Vous êtes sur la page 1sur 104

Département de génie civil

Préparé par : Afif Beji, Ing., M.Sc.A.


afif.beji@esprit.tn 2019/2020
Plan du cours

I. Introduction

II. Calcul des couvertures

III. Calcul des bardages

IV. Calcul des pannes

V. Calcul des lisses

VI. Calcul des potelets

VII.Calcul des contreventements 2


I. Introduction
✓ Comme on a vu dans le premier chapitre, la conception d’une construction
métallique est fortement liée à plusieurs facteurs : tels que, par exemple, leurs
vocations; les contraintes architecturales, d’exploitation, environnementale;
disponibilité et prix des matériaux, profilés…;
✓ Dans ce chapitre, on se contentera d’exposer les méthodes de calcul des
différents éléments de l’enveloppe (couvertures, bardage) d’une construction
métallique de type halle. Une présentation des étapes de dimensionnement des
éléments secondaires (pannes, lisses…) sera également exposée;
3
✓ Pour ce qui est de la méthodologie de calcul, elle se résume comme suit :
➢ Détermination de toutes les actions possibles qui peuvent être appliquées à
la structure → Élaboration des combinaisons de charges les plus
défavorables;
➢ Calcul des sollicitations induites (efforts normaux, moments de flexion,
efforts tranchants…), avec éventuellement des combinaisons de celles-ci;
➢ Vérifications des résistances des pièces (calcul des contraintes…);
➢ Vérifications des instabilités de forme (flambement, déversement…);
➢ Vérifications des rigidités des pièces (déplacements, flèches, rotations…);

4
✓ Il est à noter que le terme secondaire ne qualifie pas l’importance de l’élément,
il signifie plutôt son ordre d’apparition lors de la construction;
✓ Les éléments secondaires sont ainsi aussi importants que les éléments
principaux → Leur choix peut conditionner celui des éléments de l’ossature
→ Un choix judicieux est alors indispensable;
✓ L’enveloppe étant donc constituée d’éléments porteurs (pannes…); de
couches de remplissage (étanchéité, isolation…); couche de fermeture
(couverture, bardage…), éléments d’évacuation des eaux pluviales
(chéneaux)…;
✓ Le dimensionnement des éléments formés à froid est régit par l’EN 1993-1-3;
5
II. Calcul des couvertures
I. Critères de choix des couvertures
✓ Les principaux facteurs à prendre en compte lors de la sélection de produits et
de systèmes de toiture peuvent être résumés comme suit :
➢ Assurer la fonction élémentaire de protection face aux intempéries;
➢ Satisfaire aux exigences nationales relatives aux charges de neige, de vent et
aux autres charges d'exploitation;
➢ Fournir un accès sûr pendant la phase de construction et lors des futures
opérations d'entretien de la structure du toit;

6
➢ Satisfaire aux règlements en vigueur en matière de protection incendie;
➢ Fournir une bonne isolation thermique et satisfaire aux exigences
acoustiques;
➢ Être agréable d'un point de vue esthétique et offrir une variété de couleurs
et de finitions;
II. Types de couvertures
1. Plaques ondulées fibre-ciment (amainte-ciment) (DTU 40.31)
✓ Généralement, ce type de couvertures est employé pour les constructions de
bas de gamme : hangars agricoles, dépôts;

7
http://SystemeD.fr

✓ Généralement, ce type de couvertures est employé pour les constructions de


bas de gamme : hangars agricoles, dépôts;
✓ Avantages :
➢ Bonne résistance au vieillissement (insensibilité à l’humidité);
8
➢ Incombustibilité;
➢ Grande stabilité dimensionnelle (dilatation et flèches minimes);
➢ Coût modique;
✓ Exigences et inconvénients :
➢ Une pente minimale de toiture de 9%;
➢ Adjonction de cordons d’étanchéité pour des pentes inférieures à 16%;
➢ Entraxe faible des pannes de 1 𝑚 à 1,38 𝑚 maximum (exception : maxi-
plaques qui peuvent atteindre a 2,25𝑚);
➢ Aspect architectural médiocre;
➢ Poids propre élevé (18 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 );
9
➢ Résistance aux chocs limitée (rupture fragile);
✓ Le tableau suivant regroupe les plaques standards les plus courantes, qui
peuvent être conçues pour des altitudes allant jusqu’à 900 𝑚;
✓ Il suffit donc de déterminer la surcharge admissible du panneau et d’en
déduire le type de plaque. Ce qui va dicter par la suite l’entraxe des pannes :

Note : Tableau élaboré sur la base des surcharges de neige 10


2. Plaques en bacs d’acier nervuré (DTU 40.35)
✓ Procédé de fabrication : Profilage → tôle laminée à chaud ou à froid et
galvanisée → plaque profilée à froid (voir chapitre 1 CMM);
✓ Ces plaques possèdent relativement de grandes dimensions (largeur d’environ
1 𝑚; longueur pouvant atteindre les 12 𝑚);
✓ Les bacs de faible longueur portent sur deux appuis (pannes) : Calculs menés
en isostatique;
✓ Les bacs de grande longueur portent sur 3 à 4 appuis (pannes) : Calculs
menés en continuité → flèches réduites;
✓ La portée des bacs qui permettra de déterminer l’entraxe des pannes est
11
obtenue en fonction de :
➢ Charges appliquées : de montage, climatiques, étanchéité…;
➢ Profils des bacs qui sont répertoriés dans des catalogues. Les fabricants en
proposent divers types correspondant à des moments d’inertie variables en
fonction de l’épaisseur de la tôle, du pas des nervures et de la hauteur des
ondes);
✓ Les bacs sont dimensionnés pour vérifier les critères suivants :
➢ Présenter une flèche maximale inférieure à 1Τ200 de leur portée;
➢ Supporter une charge minimale de 100 daNΤ𝑚2 , correspondant au poids
de deux hommes et de leurs matériels (entretien ou travaux sur la toiture);
12
✓ Les bacs peuvent être posés :
✓ En couverture sèche (si la pente ≥ 5%);
✓ Recevoir une étanchéité (généralement
multicouche);
✓ Les pentes, modes de fixation et recouvrements sont règlementés (fixation par
boulons-crochets ou vis auto-taraudeuses);
✓ La grande rapidité de pose et leur faible poids (de l’ordre de 10 daNΤ𝑚2 )
sont parmi les principaux avantages de ce type de couverture;
✓ Catalogues des fabricants : Choix du profil par simple lecture des tableaux, à
savoir les charges à supporter et les portées (continues ou non);
13
Note : Tableau élaboré sur la base des surcharges de neige

14
✓ Quelques types de couvertures en bacs nervurés :

Profils de couverture

Plateaux de couverture

Panneaux sandwich de couverture

15
16
3. Toitures multicouches & panneaux sandwichs
✓ Un système multicouche (ou double peau) consiste en un parement métallique
profilé fixé sur la structure, surmonté d'un système d’écarteurs composé de
lisses et d'entretoises, d'un isolant et d'un autre parement extérieur résistant
aux intempéries;
✓ Ces systèmes de toiture sont polyvalents et offrent au concepteur un grand
nombre de combinaisons de couleurs, de profils et de textures, de même que
des solutions rapides et économiques permettant de satisfaire aux exigences
thermiques, acoustiques et de résistance incendie de la structure du bâtiment;

17
Isolation en multicouche

18
Toiture à double peau faisant appel à des Toiture à double peau faisant appel à des
écarteurs en plastique et des entretoises en Z entretoises à « Fausse-panne et équerres »

19
20
21
22
III. Calcul des bardages
I. Critères de choix des bardages
✓ Les principaux facteurs à prendre en compte lors de la sélection de produits et
de systèmes de façade peuvent être résumés comme suit :
➢ Assurer la fonction élémentaire de protection face aux intempéries;
➢ Être suffisamment résistants et rigides pour pouvoir résister aux effets
d'un impact et prévenir les dommages dus à l’action de vent;
➢ Satisfaire aux règlements en vigueur en matière de protection incendie;
➢ Fournir une bonne isolation thermique et satisfaire aux exigences
acoustiques; 23
✓ Être agréable esthétiquement (le bardage est l’élément le plus visible d'un
bâtiment, quel qu'il soit) et offrir une variété de couleurs et de finitions;

II. Types de bardages


1. Système de bardage simple peau
✓ C’est une solution économique. Par contre, elle n’assure pas les fonctions
d’isolation escomptées;
✓ Les plaques sont fixées sur des lisses horizontales ou des montants (souvent,
profilés en U, Z ou I), selon que la pose est verticale ou horizontale;

24
ttps://metallerie-dutheil.fr

25
26
2. Système de bardage double peau
✓ Un bardage double peau est constitué par :
➢ Un plateau intérieur horizontal fixé sur les poteaux des portiques;
➢ Une isolation en laine minérale d’épaisseur 60 à 100 𝑚𝑚;
➢ Un parement extérieur à nervures verticales;
3. Panneaux sandwichs
✓ Ce sont des panneaux monoblocs composés de deux parements en tôle
nervurée enserrant un isolant en mousse de polyuréthane d’épaisseur 30 à
100 𝑚𝑚;

27
28
29
Systèmes de bardage double peau
Panneaux sandwichs
30
III. Fixations (bardage / couverture)
✓ Assurées par des : vis auto-taraudeuses, vis auto-perceuses, tire-fonds,
cavaliers, rondelles d’appui et d’étanchéité

31
32
33
IV. Dispositions particulières pour les points singuliers

34
✓ Les pièces de raccords doivent être soigneusement installées. Les plaques sont
fixées sur l’ossature à l’aide de vis auto-taraudeuses;

35
✓ En fait ces points particuliers de la structure nécessitent une attention
particulière pour assurer la fonction d’étanchéité. Ces points se situent surtout
aux niveaux de liaisons :
➢ Bardage / couverture;
➢ Faîtage double;
➢ Couverture / lanterneau…
✓ On donne ci-dessous quelques cas illustratifs :

36
✓ Bardage / couverture (avec acrotère) / (sans acrotère) :

37
✓ Liaison faîtage double :

faîtage double faîtage à boudin

38
✓ Débord libre sans chêneau ✓ Gouttière pendante

✓ Chéneau

39
IV. Calcul des pannes
I. Fonction des pannes
✓ Parmi les principaux rôles des pannes dans la structure du bâtiment :
➢ Transmission des charges verticales (couverture, entretien, neige…) aux
éléments principaux de l’ossature (portiques…);
➢ Transmission des charges horizontales (vent pignon par exemple) aux
contreventements;
➢ Participation à la stabilisation du bâtiment en tant que montant de poutre
au vent et de contreventement horizontal;
➢ Stabilisation des traverses, notamment vis-à-vis le déversement; 40
II. Caractéristiques des pannes
✓ Les pannes sont disposés parallèlement à la ligne de faîtage dans le plan des
versants;
✓ L’entraxe des portiques → Portée des pannes;
✓ La portée admissible de la couverture adoptée → Entraxe des pannes;
✓ Remarque : Dans un bâtiment métallique de type halle, le poids des pannes
et lisses représente généralement 15 à 20% du poids global de la structure →
Obligation d’optimisation;

41
III. Charges appliquées aux pannes
✓ Le poids propre de la couverture, des pannes, de leurs accessoires et des
éventuels équipements portés en toiture;
✓ Les charges d’exploitation suspendues à l’intérieur (ex. : éclairage, gaines…);
✓ La charge d’entretien en toiture;
✓ La poussière;
✓ La neige;
✓ Le vent;

42
43
1. Phénomènes dus à la neige
✓ La neige est souvent une des charges prépondérantes pour le
dimensionnement des pannes de toiture, notamment lorsque la couverture à
un faible poids propre;
✓ Le poids de neige à retenir dans les calculs est fonction de la région dans
laquelle le bâtiment est construit, de l’altitude du site, et de la forme de la
construction;
✓ Il faut notamment prendre garde aux phénomènes d’accumulation
(répartitions non uniformes de la neige sur la toiture) liés à la forme des
constructions;
44
✓ Construction avec décrochement en élévation : la charge de neige par 𝑚2 est
plus importante au pied du décrochement qu’en zone courante;
✓ Si on garde un espacement de panne constant, les pannes doivent être plus
résistantes dans la zone de forte charge. Or, pour que la pose de la couverture
soit correcte, il faut que les pannes aient la même hauteur;
45
✓ Phénomène le long d’un acrotère de long pan (en bas d’un versant) : dans
cette zone, il faut des pannes plus résistantes à espacement constant, ou des
pannes plus rapprochées;

46
2. Phénomènes dus au vent
✓ Soulèvement de la toiture dans les bâtiments ouverts :
➢ Dans beaucoup de configurations courantes, l’action exercée par le vent
sur les toitures est une action de soulèvement;
➢ Il faut accorder une grande attention aux ouvertures existant dans les
parois verticales du bâtiment qui peuvent provoquer une augmentation
notable de cette action de soulèvement;
➢ Un soulèvement significatif en toiture a une influence sur la conception
des pannes et ses accessoires (semelle inférieure des pannes comprimée en
travée (à maintenir vis-à-vis du déversement, échantignoles fortement
47
sollicitées…);
✓ Action descendante du vent sur les bâtiments avec décrochement en
élévation :
✓ Dans certains cas particuliers, le vent peut avoir une action descendante
significative sur une partie de toiture. C’est le cas notamment des toitures avec
décrochement en élévation;

48
✓ Pannes comprimées :
✓ Lorsque le pignon d’un bâtiment classique est frappé par le vent, les pannes
jouant le rôle de buton ou de montant de poutre-au-vent se trouvent
comprimées;
✓ Il importe, lors de la conception
de la structure, de maîtriser les
excentrements dans la transmission
de ces efforts de compression;

49
50
✓ Si on veut éviter d’ajouter la fonction de buton à la fonction principale des
pannes, on peut disposer entre les têtes de potelets de pignon et la poutre-au-
vent, des butons indépendants;

51
52
IV. Types des pannes
✓ Pannes en poutrelles laminées à chaud :
La gamme des poutrelles IPE, UPE de faible hauteur (jusqu'a IPE 240
environ) est largement utilisée pour les pannes. La portée ne dépasse
guère les 10 𝑚;
✓ Pannes minces profilées à froid :
Elles sont généralement réalisées par profilage à partir d'une tôle en acier
(processus de fabrication permettant d'obtenir toutes les formes
imaginables). Les principales formes de section utilisées pour les pannes
sont les Sigma, Zed, C, Omega et U;
53
Liernes

Exemple de pannes en Zed

54
Profilés formés à froid
habituellement utilisées
pour les pannes

55
✓ Il existe des catalogues relatifs aux profilés minces formés à froid :

56
57
✓ On note généralement une hauteur de la section 𝐻 comprise entre 140 et
350 𝑚𝑚, une épaisseur de la tôle profilée comprise entre 1,5 et 4 𝑚𝑚 et une
largeur de la semelle 𝑏 souvent de l'ordre de 70 𝑚𝑚 (pour les pannes Zed, les
largeurs de la semelle supérieure et de la semelle inferieure diffèrent
légèrement pour permettre la mise en continuité des pannes par emboitement
ou éclissage);
✓ Les portées franchies peuvent atteindre 12
à 15𝑚 (ce qui permet de réduire le nombre
de portiques);

58
✓ Pannes en treillis :
✓ Elles sont moins courantes;
𝐿
✓ Le rapport est de l’ordre de 15;
𝐻

✓ Profilés ajourés :
✓ pour des cas particuliers

59
V. Liaisons des pannes à la structure principale
✓ Assemblage par échantignole : (pente > 10%)
➢ L’échantignole est réalisée au moyen d’un plat plié;
➢ Cet assemblage ne convient que pour des efforts modestes;
➢ L’échantignole est dimensionnée en flexion sous l'effet de l'effort de
soulèvement et de l'effort suivant versant;
➢ L’assemblage par échantignole est la solution la plus utilisée;

60
➢ Pour les charges plus importantes, l’assemblage par échantignole double
(raidie ou non) est sous envisagé :

✓ Assemblage par boulonnage : (pente < 10%)


➢ Il s’agit d’un boulonnage direct de la semelle inférieure de la panne sur la
semelle supérieure de la poutre principale (traverse de portique en général);
61
➢ Sous l'effet de l'effort de soulèvement, la semelle inférieure de la panne est
fléchie et les boulons de fixation sont
tendus. Sous l'effet de l'effort parallèle
au versant, l’âme de la panne est mise
en flexion :
✓ Assemblage par double cornière âme de panne sur âme de traverse :
➢ Ce type d’assemblage est rarement utilisé;

62
Solutions possibles pour les assemblages pannes-traverses

63
✓ Les pannes en Z ou Sigma peuvent être suspendus (sans appui sur la traverse)
à l’échantignolle perpendiculairement à la pente du bâtiment, avec l’aile
supérieure orientée côté faîtage. Elle sont montées sur une échantignolle, soit
boulonnées soit soudées, sur le portique. Pour que les pannes ne soit pas sous
influence de compression, il doit y avoir un jeu entre l’aile basse et le portique
d’environ 5 mm;

64
VI. Sollicitations & dimensionnement
✓ Les pannes sont posée d’une façon inclinée → Elles travaillent en flexion
déviée. Pourtant, si la pente est relativement faible → Flexion simple;
✓ Elles sont soumises à :
➢ des charges verticales (poids propre
de la panne et des couvertures, neige,
éventuellement charges suspendues…) :
leur résultante ramenée en charge linéique F :
se décompose en une charge V parallèle à
l’âme de la panne et une charge H
65
perpendiculaire à l’âme (à prendre en compte, surtout pour éviter le risque
de déversement lateral;
➢ une charges oblique W due au vent (pression ou succion) appliquée
perpendiculairement au versant (parallèlement à l’âme de la panne);
✓ Pour ce qui est de la phase de dimensionnement, les pannes doivent satisfaire
simultanément aux conditions de résistance et de flèche;
1. Conditions de résistance
✓ Dès lors que la pente des toitures devient de l’ordre de 8 à 10° → Effet de la
résultante H devient préjudiciable. Or, sachant que les sections choisies sont
des IPE (qui présentent une faible inertie transversale) → Sections de pannes
66
requises sont plus importantes → plus onéreuses;
✓ Solution : Elle consiste en la réduction de la portée latérale des pannes
(→ moments hors plan réduits) en les reliant par des liernes (une sorte de
tubes circulaires / tiges filetées), fixées à mi-portée ou au tiers de la portée
desdites pannes et fonctionnant comme des tirants. L’effort se trouve
augmenté en allant de la panne sablière vers la zone de faîtage;
✓ Les liernes ne peuvent pas être attachées aux pannes faîtières → Les efforts
sont transmis directement aux portiques moyennant des tirants en diagonale,
fixés contre un Té par exemple;

67
68
69
Liernes simples

Liernes doubles

70
perpendiculaire à l’âme (à prendre en compte, surtout pour éviter le risque
de déversement lateral;
➢ une charge oblique W due au vent (pression ou succion) appliquée
perpendiculairement au versant (parallèlement à l’âme de la panne);
✓ Pour ce qui est de la phase de dimensionnement, les pannes doivent satisfaire
simultanément aux conditions de résistance et de flèche;
2. Méthodes de calcul des pannes en flexion déviée / composée
✓ Les calculs sont, en fait, conduits tel qu’exposé dans le chapitre 4 CMM;
i. Calcul en plasticité
✓ Dans ce cas, les sections sont de classe 1 ou 2. Il faut donc vérifier :
71
Exposants qui valent pour des sections :
- En I et en H :
𝛼=2
𝛼 𝛽
𝑀𝑦,𝐸𝑑 𝑀𝑧,𝐸𝑑 𝛽 = 5𝑛 ≥ 1
+ ≤1 - Tubes circulaires :
𝑀𝑁,𝑦,𝑅𝑑 𝑀𝑁,𝑧,𝑅𝑑 𝛼=𝛽=2
- Creuses rectangulaires :
✓ En l’absence d’effort normal 𝑁𝐸𝑑 = 0 → 𝛽 = 1; 1,66
𝛼=𝛽= ≤6
1 − 1,13𝑛2
✓ Dans le cas où ces pannes sont soumises à un Avec : 𝑛 =
𝑁𝐸𝑑
𝑁𝑝𝑙

effort normal, tel que le cas des pannes de rives adjacentes à un pignon, ou les
pannes jouant el rôle de montants des poutres au vent ou des butons. Ces
dernières assurent la transmission des efforts normaux dus au vent pignon;
✓ Il est possible d’envisager la vérification des pannes en flexion biaxiale
composée (voir chapitre IV CMM) ou par le critère de flexion biaxiale 72
composée. Ce qui procure une sécurité supplémentaire :

𝑁𝐸𝑑 𝑀𝑦,𝐸𝑑 𝑀𝑧,𝐸𝑑


+ + ≤1
𝑁𝑝𝑙,𝑅𝑑 𝑀𝑝𝑙,𝑦,𝑅𝑑 𝑀𝑝𝑙,𝑧,𝑅𝑑
ii. Calcul en élasticité (sections de classe 3)
✓ En cas de flexion biaxiale, il faut vérifier :

𝑀𝑦,𝐸𝑑 𝑀𝑧,𝐸𝑑 𝑓𝑦
𝜎𝑦 + 𝜎𝑧 = + ≤
𝑊𝑒𝑙,𝑦 𝑊𝑒𝑙,𝑧 𝛾𝑀0
✓ En présence d’effort normal, il faut vérifier :

𝑁𝐸𝑑 𝑀𝑦,𝐸𝑑 𝑀𝑧,𝐸𝑑


+ + ≤1
𝑁𝑝𝑙,𝑅𝑑 𝑀𝑒𝑙,𝑦,𝑅𝑑 𝑀𝑒𝑙,𝑧,𝑅𝑑 73
iii. Cas particulier des pannes en tôles pliées (sections de classe 4)
✓ Il s’agit de profilés minces formés à froid. Leur utilisation exige une vigilance
particulière lors des calculs, du fait de leur instabilité;
✓ Les calculs sont conduits en élasticité sur section efficace selon l’EN 1993-1-3;
✓ En outre, il est indispensable de vérifier :
➢ La stabilité au déversement, auquel ces profilés sont très sensibles → Ce
qui exige une pose quasi systématique des liernes;
Décalage de du centre de gravité de la section efficace par
➢ La stabilité au voilement des âmes; rapport à celui de la section brute en compression pure

𝑁𝐸𝑑 𝑀𝑦,𝐸𝑑 + 𝑁𝐸𝑑 𝑒𝑦 𝑀𝑧,𝐸𝑑 + 𝑁𝐸𝑑 𝑒𝑧 𝑓𝑦


+ + ≤
𝐴𝑒𝑓𝑓 𝑊𝑒𝑓𝑓,𝑦 𝑊𝑒𝑓𝑓,𝑧 𝛾𝑀0 74
3. Conditions de flèche
✓ Afin d’assurer la stabilité et la bonne tenue des couvertures et de l’étanchéité,
il faut s’assurer que la flèche maximale des pannes reste inférieure à 1Τ200;
✓ Cette exigence de flèche se trouve souvent déterminante dans le
dimensionnement des pannes, surtout dans les dispositions isostatiques;
✓ Ainsi, lorsqu’une panne est déterminée par la condition de résistance et que la
condition de flèche n’est pas vérifiée : la solution consiste à prolonger les
pannes sur plus que deux appuis → Flèches réduites à plus de 60%.
Toutefois, cette solution donne des résultats satisfaisants pour des longueur de
pannes n’excédant pas une dizaine de mètres;
75
1 𝑣𝐿3 𝑥 𝑣𝐿𝑥 3 𝑣𝑥 4
𝑧= − +
𝐸𝐼 48 16 24
5 𝑣𝐿4 𝐿 3
𝑓0 = < 𝑧𝑚𝑎𝑥 pour 𝑥 = 8 𝐿, soit :
384 𝐸𝐼 200
2,05 𝑣𝐿4 𝐿
𝑓= = 0,41𝑓0 <
384 𝐸𝐼 200
76
77
78
VII.Dimensionnement des liernes
✓ Les liernes fixées entre les pannes doivent remplir les fonctions suivantes :
➢ Phase de montage du bâtiment : assurer la rectitude des pannes avant
l’installation de la couverture;
➢ Phase d'exploitation du bâtiment : apporter aux pannes un maintien latéral
→ Réduction des déformations latérales des pannes → économie;
✓ Les liernes travaillent à la traction.
Ce sont généralement des barres
en fer rond, des tubes ou des
cornières;
79
✓ D’une façon générale :
ℎ 𝐿
𝑇1 = 1,25
2 2
𝐿
𝑇𝑖 = 𝑇𝑖−1 + 1,25ℎ
2
𝑇𝑛−1
𝑇𝑛−1 = 2𝑇𝑛 𝑠𝑖𝑛 𝛽 → 𝑇𝑛 =
2 𝑠𝑖𝑛 𝛽
✓ Exemple ci-contre :
ℎ 𝐿
𝑇1 = 1,25
2 2
𝐿 𝐿
𝑇2 = 𝑇1 + 1,25ℎ 𝑒𝑡 𝑇3 = 𝑇2 + 1,25ℎ
2 2
𝑇3
𝑇4 =
2 𝑠𝑖𝑛 𝛽 80
VIII.Capacité d’une tôle pour le maintien de la panne (EN 1993-1-3 &10)
✓ La panne est considérée maintenue latéralement dans le plan de la tôle
(semelle supérieure maintenue), si l’exigence suivante est satisfaite :
𝑆 ≥ 𝑆𝑚𝑖𝑛

Rigidité en cisaillement des plaques nervurées


Hauteur (des nervures) de la
attachées à la panne au droit de chaque nervure, Espacement/entraxe des pannes 𝑚𝑚 tôle 𝑚𝑚
avec des attaches de couture au droit de chaque
recouvrement transversal 𝑁𝑚𝑚Τ𝑚𝑚

3 𝑠
𝑆 = 1000 𝑡3 50 + 10. 𝑏𝑟𝑜𝑜𝑓
ℎ𝑤

Épaisseur de calcul de la tôle 𝑚𝑚 Généralement elle est égale à la portée de la panne (mm)

81
✓ La rigidité minimale de la couverture est donnée par :

Inertie de gauchissement Moment d’inertie selon l’axe faible de


de la panne la section transversale de la panne

Rigidité en cisaillement minimale des


plaques 𝑁𝑚𝑚Τ𝑚𝑚
2

2
𝜋 𝐸𝐼𝑤 𝜋 2 𝐸𝐼𝑧 70
2
𝑆𝑚𝑖𝑛 = 2
+ 𝐺𝐼𝑡 +
𝑙 𝑙2 ℎ2

Inertie de torsion
Portée de la panne Hauteur de la panne 𝑚𝑚
de la panne

82
Effet de rotation des pannes de sections minces sur la couverture

83
Exercice 1
✓ L'exemple couvre le calcul d'un profilé laminé à chaud, en IPE 180 de nuance
S275, utilisé comme panne de portée 7,2 𝑚, en flexion par rapport à son axe
fort. La panne est supposée maintenue latéralement par le bac acier de nuance
S350;
✓ La vérification de la résistance et de la stabilité du bac acier sont hors du cadre
de cet exercice;
✓ L’entraxe des pannes étant de 𝑠 = 3 𝑚;
✓ La pente de la toiture est sensiblement horizontale;

84
✓ Charges appliquées :
➢ Poids propre de la panne;
➢ Poids de la couverture 0,24 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Charge de neige 0,618 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Charges dues au vent (réaction d’appui négative) 0,73 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;

85
✓ On demande de :
➢ Q1 : Vérifier la rigidité de la couverture. Peut-on la considérer comme
maintien latéral pour la panne?
➢ Q2 : Donner les différentes combinaisons de charges à l’ELU et à l’ELS;
➢ Q3 : Calculer les moments fléchissants et les efforts tranchants maximaux;
➢ Q4 : Vérifier la résistance de la panne à la flexion, le cas échéant, au
déversement;
➢ Q5 : Vérifier la résistance de la panne au cisaillement;
➢ Q6 : Vérifier la flèche de la panne;

86
Exercice 2
✓ On se propose de calculer des pannes en IPE de nuance S235. Les pannes
sont supposées maintenues latéralement par le bac acier. On se propose
d’étudier ces pannes selon deux variantes : La première stipule à concevoir des
pannes en IPE 180 sur deux appuis sans liernes. La deuxième considère des
pannes en IPE 160 continues sur trois appuis avec liernes à mi-portée;
✓ Données du projet :
➢ Entraxe des protiques : 6 𝑚;
➢ Nombre des pannes par versant : 6, espacées de : 3 𝑚;
➢ Pente du versant : 10%; 87
➢ Tôle : hauteur : 40 𝑚𝑚, épaisseur 0,7 𝑚𝑚;
✓ Charges appliquées :
➢ Poids propre des pannes estimé à 0,06 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Poids de la couverture (continue sur plus de deux travées), isolation et
étanchéité multicouche 0,25 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Charge de neige 0,75 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Charges dues au vent (réaction d’appui négative) 0,6 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
✓ 1ère variante : On demande de :
➢ Q1 : Vérifier la rigidité de la couverture. Peut-on la considérer comme
maintien latéral pour les pannes?
88
➢ Q2 : Donner les différentes combinaisons de charges à l’ELU et à l’ELS;
➢ Q3 : Calculer les moments fléchissants et les efforts tranchants maximaux;
➢ Q4 : Vérifier la résistance de la panne à la flexion, le cas échéant, au
déversement;
➢ Q5 : Vérifier la résistance de la panne au cisaillement;
➢ Q6 : Vérifier la flèche de la panne;
✓ 2ème variante : On demande de :
➢ Q7 : Sans refaire tous les calculs, conclure sur les critères de résistance et
de rigidité de la panne;
➢ Q8 : Calculer les liernes. Proposer un diamètre 𝜙 des liernes;
89
Exercice 3
✓ On considère un portique recevant cinq pannes par versant, de 5 𝑚 de portée,
posées à un entraxe de 4 𝑚. La pente du versant est 𝑝 = 𝑡𝑔 𝛼 = 10%. L’acier
est de nuance 𝑆235. Les charges appliquées sont :
➢ Sous-plafond suspendu 4 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Poids de la couverture (continue sur trois travées), isolation et étanchéité
multicouche 26 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Neige normale 45 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Vent normal (soulèvement) 60 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 ;
Q : Dimensionner les pannes en élasticité et en plasticité pour différents cas;
90
Exercice 4
✓ On considère une panne en IPE 240 de nuance S235, située dans une travée
de rive (faisant partie d’une poutre au vent). La panne est soumise aux
sollicitations suivantes :
➢ Effort normal de compression induit par la poussée du vent sur le bardage
𝑁𝐸𝑑 = 300 𝑘𝑁;
➢ Moments de flexion engendrées par le poids propre et les charges
variables de gravité 𝑀𝑦,𝐸𝑑 = 50 𝑘𝑁𝑚 et 𝑀𝑧,𝐸𝑑 = 11 𝑘𝑁𝑚;
✓ On demande de :
Q : Dimensionner les pannes en plasticité; 91
V. Calcul des lisses
✓ Parmi les principaux rôles des lisses dans la structure du bâtiment est la
transmission des actions appliquées sur la façade (souvent le bardage) à la
structure principale;
✓ Les lisses sont disposées horizontalement et fixées généralement sur les
semelles extérieures ou l’âme des poteaux (et éventuellement les potelets);
✓ L’entraxe des portiques (ou distance poteau-potelet) → Portée des lisses;
✓ La portée admissible du bardage choisi → Entraxe des lisses;
✓ Les lisses peuvent être des poutrelles laminées à chaud (IPE, UAP…) ou des
profilés minces laminés à froid (Sigma, C…); 92
✓ En plus de leurs propre poids et du poids de bardage (ensemble des charges
permanentes), les lisses reprennent également l’action du vent sur la bardage
selon leurs surfaces d’influence → Elles travaillent ainsi à la flexion déviée →
Elles sont dimensionnées pour satisfaire à la fois les critères de résistance et
de flèche (voir le calcul des pannes et chapitre IV CMM);
✓ Si le besoin l’impose →
Elles sont dans ce cas
rattachées à un système
de suspentes;

93
94
Exercice 5
✓ On se propose de calculer des lisses de bardage en IPE de nuance S 235.
✓ Données du projet :
➢ Entraxe des protiques : 6 𝑚;
➢ Espacements des lisses : 2,5 𝑚;
✓ Charges appliquées :
➢ Poids propre des lisses estimé à 0,06 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Poids du bardage, isolation et accessoires de pose 0,24 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;
➢ Charges dues au vent sur le bardage 1,15 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;

95
✓ On demande de :
➢ Q1 : Donner les différentes combinaisons de charges à l’ELU et à l’ELS;
➢ Q2 : Vérifier les conditions de résistance;
➢ Q3 : Vérifier les conditions de rigidité;
➢ Q4 : Étudier le cas de lisses continues sur trois appuis;
➢ Q5 : Chercher la section requise des suspentes;

96
VI. Calcul des potelets
✓ Parmi les principaux rôles des potelets :
➢ Supporter les lisses de bardage;
➢ Reprendre les effets dus au vent → Rigidifier la façade;
✓ Les sections courantes des potelets sont en IPE ou HEA;
✓ Les potelets sont disposés verticalement et sont considérés comme des
poutres biarticulées dans les calculs (articulés en pied + relâchement en tête);
✓ Ils travaillent en compression sous l’effet de leurs poids propre + lisses +
bardage et à la flexion engendrée par le vent → fonctionnement en flexion
composée (chapitre IV CMM). En outre, il faut s’assurer de la flèche; 97
Relâchement en tête

Articulation en pied
(par 2 boulons dans ce cas)
98
Exercice 6
✓ On se propose de calculer des lisses de bardage en UAP de nuance S235, ainsi
que les potelets pignon faisant environ 8 𝑚 de longueur;

Positionnement des lisses Face long pan Face pignon

99
UPE
✓ Charges appliquées : UPE

➢ Poids propre des lisses estimé à 0,06 𝑘𝑁Τ𝑚2 ;


Suspente

Lisse haute

➢ Poids du bardage, isolation et accessoires de pose 8,3 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 ;


➢ Charges dues au vent sur le bardage 50 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 𝐶𝑟 = 1,1;
Q1 : Dimensionner les lisses en élasticité;
Q2 : Dimensionner les lisses
conformément à la figure : i.e. lisses
courantes & lisse haute, sections
des suspentes;
Q3 : Dimensionner les potelets de pignon;
100
VII. Calcul des contreventements
✓ On distingue deux principaux types de contreventements pour les structures
régulières de types halles :
➢ Contreventement de toiture (assuré par des poutres au vent);
➢ Contreventement vertical (assuré par des palées de stabilité);
✓ Ces contreventement sont souvent conçus pour reprendre les vents pignons,
forces de freinage... Pour ce qui est de la face, généralement l’action du vent
est reprise par effet cadre. Pourtant, il est possible d’envisager des
contreventements tels que mentionné ci-dessus pour reprendre les vents long-
pan, notamment, lorsque l’entraxe des portiques devient important; 101
Exercice 6 (suite)
✓ On s’intéresse dans la suite de cet exercice à déterminer les sections des
différentes barres composant le système de contreventement de toiture
(poutre au vent) et vertical (palée de stabilité) et ce pour les cas de vents long
pan et pignon;
✓ On donne :
➢ Cas de vent long pan : 𝛿 = 0,855, 𝐶𝑟 = 1;
➢ Cas de vent pignon : 𝛿 = 0,79, 𝐶𝑟 = 0,8;

102
103
Cas de vent long pan
Cas de vent pignon 104