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36 | Les missions en 

BIM

« Sans empiéter sur le territoire de l’autre, nous avons besoin de dépasser un peu nos disciplines et de
partager nos exigences métier, le tout dans le respect du savoir-faire de chacun qui sera alors reconnu. »
Cette réflexion de Marie-Claire Coin (Eiffage Construction) dans le cadre d’un entretien
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accordé à Mediaconstruct1 nous paraît adéquate pour illustrer la situation et les enjeux.
Le « décor » est ainsi posé et, avant d’entamer l’intrigue, nous évoquerons le rôle et la posture
des principaux acteurs d’une opération de construction (3.1).
Puis, pour mesurer l’impact du BIM sur les missions des acteurs de l’opération, seront rappe-
lées les missions traditionnelles dans le cadre d’un schéma « classique » (3.2).
Nous envisagerons ensuite lesdites missions traditionnelles dans un processus BIM (3.3).
Enfin, nous aborderons les missions/fonctions nouvelles générées par l’usage de ce
processus (3.4).

3.1 Les acteurs d’une opération de construction


ou d’aménagement
Si une opération de construction ou d’aménagement s’articule principalement autour des
trois grandes fonctions que sont la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre et l’entreprise, elle
fait également appel à d’autres acteurs qui interviennent soit ponctuellement soit transversa-
lement à l’acte de construire.

3.1.1 La maîtrise d’ouvrage


Le maître d’ouvrage est la personne physique ou morale pour le compte de laquelle le projet
(de construction ou d’aménagement) est conçu puis les travaux de réalisation sont exécutés.
Il en est le commanditaire et celui qui en supporte le coût financier.
Son premier rôle est de définir ses besoins, lesquels s’exprimeront dans le programme de
construction, et ses exigences en matière de prix, de délais, de qualité.
Il passe les contrats avec les différents intervenants de l’opération de construction, exerce son
pouvoir général de direction et de contrôle pendant leur exécution et procède à la réception
de l’ouvrage, après l’achèvement des travaux.
Le maître d’ouvrage peut être :
• une personne physique : particuliers, société civile, etc. ;
• une personne morale de droit privé  : maîtres d’ouvrage qui font construire pour leur
propre compte ou professionnels qui font construire en vue de la revente (vendeur,
promoteur) ;
• une personne morale de droit public : État, collectivités locales, établissements publics,
etc.
Lorsque le maître d’ouvrage est une personne morale de droit public, son rôle et ses missions
sont définis précisément par la loi MOP n° 85-704 du 12 juillet 1985 dont les dispositions
sont d’ordre public :

1. Publiée sur le site de Mediaconstruct en date du 23 novembre 2015


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« Le maître de l’ouvrage est la personne morale, mentionnée à l’article premier [de la loi n° 85-704 du 12 ­juillet 1985
modifiée relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée], pour laquelle
l’ouvrage est construit. Responsable principal de l’ouvrage, il remplit dans ce rôle une fonction d’intérêt général
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dont il ne peut se démettre.


Il lui appartient, après s’être assuré de la faisabilité et de l’opportunité de l’opération envisagée, d’en détermi-
ner la localisation, d’en définir le programme, d’en arrêter l’enveloppe financière prévisionnelle, d’en assurer le
financement, de choisir le processus selon lequel l’ouvrage sera réalisé et de conclure, avec les maîtres d’œuvre et
entrepreneurs qu’il choisit, les contrats ayant pour objet les études et l’exécution des travaux. »

Cette loi institue des obligations légales qui s’imposent au maître d’ouvrage public :
• le maître d’ouvrage ne peut renoncer à exercer sa fonction ;
• le maître d’ouvrage a l’obligation de rédiger le programme de l’opération  ; dans cette
tâche, il peut se faire assister (en particulier par un programmiste) mais il reste toujours le
seul responsable du programme vis-à-vis de la maîtrise d’œuvre ;
• pour les ouvrages de bâtiments, le maître d’ouvrage a l’obligation de confier au maître
d’œuvre une mission minimale, dite « de base » ;
• sauf exception, le maître d’ouvrage ne peut confier à la fois les missions de maîtrise
d’œuvre et d’entrepreneur à une même entité.
À noter : les dispositions de la loi MOP s’appliquent à tous les maîtres d’ouvrage publics mais
aussi à certains maîtres d’ouvrage privés. Son article 1er définit son champ d’application. Les
personnes morales de droit privé visées par la loi MOP sont (article 1er) :
• les organismes privés mentionnés à l’article L.124-4 du code de la sécurité sociale (orga-
nismes privés assurant la gestion d’un régime obligatoire d’assurance maladie, vieillesse,
maternité, invalidité, décès, veuvage, accidents de travail, de maladies professionnelles ou
de prestations familiales) ainsi que leurs unions ou fédérations ;
• les organismes privés d’habitations à loyer modéré mentionnés à l’article L.411-2 du code
de la construction et de l’habitation (offices publics de l’habitat –  OPH, SA  d’HLM,
SA  coopératives de production, SA  coopératives d’intérêt collectif d’HLM, fondation
d’HLM), pour les logements à usage locatif aidés par l’État qu’ils réalisent ;
• les sociétés d’économie mixte pour les logements à usage locatif aidés par l’État qu’elles
réalisent.
Le maître d’ouvrage peut :
• déléguer, par mandat, l’exercice de ses fonctions à un tiers : le maître d’ouvrage « délégué »
(MOD). Mandataire du maître d’ouvrage, le maître d’ouvrage délégué conduit l’opéra-
tion de construction pour le compte de ce dernier ;
• se faire assister dans l’exercice de sa mission par un tiers : l’assistant au maître d’ouvrage
(AMO).
(Voir ci-après la définition du MOD et de l’AMO.)

3.1.2 La maîtrise d’œuvre


La fonction de maîtrise d’œuvre est exercée par une personne chargée par le maître d’ouvrage
de concevoir architecturalement, techniquement et économiquement l’ouvrage en respectant
le programme défini par le maître d’ouvrage, de diriger et contrôler l’exécution des travaux et
d’assister le maître d’ouvrage lors de la réception et pendant l’année de parfait achèvement.
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Les fonctions du maître d’œuvre sont diverses et, pour une opération donnée, la maîtrise
d’œuvre est généralement composée de professionnels disposant chacun de compétences
techniques spécifiques : architectes, ingénieurs-conseils, bureaux d’études techniques, écono-
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mistes…
Le « groupement de maîtrise d’œuvre » réunit, selon les opérations, certains ou l’ensemble de
ces intervenants en cotraitance dans le cadre contractuel qui les lie au maître d’ouvrage.
Le maître d’œuvre peut être une personne physique ou morale, publique ou privée.
Pour une opération de construction d’un ouvrage public, la maîtrise d’œuvre est définie dans
les textes suivants.
• La loi MOP dont l’article 7 dispose que :

« Le maître d’œuvre est la personne de droit privé ou le groupement de personnes de droit privé qui doit per-
mettre d’apporter une réponse architecturale, technique et économique au programme mentionné à l’article 2
de la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 modifiée relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec
la maîtrise d’œuvre privée. »

La loi MOP établit plusieurs principes fondamentaux applicables à l’exercice de la mission


de maîtrise d’œuvre :
–– la mission de maîtrise d’œuvre est distincte de celle d’entrepreneur ;
–– la définition du contenu de la mission de maîtrise d’œuvre est séquencée par éléments
de missions  : esquisse (ESQ), avant-projet sommaire (APS), avant-projet définitif
(APD), projet (PRO), assistance pour la passation des contrats de travaux (ACT),
études d’exécution (EXE), visa, direction de l’exécution des travaux (DET), ordon-
nancement-pilotage-coordination (OPC), assistance aux opérations de réception
(AOR) ;
–– pour les ouvrages de bâtiment, une mission minimale dite « de base », devant faire
l’objet d’un contrat unique et dont les éléments ne peuvent être scindés, est obliga-
toire. Le contenu de cette mission de base, fixé par catégories d’ouvrages conformé-
ment à l’article  10, doit permettre au maître d’œuvre de réaliser la synthèse
architecturale des objectifs et des contraintes du programme, et de s’assurer du respect,
lors de l’exécution de l’ouvrage, des études qu’il a effectuées ; au maître d’ouvrage de
s’assurer de la qualité de l’ouvrage et du respect du programme, et de procéder à la
consultation des entrepreneurs, notamment par lots séparés, et à la désignation du
titulaire du contrat de travaux.
• Les textes relatifs à la commande publique. Le code des marchés publics (décret n° 2006-
975 du 1er  août 2006, abrogé mais applicable aux marchés en cours de passation ou
d'exécution au 30 mars 2016) définit l’objet des marchés de maîtrise d’œuvre :

Article 74-I
« I. Les marchés de maîtrise d’œuvre ont pour objet, en vue de la réalisation d’un ouvrage ou d’un projet
urbain ou paysager, l’exécution d’un ou plusieurs éléments de mission définis par l’article 7 de la loi du 12 juil-
let 19851 susmentionné et par le décret du 29 novembre 19932 susmentionné. »

1. www.legifrance.gouv.fr
2. www.legifrance.gouv.fr
Les acteurs d’une opération de construction ou d’aménagement | 39

• Le décret n° 2016-360 relatif aux marchés publics du 25 mars 20161 est entré en vigueur
depuis le 1er avril 2016 et se substitue au code des marchés publics pour tous les marchés
lancés à compter de sa date d’entrée en vigueur. Son article  90 reprend la définition
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précitée de l’article 74 du code des marchés publics.


• Le CCAG travaux. Selon l’article 2 du CCAG travaux 2009 (approuvé par l’arrêté du
8 septembre 2009, publié au JORF n° 0227 du 1er octobre 2009, page 15907, texte n° 16) :

« Le maître d’œuvre est la personne physique ou morale, publique ou privée, qui, en raison de sa compétence
technique, est chargée par le maître de l’ouvrage ou son mandataire, afin d’assurer la conformité architectu-
rale, technique et économique de la réalisation du projet objet du marché, de diriger l’exécution des marchés
de travaux, de lui proposer leur règlement et de l’assister lors des opérations de réception ainsi que pendant
la période de garantie de parfait achèvement. Les documents particuliers du marché mentionnent le nom et
l’adresse du maître d’œuvre. Si le maître d’œuvre est une personne morale, il désigne la personne physique qui
a seule qualité pour le représenter, notamment pour signer les ordres de service. »

Le maître d’œuvre peut sous-traiter une partie des missions qui lui sont confiées par le maître
d’ouvrage, à la condition de respecter les dispositions d’ordre public de la loi n° 75-1334 du
31 décembre 1975 relative à la sous-traitance qui imposent l’acceptation du sous-traitant et
l’agrément de ses conditions de paiement par le maître d’ouvrage.
À noter en outre que l’architecte est tenu par les dispositions de l’article 37 du code des
devoirs professionnels applicable à sa profession (décret n°  80-217 du 20 mars 1980)  :
« L’architecte ne peut ni prendre ni donner en sous-traitance la mission définie à l’alinéa 2 de
l’article 32 de la loi sur l’architecture du 3 janvier 1977. »
Cette disposition de la loi de 1977 sur l’architecture dispose : « Le projet architectural mentionné
ci-dessus définit par des plans et documents écrits l’implantation des bâtiments, leur composition,
leur organisation et l’expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. »
Le sous-traitant (même régulier) n’a pas de lien contractuel avec le maître d’ouvrage. Il
convient donc d’être attentif et vigilant pour lui rendre applicables les modalités spécifiques
d’exécution de l’opération susceptibles de le concerner directement ou indirectement, notam-
ment celles relatives au BIM.

3.1.3 L’entrepreneur
L’entrepreneur est la personne physique ou morale chargée par le maître d’ouvrage d’exécuter
les travaux, sous la direction du maître d’œuvre.
Il peut s’agir :
• d’une entreprise générale, qui se voit confier l’exécution de l’intégralité des travaux (le
maître d’ouvrage confie un contrat unique à un seul prestataire qui se charge de la totalité
des travaux directement ou le plus souvent pour partie en sous-traitance, à la condition de
respecter les dispositions d’ordre public de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 rela-
tive à la sous-traitance) ;

1. Pris sur le fondement de l’ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 et transposant le volet réglementaire des
directives 2014/24/UE et 2014/25/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014
2. www.legifrance.gouv.fr
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• ou d’une entreprise titulaire d’un, voire plusieurs, lots (le maître d’ouvrage passe alors
autant de contrats qu’il existe de lots, plusieurs lots pouvant être confiés à une même
entreprise si celle-ci réunit plusieurs compétences).
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Les prestataires intervenant en sous-traitance exécutent une partie des travaux confiés à l’en-
treprise dite « principale » chargée par le maître d’ouvrage de l’exécution des travaux ; l’entre-
prise sous-traitante n’est donc pas liée par un contrat au maître d’ouvrage, elle est liée à
l’entreprise principale qui lui sous-traite les travaux. Comme pour la maîtrise d’œuvre (et
d’ailleurs plus généralement pour toutes les sous-traitances opérées par des intervenants quels
qu’ils soient), ce schéma doit être pris en compte afin de veiller à rendre opposables aux sous-
traitants concernés (c’est-à-dire à s’assurer qu’ils les respecteront) les éventuelles modalités
particulières d’exécution arrêtées (notamment celles attachées au processus BIM).
On parle de groupement d’entreprises lorsque plusieurs entrepreneurs forment ensemble une
équipe afin de se voir confier, par contrat unique, l’ensemble des lots nécessaires à l’exécution
des travaux de l’ouvrage.
L’entreprise est chargée de réaliser les travaux dans les conditions stipulées par le marché,
c’est-à-dire conformément à un descriptif accepté, pour le prix convenu et dans le délai
convenu.

3.1.4 Les autres intervenants de l’opération de construction


Aux côtés du maître d’ouvrage, du maître d’œuvre et de l’entreprise, une opération de
construction est susceptible, du fait de sa nature et de ses caractéristiques, voire de sa
complexité technique ou fonctionnelle, de nécessiter la participation d’autres intervenants,
lesquels auront pour rôle soit d’assister le maître d’ouvrage dans l’exercice de ses fonctions,
soit d’intervenir à une étape particulière du processus de l’opération, eu égard à une compé-
tence technique spécifique requise par le maître d’ouvrage ou exigée par la loi. Il s’agit princi-
palement des acteurs suivants :
• I.4.1. Le maître d’ouvrage délégué (MOD)
• I.4.2. L’assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO)
• I.4.3. Le programmiste
• I.4.4. Le géomètre expert
• I.4.5. Le contrôleur technique (bureau de contrôle)
• I.4.6. Le coordinateur SPS
• I.4.7. Le coordinateur SSI
• I.4.8. Le conducteur d’opération
• I.4.9. L’OPC

3.1.4.1 Le maître d’ouvrage délégué (MOD)


Le maître d’ouvrage délégué est la personne ou l’entité à laquelle le maître d’ouvrage donne
mandat d’exercer en son nom et pour son compte tout ou partie de ses responsabilités et
prérogatives de maître d’ouvrage.
Le MOD intervient en qualité de mandataire du maître d’ouvrage et non en qualité de simple
conseiller de celui-ci. En lieu et place du maître d’ouvrage, le MOD est ainsi généralement
chargé de préparer et de signer les différents contrats, de choisir les entreprises et les fournis-
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seurs, de la gestion financière et administrative de l’opération. Le contrat (passé entre le


MOD et le maître d’ouvrage) définit ainsi les tâches que le MOD va exercer au nom et pour
le compte du maître d’ouvrage et les conditions dans lesquelles le MOD doit rendre compte
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au maître d’ouvrage de l’exercice de sa mission.


Dans les opérations de construction privée, les contrats de promotion immobilière (CPI), de
vente en l’état futur d’achèvement (VEFA) et de construction de maison individuelle (CCMI)
constituent des contrats de mandat par lesquels le maître d’ouvrage (l’acquéreur) confie à un
professionnel (le promoteur, le vendeur, le constructeur) la construction de son bien, en son
nom et pour son compte.
S’agissant des opérations de construction d’ouvrages publics, le recours à un MOD est stricte-
ment encadré par la loi MOP qui impose notamment l’établissement d’une convention de
mandat dont le contenu est défini par la loi tant en ce qui concerne les mentions impératives
à y faire figurer que les attributions qui peuvent être confiées au MOD par le maître d’ouvrage.
Le MOD sera, pour les tâches qui lui sont attribuées, l’interlocuteur des autres intervenants,
acteurs de la construction missionnés par le maître d’ouvrage à cet effet.

3.1.4.2 L’assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO)


Sans déléguer sa fonction à un MOD, le maître d’ouvrage peut ressentir la nécessité, par
manque de compétence pour mener une opération de construction ou dans un domaine spéci-
fique, de faire appel à un tiers pour l’aider à exercer et assumer son rôle de maître d’ouvrage.
L’assistant à maîtrise d’ouvrage est donc la personne physique ou morale chargée par le maître
d’ouvrage de le conseiller, de formuler des propositions, de l’appuyer dans ses fonctions,
généralement dans un domaine technique particulier. Les missions confiées à l’AMO peuvent
ainsi être très diverses, en fonction des compétences recherchées par le maître d’ouvrage  :
conseils dispensés au maître d’ouvrage dans les phases de programmation, dans le montage
juridique du projet, dans la passation et la négociation du contrat de maîtrise d’œuvre, au
stade de l’exécution des travaux et lors de la réception, dans le suivi financier de l’opération,
analyses et conseils sur des aspects particuliers de l’opération (par exemple la HQE), etc. Le
maître d’ouvrage ne recourt en principe à un AMO que pour pallier son défaut de compé-
tence technique. Les opérations complexes justifient pleinement, pour le maître d’ouvrage, le
recours à un AMO.
AMO et MOD ne doivent pas être confondus : à la différence du MOD, l’AMO ne repré-
sente jamais le maître d’ouvrage ; sa mission est limitée à un rôle de conseil et il n’intervient
jamais au nom et pour le compte de ce dernier. Ainsi, l’AMO ne prend jamais de décision à
la place du maître d’ouvrage ni ne signe les contrats ou les ordres de service, courriers, etc. à
la place du maître d’ouvrage.

3.1.4.3 Le programmiste
L’acte de construire un équipement, d’aménager un espace public, de réhabiliter un bâti-
ment… ne répond pas à une science exacte. Il se développe au contraire dans un mode prévi-
sionnel, où l’évaluation de la situation et des besoins prend une part importante : la démarche
de programmation cherche à répondre à cette réalité. Cerner les attentes d’un maître d’ou-
vrage, d’un usager, évaluer des surfaces, définir le niveau de qualité du projet, envisager sa
gestion, estimer des coûts d’opération… tels sont les objectifs de la démarche qui vise à
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maîtriser le projet depuis « l’intention de faire » jusqu’à sa réalisation et au-delà. Cette prise
en compte d’un maximum de paramètres, le plus en amont possible, participe à garantir la
réussite et la qualité du projet en ce sens qu’il apportera la réponse la plus adaptée à des objec-
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tifs au préalable correctement circonscrits.


Le programmiste est ainsi la personne physique ou morale, publique ou privée, qui va assister
le maître d’ouvrage dans la définition du programme de l’opération.
Cette phase est utile voire indispensable pour toutes les opérations (notamment d’une certaine
importance), qu’elles soient privées ou publiques.
En outre, pour les opérations de construction d’un ouvrage relevant de la loi MOP, la défini-
tion du programme est une obligation pour le maître d’ouvrage. Sans se départir de cette
obligation ni la déléguer, il peut se faire assister par un professionnel compétent (en ce sens,
le programmiste exerce auprès du maître d’ouvrage une mission d’AMO).
Selon la MIQCP (Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques), la
programmation permet au maître d’ouvrage de définir sa commande (en fonction de ses
objectifs et de ses moyens) et de la maîtriser tout au long du processus de réalisation opéra-
tionnelle, pour aboutir à un projet satisfaisant tant qualitativement que techniquement.
Le rôle du programmiste est :
• d’aider le maître d’ouvrage à exprimer et justifier son objectif opérationnel et à définir les
conditions (sociales, urbaines, financières, de calendrier, partenariales, choix du montage
opérationnel…) de sa mise en œuvre ;
• de formaliser une demande pertinente et équilibrée pour le décideur politique, à l’issue de
l’analyse des avantages et des inconvénients de chaque paramètre et option possible.

3.1.4.4 Le géomètre expert


Le géomètre expert est le seul habilité par la loi à dresser les plans et les documents topogra-
phiques à incidence foncière.
Il est le professionnel qui identifie, délimite, mesure, évalue la propriété immobilière publique
ou privée, bâtie ou non, tant à la surface qu’en sous-sol, ainsi que les travaux qu’on y exécute.
Il organise son enregistrement et celui des droits réels attachés.
Par extension, il étudie, projette et dirige l’aménagement ou l’amélioration foncière, rurale ou
urbaine. En synthèse, le géomètre expert établit différentes mesures touchant les propriétés
foncières (non bâties et bâties).
Environ 3 000 géomètres exercent en France au sein de cabinets de géomètres experts (orga-
nisés en ordre depuis 1946, l’ordre des géomètres experts1, OGE), de bureaux d’études des
entreprises du bâtiment, de sociétés de topographie, dans le secteur industriel.

3.1.4.5 Le bureau de contrôle


Le bureau de contrôle (ou contrôleur technique) est un organisme missionné par le maître
d’ouvrage dans le but de veiller à l’application des règles garantissant la solidité des ouvrages
et la sécurité des personnes fréquentant les constructions, ainsi que toutes autres règles appli-
cables au projet suivant ses caractéristiques.

1. www2.geometre-expert.fr/
Les acteurs d’une opération de construction ou d’aménagement | 43

L’intervention du bureau de contrôle vise à la prévention des risques en améliorant la qualité


technique des constructions, leur solidité, ainsi que la sécurité des personnes.
La mission de contrôle technique en construction est ainsi définie à l’article  L.111-23 du
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Code de la Construction et de l'Habitation (CCH) : « Le contrôleur technique a pour mission


de contribuer à la prévention des différents aléas techniques susceptibles d’être rencontrés dans la
réalisation des ouvrages. Il intervient à la demande du maître de l’ouvrage et donne son avis à ce
dernier sur les problèmes d’ordre technique, dans le cadre du contrat qui le lie à celui-ci. Cet avis
porte notamment sur les problèmes qui concernent la solidité de l’ouvrage et la sécurité des
personnes. »
Il s’agit d’une activité réglementée, réalisée par des sociétés agréées, incompatible avec l’exer-
cice de toute activité de conception, d’exécution ou d’expertise d’un ouvrage (article L.111-25
du CCH), afin de garantir au maître d’ouvrage un contrôle indépendant.
Dans l’exercice de sa mission, le bureau de contrôle doit d’une part vérifier la conformité des
solutions proposées par le maître d’œuvre ou le BET de l’entreprise avec la réglementation en
vigueur, d’autre part suivre leur mise en œuvre sur le chantier. Cependant, il ne prescrit pas
de solution.
Le contrôle technique fait également l’objet de dispositions qui figurent aux articles L.111-23
à L.111-26 et R.111-29 à R.111-42 du code de la construction et de l’habitation et de dispo-
sitions réglementaires et normatives : cahier des clauses techniques générales (décret n° 99-443
du 28 mai 19991) et norme AFNOR NF P03-100 du 20 septembre 1995.
Le bureau de contrôle exerce sa mission dès la conception, pendant toute la phase de construc-
tion et jusqu’à la réception de l’ouvrage.

3.1.4.6 Le coordinateur SPS


Le coordinateur SPS (sécurité protection de la santé) intervient sur les chantiers de bâtiment
ou de génie civil faisant appel simultanément à plusieurs entrepreneurs ou travailleurs indé-
pendants. Le coordinateur  SPS doit prévenir les risques issus de leur coactivité et prévoir
l’utilisation de moyens communs sur le chantier concerné.
Le code du travail prévoit un certain nombre de dispositions concernant la coordination des
mesures de prévention pour les opérations de bâtiment et de génie civil (articles R.4532-1
à R.4532-98).

3.1.4.7 Le coordinateur SSI


La mission du coordinateur  SSI (système de sécurité incendie) a pour objectif global de
garantir la cohérence de l’installation au regard de la réglementation et ce dans toutes les
phases du projet.
Une mission de coordination SSI implique : en phase conception, la rédaction du cahier des
charges fonctionnel du SSI après analyse des besoins du maître d’ouvrage ; en phase réalisa-
tion, le respect du cahier des charges et le suivi des essais fonctionnels du SSI, ainsi que l’éta-
blissement du PV de réception technique.

1. www.legifrance.gouv.fr
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3.1.4.8 Le conducteur d’opération


Le conducteur d’opération est une personne à laquelle peut recourir le maître d’ouvrage pour
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une assistance générale à caractère administratif, financier et technique.


La loi MOP définit la conduite d’opération comme une mission « d’assistance générale à carac-
tère administratif, financier et technique ».
Le conducteur d’opération exerce une mission d’AMO.

3.1.4.9 L’OPC
L’ordonnancement, la coordination et le pilotage du chantier (OPC) forment une mission de
maîtrise d’œuvre qui a pour objet :
• l’ordonnancement  : c’est-à-dire l’analyse des tâches élémentaires portant sur les études
d’exécution et les travaux, la détermination de leurs enchaînements ainsi que de leur
chemin critique par des documents graphiques ;
• la coordination : il s’agit d’harmoniser dans le temps et dans l’espace les actions des diffé-
rents intervenants au stade des travaux ;
• le pilotage : au stade des travaux et jusqu’à la levée des réserves dans les délais impartis
dans le ou les contrats de travaux, le pilote met en application les diverses mesures d’orga-
nisation arrêtées au titre de l’ordonnancement et de la coordination1.
Cette mission peut être confiée à la maîtrise d’œuvre ou à un intervenant tiers indépendant
de celle-ci et de l’entreprise.

3.2 Les missions traditionnelles dans un schéma


« classique »
L’identification des acteurs d’une opération de construction ou d’aménagement et de leur rôle
conduit logiquement au rappel des missions qui leur sont traditionnellement confiées, soit en
application de dispositions légales et réglementaires obligatoires, soit simplement de manière
pragmatique, pour répondre aux besoins de la conception et de la réalisation de l’opération
en fonction de ses caractères propres et au fur et à mesure de son avancement.
Dans les marchés en général et a fortiori dans ceux passés à l’occasion des opérations de
construction et d’aménagement (notamment ceux relatifs aux fonctions de maîtrise d’œuvre
ou encore dans les marchés de travaux), un des éléments essentiels de la relation contractuelle
qui se noue entre les cocontractants est la définition de la prestation à fournir ; il s’agit de
déterminer (dans l’intérêt des deux signataires) ce que doit fournir l’une des parties en termes
de prestations intellectuelles, de services et/ou matérielles ainsi que, selon les cas, les moda-
lités d’exécution de ces prestations, à charge pour l’autre partie de la rémunérer corrélative-
ment selon des modalités également définies.

1. Source : décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d’œuvre confiées par des
maîtres d’ouvrage publics à des prestataires de droit privé, article 10
Les missions traditionnelles dans un schéma « classique » | 45

Les marchés et contrats dont il est question constituent des conventions, au sujet desquelles
l’article 1134 du code civil dispose :
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« Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.
Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise.
Elles doivent être exécutées de bonne foi. »

À noter qu’au terme de la réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des
obligations (ordonnance 2016.131 du 10 février 2016) et à compter du 1er octobre 2016, il
sera substitué à cette disposition la suivante :

« Art. 1193 : les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour
les causes que la loi autorise. »

On mesure ainsi l’importance des dispositions relatives aux contenus des missions.
En marché privé, les parties négocient librement les modalités d’exécution et le contenu des
missions.
Dans une double limite toutefois :
• celle des contraintes liées au respect des règles de droit commun régissant les contrats et
des dispositions applicables en matière de construction (code de la construction et de
l’habitation, code de l’urbanisme…) ;
• celle de la réalité matérielle et des besoins de l’opération en termes fonctionnels.
En marché public, la loi MOP1 et ses décrets et arrêtés d’application de 19932 fixent en
revanche un cadre à respecter pour ce qui concerne le marché de maîtrise d’œuvre :
• La mission de la maîtrise d’œuvre
L’article 7 de la loi MOP dispose :

« La mission de maîtrise d’œuvre que le maître de l’ouvrage peut confier à une personne de droit privé ou à
un groupement de personnes de droit privé doit permettre d’apporter une réponse architecturale, technique et
économique au programme mentionné à l’article 2.
Pour la réalisation d’un ouvrage, la mission de maîtrise d’œuvre est distincte de celle d’entrepreneur.
Le maître de l’ouvrage peut confier au maître d’œuvre tout ou partie des éléments de conception et d’assis-
tance suivants :
• 1° les études d’esquisse ;
• 2° les études d’avant-projets ;
• 3° les études de projet ;
• 4° l’assistance apportée au maître de l’ouvrage pour la passation du contrat de travaux ;
• 5° les études d’exécution ou l’examen de la conformité au projet et le visa de celles qui ont été faites par
l’entrepreneur ;
• 6° la direction de l’exécution du contrat de travaux ;
• 7° l’ordonnancement, le pilotage et la coordination du chantier ;
• 8° l’assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception et pendant la période de
garantie de parfait achèvement.

1. Loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise
d’œuvre privée
2. Décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 et arrêté du 21 décembre 1993
46 | Les missions en BIM

Toutefois, pour les ouvrages de bâtiment, une mission de base fait l’objet d’un contrat unique. Le contenu de
cette mission de base, fixé par catégories d’ouvrages conformément à l’article 10 ci-après, doit permettre :
• au maître d’œuvre, de réaliser la synthèse architecturale des objectifs et des contraintes du programme, et
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de s’assurer du respect, lors de l’exécution de l’ouvrage, des études qu’il a effectuées ;


• au maître de l’ouvrage, de s’assurer de la qualité de l’ouvrage et du respect du programme et de procéder
à la consultation des entrepreneurs, notamment par lots séparés, et à la désignation du titulaire du contrat
de travaux. »

Le décret du 29 novembre 1993 distingue les éléments de mission de maîtrise d’œuvre


selon qu’il s’agit d’une opération de construction neuve de bâtiment (ch. 1, section 1,
sous-section 1 du décret) ou d’une opération de réutilisation et de réhabilitation d’ou-
vrage de bâtiment (sous-section 2), précisant le contenu de la mission de base pour les
constructions neuves de bâtiment1.
La notion de « mission de base » induit la nécessité de confier l’ensemble de ces tâches
indissociables au maître d’œuvre désigné.
Ces tâches, détaillées dans le décret et l’arrêté précités, peuvent servir de support à
l’examen global de l’impact de la mise en œuvre d’un processus BIM sur les missions de
maîtrise d’œuvre, dans la mesure où elles sont le plus souvent reprises en tout ou partie,
ou inspirent, pour le moins, les contrats de maîtrise d’œuvre au-delà de leur champ d’ap-
plication obligatoire, notamment pour les opérations privées.

• En ce qui concerne les entreprises de travaux, elles sont chargées pour leur part de pres-
tations essentiellement matérielles  ; elles peuvent aussi se voir confier les PEO (plans
d’exécution des ouvrages), c’est-à-dire les études d’exécution qui constituent une phase
intermédiaire entre le PRO (projet) de la maîtrise d’œuvre et la réalisation effective des
travaux.
Elles doivent également remettre après la réception de l’ouvrage les éléments constituant
les DOE et DIUO (dossier des ouvrages exécutés et dossier d’intervention ultérieure sur
l’ouvrage).
Le DOE est constitué par le maître d’œuvre aux termes de l’article 11 du décret MOP
précité et défini à l’article 40 CCAG travaux.

Article 40 du CCAG travaux 2009 issu de l’arrêté du 8 septembre 2009


« [...] Le contenu du dossier des ouvrages exécutés (DOE) est fixé dans les documents particuliers du mar-
ché ; il comporte, au moins, les plans d’exécution conformes aux ouvrages exécutés établis par le titulaire,
les notices de fonctionnement et les prescriptions de maintenance.
Le dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage (DIUO) rassemble les données de nature à faciliter la
prévention des risques professionnels lors des interventions ultérieures et, notamment, lors de l’entretien
de l’ouvrage.
S’ils sont transmis sous forme électronique, tous les documents du dossier des ouvrages exécutés (DOE) et ceux
nécessaires à l’établissement du dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage (DIUO) doivent être sécurisés,
identifiables et interopérables avec les logiciels de dessin et de calcul du maître d’œuvre et du maître de
l’ouvrage spécifiés dans les documents particuliers du marché. »

1. Elle comprend les éléments de mission suivants  : esquisse, avant-projet, projet, assistance à la passation des
contrats de travaux, direction de l’exécution des contrats de travaux, assistance aux opérations de réception et
pendant l’année de garantie de parfait achèvement.
Les missions traditionnelles en BIM | 47

Il est en outre rappelé que :


• L’AMO assiste le maître d’ouvrage dans le cadre des prérogatives qui sont les siennes. Son
rôle ne saurait consister à se substituer aux autres prestataires, tel que le maître d’œuvre
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(MOE) par exemple.


La mission du ou des AMO peut être plus ou moins étendue selon les compétences et les
besoins du maître d’ouvrage (MOA) et l’importance ou les particularités de l’opération.
Elle peut porter sur des aspects généraux ou des aspects techniques spécifiques
(AMO HQE…).
Cette mission doit faire l’objet d’un contrat qui la décrit précisément dans son contenu et
dans ses modalités d’exécution. Les obligations et responsabilités consécutives seront ainsi
déterminées.
• Le contrôleur technique a pour sa part un rôle de vérification d’éléments spécifiques du
projet au fur et à mesure de l’avancement de l’opération1.
La maîtrise d’œuvre et l’entreprise dont les missions sont particulièrement évoquées ci-dessus
sont les participants « centraux » de l’opération en ce sens que leurs missions sont au cœur
même de son objet : concevoir/réaliser.
Les autres intervenants assument des fonctions essentielles mais, en quelque sorte, satellites
de la conception et de la réalisation.
Il s’agira donc, concernant la description de leurs missions, de :
• se conformer aux prescriptions réglementaires quand il en existe d’applicables ;
• en tout état de cause, les adapter aux besoins propres de l’opération en question et les
rendre cohérentes entre elles dans la mesure où les fonctions respectives de chacune ont
vocation à interférer les unes avec les autres et, plus globalement, traiter les interfaces
entre leurs interventions.
Cette dernière observation vaut pour l’ensemble des « acteurs-intervenants » (y compris bien
évidemment ceux qualifiés ci-dessus de centraux) dont les prestations doivent être cohérentes
les unes avec les autres, compatibles et opposables.
Cette notion d’opposabilité est essentielle : il s’agit de « lier » des prestataires qui n’ont pas de
relation contractuelle entre eux ; chacun d’entre eux est en effet uniquement et individuelle-
ment lié au maître d’ouvrage. Pourtant, l’exécution de leurs missions respectives doit prendre
en compte celles des autres et ceci de manière plus ou moins cruciale selon les acteurs et les
phases de l’opération.
Les missions de chacun des acteurs dans leur contenu même, mais aussi dans leurs modalités
d’exécution, devront donc être cohérentes et prises en considération par tous les autres inter-
venants concernés directement ou indirectement.

3.3 Les missions traditionnelles en BIM


Même s’il peut exister diverses définitions et acceptions de la notion de BIM, celui-ci doit être
considéré comme une méthode de travail et d’échanges ; dès lors, dans le cadre de l’utilisation

1. Pour un exposé plus précis des rôles des divers intervenants, voir supra.

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