Vous êtes sur la page 1sur 3

La mondialisation et la solidarité sont-elles compatibles ou antinomiques ?

Mondialisation

Avant toute chose, la mondialisation est un mécanisme de "rapprochement", qui s’inscrit dans une
dynamique ancienne. Les grands découvreurs de la Renaissance (Magellan, Colomb, Amerigo, Cortez..),
la route de la soie, Marco Polo, tous les échanges commerciaux depuis la nuit des temps participent de ce
mouvement.

A l’ère industrielle, cette dynamique de la mondialisation a connu une accélération dans l’interaction des
échanges au niveau économique, et notamment grâce à des guerres mondiales (14/18, 39/45) ou
régionales (Viêtnam, guerre du golfe).
Cela se traduit par un élargissement de tous les marchés, des échanges commerciaux, de la diffusion de
pratiques communes (modèle entrepreneurial), de langue mondiale (anglais)…
De grands groupes capitalistes ont pu ainsi se constituer, en remodelant même la carte des nations, et les
soumettre à leurs objectifs de rentabilité sans frontières (exemple : proche orient et pétrole, colonialisme
africain..).

On peut également dire que la mondialisation, aussi appelée globalisation ; c'est la libre circulation, à
travers le monde, des capitaux, des informations, des produits et des marchandises.
Rendue possible par le développement et le moindre coût des transports et l'explosion de la circulation des
données informatiques, cette globalisation des marchés et de la communication a entraîné une
accélération des échanges de tout ordre qui a été définit par le terme de « libre échange »

Ce libre échange s'est concrétisé par la création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui
regroupe actuellement 148 pays, démontrant ainsi la volonté de faire du commerce international un pivot
du développement économique.
Et force est de constater que le niveau de vie s’est accru dans les pays industrialisés, mais souvent au
détriment des pays en voie de développement, avec pour conséquence un refus du libéralisme de la part
de certains états qui réclament une régulation équitable et s’inquiètent d’une dégradation de
l’environnement.
Le libre-échange a permis à des pays dits émergents tels, par exemple, la Chine, l’Inde ou le Brésil de
connaître un véritable décollage économique et d’enregistrer une augmentation considérable de leur PIB.
Dans un rapport d’Avril 2009, sur la lutte contre la pauvreté en Chine, la Banque mondiale écrit que le
résultat est étonnamment positif. La partie de la population chinoise qui vit sous le seuil de pauvreté est
retombée de 65 pour cent en 1981 à 4 pour cent aujourd’hui. Cela représente une diminution d’un demi-
milliard d’êtres humains.

Des centaines de millions d’habitants de ces pays sont passés de la misère ou même de la malnutrition à
la pauvreté. En même temps, dans ces mêmes pays quelques millions d’entrepreneurs de cadres et
surtout des spéculateurs sont devenus riches ou très riches. Une classe moyenne, au sens occidental du
terme c'est-à-dire ayant accès aux logements et équipements modernes, s'est développée.

Au total, sur plus de 6 milliards d’habitants dans le monde, un peu plus d’1 milliard sont riches, environ 2
milliards des classes relativement moyennes aspirent à le devenir, à peu près 2 milliards sont pauvres et le
reste, soit un peu plus ou un peu moins de 1 milliard ne mangent toujours pas à leur faim.
Le nombre de miséreux n’a diminué qu’en pourcentage compte tenu de l’augmentation de la population
totale. Par contre l’écart entre les pauvres et les riches et surtout avec les très riches s’est fortement accru.
Ainsi par exemple, la prospérité chinoise n’a été acquise que parmi les populations côtières, au détriment
des populations paysannes, qui constituent une variable d’ajustement corvéable à merci.

Dans la poursuite de l'OMC, des structures mondiales ont vu le jour avec pour objectif d’assurer une
régulation des capitaux.

Le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont ainsi pour objectif de stabiliser
l’économie et les désordres monétaires, tout en accordant des prêts aux pays en difficultés.
Mais les mesures prises par ces organismes sont souvent comparables a des remèdes de cheval.
Les gouvernements de ces pays sont obligés d’accepter des conditions draconiennes sensées lutter contre
la corruption et la pauvreté. Et ce sans que les citoyens de ces pays aient leur mot à dire sur la méthode et
sur ses conséquences pour les plus démunis.
Sur le plan de la communication, la diffusion mondiale des chaînes de télévision et d’internet ont permis à
toute la population équipée de la planète d’accéder à l’information du monde entier et donne à voir le mode
de vie des populations aisées des pays avancés. C’est ainsi que la transition démographique, c'est-à-dire
la baisse du nombre d’enfants par femme dans les pays pauvres doit certainement autant à la télé qu’à
l’accroissement des revenus. Dans le même temps d'autres se servent des réseaux de communication
pour optimiser leurs placements en s’exonérant d’acquitter les cotisations et taxes de leur pays de
résidence.

Voilà le paradoxe d'une mondialisation qui enrichit certains y compris des trafiquants de tous ordres (de
drogue, d’armes, de contrefaçons (de médicaments par ex) de cigarettes, même des pourvoyeurs de
travailleurs clandestins, et qui dans le même temps en installe d’autres dans la misère.

Paradoxe encore de l’écart qui se creuse entre les riches et les pauvres au niveau mondial et qui s’est
aussi accentué au sein des sociétés développées. Si les pauvres sont un peu moins pauvres et les riches
de plus en plus riches, le nombre des exclus, ceux qui n’ont ni travail ni logement assurés est en forte
augmentation. Avec des conséquences sur les finances publiques dont une partie importante des moyens
financiers est consacrée à un rééquilibrage en matière économique.
Sur le plan écologique, la mondialisation entraîne aussi des désordres.
Les risques climatiques qu’elle génère impose à tous les Etats, comme à tous les individus, un
comportement économe, précautionneux et responsable.
On voit à l’œuvre un double et paradoxal mouvement qui, d’un côté permet un rapprochement des
hommes via des moyens de communication de plus en plus développés, et en sens inverse, fragmente les
sociétés. Dans ce contexte d’une société postindustrielle, la solidarité ne va plus de soi. Elle ne devrait pas
concerner que ses semblables mais aussi, et c’est un défi, devrait élargir son horizon pour se préoccuper
des plus lointains et différents habitants de la planète.

Solidarité

La mondialisation n’a donc pas mis fin à la faim dans le monde, n’a pas permis l’alphabétisation de tous,
n’a pas permis l’accès à la démocratie. Les chantiers ne manquent pas qui requièrent une plus intense
solidarité. Ce qui est nouveau c’est que cette solidarité doit, elle aussi être globalisée. Il ne faut plus
seulement être solidaire de celui que l’on connait, que l’on fréquente, avec qui on travaille, à côté de qui on
habite. Il faut se sentir solidaire de cet être lointain et différent avec lequel nous affrontons les mêmes
risques. En effet, nous sommes arrivés à une société en voie de fragmentation. Ce monde globalisé a
pourtant un immense besoin de solidarité.
En premier lieu les mieux placés pour assurer cette solidarité sont les responsables politiques qui peuvent
tenter de faire pression sur les grands groupes pour qu'ils comprennent que tout ne doit pas être ramené à
la notion de profit maximum, qui est une vue à court terme qui ne peut que précipiter la fin de l'humanité.
En fait, la question ne se pose pas en ces termes: compatibilité ou antinomie mais plutôt: mondialisation =
échec sans solidarité et mondialisation= succès avec solidarité.

Etre solidaire, c’est partager les bénéfices tout comme les risques d’une politique économique, ceci d’une
manière équitable, tout en préservant la souveraineté de chacun des pays partenaires. La voie de la
solidarité devrait être le levier fondamental de nos institutions onusiennes afin qu’elles ne se détournent
pas de leur objectif unique de croissance et de lutte contre la pauvreté.

D'ailleurs la mondialisation a suscité la volonté de réduire les inégalités, on a inventé le principe d'un
commerce équitable, des organisations non gouvernementales ont vu le jour et essayer de lutter contre les
inégalités, citons :
− Amnesty international en 1961
− MSF en 1967
− Puis plus récemment : Greenpeace pour l'écologie et même sur le plan financier le micro-crédit,

Cette solidarité que le dictionnaire définit par : un sentiment qui pousse les hommes à s'accorder une aide
mutuelle mais aussi la DEPENDANCE ou entraide MUTUELLE entre les hommes. Cette solidarité dans
son versus philosophique a donné la doctrine du solidarisme qui s'oppose à l'individualisme et à
l’égoïsme. Le solidarisme vise à instaurer un système de protection et de garanties contre les aléas de la
vie.
Alors comment peut s'exprimer cette solidarité, ce solidarisme ?

Est-ce ce qu'une gouvernance mondiale avec une dimension sociale forte ne permettrait pas d'arriver à un
équilibre entre finance/revenus/travail/solidarité. Cette gouvernance est appelée de ses vœux par de
nombreuses organisations qui considèrent que les mesures prises au cas par cas ne suffisent plus à
endiguer les écarts trop nombreux entre pays riches et pays pauvres ; possesseurs de biens et simples
travailleurs que la mondialisation a généré.

Une gouvernance fonctionne sur la base de 3 postulats :

- une volonté politique


- un projet et un objectif clair partagés par tous, en l'occurrence la solidarité
- une institution politique garante de l'utilisation des moyens et responsable des résultats obtenus,

La mondialisation est ainsi de l'ordre d'une dynamique du vivant. Dans un environnement donné, le
principe du vivant est de croître, se multiplier, occuper l'espace disponible, afin d'en recenser et d'en
exploiter les biens utiles à sa survie.

La solidarité est l'ordre de la dynamique sociale. Les ressources naturelles peuvent se tarir (chacun peut
directement commencer à le constater). L'espace disponible cesse de croître (Ainsi les conquêtes spatiales
n’ont pas débouchées sur la découverte de nouvelles terres habitables…). Des problèmes toujours plus
complexes nécessitent de nouveaux modes d'organisation solidaires (origines des systèmes coopératifs,
mutualistes, associatifs...) et de nouvelles technologies (internet...).

Mondialisation et solidarité sont deux moteurs essentiels du développement de nos sociétés humaines

Nous pourrions conclure par cette planche sur l’énoncé de cette idée :

Mondialisation/solidarité, Ce n'est ni le principe "moins de biens, plus de liens" (prônés par les
décroissants), ni évidemment "plus de biens, moins de liens" (prônés par les ultralibéraux); mais plutôt le
principe "plus de biens, plus de liens".