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Réaffirmer le rôle central des Nations Unies

dans la gouvernance globale

Le rôle de Genève vu de New York

Conférence donnée par

M. Joseph Deiss,
Président de l’Assemblée générale de l’ONU

Cité-Débat, Ville de Genève

31 mars 2011

Seule la version orale fait foi


Embargo: 31 mars 2011, 18.30
Madame le Maire,
Mesdames et Messieurs,

C’est un grand plaisir d’être ici ce soir pour partager


avec vous quelques réflexions sur la gouvernance
globale. Je vous remercie pour votre invitation.

Vous avez, au cours des sessions précédentes,


débattu du rôle de Genève dans la gouvernance
globale dans les domaines des droits de l’homme, de
la migration, du commerce et du développement
durable et êtes arrivés à la conclusion que Genève
est bel et bien une plateforme importante pour
penser et élaborer la gouvernance globale.

Je partage votre opinion : en ma capacité de


Président de l’Assemblée générale de l’ONU, j’ai déjà
fait plusieurs visites officielles à Genève, pour
rencontrer les responsables des agences onusiennes
qui ont leur siège ici ainsi que pour prendre la parole
devant le Conseil des droits de l’homme et la

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Conférence sur le Désarmement. En plus du fait que
je suis Suisse et que c’est toujours un plaisir de venir
à Genève, la principale raison pour laquelle je suis
venu à Genève en ces occasions et pour laquelle je
suis ici ce soir et reviendrai en juillet prochain pour
l’ouverture de la session de fond de l’ECOSOC, est
que, comme vous, je suis convaincu que Genève est
une plateforme importante pour la gouvernance
globale. Mais il y a, à mon avis, une condition
fondamentale sous-jacente à ce jugement : en effet,
l’avantage comparatif majeur de Genève est d’être
un membre incontournable de la famille des Nations
Unies. Votre ville est l’une des principales
implantations de l’ONU dans le monde, elle joue un
rôle clé dans le système onusien tant au niveau
intergouvernemental – avec le Conseil des droits de
l’homme par exemple – qu’au niveau des agences
spécialisées et des programmes – avec l’OIT, la
CNUCED, l’Office du Haut Commissaire de l’ONU pour
les Réfugiés et l’OMS, pour n’en citer que quelques-
uns. Par conséquent, Genève ne peut être
pleinement cette plateforme que si les Nations Unies

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elles-mêmes ont un rôle dans la gouvernance
globale. C’est donc sur ce rôle que je propose de me
concentrer ce soir en vous offrant une perspective de
la gouvernance globale telle que vue de New York et
de l’Assemblée générale.

J’aimerais dans un premier temps exposer pourquoi,


à mon avis, il est extrêmement pertinent et urgent
de traiter de la gouvernance globale. Il y a au moins
trois facteurs qui transforment profondément la
nature du monde en ce début du 21ème siècle :

Premièrement, dans notre monde globalisé, les


problèmes franchissent les frontières sans passeport
ni visa. Il n’est plus possible d’ignorer ce qui se
passe à l’étranger. La crise économique et financière,
qui a commencé aux Etats-Unis et qui s’est ensuite
étendue au monde entier, illustre bien la vitesse
avec laquelle les problèmes s’internationalisent. Le
tremblement de terre et le tsunami qui viennent de
frapper le Japon en sont un autre exemple tragique.
Une catastrophe nucléaire dans ce pays aurait

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inévitablement des répercussions dans la région,
mais dans le monde entier, de nombreux
gouvernements sont déjà en train de reconsidérer
leur politique de développement du nucléaire civil.

Ceci est vrai pour bien d’autres défis urgents,


comme la réduction de la pauvreté, les questions
environnementales, la migration, les pandémies ou
encore le terrorisme global. Ces défis ne peuvent
être résolus que par une prise de décision et une
action globale, autrement dit par le recours à la
gouvernance globale.

Il me semble important à ce stade de souligner que


la gouvernance globale n’est pas synonyme de
gouvernement global. Nous n’allons pas établir un
gouvernement mondial ; la gouvernance globale est
précisément le moyen d’organiser la prise de
décision à l’échelon global dans un monde
westphalien d’Etats souverains dotés de leurs
parlements nationaux. En outre, la règle de la
subsidiarité s’applique. Les problèmes qui peuvent

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être résolus à l’échelon local, national ou régional
doivent l’être à ce niveau. C’est une règle que nous
sommes, en Suisse, habitués à appliquer.

Deuxièmement, un rééquilibrage démographique,


politique et économique est en cours au niveau
mondial. En 2050, la population mondiale, d’un peu
plus de 6 milliards aujourd’hui, devrait dépasser les
9 milliards, le gros de l’augmentation se faisant dans
les pays en développement. De nouveaux marchés
émergent. Ceci a été rendu encore plus évident par
la récente crise économique et financière. La Chine
et les autres marchés émergents ont été bien plus
résistants que les économies plus mûres. D’après les
dernières prévisions de la Banque mondiale, la
vigueur de la demande domestique dans les pays en
développement devrait être le moteur de la
croissance mondiale cette année. Les multinationales
des BRICS sont de plus en plus en concurrence voire
même acquièrent des multinationales des pays de
l’OCDE. Le commerce et les flux d’investissements
Sud-Sud, ainsi que la coopération Sud-Sud

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augmentent à un rythme soutenu. Le système de
gouvernance global doit mieux prendre en compte
ces tendances.

Troisièmement, l’architecture de la gouvernance


globale devient de plus en plus fragmentée et
complexe. Les institutions multilatérales
traditionnelles, comme l’ONU et les institutions de
Bretton Woods, sont de plus en plus critiquées pour
leur manque d’efficacité et de représentativité.

Dans ce contexte, de nouveaux acteurs, comme le


G20 et d’autres groupes informels ad hoc sont
apparus. La crise économique et financière a
souligné l’importance d’une réponse rapide et
coordonnée, que le G20 a effectivement su donner. Il
y a donc un risque pour l’ONU d’être marginalisée.

Mais si nous devons reconnaître que ces groupes


plus petits peuvent en effet agir de manière efficace,
leur représentativité et leur légitimité en revanche
sont discutables. Nous devons trouver la meilleure

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articulation possible entre l’expertise, le leadership et
la légitimité, et le tout doit être cohérent.

Je suis convaincu que les Nations Unies et leur


Assemble générale ont un rôle central à jouer pour
capter la complexité de ce début du 21ème siècle et
pour mettre en place une gouvernance globale qui
soit efficiente, ouverte et représentative.

Les Nations Unies ont une légitimité unique. L’ONU


est dotée d’une Charte, avec des objectifs et des
principes, des membres et des organes, et un budget
qui sont clairement définis. L’ONU offre un cadre
institutionnel stable aux Etats membres. Tous les
sujets couverts par la Charte peuvent être débattus
par l’Assemblée générale. Ceci contraste avec la
nature ‘à la carte’ des groupes commençant par la
lettre G, et l’arbitraire qui caractérise leur
composition. Par exemple, quels sont les critères
pour choisir les pays non G20 invités par la
Présidence à participer au sommet du G20 ? Pour
vous faire une idée de ce que je veux dire par

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arbitraire, je vous invite à lire la description donnée
par Mark Malloch Brown dans son dernier livre du
dilemme de la Présidence britannique en 2009 pour
choisir le représentant africain au sommet de
Londres !

Avec ses 192 Etats membres, l’Assemblée générale


de l’ONU atteint presque l’universalité et elle reflète
la pleine diversité des situations et des intérêts en
jeu. Elle est là pour promouvoir les droits de toute
femme et de tout homme sur cette planète. Avec son
système de ‘un pays, un vote’, elle assure que même
les voix les plus faibles peuvent se faire entendre.
Sur le plan opérationnel, le système des Nations
Unies, avec ses divers programmes, entités et
agences spécialisées, dont Genève accueille un grand
nombre, a une expertise et une présence sur le
terrain qui en font un élément central de la
gouvernance globale.

Je suis heureux que le sujet de la gouvernance


globale, que j’ai proposé pour le débat général de

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l’Assemblée générale en septembre dernier à New
York, a trouvé un excellent écho dans les
déclarations des Etats membres. L’adoption par
consensus par l’Assemblée générale, en décembre,
d’une résolution parrainée par environ 100 pays sur
l’ONU et la gouvernance globale va permettre de
continuer les travaux au-delà de la 65ème session.

Cependant, il y a plusieurs aspects à considérer pour


que l’ONU soit à même de jouer ce rôle central dans
la gouvernance globale et évite d’être marginalisée :

Premièrement, une ONU forte exige un effort décisif


pour revitaliser l’Assemblée générale, réformer le
Conseil de sécurité et réexaminer le travail du
Conseil des droits de l’homme.

Je suis résolu à ce que durant la 65ème session de


l’Assemblée générale nous avancions sur ces
questions. Ainsi, j’ai nommé ou reconfirmé les
facilitateurs pour mener le groupe ad hoc sur la
revitalisation de l’Assemblée générale ainsi que les

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facilitateurs pour mener les processus de négociation
sur la réforme du Conseil de sécurité ainsi que sur le
réexamen du Conseil des droits de l’homme. J’ai des
contacts réguliers avec eux.

La revue du Conseil des droits de l’homme est un


bon exemple de l’importance de la relation entre
Genève et New York, puisque tant Genève que New
York ont un rôle actif dans le processus. J’ai
rencontré à plusieurs reprises le Président du Conseil
et nous sommes convenus, d’emblée, de faire notre
possible pour que la revue soit achevée en juillet de
cette année. Ceci est important pour permettre au
Conseil de se concentrer sur son mandat premier.
Pour le bon déroulement du processus, il était
essentiel de clarifier quelles questions seraient
traitées à Genève et à New York respectivement et
de synchroniser le travail, autrement dit, il fallait que
la revue soit terminée à Genève avant que New York
prenne le relais. Je suis heureux que nous ayons
atteint cet objectif, j’ai eu l’occasion de le dire
lorsque je me suis exprimé devant le Conseil, à

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l’ouverture de la 16ème session, à la fin février.
L’engagement du Président, des facilitateurs et des
membres du Conseil a été instrumental. En effet, il
faut être bien conscient que le rythme du progrès et
le succès de tous ces processus de réformes ne
dépendent pas de moi. Ce sont les Etats membres
qui tiennent le volant. Je peux créer les conditions
favorables au progrès, mais ensuite c’est aux Etats
membres qu’il revient de trouver une base pour les
négociations et de forger le consensus.

Un deuxième aspect est le renforcement des entités


économiques des Nations Unies, je pense là en
particulier à l’ECOSOC. A cet égard, il faut refixer les
priorités et recentrer le mandat de l’ECOSOC, qui, à
l’heure actuelle, couvre beaucoup trop de domaines,
de la coopération en matière de culture et
d’éducation jusqu’aux droits de l’homme. Il est
important aussi que la diplomatie multilatérale ne
s’arrête pas aux portes des Ministères des affaires
étrangères, mais que les experts des Ministères
techniques, qui sont en définitive le lieu où se trouve

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l’expertise, soient impliqués. En outre, la réunion
annuelle de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton
Woods est un instrument d’interaction et de
consultation dont il faut mieux exploiter le potentiel.

Troisièmement, comme je l’ai souligné, de nouveaux


acteurs sont apparus, qui jouent un rôle utile. Nous
devons établir les mécanismes appropriés de
communication, de consultation et de coopération
entre l’ONU et ses autres acteurs de la gouvernance.
Ces mécanismes doivent s’étendre aux acteurs non
gouvernementaux du secteur privé, de la société
civile et du monde académique, qui jouent un rôle de
plus en plus important dans la gouvernance globale.
Il me semble que Genève, à cet égard, est
exemplaire, notamment avec la proximité de son
université et ses instituts avec les organisations
internationales, que ce soit celles de la famille de
l’ONU ou l’OMC ou la Croix-Rouge.

Comme première mesure concrète de


rapprochement du G20 vers l’ONU, j’ai organisé des

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discussions informelles de l’Assemblée générale
avant et après le sommet du G20 de Séoul pour
donner à tous les Etats membres l’opportunité de
s’exprimer sur l’agenda du G20, qu’ils aient été
invités à participer ou non à Séoul. Je suis heureux
que la construction de ponts entre les Nations Unies
et le G20 continue cette année avec la Présidence
française. Le Ministre français de l’Agriculture, M.
Bruno Le Maire, a participé à une plénière informelle
de l’Assemblée générale en février pour informer les
Etats membres des priorités de la Présidence
française du G20 en matière agricole. Le sommet du
G20 se tiendra en novembre à Cannes. D’ici là, je
compte qu’il y ait d’autres occasions d’interaction
entre l’ONU et le G20. Pour que le G20 soit plus
légitime et soit tenu davantage responsable de ses
décisions, il est important qu’il y ait une réunion à
l’Assemblée après le sommet de Cannes sur le
modèle de celle que nous avons eue l’année passée
après Séoul.

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Ceci dit, il me semble que le G20 est à un moment
critique de son existence. Le sommet de Séoul en
novembre dernier a débouché sur quelques résultats
concrets, comme notamment la modernisation du
FMI et le renforcement de la surveillance financière.
Ceci est bienvenu. Mais je le répète, pour que ces
décisions soient pleinement légitimées, il faut
qu’elles soient ultimement endossées par les organes
internationaux appropriés.

En outre, sur les autres sujets discutés à Séoul peu


de résultats ont été obtenus. Ceci montre que la
volonté d’agir collectivement dépend dans une
grande mesure de la façon dont les risques sont
perçus. Même des groupes plus petits de pays
atteignent des limites pour forger le consensus
lorsque la menace d’une crise imminente s’estompe.
Le résultat modeste de la récente réunion des
Ministres des finances du G20 à Paris illustre bien
cette difficulté.

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A contrario, le sommet de Nagoya sur la biodiversité
et celui de Cancun sur le changement climatique
marquent deux récents succès pour la diplomatie
multilatérale à 192. Ceci montre que la façon dont
les consultations et les négociations sont menées à
chaque étape du processus est un facteur clé pour le
succès. La gestion résolue de la suspension pour la
Libye de son droit de siéger au Conseil des droits de
l’homme par le Conseil et par l’Assemblée générale
est un autre exemple, qui prouve que, bien que la
machinerie de l’ONU semble lourde et rouillée,
lorsqu’il y a la volonté politique d’en faire le meilleur
usage possible, des percées sont réalisables. Le cas
de la Libye souligne à nouveau l’importance de
l’articulation entre Genève et New York. Tandis que
le Conseil des droits de l’homme tenait, le 25 février,
sa session spéciale au cours de laquelle il adoptait la
résolution recommandant à l’Assemblée de
considérer la suspension de la Libye, l’Assemblée a
effectivement adopté la résolution allant dans ce
sens trois jours plus tard le 1er mars à New York.
Entre temps, en ma capacité de Président de

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l’Assemblée générale, j’avais pris la parole devant le
Conseil des droits de l’homme pour parler du
réexamen du travail du Conseil en cours mais aussi
de la situation en Libye. L’adoption, le 18 mars, par
le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution sur la
Libye qui reconnaît explicitement la responsabilité de
protéger est un autre succès important pour la
diplomatie onusienne.

D’un côté, la réponse rapide des Nations Unies sur le


cas libyen montre que l’ONU peut agir plus
rapidement et résolument que présumé
habituellement. De l’autre, les résultats plutôt
mitigés des réunions les plus récentes du G20
montrent que celui-ci n’est pas forcément aussi
efficace que supposé. Ainsi, la diplomatie
internationale rythmée par les sommets du G8 et du
G20 n’est probablement pas une solution durable
pour la gouvernance globale de ce début de 21ème
siècle. Le système doit encore émerger de son état
gazeux, pour reprendre l’expression de mon ami
Pascal Lamy. Ce qui semble certain en revanche,

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c’est que ce système devra comprendre trois pôles –
la légitimité, l’expertise et le leadership. Mais les
entités appartenant à chacun de ces pôles et les
relations entre ces pôles sont encore à définir, de
même que la façon d’assurer la cohérence de la prise
de décision.

Je l’ai dit, je suis convaincu que la légitimité est


principalement le fait des Nations Unies et de son
Assemblée générale. Mais, que dire du rôle du
Conseil de sécurité en matière de légitimité et de
leadership ? Que dire de l’ECOSOC ? Nombre de
questions sont encore ouvertes.

Qu’en est-il du leadership et du G20 ? Est-ce que le


G20 va s’émanciper de son rôle de ‘forum
prééminent pour la coopération économique
internationale’, titre qu’il s’est décerné lors du
sommet de Pittsburgh en 2009 pour étendre son
agenda aux questions de développement et de
gouvernance ? Est-ce qu’il va réussir à passer du
stade de ‘comité de crise’ à celui de ‘comité de

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direction’ ? Le G20 a des atouts pour jouer ce rôle de
leader global en complétant et en s’articulant avec
les Nations Unies. Il se réunit au niveau des chefs
d’Etat, ce qui lui donne une approche transversale
des problèmes, un aspect essentiel vu la nature des
grands défis globaux du moment et la nécessité
d’assurer la cohérence de la prise de décision.

Le G20 est en position de donner les impulsions


nécessaires pour surmonter la concurrence entre les
institutions spécialisées, telles que la Banque
mondiale, le FMI, l’OIT, la CNUCED, le PNUD, pour
ne citer que quelques-unes de celles qui sont actives
en matière économique et sociale, concurrence qui
parfois empêche la prise de décision. Quant à ces
institutions spécialisées, où les solutions sont de fait
élaborées puis mises en œuvre, dans quelles
mesures leur système de gouvernance est-il
représentatif ? Dans quelle mesure n’y a-t-il pas des
doublons ou des lacunes dans leurs mandats au
niveau sectoriel ? En complémentarité avec le G20,
l’Assemblée générale, avec son mandat large, a

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certainement aussi un rôle à jouer pour superviser le
travail de ces agences de façon à renforcer la
cohérence.

Afin de réfléchir sur ces questions de l’architecture et


du fonctionnement de la gouvernance globale, je
vais organiser en juin à New York un débat informel
de l’Assemblée générale. Je suis confiant que nos
échanges ce soir vont alimenter utilement la
réflexion que nous aurons à New York.

Mesdames et Messieurs,

Ma vision est donc celle de Nations Unies fortes avec


une Assemblée générale forte, qui doit être le forum
majeur pour le débat global. Cette condition remplie,
alors Genève, en tant que membre incontournable
de la famille onusienne, pourra jouer pleinement son
rôle de plateforme pour influencer et mettre en place
la gouvernance globale dans ses domaines
d’excellence, tels que les droits de l’homme, la
migration et le commerce.

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Je vous remercie de votre attention et je me réjouis
d’entendre vos commentaires, questions et
suggestions.

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