est un mandat qui s’inscrit dans le cadre du service de caisse que le banquier s’est tacitement
engagé à fournir lors de l’ouverture de compte.
1-LES CONDITIONS DE FORME DE VIREMENT
-L’exigence d’une forme écrite : L’ordre de virement doit être donné par un écrit en vertu de l’article
519 du code de commerce.
Cette forme écrite fait allusion à la forme écrite en papier. Mais avec la loi de 2007 sur l’échange des
données économiques intégrés dans le DOC article 64, le législateur élargie cette forme écrite en
légalisant l’ordre informatisé et virement par internet.
En pratique les banques mettent à la disposition de leurs clients des formules d’ordre de virement.
Dans cet ordre de virement on trouve la désignation du compte accrédité, le compte habilité et le
Relevé d’identité bancaire.
-L’indication du montant de virement : La personne doit indiquer le montant.
-La preuve de l’ordre de virement : Le banquier et le client doivent se ménager une preuve de l’ordre
de paiement.
2-LES CONDITIONS DE FOND
Comme celle de tout acte juridique, la validité de l’ordre de virement est soumise à l’application des
conditions du droit commun « Le consentement, l’objet et la cause ».
Il faut souligner que la cause n’est pas prise en compte dans la pratique car le virement est une
opération abstraite.

Nasser Deen
B-PHASE D’EXÉCUTION DU VIREMENT
1-Le rôle de la provision
Pour faire un paiement par virement, il est normal d’avoir une provision disponible et suffisante.
L’absence ou l’insuffisance de provision malgré un ordre de virement n’entraîne aucune sanction
pénale ou fiscale.
C’est une solution logique en raison du caractère immatériel de l’opération.
Dans le cas où la banque exécute le virement malgré l’insuffisance ou l’existence de la provision, la
situation s’analysera comme un octroi de crédit ou une autorisation de découvert.
La question de disponibilité se pose aussi dans le cas de saisi de compte ou de saisi conservatoire, dans
ce cas le virement n’est pas possible.
2-Les conséquences juridiques de l’exécution du virement
-Conséquences par rapport au donneur d’ordre
L’article 521 donne le droit de révoquer de l’ordre de virement dans la mesure où le compte du
donneur de l’ordre n’a pas été débité. À contrario, l’ordre est irrévocable une fois que le compte est
débité.
En revanche, l’article 330 donne une solution contradictoire en disant que l’ordre du virement ou
l’engagement de payer par le biais d’un moyen de paiement est irrévocable.
Pour concilier les deux articles qui semblent être contradictoires, on se réfère sur la technique
d’interprétation « Le spécial prime sur le général ». L’article 521 se trouve dans le chapitre du
« virement bancaire » et l’article 330 se trouve dans le chapitre « autres moyens de paiement « . Le
521 est donc plus spécial que le 330 et par conséquent il prévaut sur l’article 330.
-Conséquences par rapport au banquier
Le banquier après avoir reçu l’ordre de virement à l’obligation de :
• Exécuter l’ordre de son client sauf en cas de motifs légitime « Manque de provision, soupçon
de blanchiment d’argent »
• Vérifier les éléments matériels du compte « L’identité de l’ordre, de l’identité et des
coordonnées bancaires du bénéficiaire.
Le banquier est également responsable en cas d’une mauvaise exécution de l’ordre de virement :
En cas de faux ordre de virement, le banquier assume sa responsabilité en restituant les fonds de son
client.

PARAGRAPHE 2 : LES DÉRIVÉS DU VIREMENT


A-LE PRÉLÈVEMENT
-Définition : C’est un moyen de paiement déclenché par le créancier lui-même (Contrairement au
virement). Un débiteur autorise ainsi à un créancier à demander directement le paiement à son
banquier.
En cas de prélèvement non autorisé, il y’a la possibilité de révocation et de remboursement.
B-LE TITRE INTERBANCAIRE DE PAIEMENT : C’est un ordre pré établit sur lequel figure l’identification
bancaire du payeur, le montant et l’échéance.
Cette technique est fortement utilisée en France mais rarement pratiquée au Maroc.

SECTION 2 : LA CARTE BANCAIRE

-Origine : Les cartes de paiement au départ n’est pas une création des banques, elles sont plutôt une
création des grands magasins, les chaînes hôtelières et les compagnies pétrolières aux États-Unis dans
les années 30.
Puis les banques se sont accaparés de la technique et ont élargies la possibilité de paiement.

Nasser Deen
L’introduction des cartes bancaires en France date de 1954 par le Dinners club et depuis, leur
développement fut considérable.
Au Maroc, les cartes bancaires ont étés introduites dans les 80.
-Définition : La carte bancaire est un instrument de paiement doté d’un dispositif de sécurité
personnalisé tel que : La puce magnétique et le code secret.
Cette définition se trouve dans le code monétaire français puisqu’au Maroc il n’y a pas de texte
établissant le régime de la carte de paiement.
Aujourd’hui, on a une diversité de carte de paiement. On peut distinguer entre :
La carte de retrait : Elle permet uniquement d’effectuer des retraits d’espèces.
La carte de paiement : Elle permet d’effectuer des paiements et des retraits à la fois.
La carte de crédit : Permet de payer et retirer de l’argent mais l’argent n’est pas immédiatement débité
du compte.

La technique de paiement par la carte : L’ordre de paiement est donné par le porteur à l’émetteur en
faveur du bénéficiaire.
Cet ordre de paiement se concrétise par l’authentification de l’opération par un code confidentiel.

PARAGRAPHE 1 : LE RÉGIME JURIDIQUE DES CARTES DE PAIEMENT


La carte de paiement au Maroc souffre d’une absence d’un véritable dispositif législatif. C’est pourquoi,
la règle de la liberté contractuelle est privilégiée en vertu de l’article 329-2 qui dispose « Les
conventions entre l’établissement émetteur et le titulaire du Moyen de paiement, d’une part, et
l’établissement émetteur et le commerçant adhérent d’autre part, déterminent les conditions et les
modalités d’utilisation des moyens de paiement »
Généralement, dans le cadre du paiement on trouve trois (3) parties :
• L’émetteur de la carte qui est la banque
• Le fournisseur qui est le commerçant
• Le client porteur de la carte
A-Relation entre l’émetteur et le client titulaire de la carte
Cette relation est fixée par le contrat porteur qui est se fait lors de l’ouverture du compte.
Ce contrat porteur précise la délivrance ou l’utilisation de la carte. Cependant cette délivrance n’est
pas obligatoire, la banque a la possibilité de refuser sa délivrance pour des raisons historiques liées à
la personne ou si la personne est frappée d’une interdiction bancaire.
L’ordre de paiement, contrairement au virement est irrévocable.
Cette carte peut être utilisée directement chez un commerçant ou indirectement sur internet « dans
ce cas on utilise les coordonnées de la carte pour effectuer l’achat ».
B-Relation entre l’émetteur et le commerçant
La relation dans ce cas est déterminée par le contrat fournisseur. C’est un contrat d’adhésion mais une
petite marge de négociation portera essentiellement sur la commission obtenue par le banquier.
Dans ce contrat, on a les obligations des parties : Le commerçant s’engage à honorer les cartes
présentés par le porteur. Il s’engage également de verser une commission de service à la banque.
Du côté de la banque, elle s’engage à régler les factures présentées par le commerçant.
C-Relation entre le fournisseur et le titulaire de la carte
Ce mécanisme se fait sur la base d’un contrat de vente ou de prestation de service qui va se greffer
par un paiement par carte.
Le commerçant a l’obligation de vérifier la validité de la carte, la conformité des signatures et s’assurer
que la carte ne figure pas sur la liste des annulées.

Nasser Deen
Normalement, cette vérification est faite de manière automatique. En effet, en cas de non validité de
la carte ou si la carte comporte une anomalie, le terminal de paiement le signale dès que la carte y est
introduite.

PARAGRAPHE 2 : L’UTILISATION ABUSIVE DE LA CARTE


L’utilisation abusive est essentiellement la falsification ou la contrefaçon de la carte. Les deux sont
susceptibles de sanctions pénales qui figurent dans l’article 330 du code de commerce. Cet article
renvoi à l’article 316 du code de commerce dans le cadre des sanctions prévues pour le chèque sans
provision.
L’utilisation abusive peut également entraîner une interdiction bancaire en vertu de l’article 317 du
code de commerce.
Enfin, bien que l’ordre de paiement par carte est irrévocable, il est possible de faire opposition en cas
de : perte, vol et l’utilisation frauduleuse. Cette opposition se fait oralement mais qui devra être
confirmée en forme écrite.

TROISIÈME PARTIE : LES INSTRUMENTS DE CRÉDIT


HUITIÈME SÉANCE (PRISE DE NOTES DE : HAJAR ET CHERIF)
DATE : 03/04/2019
DURÉE :
AMPHI :14

Dans le cadre de cette seconde partie, on verra en premier lieu « La lettre d’échange » et en second
lieu « Le billet à ordre ».
-Définition et finalité des instruments de crédit
Les instruments de crédit sont des titres représentatifs de créance susceptibles de circuler par une
procédure simple de remise ou endossement.
-Caractéristiques des instruments de crédit
Première caractéristique : Ce sont des titres représentatifs de créance
Deuxième caractéristique : Ces titres ont une capacité de circuler d’une personne à une autre soit
par endossement , soit par la remise de main à main « Tradition ».
-Finalités des instruments de crédit
Les instruments de crédit ont pour finalité :
• Vendre à crédit en toute sécurité
• Exploiter une créance pour se procurer des liquidités « mobilisation de la créance ». Cette
mobilisation a pour finalité de faciliter la circulation et le transmission de créances étant
donné que, la cession de créance a une procédure lourde, contraignante et inadaptée à la
rapidité qui caractérise la vie des affaires.

TITRE I : LA LETTRE DE CHANGE


-Définition : C’est un écrit par lequel une personne « le tireur » donne l’ordre à une deuxième
personne « le tiré » de payer une troisième personne « le bénéficiaire ».
Dans cette définition très proche du chèque, on retrouve les trois personnes de base que l’on
trouvait dans le chèque. Mais déjà, il y’a une différence essentielle, ‘le tiré n’est pas forcément une
banque, il peut être n’importe quelle personne. La lettre d’échange n’est pas forcément liée à
l’existence d’un compte bancaire.

Nasser Deen
SECTION 1 : PRÉSENTATION ET MÉCANISMES DE LA LETTRE DE CHANGE
Comme nous l’avons souligné dans la définition, on a trois personnes dont :
La première personne qui est le tireur : C’est le créateur, le rédacteur qui cède sa créance.
La deuxième personne qui est le tiré : Il s’agit du débiteur de la créance cédée.
La troisième personne qui est le bénéficiaire : C’est celui à qui la lettre d’échange est initialement
remise.

A-LES CARACTÈRES DE L’OBLIGATION CAMBIAIRE


L’obligation cambiaire est une obligation née directement du titre. Parmis ces caractéristiques on a :
-La forme : Elle se superpose sur le fond. Cette forme se manifeste par le respect des mentions
imposées par la loi. Elle permet également de déterminer la nature et l’étendue de l’engagement
cambiaire des signataires.
-La rigueur : C’est la sévérité dans l’exécution, et l’obligation est toujours commerciale. De plus, le
délai de grâce n’existe pas dans la mesure où l’engagement doit être impérativement exécuté à
l’échéance. Ensuite, pour la question de solidarité, tous les signataires sont solidairement
responsables à l’égard du dernier porteur en cas de défaillance du tiré à l’échéance.
-L’autonomie : Cette troisième caractéristique s’incarne à travers deux (2) règles :
L’indépendance des signatures : C’est-à-dire l’appréciation de la validité de chaque signature doit
être faite d’une manière séparée. Autrement dit, l’engagement cambiaire de chaque souscripteur
doit être apprécié séparément
L’inopposabilité des exceptions : L’engagement cambiaire est indépendant du rapport fondamental
servant de cause. Mais il faut être porteur de bonne foi .

L’ÉVOLUTION HISTORIQUE ET FONCTION DE LA LETTRE DE CHANGE


Au début la lettre de change était comme un instrument de change après elle devienne comme
Instrument de paiement. Puis enfin elle est devenue un instrument de paiement et de crédit.

L’ÉVOLUTION RÉGLEMENTAIRE DE LA LETTRE DE CHANGE


PARAGRAPHE 1 : LA CONCEPTION FRANÇAISE ET ALLEMANDE DE LA LETTRE DE CHANGE
A-La conception française : La lettre de change est très ancienne en France et remonte de
l’ordonnance de Colbert de 1673.
Cette conception française implique la reconnaissance des caractéristiques du rapport cambiaire
sans nier l’influence du rapport fondamental.
La conception française se caractérise par :
• Une position complexe
• Une position causaliste, équilibrée qui essaie de concilier entre deux (2) exigences :
• La justice contractuelle entre signataires immédiat.
• La sécurité de la transaction « inopposabilité des exceptions entre signataires non directs ».
B- La conception Allemande : Elle est plus simple :
• Elle considère la lettre de change comme une véritable monnaie.
• La valeur des rapports préexistants ne jouent aucun rôle dans la vie du titre.
• Une conception abstraire : c’est-à-dire que la cause s’efface, la traite est totalement
détachée de sa cause et le titre devient comme un billet de monnaie.
PARAGRAPHE 2 : L’UNIFICATION INTERNATIONAL
-La convention de Genève ( 7 juin 1930 ) : Les États signataires se sont engagés à introduire la lettre
d’échange dans les législations internes.
-Au Maroc : L’introduction de la Convention de Genève est faite par le dahir du 19 janvier 1939. Et la
révision du code de commerce de 1996 reste fidèle aux grandes lignes de la Convention de Genève.

Nasser Deen
CHAPITRE 1 : L’UTILISATION DE LA LETTRE DE CHANGE
PARAGRAPHE 1 : LES CONDITIONS RELATIVES AU TITRE
La lettre de change est un écrit qui se compose de formules normalisées selon le circulaire de 2007
Bank Al Maghreb.
L’article 159 du code de commerce prévoit l’obligation d’inscrire sur la lettre de change des mentions
obligatoires. Le texte prévoit la nullité de la lettre de change qui ne contiendrait pas des mentions
obligatoires. Mais l’article 160 du même code prévoit la régularisation en cas du défaut de certaines
mentions obligatoires.
A-LES MENTIONS OBLIGATOIRES
Le code de commerce prévoit huit (8) mentions obligatoires :
1-La dénomination de la lettre de change : Elle doit apparaître dans le texte lui-même « Veuillez
payer contre cette lettre de change »
2-Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée : « Payez » et non pas « Payez si.. »
3-La désignation du tiré : Ce n’est pas une mention écrite à l’avance, puisque le tiré peut être
n’importe qui.
4-L’indication de l’échéance : Il interdit de prévoir un délai de grâce.
5-Le Lieu de paiement : Il faut que le porteur sache où se présenter pour réclamer son paiement.
6-Le nom du bénéficiaire : La lettre de change doit comporter dès sa création le nom de celui auquel
le paiement doit être fait.
7-La date et le lieu de création de la traite : La date de création permet de vérifier la capacité du
tireur, quant au lieu de création, il va permettre de vérifier la loi applicable à la lettre de change.
8-Le nom et la signature du tireur : La signature de celui qui émet la lettre de change doit figurer
dans le titre.
A-1 : Les sanctions du défaut de mention obligatoire
Le principe est que l’absence d’une mention obligatoire entraîne la nullité du titre, l’article 160
dispose « Le titre dans lequel il manque des mentions obligatoires ne vaut pas comme lettre de
change ».
Toute fois, il y’a une exception à ce principe. Il existe des mentions équivalentes qui ont pour objectif
de régulariser l’absence de certaines mentions obligatoires, il s’agit des règles légales supplétives.
L’article 160 prévoit :
• La lettre de change dont l’échéance n’est pas indiquée est considérée comme payable à vue ;
• À défaut d’indication spéciale, le lieu désigné à côté du nom du tiré est réputé être le lieu de
paiement et, en même temps, le lieu du domicile du tiré ;
• Si le lieu n’est pas indiqué à côté du nom du tiré, le lieu de paiement est celui où le tiré
exerce son activité ou celui où il est domicilié.
• La lettre de change n’indiquant pas le lieu de sa création est considérée comme souscrite
dans le lieu désigné à côté du nom du tireur
• Si le lieu n’est pas indiqué à côté du nom du tireur, la lettre de change est considérée comme
souscrite dans le lieu du domicile du tireur
• A défaut d’indication spéciale, la date de création de la lettre de change est considérée être
celle de la remise du titre au bénéficiaire.

Nasser Deen
Cependant, la dénomination de la lettre de change, le mandat pur et simple de payer une somme
déterminée, le nom du tiré, le nom du bénéficiaire et le nom et la signature du tireur sont des
mentions qui ne peuvent être régularisées. À défaut de ces mentions, on ne pourra donc pas
appliquer les règles de la lettre de change. C’est une nullité d’ordre public.

NEUVIÈME SÉANCE
DATE : 16/04/2019
DURÉE : 01H 35
AMPHI : 14

B-LES FORMALITÉS FACULTATIVES


Les mentions facultatives sont toutes celle qui ne sont pas énoncés par l’article 159 du code de
commerce. On distingue :
-La clause de domiciliation : Le paiement sera fait au domicile d’un tiers, ce dernier étant
généralement une banque.
-La clause non à ordre : L’article 167 du code de commerce dispose « Lorsque le tireur a inséré dans la
lettre de change les mots « non à
Ordre » ou une expression équivalente, le titre n’est transmissible que dans la forme et avec les effets
d’une cession ordinaire.
-La clause dite retour sans frais ou clause sans protêt : Le porteur sera exonérer de cette formalité et
être payé sans obligé d’établir le protêt.
-La clause de la valeur fournie : Dans la pratique, retrouve sur la lettre de change le numéro de la
facture.
-L’aval
-L’acceptation

PARAGRAPHE 2 : LES CONDITIONS DE FOND


La lettre de change est un acte juridique. Par conséquent, il va y avoir un certain nombre de conditions
de fond.
-La capacité commerciale : Au Maroc le code de commerce précise que souscrire une traite, c’est faire
un acte de commerce par la forme, la capacité commerciale est donc requise.
-Le consentement : Il est matérialisé par la signature, de sorte que l’on retrouve que l’on a vu pour le
chèque. Si la signature est fausse, il y’a absence de consentement et par conséquent, c’est une
exception opposable à tout porteur, même de bonne foi.
-L’objet : Il joue uniquement lorsqu’il y’a un rapport direct entre les parties.

SECTION 2 : L’EFFICACITÉ DU PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE.


PARAGRAPHE 1 : LA PROVISION
A-Notion de la provision : La provision c’est la créance d’une somme d’argent qu’à le tireur vis-à-vis
du tiré.
Existence de la provision : La provision de la lettre de change ne s’impose qu’au moment de l’échéance.
Parfois, il y’a ce qu’on appelle une lettre de change de complaisance qui est caractérisé par l’absence
de la provision. Elle résulte d’une entente frauduleuse entre le tiré et le tireur destinée à tromper les
tiers et à obtenir une liquidité immédiate.
B-Origine : La provision de la lettre de change trouve ses origines dans les hypothèses suivantes :

Nasser Deen
• Une opération commerciale qui peut être une vente de marchandise ou une prestation de
service.
• Ouverture de crédit : La banque pourrait créditer à son client
• La provision en argent : Le tireur est créancier du tiré à raison d’un prêt.
C-Preuve de la provision : La preuve de la provision est la preuve de l’existence d’une créance du tireur
sur le tiré.
Le mode de preuve est la présomption légale, l’article 166-5 dispose « L’acceptation suppose la
provision ».
En cas de refus d’acceptation, La charge de la preuve incombe au tireur.
PARAGRAPHE 2 : L’ACCEPTATION
-Définition : L’acceptation est l’engagement prit par le tiré de payer la lettre de change à l’échéance.
Une fois que la lettre de change est acceptée par le tiré, il devient le débiteur principal. Cette
acceptation renforce également la valeur de la lettre de change et facilite sa transmission.
Generelament l’acceptation se fait avec la formule accepté et la signature du tiré. Une fois qu’elle est
acceptée, elle est irrévocable, elle entraîne l’interdiction du biffage en vertu de l’article 176.
A-LE CARACTÈRE FACULTATIF OU OBLIGATOIRE DE LA PRÉSENTATION À L’ACCEPTATION
Le porteur d’une lettre de change n’est pas tenu de la présenter à l’acceptation car elle est payable à
l’échéance.
Parfois, le fait de se présenter au domicile du tiré devient interdite, il s’agit dans deux (2) hypothèses :
• Lorsque la lettre de change est payable à un certain délai de vue, parce que toute présentation
sera une présentation au paiement.
• En cas de clause non acceptable.
B-LE CARACTÈRE FACULTATIF OU OBLIGATOIRE DE L’ACCEPTATION
La solution du principe est que le tiré a la liberté de ne pas accepter la traite même s’il est débiteur du
tireur.
Cette solution de principe est assortie à deux limites ou exceptions :
-La limite conventionnelle : C’est une limite contractuelle entre les deux parties.
-La limite légale : L’article 174 du code de commerce oblige le tiré a accepté la lettre de change dans
les conditions suivantes :
Si le contrat porte sur la fourniture d’une marchandise entre commerçants et si le délai conforme aux
usages normaux du commerce en matière de reconnaissance de marchandises est expiré.

C-LES EFFETS DE L’ACCEPTATION


L’effet principal qui est édicté par l’article 178 du code de commerce « Par l’acceptation, le tiré s’oblige
à payer la lettre de change à l’échéance ».
L’acceptation fait naître une obligation cambiaire à la charge du tiré accepteur.
1-Les effets de l’acceptation dans les relations tiré /porteur
• L’acceptation fait présumer l’existence de la provision
• L’acceptation est tenu commercialement même s’il n’a pas la qualité du commerçant.
• Le tiré accepteur devient le débiteur principal, c’est à lui que le paiement doit d’abord être
demandé.
2-Les effets de l’acceptation dans les relations tiré /tireur
• L’acceptation purge les exceptions que le tiré pouvait opposé au tireur pour refuser le
paiement de sa dette.
• Avec l’acceptation, le tireur aurait les mêmes droits contre l’accepteur qu’un autre porteur.

Nasser Deen
D-LE REFUS DE L’ACCEPTATION
L’acceptation doit être pur et simple. L’acceptation assortie de conditions ou des réserves est assimilée
au refus d’acceptation.
Cependant, en cas de refus de paiement, le porteur a deux possibilités :
• Le porteur peut attendre l’échéance
• Il peut également anticipé le recours en établissant la défaillance du tiré à travers le protêt
faute d’acceptation.

PARAGRAPHE 3 : L’AVAL
L’aval est une sûreté personnelle avec une spécificité cambiaire. Il s’agit donc d’une garantie de
paiement donné par une personne qui se porte caution du paiement de la lettre de change vis-à-vis du
bénéficiaire en cas de défaillance du tireur.
Celui qui donne l’aval est un tiers appelé « avaliste » ou « avaliseur » ou « donneur d’aval ».
-La forme de l’aval : On va insérer la formule « bon pour aval » ou toute autre formule équivalente
suivie de la signature manuscrite de l’avaliseur.
L’aval est donné sur la lettre de change sur l’allonge ou sur un acte séparé. L’aval peut également être
partiel.

DERNIÈRE SÉANCE
DATE : 23/04/2019
DURÉE : 01H 30
AMPHI : 14

CHAPITRE 2 :LA CIRCULATION DE LA LETTRE DE CHANGE


SECTION 1 : L’ENDOSSEMENT TRANSLATIF
L’endossement c’est l’opération par laquelle les porteurs de la lettre de change ont transmis la
propriété un nouveau porteur. Avec cette opération, il y’a la réalisation de l’escompte.
L’escompte est une opération de crédit à court terme. La lettre de change transférée par endossement
au banquier qui procède en contrepartie au paiement immédiat, déduction faite des intérêts et des
commissions.
A-LES MODALITÉS DE L’ENDOSSEMENT TRANSLATIF
L’article 167-1 du code de commerce dispose « Toute lettre de change est transmissible par la voie de
l’endossement sauf un cas particulier, une clause non à ordre ou non endossable. Ce qui est
extrêmement rare.
L’endossement translatif s’effectue par la remise matérielle du titre et la signature.
L’endossement doit être :
• L’endossement doit être pur et simple. Toute condition à laquelle il est subordonné est
réputée non écrite.
• L’endossement ne peut être partiel
B-LES EFFETS DE L’ENDOSSEMENT
1-La TRANSMISSION DES DROITS ATTACHÉS AU TITRE
L’article 168 du code de commerce dispose « L’endossement transmet tous les droits résultant de la
lettre de change » :
-La transmission des droits cambiaires : Cette transmission implique que l’endossataire reçoive de
plein droit la propriété de la lettre de change. Cela suppose que non seulement qu’il y ait endossement
de la traite, mais aussi une remise matérielle du titre.

Nasser Deen
-La transmission des droits concernant la provision : Cette transmission se fait automatiquement. Peu
importe qu’il y ait acceptation ou pas, elle est faite automatiquement avec l’endossement translatif.
En revanche, cette acceptation permet au porteur de bénéficier d’une présomption d’existence de la
provision. Il saura qu’en principe cette proposition existe, c’est généralement signe que le tiré va payer
à l’échéance.
2-L’OBLIGATION DE GARANTIE DES ENDOSSEURS
L’endosseur devient garant de l’acceptation et du paiement de la lettre de change. Ceci implique donc,
que par sa signature, l’endosseur s’engage dans les liens cambiaires. Il va faire partie de la chaîne des
différentes personnes sensée payer à échéance le porteur.
3-L’INNOPOSABILITÉ DES EXCEPTIONS AU PROFIT DE L’ENDOSSATAIRE
L’article 171 du code de commerce dispose « Les personnes actionnées en vertu de la lettre de change
ne peuvent pas opposer au porteur les exceptions fondées sur leurs rapports personnels avec le tireur
ou avec les porteurs antérieurs, à moins que le porteur en acquérant la lettre, n’ait agi sciemment au
détriment du débiteur ».
Cette règle vaut pour tous les signataires, quels qu’ils soient, et no seulement le tiré accepteur.

SECTION 2 : L’ENDOSSEMENT NON TRANSLATIF


Il s’agit de l’endossement de la lettre de change sans transmettre la propriété. L’endosseur signe la
lettre de change mais ne s’engage pas cambiairement. On a deux types de l’endossement non translatif
A-L’ENDOSSEMENT DE PROCURATION
C’est le procédé par lequel l’endosseur donne un mandat à l’endossataire qui sera le plus souvent un
banquier pour recouvrer le montant de la lettre de change à sa place.
Cet endossement se réalise par la forme d’une mention indiquant qu’il s’agit d’un simple mandat.
B-L’ENDOSSEMENT PEGNORATIF
L’endossement pignoratif est l’opération par laquelle l’endosseur donne la traite en gage à un
créancier.
Il se réalise par la forme « valeur en garantie » ou de valeur en gage ».
L’effet de cet endossement est la possibilité de réaliser le gage. Si la dette garantie n’est pas
remboursée à l’échéance….

CHAPITRE 3 : LE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE


Il s’agit de la dernière étape dans la vie de la lettre de change.
SECTION 1 : LES MODALITÉS DE PAIEMENT DE LA LETTRE DE CHANGE
A-LA PERSONNE EFFECTUANT LE PAIEMENT
Le principe c’est le tiré qui doit payer la traite. Il a l’obligation de payé s’il a accepté la traite et s’il y’a
la provision. De plus il a également la faculté de payer même s’il n’y a pas acceptation ni provision.
Le tireur : Il est le dernier garant, dans le cas où la lettre de change n’est pas acceptée, on peut se
diriger vers lui pour obtenir le paiement de la lettre de change.
D’autres payeurs : L’avaliste et l’endosseur peuvent également être susceptibles de payer la lettre de
change.
B-LE PORTEUR LÉGITIME
Le porteur légitime est le dernier porteur régulier en vertu d’une chaîne continue d’endossement.
Le tiré doit le payer sans fraude « Connivence » et sans faute lourde « Irrégularités ou falsification
apparente de la lettre de change ».
Il doit payer en l’absence de l’opposition au paiement.
C-L’ECHEANCE
Le porteur de la traite a l’obligation de la présenter au paiement auprès du tiré à l’échéance.

Nasser Deen
D-L’OBJET DE LA LETTRE DE CHANGE, LIEU ET MODE DE PAIEMENT
Le principe est qu’il doit payer le total de la somme inscrite dans la lettre de change. Exception faite
dans le cas du paiement partiel.
Le lieu de paiement est l’adresse qui figure sur le titre. Dans la pratique, il existe une clause de
domiciliation.
Les modes de paiement : Ils peuvent être par espèces, par virements ou par chèque…
En cas de paiement, la lettre de change est déchirée et l’obligation cambiaire s’éteint

SECTION 2 : LES RECOURS FAUTE DE PAIEMENT


Le défaut de paiement par le tiré peut tenir à des causes variées :
Le refus légitime peut être dans les cas suivants :
• Le tiré n’a pas accepté la traite et l’existence de la provision n’est pas démontrée.
• La non validité de son engagement cambiaire, il conteste la validité de la signature par
exemple.
• Une attitude dilatoire

PARAGRAPHE 1 : LES CONDITIONS DES RECOURS


A-LE MOMENT DU RECOURS
La personne peut exercer ses recours à l’arrivée de l’échéance.
Il peut également l’exercer avant l’échéance, on parlera alors d’un recours anticipé dans trois cas :
• En cas de refus d’acceptation du tiré
• Redressement ou liquidation du tiré accepteur ou non
• Redressement ou liquidation du tireur d’une lettre de change non acceptable.
B-L’ÉTABLISSEMENT D’UN PROTÊT
Le caractère obligatoire du protêt sauf exceptions : Le profit faute d’acceptation dispense du protêt
faute de paiement dans les hypothèses suivantes :
• En cas de procédure collective contre le tiré ou le tireur d’une lettre de change non acceptable.
• En cas de force majeur..
Cependant il y’a une exception conventionnelle qui est la clause de non établissement de protêt.
Le délai d’établissement du protêt est de 5 jours après l’ouverture de l’échéance.
PARAGRAPHE 2 :L’EXERCICE DES RECOURS
A-LES RECOURS DU PORTEUR
Le porteur peut réclamer le nominal de la lettre de change non payée majorée des frais de protêt,
majoré des autres frais…
B-LES ACTIONS RECURSSOIRES DES GARANTS LES UNS CONTRE LES AUTRES
-Le tiré contre le tireur : Le tiré à l’obligation de payer s’il a accepté la lettre de change et a une faculté
de payer en cas de non acceptation. Si le tiré paye sans avoir reçu de provision, il a un recours contre
le tireur. Le tiré pourra aussi exercé un recours judiciaire.
-Le tireur contre le tiré : Si le tiré à accepté, il a un recours cambiaire. Si le tiré n’a pas accepté, c’est
un recours extra cambiaire.
-Le recours de l’endosseur contre les garants : l’endosseur qui a payé à un recours contre les
endosseurs.
PARAGRAPHE 3 : LA PERTE DES RECOURS
Il y’a deux causes de perte éventuelle de recours :
A-LA NÉGLIGENCE DU PORTEUR
En vertu de l’article 197 du code de commerce, le porteur qui n’a pas fait dresser protêt faute de
paiement dans le délai légal est considéré comme négligent. Par conséquent, il perd ses recours contre

Nasser Deen
les endosseurs, contre le tireur qui a fourni la provision, et contre les avaliseurs de ces personnes. En
revanche, même négligent, il conserve ses recours contre le tiré accepteur.
B-LE JEU DE LA PRESCRIPTION
Le jeu de la prescription est régie par l’article 227 du code de commerce comme suit :
• Les actions contre le tiré accepteur : Une prescription de 3 ans à compter de la date
d’échéance.
• Les actions du porteur contre les endosseurs et contre le tireur se prescrivent par un an à partir
de la date du protêt dressé en temps utile ou de celle de l’échéance.
• Les actions récursoires des garants les uns contre les autres et contre le tireur se prescrivent
par six (6) mois à partir du jour où l’endosseur a remboursé la lettre ou du jour où il a été lui-
même actionné.

TITRE 2 : LE BILLET À ORDRE


Définition : C’est un écrit par lequel une personne que l’on appelle le souscripteur s’engage à payer à
l’échéance une somme déterminée à une personne indiquée sur l’écrit que l’on appelle le bénéficiaire
ou à son ordre.
Le billet à ordre est un effet de commerce très proche de la reconnaissance de dette.
Le rédacteur du billet à ordre ne donne pas un ordre de payer à un débiteur, c’est lui-même qui paye.
Le débiteur du billet cumule donc sur sa tête le rôle de tireur et celui de tiré accepteur.
L’exclusion de la provision. Le billet à ordre n’est pas par nature un acte de commerce.

À PROPOS DE L’EXAMEN
Il y aura deux cas pratiques, un sur le chèque et un second sur la lettre de change. L’étudiant devra
répondre directement aux questions posées avec une argumentation juridique. Le résumé des faits est
facultatif.

Nasser Deen