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Raffinage-Pétrochimie-Chimie-Ingénierie

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CONSTITUTION DES LUBRIFIANTS COMMERCIAUX

I - FONCTIONS DES LUBRIFIANTS.............................................................................................. 2

II - CLASSEMENT DES LUBRIFIANTS SELON LEUR ÉTAT PHYSIQUE..................................... 2

III - CONSTITUTION DES LUBRIFIANTS........................................................................................ 5


1 - Les lubrifiants de synthèse ...........................................................................................................7
2 - Les additifs..................................................................................................................................12

IV - EXEMPLE DE FORMULATION D’UN LUBRIFIANT : CONSTITUTION


DES HUILES MOTEURS ......................................................................................................... 16
1 - Huiles de base ............................................................................................................................16
2 - Amélioration d’indice de viscosité ou additif de viscosité ...........................................................17
3 - Le paquet d’additifs multifonctionnel...........................................................................................17
4 - Additifs antirouille........................................................................................................................18
5 - Additifs anticorrosifs....................................................................................................................18
6 - Additifs abaisseurs de point de congélation ...............................................................................18
7 - Additifs antimousse.....................................................................................................................18
8 - Additifs réducteurs de frottement................................................................................................18

V - CLASSIFICATION ISO DES LUBRIFIANTS............................................................................ 19

VI - PRINCIPALES CATÉGORIES COMMERCIALES DE LUBRIFIANTS -


DONNÉES ÉCONOMIQUES ET STATISTIQUES................................................................... 23

VII - LUBRIFIANTS ET SPÉCIALITÉS POUR VÉHICULES AUTOMOBILES................................. 26

VIII - LUBRIFIANTS ET SPÉCIALITÉS POUR L’INDUSTRIE.......................................................... 28

PP AUT - 00035_A_F - Rév. 3 23/01/2012


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Le lubrifiant, du latin “lubricus” signifiant glissant, est un produit interposé entre les surfaces frottantes d’un
mécanisme, dans le but d’un faciliter son fonctionnement en réduisant le frottement et par voie de
conséquence l’échauffement, tout en combattant l’usure des organes en mouvement.

Historiquement, l’usage des lubrifiants remonte à la plus haute antiquité. Les produits utilisés furent, jusqu’au
19e siècle, essentiellement des huiles et corps gras d’origine animale (suif, huile de lard, huile de pied de
bœuf, huile de baleine, ...) ou végétale (huile d’olive, de colza, de ricin, de palme, ...).

La seconde moitié du 19e siècle et le début du 20e siècle connurent avec le développement industriel et,
surtout, avec l’avènement du pétrole, des initiatives intéressantes, bien qu’isolées, en matière de formulation
de lubrifiants.

Ce n’est qu’à partir de 1930, et surtout 1940 et 1950, que les grandes découvertes en matière d’additifs et de
lubrifiants de synthèse ont été faites. Puis, les progrès furent continus dans tous les domaines avec,
cependant, dans les années 60, un véritable foisonnement de recherches, sous l’impulsion de la course à
l’espace, dans le domaine des lubrifiants non conventionnels : lubrifiants solides nouveaux, matériaux
autolubrifiants composites, graisses spéciales et fluides thermostables.

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I- FONCTIONS DES LUBRIFIANTS (Tableau n°1)


Dans tous les cas, les lubrifiants ont essentiellement pour but de :

– réduire les pertes par frottement en vue d’économiser l’énergie et de réduire


l’échauffement des pièces induit par frottement. Cette diminution du frottement est obtenue
par la viscosité des bases et par l’addition d’agents d’onctuosité et d’additifs réducteurs de
frottement

– combattre l’usure et la corrosion des surfaces frottantes en vue d’augmenter la


longévité et la fiabilité des machines. Les moyens de lutte sont le choix des huiles de bases
et l’optimisation de leur viscosité à chaud et surtout l’incorporation d’additifs antiusure,
extrême-pression et anticorrosifs. Dans le cas particulier des moteurs thermiques, surtout
des moteurs Diesel fonctionnant avec un combustible renfermant du soufre comme
impureté, on combat l’usure corrosive des surfaces en neutralisant les composés acides
formés par combustion avec des additifs détergents alcalins.

Les lubrifiants peuvent aussi avoir d’autre fonctions importantes, en particulier :

– évacuer les calories - Cette fonction réfrigérante est importante, pour les moteurs
thermiques et les mécanismes rapides comme les turbines et les réducteurs fonctionnant à
grande vitesse et elle est primordiale pour certains fluides de travail des métaux, pour les
huiles de trempe et les huiles pour transformateurs électriques. La recherche d’un excellent
pouvoir réfrigérant peut conduire à l’utilisation de fluides aqueux (huiles “solubles”,
émulsions, dispersions et solutions “chimiques” pour les opérations de travail des métaux à
grandes vitesses (coupe, rectification, laminage, ...)

– contribuer à parfaire l’étanchéité tant interne, au niveau de la segmentation d’un moteur


ou d’un compresseur par exemple, qu’externe, en réduisant les fuites de lubrifiant vers
l’extérieur ou, au niveau des joints, en s’opposant à l’introduction des contaminants
(poussières, humidité, ...) à l’intérieur des mécanismes

– neutraliser ou évacuer les impuretés telles que les suies de combustion des moteurs, les
résidus organiques d’altération thermique et d’oxydation du lubrifiant (gommes, vernis, ...),
les débris d’usure de petite dimension, l’eau, etc. Cette fonction est assurée, d’une part, par
les propriétés dispersantes (mise en suspension stable des contaminants) et, d’autre part,
par les propriétés détergentes (nettoyage des surfaces). Par ailleurs, les impuretés les plus
grosses sont retenues par des filtres, ce qui implique que le lubrifiant possède une bonne
filtrabilité

– dans certains cas, le lubrifiant doit transmettre une énergie mécanique (fluide hydraulique,
liquide de freinage) et éventuellement absorber les chocs (amortisseur, outillage
pneumatique). Des propriétés spécifiques telles que l’incompressibilité, la résistance à
l’aération et au moussage ou la résistance au feu, sont alors recherchées.

II - CLASSEMENT DES LUBRIFIANTS SELON LEUR ÉTAT PHYSIQUE


Selon leur état physique (tableau n°2), les lubrifiants peuvent être classés en quatre groupes : les lubrifiants
liquides (huiles minérales, fluides synthétiques, fluides aqueux), les graisses, les lubrifiants solides et les
lubrifiants gazeux (en général l’air) dont l’utilisation très limitée, ne concerne que les paliers à gaz.

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Tableau n°1

FONCTIONS DES LUBRIFIANTS

1 ➪ Réduire les pertes par frottement

2 ➪ Combattre l’usure des surfaces frottantes

3 ➪ Protéger les organes contre la corrosion

4 ➪ Refroidir les machines et évacuer les calories

5 ➪ Participer à l’étanchéité aux gaz, aux liquides, aux contaminants


solides, etc.

6 ➪ Garder propres les surfaces et les circuits en neutralisant ou


évacuant les produits indésirables.

7 ➪ Transmettre l’énergie dans les systèmes hydrauliques

8 ➪ Absorber les chocs, réduire le bruit, etc.

9 ➪ Fonctions passives diverses

résister au feu, au moussage, à l’aération, aux bactéries,


ne pas attaquer les élastomères, plastiques, peintures.

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Tableau n°2

CLASSEMENT DES LUBRIFIANTS SELON LEUR ÉTAT PHYSIQUE

1 ➪ LUBRIFIANTS GAZEUX (air, azote, argon, ...)

2 ➪ LUBRIFIANTS LIQUIDES

• Huiles d’origine végétale ou animale (huiles “grasses”)

• Huiles minérales (huiles de pétrole)

• Fluides synthétiques

• Fluides aqueux (émulsions directes ou inverses, solutions)

3 ➪ LUBRIFIANTS SEMI-SOLIDES (ou PLASTIQUES)

• Graisses

• Pâtes lubrifiantes

• Enduits plastiques (cires, vaselines, pétrolatums, lubrifiants


asphaltiques dilués ou non)

4 ➪ LUBRIFIANTS SOLIDES

• Solides lamellaires (graphite, MoS2, BN, CFx ...)

• Solides polymériques (PTFE ...)

• Métaux mous, sels, oxydes, silicates, ...

• Savons “secs”

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III - CONSTITUTION DES LUBRIFIANTS


Les lubrifiants sont constitués d’une ou de plusieurs huiles de base minérale ou synthétique auxquels on
ajoute des additifs en quantité et en nombre variable suivant le type d’huile formulé.
Exemple : moins de 1 % de 2 à 3 additifs pour les huiles turbines
de 15 à 30 % d’une douzaine d’additifs pour les huiles moteurs actuelles
Le schéma de fabrication et de distribution du lubrifiants est montré dans le tableau n°3.
L’ensemble des huiles de base est présenté sur le tableau n°4.

Tableau n°3

FABRICATION ET DISTRIBUTION DES LUBRIFIANTS

1, 2 ou n additifs
plusieurs huiles ou
de base FORMULATION "packages"

Mélange en ligne ou par "batch"

Conditionnement en bidons, boîtes, bombes, tonnelets fûts ou


livraison en vrac par camions ou wagons citernes.

Distributions et commercialisation

Concessions et agents auto grandes Ou livraisons directes chez l'utilisateur :


surfaces transporteurs, entreprises (TP,…)
Garages indépendants, stations services industries, exploitations agricoles
D LUB 1037 A

Centres de montage : coopératives,…

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Tableau n°4

LES HUILES DE BASE

➀ ➪ – D’ORIGINE VEGETALE ET ANIMALE

② ➪ – D’ORIGINE MINERALE (huiles de pétrole)

- Obtenues par raffinage classique :

• bases à tendance paraffinique (quasi-totalité)

• bases à tendance naphténique (pour mémoire)

- Obtenues par hydroraffinage (considérées par certains comme “semi-


synthétiques”.

- Obtenues par raffinage poussé

• huiles blanches (Codex, vaselines techniques, ...)

• huiles super-raffinées

- huiles ultradéparaffinées

- Obtenues par reraffinage des huiles usagées

➂ ➪ – D’ORIGINE SYNTHÉTIQUE : nombreuses structures existantes mais 3 ou 4 familles


seulement utilisées dans les huiles moteurs (PAO - esters - PIB - PAG)

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1- LES LUBRIFIANTS DE SYNTHÈSE (Tableau n°5)


De nombreux composés chimiques peuvent être utilisés comme lubrifiants pour résoudre des
problèmes d’applications difficiles (aviation, fluides caloporteurs, fluides résistant au feu, huiles
compresseurs, ...).

Ces produits sont fabriqués par réactions organiques telles que alkylation, condensation, estérification,
polymérisation, etc. La ou les matière(s) première(s) peuvent être un ou des composé(s) organique(s)
pur(s), généralement de composition simple et, le plus souvent, dérivés du pétrole et/ou de corps gras
d’origine végétales ou animales.

Les principales familles chimiques utilisées sont :

a- Les hydrocarbures synthétiques : parmi ceux-ci, les plus répandus (huiles moteurs) sont des
hydrocarbures aliphatiques, les polyalphaoléfines (P.A.O.). Les hydrocarbures
alcoylaromatiques (alkylbenzènes) sont parfois utilisés à cause de leur stabilité thermique et leur
bas point d’écoulement ainsi que certains hydrocarbures polycycliques très stables
thermiquement.

b- Les esters, obtenus par estérification d’un acide organique et d’un alcool en présence d’un
catalyseur. Les esters de diacides (sébacates, adipates, dimérates), ou esters aliphatiques,
quelquefois appelés “esters dibasiques” furent les premiers lubrifiants de synthèse utilisés pour
lubrifier les turboréacteurs d’aviation (esters de 1ère génération). Puis, les avions supersoniques
exigèrent des esters plus stables, dits de 2ème génération, constitués par des esters de
polyols (néopentylglycol, triméthylol propane, pentaérythrytol). Outre l’aviation, les esters sont
de plus en plus utilisés dans les huiles moteurs de haut de gamme, quelquefois en association
avec des polyalphaoléfines (huiles synthétiques mixtes) ou, le plus souvent, avec des huiles
minérales (huiles dites “semi-synthétiques” ou partiellement synthétiques).

Il existe aussi des esters “complexes” plus visqueux qui possèdent de bonnes propriétés
antiusure, et des esters aromatiques très stables thermiquement utilisés notamment dans les
compresseurs d’air.

c- Les éthers de polyglycol obtenus à partir de molécules de base (oxyde d’éthylène et de


propylène) de provenance pétrochimique. Ils possèdent un très bon pouvoir lubrifiant et selon la
teneur relative en oxyde d’éthylène/oxyde de propylène, peuvent être ou non solubles dans
l’eau. Les polyglycols insolubles sont utilisés comme huiles pour moteurs de course, huiles pour
engrenages, huiles pour compresseurs à gaz et liquides de frein, tandis que les produits
solubles servent à la préparation de fluides de coupe aqueux, de fluides hydrauliques aqueux
résistant au feu et de fluides d’ensimage.

d- Les phosphates organiques et plus particulièrement les esters phosphoriques


(tricrésylphosphate “TCP” ou maintenant triarylphosphates) sont utilisés comme fluides
hydrauliques résistant au feu en dépit de problèmes d’incompatibilité avec de nombreux
élastomères et comme additifs antiusure.

e- Les silicones, composés organiques du silicium, appelés aussi “polysiloxanes” sont très
stables thermiquement, ont un très bon indice de viscosité et un point d’écoulement très bas
mais, en revanche, ont un faible pouvoir lubrifiant et attaquent certains élastomères. Ils sont
utilisés dans les graisses hautes températures ou comme fluides caloporteurs.

Les silicates organiques (ou esters siliciques) présentent des caractéristiques voisines de
celles des silicones mais avec un pouvoir lubrifiant un peu meilleur.

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f- Les éthers de polyphényle sont des produits peu utilisés à cause de leur prix très élevé malgré
une stabilité thermique exceptionnelle et un bon pouvoir lubrifiant.

g- Les composés halogénés (fluorés, chlorés et chlorofluorés) sont généralement inertes


chimiquement, résistant au feu et stables thermiquement mais leurs prix sont élevés et par
conséquent ne sont utilisés que pour répondre à des applications très particulières. Les
principaux produits de cette famille sont les hydrocarbures aromatiques chlorés, les
hydrocarbures fluorés (“fluorocarbones”), les éthers fluorés, les esters fluorés, les
chlorosilicones, les fluorosilicones et surtout les polymères d’hydrocarbures chlorofluorés.

Il est important de signaler que le coût des huiles de synthèse augmente très rapidement avec leurs
performances et en particulier avec leur température maximale d’utilisation comme le montre la
figure 1.

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Tableau n°5

HUILES DE SYNTHÈSE
(ou huiles synthétiques)

Elles sont obtenues par synthèse chimique (polymérisation, oligomérisation, estérification,


alkylation, condensation, fluoration) de composants provenant de la chimie, le pétrochimie, la
carbochimie et la lipochimie tels que : oléfines, aromatiques, alcools, acides, composés
halogénés, phosphorés, siliciés, etc.

Les principaux produits sont :

A - Les hydrocarbures de synthèse

* • Polybutènes, polyisobutènes (PIB)


*** • Polyalphaoléfines (PAO)
• Hydrocarbures aromatiques alkylés
* - dialkylbenzène alkylés
- polyphényles alkylés

• Hydrocarbures cycloaliphatiques
B - Des esters

** • Diesters
** • Esters de polyols
* • Esters complexes
C - Des polyglycols

• Mono et polyalkylèneglycols
• Monoéthers de polyalkylèneglycols
* - monoéthers de polyoxyéthylèneglycols
** - monoéthers de polyoxypropylèneglycols
* - monoéthers mixtes

• Diéthers de polyalkylèneglycols
• Esters-éthers de polyalkylèneglycols 
• Diesters de polyalkylèneglycols  ”esters complexes”

• Autres dérivés de PAG

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Tableau n°5 (suite)

*D - Des esters phosphoriques

E - Des dérivés siliciés :

• Huiles silicones ou polysiloxanes


** - Silicones ordinaires ou polydiméthylsiloxanes
* - Silicones phénylés ou polyméthylphénylsiloxanes
- Silicones chlorés ou polyméthylchlorophénylsiloxanes
* - Silicones fluorés ou fluorosilicones

• Esters siliciques ou silicate-esters


* - Esters orthosiliciques
- Disilicates

• Silanes
• Silahydrocarbones
F - Un polyphényléther

G - Des composés organiques halogénés :

• Composés chlorés :
* - Polychlorobiphényles (PCB)
- Substituts des PCB

• Composés fluorés :
- Fluorocarbones
- Fluoroesters
- Éthers polyaromatiques fluorés
* - Perfluoroalkyléthers

• Composés chlorofluorés (polychlorofluorocarbones)

(*) (**) (***) : Fréquence d’utilisation industrielle

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Figure 1

COÛT RELATIF DES BASES D’HUILE EN FONCTION


DE LEUR TEMPÉRATURE D’UTILISATION

Coût relatif par


rapport aux bases
2000 minérales (mi-33) PPE
1000 PFPE

500
PCFC
300
200
100

50 PMPS
30
20 ES

10 PDMS
PAO EP
5 AP
WH
3
D PCD 2348 A

2
MO °C
1
150 200 250 300

Température maximale d'utilisation en continu

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2- LES ADDITIFS
Les lubrifiants finis (huiles et graisses) contiennent, en plus d’une huile de base ou d’un mélange de
plusieurs huiles de base (et d’un agent gélifiant dans le cas des graisses) une certaine quantité
d’additifs pouvant varier de moins de 1 % pour les huiles turbines ou les huiles isolantes à plus de 25
ou 30 % pour les dernières huiles multigrades pour moteurs Diesel fortement suralimentés et, même,
jusqu’à 50 % pour certains lubrifiants de travail des métaux.
La teneur moyenne en additifs contenus dans l’ensemble des lubrifiants finis commercialisé sur le
marché intérieur français (figure 2 ci-après) de l’ordre de 0,5 % en 1950, était de 5 % en 1964, 10 %
en 1976 pour se situer vers 12, 5 à 13 % au milieu des années 90.
Les additifs se présentent sous forme de produits chimiques de pureté technique ou de très grande
pureté (lubrifiants pour l’aviation), de structure bien identifiée : exemple : sulfure de dibenzyle,
triphénylphosphorothionate, 2-6 ditertiobutyl-4-méthylphénol, ou 4-4’-méthylène bis (2,6-
ditertiobutylphénol), soit sous forme de mélanges d’additifs (préformulations) désignés par le terme
anglo-saxon de “packages” (“paquets d’additifs”). Ces “paquets” multifonctionnels sont mis au point par
les fabricants d’additifs, ils sont très utilisés pour la préparation d’huiles moteurs, de fluides de
transmission (huiles EP et ATF) et de fluides hydrauliques. En effet, la mise au point des formules
d’huiles telles que celles des huiles pour moteurs Diesel est excessivement coûteuse car elle repose
sur des essais moteurs très chers comme, par exemple, l’essai Mack T6 de 600 h, l’essai Cummins
NTC 400, les essais Mercedes OM 352 et 364, l’essai Volvo TD 120A ... Le prix d’un seul de ces
essais peut atteindre 350 kF (en 1990).

La liste des additifs de lubrification, classés par le Centre Professionnel des Lubrifiants est donnée
dans le tableau n°6.

Figure 2

TENEUR MOYENNE EN ADDITIFS DES LUBRIFIANTS

Additifs polymères avec huiles de dilution


Additifs polymères sans huiles de dilution
Taux moyen d'additifs contenus dans les lubrifiants commercialisé

15
sur le marché intérieur francais (%)

10

Amélioration des statistiques


de distribution d'additifs

5
D LUB 1038 A

0
1950 1960 1970 1980 1990

Année

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Les additifs sont incorporés aux huiles de base ou aux graisses dans le but d’améliorer certaines de
leurs propriétés ou de leur en apporter de nouvelles.

Les mélanges et les dosages des différents composants entrant dans une formulation de lubrifiant
doivent tenir compte des antagonismes ou des synergies des différents produits entre eux.

Il existe des additifs ne possédant qu’une seule fonction tandis que d’autres, à structure souvent plus
complexe, sont “multifonctionnels” ; c’est le cas, par exemple, des dithiophosphates de zinc, à la fois
antioxydant, anticorrosif, antiusure et légèrement dispersant, c’est aussi le cas des polyméthacrylates
dispersants, obtenus par greffage d’un groupe polaire azoté sur le polymère, qui sont, à la fois,
améliorant d’indice de viscosité, dispersant et améliorant du point d’écoulement.

Classés selon leur mode d’action très général, les principaux additifs sont :

– les additifs qui agissent au sein de l’huile par des phénomènes physiques ou
physico-chimiques en modifiant la couleur, en augmentant la viscosité (épaississants),
l’indice de viscosité (améliorants d’indice de viscosité de types polymères), en abaissant le
point d’écoulement (polyméthacrylates) ou en supprimant le moussage (silicones à très
faibles teneurs)

– les additifs qui agissent à la surface du métal ou des impuretés présentes dans l’huile
par des phénomènes physico-chimiques. Les additifs détergents pour huiles moteurs
maintiennent les surfaces propres en luttant contre les dépôts de carbone et de vernis, ce
sont des sulfonates, phénates, salicylates, phosphonates de métaux alcalino-terreux (Ca,
Mg, Ba). Les additifs détergents peuvent être rendus “surbasiques” en dispersant très
finement un excès de carbonates de calcium et de magnésium, destinés à neutraliser les
produits acides de combustion des moteurs Diesel. Les sels organiques de baryum ne sont
pratiquement plus utilisés pour des raisons de toxicité (métal lourd)

– les additifs dispersants maintiennent en suspension les suies de combustion et autres


résidus dans les huiles moteurs (succinimides)

– les additifs antirouille protègent les métaux du contact de l’eau par adsorption d’un film
imperméable d’esters gras (lanoline), de savons d’amines, de sulfonates, de naphténate de
plomb, d’acide succinique ...

– les additifs d’onctuosité (corps gras, esters, amines, savons ...) améliorent la lubrification
en régime limite et mixte

– les modificateurs de frottement empêchent le frottement saccadé. Les réducteurs de


frottement (composés organiques polaires, complexes de molybdène, lubrifiants solides)
diminuent le frottement limite

– les agents d’adhésivité (polymères) permettent au lubrifiant de mieux accrocher aux


surfaces tandis que les agents émulsifiants (ou émulgateurs) stabilisent les émulsions
d’huiles dans l’eau

- les additifs qui agissent au sein de l’huile ou au niveau de la surface du métal par des
phénomènes chimiques

– les additifs antioxydant ou “inhibiteur d’oxydation”, augmentent la durée de vie du


lubrifiant en limitant l’oxydation due à la chaleur et à l’oxygène de l’air. Selon le mécanisme
d’action de l’inhibition lors du processus d’oxydation, les additifs antioxydants peuvent être :
des capteurs de radicaux libres (phénols et amines) ou des destructeurs catalytiques
d’hydroperoxydes, représentés surtout par les dithiophosphates de zinc

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– les additifs anticorrosifs protègent les métaux non ferreux, spécialement les métaux
cuivreux, de la corrosion ; ce sont soit des désactivateurs de métaux agissant par
complexation des ions métalliques (benzotriazol) soit des passivateurs de métaux agissant
par formation d’un film protecteur (dithiophosphate de zinc)

– les additifs antiusure et extrême-pression (EP) agissent en régime de lubrification limite


et mixte en formant, au niveau des aspérités en contact, des composés autolubrifiants
facilement cisaillables (sulfures, chlorures et phosphates métalliques) qui protègent les
surfaces en évitant l’usure adhésive sévère

– les principaux additifs antiusure sont des composés organophosphorés (phosphates et


phosphites d’alkyles, d’aryles ou d’amines) et surtout les composés thiophosphorés comme
les dithiophosphates de zinc, de plomb, d’antimoine ou de molybdène

– les additifs EP, plus actifs chimiquement que les précédents sont surtout des composés
soufrés (esters gras soufrés, terpènes soufrés, polysulfures organiques), des composés
chlorés (paraffines chlorées), les associations d’additifs soufrés et chlorés d’une part et
soufrés et phosphorés d’autre part, sont très employées, les premières en coupe des
métaux et les secondes dans les huiles pour engrenages. Des composés iodés et des
borates (triborates de potassium) ont également été envisagés comme agents extrême-
pression

– les bactéricides et les fongicides sont spécifiques des fluides aqueux et doivent lutter
contre la prolifération bactérienne et la prolifération d’algues tout en restant
biodégradables.

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Tableau n°6

CLASSIFICATION DES ADDITIFS DE LUBRIFICATION(1)


par le Centre Professionnel des Lubrifiants(2)

A1 “packages” multifonctionnels pour huiles moteurs deux temps

A2 “packages” multifonctionnels pour huiles moteurs destinées à la Marine

A3 “packages” multifonctionnels pour autres huiles moteurs

B1 “packages” multifonctionnels pour huiles engrenages pour automobiles

I B2 “packages” multifonctionnels pour huiles engrenages pour usages industriels

C “packages” multifonctionnels pour huiles pour transmissions hydrauliques

D “packages” multifonctionnels pour huiles pour transmissions automatiques

E “packages” multifonctionnels pour huiles pour le travail des métaux

F “packages” multifonctionnels pour autres huiles (circuits de freinage, etc.)

A1 Amélioration de l’indice de viscosité, dispersants ou non, du type polyacrylate et


polyméthacrylates (exprimés en polymères purs)

A2 Amélioration de l’indice de viscosité, dispersants ou non, du type copolymère d’oléfines


(exprimés en polymères purs)

II A3 Amélioration de l’indice de viscosité, dispersants ou non, du type copolymère mixte


“esters/oléfines” (exprimés en polymères purs)

A4 Amélioration de l’indice de viscosité à base de styrènes ou autres (exprimés en polymères


purs)

B Additifs abaissant le point de congélation “P.P.D.’” (exprimés en polymères purs)

A Composants purs à fonction détergents (sulfonates, phénates, salicylates, naphténates, etc.)

B Composants purs à fonction dispersante (succinimides, etc.)

C Composants purs à fonction antioydante ou antiusure (dithiophosphates, tricrésylphosphates,


etc.)

III D Composants purs utilisés comme émulsifiants ioniques et non ioniques

E Composants purs utilisés comme additifs extrême-pression (paraffines chlorées, soufrées et


sulfochlorées, etc.)

F Composants purs utilisés comme additifs anticorrosion

G Autres composants purs utilisés comme additifs de lubrification (additifs d’onctuosité,


fongicides, bactéricides, antimousses, etc.)

(1) À l’exclusion de toutes bases lubrifiantes synthétiques utilisées en lieu et place de bases minérales et à l’exclusion des
produits de compoundage d’origine animale ou végétale
(2) CPL : Centre Professionnel des Lubrifiants - 4, avenue Hoche 75008 PARIS

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IV - EXEMPLE DE FORMULATION D’UN LUBRIFIANT : CONSTITUTION DES HUILES


MOTEURS
1- HUILES DE BASE
a - Minérales raffinées au solvant (VI ≅ 100)

Autrefois naphténiques, aujourd’hui paraffiniques :

100 NS, 200 NS, 350 NS, 600 NS, BSS


150 NS, 400 NS, BSS
ou mieux 125 NS (→ 10 W), 175 NS (→ (15 W)
redistillées (étêtées)

b - Minérales hydrotraitées (hydroraffinées ou hydrocraquées) (VI : jusqu’à 145)

Permettent d’obtenir des multigrades directs très stables (10 W-20, 15 W-30) ou des multigrades
10 W-40, 15 W-50 … avec peu de polymères.

c - Hydrocarbures de synthèse (VI : 135/150)

Essentiellement polyalphaoléfines (PAO) avec un peu d’ester pour améliorer le pouvoir solvant vis-à-
vis des additifs et ajuster la viscosité. Peuvent renfermer des polymères pour augmenter le VI.

d - Esters (diesters ou esters de polyols) VI : 130 À 165)

Solution envisageable en dépit de certains problèmes (pouvoir solvant trop élevé vis-à-vis des additifs
tensioactifs et antiusure, compatibilité joints, prix, …) pratiquement pas utilisés.

e - Mélanges bases minérales + esters

Huiles dites “semi-synthétiques” ou “partiellement synthétiques” avec 15 à 30 % d’esters +


éventuellement des polymères.

f - Mélanges ternaires : huiles minérales + PAO + esters

Différentes combinaisons possibles avec ou sans polymères par exemple :

- bases hydrotraitées + esters

- bases hydrotraitées + PAO + esters

- bases minérales + PAO (sans ester ni teneur en PAO < 20 à 25 %)

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2- AMÉLIORANT D’INDICE DE VISCOSITÉ OU ADDITIF DE VISCOSITÉ (en anglais VI


Improver : VII)
En plus des PAO qui sont incluses dans les bases, ce sont des polymères de 3 types :

- polyesters : polyméthacrylates non dispersants (PMA) ou dispersants (PMAD)


- élastomères (caoutchoucs) : copolymères styrène-butadiène, polybutadiène hydrogénés
- copolymères d’oléfines (OCP) : copolymères d’éthylène et de propylène

3- LE PAQUET D’ADDITIFS MULTIFONCTIONNEL (“Package”)


Le paquet d’additifs multifonctionnel contient :

- un ou généralement plusieurs additifs détergents de type organo-sel de Ca ou de Mg


(le Ba est abandonné). Ces sels sont surtout des phénates, des sulfonates et quelquefois
des salicylates (les phosphonates sont abandonnés). Ils sont utilisés à la fois sous forme
neutre ou légèrement basique (TBN : 20 à 30) (détergent) et sous forme “surbasée”
(basique, surbasique, hyperbasique). L’alcalinité (T.B.N.) est apportée par dispersion
colloïdale ultra-fine de carbonate de Ca ou de Mg formés in situ par réaction de la chaux ou
de la magnésie avec du CO2. Elle est destinée à neutraliser les composés acides présents
dans les moteurs (acide sulfurique issu du soufre du combustible Diesel, produits
d’oxydation de l’huile, …) “Lutte contre la corrosion”

- un additif dispersant de type succinimide (monosuccinimide ou bisuccinimide)


éventuellement renforcé par un polyméthacrylate dispersant (PMAD). Il maintient en
suspension les suies de combustion et les produits d’oxydation

- un ou plusieurs additifs antioxydants (inhibiteurs d’oxydation) : dithiophosphate de zinc


(DTPZn) :

• dialkyldithiophosphates de zinc (DDTPZn)


• diaryldithiophosphates de zinc (DTPZN aromatique)
• mélange dialkyl DTPZn + diaryl DTPZn
• DTPZn + amines aromatiques ou antioxydants phénoliques (bi-phénols
encombrés)
• à noter que les détergents de type phénates et phénates-sulfures possèdent des
propriétés antioxydantes

- un additif antiusure : dialkyl-dithiophosphate de zinc (DDTPZn)

R O S S O R

P P
D CHI 1890 A

R' O S Zn S O R'

R et R’ : groupements hydrocarbonés issus d’alcools primaires ou secondaires [chaînes alkyles de C3


(isopropanol) à C8 (éthyl-2-hexanol 1)].

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4- ADDITIFS ANTIROUILLE
Utilisés pour la protection des métaux ferreux, ce sont les additifs détergents polaires (sulfonates de
calcium ou mieux de magnésium) qui forment une couche adsorbée hydrophobe sur les surfaces de
fonte ou d’acier.

5- ADDITIFS ANTICORROSIFS
Utilisés pour la protection des métaux non ferreux et plus particulièrement des métaux cuivreux et des
alliages antifriction des coussinets (cuproplomb, aluminium-étain, …).

Les additifs types sont les dialkyldithiophosphates de zinc, par ailleurs antioxydants et antiusure, qui
protègent les métaux de la corrosion par passivation.

6- ADDITIFS ABAISSEURS DE POINT DE CONGÉLATION “Pour Point Depressant”


Inhibiteurs de la cristallisation des paraffines, ils retardent ainsi le figeage de l’huile (abaissement du
point d’écoulement) : on utilise divers types de polymères dont les polyméthacrylates de masses
molaires plus faibles que ceux utilisés comme améliorants d’indice de viscosité.

7- ADDITIFS ANTIMOUSSE
Fluides silicones visqueux utilisés à très faible teneur (10 à 20 ppm).

8 - ADDITIFS RÉDUCTEURS DE FROTTEMENT “Friction reducers” ou “Friction


modifiers”
Les additifs réducteurs de frottement réduisent le coefficient de frottement en régime limite et mixte,
c’est-à-dire entre piston et cylindre dans la zone des points morts et dans les organes de distribution.

Ce sont :

- des additifs ou composés solubles dans l’huile : esters, amines, phosphates,


phosphites, dithiocarbamates ou dithiophosphates de Mo2 Ox Sy, de Sb, de Sn, triborate de
potassium, dérivés fluorés solubles, …

- des lubrifiants insolubles en dispersion colloïdales dans l’huile : graphite, bisulfure de


molybdène (MoS2), fluorure de graphite (CFx), polytétrafluoroéthylène (PTFE), …

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V- CLASSIFICATION ISO DES LUBRIFIANTS

Tableau n°7

DÉSIGNATION I.S.O. D’UN LUBRIFIANT

Sigle Classe Catégorie Chiffres

Classe ISO de viscosité


Groupe de 1 à 4 lettres
pour les liquides
ISO L dont la 1ère désigne la famille ou classe NLGI
(de A à Z) pour les graisses

Exemples : ISO-L-G-68
ISO-L-HM-32
ISO-L-DAB-100
ISO-L-XBEGBOO

Tableau n°8

SYSTÈME GÉNÉRAL DE CLASSIFICATION ISO


DES PRODUITS PÉTROLIERS

Classe

F Combustibles (fuels)

S Solvants et matières premières pour l’industrie chimique

L Lubrifiants, huiles industrielles et produits connexes

W Cires et paraffines (waxes)

B Bitumes

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Tableau n°9

LUBRIFIANTS, HUILES INDUSTRIELLES ET PRODUITS CONNEXES


(classe L) : CLASSIFICATION ISO 6743/0 (15 septembre 1981)

Classe

Lettre symbole Application

A Graissage perdu

B Démoulage

C Engrenages

D Compresseurs (y compris la réfrigération et les pompes à vide)

E Moteurs à combustion interne

F Paliers de broches, paliers et embrayages associés

G Glissières

H Systèmes hydrauliques

M Travail des métaux

N Isolation électrique

P Outils pneumatiques

Q Transfert de chaleur

R Protection temporaire contre la corrosion

T Turbines

U Traitement thermique

X Applications nécessitant l’emploi de graisse

Y Autres applications

Z Cylindres pour machines à vapeur

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CLASSIFICATION DES HUILES INDUSTRIELLES SELON LA VISCOSITÉ


ISO 3448 (février 1975)

La norme ISO 3448, équivalente à la norme française NF-T-60-141 (décembre 1975), définit 18 classes (ou
grades) de viscosité dans l’intervalle 2 à 1500 mm2/s à 40°C, qui couvre la gamme des viscosités allant du
pétrole lampant (kérosène) aux huiles visqueuses pour cylindres.

Chaque classe est désignée par le nombre entier qui est le plus voisin du nombre exprimant la viscosité
cinématique médiante à 40°C de la classe considérée. Les limites permises pour chaque classe
correspondent à cette valeur médiane ± 10 %.

La classification est basée sur le principe que la viscosité médiane de chaque classe est toujours environ de
6
50 % plus élevée que celle de la classe précédente. C’est donc une progression de raison 10 ≅ 1,5 (série
R6). Toutefois les valeurs numériques calculées de la série logarithmique ont été arrondies pour obtenir des
nombres plus simples.

Cette classification, donnée dans le tableau n°10 ci-après, a été largement adoptée par les fournisseurs de
lubrifiants industriels pour désigner les produits selon leur viscosité.

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Tableau n°10

CLASSIFICATION ISO DES HUILES INDUSTRIELLES


EN FONCTION DE LEUR VISCOSITÉ

Viscosité cinématique Limites de viscosité cinématique


Classe ISO
médiane
de viscosité
2
mm /sec. à 40°C mm2/sec. à 40°C

mini maxi

ISO VG 2 2,2 1,98 2,42

ISO VG 3 3,2 2,88 3,52

ISO VG 5 4,6 4,14 5,06

ISO VG 7 6,8 6,12 7,48

ISO VG 10 10 9 11

ISO VG 15 15 13,5 16,5

ISO VG 22 22 19,8 24,2

ISO VG 32 32 28,8 35,2

ISO VG 46 46 41,4 50,6

ISO VG 68 68 61,2 74,8

ISO VG 100 100 90 110

ISO VG 150 150 135 165

ISO VG 220 220 198 242

ISO VG 320 320 288 352

ISO VG 460 460 414 506

ISO VG 680 680 612 748

ISO VG 1000 1000 900 1100

ISO VG 1500 1500 1350 1650

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VI - PRINCIPALES CATÉGORIES COMMERCIALES DE LUBRIFIANTS - DONNÉES


ÉCONOMIQUES ET STATISTIQUES
Selon leur utilisation, les lubrifiants sont, dans la pratique industrielle et surtout commerciale, classés en
quatre grandes catégories :

- les lubrifiants pour l’automobile


- les lubrifiants pour l’industrie
- les lubrifiants marine (4,3 % du marché français)
- les lubrifiants aviation (0,2 % du marché français)

Il existe également trois marchés bien particuliers :

- celui des lubrifiants pour tracteurs et machines agricoles, comprenant essentiellement


des huiles pour moteurs (en grande majorité Diesel), des huiles pour transmissions et
réducteurs à engrenages, des fluides pour circuits hydrauliques de relevage et de
transmission hydrocinétiques et des graisses multiusages.

Il est à noter que l’ensemble des lubrifiants pour l’agriculture représente, en France, un
marché total de près de 100 000 tonnes par an, soit 11 à 12 % du marché total intérieur.

- celui des lubrifiants pour les matériels de travaux publics, de structure assez semblable
à celle du marché précédent pour ce qui concerne les engins de terrassement, mais avec,
en plus, des lubrifiants pour groupes moto-compresseurs de chantier et pour outillages
pneumatiques.

Dans les deux cas, mais surtout pour les tracteurs et autres engins agricoles et forestiers, la
tendance est à l’utilisation d’huiles “tous usages” ou “multiusages” qui permettent de lubrifier
une bonne partie ou même la totalité des organes du tracteur ou de l’engin.

- celui, enfin, des lubrifiants destinés aux matériels des chemins de fer (huiles pour
moteurs Diesel, lubrifiants pour engrenages et réducteurs, fluides hydrauliques, graisses,
etc.) fait l’objet de cahiers des charges très spécifiques et de marchés importants.

Selon la structure commerciale des fournisseurs de lubrifiants, les deux premiers de ces trois marchés
peuvent concerner des réseaux de vente indépendants, ou être rattachés à l’un ou à l’autre des marchés
automobiles ou industries. En général, les lubrifiants destinés au transport ferroviaire sont classés comme
“lubrifiants industriels”.

En France, les lubrifiants et additifs de lubrification sont distribués par 132 sociétés appartenant au CPL
(Centre Professionnel des Lubrifiants) et regroupant :

- les 9 fabricants et distributeurs membres de la Chambre Syndicale de la Distribution des


produits pétroliers, section lubrifiants (CSDPP)

- les 98 fabricants et distributeurs adhérents de la Chambre Syndicale Nationale de l’Industrie


des Lubrifiants (CSNIL) plus 11 autres distributeurs

- les 12 fabricants et importateurs d’additifs de lubrification

Il est également à noter que 2 sociétés produisant ou étant susceptibles de produire des huiles de base
régénérées, adhèrent à la Chambre Syndicale du Reraffinage (CSRR).

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Tableau n°11

PRODUCTION FRANÇAISE D’HUILE DE BASE

Année 79 85 89 91 93 95

Production 1490 1552 1733 1714 1719 1830

Huiles régénérées (kT/an) 87 61 62 56 39 44

Tableau n°12

LUBRIFIANTS ET SPÉCIALITÉS - MARCHÉ INTÉRIEUR FRANÇAIS

Année 79 85 89 91 93 95

Total (kT/an) 960 822 927 882 840 866

KT 550 463 526 490 491 500


Automobiles
Transports
% 57,2 56,4 56,7 55,6 58,4 57,8

KT 335 288 321 305 264 280


Huiles
Industrielles
% 34,9 35 34,6 34,6 31,4 32,4

KT 75 71,1 81 87 85 85
Huiles
Procédés
% 7,9 8,6 8,7 9,8 10,2 9,8

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Tableau n°13

MARCHÉ INTÉRIEUR FRANÇAIS DES LUBRIFIANTS (KT/an)

Évolution par rapport


Utilisations 1993
à 1989 en %

Automobiles et transports
Moteurs essence 142 – 18,2
Moteurs Diesel 269,6 + 1,6
Transmissions automatiques 18,8 + 19,5
Amortisseurs 4,6 – 58,9
Deux temps 10,9 – 8,4
Graissage 10,4 – 21,9
Boîte de vitesses 34,6 – 7,4

Sous total 491 KT – 1,9 %

Industrie
Moteurs 2,6 + 6,6
Engrenages 12,6 – 12,2
Transmissions hydrauliques 87,8 – 22,5
Graisses 12,5 – 14,3
Traitements thermiques 3,4 – 27,6
Travaux métaux non solubles 29,1 – 14,8
Travaux métaux solubles 26,9 – 0,2
Produits de protection 6,4 – 17,7
Turbines 6,2 – 12,3
Huiles isolantes 18,1 + 0,6
Compresseurs 6,9 – 13,2
Mouvements 29,8 – 9,1
Cylindres 0,3 – 62,2
Démoulage 5,3 – 41,8
Ensimage 1,3 – 53
Fluides caloporteurs 2,5 – 26,6
Autres produits 12,2 – 18

Sous total 264 KT – 17,7 %

Huiles procédés 85,4 KT + 5,4 %

TOTAL GÉNÉRAL 840,5 KT – 9,4 %

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VII - LUBRIFIANTS ET SPÉCIALITÉS POUR VÉHICULES AUTOMOBILES (valeurs 1995)


Les principales utilisations sont les suivantes :

- les huiles moteurs

Cette catégorie, la plus importante en France, puisqu’elle représente environ la moitié du


marché total des lubrifiants, comprend notamment (tableau n°13) :

• les huiles pour moteurs 4 temps à essence (≅ 15 % du marché total)


• les huiles pour moteurs Diesel (33 % du marché y compris les huiles pour moteurs
Diesel industriels, de matériels agricoles, d’engins de génie civil, de matériels
ferroviaires et de bateaux). Certaines de ces huiles sont mixtes, c’est-à-dire
conviennent pour les deux types de moteurs
• les huiles pour moteurs 2 temps à essence (en lente régression : 1,1 %)
• les huiles “multiusages” ou “multifonctionnelles” qui, utilisées sur les matériels
agricoles, de travaux publics et éventuellement militaires, assurent à la fois la
lubrification de moteurs Diesel, des moteurs à essence, des systèmes hydrauliques
de relevage et de transmissions hydrostatiques ou hydrocinétiques (coupleurs et
convertisseurs de couple) et des transmissions à engrenages (boîtes et ponts), à
l’exclusion des ponts hypoïdes et des transmissions automatiques, mais pouvant
comporter des embrayages et des freins immergés dans l’huile (4,1 %)
La part des huiles Diesel augmente légèrement, celle des huiles pour moteurs à essence
régresse d’autant tandis qu’en 10 ans, le marché des huiles pour moteurs 2 temps a chuté
de 35 %.
Si l’on considère l’ensemble des huiles pour moteurs (y compris les moteurs d’avions et les
moteurs industriels spéciaux : moteurs à gaz, groupes moto-compresseurs, …) sur une
période plus longue (depuis 1950) on constate un taux record de ≅ 60 % vers 1965, puis
une régression et une tendance à la stabilisation vers 50 % du marché dès 1985.
Actuellement donc, en France, un litre d’huile lubrifiante vendue sur deux est une huile
moteur.

- les huiles de transmissions

Les huiles de transmissions représentent au total environ 7 % du marché français des


lubrifiants et comprennent :

• les huiles de boîtes de vitesse et de ponts (transmissions à commande


manuelle) : ce sont essentiellement des boîtes extrême-pression (EP), formulées
avec des additifs sulfophosphorés
• les fluides de transmissions automatiques : souvent désignés “ATF” de l’anglais
“Automatic Transmission Fluid”, ils sont destinés à lubrifier les boîtes de vitesses
automatiques de véhicules automobiles ou d’engins. Le marché des fluides ATF
atteint 2,4 % du marché intérieur français
• les fluides de circuits hydrauliques de véhicules automobiles et d’engins.
Lorsque cette fonction n’est pas assurée par l’huile moteur multiusage, ce sont :

* des liquides pour suspensions oléopneumatiques


* des liquides pour circuits hydrauliques de relevage (vérins) et de
transmissions de puissance hydrostatique
* des fluides pour coupleurs et convertisseurs de couple (transmissions
hydrocinétiques)
- les fluides de transmissions de tracteurs
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- les huiles pour amortisseurs

- les liquides de circuits de freinage

- les huiles et produits de protection antirouille

- les graisses automobiles : elles représentent environ 1,2 % du tonnage total des
lubrifiants consommés et se subdivisent en :

• graisses multifonctionnelles
• graisses spécifiques de roulements d’essieux
• graisses spéciales pour pompes à eau, pour butées d’embrayage, pour câblerie,
etc.

- les produits divers

Présentés en flacons, cartouches, doses, bombes aérosols, etc., ils comprennent :

• des liquides dégrippants

• des fluides silicones

• des “additifs” ou “dopes” ajoutés par l’utilisateur aux huiles moteurs, aux huiles
pour transmissions, aux carburants et liquides de refroidissement. Ces produits très
divers sont à considérer avec la plus extrême prudence s’ils n’ont pas été
homologués par le constructeur. En règle générale, leur emploi est à déconseiller
dans les huiles formulées afin d’éviter, d’une part, le risque d’antagonismes entre
“l’additif” et les constituants de l’huile, et d’autre part, certains effets pervers telle
qu’une réduction de viscosité dangereuse pour la tenue des paliers ou une
introduction dans l’huile de particules métalliques pouvant jouer le rôle de
catalyseurs d’oxydation

• des produits antigivre

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VIII - LUBRIFIANTS ET SPÉCIALITÉS POUR L’INDUSTRIE


Appelés aussi “lubrifiants industriels”, ils représentent un vaste ensemble regroupant des produits très divers,
incluant d’ailleurs les huiles moteurs destinées à la lubrification des moteurs thermiques industriels, en
général Diesel, ainsi que certains fluides de transmissions automobiles utilisés sur du matériel industriel.

Classés par ordre de consommation décroissante, les lubrifiants industriels se répartissent en :

- fluides pour transmissions hydrauliques (famille ISO : H)

Ils servent à la fois à transmettre une énergie (fluides de travail) et à lubrifier les organes
des circuits hydrauliques (pompes, moteurs, vérins, etc.). C’est une catégorie de lubrifiants
qui a connu une très forte expansion : 1 % du marché en 1950, 2,4 % en 1960, 6 % en
1970, 10,8 % en 19680 et qui tend aujourd’hui à se stabiliser entre 11 et 12 % du marché.

- huiles de base pour l’industrie (huiles procédés)

Dénommées aussi huiles “process”, les huiles minérales pures, autres que les huiles
blanches utilisées en mélange avec d’autres matières premières pour la fabrication de
produits divers non lubrifiants, représentent environ 10 % de la consommation française des
lubrifiants. Elles comprennent :

• des huiles noires peu raffinées, à forte tendance aromatique donc à pouvoir
solvant élevé qui sont encore employées comme plastifiants des caoutchoucs de
pneumatiques ou encore, pour la préparation des encres d’imprimerie de papier
journal dans certains pays, en dépit de leur toxicité

• des huiles claires à tendance paraffinique ou naphténique qui sont utilisées


comme plastifiants des élastomères, comme bases pour préparations
phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides, etc.), mastics ou encore comme
produits antipoussières pour imprégnation des filtres, des balais ou comme produits
d’enrobage d’engrais (antimottants)

- lubrifiants pour le travail des métaux (famille ISO : M) et huiles de traitement


thermique (famille ISO : U)

Représentant environ 7 % du marché total, les lubrifiants de travail des métaux constituent
une famille de produits très hétérogène selon que le travail s’effectue à froid ou à chaud, par
coupe, c’est-à-dire avec enlèvement de matière sous forme de copeaux (tournage, fraisage,
perçage, décolletage, taraudage, brochage, etc.), par abrasion (rectification, pierrage,
lappage, usinage par ultrasons, etc.) ou encore par déformation plastique sans ablation de
matière (laminage, étirage, tréfilage, emboutissage, extrusion, etc.).

Le lubrifiant est dans 60 % des cas une “huile entière”, c’est-à-dire sans eau et dans 40 %
des cas une “huile soluble” destinée à la préparation de fluides d’usinage aqueux, vaste
ensemble allant de solution vraie à l’émulsion grossière (émulsion “mécanique” d’huile
soluble) en passant par la pseudo-solution ou solution “chimique” et par l’émulsion fine
colloïdale “microémulsion”. Les fluides aqueux sont utilisés lorsqu’un pouvoir réfrigéré élevé
est recherché du fait de vitesses de travail très élevées telles que celles qui existent, par
exemple lors du chariotage, du laminage à froid de tôles, de la rectification.

- huiles pour engrenages (famille ISO : C)

Les huiles pour engrenages (8 % du marché) sont destinées à 80 % à la lubrification des


transmissions automobiles (boîtes de vitesses à commande manuelle et pont) et 20 % à
celles des engrenages industriels dont l’essentiel est constitué par des réducteurs à denture
hélicoïdale et par des réducteurs à roue tangente et vis sans fin.

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- huiles mouvements, huiles légères pour broches “spindles” (famille ISO : F) et huiles
glissières (famille ISO : G)

Les huiles mouvements pour machines outils et machines diverses sont destinées à la
lubrification des organes cinématiques tels que broches, paliers, paliers lisses, roulements,
cames, embrayages, glissières, coulisseaux et engrenages peu chargés de chaînes
cinématiques.

Les huiles mouvements classées “B” par le Centre Professionnel des Lubrifiants, c’est-à-
dire les huiles de viscosité supérieure à 2,5 degrés Engler à 50°C (≅ 24 mm2/s à 40°C),
représentent 3,5 % du marché auquel s’ajoute un peu moins de 1 % d’huiles légères de
type spindle dont les viscosités Engler sont inférieures à 2,5 à 50°C selon la classification
“A” du CPL

- graisses (famille ISO : X)

Les graisses sont des lubrifiants plastiques constitués d’une huile de base minérale ou
synthétique contenant généralement des additifs, épaissie par un agent gélifiant qui, dans la
majorité des cas, est un savon métallique de lithium, calcium ou aluminium.

Les graisses pour châssis automobiles représentent 43 % du tonnage et les graisses


industrielles 57 %. Celles-ci peuvent renfermer des additifs extrême-pression pour satisfaire
le graissage d’organes chargés (paliers lents de sidérurgie, réducteurs lents, câbles,
crémaillères, etc.). Pour des usages spéciaux (hautes et basses températures, vide,
ambiances particulières), les graisses sont constituées d’une base de synthèse (diesters,
silicones, éthers de polyglycols, éthers perfluorés, etc.) et d’un gélifiant inorganique sans
point de goutte (silico-aluminate de types bentonite, gel de silice et de charges de lubrifiants
solides tels que graphite, MoS2, PTFE, etc.

- huiles isolantes (famille ISO : N)

Appelées aussi huiles diélectriques ou huiles pour transformateurs (huiles “transfo”), ce


sont des huiles minérales fluides spécialement bien raffinées qui étaient traditionnellement
des huiles naphténiques pure et sont aujourd’hui de plus en plus des huiles à tendance
paraffinique inhibées contre l’oxydation avec des additifs sans cendres et pouvant contenir
un additif améliorant le point d’écoulement.

Dans certains cas, afin de réduire l’encombrement du transformateur, des diphényles


chlorés (Askarel, Pyralène, Clophen, etc.) ont été utilisés à cause de leur bonne résistance
au feu, malgré les problèmes toxicologiques qu’ils soulèvent. Aujourd’hui leur emploi dans
les transformateurs neufs est abandonné et de nouvelles structures non toxiques sont
recherchées.

Outre leur emploi dans les transformateurs, les huiles isolantes sont également utilisées
dans certains gros matériels électriques comme les condenseurs, les contacteurs, les
rhéostats et les disjoncteurs.

La consommation française d’huiles isolantes qui représentait 4,3 % du marché en 1950, ne


représente plus que 1,8 %.

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30

- huiles de vaseline et vaselines

Dénommées aussi huiles blanches ou huiles de paraffine, ce sont des huiles minérales
généralement fluides ayant subi un raffinage très poussé, destiné à éliminer complètement
les aromatiques et les impuretés soufrées, oxygénées et azotées. Selon le degré de pureté,
il existe deux grandes classes d’huiles de vaseline :

• les huiles de vaseline “Codex” ou huiles blanches médicinales qui sont incolores,
inodores, sans saveur et ne contiennent que des molécules paraffiniques et
naphténiques. Elles sont sans danger pour l’organisme humain et peuvent être
intégrées, d’où leurs nombreuses utilisations comme huiles “process” ou comme
huiles de lubrification (huiles mouvements), en pharmacie, phytopharmacie,
cosmétologie, dans les industries alimentaires (biscuiteries, protection d’aliments,
etc.) et para-alimentaires (emballage, conditionnement d’aliments), dans l’industrie
du verre, etc. Elles sont aussi employées comme plastifiants d’élastomères et de
plastomères destinés à la fabrication d’articles médicaux et de récipients,
emballages et objets en contact avec les aliments
• les huiles de vaseline non Codex ou huiles blanches techniques, sont
pratiquement incolores et on subi un raffinage un peu moins poussé que les huiles
précédentes. Elles sont utilisées soit comme huiles de base pour la phytopharmacie
(fongicides, insecticides) et comme plastifiants des caoutchoucs et des plastiques,
soit comme huiles de lubrification de petits mécanismes (mécaniques de précision,
armes, horlogerie) de certains compresseurs de gaz et pour l’ensimage de fibres
textiles

Le marché des huiles de vaseline est en forte progression, se situant entre 1,2 et 1,5 % du
tonnage consommé en France entre 1950 et 1970, il atteint 2,1 % en 1980, 3 % en 1984 et
environ 4 % depuis 1990. Dans le tableau n°13 elles sont incluses dans les huiles de
procédés.

- huiles turbines (famille ISO : T)


Les huiles pour turbines terrestres, qui représentent en moyenne 1 % du marché, se
subdivisent en huiles pour turbines à vapeur possédant de bonnes propriétés de
désémulsion et utilisées également dans les turbines hydrauliques et en huiles pour
turbines à gaz terrestres, plus stables thermiquement et utilisées pour la production
d’énergie électrique dans les centrales électriques et les groupes électrogènes industriels.

- huiles de démoulage (famille ISO : B)


Les huiles de démoulage sont destinées à faciliter les opérations de décoffrage ou de
démoulage. Elles représentent environ 0,6 % du marché intérieur français.

- huiles de protection (famille ISO : R)


Les huiles et produits de protection sont destinés à assurer la protection temporaire
antirouille et anticorrosive des métaux ouvrés (tôles, fils, barres, tubes, profilés), des pièces
usinées et des machines lors d’un stockage plus ou moins prolongé (0,8 % du marché).

- huiles d’ensimage de fibres textiles


Ce marché très spécialisé, qui a connu une régression certaine avec le déclin des industries
textiles en Europe. Les huiles d’ensimage servent à lubrifier les fibres textiles naturelles et
synthétiques lors de leurs différents travaux (0,2 % du marché).

- fluides caloporteurs (famille ISO : Q)


Appelés aussi “fluides de transfert de chaleur” ou “fluides diathermiques”, ils
représentent depuis une dizaine d’années environ 0,3 % du marché.

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- huiles noires

Elles sont de moins en moins utilisées pour des raisons de toxicité (cancérigènes) et ne
représentent plus que 0,03 % du marché, après avoir atteint 5,2 % en 1950, 2,1 % en 1960,
0,5 % en 1970 et 0,3 % en 1980.

- huiles cylindres (famille ISO : Z)

Ce sont des huiles visqueuses qui étaient traditionnellement destinées à la lubrification des
cylindres de machines à vapeur saturée ou surchauffée. Leur tonnage diminue très
rapidement : 0,5 % en 1970, – 0,3 % en 1975, – 0,2 % en 1980 et moins de 0,1 % à partir
de 1986.

- autres lubrifiants (famille ISO : Y) : représentant en tout 1,4 % du marché, ce sont


essentiellement :

• des huiles pour imprégnation de câbles électriques


• des huiles fluides dégrippantes
• des huiles pour l’horlogerie
• des lubrifiants pour le graissage des câbles métalliques
• des huiles pour chaînes de tronçonneuses à bois
• des lubrifiants pour chaînes de véhicules à 2 roues
• des lubrifiants et spécialités à base de lubrifiants solides et plus spécialement à
base de graphite et/ou de bisulfure de molybdène bien que le polytétrafluoroéthylène
(PTFE) ou certains autres télomères fluorés soient de plus en plus utilisés. Les
lubrifiants solides peuvent être mis en œuvre sous forme de poudres, de dispersions
dans l’huile, dans l’eau (graphite), dans un fluide volatil, en dispersion dans les
graisses et pâtes lubrifiantes, en mélange avec les savons secs de tréfilage ou
d’étirage, ou encore sous forme de vernis de glissement quelquefois appelés “feuils
lubrifiants” ou de matériaux composites autolubrifiants. Ces deux dernières
applications sont actuellement en plein expansion
• des huiles fluides de rinçage
• des lubrifiants pour outillages pneumatiques (famille ISO : P)

- huiles pour compresseurs (famille ISO : D)

Cette catégorie d’huiles, qui n’apparaît dans les statistiques du CPL que dans la rubrique :
“Moteurs autres” (à gaz, compresseurs, etc.), symbole Da, pour 1 % environ du marché
total, fait appel en réalité à plusieurs autres catégories de produits tels que les huiles
moteurs, les fluides hydrauliques, les huiles turbines, les huiles blanches et certains fluides
de synthèse (alkylbenzènes, diesters aromatiques, esters de polyols, polyalphaoléfines ou
éthers de polyglycols), de sorte que le tonnage total des diverses huiles utilisées
effectivement pour lubrifier les compresseurs est difficile à évaluer. Il peut être estimé aux
environs de 2 % du marché français.

Le choix de l’huile dépend en fait :

• du type et de la technologie du compresseur


• de la nature du gaz comprimé : air sec ou air humide, gaz inertes, gaz corrosifs ou
réactifs, hydrocarbures gazeux, fluides frigorigènes (NH3, CFC, NFA, …)
• des conditions de refoulement : pression et surtout température de fin de
compression

Ces propriétés spéciales sont exigées des lubrifiants pour compresseurs frigorifiques,
pompes à chaleur et pompes à vide (bonnes caractéristiques à froid, miscibilité avec fluides
frigorigènes très faible volatilité, etc.)
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— Annexe —

LES PARAFFINES ET CIRES


— Utilisations —

Utilisation Propriété % marché

Bougies et cires Couleur 35


Teneur en huile

Aspect/adhésivité
Emballage Imperméabilité 25
Alimentarité

Teneur N.
Pétrochimie (paraffine chlorée) Paraffines 8
Répartition moléculaire

Adhésivité
Hot melt (colles) Stabilité thermique 8
Alimentarité

Produits entretien Mélange homogène 4

Cires anti-ozone Souplesse 4


Répartition moléculaire

Panneaux particules Imperméabilité 4

Allumettes Imprégnation 4

Plumaison des volailles Plasticité/point de fusion 4


Alimentarité

Greffage des vignes Adhésivité 2


Viscosité

Protection des métaux Souplesse 1


Viscosité

Pharmacie/cosmétologie Alimentarité 1

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