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UNIVERSITE DE KINSHASA

FACULTE DE DROIT

Département de droit pénal et criminologie

DE LA SAISINE DU TRIBUNAL POUR ENFANTS EN DROIT


CONGOLAIS

Par

Clément LOKALOLA MBANGALA

Diplômé d’Etat

Dissertation présentée en vue de


l’obtention du Grade de gradué en droit.

Sous la direction de : Serge MAKAYA KIELA

Professeur Associé

Année universitaire 2017-2018


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IN MEMORIAM

A notre regrettée sœur MBAKA LOKOSO DADA Micheline, aujourd’hui voilà votre

petit frère réalise votre rêve. « Requiescat in pace ».

LOKALOLA MBANGALA Clément


ii

DEDICACE

A nos parents LOKOSO-LO-MBANGALA Valentin et HEMBE


KASONGA Cécile, pour leur soutien moral, financier sans relâche malgré les temps
difficiles ;

A nos frères et sœurs, MBOMBO LOKOSO Céline, KWETO LOKOSO,


BITSHILUALUA LOKOSO, BITULA LOKOSO, KAMBA LOKOSO, MUEMA LOKOSO,
Bénédicte LEWAYA pour leur affection et leur soutien.

LOKALOLA MBANGALA Clément


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REMERCIEMENTS

A la fin du premier cycle en droit, chaque étudiant est appelé à présenter un


travail pour faire preuve d’initiative et d’effort intellectuel à la recherche scientifique. Ceci
nous amène à affirmer qu’aborder un travail scientifique exige au chercheur un courage, un
esprit ouvert pour réussir sa réalisation et des sacrifices ainsi qu’une collaboration franche en
vue de bénéficier d’une aide tant intellectuelle que matérielle.

Ainsi, qu’il nous soit permis par ici de remercier sincèrement le Professeur
MAKAYA KIELA Serge qui, en dépit de toutes ses occupations, a accepté de se rendre
disponible en vue d’assurer la direction du présent travail.

De même, notre profonde gratitude s’adresse à l’assistant Garry KITONA


pour son apport scientifique, sa volonté participative et son dévouement dans la réalisation de
ce dernier.

Nos chaleureux remerciements s’adressent à:


IYODI MBALOBOLO. MEMBE MBALOBLO Marie, Berthiana DJOBO,
BOSOBOLENDO Antoine, MBANGALA Christian, et à toute la famille de l’ECVA pour
leur encouragement et leur considération.

Nous adressons respectivement notre reconnaissance aux couples de maitre


Roger MUBI MUZODI, Eugène DJOBO, Anastant MALANGA, ainsi qu’au couple Gabriel
BASEKAYI pour leur assistance tant morale que matérielle.

Nous n’oublions pas non plus de remercier nos compagnons de lutte ; les
uns pour leur solidarité académique et les autres pour avoir fait preuve de courage, de probité
intellectuelle, d’amour et d’honnêteté. C’est le cas de : Andy KILEMA, KPAKPU SUKULU
Deo Gracias, KALALA MUTUMBO Emmanuel, KAPILA KITENGE Emmanuel,
DIAMAMBO MATONDO Rabbi, LOBOTA BASA Naomi, Abel DISUKIDI, AZA MIMPIA
Richard, LUMELO SAY Joël, ILUNGA Félicien, LUHAKA Thomas, Néhémie BOLAMU,
NZIMBU, KIMBIMBI Bertin, BULEMVO Don-Fils et toute la jeunesse de l’E.C.V.A.

Que tous ceux qui ne sont pas cités, trouvent à travers ce travail,
l’expression de notre estime.

LOKALOLA MBANGALA Clément


iv

LISTE DES ABREVIATIONS

AL : Alinéa
Art : Article
CCCLIII : Code civil congolais livre III
Cfr : Confère
CPO : Code pénal Ordinaire
CSJ : Cour Suprême de Justice
CSM : Conseil Supérieur de la Magistrature
DI : Dictionnaire
ECL : Enfants en conflit avec la loi
EGEE : Etablissement de garde et d’éducation de l’Etat
ES : Enfants en Situation difficile
ESU : Enseignement Supérieur et Universitaire
EUA : Edition Universitaire Africaine
EVH : Enfants vivant avec handicap
FAC : Faculté
OAS : Office des Assistant sociaux
OCJ : Organisation et compétences judiciaires
OMP : Officier du Ministère Public
OPJ : Officier Police Judiciaire
PUF : Presse Universitaire Française
RDC : République Démocratique du Congo
SPA : Science Politique Administrative
TGI : Tribunal de Grande Instance
TPE : Tribunal pour Enfants
Tripaix : Tribunal de paix
UNIKIN : Université de Kinshasa
1

INTRODUCTION

I. POSITION DU PROBLEME

L’Etat de Droit digne de ce nom se caractérise par la normalité à laquelle il se


soumet lui-même afin de garantir sa propre survie mais tout en assurant la protection et la
promotion de droit fondamentaux de citoyen en rendant également une bonne administration
de la justice et rapprocher cette dernière aux justiciables. En effet, le législateur congolais
dans ses prérogatives lui reconnues par l’article 149 alinéa 5 1 de la constitution du 18 février
2006 telle que modifiée à ces jours, a créé les tribunaux pour enfants à travers la loi n° 09/001
du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant. Précisons que cette loi a non seulement le
mérite de rassembler dans un même texte législatif l’ensemble des dispositions relatives aux
droits de l’enfant mais, a également déterminé l’organisation, le fonctionnement et la
compétence des tribunaux pour enfants y compris la procédure devant cette juridiction.

L’article 102 de la loi portant protection de l’enfant dispose que le tribunal


pour enfants est saisi par :

1. la requête de l’officier du ministère public du ressort dès qu’il a connaissance des faits
portés contre l’enfant ;
2. la requête de l’officier de police judiciaire dès qu’il a connaissance de faits portés
contre l’enfant ;
3. la requête de la victime ;
4. la requête des parents ou du tuteur ;
5. la requête de l’assistant social ;
6. la déclaration spontanée de l’enfant ;
7. la saisine d’office du juge.

De ce qui précède, le législateur de la loi portant protection de l’enfant n’a pas


distingué les modes de saisine du tribunal pour enfants en matière d’enfant en conflit avec la
loi, les modes de saisine du dit tribunal en matière civile et en matière d’enfants en situations
difficile ou exceptionnelle.

1
Article 149 alinéa5 de la constitution de 2006 telle que modifiée par la loi du 20 Janvier 2011 portant révision
de certains articles de la constitution du 18 Février 2006.
2

Cet article poursuit que, lorsque le tribunal est saisi par l’officier de police
judiciaire, celui-ci en informe immédiatement l’officier du ministre public du ressort.

De tout ce qui précède, il y a lieu de nous poser les questions suivantes :

- Est-ce qu’une juridiction (répressive) peut-elle être saisie par une requête en d’autres
termes, est-il concevable qu’en matière d’enfant en conflit avec la loi, le tribunal pour
enfants peut-il être saisi par voie de requête ?
- Pourquoi le législateur n’a-t-il pas distingué les modes de saisine des tribunaux pour
enfants en matière d’enfants en conflit avec la loi, en matière d’enfant en situation
difficile et exceptionnelle ?

D’emblée, une juridiction répressive ne peut pas être saisie par voie de requête,
mais en matière d’enfants en conflit avec la loi ou dans la justice pour mineurs, le tribunal
pour enfants est saisi par voie de requête en tenant compte de la constitution psychologique de
l’enfant, de son caractère malléable, l’on doit saisir aussi son juge naturel par voie de requête
et non par voie de citation car celle-ci elle est trop répressive et contraignante parce que les
acteurs de la justice pour mineurs visent souvent la réinsertion sociale de l’enfant en conflit
avec la loi.

Le législateur n’a pas distingué les modes de saisine du tribunal pour enfants,
parce que ce dernier étant une juridiction spéciale qui traite exclusivement des matières
concernant les enfants, sa procédure est non formaliste.

II. CADRE DE REFERENCE

Cette thématique trouve son cadre de référence dans le droit judiciaire, qui est
défini comme l’ensemble de règles qui gouvernent l’organisation et le fonctionnement de la
justice en vue d’assurer la mise en œuvre et la sanction de droit subjectif et objectif.2

Dans le sens que lorsque l’enfant a commis un manquement qui enfreint la loi
pénale, le juge pour enfants sera saisi pour rétablir l’ordre public troublé et envisagé une
réparation à la victime et prévoir le placement social dudit enfant selon le cas. Enfin, l’on doit
également se référer au droit de la protection de l’enfant qui est une banche du droit, de nature
mixte qui étudie l’ensemble des règles spécifiques qui détermine les principes fondamentaux

2
LUZOLO BAMBI LESSA E.J. et MAKAYA KIELA, Eléments de procédure pénale, Manuel d’enseignement,
Kinshasa, 1ère éd, 2017, p. 1.
3

ainsi que les modalités et les mesures de protection et de promotion des droits dont doit
bénéficier l’enfant dans une société donnée. Ces disciplines nous permettent de comprendre la
question liée à la saisine du tribunal pour enfant d’où, sont les règles en droit judiciaire.

III. MODES OPERATOIRES

A. De l’intérêt du sujet
Le présent travail démontre les éventuelles difficultés qu’enregistre le droit
positif congolais en matière de saisine du tribunal pour enfants et invite donc le législateur
congolais lors de la prochaine élaboration ou modification de la loi portant protection de
l’enfant, à déterminer expressément tout en différenciant les modes de saisine du tribunal pour
enfants en matière civile d’enfants, en conflit avec la loi ainsi qu’en matière d’enfant en
situation difficile, etc.

Pratiquement, ce travail participe au réveil de conscience des auteurs


intervenants dans la justice pour mineur à pratiquer nécessairement une bonne justice
équitable adaptée aux enfants à travers la créations et l’installation des tribunaux pour enfants
sur le territoire national congolais et l’acquisition des outils nécessaires.

B. Méthodes de la recherche

Les connaissances scientifiques couvrent plusieurs domaines du savoir et sont


acquises grâce à l’utilisation des méthodes3 et techniques d’investigation propre à chaque
discipline. La doctrine confirme qu’on ne peut se convertir aisément sur le fait qu’on ne peut
aboutir à des constructions doctrinales valables sans méthodes, elle poursuit en se justifiant
que toute discipline scientifique à un objet et une méthode. Ainsi, la méthode peut être
entendue comme étant la marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance et à la
démonstration d’une activité4, elle est aussi comprise comme un ensemble des opérations
intellectuelles par les quelles une discipline cherche à atteindre des objectifs qu’elle poursuit,
les démontre et les vérifie5 car chaque discipline à ses impératifs méthodologiques. Ainsi en
droit, la méthode revêt plusieurs aspects car l’objectif de la justice étant de démontrer une

3
P. RONGERE, Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz 1971, p 18. L’auteur précise la méthode est une
procédure particulière appliquée à l’un ou l’autre des stades de la recherche.
4
MBOKO DJ’ANDIMA, Principe et usage en matière de rédaction d’un travail universitaire (préface du
Professeur VUNDUE, Congo Kinshasa, éd. CADICE, UNIAPAC), p 21.
5
GRAWITZ M et PINTO. R, Méthodes Des Sciences Sociales, Paris, Dalloz, 1972, p317.
4

solution juridique, c’est la raison pour laquelle les chercheurs en droit usent
traditionnellement dans ses recherches les méthodes juridiques6.

Vu sous cet angle, dans la réalisation de cette étude, il sera fait recours à deux
méthodes à savoir, la méthode exégétique et la méthode sociologique. La méthode exégétique
est l’une des méthodes d’approche juridique qui sera à notre service en ce qu’il va nous aider
à étudier les voies et moyens permettant, en fonction des buts poursuivis et de la cohérence
interne de l’ordre juridique, de parvenir aux résultats souhaités de la façon la plus économique
et la plus efficace, avec un souci constant de sécurité juridique7. La méthode sociologique
consiste à éclairer les textes par les contextes sociologiques de leur naissance ou celui de leur
application. Elle nous permet de descendre sur terrain où nous avons confronté les lois aux
réalités en ce qui concerne la saisine des tribunaux pour enfants.

C. Délimitation du sujet

Dans l’espace, ce sujet couvre l’ensemble du territoire national congolais plus


précisément dans le ressort du tribunal pour enfants de Kinshasa/Matete et dans le temps, ce
sujet s’articule sur la période allant de 2009 jusqu’à nos jours, car c’est en 2009 à travers la loi
n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfants précisément à l’article 84, qu’on a
créé les tribunaux pour enfants en droit congolais.

D. Plan sommaire

Cette étude comprend deux chapitres dont le premier porte sur l’approche
descriptive et explicative du tribunal pour enfants alors que le second aborde la procédure
devant le tribunal pour enfants.

6
AMBROISE KAMUKINAY, Droit constitutionnel Congolais, éd, Universitaire Africaine 2011, p 29.
7
J-L. BERGEL, Méthodologie juridique, Paris, 2ème éd, P.U.F, 2016, p. 1.
5

CHAPITRE I. APPROCHE DESCRIPTIVE ET EXPLICATIVE DU TRIBUNAL

POUR ENFANTS

Le présent chapitre s’attelle respectivement sur la notion, le fondement du


tribunal pour enfants d’une part l’organisation, compétence et la composition du
tribunal pour enfants d’autres part.

Section 1. Notion et fondement du tribunal pour enfants

La République Démocratique du Congo dont la population accorde une


place centrale à l’enfant entant que renouvellement de l’être et de la vie, s’est
résolument engagée dans la voie de faire la protection de l’enfant en créant dans
chaque territoire et dans chaque ville une juridiction spécialisée dénommée tribunal
pour enfants.

§1. Notion du tribunal pour enfants

Dans cette partie, nous définirons le tribunal pour enfants, parlerons de


son histoire ainsi que sa création.

A. Définition

Le terme tribunal découle du latin, « estrade », des tribuns qui signifie


lieu « bâtiment » où l’on rend la justice, palais, siège, salle d’audience, chambre8 et le
terme enfant découle du latin : infans : enfant en bas âge. C’est pourquoi, l’expression
enfant désigne toute personne âgée de moins de dix-huit ans.9

Le tribunal pour enfants peut-être défini comme étant ‘’ une juridiction


spécialisée chargée de traiter exclusivement les affaires des enfants aussi bien
lorsqu’ils doivent faire l’objet d’un placement social ( cas des enfants en situations
difficile) que lorsqu’ils sont accusés d’avoir commis un manquement qualifié
d’infraction à la loi pénale ou encore lorsqu’ils s’agit de certaines questions relevant

8
GERARD CORNU, Vocabulaire juridique, Paris, 6ième éd, PUF, 2004, p. 917
9
Article 2 point 1 de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant lire également l’article 41
alinéa 1er de la constitution de la RDC telle que modifié par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision
des certains articles de la constitution de la république démocratique du Congo du 18 février 2006.
6

des matières civiles comme l’identités, la capacité, la filiation, l’adoption et la parenté


ou enfin en matière de travail de l’enfant’’10.

B. De l’histoire de la création du tribunal pour enfants

Le premier tribunal pour enfants a été créé aux Etats-Unis d’Amérique


dans le Cook, Etat d’Illinois, en 189911. De cette époque, l’organisation de la justice
pour mineur est marquée par l’influence du courant positiviste et humanitaire, ‘’ en
Europe, nous citerons, la Belgique qui, par la loi du 15 mai 1912 sur la protection de
l’enfance espérait remplacer l’approche primitive par une approche scientifique d’ordre
social et curatif de la délinquance juvénile, dans cette nouvelle option l’important
devenait le bien-être et le besoin de l’enfant qu’il fallait traiter non plus comme un
criminel, mais comme un être mal dirigé ayant besoin d’aide, d’encouragement et de
secours12.

En effet, depuis la création des tribunaux de paix, le monopole de


connaitre de l’enfance délinquante (décret de 1950) a été à partir de 1978 accordé aux
tribunaux de paix, il y avait une chambre des mineurs délinquante, la juridiction pour
mineur fonctionnait sous-forme de « chambre » intégrée au sein du tribunal de paix à
ce titre la chambre des mineurs relevait de la structure même du tribunal de paix,
mais elle appliquait les dispositions du décret de 1950 sur l’enfance délinquante (E.D).

En cas de connexité des faits perpétrés par un mineur d’âge et d’un


adulte, le législateur de 1950 prévoyait la disposition de poursuite pour que le mineur
soit jugé séparément de l’adulte en effet, cette prescription contraire aux règles de
procédures et de compétences, s’explique par la différence des sentences et de buts
poursuivis par la juridiction des mineurs et celle qui est ordinaire. Contrairement aux
peines prévues par le code pénal ordinaire (C.P.O.) la chambre des mineurs prend à
l’égard des derniers des mesures de garde, d’éducation et de préservation. L’action
civile née de faits dommageable commis par le mineur et aussi laissé à la compétence

10
R. KIENGE-KIENGE INTUDI, Droit de protection de l’enfant, Notes de cours, UNIKIN, Fac. Droit, G 3,
Droit privé et judiciaire, Kinshasa, 2017, p. 151.
11
IDZUMBUIR, Assop.J la justice pour mineurs, réalité et perspective, Kinshasa, E.U.A, 1994 p. 9.
12
Idem
7

du même juge13. Quant à la composition il s’agissait principalement du juge de


mineurs.

Pour ce qui est du juge, tout magistrat œuvrant au sein du tribunal de


paix peut selon un système de rotation être désigné par le président de cette instance
comme juge des mineurs. Cette activité n’exclut pas les autres tâches au sein de la
juridiction ordinaire. Toutefois, le juge chargé des mineurs est pratiquement seul
maître du sort réservé au jeune14.

Actuellement à travers la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant


protection de l’enfant dans son article 84 alinéa 1eret le décret n° 11/01 du 05 janvier
2011 fixant les sièges ordinaires et ressorts des tribunaux pour enfants précisément
l’article premier qui dispose : il est créé dans chaque ville, et dans chaque territoire de
la République Démocratique du Congo, une juridiction spécialisée nommée tribunal
pour enfants, qui ce dernier reste compétent pour connaitre toutes les matières dans
lesquelles se trouve impliqué l’enfant en conflit avec la loi et qui connait également
les matières se rapportant à l’identité, capacité et la filiation, l’adoption conformément à
l’article 99 de la loi précitée. Cette juridiction spécialisée traite particulièrement toutes
les questions liées aux enfants se basant sur la protection sociale, judiciaire, pénale…

§2. Fondement du tribunal pour enfants

Dans cette partie, il s’agira de parler successivement du fondement


philosophique d’une part, du fondement juridique d’autre part :

Compte tenu de la condition de l’enfant dans le monde en raison de sa


vulnérabilité et de sa faiblesse du fait que sa constitution physique, en pleine croissance est
encore stable. Sur le plan physiologique, l’enfant a une personnalité malléable et sur le plan
social, il est totalement dépendant des adultes (parents et membres de la communauté) pour sa
survie. C’est pourquoi, il a besoin d’être protégé par ces derniers, de recevoir d’eux une
attention spéciale de manière à lui permettre de prévenir à pleine croissance, à la maturité
physiologique et à une certaine autonomie par rapport aux responsabilités sociales et de
garantir à l’enfant le droit de bénéficier des différentes mesures à caractère juridiques. C’est
pourquoi dans ce contexte que s’est fait sentir le besoin pressant de créer le tribunal pour

13
IDZUMBUIR, Assop.J., Op. cit., p. 9.
14
Idem
8

enfants pour que l’enfant soit traité différemment de l’adulte. Grâce à la particularité
complexe de la personne de l’enfant examinée ci-dessus, a pour conséquence, l’enfant accusé
d’être en conflit avec la loi ne doit pas être traité comme un adulte, il est de même d’un enfant
en situation difficile ;

Le tribunal pour enfants trouve son fondement juridique à travers le


législateur du 10 janvier 2009 qui a agi en vertu des prérogatives qui lui sont
reconnues par le pouvoir constituant originaire de la constitution du 18 février 2006
telle que modifiée à ces jours par la loi du 20 janvier 2011 précisément dans l’article
149 alinéa 5 qui dispose la loi peut créer des juridictions spécialisée. C’est l’article
84 de la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfants qui a créé
en droit congolais, le tribunal pour enfants. Lorsque une juridiction est née il est
important de fixer son siège tant ordinaire que secondaire mais aussi son ressort qui
lui permettra d’exercer sa compétence.

A. Du siège ordinaire du tribunal pour enfants

Le législateur de 2009 dit que ‘’ le siège ordinaire et ressort du tribunal


pour enfants sont fixés par le décret du 1er ministre15. Et le siège ordinaire ne doit
pas nécessairement être établi au chef-lieu du territoire ou à un endroit terminé de la
ville comme d’aucuns peuvent penser. Sa détermination dépend de beaucoup de
facteurs. Il importe en effet qu’il soit tenu compte notamment des infrastructures16
c’est-à-dire qu’un tribunal pour enfants installé dans un territoire ou dans une ville ne
doit pas nécessairement avoir pour ressort ledit territoire ou ladite ville dans les
limites administratives. C’est pourquoi compte tenu de sa proximité avec le siège
ordinaire de celui-ci d’ailleurs il en est également ainsi pour les juridictions
ordinaires17.

B. Du siège secondaire
Outre le siège ordinaire du tribunal pour enfants qu’on peut qualifier le
siège principal, il peut-être crée un ou plusieurs sièges secondaires à l’intérieur du
ressort. Conformément à l’article 86 de la loi portant protection de l’enfant, la création
du siège secondaire est de la compétence du ministre ayant la justice dans ses

15
Article 84 alinéa 2 de la loi portant protection de l’enfant.
16
KASIALA MASWEKA, De l’organisation et de la compétence des tribunaux pour enfants, inédit, juin 2009,
p 03
17
Idem
9

attributions. L’objectif poursuivi est efficacité de l’action du tribunal par le


rapprochement de la justice des justiciables. Dans l’arrêté de création, il fixe le ressort
du siège secondaire, en effet, il est sied de signaler que le siège secondaire à la
même compétence tant matérielle et personnelle que le siège ordinaire. Quant à la
compétence territoriale, elle est fonction des limites du ressort tel que fixé par l’arrêté
de création du siège secondaire.

C. Regroupement des ressorts

Nous sommes sans ignorer que parmi les mesures de garde, d’éducation
et de préservation que le juge peut prendre figure le placement en institution publique
en privée à caractère social conscient que du fait qu’il n’est pas toujours possible
d’avoir les institutions dans chaque ressort, le législateur a prescrit à l’article 85 de la
loi portant protection de l’enfant, que deux ou plusieurs ressort des tribunaux pour
enfants peuvent être regroupés en un seul par arrêté du ministre ayant la justice dans
ses attributions pour l’exécution de ces mesures. En effet, cette disposition s’est
inspirée de l’article 23 du code d’O.C.J qui dispose que ‘’ deux ou plusieurs ressorts
de tribunaux de paix peuvent être regroupés en un seul pour les mesures de garde,
d’éducation et de préservation prévues par la législateur en matière d’enfance.

Toute institution lorsqu’elle est créée mérite une organisation pour bien
fonctionner.
10

Section 2. Organisation et composition du tribunal pour enfants

Cette section porte essentiellement sur l’organisation (A) et la compétence du


tribunal pour enfants (B).

§1. Organisation et compétence du tribunal pour enfants

A. Organisation du tribunal pour enfants

Parlant de l’organisation du tribunal pour enfants, il y a lieu de


tenir compte notamment de certaines dispositions mais aussi de l’arrêté de
l’organisation judiciaire n° 299/79 du 20 aouts 1979 portant règlement intérieur
des cours et tribunaux et parquets.18

En effet, le tribunal pour enfants est avant tout un tribunal comme tous
les autres malgré ses particularités liées à ses objectifs de défense sociale et de
rééducations de mineurs.

L’organisation du tribunal pour enfants porte essentiellement sur trois


catégories d’animateurs. Ainsi, nous verrons successivement les magistrats (1), greffiers
(2), et de l’assistant social (3).

1. Magistrats

Le terme magistrat découle du latin, magistratus qui signifie charge,


fonctions publique. Le concept magistrat est compris dans plusieurs sens mais nous
allons particulièrement utiliser un seul (sens) qui parait être strict qui désigne toute
personne appartenant au corps judiciaire et investie à titre professionnel du pouvoir de
rendre justice (magistrat du siège) ou de la requérir au nom de l’Etat (magistrat du
parquet) qui est le ministère public charger de représenter l’Etat auprès de juridictions
judiciaires civiles ou répressives et not. d’exercer l’action publique il se lève pour
porter (prendre) la parole à l’audience et qu’il occupe une estrade directe19.

De cette définition, il ressort deux types de magistrats ; magistrat débout


autrement appelé ministère public qui a pour rôle de rechercher les infractions,
identifier ses auteurs, accumuler les éléments qui ont concouru à la commission de

18
KASIALA MASWEKA, Op. cit., p. 4.
19
GERARD CORNU, Op. cit, p. 529.
11

l’infraction pour servir de preuve et déférer l’auteur de ces faits infractionnels devant
le tribunal ou la cour pour y être jugé et du magistrat assis ou du siège appeler
communément juge qui a une fonction juridictionnelle c’est-à-dire celle qui consiste à
dire le droit. Dans centaines expressions, il prend, le sens particulier de « celui qui est
comptent pour trancher, celui qui connait l’affaire » exemple : le juge de l’action est
le juge de l’exception : c’est pourquoi tout juge est juge de sa compétence20. En effet,
dans le cadre de ce travail, l’expression juge du tribunal pour enfants désigne celui
qui est affectée par le conseil supérieur de la magistrature (CSM) parmi les magistrats
de carrière spécialisé et manifestant de l’intérêt dans le domaine de l’enfance21,
comme dans toute juridiction, le rôle du juge pour enfant est de dire le droit dans les
affaires qui lui sont confiés par le chef de la juridiction dans le respect de l’horaire
établi22.

Le législateur de 2009 impose à tout tribunal pour enfants d’être


composé d’un président et des juges tous doivent être affectés par le conseil de la
magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisés et manifestant de l’intérêt dans
le domaine d’enfance ( article 88 alinéa 1er loi portant protection). C’est pourquoi le
conseil supérieur de la magistrature (CSM) doit obligatoirement porter son choix sur
un magistrat ayant reçu une formation spéciale de base sur la justice pour mineurs ;
bien entendu sans préjudice des considérations habituelles relatives à l’exercice
professionnelle requit pour l’exercice des fonctions de commandement comme pour
tous les tribunaux de droit commun, le président est le chef de l’administration et
l’autorité morale du tribunal à ce titre, il veille à son bon fonctionnement et assure la
discipline, il a autorité hiérarchique sur les juges, les greffiers et les assistants sociaux.
Par ailleurs, étant magistrat, et juge à part entière, il peut siéger au sein de n’importe
quelle chambre lorsqu’il estime nécessaire dans ce cas il préside l’audience. Il revient
au président de repartir des différentes tâches, il fixe l’horaire des audiences et voir la
répartition des juges dans des différentes chambres. En effet, la loi sus-évoquée
dispose qu’en cas d’absence ou d’empêchement, le président est remplacé par le plus
ancien d’après l’ordre de nomination23.

20
Idem, p, 488.
21
Article 88 alinéa 1 de la loi portant protection de l’enfant
22
KASIALA MASWEKA. Op. cit. p, 7
23
Article 88 alinéa 2 de la loi portant protection de l’enfant
12

Il en est d’ailleurs de même pour les tribunaux ordinaires


particulièrement le tribunal de paix conformément à l’article 9 alinéa 2 du code
d’OCJ24.

En tant que fonctionnaire de l’Etat, le président et les juges exercent


leurs fonctions dans le respect de la loi organique n° 15/014 du 1 er août 2015
modifiant et complétant la loi organique 06/020 du 10 octobre 2006 portant statut des
magistrats. Ils sont soumis aux régimes disciplinaires, ils bénéficient des traitements des
indemnités et des avantages sociaux tels que : ‘’ allocations familiales, soins de santé,
indemnités de logement, pécule des vacances, allocation de l’invalidité, frais funéraires,
frais de transports25 outre ces avantages sus mentionnés, le président et les juges du
tribunal pour enfants doivent obéir aux devoirs et à certaines incompatibilités.

Le magistrat en général doit servir l’Etat avec fidélité, dévouement,


dignité, loyauté et intégrité. Les fonctions de magistrat sont incompatibles avec toute
activité professionnelle salariée au non dans le secteur public ou privé, hormis ces cas
de détachement ou de fidélité aucun magistrat ne peut directement ou indirectement
exercer un commerce quel qu’il en soit.

Cependant le magistrat peut-être actionnaire dans une société ou se livrer


à une exploitation agricole ou à l’élevage. Par ailleurs, le président du conseil
supérieur de la magistrature (CSM) peut, dans des cas particuliers autoriser un
magistrat à enseigner dans une université ou dans un institut supérieur26.

2. Le greffier

Le greffier est une clé pour fonctionnement de toute juridiction. La loi


de 2009 dispose que le tribunal pour enfants compte un greffier assisté d’un ou de
plusieurs adjoints27. Toute personne sachant lire et écrire, peut assumer les fonctions de
greffier28. Il fait partie du personnel judiciaire mais il n’est pas un magistrat au sein
du tribunal pour enfants « les fonctions du greffier sont multiples » la fonction
essentielle du greffier est d’assister le juge dans tous les actes et procès-verbaux de

24
Article 9 alinéa 2 de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et
compétences des tribunaux de l’ordre judiciaire.
25
E.J. LUZOLO BAMBI LESSA, Organisation et compétence judiciaire, Notes de cours de G1 droit, Kinshasa
2016, p. 61.
26
Idem.
27
Art. 91 de la loi portant protection de l’enfant.
28
R. KIENGE-KIENGE INTUIDI, Op cit, p. 125.
13

son ministère et à les signer avec lui. Si un acte ou un jugement ne peut être signé
par le greffier qui a concouru, le juge signe et constate l’impossibilité. Le greffier
audiencier est celui qui a la mission de tenir les écritures du tribunal pour enfants doit
enregistrer le déroulement de la procédure29 en rédigeant le « plumitif » de l’audience
c’est-à-dire une sorte de brouillon qui pourra lui servir à tête reposée, de rédiger plus
tard, la feuille d’audience, a le caractère et la force probante d’acte authentique. En
d’autres termes, le greffier garde des minutes, registres et tous les actes afférents au
tribunal pour enfants30, il délivre les grosses expéditions et extraits des jugements et
ordonnances. Il écrits ce qui est prononcé ou dicté par le juge avant d’entrer en
fonctions, il prête serment suivant : « je jure de remplir fidèlement et loyalement les
fonctions qui me sont confiées »31 la présence du greffier est obligatoire dans toutes
les audiences que doit siéger le tribunal pour enfants. Le greffier a aussi une lourde
responsabilité non seulement il peut comme tout fonctionnaire de l’Etat, être poursuivie
disciplinairement pour la négligence ou les erreurs peuvent l’exposer à des actions en
dommages intérêts.

C’est pourquoi, les attributions du greffier exigent de lui la discrétion


comme première qualité, puis l’intelligence, le sens de l’ordre de vigilance, de probité
et de ponctualité sa vie privée, doit être exemplaire en fin il doit éviter de critiquer
les décisions judiciaires32.

Les juges et les greffiers ne travaillent pas seuls dans le tribunal pour
enfants à côté d’eux il y a au moins un assistant social qui facilite le meilleur
fonctionnement dudit tribunal. Il joue un rôle important très surtout en ce qui
concerne les enfants en rupture sociale.

29
A. RUBBENS, Le Droit judiciaire congolais, le pouvoir, l’organisation et la compétence judiciaire, Tome 1,
Université Lovanium-Bruxelles, Maison Ferdinand Larcier S.A, 1970, p 165
30
R. KIENGE-KIENGE, Op.cit. p,152
31
Idem
32
A. RUBBENS, Op. cit., p. 165.
14

3. Assistant social

Le législateur défini l’assistant social comme étant un agent de l’Etat ou


d’un organisme agrée spécialisé dans les résolutions de problèmes liés aux relations
humaines afin d’améliorer le bien-être général. Il œuvre à la promotion de bonnes
mœurs33.

Le corps des assistants sociaux est chargé des enquête sociales sur les
enfants de la guidance psycho sociale et de la réunification familiale de ces derniers.34
Le législateur de 2009 oblige au tribunal pour enfants d’être doté d’au moins un
assistant social affectée par les services provinciaux ayant les affaires sociales dans
leurs attributions. La question que l’on peut poser est celle de savoir qu’elle est
l’importance et le rôle que joue l’assistant social au sein du tribunal pour enfants ?

D’emblée ‘’ l’assistant social n’est pas un membre du personnel


judiciaire’’ mais plutôt un agent de l’Etat ou d’un organisme (…) comme le précise
l’article 2 point 8 de la loi précitée. En effet, les fonctions de l’assistant social sont
multiples. Il intervient dans la plus part d’instances de protections de l’enfants et dans
plusieurs étapes de la procédure en matière de justice pour mineurs, c’est les cas
notamment :

- Saisir le tribunal pour enfants au même titre que l’officier du ministère public,
de l’officier de police judiciaire de la victime, de parents ou tuteurs de
l’enfants, l’enfants lui-même etc. (Cfr. art 122).
- Assister en cas de besoin à l’interrogatoire de l’enfant (art 104.
- Aider aussi le juge à exécuter les mesures prises pour le placement de l’enfant
et emmètre des avis sur la révisions éventuelle de ces mesures ( article 125
alinéa 2 et 129 Al 2). A ce propos, le juge ne peut pas prendre une mesure sur
l’enfant sans probablement recevoir le rapport de l’assistant social sur cet
enfant. Car l’on ne peut pas gérer une vie d’un enfant comme on gère le
dossier d’un délinquant.

33
Article 2 point 8 de la loi portant protection de l’enfant
34
Article 76 de la loi portant protection de l’enfant
15

B. La compétence du tribunal pour enfants

La compétence, prise par une autorité publique ou une juridiction


désigne l’aptitude légale permettant à accomplir un acte ou à instruire et juger un
procès35. Et au sens administratif du mot signifie le pouvoir reconnu aux proposés de
l’Etat pour accomplir des actes valides36. Nous pouvons définir la compétence du
tribunal pour enfants comme étant l’aptitude et le pouvoir reconnu au juge des enfants
de connaitre valablement les affaires des enfants.

Plusieurs éléments peuvent être pris en considération pour déterminer la


compétence du tribunal pour enfants. Il s’agit notamment de la nature des faits de la
qualité du justiciable, du lieu de la commission de fait ou d’un manquement qualifié
d’infraction à la loi pénale, de le résidence du domicile de l’enfant nous expliciterons
dans les lignes qui suivent tout ce qui procède il y a là :

- Compétence matérielle ou ratione materae


- Compétence territoriale ou ratione loci
- Compétence personnelle ou ratione personnae.

a. La compétence personnelle du tribunal pour enfants

La compétence personnelle du tribunal pour enfants est définie par


l’article 94 de la loi portant protection de l’enfant qui est déterminée par la qualité du
justiciable et de l’âge de l’enfant. C’est pourquoi cet article dispose que ‘’ le tribunal
pour enfants n’est compétant qu’ à l’égard des personnes âgées de moins de 18 ans.
En effet, en cas de connexité de faits commis par mineur et un adulte le juge doit
joindre les poursuites pour que l’adulte soit jugé par le tribunal ordinaire et le mineur
ou l’ enfant pourra être jugé par son juge naturel qui est le tribunal pour enfants.
L’âge est pris en considération qu’au moment de la commission des faits.

Par ailleurs, le juge doit vérifier si l’enfant concerné a déjà disposé le


seuil de la responsabilité lorsqu’il est en conflit avec la loi pénale.

35
E.J. LUZOLO BAMBI LESSA. Op. cit., p. 83.
36
A. RUBBENS, Le Droit judiciaire congolais, l’instruction criminelle et la procédure pénale, Tome III,
Kinshasa, PUZ, 1978, p. 288
16

Par seuil de responsabilité pénale, on attend l’âge minimum, au-dessous


duquel les enfants seront présumés n’avoir pas la capacité d’enfreindre la loi pénale37.

En effet, l’enfant âgé de moins de 14 ans bénéficie en matière pénale,


d’une présomption irréfragable d’irresponsabilité comme souligne l’auteur qu’en fait, il
ne s’agit pas à proprement parler de la présomption irréfragable d’absence de discernement
comme le précise l’article 96 de la loi portant protection de l’enfant. Car ce sont toutes
les personnes dont l’âge varie entre 0 et moins de 18 ans qui bénéficient de la présomption
irréfragable d’irresponsabilité pénale. Cette présomption consiste à l’exclusion des
peines à leur encontre pour des faits infractionnels qu’elles peuvent arriver à
commettre, quelle que soit leur gravité, seules les mesures de garde et d’éducation
doivent être prononcées à leur égard et cela lorsqu’ils auront atteint l’âge de 14 ans
par conséquent, l’article 96 sus évoqué dispose que ‘’ lorsque l’enfant déféré devant le
juge a moins de 14 ans38, celui-ci le relaxe comme ayant agis sans discernement et
sans préjudice de la réparation du dommage causé à la victime ‘’ ceci ne signifie pas
qu’aucune mesure ne doit être prise.

Bien au contraire dans l’intérêt supérieur de l’enfant ‘’ dans ce cas, le


juge confie l’enfant à un assistant social et/ou un psychologue qui prend des mesures
d’accompagnement visant la sauvegarde de l’ordre public et la sécurité de l’enfant
mais également tenant compte de la réparation du préjudice causé. Ces mesures
consistent notamment dans l’accompagnement psycho social et le placement dans la
famille d’accueil ou dans une institution privée agréée à caractère social outre que
celle accueillant des enfants en situation difficile. ‘’ les faits commis par un enfant
âgé de moins de 14 ans ne sont pas judiciarisables, car le juge ne doit pas juger une
personne présumée agir sans discernement. Mais après l’avoir identifier et déterminé
son âge en audience de cabinet, le juge doit relaxer un tel enfant. Autrement dit, le
juge doit le relâcher39 mais le juge doit confier un tel enfant à l’assistant social dont
celui-ci doit faire l’application de l’article 96 alinéa 3 de la même loi.

De ce qui précède, le professeur R. KIENGE-KIENGE estime que, vis


avis de l’enfant victime ou de la famille qui prétend à des réparations, pour le
préjudice causé, le juge devrait à notre avis, en relâchant l’enfant et en le confiant à

37
Article 40.3.de la convention de droit de l’enfant
38
R. KIENGE-KIENGE, Op. Cit, p. 154
39
R. KIENGE-KIENGE, Op. Cit, p. 154.
17

l’assistant social conseiller les parents de l’enfants victimes ou la victime dans le cas
ou serait un majeur à pouvoir devant le juge de droit commun en vertu de l’article
260 du CCCL III.40

Il poursuit, toutefois, nous sommes d’avis que le juge pourrait renvoyer


ces affaires concernant les enfants âgées de moins de 14 ans devant le comité de
médiation pour que les parents tentent de trouver un compromis sur les réparations
dues. Faute pour les parties de trouver le compromis il propose que le juge
procéderait à l’application de l’article 96 alinéa 3 et conseiller les parties à ses
pouvoirs devant le juge de droit commun pour les réparations due41 son côté
KASIALA M. riposte en estimant que ‘’ si le préjudice causé par le comportement de
l’enfant n’est pas réparé l’on se trouvera dans une situation d’injustice et cela n’est
pas de nature à sauvegarder la paix sociale ainsi que l’ordre public. En plus l’enfant
court le risque d’être victime de la vengeance qui peut sérieusement troubler sa
sécurité.42 Comme nous l’avions dit ci-haut que la compétence ratione personae du
tribunal pour enfants est déterminée en considération de l’âge au moment de la
commission de faits. Mais il peut arriver que le tribunal ait à juger une personne
âgée de plus de dix-huit ans, donc qui n’est plus un enfant au sens de l’article 2 de
loi portant protection de l’enfant, mais pour des faits qui avaient été commis au
moment où cet enfant n’avait pas encore atteint l’âge de dix-huit ans.

Il sied de noter que le tribunal pour enfants a aussi une compétence


personnelle à l’égard de tout enfant vivant sur le territoire national congolais sans
aucune discrimination de sexe, de nationalité de race, de religion de couleurs, de
langue et autre.

b. Compétence matérielle du tribunal pour enfants

La compétence du tribunal pour enfants fait référence aux matières dans


lesquelles il peut connaitre. L’article 99 de la loi portant protection de l’enfant dispose
que le tribunal pour enfants est le seul compétent de connaitre des matières dans
lesquelles se trouvent impliquer l’enfant en conflit avec la loi et de matière se
rapportant à l’identité la capacité la filiation l’adoption est le parenté. De cette

40
Idem, p.155
41
Ibidem
42
KASIALA MASWEKA, Op. cit., p. 12
18

disposition il ressort deux types de compétences matérielles du tribunal pour enfants.


Il s’agit de :

- Matières dans lesquelles se trouve impliquer l’enfant en conflit avec la loi ;


ainsi que
- Les matières civiles

c. La compétence du tribunal pour enfant en matière d’enfant en conflit avec


la loi

L’article 99 alinéa 1er de la loi de 2009 dispose que le tribunal pour


enfants est le seul compétent de connaitre des matières dans lesquelles se trouve
impliqué l’enfant en conflits avec la loi. S’il faut comprendre la notion de l’enfant en
conflit avec loi, il est évident de recourir à l’article 2 point 9 de la même loi qui lui
considère comme étant l’enfant âgé de quatorze à moins de 18 ans qui commet un
manquement qualifie d’infraction à la loi pénale. Dans ce cas, le tribunal pour enfants
serait saisi par un fait infractionnel contre un enfant âgé de 14 ans mais qui a moins
de 18 ans le juge doit appliquer tous les principes généraux du droit pénal à savoir le
principe de la légalité des délits au regard des faits mis à charge de l’enfant les
principes de la qualification des faits, l’interprétation stricte de la loi pénale, la liberté
de la preuve et l’intime conviction du juge, les causes de justifications, la prescription
de l’action publique etc.

A ce sujet le professeur R. KIENGE-KIENGE dans son cour intitulé


Droit de la protection de l’enfant est d’avis qu’à ce propos la loi portant protection
de l’enfant devrait être plus explicite en précisant l’application devant le tribunal pour
enfant tous les principes généraux de droit pénal cités ci-haut aussi leur conséquence
quant à la décision devant être prononcé par le juge. La loi devrait également préciser
que si le juge se déclarait matériellement incompétent, pour faits non établis ou
prononçait une décision d’acquittement pour faits justifiés par l’une de cause de
justification qu’il constatait néanmoins que l’enfant traduit en justice est en situation
difficile ou exceptionnelle, (l’enfant déplacé affecté par les circonstances prescrites à
l’article 72 de la loi) il devrait dans sa décision déclarant le l’incompétence matérielle
ou l’acquittement, ordonner le placement social de l’enfant par l’assistant social, soit
dans une famille d’accueil, soit dans sa famille, élargie soit dans une institution
19

publique ou privé agrée à caractère social conformément à l’article 64 de la loi43. A


cet effet, il est entendu que le juge n’infligera pas une sanction pénale au mineur
mais plutôt, prendra des mesures de garde et de préservation prévues par les articles
113 à 118 de la loi portant protection de l’enfant.

d. La compétence du tribunal pour enfants en matière civile

Contrairement à la chambre pour mineurs qui fonctionnait au sein du


tribunal de paix, le tribunal de grande instance avant la promulgation de la loi
n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, actuellement depuis la
publication de cette loi au journal officiel, le tribunal pour enfant est le seul et unique
compétent pour connaitre les matières prévues à l’alinéa 2 de l’article 99.

Et les décisions sont prises conformément aux règles de procédure civile


c’est notamment lorsqu’il s’agit de :

- L’identité ; concernant, une demande de l’indentification ou du changement du


nom d’un mineur, de la radiation du nom de l’enfant, article 65 du code la
famille ;
- La filiation : par exemple une action de la recherche ou en contestation de la
maturité lorsque la mère n’a pas été l’auteur de la naissance ( article 596 et
600 du cf. ;
- En action en contestation ou de la recherche de la paternité ;
- L’adoption : c’est le cas en désignation d’un père juridique ou en action
demande ou révocation de l’adoption c’est le cas également de la garantie ;
- La capacité, etc.

e. La compétence territoriale du tribunal pour enfants

La compétence territoriale du tribunal pour enfants est déterminée


conformément à l’article 101 de la loi portant protection de l’enfant en considération
de critère ci-dessous.

- Du lieu de la résidence habituelle de l’enfant qui est au regard de l’article 46


de la loi précitée chez ses père et mère car l’enfant à son domicile, selon le
cas, chez ses père et mère ou chez la personne qui exerce sur lui l’autorité
parentale.

43
R. KIENGE-KIENGE, Op. cit. p. 156
20

- Du lieu où l’enfant aura été trouvé


- Du lieu de la résidence habituelle des parents de l’enfants ou de son tuteur,
dans le cas où ce lieu est différent de celui de la résidence de l’enfant
- Du lieu où l’enfant a été placé à titre provisoire ou définitif.

NB : un de ces différent lieux suffit pour déterminer la compétence territoriale du


tribunal pour enfant.

§2. Composition et tenu des audiences

A. La composition du tribunal pour enfants


Contrairement aux tribunaux ordinaires et conformément à l’article 87 de
la loi portant protection de l’enfant, le tribunal pour enfants comprend ou est composé
des deux chambres dont :

- La chambre de première instance ;


- La chambre d’appel.

Les deux chambres, bien qu’elles fonctionnent au sein d’un seul et


même tribunal, mais elles sont totalement indépendantes l’une de l’autre et sont
placées sous l’autorité d’un même président.

Ces deux chambres partagent de rapport verticaux dans le sens que l’une
d’entre elles à l’occurrence de la chambre d’appel, se situe en avale puisqu’elle
connait des recours en appel formés contre les décisions rendues au premier degré par
l’autre chambre ( il s’agit de la première instance). Cela est une grande invocation qui
a été dictée par le souci de célérité de procédure car l’existence de deux juridictions
différentes, l’une de premier degré et l’autre de 2er degré serait de nature alourdir et
ralentir la procédure. En plus elle ne tiendrait pas compte de la carence prononcée
des magistrats, des infractions ainsi que des mesures matériels et financiers qui
caractérisent le système judiciaire congolais.

En effet, comme nous l’avions dit ci-haut, le tribunal pour enfants est
composé d’un président et des juges tous affectés par le conseil supérieur de la
21

magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisée et manifestant un intérêt dans


le domaine d’enfance44.

En cas d’absence ou de l’article 88 de loi n° 09/001 du janvier de 2009


portant protection de l’enfant.

Le président est remplacé par le plus anciens d’après l’ordre de


nomination. Comme dans toute juridiction ordinaire, le président est chargé de la
répartition de tâches aux juges.

B. La tenue des audiences ou composition du sièges du tribunal pour enfants

La composition du siège au sein du tribunal pour enfants varie en


fonction des chambres. La chambre de première instance siège à juge unique.

A ce titre le juge ne porte pas la toge pour éviter de ne pas effrayer


l’enfant mais également de la condition de l’enfant dans le monde en raison de sa
vulnérabilité de son manque de maturité physique, intellectuelle d’avantage
émotionnelle et d’une particularité complexe pour éviter encore que l’enfant ne soit
impressionné c’est pourquoi les audiences se tiennent secrète pour que l’enfant sa
réputation ne soit pas prise en mépris.

Tandis que la chambre d’appel siège à trois juges la même procédure


appliquée à la première instance s’applique également dans la chambre d’appel. Le
président de la juridiction pour enfants procède à la répartition de tâches
conformément à l’article 89 de la loi portant protection de l’enfant.

A ce stade le président doit tenir compte de fait qu’un juge qui a connu
l’affaire au premier degré ne doit pas être désigné pour l’examen de la même cause
au niveau d’appel45, par ailleurs les juges chargés de statuer en appel doivent être
choisis en fonction d’une certaine expérience professionnelle, le législateur oblige que
toutes les audiences doivent se tenir à la présence du ministère public c’est pourquoi
l’article 93 de la loi dispose que le tribunal pour enfants siège avec concours du
ministère public du ressort et l’assistance d’un greffier comme nous l’avions dit
précédemment.

44
L’article 88 de la loi portant protection de l’enfant
45
KASIALA MASWEKA, Op. cit., p. 8.
22

CHAPITRE II. DE LA PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL POUR ENFANTS

L’auteur écrit « nous avons à maintes reprises regretté dans nos écris le fait
que le législateur du décret de 1950 sur l’enfance délinquante ait négligé d’élaborer de façon
détaillée la procédure en la matière ». Ce qui fut à l’origine d’abus et imperfections dans
l’application du législateur.46

Pour ce qui est de la loi de 2009 sur la protection de l’enfant, cet effort est
sensible au niveau de la procédure juridictionnelle alors qu’il demeure absent à celui de la
procédure pré juridictionnelle, l’organe de poursuite à savoir la police et le parquet du reste
écartée par la loi en vigueur. Néanmoins en vue de respecter les droits de l’enfant, le
législateur doit se référer aux recommandations et principes universellement admis en matière
des garantis fondamentale de la procédure de saisine du tribunal, de l’instruction de la cause,
de la décision, des voies de recours et de l’exécution des décisions prises par la juridiction
d’enfant.47

Mais dans cette partie relative à la procédure devant le tribunal pour enfants,
cette étude porte exclusivement sur la saisine du tribunal pour enfants.

Au sens général, la saisine est une procédure qui consiste en une formation
pour laquelle un plaideur porte son différend devant une juridiction afin que celle-ci examine
la recevabilité et le caractère fondé de ses prestations48. Acte inaugurant la phase active de
l’instruction et emportant liaison d’instance49. En effet, par saisine du tribunal pour enfants, il
faudra comprendre la manière dont les affaires concernant les enfants en conflit avec la loi
parviennent au dit tribunal50. La saisine permet au plaideur de soumettre à la juridiction ses
prétentions51. Afin que celle-ci les dise bien au mal fondé. Généralement, le plaideur introduit
sa demande en saisi le juge en matière contentieuse en déposant une copie de l’assignation au
greffe du tribunal ou une copie de la requête au secrétariat du président de la juridiction
compétente.

46
M.J. IDZUMBUIR ASSOP, Les lois de protection de l’enfant en République Démocratique du Congo,
difficulté de mise en œuvre, Kinshasa, D.E.S. Médiaspaul, 2017, p. 77.
47
Idem
48
Serge GUINCHARD et Thiery DEBARD (Dir), Lexique des termes juridiques, Paris, Dalloz, 2012, p. 784.
Cité par J.-M. TASOKI MANZELE, Procédure pénale, Kinshasa, CDU, 2016, p. 142.
49
G. CORNU, Op. cit., p. 790.
50
M.J. IDZUMBUIR ASSOP, Loi portant protection de l’enfant en RDC, analyse critique et perspectives,
Kinshasa, éd. CEDESUR, 2013, p. 117.
51
J.V. et S. GUINCHARD, Procédure civile, Paris, 24ème éd., Dalloz, 1996, p.125.
23

Section 1. Etat de la question

La présente section s’attèlera sur l’étude des cas (§1) ainsi que l’observation
subséquente (§2).

§1. Constat (étude des cas)


Aux termes de l’article 102 de la loi n°09/001/ du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant il y a sept modes de saisines du tribunal pour enfants à savoir :

- la requête de l’OMP
- la requête de l’OPJ
- la requête de la victime
- la requête des parents aux tuteurs
- la requête de l’assistant social
- la déclaration spontanée de l’enfant
- la saisine d’office du juge

Décrivons de manière détaillée tous les modes de saisine du tribunal pour


enfants. La loi actuelle a donc élargi les modes de saisine alors qu’en application du décret du
06 Décembre 1950 (voir aussi la loi belge de 1918 sur la protection de l’enfance qui la
inspiré, il y avait que deux modes de saisines : la requête de l’OMP et la requête des parents
aux tuteurs aux personnes qui en ont la garde de l’enfant :

- La requête de l’officier du ministère public

Lorsque le mineur en cause a été appréhendé par le parquet ou s’il a été


transféré au parquet par l’officier de police judiciaire, le parquet ouvre un dossier, procède à
son identification du mineur, en obtenant les éléments ci-après : le nom, sexe, l’âge, l’adresse
la personne qui exerce l’autorité parentale ou mieux le civilement responsable. Il détermine
également les faits répréhensibles qui sont reprochés au mineur. En claire, il n’ya pas
d’instruction pré-juridictionnelle dans le dossier des enfants en conflits avec la loi52. Une fois
que les éléments sont réunis dans un procès verbal, l’OMP adresse au président du tribunal
pour enfants du ressort une lettre par la quelle il lui transmet le dossier du mineur pour
disposition. En d’autres termes, la lettre de l’OMP ne devrait pas consister en une requête aux

52
KASHAMA NGOIE Serge, La procédure devant le tribunal pour enfants service documentation et d’étude,
2009, p. 8.
24

fins de fixation de la date d’audience.53 Il faut signaler qu’ici l’OMP ne prend aucune mesure
ou décision à l’égard de l’enfant. De surcroit dès qu’il est saisi de faits, le OMP informe
immédiatement ou dans le plus bref délai la personne civilement responsable sur le mineur
concerné ou qui en a la garde. Il peut s’agir des parents, des tuteurs d’une institution au privé
ou publique de placement social, il est entendu que le déferrement du mineur devant le juge
n’est pas subordonné à l’information à donner aux parent ou au tuteur.

Voici un cas pratique, le tribunal pour enfants de Kinshasa/Matete en date du


12 juillet 2018 a été saisi par la requête de l’OMP sous RCL n°0064/PTPL/018/STM à charge
de l’enfant BOKOTA LITALA poursuivi de manquement de viol. Compte tenu de la célérité
de traitement des dossiers des enfants, le tribunal avait pris une mesure de placement social
comme une mesure provisoire et à l’issue du procès, le tribunal avait fait l’application des
articles 119 al. 5, 113 et 115 de la loi portant protection de l’enfant.

- La requête de l’officier de police judiciaire

L’officier de police judiciaire (OPJ) peut directement saisir le tribunal pour


enfant dès qu’il a connaissance de faits portés contre l’enfant. Il adressera au tribunal pour
enfants une lettre dans les mêmes conditions que le ministère public, après avoir identifié
l’enfant conflit avec la loi, détermine les faits répréhensibles lui sont reproché et informe
immédiatement la personne qu’elle a l’autorité parentale sur le dit enfant ou la personne qui
en a la garde de l’enfant. L’officier de police judiciaire n’a pas le pouvoir de prendre une
mesure ou une décision sur le fond du dossier de l’ECL, ce pourvoir n’appartient qu’au juge.
Il peut immédiatement saisir le tribunal sans passer par le parquet, mais lorsqu’il saisi
directement le TPE compétent et étant donné qu’il exerce ses attributions sous le contrôle de
l’officier du Ministère public, l’officier de police judiciaire réservera une copie de sa requête
l’officier du ministère public dont il dépend.

Voici un cas pratique, en 12 juillet 2018, Mr. KABEYA MITALA officié de


police judiciaire, avait saisi le tribunal pour enfants de Kinshasa/Matete contre l’enfant
NTUMBA KADIMA Tresor pour avoir commis un manquement qualifié de vol simple.
Lorsque le tribunal s’est déclaré régulièrement saisi à l’égard de toutes les parties, à l’issue du
procès ledit tribunal avait fait l’application des articles 113 al. 1 et 119 de la loi portant
protection de l’enfant.

53
KASHAMA NGOIE Serge, Op. cit., p. 9.
25

- La requête de la victime.

Lorsque le fait qualifié d’infraction commis par le mineur a porté préjudice à


une tierce personne, celle-ci a la possibilité de saisir directement le tribunal pour enfants
compétant aux fins d’obtenir réparation, sur base de l’article 119 de la loi n°09/001 du 10
Janvier 2009 portant protection de l’enfant et des dispositions pertinentes du code civil
congolais livre II (CCCL III).54

La requête de la victime aura la forme d’une plainte. Il ne s’agit en aucun cas


d’une citation directe qui a pour effet dans la procédure pénale ordinaire de forcer la main du
ministère public à exercer de poursuite, signalons que lorsque les fait qualifié d’infraction à la
loi pénale commis par ECL victimese la personne étant donné que cette dernière ne connait
pas écrire, elle peut donner soit au voisin de lui adresse rune requête, dans la pratique et
souvent ce sont les assistants sociaux du ressort qui rédigent les requêtes au nom et pour le
compte de la victime et cette requête sera valable pour saisir le tribunal.55

- La requête des parents ou tuteur

Les père et mère ou la personne qui exerce l’autorité tutélaire sur le mineur
peuvent porter à la connaissance du TPE les faits qualifiés d’infraction commis par l’enfant
qui est sous leur autorité.

En effet, dans la pratique, cette éventualité est difficilement réalisable dans la


mesure où nul n’est obligé de dénoncer les seins56. Mais nous estimons que le législateur
aurait du limiter ce droit au seul cas où l’enfant donne par son introduite ou l’indiscipline, des
graves sujets de mécontentement à ses parents, tuteurs, ou personnes qui ont sa garde. Un tel
enfant est considéré comme étant en situation difficile (ou en danger) bref dans une situation
problème mais non délinquante qui nécessite une protection spéciale. Etant donné que cela
suppose que les relations entre l’enfant et ses parents ou tuteurs sont tendues on lui appliquera
une mesure de placement social.

54
IDZUMBUIR, ASSOP J., Op. cit, p. 119.
55
Idem, lire aussi KASHAMA serge op.cit p9.
56
L’entretien avec l’assistante sociale marie Fuamba du tribunal pour enfants de Kinshasa/matete à limete du
mardi aout 2018 à 10h 25 lors de notre stage.
26

- La requête de l’assistant social

Lorsqu’un assistant social a connaissance de faits répréhensibles commis par


un mineur, il peut saisir le tribunal pour enfants compétent. Toute fois, la loi ne précise pas si
cette prérogative appartient à tout assistant social ou uniquement à celui œuvrant dans le
ressort du tribunal pour enfants compétent. Il parait dans l’intérêt de l’enfant, que le
législateur ait visé n’importe quel assistant social. Néanmoins celui-ci devra saisir le tribunal
territorialement compétent57. L’assistant social a l’obligation également d’informer sans délai
les personnes qui exercent l’autorité parentale sur l’enfant en conflit avec la loi.

En date du 12 juillet 2018, Mr. MITONDO assistant social de son état avait
saisi le tribunal pour enfant de Kinshasa/Matete contre l’enfant MOBA MASANGA Henock
et selon la version de ce dernier, qu’il reconnait avoir reçu en relation amoureuse depuis 2017
jusqu’au 12 juillet de la même année, la victime PELY non autrement identité, le juge de
séant avait pris une mesure provision et à l’issue de cette mesure a fait l’application des
articles 113 al. 5 et 119 de la même loi.

Pour les autres modes de saisine, de la pratique judiciaire, ce sont souvent les
assistants sociaux et greffiers qui rédigent la requête de la victime et parent ou tuteur dans le
cas où ce dernier ne connaissent pas rédigés.

- La déclaration spontanée de l’enfant

La déclaration spontanée de l’enfant saisit le tribunal pour enfant soit dans


l’hypothèse où l’enfant est conduit au tribunal par la population en flagrance ou un agent de
l’ordre(un policier)et que l’enfant déclare devant le tribunal pour certains faits, il déclare
d’autres qui ne figuraient pas sur la requête de l’OMP, de l’OPJ de la victime, de parents
auteur, de l’assistant social saisissant le tribunal58. En outre, l’enfant suspecté ou accusé
d’avoir commis des faits qualifiés d’infractions peut lui-même se transporter au tribunal. Il
sera reçu dans ce cas par le greffier qui l’orientera vers le président du tribunal pour enfants
pour disposition et compétence

57
KASHAMA NGOIE Serge, Op.cit, p. 9.
58
KIENGE-KIENGE INTUDI, Op.cit., p.158
27

- La saisine d’office du juge

Le juge des enfants qui a connaissance de faits commis par un mineur soit en
tant que témoin oculaire soit informé par des tiers, peut de sa propre initiative, faire ouvrir par
le greffier un dossier à change du mineur. Il en informera immédiatement le président du
tribunal pour enfants. Le président veillera à ce que les parents ou responsable du mineur
soient informés de la procédure ainsi initiée. Une possibilité autre est que le tribunal pour
enfants est saisi d’office notamment dans le cas où l’enfant y est conduit par un agent de
l’ordre ou même pour la population en flagrance, sans que l’enfant déclare appontement ce
qu’il a fait un dossier sera ouvert contre le dit enfant au greffe du tribunal.

Il faut révéler que la saisine d’office d’une juridiction peut se concevoir dans
l’hypothèse de délit d’audience.

On appelle délit d’audience toute infraction commise dans la salle d’audience


pendant la durée de celle-ci59. Dans la pratique, lorsque l’auteur de ce délit d’audience est une
personne majeure, souvent le tribunal pour enfants se déclare incompétent pour connaitre
l’affaire. A cet effet, le juge de céans demande au ministère public de s’en changer de
l’affaire. C’est un dossier qui sera ouvert sur R.P et l’auteur sera transféré à son juge naturel.
A titre de rappel, le délit d’audience en RDC est organisé par l’ordonnance loi n°70/012 du 10
mars 1970.60

§2. Observation subséquentes


Lorsque le tribunal pour enfants est saisi conformément à l’article 102 de la loi
n°09/001 du 10 janvier 2009, l’enfant en conflit avec la loi est orienté vers un assistant social
qui à son tour doit procéder à l’écoute de l’intéressé sur les faits qui lui sont reprochés et
propose au juge une mesure provisoire à l’égard dudit enfant mais l’assistant social crée la
confiance avec l’enfant pour que ce dernier lui dise la vérité sur le fait tel que cristallisé.
Parmi les multiples fonctions de l’assistant social au sein du tribunal pour enfants lors de la
saisine du tribunal pour enfants, l’assistant social participe à l’interrogatoire de l’enfant en
conflit avec la loi si ce dernier n’a pas de parents, tuteur ou autre représentant.

A côté de l’assistant social, il y a également le MP qui instruit à charge et


décharge de l’enfant mais dans l’intérêt supérieur dudit enfant.

59
E.J. LUZOLO BAMBI LESSA et Serge MAKAYA KIELA, Eléments de procédure pénale, manuel
d’enseignement/ 1ere éd.
60
Idem.
28

Pour ce qui concerne la réparation du préjudice causé à la victime par l’enfant


en conflit avec la loi, le juge condamne le civilement responsable et s’il échait, procède au
placement social dudit enfant.

Section 2. Critiques et perspectives

§1. Critiques

Cette partie s’attèlera à relever les qualités et défauts liés à la saisine du


tribunal pour enfants en droit congolais. En effet, l’exposé de motif de la loi n°09/001 du 10
Janvier 2009 portant protection de l’enfant, énumère trois grands types de protections de
l’enfant à l’occurrence :

- La protection sociale ;
- La protection judiciaire
- La protection pénale.

Certes dans chaque type de protection de l’enfant, le législateur de 2009,


protège une catégorie des enfants bien déterminée quoi que certaines dispositions concernent
tous les enfants vivant en RDC sans discrimination. En effet, la protection sociale, le
législateur protège tout enfant mais exceptionnellement souvent dans certaines circonstances
particulières, il protège notamment l’enfant séparé, l’enfant vivant avec handicap physique ou
mental enfant en situation difficile, enfant en situation exceptionnelle ; quant à la protection
judiciaire, le législateur protège essentiellement, l’enfant en conflit avec la loi alors que dans
la protection pénale, le législateur de 2009 protège l’enfant victime de toutes les formes des
atteintes portées contre le dit enfant.

A cet effet, il est important de constater que dans le titre relatif à la protection
judiciaire, le législateur de 2009 a exclusivement prévu dans l’article 102, les modes de
saisine du TPE lorsqu’il s’agit de la procédure devant le dit tribunal concernant les enfants en
conflit avec la loi.

La question est celle de savoir à l’aide de quoi le tribunal pour enfant peut-il
être saisi lorsqu’il s’agit de protéger l’enfant socialement et pénalement ?

Le législateur congolais de la loi de 2009 portant protection de l’enfant, ne


devait pas expressément intituler le chapitre 3 du titre II de la loi sus évoquée de la procédure
29

devant le tribunal jour enfant en conflit avec la loi comme si cette procédure n’est concernée
que l’ECL si c’est le contraire, il devait établir une distinction entre les modalités de saisine
du TPF en matière d’ECL, en matière d’ESD, en matière des enfants en situation
exceptionnelles et lorsqu’il agit de protéger l’enfant en famille. En d’autres termes si le
législateur de 2009 a voulu qu’en matière d’ECL, le tribunal pour enfant doit valablement être
saisi conforment à l’article 102, devrait également prévoir les modes de saine du dit tribunal
en matière ESD et en matière civile à l’occurrence de celle se rapportant à l’identité, la capité,
la filiation, l’adoption et la parenté car les objectifs poursuivis par le législateur de 2009 dans
la protection judiciaire ne sont les même se trouvant dans la protection sociale et pénale de
l’enfant, ceci est justifié par le fait que chaque type de protection de l’enfant a ses propres
finalités que la loi vise.

Le législateur n’a pas expressément prévu dans la loi 2009, l’assignation et la


comparution volontaire comme modalité chacune particulière pour saisir valablement le TPE,
mais dans la pratique judiciaire à travers nos quêtes, avions retrouvé ces modes saisissant le
dit tribunal.

Un autre point touchant notre étude est celui du rôle accusateur de l’assistant
social conformément à l’article 102.5 de LPE. En effet, parmi les multiples fonctions que
jouent l’assistant social au sein du tribunal pour enfants, nous examinons les deux, celles
saisir le tribunal (rôle accusateur) et celle de représenter l’enfant pendant le procès en matière
d’ECL lorsque ce dernier n’a pas de parent (l’art 104.8).

Il est important de constater qu’il y a l’ambigüité au chef de la loi de 2009


lorsque l’assistant social dans justice pour mineurs se trouvent dans l’hypothèse où dans un
tribunal pour enfants se trouvant dans un coin reculé de la RDC, qu’il n’y a qu’un seul
assistant social et ce dernier saisi le tribunal pour enfants contre un enfant nommément
identifié et que cet enfant n’a ni parents, ni celui qui en a sa garde ou celui qu’exerce sur lui
l’autorité parentale pour l’assister, quel est alors l’assistant social devra le représenter, est ce
celui qui a saisi le tribunal ou l’ou cherchera un assistant social d’un autre ressort ? Cette
question n’est pas résolue dans la loi n°09/001 du 10 Janvier de 2009 mais dans la 2e section
relative aux perspectives nous donnerons les solutions possibles aux différentes questions
posées ci-haut et de déterminer les personnes habilitées à saisir le TPE.
30

§2. Perspectives

Après avoir analysé la saisine du tribunal pour enfants en droit congolais dans
toute sa substance et nous revient dans cette partie de donner solutions aux problèmes
qu’égorge la saisine du tribunal pour enfants en droit congolais. Nous suggérons au législateur
congolais lors d’une nouvelle édition ou lors de la modification de la loi n° 09/001 du 10
Janvier de 2009 portant protection de l’enfant à adopter ce qui suit :

- Intituler le chapitre 3 du titre III de la protection judiciaire comme de la procédure


devant le tribunal pour enfants ;
- Déterminer les modalités de saisine du tribunal pour enfants dans chaque type de
protection de l’enfant à ce sujet le législateur doit déterminer expressément les
personnes dotées de pouvoir de saisir le dit tribunal
- Restreindre ou limiter le champ d’application de fonctions de l’assistant social du
tribunal pour enfant.

L’assistant étant spécialisé dans la résolution des problèmes liés aux relations
humaines, ne peut saisir le tribunal pour enfants qu’en matière d’enfant en situation difficile,
en situation exceptionnelle, d’enfant vivant avec handicap. C’est-à-dire l’assistant social ne
peut saisir le tribunal pour enfants qu’en matière de protection sociale l’enfant.

- Citer expressément dans la loi portant protection de l’enfant, l’assignation et la


comparution volontaire comme modalités particulières de saisir valablement le
tribunal pour enfants. Parce que ces deux modes sont d’usage dans la pratique
judiciaire congolaise.

Conclusion
31

CONCLUSION
Au cours de cette étude, il a été question d’analyser « la saisine du tribunal pour
enfants en Droit Congolais ».

En effet, la requête ne peut valablement saisir une juridiction, qu’en matière civile et
non en matière répressive. A cet effet, il y a une ambiguïté dans la justice pour mineurs que la
requête puisse saisir le tribunal pour enfants dans toutes les matières confondues à
l’occurrence en matière d’enfant en conflit avec la loi, en matière civile, en matière d’enfant
vivant en situation difficile et autre.

Le législateur a intitulé le chapitre III du titre III, « de la procédure devant le tribunal


pour enfants en conflit avec la loi. En réalité, le contenu de ce chapitre ne concerne pas
exclusivement l’enfant en conflit avec la loi, mais concerne tous les enfants tels que défini à
l’article 2 de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant et en outre, ce
qui est dit ci-haut, dans la loi sus-évoquée celle de 2009, l’assignation et la comparution
volontaire ne sont pas expressément citées comme modalités de saisine du tribunal pour
enfants, mais dans la pratique judiciaire, ces deux modes saisissent valablement le tribunal
pour enfants en matière civile.

Eu égard de tout ce qui précède, quelques suggestions ont été envisagées :

- le législateur doit intituler le chapitre 3 du titre III comme celui « De la procédure devant le
tribunal pour enfants » ;

- déterminer les modalités de saisine du tribunal pour enfants dans chaque type de protection
de l’enfant ;

- citer l’assignation et la comparution volontaire comme modalité de saisine du tribunal pour


enfants.
32

BIBLIOGRAPHIE

I. TEXTES JURIDIQUES

A. Textes juridiques internationaux


- Convention relative aux droits de l’enfant. Adoptée dans sa résolution 44/25 du
20 Novembre 1989.
- Ensemble des règles minima concernant l’Administration de la justice pour
mineurs (règle de Beijing). Adopté par l’Assemblée Générale des Nations-Unies
dans sa résolution 40/33 du 29 Novembre 1985.

B. Textes juridiques nationaux


- Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle
que modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains
articles, in J.O.R.D.C, 52èmen°spécial 5 février 2011.
- Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.
- Décret du 6 Décembre 1950 relatif à l’enfance délinquante
- Décret n°11/01 du 05 Janvier 2011 fixant les sièges ordinaires et ressorts des
tribunaux pour enfants.
- Arrêté ministériel n°001/CAB/MIN/J&DH/2011 du 5 Janvier 2011 portant
création des sièges secondaires des tribunaux pour enfants et fixation de leurs
ressorts.
II. DOCTRINE

A. Ouvrages
- BERGEL J-L., Méthodologie juridique, Paris, 2ème éd, P.U.F, 2016.
- GERARD CORNU, Vocabulaire juridique, Paris, 6ième éd, PUF, 2004.
- GRAWITZ M. et PINTO P., Méthodes Des Sciences Sociales, Paris, Dalloz,
1972.
- GUINCHARD S et DEBARD T (Dir), Lexique des termes juridiques, Paris,
Dalloz, 2012.
- GUINCHARD S. et J.V., Procédure civile, Paris, 24ème éd., Dalloz, 1996.
- IDZUMBUIR ASSOP M.J., Loi portant protection de l’enfant en RDC, analyse
critique et perspectives, Kinshasa, éd. CEDESUR, 2013.
33

- IDZUMBUIR ASSOP M.J., Les lois de protection de l’enfant en République


Démocratique du Congo, difficulté de mise en œuvre, Kinshasa, D.E.S.
Médiaspaul, 2017.
- IDZUMBUIR Assop M.J., La justice pour mineurs, réalité et perspective,
Kinshasa, E.U.A, 1994.
- KAMUKINAY MUKINAY A., Droit constitutionnel Congolais, éd,
Universitaire Africaine 2011.
- MBOKO DJ’ANDIMA, Principe et usage en matière de rédaction d’un travail
universitaire , Congo Kinshasa, éd. CADICE, UNIAPAC.
- RONGERE P., Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz 1971
- RUBBENS A., Le Droit judiciaire congolais, le pouvoir, l’organisation et la
compétence judiciaire, Tome 1, Université Lovanium-Bruxelles, Maison
Ferdinand Larcier S.A, 1970.
- RUBBENS A., Le Droit judiciaire congolais, l’instruction criminelle et la
procédure pénale, Tome III, Kinshasa, PUZ, 1978.
A. Articles et revues
- KASIALA MASWEKA, « De l’organisation et de la compétence des tribunaux
pour enfants », Inédit, Juin 2009.
- KASHAMA NGOIE Serge, La procédure devant le tribunal pour enfants
service documentation et d’étude, 2009.

B. Notes de cours
- KIENGE-KIENGE INTUDI R., Droit de protection de l’enfant, Notes de cours,
UNIKIN, Fac. Droit, G 3, Droit privé et judiciaire, Kinshasa, 2017.
- LUZOLO BAMBI LESSA E.J., Organisation et compétence judiciaire, Notes de
cours de G1 droit, Kinshasa 2016.
- LUZOLO BAMBI LESSA E.J. et MAKAYA KIELA S, Eléments de procédure
pénale, Manuel d’enseignement, Kinshasa, 1ère éd, 2017.

C. Autre source
- L’entretien avec l’assistante sociale marie Fuamba du tribunal pour enfants de
Kinshasa/Matete à Limete du mardi 14 aout 2018 à 10h 25 lors de notre stage.
34

TABLE DES MATIERES

IN MEMORIAM ....................................................................................................................... i
DEDICACE............................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................... iii
LISTE DES ABREVIATIONS .............................................................................................. iv
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
I.POSITION DU PROBLEME .................................................................................................. 1
II.CADRE DE REFERENCE .................................................................................................... 2
III.MODES OPERATOIRES ..................................................................................................... 3
A.De l’intérêt du sujet ................................................................................................................ 3
B.Méthodes de la recherche ....................................................................................................... 3
C.Délimitation du sujet .............................................................................................................. 4
CHAPITRE I. APPROCHE DESCRIPTIVE ET EXPLICATIVE DU TRIBUNAL
POUR ENFANTS .................................................................................................................... 5
Section 1. Notion et fondement du tribunal pour enfants ..................................................... 5
§1. Notion du tribunal pour enfants .......................................................................................... 5
A.Définition ................................................................................................................................ 5
B.De l’histoire de la création du tribunal pour enfants ..................................................... 6
§2. Fondement du tribunal pour enfants................................................................................ 7
A.Du siège ordinaire du tribunal pour enfants .................................................................... 8
B.Du siège secondaire .............................................................................................................. 8
C.Regroupement des ressorts ................................................................................................... 9
Section 2. Organisation et composition du tribunal pour enfants ...................................... 10
§1. Organisation et compétence du tribunal pour enfants .................................................. 10
A.Organisation du tribunal pour enfants ............................................................................. 10
B.La compétence du tribunal pour enfants ......................................................................... 15
§2. Composition et tenu des audiences ................................................................................ 20
A.La composition du tribunal pour enfants ......................................................................... 20
B.La tenue des audiences ou composition du sièges du tribunal pour enfants21
CHAPITRE II. DE LA PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL POUR ENFANTS .. 22
Section 1. Etat de la question ................................................................................................... 23
§1. Constat (étude des cas) ....................................................................................................... 23
§2. Observation subséquentes .................................................................................................. 27
35

Section 2. Critiques et perspectives ...................................................................................... 28


§1. Critiques ...................................................................................................................... 28
§2. Perspectives ................................................................................................................. 30
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 32
TABLE DES MATIERES ..................................................................................................... 34

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