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CENTRE

DE FORMATION

Les principes
de base
de la régulation
des installations de
chauffage central
1

SOMMAIRE
2

Page

SOMMAIRE .................................................................................................................................................................................. 1

INTRODUCTION ................................................................................................................................................................... 3

TYPE DE REGULATION A ADAPTER SUR LES CHAUDIERES A HAUTES


PERFORMANCES PERMETTANT D'ECONOMISER L'ENERGIE ............................. 5

PRINCIPAUX TYPES DE REGULATION ................................................................................................. 11

1. Robinets thermostatiques .............................................................................................................................................. 12

2. Thermostat d'ambiance ................................................................................................................................................... 13

2.1. Action sur accélérateur ou sur vanne mélangeuse...................................................................... 13


2.2. Action sur brûleur ...................................................................................................................................................... 14

3. Régulation à sonde extérieure et sonde départ .......................................................................................... 14

3.1. Régulation à action sur vanne mélangeuse ....................................................................................... 15


3.2. Régulation à action sur brûleur ..................................................................................................................... 15
3.3. Régulation à action sur vanne mélangeuse et sur brûleur .................................................... 15

PRINCIPE DE BASE D'UNE REGULATION AVEC SONDE EXTERIEURE


ET SONDE DEPART ......................................................................................................................................................... 17

1. Comment agit une régulation avec sonde extérieure et sonde départ ................................... 19

2. Qu'est-ce que la courbe de chauffe ? Qu'est-ce que la pente ?................................................... 23

3. Comment règle-t-on la courbe de chauffe de régime confort ? ..................................................... 24

VOCABULAIRE PROPRE A LA REGULATION ............................................................................... 31

1. Les constantes de temps ............................................................................................................................................... 32

2. Les différentes boucles de régulation .................................................................................................................. 34

3. Les vannes ................................................................................................................................................................................. 37

3.1. Classification ................................................................................................................................................................. 37


3.2. Caractéristiques hydrauliques........................................................................................................................ 40
3.3. L'autorité des vannes ............................................................................................................................................ 43
3.4. Coefficient de vanne (Kv)................................................................................................................................... 48

4. Les régulateurs 2 points, 3 points ........................................................................................................................... 51

4.1. Les régulateurs 2 points...................................................................................................................................... 51


4.2. Les régulateurs 3 points...................................................................................................................................... 51

5. Les actions proportionnelle, intégrale, dérivée ............................................................................................ 52

5.1. Action proportionnelle ........................................................................................................................................... 52


5.2. Action intégrale ........................................................................................................................................................... 55
5.3. Action dérivée .............................................................................................................................................................. 56
3

INTRODUCTION
4

Les deux premiers objectifs des régulations de chauffage central à eau chaude furent d'assurer
automatiquement la conduite de l'installation et le confort des usagers.

Depuis quelques années, un troisième objectif s'est joint aux deux premiers : assurer le
maximum d'économies d'énergie.

La norme expérimentale P 52 004 de février 1980 :


"Ensemble de régulation pour installation de chauffage à eau chaude
Spécifications techniques générales"

a pour objet :

- de définir la liste minimale des renseignements techniques dont l'utilisateur et l'installateur


doivent disposer pour le choix et l'utilisation d'un ensemble de régulation pour installation de
chauffage à eau chaude

- de fixer les caractéristiques dimensionnelles, physico-chimiques, mécaniques, hydrauliques


et électriques, auxquelles doivent satisfaire ces ensembles de régulation

- d'uniformiser l'expression de ces renseignements techniques et de ces caractéristiques

- de fixer la technique des essais permettant de déterminer et de vérifier ces renseignements


techniques et ces caractéristiques

- de fixer le marquage et la présentation

et comme domaine d'application :

La norme expérimentale s'applique aux chaînes de régulation électriques ou électroniques


destinées aux installations de chauffage de locaux dont le fluide caloporteur est de l'eau
additionnée ou non d'antigel, circulant à une température inférieure ou égale à 110° C.

La présente norme ne s'applique pas en particulier aux systèmes physico-mécaniques


(pneumatiques, thermostatiques ou autonomes), aux systèmes de régulation sur brûleur, aux
systèmes électriques faisant varier le débit en tout ou rien, aux ensembles de régulations en
boucle ouverte où n'est pas utilisée une loi de correspondance instantanée et linéaire
(régulations fondées sur l'intégration continue des bilans thermiques), aux ensembles de
régulations spécialement conçus pour des applications particulières.

Nous jugeons important de rappeler l'existence de cette norme car, "dans la profession de la
régulation", il n'est pas rare d'employer des termes différents, d'un constructeur à l'autre, pour
désigner un même composant.

Nous ne manquerons donc pas de rappeler, chaque fois que cela sera nécessaire, la
désignation de la norme P 52 004.
5

TYPE DE REGULATION A
ADAPTER SUR LES
CHAUDIERES A HAUTES
PERFORMANCES
PERMETTANT
D'ECONOMISER L'ENERGIE
6

Afin de définir le type de régulation à adapter sur les chaudières à hautes performances pour
économiser le maximum d'énergie, nous raisonnerons d'après la courbe d'évolution du
rendement utile d'une chaudière en fonction de son facteur de marche.

Le graphique ci-dessous (source ASFUEL) donne l'allure de cette courbe pour une chaudière
fioul traditionnelle de bonne conception de ces 10 dernières années, maintenue à température
constante durant toute la période de chauffe.

% Rendement utile sur Pci


107
Perte par eau non condensée
100 Excès d'air
Fumées neutres
Balayage
90
Rayonnement
80 et convection

70 Rendement
utile

Facteur de
marche

0 50 100 %

Pour un facteur de marche de 100 %, le rendement de combustion est de 87 % et le rendement


utile de 83,5 %.

En admettant cette chaudière correctement dimensionnée, son facteur de marche moyen


annuel sera de 30 % et son rendement d'exploitation de 77 %.

En comparaison, la courbe ci-dessous montre l'évolution du rendement utile d'une chaudière à


haut rendement (type EUCLIDE) maintenue à température constante toute l'année.

% Rendement utile sur Pci


100

90 Rendement
utile

80

70

Facteur de
marche

0 50 100 %
7

Pour un facteur de marche de 30 %, le rendement d'exploitation est de l'ordre de 87 %, soit de


10 points supérieur à celui de la chaudière traditionnelle, ce qui conduit à une économie de
combustible de l'ordre de 11,5 %.

Ce gain, déjà important, peut encore être amélioré grâce aux possibilités de modulation de la
température du corps de chaudière en fonte.

En effet, le fait d'abaisser la température de l'eau dans le corps de la chaudière permet


d'obtenir d'une part, un gain de rendement utile pour un facteur de marche de 100 % et d'autre
part, des courbes de rendement utile en fonction du facteur de marche beaucoup plus plates.

On peut donc tracer un faisceau de courbes correspondant à l'évolution du rendement utile en


fonction du facteur de marche, pour une même chaudière tenue à des températures différentes.

Rendement utile sur Pci


%

93
temp. 30° C
92 temp. 40° C

91 temp. 60° C

90 temp. 80° C

89

88

87

86
Facteur de
marche
85

0 50 100 %
8

En rapprochant de ce diagramme la courbe de la température moyenne chaudière d'une


installation traditionnelle 80/60, nous pouvons tracer la courbe résultante du rendement
d'exploitation de cette chaudière à température réglable.

Température moyenne chaudière

70
60
50
40
30 °C
20 Température extérieure
Température Température
de non de base
chauffage

Rendement
utile sur Pci

93
temp. moy. 30° C
92 temp. moy. 40° C
temp. moy. 50° C
91 temp. moy. 60° C
temp. moy. 70° C
90 temp. moy. 80° C

89

88

87

86
Facteur de
marche
85

0 50 100 %

Nous constatons que le fait de moduler la température moyenne de la chaudière entre 30° C et
70° C permet de préserver un rendement d'exploitation supérieur ou égal à 91 % tant que le
facteur de marche est supérieur à 15 %.

Entre 0 et 15 %, on pourra refroidir totalement la chaudière entre 2 demandes de chaleur, ce


qui limitera encore la chute du rendement d'exploitation.
9

Si nous comparons cette courbe aux courbes de rendement d'une chaudière traditionnelle de
bonne conception, tenue à température constante, mais dont nous faisons varier uniquement le
dimensionnement, nous pouvons mesurer les gains que peut apporter une chaudière GT
installée en remplacement de chaudière existante :

• 14 % par rapport à la courbe a : chaudière traditionnelle correctement dimensionnée


• 22 % par rapport à la courbe b : chaudière traditionnelle surdimensionnée d'environ 2 fois.

Rendement utile sur Pci


%

100

90 1
a 2
80 b

70

Facteur de
marche

0 50 100 %

1 - Chaudière DE DIETRICH type GTM 214 à température modulée.

2 - Chaudière traditionnelle de bonne conception :


a) bien dimensionnée
b) surdimensionnée d'environ 2 fois.
10

Remarque :

Cette courbe de rendement résultant ne peut être obtenue que grâce aux améliorations
apportées sur les chaudières à haut rendement du type GT qui :

- accroissent les rendements initiaux à 100 % de charge


- permettent des fonctionnements à faible température
- autorisent le refroidissement total de la chaudière chaque fois que cela est possible.

On peut, par une conduite manuelle de la chaudière, approcher de cette courbe de rendement
d'exploitation optimal, mais ceci reste du domaine de l'utopie, car beaucoup trop fastidieux.

En effet, il faudrait quasiment en permanence régler la température de la chaudière, l'arrêter, la


remettre en service, faire en fait ce qu'une régulation programmable, parfaitement adaptée,
devra accomplir automatiquement à chaque instant.

La régulation programmable à adapter aux chaudières hautes performances doit être d'un type
qui permet :

a) D'assurer les gains escomptés par l'étude faite précédemment.

Pour qu'une régulation assure les gains tels que nous venons de les analyser, il faut qu'elle
agisse en permanence sur la température de la chaudière en fonction de la température
extérieure. Ceci doit apparaître maintenant comme une évidence.

Il faudra donc que cette régulation détermine la température de la chaudière en fonction de


la température extérieure et l'ajuste par action directe sur le brûleur.

Elle sera éventuellement complétée :


• par une action sur vanne mélangeuse
• par une sonde de température ambiante
• par des robinets thermostatiques.

b) D'apporter des gains complémentaires par rapport à cette étude.


Pour qu'elle apporte des gains complémentaires, il faut qu'elle soit programmable. Les
comparaisons qui ont été faites supposent que les besoins de chaleur sont maintenus à la
même valeur 24 h sur 24 h.

Il est bien évident que tout abaissement de température, tout arrêt de chauffage,
momentané ou prolongé, sont une possibilité d'économies supplémentaires. Leur
programmation systématique en est le garant.

Il y a lieu de noter qu'une commande à distance, d'accès aisé, permet :

- lors d'absences assez longues non programmées, de mettre le chauffage facilement au


ralenti apportant ainsi des gains d'économies

- et une correction momentanée en cas de conditions climatiques très exceptionnelles ou de


contraintes particulières (besoin d'un coup de chaleur inhabituel, grains imprévisibles,
etc.).
11

PRINCIPAUX TYPES
DE REGULATION
12

Nous allons analyser les différents types de régulation offerts actuellement sur le marché par
rapport aux paramètres suivants :

- qualité du produit
- installation
- utilisation
- confort offert
- remarques quant au bilan économique.

1. ROBINETS THERMOSTATIQUES

Produit Installation Utilisation Confort Bilan économique

Robuste Simple Simple Correct Aspect négatif :


et fiable
Maintien à température constante
de la chaudière.

Obligation de prévoir une boucle


de décharge (un radiateur toujours
ouvert ou clapet de décharge).

N'anticipe pas les variations clima-


tiques externes du bâtiment.

Sa facilité apparente de mise en


oeuvre, faite sans précaution de
dimensionnement, conduit souvent
à des mauvais fonctionnements
(sifflement, mauvaise autorité...).

Programmation difficilement réali-


sable.

Aspect positif :

"Régulation" pièce par pièce.

Tient compte des apports de


chaleur "gratuits" dans la pièce.

Coût unitaire faible.


13

2. THERMOSTAT D'AMBIANCE

Il existe une très grande variété de thermostats d'ambiance, du système le plus simple, à un
seul contact électrique, qui se raccorde avec 2 fils, au système le plus complexe, avec
programmation, qui se raccorde avec 2 à 5 fils suivant les modèles de thermostat.

Produit Installation Utilisation Confort Bilan économique

Fiable Relativement Simple, sans Satisfaisant Aspect négatif :


simple : programme. dans la pièce
1 câble de 2 à où se trouve N'anticipe pas les
5 fils. Relativement le thermostat variations climatiques
simple avec d'ambiance externes au bâtiment.
Emplacement programme. s'il est bien
délicat à défi- placé, les au- Pilote toute l'installation
nir. tres pièces d'après une seule pièce
étant tributai- de référence.
res de celle-
ci. Ne s'adapte pas à tous
les types d'installation
(planchers chauffants).

Aspect positif :

Tient compte des apports


de chaleur "gratuits" dans
la pièce où il est installé.

Le thermostat d'ambiance peut agir sur l'accélérateur chauffage, sur la vanne mélangeuse
ou sur le brûleur.

2.1. Action sur accélérateur ou sur vanne mélangeuse

Dans le cas où l'installation comporte une vanne mélangeuse parce que la chaudière
prépare l'eau chaude sanitaire ou parce qu'elle ne supporte pas de fonctionner en-
dessous de la température de rosée des produits de combustion, l'action du
thermostat d'ambiance se fait sur l'accélérateur chauffage si la vanne mélangeuse est
manuelle ou sur le moteur de la vanne si elle est motorisée.

L'action sur vanne mélangeuse est préférable à l'action sur accélérateur chauffage. La
régulation est plus fine, donc plus économe. Le confort est mieux assuré (pas de
surchauffe dans les émetteurs de chaleur, pas de sensation de train de chaleur).

Il y a lieu de noter que, dans les deux cas, la chaudière est maintenue en température
toute l'année.
14

2.2. Action sur brûleur

L'action du thermostat d'ambiance sur le brûleur introduit des séquences de


fonctionnement plus ou moins long de la chaudière, en-dessous de la température de
rosée des produits de combustion.

Il faut donc, avant d'adapter ce type de régulation à une installation, s'assurer que la
chaudière peut accepter ce type de fonctionnement sans risque.

Ce type de régulation est à déconseiller formellement avec les chaudières dont la


conception ou le matériau ne permet pas le fonctionnement à basse ou à très basse
température (chaudières acier de conception traditionnelle par exemple).

Les chaudières DE DIETRICH Dietrigaz et GT sont parfaitement adaptées à ce type


de fonctionnement.

L'intérêt de celui-ci réside dans le fait que des économies complémentaires sont
obtenues en ne tenant pas, de façon inutile, la chaudière en température en dehors
des demandes chauffage ou, éventuellement, d'eau chaude sanitaire.

Toutefois, ce type de fonctionnement entraîne des trains de chaleur préjudiciables au


confort et aux économies.

3. REGULATION A SONDE EXTERIEURE ET SONDE DEPART

Ce type de régulation, de plus en plus répandu sur les installations de chauffage central
individuel, comprend trois grandes familles de produits :

- les régulations à action sur vanne mélangeuse


- les régulations à action sur brûleur
- les régulations à action sur vanne mélangeuse et sur brûleur.

Produit Installation Utilisation Confort Bilan économique

Fiable Simple lorsque le Simple Satisfaisant Aspect positif :


régulateur est
intégré au tableau Module exactement la
de commande de température départ
la chaudière (ex : chauffage en fonction
GT et Dietrigaz des conditions clima-
DE DIETRICH). tiques externes.
Beaucoup plus Prend en compte, immé-
complexe si le diatement et beaucoup
régulateur est à plus rapidement que le
placer sur le thermostat d'ambiance,
tableau électrique les apports de chaleur
de la chaufferie. externes au bâtiment.

Complété par une sonde


d'ambiance, il tient
également compte des
apports gratuits.
15

3.1. Régulation à action sur vanne mélangeuse

Cette régulation est parfaitement adaptée aux circuits planchers chauffants, ainsi qu'aux
circuits de préparation d'eau chaude sanitaire. Elle permet une modulation plus précise
de la température d'eau de chauffage (économie d'énergie).

3.2. Régulation à action sur brûleur

Cette régulation est applicable dans tous les cas aux chaudières acceptant le
franchissement de la température du point de rosée (Dietrigaz, GT par exemple).

Pour les chaudières qui assurent la production d'eau chaude sanitaire, trois remarques
sont à faire :

- Cette régulation à action sur le brûleur ne peut pas être envisagée si la production d'eau
chaude sanitaire se fait en thermosiphon (risque de production insuffisante d'eau
chaude sanitaire en mi-saison).

- Si la production d'eau chaude sanitaire se fait avec pompe de charge, la mise en place
d'une telle régulation suppose que le brûleur soit commandé séparément pour satisfaire
les besoins de chauffage et d'eau chaude sanitaire (système dit de "priorité eau chaude
sanitaire" qui assure, dans ce cas précis, une économie d'énergie importante).

- Une telle régulation peut provoquer des trains de chaleur dans certains cas d'instal-
lation : chaudières dont la contenance en eau est importante par rapport à celle de
l'installation.

L'intérêt de ce type de régulation réside dans les économies apportées par la modulation
permanente de la température du corps de la chaudière.

3.3. Régulation à action sur vanne mélangeuse et sur brûleur.

Applicable à toutes les chaudières acceptant le franchissement de la température du


point de rosée, avec ou sans préparation d'eau chaude sanitaire, raccordées sur
installations équipées d'une vanne mélangeuse motorisable (radiateurs ou plancher
chauffant). Ex : Chaudières GT, Dietrigaz.

Cette régulation est la synthèse des deux systèmes précédents. Elle cumule les
avantages et les économies liés à chacun d'eux.

En intersaison, la présence de la vanne mélangeuse évite, pour les chaudières à


préparation d'eau chaude sanitaire, tout train de chaleur dans l'installation chauffage suite
à une charge sanitaire.

Tous ces types de régulation peuvent être complétés par un système de programmation
journalier ou hebdomadaire permettant, aux heures choisies, d'arrêter ou de ralentir le
chauffage.

La programmation peut s'appliquer, pour les chaudières à production d'eau chaude sanitaire, à
la préparation d'eau chaude sanitaire.
16

En ce qui concerne les régulations par sonde extérieure, elles peuvent être complétées :

• Par une sonde d'ambiance :

Avantages :

- Prend en compte les apports de chaleur "gratuits" dans la pièce où elle est située.

- Corrige les effets d'inertie thermique du bâtiment :

. diminue la durée de remise en régime de l'installation


. accélère la remise en régime des locaux à occupation temporaire.

• Par des vannes thermostatiques :

Ces vannes, placées dans des pièces où il peut y avoir des apports de chaleur "gratuits"
importants (cuisine, salle de séjour, pièces exposées au Sud...), fermeront
automatiquement le radiateur de la pièce concernée, évitant toute intervention manuelle.

Cette intervention manuelle se faisant en général lorsque la pièce a surchauffé, un gain


d'énergie résultera de l'installation de vannes thermostatiques.

En conclusion, la régulation programmable, à action sur brûleur en fonction de la température


extérieure, avec la panoplie d'options qu'on peut lui adjoindre, est la solution pour la conduite
automatique et économique des équipements hautement évolués que sont les chaudières à
haut rendement équipées de brûleurs performants.

Elle offre la certitude d'apporter à l'usager confort et économies.


17

PRINCIPE DE BASE
D'UNE REGULATION AVEC
SONDE EXTERIEURE ET
SONDE DEPART
18

Ce principe est décrit dans l'avant-propos de la norme P 52 004 dont nous donnons ci-dessous
un extrait :

"La majorité des régulations centrales pour installation de chauffage à eau chaude utilise
une loi de correspondance sensiblement linéaire.

En particulier dans les immeubles d'habitation munis d'un chauffage central collectif à eau
chaude, le maintien de la température ambiante peut être obtenu indirectement par un
ensemble de régulation faisant varier la température de l'eau envoyée dans les corps de
chauffe, suivant une loi de correspondance fonction de la température extérieure en
agissant sur une vanne motorisée mélangeant l'eau de la chaudière avec l'eau de retour
de l'installation" (SIC).

En effet, à quel problème est confrontée l'installation de chauffage ? A celui d'assurer une
température ambiante réglementaire dans les locaux de 19° C.

Pour cela, on peut procéder de plusieurs façons. Mais rappelons-nous, par exemple, comment
le propriétaire d'une chaudière GT, raccordée à l'installation chauffage sans vanne mélangeuse,
règle le thermostat de celle-ci durant toute la saison de chauffe.

- Pour une température extérieure de 0° C, il sait par expérience qu'en le plaçant sur 50° C, il
obtiendra la température ambiante souhaitée.

- Pour une température extérieure de - 10° C, c'est en la plaçant sur 70° C qu'il obtiendra
satisfaction.

- Et pour une température extérieure de 10° C, en le plaçant sur 35° C environ.

En fait, que fait l'usager en procédant ainsi :

- Il adapte la température d'eau dans l'installation chauffage pour que l'émission de chaleur, qui
en résulte au niveau des émetteurs (radiateurs), équilibre les déperditions de chaleur du
bâtiment, tout en maintenant une température ambiante régulière et confortable.

- La droite de correspondance entre la température de départ chauffage et la température


extérieure, que nous pouvons tracer pour l'exemple pris ci-avant, est ce qu'on appelle la
courbe de chauffe ou loi de correspondance de cette installation de chauffage.

Cette loi de correspondance est en général une courbe. Pour faciliter la compréhension du
principe, nous l'assimilerons à une droite.

°C Température eau départ Par convention, on représente


sur l'axe horizontal les besoins
70 + de chaleur croissants, c'est-à-
dire la température extérieure
décroissante de + 20° C à
60
- 20° C.
+
50

40
+
30 Température
extérieure en ° C
20
+20 +10 0 -10
19

1. COMMENT AGIT UNE REGULATION AVEC SONDE EXTERIEURE ET SONDE


DEPART

Imaginons à présent que nous souhaitons automatiser le fonctionnement de la chaudière


prise comme exemple ci-avant.

Pour définir les composants nécessaires à cette automatisation, partons de l'analyse que
fait l'usager pour conduire manuellement sa chaudière.

a) Prise de la température extérieure

Il faudra prévoir un organe capable de mesurer la température extérieure. Il s'agira d'un


détecteur de mesure de température extérieure, plus communément appelé sonde
extérieure.

Exemple :

- Sonde extérieure de régulation SV-matic.

Le fonctionnement de ces sondes est basé sur le fait que la résistance des métaux au
passage du courant électrique varie suivant la température à laquelle se trouve le
matériau utilisé.

Si la résistance du matériau, qui constitue l'élément sensible de la sonde, varie dans le


même sens que la température, on dit qu'il s'agit d'une résistance PTC (Positive
Temperature Coefficient).

Exemple : Variation de la résistance des sondes de température SV-matic en fonction de


la température.

Résistance R
en Ohms
2100

2000

1900

1800

1700

1600

1500

1400
Température
1300
-25 -20 -15 -10 -5 0 +5 +10 +15 +20 +25 t° C
20

Si la résistance du matériau, qui constitue l'élément sensible de la sonde, varie dans le sens
inverse de la température, on dit qu'il s'agit d'un élément de mesure NTC (Negative
Temperature Coefficient).


;;
@@

;;
@@


Les éléments de mesure NTC sont en général des thermistances. Les thermistances
appartiennent à la catégorie des corps dits "semi-conducteurs".

Elles sont réalisées sous forme de petites


pastilles d'un diamètre de 5 à 10 mm, ou de
plaques, ou de perles, par un grand nombre de
;;
@@


petits grains agglomérés par "frittage"
(compression et chauffe).
R

Les grains sont à base d'oxydes de fer ou autres métaux (nickel, manganèse, tungstène, etc)
permettant d'obtenir diverses valeurs de résistances.

Exemple : Variation de la résistance de la sonde de température extérieure en fonction de la


température.

Résistance R
en Ohms

700
690
680
670
660
650
640
630
620
610
600
590
580
570
560 Température
550
t° C
-25 -20 -15 -10 -5 0 +5 +10 +15 +20 +25
21

b) Prise en compte de la température extérieure pour déterminer, d'après la


courbe de chauffe, la température de départ souhaitée

C'est le rôle du régulateur.

°C Température eau départ

70

60

50

40

30
Température
extérieure en ° C
20
+20 +10 0 -10

Exemple :
Pour une température de - 10° C, le régulateur mesure la résistance de la sonde extérieure
correspondant à cette température et impose, d'après la courbe de chauffe, une
température départ chauffage de 70° C.

Si la température extérieure lue avait été de 5° C, le régulateur aurait imposé une


température départ chauffage de 45° C.

Exemples de régulateurs :

Régulateur SV-matic

Régulateur Diematic-Delta
22

c) Contrôler la température eau départ

Cela sera fait par le détecteur de mesure de la température de l'eau plus communément
appelé sonde départ.

On distingue les :

- Détecteurs d'insertion (sonde chaudière) :


L'élément détecteur de la température d'eau est destiné à être placé à l'intérieur du doigt
de gant de la chaudière.

- Détecteurs appliques (sonde après vanne) :


L'élément détecteur de la température d'eau est destiné à être placé en applique sur la
tuyauterie de départ, après la vanne.

Dans les deux cas, l'élément sensible est influencé par la température de l'eau.

Exemples de Sonde après vanne Sonde chaudière


détecteurs :

La régulation agit donc en permanence et automatiquement grâce au régulateur et à ses


organes de détection pour adapter, en fonction de la température extérieure, la bonne
température de départ chauffage et ce suivant la courbe de chauffe.

Pour les chaudières à combustibles liquides ou gazeux, le régulateur agira soit :

- directement sur le brûleur - sur le moteur rotatif ou thermique d'une


vanne mélangeuse

- sur le moteur rotatif ou thermique d'une vanne mélangeuse et sur le brûleur


23

2. QU'EST-CE QUE LA COURBE DE CHAUFFE ? QU'EST-CE QUE LA PENTE ?

Nous avons déjà cerné, à partir de l'exemple précédent, ce qu'est la courbe de chauffe
d'une installation de chauffage.

Cette courbe de chauffe est une droite dont la pente varie suivant les caractéristiques de
l'installation.

Exemple :

Température eau départ


°C
80

70

60 1

50

40 2

30

20
+20 +10 0 -10
Température
extérieure en ° C

a) La courbe de chauffe d'une installation par radiateur, assurant 19° C de température


ambiante quelle que soit la température extérieure, et calculée à 80° C de température
de départ chauffage par - 10° C de température extérieure, aura l'allure de la courbe
n° 1.

b) La courbe de chauffe d'une installation par plancher chauffant, assurant 19° C de


température ambiante quelle que soit la température extérieure, et calculée à 50° C de
température de départ chauffage par - 10° C de température extérieure, aura l'allure de
la courbe n° 2.

On voit nettement que la pente de la courbe de chauffe du plancher chauffant est plus faible
que celle de l'installation avec radiateur.

Cette pente est caractérisée par le rapport :


écart des températures d'eau
écart des températures extérieures

• Dans le premier cas, installation 80° C par - 10° C, nous avons :

∆ temp. eau 80 - 20 60
= = =2
∆ temp. ext. 20 - (- 10) 30
L'installation aura donc une loi de correspondance (température extérieure, température
d'eau) ayant une pente de 2. C'est-à-dire que, pour 1° C de variation de température
extérieure, on provoque 2° C de variation de température de l'eau.
24

• Dans le deuxième cas, installation 50° C par - 10° C, nous avons :

50 - 20 30
Pente = = =1
20 - (- 10) 30
Le régulateur doit piloter automatiquement l'installation en respectant la pente de la
courbe de chauffe de cette installation.

C'est la raison pour laquelle tous les régulateurs peuvent être réglés pour s'adapter aux
types d'émetteurs de chaleur installés.

De plus, on devra, dans la plupart des cas, affiner le réglage du régulateur pour prendre
en compte les écarts possibles entre les caractéristiques thermiques réelles du bâtiment
et celles qui ont été pré-retenues au moment du calcul des déperditions du bâtiment.

Hormis les problèmes de confort propres à chaque individu et les problèmes d'inertie
thermique des bâtiments, quel que soit le type d'émetteurs de chaleur mis en oeuvre
(radiateurs, convecteurs, plancher chauffant...), toutes les courbes de chauffe passeront
par le point 20° C température départ chauffage, 20° C température extérieure, puisque
pour 20° C de température extérieure, il n'est plus nécessaire de chauffer les locaux, car
la température ambiante se stabilisera à 20° C.

Il est donc possible, à partir de 2 points :

1 - température de départ choisie à la température extérieure de base


2 - température de départ 20° C et température extérieure 20° C

de définir la courbe de chauffe d'une installation et, partant de là, d'adapter le régulateur à
cette courbe de chauffe.

3. COMMENT REGLE-T'ON LA COURBE DE CHAUFFE DE REGIME CONFORT ?

Partant de l'exemple des régulations que nous fournissons et qui sont réglées d'usine sur la
courbe de chauffe de pente 1,5 passant par l'origine 20°/20°, nous allons analyser les
différents cas de figure qui peuvent se poser.

a) Nous constatons :

Sur SV-matic

°C Température chaudière
3,0
2,25 Que cette courbe de
110 2 chauffe assurera une
2 1,5
100 2,5 température départ
90 1 chauffage de 65° C
3 par - 10° C de tempé-
80 1,5 0,5 rature extérieure.
70 3,5
60 1 Elle est donc adaptée
50 à une installation
0,75 classique par radiateur.
40 0,5
Température
30 extérieure ° C
20
+20 +10 0 -10 -20
25

b) Nous souhaitons piloter, avec ces régulations, des installations par plancher chauffant avec
42,5° C au départ pour une température extérieure de base de - 10° C

Pour piloter ce type de circuit basse température, il faudra utiliser un régulateur SV-matic
avec action sur vanne mélangeuse.

°C Température départ chauffage

110 2,25
1,5 2
100 2 2,5
1
90 3 Il faut régler le
80 1,5 0,5 régulateur pour qu'il
70 3,5 fonctionne avec son
circuit après-vanne
60 1 suivant une courbe de
50 0,75 chauffe égale à 0,75.
40 0,5
Température
30 0,25 extérieure ° C
20
+20 +10 0 -10 -20

On le fait en plaçant la
pointe de la flèche
repère du potentiomètre
3 sur 0,75.
26

c) Adaptation de la courbe de chauffe aux exigences de confort de l'usager

Suite au contrôle ou au réglage permettant de faire correspondre la courbe de chauffe aux


caractéristiques des émetteurs de chaleur, deux cas peuvent se présenter :

1 - Le réglage convient et il n'y a plus lieu d'y retoucher.


2 - Le réglage ne convient pas.

Si le réglage ne convient pas, deux problèmes peuvent se poser :

1 - Soit la température ambiante résultante est trop basse.


2 - Soit la température ambiante résultante est trop haute.

Pour chacun d'eux, il faudra savoir s'il se pose :


- quelle que soit la température extérieure
- par temps doux uniquement
- par temps froid uniquement.

Partant de là, le réglage pourra être effectué.

Ces remarques permettent de bien souligner qu'une régulation se règle sur une saison
complète de chauffe.

Ceci explique que nous donnions les indications détaillées pour le faire dans la notice
d'utilisation fournie avec chaque chaudière.

Nous allons prendre comme premier exemple une température ambiante résultante trop
basse.

1er cas : Quelle que soit la température extérieure

Ceci signifie que la température départ chauffage est


toujours trop basse, en toute saison.

Il faudra donc l'augmenter quelle que soit la


température extérieure.
On effectuera un décalage dit "parallèle" de la courbe
de chauffe vers le haut.
+20 -20

En tournant le
potentiomètre 1 vers
la droite.
27

2ème cas : Température ambiante trop basse uniquement par temps doux

Ceci signifie que la température départ chauffage est trop basse, uniquement lorsque la
température extérieure est douce.

Il faudra donc relever la courbe de chauffe dans cette zone de température extérieure douce
en la modifiant le moins possible dans la zone des températures extérieures basses.

Pour cela, il faut procéder à 2 manipulations :

1 - Abaissement de la courbe
de chauffe en affichant une
pente plus faible.

+20 -20

Tourner le potentiomètre 2
vers la gauche.

Nouvelle courbe de chauffe

2 - Décalage parallèle de la
1 courbe de chauffe vers le haut.
2
En tournant le potentiomètre 1
vers la droite pour la régulation
SV-matic.
+20 -20

Ancienne courbe de chauffe

On constate bien, en comparant la nouvelle courbe de chauffe à l'ancienne, que c'est par
temps doux que la température départ chauffage est le plus augmentée alors qu'elle est peu
modifiée par temps froid.
28

3ème cas : Température ambiante trop basse uniquement par temps froid

Il faudra augmenter la température de départ chauffage pour les températures extérieures


les plus basses.

On réglera la courbe de
chauffe suivant une pente de
valeur plus grande.

+20 -20

En tournant le potentiomètre 2
vers la droite.
29

Deuxième exemple : La température ambiante est trop élevée.

Les manipulations à faire sur le régulateur seront donc inverses à celles que nous venons
d'analyser.

1er cas : La température ambiante est trop élevée quelle que soit la température extérieure

Ne pas modifier le réglage de


la courbe de chauffe.

Diminuer le réglage du poten-


tiomètre "jour".

+20 -20

2ème cas : La température ambiante est trop élevée par temps doux

1 Augmenter le réglage de la
courbe de chauffe d'une
graduation.

Diminuer le réglage du poten-


2 tiomètre "jour".

+20 -20

3ème cas : La température ambiante est trop élevée par temps froid

Diminuer le réglage de la
courbe de chauffe d'une
graduation.

Ne pas toucher au poten-


tiomètre de réglage "jour".
+20 -20
30

NOTES
31

VOCABULAIRE
PROPRE A LA
REGULATION
32

1. LES CONSTANTES DE TEMPS

Les constantes de temps se rencontrent chaque fois qu'il y a accumulation de matière ou


d'énergie.

• Lorsqu'un système est en équilibre :

- les grandeurs ne varient pas


- le principe de la conservation de la matière ou l'énergie est : entrées = sorties.

• Lorsque l'équilibre est rompu :

- les grandeurs varient à la recherche d'un nouvel équilibre (régime dynamique)


- les sorties ne sont plus égales aux entrées : le système accumule ou restitue de la
matière ou de l'énergie.

Ces considérations générales peuvent être concrétisées par la charge ou la décharge :

- thermique d'un accumulateur : briques d'un accumulateur électrique, ballon d'eau chaude
sanitaire, moteur thermique de vanne, etc.

- électrique d'un condensateur

- hydraulique d'un réservoir tampon d'eau.

La charge ou la décharge de ces capacités suit une loi de forme exponentielle. C'est-à-dire
qu'au bout d'un temps τ, la variation de la charge ou de la décharge est de 63 % de la
variation totale.

Ce temps τ est la constante de temps du système considéré.

Donc si l'on connaît le temps que met un système pour arriver à 63 % de la variation totale,
on connaît la constante de temps de celui-ci.

On peut retenir :

Au bout d'un
temps de 0τ 1τ 2τ 3τ 4τ 5τ 7τ

La variation
est de 0 63 % 86 % 95 % 98 % 99,3 % 99,9 %

En pratique, pour un système donné, on estime que la variation est totale, donc égale à
100 % après 4, 5, 6 voire 7 τ suivant le système considéré.

On admet par exemple que la charge ou la décharge d'un condensateur électrique est
totale après 4 τ.

Concrétisons par des courbes le principe de fonctionnement du moteur thermique d'une


vanne mélangeuse.

Lors de la demande d'ouverture de la vanne, la résistance électrique, enveloppant le liquide


dilatable, est mise sous tension. Réchauffé par le dégagement de chaleur, le liquide se
dilate. En se dilatant, il actionne un soufflet qui entraîne la tige d'ouverture de la vanne.
33

Le liquide dilatable est un accumulateur thermique.

Tension
Tension électrique sur la 1
résistance
0 Temps

Ouverture

100 %
Echauffement du liquide 63 %
ou course de la tige
d'ouverture de la vanne
0 Temps

0τ 1τ 2τ 3τ 4τ

1 τ ou constante de temps de la vanne = 12 mn.


On estime que l'ouverture de la vanne est totale après 5 τ .

Dans une chaîne de régulation, tout composant, accumulant de l'énergie calorifique ou


électrique, présente une constante de temps.
L'ensemble des constantes de temps sera à prendre en compte dans le temps de réaction de
la chaîne de régulation.

Exemple : sonde extérieure


sonde départ chauffage
circuit électrique et électronique du régulateur
moteur thermique de vanne.

Les corps de chauffe possèdent également des constantes de temps.


On peut se rappeler les ordres de grandeur suivants :

- Echangeurs = 10 à 100 secondes


- Batteries, convecteurs = 1 minute à 10 minutes
- Radiateur à eau = 10 minutes à 1 heure
- Panneaux de sol = 1 heure à 5 heures.

Le bâtiment régulé possède lui-même une constante de temps.

Un des paramètres importants, qui influence la grandeur de la constante de temps d'un


composant, est sa masse.

On peut calculer τ de la façon suivante :

τ=
m.c. τ : constante de temps
K.s. m : masse du corps
c : chaleur spécifique du corps
s : surface d'échange
K : coefficient d'échange thermique

L'étude de chacun des termes de cette égalité, appliquée aux différents composants d'une
maisonnette régulée par exemple, permet de saisir toute l'importance que revêt la notion des
constantes de temps dans un système régulé.
34

2. LES DIFFERENTES BOUCLES DE REGULATION

Nous avons vu précédemment que, pour automatiser le fonctionnement d'une chaudière, il


fallait :
- un organe de détection pour mesurer la valeur réelle de la grandeur à régler
- un régulateur pour comparer la valeur réelle de la grandeur à régler avec le point de
consigne (valeur désirée) et transmettre un signal de correction à l'organe de réglage
- un organe de réglage pour ajuster la grandeur de réglage à la valeur nécessaire (brûleur
ou moteur de la vanne mélangeuse).

Une boucle de régulation est dite fermée ou ouverte. Cette notion de boucle fermée ou de
boucle ouverte nécessite de préciser clairement, chaque fois, ce qu'est la grandeur à régler.
Ce pourra être une température d'eau ou une température ambiante.

• Boucle fermée

Une boucle de régulation est dite fermée lorsque l'organe de détection subit directement
les effets produits par les variations provoquées par l'organe de réglage.

1er cas type : Régulation de température ambiante d'un local par thermostat d'ambiance
à action sur brûleur ou sur vanne.

Grandeurs
perturbatrices :
Température local (grandeur à régler)
- Apports
- Déperditions Consigne (fixe)
Régulateur (comparaison
détection/consigne)

Détection (variable)

Radiateur
Effets produits par
les variations de
Grandeur de l'organe de réglage
réglage 80° C
(correctrice)
Ordre de
commande
Chau-
dière

Brûleur (organe de réglage)

Ce système élémentaire ne comporte qu'une boucle et ne tient pas compte de l'inertie


thermique (constantes de temps).

Boucle longue :

Du fait de l'inertie thermique (principalement celle des corps de chauffe et du fluide


caloporteur), rien n'est instantané, et les ordres circulent dans la boucle à une vitesse
relativement lente (enclenchement du thermostat d'ambiance démarrage brûleur
échauffement de l'eau, éventuellement jusqu'à la consigne du thermostat de
chaudière émission des corps de chauffe détection température
ambiante correcte coupure brûleur dépassement de température
ambiante...).

La boucle est dite longue car, dans un réglage de chauffage central, on observe souvent
un retard global supérieur à une heure.
35

Boucle courte :

Pour conserver une bonne


précision au système tout en
obtenant la stabilité, on ajoute
des boucles secondaires plus
courtes permettant de prévoir la
réponse et de devancer son
action. Radiateur Boucle
fermée
Par exemple, on prend comme courte
grandeur auxiliaire la tempé- (secondaire)
rature d'eau au départ et on 80° C
l'applique au régulateur.
Boucle
fermée
La boucle courte ainsi réalisée Chau- longue
représente alors un temps de dière
transfert très faible, ce qui va
beaucoup faciliter la stabilisation.

En résumé, une boucle courte Brûleur (organe de réglage)


apporte un effet stabilisateur,
mais introduit parfois une erreur
permanente que l'on s'efforce de
limiter à une valeur acceptable.

• Boucle ouverte

Cas d'un seul élément pertur-


bateur. Détecteur
de la
température
Un cas particulièrement inté- extérieure
ressant en chauffage central est
celui où le système à régler a Boucle
des réactions suffisamment bien ouverte
connues par rapport à la tempé-
rature extérieure - grandeur Radiateur
perturbatrice principale - pour
qu'on puisse établir entre elle et
la température d'eau chaude une Boucle
loi physique simple. fermée
courte
On peut supprimer la mesure de Chau-
la température intérieure et dière
couper la boucle fermée longue
en se limitant à la boucle fermée
courte.
Brûleur (organe de réglage)
"C'est le principe de la régulation
en fonction de la température
extérieure".
36

On peut dire qu'une boucle de régulation est dite ouverte lorsqu'aucun organe de détection ne
subit directement les effets produits par les variations provoquées par l'organe de réglage.

Cette simplification du réglage n'est valable que dans la mesure où la température intérieure -
grandeur à régler - ne dépend que de la loi reliant la température extérieure et la température
de départ eau chaude.

En fait, ce mode de réglage est utilisé quand les autres facteurs perturbateurs n'ont pas une
influence prépondérante. Il cesse d'être valable à lui seul dès que l'un d'eux, isolation, apports
internes, devient prépondérant.

Ce mode de régulation, complété par des vannes thermostatiques sur radiateurs dans les
pièces subissant des facteurs perturbateurs, est parfaitement adapté. Il présente le gros
avantage de ne pas piloter toute l'installation de chauffage d'après une seule pièce témoin.

Ce dernier cas correspond à nos différents types de régulation SV-matic sans sonde de
correction d'ambiance, en précisant toutefois que la sonde extérieure n'est pas uniquement
sensible à la température, mais aussi aux effets de vent.

Ce qui nous permet de dire que, lorsqu'une de ces régulations est équipée d'une sonde de
température ambiante, elle peut être définie comme comportant :

- une boucle fermée longue


- une boucle fermée courte (2 pour SV-matic 331)
- une boucle ouverte.

Boucle
ouverte

Radiateur
Boucle
fermée
longue
Boucle
fermée
courte

Chau-
dière

Brûleur (organe de réglage)


37

3. LES VANNES

Nous nous intéresserons essentiellement aux vannes 3 voies, sachant que :

- les vannes 2 voies sont peu, voire pas utilisées dans nos cas d'application
- les vannes 4 voies ne sont utilisées qu'en petite, voire moyenne puissance, uniquement
sur les chaudières acier, afin de les protéger contre la corrosion par réchauffage des eaux
retour chauffage.
3.1. Classification

Nous utiliserons, pour la classification et la désignation de ces organes, les pages 8 et


9 de la norme P 52 004.

Dans le domaine d'application de la présente norme, les types d'ensembles régleurs


considérés sont les suivants :

• Servo-moteurs :

Ils sont à commande électrique :


- moteur électrique rotatif
- moteur électrothermique
- moteur électromagnétique
- moteur électrohydraulique.

• Vannes (*) :

Les vannes sont classées en 3 familles :

a) Vannes à obturateur tournant

Dans cette famille de vannes, la partie mobile se déplace autour d'un axe de
rotation qui lui est perpendiculaire.

Vannes à disque (figure 1)

Ces vannes ont un siège plat contre lequel se déplace un disque tournant. Elles
sont à :
- une entrée, une sortie (2 voies)
- une entrée, deux sorties (répartition) - (3 voies)
- deux entrées, une sortie (mélange) - (3 voies).

Figure 1

(*) Le mot "vanne" sera toujours employé pour le mot "robinet de réglage".
38

Vannes à secteur (figure 2)

Ces vannes ont un siège cylindrique ou tronconique contre lequel se déplace un obturateur :
secteur, distributeur, tournant.

Elles sont à :

- une entrée, deux sorties (répartition) - (3 voies)


- deux entrées, une sortie (mélange) - (3 voies)
- deux entrées, deux sorties (4 voies).

Figure 2 - Vanne à secteur

b) Vannes à obturateur pivotant

Les vannes à obturateur pivotant sont dites vannes à papillon. Le papillon rotatif modifie la
section de passage en fonction de sa position angulaire. Elles sont à une entrée, une sortie
(2 voies) (figure 3).

Des montages à 3 ou 4 voies peuvent être obtenus par accouplement de 2 vannes 2 voies :

- une entrée, deux sorties (répartition)


- deux entrées, une sortie (mélange)
- deux entrées, deux sorties.

Figure 3 - Vanne à obturateur pivotant


39

c) Vannes à soupape (appelées glissantes ou à levée)

Ces vannes sont les vannes dites aussi "à siège", à "soupape" ou à "clapet". Elles sont à
simple (figure 4) ou à double siège (figure 5).

Leur clapet se déplace suivant l'axe du siège. Elles sont à :

- une entrée, une sortie (2 voies)


- une entrée, deux sorties (répartition) -(3 voies)
- deux entrées, une sortie (mélange) - (3 voies).

Vannes à soupape

Figure 4 - Simple siège Figure 5 - Double siège

Elles peuvent comporter trois types de clapets (figure 6) :

- Les clapets à jupe ou à cage : le clapet comporte des ouvertures qui sont plus ou moins
dévoilées suivant la position du clapet.

- Les clapets profilés ou clapets contours : le clapet est plein, et c'est son profil extérieur qui
permet une variation du débit en fonction de sa position.

- Les clapets plats : le clapet est plat et c'est la variation de sa position par rapport au siège
qui permet une variation du débit.

Figure 6 - Vanne à soupape

1 2

1 Clapet à jupe Clapet contour Clapet plat

2 Clapet à cage
40

Nous pouvons donc classer les vannes 3 voies en 2 grandes familles :


- les vannes à soupapes
- les vannes à secteur.
3.2. Caractéristiques hydrauliques

Dans le cas de chaudières équipées de vannes 3 voies, pour la majorité des installations
nous intéressant, celles-ci sont montées en mélange, c'est-à-dire que le débit variable est
le débit traversant la chaudière, le débit constant est le débit côté installation.

C'est donc la variation de débit en chaudière que devra essentiellement maîtriser la


vanne 3 voies.

Débit constant = Dn

Débit variable
de 0 à Dn
Radiateur
Chaudière
Température
variable de
20 à 90° C

Température constante = 90° C

Le principe de base de fonctionnement d'un circuit tel que celui-ci consiste à tenir la
chaudière à une température constante, 90° C par exemple, et à faire varier la position de
la vanne pour obtenir un débit d'eau de chaudière (q) variable, afin de moduler la
température du radiateur, donc sa puissance émise (p).

La courbe représentative de cette


1 fonction p = f(q) est tracée sur la figure
ci-contre pour une installation classique
de chauffage central avec :
0,78 • température départ chaudière = 90° C
• température retour chaudière = 70° C
• température ambiante du local chauffé
= 20° C.

La courbe serait d'autant plus déformée


vers les "p" positifs que la température
départ serait plus grande, pour un
0 même écart température départ -
0,5 1 q température retour.

Cette courbe a sensiblement la même allure pour tous les échangeurs rencontrés en
chauffage et conditionnement d'air.
41

Comme on souhaite obtenir une puissance émise au radiateur qui suit sensiblement une droite,
on travaillera la forme du clapet de la vanne pour que la section de passage du fluide suive la
loi désirée quand le clapet se déplace.

1 Pour que les fonctions p(q) et q(L) se


compensent, il faut et il suffit que la courbe
représentative de la fonction q(L) soit la
)
(L

• symétrique de celle de p = f(q) par rapport à


p

la première bissectrice.


)
(L
q

0
1 L

Pour répondre aux différentes caractéristiques d'émission de chaleur en fonction des critères
des installations de chauffage (mélange, décharge...), les constructeurs de vannes ont conçu
des vannes à différentes caractéristiques de débit.

Les courbes caractéristiques de débit des vannes sont données à pression différentielle
constante de 1 bar en fonction de la position ou levée (L) du clapet .

Courbes caractéristiques de débit des vannes

On distingue les vannes à caractéristique linéaire, quadratique ou parabolique, logarithmique


ou égal pourcentage.

Vannes à soupapes :

• A caractéristique linéaire

Kv
Kvs Débit
L Q %
100 % Kvs 100 %

50 % 50 %

Le débit est propor-


tionnel à la levée L du
clapet.
Kvo Levée L
0 0
0 0,5 1
0 50 % 100 %
42

• à caractéristique quadratique ou parabolique

L Débit
Q %
100 %

50 %

Le débit est propor-


tionnel au carré de la
levée L du clapet.
Levée L
0
0 0,5 1

• à caractéristique logarithmique ou égal pourcentage

L Débit
Q %
100 %

y' + 4 %
de y'
y'
50 %

y+4%
Le déplacement du de y
clapet, à un quelconque
point de sa course, y
produit une variation de Levée L
débit proportionnelle au 0
débit total précédant le 0 0,5 1
changement de position
du clapet. 1% 1%

Courbe à égal pourcentage 4 %

Il y a lieu de noter que les vannes à soupape, telles que, par exemple, celles que nous
proposons sur nos chaudières, permettent :

- d'obtenir une étanchéité à la fermeture très satisfaisante


- d'offrir une sécurité positive par fermeture en cas d'absence de courant
- d'obtenir des allures de courbes caractéristiques très précises.
43

Vannes à secteur :

Les vannes à secteur présentent le handicap, face aux vannes à soupapes :


- d'offrir une mauvaise étanchéité à la fermeture
- de présenter des difficultés pour obtenir des allures de courbes caractéristiques
correctes.

Q %

100

50 Tend vers égal %

Angle
0
0 50 100 %

On peut aussi utiliser d'autres critères pour caractériser les vannes, par exemple les
vannes à puissance calorifique linéaire : la puissance calorifique consécutive à la
variation de débit, dans des conditions bien précises, est proportionnelle à la levée.

3.3. L'autorité des vannes

Une vanne de réglage est installée pour assurer la progressivité d'un débit. Pour réaliser
un contrôle suffisamment précis sur toute la course d'une vanne, le débit ne doit pas subir
de variation trop brusque : il doit être progressivement variable de l'ouverture à la
fermeture de la vanne.

Il est évident qu'une vanne, qui offre une trop forte section de passage en ouverture
totale, n'aura qu'une faible influence sur le débit. Son action ne sera sensible que pour les
positions proches de la fermeture. Cette progressivité peut être quantifiée par un
paramètre appelé "autorité".

Une vanne est autoritaire si le débit qu'elle doit régler dépend principalement de cette
vanne, et non des autres éléments du réseau.

La progressivité est d'autant mieux réalisée que la perte de charge relative de la vanne
(rapport entre la perte de charge dans la vanne et la perte de charge totale du réseau) est
plus élevée. La perte de charge relative d'une vanne est minimale lorsqu'elle est en
ouverture totale.

C'est pour cette position qu'est définie l'autorité d'une vanne. Ce paramètre, sans
dimension, symbolisé "a", exprime donc la qualité que possède une vanne de réaliser un
contrôle progressif sur toute sa course.

L'autorité "a" de la vanne, c'est la perte de charge de la vanne grande ouverte, rapportée
à la perte de charge du tronçon considéré, au débit nominal.
44

Exemple pour une vanne 2 voies :

∆pv : perte de charge de la vanne

∆pv ∆pc ∆pc : perte de charge circuit


∆po ∆po : perte de charge du réseau

∆pv ∆pv
a= =
∆po ∆pv + ∆pc

L'autorité peut varier entre 0 et 1 sans jamais atteindre ces limites : la perte de charge dans la
vanne ouverte n'est jamais nulle, elle ne peut pas non plus être infinie.
∆pv
Si ∆pv = 0 : = 0 impossible
∆po
∆pv 1
Si ∆pv = ∆pc : = = 0,5 conseillé
∆pv + ∆pc 1+1
∆pv 1
Si ∆pv infini : = =1 impossible
∆pv + ∆pc 1

Dans le cas des chaudières équipées de vannes 3 voies montées en mélange, le débit variable
est le débit traversant la chaudière.

C'est donc la variation de débit en chaudière que devra maîtriser la vanne 3 voies.

Son autorité sera donc à définir par rapport à la perte de charge hydraulique du circuit côté
chaudière.

∆pv

∆pv : perte de charge de la vanne


grande ouverte
Voie Radiateur
∆pc
fermée ∆pc : perte de charge circuit chau-
Chaudière dière au débit nominal
q=0
∆po : perte de charge du réseau
• égal ∆pv + ∆pc
45

La caractéristique de puissance souhaitée est sensiblement linéaire.

Examinons comment évolue la courbe caractéristique de débit (q) des vannes en fonction de la
levée (L) pour différentes autorités.

• Vanne à caractéristique linéaire • Vanne à caractéristique quadratique

q q
a=0 a=0

1 1
2
0,
=

a = 0,4
0,
a
=

a = 0,5
1
a
=

a=1
a

0 0
1 L 1 L

• Vanne à caractéristique logarithmique • Vanne à puissance calorifique linéaire

Dans ce type de vanne, le constructeur


a taillé le clapet de façon à obtenir une
puissance calorifique "p" proportion-
nelle à la levée du clapet et pour une
autorité a = 0,5.

q q
a=0 a=0

1 1

a = 0,4 a = 0,5
a = 0,5 a=1
a=1

0 0
1 L 1 L

De l'étude de ces différentes courbes, il ressort que l'autorité des vannes montées en mélange
devra toujours être supérieure à 0,3.

Par ailleurs, ces courbes indiquent clairement qu'une vanne, dont l'autorité est très faible
(a # 0), transforme le système progressif en système tout ou rien.
46

Nous percevons maintenant la démarche à effectuer pour définir la vanne mélangeuse devant
équiper une chaudière :

• Connaissance des caractéristiques d'émission des échangeurs en fonction de la régulation


adoptée (mélange ou décharge).

• Choix de la caractéristique de débit de la vanne devant équiper la régulation (linéaire,


quadratique, logarithmique...).

• Choix de l'autorité de la vanne (supérieure à 0,3).

La bonne adéquation de ces différents paramètres permet de maîtriser, dès que la vanne entre
en action, l'évolution qui en résultera sur la grandeur réglée.

Le cas type nous concernant, où l'accouplement vanne-émetteurs de chaleur devrait être le


plus soigné, serait une régulation d'ambiance avec une seule boucle ouverte.

Ceci conduirait à des formes de clapets complexes et à des coûts de vannes rédhibitoires.

L'utilisation, telle que sur nos régulateurs, de boucle de régulation courte, fermée, secondaire,
avec prise de température immédiatement après la vanne, permet de résoudre au moindre prix
l'adéquation vanne-émetteurs de chaleur.

D'autre part, dans de nombreux cas d'applications, la température de la chaudière sera


modulée une dizaine de degrés au-dessus de la température souhaitée après vanne
mélangeuse, ce qui déplace les points de fonctionnement de la vanne mélangeuse par rapport
à l'étude faite, chaudière maintenue à température constante 90° C.

En outre, le fait que les régulateurs, tels que ceux que nous proposons par exemple, disposent
d'action proportionnelle et intégrale, conduit à des exigences moindres quant aux
caractéristiques de débit des vannes.

Nous retiendrons cependant qu'une bonne adéquation vanne-émetteurs de chaleur ne peut


que favoriser une régulation avec boucle de régulation secondaire, courte, fermée, et éviter les
phénomènes de pompage.

Exemple de choix d'une vanne à caractéristique linéaire :

De quel diamètre de vanne X3id doit-on équiper une chaudière GTM 115 devant fonctionner à
sa puissance nominale de 33 kW ?

- Ecart de température nominale départ-retour chauffage : 15 K.


- Autorité à obtenir : proche de 1.

∆pv

Voie Radiateur
fermée
∆pc Chaudière
q=0

Vanne en mélange
47

1) Recherche du débit nominal traversant la chaudière :


Pn Dn : débit nominal en l/h
Dn =
∆tn Pn : puissance nominale en kcal/h
∆tn : écart de température nominale entre départ et retour chaudière
en Kelvin

Pn en kcal/h = 33 x 1 000 x 0,86 = 28 380 kcal/h


28 380
Dn = = 1 892 l/h = 1,9m3/h
15

2) D'après les données du constructeur de chaudière :

∆pc : perte de charge de la chaudière à ∆t 15 K = 40 daPa ou mm H2O

auxquels on ajoute la perte de charge des tubulures de raccordement de la vanne à la


chaudière ≈ 80 mm H2O, soit ∆pc = 120 mm H2O.

3) D'après les données du constructeur de vanne :

∆pv : perte de charge vanne 3/4" à Dn 1,9 m3/h = 1,6 m CE ou 1 600 mm H20.

4) Vérifier que l'autorité "a" de la vanne est proche de 1 :


∆pv 1 600 1 600
a= = = = 0,93
∆pv + ∆pc 1 600 + 120 1 720
48

5) Vérifier que l'on conserve un débit sensiblement constant côté installation avec comme
valeurs à respecter :

∆pc ∆pc + ∆pv


< 0,25 et < 0,5
Ho Ho

avec Ho : hauteur manométrique de l'accélérateur au débit nominal.

En admettant une perte de charge côté radiateur ∆pr de 2 m CE, soit 2 000 mm H2O :

Ho = ∆pc + ∆pr + ∆pv

= 120 + 2 000 + 1 600 = 3 720 mmH20

∆pc 120
d'où = = 0,03 < 0,25
Ho 3 720

∆pc + ∆pv 120 + 1600


= = 0,46 < 0,5
Ho 3 720

3.4. Coefficient de vanne

On dit qu'une vanne possède un Kv de x si elle présente une perte de charge de 1 bar
lorsqu'elle est traversée par un débit d'eau de x m3/h.
Les constructeurs de vannes doivent fournir la valeur de Kv pour l'ouverture totale de
leurs vannes. Le symbole devient alors Kvs.

Le symbole Kvo est en général utilisé pour exprimer le débit de fuite à travers la vanne
fermée, toujours pour une perte de charge de 1 bar.

Cette notion de Kv a été introduite en 1944 aux Etats-unis avec l'utilisation du symbole
Cv.

Le Kv est normalisé en Allemagne : K(Koef.) v(ventil.).

En France, la norme P 52 004, dont extrait ci-dessous, le dénomme QN1.

"Coefficient QN1 : Le coefficient Q N1 d'une vanne, pour une course H donnée de


l'obturateur, est le débit en m3/h traversant cette vanne entre la voie
d'entrée et la voie de sortie considérées, pour une perte de pression
(*) de 1 bar."

(*) Cette perte de pression de 1 bar ne préjuge pas de la perte de pression effective en service.
49

QN1 Cv
Unités Noms Kv m3/h Kv l/min Cv anglais américain

m3/h QN1 (1) 1 1 16,67 0,96 1,16

m3/h Kv (1) 1 1 16,67 0,96 1,16

l/min Kv (1) 0,06 0,06 1 0,06 0,052

Gal (UK)/min Cv anglais (2) 1,03 1,03 17,2 1 1,19

Gal (US)/min Cv américain


(2)
0,86 0,86 19,27 0,84 1

Tableau de conversion des différents coefficients rencontrés :


1) sous une perte de charge de 1 bar
2) sous une perte de charge de 1 psi (*)

(*) 1 psi ≈ 0,069 bar.

Exemple : une vanne dont le Cv américain est 1 Gal (US)/min a un coefficient QN1 de 0,86 m3/h

La loi exprimant le débit en fonction du Kv et de la différence de pression est du 2ème degré.

Q = Kv √∆p Q : débit en m3/h


∆p : perte de pression en bar
ou Q = QN1 √∆p Kv : en m3/h
QN1 : en m3/h

Cette formule permet de déterminer :

- soit le débit permis par une vanne pour une différence de pression donnée
- soit la perte de charge dans une vanne pour un débit donné.

En effet, les courbes caractéristiques de débit des vannes, que nous avons étudiées, sont
tracées pour une différence de pression constante de 1 bar quelle que soit la position du clapet.

Sur installation, la vanne peut être utilisée sous des pressions différentielles autres. Ce qui
compte essentiellement alors, c'est la relation entre la différence de pression et le débit pour
une vanne grande ouverte d'un diamètre déterminé.

Exemple : Une vanne mélangeuse 3 voies X3id 3/4" équipant une chaudière GT 113 réglée à
17,5 kW, à un Kvs de 5 m3/h.

Quelle est sa perte de charge au débit nominal de la chaudière (Dn à ∆t 15 K) ?

Nous savons que : Q = Kvs √∆p donc Q = √∆p


Kvs
2
( Q ) = ∆p
Kvs
50

Cherchons le débit nominal de la chaudière sachant que :

Puissance chaudière = débit eau x écart de température départ/retour

17,5 kW x 0,86 = Q x 15 K

d'où Q = Pu. ch. = 15 = 1 m3/h


∆t 15

Nous disposons maintenant de tous les éléments permettant de trouver la perte de charge de
la vanne au débit nominal de la chaudière.
2 2
∆p = ( Q ) = (1) = 0,04 bar
Kvs 5

Les constructeurs de vannes fournissent des abaques, tel que celui indiqué ci-dessous pour la
gamme des vannes équipant en option nos chaudières.

Ces graphiques permettent de lire directement la perte de charge de la vanne en position


ouverture totale pour le débit désiré.

Nous retrouvons bien, sur ce graphique, pour l'exemple traité ci-avant, une perte de charge de
40 mbar, c'est-à-dire 0,04 bar pour une vanne 3/4" traversée par un débit de 1 m3/h.
51

4. REGULATEURS 2 POINTS, 3 POINTS

Ces termes caractérisent l'action du régulateur sur l'organe de réglage.


Nous nous plaçons dans les cas où l'organe de réglage est :
- soit un brûleur ou une vanne mélangeuse à moteur thermique
- soit une vanne mélangeuse à moteur rotatif.

4.1. Régulateurs 2 points

L'organe de réglage est un brûleur ou une vanne mélangeuse à moteur thermique :


l'action du régulateur est alors une action tout ou rien, dite aussi 2 points, c'est-à-dire
que le contact électrique de commande de l'organe de réglage est ouvert ou fermé.

Dans ce cas de figure, on ne parle pas d'action proportionnelle, intégrale ou dérivée.


Seul compte le différentiel du contact électrique de commande de l'organe de réglage.

Différentiel
1
Position
du contact

0
Température
Coupure
Enclenchement

Exemple de régulateur 2 points :

SV-matic 321 et 331 (en ce qui concerne la sortie brûleur, action sur brûleur).

L'action 2 points sur brûleur de ces régulateurs se fait avec un différentiel moyen de
plus ou moins 5 K par rapport au point de consigne.

Ce différentiel varie légèrement en fonction de la pente de la courbe de chauffe :


- pente 0,5 : différentiel = 4 K
- pente 1,5 : différentiel = 6 K
- pente 3 : différentiel = 7 K.

Le différentiel n'est pas réglable.


4.2. Régulateurs 3 points

L'organe de réglage est une vanne mélangeuse à secteur, à moteur rotatif, disposant
d'un bobinage marche avant, d'un bobinage marche arrière et d'une position d'arrêt.

L'action du régulateur est alors une action 3 points :

1. Marche avant -ouverture vanne- envoi d'une tension sur le bobinage marche avant
du moteur de vanne
2. Arrêt -vanne arrêtée à une quelconque position- aucun envoi de tension sur les
bobinages du moteur de vanne.
3. Marche arrière -fermeture vanne- envoi d'une tension sur le bobinage arrière du
moteur de vanne.
52

Exemple de régulateur 3 points :

SV-matic 331 (en ce qui concerne la sortie vanne mélangeuse). •

L'action 3 points de ce régulateur s'effectue par alimentation en 230 volts alternatif des
bobinages du moteur électrique de la vanne 3 voies.

La tension 230 volts est délivrée directement par le régulateur.

La durée de la rotation du moteur de vanne doit être comprise, pour un angle de


90 degrés, entre 4 minutes minimum et 8 minutes maximum.

Remarque :

On peut cependant avec ce régulateur commander un moteur thermique 220 volts


alternatif de vanne mélangeuse en câblant uniquement le câble ouverture vanne +
neutre sur la résistance du moteur thermique, le câble fermeture vanne étant isolé.
5. ACTIONS PROPORTIONNELLE, INTEGRALE, DERIVEE

Ces termes définissent le principe d'action du régulateur sur une vanne mélangeuse à secteur,
à moteur rotatif, pour les cas d'application que nous nous sommes fixés.

5.1. Action proportionnelle

Communément désignée P.

L'action proportionnelle est caractérisée par le fait que l'organe de réglage prend une
position proportionnelle entre la valeur de la grandeur réglée et la valeur de la
consigne.

1er exemple :

Il s'agit de la régulation par thermostat d'ambiance d'une installation de chauffage


central.

Le thermostat d'ambiance comporte un régulateur à action proportionnelle agissant sur


le moteur d'une vanne mélangeuse.

Moteur Organe de réglage


Vanne
Détecteur
Local
Température température
constante à régler

Corps de chauffe (radiateur)

Ordre de Régulateur
commande proportionnel

Cette installation a pour but de maintenir constante la température ambiante du local.


53

Toute variation de la température ambiante, mesurée par le détecteur, entraîne, par


l'intermédiaire du régulateur proportionnel, une modification de l'ouverture de la vanne. Il en
résulte une variation correspondante de l'émission calorifique du corps de chauffe.

Ceci peut se traduire par le diagramme ci-dessous :

% d'ouverture de
vanne ou course
Charge (1) y

-10 maxi VO 100 % B


• B'
-2,5 3/4 75 %
0 2/3 C
66 %
+5 1/2 50 %
∆c
+12,5 1/4 25 %

A x
+20 nulle VF 0%
16 17,23 19
17 18 ∆t 20 Température
ambiante
Température
extérieure (1) Ecart maximal = Bp

Dans cet exemple, la valeur de consigne de la température ambiante a été fixée à 20° C,
correspondant, pour une charge nulle soit 20° C extérieur, à la fermeture totale de la vanne,
c'est-à-dire à une ouverture à 0 % (V.F.). Toute diminution de la température ambiante,
constatée par le détecteur, entraîne la vanne vers l'ouverture.

L'ouverture totale, soit 100 % (V.O.), correspond dans notre exemple à une diminution de 4° C
de la température ambiante. Cet écart de 4° C représente la valeur de la bande proportionnelle.

Inversement, l'augmentation de la température ambiante de 16° C vers 20° C se traduira par la


fermeture correspondante de la vanne de 100 % vers 0 %.

Ecart permanent de réglage :

Les régulateurs proportionnels présentent l'inconvénient d'un écart permanent de réglage,


appelé encore écart statique qui, s'il n'est pas corrigé, fait que la température effectivement
réglée est différente de la valeur désirée affichée en point de consigne.

Dans notre exemple, on voit bien que :


- A charge nulle, la vanne est fermée, l'écart est nul.

- A charge maxi (supposée pour - 10° C extérieur), la vanne doit être grande ouverte à 100 %
et, pour obtenir cela, la température ambiante doit descendre à 16° C, soit un écart maxi de
4° C égal à la largeur de la bande proportionnelle choisie.

- A charge donnée (par exemple 2/3, aux environs de 0° C extérieur), la vanne doit être
ouverte aux 2/3, ce qui suppose une température ambiante de 17,33° C, soit un écart de
4° C x 2/3 = 2,66° C, avec la valeur de consigne.

Cet écart est permanent, dès que la stabilisation est acquise après une modification de la
charge. Il est spécifique à ce genre de régulation et, en conséquence, en limite d'emploi.
54

2ème exemple :

Il s'agit de la régulation d'une installation de chauffage central par sonde extérieure et action
sur une vanne mélangeuse.

Dans ce cas de figure, la variation de l'émission calorifique des corps de chauffe est obtenue
par modification du point de consigne suivant la courbe de chauffe.

Pour un point de consigne donné, la vanne mélangeuse doit pouvoir évoluer entre 0 % et
100 % d'ouverture pour la bande proportionnelle considérée.

Ceci peut se traduire par le graphique ci-dessous :

% d'ouverture de
vanne ou course
100 %

50 %

Température
d'eau
0%

t° C - 2° C Température de
consigne t° C

Bande proportionnelle = 2 K.

Il apparaît clairement, à l'analyse de ce graphique, que le système ne sera pas stable et que la
vanne oscillera en permanence d'ouverture à fermeture et inverse.

Des actions complémentaires permettent de le stabiliser.


55

5.2. Action intégrale

Communément désignée I.

Dans le système proportionnel, l'organe de réglage prend une position proportionnelle à


"l'écart" de la grandeur à régler. Dans le système intégral, c'est la vitesse de l'organe de
réglage qui est proportionnelle à l'écart de la grandeur à régler.
Analogie :

Ainsi donc, dans la fonction intégrale, la vitesse de l'organe de réglage varie en fonction
directe de l'écart mesuré.

A grand écart correspond grande vitesse ; à petit écart, petite vitesse. Au fur et à mesure
que l'écart se comble, la vitesse se réduit.

L'image de cette action correspond à celle de l'automobiliste lancé apercevant au loin un


feu rouge. Deux solutions s'offrent à lui :
- soit continuer à la même vitesse jusqu'au feu et freiner avec le risque de dépasser celui-ci
- soit réduire progressivement sa vitesse, afin que le véhicule s'immobilise de lui-même
en arrivant au feu.

La fonction intégrale réalise la seconde option.

La fonction intégrale n'est jamais utilisée seule. On a en général recours à l'action


proportionnelle et intégrale couramment désignée PI.

Exemple de régulateur PI :
SV-matic 331 (en ce qui concerne la sortie vanne mélangeuse).

Action proportionnelle : égale ouverture ou fermeture continue de la vanne tant que la


température départ après vanne diffère de ± 4° K de la température de consigne (courbe
de chauffe vanne).

Action intégrale : égale ouverture ou fermeture vanne par à coup, les signaux de
commande étant d'amplitude de plus en plus faible et étant de plus en plus espacés au
fur et à mesure que l'on se rapproche de la température de consigne.

Graphique représentatif des actions PI pour une température inférieure de plus de - 4° C


à la température de consigne :
56

5.3. Action dérivée

Communément désignée D.

Dans la fonction dérivée, l'action du régulateur est proportionnelle à la vitesse de variation


de l'écart de réglage et non plus à la valeur de l'écart comme dans le proportionnel.

Si la vitesse de l'écart de réglage varie brusquement, l'action du régulateur est importante


et ce d'autant plus que la variation de l'écart a été brusque. Il en découle que, si la vitesse
de variation de l'écart est constante ou nulle, l'action dérivée est par conséquent nulle.

Cette action dérivée ne se manifestera donc qu'au moment des changements de vitesse.
Elle disparaîtra dès que la vitesse de l'écart redeviendra constante.

On conçoit donc que cette action ne peut pas être utilisée seule, car elle ne peut pas
corriger les écarts constants et permanents de réglage, elle agit seulement au moment de
leur variation.

Fonction PID :

Chacune des trois actions énumérées aura son effet dans le temps.

Au moment de la variation brusque de l'écart, l'action dérivée fournira immédiatement le


principal de la correction. Cette dernière sera beaucoup plus importante que celle
apportée par l'action proportionnelle, mais sera brève et s'annulera rapidement.

A partir de ce moment, l'action proportionnelle se substitue à l'action dérivée et il en


résultera un écart de réglage permanent. Enfin, l'action intégrale poursuivra l'action P
jusqu'à l'annulation totale de l'écart de réglage.

L'action dérivée convient surtout lorsque l'inertie du système réglant est nettement
supérieure à celle du système à régler (par exemple, panneaux de sol en dalle pleine
équipant un bâtiment léger).

Dans ce cas, l'organe de détection mesure la vitesse de variation de la température


extérieure.

Un deuxième cas de nécessité de l'action dérivée existe lorsque les variations de charge
sont importantes et rapides et que le système présente un temps mort important.
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NOTES
11/99 - Ed. 6

B.P. 30 - 57, rue de la Gare - 67580 MERTZWILLER - Tél. 03 88 80 27 00 - Fax 03 88 80 27 99


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