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Cours de base : CONSTRUCTION

METALLIQUE

Animé par : M BALIL Jama

Version : AVRIL/2015
 
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I. Introduction :

Les constructions métalliques constituent un domaine important d'utilisation des produits laminés
sortis de la forge. Elles emploient, en particulier, les tôles et les profilés. Les structures constituées à
partir de ces éléments nécessitent des opérations préalables de découpage, de perçage et de soudure en
usine. Les opérations sur site sont limitées à des assemblages de modules primaires après des
opérations de levage ou de ripage, permettant de rapprocher les zones d'assemblage.

II. DEFINITION
L’acier est un matériau issu de la réduction du minerai de fer ou du recyclage de ferrailles. Le fer
est un élément très répandu dans l’écorce terrestre dont il représente 5 % mais on ne le trouve pas à
l’état pur. Il est combiné avec d’autres éléments et mêlé à une gangue terreuse.
L’utilisation de l’acier dans la construction remonte à la fin du XIX e siècle, bien que les métaux
ferreux soient connus depuis environ quarante siècles.
Auparavant on employait la fonte qui peut se mouler facilement mais se révèle cassante et
impossible à forger. Il faut donc l’assembler à l’aide de boulons, de vis ou de clavettes. On est
progressivement passé, à partir des années 1840, de l’usage de la fonte à celui du fer puddlé, la fonte
étant affinée industriellement pour obtenir du fer pur, plus souple et plus facile à laminer, à percer et à
forger. Le principe des rivets posés à chaud a permis de disposer d’un mode d’assemblage universel et
facile à mettre en oeuvre.
C’est une cinquantaine d’années plus tard que l’acier a pu être produit de façon industrielle et
s’imposer ainsi à partir des années 1890 comme le matériau de la construction métallique, avec des
caractéristiques physiques bien supérieures au fer grâce à la présence de traces bien dosées de carbone
et d’autres éléments chimiques. L’assemblage s’est d’abord fait avec des rivets, puis, à partir des
années 1930, par la soudure ou le boulonnage. La sidérurgie n’a cessé de perfectionner les qualités de
ses aciers. La masse volumique de l’acier est de 7850 kg/m3.
1) Les formes de produits
– les produits longs (poutrelles, palplanches, câbles, fils, ronds à béton...),
– les produits plats (tôles, bardages, profils minces, profils creux...)
Les laminés marchands
Ce sont les ronds, les carrés, les ronds à béton, les plats, les cornières (L), les fers en T, les petits
U… Tous ces produits ont une section pleine.
Les poutrelles en I

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Les poutrelles en I sont de deux sortes :
– IPN : poutrelles en I normales. Les ailes sont d’épaisseur variable, ce qui entraîne des petites
difficultés pour les attaches ;
– IPE : poutrelles en I européennes. Les ailes présentent des bords parallèles, les extrémités sont à
angles vifs (seuls les angles rentrants sont arrondis). Les
IPE sont un peu plus onéreux, mais plus commodes et sont d’usage courant.
Les poutrelles en U
Il existe aussi deux sortes de profilés, les UPN, les UAP et les UPE. De la même façon, les UPE
présentent des ailes à bords parallèles et tendent à supplanter les UPN, moins commodes à mettre en
oeuvre. Les hauteurs vont de 80 à 400 mm.
Les poutrelles HE
Elles se décomposent en trois séries : HEA, HEB et HEM, suivant l’épaisseur relative de leur âme
et de leurs ailes. Leur section s’inscrit approximativement dans un carré (la semelle a une largeur
sensiblement égale à la hauteur du profil jusqu’à 300 mm de hauteur). Les ailes présentent toujours
des bords parallèles. Les hauteurs varient de 100 à 1100 mm. Les profils HEA, les plus légers,
présentent le meilleur rapport performance/poids en général et sont donc les plus utilisés. La
progression des trois séries est intéressante techniquement et architecturalement pour des
composants en pro-longement : poteaux d’un bâtiment à étages dont la section peut varier
progressivement en fonction des efforts. Du fait de l’utilisation des mêmes trains de laminage, les
trois profils de même hauteur présentent la même dimension intérieure entre ailes. Les épaisseurs ne
varient que vers l’extérieur. Il existe aussi des poutrelles HL (à très larges ailes), HD (poutrelles-
colonnes) et HP (poutrelles-pieux).

Aire Wel.y = iy =
PROFIL A Masse/m Iy = Iz Wel.z iz Iv Wel.v iv
[cm2] [kg/m] [cm4] [cm3] [cm] [cm4] [cm3] [cm]
20.20.3 3,48 2,73 2,8 1,3 0,9 5,26 1,75 1,2
25.25.3 4,7 3,69 5,32 2,12 1,06 9,93 2,84 1,5
30.30.3 6,16 4,84 8,94 3,1 1,21 16,7 4,17 1,6
35.35.3,5 7,8 6,12 14,3 4,4 1,35 26,7 5,93 1,9
40.40.4 9,6 7,54 21,9 6,1 1,51 40,7 8,15 2,1
45.45.4,5 13,8 10,85 45,6 10,6 1,82 85,1 14,2 2,5
50.50.5 18,8 14,76 84,6 16,8 2,12 158 22,5 2,9
55.55.6 24,5 19,26 145 25,2 2,43 270 33,7 3,3

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60.60.6 31 24,46 232 35,9 2,73 432 48 3,7
65.65.6 38,3 30,06 353 49,2 3,03 658 65,8 4,1
70.70.7 55,1 43,2 735 85,4 3,65 1372 114 5
75.75.7 86 67,6 1796 167 4,57 3350 223 6,2
80.80.8 124 97,2 3732 289 5,49 6953 386 7,5
90.90.9 153 120 5700 398 6,11 10626 531 8,3
Tableau 1 Caractéristiques des cornières égales (L)
Les profils creux
Les tubes de construction sont appelés « profils creux ». Ils sont fabriqués en continu à partir de
tôles minces ou moyennes repliées dans le sens de leur longueur.
Les profilés creux dits « de forme » sont en général formés à partir de tubes ronds : ils peuvent être
carrés, rectangulaires, hexagonaux, elliptiques, voire demi-elliptiques.
Les tôles nervurées
Ce sont des tôles minces que l’on nervure par profilage à froid à l’aide d’une machine à galets. Les
tôles nervurées sont issues de bobines galvanisées et souvent prélaquées. Les applications
concernent les produits d’enveloppe (bardage), de couverture (bac, support d’étanchéité) et de
plancher (bac pour plancher collaborant ou à coffrage perdu), ainsi que les panneaux sandwich
incorporant des matériaux isolants.
Les palplanches
Ces produits sont réalisés directement au laminage ou à partir de tôles profilées.
La section en U ouvert est la plus courante et les palplanches sont solidarisées les unes aux autres
par un joint à double recouvrement. On utilise des parois en palplanches pour contenir la poussée de
talus, pour la construction de murs de quais et de ports, la protection des berges, la mise en place de
blindages de fouilles et de batardeaux, l’édification de culées de pont, des parois de parkings
souterrains...
Câbles et fils machine
Le fil machine est obtenu par tréfilage et étirage. En construction, il sert à fabriquer des câbles. Les
fils en inox peuvent aussi être tressés ou tissés pour fabriquer des mailles de dessins variées,
employées comme parements, écrans, garde-corps, faux-plafond,...

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Iw x 10-
3
h b tf tw r A Iy Wel.y iy Wpl.y Avz Iz Wel.z iz Wpl.z Avy It
IPE [mm] [mm] [mm] [mm] [mm] [cm2] [kg/m] [cm4] 3
[cm ] [cm] [cm ] [cm ] [cm ] [cm ] [cm] [cm3]
3 2 4 3
[cm2] [cm4] [cm6]
IPE 80 80 46 5,2 3,8 5 7,6 6 80,1 20 3,24 23,2 3,6 8,48 3,69 1,1 5,8 5,1 0,7 0,12
IPE 100 100 55 5,7 4,1 7 10,3 8,1 171 34,2 4,07 39,4 5,1 15,9 5,78 1,2 9,1 6,7 1,2 0,35
IPE 120 120 64 6,3 4,4 7 13,2 10,4 317,8 53 4,9 60,7 6,3 27,7 8,64 1,5 13,6 8,6 1,74 0,89
IPE 140 140 73 6,9 4,7 7 16,4 12,9 541,2 77,3 5,74 88,3 7,6 44,9 12,3 1,7 19,2 10,6 2,45 1,98
IPE 160 160 82 7,4 5 9 20,1 15,8 869,3 108,7 6,58 123,9 9,7 68,3 16,65 1,8 26,1 12,8 3,6 3,96
IPE 180 180 91 8 5,3 9 23,9 18,8 1317 146,3 7,42 166,4 11,3 101 22,16 2,1 34,6 15,3 4,79 7,43
IPE 200 200 100 8,5 5,6 12 28,5 22,4 1943,2 194,3 8,26 220,6 14 142 28,46 2,2 44,6 18 6,98 12,99
IPE 220 220 110 9,2 5,9 12 33,4 26,2 2771,8 252 9,11 285,4 15,9 205 37,24 2,5 58,1 21,3 9,07 22,67
IPE 240 240 120 9,8 6,2 15 39,1 30,7 3891,6 324,3 9,97 366,6 19,1 284 47,26 2,7 73,9 24,8 12,88 37,39
IPE 270 270 135 10 6,6 15 45,9 36,1 5789,8 428,9 11,2 484 22,1 420 62,19 3 97 29 15,94 70,58
IPE 300 300 150 11 7,1 15 53,8 42,2 8356,1 557,1 12,5 628,4 25,7 604 80,48 3,4 125 33,7 20,12 125,93
IPE 330 330 160 12 7,5 18 62,6 49,1 11767 713,1 13,7 804,3 30,8 788 98,5 3,6 154 38,7 28,15 199,1
IPE 360 360 170 13 8 18 72,7 57,1 16266 903,6 15 1019 35,1 1043 122,7 3,8 191 45,3 37,32 313,58
IPE 400 400 180 14 8,6 21 84,5 66,3 23128 1156 16,6 1307 42,7 1318 146,4 4 229 51,1 51,08 490,05
IPE 450 450 190 15 9,4 21 98,8 77,6 33743 1500 18,5 1702 50,8 1675 176,4 4,1 276 58,3 66,87 791,01
IPE 500 500 200 16 10 21 116 90,7 48199 1928 20,4 2194 59,9 2141 214,1 4,3 336 67,2 89,29 1249,4
IPE 550 550 210 17 11 24 134 105,5 67117 2441 22,4 2787 72,3 2666 254 4,5 401 76,1 123,2 1884,1
IPE 600 600 220 19 12 24 156 122,4 92084 3069 24,3 3512 83,8 3386 307,8 4,7 486 87,9 165,4 2845,5
Tableau 2 Caractéristiques des profilés IPE
 
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Iw x
h b tf tw r A Iy Wel.y iy Wpl.y Avz Iz Wel.z iz Wpl.z Avy It 10-3
HEA [mm] [mm] [mm] [mm] [mm] [cm2] [kg/m] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4] [cm6]
HEA 100 96 100 8 5 12 21,2 16,7 349,2 72,8 4,06 83 7,6 133,8 26,8 2,51 41,1 16,9 5,24 2,58
HEA 120 114 120 8 5 12 25,3 19,9 606,2 106,3 4,89 119,5 8,5 230,9 38,5 3,02 58,9 20,1 5,99 6,47
HEA 140 133 140 8,5 5,5 12 31,4 24,7 1033,1 155,4 5,73 173,5 10,1 389,3 55,6 3,52 84,8 24,8 8,13 15,06
HEA 160 152 160 9 6 15 38,8 30,4 1673 220,1 6,57 245,1 13,2 615,5 76,9 3,98 117,6 30,1 12,19 31,41
HEA 180 171 180 9,5 6 15 45,3 35,5 2510,3 293,6 7,45 324,9 14,5 924,6 103 4,52 156,5 35,5 14,8 60,21
HEA 200 190 200 10 6,5 18 53,8 42,3 3692,3 388,6 8,28 429,5 18,1 1335,6 134 4,98 203,8 41,6 20,98 108
HEA 220 210 220 11 7 18 64,3 50,5 5409,7 515,2 9,17 568,5 20,7 1954,5 178 5,51 270,6 50,2 28,46 193,27
HEA 240 230 240 12 7,5 21 76,8 60,3 7763,2 675,1 10,1 744,6 25,2 2768,9 231 6 351,7 59,7 41,55 328,49
HEA 260 250 260 13 7,5 24 86,8 68,2 10455 836,4 11 919,8 28,8 3668,2 282 6,5 430,2 67,4 52,37 516,35
HEA 280 270 280 13 8 24 97,3 76,4 13673,3 1013 11,9 1112 31,7 4763 340 7 518,1 75,4 62,1 785,37
HEA 300 290 300 14 8,5 27 113 88,3 18263,5 1260 12,7 1383 37,3 6310,5 421 7,49 641,2 87 85,17 1199,8
HEA 320 310 300 16 9 27 124 97,6 22928,6 1479 13,6 1628 41,1 6985,8 466 7,49 709,7 96,2 108 1512,4
HEA 340 330 300 17 9,5 27 134 104,8 27693,1 1678 14,4 1851 45 7436,3 496 7,46 755,9 103 127,2 1824,4
HEA 360 350 300 18 10 27 143 112,1 33089,8 1891 15,2 2089 49 7886,8 526 7,43 802,3 109 148,8 2176,6
HEA 400 390 300 19 11 27 159 124,8 45069,4 2311 16,8 2562 57,3 8563,1 571 7,34 872,9 118 189 2942,1
HEA 450 440 300 21 12 27 178 139,8 63721,6 2896 18,9 3216 65,8 9464,2 631 7,29 965,5 130 243,8 4147,6
HEA 500 490 300 23 12 27 198 155,1 86974,8 3550 21 3949 74,7 10366 691 7,24 1059 143 309,3 5643,1
HEA 550 540 300 24 13 27 212 166,2 111932 4146 23 4622 83,7 10817 721 7,15 1107 149 351,5 7188,9
HEA 600 590 300 25 13 27 227 177,8 141208 4787 25 5350 93,2 11269 751 7,05 1156 155 397,8 8978,2
Tableau 3 Caractéristiques des HEA

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Aire Iw x 10-
3
PROFIL h b tf tw r A Masse/m Iy Wel.y iy Wpl.y Avz Iz Wel.z iz Wpl.z Avy It
UPN [mm] [mm] [mm] [mm] [mm] [cm2] [kg/m] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4] [cm6]
UPN 80 80 45 8 6 8 11 8,7 106 26,5 3,1 31,8 5,1 19,4 6,4 1,3 12,1 5,10 2,16 0,17
UPN 100 100 50 8,5 6 8,5 13,5 10,6 206 41,2 3,9 49 6,46 29,3 8,5 1,5 16,2 6,46 2,81 0,41
UPN 120 120 55 9 7 9 17 13,3 364 60,7 4,6 72,6 8,8 43,2 11,5 1,6 21,2 8,80 4,15 0,9
UPN 140 140 60 10 7 10 20,4 16 605 86,4 5,5 103 10,4 62,7 14,8 1,8 28,3 10,41 5,68 1,8
UPN 160 160 65 11 7,5 11 24 18,9 925 116 6,2 138 12,6 85,3 18,3 1,9 35,2 12,60 7,39 3,26
UPN 180 180 70 11 8 11 27,9 21,9 1350 150 7 179 15,1 114 22,4 2 42,9 15,09 9,55 5,57
UPN 200 200 75 12 8,5 12 32,2 25,2 1910 191 7,7 228 17,7 148 27 2,1 51,8 17,71 11,9 9,07
UPN 220 220 80 13 9 13 37,4 29,4 2690 245 8,5 292 20,6 197 33,6 2,3 64,1 20,62 16 14,6
UPN 240 240 85 13 9,5 13 42,3 33,2 3600 300 9,2 358 23,7 248 39,6 2,4 75,7 23,71 19,7 22,1
UPN 260 260 90 14 10 14 48,3 37,9 4820 371 10 442 27,1 317 47,7 2,6 91,6 27,12 25,5 33,3
UPN 280 280 95 15 10 15 53,4 41,9 6280 448 11 532 29,3 399 57,2 2,7 109 29,28 31 48,5
UPN 300 300 100 16 10 16 58,8 46,1 8030 535 12 632 31,8 495 67,8 2,9 130 31,77 37,4 69,1
UPN 320 320 100 18 14 18 75,8 59,5 10870 679 12 826 47,1 597 80,6 2,8 152 47,11 66,7 96,1
UPN 350 350 100 16 14 16 77,3 60,7 12840 734 13 918 50,8 570 75 2,7 143 50,84 61,2 114
UPN 380 380 102 16 14 16 80,4 63,1 15760 829 14 1014 53,2 615 78,7 2,8 148 53,23 59,1 146
UPN 400 400 110 18 14 18 91,5 71,8 20350 1020 15 1240 58,6 846 102 3 190 58,55 81,6 221
Tableau 4Caractéristique des UPN

                                                                                             7                                                                            BALIL JAMA 
 
ENSA                                                                                                                                  COURS CHARPENTE METALLIQUE 
d tf Aire A Iy Wel.y iy Wpl.y Avz It
[mm] [mm] [cm2] [kg/m] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4]
21,3 2,3 1,37 1,078 0,629 0,590 0,677 0,834 0,874 1,257
26,9 2,3 1,78 1,395 1,356 1,008 0,874 1,396 1,132 2,713
33,7 3,2 3,07 2,407 3,605 2,139 1,084 2,988 1,952 7,209
42,4 3,2 3,94 3,094 7,620 3,594 1,391 4,928 2,509 15,240
48,3 3,2 4,53 3,559 11,586 4,797 1,599 6,520 2,886 23,171
60,3 3,2 5,74 4,506 23,468 7,784 2,022 10,444 3,654 46,936
76,1 3,2 7,33 5,753 48,779 12,820 2,580 17,017 4,666 97,557
88,9 3,2 8,62 6,763 79,206 17,819 3,032 23,513 5,485 158,412
101,6 3,2 9,89 7,765 119,854 23,593 3,481 30,995 6,298 239,709
114,3 3,2 11,17 8,768 172,469 30,178 3,930 39,509 7,110 344,939
139,7 4,0 17,05 13,386 392,859 56,243 4,800 73,679 10,856 785,718
168,3 4,0 20,65 16,208 697,092 82,839 5,811 107,999 13,144 1394,183
177,8 5,0 27,14 21,308 1013,969 114,057 6,112 149,341 17,280 2027,937
193,7 5,0 29,64 23,268 1320,232 136,317 6,674 178,080 18,870 2640,465
219,1 5,0 33,63 26,400 1928,043 175,997 7,572 229,236 21,410 3856,086
244,5 5,0 37,62 29,532 2698,582 220,743 8,469 286,843 23,950 5397,165
273,0 5,0 42,10 33,046 3780,815 276,983 9,477 359,162 26,800 7561,630
323,9 5,0 50,09 39,323 6369,425 393,296 11,276 508,528 31,890 12738,849
355,6 6,0 65,90 51,730 10070,553 566,398 12,362 733,393 41,952 20141,106
406,4 6,0 75,47 59,247 15128,325 744,504 14,158 961,993 48,048 30256,650
457,0 6,0 85,01 66,734 21618,105 946,088 15,947 1220,478 54,120 43236,210
508,0 6,0 94,62 74,280 29811,534 1173,682 17,750 1512,096 60,240 59623,068
610,0 6,0 113,85 89,373 51923,601 1702,413 21,356 2188,968 72,480 103847,202
711,0 6,0 132,89 104,318 82567,653 2322,578 24,926 2982,222 84,600 165135,307
762,0 6,0 142,50 111,865 101813,151 2672,261 26,729 3429,288 90,720 203626,301
813,0 8,0 202,32 158,820 163900,547 4031,994 28,462 5184,371 128,800 327801,094

                                                                                             8                                                                            BALIL JAMA 
 
ENSA                                                                                                                                  COURS CHARPENTE METALLIQUE 
914,0 8,0 227,70 178,747 233651,367 5112,721 32,033 6566,859 144,960 467302,734
1016,0 8,0 253,34 198,870 321779,834 6334,249 35,639 8128,683 161,280 643559,668
1067,0 10,0 332,07 260,672 463792,496 8693,393 37,372 11172,823 211,400 927584,992
1168,0 10,0 363,80 285,580 609842,868 10442,515 40,943 13409,973 231,600 1219685,737
Tableau 5 Caractéristiques Tube rond
b tf r A Iy Wel.y iy Wpl.y Avz Iz Wel.z iz Wpl.z Avy It
[mm] [mm] [mm] [cm2] [kg/m] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4] [cm3] [cm] [cm3] [cm2] [cm4]
20,0 2,0 2,2 1,40 1,10 0,736 0,74 0,73 0,936 0,70 0,74 0,74 0,73 0,94 0,70 1,57
25,0 2,0 2,2 1,80 3,83 1,557 1,25 0,93 1,540 0,90 1,56 1,25 0,93 1,54 0,90 3,27
30,0 2,0 2,2 2,20 3,66 2,833 1,89 1,14 2,294 1,10 2,83 1,89 1,14 2,29 1,10 5,88
40,0 2,5 2,8 3,69 5,09 8,528 4,26 1,52 5,152 1,84 8,53 4,26 1,52 5,15 1,84 17,66
50,0 2,5 2,8 4,69 6,97 17,454 6,98 1,93 8,305 2,34 17,45 6,98 1,93 8,31 2,34 35,82
60,0 2,5 2,8 5,69 8,54 31,099 10,37 2,34 12,209 2,84 31,10 10,37 2,34 12,21 2,84 63,49
70,0 3,0 3,3 7,95 10,10 59,004 16,86 2,72 19,882 3,97 59,00 16,86 2,72 19,88 3,97 120,55
80,0 3,0 3,3 9,15 11,70 89,807 22,45 3,13 26,313 4,57 89,81 22,45 3,13 26,31 4,57 182,89
90,0 4,0 4,4 13,60 13,30 166,237 36,94 3,50 43,651 6,80 166,24 36,94 3,50 43,65 6,80 339,96
100,0 4,0 4,4 15,20 14,80 231,763 46,35 3,91 54,483 7,60 231,76 46,35 3,91 54,48 7,60 472,68
120,0 5,0 5,5 22,74 18,00 497,581 82,93 4,68 97,669 11,37 497,58 82,93 4,68 97,67 11,37 1015,83
140,0 5,0 5,5 26,74 31,60 807,377 115,34 5,49 134,894 13,37 807,38 115,34 5,49 134,89 13,37 1642,50
150,0 5,0 5,5 28,74 34,10 1001,581 133,54 5,90 155,756 14,37 1001,58 133,54 5,90 155,76 14,37 2034,83
180,0 5,0 5,5 34,74 41,70 1765,423 196,16 7,13 227,344 17,37 1765,42 196,16 7,13 227,34 17,37 3575,83
200,0 5,0 5,5 38,74 46,70 2445,673 244,57 7,95 282,569 19,37 2445,67 244,57 7,95 282,57 19,37 4946,50
220,0 6,0 6,6 50,99 59,20 3874,893 352,26 8,72 408,035 25,49 3874,89 352,26 8,72 408,03 25,49 7846,44
250,0 6,0 6,6 58,19 71,80 5752,337 460,19 9,94 531,101 29,09 5752,34 460,19 9,94 531,10 29,09 11628,45
260,0 6,0 6,6 60,59 84,40 6491,701 499,36 10,35 575,723 30,29 6491,70 499,36 10,35 575,72 30,29 13116,97
300,0 6,0 6,6 70,19 96,90 10080,902 672,06 11,98 772,211 35,09 10080,90 672,06 11,98 772,21 35,09 20338,21
350,0 8,0 8,8 108,78 96,90 21130,884 1207,48 13,94 1391,786 54,39 21130,88 1207,48 13,94 1391,79 54,39 42691,81
Tableau 6 Caractéristiques des carrées

                                                                                             9                                                                            BALIL JAMA 
 

Tableau 7 Les applications classiques


2) LE COMPORTEMENT MÉCANIQUE DE L’ACIER
Toute structure subit des sollicitations ou actions extérieures qui provoquent des déformations, mais
aussi des efforts internes, à savoir les contraintes. Les contraintes sont principalement de cinq
natures différentes :
– la traction ;
– la flexion ;
– la compression et le flambement ;
– le cisaillement ;
– la torsion.
Il reste par ailleurs d’autres phénomènes mécaniques ou efforts extérieurs à prendre en compte :
– la résistance à la « rupture fragile » (résilience) ;
– la fatigue.
Enfin, certaines sollicitations particulières sont à prendre en compte :
– les variations de température ;
– les sollicitations dynamiques.
La traction
 
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Phase élastique
Soumise à une traction suivant sa section, une barre en acier s’allonge uniformément jusqu’à une
certaine limite, appelée limite d’élasticité. Il y a réversibilité du phénomène : si la charge est
supprimée, la barre d’acier reprend sa dimension initiale (loi de Hooke). C’est la phase dite «
élastique » (phases I et II sur le diagramme).
Phase plastique
Au-delà de la limite d’élasticité, l’allongement de la barre augmente même si la charge évolue peu,
puis passe par une phase de déformation plastique où une partie de l’allongement demeure
permanent si la charge diminue. Ce phénomène est appelé écrouissage. L’allongement demeure
permanent (phases III et IV).
Phase de rupture
Après une phase d’allongement, la charge diminue car la section d’acier diminue. Ce phénomène
est appelé « striction ». Il y a alors rupture de la barre, la déformation totale est appelée «
allongement à la rupture » (phase V).

Dans une construction, les pièces de charpente sont conçues et calculées pour rester la plupart du
temps dans le domaine élastique. La limite d’élasticité pour un acier ordinaire est de 235 Mpa (235
N/mm2 ) ou de 355 Mpa. Pour un acier à haute limite d’élasticité, cette valeur peut s’élever à 460
Mpa, voire 690 Mpa (aciers thermomécaniques).

                                                                                             11                                                                            BALIL JAMA 
 
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La flexion

Considérons une poutre horizontale appuyée à ses deux extrémités et supportant un poids placé au
milieu de sa portée. La force extérieure F exercée sur la poutre par la charge qu’elle supporte est
perpendiculaire à son axe longitudinal. Elle génère ce qu’on appelle une flexion ou un moment
fléchissant.
La poutre se déforme pour produire une réaction qui équilibre le système.
Contrairement à la traction où la section du matériau est soumise à une contrainte uniforme, la
flexion exerce de part et d’autre de la fibre neutre des contraintes variables et de signes opposés. La
face supérieure de la poutre se raccourcit sous un phénomène de compression et la face inférieure
s’allonge sous un phénomène inverse de traction.
La variation des contraintes de la face supérieure à la face inférieure, de la compression à la
traction, définit un axe d’équilibre appelé axe neutre dans lequel la contrainte est nulle. La matière
au voisinage de cet axe joue un rôle négligeable dans la résistance de la poutre. En revanche, la
matière au voisinage des faces extérieures de la section est la plus sollicitée. Elle joue donc un rôle
essentiel dans la résistance de la poutre. La géométrie de la section des poutres et des poteaux est
directement issue de ces constatations. Elle conduit à concentrer la matière dans les parties les plus
éloignées de l’axe neutre.
La résistance de la poutre dépendra donc de la caractéristique géométrique suivante de la section : le
module de flexion, à savoir le rapport du moment d’inertie de la poutre sur la distance de la fibre
neutre à l’extrémité de la section, soit I/v. Plus le module de flexion est grand, meilleure est la
résistance à la flexion.
Les profils en I sont directement issus de cette considération. Sous l’effet d’un chargement en
flexion l’âme sert à écarter l’aile supérieure entièrement comprimée de l’aile inférieure entièrement
tendue.
À noter que les déformations de la poutre en flexion sont liées à l’inertie et que c’est souvent le
critère de déformation et non celui de résistance qui est prépondérant dans la détermination des
sections en construction métallique.

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La compression et le flambement
Les déformations dues à la compression ne jouent pas toujours un rôle déterminant sur les éléments
de structure verticaux. En revanche, un phénomène d’instabilité appelé « flambement » apparait à
partir d’une certaine charge et en fonction du rapport existant entre la section et la hauteur de
l’élément considéré. Le flambement est une forme d’instabilité propre aux éléments comprimés
élancés tels que les poteaux, colonnes, barres comprimées.
Le flambement est possible suivant les deux axes principaux de la section de l’élément. Si les
conditions d’appuis sont les mêmes selon ces deux axes, le flambement se fera suivant l’axe
présentant l’inertie la plus faible.
Comme pour les phénomènes de flexion, la section de la barre comprimée va jouer un rôle
déterminant pour le choix du profil économique. Le profil idéal du point de vue du flambement sera
donc le tube rond, profil creux dont la matière est économisée au maximum et dont l’inertie est
maximale dans toutes les directions. Les profils en H permettent aussi une bonne répartition de la
matière.

Le cisaillement ou effort tranchant


L’analyse des contraintes de compression, de traction et de flexion ne suffit pas pour décrire
complètement le comportement des matériaux.

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En effet, si on considère une poutre comme un empilement de strates, celles-ci ont tendance à
glisser les unes par rapport aux autres sous l’effet de la flexion. On peut décrire le même
phénomène si l’on découpe la poutre en strates assemblées verticalement.
La flexion simple s’accompagne ainsi d’un cisaillement horizontal et d’un cisaillement vertical. Le
cisaillement est plus important au droit des appuis car il augmente avec la variation de la flexion. Le
cisaillement vertical, ou effort tranchant, peut s’interpréter comme un effort résultant de deux forces
parallèles de sens opposés.
La torsion
Au cas où le point d’application d’une force se trouve en dehors d’un plan passant par l’axe neutre
d’un élément de structure, une autre sollicitation est générée : la torsion. Ceci correspond à l’effet
d’un couple de forces dont l’axe de rotation et l’axe neutre de la poutre sont confondus.
L’expérience et la théorie montrent que les profils creux sont plus rigides en torsion que les profils
ouverts. Il est préférable d’éviter de faire travailler les ossatures en torsion.
Les variations de température
Comme tous les matériaux, l’acier se dilate sous l’effet de l’augmentation de la température. Ce
phénomène est réversible dans les conditions usuelles. Le coefficient de dilatation linéaire de l’acier
est égal à 1,22 x 10-5 /°C à température ambiante.
Par ailleurs, plus la température est élevée plus la limite d’élasticité et la résistance à la traction
diminuent et plus la plasticité augmente.
On distingue un seuil de 500 °C environ en dessous duquel les variations sont faibles, et au-dessus
duquel l’acier commence à perdre ses capacités de résistance mécanique.
Il faut donc essayer de maintenir l’échauffement des éléments dans des limites tolérables, c’est-à-
dire en dessous de 500 °C, et éviter de trop brider la structure.

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3) Classification Des Sections Transversales


L’EC 3 distingue quatre classes de section transversale selon leur comportement vis-à-vis de la
plastification comme illustré sur la Figure 1. Les classes sont définies comme suit.
Classe 1 – Sections transversales pouvant former une rotule plastique avec la capacité de rotation
requise pour une analyse plastique.
Classe 2 – Sections transversales pouvant développer leur moment de résistance plastique, mais
avec une capacité de rotation limitée.
Classe 3 – Sections transversales dont la contrainte calculée dans la fibre extrême comprimée de
l’élément en acier peut atteindre la limite d’élasticité, mais dont le voilement local est susceptible
d’empêcher le développement du moment de résistance plastique.
Classe 4 – Sections transversales dont la résistance au moment fléchissant ou à la compression doit
être déterminée avec prise en compte explicite des effets de voilement local.

Figure 1 Comportement des sections suivant la classification de l’EC3

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Les Tableau 8, Tableau 9, Tableau 10 et Tableau 11 récapitulent les critères permettant de déterminer
pratiquement la classe d’une section. Les sections ne vérifiant pas les critères de la classe 3 sont en
fait de classe 4.

Tableau 8 Rapports largeur/épaisseur maximaux pour âmes (parois internes perpendiculaires à l’axe
de flexion / avec fy en N/mm2

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Tableau 9 Rapports largeur/épaisseur maximaux pour parois de semelles en console /


 

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Tableau 10 Coefficient de voilement pour parois en console soumises à de la flexion composée

Tableau 11 Rapports largeur/épaisseur maximaux pour cornières et sections tubulaires ε=√(235/fy)


                                                                                             18                                                                            BALIL JAMA 
 
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4) NUANCE DES ACIERS 

III. CONCEPTION

Une ossature métallique est constituée de barres ou poutres métalliques reliées entre elles par des
assemblages. Une barre ou une poutre désigne une pièce prismatique caractérisée par sa section droite.
Les deux dimensions de la section droite sont en général petites devant la longueur de la pièce, ce qui
lui donne un aspect filaire (Figure 2). La disponibilité d’une très grande variété de sections ou profils
permet de faire les choix les plus judicieux en fonction des exigences du projet.

Figure 2 Exemple d’ossature métallique d’une halle industrielle


La liaison des barres ou des poutres entre elles s’effectue en fonction des efforts à transmettre d’un
élément à l’autre et de la technique d’assemblages retenue : assemblage par boulons ou assemblage par

                                                                                             19                                                                            BALIL JAMA 
 
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soudage. Les conditions aux limites des éléments ainsi réalisées au travers des assemblages ont une
incidence directe sur la distribution des sollicitations dans les éléments et donc sur leur choix. Il en
résulte que la conception d’une ossature métallique doit viser une définition simultanée des barres et
de leurs assemblages.
1) Actions sur les structures

Définition
Une action désigne aussi bien des charges appliquées à la structure que des déformations imposées par
les effets thermiques ou des déplacements d’appui.
Trois types d’action sont à considérer :
— les actions permanentes G : poids propre de la structure, poids des équipements ;
— les actions variables d’exploitation ou d’environnement Q : surcharges d’exploitation, neige, vent,
effets thermiques ;
— les actions accidentelles A : charges d’explosions, chocs divers, séismes, feu, etc.
La valeur de calcul d’une action est obtenue en faisant le produit d’une valeur représentative de
l’action par un coefficient partiel de sécurité.
Action en valeur
Les valeurs caractéristiques des différentes actions sont soit définies par des règles ou normes, soit
explicitement données par le cahier des charges du maître d’ouvrage. La revue effectuée ici vise à
rappeler dans chaque cas le règlement qui s’applique, à fixer les ordres de grandeur et à souligner les
difficultés que l’on peut parfois rencontrer.
Actions permanentes
Elles comprennent :
— le poids propre de la structure ;
— les poids de toutes les superstructures (bac acier, dalles béton, couverture, bardage, vitrage, etc.) ;
— les poids des équipements implantés sur les différents planchers de la structure.
L’Eurocode 1-partie 2.1 donne les valeurs nominales des poids volumiques qui peuvent être utilisées
pour l’évaluation des poids propres des structures et de certaines superstructures. Pour la plupart des
superstructures, les catalogues fournisseurs de produits donnent les valeurs nominales des poids
volumiques à utiliser.
L’évaluation des charges permanentes ne pose aucune difficulté particulière sauf qu’il faut veiller :
— à faire une revue exhaustive de toutes les superstructures et équipements ;
— à prévoir des marges sur les poids des équipements si ceux-ci ne sont pas connus avec certitude au
moment où les calculs démarrent ;

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— à prévoir des marges sur les poids propres de structure afin de tenir compte des renforcements
ponctuels et des assemblages.
Actions variables d’exploitation
Elles comprennent :
a – les charges résultant du fonctionnement des équipements ;
b – les charges de produits stockés dans les bâtiments de stockage ;
c – les surcharges d’exploitation sur les planchers des bâtiments ;
d – les charges mobiles de ponts roulants.
Les charges variables de fonctionnement des équipements sont en général données par le cahier des
charges du client ou à défaut par les fournisseurs.
Les charges de produits stockés et les surcharges d’exploitation sur plancher peuvent être définies dans
le cahier des charges du client. À défaut, l’Eurocode 1-partie 2.1 fournit les éléments nécessaires pour
évaluer ces charges ; le Tableau 12 et Figure 3 donnent par exemple les surcharges à considérer.

 
Figure 3 Catégorie d'usage

 
Tableau 12 Les surcharges d'explotation
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La charge répartie qk est à appliquer sur les surfaces d’influence de la façon la plus défavorable pour
les différents composants de la structure. Pour certains bâtiments à plusieurs étages, des dégressions de
charges suivant le nombre d’étages peuvent être prises en compte si tous les planchers sont
simultanément chargés : le règlement en précise les modalités.
La charge concentrée Qk doit être prise en compte pour les vérifications locales et ne doit pas être
superposée à la charge répartie.
Elle doit être considérée comme agissant en tout point du plancher sur une surface carrée de 50 mm de
côté.
Le vent
D’après au cahier des prescriptions communes applicables au calcul des surcharges dues au vent,
Le Maroc est divisée en quatre régions plus ou moins ventées. Les paramètres à incorporer au calcul de
la charge surfacique exercée par le vent sont l’effet de site (site protégé, normal, exposé), l’effet de
masque, l’effet des dimensions. On distingue par la suite les actions exercées à l’extérieur du bâtiment,
puis les actions exercées de l’intérieur. La forme de la toiture, l’effet de rive, le fait que le bâtiment soit
ouvert ou fermé et le fait qu’il y ait des décrochements en élévation ou en plan influent également sur
la valeur à prendre en compte localement. Pour les formes complexes, on procède à des essais en
soufflerie avec des modèles réduits. Les résultats obtenus permettent de faire des extrapolations sur le
modèle réel.
Pour les bâtiments usuels, l’Eurocode 1-partie 2-4 définit la pression aérodynamique caractéristique
exercée par le vent sur les surfaces intérieure ou extérieure d’une façade par les relations suivantes :

avec pression dynamique moyenne de base,

ρ masse volumique de l’air, pris égal à 1,225 kg/m3,

Vref vitesse de référence donnée par la carte des zones de vent,

ce(ze) et ce(zi) coefficients d’exposition,

cpe et cpi coefficients de pression respectivement sur les parois extérieure et intérieure de la
façade considérée,

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ze et zi hauteurs de référence à considérer conformément à la norme pour le calcul des
coefficients d’exposition.

Le coefficient d’exposition ce(z) dépend de la topographie et de la rugosité du site de construction


ainsi que de la hauteur par rapport au sol z. La rugosité est d’autant plus forte qu’il y a des obstacles au
sol entraînant un ce(z) d’autant plus faible. Le Tableau 13 définit les différentes catégories de terrain
ainsi que les paramètres permettant d’évaluer ce(z).

La Figure 5 et le Tableau 14 définissent les valeurs et la distribution de cpe à considérer pour les parois
verticales d’un bâtiment à base rectangulaire. La norme donne deux valeurs de cpe, l’une cpe,1
s’appliquant à des parois de moins de 1 m2 et l’autre cpe,10 à des parois ayant une surface supérieure
ou égale à 10 m2. Pour des surfaces intermédiaires, la valeur de cpe est obtenue par interpolation
logarithmique entre les deux valeurs extrêmes précédentes.
Pour les bâtiments industriels courants, les valeurs de cpi à utiliser sont :
— cpi = + 0,8 pour les parois au vent,
— cpi = - 0,5 pour les parois sous le vent.

Figure 4 Zonage des vents au Maroc

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Cpe Pour les surfaces verticales

 
Tableau 13 Coefficient d’exposition ce(z) et catégories de terrain pour site plat (pente < 5 %)

 
Figure 5 Vent : légendes pour les parois verticales
 

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Tableau 14 Coefficient de pression extérieure pour les parois verticales de bâtiments à base
rectangulaire

Cpe pour les surfaces horizontales

 
Figure 6 Valeurs minimales de Cpe sur les toitures à 1 versant.

                                                                                             26                                                                            BALIL JAMA 
 
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Tableau 15 Coeffi cient Cpe de pression extérieure pour les différentes zones des toitures à 1
versant.
Cpi coefficient des pressions internes

Pour un bâtiment avec face dominante, c’est-`a-dire un bâtiment qui comporte une face dont l’aire des
ouvertures est supérieure à deux fois celles de toutes les autres faces,
 cpi = 0.75 · cpe si l’aire des ouvertures de la face dominante est le double des autres ouvertures
 cpi = 0.9 · cpe si elle est le triple.
 Dans la plupart des cas (pour un bâtiment classique), sans connaissance précise de la répartition
des ouvertures, on adoptera les deux valeurs extrêmes cpi = +0.2 (surpression) et cpi = −0.3
(dépression).
 

2) COMBINAISONS DE CALCUL

Les situations les plus critiques se répartissent en deux groupes :


— les états limites ultimes ELU associés à un effondrement ou à d’autres formes de défaillance
structurelle pouvant mettre en danger la sécurité des personnes ;
— les états limites de service ELS associés à des exigences d’aptitude au service.
Les états limites ultimes des structures métalliques comprennent :
— la perte d’équilibre statique ;
— la ruine par déformation excessive de l’ouvrage ;
— l’instabilité d’une partie ou de la totalité de la structure ;
— la ruine par fatigue.
Les combinaisons d’action sont :
- Avec une action variable : 1.35Gmax+Gmin+1.5Q
Avec Gmax : action permanente défavorable
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Gmin : action permanente favorable
Q :Action variable défavorable
- Avec plusieurs actions variables : 1.35Gmax+Gmin+1.35∑
Les états limites de services concernent :
— les déformations ou les flèches pouvant affecter l’exploitation efficace de la construction ou
provoquer des dommages aux finitions ou autres éléments non structuraux ;
— les vibrations pouvant incommoder les occupants, endommager le bâtiment ou limiter son efficacité
fonctionnelle. Les combinaisons d’action sont :
- Avec une action variable : G+Q
- Avec plusieurs actions variables : G+0.9∑
Résistances de calcul
L’analyse globale d’une structure soumise à une combinaison d’actions se traduit par un effet Ed
(effort normal, moment de flexion, déformée, etc.). L’exigence de performance ou de non-ruine est
respectée lorsque :

Avec Rd résistance de calcul pour le mode de ruine considéré ou le niveau de performance


spécifié.
Dans le cas des ELU :
avec Rk valeur caractéristique de la résistance considérée,
γM coefficient partiel de sécurité applicable à la résistance caractéristique du matériau.

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Tableau 16 Valeurs des coefficients partiels de sécurité

3) Les liaisons entre éléments

Une partie d’une structure donnée est toujours reliée avec un ou plusieurs autres éléments, que ce soit
une autre partie de la structure ou le sol. Les conditions de liaison (ou d’appui) définissent les
mouvements bloqués et par là même les réactions qui peuvent apparaître. Il y a six degrés de liberté
pour une extrémité de barre dans l’espace : trois degrés de translation et trois degrés de rotation. Dans
le plan, il y a trois degrés de liberté, deux de translation et une de rotation.

Parmi les nombreux types de liaison entre les éléments constructifs, on peut distinguer trois grandes
familles.

L’appui simple

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Ce type d’appui bloque une translation suivant une direction et n’admet donc que des charges suivant
cette direction. Le cas le plus classique est la poutre ou le poteau qui repose sur une maçonnerie avec
interposition d’une semelle ou d’un sommier de répartition. L’appui peut comporter une possibilité de
glissement pour prendre en compte la dilatation (tels que des rouleaux). Ce type d’appui est
couramment utilisé dans les ponts de grande portée.

L’articulation ou la rotule

Dans le plan, l’articulation bloque les deux translations possibles et autorise la rotation. L’élément peut
pivoter autour d’un axe. L’articulation exerce donc une force de réaction qui est composante de deux
vecteurs parallèles aux deux translations bloquées. Dans l’espace, la rotule cylindrique permet une
rotation autour d’un seul axe, les cinq autres degrés de liberté sont bloqués.

La rotule sphérique quant à elle permet les trois rotations, les trois translations étant bloquées. Elle est
peu utilisée.

L’articulation simplifie le calcul des structures car elle empêche la transmission des moments de
flexion (valeur nulle du moment à l’articulation), facilite leur montage et permet aux structures de
mieux prendre en compte les petits mouvements (dilatations, tassements différentiels…).

On classe dans la catégorie des articulations les appuis de poteaux de faible section comportant une
semelle et deux boulons de scellement.

L’encastrement

L’encastrement que l’on appelle aussi « noeud rigide » interdit tout mouvement de translation ou de
rotation au point d’appui.

Une liaison par encastrement rend solidaire les éléments. Elle est plus efficace mais introduit des
contraintes supplémentaires à prendre en compte. C’est le cas d’une poutre métallique scellée dans un
massif en maçonnerie ou des assemblages par boulons (au moins quatre) ou soudures.

4) Les assemblages

Généralement dans la construction métallique deux modes d’exécution sont principalement utilisés
pour réaliser les assemblages : l’assemblage par boulons et le soudage.
Les assemblages réalisés en atelier sont presque toujours soudés.
Sur site, lors du montage, le soudage est parfois utilisé mais il impose de :
— disposer de soudeurs qualifiés ;

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— de mettre en place des plates-formes à différentes hauteurs de façon à permettre l’exécution correcte
des soudures et les contrôles correspondants ;
— de protéger la réalisation des soudures contre les intempéries ;
— de préchauffer certains aciers, nécessaire pour des aciers de type S 355 ;
— de disposer d’une source d’énergie pour le préchauffage et les soudures.
Les assemblages boulonnés sont préférés au montage parce que l’exécution est plus rapide et ne
nécessite pas un personnel qualifié.
En contrepartie, il faut savoir que les structures boulonnées sont plus lourdes que les structures
équivalentes soudées ; ce poids supplémentaire est de l’ordre de 10 % et correspond aux platines,
éclisses et raidisseurs qu’il faut rajouter pour réaliser des attaches conformes aux règles de l’art.

a) Assemblages soudés
Définition
Une soudure d’angle réunit deux surfaces faisant entre elles un angle dièdre ; l’assemblage est dit en T
lorsque les directions des épaisseurs des pièces assemblées sont perpendiculaires (Figure 7 a) et à clin
lorsque ces épaisseurs sont parallèles (Figure 7 b).

 
Figure 7 Type de soudure d’angle

Figure 8 Définition de la gorge a d’une soudure d’angle

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Figure 9 Retours d’extrémité des soudures d’angle


Une soudure d’angle est caractérisée par l’épaisseur utile ou gorge a et la longueur utile du cordon L.
La gorge a est égale à la hauteur mesurée à partir de la racine du plus grand triangle inscrit entre les
faces à souder et la surface de la soudure (Figure 8).
Sans précaution particulière aux extrémités du cordon, la longueur utile est égale à la longueur totale
diminuée de deux fois la gorge a pour tenir compte des zones d’amorçage et des cratères d’extrémité.
Il n’y a pas lieu d’appliquer cette réduction de 2a si les soudures contournent les extrémités sans
interruption en gardant leur dimension sur une longueur égale à deux fois le pied de cordon comme
indiqué sur la figure Figure 9.
Dispositions constructives
Une soudure d’angle n’est apte à transmettre des efforts que si l’angle dièdre est compris entre 60° et
120°.
Les soudures d’angle peuvent être continues ou discontinues mais les soudures d’angle discontinues
sont à proscrire pour des constructions en ambiance corrosive comme les ouvrages en mer, les usines
chimiques, etc.
La gorge d’une soudure d’angle ne doit pas être inférieure à 3 mm.
b) Assemblages boulonnés
Catégories d’assemblages et critères
L’EC3 distingue cinq catégories d’assemblages boulonnés suivant :
— le mode de fonctionnement : par boulons précontraints résistant au cisaillement par frottement ou
par boulons résistant au cisaillement par pression diamétrale ;
— le type d’effort à transmettre : cisaillement ou traction.

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Tableau 17 Catégories d’assemblages boulonnés


Le Tableau 17 récapitule les principales caractéristiques ainsi que les critères de résistance
correspondant à chacune des catégories.
N’importe laquelle des cinq catégories peut être utilisée pour réaliser un assemblage d’éléments
tendus. Nous n’examinerons cependant en détail ici que les assemblages de la catégorie A et D
utilisant des boulons non précontraints. Les résistances de calcul des boulons pour les assemblages des
catégories A et D sont définies dans le Tableau 18.
Les résistances à la traction fub des différentes classes de boulons sont données dans le Tableau 19. Le
Tableau 20 donne, pour les diamètres des boulons usuels, les valeurs des aires des sections filetées
AS et brute A.
Les boulons soumis simultanément à des efforts de cisaillement et de traction doivent satisfaire à la
fois les critères des catégories A et D du tableau 3 ainsi que la condition supplémentaire suivante :

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Tableau 18 Résistance de calcul des boulons non précontraints

Tableau 19 Valeurs de la limite d’élasticité fyb et de la résistance à la traction fub des boulons
 
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Tableau 20 Aires des sections filetées et non filetées des boulons


La résistance au cisaillement Fv,Rd doit être minorée par un coefficient βLf si la distance Lj entre les
centres des éléments d’attache situés aux extrémités, mesurée dans la direction de transmission des
efforts (Error! Reference source not found.) est supérieure à 15 d, d étant le diamètre nominal des
boulons.

Figure 10 Coefficient minorateur pour assemblages longs

Dispositions constructives
Dans un assemblage boulonné quelconque, les trous de boulons sont positionnés par les pinces ei et les
entre-axes pi comme illustré sur la Figure 11. On rappelle qu’une pince désigne la distance entre le
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centre d’un trou de fixation et le bord de la pièce. La pince est dite longitudinale lorsque la distance est
mesurée dans la direction de l’effort et transversale si la distance est mesurée dans la direction
perpendiculaire. L’entraxe est la distance entre trous de fixation adjacents dans la direction considérée.
Les valeurs à donner aux pinces e1 et e2 et aux entraxes p1 et p2 doivent être comprises entre des
valeurs minimales qui ont pour but de prémunir l’assemblage contre le risque de déchirure des tôles
assemblées et des valeurs maximales qui permettent d’éviter la corrosion ou le voilement local.
En règle générale, les trous de fixation d’un assemblage doivent vérifier :

avec d0 diamètre du trou,


t épaisseur du plat le plus mince située sur l’extérieur.
Les trous normalisés pour les boulons des catégories A et D doivent être réalisés avec les tolérances
suivantes :
— 1 mm pour les boulons M12 et M14 ;
— 2 mm pour les boulons M16 à M24 ;
— 3 mm pour les boulons M27 et au-delà.

Figure 11 Positionnement des trous pour boulons


5) Les types de liaison

On distingue plusieurs types de liaison, suivant les éléments reliés :


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– appui au sol d’un poteau ;

– liaison poteau-poteau ;

– liaison poteau-poutre ;

– liaison poutre-poutre ;

Appui au sol d’un poteau

Pied de poteau articulé

La mise en oeuvre la plus courante consiste à souder une platine à l’extrémité du poteau. Elle est
traversée par deux tiges d’ancrage et repose sur l’élément de fondation en béton. Même si la liaison
semble rigide, elle fonctionne en fait comme une articulation

Il est quelquefois nécessaire de souder sous la platine un tronçon de profilé appelé « bêche » pour
transmettre l’effort horizontal au massif de fondation.

Pied de poteau encastré

La platine soudée à l’extrémité du poteau est traversée par quatre tiges ancrées dans le béton. Afin que
les contraintes soient admissibles et les déformations faibles pour un encastrement, il est nécessaire de
choisir des platines épaisses ou des platines minces mais raidies

Liaison poteau-poteau

Les joints de montage permettent de réaliser le raccordement de différentes parties d’un même poteau
(par soudure, par éclisses ou par platines). Il peut y avoir continuité et modification des formes en
même temps.

Liaison poteau-poutre

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Assemblages par appui simple

Ce type de liaison est par exemple mis en oeuvre à un joint de dilatation. La poutre prend appui sur le
poteau, mais elle conserve un mouvement libre horizontal

Assemblage articulé

L’attache d’une poutre sur un poteau est considérée comme articulée quand la flexibilité des cornières
de liaison autorise de faibles rotations. La poutre est assemblée au poteau au niveau de son âme. De
cette manière, les semelles supérieures et inférieures de la poutre sont libérées et ne transmettent pas
d’effort couplé de traction et de compression, et par conséquent pas de flexion

Assemblage par encastrement

Dans le cas de continuité de poutres ou de poteaux, la liaison est complètement rigide. L’encastrement
poteau-poutre peut se faire par soudure directe.

                                                                                             38                                                                            BALIL JAMA 
 
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On renforce ainsi la fixation. Sinon on utilise une platine et on boulonne les pièces, au niveau des
semelles en particulier.

Aux angles des portiques, les poutres sont considérées comme encastrées sur le poteau. L’assemblage
reconstitue la continuité du portique.

Liaison poutre-poutre

La liaison peut être articulée ou encastrée L’articulation au faîtage de deux demi-portiques est un cas
fréquent dans les halles à rez-de-chaussée. Dans le cas des noeuds rigides de portique, la liaison de la
poutre au poteau peut s’effectuer en retrait de l’intersection des lignes d’épures géométriques pour des
raisons techniques ou architecturales.

IV. Dimensionnement
1) Justification des éléments à la traction
a) Définitions

Un composant est dit tendu ou en traction pure lorsque ses extrémités sont soumises à des efforts qui
imposent un allongement uniforme à toutes les fibres du composant.

La contrainte σ en un point quelconque de la section droite est constante et est donnée par la relation :

Avec N effort de traction,


A aire de la section droite de l’élément.
Dans le domaine élastique, la déformation ε d’une fibre quelconque est reliée à la contrainte par la loi
de Hooke :
σ=Eε
Avec E module d’Young.

Pour les aciers de construction courants, E = 210 000 N/mm2.

On en déduit l’allongement dL d’une fibre quelconque par la relation :

                                                                                             39                                                                            BALIL JAMA 
 
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Avec L longueur de l’élément.

Le composant tendu est l’élément de structure métallique le plus simple et le plus efficace car il ne
pose aucun problème d’instabilité de forme. Il est présent dans presque toutes les ossatures
métalliques.
Dans les poutres en treillis, une des membrures et certaines diagonales sont toujours des éléments
tendus (Figure 12).

 
Figure 12 Poutre en treillis
Certaines diagonales de système de contreventement peuvent être des composants tendus comme
illustré sur la Figure 13.

 
Figure 13 Contreventement
On le retrouve par ailleurs sous différentes dénominations : suspentes, pendarts, aiguilles, poinçons,
tirants, haubans.
Les suspentes désignent généralement des éléments tendus verticaux.
                                                                                             40                                                                            BALIL JAMA 
 
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Ils servent à transmettre les charges de tablier aux câbles porteurs des ponts suspendus (Figure 14) ou
aux arcs des ponts de type bow-string (Figure 15).

 
Figure 14Pont suspendue

 
Figure 15 : pont bow string

Figure 16 Plancher repris par des suspentes


 

Les éléments tendus inclinés ou horizontaux sont appelés tirants lorsqu’ils servent d’appuis à des
poutres ou des planchers de bâtiment en porte-à-faux (Figure 16)

b) Comportement

                                                                                             41                                                                            BALIL JAMA 
 
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La ruine ou la défaillance d’un élément tendu peut avoir lieu dans la zone courante ou dans la zone
d’assemblage.

La défaillance dans la zone courante est due aux allongements excessifs résultant de la plastification
des sections. En effet, en faisant croître progressivement l’effort de traction appliqué à l’élément, les
contraintes dans les sections courantes atteignent la limite élastique et les sections se mettent à
plastifier. Dans le domaine plastique, les déformations des fibres augmentent de façon de plus en plus
significative pour un accroissement donné de l’effort appliqué (Figure 17). L’allongement de l’élément
devient rapidement incompatible avec la géométrie de l’élément ou de la fonction de l’ouvrage.

 
Figure 17 Diagramme contrainte -déformation

Les phénomènes pouvant concourir à une défaillance dans les zones d’assemblages comprennent :
 pour les assemblages boulonnés, la rupture des sections comportant les trous de boulons. La
résistance à la rupture des sections dans la zone d’assemblage doit être évaluée à partir de l’aire
de la section nette la plus petite, obtenue généralement en déduisant l’aire des trous de l’aire de
la section courante. La plastification complète de la section nette n’est pas considérée comme
un seuil de ruine car l’on suppose que la zone de sections réduites par les trous est relativement
petite pour affecter l’allongement global de l’élément. Typiquement, seule la rupture de la
section est à vérifier si la longueur de la zone d’assemblage est inférieure ou égale à la plus
grande dimension transversale de l’élément ; les assemblages courants remplissent cette
                                                                                             42                                                                            BALIL JAMA 
 
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condition. L’état de contraintes dans les sections nettes dépend des concentrations de contrainte
autour des trous et de l’existence de contraintes résiduelles. Dans le cas usuel des bâtiments
non soumis à des efforts de fatigue (sollicitations cycliques en grand nombre), on considère que
la ductilité du matériau est suffisante pour que ces paramètres n’affectent pas le calcul de la
limite à la rupture des sections nettes ;
 les excentricités dans la transmission des efforts au niveau des assemblages comme celle
indiquées sur la Figure 18 qui induisent des moments secondaires pouvant entraîner la ruine
d’une attache si ces moments sont importants et n’ont pas été pris en compte lors du calcul des
assemblages. La meilleure façon d’éviter ce problème est de concevoir des attaches sans
excentricité ou avec des excentricités réduites au minimum. Dans les cas où les excentricités ne
peuvent être évitées, il faut tenir compte des moments secondaires dans les calculs des
assemblages ;

 
Figure 18 Exemples d’excentrements d’efforts au niveau
 dans les zones d’assemblage, il n’est pas toujours possible d’attacher toute la section de
l’élément tendu comme c’est le cas des cornières attachées par une seule aile (Figure 18 et
Figure 19). Il en résulte une modification de la répartition des contraintes normales dans la
section du fait du « traînage de cisaillement ». La solution est d’en tenir compte dans les calculs
des assemblages ou d’adopter des dispositions qui en minimisent l’impact.

                                                                                             43                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 19 Cornière attachée par soudure


 

c) profilés
Les critères de dimensionnement de l’EC3 concernent naturellement la prévention des modes de ruine
qui viennent d’être évoqués.
Suivant la clause 5.4.3 de l’EC3 , la valeur de calcul de l’effort de traction NSd dans l’élément doit
vérifier :

Avec
 Npl est la résistance plastique de calcul de la section brute ou section courante :

A aire de la section brute,


fy limite élastique du matériau,
δM0=1.1 coefficient partiel de sécurité de matériau,

 Nu est la résistance ultime de calcul de la section nette au droit des trous de fixation :

avec fu limite à la rupture du matériau ou résistance à la traction minimale


spécifiée,
δM2=1.25 coefficient partiel de sécurité à appliquer dans les sections

                                                                                             44                                                                            BALIL JAMA 
 
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nettes,
Anet aire de la section nette au droit des trous de fixation.
Dans le cas général où les trous sont disposés par rangées perpendiculaires à la direction de l’effort de
traction (Figure 20), l’aire nette est égale à l’aire brute diminuée des aires prises par les trous :

Anet = A – n*d*t

avec n nombre de trous dans la section considérée,


d diamètre des trous,
t épaisseur de la tôle.

Figure 20 Trous disposés en rangées perpendiculaires à l’effort

Figure 21 Trous disposés en quinconce


Dans le cas où les trous sont disposés en quinconce comme sur la Figure 21, il faut envisager différentes
lignes de rupture, calculer pour chaque ligne de rupture l’aire de la section nette correspondante et
retenir la valeur la plus petite pour les calculs de résistance.

                                                                                             45                                                                            BALIL JAMA 
 
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Pour une ligne de rupture brisée quelconque, la section nette est évaluée par la relation :

Avec s et p définis sur la Figure 21


. Nnet est requis pour les assemblages boulonnés devant résister au glissement à l’état limite
ultime (assemblages de catégorie C suivant la classification de l’EC3, § 6.5.3.1).

Cas des cornières

Les effets de « traînage de cisaillement » et d’excentricités dans les attaches usuelles de cornières
assemblées par une seule aile sont prises en compte de la manière suivante.
L’effort de calcul demeure uniquement l’effort de traction Nsd : il n’y a pas de calcul de moment
secondaire.

Figure 22 Assemblage de cornières par boulons

En revanche, la résistance Nu,Rd est modifiée comme suit (Figure 22) :


— pour une attache avec un seul boulon,
                                                                                             46                                                                            BALIL JAMA 
 
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— pour une attache avec deux boulons,

— pour une attache avec trois boulons ou plus,

Où β2 et β3 sont des coefficients minorateurs donnés dans le tableau en fonction de l’entraxe p1 des
trous. Une interpolation linéaire est à effectuer pour des valeurs intermédiaires de p1

Tableau 21 Coefficients minorateurs β2 ;β3


.

La bonne conception exclut toute rupture d’assemblage avant plastification de la section courante de
l’élément. Il convient alors de s’assurer que :

d) ASSEMBLAGES

L’assemblage idéal d’un élément tendu doit être de type articulé, c’est-à-dire qu’il doit être conçu de
façon à ne pas développer des moments significatifs susceptibles d’affecter défavorablement les
différents composants qui y convergent. Ces moments indésirables, encore appelés moments
secondaires, proviennent :
— d’une part des rigidités à la flexion non nulles de l’attache et des barres qui y convergent ;
— d’autre part, des divers excentrements possibles des efforts au niveau de l’attache (plans moyens
des différentes barres non confondus, efforts non épurés, etc.).

                                                                                             47                                                                            BALIL JAMA 
 
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Une estimation des moments secondaires dus à la rigidité en flexion des barres peut être obtenue
directement par l’analyse globale de la structure en supposant que les barres sont encastrées les unes
sur les autres au niveau de l’attache. Pour les treillis ou des systèmes de contreventement utilisant des
profils ouverts, on continuera à faire l’hypothèse d’articulation et on considérera que les moments

secondaires dus à la rigidité en flexion sont négligeables si les rigidités des barres ( I étant
l’inertie la plus faible de la section et l la longueur de la barre) ne dépassent pas 0,30 cm3 sinon on
tiendra compte de ces moments en majorant de 10 % les efforts principaux dans les barres .
Hormis les cas des cornières attachées par une seule aile et dont les résistances peuvent être
déterminées de façon forfaitaire par les relations précitées, les moments secondaires dus aux
excentrements divers doivent être évalués localement sur le dessin de l’attache et pris en considération
dans la vérification de l’assemblage.
Les moments secondaires résultants doivent être répartis dans les différentes barres de l’assemblage au
prorata des rigidités des barres.

Assemblages soudés

Une soudure d’angle a une résistance suffisante si en tout point, la relation suivante est vérifiée :

avec Fw,Sd résultante des efforts de calcul par unité de longueur de soudure,
Fw,Rd résistance de calcul par unité de longueur de soudure.

avec a gorge du cordon de soudure,


fvw · d résistance de calcul de la soudure au cisaillement, donnée par l’expression :

avec fu valeur nominale de la résistance ultime en traction de la plus faible des parties assemblées,
βw facteur de corrélation dépendant de fu.

                                                                                             48                                                                            BALIL JAMA 
 
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Tableau 22 Caractéristiques pour le calcul de la résistance d’une soudure d’angle au cisaillement


Le Tableau 22 donne les valeurs de βw, fu et γMw pour les aciers usuels.

Pour les soudures à clin de longueur utile Lj supérieure à 150a, βLw est donnée par l’expression :

Pour tous les autres cas βLw est égal à 1.

Assemblages boulonnés
Dans les cas où l’effort de traction est transmis à travers un assemblage constitué de semelles flexibles
comme sur la Figure 23, les déformations de celle-ci créent un effort additionnel Q appelé force de
levier qui vient s’ajouter à l’effort nominal dans les boulons.
L’effet levier est négligeable pour des platines épaisses ou des platines munies de raidisseurs. Dans le
cas général, la capacité des assemblages en T prenant en compte l’effet levier peut être évaluée suivant
le paragraphe 3.3 de l’annexe J de l’EC3. Les caractéristiques de ce type d’assemblage étant définies
sur la figure 24.

                                                                                             49                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 23 Effet levier


La résistance de calcul Nt,Rd est donnée par la plus petite des valeurs correspondant aux trois modes
de ruine indiquées sur la Figure 25:

avec

Bt,Rd résistance de calcul à la traction d’un boulon unique (Ft,Rd Error! Reference source not
found.), n = inf (emin, 1,5 m), emin, m et étant définis sur la Figure 24.

                                                                                             50                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 24 Dimensions d’un tronçon d’assemblage en T


 

                                                                                             51                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 25 Modes de ruine de la semelle d’un tronçon d’assemblage en T


e) Structures à câbles

Les câbles sont utilisés lorsqu’il faut transmettre des efforts de traction très importants à travers les
sections les plus réduites possibles.
Les câbles sont constitués de fils d’acier à très haute résistance avec des limites à la rupture variant
entre 1 600 MPa et 1 900 MPa, et des modules d’élasticité qui varie selon la technologie de fabrication
du câble (Tableau 23).

                                                                                             52                                                                            BALIL JAMA 
 
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Tableau 23 Module d’élasticité efficace et coefficient

Les câbles présentent la particularité de n’avoir pratiquement aucune rigidité à la flexion ou à la


compression, ce qui exige qu’ils soient toujours tendus pour remplir leur fonction dans une structure.
Un câble n’est droit que s’il est vertical. Incliné, il prend la forme connue de la chaînette.

En pratique, pour les analyses élastiques au premier ordre, le câble est modélisé comme une barre
confondue avec la corde du câble et dont le module d’Young correspond au module tangent ou module
d’élasticité efficace E du câble donné par l’expression suivante :

avec
ρ densité efficace du câble, c’est-à-dire le poids brut par unité de divisé par Anet
L portée horizontale du câble,
σ contrainte de traction dans le câble, sous l’effet du chargement considéré,
E0 module d’élasticité de l’acier du câble.

En section courante, suivant l’Eurocode 3-partie 2 l’effort de calcul maximal NSd résultant des
combinaisons d’états limites ultimes doit vérifier :
                                                                                             53                                                                            BALIL JAMA 
 
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avec

Anet section transversale résistante nette d’acier,

Fu résistance caractéristique des fils constituant le câble, prise égale à la valeur


nominale spécifiée de la contrainte de rupture,

Βc (Tableau 23) coefficient minorateur qui rend compte des contraintes existantes entre
les fils du câble,

σM coefficient partiel de sécurité, pris égal à 1,8.

2) Justification des éléments à la compression


a) Définitions

Un composant est dit comprimé ou en compression pure lorsque ses extrémités sont soumises à des
efforts qui imposent un rétrécissement uniforme à toutes ses fibres. Dans une section quelconque, la
résultante des efforts se réduit à un effort normal appliqué au centre de gravité de la section et dirigé
vers l’intérieur de l’élément
Différents constituants fondamentaux des ossatures métalliques sont des composants comprimés : les
poteaux de bâtiment, les membrures comprimées de treillis (Figure 12), certaines diagonales des
systèmes de contreventement (Figure 13), les arcs de pont bowstring (Figure 15). Des appellations
spécifiques désignent parfois certains composants comprimés : bracon, jambe de force ou contrefiche
pour une barre inclinée servant d’appui à une poutre (Figure 26), chandelle, étai ou béquille pour des
poteaux secondaires généralement articulés à leurs deux extrémités (Figure 27).

                                                                                             54                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 26 Bracon ou contrefiche

Figure 27 Poteau secondaire, étai, béquille ou chandelle


b) Comportement

Les modes de ruine d’un composant comprimé comprennent :


— la plastification complète de la section courante ;
— le voilement local des parois de la section ;
— le flambement du composant.
La plastification complète de la section courante entraîne des déformations importantes pour tout effort
supérieur au seuil de plastification. C’est un mode de ruine que l’on peut rencontrer sur des pièces très
courtes ou massives. Dans la plupart des cas, les composants comprimés atteignent leurs seuils
d’instabilité par voilement local ou flambement d’ensemble avant le seuil de plastification.

c) Flambement

-Cas théorique

                                                                                             55                                                                            BALIL JAMA 
 
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Le flambement est le mode de ruine prépondérant et le plus dangereux des composants comprimés. Il
se traduit par une déformation de flexion brutale du composant à partir d’un niveau donné de l’effort
de compression.

Figure 28 Modèle d’Euler


La charge critique d’Euler pour un composant comprimé, articulé aux deux extrémités (Figure 28) est
donnée par l’expression :

avec E module d’Young,


I moment d’inertie de la section de l’élément pour le plan de flambement
considéré,
l longueur de l’élément.

K est un coefficient permettant de définir une longueur de flambement


équivalente à celle d’une poutre simplement appuyée.

La contrainte critique d’Euler peut s’écrire

                                                                                             56                                                                            BALIL JAMA 
 
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avec Rayon de giration de la section pour le plan de flambement considéré,

Élancement de l’élément.

Tableau 24 Valeurs de K pour le calcul de la longueur de flambement


le Tableau 26 permet de choisir la courbe de flambement appropriée ;

désigne la contrainte critique d’Euler réduite et   l’élancement réduit du composant 
dans le plan de flambement  considéré. 

 
Tableau 25 Facteurs d’imperfection

                                                                                             57                                                                            BALIL JAMA 
 
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La section d’un profilé ayant deux plans de flambement possibles, χ doit être déterminé pour chacun
des deux plans et la valeur la plus faible des deux sera retenue pour le dimensionnement de l’élément.

                                                                                             58                                                                            BALIL JAMA 
 
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Tableau 26 Choix de la courbe de flambement correspondant à une section

                                                                                             59                                                                            BALIL JAMA 
 
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Cas des poteaux d’ossatures de bâtiment
La méthode décrite dans l’annexe E de l’EC3 permet une détermination plus précise de la longueur de
flambement pour les poteaux d’ossatures de bâtiment car elle permet de tenir compte de la raideur
réelle en rotation des nœuds. La procédure est la suivante :
— un élément de poteau, situé entre deux niveaux du bâtiment, est schématisé comme sur la Figure 29;
— à chaque noeud, est défini un facteur de distribution η :
 

 
Figure 29 Schématisation des tronçons de poteau continu

• au noeud 1

• au noeud 2

Avec rigidité du tronçon de poteau considéré , I étant le moment d’inertie


correspondant au plan de flambement considéré,

                                                                                             60                                                                            BALIL JAMA 
 
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Rigidités des tronçons de poteau adjacents,

Rigidités effectives des poutres ; ces rigidités peuvent être déterminées à partir du
Tableau 27 lorsque les poutres ne sont pas soumises à des efforts axiaux et que les poutres restent
élastiques sous les moments de calcul.

 
Tableau 27 Rigidité effective d’une poutre

— mode d’instabilité à noeuds fixes

— mode d’instabilité à noeuds déplaçables

d) Voilement local

Définition
Le voilement local des parois d’une section est un phénomène d’instabilité géométrique analogue dans
son principe à celui du flambement : à partir d’un certain niveau de contrainte, une paroi de la section
fléchit brutalement. À la différence du flambement, cette instabilité n’affecte qu’une petite partie de
l’élément comme le montre la Figure 28.

                                                                                             61                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 30 Voilement local de semelle

Il existe une contrainte critique au-delà de laquelle se produit le voilement. Cette contrainte critique
dépend du rapport largeur sur épaisseur de la paroi b/t, assimilable à un élancement.

L’EC 3 fournit des critères sur l’élancement permettant de classer les sections. Pour les sections de
classe 1, 2 et 3, le risque de voilement local ne gouverne pas le dimensionnement, c’est-à-dire que la
contrainte critique de voilement pour ces sections est nettement supérieure à la limite élastique du
matériau.
Pour les sections de classe 4, le voilement local peut se produire pour des contraintes critiques
inférieures à la limite élastique ; il intervient par conséquent dans le dimensionnement. L’approche de
l’EC 3 consiste :
— à déterminer une section dite efficace avec des caractéristiques réduites par rapport à la section
réelle ou brute ;
— à appliquer ensuite à cette section efficace, les critères de dimensionnement valables pour les
sections de classe 3.
La section efficace est obtenue en calculant la largeur efficace de chaque paroi constituant la section
brute.

                                                                                             62                                                                            BALIL JAMA 
 
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Figure 31 Voilement de plaque et largeur efficace beff

La distribution des contraintes dans une section passant au milieu de la plaque demeure uniforme tant
que la contrainte de compression demeure inférieure à la contrainte critique (Figure 31a). En
augmentant la contrainte de compression au-delà de la contrainte critique, on observe la formation
d’une cloque au milieu de la plaque et une distribution de contraintes analogue à celle de la Figure 31 b.
Tout se passe comme si, la partie résistante reprenant les efforts appliqués se situe près des bords
d’appui et que la zone centrale ne participe quasiment pas.
                                                                                             63                                                                            BALIL JAMA 
 
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La largeur efficace de la partie résistante résulte d’une idéalisation de la distribution de la Figure 31b :
la contrainte σmax est supposée distribuée uniformément dans la largeur efficace comme illustré sur la
Figure 31c.
Calcul section efficace
En introduisant l’élancement
réduit :

avec ε = , E et ν étant remplacés par leurs valeurs pour l’acier, fy étant exprimée en N/mm2,

et  b largeur de la paroi considérée (Figure 32 ).

Figure 32 Définition de pour quelques sections usuelles


Le coefficient de réduction de la largeur réelle de la paroi s’obtient par la relation :
-Pour les parois comprimées internes

-Pour les parois comprimées en console


                                                                                             64                                                                            BALIL JAMA 
 
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Avec ψ est le rapport de contraintes

Pour les parois de semelles des sections en I et des sections fermées, il convient que le rapport de
contraintes ψ utilisé dans le Tableau 28 ou dans le Tableau 29 soit basé sur les propriétés de l'aire de
section brute, en tenant compte du traînage de cisaillement dans les semelles le cas échéant. Pour les
éléments constitutifs des âmes, il convient de déterminer le rapport de contraintes ψ utilisé dans le
Tableau 28 en ayant recours à une répartition des contraintes obtenue avec l'aire efficace de la semelle
comprimée et l'aire brute de l'âme.

 
Tableau 28 Détermination de Kσ et ρ pour parois internes comprimées

                                                                                             65                                                                            BALIL JAMA 
 
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Tableau 29 Détermination de K_σ et ρ pour parois comprimées en console

Calcul
Pour dimensionner un élément comprimé, il faut faire le choix d’une section et des conditions aux
limites de l’élément, déterminer la valeur de calcul de l’effort de compression NSd et vérifier que :

La résistance de calcul d’un composant comprimé NRd dépend de l’élancement réduit et de la classe
de la section retenue. Selon l’EC3 quatre cas peuvent se présenter.

Cas 1 : et section transversale de classe 1 ou 2 ou 3

                                                                                             66                                                                            BALIL JAMA 
 
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Il n’y a ni risque de flambement, ni risque de voilement local. Toute la capacité de résistance élastique
de la section peut être utilisée. La résistance de calcul de la section est donnée par le seuil de
plastification :

Avec A aire de la section brute,


Fy limite élastique du matériau,
γM0 coefficient partiel de sécurité du matériau = 1,1

Cas 2 : et section transversale de classe 4


Il n’y a pas de risque de flambement simple mais risque de voilement local. Il en résulte que :

avec
Aeff aire efficace de la section déterminée selon le paragraphe 5.3.5 de l’EC3-DAN,
Fy limite élastique du matériau,
γM1 coefficient partiel de sécurité de résistance dessections de classe 4 = 1,1.

Cas 3 : et section transversale de classe 1 ou 2 ou 3


Il n’y a pas de risque de voilement local mais risque de flambement simple. La résistance de calcul de
la section est alors donnée par la relation :

Avec χ coefficient de réduction


γM1 coefficient partiel de sécurité de résistance des éléments aux instabilités = 1,1.

Cas 4 : et section transversale de classe 4


Il y a à la fois risque de voilement local et risque de flambement simple et :

                                                                                             67                                                                            BALIL JAMA 
 
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Avec χ coefficient de réduction


γM1 coefficient partiel de sécurité de résistance des éléments aux instabilités = 1,1.

Il convient de noter qu’il n’y a pas lieu de déduire les trous de fixation dans les composants comprimés
sauf si les boulons ne remplissent pas les trous normaux des éléments en compression.

3) Justification des éléments à la flexion


a) Définitions

Le composant fléchi fondamental est aussi appelé « poutre ».

 
Figure 33 POUTRE EN FLEXION
C’est typiquement un élément de structure unidirectionnel qui transmet vers des appuis des charges
transversales à sa fibre moyenne. La Figure 33 illustre le cas d’une poutre plane horizontale soumise à
des charges verticales situées dans son plan de symétrie. La poutre dans son ensemble est en équilibre
sous l’effet des forces externes appliquées et des réactions RA et RB aux appuis. De même, toute
partie de la poutre se trouve en équilibre avec toutefois des systèmes différents de forces.

L’étude des poutres planes consiste donc essentiellement à :


— déterminer les sollicitations d’effort tranchant et de moment fléchissant ;
— trouver les formes et dimensions permettant de résister de façon adéquate à ces efforts internes.
Le principe d’étude est identique pour une poutre quelconque dans l’espace sauf que les éléments de
réduction à déterminer sont au nombre de 6 et comprennent (Figure 34 ) :
— un effort normal Nx suivant Gx ;
— deux efforts tranchants Vy et Vz suivant respectivement les axes Gy et Gz ;
— deux moments fléchissants My et Mz autour respectivement des axes Gy et Gz ;

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— un moment de torsion T autour de l’axe Gx.
Les composants fléchis ou poutres représentent les éléments les plus répandus en construction
métallique. Dans un bâtiment métallique classique comme celui de la Figure 35, les composants fléchis
de l'ossature extérieure s’appellent pannes, fermes, empannons, lisses, poteaux.

 
Figure 34 Éléments de réduction dans une section de poutre

Figure 35 Composants fléchis dans un bâtiment métallique classique


b) Voilement local

Comme expliqué pour le voilement le cas de compression

c) Déversement

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Le déversement est un phénomène d’instabilité géométrique des poutres soumises à un moment de
flexion qui survient lorsque la partie comprimée ou l’aile de certaines sections ouvertes se dérobe
latéralement, entraînant la section dans un mouvement de translation horizontale et de rotation autour
du centre de cisaillement en plus de la translation verticale due aux charges appliquées.
La résistance au déversement dépend donc de la rigidité à la flexion latérale EIz de la poutre et de la
rigidité en torsion de la section. De façon analogue au flambement ou au voilement local, il existe un
moment critique au-delà de laquelle la poutre déverse.
S.P. Timoshenko dans «La théorie de la stabilité élastique» a déterminé analytiquement le moment
critique de déversement pour une poutre simplement appuyée vis-à-vis de la flexion. Nous en
rappelons ci-après les principales étapes. Les hypothèses de base du modèle sont les suivantes :
— la rotation de torsion et le déplacement latéral sont empêchés aux extrémités ;
— un moment constant est appliqué aux extrémités (cas de flexion pure) ;
— la poutre est droite, de section doublement symétrique et constante sur toute sa longueur ;
— la poutre est sans imperfection géométrique initiale ni contrainte résiduelle ;
— la section est indéformable ;
— le matériau est élastique linéaire ;
— le moment d’inertie de flexion latérale Iz est très petit devant le moment d’inertie de flexion
verticale Iy;
— les déformations sont petites.

Figure 36 Schématisation d’une poutre déversée

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L’annexe F de l’EC 3 propose notamment une expression empirique générale du moment
critique de déversement pour une section transversale constante symétrique par rapport à l’axe de
faible inertie et pour une flexion suivant l’axe de forte inertie :

Avec k et kw facteurs de longueur effective,

K concernant la rotation d’extrémité dans le plan de chargement. Il est analogue au rapport


longueur de flambement sur longueur réelle d’un élément comprimé. Suivant les conditions aux
extrémités, on pourra utiliser les valeurs de la Figure 37,

Kw concernant le gauchissement d’extrémité. Sauf dispositions particulières prises pour


empêcher tout mouvement aux extrémités, on prendra kw= 1.

Figure 37 Facteur de longueur effective

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C1,C2,C3 sont des coefficients dépendants des conditions de chargement et d’encastrement ; les
Tableau 30 et Tableau 31 ci-après donnent des valeurs pour ces coefficients pour les configurations les
plus usuelles.

Tableau 30 Coefficients C1,C2 et C3pour différentes valeurs de k dans le cas de moments


d’extrémités

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Tableau 31 Coefficients C1 , C2 et C3 pour différentes valeurs de k, dans le cas de charges


transversales

Avec za coordonnée suivant z du point d’application de la charge,

zs coordonnée du centre de cisaillement.

Les conventions de signe à appliquer aux coordonnées sont les suivantes :

—zest positif pour la semelle comprimée comptée à partir du centre de gravité ;

— zj est positif lorsque la semelle avec la plus grande valeur de Iz est sollicitée en compression au
point de moment maximal ;

—zg est positif lorsque les charges agissent vers le centre de cisaillement à partir de leurs points
d’application.

Pour une section doublement symétrique, il convient de noter que zj= 0. Pour des sections simplement
symétriques à semelles inégales, l’annexe F de l’EC 3 donne des expressions approchées de zj qui
évitent des intégrations fastidieuses.

d) Méthodologie de calcul

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En conséquence, dans le cas général, le dimensionnement des poutres suivant l’EC 3 s’effectue par la
procédure suivante :

— calcul du moment critique de déversement ; Mcr doit être calculé avec les caractéristiques de la
section brute. Pour les sections de classe 4, le calcul de Mcr sera fait en considérant que la constante de
torsion uniforme K est nulle ;

— calcul du paramètre d’élancement réduit par la relation :

avec βw = 1 si la section est de classe 1 ou 2,

= Wel,y /Wpl,y si la section est de classe 3,

= Weff,y /Wpl,y si la section est de classe 4.

Si il n’est pas nécessaire de tenir compte du déversement.

Dans le cas contraire, il faut déterminer le coefficient de réduction χLT à appliquer à la capacité
plastique ou élastique de la section comme suit :

— calcul de

où le facteur d’imperfection pour le déversement αLT prend les valeurs :

αLT = 0,21 pour les profilés laminés,

= 0,49 pour les profilés reconstitués soudés

— calcul de

— le moment de flexion doit etre inférieur de

Il n’est pas nécessaire de vérifier la résistance au


déversement d’une poutre si sa semelle comprimée est tenue latéralement sur toute sa longueur. C’est
par exemple le cas des solives d’un plancher solidarisés à la dalle béton ou au platelage en tôles d’acier

e) Vérification à l’effort tranchant

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L’effort tranchant de calcul VSd dans chaque section doit vérifier la relation :

avec Vpl,Rd résistance de la section à l’effort tranchant,

Aw aire de cisaillement de la section ; sa valeur peut être déterminée pour les sections
courantes par les indications du Tableau 32,

fy limite élastique du matériau,

γM0=1.1 coefficient partiel de sécurité du matériau,

Cas 1 :

Le moment fléchissant de calcul MSd doit vérifier la relation :

avec Mcd = Wplfy / γM0 pour les sections de classe 1 et 2,

= Wel fy / γM0 pour les sections de classe 3,

= Weff fy / γM1 pour les sections de classe 4,

Wpl module plastique de la section,

Wel module élastique de la section,

Weff module élastique de la section efficace,

γM1=1.1 facteur partiel de sécurité pour la résistance des sections de classe 4

Cas 2 :

Le moment fléchissant de calcul MSd doit vérifier la relation :

Avec βw = 1 pour les sections de classe 1 et 2,

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= Wel,y /Wpl,y pour les sections de classe 3,

= Weff,y /Wpl,y pour les sections de classe 4,

γM1 facteur partiel de sécurité pour la résistance au déversement , égal à 1,1,

χLT coefficient de réduction pour le déversement

Cas 3 :

Le moment fléchissant de calcul MSd doit vérifier :

et

avec Mv,Rd moment de résistance plastique réduit compte tenu de l’effort tranchant.

avec

Cas 4 :
Le moment fléchissant de calcul MSd doit vérifier.

et

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Tableau 32 Aire de cisaillement

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