Vous êtes sur la page 1sur 16

Évaluation technique et environnementale du site minier de Kogbera (Dabakala)

Élaboration d’un plan de mise en œuvre

Rapport soumis par Patience Singo, Conseiller Principal Mines et Environnement

Rapport présenté à IMPACT

Production et commerce responsables de l’or artisanal de Côte d’Ivoire - Or Juste

Date : 15 juin 2020


Table des matières
ACRONYMES .................................................................................................................................................. 3
1- Introduction ......................................................................................................................................... 4
2- Méthodologie ........................................................................................................................................ 4
2.1 Visite du site et observations ........................................................................................................ 4
2.2 Entrevues...................................................................................................................................... 4
3- Plan du rapport ....................................................................................................................................... 6 Figure 28 : Élimination des résidus sur le site minier
4- Exploitation minière et environnement sur le site minier de Kogbera ................................................. 6
4.1 Camps du site minier ...................................................................................................................... 6
4.2 Prospection ................................................................................................................................... 8
4.3 Exploitation et extraction ............................................................................................................. 11
4.4 Traitement du minerai (concassage, broyage et pulvérisation) .................................................. 16
4.4 Lavage et concentration ....................................................................................................... 20
4.5 Amalgamation et brûlage à ciel ouvert ........................................................................................ 23
4.6 Gestion des résidus .................................................................................................................. 26

Figure 29 : Récupération de l’or par cyanuration dans des bassins

4.6.1 Dimensions de genre dans la gestion des résidus

Les femmes, qui tirent leur rémunération du lavage des résidus, sont les dernières utilisatrices des
résidus avant leur élimination. La valeur des résidus après le deuxième lavage n’étant pas reconnue, leur
propriété demeure indéterminée, et une grande quantité est simplement emportée par le vent.
Reconnaître leur valeur pourrait modifier l’importance que leur accorde la COOPEDA. Les femmes
doivent cependant conserver leur accès aux résidus et à leur part d’or. Les résidus peuvent être
contaminés au mercure, et les femmes risquent l’empoisonnement au mercure lors du lavage.

4.6.2 Recommandations d’assistance technique

 Concevoir un plan de gestion des résidus.


 Évaluer la teneur en or des résidus et soutenir la COOPEDA dans l’adoption de méthodes pour
la récupération de l’or des résidus.
 Mettre sur pied une installation de cyanuration (COOPEDA).
 Surveiller régulièrement les rejets de métaux lourds et le drainage minier acide issus des résidus.
Deuxième étape : élimination du mercure

 Passer de la réduction du mercure au traitement de l’or sans mercure.


 Utiliser du matériel de concentration par gravité comme les centrifugeuses et les tables à ACRONYMES
secousses.
 Prévoir une étape supplémentaire de lixiviation des résidus afin de récupérer davantage d’or. Ne
pas employer cette méthode pour des résidus contaminés au mercure.
EMAPE Exploitation minière artisanale et à petite échelle

ASGM Exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or

COOPEDA Coopérative d’entraide de Dabakala

EIA Évaluation d’incidences sur l’environnement

PI Polarisation induite

LSM Exploitation minière à grande échelle

EPI Équipement de protection individuelle

WASH Eau, assainissement et hygiène

 

Figure 27 : Utilisation de tables à secousses comme substituts de l’amalgamation au mercure

4.6 Gestion des résidus


Les résidus du traitement du minerai d’or sont entassés près de différentes unités de traitement. Les résidus
d’opérations de traitement antérieures sont emportés par le vent. La COOPEDA a été informée de la teneur
en or potentielle de ces résidus. Un système de gestion des résidus doit être mis en place afin de conserver
la valeur, de minimiser la pollution aux métaux lourds et la poussière. Du cyanure peut être ajouté plus tard
aux résidus afin de récupérer l’or restant qu’ils contiennent. En raison de la forte teneur en or des gisements
exploités sur le site, les résidus pourraient contenir jusqu’à 5 grammes d’or par tonne. Une analyse en
laboratoire devrait être effectuée pour déterminer la quantité d’or contenue dans les résidus.
 Promouvoir l’utilisation d’EPI lors de la manipulation du mercure et du brûlage de l’amalgame.
1- Introduction  Utiliser des cornues afin d’éliminer le brûlage à ciel ouvert de l’amalgame.
Cette étude a été menée par Patience Singo, Conseiller principal, mines et environnement, IMPACT, lors  Établir une zone uniquement destinée à l’amalgamation au mercure et au brûlage, et procéder à
d’une mission à Dabakala en février 2020. M. Singo était accompagné dans cette mission par Brahima une élimination écologiquement saine des déchets contaminés par le mercure.
Bakayoko, Gestionnaire du projet Or Juste d’IMPACT en Côte d’Ivoire, et de membres de la COOPEDA, la  Sensibiliser aux risques sanitaires et environnementaux du mercure.
coopérative minière partenaire.

2- Méthodologie
2.1 Visite du site et observations

L’équipe a réalisé des observations sur le site d’extraction et de traitement durant trois jours.

Le premier jour était consacré à l’observation des différentes activités propres à la chaîne
d’approvisionnement minière : prospection, extraction, traitement et lavage, récupération de l’or et gestion
des résidus. Les conditions relatives à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH) au sein des camps
miniers ont également fait l’objet d’une évaluation.

L’observation visait à obtenir un aperçu des actrices et acteurs de la chaîne d’approvisionnement afin
d’orienter les entrevues et les discussions du lendemain. Les enjeux techniques et environnementaux ainsi
que les rôles dévolus à chaque genre sur le site minier ont été soulignés.

Le troisième jour, une visite était organisée à l’établissement de fonte de l’or de la COOPEDA à Dabakala afin
d’évaluer l’état du matériel, les processus ainsi que d’éventuelles lacunes sur les plans technique et
environnemental.
Figure 25 : Cornues utilisées pour récupérer le mercure lors du brûlage de l’amalgame
2.2 Entrevues

Le deuxième jour était consacré à des entrevues avec des actrices et acteurs de la chaîne
d’approvisionnement sur le site minier. Les entrevues visaient à approfondir la compréhension des
connaissances, des comportements et des perceptions de ces actrices et acteurs relativement aux enjeux
sanitaires et environnementaux de l’utilisation du mercure, de l’exposition à la poussière et de la pollution
de l’environnement. Les entrevues avaient en outre pour objectif d’accroître la compréhension des
problèmes et défis techniques existants. Les dimensions de genre au sein du site minier ont été abordées
dans le but de déterminer les lacunes et les solutions.

La chaîne d’approvisionnement minière de Kobgera est illustrée ci-dessous (Figure 1). La Figure 2 illustre les
actrices et acteurs recensés sur place.

Figure 26 : Zone d’amalgamation


Première étape : amélioration de la santé et sécurité au travail et réduction de l’utilisation du mercure

Récupération et Gestion des


Prospection Exploitation Traitement
négoce de l'or résidus

Figure 1 : Chaîne d’approvisionnement minière de la COOPEDA sur le site minier de Kobgera


Fourniture de biens et services

Prospection Exploitation Traitement Négoce de l'or et Résidus et


mercure traitement

• Prospecteurs • Minseurs • Concasseurs • Acheteur d'or du • Laveuses


• COOPEDA • Chef de mine • Broyeurs site • COOPEDA
• Investisseurs • Laveurs d'or • Vendeur de
• COOPEDA • Transporteurs mercure du site
• Aucune femme • Aucune femme • Femmes • Bruleur de
pourvoyeuses mercure
d'eau • Acheteur d'or
• COOPEDA principal
• Sécurité
• COOPEDA
• Femmes

Figure 23 : Négociant d’or et récipients servant à l’amalgamation

Figure 2 : Actrices et acteurs de la chaîne d’approvisionnement minière de la COOPEDA sur


le site minier de Kobgera

Or spongieux Commercialisation de
Fonte au gaz Barre de doré
amalgamé l'or

Figure 24 : Le brûlage au gaz à ciel ouvert fait partie des « pires pratiques » recensées par la
Convention de Minamata

4.5.1 Dimensions de genre


Figure 3 : Chaîne du traitement de l’or de la mine au marché (COOPEDA)
L’utilisation de mercure sans mesures de précaution, le brûlage à ciel ouvert et l’élimination de résidus de
Des discussions de groupe et des entrevues avec des informateurs clés ont été menées aux côtés de parties concentré contenant du mercure polluent l’environnement et posent de graves risques pour la santé des
prenantes, dont des représentants de la COOPEDA. La COOPEDA a fourni des renseignements quant à son femmes et des hommes. Le négociant d’or et les femmes assurant le lavage aux écluses sont sans doute
rôle de titulaire d’autorisation d’exploitation artisanale, de gestionnaire du site minier, et de responsable de les plus exposés, puisqu’elles et ils fournissent chaque jour des services à différents mineurs dans le cadre
la sécurité et de l’organisation du travail des actrices et acteurs. Les discussions de groupe visaient à accroître de l’amalgamation. Les femmes amalgament leur or récupéré parmi les résidus sur une base quotidienne.
la compréhension et l’engagement en vue de pratiques minières respectueuses de l’environnement, de la
santé et de la sécurité, d’une meilleure gestion du mercure, d’une transition vers une extraction sans 4.5.2 Recommandations d’assistance technique (traitement et environnement)
mercure et du renforcement des connaissances. Les entretiens visaient à établir une compréhension
contextuelle plus large de la relation entre les actrices et acteurs du site minier, leurs coordonnateurs et la Une approche en deux étapes est proposée afin d’améliorer la récupération de l’or et de réduire les
risques pour la santé et l’environnement.
4.5 Amalgamation et brûlage à ciel ouvert direction du site. Les dynamiques relationnelles entre les chefs communautaires et leurs communautés
L’amalgamation désigne la technique consistant à mélanger du mercure au concentré d’or afin d’en extraire respectives ont été examinées.
l’or. Le mercure est fourni par l’acheteur d’or, qui supervise l’amalgamation et le brûlage. Le mercure est
Les observations et les conclusions ont été présentées à la direction de la COOPEDA à des fins de validation.
manipulé à mains nues, et ni les exploitantes et exploitants ni l’acheteur ne portent de masques La coopérative a approuvé les conclusions et s’est déclarée satisfaite des recommandations formulées dans
protecteurs. L’amalgame d’or et de mercure est brûlé à ciel ouvert pour extraire de l’or spongieux, et les ce rapport.
vapeurs de mercure sont rejetées dans l’atmosphère. Les résidus de concentré contenant du mercure sont
laissés à l’air libre et contribuent à la contamination de l’environnement. Les exploitantes et exploitants et
les divers acteurs du site manquent d’information concernant les risques sanitaires et environnementaux
3- Plan du rapport
Le rapport présente des conclusions relatives aux lacunes observées dans chaque segment de la chaîne
associés au mercure. Les personnes informées ont indiqué qu’elles ne disposaient d’aucune solution pour
d’approvisionnement, au chapitre de l’environnement, des techniques et du genre. Chaque section offre un
remplacer le mercure.
aperçu des observations et des pratiques actuelles en matière de gestion environnementale, d’exploitation
L’acheteur paie l’or spongieux préalablement pesé. Le prix quotidien de l’or est fixé d’après le cours et d’extraction minières, et de dimensions de genre. Chaque section se conclut par des recommandations
international de l’or. Cependant, le coût de l’utilisation du mercure et de l’accès au site minier sont déduits d’assistance technique. Ces recommandations constituent la base d’un futur plan d’action du projet Or Juste,
de ce prix. La coopérative et le négociant qui a financé l’exploitation perçoivent les bénéfices de la vente qui visera à répondre aux enjeux environnementaux, techniques et relatifs au genre dans le cadre des
d’or. programmes d’assistance technique.

4- Exploitation minière et environnement sur le site minier de Kogbera


4.1 Camps du site minier

Les abris au sein du site minier sont érigés à l’aide de bâches de plastique. Le camp est situé près de la zone
de traitement. La majorité des exploitantes et exploitants ne résidant pas dans les deux villages adjacents, il
s’agit d’un camp temporaire. Certains travailleurs contractuels peuvent venir d’aussi loin que le Burkina
Faso. Certaines des femmes responsables du traitement de l’or et de l’approvisionnement en eau sont
originaires de Katiola. Les exploitantes et exploitants regagnent leur domicile de temps à autre.

Figure 21 : Sachet de mercure destiné à l’amalgamation de l’or

Figure 22 : Amalgamation – mélange de concentré et de mercure à mains nues


4.4.1 Lacunes techniques et environnementales

 Le système de traitement du minerai présente des lacunes de capacité et d’efficacité. Ces lacunes
pourraient être corrigées à l’aide de matériel de concentration par gravité et de tapis plus efficaces,
et par l’optimisation des techniques de lavage aux écluses actuelles.
 La gestion inadéquate des résidus pose des risques environnementaux associés au drainage minier
acide.
 Utilisation insuffisante d’EPI.

4.4.2 Dimensions de genre

 En guise de rémunération pour leurs services de lavage, les femmes obtiennent le droit de traiter
des résidusǤ

4.4.3 Recommandations d’assistance technique (technique et environnement)

 L’assistance technique peut viser deux objectifs :


o Améliorer les technologies existantes par l’optimisation et l’utilisation de tapis d’écluse plus
efficaces.
Figure 4 : Zone de traitement de l’or o Fournir aux femmes de meilleures technologies de concentration par gravité, notamment des
centrifugeuses.
 Former les exploitantes et exploitants à des techniques de traitement du minerai efficaces.
 Gérer les résidus afin d’éviter leur contamination au mercure.

Figure 5 : Les déchets (à l’arrière-plan) abondent autour des zones d’extraction et de traitement

Figure 20 : Concentrateur centrifuge


4.1.1 Lacunes

 La proximité immédiate du camp et des zones de traitement expose les exploitantes et exploitants
à la poussière, aux vapeurs de mercure, au bruit et à d’autres formes de pollution.
 En l’absence de lieu dédié à l’élimination des déchets, de nombreux déchets plastiques et sacs à
minerai usagés et déchirés jonchent le site.
 Le camp est dépourvu de toute installation sanitaire.
 L’accès à l’eau potable, essentiel à de bonnes pratiques d’hygiène, est difficile. Les exploitantes et
exploitants ont indiqué que les ruisseaux voisins se tarissaient, surtout durant la saison sèche. De
l’eau provient du puits de la communauté, situé loin du site.
Figure 18 : Lavage à l’aide d’un tapis d’écluse
4.1.2 Dimensions de genre

 Les femmes sont exposées au mercure et à la poussière issus de l’unité de traitement. Du fait de
cette exposition au mercure, leur santé est davantage menacée.
 L’absence d’installations sanitaires sur les sites miniers décourage les femmes de se livrer à des
activités minières.

4.1.3 Recommandations d’amélioration des conditions au sein du camp

Technique

 La coopérative devrait désigner des zones précises dédiées au campement et au traitement. Ces
zones devraient être situées à une distance sécuritaire l’une de l’autre afin d’éviter l’exposition au
mercure et à la poussière. Une distance minimum de 50 mètres est recommandée.
Figure 19 : Échantillon de concentré d’or obtenu après un lavage à la batée de deux bols
 Le camp devrait être installé de façon à limiter son exposition au vent, à la poussière et au bruit.
de poudre de minerai
 La zone du camp devrait être protégée des risques d’inondation et d’incendie.
 La construction de structures semi-permanentes devrait être envisagée.

Aspects sanitaires et sociaux

 L’installation de latrines à fosse ou de toilettes est recommandée par les autorités de santé. Des
latrines séparées pour les hommes et les femmes devraient être construites. Les latrines des femmes
devraient être munies d’un réservoir d’eau accessible et privé destiné aux besoins particuliers des
femmes durant les menstruations.
 Le site minier devrait disposer de plusieurs accès fiables à l’eau potable.
 Une décharge devrait être installée à 50 mètres minimum des zones résidentielles. Les déchets
devraient être régulièrement incinérés.
 La coopérative envisage d’accorder un jour par semaine aux exploitantes et exploitants afin que
ceux-ci ramassent les déchets dans la zone du camp.

4.2 Prospection
La COOPEDA travaille avec un groupe de prospecteurs dévoués. Les prospecteurs ont recours à des savoirs
autochtones pour découvrir des veines aurifères. Leur méthode est similaire à celle de la géophysique
contemporaine, à la différence qu’elle n’est pas prouvée scientifiquement. Il s’agit néanmoins d’une
méthode largement employée par les prospecteurs autochtones au sein des communautés pratiquant
l’exploitation aurifère artisanale et à petite échelle (EMAPE de l’or) en Afrique. Cette technique de Broyeur à meule Broyeur à marteaux muni de concentrateurs
prospection recourt à une branche d’arbre mouillée en forme de « V »1. Le prospecteur tient cette branche
des deux mains, horizontalement et à hauteur de hanche, et pointe vers la direction souhaitée. Lorsque le
prospecteur passe sur une veine aurifère, la forme V est saisie d’un vif mouvement ascendant et change Figure 17 : Matériel de traitement du minerai
d’angle. Plus l’angle et le mouvement de la branche sont importants, plus la veine aurifère est riche. On
marque alors l’endroit en vue d’y chercher la veine aurifère. Cette méthode également employée par les
4.4 Lavage et concentration
sourciers2 a des adeptes dans de nombreux pays d’Afrique. D’un point de vue scientifique, elle permet de
Après la pulvérisation, on procède à la concentration par gravité à l’aide d’un tapis d’écluse. Les
détecter des fractures souterraines susceptibles de contenir de la minéralisation, de l’eau, voire les deux.
femmes fournissent les écluses et l’eau destinée au lavage. La poudre de minerai est mélangée à l’eau
Toutefois, elle ne permet pas de déterminer le contenu de la fracture.
afin de former une pâte que l’on étale sur le tapis de l’écluse, où sont retenus les minéraux denses tels
La plupart des prospecteurs sont burkinabés. Ils prospectent, creusent pour confirmer leur découverte et que l’or. Le concentré est ensuite lavé à la bâtée, et les mineurs obtiennent de l’or de cette première
sont payés par les groupes qui exploiteront ensuite le puit. Les prospecteurs perçoivent généralement un opération. Les résidus du concentré sont ensuite retraités par les femmes, qui en tirent une
pourcentage des premiers produits du site. Le prospecteur en chef dirige une équipe d’environ rémunération pour leurs services. Les principaux résidus sont jetés sans faire l’objet d’un retraitement.
10 travailleurs. Les fouilles effectuées par les prospecteurs sont généralement financées par des acteurs
Le lavage aux écluses est loin d’être optimal, et une importante quantité d’or est perdue dans les
externes, qui s’attendent à être remboursés grâce à l’or ainsi découvert. Les prospecteurs ont déclaré ployer
résidus. L’or de cette mine est une poudre très fine et nécessite un système d’extraction plus efficace.
sous les dettes du fait de ce mode de financement.
Les principales lacunes du lavage aux écluses ont trait à la dimension de l’écluse, au volume d’eau
La COOPEDA donne l’accès à son site à une autre équipe de prospecteurs, qui utilisent des détecteurs de utilisé, au type de tapis utilisés et à l’angle d’opération. Aucune écluse de récupération n’est utilisé
métal pour trouver des pépites d’or alluvial. La découverte de pépites d’or conduit généralement à la veine pour recueillir l’or qui n’a pas été retenu dans l’écluse principale. Ce manque d’efficacité signifie que
aurifère principale. les femmes ont de bonnes chances de récupérer une quantité raisonnable d’or parmi les résidus. Les
femmes recueillent environ 1 gramme d’or par sac de minerai de qualité inférieure, ce qui représente
La COOPEDA permet aux prospecteurs de parcourir sa concession à la recherche d’or. Le service assuré par un taux de 5 grammes par tonne de résidus. L’assistance technique devrait tenir compte du fait que de
les prospecteurs est rémunéré par les exploitantes et exploitants lors de la découverte du gisement. meilleures méthodes de récupération de l’or pénaliseront les femmes en réduisant la quantité d’or
contenue dans les résidus. Une stratégie d’atténuation consisterait à fournir aux femmes un
concentrateur par gravité, dont elles feraient payer l’utilisation aux mineurs. Le coût devrait en principe
dédommager les femmes pour les pertes en or.

Après le deuxième lavage, les résidus contiennent toujours une quantité importante d’or fin. Leur
valeur demeure incertaine et des dosages doivent être effectués. En raison du matériel rudimentaire
utilisé pour le traitement, on peut supposer que les résidus contiennent encore 40 % à 50 % d’or. Lors
de la visite de terrain, la COOPEDA a été informée de la valeur potentielle des résidus et de la nécessité
d’une gestion adéquate. Le stockage et la gestion des résidus devraient suivre les recommandations
des autorités.

Figure 6 : Puits de prospection et d’exploitation abandonnées

1
Seules certaines espèces d’arbre sont utilisées.
2
Prospecteurs de sources d’eau souterraines en vue du forage de puits.
La figure ci-dessous illustre les différentes options relatives au matériel de traitement. 4.2.1 Lacunes techniques et environnementales

 Les méthodes traditionnelles profiteraient de connaissances scientifiques et de techniques


d’échantillonnage géologique.
Concasseur  Les prospecteurs disposent d’un accès limité aux outils de travail essentiels.
mécanique/
Concasseur à
 Les connaissances en géologie élémentaire, notamment en minéralogie et en géologie structurale,
mâchoires sont limitées.
 Les fosses de prospection et d’excavation sont mal creusées et protégées ; elles risquent de
Broyeur à marteaux • Permettent s’effondrer et posent donc un risque pour la sécurité individuelle.
d'obtenir une
Broyeur à meule poudre très fine  Les excavations aléatoires et les puits miniers abandonnés posent des risques pour les personnes et
en fonction du
Broyeur à boulets tamis utilisé les animaux.
 Aucun échantillon n’est analysé en laboratoire.
Broyeuse
 L’exploitation de gisements à haute teneur en or se traduit par une mauvaise utilisation des
Broyeur à meule
• Étape optionnelle
visant à obtenir une ressources.
poudre plus fine
Broyeur à boulets  Aucune mesure systématique de gestion environnementale ou de réduction des risques n’a été
observée. La coupe sauvage des arbres et le tarissement des ruisseaux sont monnaies courantes.

Concentration par
4.2.2 Dimensions de genre
gravité
 Le secteur est dominé par les hommes et les savoirs traditionnels sont transmis aux exploitants.
 L’utilisation de détecteurs de métal est principalement le fait des hommes, en raison du coût élevé
du matériel et de la nécessité de passer beaucoup de temps sur le terrain, une situation perçue
Figure 16 : Options visant à améliorer la fragmentation, le concassage, le broyage et la pulvérisation du comme risquée pour les femmes.
minerai
4.2.3 Recommandations d’assistance technique (environnement et technologie)

 Fournir des connaissances scientifiques et techniques pour compléter les compétences en


prospection existantes. Guides et formations :
o Élaborer un guide de prospection géologique pour la coopérative comprenant des directives en
matière d’excavation de tranchées, de forage et de fonçage de puits, d’élimination des déchets
et de protection des puits ouverts. Recenser les zones d’urgence environnementales et établir
des priorités.
o Établir des protocoles pour de bonnes pratiques environnementales et des mesures
d’atténuation d’effets néfastes anticipés. Former à la gestion environnementale et à la gestion
des déchets plastiques.
o Former à l’identification des roches, à la géologie simplifiée et aux techniques d’échantillonnage.
o Former à l’utilisation du matériel : système de localisation GPS, boussole géologique, cartes
Concasseur à mâchoires Broyeur à marteaux mobile
topographiques et géologiques, batées, pelles, marteaux à pointe et cordes. Ce soutien
favorisera l’autonomie des prospecteurs et réduira le poids de la dette.
 Former à l’utilisation efficace des détecteurs de métal.
 Former les femmes à la prospection géologique afin de favoriser leur accès à des postes mieux
rémunérés.
 Documenter les connaissances traditionnelles en prospection, notamment leurs forces et leurs
lacunes, et former d’autres exploitantes et exploitants.
4.2.4 Renforcement de la coopérative minière

Les données géologiques se révélant essentielles en vue d’une exploitation minière efficace, la COOPEDA
devrait songer à investir dans des services géologiques afin d’orienter les activités minières. Ces services
comprennent :  Le rejet sans discernement de sacs de minerai usagés autour de l’unité de traitement et dans le
camp entraîne la pollution de l’environnement.
 L’embauche à temps plein ou partiel d’une ou d’un géologue qui guidera le travail géologique et la  Le déversement d’huile et de carburant usagés issus du matériel de traitement entraîne la
prospection. pollution de l’environnement.
 La cartographie géologique de la concession afin de recenser les zones affichant un potentiel élevé  Le minerai et les résidus posent un risque d’exposition à des métaux lourds et de drainage minier
de minéralisation aurifère en vue de l’aménagement de la mine et de la planification de la acide. Les taux d’exposition aux métaux lourds devraient être évalués.
production. Les études géologiques peuvent être réalisées grâce à la cartographie de surface, à
l’excavation de tranchée et à l’échantillonnage, à la géophysique au sol et à des études de 4.3.2 Dimensions de genre
polarisation induite. En raison de son coût, la géophysique a jusqu’ici surtout été utilisée dans les
 Des femmes et des hommes réalisent le concassage manuel, mais le secteur est dominé par les
activités minières à grande échelle (LSM). Néanmoins, ces services sont désormais plus abordables
hommes.
pour le marché de l’EMAPE. Réaliser une étude magnétique du sol et de polarisation induite (PI) sur
 Les hommes possèdent et manient le matériel de broyage, et les femmes occupent des rôles
une surface de 10 hectares au Zimbabwe coûte environ 1000 $ US. La COOPEDA peut comparer les
subalternes.
coûts de ces services en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays miniers voisins comme le Burkina Faso,
 Les femmes et les hommes sont directement exposés à la poussière lors du broyage.
le Mali, le Ghana et le Libéria.
La géophysique et la polarisation induite permettent à l’EMAPE d’être plus précise et écologique. 4.3.3 Recommandations d’assistance technique (traitement et environnement)

 Améliorer la méthode de traitement au moyen du concassage mécanique, de la réduction de la


poussière et du renforcement des capacités. Procéder au concassage et au broyage à l’aide de
matériel plus sécuritaire et efficace.
 Ces techniques permettent notamment de réduire l’exposition à la poussière :
o Installer des pare-poussière sur les broyeurs à marteaux.
o Vaporiser de l’eau de façon à éliminer la poussière sans mouiller la poudre de minerai.
o Vaporiser de l’eau directement sur le broyeur et le minerai sec avant le broyage.
 Convertir le système de traitement à sec en système de traitement par voie humide éliminant
la poussière.
 Mettre en place des protocoles de sécurité et des formations à la santé et sécurité au travail
centrés sur l’exposition à la poussière et le risque de maladies respiratoires.
 La COOPEDA devrait disposer de sa propre source d’eau destinée au broyage. Elle utilise
actuellement l’eau de la communauté pour l’exploitation minière.
 Former autour des broyeurs des tas de sable qui absorberont les fuites d’huile et les
empêcheront de se répandre dans l’environnement.
 Veiller à jeter et à incinérer les sacs de minerai usagés de façon adéquate.

4.3.4 Suggestions à la COOPEDA

En plus de proposer du matériel minier dans le cadre de l’installation de fourniture de matériel, la


COOPEDA pourrait offrir du matériel de traitement adéquat. La productivité, la santé et la sécurité s’en
Figure 7 : Représentation horizontale d’une étude magnétique du sol sur une trouveront accrues. Les nouvelles dispositions relatives au matériel devraient tenir compte des
concession minière de 10 hectares 3
arrangements existants en ce qui a trait aux rôles économiques et aux avantages sur le site minier. Il
Dans l’exemple ci-dessus, les endroits situés le long des zones de fracture et de contacts lithologiques convient d’intégrer les femmes effectuant le lavage aux écluses et d’autres fournisseurs de services tels
exigeraient des études plus approfondies ou une prospection au moyen de puits et de tranchées. Dans un que les opérateurs de broyeurs à marteaux à ces dispositions afin d’éviter qu’elles affectent leurs
premier temps, la carte magnétique de surface (300 $ US pour 10 hectares) permet aux prospecteurs locaux possibilités de revenus. La COOPEDA devra procéder à une large consultation des parties prenantes au
de se concentrer sur les zones affichant des fractures souterraines. sein du site minier afin de s’assurer que le nouveau matériel n’exclut pas les femmes et d’autres
fournisseurs de services.

3
Source d’Irisvale NE 20 (Zimbabwe)
4.3 Exploitation et extraction
L’exploitation minière revêt l’aspect d’un travail souterrain effectué par des groupes d’hommes sous la
direction de chefs d’équipe. Le groupe de prospection forme parfois une équipe de mineurs. L’équipe de
mineurs est appuyée par un « commanditaire de puits », qui fournit du matériel, de la nourriture et d’autres
articles4. Le matériel comprend des burins, des marteaux, des pelles, des pioches, des seaux en plastique,
des cordes servant à retirer les roches du puits et des sacs pour transporter le minerai destiné au traitement.

Le puits le plus profond atteint 30 mètres, conformément à la réglementation du ministère des Mines sur
l’EMAPE. Pour l’heure, aucun tunnel n’a été creusé. Les puits verticaux sont creusés très près les uns des
autres (parfois à seulement 1 mètre de distance), ce qui provoque l’instabilité du sol. Le risque
d’effondrement du sol est élevé en cas de fortes pluies. Les puits sont très étroits et font en moyenne 0,5 m2.
Il arrive que certains puits soient inondés, et on utilise alors des seaux pour en évacuer l’eau. Si la quantité
d’eau s’avère trop importante, les mineurs abandonnent le puits. Un certain nombre de puits dotés de riches
Concassage manuel Broyage dans le broyeur à marteaux veines aurifères ont été abandonnés, car ni le « commanditaire » ni la COOPEDA ne fournissent de pompes
pour en évacuer l’eau. Les activités minières sont entièrement manuelles. Les puits ne sont munis ni de treuil
ni d’échelle, et seules des marches creusées à même les parois du puits permettent d’y entrer ou d’en sortir.
L’utilisation d’équipement de protection individuelle (EPI) est limitée, voire inexistante, et les puits les plus
profonds ne sont dotés d’aucune ventilation.

La COOPEDA considère les exploitantes et exploitants comme des partenaires, et non comme des membres
de la coopérative. Si un superviseur de mine de la COOPEDA est présent sur le site minier, son rôle se borne
à la coordination, à la liaison communautaire et à la comptabilité de la production et des achats d’or, plutôt
qu’à la sécurité et à la conformité de la mine. La COOPEDA achète l’or extrait à un prix dont sont déduits
l’accès à la mine et le mercure fourni et utilisé. Les exploitantes et exploitants paient en outre pour les
dépenses engagées lors des étapes de broyage, de traitement et de lavage de l’or. La moitié (50 %) du revenu
de l’or est reversée au « commanditaire » ou à l’investisseur. Selon cet arrangement, les exploitantes et
exploitants réalisent peu ou pas de profit. La COOPEDA et les fournisseurs de service sont les principaux
bénéficiaires.

Au cours des entrevues, les exploitantes et exploitants ont exprimé de l’intérêt pour l’adoption de
Pulvérisation du minerai Poudre fine prête pour le lavage
techniques et de matériel d’exploitation différents, notamment du matériel de forage. Rares étaient les
personnes qui avaient déjà travaillé avec du matériel mécanique comme des compresseurs pneumatiques
Figure 15 : Étapes du traitement du minerai
et des marteaux-piqueurs.

4.3.1 Lacunes techniques et environnementales

 Le manque de matériel adéquat et de procédures de travail sécuritaires expose les exploitantes


et exploitants à la poussière et aux projections de roches, et entraîne des effets néfastes pour
la santé et la sécurité et une baisse de productivité.
 L’utilisation d’EPI lors du cycle de traitement étant rare, l’exposition à la poussière a de graves
répercussions sur la santé des exploitantes et exploitants.
 L’utilisation de matériel de traitement à sec montre ses limites durant la saison des pluies, car
le matériel exige que les roches soient sèches. Des mesures visant à réduire les émissions de 4
Les commanditaires peuvent être des membres de la COOPEDA ou des commanditaires externes approuvés par la
poussière devraient être mises en œuvre. COOPEDA.
 Cartographier les zones d’exploitation potentielles et délimiter des zones réservées aux camps.

4.4 Traitement du minerai (concassage, broyage et pulvérisation)


Cassage et creusage Drainage et transport Levage Emballage et transport
de matériel
Le site abrite des unités de traitement centralisées qui traitent du minerai issu de différents puits. Le
•Pioche •Seau en plastic • Seau en plastic •Sacs
traitement se déroule en plusieurs étapes, représentées ci-dessousǤ •Pelle •Pelles •Corde en plastic •Tricycle
•Burin •Mains •Force manuelle
•Marteau

Pulverisation Pulvérisation Récupération Brûlage Figure 8 : Matériel utilisé sur le site minier à chaque étape de
Concassage Concentration de l'or Amalgamation à l'air Or
par gravité
libre l’extraction
spongieu
Marteau à Mercure x
Broyeur à Écluses Lavage à la
main Broyeuse
marteau batée Brûleur

Figure 14 : Étapes du traitement du minerai d’or et matériel utilisé

Le minerai d’or est concassé à la main par des femmes et des hommes « concasseurs » à l’aide de marteaux.
Puis des femmes placent le minerai sur des bâches, afin qu’il sèche au soleil en prévision du broyage à sec.
Le minerai concassé est ensuite broyé dans un broyeur à marteaux muni d’un dispositif de criblage de 0,5 à
1 mm destiné à réduire la taille du minerai et à en extraire l’or. On obtient un mélange de poudre de minerai
fine et grossière. Pour accroître la teneur en or, le minerai est ensuite pulvérisé dans une broyeuse afin
d’obtenir une poudre très fine. L’opération de broyage à sec génère d’importantes quantités de poussière,
exposant le matériel et les exploitantes et exploitants à des risques de maladies respiratoires. Les
exploitantes et exploitants ne portaient aucune protection contre la poussière. On lave ensuite la poudre
fine aux écluses afin de récupérer l’or.

Figure 9 : Agencement des puits miniers sur le site. Les puits ci-dessus sont abandonnés.
Puits minier bien construit Exemple de soutènement adéquat

Figure 10 : Le minerai est placé dans des sacs et transporté vers l’unité de
traitement

4.3.1 Lacunes techniques et environnementales

Un marteau piqueur est employé pour casser la roche tendre  Méthodes d’exploitation et procédures de gestion inadéquates.
 Utilisation limitée des EPI et normes de sécurité insuffisantes.
 Manque d’outils et d’équipement pour l’exploitation minière.
Figure 13 : Exemples de bonnes pratiques minières
 Le modèle de financement de la mine couvre les exploitantes et exploitants de dettes ; en l’absence
d’un système de prix équitables, ce type de chaîne d’approvisionnement « exploite » les mineurs.
 Ventilation insuffisante de la mine et exposition à la poussière et à des conditions
4.3.4 Renforcement des capacités de la COOPEDA
environnementales difficiles.
Pour atteindre un degré élevé de sécurité et de bonnes pratiques minières, la COOPEDA doit être soutenue  Gestion environnementale inadéquate : forage désordonné, mauvaise gestion des débris de roche
dans la mise en œuvre des mesures suivantes : et risque de drainage minier acide (risque actuellement faible, mais qui s’accroîtra à mesure
qu’augmentera la production).
 Inscrire les exploitantes et exploitants travaillant sur le site au moyen d’un système de carte
 Coupe des arbres et gestion de la couche arable.
d’identité. L’inscription devrait s’ajouter aux mécanismes de traçabilité et de devoir de diligence
dans la chaîne d’approvisionnement. L’inscription devrait contribuer à l’établissement d’un système
de contrôle interne visant à réglementer et à surveiller la circulation non autorisée de minerai et
d’or depuis et vers la mine.
 Former les chefs d’équipe aux bonnes pratiques minières et environnementales, y compris en ce qui
a trait au lavage aux écluses et au traitement des résidus par les femmes.
 Procéder à une inspection régulière de la mine afin de cerner les dangers et de favoriser la
conformité, l’utilisation d’EPI et le respect de l’environnement.
 Mettre en œuvre un programme de réhabilitation minière destiné aux puits désaffectés et
abandonnés.
 Mettre sur pied l’installation de fourniture de matériel afin de proposer du matériel essentiel aux
exploitantes et exploitants, et d’améliorer les conditions de travail et la productivité de la mine.
 Envisager la création de pépinières et la restauration du site minier ou d’autres endroits de la
communauté en encourageant la participation des femmes.

Cassage et creusage Drainage et transport Levage Emballage et transport


de matériel

• Pioche • Pompes à eau • Seaux en métal • Sacs


• Pelle • Groupe électrogène • Treuil manuel • Trimoteur
• Marteau à moteur • Seaux en métal • Treuil mécanique
• Compresseur • Pelles • Cable métalique
pneumatique • Échelles
• Marteau-piqueur
• Ventilateur

Figure 11 : Puits minier abandonné dont les parois s’effondrent


4.3.2 Dimensions de genre

 Les activités d’exploitation et d’extraction sont dominées par les hommes. Aucune femme n’effectue
de travaux de forage sur le site minier.
Figure 12 : Amélioration du matériel dans la chaîne minière
 Les hommes tirent leurs revenus de la première opération de traitement du minerai de la mine,
tandis que les femmes qui travaillent sur les écluses de lavage tirent leurs revenus du lavage des
résidus laissés par les hommes. Interrogée quant à ses priorités en matière d’assistance technique,
une de ces femmes a répondu : « Il vaut mieux aider les mineurs à trouver du bon minerai, ainsi ils
nous laisseront de riches résidus. »

4.3.3 Recommandations d’assistance technique (exploitation minière et environnement)

 Améliorer le matériel et accroître la mécanisation des pratiques minières à des fins de productivité
et de sécurité.
 Former à la planification de la mine et aux pratiques minières élémentaires (conception d’un puits,
distance entre les puits, soutènement, construction de tunnels, etc.).
 Creuser un puits minier modèle afin de présenter les pratiques sûres et efficaces (moyens de
communication, treuils sécurisés, échelles et soutènements).
 Former à la sécurité, à la ventilation et à l’hygiène au travail dans la mine. Présenter des systèmes
de ventilation simples.
 Encourager l’utilisation d’EPI et les formations en secourisme pour les femmes et les hommes.
 Élaborer des directives liées à la COVID-19 pour les sites miniers.
 Aider la COOPEDA à mettre sur pied une installation de fourniture de matériel afin de soutenir les
groupes miniers. Gérée par la COOPEDA, elle devrait offrir du matériel comme des marteaux-
piqueurs, des pompes, des treuils et d’autres outils utiles aux équipes minières aux différentes
étapes du cycle minier.
 Élaborer des directives relatives à l’élimination des débris de roche et à la restauration de la mine,
en adéquation avec les exigences du cadre juridique de l’EMAPE.
 Établir une liste de contrôle environnemental pour la COOPEDA et les chefs d’équipe, dans le cadre
d’une pratique d’évaluation d’incidences sur l’environnement (EIA).

Vous aimerez peut-être aussi