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La survie de l'homme dépend d'un équilibre de la satisfaction de ses besoins naturels et nécessaires Pour vivre il

doit manger pour reconstituer l'énergie que son corps a dépensé et retrouve les différents nutriments qui sont
indispensable à son corps mortel. Se nourrir lui est vital, comme tout être vivant engendré par la nature. Ainsi il
paraît évident que c'est la nature de l'homme qui lui dicte ce besoin, manger est un besoin naturel que l'homme doit
faire pour assurer la vie de son corps animal. Tous les hommes doivent restaurer leur corps et ce besoin est suivie
d'une satisfaction que l'instinct de conservation ordonne, l'homme en dépend. Cependant si l'homme et tout être
vivant ont en commun la nécessité de s'alimenter pour survivre, peut on pour autant mettre cette perception sur le
même pied d'égalité?
En effet l'animal cherche à satisfaire un besoin naturel en se nourrissant cependant il n'a pas conscience qu'il se
nourrit, cet un réflexe instinctif qui le pousse à chercher de quoi manger, l'animal ne sait pas qu'il se nourrit.
Par contre l'homme possède la particulier d'identifier consciemment son besoin de nourritures, il cherche ce qui serait
bon pour lui, il sait que se nourrir est vital. Le bébé tète sa mère par instinct, il ne se nourrit pas, il est nourri par sa
mère. C'est par l ‘éducation que l'homme apprend à manger, on lui enseigne ce qui est bon pour lui, il distingue avec
ses diverses expériences les goûts des aliments, il trouve des préférences dans certains aiment plutôt que dans
d'autres, les différents plats varient d'une société à l'autre. Se nourrir n'est plus uniquement instinctive il devient un
acte culturel où les préférences de l'individu entrent en compte dans le choix contrairement aux autres êtres
vivants. L'homme a conscience de sa nourriture, il la reconnaît et l'assimile à des critères de préférences. Se nourrir
ne dépend plus seulement de la nécessité mais également d'un certain plaisir.
Ainsi, il faut distinguer le besoin de l'envie, l'homme comme être mortel doit se nourrir mais comme être culturel il
exprime des goûts des préférences qui ne sont plus nécessaires à sa survie mais qui se dégage d'un environnement
donné et de l'expérience. On peut alors s'interroger si cette transformation d'un besoin naturel en besoin superficiel
est caractérisé par la conscience que l'homme possède des aliments? Si le goût nous caractérise culturel, ne peut
on pas objecter qu'il est issue lui même de notre nature par son origine sensible? Le plaisir n'est il pas le pont qui
mène notre nature à notre culture?

Première partie : Comment l'acte de se nourrir pourrait-il ne relever que de la nature ?

a) Pour pouvoir ne faire dépendre l'acte de se nourrir que de la nature, il faudrait d'abord pouvoir distinguer celle-ci
de la culture. Cette distinction est-elle vraiment possible ?
b) Certes, nous pourrions considérer le corps de l'homme comme un organisme défini par ses seules lois biologiques,
ayant des besoins naturels primaires, dont la faim. Dans ces conditions, se nourrir serait simplement satisfaire l'un
des besoins du corps au moyen de procédés adaptés : l'incorporation d'objets dont les qualités nutritionnelles
assurent la subsistance du vivant.
c) On trouve chez Rousseau une analyse apparemment voisine. Dans l'état de nature, précisément, Rousseau
imagine un homme dépouillé de « toutes les facultés artificielles qu'il n'a pu acquérir que par de longs progrès » ; «
en le considérant tel qu'il a dû sortir des mains de la nature, je vois, dit-il, un animal (...) organisé le plus
avantageusement de tous : je le vois se rassasiant sous un chêne, se désaltérant au premier ruisseau, trouvant son
lit au pied du même arbre qui lui a fourni son repas ; et voilà tous ses besoins satisfaits » (Discours sur l'origine de
l'inégalité, I, § 2).
Rousseau rêve ainsi d'une sorte de paradis perdu, où l'art de se bien nourrir n'est pas encore dénaturé par les
artifices des sociétés. Il sait bien que cet état « n'existe plus, n'a peut-être jamais existé, et probablement
n'existera jamais », mais il note que, dans cette hypothèse, « les désirs de l'homme ne passent pas ses besoins »,
et qu'il en va tout autrement aujourd'hui.

Deuxième partie : Du besoin alimentaire au désir

a) Freud, pour expliquer que l'homme est un être non de besoin mais de désir, tente cjp décrire sa généalogie. «
D'abord, les grands besoins du corps apparaissent (...). L'enfant qui a faim criera désespérément, ou bien s'agitera.
Mais la situation demeure la même [jusqu'à ce que], par suite d'une intervention étrangère, l'on acquière l'expérience
de la satisfaction qui met fin à l'excitation interne » (L'Interprétation des rêves, chap. VII, 3, P.U.F. p. 481). Le
désir surgit ici : lorsque le besoin réapparaît, l'enfant vise le retour de la satisfaction initiale, c'est-à-dire le retour
de la présence secourable, le retour d'autrui tel qu'il s'est manifesté dans un passé qui n'est plus et que rien, jamais,
ne pourra restaurer. Alors commence l'errance du désir. Mais, de façon plus générale, l'enfant, puis l'adulte restent
prisonniers de leur mère nourricière : se nourrir renvoie toujours aux expériences infantiles de satisfaction.
b) En ce sens, l'acte de se nourrir déborde, sans l'exclure, le fait biologique de la nutrition. L'assimilation par le
nourrisson de substances utiles inaugure d'abord une histoire psychologique, liée à l'histoire des relations avec le
premier objet d'amour, la mère nourricière (cf. les goûts et les dégoûts individuels, les habitudes alimentaires, la
boulimie ou l'anorexie, etc.). Mais cette valeur psychologique est déjà culturelle, au moins parce que les échanges
entre la mère et l'enfant sont plus ou moins définis par des habitudes sociales, des traditions, des coutumes.
c) Comment, alors, séparer le naturel du culturel? Il faut contester la formulation du sujet, puisque nous ne sommes
pas en présence d'une alternative ; se nourrir relève de la nature et de la culture.

Troisième partie : Se nourrir, acte culturel

a) Les repas traditionnels et certaines coutumes de notre culture ont même pu donner un exemple caractéristique
du principe qui règle les échanges fondamentaux à l'intérieur de toute culture, le principe des dons réciproques. Il y
a des biens, remarque Lévi-Strauss, qu'on ne consomme pas seul sans un vague sentiment de culpabilité : une
liqueur rare, un foie gras... De plus, on offre (à boire, etc.) et celui qui « reçoit » est tenu de « rendre » ; le

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