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C O N F E R E N C E

Mercredi 20 novembre 2013, Paris

Interdiction des détecteurs de fumée ioniques : comment répondre


à vos obligations réglementaires en matière de sécurité incendie ?

Depuis novembre 2011, les détecteurs de fumée ioniques doivent


progressivement être retirés des systèmes de sécurité incendie et
remplacés par d'autres technologies.
Quelles sont les obligations réglementaires des collectivités pour
leurs bâtiments ? Comment y faire face ? Les organisations
professionnelles représentatives ont créé l'association QUALDION
pour répondre à ces questions et faciliter la mise en œuvre de
cette nouvelle réglementation.

Programme et intervenants
Ouverture de la conférence - Anne VALACHS, Directeur général du SERCE

Les enjeux
• Régis COUSIN, Président de l’Association QUALDION

Le dispositif réglementaire
• Jérémie VALLET, Mission de la sûreté nucléaire et de la
radioprotection (MEDDE) :

• Sophie FOURNET, Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN)

Les objectifs du label QUALDION


• Régis COUSIN,

L’engagement des professionnels


• Romain CANLER, Délégué du GESI

Comment savoir si son installation est concernée ?


• Laurent PHILIPPE, CEGELEC Tertiaire Ile-de-France
Interdiction des détecteurs de fumée ioniques :
comment répondre à vos obligations réglementaires en matière de sécurité incendie ?

L’élimination des détecteurs ioniques de fumée représente un enjeu important pour les collectivités locales.
En effet, leur patrimoine est particulièrement concerné par l’élimination des détecteurs ioniques. La nouvelle
réglementation, entrée en vigueur en novembre 2011, crée de nouvelles obligations pour les détenteurs parmi
lesquels figurent les collectivités locales mais peu d’entre elles sont au courant des nouvelles contraintes qu’elles
devront assumer.
C'est pourquoi le SERCE a souhaité réunir un panel de professionnels avertis afin de présenter les enjeux, les
contraintes, le calendrier et les obligations des collectivités dans le domaine avant de présenter le label
QUALDION.

Les enjeux
Régis COUSIN, Président de l’Association QUALDION

Pourquoi avoir interdit les détecteurs ioniques de fumée ?

Le démantèlement des détecteurs ioniques trouve son origine dans un événement


survenu en 1998. A l’époque, un camion transportant des détecteurs incendie
dotés de radionucléides artificiels, appelés détecteurs ioniques, brûle. Après
extinction de l’incendie, les services de secours s’aperçoivent que le camion contenait des détecteurs portant le
symbole du trèfle radioactif. Les services ont manifesté une certaine émotion face à ce constat, et l’information
est remontée aux plus hautes autorités de l’Etat.

L’année 1998 est marquée par le premier procès du sang contaminé et par l’affaire du syndrome de la vache
folle. Très sensibilisés à la gestion du risque, les pouvoirs publics vont alors s’interroger sur la pertinence de
l’utilisation de radionucléides artificiels dans les détecteurs incendie. Ils interpellent alors les professionnels du
secteur (fabricants, installateurs, certificateurs, utilisateurs), regroupés au sein de la marque NF, pour les
inciter à trouver une technologie alternative.

Le radionucléide artificiel a été utilisé pendant des années, car cette technologie permettait le meilleur ratio en
termes de spectre de détection. Il offrait alors la capacité de détecter le risque le plus large possible par
rapport à un coût de fabrication et d’installation optimal. Devant l’impossibilité à disposer de technologies
alternatives aussi compétitives économiquement, le radionucléide artificiel était utilisé de manière
préférentielle.

A ce jour, le nombre d’installations utilisant ce type de détecteurs s’élève à 300.000, pour environ 7 millions de
détecteurs installés. Ces détecteurs sont presque tous admis à la marque NF. Le radionucléide utilisé est
majoritairement l’Américium 241. Au total, 600 gigas becquerels sont installés sur toute la France.

Leur dissémination géographique et leur répartition dans les différents secteurs d’activité est mal identifiée.
Parfois, les systèmes de détection incendie sont quelque peu oubliés par l’exploitant qui est néanmoins
responsable de la détention de ces détecteurs.

D’après les études menées par les professionnels, 65% des


détecteurs ioniques seraient installés dans le secteur public et
35% dans le secteur privé.

Ils équipent principalement les locaux où le risque est


potentiellement élevé, en termes d’incendie, pour la protection
des personnes et des biens. On les trouve donc en premier lieu
dans les établissements de soin et les lieux à sommeil (hôtels,
internats).

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Interdiction des détecteurs de fumée ioniques :
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Dispositif réglementaire
Jérémie VALLET, Mission de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (MEDDE),
Sophie FOURNET, Autorité de sûreté nucléaire

"Le dispositif réglementaire repose sur l’arrêté du 18 novembre 2011 et sur


deux décisions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
L'utilisation de détecteurs de fumée contenant une source radioactive n’est
plus une technologie justifiée. En effet, il existe désormais des technologies
alternatives permettant d’atteindre l’objectif visé.
Afin de préserver la sécurité incendie, l’arrêté du 18 novembre 2011 encadre la
phase transitoire de remplacement, en octroyant un certain délai aux utilisateurs.
L’arrêté du 18 novembre 2011 déroge à l’interdiction d’ajouter des radionucléides dans les produits de
construction pour les détecteurs de fumée à chambre d'ionisation pour une période de 2 à 10 ans maximum
selon des critères fixés par l'arrêté. Il reconduit l’exemption d’autorisation pour les détenteurs au titre du Code
de la santé publique. Ainsi, tant que les détecteurs sont installés dans le système de détection incendie, il n’est
pas obligatoire de détenir une autorisation ou un récépissé de déclaration. En revanche, la dépose devient une
activité soumise à autorisation ou déclaration selon l'importance des activités radioactives détenues.
Les détenteurs restent responsables des détecteurs jusqu’à leur élimination dans les filières autorisées. Ils
doivent par ailleurs réaliser ou faire réaliser un recensement de leur installation avant la fin de l’année 2014.
L’échéance est donc extrêmement proche pour disposer des fiches de recensement initiales".

Le calendrier réglementaire

L’arrêté date de 2011. Il prévoit que la réalisation des fiches de recensement initiales ait été effectuée avant le
31 décembre 2014. Les extensions de réseau sont interdites depuis le du 4 décembre 2013 : il ne sera donc
plus possible d’étendre un système de détection incendie en utilisant des détecteurs ioniques.
Ensuite, les détecteurs ioniques ne répondant pas aux caractéristiques de l’annexe II de l’arrêté seront interdits
dès décembre 2015.
L’utilisation de détecteurs ioniques sera interdite fin 2017. Dans le cadre de migrations planifiées, les deux
dernières échéances s'étendent à fin 2021.
Ce délai peut sembler long, mais il est nécessaire que les utilisateurs se préoccupent de ce sujet dès
maintenant, car le travail à réaliser est important.

31 décembre 2014 : date limite pour le recensement

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Les acteurs de la filière


Sophie FOURNET, Autorité de sûreté nucléaire

Dans ces textes réglementaires, différents acteurs sont cités. Les utilisateurs sont
les détenteurs des systèmes de détection incendie.

Par ailleurs, sont également cités les installateurs, les mainteneurs, et les
déposeurs, chargés de remplacer les détecteurs.
Les reconditionneurs, quant à eux, vérifie la conformité des détecteurs déposés.
Ces détecteurs, une fois reconditionnés, peuvent être de nouveau installés sur les systèmes de sécurité
incendie.
Les démanteleurs ont la charge de détruire le détecteur ionique, en séparant la partie radioactive de la coque
qui la recouvre.
Enfin, les repreneurs de sources sont les fournisseurs originaires de sources radioactives.

Ces acteurs sont soumis à différents


régimes définis dans les décisions
s
n° 2011-DC-0252 et 2011-DC-0253
de l’ASN.
Tous les acteurs ayant une action
directe sur la source
(reconditionneurs, démanteleurs,
fabricants, repreneurs) sont soumis
au régime d’autorisation. Ces
autorisations sont délivrées par
l’ASN.
Les installateurs, mainteneurs et
déposeurs, qui peuvent également
entreposer des détecteurs ioniques,
sont soumis au régime de
déclaration dans la limite d’un
certain seuil. Au-delà de ce seuil, ils
sont soumis au régime
d’autorisation.
Les utilisateurs ne sont pas autorisés à détenir ou à entreposer des détecteurs ioniques en dehors de ceux
installés sur les lignes. Le moindre stock de détecteurs ioniques est a minima soumis au régime de la déclaration,
même s’il ne comprend qu’un détecteur.

Les obligations du détenteur/utilisateur

L’utilisateur de détecteurs ioniques de fumée doit faire l’inventaire de son installation par le biais de la "fiche
de recensement initiale". L’utilisateur peut établir cette fiche lui-même, à condition qu’il n’ait pas à manipuler
les détecteurs ioniques ou faire appel à un installateur, un mainteneur ou un déposeur dûment autorisé ou
déclaré auprès de l’ASN. Une fois la fiche de recensement initiale établie, celle-ci doit être à un installateur,
mainteneur ou déposeur avant le 31/12/2014 si aucune intervention n'a eu lieu sur l'installation avant cette
date. Ce sont ces professionnels qui transmettront les fiches de recensement à l’Institut de Radioprotection et
de Sûreté Nucléaire (IRSN) au travers de leurs rapports annuels d'activités.

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Dès lors qu’une intervention (maintenance préventive, curative ou autre) a


lieu sur le système de détection incendie, la fiche de recensement initiale
"A partir de 2021, la devra être mise à jour. Les stocks sont interdits et doivent être repris par un
professionnel autorisé.
détention de détecteurs
ioniques peut conduire Les utilisateurs sont responsables des détecteurs présents sur leurs
installations. Leur responsabilité sera dégagée lorsque le professionnel
à une peine de prison
déclaré ou autorisé leur aura remis une attestation de reprise ou une
pouvant aller jusqu’à attestation de prise en charge. Cette attestation transfère la responsabilité
un an, et à une amende des détecteurs sur le professionnel.
pouvant aller jusqu’à L’année 2021 correspond à la fin de la dérogation pour l’utilisation de
15.000 euros." radionucléides dans les détecteurs de fumée, y compris lors de leur
reconditionnement. La détention et l’utilisation de détecteurs ioniques
seront alors interdites.

Les objectifs globaux du label QUALDION


Régis COUSIN, Président de l’Association QUALDION

Il est important de ne pas perdre de vue que si les aspects réglementaires évoqués précédemment sont liés à la
radioprotection, la mission première du produit consiste à détecter un éventuel incendie. Les utilisateurs
doivent donc répondre à ces nouvelles exigences réglementaires en radioprotection, tout en se préoccupant de
maintenir leurs systèmes de détection incendie opérationnel.
Celui-ci doit satisfaire aux exigences réglementaires et/ou assurances, et il est notamment validé par la
Commission de sécurité, pour les établissements recevant du public.

Des professionnels réunis en association


Les professionnels du secteur, aussi bien les fabricants que les installateurs-mainteneurs, se devaient donc
d’apporter une réponse pertinente pour répondre à ces deux obligations consistant à migrer les installations
actuelles tout en maintenant le même niveau de performance de l'installation.
Ils se sont donc engagés à apporter une solution de qualité, construite en étroite collaboration entre les
1
fabricants, les installateurs, et les mainteneurs, représentés par le GESI, la FFIE, le SERCE et le SVDI en créant
l'association et le label QUALDION.
La solution portée par l'association QUALDION a été élaborée en étroite concertation avec l’Autorité de Sûreté
Nucléaire et la Mission de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (MSNR). Dans le cadre d’un
démantèlement et d’un remplacement, elle consiste à s’assurer que le produit de substitution apportera la
même garantie en termes de pertinence de détection. En outre, le nouvel équipement devra s’insérer
parfaitement dans le système en place, par le respect de l'associativité système attestée par la marque NF, afin
de fonctionner dans les mêmes conditions que le produit précédent.

1
GESI : Groupement Français des Industries Electroniques de Sécurité Incendie ; FFIE : Fédération française des entreprises de génie
électrique et énergétique ; SERCE : Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique ; SVDI : spécialistes des solutions
technologiques en Sûreté, Vidéo protection et Détection Incendie.

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L’engagement des professionnels


Romain CANLER, Délégué du GESI

L’un des objets initiaux et centraux de l’Association QUALDION repose sur le


développement et la diffusion d’un label de qualité destiné aux professionnels.

Les avantages du label QUALDION pour l’exploitant (le détenteur)


Les professionnels labélisés QUALDION s'engagent sur deux aspects :
En matière de radioprotection, ils s’engagent à respecter la réglementation et les décisions de l’ASN,
ainsi que le régime prévu (déclaration ou autorisation). Ils prennent également l’engagement de
remonter correctement l’information auprès de l’IRSN et d’assurer le suivi des opérations en toute
transparence auprès des utilisateurs/détenteurs de détecteurs ioniques.
Ce dernier engagement n’est pas neutre, car les peines encourues en cas de transgression de la
réglementation sont importantes : 15.000 euros d’amende, un an d’emprisonnement.

En matière de sécurité incendie, ils s’engagent à opérer un choix d’équipement en cohérence avec les
risques auxquels l’utilisateur est exposé et à maintenir le niveau de performance du système de
détection incendie.
Ces engagements représentent une plus-value importante pour l’utilisateur. D’une part, l’utilisateur détenteur
de détecteurs ioniques s’assure que la réglementation est bien respectée par son prestataire, d’autre part, un
transfert total de responsabilité peut s’opérer. En outre, les professionnels s’engagent à effectuer un suivi
sécurité des sources radioactives et une analyse des risques.
Enfin, en ce qui concerne la protection des salariés et collaborateurs, le label QUALDION assure que la
manipulation des détecteurs ioniques sera effectuée par des professionnels dûment formés et agréés.

La transparence du dispositif QUALDION


L’Association QUALDION n’a pas de but lucratif. Elle a vocation à porter le label QUALDION et à opérer, en
collaboration avec les pouvoirs publics, des communications pédagogiques sur le sujet des détecteurs ioniques.
Il semblait donc naturel que la gestion directe et l’attribution du label soient confiées à un organisme tiers pour
garantir un certain niveau d’indépendance et de transparence. Le Laboratoire National de Métrologie et
d’Essais (LNE) est donc chargé de délivrer le label et d’opérer les contrôles correspondants.

Comment un professionnel peut-il obtenir le label QUALDION ?


Pour obtenir le label QUALDION, l'entreprise doit remplir quatre grandes conditions.
Elle doit être dûment enregistrée (autorisation ou déclaration) auprès de l’ASN.
Elle doit démontrer sa connaissance de l’activité sécurité incendie, à travers le passage d’un test de
connaissance ou la détention d’une certification. Le label s’appuie actuellement sur les seules
certifications véritablement opérationnelles en matière de sécurité incendie et de détection incendie
en particulier : l’APSAD 17 et F7.
Elle doit désigner un correspondant QUALDION qui sera responsable de la labellisation au sein de son
entreprise.
Elle identifie des collaborateurs compétents qui devront justifier de leurs compétences, tant en
radioprotection qu’en sécurité incendie. Ces collaborateurs passeront des tests QCM si nécessaire
pour l’aspect radioprotection. Cette dernière compétence est soit internalisée soit externalisée avec
avec un prestataire externe pour les entreprises soumises à déclaration.
Une fois que les contrôles ont été réalisés, le Laboratoire National d’Essais délivre l’attestation de conformité.

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comment répondre à vos obligations réglementaires en matière de sécurité incendie ?

Un espace d'information "label QULADION" sur le site internet du LNE


La liste des labellisés figure sur le site administré le LNE : www.lne.fr/label-qualdion.
A ce jour, aucun site public ou privé ne recense les entreprises déclarées ou autorisées par l’ASN. L’unique
source d’information fiable est donc recensée sur cet espace internet. Les coordonnées régionales des
labellisés sont également fournies, pour les besoins des utilisateurs en province.
Dans le cadre de la mission d’information pédagogique de l’Association, le site propose l’ensemble des
documents de référence (textes réglementaires et décisions ASN), mais aussi une Foire aux Questions, qui
réunit les questions les plus fréquemment posées par les détenteurs et utilisateurs.
Une fiche de recensement type explique comment opérer le recensement d’une installation de détecteurs
ioniques.
Enfin, l’ensemble des informations directement liées au label et des données a priori nécessaires pour une
compréhension suffisante de la réglementation est également proposé. Les membres de l’association se
tiennent également à la disposition des détenteurs pour leur fournir les informations dont ils auraient besoin.

Le succès du label QUALDION


Depuis un an, plus de 70 établissements ont été labellisés QUALDION en France. Ce chiffre devrait être
supérieur à 100 au début de l’année 2014. Toutefois, par nature, et étant donné les caractéristiques de la
réglementation, le nombre de professionnels déclarés et autorisés à pratiquer cette activité sous le label
QUALDION sera forcément restreint. Ceci est lié aux conditions d’application et aux conditions intrinsèques de
la réglementation

Comment savoir si son installation est concernée ?


Laurent PHILIPPE, CEGELEC Tertiaire Ile-de-France

Normalement, l’utilisateur (ou le "détenteur") est lié à une société par un contrat de
maintenance. Il doit donc commencer par demander à cette société si elle est autorisée
ou déclarée auprès de l’ASN.
Si ce n’est pas le cas, mieux vaut l’inviter à établir un dossier afin qu’il se mette en conformité, car depuis la
sortie du décret en 2012, il n’est plus autorisé à intervenir sur les installations.
Si le mainteneur est déclaré ou autorisé, l’utilisateur doit établir et déposer avant le 31 décembre 2014 auprès
de l’IRSN. Normalement, le mainteneur a déjà dû informer l’utilisateur de la procédure assez simple à mettre
en œuvre. En effet, comme le prestataire est labellisé et déclaré auprès de l’ASN, il lui suffira d’établir la fiche
recensant les installations, qui correspond à la liste des détecteurs ioniques, leur quantité, leur type ou encore
leur date d’installation. Il fournira ensuite une copie de cette fiche à l’utilisateur et transmettra l’original à
l’IRSN.
Ce dépôt de déclaration permettra à l’utilisateur de programmer le remplacement de son système sur les
années à venir. Suivant la taille et la quantité du parc immobilier concerné, il pourra procéder au
remplacement de l’installation jusqu’en 2021. Toutefois, mieux vaut effectuer ce remplacement rapidement
pour éviter toute complication.
Plus de 7 millions de détecteurs sont installés, il est donc conseillé aux utilisateurs de lancer les démarches
rapidement afin de se mettre en conformité avec le nouveau décret.
Pour vérifier que le prestataire est labellisé, l’utilisateur peut consulter le site du LNE ou se renseigner auprès
des différentes organisations professionnelles citées précédemment.

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Les questions de la salle

Question : Les clients, notamment les collectivités, demandent parfois un Bordereau de Suivi des Déchets
(BSD) aux installateurs chargés de déposer les détecteurs ioniques. La remise d’un BSD constitue-t-elle une
obligation dans le cadre de la dépose de détecteurs ioniques ? L’attestation de reprise suffit-elle ?
« Le détecteur ionique en fin de vie n’est pas un déchet », souligne Sophie FOURNET. Le BSD peut être établi,
mais il n’a aucune valeur, car il n’est pas justifié dans le cas des détecteurs ioniques. L’attestation de reprise ou
l'attestation de prise en charge suffit.

Question : Les détecteurs ioniques sont-ils toujours en vente sur les marchés publics ?
« Non. Il est interdit de vendre de nouveaux détecteurs ioniques », rappelle Jérémie VALLET.

Question : Comment s’assurer que les détecteurs de fumée proposés par le prestataire ne sont pas des
détecteurs ioniques ?
« La fabrication de détecteurs ioniques est interdite depuis la parution de l’arrêté de 2011 », précise Sophie
FOURNET. Il est donc impossible d’acheter un détecteur ionique neuf. Néanmoins, le prestataire peut acheter
des détecteurs reconditionnés. Ces détecteurs ont été déposés d’une installation, puis envoyés sur un site de
reconditionnement où ils ont subi des tests pour vérifier notamment l’étanchéité de la source et leur bon
fonctionnement. Une fois les tests validés, une estampille bleue « NF Reconditionnement » est collée sur le
détecteur, qui est ensuite remis sur le marché.
Sur une installation existante, jusqu’en 2021, les détecteurs ioniques peuvent être remplacés par des
détecteurs ioniques reconditionnés. Il est donc possible que certains mainteneurs installent ce type
d'équipement. En revanche, les détecteurs ioniques, neufs ou reconditionnés, ne peuvent plus être utilisés
pour les extensions de réseau (nouvelles installations).
Question : Comment s’assurer que les détecteurs installés sont réglementaires ?
« La fabrication de détecteurs incendie à technologie ionique a été progressivement abandonnée,
indépendamment des exigences réglementaires », explique Régis COUSIN. Les premiers constructeurs ont ainsi
arrêté leur fabrication au milieu des années 90, et les derniers constructeurs les ont retirés de la vente
"préférentielle" au début des années 2000. Cela n’empêche toutefois pas la commercialisation ultérieure de
ces détecteurs.
Pendant des années, le détecteur incendie doté d’un radionucléide artificiel a offert le meilleur rapport
qualité/prix en termes d’universalité de détection. Depuis le début des années 2000, une solution alternative
ne nécessitant pas l’adjonction de radionucléides artificiels a été mise en place, solution généralement assurée
avec des détecteurs optiques de fumée. Grâce aux progrès de l’électronique embarquée, ils proposent une
performance en termes de détection assez similaire au détecteur ionique, pour un coût assez proche.
Néanmoins, il conviendra de procéder à une analyse de risque pour déterminer le choix du type de détecteur
de substitution le plus adapté.

Question : Les détecteurs incendie doivent-ils tous porter le label QUALDION et la norme NF ?
« Le label QUALDION est un label d’entreprise », précise Régis COUSIN. Ce label apporte la garantie des
compétences d’une entreprise, aussi bien en radioprotection qu’en détection incendie.
Le détecteur de substitution, qu’il soit ancien ou neuf, doit répondre à des normes techniques, qui sont
généralement d'origine européenne, et être certifié : marquage CE pour la mise sur le marché en France et la
marque NF, réputée satisfaire aux exigences réglementaires incendie.

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Le label QUALDION et al marque NF sont complètement différents. La marque NF correspond à la conformité


d’un produit dans un système de détection incendie tandis que le label QUALDION atteste de la compétence
des entreprises en radioprotection et en détection incendie.

Question : La pose des détecteurs peut-elle être effectuée en interne ou doit-elle être effectuée par une
entreprise labellisée QUALDION ?
« La manipulation et la détention de détecteurs de fumée ioniques ne peuvent être effectuées que par les
établissements déclarés ou autorisés auprès de l’ASN », déclare Sophie FOURNET. Le label QUALDION est un
« plus ». Il certifie que l’établissement en question est déclaré ou autorisé auprès de l’ASN, mais certains
établissements déclarés ou autorisés ne disposent pas du label QUALDION.

« Il faut distinguer les obligations relevant de la radioprotection et les obligations relevant du système de
détection incendie », ajoute Régis COUSIN. Si l’installation comporte des détecteurs ioniques, il est possible
d’intervenir en interne si l’établissement est connu de l’ASN, mais il ne s’agit pas forcément de la voie la plus
pertinente. Il est plus simple et sûr de faire appel à un professionnel connu de l’ASN, le label QUALDION
apportant la garantie supplémentaire que le prestataire est compétent en détection incendie.
Si l’établissement n’est pas connu de l’ASN, les équipes internes ne peuvent pas intervenir sur le détecteur.
Tant que le détecteur est en fonction, l’établissement est en conformité avec le calendrier réglementaire. A
partir du moment où le détecteur n’est plus en fonction, s’il est stocké, l’établissement tombe dans le régime
de la déclaration, a minima.

Question : Qu’en est-il de l’intervention sur les nouveaux détecteurs ?


« Les nouveaux détecteurs sont exempts de radionucléides », indique Régis COUSIN. Les nouveaux détecteurs
ne sont donc pas soumis aux obligations de la radioprotection. Toutefois, un détecteur fait partie d’un système.
Le fonctionnement de ce système aura été vérifié dans son intégralité, au travers des vérifications techniques,
ou des Commissions de sécurité, notamment pour les ERP.
Ainsi, si le personnel d'un établissement intervient sur son système de détection incendie par lui-même, sans
en avoir la compétence et sans respecter les exigences réglementaires, il s'expose à dénaturer totalement son
système de détection incendie en termes de fonctionnement, de performances et de conformité.

Question : Qu’en est-il des détecteurs dans les logements de fonction ?


« Les systèmes de détection incendie sont destinés à pouvoir équiper tout bâtiment, à l'exception des
logements », rappelle Régis COUSIN. Dans les logements, parties privatives d'un bâtiment, des détecteurs
autonomes avertisseurs de fumée (DAAF) doivent être installés, et ce pour le 8 mars 2015 au plus tard
conformément à l'arrêté du 5 février 2013. Par nature autonome, les produits DAAF sont totalement différents
des détecteurs incendie "systèmes".
En outre, depuis 1966, il est interdit d’utiliser des détecteurs incendie avec radionucléides pour l’habitation.

Pour plus d’informations

www.lne.fr/label-qualdion
qualdion@lne.fr

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© SERCE- Conférence, 20 Novembre 2013 – Salon des Maires et des collectivités locales

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